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Partenariat Université-Entreprise : état des lieux et perspectives de renforcement


par MARZOUGUI Antar et HAMDI Salima
ISCAE - Université Manouba - Mastère Spécialisé en Gestion des Etablissements d'Enseignement Supérieur
Traductions: Original: fr Source:

Disponible en mode multipage

PRESENTATION GENERALE

INTRODUCTION :

Plus que jamais, le développement et la qualité de vie d'une nation dépendent de son niveau culturel et scientifique, lui-même largement dépendant de la valeur de son enseignement supérieur. Actuellement, les mutations de l'Etat, ses désengagements et ses encouragements à passer dans une société de contractualisation ouvrent la possibilité de partenariats public/privé dans les domaines les plus ouverts; le partenariat université-entreprise en fait un prototype. En effet, les changements que connaît l'enseignement supérieur place les universités et les établissements qui en relèvent dans une position stratégique comme acteur de développement économique. L'ouverture de l'université sur le monde socio-économique est indispensable à la réalisation de l'ensemble de ses objectifs scientifiques, pédagogiques et culturels.

Aujourd'hui, en Tunisie comme partout ailleurs dans le monde, l'enseignement supérieur est confronté à trois chocs majeurs: la croissance de la demande de savoir, la diversification des disciplines à enseigner et le renchérissement de l'enseignement.

En Tunisie, les relations entre les universités et les entreprises sont loin d'avoir l'ampleur qu'elles devraient malgré l'existence des écoles d'ingénieurs et des écoles de commerce et de gestion, partenaires naturels des entreprises ; de la présence des grands organismes publics de recherche ; et aussi de la méfiance réciproque qui a longtemps prévalu entre les universitaires et le monde économique.

Cependant, depuis une dizaine d'années, des progrès sensibles ont été accomplis, notamment dans la professionnalisation des formations universitaires (création des ISET) et, plus récemment, dans la coopération universités entreprises en matière de recherche via la mise en place de pépinières d'entreprises et de technopôles. Quant à la formation continue des personnels des entreprises par les universités, elle présente encore des faiblesses.

Le partenariat avec les entreprises revêt une importance particulière dans les secteurs de l'enseignement et de la recherche. En effet, le partenariat université-entreprise s'inscrit dans la mission de l'université pour lui permettre d'être en symbiose avec son environnement économique à travers de passerelles multiples allant de l'université vers l'entreprise et inversement.

A ce propos, le présent mémoire est scindé en trois parties ; la première traitant de la relation université-entreprise et des mobiles de partenariat, la deuxième mettant en relief les mesures de renforcement possibles de l'action partenariale université-entreprise et la troisième sera consacrée à l'étude des pépinières d'entreprises en tant que mode saillant de rapprochement des entreprises de l'université.

EXPOSE DES MOTIFS :

Ce thème "partenariat université entreprise: état des lieux et perspectives de renforcement" est un thème d'actualité riche et enrichissant, eu égard à l'évolution remarquable du phénomène dans notre pays, surtout au cours de la dernière décennie, et à la multiplicité de passerelles qui sont mises en place afin d'étendre les domaines de collaboration entre le monde universitaire et celui des affaires. Le partenariat université-entreprise fait partie intégrante des préoccupations de l'université actuelle mais, malgré cela, ce phénomène reste encore loin d'avoir l'ampleur qu'il devrait.

Le thème riche, étant donné qu'entre l'université et l'entreprise, il y a toujours une dynamique d'échanges mutuellement profitable et qu'il permet une revue, sans le spécifier parfois, des expériences des pays pionniers en la matière, l'expérience française nous a été un support très appréciable à ce propos.

Le thème est également enrichissant puisqu'il permet une évaluation de l'état des lieux du phénomène de partenariat université-entreprise et un essai de diagnostic des défaillances de l'adoption de ce concept appuyé par quelques recommandations via l'examen d'un arsenal de mesures de renforcement possibles susceptibles d'améliorer ce phénomène.

En effet, le choix de ce sujet de recherche émane de notre conviction de l'importance de cette pratique de partenariat au sein du milieu universitaire et de l'absence d'ouvrages spécialisés et de travaux de recherche ayant abordé cette question.

PROBLEMATIQUE :

Si le phénomène du partenariat université-entreprise tend à prendre place dans le paysage universitaire, il ne manque de soulever certaines défaillances.

Pour bien expliciter ce thème nous comptons donc apporter les éléments de réponse aux questions suivantes :

1. Quelles sont les caractéristiques du phénomène de partenariat université-entreprise ?

2. Quelles sont les mesures de renforcement possibles ?

3. Quel est l'apport des pépinières d'entreprises en matière de rapprochement des entreprises de l'université et de consolidation du phénomène du partenariat entre elles?

OBJECTIFS :

L'objectif de ce travail consiste à mettre en exergue les diverses formes et avantages du partenariat université-entreprise ainsi que les conditions nécessaires pour le réussir. L'objectif du présent travail est donc de susciter en amont une réflexion pour dégager les grands principes et les lignes directrices permettant de mettre en relief une action partenariale mutuellement profitable à l'université et à l'entreprise. de la valorisation des axes de collaboration entre elles et de la participation à la construction d'espaces nouveaux d'échanges entre ces deux mondes dans le souci d'intégrer en parallèle une nouvelle culture au sein du milieu estudiantin. Ainsi, l'université est appelée, encore une fois, à remettre en question sa relation avec le monde des affaires.

METHODOLOGIE :

Le présent travail de recherche est composé de trois parties comportant chacune deux chapitres portant successivement aux axes de réflexion suivants : la relation université-entreprise et les mobiles de partenariat, les mesures de renforcement de l'action partenariale et les pépinières d'entreprises en tant que mode de rapprochement des entreprises de l'université.

La première partie traite au niveau de son premier chapitre la notion de partenariat et les différents aspects relatifs aux acteurs (l'université et l'entreprise). Ainsi, malgré l'existence de différences entre ces deux mondes, maintes formes de collaboration sont envisageables. Le deuxième chapitre examine, en premier lieu, les divers motifs et la nécessité du partenariat aussi bien pour l'université que pour l'entreprise. En second lieu, et par voie de conséquence, présente les avantages ainsi que les limites du partenariat entre l'université et l'entreprise.

La deuxième partie décrit au niveau de son premier chapitre les préalables nécessaires pour établir une relation partenariale efficace et ce à travers le respect d'un certain nombre de principes et l'adoption d'une suite de démarches préparatoires mûrement réfléchies. Ensuite, tout en se concentrant sur l'une des formes de partenariat, celle de la recherche, on va essayer de présenter les composantes du cadre contractuel que doit s'établir entre les deux éventuels partenaires. Le deuxième chapitre permet un examen des conditions nécessaires pour la réussite des diverses formes de partenariat et met en relief les divers axes d'une gestion appropriée du projet de partenariat. Au terme de ce chapitre, l'accent est mis sur l'importance des actions de communication en tant que moyen de rapprochement des entreprises à l'université quelques recommandations sont dégagées.

La troisième partie est consacrée à l'étude des pépinières d'entreprises en tant que mode de rapprochement des entreprises de l'université à l'heure actuelle. De ce fait , le premier chapitre présente les pépinières d'entreprises d'une façon générale. Ensuite, on va essayer d'éclaircir le fonctionnement de ces structures d'interface et de décrire par la suite le réseau de ces structures en Tunisie. Le deuxième chapitre consiste en une étude de cas ayant comme support la pépinière API-ISET Nabeul en tant qu'expérience pilote. Cette étude de cas est réalisée au moyen de quelques entretiens menés auprès des principaux acteurs relevant de ladite pépinière ou entretenant des relations avec elle. A travers cette étude de cas on va essayer d'apprécier la contribution des pépinières d'entreprises au rapprochement des entreprises à l'université et à la consolidation du partenariat entre elles.

Première Partie :

 

Relation université-entreprise
et mobiles de partenariat

 
Introduction de la première partie

Phénomène, encore relativement récent, le Partenariat université-entreprise est devenu l'un des thèmes prioritaires dans un contexte économique en pleine mutation. De ce fait, divers pays, prennent de plus en plus conscience de l'importance de l'université en tant qu'acteur stratégique du développement économique national et régional. Désormais, l'université et les entreprises sont appelées pour diverses raisons à entreprendre des relations partenariales.

Pour parvenir à éclaircir cette relation ainsi examiner les différents motifs de sa naissance, on propose au niveau cette première partie de traiter la relation partenariale université-entreprise dans un premier chapitre et de présenter les principaux mobiles de partenariat entre l'université et l'entreprise dans un deuxième chapitre.

Chapitre I :

 

La relation partenariale
université-entreprise

 

Pour certains la notion de partenariat a un champ sémantique flou, souvent interprété de façons différentes. Certes, il est difficile de parvenir à une définition de la notion de partenariat. Mais il est, tout de même, possible de présenter diverses définitions qui sont en mesure d'identifier les traits marquants de cette notion.

Le présent chapitre est composé de quatre sections traitant respectivement de la notion du partenariat (section I), de la présentation des acteurs en partenariat (section II), du contenu et des différentes formes du partenariat entre l'université et l'entreprise (section III) et des structures d'interface (section IV).

Section I : Notion de partenariat :

1- Définition du partenariat :

La genèse de la notion de partenariat remonte à vingt cinq ans et a pris de l'ampleur au cours des années 80 et 90. Le thème partenariat s'emploie dans des perspectives nombreuses et variées et répond à des objectifs de natures diverses.

Cette notion est omniprésente dans divers champs : en politique, en économie, en éducation et en formation. C'est pour ces raisons que la notion de partenariat est difficile à discerner.

A ce propos, il est difficile de proposer une définition standardisée du terme partenariat. Néanmoins, son usage immodéré, depuis une vingtaine d'années, pour caractériser, par exemple, l'état des relations entre les milieux de la formation et le monde de l'entreprise, encourage une réflexion sur ce thème. Ainsi, on va présenter quelques définitions de cette notion ; celles les plus applicables au domaine de l'éducation:

@ Définition n° 1 :

La définition du partenariat varie parfois selon les milieux ou les acteurs en présence. Le Petit Robert définit le partenariat comme "une association d'entreprises, d'institutions en vue de mener une action commune". Les intervenants scolaires rencontrés en France et au Québec s'entendent pour dire qu'un véritable partenariat exclut d'emblée les démarches du type sous-traitance, où l'école confie carrément à une organisation externe un mandat ou une tâche à portée éducative. Selon plusieurs, une action menée en partenariat implique un prolongement ou un complément de l'activité éducative menée par l'École. Il faut préciser de plus que la notion de partenariat fait appel à des acteurs de différents secteurs de la société. De ce fait, la notion de partenariat s'inscrit dans une logique de l'action et suppose la mobilisation de plus d'un acteur.

@ Définition n° 2 :

Selon le Conseil Supérieur de l'Education (CSE), « le partenariat est une forme exigeante de collaboration. Il résulte d'une entente des parties égalitaires dans le traitement d'un même objet, tout en respectant les prérogatives de leur mission respective, et qui mettent en commun des ressources complémentaires, financières, matérielles ou humaines, en vue de la réalisation d'une action commune »1(*).

Cette définition témoigne que la notion de partenariat exige l'idée de partage ; une convergence de point de vues et une certaine entente entre les parties engagées.

@ Définition n° 3 : 

Selon Moscovici (1992), «  le partenariat est un construit fondé sur le consensus ».2(*) La notion de partenariat est fondée donc sur la reconnaissance des différences qui régissent la logique et les intérêts mutuels des differents acteurs impliqués.

@ Définition n° 4 : 

Selon Florence Vidal (1999), « Les coopérations et les partenariats sont des systèmes d'alliances relativement stables entre deux ou plusieurs acteurs, personnes morales le plus souvent, qui décident d'opérer en synergie pour atteindre un ou plusieurs objectifs, qu'ils ne peuvent ou veulent atteindre par leurs propres moyens. Si l'on utilise à peu près indifféremment l'un et l'autre mot, les puristes préfèrent user du mot coopération pour désigner les accords d'une certaine durée entre organisations de même nature et de même culture, et le mot partenariat pour les accords entre organisations différentes. Ce dernier terme, qui est un néologisme, est apparu au début des années quatre-vingt et il figure dans un texte d'Alain Savary sur les ZEP (Zones d'Education Prioritaires), où il est question des "partenaires habituels du système éducatif"».3(*)

Il est clair suite à l'examen de ces définitions que toute relation partenariale doit être fondée sur l'interaction, la reconnaissance mutuelle de la contribution de chaque partie ainsi que sur la reconnaissance des retombées positives pour l'ensemble des parties.

2- Partenariat et notions connexes :

Le partenariat, l'arrimage, le maillage et la concertation sont des notions sémantiquement voisines. Dans ce qui suit, on va essayer de relever les nuances qui peuvent exister entre elles :

@ L'arrimage :

L'arrimage correspond au terme anglais « linkage ». En éducation, l'arrimage signifie simplement l'adaptation de l'enseignement à l'économie. En le transposant au cas de la relation université-entreprise, l'arrimage est considéré comme tout mécanisme visant à renforcer, coordonner, synchroniser et harmoniser les liens entre les acteurs.

La différence entre le partenariat et l'arrimage est que le premier véhicule l'idée de rapports égaux entre les acteurs alors que dans une stratégie d'arrimage il s'agit d'une relation de coordination entre acteurs s'exerçant sur une base d'influence plutôt que de pouvoir. Cette relation est semblable à celle du fournisseur client.

 

@ Le maillage :

Le maillage est une méthode et une philosophie japonaise. Cette notion date des années 60. Elle a été remodelée pour désigner une structure en réseaux de relations régies par des liens d'affaires, des liens juridiques, d'échanges, de transfert de formation et de recherche-développement. Le maillage est un projet commun conçu pour aider les partenaires à atteindre leur objectif respectif.

Le maillage diffère du partenariat par ses objectifs qui sont souvent mal définit et manque de précision.

@ La concertation :

Plusieurs études faites au début des années 80, qui s'intéressent d'avantages à la notion de concertation. Se concerter veut dire mettre en commun des efforts, parvenir à un accord, établir un consensus autour d'une problématique commune. Schneider définit la concertation comme une « démarche articulée d'un groupe d'acteurs décisionnels et autonomes qui conviennent d'harmoniser non seulement leurs orientations mais également leurs stratégies d'intervention et leurs actions concrètes au sein d'un secteur d'activité donné. »4(*)

La notion de partenariat ainsi que celle de concertation supposent une forme de participation.

3- Principes de l'action partenariale:

Certes, la notion de partenariat est un champ vaste et varié mais dans le monde universitaire cette notion fait référence à l'ouverture des établissements à leur environnement socio-économique. Néanmoins, la pluralité des acteurs et la volonté de s'engager dans des partenariats avec des organismes internes ou externes restent insuffisantes pour réussir la mise en place d'une relation partenariale. Selon Pelletier, (1997)5(*) la description des partenariats est construite à partir des cinq principes. Ceux-ci ont l'avantage d'offrir une structure logique et se prêtent à l'opérationnalisation. Ces principes sont succinctement :

a. Principe d'intérêt mutuel : Principe moteur de la relation partenariale. Le partenariat n'est possible que si chaque partenaire y trouve ses avantages respectifs et satisfaisants.

b. Principe d'égalité : la relation entre les partenaires est de type égal à égal et non hiérarchique.

c. Principe d'autonomie : les différents partenaires demeurent libres dans leurs actions.

d. Principe de coopération : la relation partenariale s'inscrit dans un projet partagé et celui-ci n'a de sens que s'il y'a entraide et échanges significatifs entre les partenaires.

e. Principe d'évolution : le partenariat s'inscrit au sein d'un espace-temps limité nécessitant une évaluation continue dont la résultante peut se traduire par des changements ou une cessation de l'entente de coopération.

Une analyse de quarante projets de partenariat, basée sur 68 entrevues, montre que le principe d'intérêt mutuel est celui qui est le mieux concrétisé par les ententes existantes. Le principe d'évolution vient en seconde place, suivi du principe de coopération.

Le principe d'égalité des partenaires souffre des exceptions, ainsi le principe d'autonomie  (particulièrement l'autonomie dans l'exécution des projets).

Section II : Présentation des acteurs en partenariat :

Il est opportun de mettre en exergue les différents acteurs en partenariat : l'université d'une part et l'entreprise d'autre part afin d'avoir une idée claire sur les évolutions ainsi les défis que confronte chaque partenaire.

1- Université :

Par souci de clarté, on propose une définition de l'université enrichie de ses principales missions traditionnelles et nouvelles ainsi que les rôles et les fonctions que l'on s'accorde à reconnaître à l'université.

a- Définition, missions et fonctions de l'université :

F Définition :

Créée au Moyen-Âge, l'université désigne une institution ecclésiastique jouissant de privilèges royaux et chargée de l'enseignement des clercs de l'église6(*).

Du moyen âge au X1Xème et XXème siècles, le développement industriel a élargi les perspectives d'emploi des professionnels qualifiés, provoquant une forte expansion des universités, surtout celles qui assurent des formations relatives aux sciences exactes et aux domaines industriels.

L'université peut être définie de deux manières : par les communautés qui la constituent ou par les fonctions qui lui sont dévolues.

Les communautés qui constituent l'université sont essentiellement des communautés d'étudiants, de chercheurs et d'enseignants.

A l'heure actuelle, il est plus usuel définir l'université par ses missions, fonctions et rôles.

F Historique de l'université Tunisienne:

Sous sa forme moderne, l'enseignement supérieur a démarré en Tunisie en 1945, date de création de l'Institut des Hautes Etudes qui dispensait un enseignement post-bac de deux ans et devait préparer les étudiants qui le désirent (et qui ont les moyens ) à poursuivre leurs études en France.

Un deuxième noyau a été crée en 1957 : ce fût l'Ecole Normale Supérieure dont la vocation essentielle consistait à former les professeurs de lycées. Cette institution prestigieuse qui a également fourni les meilleurs cadres à l'université, a fonctionné jusqu'en 1992, date d'arrêt de ses activités.

Quant à l'université actuelle, elle a été mise en place en mars1960, sous forme de trois grandes facultés, implantées à Tunis ; à savoir : la faculté des lettres, la faculté des sciences et la faculté de droit et des sciences économiques et politiques.

Par ailleurs, les effectifs des étudiants sont restés très modestes (quelques milliers puis quelques dizaines de milliers) pendant les années 1970 et 1980. A partir des années quatre-vingt, l'université Tunisienne connaît une croissance rapide des effectifs estudiantins pour atteindre 300.000 au cours de l'année universitaire 2003/2004.

F Missions :

Traditionnellement, l'université poursuit deux objectifs essentiels ; à savoir : accroître les connaissances par la recherche et les transmettre aux étudiants par l'enseignement.

En Tunisie, les missions des universités sont fixées au niveau de l'article 6 de la loi n° 89-70 du 28 juillet 1989, relative à l'enseignement supérieur et à la recherche scientifique, telle que modifiée et complétée par la loi 2000-67 du 17 juillet 2000 qui stipule que : « toute université se doit dans l'obligation de veiller à l'ouverture des établissements qui en relèvent sur leur environnement et l'encourager à établir des conventions avec des établissements similaires et des organismes économiques, sociaux et culturels, d'où d'une mission académique ». de ce fait, l'université s'achemine vers des nouveaux objectifs plus utilitaires , plus adaptés à la demande économique et sociale dont, entre autres :

- former des jeunes qui seront capables de s'intégrer sur le marché du travail ;

- assurer la formation continue afin de permettre à tous une formation tout au long de la vie.

Un peu partout dans le monde, s'élabore une réflexion sur les nouvelles missions de l'université dans un monde caractérisé par des défis économiques inédits. les universités sont amenées à s'ouvrir à un plus grand nombre d'étudiants pour lesquels, elles doivent organiser des formations nouvelles et plus professionnalisantes.

L'OCDE a publié un rapport sur la même question intitulé : «Quel avenir pour les universités? » qui analyse et classe les fonctions de l'université à travers les rapports des 19 pays membres. Ainsi, « en Allemagne, où coexistent l'université et les écoles supérieures techniques, on assiste à un rapprochement entre les deux types d'institutions : les écoles se sont transformées progressivement en universités techniques et se sont dotées d'enseignement en sciences humaines, tant dis que les universités classiques ouvraient des départements techniques, comme les sciences d'ingénieurs »7(*).

Il en ressort, que la restructuration des missions des universités est résultante immédiate de deux phénomènes essentiels :

- la massification de l'université avec toutes les transformations qui en découlent : besoins financiers croissants, insuffisance de locaux,etc.

- l'évolution rapide du marché du travail: les profits qui exigent les offres d'emplois sont de plus en plus choisis conformément aux besoins futurs des entreprises dans des conditions de travail réelles et non stimulées. Par conséquent, une formation théorique basée sur le savoir au fil du temps devient obsolète.

La Revue Française de Gestion n° 65 de 1987 montre, suite à des études réalisées par le Parlement Européen, que le temps que met le contenu de l'enseignement pour se démoder et la vitesse à laquelle cela se passe peuvent être corrélés positivement avec son degré de concret et négativement avec son niveau d'abstraction. 

Donc, l'université, à l'heure actuelle, est invitée à s'activer pour dépasser cette logique d'enseignement où l'étudiant est relégué au rôle de récepteur passif.

Les missions de l'université d'aujourd'hui peuvent être récapitulées en ce qui suit:

@ La formation initiale et continue :

Le service public de l'enseignement supérieur :

- offre des formations scientifiques, culturelles et professionnelles dans le cadre de la formation initiale et continue ;

- accueille et oriente les étudiants ;

- assure la formation des formateurs ;

- s'intègre dans le tissu économique.

@ La recherche scientifique et technologique :

A travers cette mission, l'université est appelée à :

- développer et valoriser la recherche fondamentale, la recherche appliquée et la technologie

- participer à la politique de développement scientifique et technique en liaison avec les grands organismes nationaux de recherche

@ la diffusion de la culture et l'information scientifique et technique :

A travers cette mission, l'université est appelée à développer la culture et à diffuser les connaissances

@ La coopération internationale :

A travers cette mission, l'université contribue au débat des idées, au progrès de la recherche et à la rencontre des cultures, au sein de la communauté scientifique et culturelle internationale.

F Fonctions et rôles de l'université :

L'enseignement supérieur, à travers les universités, assure un certain nombre de fonctions nouvelles qui viennent s'ajouter à ses fonctions traditionnelles d'enseignement , de formation et de recherche. On assiste, de plus en plus, à une métamorphose globale qui change complètement le rôle et les fonctions des établissements d'enseignement supérieur.

Ainsi, l'université remplit maintes fonctions :

- contribuer à satisfaire les besoins en ressources humaines d'une société cognitive ou de savoir tant par la formation initiale que par la formation continue ; l'université a donc un rôle à jouer dans le « long life learning » qui s'impose de plus en plus.

- dispenser une formation spécialisée de niveau doctoral qui a pour fin, d'une part, de préparer les futurs professeurs d'université et de renforcer la recherche dans les domaines vers lesquels il faut diriger les ressources pour pouvoir améliorer la productivité et les résultats économiques, d'autre part.

- générer de la valeur ajoutée : «  formation et recherche qui sont métier de l'université apparaissent aujourd'hui comme source centrale de création de valeur potentielle ».8(*) Ceci est d'autant plus vrai que d'exploitation industrielle des résultats de recherche dépend fortement de la recherche fondamentale qui se fait généralement à l'université. Les gouvernements s'adressent aussi de plus en plus aux universités pour trouver des solutions à des problèmes urgents, du contrôle des nuisances aux outils de gestion macro-économique. La recherche donc apparaît comme la fonction principale de l'université.

Le rôle principal de l'université est celui de la diffusion du savoir, car dans une économie capitaliste fondée sur la compétition et la concurrence, le savoir devient un enjeu stratégique. Ainsi, l'université se doit remplir pleinement son rôle comme catalyseur de développement surtout dans les régions. De même, le rôle de l'université ne constitue plus exclusivement à la transmission du savoir uniquement mais encore du savoir-faire nécessaire pour augmenter l'employabilité des nouveaux diplômés.

b- Université Tunisienne et choix stratégiques :

La volonté de convergence avec les pays les plus avancés permet à la Tunisie d'acquérir un référentiel clair, de se positionner et de mesurer l'écart qui la sépare des pays les plus avancés en matière de formation et d'innovation.

La Tunisie a veillé à réformer son système statistique afin de faciliter les comparaisons avec les pays les plus avancés, au sein de l'OCDE et de l'Union Européenne.

En matière d'enseignement supérieur, le ministère de tutelle a adopté depuis 2001, la grille internationale « cite » des domaines de formation, pour évaluer ses choix et ses résultats en comparaison avec les systèmes de formation étrangers. En 2002, elle a adopté les indicateurs du tableau de bord européen de l'innovant technologique tout en fixant comme objectifs stratégiques :

- Favoriser la réussite des étudiants : promotion de tous par le savoir ;

- Faire de l'employabilité des diplômés  la première priorité: Préparer à des métiers changeants et à une économie mondialisée ;

- Veiller à la rénovation pédagogique : faire de la pédagogie une industrie  prometteuse ;

- Cibler la production scientifique selon les priorités de l'économie et les attentes de la société ;

- S'engager dans un partenariat efficient, dans une économie ouverte  et un espace globalisé ;

- Assurer la pérennité du financement : davantage d'investissements privés.

F Partenariat avec le milieu professionnel :

Le partenariat n'est plus de nos jours un raffinement de l'université ou du secteur de l'innovation technologique. Il est devenu une nécessité vitale.

Le partenariat avec le milieu professionnel est la condition d'un enseignement plus efficient, assurant une meilleure employabilité des diplômés.

L'université a des traditions en matière de partenariat avec les instances professionnelles, comme l'UTICA , les Chambres de commerce, les Centres techniques, l'Union des agriculteurs et certaines instances professionnelles privées. Elle a également des accords avec des établissements dans le domaine de la recherche appliquée, de la formation continue. Ces liens gagneraient à être confortés.

La présence de représentants de l'environnement économique dans les Conseils scientifiques ne doit pas rester une simple formalité, comme elle l'a été dans certains établissements universitaires et centres de recherche.

Doyens et directeurs d'institutions universitaires et centres de recherche ont été appelés à inviter ces représentants aux réunions des Conseils scientifiques, à les associer aux activités des institutions, en l'occurrence quant à l'adaptation des programmes au contexte, aux projets de stages et à l'emploi des diplômés.

F Associer des compétences non universitaires à l'enseignement :

 Dans le même esprit d'ouverture, l'université veille à associer des compétences non universitaires pour donner des cours, des conférences, pour l'encadrement des recherches ou pour le suivi des stages.

C'est ainsi que des compétences variées ont été associées en 2002 (ingénieurs, experts-comptables, avocats, et artisans distingués). Les contrats d'experts ont été remaniés et les rémunérations ont été doublées pour inciter ces compétences à enseigner à l'université et à encadrer des recherches.

Conscientes du rôle des associations scientifiques, les universités ont fait des partenaires, les incitant à agir entre autres dans le sens de la vulgarisation de la connaissance et de la diffusion de la culture scientifique.

F Faire des associations scientifiques de vrais partenaires :

A cet effet, un contrat modèle de partenariat a été établi. L'appui du ministère est dès lors fourni sur la base de l'engagement des associations à réaliser des programmes précis proposés au ministère. 60 associations scientifiques ont signé des accords de partenariat en 2002.

Cependant, le partenariat avec de prestigieuses universités étrangères est d'une importance majeure dès lors qu'il permet de réaliser l'échange d'étudiants, et la mobilité de diplômés à la recherche de formation, ou d'emploi dans une économie de plus en plus mondialisée.

De nouveaux modèles d'accords intergouvernementaux ont été élaborés, tenant compte des objectifs suivants :

- dynamiser la coopération inter universitaire, directe et décentralisée : on compte aujourd'hui 187 accords de partenariat avec les universités étrangères, et 390 accords impliquant des institutions universitaires précises,

- prévoir des échanges de professeurs-visiteurs pour de courtes durées, afin que les universités tirent profit des meilleures compétences qui ne peuvent quitter leurs lieux de travail pour une longue période,

- encourager l'organisation de co-diplômes, et la validation réciproque de certains modules,

- intégrer la recherche scientifique et l'innovation au partenariat inter-universitaire et associer les entreprises innovantes aux projets d'innovation. La structure triangulaire du partenariat, surtout dans le cadre euro- méditerranéen, est recommandée. De même, les organisations mondiales offrent des opportunités et des appuis dont il faudrait savoir tirer profit.

F Promouvoir et diversifier le partenariat international :

Les universités Tunisiennes ont consolidé les services de coopération internationale, afin de mettre à contribution les opportunités, intensifier le partenariat direct et en valoriser les résultats.

La coopération internationale est placée au coeur des préoccupations des universités. Pour ce faire, il était jugé utile d'élaborer un répertoire général des entreprises, et d'en orienter les fonds et les compétences vers des projets mixtes, bénéfiques pour toutes les parties.

c- Etat des lieux des Universités Tunisiennes:

Au cours de la rentrée universitaire 2003-2004, neuf nouveaux établissements ouvrent leurs portes. Les chiffres suivants donnent le nombre d'établissements universitaires :

- 150 établissements d'Enseignement Supérieur dont 18 Instituts Supérieurs d'Eudes Technologiques (ISET) et 6 Instituts Supérieurs de Formation des Maîtres (ISFM).

- 129 établissements sont sous la tutelle du Ministère de l'Enseignement Supérieur et de la Recherche Scientifique et de la Technologie (MESRST) et 21 sont sous la cotutelle du MESRST et d'autres Ministères (Santé Publique, Jeunesse et Enfance, Communication, Agriculture, Affaires Sociales)

- Les Universités, en Tunisie, sont, actuellement, au nombre de dix ; à savoir :

· Université Virtuelle ;

· Université Ezzitouna ;

· Université de la Manouba ;

· Université de Tunis ;

· Université de Tunis El Manar ;

· Université du 7 novembre à Carthage ;  

· Université du Centre ;

· Université de Sfax pour le Sud ;

· Université de Jendouba ;   

· Université de Gabès.

d- Défis de l'enseignement supérieur en Tunisie :

@ Défis de la mondialisation et de la commercialisation du savoir :

L'enseignement supérieur, sous l'effet de la mondialisation et l'avènement de la société du savoir, connaît un nouveau phénomène qui consiste à la commercialisation du savoir. Ce nouveau défi est concrétisé par l'apparition d'universités privées offrant des cours en campus ou en ligne, des pseudo universités, des universités d'entreprises9(*), des consortiums médiatiques: ces nouvelles formes risquent de menacer à long terme le caractère public et la mission de l'enseignement supérieur. Par conséquent, l'université est appelée à réfléchir à une meilleure articulation par rapport aux autorités publiques , aux institutions locales, aux développement économique et aux mutations technologiques qui ouvrent l'ère de la médiatisation des connaissances.10(*)

@ Défis de l'internationalisation de l'enseignement supérieur :

Certains pays et groupes de pays ont élaboré plusieurs programmes visant à harmoniser les systèmes d'enseignement supérieur : TEMPUS pour le soutien de la coopération des pays de l'Europe, ALFA pour les pays de l'Amérique Latine et MEDCAMPUS pour la région de la Méditerranée. Ces programmes ont pour but d'encourager les flux d'étudiants, d'enseignants-chercheurs, de connaissances et de coopération universitaire. Certains pays, comme les Etats-Unis de l'Amérique et le Japon connaissent une grande mobilité de leurs étudiants. Ainsi, en 1993-1994, 66% des étudiants étrangers aux Etats-Unis de l'Amérique provenaient des pays riches d'Europe.11(*) Le Québec, par exemple, a adopté un modèle hybride empruntant à la fois au modèle Européen d'internationalisation des études et au modèle Anglo-saxon de commercialisation.

Ce défi s'accentue à travers des différentes formes de coopération interuniversitaire; les nouvelles technologies de la formation (à distance) et des changements des cursus universitaires.

@ Massification de l'enseignement supérieur :

En sus des défis précités, l'enseignement supérieur tunisien connaît une croissance flagrante des effectifs des étudiants. D'autant plus, l'enseignement supérieur est un droit acquis pour tous les titulaires du diplôme du baccalauréat, les effectifs ont évolué de 13.000 étudiants en 1975-1976, à 40.000 étudiants en 1986-1987 et à 137.000 en 1997-1998. Ainsi, en 12 ans les effectifs ont été multipliés par 10 et selon les prévisions du Ministère de l'Enseignement Supérieur et de la Recherche Scientifique et de la Technologie, on prévoit une stabilisation à 500.000 étudiants à partir de 2010.

Il en résulte que le phénomène de massification constitue une entrave à créer un environnement compétitif de l'enseignement supérieur capable de répondre aux turbulences technologiques, économiques et sociales.

@ Insuffisance des moyens :

Les nouvelles technologies de l'information et de communication offrent de nouvelles opportunités et de nouveaux instruments de formation, mais elles alourdissent le coût de l'enseignement supérieur. D'où, la nécessité de l'engagement d'énormes ressources pour la concrétisation de ce choix.

Outre les défis de mondialisation et d'internationalisation, les difficultés se situent, en plus de l'enseignement de masse, au niveau de l'insuffisance des ressources financières observée :

- Au niveau pédagogique ; l'obsolescence rapide des concepts et théories inculqués aux étudiants eu égard à la vitesse de progression de la science et de la diversification du nombre et du contenus des disciplines.

- Au niveau organisationnel ; le maintien d'une administration quasi-centralisée des universités.

- Le manque d'initiatives : les enseignants sont peu conscients et peu engagés dans le processus d'internationalisation.12(*)

2- Entreprise :

a- Définition :

Dans son acception la plus simple, l'entreprise, noyau central de l'activité économique, peut être définie comme étant une unité économique regroupant des facteurs de production en vue de produire des biens et des services destinés à être échangés sur un marché et par conséquent d'atteindre des objectifs préalablement fixés. L'entreprise ne peut fonctionner qu'à travers les échanges qu'elle entretient avec son environnement.

b- Rôles et objectifs :

L'entreprise joue un rôle dynamique dans le milieu économique et social dès lors qu'elle associe les facteurs de production ; à savoir : travail, capital et biens et services intermédiaires et les emploie pour alimenter le marché de biens et de services d'une part, et qu'elle distribue des salaires, des revenues aux apporteurs de capitaux et aux prêteurs de fonds et des impôts et cotisations sociales, d'autre part.

En outre, l'entreprise est un facteur de progrès et d'innovations et un acteur de développement économique.

Pour s'adapter à son environnement, survivre et croître, l'entreprise doit se fixer des objectifs, dont on peut citer notamment:

- maximiser le profit ;

- augmenter la part du marché ;

- atteindre un équilibre social ;

- mettre au point un nouveau produit ;

- dominer un concurrent ;

- etc.

c- Fonctions de l'entreprise :

Le cycle productif de l'entreprise est constitué des activités indispensables au fonctionnement de cette entité : il faut s'approvisionner, stocker, produire, vendre... Le premier pas de l'organisation consiste à regrouper les activités qui ont le même but afin d'assurer le déroulement le plus harmonieux du cycle productif ; on définit des catégories de tâches vitales concourant au même objectif : ce sont les grandes fonctions de l'entreprise. Il s'agit notamment de :

@ Produire : rôle de la fonction technique :

L'activité productive s'analyse en toutes tâches ayant pour vocation:

- La mise en place des moyens de production : implantation des matériels, étude des méthodes, organisation du travail ;

- La gestion et la surveillance de la production ;

- Les opérations d'approvisionnement en matières premières, de stockage intermédiaire des produits en cours de fabrication et de contrôle des produits.

@ Créer, développer et entretenir des relations de l'entreprise avec les clients : rôle de la fonction commerciale :

A côté des actions de vente proprement dites, cette fonction regroupe :

- Les tâches préparatoires à la vente : étude du marché, recherche des clients, publicité et promotion ;

- Les tâches postérieures à la vente : formation, service après-vente, relations avec les clients.

@ Accomplir les tâches complémentaires à la production : rôle de la fonction logistiques :

Ces fonctions regroupent les tâches qui ne concourent pas directement à la production, mais qui permettent le déroulement du cycle productif, telles que :

- Tâches de sécurité et d'entretien des bâtiments et des matériels ;

- Tâches d'administration qui visent à organiser la circulation des informations au sein de l'unité.

@ Gérer les flux de monnaie, de crédit et de capitaux : rôle de la fonction financière :

Il s'agit essentiellement de collecter les fondes puis les affecter à l'achat du matériel, de marchandises, aux paiements des factures entrant dans l'unité.

Organiser et gérer les Ressources Humaines : rôle de la fonction sociale :

Les activités de cette fonction consistent à gérer le facteur travail mais aussi, et de plus en plus souvent, à aménager les conditions de vie des salariés au sein de l'entreprise.

Gouverner l'entreprise : rôle de la fonction de direction :

Même si l'entraîneur a parfaitement assigné une fonction à chaque joueur, une équipe sportive a besoin d'un capitaine qui coordonne. C'est le rôle de la fonction de direction dont les missions consistent à:

- réunir l'information indispensable à la prise de décisions ;

- décider, c'est-à-dire donner les grandes orientations de l'unité et les transmettre aux fonctions chargées de les mettre en oeuvre ;

- contrôler en vue de s'assurer du mode de réalisation des choix opérés.

En tout état de cause et en matière de division de l'entreprise en fonctions, il n'existe pas de normes ; tout dépend de l'importance et de l'utilité de ses activités et de sa taille. ces fonctions peuvent être classées en :

Fonctions principales :

- Approvisionnement : l'expression des besoins ; recherche et sélection des fournisseurs ; passation des commandes ; réception et stockage des achats.

- Production : conception des processus et procédés ; planning de production et sa réalisation ; contrôle de la production et de la qualité.

- Distribution : études du marché ; marketing (prix, produit, réseaux de distribution, publicité, force de vente) ; ventes ; emballages ; livraisons ; facturations, etc.

Fonctions auxiliaires :

Il s'agit, notamment, des fonctions d'administration, de finance, de gestion des ressources humaines, d'entretien, de transport, etc.

d- Entreprise et son environnement :

L'entreprise ne vit pas en autarcie, elle est conditionnée par le milieu dans lequel s'insère son activité et elle entretient des relations constantes avec son environnement. L'analyse de cet environnement est particulièrement complexe étant donné qu'il comprend de multiples facettes qui influencent néanmoins la vie, les décisions et les actions de l'entreprise.

L'environnement est constitué par tous les éléments extérieurs à l'entreprise et qui ont une influence sur elle. Il regroupe tous les facteurs économiques, politiques, juridiques, socioculturels, technologiques et écologiques qui ont une incidence sur la vie de l'entreprise.

L'entreprise est donc en rapport étroit avec son environnement auquel elle est reliée par ses facteurs de production et ses produits. Pour y adapter ses produits et ses techniques, elle doit le connaître dans l'ensemble de ses composantes. Lesdites composantes relèvent notamment des plans suivants :

- Juridique : ensemble des lois et règlements.

- Economique : Niveau de développement général (croissance, évolution des prix, politique économique...)

- Commercial : Adaptation des produits et des prix de l'entreprise à ceux des concurrents et aux habitudes commerciales des clients.

- Financier : Les établissements financiers et la réglementation financière déterminant les conditions d'accès au crédit.

- Sociologique : Croyances sociales et forces sociales (syndicat...)

- Ecologique : Détérioration du milieu physique qui réduit le bien-être social (pollution...)

- Technologique : Evolution des connaissances, nouveaux produits, développement technologique, innovation, brevets...

e- Partenaires de l'entreprise :

L'entreprise est généralement en relation avec un grand nombre de partenaires qui participent à son fonctionnement. Elle est un pôle d'échanges au sein du réseau économique et en contact avec de nombreux partenaires, dont on peut citer :

- Les clients : ils achètent et assurent ainsi des débouchés à l'entreprise.

- Les fournisseurs : ils assurent l'approvisionnement de l'entreprise en matières premières et services.

- Les apporteurs de capitaux et prêteurs : ils assurent le risque financier et fournissent les capitaux nécessaires au développement en contrepartie d'un profil ou d'un intérêt.

- Le personnel : il apporte son travail et ses compétences et perçoit un salaire.

- les organismes publics : l'Etat assure les infrastructures nécessaires au fonctionnement, prend en charge la formation initiale des personnels et perçoit des taxes et des impôts.

De nos jours, un autre partenaire vient s'ajouter à ceux précédemment cités est qui se manifeste au milieu universitaire. L'entreprise a besoin d'autant de compétences hautement qualifiées afin de gagner l'atout de l'innovation et de la recherche-développement. Ces compétences ne peuvent voir le jour que par le biais du soutien de l'université. A cet effet, l'entreprise doit être consciente que son avenir dépend de l'université.

f- Etat des lieux des entreprises Tunisiennes :

La Tunisie poursuit avec détermination l'approfondissement des réformes économiques, financières et sociales entreprises depuis l'adoption du Programme d'Ajustement Structurel (PAS). En adhérant à l'Organisation Mondiale du Commerce et en signant un accord de partenariat avec l'Union européenne, dont l'une des composantes essentielles est l'établissement à terme d'une zone de libre-échange, la Tunisie s'engage dans une accélération du processus d'ouverture et d'intégration dans l'économie mondiale. Cette ouverture sur l'extérieur comporte certes des défis, mais offre, également, de nouvelles opportunités de croissance et de développement que les entreprises Tunisiennes se doivent de saisir dans un environnement de plus en plus concurrentiel.

Face à ces nouveaux défis de mondialisation : nouvelle division internationale du travail, révolution électronique, libre échange, bouleversement des lois de marché et les mutations des mécanismes de marché, les entreprises se transforment, se tertiarisent, se redéploient et misent à fond sur l'innovation. La concurrence tient sa vitalité de l'ouverture aux nouvelles technologies et d'un dynamisme commercial remarquable. Contrairement aux grandes entreprises ou multinationales, les petites et moyennes entreprises, le plus souvent , sont les plus menacées. Toutefois, les Petites et Moyennes Entreprises (PME) ne peuvent faire face aux défis auxquels elles sont confrontées qu'en développant une recherche appliquée répondant à leurs besoins spécifiques. Cette option est actuellement entravée par le manque de moyens, ce qui les empêchent de créer leurs propres laboratoires de développement.

3- De la différence d'objectifs poursuivis à la collaboration :

L'université et l'entreprise poursuivent des objectifs différents : l'université existe pour étendre le domaine des connaissances par l'enseignement et la recherche . Elle remplit également une mission de service à la société. Tandis que, l'entreprise existe pour produire des biens ou des services. Elle produit aussi des bénéfices, elle offre du travail à son personnel et génère de la richesse grâce à la valeur ajoutée qu'elle incorpore dans son action. Cette différence admise, elle peut être source de synergies fructueuses.

Pour être et rester compétitive, l'entreprise doit constamment innover : nouvelles technologies, nouveaux produits, nouvelles procédures et nouveaux marchés.

D'autre part, l'université accumule une expertise importante dans la recherche et l'enseignement, au service de la société.

Ces deux activités sont a priori différentes, mais peuvent souvent être complémentaires. Dans ce cas, un partenariat université-entreprise conduit généralement à un enrichissement réciproque.

« Ashworth J. explique certains des aspects complexes de la relation université-

entreprise :

- L'université et l'entreprise ont des priorités très différentes et n'attendent pas le même résultat de leur association ;

- L'université et l'entreprise ont des régimes juridiques très différents, donc des mécanismes de gestion et de prise des décisions très différents, et par conséquent ;

- Suivant qu'ils travaillent dans le monde industriel ou dans le monde universitaire, les individus ont des motivations, des espérances et des priorités très différents pour juger de leur succès personnel et de celui de l'entreprise ou de l'institution ».13(*)

La collaboration entre universités et entreprises, sous des formes variées, a connu un développement très rapide au cours des dernières années. Beaucoup d'entreprises et de nombreux centres universitaires ont une expérience multiple de projets université-entreprise : maints contrats sont signés chaque année. les axes de partenariat peuvent être très variables en nature, en durée, en complexité, et sont accessibles tant au dirigeant de petite et moyenne entreprise qu'aux services spécialisés d'une multinationale.

Cette interaction de plus en plus importante entre entreprises et universités est due aux changements mêmes du monde de l'entreprise et du monde universitaire.

« L'industrie et l'université ont eu tendance à se développer séparément et à apporter à l'économie des contributions distinctes et souvent sans rapport entre elles. Il en est résulté une pénurie de compétences dans le secteur industriel et une sous-utilisation des ressources humaine dans l'enseignement supérieur. Il est donc nécessaire d'établir une forme quelconque de liaison pour mieux adapter les qualifications fournies par l'enseignement aux besoins de l'économie en voie de développement. Le problème se pose également dans les pays industrialisés, mais il est moins grave parce que les dizaines, voire les centaines d'années de relations entre l'industrie et l'université ont eu pour effet d'entretenir une certaine continuité des influences réciproques malgré les difficultés de communication et l'absence de toute méthode ».14(*)

Il est certain que le succès de l'entreprise, quelle que soit sa taille, est souvent lié à son innovation et à sa différenciation par rapport aux concurrents aussi bien dans le domaine des produits et des services que dans celui des procédés. Face à ces défis, l'entreprise peut trouver une solution dans un partenariat avec une unité de recherche universitaire à qui elle apporte :

- une meilleure connaissance des besoins et des marchés (présents et futurs) ;

- la possibilité de mieux orienter l'enseignement et d'améliorer les contacts étudiants-entreprises ;

- des ressources précieuses pour atteindre et maintenir une recherche de qualité ;

- les compétences et le savoir-faire spécifiques de l'entreprise elle-même.

Par ailleurs, les universités ont accumulé un savoir-faire scientifique important et souhaitent valoriser la recherche, en particulier la recherche orientée vers les problèmes humains, économiques ou technologiques qui se posent aujourd'hui. L'université peut apporter à l'entreprise :

- du personnel compétent ;

- de l'équipement spécifique ;

- une approche rigoureuse et multidisciplinaire ;

- une ouverture à la recherche internationale ;

- une occasion de mieux connaître des collaborateurs potentiels.15(*)

Section III : Contenu et différentes formes de partenariat entre l'université et l'entreprise :

1- Contenu du partenariat :

L'initiative d'établir un partenariat émane soit de l'université ou les entreprises , soit de l'Etat ou les institutions internationales d'enseignement supérieur ( Banque Mondiale, UNESCO, ...). Certes , quelque soit l'initiateur , il est toujours nécessaire d'établir un mécanisme de communication.

Les besoins des entreprises sont très diversifiés ; mais qu'il s'agit d'une multinationale, de grandes ou petites entreprises , elles expriment toutes leurs besoins en formation, en recherche et tout autre service du milieu universitaire. Donc, on peut dire que la nature du partenariat et l'équilibre des rôles varieront selon la taille et la nature des entreprises et du prestige des universités.

Caractérisés par la complexité et par la diversification, les relations partenariales entre l'université et l'entreprise peuvent être classées en cinq formes principales qui peuvent par la suite prendre diverses formes envisageables. Partant de plus ponctuelles et limitées en temps à celles ayant un caractère durable. Ces formes sont, notamment, les suivantes:

a- Services de consultation :

D'une part, la prise de contact est discrète, discontinue en temps. De l'autre part l'expérience montre que les missions de consultation ont fait naître de nouvelles idées et de nouveaux projets de recherche.

b- la formation :

Allant d'un simple échange d'avis sur le contenu des programmes d'enseignements, l'action commune en formation peut avoir diverses formes : formation initiale, formation continue, formation en alternance et de parrainage.

c- La recherche-développement :

La recherche universitaire était essentiellement fondamentale servant à nourrir le contenu en savoir des programmas pédagogiques. A l'heure actuelle, des formes de recherches collectives interdisciplinaires se construisent et sont de plus en plus valorisées par des organismes extra universitaires.

d- La création d'entreprises :

Moyen pour valoriser la recherche universitaire, la création d'entreprises constitue un facteur de croissance économique et de générateur d'emploi. De ce fait, plusieurs établissements d'enseignement supérieur ont choisi d'abriter pour une période limitée des entreprises industrielles.

En France, par exemple, depuis 1984, les établissements avaient la possibilité de créer des filiales : les cas de l'INSA de Lyon et l'université de Nantes sont les plus connues. Les entreprises comme INSAVALOR ; entreprises filiales d'établissement public font intégralement partie du système public d'éducation et de recherche.16(*)

e- Le transfert de technologie :

Maintes définitions ont été avancées à la notion du transfert de technologie, dont celle de Bell et Sadlak (1992) présentant le transfert de technologie comme étant : « un mouvement d'idées et d'innovations qui va des laboratoires universitaires et des centres de recherche vers le secteur industriel et de là vers le marché ».17(*)

De cette définition, on peut dire que le transfert de technologie peut s'entendre comme toute transmission ponctuelle de techniques nouvelles. Mais, dans le contexte actuel le transfert englobe plutôt toutes activités qui visent à assurer la diffusion d'idées, d'informations, de connaissances et d'inventions entre établissements d'enseignement supérieur et entreprises. Toutefois, l'ancienne notion de transfert de technologie considérée comme la transmission ponctuelle d'une certaine technologie à l'entreprise  a cédée place à une vision plus large, selon laquelle le transfert est conçu sur la base d'un échange bilatéral permanent entre les deux partenaires.

2- Tour d'horizon sur les principales formes de partenariat :

a- Les services de consultation :

Diverses actions peuvent être entretenues de l'université vers l'entreprise et réciproquement. Les services de consultation varient selon la nature et les objectifs des partenaires. Voici quelques services les plus pratiqués :

- L'exécution d'enquêtes destinées à évaluer les besoins des entreprises en main-d'oeuvre ;

- La création des comités consultatifs pour collaborer avec les professionnels à l'élaboration et à l'évaluation des programmes pédagogiques ;

- L'organisations des réunions, des études, et des séminaires entre universitaires et chefs d'entreprises consacrés aux grands problèmes de l'évolution économique ;

- Faire appel aux hommes d'affaires pour donner leurs avis en tant que professionnels sur un projet de recherche ;

- La recherche d'adéquation emploi formation par la participation et l'organisation conjointes de colloques et de séminaires ;

- L'utilisation des compétences universitaires par les entreprises envisagée par : l'affectation d'un enseignant à une équipe spéciale pour la création d'un service de contrôle de la qualité ; pour l'étude d'un marché, etc. ;

- Répondre aux demandes d'information des entreprises ;

- Etc.

L'université et les entreprises peuvent organiser des consultations ponctuelles ou régulières afin de faire le point sur les connaissances dans un secteur scientifique choisi.

La réussite de cette forme de partenariat est tributaire de l'existence d'une infrastructure favorable aux activités de consultation sous forme de centre de consultation et de liaison.

b- Le partenariat en formation :

En formation, les formes de partenariat s'avèrent fort diverses. Desquelles, on va présenter celles les plus envisageables.

Le partenariat en formation initiale :

Par son offre de formation initiale, l'université participe au développement des compétences. Les actions de partenariat en matière de formation initiale se traduisent notamment par :

- La participation y compris financièrement aux enseignements, a la définition et à la mise en place de nouvelles filières ;18(*)

- Contribuer à la définition des plans d'études et des programmes ;

- Participer aux jurys d'évaluation des projets et des thèses de doctorat ;

- Proposer des projets industriels pour sujets de mémoires ;

- Aider à évaluer les profils de formation, le degré d'atteinte des objectifs et à la mise en place d'un projet de reforme des enseignements ;

- Contribuer à la définition des cursus ;

- Etc.

F Le partenariat en formation continue :

L'importance croissante accordée au développement des connaissances et des aptitudes des anciens diplômés puise sa raison d'être du fait que l'obsolescence accélérée du savoir et de l'information, sous l'effet de la transformation des tâches et de l'apparition de nouveaux métiers, s'est traduite par une augmentation des besoins en éducation récurrente, servant au maintien et à l'adaptation des compétences.

La formation continue dans ce contexte permet aux cadres de fructueux retours vers l'université. Ainsi, celle-ci peut proposer aux entreprises :

- Un programme de perfectionnement au profit des cadres des entreprises qui sera élaboré, organisé et évalué par les enseignants et les chefs d'entreprises. Ce programme se traduit en action de formation à la carte concernant le domaine en rapport avec le champ de compétences des filières professionnelles (informatique, électronique, etc.). Axés la plupart du temps sur le domaine de la gestion, les programmes de perfectionnement sont moins longs et sont conçus de façon à répondre aux besoins des cadres en gestion de différents niveaux. Toutefois, les entreprises ne permettent à leurs cadres de participer aux programmes de l'université que si elles sont convaincues de la pertinence des programmes.

- Encourager les entreprises à établir des chaires d'enseignements : il s'agit de financer un poste d'enseignant chercheur. La chaire peut être aussi liée à un cursus comme bien le cas de l'école supérieure de commerce de Lyon,19(*) la chaire management des entreprises a déjà permis de bâtir une filière services , ainsi qu'un mastère (mastère business administration). L'école a également profitée d'un contrat de formation continue qui a servi à financer la recherche fondamentale.

- Etc.

En Tunisie les instituts et les écoles d'ingénieurs sont les établissements pratiquant le plus les deux formes précédentes ; à savoir : la formation initiale et la formation continue, l'industrie en est d'autant le partenaire privilégié.

F Le partenariat en formation en alternance :

Il est difficile d'imaginer une formation technique sans une coopération avec le milieu professionnel. L'objectif de ce type de formation étant de permettre aux étudiants l'acquisition des compétences pratiques, méthodologiques, d'analyses et de synthèse nécessaires à l'exercice d'un métier.20(*)

De ce fait, la formation en alternance est scindée en deux séquences : une séquence théorique dispensée par l'établissement et une autre pratique assurée au sein de l'entreprise sous forme de stage. L'organisation des séquences dépend de la nature de la discipline suivie et de la capacité d'accueil des entreprises.

En tout état de cause, de nouveaux types de partenariat en formation assurés par l'université au profit des entreprises s'émergent allant d'une formation diplômante, à une formation qualifiante et à une formation inter-âge de culture générale.

F Le parrainage :

Le parrainage génère des ressources financières et matérielles (équipements, matériels informatiques, etc.) au profit de l'établissement. Cette forme de partenariat engendre de multiples actions parmi lesquelles, on cite :

o Des journées portes ouvertes, des conférences et des stages durant lesquelles l'étudiant découvre de près le monde des affaires ;

o L'entreprise peut proposer un sujet de fin d'études et profiter ainsi des recherches sur les thèmes qui la préoccupent.

o Etc.

Le parrainage entre l'université et l' entreprise s'inscrit généralement dans le cadre d'une convention, le plus souvent annuelle, et nécessite la mise en place d'un comité de parrainage.

c- La recherche-développement :

Qu'il s'agit de recherche fondamentale ou recherche appliquée, le partenariat peut prendre maintes formes : contrats de recherche communs, personnel commun, accord concernant le matériel, des chaires communes, etc.

Pour mettre en relief un programme de recherche (nouveau produit, mise en oeuvre de connaissances récentes ou recherche de solutions nouvelles.), l'entreprise peut trouver le soutien nécessaire en collaborant avec l'université.

Cette forme de partenariat peut prendre l'un ou l'autre des cas de figure suivants :

- Aide aux chefs d'entreprises à prendre les bonnes décisions par un haut degré d'assistance technique, d'évaluation de technologies et d'analyses de politiques ;

- Recherche effectuée par l'unité universitaire à la demande de l'entreprise, orientée vers un objet précis et dont les résultats sont directement utilisables par celle-ci ;

- Projet commun de recherche où les objectifs et les moyens sont fixés ensemble par l'entreprise et l'unité de recherche ;

- Doctorat en coopération : l'université et l'entreprise décident de promouvoir ensemble une thèse de doctorat, le chercheur approfondit le sujet retenu sous l'encadrement de l'université, l'entreprise bénéficie ainsi des résultats. En France, par exemple, le partenariat en recherche-développement se formalise dans par une convention où le doctorant est intégré dans l'entreprise, avec la prise en charge de 50% de son salaire par l'Etat. L'entreprise valorise et préserve les compétences acquises par le doctorant qui avance dans ses recherches ;21(*)

- La recherche ad hoc destinée au perfectionnement des procédés et des produits industriels afin d'assurer leur adaptation aux ressources et conditions de fabrication locale et de création de nouveaux produits ;

- Projet de portée internationale: l'entreprise souhaitant participer à ce type de recherche précompétitive trouvera dans les universités une bonne expérience de collaboration internationale, académique et industrielle ;

- Etc.

Un constat a été soulevé lors d'un forum (juin 2000) sur les politiques éducatives sur la gestion des relations université-industrie qui est tenu à l'IIPE (Institut International de Planification de l'Education) et qui soutient l'idée que « dans les pays industrialisés, le partenariat université- entreprise se pratique assez souvent dans le secteur de la recherche, alors que les pays en développement privilégient les services de consultations, l'intégration des étudiants et la formation continue ».22(*)

d- Le partenariat en création d'entreprises :

L'université disposant d'unités, de laboratoires de recherche et de veilles de technologie peut contribuer à la création de nouvelles entreprises de haute technologie qui résistent le mieux dans la situation économique actuelle. La participation de l'université, en matière de création d'entreprises, consiste à :

o Encourager les enseignants chercheurs à créer une entreprise, de participer à son capital voire même la diriger 23(*);

o Faire au compte des porteurs de projets des études de faisabilité technico-économique ;

o Multiplier les contacts entre chercheurs et enseignants chercheurs et porteurs de projet dans le but de garantir la chance de réussite des nouveaux projets ;

o Etc.

L'exemple français montre que les rares entreprises créées à l'initiative des chercheurs français ont un taux de réussite relativement haut, de 5 sur 6, et sont très créatrices d'emploi avec un effectif moyen de 11 salariés après leur création.24(*) Par contre, l'expérience tunisienne à ce propos reste timide.

e- Le partenariat en transfert de technologie :

Le but du transfert de technologie dans une université moderne est, avant tout, l'identification des opportunités des nouvelles technologies et de leur valeur économique. En effet, l'université doit être capable d'évaluer la technologie et décider d'une protection éventuelle, le plus souvent se sont des actions brevetées.

Le partenariat entre l'université et l'industrie en matière de transfert de technologie est de plus haute importance. Il peut prendre la forme d'une recherche collaborative incluant des accords de services avec la possibilité d'octroyer des licences en cas de succès. Les contrats issus de cette forme de partenariat représentent un financement important pour les recherches de l'université.

Toutefois, ce type de partenariat nécessite un cadre juridique bien établi accordant à l'université la propriété de son patrimoine technologique (même au cas où la recherche est financé par les fonds publics) et fixant les modalités d'octroi des licences.

Le transfert de technologie connaît une évolution rapide depuis les années 80, le nombre de brevets délivrés aux universités Américaines est passé de 300 en1980 à 2000 en 1995. En 1996, 250 nouvelles entreprises ont été crées sur la base de licences accordés par les universités. Les domaines les plus concernés par le transfert de technologie les plus productifs sont : les sciences de la vie et la technologie de logiciel et de communication. Le MIT (Massachusetts Institute of Technology), l'université de Liège en Belgique, l'université de Strasbourg sont les pionniers dans ce type de partenariat.25(*) Bref, les principaux avantages que génère le transfert de technologie sont :

o Apporter à l'université un complément par rapport au financement public ;

o Bâtir des relations permanentes avec le monde industriel ;

o Créer des emplois et de nouvelles entreprises ; fait le plus saillant à ce propos.

Il en ressort, que c'est fort nécessaire aux universités de valoriser leur technologie et la transférer au secteur économique.

Section IV : Les structures d'interface :

1- Définition :

Les universités recourent à des structures d'interface dans le but de s'engager dans des partenariats avec l'industrie. Ces structures peuvent être définies comme le « cordon » qui lie l'université à son environnement socio-économique. Diverses appellations sont accordées à ces structures: cellules de liaison, bureaux de liaison, centres d'interfaces, etc.

2- Financement des structures d'interface :

Ces structures sont généralement financées, dès leur démarrage et pour une période bien déterminée, par des subventions accordées par l'Etat. Ensuite, elles satisferont leurs propres besoins en se procurant des revenues au moyen des contrats de recherche, de consultation conclus avec des entreprises locales ou étrangères ainsi qu'au moyen d'autres ressources provenant de leurs activités.

3- Rôles des structures d'interface :

Disposant de ressources financières et humaines importantes, les structures d'interface contribuent principalement à :

o Transférer à l'industrie l'expertise, le savoir-faire et les technologies développées par l'université ;

o Elaborer et conclure des partenariats de recherche et des alliances stratégiques à long terme avec les entreprises ;

o Recenser les besoins des entreprises ;

o Favoriser la formation pratique des étudiants par l'organisation de stages en entreprises.

4- Objectifs des structures d'interface :

En terme d'actions, les objectifs de ces structures d'interface sont :

o Réaliser des études de marchés ;

o Conclure d'accords de licence pour le savoir-faire, brevets, logiciels, ...;

o Etablir des chaires industrielles de recherche ;26(*)

o Participer à des consortiums de recherche où l'université peut être un partenaire et participe, ainsi, à la définition des objectifs, à la réalisation et au financement des travaux ;

o Etablir des commandites de recherche-développement au profit des PME dont les résultats sont souvent à court terme ;

o Implanter conjointement des laboratoires et des centres de recherche avec les entreprises ;

o Soutenir en phase de démarrage les entreprises de haute technologie ;

o Faire adapter les structures administratives aux besoins des nouveaux projets ;

o S'appuyer sur la coopération internationale pour contribuer au transfert et à la maîtrise de la technologie.

5- Avantages des structures d'interface :

Quelles que soit internes ou externes à l'université, le recours à ces structures d'interface génère plusieurs avantages qui sont brièvement :

- La mobilisation des ressources de l'université : départements universitaires ; enseignants ; membres du personnel.

- L'université peut éviter que son personnel ne consacre trop de temps aux activités de consultation : toutes les demandes passent par l'organe de liaison.

- Les structures d'interface externes permettent à l'université de commercialiser sa production qui consiste essentiellement aux résultas de travaux de recherche. cette activité est génératrice de ressources financières supplémentaires nécessaires à la modernisation des outils de formation. 

- Les structures d'interface internes ont l'avantage d'éviter la prolifération des institutions.

- Les structures d'interface permettent d'éviter le risque de dérapage de l'université de ses missions principales et de pallier à la résistance au partenariat exprimée par les enseignants ou le personnel administratif de l'université.

Toutefois, la relation entre l'université et ces structures d'interface, même s'il s'agit d'unités internes, doit s'inscrire dans un cadre contractuel.

6- Interfaces université-entreprise : pépinières d'entreprises et technopôles :

En Tunisie, les pépinières d'entreprises et les technopôles jouent un rôle très important dans la propagation des technologies modernes. Ces deux structures sont Complémentaires dans leurs actions et constituent des structures nécessaires à l'innovation et au développement de l'économie.

Par définition, une technopôle est "un espace non urbain regroupant des entreprises et des institutions d'enseignement et de recherche internationalement reconnues" (Dictionnaire Francophone Hachette).

La technopôle est un espace qui vise à réaliser notamment les objectifs stratégiques suivants :

- Etablir le lien entre la formation, la recherche et la production ;

- Favoriser l'incubation et la création d'entreprises innovantes par la valorisation des résultats de la recherche ;

- Stimuler la création de l'emploi notamment pour les diplômés de l'enseignement supérieur ;

- Améliorer la capacité compétitive de l'industrie ;

- favoriser l'investissement étranger.

La technopôle est généralement spécialisée dans un secteur déterminé à partir des spécificités de la région. La technopôle est spécialement aménagée pour accueillir les activités dans les domaines suivants :

· La production :

- les ateliers relais

- la zone industrielle ;

· L'innovation technologique :

- une pépinière d'entreprises

- un centre de ressources technologiques ;

· La formation, dédiée aux établissements en relation avec la spécialité de la technopôle ;

· La recherche scientifique, dédiée aux centres de recherche dans les secteurs du technopôle.

Le dictionnaire définit la pépinière comme étant « le lieu où l'on cultive de jeune plantes destinées à être transplantées ». Si, l'on ramène cette définition au domaine économique, cela devient « une structure d'accueil temporaire des locaux, des aides et des services adaptés aux besoins spécifiques des entreprises nouvellement créées ou en voie de création » (Laurane Lanne : Création d'activités).27(*)

Les pépinières, installées au coeur du milieu universitaire, suscitent l'intérêt de nombreux acteurs économiques et réussissent le mieux à satisfaire les attentes des diverses acteurs (entreprises, université, société, économie, etc.). Pour cette raison, les pépinières d'entreprises feront l'objet d'une étude de cas au niveau de la troisième partie.

Conclusion :

L'université face aux défis inédits : accroissement des effectifs étudiants, insuffisances de moyens, concurrence externe dans diverses domaines de l'enseignement, exprime d'avantages son besoin de s'associer à d'autres ressources ou expertises pour réaliser de façon optimale les missions qui lui incombent.

L'entreprise en tant que moteur de développement économique et social et en tant qu'employeur des sortants de l'enseignement supérieur confronte, elle aussi, un défi de compétitivité intense. Pour relever ces défis et profiter des avantages du partenariat, il s'avère opportun, que les deux institutions entament des relations partenariales.

CHAPITRE II :

 

Mobiles de l'action partenariale entre l'université et l'entreprise

 

Le partenariat entre l'université et l'entreprise n'est pas une fin en soi, il s'agit plutôt d'un moyen parmi d'autres pour faciliter l'atteinte de certains objectifs éducatifs liés à la mission de l'université. A ce stade, il est légitime de poser les questions suivantes :

- Comment est exprimée cette nécessité de partenariat ?

- Quelles sont les aspirations des acteurs en partenariat ?

- Quels sont les limites et les obstacles entravant l'action partenariale ?

Pour répondre à ces interrogations, on va tout au long du présent chapitre mettre en relief la nécessité du partenariat entre l'université et l'entreprise (Section I), les retombées et avantages de l'action partenariale (Section II), les attentes des partenaires (Section III) et les limites et entraves à l'action partenariale université- entreprise (Section IV).

Section I : Nécessité de partenariat entre université et entreprise :

1- Nécessité du partenariat pour l'université :

Une pléiade de facteurs a milité en faveur de l'ouverture de l'université sur son environnement. L'université n'est plus un temple inviolable réservé aux jeunes élites. A ce niveau, les mobiles suivant sont envisageables :

- La privatisation accrue de l'enseignement supérieur qui est accompagnée d'une ouverture de plus en plus orientée vers le marché ;

- L'existence d'une volonté insistante des pouvoirs politiques à nouer des relations entre l'université et l'industrie ;

- La diminution des crédits alloués à l'enseignement supérieur ;

- L'intensification du phénomène de création d'entreprises en Tunisie, comme ailleurs, et ses implications en matière de besoins changeants en ressources humaines et en recherche;

- La nécessité d'assurer à leurs diplômés une insertion professionnelle de qualité et donc d'adapter les formations aux besoins économiques. L'université est amenée à rechercher le contact avec les entreprises pour mieux connaître leurs attentes.

L'université tunisienne se dote davantage d'autonomie et de souplesse. La législation tunisienne devient de plus en plus généreuse concernant la motivation des universités à s'ouvrir. En examinant le décret n° 94-546 du 28 février 1994, portant modalités d'utilisation des ressources réalisées dans le cadre de l'ouverture des établissements d'enseignement supérieur et de recherche scientifique sur leur environnement. On remarque que l'université tunisienne se dote largement de liberté concernant le choix des partenaires ainsi qu'un taux obligatoire de 30% des ressources supplémentaires issues des conventions est destiné à l'amélioration des conditions de travail dans l'institution. Les dispositions dudit décret encourageant les établissements à s'ouvrir de plus en plus sur leur environnement économique, social et culturel.

2- Nécessité du partenariat pour les entreprises :

Traditionnellement, les chefs d'entreprises sont réticents au partenariat. Toutefois, certains motifs les poussent à adopter une démarche partenariale : l'internationalisation croissantes des économies, le risque croissant découlant des incertitudes technologiques et scientifiques et les compressions des ressources et expertises conduisent à une concurrence très vive sur les marchés. Cette situation impose aux entreprises de connaître les résultats les plus récents de la recherche, d'innover en permanence et de disposer des ressources humaines les mieux qualifiés. L'entreprise ne trouve de tel soutien que si elle collabore avec les compétences universitaires qui sont en mesure d'apporter de solutions radicales aux problèmes relatifs à la concurrence, au cycle de production, à la commercialisation de ses produits, à l'intégration des nouvelles technologies,...

Section II : Retombées et avantages de l'action partenariale :

Le terme `'partenariat université-entreprise'' se réfère aux rapports entre tous les secteurs de l'enseignement supérieur et le monde des affaires. Pourquoi ce partenariat est-il nécessaire ? Historiquement, l'enseignement supérieur qui s'est développé depuis des siècles dans les pays dits industrialisés a le plus souvent correspondu à des besoins spécifiques (médecine, industrie, etc.)

Par contre, dans les pays en voie de développement, cette évolution naturelle de l'enseignement n'a guère eu l'occasion de se produire, car on a entrepris beaucoup de choses en très peu de temps. L'université et l'entreprise ont eu tendance à se développer séparément et à apporter à l'économie des contributions distinctes et souvent sans rapport entre elles. Il en résulte une pénurie des compétences dans le monde des affaires et une sous-utilisation des ressources humaines dans l'enseignement supérieur. Il est donc nécessaire d'établir une forme quelconque de liaison pour mieux adapter les qualifications fournies par l'enseignement aux besoins de l'économie en développement. Le problème se pose également dans les pays industrialisés, mais il est moins grave parce que les dizaines, voire les centaines d'années de relations entre l'université et l'entreprise ont eu pour effet d'entretenir une certaine continuité des influences réciproques malgré les difficultés de communication et l'absence de toute méthode.

En tout état de cause, quel que soit le pays dans lequel s'opère le partenariat entre l'université et l'entreprise, cette action réciproque nécessite des initiatives et des encouragements ; elle ne peut pas toujours se produire spontanément. Toutefois, il ne faut pas qu'elle soit imitée ; elle doit naître d'une prise de conscience de l'interdépendance, d'une reconnaissance des besoins réciproques. L'entreprise et l'université doivent éprouver la certitude que cette collaboration leur sera mutuellement profitable et il faudra peut-être pas mal de temps et d'efforts pour les convaincre de collaborer.

1- Avantages offerts à l'université :

Le partenariat avec l'entreprise peut rapporter à l'université :

· La possibilité d'évaluer les besoins de l'économie et de développer en conséquences les activités universitaires ;

· La possibilité de placer les étudiants dans les entreprises, de façon à compléter l'enseignement théorique par une expérience pratique ;

· La participation des entreprises à l'élaboration des programmes, ce qui permet de les adapter aux conditions locales ;

· Le perfectionnement du personnel, obtenu en donnant aux universitaires l'occasion d'acquérir une expérience pratique ;

· L'accès aux entreprises pour la recherche tant fondamentale qu'appliquée.

Exemple :

Aux ISET, les hommes d'affaires et les professionnels peuvent apporter leur savoir-faire et leur connaissance des exigences de chaque métier. Cet apport technique et pragmatique peut prendre forme par :

- Leur participation à la définition des programmes ;

- Leur participation aux organes de direction (Comité de direction, conseil scientifique et conseils des départements) ;

- La prise en charge d'une partie des enseignements ;

- L'encadrement des étudiants, en particulier, au cours des stages ;

- L'aide à l'insertion dans l'entreprise que ce soit au cours des stages et projets de fin d'études ou après la scolarité.28(*)

2- Avantages offerts à l'entreprise :

Les avantages offerts à l'entreprise ne sont pas moins concrets et comprennent, entre autres :

· un recrutement en diplômés plus qualifiés et mieux adaptés du fait que l'on aura tenu compte des besoins de l'industrie ;

· l'accès à toute une série de dispositifs de formation complémentaire que l'université aura contribué à élaborer ;

· l'accès aux installations matérielles des universités et aux compétences de son personnel ;

· l'accès aux archives de recherche, de consultation et d'information de l'université ;

· l'amélioration de son image de marque dans la société où elle fonctionne, ce qui signifie que davantage d'étudiants seront attirés par le secteur industriel.

Exemple :

Pour le même exemple précité, les ISET, du fait de la diversité des spécialités qui y exercent, sont en mesure d'apporter des solutions globales aux problèmes rencontrés par les industriels et les hommes d'affaires.

Les ISET peuvent en particulier assurer le recyclage et la formation continue des agents en exercice dans les entreprises.

Ils peuvent aussi, grâce aux compétences de leurs enseignants, aider à la mise à niveau intégrale de l'industrie Tunisienne.

Ils peuvent enfin, à l'occasion de demandes ponctuelles (essais, expertises, réalisation de prototypes) assurer à l'entreprise une palette variée de prestations.29(*)

3- Avantages offerts à la société :

Enfin, l'économie dans son ensemble bénéficie de la collaboration entre université et entreprise grâce à :

- L'amélioration du rendement des investissements dans l'enseignement supérieur ;

- L'efficacité accrue de la contribution apportée par l'enseignement au développement économique ;

- Une meilleure utilisation des ressources humaines et matérielles ;

- Une diminution des tensions sociales et politiques qui accompagnent le chômage des diplômés.

En outre, une action partenariale université-entreprise, à travers le balise des stages, est génératrice d'avantages non moins importants aux étudiants et qui consistent essentiellement à :

- faciliter leur orientation professionnelle par une meilleure connaissance de la vie des entreprises dans sa dimension économique et humaine, son organisation, ses métiers et leurs évolutions ;

- acquérir une plus grande lisibilité des attentes des entreprises, des opportunités qu'elles offrent et des débouchés proposés ;

- favoriser leur insertion professionnelle en optimisant la qualité des processus de professionnalisation et d'intégration.

Les avantages précités concernent le partenariat entre université et entreprise d'une façon générale. Le groupe d'experts30(*) a traité d'un grand nombre de types de liaison, mais s'est principalement consacré au domaine de la gestion. Cela ne signifie pas que d'autres domaines tels que la science, l'ingénierie et la technologie présentent moins d'importance. La liaison y est également nécessaire. Néanmoins, la collaboration entre entreprise et université a une importance particulière dans le domaine de la gestion du fait que la technologie a besoin de la gestion pour pouvoir exercer une influence efficace sur le développement économique.

Section III : Attentes des partenaires :

Les entreprises n'acceptent de s'engager dans un partenariat que si l'université comprend les besoins du secteur et est en mesure de répondre auxdits besoins.

Concrètement, dans un partenariat avec l'université, l'entreprise sera sensible à :

- L'innovation pouvant se traduire en un avantage concurrentiel ;

- La protection des résultats de recherche, de façon à en permettre l'exploitation commerciale ;

- L'obtention des résultats à des échéances planifiées.

De son coté, dans tout partenariat avec une entreprise, l'université veillera à :

- L'originalité de la recherche et des méthodes utilisées, qui doivent aboutir à un progrès des connaissances ;

- La diffusion des résultats des recherches, tout en veillant, si nécessaire, à leur protection ;

- La durée de la recherche universitaire qui doit de préférence s'inscrire dans un contexte pluriannuel, pour garantir une certaine continuité à la fonction de chercheur ;

- Le choix des sujets de recherche qui doit tenir compte de l'exigence universitaire.

Certes, quelles que soient les attentes. Il est important de s'assurer que les attentes sont raisonnables au sein d'un partenariat.

Section IV : Limites et entraves à l'action partenariale université-entreprise :

L'importance des avantages du partenariat est telle qu'on est amené à se demander pourquoi elle ne se réalise pas plus souvent d'elle-même. La raison en est que la coopération dans ce domaine se heurte à divers obstacles caractéristiques qu'il faut délibérément surmonter.

Les établissements d'enseignement supérieur ont souvent leurs propres problèmes urgents : financement, recrutement, augmentation rapide des étudiants. Dans les disciplines traditionnelles, certains universitaires ont parfois peu d'expérience pratique et sont souvent hostiles aux milieux d'affaires. Les règlements universitaires et certaines conventions rigides peuvent décourager le personnel de coopérer avec les entreprises ; l'avancement par exemple, dépend traditionnellement des travaux d'érudition, et les universitaires qui s'occupent de consultation et de recherche appliquée risquent de compromettre leur carrière.

Les entreprises ont-elles aussi leurs problèmes immédiats : crises des affaires, contrôle des changes, réglementations officielles, qui risquent de leur faire négliger ces objectifs à long terme que sont le perfectionnement de la gestion, de la recherche et de la formation. Les hommes d'affaires, qui n'ont pas toujours fait des études supérieures, ont parfois une attitude anti-univers