WOW !! MUCH LOVE ! SO WORLD PEACE !
Fond bitcoin pour l'amélioration du site: 1memzGeKS7CB3ECNkzSn2qHwxU6NZoJ8o
  Dogecoin (tips/pourboires): DCLoo9Dd4qECqpMLurdgGnaoqbftj16Nvp


Home | Publier un mémoire | Une page au hasard

 > 

Interactions et ancrage territorial des industries créatives: le cas de la Belle-de-Mai à  Marseille


par hélène sEVERIN
Université Aix-Marseille - Master 2 géographie du développement 2015
  

précédent sommaire suivant

b) Une définition des code NAF un peu vague qui peut induire en erreur

Le fait d'avoir beaucoup de structures associatives ou collaboratives à la Belle-de-Mai n'est pas simplement lié aux secteurs d'activités. Il faut également regarder les codes NAF d'un peu plus prés. Grâce à la base de données de l'ACOSS et des URSSAF répertoriant l'emploi, la masse salariale et le nombre d'établissements du secteur privé en France, nous avons pu déduire une carte à l'échelle de Marseille représentant le nombre d'établissements à Marseille en 2013. Nous avons sélectionné les établissements à Marseille puis nous avons gardé seulement les codes NAF liés au milieu créatif, ce qui nous a permis d'obtenir le nombre d'établissements créatifs par arrondissement.

Carte 4 : Nombre d'établissements créatifs dans les arrondissements de la ville de Marseille en 2013 (selon code NAF)

On remarque par la présente carte que l'on trouve le plus d'industries culturelles et créatives dans le 1er arrondissement. Le 3ème arrondissement où se situe la Belle-de-Mai ainsi que le 13ème arrondissement où se situe le technopôle de Château-Gombert, qui est le deuxième pôle de compétitivité à Marseille, ne sont pas les arrondissements où il y a le plus d'industries créatives. Ce peut-être lié à la répartition de ces industries. Dans le 3ème par exemple, à part le Pôle Belle-de-Mai, les industries culturelles et créatives ne sont que très peu représentées. Peut-être que dans le 1er arrondissement, bien qu'il n'y ait pas de pôle de compétitivité à proprement dit, les établissements peuvent très bien être dispatchés. Mais nous pensons que la vraie réponse à apporter est celle du choix des secteurs d'activités. Les secteurs d'activités sont définis par les entreprises et non pas par l'INSEE comme c'est le cas des codes NAF. Une entreprise qui, par exemple, crée un logiciel qu'elle installe ensuite à distance où qu'elle envoie à ces clients, peut choisir comme secteur d'activité la « vente à distance » alors qu'elle fait partie du secteur des jeux vidéo. L'INSEE va ensuite attribuer à cette entreprise un code NAF qui n'aura rien à voir avec les codes NAF des industries créatives. Cela revient donc à se demander si les entreprises sont vraiment bien informées des enjeux du choix du secteur d'activité au moment de la création d'entreprise.

Aussi, la nomenclature NAF ne prend pas en compte les emplois créatifs hors filière créative comme par exemple le marketing dans une industrie du pneumatique, le webmaster dans une collectivité. Ces emplois créatifs hors filière sont d'ailleurs considérés comme plus nombreux que intra-filière. Aussi, les emplois non créatifs au sein de la filière sont pris en compte. Le comptable d'une entreprise de publicité est par exemple introduit dans l'effectif de l'entreprise créative. De plus, les nomenclatures choisies pour les études économiques ne sont pas forcement les mêmes selon les personnes qui les réalisent. Il est donc impossible de faire une nomenclature des industries créatives universelle. Par exemple, aux Etats-Unis, les chercheurs considèrent qu'un match de foot est un spectacle vivant et donc que c'est une industrie créative. Cela revient finalement à se poser la question de la définition même du terme « créatif ».

Pour comprendre le phénomène, prenons notre objet d'étude du Pôle de la Belle-de-Mai. Nous avons calculé, à partir de la base de données SIRENE et des codes NAF attribués aux entreprises, le nombre d'industries créatives sur le territoire de la Belle-de-Mai (en sélectionnant les adresses du Pôle Média, du Pôle Patrimoine et de la Friche). Nous n'avons malheureusement pas eux accès aux données emplois par établissements -du moins le fichier n'était pas complet-. Il aurait sans doute était d'autant plus intéressant de les étudier pour voir l'impact des projets sur l'économie de l'emploi créatif.

Comme on peut le constater par le schéma ci-contre, seuls 20% des établissements de la Belle-de-Mai sont des industries créatives.

précédent sommaire suivant