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Les commémorations du 11 novembre en Belgique francophone pendant l'entre-deux-guerres. Les cas de Bruxelles, Liège et Mons

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par Emeline WYNANTS
Université de Liège - Master en histoire 2012
  

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2.9.4. Conclusion sur les commémorations de Liège et Mons.

Les commémorations montoises et liégeoises se situent à mi-chemin entre les commémorations nationales et la multitude des commémorations locales. En effet, ces célébrations sont tantôt grandioses, tantôt élégantes dans leur simplicité, Grandiose de par l'importance de ces deux villes durant la guerre, simple dans leur réalisation. Cette simplicité peut également s'expliquer par le fait que ces commémorations ne doivent pas prendre le dessus sur les célébrations nationales. Elles sont, toutefois, représentatives d'une époque, d'une réponse sociale. C'est parce que la population réclamait une reconnaissance pour ses disparus, pour les souffrances qu'elle a enduré durant cinquante-deux mois que ces commémorations ont vu le jour. Elles ont donc une fonction au sein de ces communautés : rappeler aux concitoyens les heures de solidarité qui les ont unis, les patriotes qui ont perdu la vie pour qu'ils vivent.

Cependant ces commémorations plus locales sont loin d'être similaires. Certes, elles sont organisées par des associations d'Anciens Combattants avec l'aide des instances communales mais nous avons vu que la signification qui s'y rattache n'est pas du tout identique. Tout comme lors des débats menant au choix de la date commémorative, les significations données à ce jour faste vont de l'allégresse de la Victoire à la tristesse du deuil. Toutefois, le cérémonial est le même : un cortège funèbre parcourt la ville, par un itinéraire fixe, pour se rendre au cimetière communal ainsi qu'aux divers monuments commémoratifs qui se trouvent sur le territoire de la commune. Suite à cela, des thés ou des bals sont organisés. La différence fondamentale entre ces deux villes se situent à un autre niveau. Si les Liégeois ont tendance à donner un sens plus festifs à leur commémoration, nous pensons que c'est en raison de la reconnaissance et le prestige que le monde reconnaît à la défense des forts liégeois. N'oublions pas qu'ils sont présentés comme les héros sans qui les forces alliées n'auraient pas pu s'organiser. De son côté, Mons est quelque peu oubliée par l'historiographie et la reconnaissance internationale, laissant ainsi sa population entièrement dévouée au culte de ses morts et de ses libérateurs.

Tout comme pour les cérémonies bruxelloises, nous avons pu constater qu'une ritualisation a bel et bien eu lieu ici aussi. Que ce soit le parcours, les participants du cortège, les mémoriaux visités,... tout semble se répéter d'année en année. Hommage imposant ou obligations sociales ? Nous ne saurions l'affirmer. Les comptes rendus se font de moins en moins présents et précis mais ils sont toujours là parfois seulement sous forme photographique. Une chose est sûre : le culte des morts et du souvenir est très tôt considéré comme un devoir sacré. C'est ce qui rend cette question épineuse : d'un côté, cela est considéré comme un devoir, de l'autre, nous pourrions penser que progressivement ce souvenir, entretenu tant bien que mal, ravivé au gré des évènements, pèse sur une société déjà éprouvée par les diverses crises qui jalonnent l'entre-deux-guerres. Ces commémorations représentent, selon nous, la continuation annuelle d'une pratique initialement prévue afin d'exorciser un manque, celui du corps de l'être aimé.

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