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Les funérailles d'un chef coutumier Yaka comme système de communication

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par Sylvie MAMBOTE MOYO
Institut facultaire des sciences de l'information et de la communication RDC - Graduée en sciences de l'information et de la communication 0000
  

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O. INTRODUCTION

1. Problématique

Notre travail porte sur l'analyse des funérailles du chef coutumier Yaka comme système de communication.

Nous partons du constat suivant : l'homme naît, grandit et meurt. Il accomplit ainsi le cycle de la vie. En effet, la vie d'un homme commence par la naissance et prend fin par la mort. Aussi, cette étape ultime de la vie qu'est la mort, intervient à la suite des causes multiples dont la maladie, l'accident, la vieillesse, le suicide, l'assassinat, etc.

En outre, le mystère de la mort traverse toute société humaine. Les différentes tribus du monde sans distinction de race, de civilisation, et de niveau éprouvent d'énormes difficultés pour surmonter l'expérience de la mort, surtout celle d'un chef.

Dans la société Yaka, quelle que soit sa cause, la mort est considérée comme l'événement le plus chagrinant. Elle marque une séparation totale entre la personne décédée et la société à laquelle elle appartenait. Le chagrin est d'autant plus profond si la personne décédé est un chef. La douleur est ressentit par la majeur partie du peuple qu'il gouvernait.

Pour traduire l'indicible causé par la profondeur de l'amertume dans laquelle l'on se trouve face à ce phénomène étrange, l'homme a institué un certain nombre de pratiques ou rites afin d'exprimer sa douleur, sa compassion.

Parmi ces pratiques, on peut citer les cérémonies funéraires. En effet, ils se manifestent autour de ces cérémonies : pleurs, cris, danses, chants, etc. qui sont des actes qui traduisent un message. Pour paraphraser Régis Debray1(*), tout peut être medium : une table, un stylo, une houe, etc., car selon lui, tous les objets constituent des « médiations » par lesquelles une idée devient force matérielle. De ce fait, ils ne peuvent être exclus de la sphère des médias.

Dans ce contexte, les funérailles d'un chef coutumier Yaka constituent à coup sûr un système de communication. Selon TEMPLS, aux yeux des bantu (Groupe ethnique vivant en Afrique Centrale et Australe), la vie de l'au-delà ressemble plus ou moins au monde d'ici-bas2(*).

Cette croyance explique un certain nombre des pratiques :

· On habille le défunt pour qu'il ne soit pas nu,

· Dans certains cas, les femmes ou les esclaves d'un grand chef accompagnent ce dernier dans la tombe pour qu'il ne soit pas seul ;

· On dépose sur la tombe des ustensiles, des objets familiers ou bien y apporter de la nourriture pour que le défunt puisse se nourrir.

Chacune de ces pratiques est une occasion pour une manifestation originale des actes communicationnels pendant les funérailles d'un chef coutumier Yaka.

Notre problème général de recherche tient au fait que nous ne connaissons pas les mécanismes de communication mise en oeuvre au cours de la cérémonie d'un chef coutumier dans la société Yaka. Ce problème de recherche s'inscrit dans l'axe de la recherche théorique étant donné la compréhension du phénomène soumis à notre étude. D'où notre question générale de recherche : quels sont les mécanismes de communication mise en oeuvre dans le cadre de la cérémonie des funérailles de chef coutumier chez le Yaka.

Cette question générale appelle plusieurs sous-questions dont voici quelques unes :

- Comment fonctionne ce système ?

- Quelles en sont les modalités ?

Cet aspect particulier de la communication a déjà intéressé un bon nombre de recherches parmi lesquelles celle de Mandala Vanzi3(*) qui s'est posée comme question de recherche : en quoi consiste la singularité de la pratique communicationnelle dans l'espace de deuil ?

Dans son hypothèse, elle affirme que le deuil en société Yanzi constitue un espace où se manifeste et se consolide les relations intime entre membres de la Communauté et un espace où se déploie de façon concrète et visible la culture Yanzi.

De même, Mumbere Mwengesyali4(*) s'est préoccupé de savoir comment fonctionne la Communication dans l'espace que constitue le «  Matanga » ou deuil ?

Il a soutenu l'hypothèse que la proximité du centre, lieu de forte émotivité, est l'espace de la Communication indicielle, l'éloignement du Centre redonne droit au symbolique.

La particularité de notre recherche réside en ce que nous considérons les funérailles d'un chef coutumier Yaka de Kasongo - Lunda comme système de communication.

Ainsi, notre question spécifique de recherche est-elle formulée de la manière suivante : quels sont les différentes modalités de communication qui structurent le système de communication dans les funérailles du chef coutumier le Yaka.

* 1 _ Régis Debray, R. Cité par EKAMBO, J.C., Théories de la Communication, Cours inédit, p.18

* 2 _ TEMPELS, P., La Philosophie Bantoue, édition Louvania, Elisabethville, 1945.

* 3 _ Mandala Vanzi , Le deuil comme espace de Communication chez les Yanzi, TFC, IFASIC, Kinshasa, 2001.

* 4 _ MUMBERE MWENGESYALI, Le matanga comme espace de Communication, TFC, IFASIC, Kinshasa, 2002

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"Les esprits médiocres condamnent d'ordinaire tout ce qui passe leur portée"   François de la Rochefoucauld