PRESENTATION GENERALE
INTRODUCTION :
Plus que jamais, le développement et la qualité
de vie d'une nation dépendent de son niveau culturel et scientifique,
lui-même largement dépendant de la valeur de son enseignement
supérieur. Actuellement, les mutations de l'Etat, ses
désengagements et ses encouragements à passer dans une
société de contractualisation ouvrent la possibilité de
partenariats public/privé dans les domaines les plus ouverts; le
partenariat université-entreprise en fait un prototype. En effet, les
changements que connaît l'enseignement supérieur place les
universités et les établissements qui en relèvent dans une
position stratégique comme acteur de développement
économique. L'ouverture de l'université sur le monde
socio-économique est indispensable à la réalisation de
l'ensemble de ses objectifs scientifiques, pédagogiques et culturels.
Aujourd'hui, en Tunisie comme partout ailleurs dans le monde,
l'enseignement supérieur est confronté à trois chocs
majeurs: la croissance de la demande de savoir, la diversification des
disciplines à enseigner et le renchérissement de
l'enseignement.
En Tunisie, les relations entre les universités et les
entreprises sont loin d'avoir l'ampleur qu'elles devraient malgré
l'existence des écoles d'ingénieurs et des écoles de
commerce et de gestion, partenaires naturels des entreprises ; de la
présence des grands organismes publics de recherche ; et aussi de
la méfiance réciproque qui a longtemps prévalu entre les
universitaires et le monde économique.
Cependant, depuis une dizaine d'années, des
progrès sensibles ont été accomplis, notamment dans la
professionnalisation des formations universitaires (création des ISET)
et, plus récemment, dans la coopération universités
entreprises en matière de recherche via la mise en place de
pépinières d'entreprises et de technopôles. Quant à
la formation continue des personnels des entreprises par les
universités, elle présente encore des faiblesses.
Le partenariat avec les entreprises revêt une importance
particulière dans les secteurs de l'enseignement et de la recherche. En
effet, le partenariat université-entreprise s'inscrit dans la mission de
l'université pour lui permettre d'être en symbiose avec son
environnement économique à travers de passerelles multiples
allant de l'université vers l'entreprise et inversement.
A ce propos, le présent mémoire est
scindé en trois parties ; la première traitant de la
relation université-entreprise et des mobiles de partenariat, la
deuxième mettant en relief les mesures de renforcement possibles de
l'action partenariale université-entreprise et la troisième sera
consacrée à l'étude des pépinières
d'entreprises en tant que mode saillant de rapprochement des entreprises de
l'université.
EXPOSE DES MOTIFS :
Ce thème "partenariat université entreprise:
état des lieux et perspectives de renforcement" est un thème
d'actualité riche et enrichissant, eu égard à
l'évolution remarquable du phénomène dans notre pays,
surtout au cours de la dernière décennie, et à la
multiplicité de passerelles qui sont mises en place afin
d'étendre les domaines de collaboration entre le monde universitaire et
celui des affaires. Le partenariat université-entreprise fait partie
intégrante des préoccupations de l'université actuelle
mais, malgré cela, ce phénomène reste encore loin d'avoir
l'ampleur qu'il devrait.
Le thème riche, étant donné qu'entre
l'université et l'entreprise, il y a toujours une dynamique
d'échanges mutuellement profitable et qu'il permet une revue, sans le
spécifier parfois, des expériences des pays pionniers en la
matière, l'expérience française nous a été
un support très appréciable à ce propos.
Le thème est également enrichissant puisqu'il
permet une évaluation de l'état des lieux du
phénomène de partenariat université-entreprise et un essai
de diagnostic des défaillances de l'adoption de ce concept appuyé
par quelques recommandations via l'examen d'un arsenal de mesures de
renforcement possibles susceptibles d'améliorer ce
phénomène.
En effet, le choix de ce sujet de recherche émane de
notre conviction de l'importance de cette pratique de partenariat au sein du
milieu universitaire et de l'absence d'ouvrages spécialisés et de
travaux de recherche ayant abordé cette question.
PROBLEMATIQUE :
Si le phénomène du partenariat
université-entreprise tend à prendre place dans le paysage
universitaire, il ne manque de soulever certaines défaillances.
Pour bien expliciter ce thème nous comptons donc
apporter les éléments de réponse aux questions
suivantes :
1. Quelles sont les caractéristiques du
phénomène de partenariat université-entreprise ?
2. Quelles sont les mesures de renforcement
possibles ?
3. Quel est l'apport des pépinières
d'entreprises en matière de rapprochement des entreprises de
l'université et de consolidation du phénomène du
partenariat entre elles?
OBJECTIFS :
L'objectif de ce travail consiste à
mettre en exergue les diverses formes et avantages du partenariat
université-entreprise ainsi que les conditions nécessaires pour
le réussir. L'objectif du présent travail est donc de susciter en
amont une réflexion pour dégager les grands principes et les
lignes directrices permettant de mettre en relief une action partenariale
mutuellement profitable à l'université et à l'entreprise.
de la valorisation des axes de collaboration entre elles et de la participation
à la construction d'espaces nouveaux d'échanges entre ces deux
mondes dans le souci d'intégrer en parallèle une nouvelle culture
au sein du milieu estudiantin. Ainsi, l'université est appelée,
encore une fois, à remettre en question sa relation avec le monde des
affaires.
METHODOLOGIE :
Le présent travail de recherche est composé de
trois parties comportant chacune deux chapitres portant successivement aux axes
de réflexion suivants : la relation université-entreprise et
les mobiles de partenariat, les mesures de renforcement de l'action
partenariale et les pépinières d'entreprises en tant que mode de
rapprochement des entreprises de l'université.
La première partie traite au niveau de son premier
chapitre la notion de partenariat et les différents aspects
relatifs aux acteurs (l'université et l'entreprise). Ainsi,
malgré l'existence de différences entre ces deux mondes, maintes
formes de collaboration sont envisageables. Le deuxième chapitre
examine, en premier lieu, les divers motifs et la
nécessité du partenariat aussi bien pour l'université que
pour l'entreprise. En second lieu, et par voie de conséquence,
présente les avantages ainsi que les limites du partenariat entre
l'université et l'entreprise.
La deuxième partie décrit au niveau de son
premier chapitre les préalables nécessaires pour établir
une relation partenariale efficace et ce à travers le respect d'un
certain nombre de principes et l'adoption d'une suite de démarches
préparatoires mûrement réfléchies. Ensuite, tout en
se concentrant sur l'une des formes de partenariat, celle de la recherche, on
va essayer de présenter les composantes du cadre contractuel que doit
s'établir entre les deux éventuels partenaires. Le
deuxième chapitre permet un examen des conditions nécessaires
pour la réussite des diverses formes de partenariat et met en relief les
divers axes d'une gestion appropriée du projet de partenariat. Au terme
de ce chapitre, l'accent est mis sur l'importance des actions de communication
en tant que moyen de rapprochement des entreprises à l'université
quelques recommandations sont dégagées.
La troisième partie est consacrée à
l'étude des pépinières d'entreprises en tant que mode de
rapprochement des entreprises de l'université à l'heure actuelle.
De ce fait , le premier chapitre présente les
pépinières d'entreprises d'une façon
générale. Ensuite, on va essayer d'éclaircir le
fonctionnement de ces structures d'interface et de décrire par la suite
le réseau de ces structures en Tunisie. Le deuxième chapitre
consiste en une étude de cas ayant comme support la
pépinière API-ISET Nabeul en tant qu'expérience pilote.
Cette étude de cas est réalisée au moyen de quelques
entretiens menés auprès des principaux acteurs relevant de ladite
pépinière ou entretenant des relations avec elle. A travers cette
étude de cas on va essayer d'apprécier la contribution des
pépinières d'entreprises au rapprochement des entreprises
à l'université et à la consolidation du partenariat entre
elles.
Première Partie :
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Relation université-entreprise
et mobiles de partenariat
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Introduction de la première partie
Phénomène, encore relativement
récent, le Partenariat université-entreprise est devenu l'un des
thèmes prioritaires dans un contexte économique en pleine
mutation. De ce fait, divers pays, prennent de plus en plus conscience de
l'importance de l'université en tant qu'acteur stratégique du
développement économique national et régional.
Désormais, l'université et les entreprises sont appelées
pour diverses raisons à entreprendre des relations
partenariales.
Pour parvenir à éclaircir cette relation
ainsi examiner les différents motifs de sa naissance, on propose au
niveau cette première partie de traiter la relation partenariale
université-entreprise dans un premier chapitre et de présenter
les principaux mobiles de partenariat entre l'université et l'entreprise
dans un deuxième chapitre.
Chapitre I :
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La relation partenariale
université-entreprise
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Pour certains la notion de partenariat a un champ
sémantique flou, souvent interprété de façons
différentes. Certes, il est difficile de parvenir à une
définition de la notion de partenariat. Mais il est, tout de même,
possible de présenter diverses définitions qui sont en mesure
d'identifier les traits marquants de cette notion.
Le présent chapitre est composé de quatre
sections traitant respectivement de la notion du partenariat (section I), de la
présentation des acteurs en partenariat (section II), du contenu et des
différentes formes du partenariat entre l'université et
l'entreprise (section III) et des structures d'interface (section IV).
Section I : Notion de partenariat :
1- Définition du partenariat :
La genèse de la notion de partenariat remonte à
vingt cinq ans et a pris de l'ampleur au cours des années 80 et 90. Le
thème partenariat s'emploie dans des perspectives nombreuses et
variées et répond à des objectifs de natures diverses.
Cette notion est omniprésente dans divers
champs : en politique, en économie, en éducation et en
formation. C'est pour ces raisons que la notion de partenariat est difficile
à discerner.
A ce propos, il est difficile de proposer une
définition standardisée du terme partenariat. Néanmoins,
son usage immodéré, depuis une vingtaine d'années, pour
caractériser, par exemple, l'état des relations entre les milieux
de la formation et le monde de l'entreprise, encourage une réflexion sur
ce thème. Ainsi, on va présenter quelques définitions de
cette notion ; celles les plus applicables au domaine de
l'éducation:
@ Définition n° 1 :
La définition du partenariat varie parfois selon les
milieux ou les acteurs en présence. Le Petit Robert définit le
partenariat comme "une association d'entreprises, d'institutions en vue de
mener une action commune". Les intervenants scolaires rencontrés en
France et au Québec s'entendent pour dire qu'un véritable
partenariat exclut d'emblée les démarches du type sous-traitance,
où l'école confie carrément à une organisation
externe un mandat ou une tâche à portée éducative.
Selon plusieurs, une action menée en partenariat implique un
prolongement ou un complément de l'activité éducative
menée par l'École. Il faut préciser de plus que la notion
de partenariat fait appel à des acteurs de différents secteurs de
la société. De ce fait, la notion de partenariat s'inscrit dans
une logique de l'action et suppose la mobilisation de plus d'un acteur.
@ Définition n° 2 :
Selon le Conseil Supérieur de l'Education
(CSE), « le partenariat est une forme exigeante de collaboration. Il
résulte d'une entente des parties égalitaires dans le traitement
d'un même objet, tout en respectant les prérogatives de leur
mission respective, et qui mettent en commun des ressources
complémentaires, financières, matérielles ou humaines, en
vue de la réalisation d'une action commune »1(*).
Cette définition témoigne que la notion de
partenariat exige l'idée de partage ; une convergence de point de
vues et une certaine entente entre les parties engagées.
@ Définition n° 3 :
Selon Moscovici (1992), « le partenariat est
un construit fondé sur le consensus ».2(*) La notion de partenariat est
fondée donc sur la reconnaissance des différences qui
régissent la logique et les intérêts mutuels des
differents acteurs impliqués.
@ Définition n° 4 :
Selon Florence Vidal (1999), « Les
coopérations et les partenariats sont des systèmes d'alliances
relativement stables entre deux ou plusieurs acteurs, personnes morales le plus
souvent, qui décident d'opérer en synergie pour atteindre un ou
plusieurs objectifs, qu'ils ne peuvent ou veulent atteindre par leurs propres
moyens. Si l'on utilise à peu près indifféremment l'un et
l'autre mot, les puristes préfèrent user du mot
coopération pour désigner les accords d'une certaine durée
entre organisations de même nature et de même culture, et le mot
partenariat pour les accords entre organisations différentes. Ce dernier
terme, qui est un néologisme, est apparu au début des
années quatre-vingt et il figure dans un texte d'Alain Savary sur les
ZEP (Zones d'Education Prioritaires), où il est question
des "partenaires habituels du système
éducatif"».3(*)
Il est clair suite à l'examen de ces définitions
que toute relation partenariale doit être fondée sur
l'interaction, la reconnaissance mutuelle de la contribution de chaque partie
ainsi que sur la reconnaissance des retombées positives pour l'ensemble
des parties.
2- Partenariat et notions connexes :
Le partenariat, l'arrimage, le maillage et la concertation
sont des notions sémantiquement voisines. Dans ce qui suit, on va
essayer de relever les nuances qui peuvent exister entre elles :
@ L'arrimage :
L'arrimage correspond au terme anglais
« linkage ». En éducation, l'arrimage signifie
simplement l'adaptation de l'enseignement à l'économie. En le
transposant au cas de la relation université-entreprise, l'arrimage est
considéré comme tout mécanisme visant à renforcer,
coordonner, synchroniser et harmoniser les liens entre les acteurs.
La différence entre le partenariat et l'arrimage est
que le premier véhicule l'idée de rapports égaux entre les
acteurs alors que dans une stratégie d'arrimage il s'agit d'une relation
de coordination entre acteurs s'exerçant sur une base d'influence
plutôt que de pouvoir. Cette relation est semblable à celle du
fournisseur client.
@ Le maillage :
Le maillage est une méthode et une philosophie
japonaise. Cette notion date des années 60. Elle a été
remodelée pour désigner une structure en réseaux de
relations régies par des liens d'affaires, des liens juridiques,
d'échanges, de transfert de formation et de
recherche-développement. Le maillage est un projet commun conçu
pour aider les partenaires à atteindre leur objectif respectif.
Le maillage diffère du partenariat par ses objectifs
qui sont souvent mal définit et manque de précision.
@ La concertation :
Plusieurs études faites au début des années
80, qui s'intéressent d'avantages à la notion de concertation. Se
concerter veut dire mettre en commun des efforts, parvenir à un accord,
établir un consensus autour d'une problématique commune.
Schneider définit la concertation comme une « démarche
articulée d'un groupe d'acteurs décisionnels et autonomes qui
conviennent d'harmoniser non seulement leurs orientations mais également
leurs stratégies d'intervention et leurs actions concrètes au
sein d'un secteur d'activité donné. »4(*)
La notion de partenariat ainsi que celle de concertation
supposent une forme de participation.
3- Principes de l'action partenariale:
Certes, la notion de partenariat est un champ vaste et
varié mais dans le monde universitaire cette notion fait
référence à l'ouverture des établissements à
leur environnement socio-économique. Néanmoins, la
pluralité des acteurs et la volonté de s'engager dans des
partenariats avec des organismes internes ou externes restent insuffisantes
pour réussir la mise en place d'une relation partenariale. Selon
Pelletier, (1997)5(*) la
description des partenariats est construite à partir des cinq principes.
Ceux-ci ont l'avantage d'offrir une structure logique et se prêtent
à l'opérationnalisation. Ces principes sont
succinctement :
a. Principe d'intérêt mutuel :
Principe moteur de la relation partenariale. Le partenariat n'est possible que
si chaque partenaire y trouve ses avantages respectifs et satisfaisants.
b. Principe d'égalité : la
relation entre les partenaires est de type égal à égal et
non hiérarchique.
c. Principe d'autonomie : les différents
partenaires demeurent libres dans leurs actions.
d. Principe de coopération : la relation
partenariale s'inscrit dans un projet partagé et celui-ci n'a de sens
que s'il y'a entraide et échanges significatifs entre les partenaires.
e. Principe d'évolution : le partenariat
s'inscrit au sein d'un espace-temps limité nécessitant une
évaluation continue dont la résultante peut se traduire par des
changements ou une cessation de l'entente de coopération.
Une analyse de quarante projets de partenariat, basée
sur 68 entrevues, montre que le principe d'intérêt mutuel est
celui qui est le mieux concrétisé par les ententes existantes. Le
principe d'évolution vient en seconde place, suivi du principe de
coopération.
Le principe d'égalité des partenaires souffre
des exceptions, ainsi le principe d'autonomie (particulièrement
l'autonomie dans l'exécution des projets).
Section II : Présentation des acteurs en
partenariat :
Il est opportun de mettre en exergue les différents
acteurs en partenariat : l'université d'une part et l'entreprise
d'autre part afin d'avoir une idée claire sur les évolutions
ainsi les défis que confronte chaque partenaire.
1- Université :
Par souci de clarté, on propose une définition
de l'université enrichie de ses principales missions traditionnelles et
nouvelles ainsi que les rôles et les fonctions que l'on s'accorde
à reconnaître à l'université.
a- Définition, missions et fonctions de
l'université :
F Définition :
Créée au Moyen-Âge, l'université
désigne une institution ecclésiastique jouissant de
privilèges royaux et chargée de l'enseignement des clercs de
l'église6(*).
Du moyen âge au X1Xème et
XXème siècles, le développement industriel a
élargi les perspectives d'emploi des professionnels qualifiés,
provoquant une forte expansion des universités, surtout celles qui
assurent des formations relatives aux sciences exactes et aux domaines
industriels.
L'université peut être définie de deux
manières : par les communautés qui la constituent ou par les
fonctions qui lui sont dévolues.
Les communautés qui constituent l'université
sont essentiellement des communautés d'étudiants, de chercheurs
et d'enseignants.
A l'heure actuelle, il est plus usuel définir
l'université par ses missions, fonctions et rôles.
F Historique de l'université Tunisienne:
Sous sa forme moderne, l'enseignement supérieur a
démarré en Tunisie en 1945, date de création de l'Institut
des Hautes Etudes qui dispensait un enseignement post-bac de deux ans et devait
préparer les étudiants qui le désirent (et qui ont les
moyens ) à poursuivre leurs études en France.
Un deuxième noyau a été crée en
1957 : ce fût l'Ecole Normale Supérieure dont la vocation
essentielle consistait à former les professeurs de lycées. Cette
institution prestigieuse qui a également fourni les meilleurs cadres
à l'université, a fonctionné jusqu'en 1992, date
d'arrêt de ses activités.
Quant à l'université actuelle, elle a
été mise en place en mars1960, sous forme de trois grandes
facultés, implantées à Tunis ; à savoir :
la faculté des lettres, la faculté des sciences et la
faculté de droit et des sciences économiques et politiques.
Par ailleurs, les effectifs des étudiants sont
restés très modestes (quelques milliers puis quelques dizaines de
milliers) pendant les années 1970 et 1980. A partir des années
quatre-vingt, l'université Tunisienne connaît une croissance
rapide des effectifs estudiantins pour atteindre 300.000 au cours de
l'année universitaire 2003/2004.
F Missions :
Traditionnellement, l'université poursuit deux
objectifs essentiels ; à savoir : accroître les
connaissances par la recherche et les transmettre aux étudiants par
l'enseignement.
En Tunisie, les missions des universités sont
fixées au niveau de l'article 6 de la loi n° 89-70 du 28
juillet 1989, relative à l'enseignement supérieur et à la
recherche scientifique, telle que modifiée et complétée
par la loi 2000-67 du 17 juillet 2000 qui stipule
que : « toute université se doit dans l'obligation
de veiller à l'ouverture des établissements qui en
relèvent sur leur environnement et l'encourager à établir
des conventions avec des établissements similaires et des organismes
économiques, sociaux et culturels, d'où d'une mission
académique ». de ce fait, l'université s'achemine vers
des nouveaux objectifs plus utilitaires , plus adaptés à la
demande économique et sociale dont, entre autres :
- former des jeunes qui seront capables de s'intégrer
sur le marché du travail ;
- assurer la formation continue afin de permettre à
tous une formation tout au long de la vie.
Un peu partout dans le monde, s'élabore une
réflexion sur les nouvelles missions de l'université dans un
monde caractérisé par des défis économiques
inédits. les universités sont amenées à s'ouvrir
à un plus grand nombre d'étudiants pour lesquels, elles doivent
organiser des formations nouvelles et plus professionnalisantes.
L'OCDE a publié un rapport sur la même question
intitulé : «Quel avenir pour les
universités? » qui analyse et classe les fonctions de
l'université à travers les rapports des 19 pays membres. Ainsi,
« en Allemagne, où coexistent l'université et les
écoles supérieures techniques, on assiste à un
rapprochement entre les deux types d'institutions : les écoles se
sont transformées progressivement en universités techniques et se
sont dotées d'enseignement en sciences humaines, tant dis que les
universités classiques ouvraient des départements techniques,
comme les sciences d'ingénieurs »7(*).
Il en ressort, que la restructuration des missions des
universités est résultante immédiate de deux
phénomènes essentiels :
- la massification de l'université avec toutes les
transformations qui en découlent : besoins financiers croissants,
insuffisance de locaux,etc.
- l'évolution rapide du marché du travail: les
profits qui exigent les offres d'emplois sont de plus en plus choisis
conformément aux besoins futurs des entreprises dans des conditions de
travail réelles et non stimulées. Par conséquent, une
formation théorique basée sur le savoir au fil du temps devient
obsolète.
La Revue Française de Gestion n° 65 de 1987
montre, suite à des études réalisées par le
Parlement Européen, que le temps que met le contenu de l'enseignement
pour se démoder et la vitesse à laquelle cela se passe peuvent
être corrélés positivement avec son degré de concret
et négativement avec son niveau d'abstraction.
Donc, l'université, à l'heure actuelle, est
invitée à s'activer pour dépasser cette logique
d'enseignement où l'étudiant est relégué au
rôle de récepteur passif.
Les missions de l'université d'aujourd'hui peuvent
être récapitulées en ce qui suit:
@ La formation initiale et continue :
Le service public de l'enseignement supérieur :
- offre des formations scientifiques, culturelles et
professionnelles dans le cadre de la formation initiale et continue ;
- accueille et oriente les étudiants ;
- assure la formation des formateurs ;
- s'intègre dans le tissu économique.
@ La recherche scientifique et technologique :
A travers cette mission, l'université est
appelée à :
- développer et valoriser la recherche fondamentale, la
recherche appliquée et la technologie
- participer à la politique de développement
scientifique et technique en liaison avec les grands organismes nationaux de
recherche
@ la diffusion de la culture et l'information scientifique et
technique :
A travers cette mission, l'université est
appelée à développer la culture et à diffuser
les connaissances
@ La coopération internationale :
A travers cette mission, l'université contribue au
débat des idées, au progrès de la recherche et à la
rencontre des cultures, au sein de la communauté scientifique et
culturelle internationale.
F Fonctions et rôles de
l'université :
L'enseignement supérieur, à travers les
universités, assure un certain nombre de fonctions nouvelles qui
viennent s'ajouter à ses fonctions traditionnelles d'enseignement , de
formation et de recherche. On assiste, de plus en plus, à une
métamorphose globale qui change complètement le rôle et les
fonctions des établissements d'enseignement supérieur.
Ainsi, l'université remplit maintes fonctions :
- contribuer à satisfaire les besoins en ressources
humaines d'une société cognitive ou de savoir tant par la
formation initiale que par la formation continue ; l'université a
donc un rôle à jouer dans le « long life
learning » qui s'impose de plus en plus.
- dispenser une formation spécialisée de niveau
doctoral qui a pour fin, d'une part, de préparer les futurs professeurs
d'université et de renforcer la recherche dans les domaines vers
lesquels il faut diriger les ressources pour pouvoir améliorer la
productivité et les résultats économiques, d'autre
part.
- générer de la valeur ajoutée :
« formation et recherche qui sont métier de
l'université apparaissent aujourd'hui comme source centrale de
création de valeur potentielle ».8(*) Ceci est d'autant plus vrai que
d'exploitation industrielle des résultats de recherche dépend
fortement de la recherche fondamentale qui se fait généralement
à l'université. Les gouvernements s'adressent aussi de plus en
plus aux universités pour trouver des solutions à des
problèmes urgents, du contrôle des nuisances aux outils de gestion
macro-économique. La recherche donc apparaît comme la fonction
principale de l'université.
Le rôle principal de l'université est celui de la
diffusion du savoir, car dans une économie capitaliste fondée sur
la compétition et la concurrence, le savoir devient un enjeu
stratégique. Ainsi, l'université se doit remplir pleinement son
rôle comme catalyseur de développement surtout dans les
régions. De même, le rôle de l'université ne
constitue plus exclusivement à la transmission du savoir uniquement mais
encore du savoir-faire nécessaire pour augmenter l'employabilité
des nouveaux diplômés.
b- Université Tunisienne et choix
stratégiques :
La volonté de convergence avec les pays les plus
avancés permet à la Tunisie d'acquérir un
référentiel clair, de se positionner et de mesurer l'écart
qui la sépare des pays les plus avancés en matière de
formation et d'innovation.
La Tunisie a veillé à réformer son
système statistique afin de faciliter les comparaisons avec les pays les
plus avancés, au sein de l'OCDE et de l'Union Européenne.
En matière d'enseignement supérieur, le
ministère de tutelle a adopté depuis 2001, la grille
internationale « cite » des domaines de formation, pour
évaluer ses choix et ses résultats en comparaison avec les
systèmes de formation étrangers. En 2002, elle a adopté
les indicateurs du tableau de bord européen de l'innovant technologique
tout en fixant comme objectifs stratégiques :
-
Favoriser la réussite des étudiants : promotion de tous par
le savoir ;
-
Faire de l'employabilité des diplômés la
première priorité: Préparer à des métiers
changeants et à une économie mondialisée ;
-
Veiller à la rénovation pédagogique : faire de la
pédagogie une industrie prometteuse ;
-
Cibler la production scientifique selon les priorités de
l'économie et les attentes de la société ;
- S'engager dans un partenariat efficient, dans une
économie ouverte et un espace globalisé ;
-
Assurer la pérennité du financement : davantage
d'investissements privés.
F Partenariat avec le milieu professionnel :
Le partenariat n'est plus de nos jours un raffinement de
l'université ou du secteur de l'innovation technologique. Il est devenu
une nécessité vitale.
Le partenariat avec le milieu professionnel est la condition
d'un enseignement plus efficient, assurant une meilleure employabilité
des diplômés.
L'université a des traditions en matière de
partenariat avec les instances professionnelles, comme l'UTICA , les Chambres
de commerce, les Centres techniques, l'Union des agriculteurs et certaines
instances professionnelles privées. Elle a également des accords
avec des établissements dans le domaine de la recherche
appliquée, de la formation continue. Ces liens gagneraient à
être confortés.
La présence de représentants de l'environnement
économique dans les Conseils scientifiques ne doit pas rester une simple
formalité, comme elle l'a été dans certains
établissements universitaires et centres de recherche.
Doyens et directeurs d'institutions universitaires et centres
de recherche ont été appelés à inviter ces
représentants aux réunions des Conseils scientifiques, à
les associer aux activités des institutions, en l'occurrence quant
à l'adaptation des programmes au contexte, aux projets de stages et
à l'emploi des diplômés.
F Associer des compétences non
universitaires à l'enseignement :
Dans le même esprit
d'ouverture, l'université veille à associer des
compétences non universitaires pour donner des cours, des
conférences, pour l'encadrement des recherches ou pour le suivi des
stages.
C'est ainsi que des compétences variées ont
été associées en 2002 (ingénieurs,
experts-comptables, avocats, et artisans distingués). Les contrats
d'experts ont été remaniés et les
rémunérations ont été doublées pour inciter
ces compétences à enseigner à l'université et
à encadrer des recherches.
Conscientes du rôle des associations scientifiques, les
universités ont fait des partenaires, les incitant à agir entre
autres dans le sens de la vulgarisation de la connaissance et de la diffusion
de la culture scientifique.
F Faire des associations scientifiques de vrais
partenaires :
A cet effet, un contrat modèle de partenariat a
été établi. L'appui du ministère est dès
lors fourni sur la base de l'engagement des associations à
réaliser des programmes précis proposés au
ministère. 60 associations scientifiques ont signé des accords de
partenariat en 2002.
Cependant, le partenariat avec de prestigieuses
universités étrangères est d'une importance majeure
dès lors qu'il permet de réaliser l'échange
d'étudiants, et la mobilité de diplômés à la
recherche de formation, ou d'emploi dans une économie de plus en plus
mondialisée.
De nouveaux modèles d'accords intergouvernementaux ont
été élaborés, tenant compte des objectifs
suivants :
- dynamiser la coopération inter universitaire, directe
et décentralisée : on compte aujourd'hui 187 accords de
partenariat avec les universités étrangères, et 390
accords impliquant des institutions universitaires précises,
- prévoir des échanges de professeurs-visiteurs
pour de courtes durées, afin que les universités tirent profit
des meilleures compétences qui ne peuvent quitter leurs lieux de travail
pour une longue période,
- encourager l'organisation de co-diplômes, et la
validation réciproque de certains modules,
- intégrer la recherche scientifique et l'innovation au
partenariat inter-universitaire et associer les entreprises
innovantes aux projets d'innovation. La structure triangulaire du partenariat,
surtout dans le cadre euro- méditerranéen, est
recommandée. De même, les organisations mondiales offrent des
opportunités et des appuis dont il faudrait savoir tirer profit.
F Promouvoir et diversifier le partenariat
international :
Les universités Tunisiennes ont consolidé les
services de coopération internationale, afin de mettre à
contribution les opportunités, intensifier le partenariat direct et en
valoriser les résultats.
La coopération internationale est placée au
coeur des préoccupations des universités. Pour ce faire, il
était jugé utile d'élaborer un répertoire
général des entreprises, et d'en orienter les fonds et les
compétences vers des projets mixtes, bénéfiques pour
toutes les parties.
c- Etat des lieux des Universités Tunisiennes:
Au cours de la rentrée universitaire 2003-2004, neuf
nouveaux établissements ouvrent leurs portes. Les chiffres suivants
donnent le nombre d'établissements universitaires :
- 150 établissements d'Enseignement Supérieur
dont 18 Instituts Supérieurs d'Eudes Technologiques (ISET) et 6
Instituts Supérieurs de Formation des Maîtres (ISFM).
- 129 établissements sont sous la tutelle du
Ministère de l'Enseignement Supérieur et de la Recherche
Scientifique et de la Technologie (MESRST) et 21 sont sous la cotutelle du
MESRST et d'autres Ministères (Santé Publique, Jeunesse et
Enfance, Communication, Agriculture, Affaires Sociales)
- Les Universités, en Tunisie, sont, actuellement, au
nombre de dix ; à savoir :
·
Université Virtuelle ;
·
Université Ezzitouna ;
·
Université de la Manouba ;
·
Université de Tunis ;
·
Université de Tunis El Manar ;
·
Université du 7 novembre à Carthage ;
·
Université du Centre ;
·
Université de Sfax pour le Sud ;
·
Université de Jendouba ;
·
Université de Gabès.
d- Défis de l'enseignement supérieur en
Tunisie :
@ Défis de la mondialisation et de la
commercialisation du savoir :
L'enseignement supérieur, sous l'effet de la
mondialisation et l'avènement de la société du savoir,
connaît un nouveau phénomène qui consiste à la
commercialisation du savoir. Ce nouveau défi est
concrétisé par l'apparition d'universités privées
offrant des cours en campus ou en ligne, des pseudo universités, des
universités d'entreprises9(*), des consortiums médiatiques: ces nouvelles
formes risquent de menacer à long terme le caractère public et la
mission de l'enseignement supérieur. Par conséquent,
l'université est appelée à réfléchir
à une meilleure articulation par rapport aux autorités publiques
, aux institutions locales, aux développement économique et aux
mutations technologiques qui ouvrent l'ère de la médiatisation
des connaissances.10(*)
@ Défis de l'internationalisation de l'enseignement
supérieur :
Certains pays et groupes de pays ont élaboré
plusieurs programmes visant à harmoniser les systèmes
d'enseignement supérieur : TEMPUS pour le soutien de la
coopération des pays de l'Europe, ALFA pour les pays de
l'Amérique Latine et MEDCAMPUS pour la région de la
Méditerranée. Ces programmes ont pour but d'encourager les flux
d'étudiants, d'enseignants-chercheurs, de connaissances et de
coopération universitaire. Certains pays, comme les Etats-Unis de
l'Amérique et le Japon connaissent une grande mobilité de leurs
étudiants. Ainsi, en 1993-1994, 66% des étudiants
étrangers aux Etats-Unis de l'Amérique provenaient des pays
riches d'Europe.11(*) Le
Québec, par exemple, a adopté un modèle hybride empruntant
à la fois au modèle Européen d'internationalisation des
études et au modèle Anglo-saxon de commercialisation.
Ce défi s'accentue à travers des
différentes formes de coopération interuniversitaire; les
nouvelles technologies de la formation (à distance) et des changements
des cursus universitaires.
@ Massification de l'enseignement
supérieur :
En sus des défis précités,
l'enseignement supérieur tunisien connaît une croissance
flagrante des effectifs des étudiants. D'autant plus, l'enseignement
supérieur est un droit acquis pour tous les titulaires du diplôme
du baccalauréat, les effectifs ont évolué de 13.000
étudiants en 1975-1976, à 40.000 étudiants en 1986-1987 et
à 137.000 en 1997-1998. Ainsi, en 12 ans les effectifs ont
été multipliés par 10 et selon les prévisions du
Ministère de l'Enseignement Supérieur et de la Recherche
Scientifique et de la Technologie, on prévoit une stabilisation
à 500.000 étudiants à partir de 2010.
Il en résulte que le phénomène de
massification constitue une entrave à créer un environnement
compétitif de l'enseignement supérieur capable de répondre
aux turbulences technologiques, économiques et sociales.
@ Insuffisance des moyens :
Les nouvelles technologies de l'information et de
communication offrent de nouvelles opportunités et de nouveaux
instruments de formation, mais elles alourdissent le coût de
l'enseignement supérieur. D'où, la nécessité de
l'engagement d'énormes ressources pour la concrétisation de ce
choix.
Outre les défis de mondialisation et
d'internationalisation, les difficultés se situent, en plus de
l'enseignement de masse, au niveau de l'insuffisance des ressources
financières observée :
- Au niveau pédagogique ; l'obsolescence rapide
des concepts et théories inculqués aux étudiants eu
égard à la vitesse de progression de la science et de la
diversification du nombre et du contenus des disciplines.
- Au niveau organisationnel ; le maintien d'une
administration quasi-centralisée des universités.
- Le manque d'initiatives : les enseignants sont peu
conscients et peu engagés dans le processus
d'internationalisation.12(*)
2- Entreprise :
a- Définition :
Dans son acception la plus simple, l'entreprise, noyau central
de l'activité économique, peut être définie comme
étant une unité économique regroupant des facteurs de
production en vue de produire des biens et des services destinés
à être échangés sur un marché et par
conséquent d'atteindre des objectifs préalablement fixés.
L'entreprise ne peut fonctionner qu'à travers les échanges
qu'elle entretient avec son environnement.
b- Rôles et objectifs :
L'entreprise joue un rôle dynamique dans le milieu
économique et social dès lors qu'elle associe les facteurs de
production ; à savoir : travail, capital et biens et services
intermédiaires et les emploie pour alimenter le marché de biens
et de services d'une part, et qu'elle distribue des salaires, des revenues aux
apporteurs de capitaux et aux prêteurs de fonds et des impôts et
cotisations sociales, d'autre part.
En outre, l'entreprise est un facteur de progrès et
d'innovations et un acteur de développement économique.
Pour s'adapter à son environnement, survivre et
croître, l'entreprise doit se fixer des objectifs, dont on peut citer
notamment:
- maximiser le profit ;
- augmenter la part du marché ;
- atteindre un équilibre social ;
- mettre au point un nouveau produit ;
- dominer un concurrent ;
- etc.
c- Fonctions de l'entreprise :
Le cycle productif de l'entreprise est constitué des
activités indispensables au fonctionnement de cette entité :
il faut s'approvisionner, stocker, produire, vendre... Le premier pas de
l'organisation consiste à regrouper les activités qui ont le
même but afin d'assurer le déroulement le plus harmonieux du cycle
productif ; on définit des catégories de tâches
vitales concourant au même objectif : ce sont les grandes fonctions
de l'entreprise. Il s'agit notamment de :
@ Produire : rôle de la fonction
technique :
L'activité productive s'analyse en toutes tâches
ayant pour vocation:
- La mise en place des moyens de production :
implantation des matériels, étude des méthodes,
organisation du travail ;
- La gestion et la surveillance de la production ;
- Les opérations d'approvisionnement en matières
premières, de stockage intermédiaire des produits en cours de
fabrication et de contrôle des produits.
@ Créer, développer et entretenir des relations
de l'entreprise avec les clients : rôle de la fonction
commerciale :
A côté des actions de vente proprement dites,
cette fonction regroupe :
- Les tâches préparatoires à la
vente : étude du marché, recherche des clients,
publicité et promotion ;
- Les tâches postérieures à la
vente : formation, service après-vente, relations avec les
clients.
@ Accomplir les tâches complémentaires à
la production : rôle de la fonction logistiques :
Ces fonctions regroupent les tâches qui ne concourent
pas directement à la production, mais qui permettent le
déroulement du cycle productif, telles que :
- Tâches de sécurité et d'entretien des
bâtiments et des matériels ;
- Tâches d'administration qui visent à organiser
la circulation des informations au sein de l'unité.
@ Gérer les flux de monnaie, de crédit et de
capitaux : rôle de la fonction financière :
Il s'agit essentiellement de collecter les fondes puis les
affecter à l'achat du matériel, de marchandises, aux paiements
des factures entrant dans l'unité.
Organiser et gérer les Ressources Humaines :
rôle de la fonction sociale :
Les activités de cette fonction consistent à
gérer le facteur travail mais aussi, et de plus en plus souvent,
à aménager les conditions de vie des salariés au sein de
l'entreprise.
Gouverner l'entreprise : rôle de la fonction de
direction :
Même si l'entraîneur a parfaitement assigné
une fonction à chaque joueur, une équipe sportive a besoin d'un
capitaine qui coordonne. C'est le rôle de la fonction de direction dont
les missions consistent à:
- réunir l'information indispensable à la prise
de décisions ;
- décider, c'est-à-dire donner les grandes
orientations de l'unité et les transmettre aux fonctions chargées
de les mettre en oeuvre ;
- contrôler en vue de s'assurer du mode de
réalisation des choix opérés.
En tout état de cause et en matière de division
de l'entreprise en fonctions, il n'existe pas de normes ; tout
dépend de l'importance et de l'utilité de ses activités et
de sa taille. ces fonctions peuvent être classées en :
Fonctions principales :
- Approvisionnement : l'expression des
besoins ; recherche et sélection des fournisseurs ; passation
des commandes ; réception et stockage des achats.
- Production : conception des processus et
procédés ; planning de production et sa
réalisation ; contrôle de la production et de la
qualité.
- Distribution : études du
marché ; marketing (prix, produit, réseaux de distribution,
publicité, force de vente) ; ventes ; emballages ;
livraisons ; facturations, etc.
Fonctions auxiliaires :
Il s'agit, notamment, des fonctions d'administration, de
finance, de gestion des ressources humaines, d'entretien, de transport, etc.
d- Entreprise et son
environnement :
L'entreprise ne vit pas en autarcie, elle est
conditionnée par le milieu dans lequel s'insère son
activité et elle entretient des relations constantes avec son
environnement. L'analyse de cet environnement est particulièrement
complexe étant donné qu'il comprend de multiples facettes qui
influencent néanmoins la vie, les décisions et les actions de
l'entreprise.
L'environnement est constitué par tous les
éléments extérieurs à l'entreprise et qui ont une
influence sur elle. Il regroupe tous les facteurs économiques,
politiques, juridiques, socioculturels, technologiques et écologiques
qui ont une incidence sur la vie de l'entreprise.
L'entreprise est donc en rapport étroit avec son
environnement auquel elle est reliée par ses facteurs de production et
ses produits. Pour y adapter ses produits et ses techniques, elle doit le
connaître dans l'ensemble de ses composantes. Lesdites composantes
relèvent notamment des plans suivants :
- Juridique : ensemble des lois et règlements.
- Economique : Niveau de développement
général (croissance, évolution des prix, politique
économique...)
- Commercial : Adaptation des produits et des prix de
l'entreprise à ceux des concurrents et aux habitudes commerciales des
clients.
- Financier : Les établissements financiers et la
réglementation financière déterminant les conditions
d'accès au crédit.
- Sociologique : Croyances sociales et forces sociales
(syndicat...)
- Ecologique : Détérioration du milieu
physique qui réduit le bien-être social (pollution...)
- Technologique : Evolution des connaissances, nouveaux
produits, développement technologique, innovation, brevets...
e- Partenaires de
l'entreprise :
L'entreprise est généralement en relation avec
un grand nombre de partenaires qui participent à son fonctionnement.
Elle est un pôle d'échanges au sein du réseau
économique et en contact avec de nombreux partenaires, dont on peut
citer :
- Les clients : ils achètent et assurent ainsi des
débouchés à l'entreprise.
- Les fournisseurs : ils assurent l'approvisionnement de
l'entreprise en matières premières et services.
- Les apporteurs de capitaux et prêteurs : ils
assurent le risque financier et fournissent les capitaux nécessaires au
développement en contrepartie d'un profil ou d'un
intérêt.
- Le personnel : il apporte son travail et ses
compétences et perçoit un salaire.
- les organismes publics : l'Etat assure les
infrastructures nécessaires au fonctionnement, prend en charge la
formation initiale des personnels et perçoit des taxes et des
impôts.
De nos jours, un autre partenaire vient s'ajouter à
ceux précédemment cités est qui se manifeste au milieu
universitaire. L'entreprise a besoin d'autant de compétences hautement
qualifiées afin de gagner l'atout de l'innovation et de la
recherche-développement. Ces compétences ne peuvent voir le jour
que par le biais du soutien de l'université. A cet effet, l'entreprise
doit être consciente que son avenir dépend de l'université.
f- Etat des lieux des entreprises
Tunisiennes :
La Tunisie poursuit avec détermination
l'approfondissement des réformes économiques, financières
et sociales entreprises depuis l'adoption du Programme d'Ajustement Structurel
(PAS). En adhérant à l'Organisation Mondiale du Commerce et en
signant un accord de partenariat avec l'Union européenne, dont l'une des
composantes essentielles est l'établissement à terme d'une zone
de libre-échange, la Tunisie s'engage dans une
accélération du processus d'ouverture et d'intégration
dans l'économie mondiale. Cette ouverture sur l'extérieur
comporte certes des défis, mais offre, également, de nouvelles
opportunités de croissance et de développement que les
entreprises Tunisiennes se doivent de saisir dans un environnement de plus en
plus concurrentiel.
Face à ces nouveaux défis de
mondialisation : nouvelle division internationale du travail,
révolution électronique, libre échange, bouleversement des
lois de marché et les mutations des mécanismes de marché,
les entreprises se transforment, se tertiarisent, se redéploient et
misent à fond sur l'innovation. La concurrence tient sa vitalité
de l'ouverture aux nouvelles technologies et d'un dynamisme commercial
remarquable. Contrairement aux grandes entreprises ou multinationales, les
petites et moyennes entreprises, le plus souvent , sont les plus
menacées. Toutefois, les Petites et Moyennes Entreprises (PME) ne
peuvent faire face aux défis auxquels elles sont confrontées
qu'en développant une recherche appliquée répondant
à leurs besoins spécifiques. Cette option est actuellement
entravée par le manque de moyens, ce qui les empêchent de
créer leurs propres laboratoires de développement.
3- De la différence d'objectifs poursuivis à
la collaboration :
L'université et l'entreprise poursuivent des objectifs
différents : l'université existe pour étendre le
domaine des connaissances par l'enseignement et la recherche . Elle remplit
également une mission de service à la société.
Tandis que, l'entreprise existe pour produire des biens ou des services. Elle
produit aussi des bénéfices, elle offre du travail à son
personnel et génère de la richesse grâce à la valeur
ajoutée qu'elle incorpore dans son action. Cette différence
admise, elle peut être source de synergies fructueuses.
Pour être et rester compétitive, l'entreprise
doit constamment innover : nouvelles technologies, nouveaux produits,
nouvelles procédures et nouveaux marchés.
D'autre part, l'université accumule une expertise
importante dans la recherche et l'enseignement, au service de la
société.
Ces deux activités sont a priori différentes,
mais peuvent souvent être complémentaires. Dans ce cas, un
partenariat université-entreprise conduit généralement
à un enrichissement réciproque.
« Ashworth J. explique certains des aspects
complexes de la relation université-
entreprise :
- L'université et l'entreprise ont des priorités
très différentes et n'attendent pas le même résultat
de leur association ;
- L'université et l'entreprise ont des régimes
juridiques très différents, donc des mécanismes de gestion
et de prise des décisions très différents, et par
conséquent ;
- Suivant qu'ils travaillent dans le monde industriel ou dans
le monde universitaire, les individus ont des motivations, des
espérances et des priorités très différents pour
juger de leur succès personnel et de celui de l'entreprise ou de
l'institution ».13(*)
La collaboration entre universités et entreprises, sous
des formes variées, a connu un développement très rapide
au cours des dernières années. Beaucoup d'entreprises et de
nombreux centres universitaires ont une expérience multiple de projets
université-entreprise : maints contrats sont signés chaque
année. les axes de partenariat peuvent être très variables
en nature, en durée, en complexité, et sont accessibles tant au
dirigeant de petite et moyenne entreprise qu'aux services
spécialisés d'une multinationale.
Cette interaction de plus en plus importante entre entreprises
et universités est due aux changements mêmes du monde de
l'entreprise et du monde universitaire.
« L'industrie et l'université ont eu tendance
à se développer séparément et à apporter
à l'économie des contributions distinctes et souvent sans rapport
entre elles. Il en est résulté une pénurie de
compétences dans le secteur industriel et une sous-utilisation des
ressources humaine dans l'enseignement supérieur. Il est donc
nécessaire d'établir une forme quelconque de liaison pour mieux
adapter les qualifications fournies par l'enseignement aux besoins de
l'économie en voie de développement. Le problème se pose
également dans les pays industrialisés, mais il est moins grave
parce que les dizaines, voire les centaines d'années de relations entre
l'industrie et l'université ont eu pour effet d'entretenir une certaine
continuité des influences réciproques malgré les
difficultés de communication et l'absence de toute
méthode ».14(*)
Il est certain que le succès de l'entreprise, quelle
que soit sa taille, est souvent lié à son innovation et à
sa différenciation par rapport aux concurrents aussi bien dans le
domaine des produits et des services que dans celui des procédés.
Face à ces défis, l'entreprise peut trouver une solution dans un
partenariat avec une unité de recherche universitaire à qui elle
apporte :
- une meilleure connaissance des besoins et des marchés
(présents et futurs) ;
- la possibilité de mieux orienter l'enseignement et
d'améliorer les contacts étudiants-entreprises ;
- des ressources précieuses pour atteindre et maintenir
une recherche de qualité ;
- les compétences et le savoir-faire spécifiques
de l'entreprise elle-même.
Par ailleurs, les universités ont accumulé un
savoir-faire scientifique important et souhaitent valoriser la recherche, en
particulier la recherche orientée vers les problèmes humains,
économiques ou technologiques qui se posent aujourd'hui.
L'université peut apporter à l'entreprise :
- du personnel compétent ;
- de l'équipement spécifique ;
- une approche rigoureuse et multidisciplinaire ;
- une ouverture à la recherche internationale ;
- une occasion de mieux connaître des collaborateurs
potentiels.15(*)
Section III : Contenu et différentes formes de
partenariat entre l'université et
l'entreprise :
1- Contenu du partenariat :
L'initiative d'établir un partenariat émane
soit de l'université ou les entreprises , soit de l'Etat ou les
institutions internationales d'enseignement supérieur ( Banque
Mondiale, UNESCO, ...). Certes , quelque soit l'initiateur , il est toujours
nécessaire d'établir un mécanisme de communication.
Les besoins des entreprises sont très
diversifiés ; mais qu'il s'agit d'une multinationale, de grandes ou
petites entreprises , elles expriment toutes leurs besoins en formation, en
recherche et tout autre service du milieu universitaire. Donc, on peut dire que
la nature du partenariat et l'équilibre des rôles varieront selon
la taille et la nature des entreprises et du prestige des
universités.
Caractérisés par la complexité et par la
diversification, les relations partenariales entre l'université et
l'entreprise peuvent être classées en cinq formes principales qui
peuvent par la suite prendre diverses formes envisageables. Partant de plus
ponctuelles et limitées en temps à celles ayant un
caractère durable. Ces formes sont, notamment, les suivantes:
a- Services de consultation :
D'une part, la prise de contact est discrète,
discontinue en temps. De l'autre part l'expérience montre que les
missions de consultation ont fait naître de nouvelles idées et de
nouveaux projets de recherche.
b- la formation :
Allant d'un simple échange d'avis sur le contenu des
programmes d'enseignements, l'action commune en formation peut avoir diverses
formes : formation initiale, formation continue, formation en
alternance et de parrainage.
c- La recherche-développement :
La recherche universitaire était essentiellement
fondamentale servant à nourrir le contenu en savoir des programmas
pédagogiques. A l'heure actuelle, des formes de recherches collectives
interdisciplinaires se construisent et sont de plus en plus valorisées
par des organismes extra universitaires.
d- La création
d'entreprises :
Moyen pour valoriser la recherche
universitaire, la création d'entreprises constitue un facteur de
croissance économique et de générateur d'emploi. De ce
fait, plusieurs établissements d'enseignement supérieur ont
choisi d'abriter pour une période limitée des entreprises
industrielles.
En France, par exemple, depuis 1984, les établissements
avaient la possibilité de créer des filiales : les cas de
l'INSA de Lyon et l'université de Nantes sont les plus connues. Les
entreprises comme INSAVALOR ; entreprises filiales d'établissement
public font intégralement partie du système public
d'éducation et de recherche.16(*)
e- Le transfert de
technologie :
Maintes définitions ont été
avancées à la notion du transfert de technologie, dont celle de
Bell et Sadlak (1992) présentant le transfert de technologie comme
étant : « un mouvement d'idées et d'innovations
qui va des laboratoires universitaires et des centres de recherche vers le
secteur industriel et de là vers le marché ».17(*)
De cette définition, on peut dire que le transfert de
technologie peut s'entendre comme toute transmission ponctuelle de techniques
nouvelles. Mais, dans le contexte actuel le transfert englobe plutôt
toutes activités qui visent à assurer la diffusion
d'idées, d'informations, de connaissances et d'inventions entre
établissements d'enseignement supérieur et entreprises.
Toutefois, l'ancienne notion de transfert de technologie
considérée comme la transmission ponctuelle d'une certaine
technologie à l'entreprise a cédée place à
une vision plus large, selon laquelle le transfert est conçu sur la
base d'un échange bilatéral permanent entre les deux
partenaires.
2- Tour d'horizon sur les principales formes de
partenariat :
a- Les services de
consultation :
Diverses actions peuvent être entretenues de
l'université vers l'entreprise et réciproquement. Les services de
consultation varient selon la nature et les objectifs des partenaires. Voici
quelques services les plus pratiqués :
- L'exécution d'enquêtes destinées
à évaluer les besoins des entreprises en main-d'oeuvre ;
- La création des comités consultatifs pour
collaborer avec les professionnels à l'élaboration et à
l'évaluation des programmes pédagogiques ;
- L'organisations des réunions, des études, et
des séminaires entre universitaires et chefs d'entreprises
consacrés aux grands problèmes de l'évolution
économique ;
- Faire appel aux hommes d'affaires pour donner leurs avis en
tant que professionnels sur un projet de recherche ;
- La recherche d'adéquation emploi formation par la
participation et l'organisation conjointes de colloques et de
séminaires ;
- L'utilisation des compétences universitaires par les
entreprises envisagée par : l'affectation d'un enseignant à
une équipe spéciale pour la création d'un service de
contrôle de la qualité ; pour l'étude d'un
marché, etc. ;
- Répondre aux demandes d'information des
entreprises ;
- Etc.
L'université et les entreprises peuvent organiser des
consultations ponctuelles ou régulières afin de faire le point
sur les connaissances dans un secteur scientifique choisi.
La réussite de cette forme de partenariat est
tributaire de l'existence d'une infrastructure favorable aux activités
de consultation sous forme de centre de consultation et de liaison.
b- Le partenariat en
formation :
En formation, les formes de partenariat s'avèrent fort
diverses. Desquelles, on va présenter celles les plus envisageables.
Le partenariat en formation initiale :
Par son offre de formation initiale, l'université
participe au développement des compétences. Les actions de
partenariat en matière de formation initiale se traduisent notamment
par :
- La participation y compris financièrement aux
enseignements, a la définition et à la mise en place de nouvelles
filières ;18(*)
- Contribuer à la définition des plans
d'études et des programmes ;
- Participer aux jurys d'évaluation des projets et des
thèses de doctorat ;
- Proposer des projets industriels pour sujets de
mémoires ;
- Aider à évaluer les profils de formation, le
degré d'atteinte des objectifs et à la mise en place d'un projet
de reforme des enseignements ;
- Contribuer à la définition des
cursus ;
- Etc.
F Le partenariat en formation continue :
L'importance croissante accordée au
développement des connaissances et des aptitudes des anciens
diplômés puise sa raison d'être du fait que l'obsolescence
accélérée du savoir et de l'information, sous l'effet de
la transformation des tâches et de l'apparition de nouveaux
métiers, s'est traduite par une augmentation des besoins en
éducation récurrente, servant au maintien et à
l'adaptation des compétences.
La formation continue dans ce contexte permet aux cadres de
fructueux retours vers l'université. Ainsi, celle-ci peut proposer aux
entreprises :
- Un programme de perfectionnement au profit des cadres des
entreprises qui sera élaboré, organisé et
évalué par les enseignants et les chefs d'entreprises. Ce
programme se traduit en action de formation à la carte concernant le
domaine en rapport avec le champ de compétences des filières
professionnelles (informatique, électronique, etc.). Axés la
plupart du temps sur le domaine de la gestion, les programmes de
perfectionnement sont moins longs et sont conçus de façon
à répondre aux besoins des cadres en gestion de différents
niveaux. Toutefois, les entreprises ne permettent à leurs cadres de
participer aux programmes de l'université que si elles sont convaincues
de la pertinence des programmes.
- Encourager les entreprises à établir des
chaires d'enseignements : il s'agit de financer un poste d'enseignant
chercheur. La chaire peut être aussi liée à un cursus comme
bien le cas de l'école supérieure de commerce de Lyon,19(*) la chaire management des
entreprises a déjà permis de bâtir une filière
services , ainsi qu'un mastère (mastère business administration).
L'école a également profitée d'un contrat de formation
continue qui a servi à financer la recherche fondamentale.
- Etc.
En Tunisie les instituts et les écoles
d'ingénieurs sont les établissements pratiquant le plus les deux
formes précédentes ; à savoir : la formation
initiale et la formation continue, l'industrie en est d'autant le partenaire
privilégié.
F Le partenariat en formation en alternance :
Il est difficile d'imaginer une formation technique sans une
coopération avec le milieu professionnel. L'objectif de ce type de
formation étant de permettre aux étudiants l'acquisition des
compétences pratiques, méthodologiques, d'analyses et de
synthèse nécessaires à l'exercice d'un
métier.20(*)
De ce fait, la formation en alternance est scindée en
deux séquences : une séquence théorique
dispensée par l'établissement et une autre pratique
assurée au sein de l'entreprise sous forme de stage. L'organisation des
séquences dépend de la nature de la discipline suivie et de la
capacité d'accueil des entreprises.
En tout état de cause, de nouveaux types de partenariat
en formation assurés par l'université au profit des entreprises
s'émergent allant d'une formation diplômante, à une
formation qualifiante et à une formation inter-âge de culture
générale.
F Le parrainage :
Le parrainage génère des ressources
financières et matérielles (équipements, matériels
informatiques, etc.) au profit de l'établissement. Cette forme de
partenariat engendre de multiples actions parmi lesquelles, on cite :
o Des journées portes ouvertes, des conférences
et des stages durant lesquelles l'étudiant découvre de
près le monde des affaires ;
o L'entreprise peut proposer un sujet de fin d'études
et profiter ainsi des recherches sur les thèmes qui la
préoccupent.
o Etc.
Le parrainage entre l'université et l' entreprise
s'inscrit généralement dans le cadre d'une convention, le plus
souvent annuelle, et nécessite la mise en place d'un comité de
parrainage.
c- La
recherche-développement :
Qu'il s'agit de recherche
fondamentale ou recherche appliquée, le partenariat peut prendre maintes
formes : contrats de recherche communs, personnel commun, accord
concernant le matériel, des chaires communes, etc.
Pour mettre en relief un programme de recherche (nouveau
produit, mise en oeuvre de connaissances récentes ou recherche de
solutions nouvelles.), l'entreprise peut trouver le soutien nécessaire
en collaborant avec l'université.
Cette forme de partenariat peut prendre l'un ou l'autre des
cas de figure suivants :
- Aide aux chefs d'entreprises à prendre les bonnes
décisions par un haut degré d'assistance technique,
d'évaluation de technologies et d'analyses de politiques ;
- Recherche effectuée par l'unité universitaire
à la demande de l'entreprise, orientée vers un objet
précis et dont les résultats sont directement utilisables par
celle-ci ;
- Projet commun de recherche où les objectifs et les
moyens sont fixés ensemble par l'entreprise et l'unité de
recherche ;
- Doctorat en coopération : l'université
et l'entreprise décident de promouvoir ensemble une thèse de
doctorat, le chercheur approfondit le sujet retenu sous l'encadrement de
l'université, l'entreprise bénéficie ainsi des
résultats. En France, par exemple, le partenariat en
recherche-développement se formalise dans par une convention où
le doctorant est intégré dans l'entreprise, avec la prise en
charge de 50% de son salaire par l'Etat. L'entreprise valorise et
préserve les compétences acquises par le doctorant qui avance
dans ses recherches ;21(*)
- La recherche ad hoc destinée au perfectionnement des
procédés et des produits industriels afin d'assurer leur
adaptation aux ressources et conditions de fabrication locale et de
création de nouveaux produits ;
- Projet de portée internationale: l'entreprise
souhaitant participer à ce type de recherche
précompétitive trouvera dans les universités une bonne
expérience de collaboration internationale, académique et
industrielle ;
- Etc.
Un constat a été soulevé lors d'un forum
(juin 2000) sur les politiques éducatives sur la gestion des relations
université-industrie qui est tenu à l'IIPE (Institut
International de Planification de l'Education) et qui soutient l'idée
que « dans les pays industrialisés, le partenariat
université- entreprise se pratique assez souvent dans le secteur de la
recherche, alors que les pays en développement privilégient les
services de consultations, l'intégration des étudiants et la
formation continue ».22(*)
d- Le partenariat en création
d'entreprises :
L'université disposant d'unités, de laboratoires
de recherche et de veilles de technologie peut contribuer à la
création de nouvelles entreprises de haute technologie qui
résistent le mieux dans la situation économique actuelle. La
participation de l'université, en matière de création
d'entreprises, consiste à :
o Encourager les enseignants chercheurs à créer
une entreprise, de participer à son capital voire même la
diriger 23(*);
o Faire au compte des porteurs de projets des études de
faisabilité technico-économique ;
o Multiplier les contacts entre chercheurs et enseignants
chercheurs et porteurs de projet dans le but de garantir la chance de
réussite des nouveaux projets ;
o Etc.
L'exemple français montre que les rares entreprises
créées à l'initiative des chercheurs français ont
un taux de réussite relativement haut, de 5 sur 6, et sont très
créatrices d'emploi avec un effectif moyen de 11 salariés
après leur création.24(*) Par contre, l'expérience tunisienne à
ce propos reste timide.
e- Le partenariat en transfert de
technologie :
Le but du transfert de technologie dans une université
moderne est, avant tout, l'identification des opportunités des nouvelles
technologies et de leur valeur économique. En effet, l'université
doit être capable d'évaluer la technologie et décider d'une
protection éventuelle, le plus souvent se sont des actions
brevetées.
Le partenariat entre l'université et l'industrie en
matière de transfert de technologie est de plus haute importance. Il
peut prendre la forme d'une recherche collaborative incluant des accords de
services avec la possibilité d'octroyer des licences en cas de
succès. Les contrats issus de cette forme de partenariat
représentent un financement important pour les recherches de
l'université.
Toutefois, ce type de partenariat nécessite un cadre
juridique bien établi accordant à l'université la
propriété de son patrimoine technologique (même au cas
où la recherche est financé par les fonds publics) et fixant les
modalités d'octroi des licences.
Le transfert de technologie connaît une évolution
rapide depuis les années 80, le nombre de brevets délivrés
aux universités Américaines est passé de 300 en1980
à 2000 en 1995. En 1996, 250 nouvelles entreprises ont été
crées sur la base de licences accordés par les
universités. Les domaines les plus concernés par le transfert de
technologie les plus productifs sont : les sciences de la vie et la
technologie de logiciel et de communication. Le MIT (Massachusetts Institute
of Technology), l'université de Liège en Belgique,
l'université de Strasbourg sont les pionniers dans ce type de
partenariat.25(*) Bref,
les principaux avantages que génère le transfert de technologie
sont :
o Apporter à l'université un complément
par rapport au financement public ;
o Bâtir des relations permanentes avec le monde
industriel ;
o Créer des emplois et de nouvelles entreprises ;
fait le plus saillant à ce propos.
Il en ressort, que c'est fort nécessaire aux
universités de valoriser leur technologie et la transférer au
secteur économique.
Section IV : Les structures d'interface :
1- Définition :
Les universités recourent à des structures
d'interface dans le but de s'engager dans des partenariats avec l'industrie.
Ces structures peuvent être définies comme le
« cordon » qui lie l'université à son
environnement socio-économique. Diverses appellations sont
accordées à ces structures: cellules de liaison, bureaux de
liaison, centres d'interfaces, etc.
2- Financement des structures
d'interface :
Ces structures sont généralement
financées, dès leur démarrage et pour une période
bien déterminée, par des subventions accordées par l'Etat.
Ensuite, elles satisferont leurs propres besoins en se procurant des revenues
au moyen des contrats de recherche, de consultation conclus avec des
entreprises locales ou étrangères ainsi qu'au moyen d'autres
ressources provenant de leurs activités.
3- Rôles des structures
d'interface :
Disposant de ressources financières et humaines
importantes, les structures d'interface contribuent principalement
à :
o Transférer à l'industrie l'expertise, le
savoir-faire et les technologies développées par
l'université ;
o Elaborer et conclure des partenariats de recherche et des
alliances stratégiques à long terme avec les
entreprises ;
o Recenser les besoins des entreprises ;
o Favoriser la formation pratique des étudiants par
l'organisation de stages en entreprises.
4- Objectifs des structures
d'interface :
En terme d'actions, les objectifs de ces structures
d'interface sont :
o Réaliser des études de
marchés ;
o Conclure d'accords de licence pour le savoir-faire,
brevets, logiciels, ...;
o Etablir des chaires industrielles de
recherche ;26(*)
o Participer à des consortiums de recherche où
l'université peut être un partenaire et participe, ainsi, à
la définition des objectifs, à la réalisation et au
financement des travaux ;
o Etablir des commandites de recherche-développement
au profit des PME dont les résultats sont souvent à court
terme ;
o Implanter conjointement des laboratoires et des centres de
recherche avec les entreprises ;
o Soutenir en phase de démarrage les entreprises de
haute technologie ;
o Faire adapter les structures administratives aux besoins des
nouveaux projets ;
o S'appuyer sur la coopération internationale pour
contribuer au transfert et à la maîtrise de la technologie.
5- Avantages des structures
d'interface :
Quelles que soit internes ou externes à
l'université, le recours à ces structures d'interface
génère plusieurs avantages qui sont brièvement :
- La mobilisation des ressources de l'université :
départements universitaires ; enseignants ; membres du
personnel.
- L'université peut éviter que son personnel ne
consacre trop de temps aux activités de consultation : toutes les
demandes passent par l'organe de liaison.
- Les structures d'interface externes permettent à
l'université de commercialiser sa production qui consiste
essentiellement aux résultas de travaux de recherche. cette
activité est génératrice de ressources financières
supplémentaires nécessaires à la modernisation des outils
de formation.
- Les structures d'interface internes ont l'avantage
d'éviter la prolifération des institutions.
- Les structures d'interface permettent d'éviter le
risque de dérapage de l'université de ses missions principales et
de pallier à la résistance au partenariat exprimée par les
enseignants ou le personnel administratif de l'université.
Toutefois, la relation entre l'université et ces
structures d'interface, même s'il s'agit d'unités internes, doit
s'inscrire dans un cadre contractuel.
6- Interfaces université-entreprise :
pépinières d'entreprises et technopôles :
En Tunisie, les pépinières d'entreprises et les
technopôles jouent un rôle très important dans la
propagation des technologies modernes. Ces deux structures sont
Complémentaires dans leurs actions et constituent des structures
nécessaires à l'innovation et au développement de
l'économie.
Par définition, une technopôle est "un espace non
urbain regroupant des entreprises et des institutions d'enseignement et de
recherche internationalement reconnues" (Dictionnaire Francophone Hachette).
La technopôle est un espace qui vise à
réaliser notamment les objectifs stratégiques suivants :
- Etablir le lien entre la formation, la recherche et la
production ;
- Favoriser l'incubation et la création d'entreprises
innovantes par la valorisation des résultats de la recherche ;
- Stimuler la création de l'emploi notamment pour les
diplômés de l'enseignement supérieur ;
- Améliorer la capacité compétitive de
l'industrie ;
- favoriser l'investissement étranger.
La technopôle est généralement
spécialisée dans un secteur déterminé à
partir des spécificités de la région. La technopôle
est spécialement aménagée pour accueillir les
activités dans les domaines suivants :
· La production :
- les ateliers relais
- la zone industrielle ;
· L'innovation technologique :
- une pépinière d'entreprises
- un centre de ressources technologiques ;
· La formation, dédiée aux
établissements en relation avec la spécialité de la
technopôle ;
· La recherche scientifique, dédiée aux
centres de recherche dans les secteurs du technopôle.
Le dictionnaire définit la pépinière
comme étant « le lieu où l'on cultive de jeune plantes
destinées à être transplantées ». Si, l'on
ramène cette définition au domaine économique, cela
devient « une structure d'accueil temporaire des locaux, des aides et
des services adaptés aux besoins spécifiques des entreprises
nouvellement créées ou en voie de création »
(Laurane Lanne : Création d'activités).27(*)
Les pépinières, installées au coeur du
milieu universitaire, suscitent l'intérêt de nombreux acteurs
économiques et réussissent le mieux à satisfaire les
attentes des diverses acteurs (entreprises, université,
société, économie, etc.). Pour cette raison, les
pépinières d'entreprises feront l'objet d'une étude de cas
au niveau de la troisième partie.
Conclusion :
L'université face aux défis
inédits : accroissement des effectifs étudiants,
insuffisances de moyens, concurrence externe dans diverses domaines de
l'enseignement, exprime d'avantages son besoin de s'associer à d'autres
ressources ou expertises pour réaliser de façon optimale les
missions qui lui incombent.
L'entreprise en tant que moteur de développement
économique et social et en tant qu'employeur des sortants de
l'enseignement supérieur confronte, elle aussi, un défi de
compétitivité intense. Pour relever ces défis et profiter
des avantages du partenariat, il s'avère opportun, que les deux
institutions entament des relations partenariales.
CHAPITRE II :
|
Mobiles de l'action partenariale entre l'université et
l'entreprise
|
|
Le partenariat entre l'université et l'entreprise n'est
pas une fin en soi, il s'agit plutôt d'un moyen parmi d'autres pour
faciliter l'atteinte de certains objectifs éducatifs liés
à la mission de l'université. A ce stade, il est légitime
de poser les questions suivantes :
- Comment est exprimée cette nécessité de
partenariat ?
- Quelles sont les aspirations des acteurs en
partenariat ?
- Quels sont les limites et les obstacles entravant l'action
partenariale ?
Pour répondre à ces interrogations, on va tout
au long du présent chapitre mettre en relief la nécessité
du partenariat entre l'université et l'entreprise (Section I), les
retombées et avantages de l'action partenariale (Section II), les
attentes des partenaires (Section III) et les limites et entraves à
l'action partenariale université- entreprise (Section IV).
Section I : Nécessité de partenariat
entre université et entreprise :
1- Nécessité du partenariat pour
l'université :
Une pléiade de facteurs a milité en faveur de
l'ouverture de l'université sur son environnement. L'université
n'est plus un temple inviolable réservé aux jeunes élites.
A ce niveau, les mobiles suivant sont envisageables :
- La privatisation accrue de l'enseignement supérieur
qui est accompagnée d'une ouverture de plus en plus orientée vers
le marché ;
- L'existence d'une volonté insistante des pouvoirs
politiques à nouer des relations entre l'université et
l'industrie ;
- La diminution des crédits alloués à
l'enseignement supérieur ;
- L'intensification du phénomène de
création d'entreprises en Tunisie, comme ailleurs, et ses implications
en matière de besoins changeants en ressources humaines et en
recherche;
- La nécessité d'assurer à leurs
diplômés une insertion professionnelle de qualité et donc
d'adapter les formations aux besoins économiques. L'université
est amenée à rechercher le contact avec les entreprises pour
mieux connaître leurs attentes.
L'université tunisienne se dote davantage d'autonomie
et de souplesse. La législation tunisienne devient de plus en plus
généreuse concernant la motivation des universités
à s'ouvrir. En examinant le décret n° 94-546 du 28
février 1994, portant modalités d'utilisation des ressources
réalisées dans le cadre de l'ouverture des établissements
d'enseignement supérieur et de recherche scientifique sur leur
environnement. On remarque que l'université tunisienne se dote largement
de liberté concernant le choix des partenaires ainsi qu'un taux
obligatoire de 30% des ressources supplémentaires issues des conventions
est destiné à l'amélioration des conditions de travail
dans l'institution. Les dispositions dudit décret encourageant les
établissements à s'ouvrir de plus en plus sur leur environnement
économique, social et culturel.
2- Nécessité du partenariat pour les
entreprises :
Traditionnellement, les chefs d'entreprises sont
réticents au partenariat. Toutefois, certains motifs les poussent
à adopter une démarche partenariale : l'internationalisation
croissantes des économies, le risque croissant découlant des
incertitudes technologiques et scientifiques et les compressions des ressources
et expertises conduisent à une concurrence très vive sur les
marchés. Cette situation impose aux entreprises de connaître les
résultats les plus récents de la recherche, d'innover en
permanence et de disposer des ressources humaines les mieux qualifiés.
L'entreprise ne trouve de tel soutien que si elle collabore avec les
compétences universitaires qui sont en mesure d'apporter de solutions
radicales aux problèmes relatifs à la concurrence, au cycle de
production, à la commercialisation de ses produits, à
l'intégration des nouvelles technologies,...
Section II : Retombées et avantages de
l'action partenariale :
Le terme `'partenariat université-entreprise'' se
réfère aux rapports entre tous les secteurs de l'enseignement
supérieur et le monde des affaires. Pourquoi ce partenariat est-il
nécessaire ? Historiquement, l'enseignement supérieur qui
s'est développé depuis des siècles dans les pays dits
industrialisés a le plus souvent correspondu à des besoins
spécifiques (médecine, industrie, etc.)
Par contre, dans les pays en voie de développement,
cette évolution naturelle de l'enseignement n'a guère eu
l'occasion de se produire, car on a entrepris beaucoup de choses en très
peu de temps. L'université et l'entreprise ont eu tendance à se
développer séparément et à apporter à
l'économie des contributions distinctes et souvent sans rapport entre
elles. Il en résulte une pénurie des compétences dans le
monde des affaires et une sous-utilisation des ressources humaines dans
l'enseignement supérieur. Il est donc nécessaire d'établir
une forme quelconque de liaison pour mieux adapter les qualifications fournies
par l'enseignement aux besoins de l'économie en développement. Le
problème se pose également dans les pays industrialisés,
mais il est moins grave parce que les dizaines, voire les centaines
d'années de relations entre l'université et l'entreprise ont eu
pour effet d'entretenir une certaine continuité des influences
réciproques malgré les difficultés de communication et
l'absence de toute méthode.
En tout état de cause, quel que soit le pays dans
lequel s'opère le partenariat entre l'université et l'entreprise,
cette action réciproque nécessite des initiatives et des
encouragements ; elle ne peut pas toujours se produire
spontanément. Toutefois, il ne faut pas qu'elle soit
imitée ; elle doit naître d'une prise de conscience de
l'interdépendance, d'une reconnaissance des besoins réciproques.
L'entreprise et l'université doivent éprouver la certitude que
cette collaboration leur sera mutuellement profitable et il faudra
peut-être pas mal de temps et d'efforts pour les convaincre de
collaborer.
1- Avantages offerts à
l'université :
Le partenariat avec l'entreprise peut rapporter à
l'université :
· La possibilité d'évaluer les besoins de
l'économie et de développer en conséquences les
activités universitaires ;
· La possibilité de placer les étudiants
dans les entreprises, de façon à compléter l'enseignement
théorique par une expérience pratique ;
· La participation des entreprises à
l'élaboration des programmes, ce qui permet de les adapter aux
conditions locales ;
· Le perfectionnement du personnel, obtenu en donnant aux
universitaires l'occasion d'acquérir une expérience
pratique ;
· L'accès aux entreprises pour la recherche tant
fondamentale qu'appliquée.
Exemple :
Aux ISET, les hommes d'affaires et les professionnels peuvent
apporter leur savoir-faire et leur connaissance des exigences de chaque
métier. Cet apport technique et pragmatique peut prendre forme
par :
- Leur participation à la définition des
programmes ;
- Leur participation aux organes de direction (Comité
de direction, conseil scientifique et conseils des
départements) ;
- La prise en charge d'une partie des enseignements ;
- L'encadrement des étudiants, en particulier, au cours
des stages ;
- L'aide à l'insertion dans l'entreprise que ce soit au
cours des stages et projets de fin d'études ou après la
scolarité.28(*)
2- Avantages offerts à l'entreprise :
Les avantages offerts à l'entreprise ne sont pas moins
concrets et comprennent, entre autres :
· un recrutement en diplômés plus
qualifiés et mieux adaptés du fait que l'on aura tenu compte des
besoins de l'industrie ;
· l'accès à toute une série de
dispositifs de formation complémentaire que l'université aura
contribué à élaborer ;
· l'accès aux installations matérielles des
universités et aux compétences de son personnel ;
· l'accès aux archives de recherche, de
consultation et d'information de l'université ;
· l'amélioration de son image de marque dans la
société où elle fonctionne, ce qui signifie que davantage
d'étudiants seront attirés par le secteur industriel.
Exemple :
Pour le même exemple précité, les ISET, du
fait de la diversité des spécialités qui y exercent, sont
en mesure d'apporter des solutions globales aux problèmes
rencontrés par les industriels et les hommes d'affaires.
Les ISET peuvent en particulier assurer le recyclage et la
formation continue des agents en exercice dans les entreprises.
Ils peuvent aussi, grâce aux compétences de leurs
enseignants, aider à la mise à niveau intégrale de
l'industrie Tunisienne.
Ils peuvent enfin, à l'occasion de demandes ponctuelles
(essais, expertises, réalisation de prototypes) assurer à
l'entreprise une palette variée de prestations.29(*)
3- Avantages offerts à la
société :
Enfin, l'économie dans son ensemble
bénéficie de la collaboration entre université et
entreprise grâce à :
- L'amélioration du rendement des investissements dans
l'enseignement supérieur ;
- L'efficacité accrue de la contribution
apportée par l'enseignement au développement
économique ;
- Une meilleure utilisation des ressources humaines et
matérielles ;
- Une diminution des tensions sociales et politiques qui
accompagnent le chômage des diplômés.
En outre, une action partenariale
université-entreprise, à travers le balise des stages, est
génératrice d'avantages non moins importants aux étudiants
et qui consistent essentiellement à :
- faciliter leur orientation professionnelle par une meilleure
connaissance de la vie des entreprises dans sa dimension économique et
humaine, son organisation, ses métiers et leurs évolutions ;
- acquérir une plus grande lisibilité des
attentes des entreprises, des opportunités qu'elles offrent et des
débouchés proposés ;
- favoriser leur insertion professionnelle en optimisant la
qualité des processus de professionnalisation et d'intégration.
Les avantages précités concernent le partenariat
entre université et entreprise d'une façon
générale. Le groupe d'experts30(*) a traité d'un grand nombre de types de
liaison, mais s'est principalement consacré au domaine de la gestion.
Cela ne signifie pas que d'autres domaines tels que la science,
l'ingénierie et la technologie présentent moins d'importance. La
liaison y est également nécessaire. Néanmoins, la
collaboration entre entreprise et université a une importance
particulière dans le domaine de la gestion du fait que la technologie a
besoin de la gestion pour pouvoir exercer une influence efficace sur le
développement économique.
Section III : Attentes des partenaires :
Les entreprises n'acceptent de s'engager dans un partenariat que
si l'université comprend les besoins du secteur et est en mesure de
répondre auxdits besoins.
Concrètement, dans un partenariat avec
l'université, l'entreprise sera sensible à :
- L'innovation pouvant se traduire en un avantage
concurrentiel ;
- La protection des résultats de recherche, de
façon à en permettre l'exploitation commerciale ;
- L'obtention des résultats à des
échéances planifiées.
De son coté, dans tout partenariat avec une entreprise,
l'université veillera à :
- L'originalité de la recherche et des méthodes
utilisées, qui doivent aboutir à un progrès des
connaissances ;
- La diffusion des résultats des recherches, tout en
veillant, si nécessaire, à leur protection ;
- La durée de la recherche universitaire qui doit de
préférence s'inscrire dans un contexte pluriannuel, pour garantir
une certaine continuité à la fonction de chercheur ;
- Le choix des sujets de recherche qui doit tenir compte de
l'exigence universitaire.
Certes, quelles que soient les attentes. Il est important de
s'assurer que les attentes sont raisonnables au sein d'un partenariat.
Section IV : Limites et entraves à l'action
partenariale université-entreprise :
L'importance des avantages du partenariat est telle qu'on est
amené à se demander pourquoi elle ne se réalise pas plus
souvent d'elle-même. La raison en est que la coopération dans ce
domaine se heurte à divers obstacles caractéristiques qu'il faut
délibérément surmonter.
Les établissements d'enseignement supérieur ont
souvent leurs propres problèmes urgents : financement, recrutement,
augmentation rapide des étudiants. Dans les disciplines traditionnelles,
certains universitaires ont parfois peu d'expérience pratique et sont
souvent hostiles aux milieux d'affaires. Les règlements universitaires
et certaines conventions rigides peuvent décourager le personnel de
coopérer avec les entreprises ; l'avancement par exemple,
dépend traditionnellement des travaux d'érudition, et les
universitaires qui s'occupent de consultation et de recherche appliquée
risquent de compromettre leur carrière.
Les entreprises ont-elles aussi leurs problèmes
immédiats : crises des affaires, contrôle des changes,
réglementations officielles, qui risquent de leur faire négliger
ces objectifs à long terme que sont le perfectionnement de la gestion,
de la recherche et de la formation. Les hommes d'affaires, qui n'ont pas
toujours fait des études supérieures, ont parfois une attitude
anti-univers |