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Analyse des disparités spatiales de la transmission du paludisme dans la vallée du Kou et sa gestion par un SIG

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par Abdoul Azize MILLOGO
Université de Ouagadougou - Master 2013
  

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ABSTRACT

Since the 1960s, Burkina Faso has undertaken the building of irrigation works in order to tackle food insecurity and poverty. Thus, the Kou valley landscaped perimeter in the north-west of Bobo-Dioulasso was built in 1970. This irrigated place has offered favorable conditions for mosquitoes to develop. This situation has caused the proliferation of these insects, but not a proportional increase of malaria. However, malaria is still the main healthcare problem in the area. The purpose of this work is to analyze the rather weak level of malaria transmission with a proliferation of the disease transmission vectors, as an implication of the construction of the irrigated plot of the Kou valley. In this work we will use the methods and tools of classical human geography as well as those of Geomatics. This will allow us to better comprehend this disease. In spite of the fact that rice fields keep a high rate of transmission during the dry season, malaria prevalence still remains weaker in the irrigated area. Such a situation may be accounted for by the construction matters less favorable to the development of mosquito endophily and to the widespread anti malaria protection methods used in the area. Many protection methods are being used in the area, but the populations in the rice field areas are generally better protected than those in the savannah lands.

Key words: Kou valley, malaria, GIS, Transmission, Protection.

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INTRODUCTION GENERALE

Depuis les années 1960, les pays du Sud ont entrepris de grands chantiers d'ouvrages hydrauliques avec pour but d'irriguer de grandes surfaces et assurer aux populations la sécurité alimentaire. Ainsi le Burkina Faso a entrepris des programmes d'aménagements hydro agricoles dont les objectifs sont de soustraire l'agriculture des aléas climatiques et lutter contre la pauvreté. Le pays renferme actuellement de nombreux barrages dont la majorité sert à l'irrigation de périmètres aménagés.

La multiplication de ce type d'aménagement apporte certes une solution aux questions alimentaires mais soulève d'autres problèmes. La mise en place des hydro-aménagements entraîne des modifications importantes du milieu physique et impose une présence quasi-permanente de l'eau. On assiste à des transformations aussi bien dans l'environnement (eau, sol, végétation, faune, ...) que dans le comportement humain avec la prolifération d'activités telles que la culture maraîchère, la riziculture et la pêche. Les bouleversements ont des répercussions difficilement prévisibles sur le biotope (ROBERT. V et al. 1986) : hausse de l'hygrométrie, de l'humidité, extension des espaces couverts par les eaux de surfaces. Cela renforce les écosystèmes qui étaient déjà favorables au développement de vecteurs de maladies parasitaires comme la bilharziose et le paludisme.

Sur le plan national, le paludisme constitue l'un des principaux problèmes de santé publique. Il est le premier motif de consultation, d'hospitalisation et de décès dans les structures sanitaires. En 2010, il représentait 48,4 % des consultations, 63,4 % des hospitalisations et 54,6 % des cas de décès dont 35,21 % concernent des enfants de moins de cinq (05) ans (DGISS, 2010)1.

Le pays a toujours participé aux grands programmes de lutte contre le paludisme tels que l'Organisation de Coordination et de Coopération pour la Lutte contre les Grandes Endémies (OCCGE)2, Plan Burkina, l'initiative Roll Back Malaria (RBM)3et les Objectifs du

1 DGISS (Direction Générale de l'Information et des Statistiques Sanitaires), Annuaire statistiques 2010

2 L'OCCGE a fermé le 01 janvier 2001 selon http://umvf.univ-nantes.fr/ophtalmologie/iota.htm consulté le 07/02/2012.

3 Faire reculer le paludisme (FRP) ou Roll Back Malaria (RBM) est un partenariat mondial établi en 1998 par l'OMS, le PNUD, l'UNICEF et la Banque mondiale. En collaboration avec les gouvernements, d'autres organismes de développement, des ONG et des entreprises privées, il s'efforce de réduire le coût humain et socioéconomique du paludisme.

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Millénaire pour le Développement (OMD)4. Il abrite également des centres de recherche sur le paludisme5.

Malgré ces efforts, la maladie est quasi permanente dans les espaces où existent des hydro aménagements, résultat de la négligence des conséquences sanitaires de ce type d'ouvrage. Les statistiques en la matière sont évocatrices : en amont du barrage de Bagré, le paludisme représentait 87 % des cas de maladies en 1997 (KAGAMBEGA I. P. F., 1999). Sur la rive du barrage de Loumbila, le paludisme représentait 43,21 % des cas de consultations en 2005 (ILBOUDO. I. 2009).

1. PROBLEMATIQUE DE L'ETUDE.

Le périmètre aménagé de la Vallée du Kou a été réalisé dans le cadre de la coopération entre la Haute Volta (actuel Burkina Faso) et la Chine en 1969 et l'exploitation a commencé en 1970 avec 100 hectares. A l'instar de ses semblables, le périmètre aménagé dans la vallée du Kou a entrainé des conséquences sanitaires, il a favorisé une prolifération des moustiques dans la vallée. La densité de l'espèce gambiae, le vecteur majeur de la transmission du paludisme dans la zone a été multipliée par 20 suivie par un doublement du taux de transmission du paludisme. Le nombre annuel de piqûres infectantes a connu une hausse considérable dans la vallée comparativement à celui de la savane classique voisine (BALDET et al. 1999).

Au vu de cette situation, des efforts ont été consentis pour réduire ces conséquences inattendues de l'aménagement de la vallée. En 1986, ROBERT V. et al. ont trouvé que l'usage de la moustiquaire était généralisé dans la vallée du Kou. Des moustiquaires ont aussi été distribuées en 2010 dans la zone lors de la campagne nationale de distribution gratuite de moustiquaires imprégnées d'insecticides. Malgré ce fait, le paludisme demeure toujours un problème de santé car il est la première cause de consultation dans les centres de santé.

Des études entomologiques ont montré que les aménagements hydroagricoles n'entrainent pas, malgré l'augmentation des moustiques (vecteurs) une augmentation de la transmission du paludisme dans les zones d'endémies. IJUMBA J. N. et LYNDSAY S. W.

4 Le sixième de ces objectifs (OMD6) stipule qu'il faut « stopper la propagation du VIH/sida, maîtriser le paludisme et les autres grandes maladies, et commencer à inverser la tendance actuelle d'évolution de ces maladies d'ici fin 2015. »

5 Le Centre Muraz à Bobo Dioulasso, l'Institut de Recherche en Sciences de la Santé (IRSS) à Bobo Dioulasso et à Ouagadougou, le Centre National de Recherche et de Formation sur le Paludisme (CNRFP) à Ouagadougou et le Centre de Recherche en Santé de Nouna (CRSN).

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(2001), DOLO G et al. (2004). ROBERT V. et al. l'ont prouvé en 1986 dans la vallée du Kou en expliquant la faible transmission du paludisme par la zoophylie et la jeunesse des moustiques et l'utilisation généralisée de la moustiquaire par les populations.

On se demande alors pourquoi l'aménagement du périmètre rizicole a entrainé une réduction de la transmission du paludisme dans la vallée du Kou? De façon précise, on se pose les questions suivantes :

- Quels sont les transformations environnementales introduites dans le milieu par l'aménagement hydraulique ?

- Quel est le niveau de transmission du paludisme au sein de la population résidante dans la vallée du Kou ?

- Les protections antipaludiques utilisées dans la vallée du Kou sont-elles un facteur essentiel de la réduction de la transmission du paludisme ?

- Les outils de la géomatique ne permettent-t-ils pas de suivre l'évolution de la prévalence de la maladie ?

On envisage alors d'apporter un autre regard sur cette problématique avec les outils de la géomatique en traitant de l'« Analyse des disparités spatiales de la transmission du paludisme dans la vallée du Kou et sa gestion par un SIG».

2. HYPOTHESES DE TRAVAIL

Pour l'atteinte des objectifs de cette étude, on admet l'hypothèse principale selon laquelle l'aménagement du périmètre rizicole de la vallée du Kou n'a pas entrainé une augmentation de la transmission du paludisme. Cette hypothèse principale se décompose en hypothèses secondaires que sont :

- l'aménagement du périmètre rizicole dans la vallée du Kou a entrainé des mutations dans l'environnement physique et humain de la zone ;

- le taux de prévalence palustre dans les quartiers rizicoles est inférieur à celui des villages de la savane environnante ;

- les résidents des quartiers rizicoles de la vallée du Kou ont des moyens de protection antipaludique qui contribuent à maintenir le taux de transmission en deçà de celui des villages environnants ;

- un SIG connecté à une base de données régulièrement mise à jour permettra d'avoir un suivi sur l'évolution de la prévalence du paludisme dans la vallée du Kou.

3. 10

OBJECTIFS DE RECHERCHE

Pour vérifier les hypothèses ci-dessus, il faudra atteindre l'objectif principal de cette étude qui est d'analyser les facteurs qui concourent à maintenir cette faible transmission du paludisme dans la zone rizicole. De façon spécifique, il faudra :

- Apprécier la configuration spatiale et la physionomie des quartiers rizicoles et du village hors périmètre ;

- Analyser la prévalence du paludisme au sein de la population habitant le périmètre rizicole de la vallée du Kou et celle vivant dans la savane environnante ;

- Analyser la protection antipaludique dans le périmètre rizicole de la vallée du Kou et dans les villages environnants ;

- Mettre en place un SIG connecté à une base de données démographique et sanitaire sur la vallée du Kou.

4. DEFINITION DE CONCEPTS

Couverture théorique en moustiquaire : c'est le nombre de moustiquaire disponible pour deux personnes. Elle peut être déficitaire, équilibrée ou excédentaire.

Environnement : « Longtemps limité aux caractères et aux agents du seul milieu naturel dont l'étude et l'analyse participe de l'écologie. Elargi aujourd'hui à toutes les variables sociales, écologiques, culturelles...des individus et des populations, à leurs cadres de vie, à leurs modes de vie et de travail, à leurs comportements. Tendance actuelle à prendre en compte l'ensemble des facteurs dans une approche holistique (analyse intégrée du système pathogène) » PICHERAL H., 2001, p104.

Faciès de transmission : « Un faciès pourrait être défini comme un ensemble de lieux dans lesquels le paludisme présente les mêmes caractéristiques de transmission, de développement de l'immunité et de manifestations pathologiques » CARNEVALE P. et al. 2009.

Géomatique : selon l'Université Laval, la géomatique est un domaine qui fait appel aux sciences, aux technologies de mesure de la terre ainsi qu'aux technologies de l'information pour faciliter l'acquisition, le traitement et la diffusion des données sur le territoire (aussi appelées "données spatiales", "données géospatiales" ou "données géographiques"). Elle regroupe donc l'ensemble des outils et méthodes permettant de représenter, d'analyser et d'intégrer des données géographiques.

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Létalité : « proportion de décès dans une population malade au cours d'une période déterminée » PICHERAL H., 2001, p154.

Morbidité : longtemps assimilé à la maladie, c'est un concept étendu aux notions de déficience, d'incapacité, de handicap et de dépendance.

On distingue trois types de morbidité :

- la morbidité DIAGNOSTIQUEE : enregistrée, codée par les différents organes du
système de soins à l'occasion du recours aux soins des individus.

- la morbidité RESSENTIE : perçue par l'individu et répondant à sa propre
représentation (sociale, psychologique, culturelle, etc.) de son état de santé, mesurable uniquement par des enquêtes directes (morbidité auto déclarée).

- la morbidité OBJECTIVE : correspondant à l'état de santé mesurée grâce à des
examens systématiques de dépistage, en dehors de toute représentation ou perception des individus et/ou de l'institution de soins.

Paludisme : maladie infectieuse endémique provoquée par des parasites du genre Plasmodium et transmise à l'homme par la piqûre des femelles de moustiques du genre Anophèles. Etymologiquement, le mot « Paludisme dérive du latin palus qui signifie « marais ». Quant au mot « malaria », il est issu de la terminologie italienne et signifie littéralement « mauvais air » (GIROD P, 2001). Les espèces responsables chez l'homme sont : Plasmodium falciparum, P. vivax, P. malariae et P. ovale. Aussi appelée malaria, la maladie a des dénominations différentes selon l'agent causal : paludisme à vivax, à falciparum,... Plusieurs appellations de la maladie sont rencontrées dans les environs de Bobo Dioulasso, on a « Sumaya », « Saye », « Sumaya bâ », « Sumaya guè », pour la langue « Dioula », « Kon » pour la langue Bobo, « Weogo », « Koom » pour la langue moaga, (mossi) etc.

Photographie «amateur» : les PVA (prises de vue aérienne) sont dites amateurs lorsqu'elles sont réalisées dans des conditions classiques de photographie, ne répondant pas aux normes techniques de la télédétection. Généralement les PVA sont faites avec des vecteurs (appareils) équipés de capteurs spécialisés dans la détection des éléments de l'environnement dans des canaux précis du spectre électromagnétique. Elles subissent ensuite des traitements géométriques en laboratoire, pour être redressées (suppression des effets du tangage et du roulis etc.) et radiométrique pour supprimer les bruits etc. Dans le cas présent, les PVA ont été prises avec un appareil photo numérique "ordinaire" avec un déclencheur à distance qui a été fixé sous un petit avion de sport disponible à l'Aéroclub de Bobo-Dioulasso. Elles n'ont subi

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aucun traitement préalable et aucune donnée technique permettant d'effectuer des traitements n'a été enregistrée.

Prévalence : « c'est le nombre total de cas de maladies observés dans une population donnée à un moment précis. Elle équivaut à une photographie de la morbidité » PICHERAL H., 2001, p197.

SIG : un système d'information géographique est un "système informatique de matériels, de logiciels, et de processus conçus pour permettre la collecte, la gestion, la manipulation, l'analyse, la modélisation et l'affichage de données à référence spatiale afin de résoudre des problèmes complexes d'aménagement et de gestion". FICCDC, (comité fédéral de coordination inter-agences pour la cartographie numérique) (1988).

Les SIG ont deux composants structurels :

- le composant utilisateur qui comprend les hommes et les projets ;

- la composante informatique qui regroupe les ordinateurs, les logiciels SIG et les périphériques spécifiques tels que les systèmes de radio positionnement, les scanners, imprimantes, tables à numériser, etc.

Splines avec interruptions : Selon ESRI (Environmental Systems and Research Institute), c'est une méthode d'interpolation selon laquelle les valeurs sont déterminées à l'aide d'une fonction mathématique qui réduit la courbure globale des surfaces et restitue une surface lisse. Elle respecte les discontinuités codées à la fois dans les interruptions en entrée et les données de point en entrée, c'est pourquoi elle a été utilisée pour certaines analyses de cette étude car les concessions de Sourkoudougou sont disposées aléatoirement dans l'espace et les données utilisées en entrée assez interrompus.

5. METHODOLOGIE

5.1. le choix du site et de l'échantillon spatial

L'échantillon spatial du projet TAMVEC est constitué de trois (03) sites : le site de Koubri dans le département de Koubri en savane sèche, Soumousso, département de Karangasso-Vigué et la vallée du Kou, commune rurale de Bama dans la savane humide.

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Carte 1 : Sites d'étude du projet TAMVEC.

Le premier site est dans la zone de transmission palustre saisonnière longue et les deux dernières sont dans la zone de transmission permanente palustre. Pour cette étude, le site de la vallée du Kou a été choisi en ce sens que VK5 est l'échantillon spatial du projet TAMVEC mais aussi du fait de sa proximité par rapport à la DRO/IRSS.

5.2. La revue de littérature

Les travaux géographiques sur la vallée du Kou ne sont pas nombreux. La majorité des travaux sur le site ont été effectués par des biologistes et portent plus généralement sur la transmission du paludisme dans les espaces où existent des hydro-aménagements. Cette revue de littérature sera structurée autour de trois (3) points que sont : la géomatique de la santé, les apports de la géographie à la santé et les documents traitant du paludisme et de ses vecteurs.

- La géomatique de la santé

Les applications et aptitudes des outils de la géomatique sont nombreuses dans le domaine de la santé, cartographie, SIG, télédétection, modélisation, analyses spatiales, etc.

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COURET D., (2007), a montré qu'avec la télédétection on peut identifier les points d'eau ayant les caractéristiques requises par les hôtes intermédiaires des bilharzioses pour leur développement.

La modélisation à travers ses différentes formes a fait l'objet de plusieurs travaux sur les maladies vectorielles, la plupart se basant sur des variables environnementales. Seuls quelques-uns ont utilisés des variables écologiques.

CARTER R. et al. avaient annoncé en 2000 que « Les SIG permettent d'associer des informations classiques sur les gîtes larvaires des vecteurs et sur l'incidence des cas au niveau des ménages avec les données satellitaires pour construire des modèles prévisionnels du risque de paludisme dans l'espace et dans le temps pour des zones et emplacements particuliers. ». La même année, JEANNE I. a utilisé les SIG et la télédétection pour mettre en place un modèle prédictif de la schistosomiase et du paludisme dans les hautes terres continentales de Madagascar, ce qui a permis la détection des foyers à risque et la prévention de nouvelles épidémies de paludisme et de schistosomiase. SOME Y. S. C. en 2010 quant à lui a utilisé les SIG et l'analyse spatiale pour faire la modélisation de la distribution spatiale des formes moléculaires M et S d'Anophèle gambiae sensu stricto au Burkina Faso. Il a trouvé que deux groupes de facteurs environnementaux opposés caractérisent les zones de concentration et influencent de façon significative la distribution spatiale des formes moléculaires M et S. Le premier groupe de facteurs est lié à l'humidité et se compose de la précipitation, de la végétation et de la pression. Le second groupe évoque plutôt l'aridité et se compose de l'insolation, de la température, de l'évapotranspiration potentielle et du vent.

Au titre des études ayant utilisé des paramètres écologiques, on peut citer le travail de NGOM R. et SIEGMUND A., (2006) mené dans le cadre du projet GeoMedIS Burkina (Geo Medical Information System). Disposant d'outils scientifiques adéquats et assez diversifiés, ils ont pu s'affranchir du schéma classique de la prédiction au travers des seuls facteurs météorologiques et environnementaux et mettre en place un modèle basé sur l'écologie (sol et végétation), l'épidémiologie et la météorologie. Le modèle était typique de la zone de Nouna. L'apport le plus particulier du SIG a été la spatialisation du modèle statistique issue des analyses de données.

ROUDIER D. C. a étudié en 2006 les maladies parasitaires en milieu urbain pour montrer l'intérêt et les limites de l'analyse spatiale à Mbandjock au Cameroun. Elle a souligné que l'utilisation récente des SIG en santé apporte des intérêts majeurs en épidémiologie et pour l'étude du système de soins. Ses analyses ont prouvé qu'il n'y avait pas un espace dans

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sa zone d'étude ou le risque était nul, elle a donc préconisé des mesures préventives. Quant à HASSAN A. N. et al. (2003), ils ont utilisé une base de données SIG sur le paludisme pour distinguer les gouvernorats à haut risque de paludisme. L'analyse spatiale à l'aide du SIG a indiqué que le risque était plus élevé à Fayoum et que l'hydrologie y était le facteur environnemental le plus déterminant dans la prédiction du risque palustre.

Les outils de la géomatique offrent d'énormes possibilités et de potentialités mais encore faut-il que les spécialistes du domaine aient des connaissances suffisantes pour en faire un usage optimal car les matériels sont évolutifs et souvent complexes (COURET D., 2007). Selon ROUDIER D. C. (2006) les données sanitaires consignées dans les registres hospitaliers manquent généralement de références géographiques, pour cela, elles ne peuvent être intégrés dans un SIG et servir aux analyses.

- Quelques apports de la géographie à la santé

L'objet d'étude de la géographie est l'espace. Les maladies vectorielles interviennent dans des milieux offrant des conditions de vie aux vecteurs. C'est là qu'intervient la géographie de la santé pour placer la maladie dans son milieu et aider les professionnels de la santé publique à mieux cibler les zones d'interventions. Le paludisme, les schistosomiases et les trypanosomiases sont les champs les plus explorés par les géographes de la santé.

HANDSCHUMACHER P.et al. (2002) ont retracé l'histoire de la géographie de la santé et les apports de cette science dans la compréhension des questions de santé. Ils s'exprimaient en ces termes : « La géographie de la santé en Afrique a tout d'abord participé à l'oeuvre commune d'amélioration de la connaissance des maladies, de leur écologie et des facteurs qui affectent et modulent la transmission en utilisant les techniques d'imagerie satellitale, les Systèmes d'Informations Géographiques et les analyses statistiques multi niveaux mais également, à la base, les registres statistiques existants ainsi que les enquêtes de terrain les plus traditionnelles». Toujours selon les mêmes auteurs, une des premières applications de la Géographie de la santé au Burkina Faso fut sa contribution à l'éradication de l'onchocercose dans les Vallées des Voltas avec l'OCP (Onchocerciasis Control Program) en 1974.

OUEDRAOGO F. C. (1993) lors de ses travaux sur les schistosomiases de l'Ouest et du Centre de la Côte d'Ivoire a montré que « l'espace géographique est indispensable pour la compréhension du fonctionnement du foyer des schistosomiases ». Il lui a fallu aller au niveau des activités des populations dans l'espace pour comprendre la distribution discontinue de cette maladie. Il conclut en disant que « c'est la structuration de l'espace qui permet de

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localiser les risques ». YAMEOGO L. en 1999 a aussi expliqué que c'est la transformation du milieu accouplée aux activités qui exposent les exploitants aux maladies hydriques dans le périmètre irrigué de Bagré. ROUAMBA J. en 2011 a trouvé un phénomène similaire pour la maladie du sommeil dans l'embouchure du Rio Pongo (Guinée-Conakry). Ses résultats ont révélé que la transmission et la diffusion de cette maladie sont surtout dues aux déplacements quotidiens et saisonniers de populations entre les îles et le continent pour la pratique de leurs activités.

De nombreux travaux de recherche ont montré l'apparition ou la recrudescence de certaines maladies liées à l'eau à la suite de la modification du milieu par les hydro-aménagements, notamment le paludisme et les schistosomiases, SANGLI G. (1991) YAMEOGO L. (1999), ILBOUDO I. (2009), ZOUNGRANA T. P. (2002), etc. Au-delà de cette mise en évidence de l'accroissement du risque, les études géographiques procèdent à un rapprochement des statistiques sanitaires des espaces avec hydro-aménagements et des espaces naturels pour voir les conséquences morbides de ces aménagements.

YAMEOGO L. en 1999 a trouvé que les maladies liées à l'eau sévissaient plus dans les villages d'exploitants du périmètre aménagé (Dirlakou, V1 et V2) qu'à Bagré (hors périmètre) et la majorité des épisodes morbides enregistrées par les centres de santé étaient des cas présumés de paludisme. SANGLI G. en 1991 a traité de l'« Approche éco-géographique de la transmission du paludisme, perception et innovation en santé à la vallée du Kou ». Ses résultats révèlent que la transmission en saison sèche est devenue considérable du fait de l'irrigation et le bas niveau de transmission peut s'expliquer par la surveillance palustre appliquée dans la vallée et la faiblesse de l'inoculation du fait de la jeunesse des moustiques et du faible contact homme-vecteurs. Ce qui fait que cette transmission est plus importante dans la savane environnante que dans le périmètre.

ZOUNGRANA T. P., (2002) et PODA J. N. et al. (2006) s'accordent à dire qu'il est indispensable d'intégrer les aspects sanitaires dans les programmes d'aménagements hydro agricoles.

- Le paludisme et ses vecteurs

De nombreuses études ont été effectuées sur le paludisme et ses vecteurs dans les rizières. Parmi celles-ci, on retient celle de BALDET et al. (1999). Ils ont effectué un suivi entomologique longitudinal en 1999 dans la zone rizicole de la vallée du Kou (VK5 et VK7). Deux espèces jouent un rôle vecteur : An. gambiae et secondairement An. funestus. Le niveau et le rythme de transmission sont plus importants que ceux relevés dans la savane

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environnante à Léna. DOLO G., et al. (2004) ont trouvé que la densité d'An. gambiae est plus élevée en saison pluvieuse dans les périmètres irrigués autour de Niono (Mali). Mais durant cette saison, l'index sporozoïtique et le taux d'inoculation entomologique sont plus élevés en dehors de la zone irriguée, ce qui se traduit par une transmission palustre élevée durant cette période. IJUMBA J. N. et LINDSAY S. W. (2001) ont désigné sous le nom de « Paradoxe du Paddy » le fait que la culture du riz irrigué augmente la transmission du paludisme dans les zones non-endémiques et réduit sa transmission dans les zones endémiques. Leurs travaux font suite à plusieurs travaux antérieurs dont celui de ROBERT V. et al. (1985) qui ont désigné leur observation de « Paradoxe de la Vallée du Kou ».

En 1990, GAZIN P. proposait de trouver sur le terrain des techniques de réduction des contacts entre les hommes et les anophèles applicables dans les conditions économiques et culturelles de l'Afrique, (...). BALDET et al. (1999) ont proposé l'usage des moustiquaires imprégnées de pyréthrinoïdes comme moyen de protection.

Selon DABIRE E. (1990), l'examen clinique n'est pas une méthode fiable de diagnostic de l'accès palustre. BAUDOUIN D. et al. (1988) placent le taux d'erreur à 27 % pour l'Afrique de l'ouest.

De cette revue de littérature, on retient que de nombreux travaux géographiques ont porté sur les maladies vectorielles où les outils de la géomatique sont de plus en plus utilisés. Les données entomologiques ont été beaucoup utilisées pour la modélisation (JEANNE I. 2000, NGOM R. et SIEGMUND A. 2006, SOME Y. S. C. 2010). Effectuant notre stage au sein d'une équipe d'entomologistes, nous voulons mettre cette collaboration à profit et associer les données entomologiques aux données d'enquêtes de terrain et de photographies aériennes pour apporter de nouvelles connaissances sur la question de la transmission palustre et de la protection anti palustre dans la vallée du Kou. Un atout de cette étude sera la finesse de son aire d'observation puisque ces données sont à l'échelle des villages et des concessions.

5.3. L'échantillonnage

5.3.1. L'échantillon spatial

L'échantillon d'étude est formé de deux quartiers du périmètre irrigué, VK5 et VK7 et d'un village hors du périmètre (Sourkoudougou), tous appartenant à la commune rurale de Bama. VK5 est isolé au milieu des rizières dans la plaine, et VK7 est à la lisière des rizières du côté nord (Carte 2, page 18).

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Carte 2 : L'échantillon spatial dans la zone d'étude

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Les raisons qui motivent les choix sont les suivantes :

- les quartiers sont situés dans une vallée, dans la zone de transmission permanente de paludisme avec un couvert végétal assez important pour VK5 ;

- VK5 est complètement entouré par les rizières et VK7 est au bord du périmètre, il est à cheval sur les deux types de milieux : le périmètre rizicole et la savane ;

- Sourkoudougou se trouve à environ 9 km au Sud de Bama au bord de la rivière Houet, il possède un CSPS. Il a été choisi en raison des besoins de comparaison des chiffres sur le paludisme des CSPS fréquentés par les habitants des quartiers de la vallée du Kou avec les chiffres d'une localité hors du périmètre. Son éloignement par rapport au périmètre rizicole permet de minimiser l'influence de ce dernier sur la transmission du paludisme par le canal de la migration des vecteurs.

- avec l'aménagement du périmètre, les conditions de développement des moustiques ont été améliorées en raison de l'augmentation des eaux de surfaces. Il s'en est suivi naturellement un foisonnement de ces insectes dans les quartiers situés au niveau du périmètre aménagé ;

- l'aménagement a attiré un nombre important de migrants dans la vallée. Les habitudes, les pratiques et les comportements de ces derniers différaient certainement selon leurs origines et cela peut toujours être d'actualité. Certaines activités comme la riziculture, la culture maraichère et les plantations fruitières ont vu le jour. L'ensemble de ces facteurs pourraient avoir une influence sur l'épidémiologie du paludisme.

5.3.2. L'échantillon démographique

La population cible est subdivisée en deux groupes : les personnes morales et les personnes physiques. Au nombre des personnes morales, on peut citer :

- les deux Centres de Santé et de Promotion Sociale (CSPS)6 du périmètre et celui de Sourkoudougou pour les cas de paludisme déclarés dans les centres de santé ;

- l'Institut National des Statistiques et de la Démographie (INSD) pour les données démographiques (RGPH 2006) ;

- le projet GE-eau (Gestion de l'eau) pour les images aériennes.

Au nombre des personnes physiques, il y a les chefs de ménages ou leurs remplaçants à qui les questionnaires ont été adressés pour la quête d'informations démographiques, la protection antipaludique et les accès palustres des membres de leurs familles dans les

6 Le CSPS non loin de VK2 est appelé CSPS de la vallée du Kou et celui à côté de VK4 est le CSPS de Bama.

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2 quartiers de la vallée du Kou et à Sourkoudougou. Un entretien a été réalisé avec les majors des CSPS pour compléter les informations recueillies auprès des ménages. Le chef de périmètre aussi fut consulté à propos du calendrier d'irrigation et du calendrier agricole.

5.4. Les variables d'étude

La variable d'étude est l'information à collecter sur le terrain dont le traitement permettra de confirmer ou d'infirmer les hypothèses avancées. Pour notre étude, trois groupes de variables sont nécessaires.

Le premier lot de variables est axé sur les transformations introduites dans le milieu par

l'aménagement du périmètre rizicole. Ce sont :

- la démographie (les ethnies, structure par âge et par sexe de la population des quartiers

étudiés) ;

- la configuration physique des villages et les matériaux de constructions utilisés

Le second lot de variables sera utilisé pour expliquer la faible transmission palustre dans le

périmètre. On aura :

- connaissance du paludisme par les exploitants ;

- la prévalence du paludisme durant l'année 2011 dans la vallée du Kou (périmètre) et à

Sourkoudougou (hors périmètre) à partir des données des CSPS et en une période de

l'année 2012.

Le troisième et dernier lot de variables permettra d'apprécier la protection contre le paludisme

dans la vallée du Kou. Ce sera :

- les moyens de protection utilisés contre les moustiques ;

- la couverture de la famille en moustiquaire (le nombre de moustiquaire en fonction de

la taille de la famille) ;

- l'offre de soins anti paludique dans la vallée du Kou ;

- les recours en cas d'épisodes paludiques.

L'ensemble des données collectées serviront à mettre en place le SIG sur la transmission du

paludisme dans la vallée du Kou.

5.5. Les outils de collecte et de traitement des données

5.5.1. Les outils de collecte de données

Différents outils ont permis de recueillir les données sur le terrain.

- Des questionnaires ont servi à la collecte des données auprès des chefs de famille.

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- Un GPS (Garmin 60 Csx®) a servi aux relevés de coordonnées géographiques et des tracés des canaux bordant les quartiers. Le GPS a été stabilisé par un trépied lors de la prise des points de calage en vue de l'obtention d'une meilleure précision. Des fiches de collecte de données ont été remplies lors de la collecte de coordonnées géographiques avec le GPS.

- Comme support, des prises de vues aériennes (PVA) `amateurs' couleurs au format JPEG avec une résolution de 0,8 m ont été géoréférencées pour l'extraction des données sur l'environnement physique des quartiers.

5.5.2. La collecte de données sur le terrain

5.5.2.1. La collecte de données avec le GPS

- Les points de calage

Des points ont été repérés sur les PVA, il s'agit des petits éléments dont la taille est inférieure à 4 pixels sur la photo. Sur le terrain tous les points repérés sur les photos n'étaient pas identifiables, ils ont donc été remplacés par des points situés à des endroits jugés meilleurs.

La technique de prise de points était la suivante : pour un point identifié, l'antenne était placé au-dessus du sol à une hauteur d'au moins 1,70 m du sol, sur le trépied ou sur le toit, le GPS était mi sur « ON » et on attendait au moins 2 mn pour que l'appareil acquiert les satellites, ensuite le point était marqué et une approximation à l'aide de la fonction « Approx » du GPS qui enregistre un point en moyenne toutes les 1,3 seconde était faite. Il nous fallait avoir la moyenne d'au moins 1 000 points pour sauvegarder notre point de calage. Avec cette technique, 12 points ont été collectés à VK5 et 10 à VK7. Les E.P.E (Estimation de l'Erreur de Position) fournis par le GPS variaient entre 0,9 et 1,8 m. La prise de points a été entièrement faites avec le GPS GARMIN® Map60CSx.

- Les tracés de calage

De la même manière que les points, des tracés des routes et des canaux d'irrigation bordant les villages ont été repérés sur les photos puis enregistrés par GPS sur le terrain. Les photos ayant été prises en saison sèche et nos levés GPS en saison pluvieuse, certains itinéraires tracés n'ont pas pu être effectués du fait d'un encombrement d'herbacées ou de constructions antérieures à la date de la prise des photos (VK5) et d'autres jugés irréalisables parce que les routes n'étaient pas bien visibles.

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Le GPS a été configuré en mode d'enregistrement « Heure » avec un intervalle de cinq secondes. En ce qui concerne la technique utilisée sur le terrain, on se positionnait au début des routes, approximativement au milieu de la route, l'antenne était placée sur un chapeau pour la maintenir en hauteur et la trace était mise sur « ON ». On attendait quelques secondes avant de commencer à marcher. La vitesse de marche était estimée à environ 1m /s en essayant au maximum de rester au milieu de la route. A la fin de la route, on s'arrêtait encore quelques secondes avant de mettre la trace sur « OFF » puis on arrêtait l'enregistrement de la trace afin de bien la séparer de l'enregistrement suivant.

- Les concessions de Sourkoudougou

Toutes les concessions de Sourkoudougou ont été levées au GPS sur le terrain en raison de non acquisition de PVA de ce village.

- La référence des données

Les données ont été collectées dans le système géodésique WGS 84 (World Géodésique Système 1984), Datum WGS 84. Elles sont utilisées avec les mêmes références.

5.5.2.2. L'enquête démographique et de santé

Une phase pilote allant du 18 au 21 avril a été réalisée pour l'ajustement des questionnaires et la formation des enquêteurs. Cette phase a permis l'administration de 12 questionnaires-familles dans les 3 localités. Ce qui a permis de déceler les erreurs et de reformuler certaines questions pour améliorer leurs compréhensions.

L'enquête proprement dite s'est déroulée du 25 avril 2012 au 05 mai 2012. Chaque concession avait son questionnaire (voir annexe 2). La méthode utilisée était le porte à porte, ce qui a permis d'enquêter toutes les concessions des trois localités. Les questionnaires ont été administrés aux populations par 4 enquêteurs. Trois des enquêteurs habitaient chacun dans un des villages de l'enquête. La présence d'un enquêteur de chaque village a permis d'enquêter plus tard (généralement le soir) les chefs de concessions absents lors de l'enquête dans la journée. Au total, 311 questionnaires ont été renseignés lors de l'enquête. La répartition des questionnaires selon les localités se présente comme suit : 90 questionnaires pour Sourkoudougou, 80 pour VK5 et 141 pour VK7.

Les déclarations de paludisme lors de cette enquête découlent de la perception de la maladie par les populations. Elles ne sont basées sur aucun test biomédical. Pour cela, elles sont certainement influencées par des facteurs tels que la saison (pluvieuse ou non),

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l'utilisation ou non de protection, l'exposition à des piqûres plus ou moins nombreuses, etc. A cet effet, les analyses basées sur ces données ont une valeur scientifique mais ne reflètent pas la réalité du terrain.

5.5.2.3. La collecte des données sanitaires

Les données sanitaires sont issues de deux sources : une source primaire qui est l'enquête démographique et de santé (EDS) effectué auprès des populations en 2012 et une source secondaire qui constitué des registres de consultations des CSPS. Ces registres ont été dépouillés pour relever les informations relatives à tous les patients ayant consulté dans les 12 mois de l'année 2011 pour cause de paludisme.

Le diagnostic du paludisme dans les CSPS est effectué à l'aide du test de diagnostic rapide (T.D.R). C'est le moyen de diagnostic utilisé dans la plupart des formations sanitaires en milieu rural, les statistiques sanitaires nationales en matière de paludisme sont par conséquent principalement basées sur les résultats de ce test. Ses résultats ne sont pas fiables à 100 % mais présentent la garantie d'être issus de formations sanitaires. BAUDOUIN D. et al. (1988) ont placé le seuil d'erreur du diagnostic de l'accès palustre à 27 % pour l'Afrique de l'ouest mais pour DABIRE E. (1990), ce taux a toujours été au minimum égale 32 %.

5.5.2.4. Les informations entomologiques

Elles sont issues des recherches effectuées dans la zone d'étude depuis les années 1980 jusqu'en 2003. Les supports découlant de ces recherches sont un article scientifique et une thèse de doctorat des chercheurs de l'Institut de Recherche en Science de la Santé. Il s'agit de la thèse de DIABATE A. (2003), et de l'article de BALDET T. et al. (1999).

5.5.3. Les outils de traitement et d'analyse des données

Les données ont subi plusieurs traitements dans un environnement informatique diversifié.

5.5.3.1. Le transfert des données GPS

L'extraction des coordonnées géographiques prises par le GPS a été faite par les logiciels MAP SOURCE® et G7TOWIN®. Alors que MAP SOURCE n'extrait que cinq (05) décimales du GPS, G7ToWin en propose sept (07). Même si cette précision (de l'ordre du mm) et totalement hors des caractéristiques du GPS (dont la précision donnée par le constructeur GARMIN® est de l'ordre de 10 m), elle a été préférée lors de la prise des points moyennés des repères.

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5.5.3.2. Le traitement des images.

- Le géoréférencement des images

Les PVA (prises de vue aériennes) ont été traitées par Adobe Photoshop® version CS3 pour un changement de format, de JPEG en TIFF et de dpi (dots per inch) de 150 à 600 en vue d'une amélioration de leur qualité. Ces images ont été importées sur Arc GIS® version 10 d'ESRI® pour le géoréférencement. Le géoréférencement consiste à appliquer un système de coordonnées à une image afin de la mettre à l'échelle dans un système de référence spatial donné.

Les images à géoréférencer étaient des photographies `amateurs' ne possédant donc pas les informations nécessaires afin d'appliquer les corrections dues aux déformations lors de la prises de vue, elles n'ont pas pu être redressées avant leur géoréférencement. Les images en 600 dpi ont été géoréférencées avec une polynôme de 3ème ordre. Ce niveau de déformation nécessite au moins 10 points de calage. Pour cela, 29 points ont été utilisés sur VK5 et 23 sur VK7 (points de calage et points sur les traces). La méthode polynomiale par prise de points d'appui qui consiste à retrouver pour tout point d'une image sa nouvelle position dans un système de référence a été utilisée.

- La numérisation des éléments

La numérisation a également été faite sous ArcGis10®. Les couches ont été créées sous ArcCatalog10® et digitalisées sous ArcMap®. Les limites de concessions ont été numérisées en polygones puis leurs centroïdes ont été calculés pour les analyses concernant cette étude.

5.5.3.3. Traitement des données attributaires

La base de données a été modélisée sous Power AMC®. Elle est actuellement gérée sous Microsoft® Access®. Ce logiciel a servi également au dépouillement des questionnaires d'enquête. Les traitements statistiques et les représentations graphiques ont été effectués sous Microsoft® Excel®. Adobe Illustrator® CS3 a servi à améliorer la qualité de certains graphiques.

5.6. Les difficultés pratiques et les limites de l'étude

5.6.1. Les difficultés

La première difficulté était liée à la précision du géoréférencement. Etant donné que les PVA n'avaient pas été réalisées selon les normes de la télédétection, elles avaient de fortes déformations, par conséquent leurs géoréférencements se sont avérés très délicats.

Une autre difficulté a été l'absence de support sur Sourkoudougou. On ne disposait pas de PVA sur Sourkoudougou. L'Institut Géographique du Burkina (IGB) ne disposant pas de mission photographique ayant couvert le village, les concessions de ce village ont toutes été relevées par GPS.

La principale difficulté liée à l'EDS est l'absence de données démographiques sur les quartiers rizicoles. Les données disponibles concernaient le village de Bama dont relève les quartiers étudiés. De telles données auraient permis de mieux planifier l'enquête.

Il y a également un cas de refus d'être enquêter qu'il faut souligner à VK5 (concession n° 46) et les concessions vides (6 concessions à VK5 et 2 à VK7).

5.6.2. Les limites

La limite principale de cette étude est l'absence d'une illustration avec les données entomologiques du projet car elles n'avaient pas encore été traitées par les spécialistes du domaine. L'incidence de la végétation ne ressort pas clairement dans les analyses de la transmission du paludisme.

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PREMIERE PARTIE :

GENERALITES SUR LA ZONE D'ETUDE ET EPIDEMIOLOGIE DU PALUDISME

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"Des chercheurs qui cherchent on en trouve, des chercheurs qui trouvent, on en cherche !"   Charles de Gaulle