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TABLE DE MATIERES
DEDICACE
33
AVANT-PROPOS.
44
SIGLES ET ABREVIATIONS
55
TABLEAUX ET FIGURES.
55
0. INTRODUCTION
66
0.1. METHODOLOGIE.
1010
0.2. PLAN DU TRAVAIL.
1111
BIBLIOGRAPHIE RELATIVE A L'INTRODUCTION.
1212
PREMIERE PARTIE (I):
1313
LES VAISSEAUX DE L'INTERNATIONALISATION ECONOMIQUE DU
FOOTBALL.
1313
I. A. DEFINITION DU CONCEPT `INTERNATIONALISATION'.
1414
I. B. ORIGINES DE L'INTERNATIONLISATION ECONOMIQUE DU
SPORT.
1515
I.B.1. La poussée irréductible de la
mondialisation
15
I.B.2. La révolution du CIO
16
I.B.3. L'apport de la télévision
commerciale.
16
I.B.4. L'intérêt du sport aux yeux des
entreprises multinationales.
17
CHAPITRE 1. LES OPERATIONS PROPRES AU FOOTBALL.
1919
SECTION 1. LE TRANSFERT INTERNATIONAL DES
JOUEURS.
1919
Paragraphe 1. Définition du
transfert.
22
1.2. Le Transfert des joueurs dans le football africain.
24
1.3. Football business : l'Afrique vidée de ses
meilleurs éléments.
25
1.4. Football business : l'Afrique victime de sa
pauvreté matérielle.
26
1.5.a. Transfert : Source d'approvisionnement des clubs
en matières premières.
27
1.5.b. Commentaires.
30
Paragraphe 2 : Le marché d'achat et de
vente des joueurs : mercato.
40
2.1. Définition du mercato.
40
2.2. Transfert des joueurs : les perspectives
d'avenir
42
SECTION 2. LA MULTINATIONALISATION DU FOOTBALL
BUSINESS :
4949
L'IMPLANTATION A L'ETRANGER
4949
Paragraphe 1. La présence des clubs de football
à l'étranger.
50
1. A. PRESENCE A L'ETRANGER SANS INVESTISSEMENT.
5151
1.A.1. L 'Agent commissionné ou le recruteur
officieux.
51
1.A.2. L'Agent licencié de la
FIFA.
57
1.B. PRESENCE A L'ETRANGER AVEC INVESTISSEMENT.
5959
1.B.1. La création des centres de formation
pour jeunes joueurs :
59
confrontation entre l'humanitaire et le
business.
59
1.B.2. Le Paris-Saint-Germain et le Planete Champions
International de
60
Ouagadougou.
60
Paragraphe 2. Les projets d'investissement direct
étranger.
64
2. A. LA PARTICIPATION D'AJAX DANS GERMINAL BEERSCHOT
ANTWERPEN (GBA).
6565
2.A.1. Le pourcentage de 10 %.
65
2.A.2. L'implication dans la gestion du club
étranger.
65
2.B. AJAX D'AMSTERDAM ET AJAX CAP TOWN.
6666
SECTION 2. LE PRIX DE TRANSFERT DANS LE COMMERCE
INTERNATIONAL
6868
ENTRE LES CLUBS DE FOOTBALL DU MEME GROUPE.
6868
Paragraphe 1. Définition et hypothèse
d'application.
68
Paragraphe 2. La résolution de la question du
prix de transfert dans ce secteur.
69
CHAPITRE II. LES OPERATIONS INDUITES.
7070
SECTION 1. LES DROITS DE RETRANSMISSION : LA MANNE
DU SIECLE
7070
Paragraphe 1. Définition des droits de
retransmission.
70
Paragraphe 2. Bref rappel
historique.
71
Paragraphe 3. Droits de retransmission et
conquête des événements sportifs
72
internationaux.
72
SECTION 2. LE MERCHANDISING.
7575
Paragraphe 1. Définition
76
Paragraphe 2. Le merchandising comme une des
conséquences
77
de l'internationalisation du
football.
77
DEUXIEME PARTIE(II). INTERNATIONALISATION DU
FOOTBALL :
7878
ENJEUX ET PERSPECTIVES.
7878
CHAPITRE I : IMPACT DE L'INTERNATIONALISATION
ECONOMIQUE DU
7878
FOOTBALL SUR LES PAYS DEVELOPPES.
7878
SECTION 1. LA COTATION DES CLUBS EN BOURSE.
8080
Paragraphe 1. portée
80
Paragraphe 2. Evolution du football coté en
bourse.
81
SECTION 2. LA REVELATION DES DERIVES MARCHANDES DU
TRANSFERT.
8282
SECTION 3. AUTRES IMPACTS A SIGNALER.
8282
Paragraphe 1. L'industrie du sport.
82
Paragraphe 2. Internationalisation du football et
investissement.
82
Paragraphe 1. Le joueur africain, matière
première de haute qualité.
85
Paragraphe 2. Nécessité d'adapter la
législation régissant le football.
86
SECTION 2. IMPACT DE L'INTERNATIONALISATION
ECONOMIQUE
8787
DU FOOTBALL SUR LES CLUBS DU CONTINENT.
8787
Paragraphe 1. Au niveau de la gestion des
clubs : fonctionnalisation de la pratique du
football.
87
Paragraphe 2. Imitation du modèle de
financement des clubs de football européens.
88
2.1. Expérience du Merchandising par les trois grands
clubs congolais de Kinshasa :AS Vita Club, DC Motema Pembe et AS Dragons.
88
CONCLUSION.
9191
Ø Similarité des objectifs.
92
Ø Avantages des entreprises
multinationales.
92
Ø Recherche du contenu desdits avantages pour
les clubs de football.
93
DEDICACE
A ENDA, ma fille bien aimée et
homonyme de ma grand-mère ;
A ma paternelle et indéfectible affection s'ajoute,
chaque instant de ma vie, depuis ta naissance, le plaisir légitime de te
savoir lucide, cohérente et indéniablement intelligente :
« Aperi laborem patris » et, entres dans le cercle
des grands.
A te voir autant qu'à penser à toi, rejaillit
aussi automatiquement que continuellement en moi le sincère et
responsable devoir de t'offrir tout le meilleur spectacle de la vie qui
inspirera à toi et aux tiens propres, courage,
persévérance et espérance ferme, récompense
méritée d'incessants et utiles efforts,
A Kadzula Florentine O'ntor'a-baa, ma
mère
Brave et ingénieuse éducatrice ; jamais ne
s'effaceront de mon être profond les merveilles de tes tendres bienfaits.
Pour te rappeler l'heure sonnée de la récolte des fruits de tes
sacrifices, sans lesquels l'homme que je suis devenu n'aurait jamais dû
l'être,
A Olem Michelle, ma chère
épouse,
Fidèle, impassiblement patiente, conseillère,
infaillible soutien et première admiratrice de mes efforts; ici, je te
témoigne toute l'originalité de mon amour et, comme toujours, la
constance de sa fidélité. En signe de gratitude,
A vous tous mes soeurs et frères, nièces et
neveux, cousines et cousins, tantes et oncles, grand-mère, grand-tantes
et grand-oncles, pour votre chère et solide affection,
JE DEDIE CE MEMOIRE.
AVANT-PROPOS.
La fin de la rédaction de cette dissertation m'offre
l'occasion évidente et nettement immanquable de remercier de tout coeur
toutes les personnes sans lesquelles rien de tel n'aurait pu se faire au bon
moment. Je pense d'abord au Conseil Inter-Universitaire Flamand-Directorat
Général de la Coopération Internationale, VL.I.R,
auteur de la bourse d'études. Je formule le
voeu ardent et sincère de voir cette marque de coopération
continuer et rallumer toujours et encore plus haut la flamme des relations
scientifiques, naguère historiques entre la Belgique et la
République Démocratique du Congo.
Ensuite, vient le Prof. Dr D. Van Den Bulcke,
promoteur du mémoire. J'ai été profondément
ému par l'enthousiasme et l'ouverture intellectuelle de sa modeste
personne. Même pris par ses nombreuses tâches, tant
académiques qu'administratives, il ne s'est pas dérobé
à cette autre mission, celle de discuter du sujet, d'en suggérer
l'orientation et même d'en fournir la documentation. Qu'il daigne
retrouver ici, l'expression de ma totale gratitude. Enfin, j'offre une palme
spéciale au Prof. Dr Késenne Stefan, de l'UFSIA
et KUL, co-promoteur du mémoire. La promptitude avec laquelle il a
accepté de parrainer mes recherches, dans un domaine où il s'est
particulièrement distingué, m'a fort agréablement
touché. Déjà très occupé par son volume
horaire, il s'est néanmoins montré bien dévoué
à lire, et à formuler des remarques bien pertinentes, à
fournir la bibliographie et même à susciter en moi l'envie de ne
plus jamais laisser tomber sur ma route de recherche, le domaine du sport, dans
ses deux aspects de management et juridique. Je lui en sais sincèrement
gré.
Par ailleurs, je remercie tous les professeurs de
l'Université d'Anvers, spécialement ceux de
l'Institut de Politique et de Gestion du Développement. Ils ont
réconcilié en moi le langage autrefois "rébarbatif et
réfractaire" de l'économie, mais dont je ne regretterai ni la
connaissance ni l'utilité, avec ma formation et mon expérience de
juriste. A Greet Annaert et Nicole S., j'exprime toute ma reconnaissance pour
leur sens spontané de serviabilité.
De même, je remercie d'une part, tous les professeurs
et mes collègues Assistants de la Faculté de Droit à
l'Université de Kinshasa, mon alma mater, pour leur
soutien et encouragement qui ne passent pas inaperçus, et d'autre part
mes enseigants du Collège LANKWAN d'Idiofa, dont je
porterai haut et loin l'étendard. Ici et là, je remercie
très affectueusement, les Profs. Drs Léopold MAKOKO
MOYENGO (Polytechnique/Unikin), Roger BLANPAIN,
Godelieve CRAENEN, Frans VANISTENDAEL
(Droit/KUL),
Abbé Jean Pierre SIEME
(Théologie/Rome), Greg BAKANDEJA wa
MPUNGU (Droit/Unikin), Léonard MASHAKO MAMBA
(Médecine/Unikin), puis les Drs Jean Macaire MUNZELE
(Sociologie) et bâtonnier MATADI NENGA (Droit)
pour toutes les marques de sympathie et d'amitié me
témoignées. Il en est de même des familles Luc et
Gertrude TIMMERMANS, Adam MAZINGA et OKWALA.
A mes amis de toujours et aussi aux collègues que les
circonstances d'études m'ont fait rencontrer en terre
hospitalière d'Anvers, une vraie amitié n'oublie ni les bienfaits
ni les sages conseils et reproches. De vous, j'en suis constamment
bénéficiaire. Puisse cette amitié internationale subsister
à toutes les vagues du reste de temps de notre vie active.
Je pense particulièrement à vous MIKOMO
L., LALONG M., ANEM P., EFUR
R., NGYELE P., SHAMAVU A.,
KWILU M., MBUNGU M., NGOMA D.,
LUKANDA B., HUARACHI J., NCHWEKI
P., CUVELIER J., DAEMEN I.,
DIAKO S., TSHIMANGA Cl., KOLOKO
L., AZOR M.J, YAGUNDU F,
ANUCHA, BAKOYE S., MASUMU J., KOFFI
Mariette, BARO H, ALEMAN B.
P et MEGOUO B.
SIGLES ET ABREVIATIONS
CAF : Confédération africaine de
football.
CIO : Comité International Olympique.
CONCACAF : Confédération de Football
Association d'Amérique du nord et du Centre.
FECOFA : Fédération congolaise de Football
Association.
FIFA : Fédération Internationale de
Football Association.
UEFA : Union des Associations européennes de
Football.
UNPF : Union Nationale des Professionnels du Football.
URBSFA : Union Royale Belge des Sociétés de
Football Association.
TABLEAUX ET FIGURES.
Tableau I : Les footballeurs dans le
monde.......................................................P. 28.
Tableau II : Les footballeurs professionnels dans le
monde....................................p. 28.
Tableau III : Les clubs européens les plus
riches................................................P. 29.
Tableau IV : Les 15 riches clubs
d'Europe.......................................................P. 30.
Tableau V : Aperçu général des
transferts en Belgique(saison 2000-2001).............Pp.32-37.
Tableau VI : Salaires des joueurs de Premier League anglaise
de football...................P. 47.
Tableau VII : Les dix plus gros transferts de l'histoire du
football business................ p. 48.
Tableau VIII. Liste partielle des négociateurs des
transferts des joueurs congolais.........p. 55.
Tableau IX : Droits de retransmission de neuf
éditions du Mundial........................ ...p.75.
0. INTRODUCTION
Les firmes multinationales, auxquelles a toujours
été attribuée, à tort ou à raison, la
capacité de prolonger l'exploitation de leurs activités à
l'étranger, ne sont plus, malheureusement, les seuls acteurs
économiques à s'affectionner l'épithète
d'international. En d'autres mots, elles ne sont plus les seules à
pouvoir tirer avantage de l'élargissement des marchés, ni
à se buter aux obstacles, toujours aussi inhérents à la
mondialisation. Engin de collusion et de recentrage des intérêts
entre plusieurs acteurs, la mondialisation, comme le fait remarquer
l'économiste nigérian, OKIGBO P. (1999, pp. 101-102), est
évidemment, un processus qui plonge ses racines dans les temps les plus
anciens. Il ne faut pas avoir le regret de caserner les conquêtes de
César, à travers ses nombreux combats, à la fois glorieux
et parfois ternes, dans la recherche de ce qui rapprocherait le monde, à
commencer par l'espace européen. César a donc tracé les
jalons de ce que les économistes de l'école
néo-libérale allaient exploiter et mener à bien, à
savoir, la mondialisation. Le sport, spécialement, «le sport
professionnel n'échappe pas au mouvement de globalisation et de
mondialisation qui touche le monde économique »,
écrivent BAYLE Emmanuel et DURAND Christophe (2000, p.154). Bien plus,
renseigne Jean Jacques GOUGUET (2000, p.5), même si
« l'activité sportive a acquis de longue date une dimension
internationale (les jeux olympiques par exemple), mais les formes nouvelles de
la mondialisation sont entrain de bouleverser radicalement les modalités
d'organisation du spectacle sportif », surtout le mariage
sport-entreprises multinationales.
En fait, les relations entre les firmes multinationales et le
sport, souvent discrètes, mais toujours présentes, ne sont pas
qu'anciennes. BOURG et GOUGUET (2000), parlent d'une « interaction
entre des firmes multinationales, d'un côté, et le mouvement
sportif, de l'autre ». Elles se sont aussi resserrées de plus
belle, ces derniers temps, au point de transformer l'univers de spectacle en un
monde d'affaires, tout aussi prospère que rentable. Pour qualifier cet
effort de conversion du spectacle en business,
l'expression «métamorphose » n'est pas du tout
exagérée.
C'est vrai que certaines entreprises multinationales se sont
fait un nom dans la fabrication et la commercialisation des équipements
sportifs, et ce, à travers la planète : ADIDAS, NIKE,
REEBOOK, pour ne citer qu'elles, passent pour celles qui avaient su exploiter
depuis, et à temps, la bague de noces, encore vierge, entre sport et
business.
Actuellement, aux côtés de cette
catégorie, plusieurs autres expérimentent et consolident leur
percée dans l'univers commercial. Car, ce dernier a fini par hanter,
sans grand effort de résistance de leur part, les clubs et
fédérations sportifs, et avoir raison d'eux, à l'instar de
l'irrésistible pesanteur, impitoyable en face de tout objet en surface.
Comment ne pas prêter attention à cette évolution, quand,
comme l'indique ANDREFF Wladimir (2000), «cotation des clubs en bourse,
transformation des structures juridiques des clubs professionnels en
entreprises commerciales, ouverture du capital des clubs aux opérateurs
extérieurs au sport, diversification des produits des
clubs(merchandising) et privatisation du financement des clubs » sont
très usités par les milieux sportifs !
Le sport a, ainsi, cessé d'être l'exclusif
effaceur, qu'il était depuis lors, de la soif ludique et spectaculaire
des athlètes d'une part, et des spectateurs d'autre part. En attendant
de trouver une cause à ce revirement, l'on pense déjà que
l'entrée des privés dans le mouvement sportif et les rentes
financières qu'elle serait capable de générer ne sont
pas étrangères à la métamorphose du football
spectacle en football business. BAYLE et DURAND (Ibidem),
précités, renchérissent que «cette tendance
à la privatisation du sport professionnel, qu'elle s'accompagne d'une
prise de pouvoir formelle ou d'une pression telle qu'elle confère
à l'opérateur extérieur un contrôle très
large du système, constitue un élément de l'organisation
et du financement du sport professionnel ».
C'est donc, sans ambages, qu'analysant lucidement le
phénomène, BOURG (1998) esquisse que « le sport
est devenu l'objet d'enjeux financiers considérables liant quatre
acteurs majeurs à un niveau international : sponsors, diffuseurs,
fabricants, agences de marketing ».
Les années '80 du siècle dernier sont
décisives dans la façon dont le sport, en général
et le football, en particulier vont se comporter. Le football, va continuer
à s'adosser sur ses principes, en se frayant, en même temps, le
chemin lucratif, guère, lui imputable.
Mais, parler du sport est un sujet, certes, attrayant,
seulement qui risque de paraître trop large et trop vague en fin des
comptes. Il existe tout un arsenal de disciplines sportives, auquel il faudra
à la longue, consacrer de nombreuses et riches études. Cependant,
dans le cadre de la présente analyse, nous nous limitons au football,
aux stratégies de son internationalisation et à ce que celle-ci
pourrait être à même d'apporter au développement des
pays en développement d'Afrique, eux qui semblent constituer un des
itinéraires les plus prisés des opérations
d'internationalisation du sport sous examen. Quelques raisons président
ainsi à ce choix.
Tout d'abord, le football reste l'un des sports les plus
populaires et les plus spectaculaires au monde. Ensuite, même dans des
pays où sa signification était réduite au simple spectacle
des quartiers moins fréquentés par certaines classes sociales,
aux Etats-Unis par exemple, il acquiert de plus en plus de l'ampleur. Le
déroulement de la phase finale du mondial 1994 en terre
américaine n'en est qu'un des signes éloquents.
Enfin, l'infiltration des milieux d'affaires privés lui
imprègne une dimension à la fois sociale et
économico-financière non négligeable. Ses instances
veillent journellement à l'expansion de sa pratique, sans trop faire
apparaître l'aspect financier qui lui colle certainement et manifestement
à la peau. Le choix du Japon et la Corée du sud, auxquels
pourrait se joindre la Corée du Nord serait un pas vers « la
terre promise d'affaires du XXIème siècle »,
à savoir, la Chine populaire.
La preuve est donnée par l'hyper-médiatisation
dont il est l'objet et l'attention particulière qui lui est
accordée de la part des autorités aussi bien que de la part des
populations. En effet, le moindre constat possible qui puisse encore frapper
fait état de ce que depuis les années '80, le football est devenu
un phénomène socio-économique et financier indiscutable,
auquel des études sont de plus en plus consacrées. Cette tendance
vers une recherche appliquée au football n'est cependant pas encore
proportionnelle à la promotion médiatique dont il
bénéficie.
La télévision, par exemple, dessine chaque jour
les contours de ses idylles avec le sport, et le football en particulier.
Captivant le souffle des téléspectateurs, de plus en plus
nombreux, elle s'évertue à longueur des journées, à
chasser, puis à livrer au public, à des heures d'audience
massive, des images et des sujets d'actualités du football :
résultats des championnats nationaux, des matches des ligues, des
matches de qualification pour des compétitions internationales, le
mouvement des transferts des joueurs et la chronique de leurs montants, le
hooliganisme et aussi le dopage de quelques-uns.
A première vue, la spécialisation en la
matière de certaines chaînes de télévision
privées laissait indifférents même les passionnés du
football, sans qu'apparût en clair le vaste commerce qui s'y
déroulait. Datant de plusieurs années aux Etats-Unis, ce commerce
avait réussi à prouver ses prouesses. QUIRK J. et FORT R.D, que
citent Bayle et Durand (2000, p. 152) montraient également que "le
glissement de la propriété historique des
associations (sportives) vers des opérateurs privés est une
tendance perceptible en Europe qui a, à l'inverse, toujours primé
aux Etats-Unis ".
Aujourd'hui, la passion qui endiablait autrefois les fans du
football a débordé ce contexte de plus en plus
rétréci et caricatural, pour pavoiser et atteindre les
politiques, les financiers et les industriels de ce monde.
Certes, le sport fait partie intégrante de la
société, même si son évolution de ces
dernières années donne l'impression de lui ôter son
rôle social, pour ne lui en reconnaître que celui de politique
économique et financière.
A plus d'un titre, il est acquis, comme l'écrivent
ILLKA Vuori et al, (1995, p. 15), que « le sport peut être
directement un facteur de bien-être social en procurant des loisirs, en
améliorant la forme physique et en favorisant l'insertion des individus
dans la société et leur maintien en bonne santé. D'autre
part, l'élan économique qu'apporte le sport contribue à la
consommation, au revenu, à l'emploi et au développement
économique local, régional», pourquoi pas continental !
Cela étant, la crainte que l'infestation du milieu des affaires dans le
sport, sans possibilité de sauver la face éthique «ne se
traduise par une perte de la souveraineté du pouvoir sportif »
(Bourg et Gouguet, 2000), ne semble pas moins préoccupante.
Si les transformations du football réjouissent autant
qu'elles inquiètent d'autres continents, comme l'Europe, moins
devraient-elles être écartées des analyses dans le
contexte africain. Ce continent a un tel retard de développement de ses
habitants qu'il a, vis-à-vis des générations à
venir, un véritable défi à lancer. (KAMANDA wa KAMADA,
1976). Le football, un des éléments banaux, pourrait, sans
vraiment avoir rang de panacée, contribuer à sa manière au
relèvement de ce défi, car, autrement reviendrait à se
demander avec Axelle KABOU (1991) « si l'Afrique refusait le
développement », ne serait que sur cet aspect. Même si,
ailleurs, les efforts à entreprendre sont énormes,
développement de grands projets économiques, avec la preuve que
l'Afrique ne cesse de donner sur ses performances, en matière de
football, il y a lieu de croire, véritablement, à une dimension
de « l'anti-dérive de l'Afrique en désarroi »
(NDESHYIO Oswald et al, 1985).
Le sujet intéresse donc les pays en
développement, spécialement ceux d'Afrique qui regorgent de
milliers et de milliers de jeunes gens, sans travail mais pétris de
talent dans le football, lequel, du reste, pourrait seul, leur offrir les
perspectives d'une dignité et d'une vie pleine de sens et de
vitalité.
En fait, parlant de l'Afrique, M. KOFFI Anan (1998, p. 26)
constatait que bien que « tous les pays appartiennent
désormais à un système commercial
international ...nombre d'entre eux y sont mal intégrés et
d'autres restent trop vulnérables face à son instabilité.
En Afrique, le maintien d'une croissance soutenue à long terme
dépendra pour une large part de la capacité qu'auront les pays de
diversifier leurs exportations ». A mesure que le football, à
l'instar de tous les sports, peut être comptabilisé et faire
l'objet de calcul dans la balance commerciale des Etats, il mérite toute
l'attention des dirigeants politiques et économiques pour le canaliser,
ainsi que toute l'activité économique qui en résulte, vers
cette diversification.
« L'Afrique est à la croisée des
chemins, observait Alassane OUATTARA (1999, p. 2), mais elle doit
s'intégrer pleinement au village universel qu'est devenue notre
planète...elle doit aussi redoubler d'efforts pour
accélérer la croissance en stimulant l'investissement
privé par une ouverture plus grande des marchés et des
échanges commerciaux ».
L'investissement privé présente, en Afrique, un
bilan controversé. A commencer par la réduction crescendo des
flux naguère lui réservés, particulièrement
« le faible niveau des flux des investissements étrangers
directs vers l'Afrique » (CNUCED, 1998, p. 11). Il a, dans les
secteurs pétrolier et minier, souvent été
considéré comme source des conflits civils et d'appauvrissement
des populations locales. Les accusations par le mouvement pour la survie du
peuple Ogoni (MOSOP) contre la Royal Dutch Shell au Nigeria ou celles
formulées par les populations de la République
Démocratique du Congo et de la République du Congo,
respectivement contre Chevron-Gulf-oil company, Elf et les multinationales
américaines sont du genre à attester l'acception. La
République Démocratique du Congo subit une atroce guerre qui la
rend simplement victime de ses richesses minières.
Il n'est pas pourtant évident de conclure ainsi avec
l'investissement privé, déjà possible et perceptible dans
le monde de football. C'est l'un des rares domaines où les Africains ne
se voient pas fermer le chemin de l'étranger en tant que travailleurs.
Le football prend un peu le contre-pied de ce que « les pays
développés ont souvent fermé leurs marchés aux
produits africains compétitifs. » (KOFFI Anan, 1998, p.
26).
Puisque notre étude voudrait s'inscrire dans le droit
fil des arguments optimistes, il s'avère pertinent de se demander si
cela ne paraît pas illusoire, tant que les indicateurs
macro-économiques surtout à l'ère de la globalisation,
notamment sur le continent africain ne sont pas de bon
augure : « 85% du commerce mondial se fait dans la
triade : Union européenne, Etats-Unis et Japon. La part de
l'Afrique est en dessous des 4% et n'a jamais été aussi
basse. »(Isabelle PLUVINAGE, 1999, p. 9). Il est beaucoup plus
réjouissant de voir les choses autrement.
0.1. METHODOLOGIE.
Les sciences sociales n'ont pas de méthodes qui soient
obligatoires, si l'on voulait mener telle ou telle autre étude.
« La méthode de travail ne se présentera jamais comme
une simple addition de techniques qu'il s'agirait d'appliquer telles quelles
mais bien comme une démarche globale de l'esprit qui demande à
être réinventée pour chaque travail. » Ainsi,
dans le domaine de recherche en sciences sociales, « les
dispositifs d'investigation varient considérablement d'une recherche
à l'autre ». ( QUIVY Raymond et CAMPENHOUDT Luc Van, 1988, pp.
3-5). Cela étant, il va sans dire que la nôtre, présente,
s'inscrit dans le schéma du raisonnement analytique d'un
phénomène nouveau, à savoir l'internationalisation
économique du football business. Nous nous efforcerons de décrire
le fait et de le comparer à la démarche des entreprises
multinationales.
0.2. PLAN DU TRAVAIL.
La présente étude se consacre au fait que le
sport, et le football, spécialement continue à se vendre et
à s'implanter dans des structures commerciales, au-delà des
frontières des agents qui en sont les principaux acteurs. Non seulement
que les privés s'en servent en tant que support pour rentabiliser leurs
investissements, mais aussi, les clubs de football et les
fédérations y afférentes eux-mêmes sont
entrés en scène en devenant ces investisseurs qu'ils
n'étaient pas il y a quelques temps.
Les causes de cette contagion du mercantile sont multiples, et
font l'objet, actuellement de plusieurs forums de réflexion. Toutefois,
nous n'avons nullement la prétention d'épuiser un thème
encore vierge et parfois difficile à défricher, faute de
littérature disponible et de données fiables. Voilà
pourquoi, la plupart des références sont les extraits des
journaux spécialisés du sport et des sujets des articles
rédigés sur le sport.
La première partie s'attelle aux stratégies ou
canaux de l'internationalisation. Ici, seront abordées tour à
tour, mais sous forme de chapitres, les opérations propres au mouvement
football (Chapitre 1) notamment le transfert des joueurs de football (section
1), la création des centres de formation à l'étranger
(section 2), l'investissement direct étranger (section 3), et les
opérations induites (Chapitre 2), à savoir les droits de
retransmission (section 1), le merchandising (section 2).
La deuxième partie, quant à elle, examinera
l'impact de cette internationalisation, d'abord sur les pays dont sont
originaires les clubs riches de football(chapitre 1), ensuite sur le
développement des pays en développement, considérés
comme partenaires incontournables du phénomène. Cette incidence
sera analysée tout d'abord au niveau des clubs locaux (section 1), des
joueurs (section 2) et du pays (section 3.)
Enfin, dans la conclusion, nous suggérerons la prise de
certaines mesures susceptibles de corriger les dérives marchandes de
l'internationalisation du football.
BIBLIOGRAPHIE RELATIVE A
L'INTRODUCTION.
ANDREFF Wladimir (2000), Les finances du sport et
l'éthique sportive,
in Revue d'économie financière.
BAYLE E., DURAND C., (2000), Sport professionnel et
représentation nationale : Quel avenir ? , in Reflets et
perspectives de la vie économique, Tome XXXIX-2000, n°2-3
BOURG (1998), Sports business et règles du jeu, in
Sociétal, n° 20, juin. BOURG et GOUGUET, (2000),
Economie du sport, Paris, La Découverte.
CNUCED (1998), Rapport de la commission de l'investissement,
de la technologie
et des questions financières connexes sur sa
troisième session, Genève, 14-18 septembre 1998.
GOUGUET J-J, (2000), introduction in Reflets et
perspectives de la vie économique, sport
et mondialisation. Quel enjeu pour le XXIème
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PREMIERE PARTIE (I):
LES VAISSEAUX DE L'INTERNATIONALISATION ECONOMIQUE DU
FOOTBALL.
Personne ne connaît exactement l'ampleur du commerce du
sport, pas plus que celle de tous les échanges commerciaux
réalisés par et pour le football. Mais, on peut apprendre de
Monti Mario, Commissaire européen en charge de la Concurrence, dans son
discours du 17 avril 2000, que «la politique concurrentielle se sent
concernée parce que le sport et le business qui s'y rapporte est
désormais un grand business...La croissance dans la dimension
économique du sport ces dernières années, constate-t-il,
est spectaculaire. Deux millions d'emplois ont été directement ou
indirectement créés par l'industrie des sports. C'est un
excellent développement. »
Sous un style admirateur, non dépourvu
d'inquiétudes, il fait état de ce que «surprenante, la
valeur des droits de retransmission a atteint cette augmentation, à
l'exemple des droits de retransmission des Jeux Olympiques de Sydney vendus
pour un milliard trois cents millions de dollars américains, soit cinq
fois plus le prix pour les droits de retransmission des Jeux Olympiques de Los
Angeles ». Enfin, il fait part de ce que : « I was
very interested to read in the newspapers details of a revised three-year deal
being offered by English Premier League, and that this was being seen as worth
as much as pound billion in total, partly reflecting the new internet
possibilities. » MONTI Mario (2000).
Cependant, de plus en plus, quelques études se penchant
sur le domaine rapportent des chiffres. Bourg J.F (1998, p. 29), estime que
«le sport représente 1 à 1,5 % du PIB dans les pays
développés et 2,5 % du commerce mondial. A l'échelle de la
planète, son chiffre d'affaires est estimé à 2.500
milliards de francs français ». En remuant les chiffres et les
commentaires y relatifs, il se dégage que les transactions commerciales
et financières autour du sport, et donc du football,
génèrent d'énormes flux d'argent qu'il ne serait pas
intéressant de sous-estimer a priori. L'argent du sport procède
notamment d'une série d'activités qui se résument en
termes clairs en la création d'emplois, en paiements des salaires
élevés aux joueurs de football, en coûts exorbitants des
droits de retransmission TV et radio, en mécénats, etc. Ainsi,
on peut distinguer quatre types d'activités qui, rattachées au
football, en font un business réel et en accompagnent
l'internationalisation. Il s'agit du transfert des joueurs, de la
création des centres de formation pour jeunes joueurs, et de la prise de
participation dans le capital de certains clubs d'une part, et de la vente des
droits de retransmission TV, du sponsoring et de la production des
équipements sportifs ou non aux couleurs des clubs, d'autre part.
Toutefois, demeure, en suspens, la question de savoir ce qu'il faille entendre
par internationalisation du football.
I. A. DEFINITION DU CONCEPT
`INTERNATIONALISATION'.
L'internationalisation est indifféremment
utilisée pour signifier globalisation ou multinationalisation. Mais, au
sens strict, des nuances apparaissent, qui en élaguent la confusion. En
vogue, ces derniers temps, « la globalisation, ainsi que le
précise MUCCHIELLI(1998, p. 97), peut s'entendre de façon
similaire à la mondialisation. Dans ce sens, renchérit-il, la
firme considère le marché mondial comme un seul et même
marché
(Lancement de produit simultanément sur les trois
grands continents : Amérique- Asie- Europe), dont
l'intégration serait particulièrement poussée. »
Cette logique rencontre celle de l'OCDE(1993, p. 7), pour qui « la
globalisation peut alors se définir comme l'élargissement
et l'approfondissement des activités des entreprises visant à
produire et à vendre des biens et des services sur un plus grand nombre
de marchés ». Cette définition rejoint celle qu'en
donne GROU Pierre(1997, p. 116) qui, de son côté, entend
par « multinationalisation d'une entreprise- ou parfois
internationalisation- le fait qu'elle ait installé au moins une filiale
de production en dehors de son territoire national d'origine ». Dans
le même ordre d'idées, on peut noter avec EDGARD P. HIBBERT(1997,
p. 34), que « le processus d'internationalisation, décrit la
séquence dans laquelle évolue une entreprise d'une organisation
nationale, servant un marché local relativement homogène, pour
devenir une exportatrice active, et par voie de conséquence une
corporation internationale servant un grand nombre de marchés
multinationaux et culturels divers. ». Enfin, SKLAIR Leslie
(2000, p. 344) complète que « la
globalisation est une idée relativement nouvelle en sociologie, bien que
dans d'autres disciplines comme les affaires internationales et les relations
internationales, elle signifie la même chose... La théorie du
système global est basée sur le concept de pratiques
transnationales, pratiques qui traversent les frontières des
Etats ». Mais, ce marché, le disions-nous au début, ne
s'éloigne plus toujours du sport. Les marchés du sport se sont
mondialisés et progressivement intégrés. Ils se sont
internationalisés, dans ce sens que, se basant sur les acquis de la
poussée de l'économie mondiale, le sport y découvre des
éléments qui lui assurent une expansion au-delà des
frontières des Etats, qui pis est, loin du carcan de son objet d'antan.
Ainsi, l'internationalisation économique du sport peut se concevoir dans
un angle plus général comme le processus par lequel les
activités sportives poursuivant des objectifs marchands,
débordent des frontières nationales des Etats des clubs qui les
mènent et s'opèrent à l'étranger ou en rapport avec
l'étranger. Il s'avère déjà préoccupant de
préciser que la multinationalisation des activités des clubs ne
s'inscrit que moins dans le schéma de la production des biens
matériels que dans celui des services. La thèse selon laquelle
« les services étaient regardés comme amorphes,
improductifs, comme un système industriel dont la valeur n'était
pas totalement incluse dans le PNB de beaucoup de pays ou dans les statistiques
de commerce de la plupart des pays jusque dans les années
1970, » ayant été combattue, les résultats des
travaux et recherches admirent depuis les années 1980,
que « théoriquement, le commerce des services procure
à quelques exceptions près, les mêmes droits d'avantage
comparatif et les mêmes gains que ceux provenant du commerce des
biens ».( DUNKLEY G., 2000, pp.177-175). Ainsi par exemple, le fait
qu'une équipe de football s'engage à former des jeunes joueurs
dans un pays étranger ou qu'elle participe dans le capital d'une autre
équipe locale ne se prêterait pas à l'idée d'une
activité de production de biens, mais bien plutôt des services.
I. B. ORIGINES DE
L'INTERNATIONLISATION ECONOMIQUE DU SPORT.
La nature envoûtante de l'économie moderne,
fondée sur la globalisation n'a laissé aucune chance aux sports
de se développer désormais loin de son emprise. Bien au
contraire, elle semble constituer une des principales causes de
l'internationalisation du sport en général, et du football en
particulier. Parlant de l'origine de la multinationailsation industrielle, GROU
P.(ibidem) fait remarquer que : « une taille plus
importante de capitaux à valoriser commande un espace de vente plus
large. A partir de ce constat, les espaces nationaux des pays
industrialisés, particulièrement les espaces nationaux
européens, sont devenus trop étroits. Les firmes ont eu
intérêt à se délocaliser dans d'autres pays
industrialisés, et le phénomène de multinationalisation
est progressivement devenu la règle », à laquelle, le
sport, pour sa part, n' a pas pu échapper. Alléchées par
l'odeur de l'argent -même si Vespasien, l'un des douze Césars de
l'Empire romain en pense le contraire-, les institutions sportives ont
dû réaménager les règles des jeu. La pression
qu'elles subirent procède de la mondialisation, de l'invasion du sport
par la télévision commerciale et par le rôle d'incitant que
jouent les magnats des entreprises multinationales dans le mouvement
sportif.
I.B.1. La poussée
irréductible de la mondialisation
En se référant à ce qui est
affirmé ci- haut, il se constate que le sport a connu une profonde
métamorphose qui revêt trois caractéristiques : la
mondialisation des images, la commercialisation des spectacles, la
professionnalisation des athlètes. Voilà qui fait constater
BOURG( 1998, p. 29 que « partout, en effet, en cette fin de
siècle, le sport occupe une place centrale dans l'imaginaire collectif.
Partout également, l'économie de marché s'impose comme le
nouveau mode de régulation d'une pratique initialement fondée sur
un esthétisme, une éducation et une morale». Les
conséquences sont aussi calculées par la FIFA et le CIO, auteur
d'une grande révolution.
I.B.2. La révolution du
CIO
Ce développement, quasi unanime du mouvement sportif,
à l'échelle planétaire, est attribué au fait
qu ` « au début des années quatre-vingt, le
Comité International Olympique a pris deux décisions qui ont eu
un impact considérable sur la pratique du sport. D'une part, le CIO a
ouvert les jeux à la participation de tous les athlètes, sans
faire de distinction entre amateurs et professionnels. D'autre part, il a
introduit le système de parrainage commercial des jeux, ouvrant ainsi la
voie à une commercialisation généralisée de toute
l'activité sportive. » (Commission européenne, 1998,
p.8).
En d'autres termes, explique BOURG (op. cit., p.
30), « l'émergence d'un ordre sportif marchand et
mondialisé au début des années quatre-vingt résulte
de la disparition de deux verrous institutionnels qui, durant près d'un
siècle(1896- 1980), ont régi l'éthique de
l'olympisme : la gratuité de l'effort athlétique, avec la
fin de l'amateurisme en 1981 d'une part, l'impossibilité d'exploiter
commercialement les symboles des JO, supprimée en 1986, d'autre part.
Par ailleurs, le passage d'une vente locale( négociation avec chacun des
197 comités nationaux olympiques) à une vente mondiale( accord
global de parrainage avec le CIO) a ouvert l'ensemble des marchés aux
sponsors en simplifiant les tractations. Ce décloisonnement contribue
à l'intégration des économies nationales dans une logique
mondiale », où la télévision commerciale(
privée) se révèle comme une compagne indispensable dans
tout le cycle du produit sportif.
I.B.3. L'apport de la télévision
commerciale.
Gisement quasi inépuisable d'images, de sensations et
d'émotions, le sport a intensifié ses relations avec la
télévision, permettant une diffusion de plus en plus large du
spectacle sportif qui correspond à une demande forte des
téléspectateurs. « Cette progression, glisse CHABAY
Olivier( 1999, p. 10), provient non pas de l'augmentation du temps
consacré au sport par les grandes chaînes hertziennes existantes,
mais par l'arrivée de nouvelles chaînes qui lui consacrent sur
leurs grilles de programme soit une part plus importante( dans le cas de Canal
+), soit l'intégralité pour les chaînes
thématiques(Eurosport) ». Les questions relatives aux rapports
entre le sport et la télévision sont devenues cruciales. Une
attention particulière y est depuis accordée.(Johnson, 1986, pp.
38-80), ( Kinkema K. et Harris J, 1998, pp. 27-56), ( Silk M. L & Amis J,
2000, pp.267-292).
« La télévision, étant
donné aussi l'importance des communications commerciales dans le domaine
sportif, représente la première source de financement du sport
professionnel en Europe » (UFA Fussball Studie 1998, Hamburg). Un
événement sans télévision risque de
disparaître, la présence de la télévision assurant
des recettes par la voie des sponsors et de la publicité. Elle donne
à l'événement une dimension universelle et les
caractéristiques du spectacle offrent un monde d'appartenance,
d'identité et de mythes.
Fondée sur la logique de la conquête de chiffre
d'affaires et d'audience, la globalisation intègre le sport dans sa
stratégie de conquête culturelle de nouveaux territoires.
Coca-Cola aide le football chinois à se professionnaliser, Nike s'assure
de la promotion du basket en Inde et Marlboro la formule I en Russie.
Assurément, la mise en mouvement de cette
mondialisation provient du rôle de plus en plus croissant de la
télévision dans ce secteur. La télévision a
transformé le stade en un village global. Les exploits des footballeurs
lors de la Coupe du Monde ou des finales des coupes continentales ou olympiques
sont suivis partout dans le monde. Avec les scores d'audience attendus, 37
milliards de téléspectateurs, le sport devient un vecteur de
communication pour les entreprises désirant améliorer leur image,
conforter leur implantation internationale et obtenir de nouveaux
débouchés.
Dans leur ouvrage collectif, BOURG et GOUGUET (1998, p. 260)
pensent même que « le sport professionnel serait, sans les
droits versés par les télévisions, condamné au
déficit. » Cela traduit la forte dépendance des sports
professionnels au regard de la télévision.
Mais, dans tous les cas, l'intérêt que
représente le sport aux yeux des entreprises multinationales rend
irrévocablement réalisable l'internationalisation
économique du sport.
I.B.4. L'intérêt
du sport aux yeux des entreprises multinationales.
A quelques exceptions près, les relations entre le
monde sportif et les milieux d'hommes d'affaires sont très anciennes.
BAYLE et DURAND (2000, p. 150) y voient plutôt une espèce de
« cohabitation de compétitions organisées par des
opérateurs privés et l'émergence de
fédérations historiques nationales et internationales ayant en
charge certaines grandes compétitions( championnats nationaux,
continentaux ou mondiaux) ».
En Europe particulièrement, le football constitue un
terrain privilégié d'investissement pour de nombreuses
multinationales. Or, celles-ci, comme leur nom l'indique, ne se
défissent que par rapport aux territoires étrangers.
Ainsi, Fiat est depuis la fin du XIXème siècle
propriétaire du club italien de la Juventus de Turin, le groupe chimique
Bayer depuis 1904 du club allemand de Bayer Leverkusen, Peugeot préside
aux destinées du club de football de Sochaux, Philips est
propriétaire de PSV Eindhoven, Amstrad se charge de Tottenham,
International Management Group de Benfica de Lisbonne, Canal Plus de
Paris-Saint-Germain et du club suisse de Servette.
Aux Etats-Unis, les principaux groupes de communication misent
sur le base-ball : Disney (California Angels), Time Warner (Atlanta
Braves), Tribune Company (Chicago Cubs), News Corporation( Los Angeles
Dodgers). Et la suite est encore longue. A travers, cette illustration, l'on
peut effectivement noter que les investissements réalisés par les
entreprises dans le monde sportif ne sont ni altruistes- ce qui ne
caractérise point un homme d'affaires-, ni philanthropiques. Le sport,
par delà sa spécificité, se voit tout
désigné à s'offrir le rôle bien prouvé de
support publicitaire, une sorte de marché à développer, un
produit d'appel ou de diversification, voire un investissement financier. Les
entreprises multinationales sont assurément devancières sur la
vaste opération de conquête du marché international. Elles
sont toujours à la quête de tout ce qui pourrait renforcer leur
pouvoir économique et financier. Le sport semble réunir l'atout.
Il permet de faire découvrir l'entreprise et sa gamme des productions au
public si nombreux devant la télévision. Or, au lieu de se faire
simplement annonceurs, la plupart prennent en charge des équipes de
football, comme sponsors ou s'en approprient.
Dès lors, face à l'accélération de
l'appétit financier des clubs et des fédérations sportifs,
ceux de football en tête, la route vers l'internationalisation semble
passer pour la moins mauvaise des solutions. Mais s'agissant des clubs de
football, signalons qu'ils recourent à plusieurs opérations, dont
la plus en vue est le transfert des joueurs d'une association nationale vers
une autre. Avec la création des centres de formation pour jeunes
joueurs, la stratégie même d'investissement direct
étranger, le transfert inaugure la série d'opérations
propres au football.
Chapitre 1. LES OPERATIONS
PROPRES AU FOOTBALL.
Les opérations propres concernent, à
l'opposé des opérations induites qui sont la conséquence
du développement économique de la pratique du football,
l'ensemble d'activités ci-dessous reprises qui sont effectuées en
vue de la survie et de la rentabilisation du sport. Elles sont telles, parce
qu'elles sont l'oeuvre directe des dirigeants du football et dictées de
la sorte par la logique sportive.
Section 1. LE TRANSFERT
INTERNATIONAL DES JOUEURS.
Si le football se veut une discipline sportive, le transfert,
lui, en a constitué au long des âges la branche marchande qui lui
confère aujourd'hui le caractère de business. Il en est devenu le
fer de lance de l'internationalisation. En fait, considéré
déjà par la Cour européenne de justice comme une
activité économique, et donc devant se soumettre à
l'application des dispositions légales posées par le
traité constitutif de ce qui est devenu l'Union européenne
(Affaires 36/74 Walrave contre UCI, in Rec. 1974, p. 1405 ; Affaire 13/76
Donà contre Mantero, Rec. 1976, p. 1333 ; Affaire 222/86 Heylens
contre Unctef, Rec. 1987, p. 4097 et l'affaire C-415/93 dite Bosman du 15
décembre 1995), le sport, et partant le football, sait intégrer
toutes les lois économiques en vue de l'accroissement du profit et du
succès. Le cas particulier du football est assez éloquent. Il a
su mettre sur pied un système de transfert qui, bien que sujet à
controverses ces derniers temps, lui a toujours réussi. Le
Président de la FIFA, M. Sepp Blatter ne l'a-t-il pas reconnu à
maintes reprises, en réaction aux propositions de la Commission
européenne tendant à faire réformer complètement le
fonctionnement de ce système actuellement en vigueur, jugé
contraire aux dispositions de droit communautaire européen.(
http://fr.sports. Yahoo.com/000901/1/mblz.html).
Le transfert est, aujourd'hui, un thème
inépuisable de discussions et de réflexion. Que l'on parle de
fédérations internationales, continentales ou nationales
d'automobile, de base-ball, de basket, de cyclisme, de football, de hockey, de
ski ou d'autres sports de cette envergure, qu'il soit question du
système de marketing des ligues de football et ou des clubs sportifs en
général, de la puissance financière des équipes
sportives ou de certains sportifs, individuellement, de la une de certains
quotidiens relayant à longueur des journées les
événements sportifs ou des dossiers déchirants les clubs,
des fusions et acquisitions dans le monde sportif, sans cesse revient la
question de transfert des joueurs. Ce n'est pas là une simple question
de mode.
Les problèmes posés par l'existence et le
fonctionnement du système de transfert des joueurs de football sont
l'occasion, ces derniers temps, de débats, souvent âpres et bien
pertinents. En fait, la commission européenne considère le
système en vigueur des indemnités, de plus en plus mirobolantes,
de transfert comme dégradant pour les joueurs et inhumain pour les plus
jeunes d'entre eux, jetés à la rue quand ils ne promettent pas de
juteuses plus-values financières. Pour la Commission, les footballeurs
doivent être régis par la loi commune voulant qu'un travailleur en
contrat à durée déterminée puisse le rompre quand
il le désire contre versement d'une indemnité égale au
montant des salaires qui lui resteraient à percevoir à la date de
la résiliation. Cependant, face aux critiques des commissaires
européens jugeant scandaleuses les pratiques actuelles du football
où les joueurs sont traités en marchandises, le Président
de la FIFA Joseph Sepp Blatter a prédit « la fin des
indemnités exorbitantes de transfert ». Mais, le sport
bénéficie d'un large soutien de certaines autorités
politiques.
1. 1. L'INTERVENTION DES
POLITIQUES :
Le football business compte toujours sur son allié et
fidèle milieu politique. Malgré la pression de l'Union
européenne sur les instances du football envue de modifier le
système des transferts des joueurs, celles-ci n'ont pas perdu leur vieux
réflexe de solliciter l'appui des autorités politiques de la
même union. Mais, l'unanimité dans la manière d'aborder le
sujet est loin d'être acquise. C'est ainsi qu'à côté
du soutien ouvert et déclaré des autorités politiques
allemande et britannique, on peut aussi noter la prudence remarquable du
Ministre français de la Jeunesse et du Sport.
1.1. a. LA DECLARATION DE SOUTIEN AU SYSTEME DES
TRANSFERTS.
Et surprenante semble demeurer la déclaration commune
du Chancelier allemand et du Premier Ministre anglais ci-après
reproduite : « Le football professionnel jouit dans nos deux
pays d'une fière tradition. Tous les clubs sont profondément
enracinés dans leurs villes d'origine, et les habitants sont, tous,
fiers de `leur' club. Le football est source d'enthousiasme. Les fans
s'identifient avec leurs clubs. Nous ne voulons pas que cela change. La
Commission européenne n'est pas d'accord avec le système de
transfert et les modalités des contrats de travail actuels dans le
football rémunéré. Dans la perspective de la libre
circulation des travailleurs, elle envisage des modifications de ce
système auxquelles les clubs sont opposés. Le système
existant n'est certainement pas parfait. Nous craignons cependant qu'une
réforme radicale ait des effets négatifs sur la structure du
football européen. Nous nous faisons du souci en particulier pour les
petits clubs dont l'existence risque d'être menacée. C'est
pourquoi nous pensons qu'il faut trouver une solution qui tienne compte des
intérêts justifiés tant des joueurs que des clubs et des
fédérations. Naturellement, nos fédérations de
football doivent présenter des propositions alternatives à la
Commission. Nous nous réjouissons que la Commission leur ait
accordé le temps nécessaire. Nous nous félicitons du fait
que la Commission soit prête à coopérer avec les
représentants du football pour trouver une solution qui puisse
satisfaire tout le monde. Nous sommes prêts à apporter une aide
dans la recherche de solutions. Les clubs ont besoin d'une
sécurité de planification pour la promotion des jeunes
footballeurs et pour la constitution de leurs équipes. Ils ont besoin
d'un système qui garantisse un équilibre sain et donne des
chances égales à tous. Nous espérons que la Commission
tiendra compte de la situation particulière dans le football
professionnel dans la recherche d'un règlement du système de
transfert. »( Gerhard Schröder et Tony Blair, Communiqué
n° 425).
1.1.b. LES RESERVES PRUDENTES DES
FRANCAIS.
Pareillement, madame Buffet» (2000), Ministre
français de la Jeunesse et des Sports, et présidente en exercice
du Conseil des ministres européens du Sport s'est montrée
prudente en se prononçant à la fois contre le statu quo et contre
une déréglementation hâtive du système des
transferts dans le football. « Je crois, dit-elle, qu'un statu quo
dans ce domaine (des transferts) serait inacceptable. Je crois tout autant
qu'il serait préjudiciable de supprimer le système existant sans
en avoir évalué toutes les conséquences au plan
sportif...Je partage l'exaspération de la Commission quant au montant
indécent de certaines indemnités de transfert. Je suis convaincue
qu'il faut substituer au système actuel un régime indemnitaire
fondé sur une base économique et sportive réelle. Je crois
aussi qu'il faut protéger les mineurs contre des transactions
commerciales abusives ».
Toute cette rhétorique autour du transfert renseigne
ne serait-ce qu'en partie les enjeux d'un secteur qui donne assez de souffle
aux clubs et aux fédérations sportifs. Loin pour nous l'audace de
trancher une question aussi complexe qu'elle n'apparaît, et où les
aspects positifs et négatifs n'en présagent pas, en tout cas, la
disparition immédiate. A mieux interpréter la définition
du transfert, l'on s'aperçoit tout de suite que le système passe
pour une étape inhérente au football. Ce débat passionne
autant qu'il empoisonne parfois les relations entre autorités politiques
et sportives. L'Afrique, pourtant plus que jamais concernée, semble s'en
être volontairement écartée.
1.2. LE MUTISME AFRICAIN.
Alors que l'actualité sur le changement ou non de
l'actuel système des transferts fait la chronique de la
quasi-totalité des informations sur le football ces derniers temps,
l'Afrique n'a pas toujours réagi. Cela est d'autant plus surprenant que
ce continent, bien que doté de jeunes
talentueux, subit encore d'énormes discriminations au
niveau du coût du transfert d'un de ses ressortissants de l'Afrique vers
l'Europe. Il est donc temps que tous ces problèmes fassent
connaître aussi le point de vue du continent noir.
Paragraphe 1.
Définition du transfert.
Pour mieux comprendre ce qu'est le transfert des joueurs de
football, nous empruntons la terminologie qu'en ont forgée les instances
dirigeantes de ce sport. Dans le jargon footbalistique, c'est au sommet de la
hiérarchie de la discipline qu'apparaît le concept. La FIFA (
1999) règle, à son article 34 l'opération de transfert.
Cet article, relatif aux attributions de la Commission du statut du joueur,
dispose que celle-ci a notamment pour mandat de donner préavis, à
l'intention du Comité exécutif, sur l'interprétation des
dispositions statutaires et réglementaires ayant trait à la
qualification, au statut ou au transfert des joueurs. Charte
constitutive de l'institution du football mondial, les statuts de la FIFA n'ont
pas défini le transfert, au tour duquel, pourtant, se conçoit
toute la dimension de l'internationalisation du football.
En revanche, le règlement de la FIFA concernant le
statut et les transferts des joueurs, qui pose le principe de transfert sans le
définir non plus, a, néanmoins, le mérite de brosser le
cadre du déroulement de cette opération et d'en préciser
la nature. Il prévoit que les joueurs peuvent quitter leurs associations
nationales respectives pour aller jouer dans des clubs de football
affiliés à d'autres associations nationales.
Mais la définition claire, précise et
synthétique nous est proposée par l'Union royale belge des
sociétés de football association, URBSFA, dans son
règlement y afférent. Selon elle, « un transfert est
l'opération qui permet à un affilié affecté
d'obtenir un changement d'affectation ou une qualification temporaire pour un
autre club ».
( Urbsf, 1996, p.1). Dans ce passage d'une association
nationale vers une autre, le certificat international de transfert est la
condition sine qua non (FIFA, 1997). L'acquisition des joueurs occasionne des
dépenses, tout comme leur vente fait rentrer d'importantes sommes dans
la caisse et l'économie du club. Le coût peut même
être important.
1.1. Le coût du
transfert des joueurs.
En établissant que les transferts, dont elle permet la
réalisation à toutes les fédérations et autres
associations de football, sont des contrats économiques (Article 5,
alinéa 2, du règlement), la FIFA a ainsi
institué la nature marchande de l'opération. Il suit que la
faculté qu'a le joueur d'une équipe affiliée à une
fédération nationale de football donnée d'évoluer
désormais dans une autre équipe, elle-même affiliée
à une autre fédération nationale, a des incidences
financières certaines, mais dont l'ampleur vient de connaître une
ascension spectaculaire ces derniers temps. A ce propos, et parlant du
marché d'été français de vente et d'achat des
joueurs, TELO Laurent (2000) écrit dans le journal sportif
français, l'Equipe que « le cours du joueur est encore plus
élevé que l'année dernière. Les prix deviennent
excessifs. »
Les clubs de football se servent du transfert pour recruter
leurs joueurs. La recherche de meilleurs talents n'épargne aux clubs
aucun coin du monde. Les rares espèces, pure race d'ébène
se vendent à grand prix. Aussitôt, sur la montée graduelle
des montants des transferts, les observateurs et analystes s'inquiètent
du phénomène : « Les transferts ont toujours
existé. Mais, en l'an 2000, une nouvelle ère s'ouvre. Celle de la
surenchère, des tentations. » ( Thibert Jacques, 2000).
Actuellement, le mot transfert rime avec
«millions », comme l'indique le titre évocateur de cet
article «foot...le retour des crampons et des millions »
(HENNION Blandine, 2000), de sorte que malgré l'aspect mirobolant ou
exorbitant des indemnités qui en découlent, cette
opération ne reste pas moins une cheville huilée qui fait tourner
à merveille la roue principale de toute présence à
l'étranger des équipes et clubs de football. Au temps fort des
procès entre l'Urbsf, le FC Liège et M. Bosman, la
première souligna à maintes reprises que le système de
transfert était «la pierre angulaire de la structure qui
règle le football » (Blanpain Roger, 1996, p. 17).
Cela se confirme chaque jour. Aucune équipe ne
pourrait, si vraiment elle se voulait professionnelle et compétitive,
s'en passer. L'entrée des investisseurs dans le monde du football
business n'a fait qu'amplifier la capacité des équipes de
football professionnel de se doter de meilleurs joueurs. Une véritable
stratégie d'acquisition se développe au sein des clubs,
même les moins réputés. Ces derniers, eux, servent dans la
plupart des cas à procéder au recrutement des joueurs et d'en
assurer la revente auprès des plus professionnels. Ils sont
considérés comme des pourvoyeurs incessants de grands clubs de
football. Cependant, bien que marché florissant, il vaut la peine de
signaler que le transfert est tributaire du degré de
développement du football ; lui-meme dépendant de beaucoup
d'autres facteurs, notamment politique, économique, social et culturel.
En Afrique, il est rarement source d'entrées, la billetterie, les
subventions et les dons étant toujours les sources ordinaires des
recettes des clubs.
1.2. Le Transfert des joueurs dans le football africain.
Le système de transfert est un marché bien
structuré par les organisations sportives. Il est donc régi par
la combinaison de la réglementation de la FIFA et celle de chacune des
confédérations continentales qui en sont membres.
Si, en Afrique, les règlements de la
Confédération africaine de football, CAF, et ceux de chacune des
fédérations nationales assurent la régulation de ce
système, il ne faut pas cependant oublier que le marché des
transferts est souvent extraverti et surtout réalisé par des
responsables des équipes et des fédérations de
manière frauduleuse, à telle enseigne que les indemnités
de transfert ne profitent pas vraiment aux équipes auxquelles avaient
appartenu les joueurs ainsi transférés.
En République Démocratique du Congo, les
transactions des transferts illicites, et à l'issue desquelles l'Etat
est gravement floué, sont fréquentes et, malheureusement
difficiles à arrêter. Nous en voulons pour preuve, cette
information rapportée par le journal L'Avenir, quotidien kinois,
relative aux joueurs congolais, autrefois transférés dans le club
belge de Lokeren. «De source bien informée, on apprend que trois
congolais, en l'occurrence MP, JL et PM se sont présentés au
siège du Football Club Lokeren, formation évoluant en
première division en Belgique, pour essayer de finaliser le transfert du
joueur Bwayi Kidoda, sociétaire du FC Union Bilombe de Kinshasa, dont
ils passent pour managers. Le président du club belge a naturellement
renvoyé les trois congolais régler leur contentieux ailleurs,
question qu'ils se mettent d'accord avant de revenir à lui. On ne sait
pas jusque-là le nom de celui qui a retiré l'argent de
Bwayi. » (L'Avenir du 09 décembre 1999).
Même si, sur le continent, le football de haut niveau
tend à s'aligner sur le modèle européen dominant, hyper
professionnel, c'est d'abord le sport le plus populaire et le plus
pratiqué dans toute l'Afrique.
Comme en Europe, le football y est d'abord une passion
d'enfants et d'adolescents pour le jeu sans contraintes, dans les rires et les
cris, une façon de vivre et de tuer le temps à la manière
du jeune sénégalais du film de Christine Eymerie (Le Voyage de
Baba). Changent les conditions d'exercice. D'un côté, stades
avenants, pelouses tracées et roulées, cages pourvues de filets,
tenues réglementaires et vestiaires propres ; de l'autre, terrains
vagues, caillouteux et poussiéreux, aux limites incertaines vite
débordées par le public, aux buts rafistolés, où
l'on jongle et dribble pieds nus ou avec une seule chaussure. Les fous de
ballon jouent des heures, jusqu'à épuisement, passant d'un match
à un autre. C'est là, dans le football des quartiers, que se
trouvent les pépinières de virtuoses africains. Le ghanéen
Anthony YEBOAH, l'une des stars du club anglais Leeds United, se souvient que,
lorsqu'il avait une dizaine d'années, il lui est arrivé de jouer
six matchs dans la même journée, jusqu'au soir, allant d'une
équipe et d'un quartier à l'autre (Afrique Football, 1995, p.
27).
1.3. Football business : l'Afrique vidée de ses
meilleurs éléments.
Les plus doués se retrouvent très tôt
dans les équipes nationales cadets, celles où l'Afrique brille le
plus et s'impose dans les coupes mondiales et les tournois internationaux
réservés aux moins de dix-sept ans.
Les chasseurs de têtes des riches clubs européens
viennent y faire leur marché, se livrant de plus en plus ouvertement
à un pillage des jeunes talents africains, pour le plus grand profit de
leurs acquéreurs.
A eux, s'ajoute une autre espèce, locale, mais plus
dangereuse, car elle est imprévisible dans les transactions sur les
transferts des jeunes africains, y compris les mineurs d'âge.
Témoin, le Nigérian Nwankwo Kanu, actuel sociétaire du
club anglais d'Arsenal, champion d'Europe des clubs en 1995 avec l'Ajax
d'Amsterdam, qui l'a recruté à seize ans relate: « Au
cours de la Coupe du monde cadets au Japon, en 1993, j'ai littéralement
été assailli par des imprésarios venus de toute l'Europe.
J'ai compris que je devais saisir ma chance, et j'ai opté pour
l'Ajax. » (Afrique Football, 1995, p. 40).
« Aujourd'hui, 342 joueurs professionnels
africains, davantage qu'il n'y en a rassemblés en Afrique du Sud pour la
phase finale de la CAN, jouent dans des clubs européens (dont 90 en
France) : 54 Nigérians, 36 Ghanéens, 31 Zaïrois, 24
Algériens, 19 Camerounais, 13 Libériens et autant d'Angolais (La
Gazetta dello Sport, 1997). Sans compter ceux qui vont finir leur
carrière près des pétrodollars du Proche-Orient. Dans de
nombreux pays, c'est une bonne partie de l'élite qui a
émigré ; au Zaïre et au Cameroun, c'est la moitié de
l'équipe nationale ; davantage encore dans ceux ravagés par les
conflits internes : les deux tiers des équipes nationales du Liberia, de
la Sierra Leone, d'Angola, mais aussi de celle du Ghana. Car, pendant la guerre
civile, le spectacle continue : championnat national et rencontres
internationales.
En 1994-1995, l'équipe d'Algérie en a
disputé vingt, celle du Liberia, douze, celle de la Sierra Leone, seize,
celles d'Angola, du Mozambique et de la République Démocratique
du Congo (ex- Zaïre), respectivement, dix, douze et quatorze.
L'équipe de la Jeunesse sportive de Kabylie a gagné à
Alger, en décembre 1995, la finale de la Coupe d'Afrique des clubs
vainqueurs de coupe. Ce décor peint, d'une manière à peine
voilée, la dure bataille que se livrent des personnes informées
à l'annonce des élections à la tête des
fédérations nationales, continentales et internationale de
football.
1.4. Football business : l'Afrique victime de sa
pauvreté matérielle.
Signe de dépendance, l'Afrique ne retient pas plus ses
sportifs que ses cerveaux ou ses richesses naturelles. Comparés à
l'Europe, les moyens des clubs et fédérations sont
dérisoires. A niveau égal, la rémunération des
joueurs y est dix à vingt fois inférieure, quand elle est
perçue. Et même, il arrive qu'ils fassent l'avance ou paient de
leur poche les frais de déplacement. Un seul match de Coupe d'Europe du
Real de Madrid rapporte davantage à la Fédération
européenne de football (l'UEFA) que toutes les compétitions
organisées dans une année par son homologue africain, la
Confédération africaine de football (CAF). (Afrique Football,
décembre 1995).
Les financements privés sont limités aux
retombées commerciales que sponsors et mécènes peuvent en
attendre, c'est-à-dire peu de chose sur des marchés
squelettiques. Quant au financement public, il s'est encore
raréfié avec la généralisation des plans
d'ajustement structurel.
Enfin, privé ou public, en Afrique comme en Europe,
l'argent du football est trop souvent détourné par des
responsables et intermédiaires professionnels de l'escroquerie. ASEC
Mimosa d'Abidjan, Orlando Pirates " de Soweto, Petro Sport de Port Gentil,
Petro Atletico de Luanda, restent les exceptions : l'or des mines
ghanéennes, en pays Ashanti, a assuré la prospérité
de l'équipe des Gold Fields d'Obuasi ; comme le tourisme celle de
l'Etoile sportive du Sahel, à Sousse, en Tunisie; les compagnies
pétrolières, là où elles sont installées,
financent " leurs " clubs, comme Petro Sport de Port Gentil, Petro Atletico de
Luanda, et l'armée, un peu partout, entretient les siens sur le
modèle de l'équipe des Forces armées royales (FAR)
marocaines. Ailleurs, ce sont les supporters actionnaires qui apportent les
fonds, comme à l'ASEC Abidjan, en Côte-d'Ivoire, Vita Club, Motema
Pembe (Daring Club) et Dragons de Kinshasa.
Quoi qu'il en soit, le transfert reste une des plus
importantes opérations qui permettent aux clubs de football de
s'approvisionner en joueurs, leurs matières premières. Un bon
transfert par l'acquisition des joueurs talentueux pourrait constituer le point
de départ de la fortune d'une équipe qui ne se classait pas au
départ parmi les clubs les plus riches. Cela suppose que le club est
capable de revendre ses meilleurs joueurs à des prix
alléchants.
1.5.a. Transfert : Source
d'approvisionnement des clubs en matières premières.
Certes, « le sport (passif) et la pratique sportive
servent tout d'abord à des fins ludiques ou compétitives,
répondent à des besoins d'entraînement physique, de
santé, de détente ou sont simplement destinés à la
socialisation et au divertissement (caractéristique constitutive du
terme) (Rahmann et al., 1998), Heinemann (1995), Hofmann., Weber et al.
(1995).
Mais, d'un point de vue micro-économique, il est
évident que le sport est soumis aux lois économiques, d`une part,
parce qu`il satisfait des besoins des individus et, ainsi, leur apporte de
l`utilité, d`autre part, parce qu`il consomme des ressources rares
soumises à usages alternatifs (Büch, 1996, p. 23). La pratique
sportive elle-même a donc la valeur d`une activité
économique, voire d'un acte de consommation«(Andreff W, 1999,
p.135).
C`est là qu`il faut signaler la naissance dans le sport
de la nécessité du transfert. La demande s`est par la suite
avérée croissante en raison des retombées dont
bénéficiaient les clubs qui y recouraient. Cette demande est,
aujourd`hui à l`origine de véritables marchés du sport
où elle rencontre une offre diversifiée et
spécialisée et où les préférences des agents
économiques sont révélées en prix et
quantités.
C`est ce que reflètent les tableaux ci-dessous,
à travers lesquels, il se dégage clairement que les clubs,
moyennement ou réellement riches sont assez présents ces derniers
temps sur les marchés bondés de facteurs de production d`Afrique
et d`autres pays en développement comme ceux d`Amérique Latine,
pour procéder à bas prix à l`achat de nouveaux talents,
qu`ils finissent par revendre à des coûts paradoxalement
élevés.
« En effet, en Amérique du Sud et en
Afrique, le degré d`organisation du football est le plus faible, si l`on
considère le rapport entre le nombre de personnes pratiquant ce sport et
le nombre de licenciés, enregistrés et organisés dans des
clubs. Cette masse des pratiquants encore plus lorsqu`ils sont encadrés
forme les soubassements sur lesquels s`édifie le spectacle-entreprise
football. » (Charles André UDRY, 1998).
Toutes les institutions dirigeantes de football savaient que
pour que ce business prospère, il faudrait qu`il gagne des parts de
marché.
Ci-après, les chiffres dressant la situation des
pratiquants du football dans le monde.
TABLEAU I. LES FOOTBALLEURS DANS LE MONDE.
|
CONTINENT
|
TOTAL LICENCIES
|
AUTRES
|
TOTAL
|
|
Europe
|
21.522.044
|
6.082.427
|
27.604.471
|
|
Amérique du Sud
|
2.164.190
|
18.134.000
|
20.829.383
|
|
concacaf
|
21.924.449
|
8.383.502
|
30.307.951
|
|
Afrique
|
2.164.190
|
4.599.495
|
6.763.685
|
|
Asie
|
58.773.646
|
17.146.392
|
75.920.038
|
|
Océanie
|
684.993
|
235.867
|
920.860
|
|
TOTAL
|
107.764.705
|
58.581.683
|
162.346.388
|
TABLEAU II. LES FOOTBALLEURS PROFESSIONNELS DANS LE
MONDE.
|
CONTINENT
|
NOMBRE
|
POURCENTAGE
|
|
Europe
|
22.958
|
52,8
|
|
Amérique du Sud
|
11.386
|
26,2
|
|
Concacaf
|
4.805
|
11
|
|
Afrique
|
846
|
1,9
|
|
Asie
|
3.515
|
8,1
|
|
Océanie
|
0
|
0
|
|
TOTAL
|
43.520
|
100
|
Source des tableaux: EPS, Paris, novembre décembre
1997.
Les chiffres ainsi établis devraient connaître
une légère modification, mais qui, dans l'ensemble serait loin de
renverser le poids de chaque continent.
Les transferts s'effectuent sur base du nombre des pratiquants
licenciés à l'échelon international. Ici, les joueurs
professionnels, pointe de l'iceberg, sont la cible des visées marchandes
et commerciales des clubs les plus riches.
Sachant que l`Afrique et l`Amérique du Sud, y compris
l`Asie, cette dernière, à cause du fait qu'elle n'a encore
véritablement pas connu l'enthousiasme populaire du football, renferment
d'énormes jeunes joueurs au talent qui n'a point besoin de
démonstration pour s'affirmer aux yeux du monde, les équipes s'y
approvisionnent sans beaucoup de difficultés. Le transfert permet ainsi
aux clubs bénéficiaires de se faire adjoindre les services des
joueurs, en vue de l'amélioration de leurs performances, certes, mais
aussi de l'accroissement de leur profit.
Le Figaro économie du 8 juin 1998 affirmait dans ce
sens que « les joueurs représentent en quelque sorte les
actifs[ au sens des actifs d'une entreprise] d'une équipe et que pour
maîtriser la revente , l'âge du joueur est également un
élément important ». Cette poignée ne se compte
pas par milliers. Ils s'agit plutôt des joueurs qui assurent la
possibilité à leur club de se placer dans les tournois
européens rentables. Ceux qui sont aptes à être vendus en
dégageant une plus-value maximale.
On retiendra avec UDRY qu'il s'agit des joueurs
« qui, par leur productivité sportive, attirent sponsors et
spectateurs- supporters. Ainsi, ils permettent de faire du chiffre d'affaires
et de délivrer une bonne marge bénéficiaire.
Certes, le Professeur Késenne Stefan (1999, p. 2) a
raison de penser que les clubs européens recherchent plus du
succès que le profit, cher aux clubs sportifs américains,
cependant, la logique du profit a, de plus en plus, tendance à faire
battre en retraite le sain mobile de succès, sans prétendre
l'écarter.
Dans cette optique, le transfert ou l'acquisition des joueurs
rassure les clubs. c'est « un investissement qui rapportera un
profit ». (The Economist, juin 1998).
Cet investissement est devenu le cheval de bataille de
certains clubs européens considérés comme faisant partie
des plus riches.
TABLEAU III. LES CLUBS EUROPÉENS LES PLUS RICHES
SELON LE CHIFFRE D'AFFAIRES 1997 EXPRIMÉ EN MILLIONS DE FRANCS
FRANÇAIS.
.
|
CLUBS
|
CHIFFRES D'AFFAIRES
|
BENEFICES
|
|
Manchester United
|
620
|
+150
|
|
FC Barcelone
|
500
|
+40
|
|
Bayern Munich
|
480
|
+40
|
|
Juventus de Turin
|
480
|
+30
|
|
Real Madrid
|
440
|
+25
|
|
Milan AC
|
440
|
-150
|
|
Borussia Dortmund
|
400
|
+40
|
|
Inter Milan
|
380
|
-80
|
|
Newcastle United
|
380
|
-180
|
|
Parme
|
350
|
-15
|
|
Glasgow Rangers
|
320
|
+35
|
|
Paris-Saint-Germain
|
300
|
+25
|
|
Atletico Madrid
|
280
|
-100
|
|
Ajax Amsterdam
|
250
|
-20
|
|
As Monaco
|
240
|
-20
|
|
Source : Capital, septembre
1997
|
Ce classement a subi une légère modification,
comme le renseigne d'ailleurs celui qui suit.
TABLEAU IV. LES 15 RICHES CLUBS D'EUROPE SUIVANT LES
REVENUS'98/99 EN MILLIONS DE DOLLARS
|
CLUB
|
REVENU
|
|
Manchester United
|
165
|
|
Bayern Munich
|
118
|
|
Real Madrid
|
100
|
|
Barcelone
|
98
|
|
Chelsea
|
88
|
|
Juventus de Turin
|
83
|
|
Milan AC
|
77
|
|
Borussia Dortmund
|
76
|
|
Arsenal
|
72
|
|
Lazio de Rome
|
72
|
|
Inter de Milan
|
70
|
|
Liverpool
|
67
|
|
New Castle United
|
66
|
|
Parme
|
63
|
|
Tottenham
|
63
|
Source : Deloitte et Touche, Press reports, the clubs,
reprise dans Time du 5 juin 2000, p. 52.
1.5.b. Commentaires.
D'une manière générale, les joueurs d'un
peu partout s'engagent dans une mobilité internationale vers les clubs
européens où le football est une activité professionnelle
rentable. Du coup, au lieu d'attendre qu'ils soient toujours sollicités,
ces clubs prennent de plus en plus, eux-mêmes, le devant en veillant
à engager le plus de meilleurs possibles. Plusieurs raisons peuvent
expliquer cet état de chose.
1.5.b.1°. Les clubs à la recherche des
matières premières pour accroître leurs profits et leur
succès.
Pour justifier la multinationalisation de l'économie,
les éditions Robert Laffont-Gramont (1975, p. 62), expliquent que c'est
la recherche du profit qui en est la cause. Elles admettent par ailleurs que la
loi la plus fondamentale qui régit le mouvement des capitaux
industriels, commerciaux ou bancaires est celle de profit. Or, le capital
investi directement dans la production, sous forme d'usines, de machines, de
matières premières ou de salaires, est évidemment à
la source de tous les profits, dans la mesure où la quantité de
travail humain contenu dans la marchandise détermine son prix, et
où ce prix est supérieur à la somme d'argent
dépensée par l'entrepreneur pour produire cette marchandise.
Mais, pour produire ce profit, l'entrepreneur doit vendre ses marchandises,
c'est-à-dire les transformer en argent. Est-il correct de comparer
l'achat, la production et la transformation des marchandises par des
entreprises multinationales au-delà de leurs frontières aux
opérations d'achat et vente, en dehors de leurs frontières, par
des clubs de football, des joueurs qui, à priori, ne sont pas des
marchandises ? Là est posée une question d'éthique,
mais qui établit simplement une analogie fort usée par les
nouveaux acteurs de l'internationalisation dans le secteur sportif.
Toutefois, il sied de le mentionner, à l'heure
actuelle, le joueur est assimilé à une marchandise. Il est donc
considéré comme un facteur de production dont l'utilité
marginale augmente du jour au jour. En droit cependant, une forte controverse
pourrait un jour éclater au sujet de la nature exacte de l'homme-joueur
dans le contrat de transfert. Mais, l'organisation du football, se fondant sur
la spécificité de celui-ci, a dû concevoir pareille
situation qu'il n'est plus question d'abandonner, mais bien plutôt de
parfaire.
Bien plus, disions-nous, la conquête du succès
n'est pas absente dans les multiples transferts internationaux des joueurs, par
les équipes de football européennes. En effet, les
compétitions nationales et internationales mettent aux prises plusieurs
clubs qui courent, chacun, après le titre en jeu. Lorsqu'on sait brandir
ses nombreux titres, médailles et coupe, certes, la renommée de
ce genre attire du respect et des égards. Les clubs européens,
savent ainsi, que l'acquisition ou la conservation des trophées est une
épreuve de haut niveau qui laisse au passage sacrifices et
dépenses que seul le choix de bons joueurs pourrait faire vite oublier.
De là, plus rien n'étonnerait la course que se
lancent ces clubs de football européens pour se payer des joueurs
à l'étranger, surtout en raison du fait que là, ils
coûtent moins chers, mais une fois acquis, ils relèveraient le
niveau de l'équipe et, qui plus est, pourraient être revendus
à des prix d'or. L'exemple de réussite des clubs qui alignent
des bons joueurs, achetés souvent à l'étranger, fait qu'il
est rare de voir un championnat national européen replié sur les
seuls européens. Chaque année, les nouvelles saisons
démarrent toujours sur des informations, du reste, confirmées,
relatives aux nouveaux venus.
Cependant, les montants de leur achat n'apparaissent que quand
ils semblent être exagérés ou font dépendre le
succès annuel attendu de l'équipe de ses recrues. Dans ce
contexte, les nouveaux joueurs deviennent objet, alors d'attention tous
azimuts, et des spectateurs, toujours exigeants, et des sponsors, avides
d'expansion de leur bonne image et sans doute du club lui-même. L'exemple
du championnat belge que nous donnons ci-après corrobore les
affirmations ainsi émises.
TABLEAU V. APERÇU GÉNÉRAL DES
TRANSFERTS EN BELGIQUE( SAISON 2000-2001)
CLUBS
|
ACQUIS
CEDES
|
Alost
|
Hillaerts(V.Denderhoutem) Mrvaljevic(Spartak) Mojovic(Anvers) Rigaux(Lens) Jakobia(Wezet) VanAudenaerde(St-Denis) Daelmans(Lommel) Etchi(Lens) Vanden
Berghe(FC Bruges) DeKeyser(Lierse) Miceli(LeHavre)
|
Milosevic (Digenif Nicosia-Cyp) Claeys (Lierse) Davy
Cooreman (Beitar Sheba-Isr) Van Steenberghe (La Louvière) S.
Cooreman (G. Beerschot) Van der Heyden
(Cl.Brugeois) Vergeylen(Roeselaere) Grommen(Denderleeuw)
Daelmans(Lommel) De Oliviera (Dyn Zagreb, Cro) Mukanya (Beitar Sheba,
Isr) Hanssen(Tromsö,Nor) Cosimo Sarli(retour Italie)
|
|
Anderlecht
|
Vanderhaeghe (Mouscron)
Hasi(Genk) Ilic(ClubBrugeois) Pirard(LaLouvière) Peersman(Beveren) Dindane(Abidjan,Ivoirien) Pierre(Standard) Anastasiou(Roda,P-B)
|
Zetterberg(Olympiakos) Stassin (Bor.
Mönchengladbach-All) Scifo (Charleroi) Meert (Saint-Trond, via
Maastricht) Mampuya (Genk) Sonko(Roda,P-B)
|
|
Antwerp
|
Peelman(Lierse) Karel D'Haene (Waregem) Bernt Evens
(Maasland) Tony Sergeant (Deinze) Kris Mampaey
(Dunfermline) Furo(Sion,Sui) Mertens (St-Trond) Seol Ki-Hyeun (Kwang Woon
University, Corée) Mertens(St-Trond)
|
Pivaljevic (FC Cologne, All) Rade Mojovic (Alost) Geert
Emmerechts (Roeselare) Mucher(Hamme) Laurent Dauwe (RC Gand) Rami
Maimon (Hapoel Haïfa, Isr) Clegg (retour Manchester U'ted)
|
Beveren
|
Thans(Westerlo) Capidis(Strombeek) Sandro Da Costa
(Alianza, San Salvador) Agnaldo De Oliveira (Alianza, San Salvador)
Renato De Oliveira (Caxia Porto Alegre, Bré)
KhalidFouhami(Dinamo Bucarest,Rou) Junior Guimaraes
(Alianza, San Salvador) Lee SangLee(Coongang University, Cor) Omar
Rios(Arasatuba, Bré) Gonzalo Rodriguez (Arasatuba, Bré) O.
Suray (Adanasport, Tur) Kilimci (Galatasaray, Tur) Ikizdere
(Galatasaray, Tur) Gônülagar (Galatasaray, Tur) Capandoglu
(Besiktas Ist)
|
Peersman(Anderlecht) Dhont(Germinal Beerschot) Van Den
Eede (Den Bosch, P-B) Scalia(LaLouvière) Imagbudu(Strombeek)
Tarachulski(Varsovie-Pol) Jimmy Smets (Irik. Salonique) Flies(Mons)
|
|
FC Bruges
|
Ebou Sillah (retour d' Harelbeke) Stijnen
(Hasselt) José Duarte (Anapolina-Brésil) Peter Van der
Heyden (Alost) Simons(Lommel)
Nemec(Mura-Slo) Schockaert(St-Trond) Josip Simic (Dynamo
Zagreb-Cro)
|
Vande Walle (entraîneur des gardiens à La
Gantoise) Borkelmans (La Gantoise) Ilic (Anderlecht) Deflandre
(Lyon) Joachim Van Holm (SV Roeselaere) Wellens (Zulte) Van den Berghe
(Alost) Da. Mitrovic (Westerlo) Denijs (La Gantoise) Fadiga
(AJ Auxerre-Fra)
|
|
Charleroi
|
Emmanuel Petit(Mons) Scifo(Anderlecht) Foguenne(La
Gantoise) Vangronsveld(RC Genk) Dias, Remacle
(Standard) Bisconti(Standard)
|
Alexander Kaklamanos(La Gantoise) Ouedraogo (FC Cologne,
All) Albert(arrêt) Romaniuk(Lodz, Pol)
|
|
Racing Genk
|
Thijs(Standard) Thomas Chatelle (La Gantoise) Jan Moons
et Wesley Sonck (G. Beerschot) David Paas et Kaku (Harelbeke) Fritz
Emeran (FC Malines) Akran Roumani (MAS de Fes) Mike Mampuya
(Anderlecht) Zokora (ASEC-Côte d'Ivoire)
|
Hasi
(Anderlecht) Vangronsveld(Charleroi) FerencHorvath(Cottbus) Johannes
Gudjonsson(RKC Waalwijk-P-B) T. Gudjonsson (Las Palmas, Esp) Ilir
Caushllari (Ingelmunster)
Nsumbu(Geel) Vanhees(Geel) Pereira(Tirlemont) Olivieri(LaLouvière)
|
|
La Gantoise
|
Peeters(Bielefeld-All) Borkelmans(ClubBrugeois)
Cipi(Maribor-Slo) Laamers(Harelbeke) Denijs (retour Club
Brugeois) Hossam (Zamalek, Egypte) Mudingayi et Capilla (Union) Olcese
(Cristal Lima,Per) Kaklamanos (Charleroi) Holsen (Cristal Lima,
Per) Verbrugghe (SV Roulers)
|
Dauwen(Westerlo) Thomas Chatelle (RC Genk) Van
Handenhoven(Metz) Foguenne(Charleroi) Aarst
(Standard) Dragutinovic(Standard) Vandervee(Geel) Szekeres (Energie
Cottbus, All) Burgio(Maasmechelen) G.Roussel(Heppignies)
|
|
Germinal Beerschot
|
Dhont(Beveren) Knezevic(AdelaideCity) Huysmans(Lierse) Van
de Weyer(Lierse) Moumouni Dagano (Etoile fil, BurkinaFaso) Boldizar
Bodor(Pecs, Hongrie) Lendvaï(Geel) S.Cooreman(Alost) Sbaa(Union
Namur) Da Silva (Tombense, Bré) Machado (Leopoldina,
Bré) Bodor (Pecs, Hon)
|
Moons(Genk) Sonck(Genk) Verbist(Ajax) Hofmans(arrête) Smidts(FCMalines) Leonardo
Da Silva (Den Haag, P-B)
|
|
Harelbeke
|
Nottebaert (La Louvière) Geeroms
(Denderleeuw) Camara(Guinée) Frans(Westerlo) Sas (Dessel
Sp.) Lachambre(RWDM) Barbé(Charlton Ath) Ernest Konon (Club
Brugeois)
|
Paas (Racing Genk) Ebou Sillah (Club
Brugeois) Vandoorne(Mouscron) Kaku(RacingGenk) Laamers(LaGantoise) Dhoore(retour
FC Bruges) Meilag et Hameg (doivent partir)
|
|
La Louvière
|
Yousfi(SKRoulers) Yves Buelinckx
(RWDM) Missé-Missé(Ethnikos,Gre) Proto(Couillet) Jan Van
Steenberghe (Alost) Eric Scalia (Fréjus, Fra) Alain Haydock
(RWDM) Johnny Lebegge (FC
Malines) Olivieri(LaLouvière) Toni Scoazzari(Gilly))
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Nottebaert(Harelbeke) Bettagno(RTFCL) Pirard(Anderlecht) De
Schrijver (Denderleeuw) Mokabila (Francs Borains)
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Lierse
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Pepa (Benfica, Por) Vanderstraeten (Maritimo, Por) Claeys
(Alost) Van Dooren (Mouscron) Veretennikov (Volgograd) Axel Smeets
(Sheffield U'ted)
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Nys et Zdebel (Genclerbirligi-Tur) Peelman (Antwerp) Van
de Weyer (G. Beerschot) Huysmans (G. Beerschot) Huistra (RBC,P-B))
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Lokeren
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Helgason (Stavanger-Isl) Gretarson (AEKA
Athène-Gre) Vanic (Albacete, Esp) Kristinsson
(Lillestrom) Coulibaly et Ouattara(Côte Ivoire) Samlegu
(Guinée) Mamale (Kaiser Chiefs, AFS)
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Budka (FK Jablonec-Tch) Kozak (FC Kosice-Slo) Penicka
(transfert libre) Majdov (Sibenik, Mac) Van Geneugden (Geel) Mitrovic
(HT Gorica) Nikcevic (Mura, Slo) Boeka-Lisasi (Westerlo)
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FC Malines
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Geebelen (Maasland) Ferket (Kapellen) Masachiro Endo
(S-Pulse-Jap) Hermansen (Lyngby-Dan) Meeusen (Geel) Guadaloupe
(Universitario-Perou) Del Solar (Universitario-Perou) Dierickx
(St-Trond) Thijs (Heusden-Zolder) Smidts (G. Beerschot)
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Emeran (RC Genk) Lebegge (La
Louvière) Koulitchenko (CSKA Moscou) VandenBroeck (Roda JC) Tom
Peeters (Sunderland) K. Vermeir (Hamme) Smolders (Stade Louvain)
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Mouscron
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Cleiton Rodrigues de Souza (Denderleeuw) Crv
(Maasland) Vandoorne (Harelbeke) Duynslaeger (Roeselaere) Ladon
(retour du Cercle Bruges) Mitrovic (Westerlo) Deman (Lierse) Van de
Weyer (Lierse) Lachambre (RWDM) Grégoire (RTFCL) Bakadal
(Grenoble, Fra) Jestrovic (Metz, Fra)
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Vanderhaeghe (Anderlecht) Tanghe (FC Utrecht-P-B) El
Idrissi (Santa Clara Portugal-Por) Wuyts (La Louvière) Vandooren
(Lierse) Feys (CS Bruges) Tyma (Pologne) Nzuzi (RWDM) Van Durme
(Estaimpuis)
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Saint-Trond
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Daelemans (Geel) Georges Dimitriadis (Olympic) Meert
(Anderlecht) Mathijssen (Lommel) Babic (F. Stallions, Aut) M'Bonabucya
(Gaziantespor, Tur)
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Burg (renvoyé) Claes (Heerenveen-P-B) Rudonja
(Portsmouth) Dierickx (FC Malines) Holans (Turnhout) Mertens
(Antwerp) Gunther Grammet (Tienen) Nijs (RTFCL) Volk (NK
Koper) Schockaert (FC Bruges)
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Standard
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Vlcek (Slavia Praag-Tch) Folha (Porto-Por) Meyssen
(Austra Salzburg-Aut) Aarst (La Gantoise) Turaci (Sl. Prague,
Tch) Dragutinovic (La Gantoise) Vinicius (Sp. Lisbonne,
Por) Prosinecki (Dragolvoljac, Cro)
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Dias (Charleroi) Dimas (Sp. Lisbonne, Por) Chauveheid
(Eupen) Afolabi (Naples, Ita) Fassotte et Piron (RWDM) Grana
(Kalamata) Remacle (Charleroi) Thijs (Genk) Bisconti
(Charleroi) Pierre (Anderlecht)
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Westerlo
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