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Etude des potentialités mellifères de deux zones du Burkina Faso: Garango (Province du Boulgou ) et Nazinga (Province du Nahouri )

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par Issa NOMBRE
Université de Ouagadougou - Doctorat unique spécialité : sciences biologiques appliquées option: biologie et écologie végétales 2003
Dans la categorie: Géographie
  

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Introduction

La pratique de l'apiculture est une tradition séculaire en Afrique et plus particulièrement au Burkina Faso. En effet, il existe de nombreuses familles d'apiculteurs traditionnels et de chasseurs ou cueilleurs de miel. Les matériaux utilisés pour la confection des ruches varient d'une zone à une autre et comprennent des vanneries et des poteries. Cependant, les produits de l'apiculture traditionnelle ont un faible impact dans l'économie du pays, car non seulement la production est faible, mais aussi les produits sont de qualités insuffisantes (miel et cire souvent brûlés et impurs). Les techniques de récolte et de traitement restent rudimentaires. De plus, la perte des abeilles responsables de la pollinisation d'un grand nombre de plantes et, la dégradation des sols liée aux feux de brousse qui sont provoqués par les pratiques apicoles traditionnelles ont des répercussions négatives sur l'économie et la sécurité alimentaire. Pour un pays qui possède de réelles potentialités en espèces apiaires et mellifères, une longue tradition apicole et, qui peut assurer ses besoins en miel et en cire, une pareille situation reste incompréhensible. Face à toutes ces réalités et à la dégradation des conditions sociales dans les zones rurales, il est apparu aux autorités la nécessité de développer une apiculture améliorée comme alternative pour valoriser et préserver les ressources naturelles. Ainsi en 1980, des actions de prospections ont été entreprises dans la zone Quest du Burkina Faso. Elles ont abouti en 1985 à la mise en place d'un projet conjoint PNUD/FAQgouvernement du Burkina Faso de ``développement et de vulgarisation de l'apiculture améliorée en milieu paysan½. Pour mieux maîtriser les facteurs influençant la production de miel, l'exécution du projet a nécessité des études scientifiques sur la flore mellifère et sur l'éthologie de l'abeille locale Apis mellifera

adansonii Latreille. Ainsi une collaboration a été établie entre le projet et l'Université de Quagadougou à travers le Laboratoire de Biologie et Ecologie Végétales. L'exécution de ce projet a favorisé la vulgarisation de l'apiculture moderne au Burkina Faso et l'installation de projets apicoles dans plusieurs provinces du pays. Mais, l'analyse de la plupart de ces projets de développement de l'apiculture débouche sur un constat d'échec. Ces échecs seraient dus à la méconnaissance du fonctionnement des sociétés traditionnelles et plus particulièrement des rapports qu'elles entretiennent avec le monde des abeilles (Villières, 1987 a), à une inadaptation du matériel et des techniques apicoles introduites, aux conditions climatiques et surtout à l'absence d'informations sur les potentialités mellifères de la plupart des zones agroécologiques du Burkina Faso.

En effet, si dans les pays tempérés de nombreux travaux ont été réalisés sur les relations plantes abeilles, dans les zones tropicales en général et dans les pays africains en particulier, très peu de travaux ont été réalisés car le rôle des interrelations plantes et abeilles dans la dynamique des écosystèmes a longtemps été négligé (Lobreau-Callen et al., 1986). Des travaux comme ceux de Gadbin (1980) pour le Tchad, de Lobreau-Callen et al. (1986) et de Villières (1987 a) pour le Togo et le Bénin, de Hertz (1994) pour la Gambie, de Molès (2000) pour le Bénin, de Damblon (1986) et de Schweitzer (2002) pour le Maroc constituent des références.

Au Burkina Faso, les travaux de recherches apicoles ont été réalisés par Guinko et al. (1992), Sawadogo (1993) et Nombré (1998). Ces recherches qui se sont déroulées dans les zones Quest et Centrale du pays ont permis d'y identifier les principales espèces végétales visitées par l'abeille domestique, de mieux connaître la biologie et l'éthologie de l'abeille locale et enfin de dresser un calendrier de visite des ruches pour la zone Quest. Nous n'avons pas connaissance de travaux de

recherches menés dans d'autres zones du Burkina Faso. Pourtant, il est important de développer l'activité apicole dans ces différentes zones car cela présente des avantages et peut être bénéfique aussi bien pour l'apiculteur que pour la collectivité (Hetz, 1994 ; Adjaré, 1990 ; Sosu,1993 et Carrol, 1997). Pour ces auteurs, l'apiculture peut se pratiquer dans les zones impropres à l'agriculture et être source de revenus. Elle peut se pratiquer en saison sèche et de ce fait complète l'agriculture. Elle peut surtout améliorer les productions agricoles à travers les actions pollinisatrices des abeilles.

Ces constats justifient le choix de notre sujet «Etude des potentialités mellifères de deux zones du Burkina Faso : Garango (Province du Boulgou) et Nazinga (Province du Nahouri) » dont les objectifs sont :

* contribuer à la connaissance du potentiel mellifère du Burkina Faso en général et surtout des deux zones en particulier. Cela à travers un inventaire qualitatif et quantitatif des espèces de plantes butinées par les abeilles ;

* établir un calendrier de visites des ruchers par un suivi de la variation du poids des ruches ;

* recenser les pratiques apicoles traditionnelles dans ces deux zones grâce à des enquêtes ethnoapicoles ;

* constituer des lames de référence et un atlas de pollen des espèces mellifères outils indispensables pour les analyses polliniques des miels.

Le choix de ce sujet entre aussi dans le cadre général de la conservation de la biodiversité. En effet les abeilles jouent un rôle dans la conservation du patrimoine génétique qui résulte de la fécondation croisée des plantes cultivées.

Cette étude s'articule autour de trois points. Après une introduction, nous

abordons dans un premier chapitre les généralités sur l'abeille domestique et les zones d'études. Le matériel et les méthodes utilisés sont abordés dans le deuxième chapitre. Les résultats auxquels nous sommes parvenus seront discutés dans le troisième chapitre. Suivront ensuite une conclusion générale et des perspectives.

GENERALITES

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