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Etude de la réception de deux coproductions théâtrales européennes, à travers des articles de la presse écrite d'Europe

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par Laetitia van de Walle
Université Libre de Bruxelles - Master européen en Art du spectacle vivant 2007
  

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Troisième partie : analyse des articles de presse

européenne

La question qui nous intéresse dans le cadre de cette étude est de savoir quelle forme prennent les articles de presse ayant pour sujet les spectacles de théâtre à l'affiche, et s'il est possible d'en déduire la réception des pièces présentées.

Nous avons choisi de nous limiter à la presse écrite dans les quotidiens et les hebdomadaires ainsi que quelques articles sur Internet dont les responsables nous ont assuré du contenu tout à fait professionnel. Nous ne ferons pas de distinction tout au long de l'analyse, utilisant le terme général de « presse écrite ».

La presse écrite dispose de plusieurs techniques pour présenter un événement théâtral : agendas, présentations de spectacles, interviews des gens du métier, dossiers de réflexion, critiques... Toutes ces formes intéressent les institutions théâtrales qui considèrent comme essentiel que l'information circule, peu importe comment. En ce qui concerne les critiques, qu'elles soient positives ou négatives, c'est toujours mieux que rien dans la course à la diffusion.

Pourtant, tous les événements théâtraux ne jouissent pas de la même couverture médiatique. Stéphane Debenedetti126 considère qu'il existe un certain consensus, chez les journalistes, qui les pousse à aller voir une pièce plutôt qu'une autre parmi la pléthore de spectacles à l'affiche. Les pièces subventionnées par la ville, la région, l'Etat, ou par l'Union européenne jouissent généralement d'une plus large médiatisation que les troupes d'avant-garde ou débutantes. Etant donné que la presse est soumise aux lois de rentabilité et du lectorat, le choix des journalistes s'oriente généralement vers des productions « valeurs sûres » consacrées. La notoriété d'un auteur, acteur ou metteur en scène ou de l'institution est également tributaire de cette visibilité. Il faut souligner que l'adéquation d'un spectacle aux goûts esthétiques et philosophiques du moment drainera facilement des subsides et les articles de presse. La boucle est bouclée.

Avant d'aborder l'analyse du contenu des articles, nous avons jugé opportun de rappeler au lecteur quelques éléments concernant l'évolution de l'article de théâtre dans la

presse écrite. Nous nommons cette section « l'évolution de la critique dramatique », car il nous semble qu'à l'heure actuelle, la profusion d'articles d'information n'est qu'une étape de l'évolution de la presse dont l'éthique journalistique est aujourd'hui basée sur l'information objective. Aussi, laissons-nous le soin au lecteur de se forger sa propre opinion.

3.1. La critique dramatique : évolution

Comme d'une manière générale, les pays du continent européen ont suivi une évolution parallèle et des influences convergentes tout en les intégrant à leurs spécificités nationales, nous estimons que la critique s'y est développée de manière équivalente. Il est généralement admis que le critique est celui qui est apte à juger des ouvrages de l'esprit. Dans le cas précis qui nous occupe, nous verrons de quelle manière son jugement s'applique à l'art théâtral.

Nous devons évidemment nous référer à l'histoire du théâtre pour envisager la suite de transformations du « métier » de critique.

Nous retenons que lorsque le théâtre se limitait à des représentations religieuses, il ne pouvait s'agir de le critiquer sous peine de se voir accuser de blasphème. Bien sûr, on ne peut l'oublier, tout a commencé avec l'antique théâtre grec et son culte à Dionysos. Mais la société évolue et avec elle, le théâtre. En passant par le théâtre profane et populaire lorsqu'acteurs et spectateurs se confondaient dans de véritables fêtes, il était bien mal aisé de juger. Cependant comme le pense Jacques Brenner127, le simple fait de parler d'une pièce constituait déjà un jugement, une information, une promotion, une critique. Il a fallu attendre que le théâtre soit installé dans un lieu qui lui soit réservé, que « peu à peu le public se distingue de la foule » pour parler d'un discours critique. Nous sommes au XVIème siècle, à la Renaissance, et avec la redécouverte des oeuvres antiques, apparaissent aussi les théoriciens de l'art.128 Comme l'explique encore Maurice Descotes : « C'est la progressive constitution d'un auditoire homogène, possédant son code et ses valeurs morales, intellectuelles et artistiques, qui va rendre possible l'exercice d'une critique dramatique qui,

127BRENNER, Jacques: Les critiques dramatiques, le procès des juges, Editions Flammarion, France, 1970, p 9

128 L'art poétique d'Horace, De arte grammatica de Diomède, De tragaedia et comaedia de Donat, La poétique d'Aristote. Références citées par DESCOTES, Maurice: Histoire de la critique dramatique en France, Editions Jean- Michel Place, Paris, 1980.p 13.

A partir du XVIIème siècle, se multiplient les correspondances, lettres ouvertes et critiques. En France, nous pouvons évoquer la querelle du Cid, la guerre du comique131. Simultanément, l'esprit commence à s'émanciper de la religion, suite notamment au courant humaniste et au cartésianisme de Descartes. En outre, le théâtre se différencie de plus en plus nettement du culte et devient petit à petit une véritable pratique sociale. Il faut encore attendre le XIXème siècle, pour que nous entrions véritablement, en Europe, dans l'âge de la presse écrite. Ainsi, la critique dramatique voit le jour au sens d'article de jugement sur un spectacle théâtral publié dans un journal. Il faut préciser qu' à cette époque, la presse était essentiellement une presse d'opinion. À l'heure actuelle, nous vivons à l'ère de la presse d'information, ce qui influence également la manière dont les critiques rédigent leurs articles.

Les premiers critères véritablement reconnus remontent au XVIIème siècle lorsque le théâtre est caractérisé, un peu partout, par des règles strictes comme celle des trois unités : de temps, de lieu et d'action, ainsi que la nécessité de vraisemblance et la bienséance. Nous nous permettons de penser que la situation était la même dans de nombreux pays d'Europe, étant donné le prestige et le rayonnement de la civilisation française à cette époque. Comme en témoigne R. Fayolle, en se basant sur l'usage et le bon goût reconnus dans les spectacles, le critique prend le rôle d'un juge esthétique. Il se donne pour tâche de relever les fautes commises contre les règles, que ce soit pour la tragédie ou la comédie. 132

Les oeuvres qui rompaient avec ces normes dramatiques étaient dès lors largement critiquées. Certains critiques essaient cependant de montrer que nombre de démarches théâtrales sont innovantes et partant, très riches.

129 Ibid.

130 Ibid.

131 Ces deux exemples sont issus de l'ouvrage de Jacques Brenner. Op. Cit. pp 48- 65.

132 FAYOLLE, Roger : la Critique. Editions A. Colin, Collection «U», 1964, p 35.

Parallèlement, l'art théâtral se popularise, touche un nouveau public, se développe et doit par conséquent faire face à la concurrence. Le rôle du critique s'affirme ainsi au XIXème siècle, au moment même où on assiste en Europe à la naissance d'une véritable presse, toute disposée à accueillir les articles culturels rendus indispensables devant l'offre théâtrale grandissante. Logiquement, le théâtre cherche d'autres options esthétiques : réalisme, naturalisme, symbolisme... engendrant un éclatement de la doctrine et emportant ainsi ce que Jean Duvignaud nomme « le confort intellectuel du critique »133 . Dans ce foisonnement et cette diversification de spectacles, le rôle du critique est à son comble. En effet, le lecteur s'identifie avec tel ou tel critique car il considère que ses goûts sont proches des siens. Cependant, vers la fin du XIXème siècle, la presse d'opinion est petit à petit dépassée par la presse d'information, qui s'affirme véritablement au début du XXème siècle. A cause des bouleversements que la première guerre a engendrés dans les mentalités, les valeurs de référence et en conséquence, le milieu théâtral évoluent : les artistes qui rejettent tout, proposent des choses étonnantes. C'est l'heure de gloire des avant-gardistes : dadaïstes, surréalistes... .Chaque création est différente de tout ce que l'on avait vu auparavant tant du point de vue du texte, que de la scénographie ou du jeu des acteurs.... Quelques critiques se sont montrés suffisamment ouverts pour découvrir et faire connaître ces artistes novateurs dans le champ culturel du XXème siècle. Comme elle avait déjà dû le faire au XIXème siècle, la critique a dû une nouvelle fois s'adapter au théâtre et trouver de nouveaux critères de jugement. Deux données sont essentielles à cette époque : tout d'abord, la découverte d'oeuvres étrangères : les troupes de théâtre partent en tournée en Europe. Elles vont jouer dans d'autres pays et invitent des étrangers à venir chez eux ; ensuite, le critique se pose des questions quant à l'émergence du metteur en scène en tant qu'artiste.

De nos jours, il est devenu très difficile que le critique ne donne son avis en fonction de son goût personnel. Pas de grille d'évaluation, peu de formation en école. Dans ces conditions, le critique favorise également l'émotion. D'aucuns prétendent que l'originalité est le critère des nouveaux critiques.

Ce changement de cap se reflète dans les articles « critiques » qui, rédigés à la hâte, pour respecter les impératifs éditoriaux, se contentent de présenter quelques impressions sommaires au détriment d'une véritable analyse en profondeur. On pourrait conclure avec Dominique Mathieu que dans la presse écrite, nous pouvons constater « la collusion entre le

rédactionnel et le promotionnel, l'uniformisation de l'information, le manque de presse d'opinion, l'accent mis sur l'événementiel... »134.

Les pièces que nous analyserons dans la troisième partie de ce travail ont vu le jour à l'intérieur du réseau de la CTE. Learning Europa et Gurs, une tragédie européenne ont été créées dans le cadre du programme « Théâtre en Europe : miroir des populations déplacées », subventionnées par le programme Culture 2000.

Avant de nous plonger dans l'analyse des articles de presse à propos des deux pièces, nous avons jugé intéressant de rendre compte de la visibilité de la CTE dans les médias.

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"Ceux qui rêvent de jour ont conscience de bien des choses qui échappent à ceux qui rêvent de nuit"   Edgar Allan Poe