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Mortalité maternelle infra- hospitalière dans le district sanitaire de Lubumbashi. Cas des cliniques universitaires de Lubumbashi, hôpital Sendwe, hôpital SNCC, hôpital Kenya pendant l'année 2007

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par Aimé Nkakala Kabuiku
Université de Lubumbashi RDC - Diplôme d'études approfondies en santé publique 2007
  

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CONCLUSION ET RECOMMANDATIONS.

Comme dans tous les pays en voie de développement, la RDCongo et plus spécifiquement la province du Katanga, dans le district sanitaire de Lubumbashi, la mortalité maternelle demeure un problème de santé publique.

Elle est un problème à multiples facettes qui a des racines psychologiques et culturelles. Il n'y a aucune solution simple ou unique au problème; les soins de santé des femmes doivent plutôt être adressés aux niveaux multiples et dans les divers secteurs de la société afin de développer des projets et des programmes efficaces.

Devant l'inefficacité des stratégies, et les difficultés rencontrées dans leur mise en oeuvre, le problème de la mortalité maternelle, par sa complexité, doit répondre à une approche multidisciplinaire. En termes d'évaluation, le niveau de la mortalité maternelle est un indicateur suffisant pour mesurer les performances de l'ensemble du système de santé.

L'étude menée dans les quatre structures sanitaires à savoir L'Hôpital Provincial de Référence Jason Sendwe, les Cliniques Universitaires de Lubumbashi, L'Hôpital de La SNCC, et l'Hôpital Général de Référence de La Kenya, qui du reste sont considérées parmi les plus grandes en matière de qualité des soins et autres aspects, montre à suffisance que bien d'efforts devraient encore être fournis pour lutter contre ce grand problème.

Certes, pour ne prendre en compte que les résultats relatifs au ratio de mortalité maternelle intra hospitalière, les chiffres obtenus laisseraient penser que le problème n'est pas important, alors que, comme le dit la littérature et au regard de toutes les études qui sont régulièrement menées, un seul cas de décès maternel suffirait pour se rendre compte de la gravité du problème.

Encore faudrait-il, dans toute analyse ou étude d'un problème de ce genre, surtout en matière des chiffres, se poser la question de savoir si, tant dans les hôpitaux que dans les centres de santé, le rapportage est correctement réalisé, d'autant plus que la mortalité maternelle est un indicateur difficilement mesurable faute de bon rapportage ; en matière des soins,en particulier les soins obstétricaux d'urgence,se rendre compte de leur qualité,d'autant plus que la clé du succès repose en elle ; savoir si les services sont disponibles, acceptables, accessibles, efficaces et efficients et si le personnel de santé, bien qu'étant qualifié, répond à la notion de compétence, à laquelle doivent être associées celles de motivation ainsi que de logistique, car à ce jour, un certain nombre de pays ont donné priorité à l'amélioration de l'accès aux soins obstétricaux d'urgence et à l'élévation de leur qualité.

Nous pensons donc qu'au regard de cette situation alarmante et désastreuse, le district sanitaire de Lubumbashi devrait, temps soit peu, réfléchir à ce sujet pour pouvoir trouver des solutions appropriées pour éviter ce grand problème, d'autant plus qu'une femme ne devrait pas mourir en voulant donner la vie.

L'amélioration de la santé maternelle consistant en la réduction de la mortalité maternelle de 75 % d'ici 2015 et étant le 5ème objectif parmi les objectifs du millénaire pour le développement, serait réalisable en tenant compte des recommandations que nous proposons à ce sujet , tant au niveau central, intermédiaire ,qu'opérationnel :

- Lutter contre l'insuffisance d'engagement national et insuffisance d'appui financier;

- Lutter contre la faible coordination des partenaires dans le domaine de Santé de la Reproduction;

- Lutter contre la participation inadéquate de l'homme, associée au statut bas de la femme dotée d'un faible pouvoir de prise de décision;

- Lutter contre la pauvreté grandissante, en particulier parmi les femmes;

- Lutter contre le manque d'accessibilité, de disponibilité et d'utilisation des soins de qualité pendant la grossesse, l'accouchement et le Post-partum immédiat;

- Lutter contre l'accent focalisé sur des interventions inefficaces, tels que l'approche du risque;

- Lutter contre le faible système de référence, spécialement lors des urgences obstétricales et néonatales;

- Lutter contre le faible développement et gestion des ressources humaines au niveau national, y compris la fuite perpétuelle des cerveaux du personnel qualifié à l'extérieur de la R.D.Congo, et du secteur public au secteur privé;

- Lutter contre l'impact négatif de la pandémie du SIDA sur les ressources humaines et financières pour le SMI;

- Lutter contre la faible implication des Communautés dans les activités de Santé de la Reproduction;

- Lutter contre les pratiques et croyances socioculturelles néfastes.

- Sensibiliser les femmes sur les moyens contraceptifs efficaces pour éviter des grossesses non désirées ou à très haut risque ;

- Sensibiliser sur la nécessité des consultations prénatales par un personnel qualifié et compétent qui semble être un moyen de réduire les risques de la maternité.

- Permettre un meilleur accès aux services de soins de santé reproductive ; Plus d'investissements dans la fabrication, la fourniture et la distribution de produits de base comme la pilules, les préservatifs, les médications contre le VIH et le matériel gynécologique.

- Préparer et aider à la naissance dans les conditions les plus favorables à la santé de la mère et de l'enfant.

Les planificateurs et les administrateurs de la santé, jouant un rôle important dans la mise en oeuvre des services, devront :

- Informer, éduquer et mobiliser les membres de la communauté pour qu'ils apprennent à reconnaître les signes de danger et travailler avec eux pour améliorer l'accès aux soins - qu'il s'agisse par exemple des systèmes de transport, de l'amélioration des communications, de foyers pour les futures mères ou de systèmes d'assurance locaux. Participer aux comités locaux pour la maternité sans risque.

- Renforcer le système de transfert par des contrôles et des communications régulières et un appui logistique/gestionnaire garantissant entre autres la disponibilité des médicaments et fournitures essentiels.

- Améliorer les ressources humaines en organisant des stages pratiques de formation aux soins obstétricaux au niveau de la communauté et, pour le personnel déjà qualifié, des activités de formation/recyclage.

- Renforcer les compétences en obstétrique des personnels concernés - sages-femmes, infirmières et médecins - et développer les compétences de tous les agents de santé en matière de conseil.

- Mettre au point et utiliser des protocoles de prise en charge des cas pour les urgences obstétricales à chaque échelon et contrôler l'application des normes de la pratique obstétricale dans les maternités.

- Utiliser des informations sanitaires pour améliorer la qualité des soins; améliorer la notification et la tenue des dossiers et analyser les décès maternels et périnatals et les décès évités de justesse au cas par cas pour mieux comprendre les mécanismes de la survie et de la mort; apporter des améliorations locales en identifiant les prestations de qualité insuffisantes et les facteurs évitables.

- Demander une révision de la législation pour garantir une réponse sanitaire appropriée aux besoins obstétricaux, notamment en déléguant les responsabilités ou les gestes salvateurs essentiels.

o Mise aux normes des maternités avec renforcement de la proximité

o Amélioration du suivi de la grossesse ;

o L'augmentation de la couverture du programme de Santé de la Reproduction/Planification Familiale dans l'ensemble du territoire qui intégrerait un volet sur l'éducation à la vie familiale (EVF) ;

o Le renforcement des capacités du personnel de santé et des structures en matière de consultation prénatale, des soins obstétricaux d'urgence en mettant l'accent sur l'organisation de la référence pour la prise en charge effective des cas référés.

o La poursuite et la pérennisation des acquis du Programme de Santé Maternelle et Infantile nécessitent l'appui des partenaires au développement à travers la mise en oeuvre de la feuille de route notamment dans plusieurs domaines ci-haut énumérés.

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"Ceux qui vivent sont ceux qui luttent"   Victor Hugo