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Etude de la mise en place d'une centrale de cogénération à la société camerounaise de transformation de bois


par Gabriel Emmanuel BEFOLO NKOA
Ecole Nationale Supérieure Polytechnique de Yaoundé - Ingénieur de Conception de Génie Industriel 2008
Dans la categorie: Sciences
   
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Chapitre VII: ANALYSE FINANCIERE DU PROJET

Dans cette partie nous analysons l'aspect économique des actions envisagées. VII.1 LA METHODE [1]

VII.1 .1 DEFINITIONS

V' L'investissement

On appelle investissement, l'engagement d'un capital dans une opération dont on attend des gains futurs étalés sur le temps.

Un investissement est acceptable dans la mesure où les gains attendus sont supérieurs au capital investi. Evaluer un projet d'investissement consiste donc à comparer ces deux éléments : gains futurs et capital investi.

V' Caractéristiques d'un projet d'investissement Le capital investi

C'est la « dépense » que doit supporter l'entreprise pour réaliser le projet. Il comprend entre autres :

Le prix d'achat hors taxe (ou coût de fabrication) ;

Les frais accessoires (frais de transport, d'installation entre autres) ;

La TVA non récupérable (si l'entreprise a un droit de déduction inférieur à 100%) ; L'augmentation du besoin en fonds de roulement.

La durée de vie

Afin d'évaluer les gains attendus, il est nécessaire de connaître la durée d'exploitation du projet. En principe, il s'agit de la durée de vie économique ; mais, si celle-ci est difficile à prévoir, on lui substitue la durée d'amortissement.

 

Les flux de trésorerie générés par le projet

Notion de cash-flow

L'entreprise attend d'un projet d'investissement :

Soit qu'il apporte des rentrées d'argent (bénéfices nets) ;

Soit qu'il permette de réaliser des économies au niveau de certains coûts d'exploitation.

Ces rentrées d'argent ou économies sont, traditionnellement, désignées par le terme de cash-flow.

Cash-flow = Economies réalisées imputables au projet.

Cash-flow = (Recettes imputables au projet) - (Dépenses imputables au projet)

En principe, les cash-flows sont générés de manière continue, mais pour simplifier les calculs de rentabilité, on admet qu'ils sont obtenus, globalement, à la fin de chaque exercice.

Evaluation des cash-flows

La plupart des éléments constitutifs des cash-flows (chiffre d'affaires, coûts, impôts sur les bénéfices) sont évalués prévisionnellement. Il en résulte que les cash-flows sont, obligatoirement entachés d'une certaine incertitude.

Le calcul des cash-flows doit se faire indépendamment du mode de financement envisagé pour le projet (ce qui revient à considérer que le financement a lieu par capitaux propres). La décision d'investir et la décision du choix du financement sont deux décisions distinctes et successives.

VII.1.2 CRITERE D'EVALUATION DES PROJETS D'INVESTISSEMENT

Evaluer un projet d'investissement conduit à comparer le capital investi I à l'ensemble des
cash-flows : Cette comparaison implique l'évaluation du capital investi et des

cash-flows à une même date. En général, on choisit la date 0.

Il existe quatre critères d'évaluation : la valeur actuelle nette, l'indice de profitabilité, le taux de rentabilité interne et le délai de récupération du capital investi.

Rédigé par : BEFOLO NKOA Gabriel Page 58

V' La valeur actuelle nette (VAN)

Définition

La valeur actuelle nette est la différence entre les cash-flows actualisés à la date 0 et le capital investi.

n

VAN C t I

k

= .(1 )

+ -

-

k

k = 1

- n : nombre d'année que dure le projet ;

I: capital investi; Ck : Cash-flows;

t : Taux d'actualisation.

Le taux d'actualisation

L'actualisation est l'opération qui consiste à calculer la valeur à une date donnée d'un flux se produisant à une autre date, généralement, mais pas forcément dans le futur. Il s'agit de ramener un montant futur ou passé à sa valeur actuelle.

Le taux d'actualisation est le taux utilisé pour calculer la valeur actualisée d'un flux monétaire futur.

Interprétation

Pour qu'un projet d'investissement soit acceptable, sa VAN doit être positive ;

Un projet d'investissement est d'autant plus intéressant que sa VAN est plus grand.

V' L'indice de profitabilité (IP)

Définition

1

=

1

IP C

= k

I k

n

k

.(1 )

+ t

L'indice de profitabilité (IP) est le quotient de la somme des cash-flows actualisés par le montant du capital investi.

Interprétation

Pour qu'un projet d'investissement soit acceptable, il faut que son indice de profitabilité soit supérieur à 1.

Un projet d'investissement est d'autant plus intéressant que son indice de profitabilité est plus grand.

V' Le taux de rentabilité interne (TRI)
Définition

Le taux de rentabilité interne x est le taux pour lequel il y a équivalence entre le capital investi et l'ensemble des cash-flows.

n

I C

=

p

.(1 )

+ x

k

k = 1

Interprétation

Pour qu'un projet d'investissement soit acceptable, il faut que son taux de rentabilité interne soit supérieur au taux de rentabilité minimum exigé par l'entreprise. Ce taux est alors appelé « taux de rejet ».

Un projet d'investissement est d'autant plus intéressant que son taux de rentabilité est élevé.

V' Le délai de récupération du capital investi Définition

Le délai de récupération du capital investi est le temps au bout duquel le montant cumulé des cash-flows actualisés est égal au capital investi I.

Donné par la relation :

C t I

.(1 )

+ =

- k

k

d

k = 1

L'actualisation des cash-flows se fait au taux de rentabilité minimal exigé par l'entreprise (coût du capital).

 

Interprétation

Plus le délai de récupération est court, plus l'investissement est réputé intéressant. En effet, on admet que :

Le risque couru par l'entreprise est d'autant plus faible que le délai de récupération est court (à horizon rapproché, les prévisions sont plus fiables, les changements significatifs de l'environnement peu probables).

La rentabilité est d'autant plus grande que le délai de récupération est plus court. Mais cette hypothèse n'est pas toujours vraie (cas des projets à longue durée de vie dont les cash-flows les plus importants se produisent assez tard).

VII.2 APPLICATION A NOTRE PROJET

L'investissement pour une centrale de cogénération comprend :

y' Le coût des équipements ;

y' Le raccordement du circuit de chauffage au groupe de cogénération ; y' Le génie civil ;

y' L'ingénierie (étude) ;

y' Les frais d'autorisation ;

y' Le raccordement électrique ;

y' Le tampon de stockage si c'est nécessaire, ce tampon permet le stockage du surplus d'eau chaude lorsque la production du cogénérateur est supérieure à la demande ; la chaleur ainsi stockée est utilisée lorsque la demande est supérieure à la production ou encore pendant les heures d'arrêt ;

y' Le coût d'installation

y' Le surcoût d'investissement dû au local abritant l'installation de cogénération . VII.2.1 COUTS D'EXPLOITATION

Les coûts d'exploitation d'une installation de cogénération sont exprimés annuellement et
généralement constitués des frais du personnel, de maintenance et de réparation ainsi que des
frais de combustibles et de lubrifiants [2]. Notons que les frais de combustibles et de lubrifiants

sont nuls dans notre projet car le combustible généré à l'usine provient des déchets de bois entassés dans un vaste terrain aménagé.

VII.2.1.1 PERSONNEL D'EXPLOITATION

L'organisation est envisagée comme suit : un ouvrier qualifié en mécanique assure les tâches techniques et assiste deux manoeuvres dans la réparation et la manutention du combustible. Ils sont supervisés par un chef mécanicien ou un chef électricien. Ce chef assure en outre les tâches administratives, la gestion et la comptabilité de la production.

Si les salaires du chef mécanicien, de l'ouvrier et des deux manoeuvre sont respectivement fixés à 120000 FCFA/mois, 75000 FCFA/mois et 40000FCFA/mois chacun, on arrive à un coût salarial mensuel de 235 000FCFA. Il vient pour le personnel d'exploitation un coût total de 2 820 000 FCFA/ an.

VII.2.1.2 MAINTENANCE ET REPARATION [3]

On inclut ici toutes les dépenses courantes d'entretien, qu'elles soient relatives à la maintenance préventive ou exceptionnelle et on inclut également les assurances et les taxes directement imputables au projet. Pour les besoins de cette analyse, une simplification a été introduite, considérant les dépenses en entretien-réparation constantes et égales chaque année à un pourcentage de l'investissement total. L'expérience des divers projets énergétiques au Cameroun indique 3%.

VII.2.1.3 L'AMORTISSEMENT

A la SCTB, les équipements sont amortis sur 5 ans. Mais nous avons simulé pour chaque variante un amortissement linéaire sur 20 ans.

VII.2.2 COUTS D'INVESTISSEMENT

Les coûts d'investissement de la centrale de cogénération de turbine à vapeur au Cameroun est environ 975 000 FCFA. Pour notre étude, nous avons choisis de travailler avec un taux d'actualisation de 10% en considérant que l'investissement sera purement privé. Au niveau de la variante A du projet qui intègre la chaudière existante, nous avons soustrait le coût de la chaudière qui représente environ 40% de l'investissement total.

VII.2.3 LE FLUX DES RENTES DE TRESORERIE

Pour la variante B, le flux de trésorerie correspond au montant total dépensé en termes de coût d'électricité au cours de l'année 2007 et équivaut à 170 971 693FCFA.

Pour la variante A nous utilisons un rapport de puissance, ce qui permet ainsi d'estimer le coût que représentent les 136 kW que la société consomme. Ce coût équivaut à 34 447 630 FCFA.

Résultats obtenus :

VII.2.3.1 VARIANTE B

y' Van

VII.2.3.2 VARIANTE A

y' Van

Figure 24: Courbe van (variante A)

La variante A2 est plus rentable celle A1, en effet, au bout de 25 ans la somme de bénéfices nets réalisés par la variante A1 est 145 490 268 FCFA tandis que celle de la variante A2 est 171 986 498 FCFA. Sachant que la durée de vie de cette centrale pourra aller jusqu'à 35 ans, les bénéfices ne pourront qu'augmenter et sans oublier qu'à la fin de vie la centrale aura une valeur financière que l'on pourra ajouter aux bénéfices.

y' Délai de récupération

Le temps de retour d'investissement pour la variante A1 est de 6 ans et celui de A2 est de 3 ans.

Au final nous pouvons dire que pour les deux variantes du projet, l'idéal est d'amortir sur 20 ans contrairement à ce qui se passe actuellement dans la société. Il serait aussi préférable d'investir sur la Variante B1 car elle donne la van la plus élevé et résous en grande partie la problématique des déchets de bois en utilisant 67% de l'énergie primaire total. La mobilisation des fonds pourrait constituer un handicape pour le projet.

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