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Modernité et prévalence du VIH/sida chez les femmes en République du Congo.

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par Pierre Rostin KINSAKIENO
Institut de formation et de recherche démographiques - Master professionnel en démographie 2011
  

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ABSTRACT

About 2.1 million annual deaths are caused by HIV/AIDS and about 5 people die every minute. In Sub-Saharan Africa, 22.5 million people were living with HIV/AIDS in 2009 (UNAIDS. 2010). In fact, Congolese women are also affected by this pandemic, with a prevalence of 4.1 %. This study has as general objective, to contribute knowledge on factors associated with the prevalence of HIV/AIDS amongst women in The Republic of Congo according to their degree of modernity, in order to reduce HIV prevalence among most vulnerable groups of women. The data source used in our study is the 2009 Survey of Seroprevalence and on Indicators of AIDS in Congo (ESISC-I).

At the level of bivariate descriptive analyses, the degree of modernity, division of residence, ethnic grouping, occupational status, age, marital status, use of condom during sexual intercourses and the number of sexual partners are significantly associated with the HIV status of women globally. At the level of degree of modernity, the common variables are: division of residence, age, marital status and the number of sexual partners. However, ethnic grouping and use of condom during sexual intercourses are significantly associated at the level of low degree of modernity, while at the high degree level of modernity, only occupational status constitutes a specific variable. With regards to descriptive multivariate analysis, two groups were considered at each level of the analysis using MCA: the group of women reporting high levels of HIV/AIDS and the group of women reporting low levels of HIV/AIDS.

At the multivariate explanatory level, the factors explaining the prevalence of HIV/AIDS amongst women in Congo are: globally, the marital status, the division of residence and ethnic group. At the level of low degree of modernity we have: the marital status, the division of residence, and the level of knowledge on HIV/AIDS, and at the high degree level of modernity there are: the ethnic group, the division of residence, and the number of sexual partners.

Based on the aforementioned findings this study recommends, at policy and programmatic, levels to buttress actions aiming to fight against HIV/AIDS with due consideration given to modernity levels among women. HIV/AIDS-related policies should be specific to modernity levels groups of women.

KINSAKIENO Pierre Rostin, Mémoire de fin de formation, Octobre 2012 Page 1

Modernité et prévalence du VIH/SIDA chez les femmes en République du Congo.

INTRODUCTION GENERALE

« Un peu plus de la moitié de l'ensemble des personnes vivant avec le VIH sont des femmes et des filles. En Afrique subsaharienne, les femmes vivant avec le VIH sont plus nombreuses que les hommes vivant avec le VIH, et les jeunes femmes de 15 à 24 ans sont jusqu'à huit fois plus susceptibles d'être infectées par le VIH que les

hommes» (ONUSIDA, 2010 : 10).

Depuis près de trois décennies, le monde est frappé par le SIDA (Syndrome Immuno Déficience Acquise), celui-ci contribue à la hausse de la mortalité. C'est à partir de la décennie 1980 qu'il a été découvert par les chercheurs américains et français parmi lesquels Philippe Montagnier. Le SIDA est une épidémie qui prend de l'ampleur dans le monde, et est à l'origine de plusieurs crises sanitaires et même socio-économiques. C'est le cas dans la plupart des pays africains où cette maladie a fait baisser l'espérance de vie des africains de manière spectaculaire (OMS, 2004.a). L'Afrique australe est la région la plus touchée par l'épidémie de VIII/SIDA avec des taux de prévalence dépassant 30 % pour chaque pays, l'Afrique du sud n'échappe pas à cette tendance avec une espérance de vie qui est tombée de 60 ans au début des années 1990 à 47 ans aujourd'hui, et un nombre d'orphelins évalué à 662 000 enfants (Lhomme-Maublanc, 2005).

Il ressort lors de la 8ième conférence internationale sur le SIDA tenue en 1992 à Amsterdam (Pays-Bas) que les femmes constituent le groupe le plus à risque et qu'elles doivent être ciblées davantage dans les campagnes de prévention. Elles sont de loin les plus vulnérables (ONUSIDA, 2002). En 1994 s'est tenue au Caire en Egypte la Conférence Internationale sur la Population et le Développement (CIPD), axée sur les questions sanitaires de la reproduction dont le SIDA fut l'un des objectifs émis par cette conférence dans son programme d'action. Il s'agissait de prévenir les maladies sexuellement transmissibles, y compris la contamination par le VIII et le SIDA (NU, 1995). Cette pandémie est une préoccupation sanitaire mondiale majeure qui nécessite un apport considérable afin de réduire sa propagation. C'est au cours de cette même année que les scientifiques ont mis sur point le premier schéma de traitement en vue de réduire la transmission mère-enfant de cette maladie.

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Dès les débuts de l'épidémie, en Afrique, le SIDA a concerné autant plus de femmes que d'hommes. Pourtant, celui-ci a été pendant plus d'une décennie perçue comme une affaire d'hommes. Aujourd'hui, c'est parmi les femmes que l'infection progresse le plus vite. Chaque jour, 6 000 femmes dans le monde sont infectées, 90 % d'entre elles vivent dans des pays en voie de développement, et sur 5 femmes vivant avec le VIH, 4 sont africaines (Niang F., 2002). 23 millions de personnes infectées sur la planète dont 14 millions sont en provenance de l'Afrique noire. Vu la priorité que cette maladie revêt, la première discussion au conseil de sécurité des Nations Unies au sujet du VIH/SIDA s'est tenue en 2000. D'après la conférence internationale tenue en Afrique du sud avec plus de 12 000 participants en 2000, l'Afrique subsaharienne est la région la plus durement touchée par l'épidémie. La lutte contre le SIDA en Afrique faisait partie de l'un des objectifs de celle-ci. En 2001, un appel en faveur d'un plan d'action contre le VIH/SIDA y compris la création d'un fonds mondial pour le SIDA et la santé est lancé par le Secrétaire général des Nations Unies Kofi Annan.

En effet, l'un des Objectifs du Millénaire pour le Développement (OMD) s'engage à lutter contre le VIH/SIDA, le paludisme et d'autres maladies précisément l'objectif six (6). L'urgence sanitaire se pose dans le contexte africain. Chaque année le nombre de personnes vivants avec le VIH/SIDA ne fait qu'augmenter, et cinq (5) personnes meurent chaque minute. Le taux moyen d'infection pour les pays d'Afrique subsaharienne était estimé à 8,57 % avec des taux de prévalence moyenne du VIH/SIDA particulièrement élevés dans les pays comme le Botswana (43 %), le Zimbabwe (28 %), et l'Ethiopie (12,1 %) (Niang C., 2002). Malgré les efforts consentis dans la lutte contre le SIDA dans le monde, on observe une diminution progressive de la prévalence du VIH/SIDA dans certains pays africains (ONUSIDA, 2010).

Dans un communiqué de novembre 2007, l'ONUSIDA annonçait que « De nouvelles données montrent que la prévalence mondiale du VIH - le pourcentage de personnes vivant avec le VIH - s'est stabilisée et que le nombre de nouvelles infections a chuté, partiellement en raison de l'impact des programmes de lutte contre le VIH. Toutefois, on estime que 33,2 millions [30,6 - 36,1 millions] de personnes vivent avec le VIH en 2007, que 2,5 millions [1,8 - 4,1 millions] de personnes ont été nouvellement infectées, et que 2,1 millions [1,9 - 2,4 millions] de personnes sont décédées du SIDA ». Selon Yaro (2007 : 191) « le VIH/SIDA pose un défi phénoménal aux actions actuelles et futures quel que soit le domaine. ». Le VIH/SIDA est donc perçu de ce fait comme un problème de population et développement et non

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seulement un problème de santé publique. Ainsi, lutter contre cette maladie est un défi considérable que le monde doit relever afin de mieux assurer le développement harmonieux et la qualité de la vie des populations.

En 2008, le VIH/SIDA laisse derrière nous plus de 25 millions de morts. En 2009, la prévalence du VIH/SIDA la plus élevée du monde est observée en Swaziland et est estimée à 25,9 % (ONUSIDA, 2010). Cependant, le continent Africain reste la partie du monde lourdement affectée par le VIH/SIDA avec 71 % de l'ensemble des nouvelles infections par le VIH totalisées en 2008. A la fin de cette année, le nombre de personnes vivant avec le VIH/SIDA (PVVS) est estimé à 33,3 millions [31,4 millions-35,3 millions] (ONUSIDA, 2010). Après trois décennies, le VIH/SIDA reste encore une épidémie catastrophique dans l'histoire de l'humanité d'autant plus que son taux de prévalence ne cesse de prendre de l'ampleur dans certaines régions du monde.

L'Afrique est le continent où cette maladie sévit le plus, car elle est la principale cause de mortalité observée dans cette partie du monde (ONUSIDA, 2007). Avec les différents problèmes socio-économiques, socio-politiques et sanitaires que courent la plupart des pays africains, cette maladie trouve son champ de propagation. Dans ce continent, on observe une certaine variation de l'épidémie, l'Afrique australe reste la partie du continent le plus touchée, on y estime que 11,3 millions [10,6 millions-11,9 millions] de PVVS en 2009, ce qui est près d'un tiers (31 %) de plus que les 8,6 millions [8,2 millions-9,1 millions] de séropositifs recensés dix ans plus tôt dans la région (ONUSIDA, 2010). On note dans 10 pays de l'Afrique australe 34 % des PVVS en 2009 habitaient par rapport au niveau mondial ; 31 % des nouvelles infections enregistrées la même année l'ont été dans ces 10 pays, tout comme 34 % de l'ensemble des décès liés au VIH/SIDA. Environ 40 % de l'ensemble des femmes adultes séropositives vivent en Afrique australe (ONUSIDA, 2010).

Au Congo, cette maladie ne fait pas exception, elle tend à se développer principalement dans les deux grandes villes (Brazzaville et Pointe-Noire). La période des ajustements structurels et la succession des conflits armés entre 1990 et 2000, la dégradation du tissu social notamment le contexte socio-politique et socio-économique, aussi la détérioration des conditions de vie des populations avec la montée de la pauvreté, ont facilité la propagation du VIH/SIDA. Cependant, à Pointe-Noire, la capitale économique du pays, la prévalence moyenne est passée de 10 % en 1996 à 14 % en 2000. On observe aussi une recrudescence chez les femmes enceintes dont la prévalence est de 5 % à Brazzaville et de

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14,7 % à Pointe-Noire. Au cours de la même année, on a recensé 53 000 orphelins du SIDA (Mafouta, 2003).

Le gouvernement congolais conscient de l'ampleur de la maladie, s'est investi dans la lutte contre l'expansion du VIH/SIDA dans l'optique de réduire sa prévalence. Ainsi, l'Enquête sur la Séroprévalence et les Indicateurs du SIDA au Congo réalisée en 2009 montre que la tendance de la prévalence du VIH/SIDA au Congo est à la baisse avec un taux de prévalence au niveau national estimé à 3,2 % en 2009 (ESISC-I, 2009), contre 3,7 % en 2005 (EDSC-I, 2005) et 4,1 % en 2004 (CNLS et CREDES, 2004).

En effet, les femmes congolaises représentent la couche de la population la plus exposée par cette dernière, soit une prévalence de 2,1 % chez les hommes et 4,1 % chez les femmes. Cependant, les disparités départementales de la prévalence féminine du VIH/SIDA sont considérables allant de 1,5 % dans le département de la Cuvette au Nord du pays à 7,3 % dans le département de la Lékoumou au Sud du pays (ESISC-I, 2009). La prévalence est plus élevée chez les femmes vivant en milieu urbain (4,6 %) qu'en milieu rural (3,3 %), les femmes ayant un niveau d'instruction élevé (secondaire 2ème cycle ou plus) ont une prévalence élevée (5,3 %) que celles qui sont sans niveau d'instruction (3,6 %). Et les femmes issues des ménages plus pauvres ont une prévalence faible (2,8 %) que celles qui sont issues des ménages plus riches (5,4 %).

Cependant, plusieurs études (enquêtes) en Afrique subsaharienne ont abordé la question sur le VIH/SIDA en se focalisant sur les calculs clés des indicateurs sur le VIH/SIDA (EIS-CI en 2005, EDSG en 2005, ESISC-I en 2009,...), sur les déterminants de la prévalence du VIH/SIDA chez les femmes ainsi que selon le sexe (Kaltsam (2008), Mboko (2008), Gnanzou (2011)...). Les déterminants obtenus dans ces études sont les suivants : le nombre de partenaires sexuels, le statut matrimonial, les connaissances des moyens de préventions du VIH/SIDA, la région de résidence, la religion, le niveau d'instruction, le niveau de vie des ménage, l'ethnie et l'utilisation du condom. Mais ces déterminants diffèrent d'une étude à une autre.

D'autres études se sont intéressées sur les connaissances sur le SIDA, sur les comportements sexuels à risque,... (Kombelembi (2005), Lachaud (2005), Daga (2007)...). Ces dernières mettent en relation les connaissances sur le SIDA et les comportements sexuels à risque des individus. D'une manière générale, avoir une connaissance complète ou partielle

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sur le VIH/SIDA ne conduit pas systématiquement les individus à mettre en pratique cette dernière. En dépit du niveau élevé de connaissance des moyens de protection contre les IST/VIH/SIDA par les enquêtées et en particulier le préservatif, leur utilisation est encore très faible (Tolno, 2007). Mais, ces études ont néanmoins mis en exergue selon la modernité les facteurs explicatifs de la prévalence du VIH/SIDA en général et chez les femmes en particulier.

Au regard à ce qui précède, cette étude s'intéresse à appréhender : « les facteurs explicatifs de la prévalence du VIH/SIDA chez les femmes selon le degré de modernité en République du Congo ». Ce qui nous a conduit à se poser la question de savoir : quelles sont les facteurs susceptibles d'expliquer la prévalence du VIH/SIDA chez les femmes selon le degré de modernité en République du Congo ?

La prise en compte des caractéristiques de la femme en fonction de leur degré de modernité est indispensable pour saisir ces facteurs. C'est dans cette optique que s'inscrit cette étude dont l'objectif général est de contribuer à la connaissance des facteurs associés à la prévalence du VIH/SIDA chez les femmes selon le degré de modernité en République du Congo afin de réduire sa séroprévalence auprès des groupes des femmes les plus vulnérables au VIH/SIDA. Spécifiquement, il consiste à :

? Décrire les différences de la prévalence du VIH/SIDA chez les femmes selon le degré de modernité ;

? Dresser le profil des femmes enquêtées en fonction de leur statut sérologique et de leur degré de modernité ;

? Identifier et hiérarchiser les facteurs associés à la prévalence du VIH/SIDA chez les femmes selon le degré de modernité et leurs mécanismes d'action ;

? Formuler des recommandations adéquates pour l'amélioration du taux de prévalence du VIH/SIDA chez les femmes selon le degré de modernité.

Ce document est composé de cinq (5) chapitres. Le premier est consacré à la présentation du contexte de l'étude. Le deuxième porte sur le cadre théorique comprenant la revue de la littérature et le cadre conceptuel. Les aspects méthodologiques sont abordés dans le troisième chapitre qui sera composé de la présentation de la source de données, de l'évaluation de la qualité des données, du cadre d'analyse, des méthodes d'analyse et de la présentation des logiciels utilisées. Ensuite, le quatrième chapitre se focalise sur les aspects

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différentiels de la prévalence du VIH/SIDA chez les femmes en fonction de leur degré de modernité au Congo en associant à la variable dépendante chacune des variables indépendantes, et aussi l'élaboration du profil des femmes enquêtées en fonction de leur statut sérologique et de leur degré de modernité. Enfin, le cinquième ou le dernier chapitre met l'accent sur les facteurs associés à la prévalence du VIH/SIDA chez les femmes selon le degré de modernité tout en recherchant leurs déterminants et leurs mécanismes d'action.

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