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L'impact des événements politiques, économiques, sociaux et du terrorisme sur la volatilité boursière: cas du marché financier tunisien

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par Atef Ben Allita
faculté des sciences économiques et de gestion de Tunis - mastère de recherche en finance 2015
  

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Conclusion

La création de la richesse est l'objectif principal de chaque intervenant sur le marché. En effet, le couple rentabilité-risque est un critère primordial pour chaque analyste financière afin de réaliser des bénéfices. Pour maitriser le risque, les intervenants sur le marché financier doivent recourir à la volatilité. A cette fin, nous nous sommes intéressés à ce thème, c'est à dire la volatilité boursière ainsi que l'analyse de l'environnement tunisien avant et après la révolution.

Dans la première section, nous avons défini le concept de la volatilité boursière. En effet, nous avons présenté son fondement et son évolution au fil de temps, ainsi que ses types (la volatilité implicite et historique).

Dans la deuxième section, nous avons identifié les différentes approches de mesure de la volatilité. En effet, chaque intervenant sur le marché a la possibilité d'utiliser différentes méthodes de calcul tels que le beta, l'écart type et le modèle GARCH, dans le but de réduire le risque.

Dans la troisième section, nous avons mis en place les déterminants de la volatilité à savoir les facteurs structurels qui se concrétisent par la rentabilité, le PER et l'effet de levier ainsi que les facteurs conjoncturels qui se composent par le taux d'intérêt, le taux d'inflation, les annonces macro-économiques et l'effet de puissance. Egalement, on trouve de nouveaux facteurs qui résultent de l'instabilité politique, économique et financière.

Dans la quatrième section, nous avons examiné l'environnement tunisien en tenant compte de la situation politique, économique et sociale avant et après la révolution tunisienne du 14 janvier 2011. Ainsi, nous avons présenté les principaux changements politiques, économiques et sociaux et leurs implications sur l'économie du pays d'une manière générale et sur le marché financier en particulier.

Dans le deuxième chapitre, nous allons étudier l'impact des événements politiques, économiques et sociaux sur la volatilité boursière.

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Chapitre 2 :

L'impact des événements politiques,

économiques, sociaux et du terrorisme sur

la volatilité boursière

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Introduction

La réaction du marché financier suite à la survenance des événements spéciaux devient l'une des préoccupations majeures des économistes et des financiers dans le monde entier. En effet, les mauvaises stratégies et l'opportunisme des chefs des gouvernements des pays arabes et la recherche de leurs propres intérêts, au lieu de mettre toutes leurs capacités et leurs efforts afin de surmonter les obstacles et faire évoluer leurs pays "pauvres" à une meilleure dimension de croissance et de succès. Cependant, ces facteurs engendrent une déstabilisation sur les plans politique, économique et social et par conséquent, la fragilité des Etats. Ainsi, le terrain devient susceptible à des actes de terrorisme qui entrainera le recul des investissements du pays et même son déclassement au niveau mondial.

L'instabilité politique engendre l'augmentation des protestations, des manifestations, et par la suite, l'aspect social sera touché. On obtient également, la diminution des investissements, l'augmentation des taux d'intérêts des banques, la dépréciation de la devise et la diminution de la notation souveraine, et par la suite, l'aspect économique sera affecté. En outre, les terroristes profitent de ces mauvaises conditions et par conséquent, la propagation des actes de terrorisme sera possible. Ainsi, on constate que ces événements sont interconnectés.

Dans ce cadre, on va étudier dans ce deuxième chapitre, l'impact des événements spéciaux sur le marché financier d'une manière générale et sur la volatilité boursière d'une manière précise. Dans la première section, on va étudier l'effet des événements politiques sur la volatilité boursière. Ensuite, dans la deuxième section, on va examiner l'effet du terrorisme sur la volatilité boursière. Puis, dans la troisième section, on va analyser les événements économiques et financières et leurs répercussions sur la volatilité boursière. Finalement, on va évoquer l'incidence des manifestations, des protestations et des grèves sur la volatilité boursière.

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Section 1 : L'effet des événements politiques sur la volatilité boursière

Différentes études ont été menées par différents chercheurs afin d'identifier les facteurs qui influent sur les prix des titres. Dans cette section, nous allons nous concentrer sur l'étude des événements politiques et leurs répercussions sur les mouvements des prix des titres.

1.1) L'effet des événements politiques sur la volatilité boursière

On présentera successivement une idée générale sur la réaction des marchés financiers après les événements politiques, ainsi que, la spécificité des élections et leurs répercussions sur la volatilité boursière.

1.1.1) Aperçu sur l'effet des événements politique sur la volatilité dans le contexte international

Les événements politiques jouent un rôle prépondérant au sein d'une société. D'une manière générale, les événements politiques favorables ou défavorables peuvent affecter la stratégie du pays et peuvent par la suite toucher l'économie, notamment le marché financier.

Dans ce sens, Niederhoffer (1971) a examiné l'impact des événements mondiaux sur la bourse à court terme. Dans son étude, il a intégré les événements mondiaux aux mouvements de l'indice S&P 500. Ces événements ont été sélectionnés à partir du journal international "New York Time" basé sur l'ampleur de leurs titres. Niederhoffer a constaté que les événements mondiaux exercent une influence perceptible sur le mouvement de l'indice S&P 500. Précisément, les rendements boursiers liés aux événements mondiaux ont une tendance à être plus importants en valeur absolue que les rendements des autres jours.

Par ailleurs, Culter, Poterba et Summers (1998) ont réalisé la même étude en examinant la réaction du marché financier suite à la survenance de 49 événements. Ils ont constaté que la valeur absolue moyenne des rendements journaliers sur les 49 dates sélectionnées est de 1.46 % avec un écart type de 2.08%. En revanche, la valeur absolue moyenne des rendements sur les autres jours au cours de la période 1941 à 1987 était de 0.56% avec un écart type de 0.83%. Culter et al (1989) ont révélé que ces chiffres ne reflètent pas la variation dans les prix d'actions. En effet, ces chiffres montrent qu'aux jours d'événements les actions sont plus volatiles et inversement.

Kim et Mei (1994) ont examiné les mouvements des prix sur le marché boursier de Hong Kong et leurs relations avec les événements politiques, en utilisant l'approche d'étude de cas. Ils ont montré que les développements politiques ont une incidence significative sur

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l'évolution des cours boursiers. Ils ont également montré que l'existence d'une variable politique pour les régressions spécifiques augmente le pouvoir explicatif des modèles, ce qui a été confirmé par Fama (1990). Par conséquent, Kim et Mei (1994) ont modélisé et ont justifié la variation de la volatilité en fonction des événements politiques.

Par ailleurs, Klibanoff, Lamont et wizman (1998) ont étudié un échantillon de fonds de placement. Ils ont montré que les événements importants et d'actualités engendrent une réaction excessive et rapide de la majorité des investisseurs par rapport changements fondamentaux des titres. Ils ont trouvé que la valeur absolue et l'écart type des rendements de deux fonds et l'évolution des valeurs nettes d'inventaire sont en forte hausse au cours des semaines où on détient les principaux éléments d'informations que les autres semaines. Aussi, ils ont montré que l'élasticité des prix des fonds par rapport à leur valeur liquidative est plus élevée au cours des semaines d'événements qu'au cours des autres semaines.

En Israel, Zach (2003) a montré que les rendements boursiers sont extrêmes les jours où il y a des événements politiques importants que les autres jours. Précisément, les actions israéliens qui se trouvent à la bourse des Etats unis. Ainsi, les événements politiques entrainent la variation des rendements boursiers d'une façon extrême. Akysha, Shakil (2009) ont étudié l'effet de différents événements sur le volume des transactions et les fluctuations des prix de l'indice KSE 100. Ils ont utilisé la corrélation de Pearson pour tester l'impact de ces événements sur les rendements des titres. Ils ont conclu que la rentabilité boursière fluctue suite à l'apparition de différents événements.

Conformément à ces études, Aktas et Oncu (2009) ont examiné l'impact des événements politiques sur l'échange des titres sur le marché boursier de la Turquie, précisément, lorsque le parlement turc a rejeté le projet de la loi contre l'Irak qui donne la permission à l'armée américaine d'intervenir et d'être facilement déployée en Irak. Le refus du gouvernement a entrainé la baisse de l'indice boursier turc. En utilisant, la méthode des moindres carrés, les auteurs ont conclu que les cours boursiers se comportent d'une façon inverse suite à tout mauvais événement politique.

Par ailleurs, Clark et al (2006) ont examiné l'incidence du risque politique sur la bourse pakistanaise. En se basant sur les modèles hiérarchique bayesiens, et en utilisant la chaine de Markov Chain de Monte Carlo (MCMC) pour l'analyse sur les événements politiques au Pakistan de 1947 à 2001. Ils ont conclu que les événements politiques ont une influence sur les rendements boursiers du pays.

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Rigobon et Sack (2005) ont étudié la réaction des indicateurs financiers américains au risque de guerre entre 01/2003 et 03/2003, lorsque la seconde guerre en Irak est devenue imminente. Ils ont mis en exergue le fait que les marchés boursiers américains seront susceptibles à la diminution des rendements causée par un risque de conflit politique attendu. Ceci, a engendré la hausse du pétrole, la baisse des rendements et des cours d'actions et la baisse du dollar.

De plus, Schneider et Troeger (2006) ont évalué l'impact d'événements politiques sur le marché financier de certaines économies. Ils ont testé de nombreuses hypothèses pour enquêter sur la relation entre certains conflits publiques et les marchés financiers, par l'exploitation des données de séries chronologiques. Ils ont montré que les réactions des marchés boursiers aux crises internationales ont été le plus souvent négatives. La seule exception a été à Wall Street. Alesina, Perotti (1996) et Sevesson(1998) ont trouvé une relation négative entre l'instabilité politique et les investissements.

Collier et Pattilo (2001), Hermes, Lensink et Murinde (2002) ont considéré l'instabilité macroéconomique et politique, l'emprunt extérieur et le développement financier comme les principaux facteurs qui influent sur la fuite des capitaux. Ainsi, l'instabilité politique affecte négativement la croissance économique.

En revanche, Dar_hsin, Feng et Chun (2005) ont étudié l'impact des événements politiques sur le marché taïwanais. Ils ont constaté que les réactions des prix à la plupart des événements politiques sont plutôt insignifiantes, avec seulement quelques exceptions. Les comportements des rendements anormaux sont souvent comparables entre petites et grandes entreprise étrangers.

Selon Bilson, Brailsford, et Hooper (2002), le risque politique peut être expliqué en partie par la variation des rendements des marchés boursiers émergents au niveau des pays et au niveau de portefeuille global. Leurs résultats révèlent que le risque politique est important dans l'explication de la variation des rendements sur les marchés émergents à titre individuel, en particulier dans le bassin du Pacifique. Cependant, ce risque est inexistant dans les marchés développés.

Chan et Wei (1996) ont mis l'accent sur l'impact des événements politiques sur le marché boursier de Hong Kong. Ils ont trouvé une incidence sur la volatilité des rendements de plusieurs indices. Cependant, l'impact sur les rendements des actions est non significatif pour tous les indices.

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1.2) L'effet des éléctions sur la volatilité boursière

Les événements politiques sont différents et multiples en termes de quantité et de valeur. Parmi les principaux événements politiques, on cite les élections. Dans ce qui suit, on va étudier l'élection comme un acteur spécifique ainsi que son impact sur la volatilité boursière.

1.2.1) La spécificité des élections

La politique peut exercer une influence significative sur la répartition des revenus et la prospérité. En effet, les changements des gouvernements et des présidents peuvent engendrer une modificationdu système de payset peuvent générer l'incertitude.

Plus précisément, il existe une différence entre un chef d'Etat d'idéologie de gauche et un chef d'Etat d'idéologie de droite. Selon la théorie proposée par Hibbs (1977), les gouvernements de gauche ont une tendance à privilégier la réduction du chômage, tandis que les gouvernements de droite attribuent des coûts sociaux plus élevés. En effet, dans les Etats démocrates, les électeurs font élire les parties qui reflètent leurs croyances et leurs intérêts. Les investisseurs sur le marché financier qui ont une tendance vers la gauche se distinguent des investisseurs qui ont une tendance vers la droite aux niveaux des comportements, des intérêts et des sentiments et des analyses boursières et par conséquent, il y a une grande probabilité d'observer une volatilité boursière inattendue.

Par ailleurs, l'appartenance des investisseurs ou des hommes d'affaires à un parti politique joue un rôle central au niveau du marché financier. Des études antérieures ont également montré que l'affiliation au parti du président et à la majorité des partisans au congrès des Etats unis peut affecter des entreprises spécifiques (Knight, 2006 ; Jayachandram, 2006).

Knight (2006) a constaté qu'après l'élection de George W. Bush en 2000, les prix des actions des sociétés de Tabac ont augmenté de 13%. En revanche, les prix des actions des principaux concurrents de Microsoft ont diminué de 15%.

1.2.2) Effets des élections sur la volatilité des titres

Des recherches antérieures montrent que les élections ont une incidence sur la volatilité boursière. En effet, Gemmil (1992) a étudié le parlementaire britannique aux élections de 1987, et a prouvé que les sondages d'opinions ont été connectés au niveau de l'indice FTSE 100 et aussi à la volatilité. En effet, Gemmil (1992) a fourni des renseignements sur la volatilité implicite de l'indice FTSR 100 qui a été touché et a augmenté sensiblement dans les

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deux dernières semaines avant les élections et en parallèle les sondages d'opinions ont estimé la victoire des conservateurs avec une probabilité croissante.

Bialkowski et al (2008) ont utilisé des donnés sur 27 pays de l'OCDE, dans le but d'étudier les effets des élections parlementaires et présidentielles nationales sur la volatilité du marché financier. Leurs résultats empiriques montrent que les élections nationales sont alliées à des périodes de volatilité accrue. Ces résultats sont compatibles avec ceux de Gemmil (1992). Ce dernier a révélé que les volatilités implicites ont une tendance haussière la semaine qui précède les élections. Dans le même contexte, Li et Born (2006) ont montré que la volatilité augmente avant les élections présidentielles américaines lorsque le résultat de l'élection est incertain.

Nippani et Medlin (2002), Nippani et Arize (2005) et He et al (2009) ont mis l'accent sur le retard des résultats des élections présidentielles américaines en 2000. Leurs résultats montrent que les Etats unis et les marchés financiers internationaux ont été affectés négativement par l'incertitude grâce au retard des résultats des élections. Goodell et Body (2012) après avoir mené une étude sur des ratios Price Earning Ratio des entreprises de l'indice S&P 500 pendant la période des élections présidentielles américaines, ont pu relever une corrélation négative entre l'évaluation des cours sur le marché et la diminution de l'incertitude électorale.

Dans ce sens, Li et Born (2006) ont exploité une base de données de vote des élections présidentielles américaines pendant une période de 54 ans de 1964 jusqu'à 2000, pour examiner les effets de l'incertitude des élections sur les rendements boursiers et la volatilité des titres. Leurs résultats indiquent l'augmentation des cours des actions ainsi que l'incertitude sur le marché avant les élections lorsqu'aucun candidat n'occupe une position importante ou dominante dans les sondages présidentiels. En effet, les changements des gouvernements impliquent une diversification aux mouvements des rendements des actions.

Riley et Luksetich (1980) signalent que les marchés financiers réagissent positivement à court terme après les élections présidentielles. En revanche, l'étude de Santa Calara et Vakanov (2003) ont étudié les rendements des actions durant les mandats présidentiels de quatre ans sur la période 1927-1998. Ils ont enregistré une différence persistante entre les démocrates et les républicains pour la présidence. Ils ont abouti à des résultats différents. En effet, les rendements annuels excédentaires sur l'indice de valeurs pondérées ont été en moyenne plus élevés de 9% pour les administrations démocrates.

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Des études antérieures ont mis en exergue l'incertitude sur le résultat des élections ce qui entraine des implications importantes sur les investisseurs qui deviennent averses au risque. En effet, Frensh et Poterba (1991) et Baxter et Jernoun (1997) ont montré que les investisseurs sont moins diversifiés à l'échelle internationale et ils ont un biais domestique significatif. C'est à dire, les investisseurs sont sous pression des résultats des élections. Ainsi, ils deviennent de plus en plus prudents jusqu'à l'annonce des résultats.

En revanche, Powell et al (2007) et Sy et Al Zaman (2011) ont trouvé une différence significative au niveau des rendements boursiers entre les démocrates et les républicains dans la présidence après le contrôle des biais d'estimation et la différence du risque systématique.

Jones et Baning (2009) ont étudié la relation entre la performance du marché boursier et les diverses élections américaines en exploitant les rendements d'actions mensuels durant une période de 104 ans. Ils ont constaté l'inexistence d'un effet systématique sur les marchés boursiers.

En utilisant les données de 15 pays, Bohl et Gottshalk (2006) ont examiné l'effet du cycle politique sur les rendements boursiers. Leurs résultats montrent l'inexistence d'un effet significatif entre la première et la dernière partie du cycle électoral sur la volatilité boursière. Egalement, il n'a aucun effet significatif entre la nature du gouvernement (de gauche, de droite) et la rentabilité boursière.

A partir de cette section, on peut formuler notre première hypothèse :

H1 : les événements politiques ont une incidence sur la volatilité boursière.

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"Enrichissons-nous de nos différences mutuelles "   Paul Valery