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L'impact de l'exploitation artisanale de l'or : cas du site de Fofora dans la province du Poni.

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par Edith SAWADOGO
Université de Ouagadougou - Maà®trise 2011
  

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II. LES RISQUES SANITAIRES LIES A L'ORPAILLAGE

L'orpaillage expose ses acteurs à des risques divers. Selon l'étape de l'exploitation, on distingue les risques encourus par les « creuseurs », les transformateurs mécaniques, les laveurs et raffineurs, ainsi que les risques encourus par les employés de la cyanuration.

II.1 : les risques encourus par les « creuseurs » de puits

Les moyens d'extraction utilisés par les « creuseurs » les exposent à des menaces. Les dangers physiques majeurs des creuseurs sont les risques d'asphyxie par gaz de motopompes ou de dynamite et les risques d'éboulement de puits et de galeries. En effet, l'usage de la motopompe et de la dynamite dégage des gaz toxiques polluants comme le gaz carbonique (CO2) et l'azote qui appauvrissent la qualité de l'air et de l'eau des puits. En zone de montagne où les roches sont généralement plus dures, les éboulements sont facilités par le dynamitage qui fragilise le substrat. Dans les zones basses par contre, ils sont dus à la tendresse des roches. Ces accidents font plus de victimes pendant et en fin de saison pluvieuse pour cause du non respect des dates de fermeture officielle des sites d'orpaillage. Généralement, ceux qui perdent la vie dans les éboulements sont les « Topomanes ». Ces derniers sont des orpailleurs qui entrent dans les puits, souvent abandonnés, en l'absence de cordes de secours. Ils sont considérés par les autres comme des pilleurs de filon. L'asphyxie quant à elle touche tous les « creuseurs ». Elle est plus fréquente car l'usage de la motopompe est régulier. Les individus les plus touchés par les asphyxies sont ceux qui mettent en marche la motopompe dans le puits et ceux qui y entrent quelques minutes seulement après son arrêt. Les cas d'asphyxie sont souvent bénins, mais peuvent entraîner des pertes en vie humaine. C'est le cas en 2009 où 6 personnes ont perdues la vie sur une même ligne (ligne de Dagara) par asphyxie. Les victimes d'accidents bénins sont soignées en les faisant boire du lait concentré sucré.

Les victimes d'asphyxie et d'éboulement sont gardées secret depuis la noyade des 35 « creuseurs » sur le site de Konkera dans le Noumbiel en août 2008. Ces accidents ne sont observés que chez les creuseurs, mais il peut arriver que des visiteurs (vendeurs ambulants)

fassent partie de ces victimes d'éboulement. Le poids exercé par ces derniers sur les parties externes des galeries peut engendrer l'effondrement des puits en entraînant les visiteurs au fond du gouffre.

Outre ces accidents, les creuseurs sont confrontés à la poussière et à l'humidité. La faiblesse des moyens de protection (figure n°5) facilite l'absorption de cette poussière.

Figure n° 5: moyen de protection des creuseurs

% 100

60

40

20

80

0

Cache-nez

gans

Moyens de protection

pas de protection

Source : enquêtes de terrain

Pour les enquêtés, l'état des puits (manque de lumière et d'aération) ne les encourage pas à utiliser des moyens de protection. Les seuls moyens sur le site d'extraction restent le cache-nez et les gans. Les taux d'usage sont respectivement de 2,9% soit 1 personne sur 35 enquêtés et 14,3% soit 5 personnes. Ces moyens ne sont utilisés qu'à l'extérieur des puits.

La poussière absorbée et l'humidité constante dans les puits les exposent à des maladies respiratoires aiguës. Cette poussière dégagée par le fonçage des puits est directement inspirée par les creuseurs. Les particules grossières se déposent dans les poumons et entraînent des maladies respiratoires. En plus de la poussière du fonçage, les ouvriers de puits travaillent souvent dans la boue ou dans l'eau de la nappe phréatique. Après 12 heures de travail dans l'humidité, ils se reposent au bord des puits, à même le sol et dans la fraicheur par manque d'habitat à proximité. La constance du travail dans la boue les expose à une absorption cutanée des éléments chimiques constitutifs des roches. Aussi, sont exposés les « creuseurs » aux piqures des bestioles qui ont pour refuge les puits et les galeries pendant la saison des pluies.

En somme, les « creuseurs » de puits sont exposés aux éboulements, aux asphyxies, à l'absorption cutanée des éléments constitutifs des roches, à la fraicheur, à la poussière du minerai et aux morsures de reptiles.

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"Ceux qui vivent sont ceux qui luttent"   Victor Hugo