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INSTITUT DE COMMUNICATION ET DE COMMERCE
SUPERIEUR.
POLE D'ACTIVITES EUROMOSELLE
RUE DEVANT BEHEUIL
57140 NORROY-LE-VENEUR.
TEL. 0387512044.
Mémoire de Master I « Management et
Stratégies d'Entreprises »
Thème :
« Les stratégies achats :
émergence, importance et impact d'un nouveau levier de
profitabilité au sein de l'entreprise. ».

Rapport réalisé et présenté
par :
Joseph Marius OUSSOU.
Master I (Bac +4) Management et Stratégies
d'Entreprises
Promotion 2005/2006.
Sous la direction de :
Christian DEDRICH.
Directeur Pédagogique de l'Institut de Communication et
de Commerce Supérieur Metz.

Je dédie ce mémoire à ;
Mon père, M. Marcel OUSSOU, qui n'a jamais cessé
de m'encourager dans la poursuite de mes études en m'apportant soutien
moral, financier et matériel,
Ma mère, Mme Bernadette MANDEME, qui a toujours cru en
moi malgré les obstacles que j'ai pu rencontrer tout au long de mon
cursus universitaire,
Mes soeurs, Armelle et Marlène ; merci pour le
bonheur que vous m'apportez au quotidien,
Mes frères, Marc-Octave, Edmery , Max-Auguste,
Maîck-Stéphane, Orphé, Maurille, et Hytou ; merci pour
votre assistance et le réconfort que vous m'avez toujours apporté
en dépit des distances qui nous séparent,
Mes neveux et nièces, pour que mon parcours
universitaire soit un exemple et que vous en fassiez autant un jour,
Toutes les personnes que je porte dans mon coeur et qui ont
sans le savoir participé de manière considérable à
ma réussite,
A tous mes amis(es) de Metz, Bordeaux, Paris, Libreville et
Franceville.
A ceux que ma plume a oublié...

Aucune oeuvre humaine ne peut se réaliser sans la
contribution d'autrui. Il est donc important pour moi d'adresser nos
sincères remerciements à toutes les personnes qui m'ont permis de
réaliser mon mémoire.
Je tiens précisément à exprimer ma
profonde gratitude aux personnes suivantes ;
Monsieur Eric HAMEL, Le Directeur de l'Institut de
Communication et de Commerce Supérieur (ICOSUP), qui a accepté de
m'admettre à ce programme de Master I « Management et
Stratégies d'Entreprises ».
Monsieur Christian DEIDRICH, Le Directeur
Pédagogique d'ICOSUP, pour son accueil et son encadrement tout au long
de la rédaction de ce mémoire,
A l'ensemble des enseignants et personnel d'ICOSUP, pour
leurs enseignements et leur accueil.
A l'ensemble des étudiants d'ICOSUP et plus
particulièrement ceux de Master I 2005/2006, avec qui j'ai passé
d'agréables moments.
A tous ceux, famille et amis(es) qui m'ont
encouragé et soutenu pendant ces recherches...
Dédicaces.
Remerciements.
Sommaire.
Introduction. 1-8.
Première Partie : Fonction
achats aujourd'hui: fonction stratégique de
l'entreprise.
Chapitre I. La problématique des achats.
10-31.
I.Définition générale.
10.
II. Distinction entre achats et approvisionnements.
12.
III. Achat multiforme : achat de matières
premières, prestations de services... 13.
III.1. Les achats d'investissements productifs :
détail. 13.
III.2. L'analyse des familles d'achats. 15.
IV. Les enjeux de la fonction achats dans l'entreprise.
17.
IV.1. Les enjeux financiers. 17.
IV.2. Les enjeux commerciaux. 20.
VI.3.Achat ; relations avec les autres fonctions de
l'entreprise. 20.
V.Le service achat au sein de l'entreprise .
23.
V.1. L'entreprise ne dispose pas de service achats.
23.
V.2.L'entreprise désire créer un service achat.
25.
V.3.la place des achats dans l'organigramme. 25.
V.4. Fonction achats ; centralisée,
décentralisée ou externationalisation. 26.
Chapitre II. Pour décider il faut de
l'information et un acheteur. 32-58.
I. L'information et l'acheteur. 32.
I.1. L'information sur le marché national.
33.
I.2. L'information sur le marché international.
34.
I.3. L'acheteur un nouveau métier. 39.
II.L'e-sourcing et l'e-procurement. 39.
II.1. Définition. 39.
II.2.Les outils disponibles. 40.
II.3. Les outils d'e-achat. 42.
II.4.Faut-il choisir l'e-Sourcing ou l'e-Procurement ?
45.
II.5.Quel est le déroulement de l'achat
"e-Sourcé" ? 45.
II.6.Quels sont les avantages et applications de l'e-Sourcing
? 46.
III. La Supply Chain Management : approvisionnement
et gestion de stocks. 47.
III.1. La supply chain Management.
47.
III.2. La politique d'approvisionnement.
51.
Deuxième Partie : Mise en oeuvre des
stratégies achats.
Chapitre I. La négociation, les appels
d'offres, la passation de commande, le suivi de livraison et les tableaux de
bord.
60-83.
I. La négociation d'achat. 60.
I.1. La préparation de la négociation.
60.
I.2. La négociation. 62.
I.3. Le suivi de la négociation. 67.
II. Les appels d'offres, le cahier de charges les emballages
et l'assurance. 68.
II.1. Les appels d'offres. 68.
II.2. Le cahier de charges. 70.
II.3. Le transport et les incoterms. 71.
II.4. Les emballages et les assurances. 75.
III. La passation de commandes et le suivi de livraisons.
76.
III.1. Comment établir la commande ?
76.
III.2. Comment transmettre la commande du fournisseur ?
77.
III.3. Le suivi de livraisons. 77.
III.4.La réception. 78.
III.5.Le contrôle qualitatif. 79.
III.6.Le paiement de la facture et les tableaux de bord.
79.
Chapitre II : Les procédures
d'homologation et de sélections de fournisseurs, les conditions
générales du contrat d'achat et de vente et le budget achat.
84-93.
I. Les procédures d'homologation et de
sélections des fournisseurs. 84.
I.1. L'évaluation financière.
84.
I.2. L'évaluation des compétences.
86.
I.3. L'audit fournisseur. 87.
I.4. Pourquoi et comment mesurer la performance
fournisseur ? 88.
II. Les conditions générales du contrat
d'achat. 88.
II.1. Le contrat d'achat : définition.
88.
II.2. La rédaction du contrat d'achat.
89.
II.3. Les conditions générales d'achat.
90.
III. Le budget achat. 92.
III.1. Définition. 92.
III.2. Pourquoi et comment établir le budget
achat ? 93.
Introduction
Durant plusieurs siècles, le concept d'entreprise
n'était pas présent dans l'esprit de l'homme. Le travail
était manuel, les machines n'existaient pas ; c'était
l'ère de l'artisanat ou l'amateurisme.
Dès le XIXème siècle le tissu
économique mondial va connaître des bouleversements
profonds : c'est la première révolution industrielle
marquée par l'apparition de la machine à vapeur.
C'est la naissance de la société
industrielle...
Deux acteurs fondamentaux vont faire leur apparition dans le
monde de la pensée managériale. Le premier, Taylor (1856-1915),
va axer sa pensée sur l'organisation et la rationalisation de la
production. Le deuxième, Fayol (1942-1925), va rester dans la même
logique que Taylor tout en la complétant par une analyse, plus
intéressé, de la condition de l'ouvrier.
Dans ce paysage économique, la notion d'achat n'est
presque pas utilisée sinon inexistante car à cette époque
l'économie se développe dans une logique purement productiviste.
En 1945, à la fin de la seconde guerre mondiale, les pays
industrialisés font face aux ravages laissés par la guerre. Il
faut reconstruire tout ce qui a été détruit. Les
entreprises se retrouvent dans une situation très avantageuse
puisqu'elles bénéficient d'un contexte économique de
pénurie.
Ceci marque le début des "Trente Glorieuses"
(1945-1974).
L'objectif principal était de produire car la demande
était supérieure à l'offre et tout se vendait...Ensuite le
développement des médias permet aux entreprises de promouvoir
leurs produits grâce à ce qu'on appelait à l'époque
"les réclames". La publicité a donc aussi été un
facteur qui a permis à la croissance économique de
véritablement exploser.
A cette époque de véritable euphorie, les seules
stratégies viables étaient :
Ø Les stratégies de diversification afin de
pouvoir être présent sur un maximum de marchés lorsqu'on
restait à l'intérieur d'un périmètre
géographique national.
Ø Les stratégies d'internationalisation pour les
entreprises qui voulaient rester sur leur coeur de métier mais qui
voulait aussi profiter de cette conjoncture économique favorable.
Les seuls freins au développement des entreprises
étaient leur capacité de production car la demande était
supérieure à l'offre. On assistait à des investissements
tout azimut.
Le monde était dirigé par une économie de
production. Le prix de vente (PV) était fixé grâce à
cette formule : PV = Prix de revient + Marge
La concurrence était peu présente, les
entrepreneurs pouvaient répercuter dans leur prix de vente les
variations d'un élément constituant le prix de revient ce qui a
d'ailleurs pour conséquence d'engendré l'inflation.
Néanmoins, cette croissance soutenue pendant plus de 25
ans a provoqué une surchauffe de l'économie marquée
essentiellement par la saturation des marchés. Effectivement, la
multiplication des intervenants sur les différents marchés
à créer un climat d'hyper concurrence comme nous le connaissons
aujourd'hui.
Les années 70 ont été des années
de transition de l'économie mondiale. Cette situation assez rapide a
été instrumentalisée par le double crach pétrolier
de 1973 et 1979. Le commerce est de plus en plus internationalisé avec
l'arrivée des produits japonais et l'ouverture progressive des
frontières en Europe. On parle également à cette
époque de « troisième révolution
industrielle » marquée par l'essor de nouveaux produits de
l'électronique, le développement de l'audiovisuel et un
consommateur de plus en plus exigeant. Après ces
événements, une récession économique a
plongé, les investisseurs et les consommateurs dans une période
de psychose pendant laquelle l'offre est devenue supérieure à la
demande.
C'est le début de l'ère d'économie de
Marché : "il ne suffit plus de produire pour vendre ni même de
savoir vendre pour réussir : le succès de l'entreprise
dépend de sa capacité à adapter son offre à la
demande1(*)".
Ce changement à bouleverser l'approche des dirigeants
dans leur raisonnement stratégique. Effectivement, dans une
économie de marché, le prix de vente est fixé par le
marché et les prix ont tendance à baisser. Par conséquent
la rentabilité des entreprises s'est rapidement amoindrie car
contrairement à une économie de production qui est maintenant
directement liée au prix de revient. La concurrence étant devenue
une constante, on est passé d'une logique de vendre au meilleur prix
à une logique de produire au coût le plus bas possible. La
concurrence et le fait de produire avec un prix de revient le plus bas possible
sont devenus une véritable obnubilation pour les dirigeants.
Suite à cette évolution de la situation
économique, les entreprises n'avaient plus qu'un seul but : conserver
leurs parts de marché. Pour cela elles ont dans un premier temps mis
l'accent sur la vente puis ont ensuite essayé de se différencier
grâce à la qualité. Elles souhaitaient donc pouvoir livrer
tout ce qu'elles étaient en mesure de vendre.
Les entreprises ont donc mis en place un système de
production basé sur la constitution de stocks afin de pouvoir
prévenir tout aléa comme le préconise la pensée de
Taîchi Ohno2(*) sur la gestion de stocks et le juste à
temps. L'objectif était d'avoir un taux de service client de cent pour
cent. Mais ce mode de production a comme caractéristiques principales
:
Ø L'augmentation des tailles de lot afin de diluer les
coûts fixes de lancement.
Ø Une augmentation de tous les postes de stocks
(matières premières, composants, en cours, produits finis).
Cependant, les clients devenant de plus en plus exigeants et
la concurrence en perpétuelle augmentation, les entreprises continuaient
de diminuer leurs marges afin de rester compétitives.
De plus, les dirigeants ont été
confrontés à plusieurs constats allant plus ou moins contre leurs
croyances initiales :Les stocks coûtent très cher à
l'entreprise du fait de l'immobilisation financière qu'ils
entraînent et de leur détérioration si la rotation
n'était pas assez rapide. Les délais de livraisons étaient
extrêmement longs pour les commandes qui n'étaient pas standard.
Réaliser ces commandes était parfois impossible, signe d'un
manque de flexibilité et d'adaptation aux besoins du client. La
qualité des produits n'était pas linéaire et les taux de
rebus relativement importants.
Tous ces constats les ont amenés à repenser leur
mode de production. Effectivement, ils étaient arriver à un point
de rupture où il leur était impossible de continuer à
ronger leur marge et que pour conserver leurs parts de marché, la
différence devait non plus se faire sur le prix de vente mais sur la
qualité du service associé au produit (SAV, offre logistique...)
Il était donc nécessaire de trouver des solutions pour pouvoir
offrir des délais courts même pour les commandes
personnalisées, garantir une qualité identique d'une commande
à l'autre et diminuer le prix de revient pour retrouver des niveaux de
profitabilité acceptable.
Par conséquent, les entreprises sous peine de se faire
abandonner par leurs actionnaires, ont dû trouver de nouveaux leviers car
même avec un système de production optimisé et des
gaspillages à leurs niveaux minimums, ils ne parvenaient pas à
présenter une profitabilité certaine.
Un de ces leviers n'est autre que l'optimisation des
achats.
Des pôles techniques comme les achats ou la logistique
ne peuvent désormais se permettre de rester en retrait.
Détail d'une mutation profonde...
Des livraisons à la carte et à "vitesse grand
V", des prix défiant progressivement toute concurrence, des
approvisionnements "non-stop" assurés parfois en direct par les
fournisseurs...
Autant d'ingrédients qui viennent enrichir la palette
des prestations proposées par les entreprises.
Les nouvelles technologies ouvrent depuis peu les portes de la
négociation à l'échelle mondiale, et en un temps record,
à des entreprises aux aguets, soucieuses de damer le pion à une
concurrence exacerbée. Aussi, les pôles
logistique/achats/transport/production se voient-ils plus ou moins contraints,
désormais, de travailler en parfaite intelligence et synchronie. Toutes
les fonctions ou presque de l'entreprise se trouvent, aujourd'hui,
mobilisées dans un processus d'adaptation permanente. Alors on se
consulte. On reste inlassablement en état de veille. On prend du recul
par rapport au quotidien pour anticiper les tendances et optimiser les
investissements.
C'est à cet instant que la fonction achats trouve sa
raison d'être dans une entreprise en quête de
profitabilité.
D'après le dictionnaire Larousse, un achat est
l'acquisition d'un bien en échange du règlement comptant ou
à terme du coût correspondant. En terme d'entreprises nous
parlerons plutôt de politique d'achats. La politique d'achats
définit un ensemble de règles, de principes directeurs
destinés à orienter l'action de la fonction achats.
L'ensemble des achats (comptes 60, 61, 62) est classé
dans des familles homogènes, chacune relevant de la même
technicité et pouvant faire l'objet de la même
stratégie. Il existe une possibilité de commencer le
découpage en famille grâce aux codes comptables.
Ø Matières premières, matières
consommables,
Ø Marchandises,
Ø Conditionnements,
Ø Fournitures consommables (fournitures de bureau et
d'atelier, produits d'entretien...)
Ø Achats d'informatique,
Ø Achats de sous-traitance,
Ø Achats de services peu élaborés
(retraitement des déchets, nettoyage des locaux)
Ø Frais de maintenance,
Ø Frais d'assurance,
Ø Frais de transport,
Ø Frais d'intérim,
Ø Frais de publicité,
Ø Frais postaux et de
télécommunications,
Ø Frais d'énergie...
La fonction Achats se voit confirmée dans son
rôle de « moteur à économies
» avec une légitimité revendiquée
vis-à-vis de la stratégie de l'entreprise. Elle prend aussi place
dans des domaines autrefois « réservés », notamment le
marketing, les achats de prestations intellectuelles et les achats
d'investissements. La fonction achats fait l'objet d'une nouvelle prise de
conscience et constitue une fonction émergente dans un bon nombre
d'entreprises. Aussi dans un univers de plus en plus concurrentiel, le seul
moyen de préserver sa marge consiste à réaliser des gains
sur la productivité et sur les achats. Les entreprises doivent savoir
tirer profit de cet univers concurrentiel à l'achat pour rester
compétitives à la vente.
L'une des principales facettes de la fonction achat est de
rester ouvert sur l'extérieur et de maîtriser autant que possible
son environnement : marché, nouvelles technologies, concurrence,
produits disponibles, produits de substitutions, normes. Ceci grâce
à des systèmes de veille performants désormais
indispensables... Parallèlement, de nouveaux concepts sont
apparus ; le juste à temps et la qualité totale imposent une
plus grande rigueur dans le choix des fournisseurs. Le prix n'est plus le seul
critère de choix comme nous le verrons ultérieurement. La
légitimité des Achats est ressentie comme forte pour ce qui
concerne la recherche de leviers de croissance et le maintien d'avantages
concurrentiels car le client est de plus en plus infidèle...Dans les
entreprises pour lesquelles les achats représentent plus de 60% du
chiffre d'affaires, la fonction achats s'estime correctement positionné
dans l'organisation. La diminution des prix de revient couplée avec des
stratégies de plus en plus fréquente d'externalisation et de
sous-traitance ont vu le poids des achats sans cesse augmenter dans la
composition du chiffre d'affaires. Effectivement, il est logique que les
achats, soient aussi le poste de dépense le plus important dans le prix
de revient d'un produit. Il est donc vital de maîtriser ses achats pour
obtenir un prix de revient compétitif lorsque la concurrence est la plus
féroce. Selon les secteurs d'activité, les achats peuvent
représenter de 30 à 70% du prix de revient.
C'est généralement le plus gros poste du prix de
revient, excepté pour les entreprises dont l'activité apporte une
forte valeur ajoutée à la matière utilisée.
L'entreprise a déjà, en vain, utilisé un grand nombre de
solutions pour réduire ses coûts et le seul gisement importants
aujourd'hui en termes de gain sont les achats.
Tout gain réalisé sur les achats a un
impact direct sur le résultat.
Les économies sur le produit fini dépendront
moins de la capacité à faire baisser le prix du fournisseur que
de trouver ensemble des solutions innovantes permettant de remplir la
fonctionnalité à moindre coût. C'est grâce à
cette approche qu'en un an Carlos Ghosn a réduit de 18% le coût
de ses achats permettant de ce seul fait à rendre Nissan
bénéficiaire, changeant ainsi l'avenir du groupe
Renault3(*). La fonction achat constitue le levier
privilégié permettant d'améliorer le profit de
l'entreprise.
L'amélioration des ventes assure la
pérennité de l'entreprise alors que les gains sur achats
génèrent une augmentation du profit.
Les achats représentent également des enjeux non
financiers. L'avantage concurrentiel apporté par les achats ne se situe
pas uniquement au niveau du prix mais aussi dans le choix des matières
utilisées pour la réalisation du produit. Les achats sont donc
également stratégiques dans la mesure où ils peuvent
permettre un développement des ventes et une différenciation de
la concurrence par un choix judicieux des matières constituant le
produit fini. De toute évidence, la qualité des produits
fabriqués commence par la qualité des matières
premières...
Aujourd'hui, le métier d'acheteur est devenu une
fonction stratégique aux multiples facettes. L'acheteur est un acteur
incontournable pour assurer la compétitivité de l'entreprise. Il
intervient à tous les niveaux : achats de biens, achats de prestations
externes, achats de services... Plus qu'un intermédiaire entre les
services internes et les fournisseurs, il se positionne comme un "
facilitateur " : identification et centralisation des besoins,
veille sur le marché, mise à disposition de nouveaux outils...
Dans ce cadre, la fonction achat prend une dimension
stratégique. Son rôle n'est plus uniquement d'assurer un
approvisionnement des chaînes de production au moindre coût et au
moindre risque. C'est un nouveau management qui se met en place.
Il est d'anticiper le marché, de prendre sa part de la
définition des produits par une recherche en amont des composants et des
matériaux avancés. D'où évidemment une nouvelle
approche de la fonction. La question des achats reste très mal comprises
chez certains managers surtout dans les Petites et Moyennes Entreprises. Cette
fonction du quotidien et du moyen terme, d'interface, d'ouverture, d'analyse,
d'action et de communication demande qu'on prête une oreille plus
attentive à elle.
La problématique de nos travaux se résume donc
à mettre sur pied un document détaillé qui montre tous
les aspects qui font des achats une fonction stratégique et l'origine
d'un nouveau métier dans une entreprise.
Conformément au programme d'enseignement de Master I
« Management et Stratégies d'Entreprises » de
l'Institut de Communication et de Commerce Supérieur (Metz), j'ai
été amené à réaliser un mémoire du 05
décembre 2005 au 31 mai 2006.
La réalisation de mon mémoire fut en
réalité plus qu'une mise en situation professionnelle mais un
enrichissement des connaissances aussi bien techniques que théoriques
et rationnelles. Il a été question à partir des documents
divers issus de livres, d'Internet et d'entretiens de faire ressortir
l'importance des achats au sein d'une entreprise.
Le thème retenu pour mon mémoire
est : « Les stratégies achats :
émergence, importance et impact d'un nouveau levier de
profitabilité au sein de l'entreprise ».
Il s'agit ici pour moi de rédiger un document qui met
en évidence l'importance de la fonction achats dans l'entreprise
aujourd'hui tout en faisant un pont entre le choix des fournisseurs, la supply
chain management, les différents aspects du contrat d'achat et le suivi
de relation.
Le rapport que je mets à votre disposition est
articulé en deux grandes parties.
La première fait le point sur la fonction achats, comme
elle est vécue dans l'entreprise aujourd'hui, en faisant allusion
à la problématique achats, l'information, et la place de la
fonction achats dans l'entreprise, le métier d'acheteur et la supply
chain.
La deuxième partie, quant à elle,
développe plusieurs points relatifs aux achats ; la
négociation, le suivi de relation, les tableaux de bord, les appels
d'offres, les procédures d'homologation et de sélections de
fournisseurs, les conditions générales du contrat d'achat et le
budget achat.
Première partie :
FONCTION ACHATS AUJOURD'HUI; FONCTION STRATEGIQUE
DE L'ENTREPRISE.
Chapitre I. La problématique des achats.
I.Définition générale.
D'après le dictionnaire Larousse, un achat est
l'acquisition d'un bien en échange du règlement comptant ou
à terme du coût correspondant. En terme d'entreprises nous
parlerons plutôt de politique d'achats. La politique d'achats
définit un ensemble de règles, de principes directeurs
destinés à orienter l'action de la fonction achats. Pour que la
politique achats soit efficace, elle doit être formalisée. Dans la
réalité, le dirigeant façonne son entreprise en fonction
de sa perception des priorités. Il ne se donnera les moyens de disposer
d'une politique achats performante que si celle-ci est importante à ses
yeux. La politique achat est donc préalable à toute
rationalisation des achats puisqu'elle traduit la volonté du dirigeant
de perfectionner les achats de son entreprise. L'existence d'une politique
achats constitue un cadre général à l'action d'une
fonction qui gère plus de 50% du chiffre d'affaires de l'entreprise et
qui a un impact important sur la qualité des produits et l'image de
l'entreprise. La contribution de cette fonction au succès de la
politique générale est donc essentielle.
Lorsque l'entreprise ne dispose pas d'un acheteur et que
plusieurs personnes sont chargées des achats, la politique achats est la
façon la plus claire, simple et précise de donner une
cohérence à leurs actions et de leur indiquer les critères
qui doivent prévaloir dans la négociation et le choix des
fournisseurs. Pour situer l'importance de la fonction achats dans l'entreprise
il est nécessaire de tenir compte des points suivants ;
Ø Le secteur d'appartenance de l'entreprise (primaire,
secondaire, tertiaire.)
Ø La branche de l'entreprise dans le secteur.
Ø La taille de l'entreprise par ses effectifs et son
chiffre d'affaires.
La fonction achat doit fournir les meilleurs produits et les
meilleurs services dans les délais les plus courts et dans des
conditions de prix et de paiement les plus avantageuses. La fonction achat peut
être considérée à égalité avec la
fonction étude et comme la fonction la plus importante des fonctions
connexes à la production dans certains cas.
Pour ce faire, les multinationales et les grandes entreprises
l'ont structuré en plusieurs services distincts :
Ø Budget achat,
Ø Fichier des fournisseurs,
Ø Marketing achats,
Ø Documentation,
Ø Service opérationnel d'achats avec ses groupes
spécialisés,
Ø Transports...
Dans les entreprises de grande ou moyenne taille, la fonction
achat est le plus souvent représentée par un service qui comporte
plusieurs postes spécialisés en fonction du volume des commandes
à traiter chaque jour et de la diversité des achats. Dans une
entreprise de toute petite taille, elle peut se résumer en un poste
polyvalent d'encadrement assisté par un secrétariat
d'exécution.
Ø On assiste aussi à l'avènement du
Marketing Achats. C'est une branche de la fonction achats qui a pour
activité :
Ø Lire les annonces de la presse
spécialisée dans les relations industrielles pour les offres de
produits et de services aux entreprises, afin de retenir celles qui pourraient
éventuellement être intéressantes à la fonction
achats de l'entreprise.
Ø Demander de la documentation technique aux
fournisseurs précédemment retenus.
Ø Analyser leurs documentations, et pour celles
paraissant au premier abord intéressant, demander au groupe
opérationnel d'achats concerné les prix et les délais de
ses fournisseurs, pour les produits similaires ou les services techniques.
Ø Lancer des appels d'offres par lettre
personnalisée, en précisant bien les quantités
potentiellement à commander dans l'année, la fréquence des
commandes et les délais de livraison souhaités, ainsi que les
conditions de ventes.
Ø Comparer les prix de l'appel d'offre à ceux
des fournisseurs actifs pour placement éventuel de commandes par le
groupe opérationnel d'achats approvisionnant le produit ou le
service.
Ø Demander un rendez-vous au fournisseur potentiel si
les prix comparés et les délais s'inscrivent dans la moyenne de
ceux des fournisseurs actifs du groupe opérationnel d'achats.
Si le contact a été fructueux et si l'opinion du
marketing achats est positive, Il est important de ;
Ø Lancer un fournisseur potentiel une commande test.
Ø Relancer, plus tard, sur un autre produit une seconde
commande test, et si le rapport de contrôle réception est encore
favorable, rédiger à l'intention du fournisseur une lettre
d'homologation de fournisseur agrée.
Ø Attribuer le moment voulu le fournisseur au groupe
opérationnel d'achats concerné, après avoir fait une
demande d'homologation au fichier fournisseurs du groupe de logistique.
Ø Remettre la documentation du fournisseur à la
documentaliste qui la conditionnera et la classera, afin de la distribuer
à la requête du groupe opérationnel d'achats quand le
fournisseur sera devenu un actif du groupe.
II. Distinction entre achats et approvisionnements.
Durant un nombre incalculable d'années, tout le monde a
fait un amalgame entre la fonction approvisionnements et la fonction achats.
Malheureusement dans des petites structures la distinction
n'est pas encore bien établie. Cette confusion est tout à fait
préjudiciable à l'optimisation des achats et des
approvisionnements. Néanmoins, les dirigeants des petites structures,
n'ont souvent pas un budget conséquent, et emploient une seule personne
pour s'occuper des achats et des approvisionnements, ce qui peut créer
une certaine confusion dans l'esprit des autres employés. Malgré
le fait que ces fonctions soient souvent en étroite collaboration, elles
ne réalisent absolument pas les mêmes activités. Voici donc
les principales missions de ces deux fonctions. Les achats sont en charge
de :
Ø Répondre à un besoin
exprimé ;
Ø Consulter et sélectionner les
fournisseurs ;
Ø Négocier les conditions d'achats (prix,
conditions de paiement...).
Il est clair que l'achat ne désigne pas uniquement les
achats destinés à la production mais recouvre également
tous les autres achats de l'entreprise.
La fonction achats joue un rôle d'interface dans
l'entreprise. Elle est le fournisseur attitré de l'entreprise
c'est-à-dire qu'elle doit répondre au mieux et au plus vite aux
besoins de ses clients internes.
Mais elle est également le client de ses nombreux
fournisseurs externes, elle a pour mission d'acquérir les biens et
services dont ses clients ont besoin, dans les meilleures conditions
commerciales. Les approvisionnements ont quant à eux en charge :
Ø Le calcul de la quantité à commander et
de la date à laquelle cette quantité doit être
livrée,
Ø Le passage de commandes,
Ø Le suivi de livraison,
Ø La gestion des stocks.
Ces deux fonctions n'ont souvent pas été
dissociées car elles travaillent conjointement dans l'évaluation
des fournisseurs, le traitement des litiges ainsi que sur la définition
des conditions de mises à disposition des produits (taille de lot,
délai de livraison...).
III. Achat multiforme : achat de matières
premières, prestations de services...
La nature de achats est identifiée au niveau de
certains comptes d'immobilisation de la classe 2, de certains comptes de
charges de la classe 6 du plan comptable. Les premiers concernent les achats
d'investissements productifs nécessaires à la fabrication des
produits et des biens commercialisés par l'entreprise. Les seconds
couvrent à la fois les achats effectués à destination de
la production et les achats de services divers consommés par les
nécessités de l'exploitation en tant que support logistique,
technique, administratif et financier de la production.
III.1. Les achats d'investissements productifs :
détail.
Classe 2 Immobilisations.
On prendra ici tout ou partie des postes suivants, en fonction
de la branche d'activité de l'entreprise.
Immobilisations corporelles.
Ø Agencements et aménagements de terrains.
Ø Constructions ; bâtiments, installations
générales...
Ø Installations techniques, matériels et
outillages industriels.
Ø autres immobilisations corporelles, matériels
de transport, de bureau et bureautique, mobilier, emballages
récupérables identifiables...
Immobilisations encours.
Ø Immobilisations corporelles encours, terrains,
installations techniques, matériels et outillages industriels, autres
immobilisations corporelles.
Ø Terrains, constructions.
On prend également en compte les achats
d'approvisionnements destinés à la production des biens
commercialisés par l'entreprise dans son exploitation normale et
courante.
Classe 6 Charges par nature.
Ici nous retiendrons également tout ou partie des
postes suivants en fonction de la nature des activités de la
production.
Achats et variation de stocks.
Ø Approvisionnement, marchandises ; achats de
matières premières, matières consommables, fournitures
consommables, combustibles, produits d'entretien, fournitures d'atelier
d'usine, fournitures de bureau, fournitures de magasin, emballages perdus,
emballages récupérables non identifiables, emballage à
usage mixte, achats d'approvisionnement non stockés, eau, énergie
fournitures d'entretien et petit équipement, fournitures
administratives, autres fournitures...
Ø Achats de marchandises, frais accessoires d'achat sur
matières premières, approvisionnement et marchandises.
Achats de sous-traitance et de services
extérieurs.
Ø Achat de sous-traitance, locations mobilières,
locations immobilières, entretiens et réparations
immobilières et sur biens mobiliers, primes d'assurance ; vol,
incendie et assurance transport, documentation, frais colloques,
séminaires, conférences...
Autres services extérieurs.
Ø Personnel intérimaire,
rémunérations d'intermédiaires et honoraires, commissions
et courtage sur achats, rémunérations de transitaire,
rémunération d'affacturage, honoraires, frais d'actes.
Ø Publicité, propagande, publications ;
annonces et insertions, échantillons, foires et expositions, cadeaux
à la clientèle, primes, catalogues et imprimés, pourboires
et dons courants, transports sur achats, transports collectifs du personnel,
divers, voyages et déplacements, missions et réceptions, frais
postaux et frais de télécommunications, services bancaires,
location coffres...
En résumé, on classe l'ensemble des achats, dans
les comptes 60, 61, et 62 du plan comptable, dans des familles
homogènes, chacune relevant d'une même technicité et
pouvant faire l'objet d'une même stratégie.
III.2. L'analyse des familles d'achats.
Lorsque les différentes familles d'achat ont
été identifiées, il convient de les analyser sous
différents aspects.
L'analyse ABC.
L'analyse ABC consiste à distinguer l'essentiel de
l'accessoire, c'est l'application au niveau des achats de la loi universelle de
Pareto dit loi des 80/20. Elle permet d'identifier les familles qui
représentent 80% de la valeur du portefeuille d'achat mais seulement 20%
du nombre total de familles.
Cette loi, applicable à toute entreprise, est
très utile car elle permettra de mesurer l'ampleur de l'action à
mettre en oeuvre suivant le poids relatif de la famille des achats. Voici les
étapes de l'analyse ABC ;
Ø Identifier le montant de achats
réalisés sur l'année pour chaque famille.
Ø Classer les familles de produits en ordre
décroissant du montant d'achat annuel.
Ø Dresser un tableau dans lequel apparaît les
colonnes suivantes ; famille d'achats, montant des achats par famille,
part que représente chaque famille sur la totalité des achats,
Ø Construire la courbe d'analyse ABC ; ce
graphique comporte en abscisse les familles d'achats, et en ordonnée la
part cumulée en % de la dépense annuelle (cf. annexe 1).
Identifier les trois catégories A, B et
C ;
La catégorie A regroupe 20% des familles : celle
qui représente 80% du chiffre d'affaires achat. Ainsi les achats de
cette catégorie devront faire l'objet d'une attention toute
particulière. Un faible pourcentage de gain sur ces familles d'achats
permettra de dégager une économie importante. Cependant ces
familles sont généralement très sensibles. La
catégorie B regroupe 30% des familles d'achats qui représentent
15% du chiffre d'affaires achats.
Les achats de cette catégorie seront également
susceptibles de dégager des gains significatifs. Ils sont moins
stratégiques pour l'entreprise donc plus faciles à
négocier. La catégorie C regroupe 50% des familles d'achats qui
représentent 5% du chiffre d'affaire achats. Ce sont des achats
marginaux. Ici il est essentiel de minimiser les frais administratifs car ils
sont lourds par rapport au montant des commandes. Il est par exemple important
de regrouper les commandes pour minimiser les frais de port.
La famille technologique.
La famille technologique regroupe les produits par
marchés fournisseurs tels que :
Ø Une famille matières premières, lorsque
l'entreprise utilise des métaux comme le cuivre, l'or, l'agent...
Ø Une famille papeterie/imprimerie, regroupant tous les
articles liés aux besoins quotidiens administratifs de
l'entreprise...
Ø Une famille équipement chargée des
acquisitions de nouveaux investissements...
Ø Une famille services généraux dans
laquelle on retrouve tous les matériels électriques, tous les
tubes et raccords, le nettoyage, le gardiennage...
La famille liée au type
d'application.
La famille liée au type d'application lorsque le
découpage par technologie n'est pas suffisant. Par exemple pour une
entreprise utilisant des composants électroniques en grande
quantité on pourra décomposer cette famille en trois :
Ø Une famille de composants à usage
militaire,
Ø Une famille de composants à l'usage des
télécommunications,
Ø Une famille de composants à l'usage du grand
public.
Cette décomposition montre qu'en fait si elle s'est
effectuée en fonction du type d'application elle s'est également
faite en fonction de sa nature technologique.
En conclusion, le regroupement des produits par familles n'est
pas une opération simple. On doit donc pour l'effectuer, utiliser un
processus itératif qui tient compte à la fois du marché
fournisseurs et des caractéristiques essentielles du produit.
L'analyse des contraintes.
Il est important d'identifier les contraintes internes et
externes. Les contraintes internes sont celles générées
par l'entreprise, on citera par exemple ;
Ø les fournisseurs imposés par les clients,
Ø Insuffisance de puissance d'achat.
Ø Situation de mono source : un seul fournisseur
est capable de l'approvisionner.
Ø Manque de standardisation des matières et
produits achetés ; achat d'un grand nombre de
références mais en faible quantité,
Les contraintes externes sont celles que subit l'entreprise de
la part des marchés amont ou aval, par exemple :
Ø Une réglementation très stricte,
Ø Un marché de pénurie (difficulté
d'acheter des matières...)
Ø Une durée de vie des produits très
courte,
Ø Des coûts d'outillage élevés,
Ø Un marché de technologie à
évolution rapide.
IV. Les enjeux de la fonction achats dans l'entreprise.
La fonction achats présente des enjeux aussi bien
financiers que commerciaux au sein d'une entreprise.
IV.1. Les enjeux financiers.
La diminution des prix de revient couplée avec des
stratégies de plus en plus fréquente d'externalisation et de
sous-traitance ont vu le poids des achats sans cesse augmenter dans la
composition du chiffre d'affaires. Afin d'identifier précisément
la part des achats dans le chiffre d'affaire, il suffit de reprendre le compte
de résultat, d'additionner les montants des trois comptes suivants et de
rapporter la somme au chiffre d'affaires :
Ø (60) Achats.
Ø (61) Services extérieurs.
Ø (62) Autres services extérieurs.
Le poids des achats dépend évidemment de
l'activité de l'entreprise.
Dans l'industrie on considère que les achats
représentent en moyenne 68% du chiffre d'affaires de l'entreprise et
plus largement de 40 à 75% selon les secteurs d'activité4(*). Voici quelques exemples plus
précis du pourcentage des achats dans le chiffre d'affaires de
très grands groupes.
Ces chiffres sont tirés de diverses éditions des
Echos :
Ø 46,3% pour Essilor.
Ø 72,4% pour PSA.
Ø 81,1% pour Pinault-Printemps-La Redoute (PPR) groupe
opérant dans le secteur de la distribution5(*).
Tous ces chiffres montrent à quel point les achats
lorsqu'ils sont correctement rationalisés peuvent être un levier
de gains très important.
Tout gain réalisé sur les achats a un
impact direct sur le résultat.
Toutes les actions mises en place dans les entreprises
à la fin du 20ème siècle que se soit en réduisant
les stocks, les gaspillages, en augmentant la productivité ou la
qualité avaient comme objectif principal de baisser le prix de revient
des produits. Cela a eu comme conséquence principale d'augmenter
considérablement le poids des achats dans le prix de revient des
produits. Les entreprises avaient de plus en plus de mal à vendre et
à gagner des parts de marché, elles ont donc cherché
à faire des gains ailleurs. D'abord, dans la production, en
améliorant la productivité, puis en rationalisant les achats.
La part des achats dans le coût de revient du produit
fini ayant beaucoup augmentée, les entreprises se sont rendues compte
qu'il y avait là un levier sur lequel elles pouvaient agir.
La fonction achat constitue donc le levier
privilégié permettant d'améliorer le profit de
l'entreprise. L'amélioration des ventes assure la
pérennité de l'entreprise alors que les gains sur achats
génèrent une augmentation du profit. Les achats de biens et de
prestations, tels que les matières premières, les emballages, le
transport, la sous-traitance entrent dans la composition du prix de revient.
Selon les secteurs d'activité, les achats peuvent représenter de
30 à 70% du prix de revient.
Dans un contexte de concurrence toujours accrue, le seul moyen
de maintenir sa marge consiste à maintenir, voire à
réduire son prix de revient. L'entreprise doit donc jouer sur :
Ø Sa productivité,
Ø Ses achats.
Les gains de productivité passent
généralement par de lourds investissements et parfois par
« un plan social ». En revanche, les gains sur achats sont
accessibles plus facilement, si l'on s'y accorde de l'importance et du temps.
Les achats représentent un pourcentage conséquent du chiffre
d'affaires, il en est de même pour la composition du prix de revient.
Effectivement, il est logique que les achats, soient aussi le poste de
dépense le plus important dans le prix de revient d'un produit. De plus,
on sait que le prix de revient d'un produit évolue à l'inverse de
sa courbe de vie. C'est le phénomène insidieux mais
inéluctable d'érosion de la valeur ajoutée de
l'activité. Cette dégradation résulte de l'augmentation de
la productivité du métier et de la diminution de la marge nette.
Par conséquent, la plus grande part du prix de revient résulte
des achats de matière et de composants dont la proportion augmente avec
l'age du produit. Il est donc vital de maîtriser ses achats pour obtenir
un prix de revient compétitif lorsque la concurrence est la plus
féroce c'est-à-dire lorsque le produit est dans sa phase de
maturité sur sa courbe de vie.
L'autre incidence des achats sur le prix de revient est due au
fait que la fonction achats est en connexion directe avec tous les services de
l'entreprise. Lorsqu'un service met en oeuvre une action pour diminuer le prix
de revient du produit, il existe une forte probabilité pour que le
service achats soit impliqué directement ou indirectement. Par exemple,
le service achats peut participer à la diminution du prix de revient
d'un produit en faisant son apport :
Ø A la Recherche et Développement lors de la
conception, en intégrant la technologie d'un fournisseur ou en amenant
un nouveau concept découvert lors de la vieille commerciale.
Ø A la logistique, en proposant des standardisations ou
des équivalences de produit permettant la diminution des coûts de
gestion de stocks.
Ø A la qualité, en mettant en place des AQF
(Assurance Qualité Fournisseur) visant à sécuriser les
processus du fournisseur et en collaborant avec le fournisseur sur des plans de
progrès.
Ø A la production, en amenant le savoir-faire des
fournisseurs pour optimiser notre production.
IV.2. Les enjeux commerciaux.
Les achats représentent également des enjeux non
financiers. L'avantage concurrentiel apporté par les achats ne se situe
pas uniquement au niveau du prix mais aussi dans le choix des matières
utilisées pour la réalisation du produit. Les achats sont donc
également stratégiques dans la mesure où ils peuvent
permettre un développement des ventes et une différenciation de
la concurrence par un choix judicieux des matières constituant le
produit fini. Ainsi, par exemple, une société de confection qui a
trouvé un fournisseur capable de fabriquer un tissu en coton qui ne se
froisse pas. Cette nouvelle matière première apporte un avantage
concurrentiel à ses produits finis, elle est susceptible de contribuer
au développement des ventes de l'entreprise en question.
L'intégration de la fonction achats très en
amont, dès la conception des produits, permettra à l'entreprise
de tirer le meilleur profit des opportunités du marché
fournisseur. De toute évidence, la qualité des produits
fabriqués commence par la qualité des matières
premières. Les clients et donneur d'ordre sont de plus en plus
amenés à s'assurer de la performance de leurs fournisseurs, gage
de leur propre performance. Ainsi dans le cadre de leur démarche
qualité, ils développent les audits de leurs fournisseurs. Ils
veuillent à leur performance au niveau des achats, en effet, les grandes
firmes ont tendance à choisir des sous-traitants capables de comprendre
la dimension stratégique des achats. Lorsqu'on évoque l'image de
l'entreprise, on pense généralement à la fonction
commerciale. Or la fonction achats est-elle aussi en contact permanent avec
l'extérieur, elle véhicule l'image de l'entreprise. Il faut donc
en tenir compte lors du choix de l'acheteur, de l'aménagement des locaux
dans lesquels il reçoit et plus largement dans la gestion quotidienne
des relations avec les fournisseurs.
L'honnêteté, le respect de la parole
donnée, le professionnalisme, l'ouverture d'esprit sont autant de
comportement vis-à-vis des fournisseurs qui serviront l'entreprise
à long terme.
VI.3.Achat ; relations avec les autres fonctions
de l'entreprise.
La fonction achat est amenée à travailler avec
beaucoup d'autres fonctions de l'entreprise.
Fonction achat et la Direction
Générale.
Ces deux fonctions de l'entreprise travaillent ensemble sur le
plan stratégique. Elles ont la charge d'élaborer des politiques
achats qui contribuent à la réalisation de la politique
générale tout en étant réaliste. Elles
décident également ensemble des tableaux de bords qui pourront
être mis en place afin de suivre l'évolution des achats et de la
comparer aux objectifs fixés par la politique achats.
Fonction achat et bureau d'étude.
Ici, la fonction achats a pour but de rechercher les sources
d'approvisionnement dont l'entreprise aura besoin dans un avenir plus ou moins
proche. Ainsi la fonction achats doit intervenir dès la conception des
nouveaux produits. Cette intervention est essentielle car c'est la fonction
achats qui peut le plus apportée de la valeur ajoutée à
l'entreprise. En effet, le bureau d'étude peut prendre en compte les
données du marché des fournisseurs et l'adapter aux contraintes
et opportunités de l'entreprise. La fonction achat peut informer le
bureau d'études sur :
Ø Les nouvelles matières entrant dans la
composition du nouveau produit,
Ø Leur disponibilité sur le marché,
Ø Leur prix...
En retour, le bureau d'étude communique à la
fonction achat :
Ø Les axes de recherche de nouvelles matières en
fonction de ses besoins,
Ø Les spécifications techniques des articles
à acheter, qui permettront de consulter les fournisseurs.
Fonction achat et production.
La production est le principal utilisateur des articles
sélectionnés et négociés par l'acheteur, les deux
fonctions sont donc amenée à se rencontrer même si la
production est plus souvent en contact avec la fonction approvisionnements, qui
l'alimente. La production communique à l'acheteur, au moment de la
sélection des articles, ses exigences concernant les services que doit
apporter le fournisseur en termes de :
Ø Délai de livraison,
Ø Minimum de commande,
Ø Modules de commande,
Ø Emballages et conditionnement des articles.
La production est la fonction la mieux placée pour
évaluer la satisfaction par rapport à la qualité des
matières achetées. Elle sait si celles-ci sont faciles à
travailler et adaptées aux équipements de l'entreprise. D'autre
part lorsque l'entreprise a recours à la sous-traitance, les relations
entre la production et les achats sont renforcées car la sous-traitance
concerne à la fois la fonction achats et la production.
Fonction achats et Fonction
approvisionnement.
La fonction achats réalise le travail qui se trouve en
amont de l'approvisionnement. Elle sélectionne et négocie les
articles que l'entreprise sera amenée à utiliser. Elle doit
communiquer à la fonction approvisionnements toutes les informations
nécessaires au passage des commandes. En retour, la fonction
approvisionnement devra l'informer des relations quotidiennes avec les
fournisseurs et de leur façon de travailler, pour que l'acheteur puisse
en tenir compte dans l'évaluation du fournisseur et lors de
négociations ultérieures.
Fonction achats et comptabilité.
Les relations entre la fonction achats et la
comptabilité sont administratives. Elles concernent d'une part
l'établissement des budgets achats et d'autre part le contrôle et
le règlement des factures fournisseurs. L'acheteur doit communiquer au
comptable ou au contrôleur de gestion l'ensemble des informations dont il
a besoin pour l'élaboration du budget achats.
La fonction achats pourra se faire assister du comptable ou du
financier pour l'évaluation financière des fournisseurs ou la
décomposition de leur prix de revient.
La fonction achats et la qualité.
Lorsque l'entreprise dispose d'une fonction qualité,
ses relations avec la fonction achats concernent le contrôle des
matières achetées. L'acheteur et le responsable qualité
définissent ensemble les critères de contrôle, ce dernier
est responsable du contrôle même s'il ne l'effectue pas
lui-même. Il transmet donc le résultat des contrôles
à l'acheteur. Ils définissent également ensemble la
méthode d'évaluation des fournisseurs.
V.Le service achat au sein de l'entreprise.
Dans cette partie de nos travaux trois cas de figures
s'imposent, à savoir ;
Ø L'entreprise ne dispose pas de service achats,
Ø L'entreprise souhaite créer un service
achats,
Ø L'entreprise souhaite structurer et développer
son service achats.
V.1. L'entreprise ne dispose pas de service
achats.
Lorsqu'une entreprise ne dispose pas de service achats, la
fonction achats doit malgré tout être assumée.
L'éclatement de la fonction revient à ce que chacun achète
ce dont il a besoin. Cette solution présente des avantages :
Ø L'acheteur étant également
l'utilisateur, il a une bonne connaissance technique de ce qu'il doit
acheter.
Ø Il est très sensible au délai de
réception à respecter,
Ø Il est tout à fait responsabilisé dans
son achat.
Mais certains inconvénients peuvent
apparaître :
Ø Chaque acheteur ayant parallèlement une autre
fonction, la fonction achats qui gère plus de 50% du chiffre d'affaires
n'est pas assumée avec attention,
Ø Les utilisateurs sont peu enclins à rechercher
de nouveaux fournisseurs car ils n'en ont pas le temps, l'entreprise risque de
passer à coté des opportunités,
Ø Cet éclatement des achats ne favorise pas la
standardisation des produits utilisés,
Ø L'acheteur risque de se limiter aux aspects
techniques et négliger la négociation commerciale,
Ø Les informations concernant le marché des
fournisseurs ne sont pas centralisées par une seule personne, elles sont
donc peu accessibles aux autres fonctions de l'entreprise,
V1.1. La fonction achat est gérée par un
responsable de l'entreprise.
Le Dirigeant assume la fonction achat.
Dans ce cas le dirigeant peut lui-même appliquer sa
politique d'achat.
Mais il faut veiller à ce que la fonction
achats :
Ø Ne soit pas délaissée du fait de sa
surcharge de travail,
Ø Ne vienne pas occulter d'autres taches importantes
qu'il doit assumer.
D'une façon générale, cette solution peut
être envisagée dans un premier temps, mais si l'entreprise prend
de l'ampleur le dirigeant devra s'entourer et savoir déléguer. Il
est possible qu'il garde la maîtrise de certains achats importants mais
il serait surprenant qu'il puisse assumer l'ensemble des achats.
Le responsable de la production assume la fonction
achats.
Le responsable de la production a l'avantage :
Ø De bien connaître les produits
achetés,
Ø D'être sensible aux délais de
livraison,
Ø D'être très attentif à la
qualité des produits,
Ø De connaître les quantités de produits
consommés.
En revanche :
Ø Il dispose de peu de temps à consacrer aux
achats,
Ø Les aspects concernant le coût d'achat peuvent
lui sembler secondaires par rapport à la qualité,
Ø En tant que utilisateur des produits qu'il
achète il peut avoir tendance à acheter une qualité
supérieure aux besoins,
Ø Il risque de ne pas avoir assez de temps pour
réaliser la veille technologique.
Le responsable du bureau d'étude assume la
fonction achats.
Ce responsable sera très impliqué dans la
recherche des nouveaux articles qui entreront dans la composition des produits
sur lesquels il travaille, il est aussi sensible à la qualité des
produits qu'il achète. Sur le plan technique il connaît bien les
produits qu'il achète. En revanche, il est moins sensible aux aspects
concernant, le prix, les délais de livraison, les conditions de
règlement et il peut être mal renseigné sur les
quantités consommées par l'entreprise.
Le comptable, le financier ou le responsable
administratif assume la fonction achats.
Le comptable, le financier ou le responsable administratif
seront particulièrement sensible aux prix et aux conditions de
règlements. Mais ils auront quelque fois une connaissance limitée
du produit à acheter. Ils seront peu sensible à la qualité
et n'auront pas forcement les aptitudes à la communication dont doit
faire preuve l'acheteur.
Un commercial assume la fonction achat.
Cette situation comporte des avantages. En effet, le
commercial est habitué à négocier et il prend en compte
dans ses choix la satisfaction du client final avec qui il est en contact quasi
permanent. Mais hélas, il manque de temps car il se déplace
souvent chez les clients et il risque de faire passer l'intérêt du
client final avant celui de l'entreprise.
V.2 L'entreprise désire créer un service
achat.
Des que l'entreprise le peut, elle a tout intérêt
à créer un service achat. En effet, l'existence d'un service
achats est le seul moyen d'appliquer une véritable politique d'achats
car l'acheteur est alors totalement investi de cette mission. Le fait
d'affecter une personne exclusivement aux achats permet de réaliser un
vrai travail de fond en matières de prospection de fournisseurs et
recueil de l'information. Si les achats sont regroupés, cela permettra
de conduire une démarche de standardisation des produits achetés.
Cette standardisation permettra de réaliser des économies. Il
existe un ensemble de critères pour lequel il soit rentable pour
l'entreprise de créer un service achats. Il est important pour
l'entreprise de constater que les gains potentiels réalisables par
l'acheteur ne dépassent pas le coût de l'acheteur pour
l'entreprise. La complexité et la diversité des matières
achetées, la part des achats dans le chiffre d'affaires et le volume des
achats traités sont aussi des critères importants pour
créer un service achats. Créer un service achat revient à
recruter un acheteur. Le recrutement ici peut se faire de deux façons.
Soit en interne soit en externe. Après l'étape du recrutement
l'entreprise doit définir les besoins et les fonctions que devra remplir
l'acheteur puis le former et enfin le confié les types d'achats qu'il
devra assumer. Il est préférable de rattacher directement le
service achats à la direction générale. Ce rattachement
évitera de limiter la fonction à son aspect purement technique si
elle dépend du bureau d'étude ou financier si elle sous la
tutelle du responsable financier ou administratif.
V.3. La place des achats dans
l'organigramme.
La fonction achats s'insère dans le groupe des
fonctions directement productives et connexes à la production qui
comprend d'autres fonctions comme ; étudier, contrôler,
emmagasiner, stocker et distribuer. A ces fonctions connexes s'ajoutent la
production, l'outillage et la maintenance, qui sans les
précédentes, seraient vouées à une exploitation
artisanale qui n'a vraiment plus sa place dans l'industrie moderne.
Au groupe de fonctions productives et connexes à la
production s'ajoutent le groupe de sections indirectement productives, qui
comprend ; la fonction vente, la fonction gestion, la fonction former et
informer et la fonction direction. La fonction achats fait l'emploi d'une
majorité de classifications professionnelles élevées
inhérentes à ses attributions, les ingénieurs et cadres,
agents de maîtrise, techniciens et employés d'exécutions.
Dans certaines entreprises, l `organigramme de la fonction achats comporte
un groupe de transports pour enlever les produits et les marchandises que les
fournisseurs ne livrent pas, faute de moyens, pour compenser le prix de
livraisons faites par des transporteurs ou au lenteur des acheminements. Ceci
étant pour pallier à une certaine insuffisance d'activité
d'un groupe de transports sur achats, entre les périodes de mise
à disposition des commandes par les fournisseurs et des insuffisances de
tonnages à prendre, dues à leur dispersion géographique,
il est préférable que les transports sur achats et les transports
sur ventes soient réunis dans un même service pour que la
productivité des transports soit plus efficace. Avec un nombre
d'acheteurs en poste, basé sur une évaluation de 10 commandes par
jour passé aux fournisseurs. 220 sur 22 jours par mois, ce qui sur un
horaire normal de 169 heures dont 4 heures par semaines fois 4 semaines = 16
heures consacrées à la réception des fournisseurs, laisse
153 heures par mois pour le traitement des commandes, 41 minutes la commande.
Ce temps est plus que suffisant pour le placement de produits
répétitifs à la longue, même en comptant les travaux
annexes incombant à l'acheteur, comme le courrier et les
vérifications de factures, le traitement de litiges ; certains
ordres se plaçant en 10 minutes.
V.4. Fonction achats ; centralisée,
décentralisée ou externationalisation.
V.4.1. Fonction achat centralisée ou
décentralisée.
Afin d'assurer le pilotage de la fonction achats, les
entreprises ont le choix entre trois principales structures qui sont :
l'organisation centralisée, l'organisation décentralisée
et l'organisation combinant centralisation et décentralisation.
L'organisation de la gestion des achats constitue un facteur important de la
compétitivité des entreprises. Elle se caractérise
généralement par de nombreuses variables au nombre desquelles la
latitude dans les prises de décisions ou le degré de
centralisation ou décentralisation des activités liées aux
achats et qui représente un facteur déterminant non seulement de
son efficacité, mais aussi de celle de l'organisation
générale de l'entreprise.
Aussi, il n'est pas étonnant de constater
l'intérêt accordé à l'analyse du degré de
Centralisation et/ou de la décentralisation de la gestion des
approvisionnements et des achats. La centralisation de la fonction
approvisionnement apparaît à bien des égards comme un choix
d'organisation pouvant le mieux assurer la cohérence du fonctionnement
des diverses activités et/ou domaines de l'entreprise et ce, grâce
à un meilleur contrôle de l'action et des résultats. Dans
le cas de la décentralisation, il s'agit de placer les centres de
décisions à proximité des organismes d'exécution,
quitte à les multiplier autant que nécessaire pour assurer
à l'organisation l'efficacité maximale ; par ailleurs, la
centralisation consiste à réduire les centres de décisions
à un nombre minimal et à les localiser à proximité
de la direction générale.
La centralisation et la décentralisation apparaissent
ainsi comme deux états organisationnels extrêmes entre lesquels
existe une espèce de « zone grise » constituée de
multiples combinaisons possibles de centralisation et décentralisation
des activités liées aux achats. Le choix du degré de
centralisation est à l'évidence capital puisqu'il
détermine la configuration organisationnelle de l'entreprise. Il va de
soi que la tendance à la centralisation de quelques activités de
la fonction achats relève dans certaines entreprises de la
volonté de faire face aux pénuries de matières
premières, et aux fluctuations des prix sur leurs marchés amont.
En plus du fait qu'elle se justifie souvent par le haut degré de
compétences requises pour la négociation avec les fournisseurs,
la centralisation permet par ailleurs aux entreprises d'éviter la
concurrence entre leurs différentes unités, et
conséquemment, donne à celles-ci la possibilité de
réaliser des économies substantielles.
En effet, la centralisation des besoins d'achats
confère à l'entreprise un pouvoir d'achat (et donc de
négociation) accru auprès de ses fournisseurs et conduit
généralement entre autres à l'obtention des remises sur
quantité et d'autres conditions avantageuses telle la livraison sur
demande qui évite de multiplier les stocks. D'autres facteurs tels le
renforcement du contrôle qualité des matières ou le
développement des relations stratégiques avec les fournisseurs
peuvent faire que l'entreprise ne puisse résister à l'attrait que
représentent les gains sous-jacents à la centralisation de
certaines activités. Certes, ces multiples facteurs expliquent largement
les choix différenciés des entreprises en matière de
centralisation ; cependant, demeure la question de savoir laquelle des
systèmes centralisé et décentralisé est la plus
efficace.
Il n'y a donc pas à cette question de réponse
tranchée qui recueille l'assentiment général. Quelques
auteurs en théorie des organisations ont réservé une place
importante aux questions touchant au niveau relatif auquel les décisions
sont prises dans les entreprises ou les organisations le relèvent au
moins implicitement.
Gélinier6(*) (1968) souligne ainsi par exemple «
...qu'au niveau d'une entreprise, la
compétitivité résulte d'abord de l'application d'un
management moderne caractérisé par le principe de
décentralisation7(*)
». Même si Mintzberg8(*) (1979) estime pour sa part que le problème de
la centralisation (ou de la décentralisation) de la décision au
sein de l'entreprise demeure probablement le sujet le plus confus de la
théorie des organisations, il n'est de doute que ceci tient au
rôle déterminant qu'est censé jouer ce paramètre
organisationnel dans la réussite de l'entreprise.
Par ailleurs, nous devons à Fayol9(*) (1979) d'avoir eu sur ce sujet
un avis assez nuancé. Il écrit : « La centralisation
n'est pas un système d'administration bon ou mauvais en soi ; elle
existe toujours plus ou moins. La question de centralisation ou de
décentralisation est une simple question de mesure. Il s'agit de trouver
la limite favorable à l'entreprise 10(*)».
La nécessité pour le système de gestion
des achats d'être en mouvement et de changer se justifie par
l'environnement qui évolue profondément. Ainsi, comme
l'entreprise dans son ensemble, l'organisation de la gestion des achats est
sujette à des changements liés à la recherche de
l'efficience et de l'efficacité.
Chaque entreprise définit a priori un niveau de
centralisation en rapport avec les gains potentiels sous-jacents, et s'efforce
de l'atteindre à travers une transformation continue de sa structure.
Aussi, peut-on raisonnablement imaginer que l'atteinte de ce niveau visé
n'est qu'une étape dans un processus à long terme.
En général, soit parce que le pilotage à
ce niveau visé de centralisation ne satisfait pas les attentes de
l'entreprise, soit parce que les changements de l'environnement viennent
contrarier les gains attendus. Il arrive que l'entreprise s'oriente vers une
révision et/ou une réactualisation de son niveau de
centralisation; ceci conduit soit à une centralisation accrue, soit
à un retour vers des positions de centralisation ou
décentralisation antérieures. Ces changements poussent
inévitablement à une reconfiguration du système
d'information, ce qui génère des coûts d'adaptation.
On s'aperçoit que même les entreprises dont le
modèle de gestion des achats combine déjà la
centralisation et la décentralisation ont fait évoluer leur
organisation dans le temps vers un niveau soit de forte centralisation, soit de
décentralisation accrue.
C'est le cas notamment des compagnies NCR, Honeywell et Black
& Decker qui ont été amenées à renforcer la
centralisation de certaines activités d'achats ; pourtant dans le
même temps, la compagnie CIL passait d'un modèle combinant
centralisation et décentralisation à un système de
pilotage complètement décentralisé11(*). Une enquête
menée par « Advanced Purchasing Studies (1995) »
établissait déjà que sur un échantillon de 116
entreprises, 45% seulement de celles qui avaient centralisé leur
approvisionnement en 1988 conservaient encore ce modèle de
fonctionnement en 1995, et aussi que seules 14% des entreprises qui
étaient décentralisées en 1988 l'étaient encore en
1995. Autrement dit, 55% des entreprises dont les structures d'achats
étaient centralisées et 86% de celles dont les structures
étaient décentralisées avaient entre temps fait
évoluer celles-ci vers un modèle combinant centralisation et
décentralisation. De même, cette enquête établissait
que parmi les entreprises dont la structure de gestion des achats combinait
centralisation et décentralisation en 1988, 13% s'étaient
orientées vers la centralisation, alors que 11% s'étaient
transformées en structures décentralisées.12(*)
V.4.2. Externationalisation de la fonction
achats.
L'externationalisation des achats consiste pour l'entreprise
à confier tout ou partie de la gestion de ses achats à une autre
société spécialisée en achats.
L'externationalisation des achats peut prendre plusieurs formes, mais elle se
distingue généralement du groupement d'achat par deux
caractéristiques ;
Ø L'objectif premier n'est pas forcement de regrouper
la puissance d'achat de plusieurs entreprises, mais de confier certains achats
à une société spécialisée, Le service offert
est beaucoup plus personnalisé que celui d'un groupement d'achats.
Ø L'entreprise peut charger la société
spécialisée de toute mission relative à un acte
d'achat :
1. recherche de nouveaux produits,
2. recherche de fournisseurs à l'étranger,
3. négociation de marchés annuels...
Concernant l'externationalisation des achats, des services
très différents peuvent être proposés d'une
société à l'autre. Certains prestataires proposent la
prise en charge des approvisionnements. C'est-à-dire qu'elles offrent le
même service qu'une centrale d'achat qui passe commande, règle les
fournisseurs et se charge éventuellement de réceptionner et
contrôler les marchandises achetées avant de les
réexpédier au client.
Ce service est généralement plus adapté
aux grandes entreprises, pour lesquelles la gestion des achats de
catégorie C (voir analyse ABC) pose problème, et qui trouvent
ainsi un moyen de réduire le nombre de leurs fournisseurs. En revanche
cela ne répond pas forcement à la préoccupation
première de la majorité des PME.
Cette solution présente de nombreux avantages pour
l'entreprise qui l'adopte. L'entreprise dispose des compétences d'un
acheteur professionnel, Elle transforme les charges fixes, que lui
coûterait un acheteur salarié, en charges variables, si
l'entreprise a une activité très saisonnière, elle peut
n'avoir recours à l'acheteur qu'à certains moments de
l'année, l'entreprise peut traiter les achats quotidiens sans
difficultés particulières en interne et avoir recours à un
professionnel pour des achats plus délicats à savoir ;
Ø achat à l'étranger,
Ø achats exceptionnels importants...
Ø achats nécessitant une évaluation
précise des fournisseurs...
Si la société qui se charge de traiter les
achats est spécialisée dans un secteur d'activité, elle
mènera une veille technologique dont elle pourra faire
bénéficier ses clients. Pour que l'externationalisation soit un
succès, les relations entre entreprise et la société de
gestion des achats doivent être particulièrement étroites
et basées sur la confiance.
Le prestataire doit assurer les entreprises avec lesquelles il
travaille de la confidentialité des informations auxquelles il aura eu
accès dans l'entreprise. La société cliente et le
prestataire doivent travailler en étroite collaboration afin que ce
dernier dispose de l'ensemble des informations qui sont nécessaires pour
mener à bien les missions qui lui ont été confiées,
c'est également à cette condition que l'entreprise cliente puisse
bénéficier des connaissances du prestataire sur les
marchés d'achat et en tirer le meilleur profit,
Chapitre II. Pour décider il faut de
l'information et un acheteur.
I. L'information.
I.1. L'information sur le marché
national.
Le caractère primordial d'une bonne connaissance du
marché passe par l'information. Il faudra comprendre comment une
information économique donnée influe sur l'activité d'une
unité économique, sachant que cette dernière
réagira en cohérence avec les objectifs qu'elle s'est
assignée. Pour mieux comprendre il faut partir d'un postulat
simple : l'information coûte du temps et de l'argent. Pour obtenir
une information utilisable directement par le chef produit achats, l'entreprise
aura dû investir en moyen humain, technique ainsi qu'en temps et en
argent. La structure complexe des échanges d'informations entre les
différents niveaux d'une entreprise ainsi qu'avec les organismes ou
entreprises extérieures forment ce que l'on peut appeler système
de guidage de l'ensemble de l'économie de marché. On peut citer
en termes d'organismes ;
Ø Les banques,
Ø L'INSEE,
Ø Les Chambres de commerce,
Ø OCDE...
Dans cet ensemble très varié, l'activité
de production peut se résumer à des échanges avec
l'environnement et se traduire par une évolution de certains
paramètres à l'intérieur de l'entreprise, tels que :
capacité de production, stocks de matières premières ou de
produits finis, niveau de recherche...
Toutes ces modifications du système de transformation
du produit sont liées à l'obtention et au traitement des
informations dont la vérification et l'utilisation sont les aspects
essentiels du système de guidage de l'entreprise nécessaire au
marketing achat. En outre il faut distinguer au sein de ce flux
d'informations :
Ø Celles qui alimentent les réflexions et
travaux préparatoires à la connaissance du marché, au
recensement de l'ensemble des fournisseurs et à la négociation
d'achat ; statistiques, compte de résultat de la branche
d'activité, fournisseurs potentiels.
Ø Celles qui confirmeront ou infirmeront les choix
passés ; tableau de bord achat, qualité des produits
livrés, évolution de monnaies d'achat...
Au-delà de l'importance fondamentale de l'information
dans le fonctionnement d'une direction achat et par-là même d'une
entreprise, existe la décision, que l'on peut définir comme la
capacité de réponse du chef de produits achats aux variations
économiques. Cette décision n'est pas le fait d'une seule
personne engageant dans l'entreprise plusieurs niveaux hiérarchiques et
par-là nécessitant un certain délai. L'économie de
marché actuelle est avant tout organisationnelle et ne peut se
résoudre à un schéma simple où seuls quelques
paramètres entreraient en ligne de compte. L'acheteur devra s'efforcer
de définir une démarche, un plan stratégique et de
l'adapter au fur et à mesure à l'évolution de
l'environnement du marché, en renouvelant les concepts sur lesquels il
se fonde. Il est évident qu'avant de procéder, par exemple
à l'analyse financière d'une société
d'électronique française il faudra connaître le contexte
électronique international, les spécificités du secteur
électronique, la fiscalité et les tarifs douaniers en vigueur, la
réglementation des prix, les fluctuations des marchés...
I.2. L'information sur le marché
international.
La mondialisation des fabrications et des utilisations d'un
même produit rend de plus en plus nécessaire le
développement d'une recherche marketing achat international. La France
ne suffit que très rarement à réduire les coûts de
production, car le coût de la main d'oeuvre y soit plus
élevé. De plus, pour les entreprises exportatrices, il devient
impératif d'équilibrer la balance des changes. Au plan
conceptuel, le marketing achat international n'est pas très
différent du marketing national. Il résulte simplement d'une
segmentation géographique d'un marché global. Mais pratiquer le
marketing achat international nécessite quelques contraintes. Il est
important de suivre les tendances de l'environnement international, en effet,
les caractéristiques essentielles du milieu international ces
dernières années ont été ;
Ø La mondialisation des échanges commerciaux, et
de ce fait l'internationalisation des marchés,
Ø La délocalisation de la production pour des
raisons de coût de la main d'oeuvre.
Ø L'émergence de nouveaux marchés tels
que ceux du bassin pacifique ; Hong-Kong, Taiwan, Singapour...
Ø L'émergence des nouveaux pays consommateurs
tels que ; L'Asie du sud-est, le Moyen-Orient et la Chine.
Ø L'incertitude concernant le cours du dollar.
Ø L'évolution des moeurs tendant à
uniformiser nos façons de faire, de travailler sous l'impulsion du
modèle américain.
Pour chacun des pays avec lesquels l'acheteur se propose de
travailler, il sera nécessaire de connaître et de suivre
l'évolution d'un certain nombre d'indicateurs économiques
généraux tels que ;
Ø Le taux d'inflation,
Ø Le taux de chômage,
Ø Les prévisions économiques à
court et à moyen terme,
Ø La stabilité politique du régime en
place,
Ø Le salaire moyen de l'ouvrier,
Ø La réglementation douanière en vigueur
dans le pays concerné ainsi que les tarifs douaniers à
l'importation des produits semi-ouvrés en provenance de ce pays,
Ø Le coût du transport.
Il sera important aussi de connaître les habitudes
socioculturelles de la population comme la religion, le niveau d'instruction,
les moeurs...
Plusieurs organismes peuvent servir de source
d'informations ;
Ø La banque de France,
Ø Le Centre Français du Commerce
Extérieur,
Ø Le Commissariat Général au Plan,
Ø Le MOCI ; moniteur de commerce international,
Ø INSEE ; Institut National de la Statistique et
des Etudes Economiques,
Ø Les journaux officiels,
Ø Le BIT ; Bureau International du travail,
Ø La CCI ; Chambre de commerce Internationale.
Il en existe des milliers de sources de ce genre. Les
compétences peuvent s'assimiler grâce à la formation et
à l'expérience, en revanche les aptitudes sont plus difficiles
à acquérir ; il est préférable qu'elles
fassent partie de la personnalité de l'acheteur dès le
départ.
I.3. L'acheteur ; un nouveau
métier.
I.3.1. Les aptitudes que doit avoir
l'acheteur.
Le métier d'acheteur demande des aptitudes personnelles
et intellectuelles ainsi que certaines compétences.
a). Aptitudes intellectuelles.
La rigueur.
Pour chaque achat qu'il réalise, l'acheteur doit
aborder avec les fournisseurs toutes les modalités de l'achat pour
aboutir à un accord sans équivoque qu'il devra ensuite formaliser
rigoureusement.
L'organisation.
L'acheteur doit être capable d'organiser son travail et
l'ensemble des informations recueillies.
Les capacités d'analyse et de
synthèse.
Lorsqu'il met plusieurs fournisseurs en concurrence il doit
être capable d'analyser chaque offre point par point puis, grâce
à son esprit de synthèse, de sélectionner l'offre la plus
intéressante dans sa globalité. Le Directeur des Achats dont
l'évolution est significative depuis 10 ans : 76% des Directeurs des
Achats possèdent une formation de haut niveau (Bac +5 ou Grande Ecole),
et une expérience d'autres directions de l'entreprise (à 82%).
Néanmoins pour plus de 80% du panel, le Directeur des Achats ne fait pas
encore partie des candidats naturels à des postes de Direction
Générale. Passer par les Achats ne semble pas encore souvent
perçu comme un accélérateur de carrière.
b). Aptitudes personnelles.
La sociabilité et les aptitudes à la
communication.
Le métier d'acheteur est avant tout un métier de
contact. Comme l'acheteur répond aux besoins de l'entreprise, il est en
relation permanente avec les utilisateurs internes et les fournisseurs
externes. S'il n'a pas le goût des contacts humains cela sera aussi
désagréable pour lui que pour ses interlocuteurs.
La curiosité et l'ouverture
d'esprit.
Ces deux qualités permettent à l'acheteur de
rester en état de veille afin de porter attention à toutes les
innovations intervenant sur les marchés fournisseurs, susceptibles
d'intéresser son entreprise. Cet état de veille doit être
permanente, il doit donc correspondre à une curiosité et une
ouverture d'esprit naturel chez l'acheteur.
La fibre commerciale.
Le métier d'acheteur est très proche de celui du
vendeur car l'acheteur doit faire preuve de persuasion et savoir convaincre ses
fournisseurs de lui accorder les conditions qu'il demande. Pour cela il doit
être capable de vendre l'entreprise auprès des fournisseurs. C'est
l'homme de négociation par excellence. Il travaille principalement dans
l'industrie ou bien dans la grande distribution. Il recherche, choisit,
négocie les produits selon des critères définis en
collaboration avec le service vente ou le service production : qualité,
coût, marge, délai de livraison. Il sélectionne les
meilleurs fournisseurs susceptibles de répondre à ces exigences
mentionnées ci-dessus, et négocie les conditions d'achat et
d'approvisionnement en liaison avec les services logistiques. Il tente toujours
d'obtenir des réductions de prix tout en respectant un niveau de
qualité fixé. En cas de besoin, il propose des changements de
fournisseurs.
Le goût du risque.
Chaque changement de fournisseur peut constituer un risque
pour l'entreprise. Le rôle de l'acheteur est de le minimiser, mais il
doit malgré tout savoir le prendre à un moment donné.
Le sens de l'essentiel.
Parmi les différentes tâches et achats qui lui
incombent, l'acheteur doit être capable d'établir des
priorités, au niveau de l'ordre des tâches à accomplir mais
également du temps à leur consacrer et des moyens à mettre
en oeuvre.
L'esprit du travail en équipe.
L'acheteur est amené à travailler
énormément avec les autres fonctions de l'entreprise, il est donc
essentiel qu'il soit prédisposé au travail en équipe.
L'honnêteté.
La fonction d'acheteur est exposée à la
« corruption » car certains fournisseurs ne
négligent aucun moyen pour convaincre l'acheteur de le
sélectionner. L'acheteur doit pour toutes décisions être
guidé par l'intérêt de l'entreprise et en aucun cas par son
intérêt personnel.
Polyvalence et autonomie.
Ces qualités sont davantage liées au travail en
PME, qu'à la fonction achats elle-même.
Dans une PME, l'acheteur peut réaliser des achats de
natures très différentes, alors que dans de grands groupes les
acheteurs sont spécialisés par type de produits achetés,
et il doit savoir prendre des décisions et organiser seul son
travail.
Un stratège qui voyage
Dans la distribution, l'acheteur est salarié soit d'une
centrale d'achats, soit d'un magasin où il est en même temps chef
de rayon (de moins en moins). La tendance va actuellement vers une
centralisation de plus en plus grande des achats. Dans l'industrie et notamment
dans les PMI, il peut être également approvisionneur et consacre
alors davantage de temps à la logistique. L'acheteur est en contact
permanent avec les responsables de la production et les responsables des
magasins-clients, pour connaître leurs besoins. Il passe la plupart de
son temps avec les fournisseurs éventuels de l'entreprise. Il les
reçoit ou négocie par téléphone. Il se
déplace beaucoup lors des expositions. De plus en plus, il utilise
Internet pour le choix de ses produits. L'acheteur est spécialisé
dans un type de produits. Dans l'industrie, c'est une catégorie de
pièces quand le service achat est important. Dans la distribution, il
peut s'agir de la boisson, de la viande, de l'audiovisuel, de l'habillement...
Les horaires de l'acheteur peuvent atteindre 50 h par semaine en période
de pointe de la production dans l'industrie, ou en début d'année
lors de la négociation des contrats annuels dans la distribution.
I.3.2. Les compétences que doit avoir
l'acheteur.
Afin de bien mener à bien l'ensemble des missions qui
lui incombent, l'acheteur doit acquérir des compétences dans des
domaines très variés. Il ne sera pas un spécialiste dans
chacun d'eux car un tel homme serait introuvable, mais il devra en savoir
suffisamment pour utiliser ces notions dans la gestion quotidienne des
achats : Les connaissances techniques
générales des produits qu'il achète.
L'acheteur peut travailler soit dans une entreprise industrielle ou de
services, soit dans la grande distribution. En entreprise il demande au service
production de définir ses exigences lors de groupes de travail. Dans une
centrale d'achats il détermine, après concertation avec les chefs
des ventes et les chefs de magasin, le type d'articles qui se vendra le mieux
(et quelle quantité peut être vendue). Pour définir ses
besoins il se base également sur des études de marché
réalisées par sa propre société ou par des
sociétés d'études spécialisées. L'acheteur
connaît les caractéristiques des produits : techniques de
fabrication, matériaux utilisés et évolution des
technologies.
Cela implique la mise à jour et le classement d'une
documentation importante, et des contacts permanents avec les fournisseurs
éventuels. Il sélectionne les fournisseurs en fonction des
prestations proposées ; qualité des marchandises,
quantité, respect des délais, conditions financières
accordées. L'acheteur négocie et engage financièrement son
entreprise sur des sommes importantes.
La direction suit donc de près les contrats
conclus.
Ø Maîtrise des méthodes et techniques
d'achat,
Ø Connaissance des marchés fournisseurs,
Ø Compétences linguistiques ; la pratique
de l'anglais est indispensable car l'acheteur sera amené à
être en contact avec des fournisseurs étrangers, Il faut savoir
négocier en "american english", chez Airbus par exemple toutes les
réunions internes et toute les relations extérieures sont
systématiquement en anglais, même à Toulouse.
Ø Notions juridiques pour être capable de
rédiger des contrats d'achat et déchiffrer les contrats et
conditions générales de vente de ses fournisseurs,
Ø Notions financières pour pouvoir comparer des
offres chiffrées de façons différentes et évaluer
l'impact financier des choix qu'il peut faire.
Ø Il doit bien connaître les
réglementations douanières pour établir le contrat,
l'acheteur doit connaître les réglementations du transport
international, de l'assurance, du paiement...
Ø Il faut connaître la culture de l'autre :
négocier avec un Chinois n'est pas négocier avec un
européen et les mots ont souvent des sens différents selon les
traditions : dire "oui" au japon signifie "j'ai compris ce que vous dites"
dire "oui" à un Texan signifie "c'est un contrat ferme" et il en a
coûté 5 milliards de dollars à Texaco qui a voulu se
dédire après avoir dit oui à Mesa Petroleum13(*).
Dans la distribution, pour savoir ce qui plaira au client,
l'acheteur doit savoir anticiper les désirs de la clientèle. Dans
l'industrie il doit être capable de discuter avec des ingénieurs
de production ou des bureaux d'étude. Dans tous les cas : pour bien
connaître les produits proposés dans la spécialité,
il doit se tenir informé sur l'évolution du marché et
être intéressé par les aspects techniques pour pouvoir
choisir des articles étrangers.
II.L'e-sourcing et l'e-procurement.
II.1. Définition.
Internet bouleverse depuis quelques années les
méthodes de travail dans l'entreprise, les comportements traditionnels
de la fonction achat ont profondément changé en matière de
recherche d'informations. Le web propose des informations exhaustives sur
les fournisseurs, pour la simple raison qu'un grand nombre d'entre eux ne
figurent à ce jour dans au moins une base de données.
L'Internet est donc venu remplacer les sources traditionnelles
que sont les journaux professionnels et spécialisés : lettres
d'informations, annuaires, catalogues, plaquettes,... sans oublier les foires,
les expositions et les salons. Aujourd'hui, en terme d'information, Internet
est un outil indispensable et susceptible d'être utilisé tout au
long du processus achat/approvisionnement (annexe 2).
Internet permet :
Ø la recherche de fournisseurs,
Ø L'achat : mise en concurrence,
Ø L'approvisionnement.
Aujourd'hui on parle de plus en plus de
Sourcing.
Le Sourcing vise à réduire le coût
général des achats, en automatisant les processus
concernés. Depuis l'essor d'Internet, le sourcing s'effectue via cet
outil de communication indispensable ce qui lui a valu le nouveau qualificatif
d'e-sourcing. L'e-sourcing utilise des outils qui demandent peu
d'investissements financiers. Il s'agit d'outils permettant de faciliter la
recherche de produits et de fournisseurs. L'e-procurement englobe l'ensemble
des opérations suivantes réalisées par le biais de
l'Internet ;
Ø Catalogue enligne,
Ø Demande d'achat et approbation de la demande,
Ø Commande en ligne,
Ø Suivi de livraison,
Ø Facturation,
Ø Paiement.
II.2.Les outils disponibles.
II.2.1. Les moteurs de recherche.
Les moteurs de recherche permettent d'avoir accès
à toute l'information disponible sur le web. Commençons par
expliquer comment ils fonctionnent, cela permettra de faciliter leur
utilisation. Ils sont composés de trois fonctions :
Le principe.
1. « L'aspirateur ».
Il sillonne le web 24h/24h pour rapporter une moisson de
pages. Ces documents sont ensuite analysés et indexés dans une
immense base de données. Pour découvrir de nouvelles pages, le
moissonneur emprunte principalement les liens hypertextes des pages
analysés.
2. « L'indexeur ».
Une fois les pages moissonnées, il faut les analyser,
savoir en quelle langue elles sont rédigées, connaître les
mots qu'elles contiennent et, si possible, définir l'importance de tel
ou tel mot dans la page. Plus cette analyse est précise, plus les
réponses fournies par le moteur seront pertinentes.
3. « Le
guichetier ».
Il est le composant qui répond aux requêtes des
internautes. C'est lui qui cherche dans les index toutes les pages
déjà visitées par l'aspirateur et qui contiennent le ou
les mots clés qui lui sont soumis. Il classe également les
réponses dans l'ordre qui lui paraît le plus pertinent par rapport
à la requête.
L'utilisation.
L'utilisateur saisit un ou plusieurs mots. Le moteur de
recherche les occurrences de ces mots dans les pages sources et affiche celles
qui lui semblent les plus pertinentes. Pour obtenir des informations
pertinentes par ce moyen, il est nécessaire de définir le plus
précisément possible sa recherche. Pour cela, il est souvent
indispensable de combiner plusieurs mots clés en utilisant des
opérateurs du type « ET »,
« OU », « SAUF » ; ces
opérateurs logiques sont spécifiques à chaque moteur de
recherche.
Les plus connus sont : Google, Altavista, Hotbot, Lycos,
Infoseek, Voila...
Les métamoteurs.
Il s'agit des logiciels qui permettent de lancer
simultanément la même recherche sur plusieurs moteurs que l'on
sélectionne. Une version gratuite du logiciel Copernic peut être
téléchargé sur le site
www.copernic.com et permet
d'utiliser cette fonction de métamoteurs.
II.2.2. Les bases de données.
Il s'agit tout simplement d'annuaires en ligne, ils permettent
de faire une recherche multi-critères pour trouver des fournisseurs
suivant les produits que l'on recherche et la zone géographique dans
laquelle on souhaite que le fournisseur se situe. Ces bases de données
peuvent avoir la forme d'annuaires en ligne. Certains sont gratuits, comme
www.europages.fr ou
www.tremnet.com . Certaines places
de marchés14(*)
proposent également des bases de données qui leur sont propres
où les fournisseurs peuvent avoir été
sélectionnés sur des critères bien précis. Leur
accès est généralement payant.
II.2.3. Les forums de discussion.
C'est un espace de dialogue dédié à la
diffusion et à l'échange d'informations sur un thème
précis. L'information disponible est constituée de multiples
articles écrits et envoyés par les utilisateurs. Vous pouvez
poser des questions sur le forum, celles-ci sont diffusées à
l'ensemble des abonnés, qui sont susceptibles de vous apporter des
réponses ou des pistes de recherche précises. C'est un moyen
d'obtenir une information souvent de grande qualité.
II.2.4. Les listes de diffusions et les services de
gestion de connaissances.
Il s'agit de lettres ou de bulletins d'informations
thématiques qui vous sont adressés dans votre boite à
lettre électronique périodiquement. Pour bénéficier
de ce type de service, il faut s `abonner, souvent gratuitement, à
la liste de diffusion qui vous intéresse. Ce type d'outil permet de
maintenir une veille sur le domaine qui vous intéresse. Les services de
gestion des connaissances sont facturés par le site qui le propose.
Le site fournit à l'acheteur, un ensemble de documents
de références relatif au domaine questionné ;
étude de marché, indicateurs, mises à jour de
réglementations, articles de recherche, enquêtes, benchmarks, et
synthèses. Un panel d'experts peut également renseigner
l'acheteur sur des points très précis.
II.3. Les outils d'e-achat.
II.3.1. les places de marché ou market
place.
Une place de marché est une bourse d'échanges
électroniques entre acheteurs et vendeurs. Les places de marché
étant de nature très différente, nous vous proposons ici
de les différencier suivant différents critères :
Ø les places de marché verticales et
horizontales,
Ø l'origine des créateurs de la place de
marché,
Ø les places de marché privées et
publiques,
Les tableaux ci-dessous présentent les
caractéristiques des places de marché horizontale et
verticale.
|
Place de marché horizontale ou
généraliste.
|
Place de marché verticale ou sectorielle.
|
|
Principe.
|
Elle cible les marchés transversaux aux entreprises de
tous secteurs (consommables, mobilier de bureaux...et de manière
générale l'ensemble des achats hors production).
|
Elle regroupe des acteurs d'un même secteur, d'une
même communauté de métier.
|
|
Origine des créateurs.
|
Les concepteurs sont souvent étrangers aux produits et
services proposés.
Les banques se sont beaucoup investies dans le financement de
ces places de marché.
|
Les industriels ont souvent initié et financé
ces places de marché : les fournisseurs ou les acheteurs, suivant
que l'offre et la demande est concentrée.
|
|
Place de marché privée/ publique.
|
Il s'agit souvent de places de marché publiques :
l'accès est libre à toute entreprise pourvu qu'elle s'acquitte du
paiement de la place de marché.
|
Il peut s'agir de places de marché publiques ou plus
souvent privées : seules les entreprises autorisées y ont
accès.
|
|
Services proposés.
|
Deux types d'outils peuvent être
proposés :
Outils d'aide à la négociation (enchères
et appels d'offres en ligne).
Outils d'e-procurement (catalogue en ligne, demandes
d'achat...)
Outils d'évaluation des fournisseurs.
|
Quatre types d'outils peuvent être
proposés :
Outils d'aide à la négociation (enchères
et appels d'offres en ligne).
Outils d'e-procurement (catalogue en ligne, demandes
d'achat...).
Plate forme de collaboration permettant le partage
d'information pour la conception des produits.
Outils permettant de synchroniser, fluidifier et
accélérer les flux inter-entreprises.
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Exemples.
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Outils :
www.achatpro.com
www.hubwoo.com
www.trade2b.fr
www.123industrie.com
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Aéronautique :
www.exostar.com
Chimie :
www.specialchem.com
textile :
www.textilesolutions.com
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