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Une Algérie fracturée, un enfant en danger

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par Lounis Oukaci
Université Mentouri de Constantine - Doctorat d'état en sciences de l'éducation 2007
  

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Conclusion et commentaires

De l'entretien , on peut tirer les conclusions suivantes : il y'a un paradoxe entre le tempérament calme du sujet lors de l'entretien et le dessin libre qui démontre clairement qu'elle souffre énormément dans son intérieur. On sent qu'il y'a vraiment un bouillonnement dans son «intérieur» plein de haine, de mépris, de vengeance, de peur et d'angoisse. Tout ces facteurs influent d'une manière directe sur son «coté fragile de petite fille», qu'elle est.

Cette fille demande de l'aide, demande que cette « énergie destructrice » soit transformée en une « énergie constructive ». C'est- ce que font les spécialistes en psychologie clinique malgré les moyens limités dont ils disposent.

Résultats de l'enquête proprement dite.

L'enquête s`est portée sur (40) enfants âgés de (08 à 13 ans). L'objectif de notre recherche était de connaître le vécu psychologique de ces enfants, dont les parents sont terroristes ou victimes du terrorisme. Et quelle est leur représentation de la société ?

Ces 2 groupes, (20 enfants, dont les parents son terroristes, et 20 enfants victimes du terrorisme), présentent les mêmes signes de souffrances d'ordre psychologiques : l'angoisse de mort, la peur, la vengeance, et la haine. Ces facteurs ont généré chez tous les sujets, la régression, la mauvaise identification, le mépris et la méfiance envers la société. Cette pression, poussée à l'exaspération, entraînera dans un futur proche l'embrasement de l'Algérie, cette fois ci, d'une intensité inimaginable.

Aussi, les résultats de l'enquête, nous ont révélé que les séquelles dues aux événements ont laissé des traces indélébiles chez tous les sujets malgré le temps passé (3 à 6 ans). Ce qui laisse supposer que la prise en charge n'est pas efficace, vu le manque de moyens dont dispose les équipes psychopédagogiques.

Il faut donc veiller à donner les moyens matériels et financiers aux professionnels, afin qu'ils puissent mener leurs missions convenablement. Encore faudrait-il signaler au passage, que tout le monde doit participer à cette opération. Pour que cette mission soit efficace, deux acteurs seulement devront intervenir, l'Etat, avec ses moyens logistiques, et les professionnels : psychologues, psychiatres, pédiatres, psychanalystes, et sociologues.

Avant de juger un événement, disent les grands juristes de ce monde, il faut d'abord le connaître. Et quand on le connaît, il nous est difficile de le juger... Mais dans le cas de la guerre d'Algérie 199 1-2000. Force est de croire qu'aucune argumentation d'ordre politique, philosophique, scientifique ou religieuse, soit elle ne peut justifier les actes barbares que la société algérienne a subit.

Tout le monde sait que les pouvoirs successifs, d'une manière consciente et, avec une complicité directe pendant les années 80, ont berné, encouragé, aidé l'islamisme à s'enraciner à travers une planification minutieusement perpétrée par le biais d'un système éducatif, du primaire jusqu'à l'université...

Mais en contre partie, presque la majorité du peuple Algérien -le peu qui reste de femmes et d'hommes, qui se sont soulevés pendant les années 80, ont été malheureusement marginalisé, ou assassiné- nie qu'elle a donné sa bénédiction durant les années 80, jusqu'à nos jours. Qui, par sa collaboration directe, qui, par sa collaboration indirecte, qui, par son opportunisme, qui, par son esprit de vengeance et de rancoeur, qui, par son silence, qui, par sa lâcheté, qui, par la fuite à l'étranger tout en sachant qu'ils auraient pu stopper : CETTE OPERATION CHIRURGICALE : METTRE L'ALGERIE A GENOUX.

On peut dire, comme disaient les imminents juristes du siècle, «Il nous est difficile de juger ». Mais aller jusqu'à justifier la barbarie, en couvrant d'éloges les acteurs de cette tragédie, ou du moins justifier leurs actes, relève tout simplement de l'absurde et de l'invraisemblable.

On ne se rend pas compte, qu'on est entrain « d'institutionnaliser la violence » sous toutes ses formes. Institutionnaliser la violence, revient à légitimer le crime organisé, à légitimer le crime contre l'humanité, à légitimer le blanchissement des sommes colossales d'argent et d'or amassées par les acteurs de la violence et les mafieux sanguinaires, lesquels profitant de cette situation dramatique, sont devenus en un temps record des milliardaires « respectables », à légitimer la prostitution des mineurs, à légitimer la « profession » des souteneurs. Ces derniers deviendront une force de pression dans ce pays, car ils gèrent des

milliards de dinars récoltés par la prolifération de la prostitution et la vente de la drogue. Nous sommes réellement en danger. C'est la désarticulation sociale.

Ce sujet que nous avons développé émane d'une recherche académique, qui n'est certes pas exhaustive. C'est pour cette raison que nous avons voulu la considérée comme étant une réflexion à haute voix, afin d'apporter une petite contribution aux préoccupations des enfants et de leur devenir. Comptez autour de vous les enfants angoissés victimes du terrorisme, les victimes du divorce... comptez autour de vous les enfants privés d'affections, les abandonnés, les orphelins, les martyrisés, les marginalisés, les exclus, les enfants handicapés, les délinquants, les toxicomanes, les enfants prostitués.

En voyant les conditions de l'enfant, nous allons apercevoir le paradoxe qui gère notre société. D'une part, nous revendiquons la dignité, l'égalité, la justice. Et d'autre part, nous collaborons tous, aux piétinements de ces valeurs, en méprisant, en battant, en terrorisant, en marginalisant les futurs citoyens de la Nation.

Des centaines de milliards de dinars investis dans le domaine de la santé. Et pourtant, jamais autant d'enfants n'ont été touchés par la malnutrition et les maladies. Des centaines de milliards de dinars investis dans le domaine de l'éducation. Et pourtant, jamais autant d'enfants n'ont été victimes d'analphabétisme. Ces progrès méthodologiques et didactiques semblent trop souvent servir la mise en condition idéologique et culturelle.

Des centaines de milliards de dinars mises aux services de la solidarité. Et pourtant, jamais autant de familles n'ont été victimes de la pauvreté, ces dernières acceptent leur sort avec fatalisme.

Notre politique, qui se veut éminemment sociale et « développe » ses services dans ce sens, a réussi à séparer ce que fut toujours uni, la famille, à l'atomiser au maximum. Quand la notion de respect de l'enfant paraît et croit à notre horizon, la carence d'autorité saine, ferme et bienveillante plonge le jeune dans le désarroi et la déréliction. Au sein de ses contradictions où triomphent l'hypocrisie morale et le conformisme sur la tutelle du dieu argent reconnaissant avec René Maheu « le besoin absolu de la jeunesse s'accommode moins que jamais des injustices et du désordre du monde .... ».

Ils nous appartient à tous de prendre nos responsabilités, parce que tout est encore possible, le meilleur, et le pire, et parce que l'homme, pour son salut ou sa perdition, reste capable d'étranges et imprévisibles sursauts. Nous pouvons, grâce à ce qui nous reste comme dignité, créer des conditions nécessaires et suffisantes pour sortir de l'impasse : faire sortir ces êtres fragiles, vulnérables, innocents, minés par la misère, la malnutrition, l'analphabétisme, abrutis par la corvée de survivre.

Nous pensons qu'une prise de conscience de cette situation inadmissible peut, seul, provoquée le sursaut tant attendu, et tant espéré.

Quand la volonté politique existe, fortement, sincèrement, l'histoire avance. Il est intolérable qu'elle continue d'avancer en foulant les plus faibles. Elle doit les porter à bout de bras, comme gerbes d'espérance, vers un avenir de réel épanouissement humain....

Enfin, comme le disait si bien Peter Ustinov, « Peut être devrions nous songer à éviter à nos enfants qu'ils se perdent en chemin comme nous l'avons fais-nous- mêmes ».

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"Il existe une chose plus puissante que toutes les armées du monde, c'est une idée dont l'heure est venue"   Victor Hugo