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L'impérialisme culture occidental et devenir de la culture africaine: Défis et perspectives

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par Bernard ZRA DELI
Grand Séminaire Saint Augustin de Maroua - Fin de cycle de Philosophie (Licence) 2008
  

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GRAND SEMINAIRE SAINT AUGUSTIN DE MAROUA

EXTREME - NORD CAMEROUN

Année académique 2004/2005

IMPERIALISME CULTURELE OCCIDENTAL

ET DEVENIR DE LA CULTURE AFRICAINE :

DEFIS ET PERSPECTIVES

Mémoire de fin de cycle de PhilosophieCette partie ne fait pas partie du mémoire, mais n'est que comme PRELUDE

Éminents membres du jury

Chers formateurs et professeurs

Chers camarades et amis Séminaristes

Chers invités

Nous vous souhaitons la bienvenue dans cette salle où se déroule les séances de soutenances de mémoire de fin de cycle de Philosophie.

Impérialisme culturel occidental et devenir de la culture africaine : Défis et perspectives. Tel est le thème de soutenance que nous avons choisi pour notre recherche.

Le vertigineux progrès que connaît le monde présent semble avoir pour toile de fond le brassage culturel. Toutes les entreprises humaines se dessinent sur la base de la culture devenue pluridimensionnelle. Toutes fois, dans leurs diversités, les cultures cherchent à se compléter et à se phagocyter les unes les autres. La dimension sociale de la réalisation humaine a fait qu'aujourd'hui aucune culture ne peut vivre en autarcie.

Cependant, au rendez-vous du donner et du recevoir culturel, celle-ci revêt un nouveau visage. Le choc culturel, ce « sentiment de profonde désorientation qu'éprouvent les personnes et les groupes mis soudainement en contact avec un milieu culturel dont les traits se révèlent inconnus, incompréhensibles, menaçants »1(*), a provoqué dans nos sociétés modernes des grandes mutations laissant place à l'érosion des valeurs morales, à la perte d'identité culturelle et au déséquilibre interne.

Au rythme du brassage culturel, on est porté à croire qu'à la longue, la culture des peuples africains risquerait de disparaître du fait de sa marginalisation, de son abandon par la complicité des Africains eux-mêmes au profit d'une culture pseudo occidentale. En effet, le choc cultuel a apporté un déplacement de sens : les Africains ne sont plus eux-mêmes parce que victimes d'une aliénation culturelle causée par un regard tourné vers l'extérieur qui a fini par endormir les consciences et par jouer le rôle de « l'opium du peuple » au point de constater avec Emmanuel MOUNIER que « la plupart des Noirs ont honte d'être noirs, une honte secrète qu'ils ne font pas la leur, mais qui hante jusqu'à leur fierté. »2(*) Ce constat est pertinent à plus d'un titre ; car nombre d'Africains fuient aujourd'hui leur identité, leur réalité culturelle. Nombre sont ceux qui ne savent rien de leur culture, de leur langue maternelle. La société africaine d'aujourd'hui nous fabrique des déracinés, des aliénés et acculturés de toute sorte autant que nous les voudrions.

Dans une Afrique duale qui a encore la nostalgie du passée et qui embrasse le modernisme dans toutes ses dimensions sans esprit critique, avec parfois l'apparition des élites déracinés, assimilés, extraverties, et coupées de leur peuple, plongée dans « une vision déformée et déformante des réalités culturelles du continent »3(*), des inquiétudes planent sur le devenir socio-culturel africain. L'entrée de l'Afrique dans le nouveau village planétaire est perplexe. La rencontre avec la prochaine histoire est un marché où l'Afrique ne sera qu'une pure consommatrice portant sur son dos une culture amoindrie. Dans cette Afrique se dessine un paradoxe qui fait qu'on ne sait plus quelle voie emprunter. Car « à ne pas vouloir sortir des sentiers battus, à ne pas oser plonger dans les eaux profondes, pour y jeter nos filets (Lc5, 4), nous nous contenterons des fretins du rivage et demeurerons des pêcheurs infirmes, tournant sur nous-mêmes, sans jamais affronter les courants contraires et les vents du large. »4(*)

Devant cette crise d'identité culturelle qui jonche nos rapports sociaux, une question attire notre attention. Que deviendra la culture africaine face à cette influence imposante de la culture occidentale ? Faudrait-il rester bouche close devant cette désorientation totale qu'a engendrée le choc culturel dans nos familles ? Comment donc passer les yeux fermés quand, sur nos routes quotidiennes, nous rencontrons nombre d'Africains, tant de jeunes et adultes déracinés et quand nous sommes en face des gens qui ne veulent même pas entendre parler une quelconque langue africaine pour se réclamer d'une culture dont les tenants et les aboutissants leur sont inconnus ? N'est-il pas temps pour le continent noir de réviser sa politique culturelle comme l'ont fait les nouveaux pays industrialisés d'Asie et d'orienter autrement la question de son développement qui ne saurait passer de sa culture ? N'est-il pas temps pour elle de repenser sa culture pour son insertion dans la modernité, de faire une analyse objective de son passé, une critique rigoureuse de son présent pour déterminer la voie de l'avenir, de faire un retour à sa source culturelle pour y puiser les valeurs humaines, ultimes et passer au modernisme sans s'aliéner ? Voici tant de questions qui ont attiré notre attention et qui nous ont orienté vers ce thème inspiré des réalités quotidiennes.

Face à l'assaut direct et brutal des schèmes culturels différents, l'Africain se trouve aujourd'hui pris au piège de tant de pseudo-valeurs qui le dépersonnalisent ; il y a une nécessité de prendre une part importante au réveil des consciences pour une révolution culturelle africaine humanisante. Ce projet vise en effet à détruire les pseudo-valeurs culturelles qui détruisent le tissu culturel du contient noir en saccageant son insertion dans l'histoire de l'humanité. C'est en cela que consiste notre intitulé : Impérialisme culturel occidental et devenir de la culture africaine : Défis et perspectives. Et pour examiner en profondeur cette question, nous nous grimpons sur l'épaule du géant William ETEKI'A MBUMUA dans son oeuvre : Un certain humanisme.

Fin du prélude

INTRODUCTION GENERALE

Le vertigineux progrès que connaît le monde présent semble avoir pour toile de fond le brassage culturel. Toutes les entreprises humaines se dessinent sur la base de la culture à telle enseigne que cette dernière est devenue pluridimensionnelle. Toutefois, dans leurs diversités, les cultures cherchent à se compléter les unes les autres. La dimension sociale de la réalisation de l'homme fait qu'aujourd'hui aucune culture ne peut prétendre vivre en autarcie.

Cependant, au rendez-vous du donner et du recevoir culturel, les choses semblent ne plus marcher comme elles se doivent. Le choc culturel, ce « sentiment de profonde désorientation qu'éprouvent les personnes et les groupes mis soudainement en contact avec un milieu culturel dont les traits se révèlent inconnus, incompréhensibles, menaçants »5(*), a provoqué dans nos sociétés modernes des grandes mutations laissant place soit à l'érosion des valeurs morales, soit au perte d'identité culturelle, à la dépersonnalisation et au déséquilibre interne qui rendent difficilement maîtrisable l'avenir culturel de certains peuples.

Au rythme du brassage culturel, on est porté à croire qu'à la longue, la culture des peuples africains en particulier risquera de disparaître du fait de sa marginalisation, de son abandon par la complicité des Africains eux-mêmes au profit de la culture occidentale. Le choc culturel a apporté un déplacement de sens : les Africains ne sont plus eux-mêmes parce que victimes d'une aliénation culturelle causée par la culture étrangère qui a fini par endormir les consciences et par jouer le rôle de « l'opium du peuple » au point de constater avec Emmanuel MOUNIER que : « La plupart des Noirs ont honte d'être noirs, une honte secrète qu'ils ne font pas leur, mais qui hante jusqu'à leur fierté. »6(*) Ce constat est pertinent ; car nombre d'Africains se réclament Français ou Anglais et fuient leur identité culturelle.

Dans une Afrique duale qui a encore la nostalgie du passé et qui embrasse le modernisme dans toutes ses dimensions sans esprit critique, avec l'apparition des élites assimilées, extraverties et coupées de leur peuple avec « une vision déformée et déformante des réalités culturelles du continent »7(*), des inquiétudes planent sur le devenir socio-culturel africain. L'entrée de l'Afrique dans le nouveau village planétaire est perplexe car l'apparition de ces élites aliénées ne permet pas un dialogue d'égal à égal. La rencontre avec la prochaine histoire est un marché où l'Afrique ne sera qu'une pure consommatrice car portant sur son dos une culture amoindrie. Dans cette Afrique se dessine un paradoxe qui fait qu'on ne sait plus quelle voie emprunter. Car, « à ne pas vouloir sortir des sentiers battus, à ne pas oser plonger dans les eaux profondes, pour y jeter nos filets (Lc 5,4), nous nous contenterons des fretins du rivage et demeurerons des pêcheurs infirmes, tournant sur nous-mêmes, sans jamais affronter les courants contraires et les vents du large. »8(*) Descendant encore plus bas dans nos traditions, nous sommes appelés à confronter nos valeurs traditionnelles avec la modernité et non à les rejeter par un pur snobisme au nom d'une quelconque modernité.

Devant cette crise d'identité culturelle et du sens d'appartenance sociale qui jonchent nos rapports sociaux, une question attire notre attention. Que deviendra la culture africaine ? En d'autres termes, qu'attendons-nous de l'avenir de la culture africaine? En effet, l'Afrique se trouve plus que jamais divisée, désorientée ou alors « mal partie » comme le notait René DUMONT. Il est temps pour elle de repenser sa culture pour son insertion dans la modernité, de faire une analyse objective de son passé, une critique rigoureuse de son présent, de déterminer la voie de l'avenir pour son plein accomplissement, de faire un retour à sa source culturelle pour y puiser les valeurs humaines, ultimes et passer au modernisme sans s'aliéner. L'urgence d'une révolution culturelle aboutissant à l'avènement « d'hommes nouveaux, totalement désaliénés, comprenant la nécessité pour eux de se libérer, de transformer la nature humaine, prêts à participer à la révolution des esprits et à organiser le progrès, par l'accès aux techniques et à la science, pour la maîtrise consciente et total de nos destins »9(*) pour l'avenir des Africains et de leur culture nous interpelle. La promotion de la culture africaine avec ses problèmes d'aujourd'hui s'impose à nous, Africains, pour la sauvegarder des impasses, de l'oubli et pour nous permettre d'être ce que nous sommes et de devenir ce que nous devons être. L'inquiétude que provoque cette situation nous a orienté vers ce thème intitulé : Impérialisme culturel occidental et devenir de la culture africaine : Défi et perspectives. La complexité de ce thème nous conduit à la première partie passera en revue la physionomie d'ensemble des relations interculturelles. La deuxième partie consacrée à la culture africaine, nous fera découvrir ce qu'est la culture africaine, sa nature, son essence et ses caractéristiques, puis les différents problèmes auxquels elle fait face aujourd'hui : aliénation culturelle, l'ethnocentrisme, le phénomène d'acculturation. Enfin, la troisième partie mettra en relief les différentes voies et perspectives pour la promotion de la culture africaine. A la lumière de Un certain Humanisme, oeuvre de William ETEKI'A MBUMUA dans lequel ce dernier saisit avec pertinence la problématique du devenir la culture africaine et suivant une méthode analytico-descriptive, nous cernerons ce thème, aujourd'hui d'actualité et plus que jamais.

* 1 CARRIER H., Lexique de la culture. Pour l'analyse culturelle et l'inculturation, Paris, Desclée, 1992, p. 70

* 2 MOUNIER E., Les oeuvres, tome3, Paris, Seuil, 1944-1950, p. 268.

* 3 MBUMUA W. E., Démocratiser la culture, Yaoundé, Clé, 1974, p. 9.

* 4 POUNOUKOU E. J., Église d'Afrique, Propositions pour l'avenir, Paris, Karthala, 1984, p. 158.

* 5 CARRIER H., Lexique de la culture. Pour l'analyse culturelle et l'inculturation, Paris, Desclée, 1992, p. 70.

* 6 MOUNIER E., Les oeuvres, tome 3, Paris, Seuil, 1944-1950, p. 268.

* 7 MBUMUA W.E., Démocratiser la culture, Yaoundé, Clé, 1974, p. 9.

* 8 POUNOUKOU E.J., Eglise d'Afrique, Propositions pour l'avenir, Paris, Karthala, 1984, p.158.

* 9 MBUMUA W.E., Un certain humanisme, Yaoundé, Clé, 1970, p. 17.

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