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La relation thérapeutique dans les interférences entre la biomédecine et la tradipratique. Une lecture anthropologique à  l'hôpital Laquintinie et à  l'African Clinic de Douala (cameroun).

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par Bruno Duovany BEKOLO ENGOUDOU
Université de Douala (Cameroun) - D.E.A en anthropologie, mention santé 2007
  

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III- LE PROBLEME

Toute recherche ambitionne de résoudre une difficulté, une contrariété d'ordre social ou épistémologique. Notre sujet se rapporte aux difficultés d'accès à la santé au Cameroun en général et à Douala en particulier. Il semble, en effet, qu'arriver à l'hôpital est une chose et pouvoir s'y faire soigner, en est une autre. On comprend dès lors qu'il n'est pas toujours aisé de se faire soigner normalement dans nos structures médicales publiques surtout quand on n'est pas issu d'une classe sociale nantie (JAFFRE Y., op. cit.). Bien plus, selon le rapport 2006 de l'Organisation Mondiale de la santé (O.M.S), au Cameroun, l'on compte huit fois moins de médecins et dix fois moins d'infirmiers qu'à la norme internationale ( www.oms.org.).

Devant cet état de chose, on comprend que nos hôpitaux publics souffrent d'un manque criard de personnel. Quand celui-ci est présent, l'on remarque bien de égarements de sa part. Aussi, l'opinion publique lui reproche-t- elle le laxisme, le rançonnement des patients, l'irresponsabilité (MEYER P., op. cit.), le non respect du code médical, le non respect de la déontologie médicale et du secret médical.

En outre, il est de notoriété publique que, pour se soigner, il faut impérativement avoir de l'argent pour acheter, non seulement les médicaments, mais aussi pour « payer les backschichs » (SEUMO H., op. cit.) au personnel soignant. L'on assiste donc à l'expansion de deux formes de médecine à l'intérieur de la médecine conventionnelle camerounaise : la médecine des riches et la médecine des pauvres. Ceux qui ont des moyens financiers guérissent rapidement de leurs maladies, alors que ceux qui n `en ont pas jouissent d'une santé précaire. En clair, nous sommes en présence d'une médecine à deux vitesses au sein même de la médecine publique conventionnelle du Cameroun en général et de Douala en particulier. C'est dire que l'économique conditionne l'accès à la santé.

Au surplus, l'on assiste à un déséquilibre notoire entre le nombre de médecins, infirmiers et le nombre de malades. C'est d'ailleurs ce qu'atteste l'annuaire statistique du Cameroun en 2004.

Tableau 1 : Ratio population/personnel sanitaire par province en 2003

Personnel

Province

01 médecin Généraliste pour

01 médecin spécialiste pour

01 chirurgien dentiste pour

01 infirmier pour

Adamaoua

25844

723626

723626

2575

Centre

14977

41004

500246

1416

Est

16780

188772

755088

1833

Extrême-Nord

73553

///////////

////////////

6403

Littoral

30169

28978

244704

1773

Nord

53349

204503

613509

2709

Nord-ouest

484035

368105

1840527

3287

Ouest

28726

165176

1982106

1691

Sud-ouest

21427

177536

621375

2381

Sud

20571

178265

534854

1783

Cameroun

26483

82795

60538

222

Source : Annuaire statistique du Cameroun 2004

Nous notons que le ratio personnel soignant/patient a un écart considérable. Cette insuffisance du personnel traitant s'ajoute au fait que ceux en exercice semblent plus préoccuper par leur mobilité et sécurité sociales que par le souci véritable de satisfaire les patients. Dans chaque province, nous constatons un fossé énorme entre le nombre de prestataires de soins et le nombre de malades .Bien plus, de l'an 2005 à l' an 2007, le personnel soignant des hôpitaux publics camerounais a grevé plus d'une fois, réclamant la revalorisation de leur salaire et l'amélioration de leurs conditions de travail.

Pour ce qui est de la médecine tradinaturelle, l'opinion publique camerounaise lui adresse bien des critiques. Seulement, près de 80% de la population camerounaise recourt à elle pour se faire soigner. (Http //www.oms.org). Aussi apparaît-t-il que la relation patient/traitant varie selon qu'on est dans l'une ou l `autre médecine au Cameroun.

De plus, l'on assiste à une résurgence des «  cliniques » traditionnelles, lesquelles sont fortement sollicitées dans la ville de Douala (DE ROSNY E., op. cit.).

Problématique

L'hôpital a toujours été considéré comme un lieu qui redonnent la santé aux malades et qui est mis sur pied par les instances politiques afin de garantir aux populations la lutte contre la morbidité. L'objectif visé étant l'éradication de toutes les formes de maladies. Pour ce faire, ces politiques mettent à la disposition des hôpitaux un certain nombre de mesures d'accompagnements de sorte que les malades puissent y consulter et partant puissent recouvrer leur santé. Seulement, l'on note depuis un certain nombre d'année que nombre d'hôpitaux publics s'illustrent par un laisser aller qui est de nature à compromettre la guérison des malades qui y vont . De plus, les rapports entre le personnel soignant et les patients ne sont pas en reste. Ils sont aussi décriés que la qualité des prestations qui y sont dispensées.( DIAKITE T. op. Cit)

Pourtant les interactions de face à face (GOFFMAN E. op. cit.), constituent l'une des conditionnalités relatives à l'accès à la santé dans la ville de Douala. En effet, pour sa santé, le patient ou le malade a besoin de se rendre chez un prestataire de soins. Ce faisant, en face de ce dernier, il bute sur nombre de difficultés qui diffèrent et/ou compromettent sa guérison. La relation thérapeutique semble être fonction du statut du patient qu'on a devant soi. Si le patient est d'une condition sociale aisée, alors la relation médicale avec son traitant sera profonde. Si c'est l'inverse, elle sera superficielle. On comprend dès lors que le social, le politique, et l'économique sous-tendent la relation médicale aussi bien dans la médecine moderne conventionnelle que dans la médecine traditionnelle, mais à des degrés divers.

Par ailleurs, nos observations nous font croire que la relation thérapeutique n'est pas la même dans les deux formes de médecines. L'une d'elle semble la minorer et nous nous proposons de voir à quel point elle le fait par le prisme de l'hôpital Laquintinie (HOURS B. op. cit.) et de l'African clinic. Nous nous appesantirons sur les relations « officielles » et les relations « officieuses » dans ces deux structures médicales afin de cerner la place qu'elles accordent aux patients (GOFFMAN E. 1961).

La relation patient / traitant prend dès lors encrage sur les théories des interactions sociales privilégiant ainsi les côtés socio émotionnels et affectifs de leurs rencontres physiques, leurs comportements respectifs, en accordant aussi une bonne place à la théâtralité ou du moins au côté scénique de ces comportements. A cet effet, pour BENSING J.M. (1976, 1980), lorsque le patient va rencontrer un traitant, il a deux principaux objectifs. Premièrement, il recherche sa guérison. Cette dernière étant conditionnée par la prescription par le docteur d'une ordonnance. Deuxièmement, la maladie met le patient dans un état de dépression. Cela implique qu'il doit être rassuré, rasséréné et calmé. On comprend alors que le traitant doit faire en sorte que le patient ne soit plus anxieux.

En outre, le reproche qui est très souvent à la médecine conventionnelle des hôpitaux publics africains en général et ceux du Cameroun en particulier notamment à l'hôpital Laquintinie de Douala, se rapporte au mauvais traitement et aux mauvais accueils réservés aux malades. En clair, pour qu'un patient puisse se rétablir promptement, il a besoin d'être entouré de soins physiques et mentaux. Quand même il serait dans un hôpital de renom, s'il n'y est pas bien accueilli et respecté, il ne guérira pas bien de son mal. Fort heureusement que la médecine traditionnelle africaine s'efforce bon an mal an à être holistique, totalisante et complète. Elle soigne l'être comme une globalité. Elle se souci de ses rapports avec son environnement social. Il apparaît alors qu'elle soigne le physique et le moral du patient en tenant compte de son statut social et de sa socioculture.

Cependant, la médecine traditionnelle subi une certaine modernisation aux dimensions de la médecine conventionnelle. En fait, elle souffre d'une discréditation savamment planifiée par les tenants et les promoteurs de la médecine des hôpitaux. Ceux-ci n'ont de cesse de la phagocyter, de la déstabiliser afin de lui ravir la vedette et ce, au grand dam des patients. Néanmoins, l'on constate que leurs efforts sont vains eu égard à l'expansion des cliniques tradi - naturelles dans la ville de Douala. Leur multitude atteste que les patients ou du moins les malades opèrent une sorte de « retour aux sources ». Les malades montrent ainsi qu'ils préfèrent la médecine de leurs ancêtres, la médecine de leur culture, laquelle accorde une place de choix à leur discours. Par conséquent, pour cerner notre sujet , il nous semble indiquer de nous poser un certain nombre de questions.

QUESTIONS DE RECHERCHE

Question générale

La relation thérapeutique est- elle aussi indispensable que les médicaments dans les deux formes de médecines ?

A cette question s'adjoignent quelques unes spécifiques.

Questions spécifiques

- Quelle est la place de la relation thérapeutique dans les prestations sanitaires à L'HLD ?

- Quelle importance ces deux structures médicales accordent-elles à la relation thérapeutique pour le traitement de leurs patients ?

- Comment se comporte le personnel soignant en situation de face à face avec ses patients dans les deux formes de médecines ?

- Quelles sont les différentes conditionnalités dans l'accès à la santé dans ces deux institutions médicales ?

- Qu'est-ce qui prime dans l'une et l'autre médecine : l'économique ?, le social ?, ou le thérapeutique ?

Toutes ces questions nous permettent à cet effet d'émettre quelques hypothèses.

HYPOTHESES DE LA RECHERCHE

Hypothèse générale

- La relation thérapeutique n'a pas la même valeur que les médicaments dans les deux formes de médecine.

Hypothèses spécifiques

-La relation thérapeutique est paternaliste et holistique dans la médecine tradinaturelle .

- Les patients butent sur plusieurs obstacles dans leurs interactions avec les soignants à l'hôpital Laquintinie.

- La prise en charge psychosociale et thérapeutique du patient dépend très souvent de son statut social.

- La médecine conventionnelle à l'HLD fait primer l'économique sur le social et le thérapeutique.

- A l'AC, la relation thérapeutique est basée sur la prise en compte des attentes du patient et non uniquement sur l'achat des médicaments.

- Les représentations des malades sur l'une ou l'autre forme de médecine conditionnent le choix de leurs itinéraires thérapeutiques.

OBJECTIFS DE L'ETUDE

A travers cette étude, nous poursuivons un certain nombre de desseins qui se subdivisent en un objectif principal et en plusieurs autres secondaires.

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"Je voudrais vivre pour étudier, non pas étudier pour vivre"   Francis Bacon