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UNIVERSITE CHEIKH ANTA DIOP DE DAKAR


ECOLE INTER - ETATS DES SCIENCES ET MEDECINE
VETERINAIRES (E.I.S.M.V.)
ANNEE : 2007 N° 40
UTILISATION DES PRODUITS BIOLOGIQUES
D'ORIGINE EQUINE EN THERAPEUTIQUE HUMAINE
THESE

Présentée et soutenue publiquement le 25
juillet 2007 à 17 heures devant
la Faculté de Médecine, de Pharmacie et d'Odonto-stomatologie
de Dakar pour obtenir le grade de
DOCTEUR VETERINAIRE (Diplôme
d'Etat)
Par
Géraud Chancelin HELLOW
TEJIOZEM Né le 25 janvier 1983 à Yaoundé
(Cameroun)
JURY :
Président : : M. Mamadou
BADIANE
Professeur à la F.M.P.O.S. de Dakar
Rapporteur de thèse : M. Yalacé
Yamba KABORET
Professeur à l'E.I.S.M.V. de Dakar Membres : M.
Germain Jérôme SAWADOGO
Professeur à l'E.I.S.M.V. de Dakar
Mme Rianatou BADA ALAMBEDJI Professeur à
l'E.I.S.M.V. de Dakar
Directeur de thèse : M. Yaghouba
KANE
Maître - Assistant à l'E.I.S.M.V. de Dakar
Co-Directeur de Thèse : M. Michel MPANDI,
PharmD, PhD
Directeur Scientifique Serolab Lausanne, Suisse.


COMITE DE DIRECTION
LE DIRECTEUR
D Professeur Louis Joseph PANGUI LES
COORDONNATEURS
D Professeur Moussa ASSANE Coordonnateur des
Etudes
D Professeur Malang SEYDI
Coordonnateur des Stages et
de la Formation Post-Universitaires
D Professeur Justin Ayayi AKAKPO Coordonnateur
Recherches / Développement
Année Universitaire 2006-2007

PERSONNEL ENSEIGNANT
? PERSONNEL ENSEIGNANT EISMV
? PERSONNEL VACATAIRE (PREVU)
? PERSONNEL EN MISSION (PREVU)
? PERSONNEL ENSEIGNANT CPEV
? PERSONNEL ENSEIGANT DEA- PA

PERSONNEL ENSEIGNANT
A- DEPARTEMENT DES SCIENCES BIOLOGIQUES
ET PRODUCTIONS ANIMALES
CHEF DE DEPARTEMENT : Ayao MISSOHOU,
Maître de conférences agrégé
S E R V I C E S
1. ANATOMIE-HISTOLOGIE-EMBRYOLOGIE Serge
Niangoran BAKOU Maître - Assistant
Gualbert Simon NTEME ELLA Assistant
Camel LAGNIKA Docteur Vétérinaire Vacataire
Teby Fabrice ABONOU Moniteur
2. CHIRURGIE - REPRODUCTION Papa El Hassane
DIOP Professeur
Alain Richi KAMGA WALADJO Assistant
Mlle Doris NKO SADI BIATCHO Docteur Vétérinaire
Vacataire
Mlle Hermine Flore KWIN Monitrice
3. ECONOMIE RURALE ET GESTION Cheikh LY
Professeur
Kora Brice LAFIA Docteur Vétérinaire Vacataire
4. PHYSIOLOGIE-PHARMACODYNAMIE-THERAPEUTIQUE
Moussa ASSANE Professeur
Rock Allister LAPO Assistant
Roger RUKUNDO Moniteur

5. PHYSIQUE ET CHIMIE BIOLOGIQUES ET MEDICALES
Germain Jérôme SAWADOGO Professeur
Nongasida YAMEOGO Assistant
Justin KOUAMO Docteur Vétérinaire Vacataire
Mlle Natacha MUMPOREZE Monitrice
6. ZOOTECHNIE-ALIMENTATION Ayao MISSOHOU
Maître de Conférences Agrégé
Mlle Marie Rose Edwige POUTYA Monitrice
B- DEPARTEMENT DE SANTE PUBLIQUE ET
ENVIRONNEMENT
CHEF DE DEPARTEMENT : Rianatou BADA ALAMBEDJI
Maître de Conférences
Agrégé
S E R V I C E S
1. HYGIENE ET INDUSTRIE DES DENREES ALIMENTAIRES
D'ORIGINE ANIMALE (HIDAOA)
Malang SEYDI Professeur
Mlle Bel lancille MUSABYEMARIYA Assistante
Khalifa Babacar SYLLA Attaché de recherche
Sylvain Patrick ENKORO Docteur Vétérinaire
Vacataire
Mlle Clara GREGOIRE Monitrice
2. MICROBIOLOGIE-IMMUNOLOGIE-PATHOLOGIE
INFECTIEUSE
Justin Ayayi AKAKPO Professeur
Mme Rianatou ALAMBEDJI Maître de Conférences
Agrégée
Raoul BAKARI AFNABI Docteur Vétérinaire
Vacataire
Elisée KAMANZI UWILINGIYE Moniteur
3. PARASITOLOGIE-MALADIES PARASITAIRES-ZOOLOGI E
APPLIQUEE
Louis Joseph PANGUI Professeur
Ou bri Bassa G BATI Maître-assistant
Abdoulkarim ISSA IBRAHIM Docteur Vétérinaire
Vacataire
Olivier KAMANA Moniteur
4. PATHOLOGIE MEDICALE-ANATOMIE PATHOLOGIQUE-CLINIQUE
AMBULANTE
Yalacé Yamba KABORET Professeur
Yacouba KANE Assistant
Mme Mireille KADJA WONOU Assistante
Hubert VILLON Assistant
Amadou CISSE Docteur Vétérinaire Vacataire
Ibrahima WADE Docteur Vétérinaire Vacataire
Charles Benoît DIENG Docteur Vétérinaire
Vacataire
Mlle Aurélie BOUPDA FOTSO Docteur
Vétérinaire Vacataire
Marc NABA Docteur Vétérinaire Vacataire
5. PHARMACIE-TOXICOLOGIE
Félix Cyprien BIAOU Maître - Assistant (en
disponibilité)
Assiongbon TEKO AGBO Attaché de recherche
Lucain WALBADET Moniteur
Anselme SHYAKA Moniteur
C- DEPARTEMENT COMMUNICATION
CHEF DE DEPARTEMENT : Professeur YALACE YAMBA
KABORET
S E R V I C E S
1. BIBLIOTHEQUE Mme Mariam DIOUF
Documentaliste
2. SERVICE AUDIO-VISUEL Bouré SARR
Technicien
3. OBSERVATOIRE DES METIERS DE L'ELEVAGE (O.M.E.)
Marcel Ohoukou BOKA Docteur Vétérinaire Vacataire
D- SCOLARITE
El Hadj Mamadou DIENG Vacataire
Mlle Franckline ENEDE Docteur Vétérinaire
Vacataire
Mlle Naomie KENMOGNE Monitrice

PERSONNEL VACATAIRE (Prévu)
1. BIOPHYSIQUE
Mamadou MBODJ Maître-assistant
Boucar NDONG Assistant
Faculté de Médecine et de Pharmacie UCAD
2. BOTANIQUE
Dr Kandioura NOBA Maître de Conférences (Cours)
Dr Mame Samba MBAYE Assistant
IFAN - UCAD
3. AGRO-PEDOLOGIE
Modou SENE Directeur de Recherche
Ecole Nationale Supérieure d'Agronomie (ENSA THIES)
4. ZOOTECHNIE
Abdoulaye DIENG Docteur Ingénieur
Enseignant à ENSA - THIES
Léonard Elie AKPO Maître de Conférences
Faculté des Sciences et Techniques UCAD
5. H I D A O A
. NORMALISATION ET ASSURANCE QUALITE
Mme Mame S. MBODJ NDIAYE Chef de la division Agro-Alimentaire
de l'Association Sénégalais
de Normalisation
ASSURANCE QUALITE - ANALYSE DES RISQUES DANS LES
REGLEMENTATIONS
Abdoulaye DIAWARA Direction de l'Elevage
Ousseynou Niang DIALLO du Sénégal
6. ECONOMIE
Oussouby TOURE Sociologue
Adrien MANKOR Docteur Vétérinaire -Economiste
Chercheur à l'I.S.R.A.
1.

PERSONNEL EN MISSION (Prévu)
ANATOMIE Mohamed OUASSAT Professeur
I.A.V. Hassan II (Rabat) (Maroc)
2. TOXICOLOGIE CLINIQUE A. EL HRAIKI
Professeur
I.A.V. Hassan II (Rabat) (Maroc)
3. PATHOLOGIE MEDICALE Marc KPODEKON
Maître de Conférences Agrégé
Université d'ABOMEY-CALAVI (Bénin)
4. PARASITOLOGIE Sahdou SALIFOU Maître de
Conférences Agrégé
Université d'ABOMEY-CALAVI (Bén in)
5. BIOCHIMIE Georges Anicet OUEDRAOGO
Professeur
Université de BOBO-DIOULASSO (Burkina Faso)
6. H.I.D.A.O.A Youssouf KONE Maître de
conférences
Université de NOUAKCHOTT (Mauritanie)
(Maroc)
7. REPRODUCTION
Hamidou BOLY Institut de Recherche Agronomique
Ouagadougou
(Burkina Faso)
PERSONNEL ENSEIGNANT CPEV (Prévu)
1. MATH EMATIQUES Sidi Demba TOURE Assistant
Faculté des Sciences et Techniques UCAD
2. PHYSIQUE Issakha YOUM Maître de
Conférences
Faculté des Sciences et Techniques UCAD
· Travaux Pratiques
André. FICKOU Maître-Assistant
Faculté des Sciences et Techniques UCAD
3. CHIMIE ORGANIQUE
Abdoulaye SAMB Professeur
Faculté des Sciences et Techniques UCAD
4. CHIMIE PHYSIQUE
Abdoulaye DIOP Maître de Conférences
Faculté des Sciences et Techniques UCAD
· T.P. CHIMIE
Rock Allister LAPO Assistant
EISMV - DAKAR
· T.D. CHIMIE
Momar NDIAYE Maître-Assistant
Faculté des Sciences et Techniques UCAD
5. BIOLOGIE VEGETALE Dr Aboubacry KANE
Maître-Assistant
Dr Ngansomana BA Assistant Vacataire
Faculté des Sciences et Techniques UCAD
6. BIOLOGIE CELLULAIRE
Serge N. BAKOU Maître - Assistant
EISMV - DAKAR
7. EMBRYOLOGIE ET ZOOLOGIE Karamokho DIARRA
Maître de Conférences
Faculté des Sciences et Techniques UCAD
8. PHYSIOLOGIE ANIMALE Moussa ASSANE
Professeur
EISMV - DAKAR
9. ANATOMIE COMPAREE DES VERTEBRES Cheikh T. BA
Professeur
Faculté des Sciences et Techniques UCAD
10. BIOLOGIE ANIMALE (T.P.) Serge N. BAKOU
Maître - Assistant
EISMV - DAKAR
Oubri Bassa GBATI Maître - Assistant
EISMV - DAKAR
Gualbert Simon NTEME ELLA Assistant
EISMV - DAKAR
11. GEOLOGIE
. FORMATIONS SEDIMENTAIRES
Raphaël SARR Maître de Conférences
Faculté des Sciences et Techniques UCAD
. HYDROGEOLOGIE
Abdoulaye FAYE Maître de Conférences
Faculté des Sciences et Techniques
UCAD
12. CPEV
· TRAVAUX PRATIQUES
Mlle Franckline ENEDE Docteur Vétérinaire
Vacataire
Mlle Naomie KENMOGNE Monitrice
PERSONNEL ENSEIGNANT du D.E.A. - P.A.
Coordination des stages et formation post -
universitaires. Responsable du D.E.A. - PA : Professeur Malang
SEYDI
M O D U L E S
1- ZOOTECHNIE - ALIMENTATION
Responsable : Ayao MISSOHOU, Maître de
Conférences agrégé
Intervenants :
Moussa ASSANE Professeur
EISMV - Dakar
Serge N. BAKOU Maître - Assistant
EISMV - Dakar
Abdoulaye DIENG Ingénieur
ENSA- Thiès
Yamba Y. KABORET Professeur
EISMV - Dakar
Ayao MISSOHOU Maître de Conférences
EISMV - Dakar
Germain J. SAWADOGO Professeur
EISMV - Dakar
2. SYSTEME DE PRODUCTION - ENVIRONNEMENT Responsable
: Professeur Yamba Y. KABORET Intervenants
:
Moussa ASSANE Professeur
EISMV Dakar
Abdoulaye DIENG Ingénieur
ENSA- Thiès
Moussa FALL Docteur Vétérinaire
Yamba Y. KABORET Professeur
EISMV - Dakar
Eléonar Elie AKPO Professeur
Faculté de Sciences et Techniques UCAD
Ayao MISSOHOU Maître de Conférences
agrégé
EISMV - Dakar
Véronique ANCEY Docteur chargé de recherche
Ibra TOURE Docteur
3- REPRODUCTION - AMELIORATION GENETIQUE Responsable
: Professeur Moussa ASSANE
Intervenants :
Moussa ASSANE Professeur
EISMV Dakar
Serge N. BAKOU Maître - Assistant
EISMV - Dakar
Papa El Hassan DIOP Professeur
EISMV - Dakar
Alain Richi KAMGA WALADJO Assistant
EISMV - Dakar
Racine SOW Chercheur à I.S.R.A. Dakar
Germain J. SAWADOGO Professeur
EISMV - Dakar
Hamidou BOLY Professeur
Université de BOBO-DIOULASSO (Burkina Faso)
4. ECONOMIE - STATISTIQUES- EPIDEMIOLOGIE Responsable
: Professeur Justin Ayayi AKAKPO
Intervenants :
Justin Ayayi AKAKPO Professeur
EISMV - Dakar
Louis Joseph PANGUI Professeur
EISMV - Dakar
Cheikh LY Maître de Conférences
EISMV - Dakar
Adrien MANKOR Docteur Vétérinaire Chercheur
Guillaume DUTEURTRE Docteur Chercheur
Lamine GUEYE Docteur Vétérinaire PAPEL
DEDICA CES
A toi mon Dieu, Eternel et Tout
Puissant
En nous créant, tu nous as comblé de tes
bienfaits et tu nous as donné le pouvoir de dominer sur toutes les
bêtes sauvages et les oiseaux. Je te glorifie mon Père parce que
tu m'as donné la Savoir, la Sagesse, tu as dévoilé
l'instruction et proclamé la connaissance avec exactitude. J'ai
effectué ce travail par ta grâce Seigneur.
A Mon Père Pierre Marie
KENFACK
Papa, le bien que tu m'as donné, voilà ce que
j'en ai fait ! Tu m'as donné le libre choix de venir étudier la
médecine vétérinaire au Sénégal, abandonnant
la médecine que tu as voulu que j'étudie au Cameroun. Je te
dirais MERCI toute ma vie.
A Ma Mère Marie Juliette
JIONGO
Merci de m'avoir toujours fais confiance. Chaque fois que j'ai
fourni des efforts pour en arriver à ce résultat, je l'ai fait
d'abord pour toi et je te promets d'en faire toujours. Que Dieu te donnes
longue vie pour bénéficier des fruits de mes efforts.
A mon Parrain Michel GUIMFACK et sa
Femme
Pour avoir accepté de me conduire très tôt
dans la demeure de Jésus - Christ mon Sauveur. Qu'il vous garde en paix
à jamais !
A Antoinette TSAFACK
Je sais que tu m'as toujours porté dans ton coeur, je te
dis merci sincèrement.
A Mon Grand - frère Donald
HELLOW
Je te félicite pour ta nouvelle promotion mon
Lieutenant. J'admire et m'inspire de ton courage pour évoluer dans ma
vie. Merci pour ton soutien durant ma formation. Que Dieu te protège.
A Mon Frère Joël HELL OW
Je rends grâce à Dieu pour le don qu'il t'a
donné. Nous avons toujours été complices, et Dieu a voulu
que nous nous retrouvions ensemble en Afrique de l'Ouest et que tu puisses
venir me soutenir en ces moments de joies. Vifs remerciements.
A Tous mes Frères et Soeurs
HELLOW
Florent (Opé), Chamberlin (Obi one), Christelle,
Arnold, Kévine, Blondelle, Natacha et Sandrine, Marina ; vous avez
toujours pensé à moi et souhaité m'appeler Docteur HELLOW,
je vous fait Honneur en vous dédiant ce titre.
A mon Oncle Papa Etienne Noumedem,
Pour m'avoir présenté l'opportunité de
concourir à venir à l'EISMV, je te suis reconnaissant.
A Ma Grand-mère Marcelline
TSOPYA
Pour tous les sacrifices que tu consens pour nous tes petits-fils
; Que Dieu te donne la force et la paix dans ta Vie.
Au Docteur TE TA NI
Je ne vous connais pas, mais mes parents me disent que je vous
dois ma vie ; je voudrais profiter pour vous rendre un grand Hommage, que Dieu
vous donne longue vie pour continuer à sauver la vie des innocents.
A Mes oncles et tantes
Rose NANDJOU, Florent et Marie-Noëlle ANAKEU, Mirabelle,
Brigitte et Philippe KITIO, Rogatien TEJIOZEM, Roger, Olivier, Gutember,
Bernard, Roger, Hortense...
A mes Cousins, Cousines et Membres de la NOUHEL
1
Judith, Mireille, Sylvianne, Sonya, Stéphanie, Nicole,
Camami, Poupée, Flora, Josiane, Aurelien, Etienne, Paul, Francis et
Blanchard, Carlos, Chamberlin, Delmat, Patrice, Ariel, Baxther, Patrick,
Pierre, Raoul, Robert, Dobel, Djibril, Robert dit Rubbesch, Senghor, Georges,
Stanislas...
Aux Familles Tsalefac, Fofack, Nguéguim et
Fotsing
Vous avez toutes marqué mon enfance, en ce moment je pense
fort à vous ! Aux Familles Bentefouet, Elamé,
Abouléka, Kane et Ehodé
Je suis heureux d'être de la Famille à Dakar ; je
vous dis un Merci infini.
A tous les membres de la 34ème
Promotion de l'EISMV de Dakar
Nous avons été baptisé du même nom
: Samba SIDIBE. A l'image du grand homme qui porte ce nom, je prie Dieu de nous
donner les grâces afin que chacun de nous réalise une
carrière professionnelle riche et une vie de famille heureuse.
A tous les membres de la CEVEC
Pour votre engagement à soutenir l'oeuvre du Christ tout
au long de notre formation. A tous les membres de la
Fraternité Notre Dame du Sacré Coeur
Pour les enseignements que j'ai reçus, les frères
et soeurs que j'ai connus, je suis heureux de faire partir de la
Fraternité.
A toute la Communauté de l'Eglise Saint
Dominique de Dakar
Ma grande Famille c'est vous et partout où j'irais je
demanderais au Seigneur de me conduire vers la même Maison.
A mes Amis et Frères Christian (Christo) et
Daniel (Dany Jo)
Merci de l'amitié que vous m'avez témoigné
depuis que nous nous sommes connus ; on maintien le cap. Bon voyage !
A mon Amie Logand
Ton Amitié et ton soutien particulier me sont chers. Je
t'en réserve autant.
A tous les cadres de la BAT M
En vivant parmi vous j'ai grandi et mûri et avec vous
j'ai passé plus de bons moments que de moins bons ; je ne peux que dire
qu'on s'accroche les uns sur les autres !
A tous les membres de l'ONG CACSUP/
Sénégal
Pour m'avoir permis d'exprimer mes compétences.
Sincères reconnaissances.
A tous mes amis de Dakar, du Sénégal et
dans le Monde
Agnès, Aimée, Alvine, Anta, Blandine, Carine,
Clarisse, Cloris, Dalia, Dorothée, Florence, Florette, Francine,
Huguette, Laurine, Léla, Maman Diop, Nicaise, Paloma, Sandrine, Tatiana,
Adrien, Appolinaire, Aurélien, Célestin, Dr Stéphane, Dr
Christian, Dr Gaël, Dr Hervé, Jo, Marcel, Michel, Moïse,
Noël, Quentin, Yannick...
REMER CIEMEN TS
Nos très sincères remerciements
· Au Dr. Yaghouba KANE qui n'a ménagé aucun
effort pour nous encadrer et rendre ce travail possible.
· Au Dr Michel MPANDI pour les conseils et la rigueur qu'il
nous a apportés.
· Au Gouvernement camerounais pour avoir supporté ma
scolarité à l'EISMV.
· A la Direction du Laboratoire Serolab en Suisse pour la
participation à l'impression de ce document.
· Au Dr ZAMBOU Henri, Clinique de l'Equateur Douala.
· Au Dr Hamadou SAIDOU, DSV Cameroun.
· Aux Dr Stéphane FOTSING, Dr Charles Olivier GOMSU
DADA, Dr Alain Richi KAMGA WALADJO et Dr Serge Alain CIEWE.
· Au Directeur de l'EISMV de Dakar ; le Professeur Louis
Joseph PANGUI.
· Au Dr Samba SIDIBE.
· Au Dr Fall GABI et Dr/ Ltn Baro MAHAMADOU
· A Rock SAGNA et toute la famille SAGNA
· A Jean - Marc FEUSSOM KAMENI.
· A Eric DOMBOU
· Au Dr Rose Eliane PENDA.
· A Mme Claudia, Représentante de la DAWH au
Sénégal, et tout le personnel.
· A la Cameroonian Veterinarian Student Association
(CAVESTAS).
· A Son Excellence Monsieur l'Ambassadeur du Cameroun au
Sénégal et tout le personnel de l'ambassade.
· Au Sénégal et son Peuple.
· A l'Amicale des Etudiants Vétérinaires de
Dakar (AEVD).
· A la Plateforme des Etudiants Africains pour un Commerce
Equitable (PEACE)
· A tous mes Professeurs de l'EISMV pour le savoir qu'ils
m'ont transmis.
· A tous ceux qui de près ou de loin ont
contribué à la réussite de ce travail.
A NOS MAITRES ET JUGES
A notre Président de jury de thèse,
Monsieur Mamadou BADIANE,
Professeur à la Faculté de
Médecine, de Pharmacie et d'Odontostomatologie de Dakar
Nous avons été particulièrement
ému par l'enthousiasme et la spontanéité avec lesquels
vous avez accepté de présider notre jury de thèse
malgré vos multiples occupations.
Nous vous prions de trouver ici l'expression de notre
sincère gratitude et de notre pro fond respect.
A notre maître, Rapporteur de thèse,
Monsieur Yalacé Yamba KABORET, Professeur à l'EISMV de
Dakar
Malgré vos multiples occupations, vous avez
encadré avec rigueur ce travail de thèse. Cela ne surprend
guère quand on connaît vos qualités humaines et
scientifiques.
Veuillez trouver ici l'assurance de notre sincère
reconnaissance et de notre pro fonde admiration pour votre dévouement au
travail. Hommages respectueux.
A notre maître et juge, Monsieur Germain
Jérôme SAWADOGO, Professeur à l'EISMV de Dakar
Vous nous faites un grand honneur en acceptant
spontanément de juger ce modeste travail. En accompagnant notre
promotion, vous nous avez donné l'occasion de découvrir toutes
vos qualités scientifiques, votre simplicité et votre grande
disponibilité, qualités qui nous ont pro fondément
marqué.
Veuillez trouver ici l'expression de notre pro fonde et
sincère gratitude.
A notre maître et juge, Madame Rianatou BADA
ALAMBEDJI,
Professeur à l'EISMV de Dakar,
Nous sommes très sensible à l'honneur que
vous nous faites en acceptant avec enthousiasme de juger ce travail. Vous con
firmez là, la générosité, la totale
disponibilité que vous avez toujours man ifestée et l'exemple que
vous constituez en matière de rigueur scientifique et de qualités
humaines.
Vous êtes le modèle de femmes dont l'Afrique a
besoin pour son développement.
Veuillez trouvez ici l'expression de notre pro fonde et
sincère gratitude.
A notre Directeur de thèse Monsieur Yaghouba
KANE, Maître - Assistant à l'EISMV de Dakar,
Vous avez accepté spontanément de diriger ce
travail. Votre rigueur et votre application dans le travail sont pour nous un
motif d'admiration et un but à atteindre.
Veuillez accepter nos sentiments les plus
respectueux.
A notre Co-Directeur Monsieur Michel MPANDI,
Directeur Scientifique au Laboratoire Serolab, Lausanne,
Suisse,
Vous avez été réceptif à
notre première approche en nous proposant le thème de ce travail
que vous avez ensuite suivi avec beaucoup d'attention. Votre rigueur et votre
application dans le travail sont pour nous un motif d'admiration et un but
à atteindre.
Veuillez accepter nos sentiments les plus
respectueux.
« Par délibération la
Faculté de Médecine, de Pharmacie et d'OdontoStomatologie et
l'Ecole Inter-Etats des Sciences et Médecine Vétérinaires
de Dakar ont décidé que les opinions émises dans les
dissertations qui leur seront présentées, doivent être
considérées comme propres à leurs auteurs et qu'elles
n'entendent donner aucune approbation ni improbation. »
LISTE DES FIGURES
LISTE DES TABLEAUX
Figure 1. Cheval Pur-sang arabe
Figure 2. Cheval Pur-sang anglais
Figure 3. Schéma simplifié d'une
immunoglobuline
Figure 4. Schéma de synthèse des
anticorps
Figure 5. Anticorps monoclonaux, liaison
à un épitope spécifique Figure 6.
Production d'anticorps monoclonaux
Figure 7. Anticorps polyclonaux, liaison
à des épitopes différents Figure 8.
Récolte de plasma par plasmaphérèse
Figure 9. Poche de plasma récolté
d'un cheval
Figure 10. Techniques de purification des
immunoglobulines : précipitation par les sels.
Figure 11. Techniques de purification des
immunoglobulines : chromatographie d'échange d'ions
Figure 12. Représentation
schématique du clivage d'une immunoglobuline par la pepsine.
Figure 13. Représentation
schématique du clivage d'une immunoglobuline par la papaïne.
Figure 14. Schéma général
de production des sérums thérapeutiques
Figure 15. Représentation
schématique du procédé de production des globulines
Figure 16. Appareillage muni d'un logiciel
d'exploitation programmable pour une purification à grande
échelle des globulines par l'acide caprylique, fait par Riera Nadeu
(Barcelone, Espagne).
Figure 17. Efficacité de
l'immunothérapie de l'influenza à H5N1. Les fragments F(ab')2
d'immunoglobulines sont injectés par voie intra
péritonéale avec des doses de 50, 100 et 200 pg/souris à
24 h après une mise en contact intra-nasale avec le virus influenza H5N1
de Guangdong.
Tableau I. Mensurations des chevaux du
Sénégal
Tableau II. Sommaire de l'efficacité des
anticorps en prévention et traitement des maladies infectieuses.
Tableau III. Incidence et mortalité par
morsures de serpents dans le monde. Tableau IV. Constituants
principaux des laits de diverses espèces animales (g/litre).
Tableau V. Composition moyenne en g/litre et
distribution des protéines dans le lait de diverses espèces
animales.
Tableau VI. Composition en acides gras de la
matière grasse (en g pour 100 g de matière grasse).
Tableau VII. Valeurs moyennes des
minéraux (Ca, P, Mg, Na, K et Cl) et oligoéléments (Fe,
Cu, Zn, Mn, I, Al et Mo) des laits de différentes espèces (en
g/kg de lait).
Tableau VIII. Teneurs en vitamines des laits de
diverses espèces animales (mg/litre). Tableau IX. Liste
des spécialités de Sérocytol®.
Tableau X. Les indications des
Sérocytol®.
Tableau XI. Données sur l'étude
de l'utilisation d'antisérum tissulaires
(Sérocytol®) dans la dégénérescence
maculaire liée à l'âge (DMA).
LISTE DES ABREVIATIONS
ADN : Acide
Désoxyribonucléique
ARNm : Acide Ribonucléique
CD : Classe d'antigène de
Différenciation
CDC : Center for Disease Control and
Prevention
Cm : Centimètre
CSFs : Colony Stimulant Factors
CSP : Cellules Souches
Périphériques
CTLs : Cytolytic T Lympocytes
°C : Dégré Celcius
D : Dalton
DL : Dose Létale
ELISA : Enzyme Linked ImmunoSorbent Assay
Fab : Fragment antigen binding
FAO : Food and Agricultural Organization
Fc : Fragment constant
g : Gramme
g/l : Gramme par litre
G-CSF : Granulocyte - Colony Stimulating
Factors
GM-CSF : Granulocyte Macrophage - Colony
Stimulating Factors
Ig : Immunoglobuline
IL : Interleukine
IM : Intramusculaire
INF : Interferon
IV : Intraveineuse
Kg : Kilogramme
Km : Kilomètre
m : Mètre
Mg : Milligramme
Ml : Millilitre
Ìm : Millimètre
Mmol : Millimole
NK : Natural Killer
OMS : Organisation Mondiale de la
Santé
PBS : Phosphate buffer saline
q.s. : quantum satis
SAT : Sérum antitétanique
SAV : Sérum antivenimeux
TCR : T - Cell Receptor
pg : Microgramme
UI : Unité Internationale
USA : United States of America
VEEE : Virus de
l'Encéphalomyélite Equine de l'Est
VEEO : Virus de
l'Encéphalomyélite Equine de l'Ouest
VEEV : Virus de
l'Encéphalomyélite Equine Vénézuelien
VEGF : Vascular Endothelial Growth Factor
TABLE DES MATIERES
INTRODUCTION 1 PREMIERE PARTIE :
GENERALITES
CHAPITRE I. DONNEES GENERALES SUR LE CHEVAL
3
I.1 Présentation 3
I.2 Importance en Afrique : cas du Sénégal 3
I.2.1 Utilisation en sport et loisir 4
I.2.2 Utilisation au travail 4
I.2.3 Consommation hippophagique 5
I.3 Evolution des chevaux 5
I.3.1 Chevaux préhistoriques 5
I.3.2 Chevaux modernes 6
I.4 Types et races de chevaux exploités au
Sénégal 7
I.4.1 Chevaux Fleuve et Foutanké 7
I.4.2 Cheval Mbayar 7
I.4.3 Cheval Mpar 8
I.4.4 Pur sang arabe 8
I.4.5 Pur sang anglais 9
I.4.6 Cheval anglo-arabe 9
I.5 Physiologie équine 11
I.5.1 Généralités 11
I.5.2 Locomotion et allures 11
I.5.3 Sens du cheval 12
I.5.4 Alimentation .. 12
I.5.5 Reproduction 12
I.6 Système immunitaire du cheval 13
I.6.1 Résistance naturelle ou immunité innée
13
I.6.1.1 Facteurs tissulaires 13
I.6.1.2 Facteurs humoraux ....14
I.6.1.3 Facteurs cellulaires 14
I.6.2 Immunité acquise et spécifique 15
CHAPITRE II. HISTORIQUE DE L'UTILISATION DES PRODUITS
BIOLOGIQUES D'ORIGINE EQUINE 18
CHAPITRE
III. LA BIOTHERAPIE
20
III.1 Définition 20
III.2 Quelques exemples de thérapie biologique 20
III.2.1 Les Interférons (IFN) 20
III.2.2 Les Interleukines : (IL-2) 20
III.2.3- Les facteurs de croissance
hématopoïétiques 20
III.2.3.1 L'érythropoïétine 21
III.2.3.2 Granulocyte- Macrophage Colony Stimulating Factor
(GM-CSF) 21
III.2.3.3 Granulocyte Colony Stimulating Factor (G-CSF) 21
III.2.4 Les inhibiteurs de la transduction du signal : Les
anticorps monoclonaux 21
CHAPITRE
IV. LA SEROTHERAPIE
22
IV.1 Définition 22
IV.2 Historique 22
IV.3 Rappels sur les immunoglobulines .. 23
IV.3.1 Définition 23
IV.3.2 Structure générale 23
IV.3.3 Fonctions des anticorps 24
IV.3.4 Synthèse des immunoglobulines 25
IV.3.4.1 Mécanisme de synthèse 25
IV.3.4.2 Régulation de la synthèse d'anticorps
28
IV.3.5 Anticorps monoclonaux et polyclonaux 28
IV.4 Etapes et techniques de production des sérums 30
IV.4.1 Immunisations 30
IV.4.2 Saignées et conservation des sérums 30
IV.4.2.1 Récolte du sang 30
IV.4.2.2 Préparation du sérum 33
IV.4.2.3 Conservation du sérum 34
IV.5 Purification des immunoglobulines 34
IV.5.1 Précipitation des globulines par les sels 34
IV.5.1 .1 Précipitation par le sulfate d'ammonium
saturé 34
IV.5.2 Précipitation par le sulfate de sodium 35
IV.5.3 Précipitation par le rivanol 36
IV.5.4 Purification par chromatographie d'échange d'ions
36
IV.5.5 Préparation des fragments d'immunoglobulines
38
IV.5.5.1 Digestion à la pepsine : fragments F(ab')2
38
IV.5.5.2 Réduction des ponts disulfure : fragments F(ab')
39
IV.5.5.3 Digestion à la papaïne : fragments Fab
39
IV.6 Les indications de la sérothérapie 39
DEUXIEME PARTIE : UTILISATIONS THERAPEUTIQUES DES
PRODUITS BIOLOGIQUES D'ORIGINE EQUINE
CHAPITRE I. SERUMS D'ORIGINE EQUINE 41
I.1 Etapes et techniques de production des sérums .41
I.1.1 Immunisation des chevaux 42
I.1.1.1 Identification des chevaux 42
I.1.1.2 Suivi des chevaux . 43
I.1.1.3 Modalités d'immunisation 43
I.1.2 Obtention du sérum 44
I.1.2.1 Ponction du sang 44
I.1.2.2 Récolte du sérum 44
I.1.2.3 Analyses du sérum 44
I.1.3 Purification des immunoglobulines 45
I.1.3.1 Protocole aux sels d'ammonium . 45
I.1.3.2 Protocole à l'acide caprylique .. 45
I.2 Utilisations thérapeutiques 47
I.2.1 Sérums antivenimeux 48
I.2.2 Sérums équins utilisés contre les
maladies infectieuses 53
I.2.2.1 Infections bactériennes 53
I.2.2.1.1 Sérum anti- diphtérique ..53
I.2.2.1.2 Sérum antitétanique 54
I.2.2.1.3 Sérum antibotulinique .55
I.2.2.1.4 Sérum anti-pesteux 56
I.2.2.1.5 Sérum anti-tularémie 57
I.2.2.2 Infections virales 57
I.2.2.2.1 Sérum anti- Ebola 57
I.2.2.2.2 Sérum antirabique 58
I.2.2.2.3 Sérums contre les Méningo-
Encéphalomyélites Américaines 59
I.2.2.2.4 Sérums d'avenir : cas de la grippe aviaire
à H5N1 60
CHAPITRE II. LAIT DE LA JUMENT 62
II.1 Principaux constituants 62
II.1.1 Fraction azotée 62
II.1.2 Fraction lipidique 64
II.1.3 Fraction glucidique 65
II.1.4 Minéraux et oligo-éléments 65
II.1.5 Vitamines 65
II.2 Utilisations thérapeutiques 67
II.2.1 Maladies cardiaques 67
II.2.2 Diabète 67
II.2.3 Troubles digestifs 68
II.2.4 Maladies hépatiques 68
II.2.5 Maladies pulmonaires : la tuberculose 69
II.2.6 Maladies de la peau 69
CHAPITRE III. LES SEROCYTOL®
71
III.1 Historique 71
III.2 La sérocytothérapie 71
III.2.1 Définition 71
III.2.2 Présentation des spécialités 72
III.3 Indications thérapeutiques des
Sérocytol® 80
III.3.1 Affections rhumatologiques 80
III.3.2 Affections hivernales courantes 80
III.3.3 Affections gastroentérologiques 80
III.3.4 Troubles hormonaux 81
III.3.5 Affections urinaires 81
III.3.6 Maladies du 3ième âge 81
III.4 Données cliniques des
Sérocytol® 86
CONCLUSION 88
BIBLIOGRAPHIE 89
UTILISATIONS DES PRODUITS BIOLOGIQUES D'ORIGINE EQUINE EN THERAPEUTIQUE
HUMAINE
|
RESUME
|
Au cours des millénaires, le cheval joua de multiples
rôles (économique, social). Cet animal connaît, depuis
quelques décennies, dans certains pays, une importance comme animal de
loisirs. Cette importance s'est accrue en raison de l'implication du cheval
dans le domaine de la santé. En effet, nombreux de ses produits entrent
dans la composition des médicaments utilisés en médecine
humaine et vétérinaire. Cette opportunité a
été mise à profit par l'industrie bio-pharmaceutique
permettant ainsi la valorisation des propriétés
thérapeutiques qu'ont certains produits équins.
|
Une étude bibliographique a permis de montrer
l'utilisation de sérums d'origine équine, du lait de jument et
d'hormones extraites d'urine de juments gestantes, dans la fabrication d'une
grande variété de médicaments biologiques.
|
Ainsi, dans la première partie générale,
il a été fait mention des données générales
sur le cheval. Ensuite, il a été rappelé l'historique de
l'utilisation des produits
biologiques d'origine équine en thérapeutique
humaine. Des notions sur la biothérapie et la sérothérapie
avec des exemples ont permis d'aborder les sérums, avec un rappel sur
les immunoglobulines, les différentes étapes et techniques de
production des sérums et les indications de la
sérothérapie.
|
La seconde partie de cette étude traite deux
principaux produits biologiques d'origine équine utilisés en
thérapeutique humaine, à savoir le sérum et le lait de
jument. Le sérum d'origine équine est produit suivant plusieurs
protocoles d'extraction et de purification.
|
Les utilisations thérapeutiques des sérums
anti-venimeux et anti-agents infectieux et des sérums anti-tissulaires
produits par le laboratoire Serolab sont nombreuses, notamment lors des
envenimations, de certaines maladies infectieuses bactériennes et
virales et des maladies inflammatoire et dégénératives
diverses. Enfin, le lait de jument, grâce à ses constituants, est
utilisé également dans le traitement de nombreuses maladies.
|
Mots-clés : Cheval, Biothérapie,
produits biologiques, Serocytol.
|
Adresse de l'auteur : Géraud Chancelin HELLOW
TEJIOZEM. s/c Pierre Marie KENFACK, ASECNA Yaoundé -
Cameroun
|
Tel : 00(237)22318312 @:hellowgeraud@
yahoo.fr/
drgeraud@yahoo.fr
|
|
INTRODUCTION
Au cours des millénaires, le cheval fut d'abord
chassé par l'Homme puis, après sa domestication, il lui servit
d'animal de selle, de somme et de trait. Chez les Celtes et les Germains, il
eut aussi une fonction cultuelle. Comme son entretien était fort
coûteux, sa possession était signe de prestige social dans la
plupart des sociétés. Avec le progrès de
l'industrialisation, le cheval fut supplanté par les nouveaux moyens de
transport et les outils de travail dans les pays industrialisés.
Cependant, il connaît dans ces pays, depuis quelques décennies,
une importance comme animal de loisirs [27]. Une importance
qui s'est accrue en raison de l'implication du cheval dans le domaine de la
santé. En effet, nombreux de ses produits entrent dans la composition
des médicaments utilisés en médecine humaine et
vétérinaire, c'est le cas des sérums anti-tétanique
et anti-rabique.
Cette utilisation des chevaux est mise à profit dans
l'industrie bio pharmaceutique et les instituts de recherche, permettant ainsi
la valorisation des propriétés thérapeutiques qu'ont
certains produits équins. On peut citer l'utilisation de sérums
d'origine équine, du lait de jument et d'hormones extraites d'urine de
juments gestantes, dans la fabrication d'une grande variété de
médicaments biologiques.
En effet, les chevaux possèdent un système
immunitaire très puissant [38] que les industries
pharmaceutiques ont exploité pour la fabrication de sérums immuns
à usage humain. Le taux d'immunoglobulines du sang de cheval est le plus
élevé du règne animal. La production de sérum
équin à but thérapeutique se fait à partir de
chevaux immunisés contre un agent pathogène spécifique ou
contre des antigènes tissulaires ou d'organes. Il est important de
préciser que dans le processus de fabrication, les produits subissent
automatiquement une étape de purification qui permet de diminuer, voire
d'éliminer tout risques d'effets indésirables et de contamination
chez l'Homme.
A titre d'exemple, le laboratoire Serolab en Suisse produit
depuis une cinquantaine d'année des immunoglobulines équines
spécifiques de tissus ou d'organe dans une gamme de médicaments
appelés Sérocytol®.
Depuis la plus haute Antiquité, les bienfaits du lait
de jument sont reconnus dans le domaine de la beauté et de la
santé. Les Chinois, les Grecs, les Egyptiens en connaissaient toutes les
vertus curatives, revitalisantes, énergétiques et
cosmétiques. Hérédote disait : « il nourrit,
fortifie, et donne de la vigueur » ;
Cléopâtre, reine d'Egypte, savait entretenir sa
beauté et la jeunesse de sa peau dans les bains de lait d'ânesse
et de jument [20].
Outre l'utilisation thérapeutique des produits
équins, le cheval lui-même sert dans certaines thérapies ;
c'est le cas de la monte thérapeutique à cheval [52]
ou l'équithérapie, qui contribue à traiter des
personnes souffrant d'un handicap physique ou mental ou qui sont
déstructurées socialement. Les mouvements du cheval contribuent
à fortifier les muscles du cavalier et ce dernier est astreint à
faire preuve d'attention et de raisonnement. Le cheval est également
utilisé sans être monté. La thérapie consiste alors
pour le patient à entrer en contact avec un animal et à interagir
avec lui [51].
L'objectif global de cette étude bibliographique vise
à approfondir les connaissances sur l'utilisation thérapeutique
des produits biologiques équins, qui présentent un grand
intérêt en médecine humaine.
Ainsi, ce travail comportera une première partie
générale dans laquelle :
· les généralités sur le cheval
constitueront le chapitre premier,
· le chapitre 2 traitera de l'historique dans l'utilisation
thérapeutique des produits équins,
· le chapitre 3 sera axé sur la biothérapie
et
· le chapitre 4 portera sur la
sérothérapie.
Dans une seconde partie, nous présenterons les
utilisations thérapeutiques des produits biologiques d'origine
équine et cette partie comportera :
· un premier chapitre axé sur les sérums
d'origine équine,
· un second chapitre consacré au lait de jument
et
· un dernier chapitre portant sur les
Sérocytol® .
CHAPITRE I. DONNEES GENERALES SUR LE CHEVAL
I.1 Présentation
Le cheval (Equus caballus) est un grand mammifère
de l'ordre des ongulés et de la famille des équidés. Il
est classé selon le tableau suivant :
- Règne : Animalia
- Embranchement : Chordata
- Sous-embranchement : Vertebrata
- Classe : Mammalia
- Sous-classe : The ria
- Infra-classe : Eutheria
- Ordre : Perissodactyla
- Famille : Equidae
- Genre : Equus
- Espèce Equus cabalus.
Bien avant l'apparition des Hommes, le cheval peuplait
déjà les vastes pâturages. Avant de l'avoir
domestiqué, l'Homme le chassait pour sa viande. De plus en plus il est
devenu quasiment aujourd'hui un compagnon domestique.
Le cheval est un herbivore. La longueur de ses membres et son
importante puissance musculaire font de lui un véritable coureur.
Le monde du cheval est très varié, allant des
différentes disciplines jusqu'aux multiples races. Tous les chevaux sont
différents, tant dans leur race, leur couleur, leur taille que dans
leurs utilisations.
I.2 Importance du cheval en Afrique : cas du
Sénégal
Le cheval est présent dans plusieurs secteurs
d'activités telles que la traction hippomobile urbaine et rurale,
l'industrie des courses hippiques, l'équitation sportive ou
d'agrément et, dans une moindre mesure, la chorégraphie
équine et la boucherie hippophagique. Après l'Ethiopie, le
Sénégal est parmi les cinq premiers pays africains en ce qui
concerne les effectifs chevalins. Ces effectifs qui étaient
estimés,
en 1966, à 186 000 têtes, ont été
officiellement évalués à près de 446 000
têtes en 1999 [41], 471.000 têtes en 2000 et 504
010 têtes plus récemment en 2004.
I.2.1 Utilisation en sport et loisir
L'importance du cheval dans le domaine du sport et loisir
n'est plus à démontrer. En effet, ils sont utilisés dans
les courses (pari mutuel urbain), les sauts d'obstacles et autres sports
équestres pour ce qui est du sport. En 2000 au Sénégal,
environ 0,1% de l'effectif équin était exploité comme
chevaux de course ou dans les sports équestres. Dans le loisir les
chevaux sont présents lors des spectacles (cirques), les danses
traditionnelles et les randonnées touristiques. Ils sont aussi parfois
appréciés comme animal de compagnie.
Au Sénégal, il y a une tradition
multiséculaire de pratique équestre. Les grandes
cérémonies étaient l'occasion d'étalage de talent
des cavaliers. Les chevaux danseurs du Cayor constituent un régal pour
le public. L'attirance indéniable du grand public aux multiples
réunions hippiques, aux fêtes données par des
sociétés rurales et urbaines montre bien le réel
intérêt pris pour ces manifestations [46]. La
pratique de l'équitation moderne dans ce pays, quant à elle,
remonte à la période coloniale. Le premier club civil a
été créé en 1943; il s'agit du Cercle de
l'Étrier de Dakar (CED) et le premier concours de sauts d'obstacles a
été organisé en 1949 au camp Borgnis-Desbordes 6ème
RAC, actuel camp Dial DIOP [2].
I.2.2 Utilisation au travail
Tout au long du XXe siècle, le cheval a
été délaissé suite à la mécanisation
de la société dans les pays industrialisés. De nos jours,
son utilisation est en nette recrudescence, pour accomplir de nombreuses
tâches. Dans les pays en développement en général et
au Sénégal en particulier, en milieu urbain, malgré le
développement de l'automobile, le cheval contribue à
l'urbanisation notamment par le transport des matériaux de construction
et de l'eau dans les chantiers souvent inaccessibles aux véhicules
à moteur. Le cheval intervient aussi dans le transport des personnes,
des marchandises et des ordures ménagères.
En milieu rural, l'agriculture repose sur le cheval qui est un
auxiliaire de travail pour les paysans. Les charrettes équines dans ce
milieu assurent également le transport
des personnes vers les marchés hebdomadaires et parfois
elles assurent les évacuations sanitaires vers les centres de
santé [45].
I.2.3 Consommation hippophagique
La viande de cheval, de couleur rouge vive, est
appréciée dans certaines tribus de nos pays, mais
considérée comme tabou dans d'autres. Cette aversion provient
notamment de la familiarité avec l'animal, mais également du fait
que la viande de cheval est un vecteur potentiel de la salmonellose et surtout
de la trichinellose [50]. En effet la viande de cheval
contaminée par le parasite genre Trichinella fut à
l'origine de plusieurs vagues d'épidémies en France et en Italie
entre 1975 et 1998 [1].
En Afrique de l'Ouest, le Sénégal est l'un des
pays où l'élevage chevalin est le plus développé.
Les chevaux inaptes à la culture attelée, à la traction et
au sport sont détournés vers la boucherie de même que les
chevaux reformés et accidentés. Aux abattoirs de Dakar, les
abattages de chevaux se font de façon sporadique, car la demande est
très faible compte tenu des habitudes alimentaires des populations mais
aussi à cause des tabous religieux [32, 33]. C'est peut
être pour cette raison que l'aptitude bouchère n'est guère
l'objet d'une spéculation chez l'éleveur
sénégalais.
I.3 Evolution des chevaux
I.3.1 Chevaux préhistoriques
L'histoire du cheval est relativement bien connue et se
résume en général en une évolution d'un petit
animal de la taille d'un renard d'environ 40 cm au garrot et possédant
quatre doigts, à un véritable cheval ou cheval moderne du genre
equus dont les écrits relatent l'apparition en Amérique
du nord.
L'évolution de cette espèce était surtout
liée aux facteurs de son environnement variant. Ainsi,
l'évolution du nombre de ses doigts, de quatre à un, serait due
à une adaptation à la course et au poids de l'animal croissant
d'une ère à l'autre. Aussi l'évolution de la table
dentaire avec l'augmentation des prémolaires était liée
à une
adaptation au régime alimentaire, de la consommation de
feuillage dans un habitat forestier ils se sont adaptés aux
graminées des prairies.
La dénomination de chevaux préhistoriques
adaptée dans les documents d'histoire renvoie aux différents
genres rencontrés depuis l'Eocène jusqu'au
Pléistocène et à nos jours.
Ainsi, après l'Eocène (il y a 60 millions
d'année) où les chevaux préhistoriques étaient
représentés par l'Eohippus et l'Hyracotherium, vint
l'Oligocène (45 à 20 millions d'années) avec le
Mésohippus, puis le Miocène avec le Miohippus et le
Mérychippus, le Pliocène avec le Pliohippus et l'Hipparion et
enfin le Pléistocène jusqu'à nos jours qui connut
l'apparition du genre Equus correspondant aux chevaux modernes
(Equus cabalus) [45].
I.3.2 Chevaux modernes
La caractéristique anatomique la plus marquée du
cheval moderne est qu'il ne possède qu'un doigt à chacun de ses
quatre pieds, ce qui en fait un ongulé, périssodactyle, à
nombre impair de doigts. Le doigt du cheval, qui correspond au médius de
la main humaine, est très élargi et protégé par un
sabot corné. Des éperons vestigiaux correspondant aux
deuxième et quatrième doigts sont situés de chaque
côté du pied au-dessus du sabot.
Le crâne du cheval est allongé et la mandibule,
ou mâchoire inférieure, est très longue. La colonne
vertébrale se compose de sept vertèbres cervicales, dix-huit
vertèbres dorsales, six vertèbres lombaires, cinq
vertèbres sacrées et quinze vertèbres caudales. La
dentition d'un cheval adulte comprend quarante-quatre dents : trois incisives,
une canine, quatre prémolaires et trois molaires de chaque
côté des mâchoires. Les incisives, qui servent à
brouter l'herbe, poussent en demi-cercle. Il existe un intervalle
prononcé entre les canines et les prémolaires ; le mors servant
à contrôler le cheval est placé dans cet intervalle quand
l'animal est monté ou dirigé. Toutes les dents ont de longues
couronnes et des racines assez courtes. Le cheval a un estomac simple et la
fermentation des aliments fibreux a lieu dans une poche aveugle, le
cæcum, analogue à l'appendice des humains. Il se trouve à
la jonction du
gros intestin et de l'intestin grêle. Chez un grand cheval,
le cæcum peut avoir une capacité d'environ 38 litres.
I.4 Types et races de chevaux exploités au
Sénégal
Le cheptel chevalin sénégalais comporte en son
sein différentes espèces de taille et de conformation variables
avec des normes proches de la descendance des chevaux Fleuve et Foutanké
qui tirent leur origine du Barbe Nord africain et des poneys qui sont les
Mbayar et les Mpar [32].On distingue trois races chevalines
locales au Sénégal : les chevaux Fleuve et Foutanké, le
cheval M'Bayar et le cheval Mpar.
Outre ces races locales, le cheptel chevalin
sénégalais compte certaines races exotiques dont le Pur sang
arabe, le Pur sang anglais et le cheval anglo-arabe.
I.4.1 Chevaux Fleuve et Foutanké
Le cheval Fleuve est une variante du cheval du sahel,
lui-même descendant du Barbe. C'est un cheval généralement
gris truité, gris foncé ou gris clair, voire très clair.
Il est longiligne avec un poids compris entre 300 et 350 kilogrammes.
Le cheval Fleuve est en général un sujet
harmonieux, de grande taille, aux membres fins, énergétiques, aux
allures brillantes, à la tête fine et rapide
[32].
Le Foutanké est un métis entre étalon Fleuve
et jument Mbayar. Il se rapproche du point de vue de ma conformation beaucoup
plus du cheval Fleuve.
I.4.2 Cheval Mbayar
Originaire de la localité dont il porte le nom, il est
reconnu comme étant un cheval rustique et endurant. Animal
charpenté avec une encolure courte, une poitrine profonde, des cuisses
musclées et des jarrets bien articulés et larges, ce cheval est
apte au trait et sa taille varie entre 1,36 et 1,40 m au garrot
[45].
I.4.3 Cheval Mpar
Son berceau est le Cayor ; ce qui lui vaut l'appellation de
cheval du Cayor. Les ethnologues du cheval lui trouvent peu de qualités.
Il a le dos long, la poitrine plate, les aplombs défectueux, des tendons
minces, les membres grêles. Il mesure 1,25 à 1,35 m au garrot.
C'est le cheval de fiacre, apte au transport de très
légères charges [45].
Les mensurations (tailles, longueur, périmètre
thoracique, hauteur de la poitrine, indice dactylo-thoracique, indice
corporelle, longueur de la tête, tour du canon) des trois races
chevalines locales du Sénégal sont résumés dans le
tableau I ci-après. Il montre que les paramètres du cheval Fleuve
ont des mensurations supérieures à celles des deux autres
races.
Tableau I : Mensurations des chevaux du
Sénégal.
|
|
|
|
|
RACES
PARAM ETRES
|
Fleuve
|
Mbayar
|
Mpar
|
|
Taille (m)
|
1,410
|
1,360
|
1,309
|
|
Longueur (m)
|
1,460
|
1,370
|
1,350
|
|
Périmètre thoracique (m)
|
1,530
|
1,520
|
1,430
|
|
Hauteur de la poitrine (m)
|
0,650
|
0,630
|
0,600
|
|
Indice dactylo-thoracique
|
0,184
|
0,178
|
0,174
|
|
Indice corporel
|
0,834
|
0,901
|
0,924
|
|
Tour du canon
|
18,50
|
18,50
|
18,30
|
|
Longueur de la tête (cm)
|
57
|
57
|
52
|
Source : Larrat [32].
I.4.4 Cheval Pur-sang arabe (Fig. 1)
Le Pur-sang arabe est un cheval d'origines orientales
extrêmement anciennes. Son sang coule dans beaucoup de races de chevaux.
Il a une morphologie caractéristique que l'on retrouve dans toutes les
lignées: cheval de petite taille (145- 153 cm en moyenne), fin,
élégant et racé, au dos court et à la croupe plate
(il a moins de vertèbres que les autres), au chanfrein plus ou moins
concave, aux grands yeux, aux petites oreilles, aux membres fins et secs,
à l'attache de queue haut
placée ; la queue est souvent portée
dressée, en panache. Cheval intelligent, vif et rapide, avec des temps
de réaction très courts, mais il est aussi robuste et
extrêmement endurant : suivant le dicton arabe, il doit "porter lourd,
vite et loin". Cette morphologie est cependant moins marquée dans les
Arabes de course, surtout élevés dans le sud-ouest de la France.
Le Pur-sang arabe est utilisé pour les courses d'endurance, qu'il domine
largement, les courses de vitesse (surtout en France et dans les pays arabes),
les concours de beauté (les shows) ou la selle [27].
I.4.5 Cheval Pur-sang anglais (Fig. 2)
Race d'importance mondiale. Ce sont les critères de
performances à la course qui ont orienté les choix de sa
sélection. Splendide animal de course à la musculature puissante,
très longiligne et extrêmement rapide, de 3 types : le sprinter
(haut et allongé, très rapide), le stayer (petit, meilleur en
fond) et l'intermédiaire (court, apte aux obstacles). Il est
élevé pour les courses de vitesse, mais aussi le saut d'obstacle,
a servi à améliorer la plupart des races et à en
créer de nouvelles [27].
I.4.6 Cheval anglo-arabe
L'anglo-arabe est issu du croisement des Pur sang anglais et
arabe. On retrouve des caractéristiques communes : c'est un cheval de
taille moyenne ou grande, de type fin, harmonieux, élégant et
racé avec une belle tête, mais rapide, puissant et
résistant, qui conjugue la vitesse du pur sang anglais et l'endurance du
pur sang arabe, avec une forte personnalité : il est volontaire, joueur,
audacieux et courageux, réactif voire difficile mais moins "chaud"
d'autrefois, et très attachant. "Il s'identifie avec celui qui le monte,
répond à sa pensée et devance ses désirs". La robe,
surtout grise aux origines, est maintenant baie, alezane ou grise.
L'anglo-arabe est un cheval de sports polyvalent, surtout
apprécié en concours complet, mais aussi en endurance (si
proportion importante de sang arabe), ou en équitation
d'extérieur [27].

Figure 1 : Cheval Pur-sang arabe. Source
: Photo Hellow.

Figure 2 : Cheval Pur-sang anglais.
Source : Photo Hellow.
I.5 Physiologie équine
I.5.1 Généralités
Un cheval de selle adulte pèse environ 500 kg, les plus
lourds des chevaux de trait peuvent atteindre la tonne.
Un cheval vit en moyenne 20 à 30 ans. Les poneys et les
chevaux dits « lourds » vivent en moyenne plus longtemps que d'autres
races. L'espérance de vie d'un cheval domestique est allongée
grâce aux soins prodigués par l'Homme. Certains chevaux atteignent
les quarante ans.
I.5.2 Locomotion et allures
Pour se déplacer, le cheval mobilise ses membres dans
un certain ordre qui permet de caractériser les allures,
c'est-à-dire les différentes façons de se déplacer.
Les allures sont classées en trois catégories :
- allures naturelles : exécutées d'instinct par
le cheval et dont font partie notamment le pas, le trot, le galop, l'amble et
le tölt (pour les chevaux islandais en particulier), le reculer et le saut
;
- allures artificielles : acquises par le dressage, comme le
passage, issu du trot, le pas d'école, le pas espagnol;
- allures défectueuses : qui résultent d'une
douleur ou d'une mauvaise utilisation du cheval, comme l'aubin du devant (trot
des postérieurs et galop des antérieurs), l'aubin du
derrière (trot des antérieurs et galop des postérieurs),
le traquenard (trot décousu ou désuni par dissociation des
bipèdes diagonaux), le galop désuni (galop à droite des
postérieurs et galop à gauche des antérieurs, ou
vice-versa) et le galop à quatre temps, galop lent qui dissocie le
bipède diagonal.
Outre les allures, il existe des mouvements naturels comme les
mouvements de défense ou d'attaque : la ruade et le cabrer.
Les mouvements sur place sont des mouvements d'école comme
le piaffer qui est un trot sur place, la courbette où le cheval se cabre
et la croupade où le cheval rue.
I.5.3 Sens du cheval
Le cheval dispose de cinq sens mais certains parlent
même d'un sixième sens. Les sens les plus développés
chez le cheval sont l'odorat, l'ouïe et le toucher. Par exemple, les
vibrisses de son menton composant la barbe, lui permettent de reconnaître
ce qu'il ne voit pas; tandis que son odorat lui permet d'identifier les
individus (qu'il s'agisse des membres de sa harde ou non, comme des humains
croisés dans sa vie), les plantes (éventuellement toxique ou
comestible), et ce jusqu'à plus de 2 km de distance.
Le cheval dispose d'un angle de vue de 340 degrés, avec
seulement deux angles morts situés exactement devant et derrière
lui : sa vision lui permet de voir sur les côtés comme la cravache
du cavalier, mais il ne voit pas une main posée directement sur son
chanfrein ou si quelque chose lui est présenté au niveau de sa
bouche. Pour cette raison, il faut lui faire sentir la main avant de le
caresser pour ne pas le surprendre. Certains chevaux devenus aveugles peuvent
tout de même vivre à peu près normalement : ils se font
aider d'un congénère. Un cheval aveugle fut même champion
de France de dressage.
I.5.4 Alimentation
Les chevaux d'écurie mangent des céréales
comme l'avoine, l'orge et parfois le maïs, des aliments composés
industriels comme les granulés et des fourrages, c'està-dire du
foin, de la luzerne ou de la paille. Les chevaux en pâturage se
nourrissent d'herbe composée de 70 % de graminées, 20 % de
légumineuses et 10 % de diverses plantes.
Les chevaux boivent environ 20 à 40 litres d'eau par jour
et jusqu'à deux fois plus en été ou pour les chevaux
lourds.
I.5.5 Reproduction
La fécondation se fait de plus en plus souvent par
insémination artificielle en sperme congelé dans les pays
développés. Cette technique permet aux éleveurs de
disposer facilement d'un large choix de géniteurs mâles pour leurs
poulinières. Dans la nature, les poulains naissent en
général au printemps. Pour des raisons économiques, les
éleveurs recherchent une naissance plus précoce au
début de l'année et parviennent à déclencher des
chaleurs en jouant par exemple sur l'intensité de l'éclairage. La
durée de gestation est en moyenne de onze mois (310 à 360 jours)
et la jument ne donne naissance qu'à un seul poulain à la fois
sauf exception. Ce processus est appelé le poulinage et il est dit que
la jument pouline. À la naissance, le poulain pèse environ une
quarantaine de kilogrammes et son poids double au cours du premier mois. Le
poulain sait marcher moins d'une heure après la naissance et dispose de
la vision dès la naissance. Le poulain devient adulte entre deux et cinq
ans suivant la race à laquelle il appartient. Certaines sont plus
précoces que d'autres. Le cheval peut s'accoupler avec d'autres
équidés. Le produit d'un étalon et d'une ânesse est
un bardot, celui d'un baudet et d'une jument est un mulet ou une mule,
celui d'une jument et d'un zèbre est dénommé
zébrule ou zorse.
Le cheval possède 32 paires de chromosomes contre 23
paires pour l'Homme.
I.6 Système immunitaire du cheval
I.6.1 Résistance naturelle ou immunité
innée
Tout individu est sous l'assaut constant d'une
variété de microbes qui partagent son milieu de vie. Tandis que
la majeure partie de ces organismes est considérée comme
étant inoffensive, leur capacité de nuire est
révélée lorsqu'elles causent occasionnellement des
infections opportunistes. L'organisme des hôtes a développé
une variété de mesures défensives afin d'empêcher la
survenue de telles infections opportunistes. Il s'agit des moyens de
défense spontanés ou résistance naturelle ou
immunité innée. Cette défense se fait à l'aide des
facteurs tissulaires, des facteurs cellulaires et des facteurs humoraux.
I.6.1.1 Facteurs tissulaires
La première barrière naturelle rencontrée
par un agent pathogène en provenance du milieu extérieur est
constituée par le revêtement cutanéo- muqueux et le tractus
d igestif.
En plus de l'effet barrière qu'elle constitue à
la pénétration, la surface de la peau contient de diverses
enzymes, acides gras et certaines essences qui empêchent la croissance
des bactéries, des champignons et des virus.
Les muqueuses et les sécrétions muqueuses
contiennent une variété de constituants qui empêchent la
colonisation et la pénétration de ces surfaces.
Il s'agit des lysozymes bactériolytiques, des
polypeptides bactéricides, des mucopolysaccharides, et des anticorps. Le
mucus constitue également une barrière physique qui
séquestre les microorganismes envahissant et les expose à une
certaine disposition. Par exemple, des particules emprisonnées dans les
sécrétions muqueuses du tractus respiratoire, sont
transportées vers le haut par l'action des cellules ciliaires de la
trachée, où elles sont expectorées ou sont
avalées.
Une fois avalé, les sécrétions acides et les
enzymes digestives de l'estomac détruisent la plupart des
microorganismes.
I.6.1.2 Facteurs humoraux
Les barrières physiques fournissent un obstacle
formidable à la plupart des microorganismes. Cependant, en raison des
dommages ou des maladies fondamentales, ces barrières peuvent être
dépassées. Une fois qu'une brèche est ouverte, l'organisme
de l'hôte présente une variété de mécanismes
de défense internes pour circonscrire et éliminer les
envahisseurs. Le plasma et le liquide interstitiel contiennent une
variété de protéines qui peuvent inactiver les
microorganismes étrangers. Il s'agit des lysozymes, des
interférons, de la lactoferrine, des polyamines, des anticorps, et de
diverses protéines lytiques.
Peu de temps après l'infection, la concentration de
certaines de ces protéines sériques, les protéines de la
phase aiguë, augmente rapidement. Certaines des protéines de la
phase aiguë font partie du système de complément, qui est un
mécanisme de défense important.
Le système de complément se compose d'un certain
nombre de protéines qui, une fois activées, servent de facteurs
chimiotactiques, d'opsonines, et d'agents lytiques.
I.6.1.3 Facteurs cellulaires
Les macrophages associés aux tissus et les
granulocytes, constituent la première ligne de la défense
cellulaire. Les cellules phagocytaires dérivent des cellules des
lignées pluripotentes situées principalement dans la moelle
osseuse. Sous l'influence d'une variété de signaux provenant de
l'intérieur comme de l'extérieur de la moelle
osseuse, ces cellules souches sont alors destinées
à se développer en cellules de la lignée granulocytaire
(macrophages). Le signal majeur est fourni par une famille de facteur de
croissance connue sous le nom de facteurs stimulant les colonies
(CSFs). Les CSFs envoient aussi bien les signaux prolifératifs que
les signaux différentiateurs menant à la maturation des monocytes
ou des granulocytes. Ces cellules partent de la moelle osseuse et sont
transportées par le sang vers les divers sites de l'organisme où
les monocytes subissent davantage de différenciation en macrophages. Ils
représentent la principale ligne de la défense en engloutissant
et détruisant les corps étrangers envahissants.
En outre, les macrophages sécrètent une
variété de substances qui servent à stimuler la production
des protéines de la phase aiguë et à attirer d'autres
cellules, telles que les lymphocytes, dans leur voisinage. Parmi ces cellules
lymphoïdes attirées dans le voisinage il y a des cellules non
phagocytaires, les cellules natural killer (NK), qui sont capables de
lyser les cellules infectées de virus et d'autres cellules anormales.
La production d'interférons par les macrophages et
d'autres cellules infectées accroît l'activité cytolytique
des cellules NK. D'autres macrophages sont également attirés au
niveau du site et nettoient les cellules mortes et les débris, et
participent à l'induction de la réponse immunitaire acquise.
I.6.2 Immunité acquise et spécifique
La réponse immunitaire acquise est initiée en
réponse au contact entre les lymphocytes et le corps étranger.
Contrairement à la nature non spécifique de la réaction
immunitaire innée, une caractéristique importante de la
réaction immunitaire acquise est la spécificité de cette
interaction. Ainsi une exposition de l'hôte à un microbe
particulier ou un parasite induit des réactions immunitaires qui sont
dirigées contre ce microorganisme et n'affectent pas les microorganismes
non concernés. La spécificité de la réaction
immunitaire acquise est le résultat de l'interaction des
molécules spécifiques, ou des antigènes du corps
étranger avec les récepteurs spécifiques
d'antigènes sur des lymphocytes. Chaque lymphocyte exprime ses
propres récepteurs spécifiques
d'antigènes dont la spécificité est
déterminée pendant le développement du lymphocyte. Une
facette importante de la réaction immunitaire à un
antigène particulier est l'expansion clonale des lymphocytes
spécifiques d'antigènes. En plus d'amplifier une réaction
immunitaire continue, l'expansion clonale prévoit également
l'établissement d'une population des lymphocytes mémoires. Ces
cellules mémoires sont responsables de la réaction immunitaire
rapide et intensifiée observée lors de la réexposition au
même antigène.
La réaction immunitaire acquise se compose des
mécanismes effecteurs humoraux et cellulaires. La composante
humorale fait intervenir des immunoglobulines ou anticorps, qui sont
trouvés dans le plasma et les tissus fluides. Les anticorps sont les
glycoprotéines multimériques capables de se lier aux
antigènes spécifiques. Ils sont produits par les lymphocytes B
différenciés. L'activation, la prolifération, et la
différentiation des lymphocytes B parmi les cellules plasmatiques
dépendent d'autres cellules, telles que les lymphocytes T, qui
représentent la composante cellulaire de la réaction
immunitaire acquise.
La spécificité antigénique des
lymphocytes T est déterminée par les récepteurs
cellulaires TCR (T-cell receptor). Les récepteurs TCR sont identiques,
cependant distincts, à la molécule d'immunoglobuline des
lymphocytes B. Les lymphocytes T ont deux fonctions principales dans la
réaction immunitaire acquise :
- comme régulateur de la réponse immunitaire
;
- et comme cellules effectrices cytolytiques.
Les lymphocytes T Helper produisent de diverses cytokines
nécessaires pour l'induction des réactions immunitaires humorales
et cellulaires. D'autres lymphocytes T inhibent ou suppriment l'activité
d'autres cellules effectrices. De tels lymphocytes T suppresseurs
peuvent jouer un rôle important dans la régulation des
réactions immunitaires. Les autres fonctions effectrices des lymphocytes
T sont l'activité cytolytique des lymphocytes T cytotoxiques (CTLs). La
spécificité antigénique des CTLs joue un rôle
important dans la destruction des cellules infectées de virus.
L'induction de l'activité des CTLs est également
réglée par des lymphocytes T Helper et suppresseurs. La
réaction immunitaire acquise diffère ainsi de l'immunité
innée parce qu'elle est antigène- dépendante et ces
cellules qui déterminent la réaction immunitaire acquise
expriment les récepteurs spécifiques d'antigènes.
Puisque le système immunitaire répond autant aux
antigènes des agents pathogènes vivants que de ceux tués,
il est donc possible de stimuler l'immunité sans causer l'infection. En
effet, c'est la base de la vaccination ou de l'immunisation. Il est possible
d'immuniser les chevaux en leur injectant des antigènes particuliers,
pour ensuite récolter leur sang afin d'en extraire du sérum
immunisé pour des fins thérapeutiques [37].
CHAPITRE II. HISTORIQUE DE L'UTILISATION DES PRODUITS
BIOLOGIQUES D'ORIGINE EQUINE
L'historique de l'utilisation des
médicaments biologiques d'origine équine en médecine
humaine rejoint celle de la sérothérapie. Elle débuta au
17e siècle et connut la participation de plusieurs auteurs
à travers leurs expérimentations, les publications de leurs
travaux sur ce domaine et l'application des résultats et de leurs
produits de recherche.
Dans ce chapitre d'histoire, ces auteurs sont successivement
présentés en fonction de la période d'exécution de
leurs travaux :

- RICHET et HERICOURT en 1888, montre que le
sérum d'animaux immunisés a un pouvoir préventif chez les
animaux d'expérience [39].
- Pierre Paul Emile ROUX (1 853-1933), médecin
bactériologiste et immunologiste français, qui fut un des plus
proches collaborateurs de Louis PASTEUR (1822- 1895), avec qui il fonda
l'Institut Pasteur. Il découvrit en 1891, le
sérum antidiphtérique produit chez le cheval, qui a permis la
première thérapie efficace contre la diphtérie.
- Emil Adolf Von BEHRING (1854- 1917), médecin allemand
et S. KITASATO, japonais, sont co-auteurs des publications importantes
concernant deux maladies graves de l'époque (diphtérie et
tétanos) :
· La première publication est parue en
1890 et démontre l'existence d'un facteur humoral chez
des animaux immunisés contre la toxine du tétanos ou de la
diphtérie ;
· La seconde, publiée en 1892,
démontre que ce même sérum pouvait procurer une
immunité ;
· La troisième utilise ce principe pour le
traitement de la diphtérie.
- ROUX, MARTIN et CHAILLOUX en 1894 au
Congrès de Budapest firent leur communication sur le résultat du
traitement de 300 cas de diphtérie par le sérum de cheval. Ce
sérum permit de réduire la mortalité de 50 à 25%
[39].

- Albert CALMETTE (1 861-1 933), médecin et biologiste
français : en 1894, il mit au point les premiers
sérums antivenimeux contre les morsures de serpent en utilisant des
sérums de chevaux vaccinés et immunisés (le sérum
de Calmette) [48]. La même année il publie un
article : « Contribution à l'étude du venin de serpents.
Immunisation des animaux et traitement de l'envenimation »
[39].
- Gaston RAMON (1886-1963), vétérinaire et
biologiste français, intervient plusieurs années :
· 1911-1920 : il a été
chargé d'immuniser de très nombreux chevaux et de récolter
des sérums antitétanique, antidiphtérique, anti
gangréneux, destinés au traitement de ces maladies chez
l'Homme.
· 1915 : Il a permis de parer au
problème de contamination des sérums immunisés en
proposant l'utilisation du formol.
· 1921 : il met au point un
procédé de purification des sérums antitoxiques qui va
réduire la fréquence et la sévérité des
accidents sériques.
· 1925 : Il instaure le principe des
substances adjuvantes et stimulantes de l'immunité, technique qui permet
d'obtenir des sérums plus riches en antitoxines en joignant au vaccin
une substance irritante pour les tissus.
·

1937-1940 : Il est chargé de
coordonner l'ensemble des services assurant la production des sérums et
des anatoxines. Entre 1939 et 1940, l'Institut Pasteur fournit sept millions de
doses de sérums et vaccins pour les armées
[21].
- Jean THOMAS (1902-1 977), médecin, dès
1931 il met à profit l'activité immunomodulante
des anticorps pour la mise au point de la Sérocytothérapie.
Il avait réalisé, dès les années
1940, des travaux de recherche sur l'application thérapeutique des
immunsérums spécifiques des tissus de l'organisme. Les premiers
médicaments ont été mis au point et produits en France
sous le nom de Specyton. Ces médicaments ne sont plus
commercialisés de nos jours.

En 1958 Jean Thomas a créé le
laboratoire Serolab en Suisse afin de mettre à disposition des patients
et des médecins des médicaments conformes aux exigences
pharmaceutiques, fiables et efficaces [42].
CHAPITRE
III. LA BIOTHERAPIE
III.1 Définition
La biothérapie est une méthode
thérapeutique fondée sur l'emploie d'organismes vivants (levures,
ferments, certains microbes) ou de substances prélevées sur des
organismes vivants (hormones, sérums, extraits d'organes ou de tissus) ;
alors que lors de la chimiothérapie, on utilise les substances de
synthèse.
III.2 Quelques exemples de thérapie
biologique
III.2.1 Les Interférons (IFN)
Les interférons désignent un groupe de
protéines naturelles produites et sécrétées par les
cellules de l'organisme pour stimuler le système immunitaire et l'aider
à combattre l'infection et la maladie. Les interférons peuvent
être administrés à des doses plus fortes que celles
normalement sécrétées par l'organisme afin
d'empêcher la division des cellules cancéreuses et de ralentir la
croissance de la tumeur. Il s'agit d'un type de modificateur de la
réponse biologique [43]. La thérapie
anticancéreuse utilise généralement les INFá dans
les cas de leucémie à trichloleucocytes et de myélome
multiple.
III.2.2 Les Interleukines : (IL-2)
L'interleukine 2 (IL-2) est une protéine naturelle
produite dans l'organisme et pouvant être synthétisée in
vitro pour un usage en thérapie anticancéreuse. En effet sa
disponibilité dans l'organisme permet la stimulation du système
immunitaire afin de combattre la maladie [43]. Il est
secrété par les lymphocytes T helpers activés par
l'antigène présenté par les macrophages en présence
d'IL-1. Les IL-2 sont indiqués en thérapie du cancer rénal
et du mélanome métastasés.
III.2.3- Les facteurs de croissance
hématopoïétiques
Ces facteurs sont capables de soutenir et d'amplifier la
prolifération d'une ou de plusieurs lignées
hématopoïétiques. Parmi ces facteurs on retrouve de
nombreuses interleukines (IL3, IL4, IL5...), le facteur stimulant les colonies
de granulocytes et de macrophages ou GM-CSF, et le facteur stimulant les
colonies de granulocytes ou GCSF.
III.2.3.1 L'érythropoïétine
Produite au niveau du rein, elle agit en stimulant la
lignée érythroblastique. Elle est utilisée dans
l'anémie de l'insuffisance rénale et dans l'anémie induite
par les sels de platine, afin d'éviter les transfusions.
III.2.3.2 Granulocyte- Macrophage Colony Stimulating Factor
(GM-CSF)
C'est une glycoprotéine qui agit en stimulant la
production et les fonctions des lignées monocytaires macrophagiques et
des lignées des polynucléaires neutrophiles et
éosinophiles.
Elle est utilisée dans la neutropénie post
chimiothérapie, dans les greffes de moelle osseuse, et dans certains
cas, dans le traitement du sida.
III.2.3.3 Granulocyte Colony Stimulating Factor (G-CSF)
C'est une glycoprotéine produite par les monocytes et
les fibroblastes. Elle agit en stimulant les productions et les fonctions
phagocytaires des polynucléaires neutroph i les.
Elle est utilisée dans les neutropénies post
chimiothérapie et les greffes de moelle osseuse et de cellules souches
périphériques (CSP).
III.2.4 Les inhibiteurs de la transduction du signal : Les
anticorps monoclonaux
Les anticorps monoclonaux sont synthétisés en
grande quantité in vitro à partir des cellules hybrides ou
hybridomes (plasmocytes de rate provenant d'un animal immunisé
fusionnés à un myélome). Les utilisations
thérapeutiques sont nombreuses ; récemment deux molécules
ont été mises sur le marché dont l'une a pour principe
actif des anticorps monoclonaux anti-CD20 est utilisé en thérapie
des lymphomes.
Il existe des anticorps monoclonaux connus sous le nom
d'anti-angiogéniques. Ils agissent contre les facteurs
angiogéniques sécrétés par les cellules tumorales
tels que le VEGF (Vascular Endothelial Growth Factor), en se fixant sur leur
recepteurs cell u lai res.
CHAPITRE
IV. LA SEROTHERAPIE
IV.1 Définition
Etymologiquement le terme sérothérapie est issu
du latin serum, petit lait et du grec thérapéia,
thérapeutique. C'est l'utilisation thérapeutique du
sérum sanguin. Elle se caractérise par l'administration en
injection sous-cutanée, intraveineuse, intramusculaire ou
intrarachidienne, d'un sérum immun d'origine animale (provenant d'un
animal vacciné contre une maladie infectieuse) ou d'origine humaine
(sérum de
convalescent d'une maladie infectieuse) pour protéger
contre cette maladie (sérothérapie préventive) ou pour
la traiter (sérothérapie curative).

La sérothérapie permet de neutraliser un
antigène microbien, une bactérie, une toxine, un virus ou encore
un venin. Autrement dit le sérum immunisant est un sérum sanguin
contenant un anticorps ayant la capacité de réagir contre un
corps étranger à l'organisme (antigène)
[10].
IV.2 Historique
La découverte de la sérothérapie revient
à Emile ROUX (1891) cité au chapitre II précédent,
qui fût un grand pasteurien de l'époque du savant Louis PASTEUR.
De ses travaux personnels, l'histoire retiendra la sérothérapie
qui ouvrit une ère nouvelle au traitement de la diphtérie puis du
tétanos, avant d'être appliquée à d'autres grandes
maladies infectieuses.
En effet, E. ROUX s'est aperçu qu'en injectant à
un cheval la toxine de la diphtérie, celui-ci fabriquait des anticorps
dans son sang à partir duquel on pouvait préparer un
sérum.
On pouvait également injecter au cheval les germes du
tétanos, du botulisme et de la gangrène [10].

Dès 1984 l'application de la sérothérapie
antidiphtérique dans les hôpitaux parisiens fait
considérablement diminuer la mortalité infantile, qui passe alors
de 45 % à 24 %. Aussi lors de la première guerre mondiale
(1914-1918) la sérothérapie antitétanique connut un
succès éclatant pour sa première application de masse
[22].
Du fait de leur nature hétérologue et souvent de
leur effet allergisant, les sérums immuns équins furent
progressivement purifiés et modifiés pour obtenir les
immunoglobulines (gammaglobulines) [10].
Bien que l'utilisation de la sérothérapie pour
les maladies bactériennes ait été remplacée par
l'antibiothérapie, son utilisation reste d'une grande importance de nos
jours, pour lutter contre les envenimations vipérines et quelques
maladies infectieuses (la diphtérie, botulisme, la rage...).
IV.3 Rappels sur les immunoglobulines
IV.3.1 Définition
Les Immunoglobulines sont des globulines sériques
particulières ayant la propriété de se combiner d'une
manière spécifique à certaines substances
étrangères solubles ou cellulaires qui leur correspondent et
appelés antigènes [15].
Ces protéines présentent des
propriétés immunologiques, de reconnaissance et de liaison
spécifique à l'antigène, et des fonctions biologiques
effectrices (fixation et activation du complément...).
IV.3.2 Structure d'une immunoglobuline G
Les immunoglobulines G sont des glycoprotéines d'un
poids moléculaire de 150 000 daltons, formées de 4 chaînes
polypeptidiques (2 chaînes lourdes et 2 chaînes
légères) appariées symétriquement par des ponts
disulfures et donnant une structure en Y (fig. 3).
En rapport avec leur activité, les Ig G ont trois
extrémités, dont deux d'entre elles terminent les fragments
F(ab'), elles sont toutes semblables et sont complémentaires de la forme
moléculaire de l'antigène. Elles sont appelées
extrémités variables ou sites anticorps car elles sont
différentes d'un anticorps à l'autre. La troisième
extrémité appartient au fragment constant (Fc) et, c'est la
même pour tous les anticorps d'une même espèce.
Il existe plusieurs sites antigéniques sur une
immunoglobuline avec les différents niveaux de spécificité
suivants :
> Isotypique : dans une espèce donnée, les
classes et les sous-classes d'immunoglobuline possèdent des
caractères propres à l'espèce. Ces caractères sont
dénommés isotypes.
> Allotypique : les allotypes correspondent à des
variations génétiques entre individus, au sein d'une même
espèce. Chez l'Homme, tous les allotypes sont situés sur les
domaines constants des chaînes lourdes et des chaînes
légères.
> Idiotypique : la variabilité idiotypique est une
variabilité associée au site anticorps. Elle implique donc les
parties variables des chaînes lourdes et des chaînes
légères.

Figure 3. Schéma simplifié
d'une immunoglobuline G.
IV.3.3 Fonctions des anticorps
Les anticorps sont des molécules bifonctionnelles. Leur
première fonction est de se lier à l'antigène mais elles
doivent aussi interagir avec les systèmes effecteurs et les tissus de
l'hôte afin d'éliminer l'antigène.
Certaines de ces fonctions peuvent être
réalisées directement par la liaison avec l'antigène. Par
exemple, les anticorps qui reconnaissent les molécules de surface des
virus les empêchent de se lier aux cellules hôtes et de les
infecter.
Cependant la plupart des fonctions des anticorps
nécessitent la liaison des complexes antigène- anticorps aux
récepteurs Fc des cellules immunocompétentes (macrophages),
induisant ainsi la phagocytose.
Par cette même liaison, les anticorps déclenchent
la cascade du complément et permettent la destruction des
bactéries par lyse, la facilitation de la phagocytose et
l'élimination des complexes immuns.
IV.3.4 Synthèse des immunoglobulines
IV.3.4.1 Mécanisme de synthèse
Les immunoglobulines sont synthétisées par les
lymphocytes B, transformées en plasmocytes.
Tout se passe exactement à l'image d'une synthèse
de protéine ; ainsi, le mécanisme comprend quatre principales
étapes (figure 4) :
- au niveau nucléaire, il y a transcription de l'ADN en
ARNm ;
- ensuite en milieu extranucléaire, il y a traduction
de la copie du gène avec élaboration en quelques secondes des
chaînes lourdes et légères du futur anticorps, sous forme
de polypeptides ;
- Le réticulum endoplasmique rugueux assemble les
chaînes lourdes et légères en paires deux à deux, et
leur fixe de la glucosamine. Le corps de Golgi concentre les produits en grains
de sécrétion et fixe successivement le mannose, le glucose et le
galactose ;
- dans la dernière étape, les grains de
sécrétion assurent le transport jusqu'à la membrane
où, après ajout d'acide sialique, puis, polymérisation
éventuelle, comme l'ajout d'une pièce J toujours
synthétisée dans le cas des IgA, a lieu l'excrétion, au
bout de 20 minutes environ, par fusion de la membrane des grains de
sécrétion avec celle de la cellule.
La stimulation antigénique module la synthèse
d'immunoglobulines. En effet une dose unique d'antigène induit
l'apparition d'anticorps dans quelques plasmocytes très
différenciés et une injection de rappel les fait apparaître
dans les espaces extranucléaires, l'appareil de Golgi, le
réticulum endoplasmique de grandes cellules blastiques, puis,
après cinq jours, seulement dans le cytoplasme de plasmocytes ce qui
traduit une maturation cellulaire.
Puisque les anticorps sont sécrétés
à la suite d'une exposition aux antigènes, il y a
nécessairement une spécificité entre ces deux
éléments. Ainsi un lymphocyte B ou un plasmocyte est
spécifique :
- d'un seul antigène, donc un seul anticorps ;
- d'un seul allotype (une chaîne H, une chaîne L)
;
- d'un seul idiotype (même spécificité
antigénique).
Il y a une augmentation de l'affinité de l'anticorps pour
l'antigène au cours de l'immunisation.

Figure 4. Schéma de
synthèse des anticorps. (Source [9]).
IV.3.4.2 Régulation de la synthèse
d'anticorps
> La qualité de l'antigène intervient :
· Les antigènes thymo-dépendants, les
protéines sériques et les antigènes d'hématies
hétérologues, nécessitent l'intervention de lymphocytes T
sur les lymphocytes B et conduisent à la synthèse des anticorps
IgG ;
· Les antigènes thymo-indépendants
(uniquement chez la souris) et les polysaccharides bactériens,
conduisent à l'élaboration des anticorps IgM, sans l'aide des
lymphocytes T.
> Les réponses primaire et secondaire
diffèrent :
· Pour une première exposition à un
antigène donné, la réponse est lente et modeste; si le
même antigène est rencontré une seconde fois, que la
quantité soit faible ou pas, la réponse est plus importante et
plus précoce.
> La compétition de plusieurs antigènes peut
diminuer la réponse anticorps et il faut en tenir compte pour
établir un calendrier de vaccinations, mais elle peut aussi
accroître la réponse anticorps (vaccins associés).
> La baisse de la concentration en antigène,
dégradé au cours de la réponse par les phagocytes ou
neutralisé par les immunoglobulines, diminue la réponse anticorps
et sélectionne des clones donnant des anticorps à haute
affinité.
IV.3.5 Anticorps monoclonaux et polyclonaux
Les extrémités variables d'anticorps ont la
capacité de reconnaître un seul ou plusieurs motifs
moléculaires antigéniques. Selon les cas, on parle d'anticorps
monoclonal pour le premier et polyclonal pour le second.
Les anticorps monoclonaux reconnaissent un seul épitope
d'un antigène (fig. 5) et sont synthétisés par un clone de
plasmocytes.
De nos jours ils sont produits in vitro en
quantité importante par des cellules hybrides ou hybridomes comme
décrit en figure 6 et sont largement utilisés à des buts
thérapeutiques.

Figure 5. Anticorps monoclonaux, liaison
à un épitope spécifique (Source 49).


Figure 6. Production d'anticorps
monoclonaux. (Source [17]).
Les anticorps polyclonaux sont le résultat d'un
mélange d'anticorps reconnaissant différents épitopes sur
un antigène donné. Au cours de la réponse immunitaire d'un
organisme, plusieurs lymphocytes B différents synthétisent des
anticorps dirigés contre plusieurs épitopes d'un antigène
: la réponse est dite polyclonale (fig. 7).

Figure 7. Anticorps polyclonaux, liaison
à des épitopes différents (source :
[49]).
IV.4 Etapes et techniques de production des
sérums
Le sérum sanguin est le liquide jaunâtre que
laisse peu à peu transsuder le caillot après la coagulation du
sang (400 g/l de sang). Le sérum sanguin à la même
composition que le plasma ; il en diffère cependant par l'absence de
fibrinogène [15]. L'obtention de sérum à
but thérapeutique passe par plusieurs étapes et peut se faire
chez l'Homme comme chez l'animal, en général le cheval.
Elle débute par l'étape d'immunisati |