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à‰thique et pratiques communicationnelles de l' Eglise catholique pour la pacification de l'espace public au Burkina Faso

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par Anicet Laurent QUENUM
Université Cheikh Anta Diop de Dakar - Maà®trise en sciences de l'information et de la communication  2003
  

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2.3 communiquer : une responsabilité dans la construction d'une nation de paix

Cette double exigence donne raison à cet auteur qui a déjà eu la sagesse et l'intelligence de dire que les mots sont comme de la matière et de l'anti-matière. Les mêmes mots alignés peuvent construire et les mêmes mots alignés d'une autre façon peuvent aussi annihiler. Là-dessus, la sentence de Mgr Anselme T. SANON est sans réserve : « celui qui veut communiquer à une opinion publique, que ce soit par les mots, par l'image, par les symboles..., si ce n'est pas pour permettre à des communautés de se construire, alors cette vérité n'est pas bonne ». C'est exactement comme celui qui soutien qu'une arme est faite pour défendre mais qui s'en sert pour attaquer. « Celui qui fait un tel usage de la communication montre qu'il est sous- humain et va créer une situation de sous humanité ».

A peu de choses près, c'est la même trompette qu'embouche le cardinal Lustiger à travers la réflexion suivante « au lieu de nous rendre plus sensible à autrui, son spectacle augmente notre émotion. Emotion stérile qui ne débouche sur aucun acte concret. Au mieux, elle suscite un peu de compassion et de sympathie, au pire, de la lassitude et un certain ras-le-bol »38(*)

Contre de tels risques d'égarement, le Pape Jean Paul II recommande par dessus tout aux communicateurs de se mettre au service de la vérité. C'est en fait une recommandation en forme d'exhortation : «  le service de l'humanité au moyen de la vérité mérite que vous y consacrez vos meilleurs années, vos talents les plus élevés, vos efforts les plus engagés. En transmettant la vérité, vous vous faites instruments de compréhension entre les peuples et de paix entre les nations »39(*)

Ces dernières années, le Burkina Faso a vécu des moments de tensions sociales et politiques, avec de gros risque de dérapages pour le pays, au point qu'il en a résulté un climat de psychose collective. Il fallait absolument rechercher les voies et moyens d'en sortir. Alors, imaginez l'hypothèse où celui qui est censé réfléchir pour dire comment sortir de cette violence soit encore le premier à utiliser des termes violents pour fustiger le mal. Ce ne serait qu'une manière d'exacerber la violence verbale. Or, il est évident que ce n'est pas avec un discours vindicatif voire « conflictogène » que l'on peut pacifier l'espace public. Certes, « l'arbre qui tombe fait plus de bruit que la forêt qui pousse », mais ce n'est pas une raison pour alimenter par médias interposés une culture de la peur, de l'émotion, de l'effroi, du drame, du misérabilisme en affichant ou en projetant la douleur et le sang à la une.

Autant dire qu'à la lumière de l'éthique chrétienne de la communication, l'exercice du droit à l'information est lourd de responsabilités pour le communicateur. Du moins, si l'on s'en réfère aux textes conciliaires qui, à propos du droit à l'information martèle ceci : « ... le bon exercice de ce droit requiert que la communication soit, quant à l'objet, toujours véridique et -dans le respect des exigences de la justice et de la charité - complète ; qu'elle soit, quant au mode, honnête et convenable, c'est-à-dire que, dans l'acquisition et dans la diffusion des nouvelles, elle observe absolument les lois morales, les droits de la dignité humaine »40(*)

Il en découle aux yeux de l'Eglise, l'idéal d'une pratique communicationnelle qui puisse économiser le sensationnel, y compris la recherche effrénée d'une exhaustivité de l'information qui embrouille plus qu'elle n'éclaire. Dans cet ordre d'idées, l'archidiocèse de Bobo-Dioulasso reste tout aussi convaincu à l'idée que le diktat de l'audimat, ni même aucun scoop ne sera assez croustillant, aucun événement ne sera assez urgent et assez séduisant pour être écrit, révélé et transmis au détriment de la vérité (lire Annexe 3).

Il est impérieux que le communicateur soit suffisamment conscient du pouvoir qu'il détient à travers l'information et que fort de cela, il ne saurait faire fi de l'impact social de l'information qu'il publie ou diffuse. Pour construire et préserver la paix, sa responsabilité est hautement engagée dans le traitement et la diffusion de l'information. Et c'est opportunément que le professeur Oumar DIAGNE, vient renchérir cette thèse en rappelant qu' « un journaliste indifférent aux conséquences de ses messages cesse d'être un communicateur et devient louche, suspect, parce que développant, à son insu, un subconscient pervers qui lui permet de s'investir dans n'importe quelle cause en se servant de son objectivité comme outil de travail... »41(*).

* 38 A. WOODROW Information/manipulation, vifs, éditions du Félin, juillet 1991, p.105-106

* 39 Jean Paul II, discours aux journalistes à l'ONU in A.A.S, 1970, p.1162

* 40 Concile oecuménique Vatican II. Editions du centurion. Paris ,1997, p .656

* 41 Article sur « journalisme et développement » in Quaderni, n°36, Paris, 1998, p. 36

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