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Analyse qualitative des systèmes de cacao- culture dans la région du Centre, Cameroun

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par Jacques Marcien KWESSEU PETGUEN
Université de Dschang - Ingénieur agronome 2010
  

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CHAPITRE 3 : METHODOLOGIE

Ce chapitre présente la zone d'étude, les raisons du choix de la zone d'étude, le choix et la taille de l'échantillon, les types de données collectées, et les outils utilisés pour analyser les données.

3.1. CHOIX DE LA ZONE D'ETUDE

Notre étude a été menée dans la région du Centre du Cameroun. Le cacaoyer y trouve des conditions idéales de croissance, et de ce fait, occupe 60 % des surfaces cultivées. (Jagoret et al., 2006). Pour le même auteur, le cacaoyer est la principale culture de rente et par conséquent la principale source de revenu des producteurs. Cette région fourni également plus de 60 % de la production nationale du cacao.

L'étude s'est déroulée dans les zones de Bokito, Ngomedzap et Zima. Le choix de ces zones a été guidé par l'existence d'organisations de producteurs de cacao viables, volontaires et susceptibles de devenir des interlocuteurs privilégiés des chercheurs impliqués dans l'opération de recherche. De plus ces zones de production ont été identifiées en fonction du découpage administratif et de manière à couvrir un maximum de diversité (histoires des cacaoyères, conditions pédoclimatiques, végétations et reliefs).

Enfin, le choix de ces zones correspond à celles d'action du projet Fond de Solidarité Prioritaire (FSP) régional cacao dont les travaux de recherche sont réalisés sur la base des critères de différenciation suivants :

· Bokito, est une zone caractérisée par des conditions pédoclimatiques jugées marginales pour la culture du cacaoyer, mais qui présente une dynamique de plantation qui lui est propre (absence de front pionnier, intensification des pratiques culturales, et cacaoyères installées sur savane) ;

· Ngomedzap, est situé dans la zone cacaoyère en déclin où dominent les plantations âgées qui produisent peu ;

· Zima est une zone de cacaoculture stabilisée qui entame son déclin suite au vieillissement des vergers, concomitant à la baisse de fertilité.

3.2. PRESENTATION DE LA ZONE D`ETUDE

L'étude est conduite dans la région du Centre et plus spécifiquement dans les zones de Bokito (Département du Mbam et Inoubou), Ngomedzap (Département du Nyong et So'o) et de Zima (Département de la Lékié)

A Bokito, nous avons travaillé plus spécifiquement dans le village de Bakoua. Dans la zone de Zima, les cacaoyères étaient situées dans les villages de Leki-Assi et Ezezang-Esséle. A Ngomedzap, nous avons travaillé à Abod-Mveng et Tiga. La figure 2 indique la localisation géographique de la zone d'étude.

Figure 2: Localisation des bassins de production de cacao au Cameroun et la Zone d'étude Source : FSP, 2004 :12

3.2.1. Milieu physique

Le tableau 3 présente les principales caractéristiques pédo-climatiques des trois zones d'étude.

Tableau 3: Caractéristiques physiques des trois zones de l'étude

Caractéristiques
physiques

Ngomedzap Zima Bokito

 

Pluviométrie
moyenne annuelle

1.700 à 1.800 mm 1.400 à 1.500 mm 1.300 à 1.500 mm

 

Relief

- A l'ouest : hautes
collines complexes à
sommets supérieurs à 900
m ;
- A l'est : collines
largement ondulées.

Végétation

- A l'ouest : forêt dense
sempervirente ;
- A l'est : forêt mixte
dégradée.

Nature des sols
dominants

-A l'ouest : rochers nus,
sols peu évolués lithiques,
ferrallitiques fortement
désaturés, typiques ou
rajeunis, ocre à jaune ;
-A l'est, sols ferrallitiques
fortement désaturés, faciès
jaune-rouge, ocre et jaune
en bas de pente.

- Collines de plateaux
fortement ondulées ;
-Collines relativement
accidentées ;
- Plaines faiblement
ondulées avec bas- fonds.

-Paysage forestier
domestiqué et culture
arbustive.

- Sols ferrallitiques
moyennement désaturés,
appauvris, à faciès ocre ;
- Sols ferrallitiques
moyennement désaturés
avec érosion et
remaniement à faciès
ocre ;
- Sols ferrallitiques
moyennement désaturés, à
faciès jaune,
hydromorphes de bas-
fonds.

- Petites collines
surbaissées et plateaux
légèrement ondulés ;
- Plaines à talwegs très
peu marquées, réseau
diffus et souvent
marécageux.
- Savanes arbustives à
raphiales ;
- Forêts-galeries ;
- Savanes herbacées à
hypparthenia,
cypéraceas ou
graminées diverses.

- Sols faiblement
désaturés rajeunis ;
- Sols faiblement
désaturés rajeunis,
appauvris et
hydromorphes.

Source : Santoir et Bopda, 1995 :22

Climat

Le climat de la région du Centre est de type guinéen avec des températures moyennes annuelles de 25°C. La pluviométrie, comprise entre 1.500 et 2.000 mm par an est répartie en deux saisons bien distinctes permettant deux cycles de culture et un calendrier cultural bien étalé avec semis et récolte échelonnés (Ambassa- kiki et Tiki, 1993).

Le cacaoyer est une plante exigeante en termes de climat. Sa culture nécessite une température relativement élevée avec une moyenne annuelle située entre 30-32° C au maximum et 18-21° C au minimum. Le minimum absolu est de 10° C ; la moyenne des minima quotidiens doit être supérieur à 15° C.

Le même auteur souligne que la pluviométrie est le facteur affectant le plus la variabilité interannuelle des rendements. L'optimum de pluviométrie se situe entre 1500 et 2000 mm par an. Les pluies doivent être abondantes et surtout bien réparties tout le long de l'année sans qu'il ait plus de 3 mois de saison sèche avec 100 mm de pluie par mois.

Relief

L'ensemble de la zone présente un relief assez plat. L'altitude moyenne est de l'ordre de 440 m (Santoir et Bopda, 1995).

Sols

Trois grands types de terres, dont la fertilité diminue lorsqu'on passe, du Nord au Sud de la

zone de savane à la zone forestière, peuvent être distingués (Ambassa-kiki et Mvondo, 2001) :
- les terres jaunes des savanes péri-forestières. Elles concernent principalement la
zone de forêt savane localise dans le Département du Mbam et Inoubou. Ces terres
sont parfois peu profondes. Elles sont bien drainées et présentent généralement une
nappe de gravats à une profondeur variable. Leurs propriétés chimiques sont bonnes
en dehors de leurs faibles teneurs en matières organiques ;

- les terres rouges moyennement désaturées sur roches acides. Elles sont localisées dans le Département de la Lékié .Ce sont des terres profondes et bien drainées. Leurs propriétés chimiques sont comparables à celles des terres ocres des savanes péri-forestières ;

- les terres fortement désaturées rouges et jaunes. Elles sont présentes dans le Département du Nyong et So'o. Ce sont des terres de très faible valeur agricole. Elles sont en général profondes et bien drainées, avec parfois un horizon

gravillonnaire ou une cuirasse ferrugineuse à faible profondeur. Elles ont une acidité élevée qui accentue la pauvreté en bases échangeables. Ces sols sont pratiquement pauvres en éléments nutritifs et nécessitent d'importants apports d'engrais. Les terres de bas fonds son plus acides et plus appauvries.

Le cacaoyer se développe sur des sols de types très variés mais, à conditions climatiques équivalentes, il est évident que les sols les plus profonds et les plus riches se révèlent très nettement plus favorables au développement et à la production de l'arbre.

Végétation

Selon Anon (2000), la végétation est stratifiée, du Nord au Sud de la région du Centre, de la façon suivante :

Le Département du Mbam et Kim sont assimilés à la zone post-forestière ou la forêt, fortement défrichée pour les cultures demeurent le long des cours d'eau et sur les crêtes des collines alors que la savane arborée riche en Imperata cylindrica occupe le reste du territoire ; Dans le Département de la Lékié, la forêt devient semi-décidue, riche en celtis et en Sterculiaceae, et la végétation est influencée par les défrichements ;

Le Département du Nyong et So'o, où l'influence de la forêt Congolaise est fortement ressentie, est principalement occupé par la forêt humide, hémi-ombrophile à Sterculiaceae

La zone d'étude est caractérisée par deux formations végétales distinctes.

Milieu humain

La population des zones d'étude est principalement constituée de l'ethnie Yambassa dans le Mbam et Inoubou, et de l'ethnie Béti dans la Lékié et le Nyong et So'o. A Bokito, les langues parlées sont le Mmala et le Gounou ; à Ngomedzap, c'est l'Ewondo et à Zima, l'Eton.

La superficie du département du Mbam et Inoubou est la plus grande des trois départements considérés et la densité de population y est plus faible que celle des autres départements. Le tableau 4 ci dessous présente la superficie, la population et la densité de population dans les trois Département de la zone d'étude (MINPAT, 2000).

Tableau 4: Superficie, population et densité de la population des trois départements d'étude

Départements

Superficie

Nombre hbts

Densité

 

(km2)

en 1995

(hbts/km2)

Nyong et So'o

3.580

132.871

37

Mbam et Inoubou

7.125

205.834

29

Lékié

2.990

332.394

111

 

Source : MINPAT / Projet PNUD-OPS CMR, 2000:34

La principale activité économique commune aux trois sites est la cacaoculture qui occupe plus de 60 % de la population active. Les autres activités économiques sont le maraîchage, la culture de vivriers, le petit commerce, la pêche et la chasse.

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"En amour, en art, en politique, il faut nous arranger pour que notre légèreté pèse lourd dans la balance."   Sacha Guitry