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Internationalisation économique du sport. Les clubs de football sur les traces des entreprises multinationales


par Arnauld Kayembe Tabu Nkang'Adi Nzu
Université d'Anvers - Master en Management international et développement
Traductions: Original: fr Source:

Disponible en mode multipage

TABLE DE MATIERES

DEDICACE 33

AVANT-PROPOS. 44

SIGLES ET ABREVIATIONS 55

TABLEAUX ET FIGURES. 55

0. INTRODUCTION 66

0.1. METHODOLOGIE. 1010

0.2. PLAN DU TRAVAIL. 1111

BIBLIOGRAPHIE RELATIVE A L'INTRODUCTION. 1212

PREMIERE PARTIE (I): 1313

LES VAISSEAUX DE L'INTERNATIONALISATION ECONOMIQUE DU FOOTBALL. 1313

I. A. DEFINITION DU CONCEPT `INTERNATIONALISATION'. 1414

I. B. ORIGINES DE L'INTERNATIONLISATION ECONOMIQUE DU SPORT. 1515

I.B.1. La poussée irréductible de la mondialisation 15

I.B.2. La révolution du CIO 16

I.B.3. L'apport de la télévision commerciale. 16

I.B.4. L'intérêt du sport aux yeux des entreprises multinationales. 17

CHAPITRE 1. LES OPERATIONS PROPRES AU FOOTBALL. 1919

SECTION 1. LE TRANSFERT INTERNATIONAL DES JOUEURS. 1919

Paragraphe 1. Définition du transfert. 22

1.2. Le Transfert des joueurs dans le football africain. 24

1.3. Football business : l'Afrique vidée de ses meilleurs éléments. 25

1.4. Football business : l'Afrique victime de sa pauvreté matérielle. 26

1.5.a. Transfert : Source d'approvisionnement des clubs en matières premières. 27

1.5.b. Commentaires. 30

Paragraphe 2 : Le marché d'achat et de vente des joueurs : mercato. 40

2.1. Définition du mercato. 40

2.2. Transfert des joueurs : les perspectives d'avenir 42

SECTION 2. LA MULTINATIONALISATION DU FOOTBALL BUSINESS : 4949

L'IMPLANTATION A L'ETRANGER 4949

Paragraphe 1. La présence des clubs de football à l'étranger. 50

1. A. PRESENCE A L'ETRANGER SANS INVESTISSEMENT. 5151

1.A.1. L 'Agent commissionné ou le recruteur officieux. 51

1.A.2. L'Agent licencié de la FIFA. 57

1.B. PRESENCE A L'ETRANGER AVEC INVESTISSEMENT. 5959

1.B.1. La création des centres de formation pour jeunes joueurs : 59

confrontation entre l'humanitaire et le business. 59

1.B.2. Le Paris-Saint-Germain et le Planete Champions International de 60

Ouagadougou. 60

Paragraphe 2. Les projets d'investissement direct étranger. 64

2. A. LA PARTICIPATION D'AJAX DANS GERMINAL BEERSCHOT ANTWERPEN (GBA). 6565

2.A.1. Le pourcentage de 10 %. 65

2.A.2. L'implication dans la gestion du club étranger. 65

2.B. AJAX D'AMSTERDAM ET AJAX CAP TOWN. 6666

SECTION 2. LE PRIX DE TRANSFERT DANS LE COMMERCE INTERNATIONAL 6868

ENTRE LES CLUBS DE FOOTBALL DU MEME GROUPE. 6868

Paragraphe 1. Définition et hypothèse d'application. 68

Paragraphe 2. La résolution de la question du prix de transfert dans ce secteur. 69

CHAPITRE II. LES OPERATIONS INDUITES. 7070

SECTION 1. LES DROITS DE RETRANSMISSION : LA MANNE DU SIECLE 7070

Paragraphe 1. Définition des droits de retransmission. 70

Paragraphe 2. Bref rappel historique. 71

Paragraphe 3. Droits de retransmission et conquête des événements sportifs 72

internationaux. 72

SECTION 2. LE MERCHANDISING. 7575

Paragraphe 1. Définition 76

Paragraphe 2. Le merchandising comme une des conséquences 77

de l'internationalisation du football. 77

DEUXIEME PARTIE(II). INTERNATIONALISATION DU FOOTBALL : 7878

ENJEUX ET PERSPECTIVES. 7878

CHAPITRE I : IMPACT DE L'INTERNATIONALISATION ECONOMIQUE DU 7878

FOOTBALL SUR LES PAYS DEVELOPPES. 7878

SECTION 1. LA COTATION DES CLUBS EN BOURSE. 8080

Paragraphe 1. portée 80

Paragraphe 2. Evolution du football coté en bourse. 81

SECTION 2. LA REVELATION DES DERIVES MARCHANDES DU TRANSFERT. 8282

SECTION 3. AUTRES IMPACTS A SIGNALER. 8282

Paragraphe 1. L'industrie du sport. 82

Paragraphe 2. Internationalisation du football et investissement. 82

Paragraphe 1. Le joueur africain, matière première de haute qualité. 85

Paragraphe 2. Nécessité d'adapter la législation régissant le football. 86

SECTION 2. IMPACT DE L'INTERNATIONALISATION ECONOMIQUE 8787

DU FOOTBALL SUR LES CLUBS DU CONTINENT. 8787

Paragraphe 1. Au niveau de la gestion des clubs : fonctionnalisation de la pratique du football. 87

Paragraphe 2. Imitation du modèle de financement des clubs de football européens. 88

2.1. Expérience du Merchandising par les trois grands clubs congolais de Kinshasa :AS Vita Club, DC Motema Pembe et AS Dragons. 88

CONCLUSION. 9191

Ø Similarité des objectifs. 92

Ø Avantages des entreprises multinationales. 92

Ø Recherche du contenu desdits avantages pour les clubs de football. 93

DEDICACE

A ENDA, ma fille bien aimée et homonyme de ma grand-mère ;

A ma paternelle et indéfectible affection s'ajoute, chaque instant de ma vie, depuis ta naissance, le plaisir légitime de te savoir lucide, cohérente et indéniablement intelligente : « Aperi laborem patris » et, entres dans le cercle des grands.

A te voir autant qu'à penser à toi, rejaillit aussi automatiquement que continuellement en moi le sincère et responsable devoir de t'offrir tout le meilleur spectacle de la vie qui inspirera à toi et aux tiens propres, courage, persévérance et espérance ferme, récompense méritée d'incessants et utiles efforts,

A Kadzula Florentine O'ntor'a-baa, ma mère

Brave et ingénieuse éducatrice ; jamais ne s'effaceront de mon être profond les merveilles de tes tendres bienfaits. Pour te rappeler l'heure sonnée de la récolte des fruits de tes sacrifices, sans lesquels l'homme que je suis devenu n'aurait jamais dû l'être,

A Olem Michelle, ma chère épouse,

Fidèle, impassiblement patiente, conseillère, infaillible soutien et première admiratrice de mes efforts; ici, je te témoigne toute l'originalité de mon amour et, comme toujours, la constance de sa fidélité. En signe de gratitude,

A vous tous mes soeurs et frères, nièces et neveux, cousines et cousins, tantes et oncles, grand-mère, grand-tantes et grand-oncles, pour votre chère et solide affection,

JE DEDIE CE MEMOIRE.

AVANT-PROPOS.

La fin de la rédaction de cette dissertation m'offre l'occasion évidente et nettement immanquable de remercier de tout coeur toutes les personnes sans lesquelles rien de tel n'aurait pu se faire au bon moment. Je pense d'abord au Conseil Inter-Universitaire Flamand-Directorat Général de la Coopération Internationale, VL.I.R, auteur de la bourse d'études. Je formule le voeu ardent et sincère de voir cette marque de coopération continuer et rallumer toujours et encore plus haut la flamme des relations scientifiques, naguère historiques entre la Belgique et la République Démocratique du Congo.

Ensuite, vient le Prof. Dr D. Van Den Bulcke, promoteur du mémoire. J'ai été profondément ému par l'enthousiasme et l'ouverture intellectuelle de sa modeste personne. Même pris par ses nombreuses tâches, tant académiques qu'administratives, il ne s'est pas dérobé à cette autre mission, celle de discuter du sujet, d'en suggérer l'orientation et même d'en fournir la documentation. Qu'il daigne retrouver ici, l'expression de ma totale gratitude. Enfin, j'offre une palme spéciale au Prof. Dr Késenne Stefan, de l'UFSIA et KUL, co-promoteur du mémoire. La promptitude avec laquelle il a accepté de parrainer mes recherches, dans un domaine où il s'est particulièrement distingué, m'a fort agréablement touché. Déjà très occupé par son volume horaire, il s'est néanmoins montré bien dévoué à lire, et à formuler des remarques bien pertinentes, à fournir la bibliographie et même à susciter en moi l'envie de ne plus jamais laisser tomber sur ma route de recherche, le domaine du sport, dans ses deux aspects de management et juridique. Je lui en sais sincèrement gré.

Par ailleurs, je remercie tous les professeurs de l'Université d'Anvers, spécialement ceux de l'Institut de Politique et de Gestion du Développement. Ils ont réconcilié en moi le langage autrefois "rébarbatif et réfractaire" de l'économie, mais dont je ne regretterai ni la connaissance ni l'utilité, avec ma formation et mon expérience de juriste. A Greet Annaert et Nicole S., j'exprime toute ma reconnaissance pour leur sens spontané de serviabilité.

De même, je remercie d'une part, tous les professeurs et mes collègues Assistants de la Faculté de Droit à l'Université de Kinshasa, mon alma mater, pour leur soutien et encouragement qui ne passent pas inaperçus, et d'autre part mes enseigants du Collège LANKWAN d'Idiofa, dont je porterai haut et loin l'étendard. Ici et là, je remercie très affectueusement, les Profs. Drs Léopold MAKOKO MOYENGO (Polytechnique/Unikin), Roger BLANPAIN, Godelieve CRAENEN, Frans VANISTENDAEL (Droit/KUL),

Abbé Jean Pierre SIEME (Théologie/Rome), Greg BAKANDEJA wa MPUNGU (Droit/Unikin), Léonard MASHAKO MAMBA (Médecine/Unikin), puis les Drs Jean Macaire MUNZELE (Sociologie) et bâtonnier MATADI NENGA (Droit) pour toutes les marques de sympathie et d'amitié me témoignées. Il en est de même des familles Luc et Gertrude TIMMERMANS, Adam MAZINGA et OKWALA.

A mes amis de toujours et aussi aux collègues que les circonstances d'études m'ont fait rencontrer en terre hospitalière d'Anvers, une vraie amitié n'oublie ni les bienfaits ni les sages conseils et reproches. De vous, j'en suis constamment bénéficiaire. Puisse cette amitié internationale subsister à toutes les vagues du reste de temps de notre vie active.

Je pense particulièrement à vous MIKOMO L., LALONG M., ANEM P., EFUR R., NGYELE P., SHAMAVU A., KWILU M., MBUNGU M., NGOMA D., LUKANDA B., HUARACHI J., NCHWEKI P., CUVELIER J., DAEMEN I., DIAKO S., TSHIMANGA Cl., KOLOKO L., AZOR M.J, YAGUNDU F, ANUCHA, BAKOYE S., MASUMU J., KOFFI Mariette, BARO H, ALEMAN B. P et MEGOUO B.

SIGLES ET ABREVIATIONS

CAF : Confédération africaine de football.

CIO : Comité International Olympique.

CONCACAF : Confédération de Football Association d'Amérique du nord et du Centre.

FECOFA : Fédération congolaise de Football Association.

FIFA : Fédération Internationale de Football Association.

UEFA : Union des Associations européennes de Football.

UNPF : Union Nationale des Professionnels du Football.

URBSFA : Union Royale Belge des Sociétés de Football Association.

TABLEAUX ET FIGURES.

Tableau I : Les footballeurs dans le monde.......................................................P. 28.

Tableau II : Les footballeurs professionnels dans le monde....................................p. 28.

Tableau III : Les clubs européens les plus riches................................................P. 29.

Tableau IV : Les 15 riches clubs d'Europe.......................................................P. 30.

Tableau V : Aperçu général des transferts en Belgique(saison 2000-2001).............Pp.32-37.

Tableau VI : Salaires des joueurs de Premier League anglaise de football...................P. 47.

Tableau VII : Les dix plus gros transferts de l'histoire du football business................ p. 48.

Tableau VIII. Liste partielle des négociateurs des transferts des joueurs congolais.........p. 55.

Tableau IX : Droits de retransmission de neuf éditions du Mundial........................ ...p.75.

0. INTRODUCTION

Les firmes multinationales, auxquelles a toujours été attribuée, à tort ou à raison, la capacité de prolonger l'exploitation de leurs activités à l'étranger, ne sont plus, malheureusement, les seuls acteurs économiques à s'affectionner l'épithète d'international. En d'autres mots, elles ne sont plus les seules à pouvoir tirer avantage de l'élargissement des marchés, ni à se buter aux obstacles, toujours aussi inhérents à la mondialisation. Engin de collusion et de recentrage des intérêts entre plusieurs acteurs, la mondialisation, comme le fait remarquer l'économiste nigérian, OKIGBO P. (1999, pp. 101-102), est évidemment, un processus qui plonge ses racines dans les temps les plus anciens. Il ne faut pas avoir le regret de caserner les conquêtes de César, à travers ses nombreux combats, à la fois glorieux et parfois ternes, dans la recherche de ce qui rapprocherait le monde, à commencer par l'espace européen. César a donc tracé les jalons de ce que les économistes de l'école néo-libérale allaient exploiter et mener à bien, à savoir, la mondialisation. Le sport, spécialement, «le sport professionnel n'échappe pas au mouvement de globalisation et de mondialisation qui touche le monde économique », écrivent BAYLE Emmanuel et DURAND Christophe (2000, p.154). Bien plus, renseigne Jean Jacques GOUGUET (2000, p.5), même si « l'activité sportive a acquis de longue date une dimension internationale (les jeux olympiques par exemple), mais les formes nouvelles de la mondialisation sont entrain de bouleverser radicalement les modalités d'organisation du spectacle sportif », surtout le mariage sport-entreprises multinationales.

En fait, les relations entre les firmes multinationales et le sport, souvent discrètes, mais toujours présentes, ne sont pas qu'anciennes. BOURG et GOUGUET (2000), parlent d'une « interaction entre des firmes multinationales, d'un côté, et le mouvement sportif, de l'autre ». Elles se sont aussi resserrées de plus belle, ces derniers temps, au point de transformer l'univers de spectacle en un monde d'affaires, tout aussi prospère que rentable. Pour qualifier cet effort de conversion du spectacle en business, l'expression «métamorphose » n'est pas du tout exagérée.

C'est vrai que certaines entreprises multinationales se sont fait un nom dans la fabrication et la commercialisation des équipements sportifs, et ce, à travers la planète : ADIDAS, NIKE, REEBOOK, pour ne citer qu'elles, passent pour celles qui avaient su exploiter depuis, et à temps, la bague de noces, encore vierge, entre sport et business.

Actuellement, aux côtés de cette catégorie, plusieurs autres expérimentent et consolident leur percée dans l'univers commercial. Car, ce dernier a fini par hanter, sans grand effort de résistance de leur part, les clubs et fédérations sportifs, et avoir raison d'eux, à l'instar de l'irrésistible pesanteur, impitoyable en face de tout objet en surface. Comment ne pas prêter attention à cette évolution, quand, comme l'indique ANDREFF Wladimir (2000), «cotation des clubs en bourse, transformation des structures juridiques des clubs professionnels en entreprises commerciales, ouverture du capital des clubs aux opérateurs extérieurs au sport, diversification des produits des clubs(merchandising) et privatisation du financement des clubs » sont très usités par les milieux sportifs !

Le sport a, ainsi, cessé d'être l'exclusif effaceur, qu'il était depuis lors, de la soif ludique et spectaculaire des athlètes d'une part, et des spectateurs d'autre part. En attendant de trouver une cause à ce revirement, l'on pense déjà que l'entrée des privés dans le mouvement sportif et les rentes financières qu'elle serait capable de générer ne sont pas étrangères à la métamorphose du football spectacle en football business. BAYLE et DURAND (Ibidem), précités, renchérissent que «cette tendance à la privatisation du sport professionnel, qu'elle s'accompagne d'une prise de pouvoir formelle ou d'une pression telle qu'elle confère à l'opérateur extérieur un contrôle très large du système, constitue un élément de l'organisation et du financement du sport professionnel ».

C'est donc, sans ambages, qu'analysant lucidement le phénomène, BOURG (1998) esquisse que « le sport est devenu l'objet d'enjeux financiers considérables liant quatre acteurs majeurs à un niveau international : sponsors, diffuseurs, fabricants, agences de marketing ».

Les années '80 du siècle dernier sont décisives dans la façon dont le sport, en général et le football, en particulier vont se comporter. Le football, va continuer à s'adosser sur ses principes, en se frayant, en même temps, le chemin lucratif, guère, lui imputable.

Mais, parler du sport est un sujet, certes, attrayant, seulement qui risque de paraître trop large et trop vague en fin des comptes. Il existe tout un arsenal de disciplines sportives, auquel il faudra à la longue, consacrer de nombreuses et riches études. Cependant, dans le cadre de la présente analyse, nous nous limitons au football, aux stratégies de son internationalisation et à ce que celle-ci pourrait être à même d'apporter au développement des pays en développement d'Afrique, eux qui semblent constituer un des itinéraires les plus prisés des opérations d'internationalisation du sport sous examen. Quelques raisons président ainsi à ce choix.

Tout d'abord, le football reste l'un des sports les plus populaires et les plus spectaculaires au monde. Ensuite, même dans des pays où sa signification était réduite au simple spectacle des quartiers moins fréquentés par certaines classes sociales, aux Etats-Unis par exemple, il acquiert de plus en plus de l'ampleur. Le déroulement de la phase finale du mondial 1994 en terre américaine n'en est qu'un des signes éloquents.

Enfin, l'infiltration des milieux d'affaires privés lui imprègne une dimension à la fois sociale et économico-financière non négligeable. Ses instances veillent journellement à l'expansion de sa pratique, sans trop faire apparaître l'aspect financier qui lui colle certainement et manifestement à la peau. Le choix du Japon et la Corée du sud, auxquels pourrait se joindre la Corée du Nord serait un pas vers « la terre  promise d'affaires du XXIème siècle », à savoir, la Chine populaire.

La preuve est donnée par l'hyper-médiatisation dont il est l'objet et l'attention particulière qui lui est accordée de la part des autorités aussi bien que de la part des populations. En effet, le moindre constat possible qui puisse encore frapper fait état de ce que depuis les années '80, le football est devenu un phénomène socio-économique et financier indiscutable, auquel des études sont de plus en plus consacrées. Cette tendance vers une recherche appliquée au football n'est cependant pas encore proportionnelle à la promotion médiatique dont il bénéficie.

La télévision, par exemple, dessine chaque jour les contours de ses idylles avec le sport, et le football en particulier. Captivant le souffle des téléspectateurs, de plus en plus nombreux, elle s'évertue à longueur des journées, à chasser, puis à livrer au public, à des heures d'audience massive, des images et des sujets d'actualités du football : résultats des championnats nationaux, des matches des ligues, des matches de qualification pour des compétitions internationales, le mouvement des transferts des joueurs et la chronique de leurs montants, le hooliganisme et aussi le dopage de quelques-uns.

A première vue, la spécialisation en la matière de certaines chaînes de télévision privées laissait indifférents même les passionnés du football, sans qu'apparût en clair le vaste commerce qui s'y déroulait. Datant de plusieurs années aux Etats-Unis, ce commerce avait réussi à prouver ses prouesses. QUIRK J. et FORT R.D, que citent Bayle et Durand (2000, p. 152) montraient également que "le glissement de la propriété historique des associations (sportives) vers des opérateurs privés est une tendance perceptible en Europe qui a, à l'inverse, toujours primé aux Etats-Unis ".

Aujourd'hui, la passion qui endiablait autrefois les fans du football a débordé ce contexte de plus en plus rétréci et caricatural, pour pavoiser et atteindre les politiques, les financiers et les industriels de ce monde.

Certes, le sport fait partie intégrante de la société, même si son évolution de ces dernières années donne l'impression de lui ôter son rôle social, pour ne lui en reconnaître que celui de politique économique et financière.

A plus d'un titre, il est acquis, comme l'écrivent ILLKA Vuori et al, (1995, p. 15), que « le sport peut être directement un facteur de bien-être social en procurant des loisirs, en améliorant la forme physique et en favorisant l'insertion des individus dans la société et leur maintien en bonne santé. D'autre part, l'élan économique qu'apporte le sport contribue à la consommation, au revenu, à l'emploi et au développement économique local, régional», pourquoi pas continental ! Cela étant, la crainte que l'infestation du milieu des affaires dans le sport, sans possibilité de sauver la face éthique «ne se traduise par une perte de la souveraineté du pouvoir sportif » (Bourg et Gouguet, 2000), ne semble pas moins préoccupante.

Si les transformations du football réjouissent autant qu'elles inquiètent d'autres continents, comme l'Europe, moins devraient-elles être écartées des analyses dans le contexte africain. Ce continent a un tel retard de développement de ses habitants qu'il a, vis-à-vis des générations à venir, un véritable défi à lancer. (KAMANDA wa KAMADA, 1976). Le football, un des éléments banaux, pourrait, sans vraiment avoir rang de panacée, contribuer à sa manière au relèvement de ce défi, car, autrement reviendrait à se demander avec Axelle KABOU (1991) « si l'Afrique refusait le développement », ne serait que sur cet aspect. Même si, ailleurs, les efforts à entreprendre sont énormes, développement de grands projets économiques, avec la preuve que l'Afrique ne cesse de donner sur ses performances, en matière de football, il y a lieu de croire, véritablement, à une dimension de « l'anti-dérive de l'Afrique en désarroi » (NDESHYIO Oswald et al, 1985).

Le sujet intéresse donc les pays en développement, spécialement ceux d'Afrique qui regorgent de milliers et de milliers de jeunes gens, sans travail mais pétris de talent dans le football, lequel, du reste, pourrait seul, leur offrir les perspectives d'une dignité et d'une vie pleine de sens et de vitalité.

En fait, parlant de l'Afrique, M. KOFFI Anan (1998, p. 26) constatait que bien que «  tous les pays appartiennent désormais à un système commercial international ...nombre d'entre eux y sont mal intégrés et d'autres restent trop vulnérables face à son instabilité. En Afrique, le maintien d'une croissance soutenue à long terme dépendra pour une large part de la capacité qu'auront les pays de diversifier leurs exportations ». A mesure que le football, à l'instar de tous les sports, peut être comptabilisé et faire l'objet de calcul dans la balance commerciale des Etats, il mérite toute l'attention des dirigeants politiques et économiques pour le canaliser, ainsi que toute l'activité économique qui en résulte, vers cette diversification.

« L'Afrique est à la croisée des chemins, observait Alassane OUATTARA (1999, p. 2), mais elle doit s'intégrer pleinement au village universel qu'est devenue notre planète...elle doit aussi redoubler d'efforts pour accélérer la croissance en stimulant l'investissement privé par une ouverture plus grande des marchés et des échanges commerciaux ».

L'investissement privé présente, en Afrique, un bilan controversé. A commencer par la réduction crescendo des flux naguère lui réservés, particulièrement « le faible niveau des flux des investissements étrangers directs vers l'Afrique » (CNUCED, 1998, p. 11). Il a, dans les secteurs pétrolier et minier, souvent été considéré comme source des conflits civils et d'appauvrissement des populations locales. Les accusations par le mouvement pour la survie du peuple Ogoni (MOSOP) contre la Royal Dutch Shell au Nigeria ou celles formulées par les populations de la République Démocratique du Congo et de la République du Congo, respectivement contre Chevron-Gulf-oil company, Elf et les multinationales américaines sont du genre à attester l'acception. La République Démocratique du Congo subit une atroce guerre qui la rend simplement victime de ses richesses minières.

Il n'est pas pourtant évident de conclure ainsi avec l'investissement privé, déjà possible et perceptible dans le monde de football. C'est l'un des rares domaines où les Africains ne se voient pas fermer le chemin de l'étranger en tant que travailleurs. Le football prend un peu le contre-pied de ce que  « les pays développés ont souvent fermé leurs marchés aux produits africains compétitifs. » (KOFFI Anan, 1998, p. 26).

Puisque notre étude voudrait s'inscrire dans le droit fil des arguments optimistes, il s'avère pertinent de se demander si cela ne paraît pas illusoire, tant que les indicateurs macro-économiques surtout à l'ère de la globalisation, notamment sur le continent africain ne sont pas de bon augure : « 85% du commerce mondial se fait dans la triade : Union européenne, Etats-Unis et Japon. La part de l'Afrique est en dessous des 4% et n'a jamais été aussi basse. »(Isabelle PLUVINAGE, 1999, p. 9). Il est beaucoup plus réjouissant de voir les choses autrement.

0.1. METHODOLOGIE.

Les sciences sociales n'ont pas de méthodes qui soient obligatoires, si l'on voulait mener telle ou telle autre étude.  « La méthode de travail ne se présentera jamais comme une simple addition de techniques qu'il s'agirait d'appliquer telles quelles mais bien comme une démarche globale de l'esprit qui demande à être réinventée pour chaque travail. » Ainsi, dans le domaine de recherche en sciences sociales,  « les dispositifs d'investigation varient considérablement d'une recherche à l'autre ». ( QUIVY Raymond et CAMPENHOUDT Luc Van, 1988, pp. 3-5). Cela étant, il va sans dire que la nôtre, présente, s'inscrit dans le schéma du raisonnement analytique d'un phénomène nouveau, à savoir l'internationalisation économique du football business. Nous nous efforcerons de décrire le fait et de le comparer à la démarche des entreprises multinationales.

0.2. PLAN DU TRAVAIL.

La présente étude se consacre au fait que le sport, et le football, spécialement continue à se vendre et à s'implanter dans des structures commerciales, au-delà des frontières des agents qui en sont les principaux acteurs. Non seulement que les privés s'en servent en tant que support pour rentabiliser leurs investissements, mais aussi, les clubs de football et les fédérations y afférentes eux-mêmes sont entrés en scène en devenant ces investisseurs qu'ils n'étaient pas il y a quelques temps.

Les causes de cette contagion du mercantile sont multiples, et font l'objet, actuellement de plusieurs forums de réflexion. Toutefois, nous n'avons nullement la prétention d'épuiser un thème encore vierge et parfois difficile à défricher, faute de littérature disponible et de données fiables. Voilà pourquoi, la plupart des références sont les extraits des journaux spécialisés du sport et des sujets des articles rédigés sur le sport.

La première partie s'attelle aux stratégies ou canaux de l'internationalisation. Ici, seront abordées tour à tour, mais sous forme de chapitres, les opérations propres au mouvement football (Chapitre 1) notamment le transfert des joueurs de football (section 1), la création des centres de formation à l'étranger (section 2), l'investissement direct étranger (section 3), et les opérations induites (Chapitre 2), à savoir les droits de retransmission (section 1), le merchandising (section 2).

La deuxième partie, quant à elle, examinera l'impact de cette internationalisation, d'abord sur les pays dont sont originaires les clubs riches de football(chapitre 1), ensuite sur le développement des pays en développement, considérés comme partenaires incontournables du phénomène. Cette incidence sera analysée tout d'abord au niveau des clubs locaux (section 1), des joueurs (section 2) et du pays (section 3.)

Enfin, dans la conclusion, nous suggérerons la prise de certaines mesures susceptibles de corriger les dérives marchandes de l'internationalisation du football.

BIBLIOGRAPHIE RELATIVE A L'INTRODUCTION.

ANDREFF Wladimir (2000), Les finances du sport et l'éthique sportive,

in Revue d'économie financière.

BAYLE E., DURAND C., (2000), Sport professionnel et représentation nationale : Quel avenir ? , in Reflets et perspectives de la vie économique, Tome XXXIX-2000, n°2-3

BOURG (1998), Sports business et règles du jeu, in Sociétal, n° 20, juin. BOURG et GOUGUET, (2000), Economie du sport, Paris, La Découverte.

CNUCED (1998), Rapport de la commission de l'investissement, de la technologie

et des questions financières connexes sur sa troisième session, Genève, 14-18 septembre 1998.

GOUGUET J-J, (2000), introduction in Reflets et perspectives de la vie économique, sport

et mondialisation. Quel enjeu pour le XXIème siècle ? , Tome XXXIX-2000, n°2-3)

ILLKA Vuori et al, (1995), Le rôle du sport dans la société : santé, socialisation, économie.

Rapport publié par les éditions du Conseil de l'Europe en vue de la 8èmeconférence des Ministres européens responsables du sport[ Lisbonne, 17-18 mai 1995], in Problèmes économiques, n°2.503 du 15 janvier 1997.

KAMANDA wa KAMADA (1976), Le défi africain, une puissance qui s'ignore, Paris, Afrique Biblio Club, 201 p.

KABOU Axelle (1991), Et si l'Afrique refusait le développement, Paris, L'Harmattan, 207 p.

NDESHYIO O. et al, (1985), l'anti-dérive de l'Afrique en désarroi, Kinshasa, Presses Universitaires du Zaïre. 

KOFFI Anan (1998), Rapport du Secrétaire Général des Nations Unies sur l'activité de l'organisation : `les causes des conflits et la promotion d'une paix et d'un développement durable en Afrique', 13 avril, 1998.

OKIGBO Pius, (1999), Le projet de mondialisation et de développement des organismes financiers internationaux, un défi pour l'Afrique subsaharienne in Alternatives Sud, Vol. VI, n° 2.OUATTARA Alassane (1999), Afrique, un programme d'action pour le XXIème siècle in Finances et Développement, Vol. 36, n° 1, p. 2, FMI, Washington D.C.

PLUVINAGE Isabelle (1999), Le chant du cygne, in Le Tiers-Monde a-t-il besoin de Volontaires ? Ouvrage collectif, Bruxelles, Ed. Colophon.

 

PREMIERE PARTIE (I):

LES VAISSEAUX DE L'INTERNATIONALISATION ECONOMIQUE DU FOOTBALL.

Personne ne connaît exactement l'ampleur du commerce du sport, pas plus que celle de tous les échanges commerciaux réalisés par et pour le football. Mais, on peut apprendre de Monti Mario, Commissaire européen en charge de la Concurrence, dans son discours du 17 avril 2000, que «la politique concurrentielle se sent concernée parce que le sport et le business qui s'y rapporte est désormais un grand business...La croissance dans la dimension économique du sport ces dernières années, constate-t-il, est spectaculaire. Deux millions d'emplois ont été directement ou indirectement créés par l'industrie des sports. C'est un excellent développement. »

Sous un style admirateur, non dépourvu d'inquiétudes, il fait état de ce que «surprenante, la valeur des droits de retransmission a atteint cette augmentation, à l'exemple des droits de retransmission des Jeux Olympiques de Sydney vendus pour un milliard trois cents millions de dollars américains, soit cinq fois plus le prix pour les droits de retransmission des Jeux Olympiques de Los Angeles ». Enfin, il fait part de ce que : «  I was very interested to read in the newspapers details of a revised three-year deal being offered by English Premier League, and that this was being seen as worth as much as pound billion in total, partly reflecting the new internet possibilities. » MONTI Mario (2000).

Cependant, de plus en plus, quelques études se penchant sur le domaine rapportent des chiffres. Bourg J.F (1998, p. 29), estime que «le sport représente 1 à 1,5 % du PIB dans les pays développés et 2,5 % du commerce mondial. A l'échelle de la planète, son chiffre d'affaires est estimé à 2.500 milliards de francs français ». En remuant les chiffres et les commentaires y relatifs, il se dégage que les transactions commerciales et financières autour du sport, et donc du football, génèrent d'énormes flux d'argent qu'il ne serait pas intéressant de sous-estimer a priori. L'argent du sport procède notamment d'une série d'activités qui se résument en termes clairs en la création d'emplois, en paiements des salaires élevés aux joueurs de football, en coûts exorbitants des droits de retransmission TV et radio, en mécénats, etc. Ainsi, on peut distinguer quatre types d'activités qui, rattachées au football, en font un business réel et en accompagnent l'internationalisation. Il s'agit du transfert des joueurs, de la création des centres de formation pour jeunes joueurs, et de la prise de participation dans le capital de certains clubs d'une part, et de la vente des droits de retransmission TV, du sponsoring et de la production des équipements sportifs ou non aux couleurs des clubs, d'autre part. Toutefois, demeure, en suspens, la question de savoir ce qu'il faille entendre par internationalisation du football.

I. A. DEFINITION DU CONCEPT `INTERNATIONALISATION'.

L'internationalisation est indifféremment utilisée pour signifier globalisation ou multinationalisation. Mais, au sens strict, des nuances apparaissent, qui en élaguent la confusion. En vogue, ces derniers temps, « la globalisation, ainsi que le précise MUCCHIELLI(1998, p. 97), peut s'entendre de façon similaire à la mondialisation. Dans ce sens, renchérit-il, la firme considère le marché mondial comme un seul et même marché

(Lancement de produit simultanément sur les trois grands continents : Amérique- Asie- Europe), dont l'intégration serait particulièrement poussée. » Cette logique rencontre celle de l'OCDE(1993, p. 7), pour qui « la globalisation peut alors se définir comme  l'élargissement et l'approfondissement des activités des entreprises visant à produire et à vendre des biens et des services sur un plus grand nombre de marchés ». Cette définition rejoint celle qu'en donne GROU Pierre(1997, p. 116) qui, de son côté, entend par « multinationalisation d'une entreprise- ou parfois internationalisation- le fait qu'elle ait installé au moins une filiale de production en dehors de son territoire national d'origine ». Dans le même ordre d'idées, on peut noter avec EDGARD P. HIBBERT(1997, p. 34), que « le processus d'internationalisation, décrit la séquence dans laquelle évolue une entreprise d'une organisation nationale, servant un marché local relativement homogène, pour devenir une exportatrice active, et par voie de conséquence une corporation internationale servant un grand nombre de marchés multinationaux et culturels divers. ». Enfin, SKLAIR Leslie

(2000, p. 344) complète que « la globalisation est une idée relativement nouvelle en sociologie, bien que dans d'autres disciplines comme les affaires internationales et les relations internationales, elle signifie la même chose... La théorie du système global est basée sur le concept de pratiques transnationales, pratiques qui traversent les frontières des Etats ». Mais, ce marché, le disions-nous au début, ne s'éloigne plus toujours du sport. Les marchés du sport se sont mondialisés et progressivement intégrés. Ils se sont internationalisés, dans ce sens que, se basant sur les acquis de la poussée de l'économie mondiale, le sport y découvre des éléments qui lui assurent une expansion au-delà des frontières des Etats, qui pis est, loin du carcan de son objet d'antan. Ainsi, l'internationalisation économique du sport peut se concevoir dans un angle plus général comme le processus par lequel les activités sportives poursuivant des objectifs marchands, débordent des frontières nationales des Etats des clubs qui les mènent et s'opèrent à l'étranger ou en rapport avec l'étranger. Il s'avère déjà préoccupant de préciser que la multinationalisation des activités des clubs ne s'inscrit que moins dans le schéma de la production des biens matériels que dans celui des services. La thèse selon laquelle « les services étaient regardés comme amorphes, improductifs, comme un système industriel dont la valeur n'était pas totalement incluse dans le PNB de beaucoup de pays ou dans les statistiques de commerce de la plupart des pays jusque dans les années 1970, » ayant été combattue, les résultats des travaux et recherches admirent depuis les années 1980, que « théoriquement, le commerce des services procure à quelques exceptions près, les mêmes droits d'avantage comparatif et les mêmes gains que ceux provenant du commerce des biens ».( DUNKLEY G., 2000, pp.177-175). Ainsi par exemple, le fait qu'une équipe de football s'engage à former des jeunes joueurs dans un pays étranger ou qu'elle participe dans le capital d'une autre équipe locale ne se prêterait pas à l'idée d'une activité de production de biens, mais bien plutôt des services.

I. B. ORIGINES DE L'INTERNATIONLISATION ECONOMIQUE DU SPORT.

La nature envoûtante de l'économie moderne, fondée sur la globalisation n'a laissé aucune chance aux sports de se développer désormais loin de son emprise. Bien au contraire, elle semble constituer une des principales causes de l'internationalisation du sport en général, et du football en particulier. Parlant de l'origine de la multinationailsation industrielle, GROU P.(ibidem) fait remarquer que : « une taille plus importante de capitaux à valoriser commande un espace de vente plus large. A partir de ce constat, les espaces nationaux des pays industrialisés, particulièrement les espaces nationaux européens, sont devenus trop étroits. Les firmes ont eu intérêt à se délocaliser dans d'autres pays industrialisés, et le phénomène de multinationalisation est progressivement devenu la règle », à laquelle, le sport, pour sa part, n' a pas pu échapper. Alléchées par l'odeur de l'argent -même si Vespasien, l'un des douze Césars de l'Empire romain en pense le contraire-, les institutions sportives ont dû réaménager les règles des jeu. La pression qu'elles subirent procède de la mondialisation, de l'invasion du sport par la télévision commerciale et par le rôle d'incitant que jouent les magnats des entreprises multinationales dans le mouvement sportif.

I.B.1. La poussée irréductible de la mondialisation

En se référant à ce qui est affirmé ci- haut, il se constate que le sport a connu une profonde métamorphose qui revêt trois caractéristiques : la mondialisation des images, la commercialisation des spectacles, la professionnalisation des athlètes. Voilà qui fait constater BOURG( 1998, p. 29 que « partout, en effet, en cette fin de siècle, le sport occupe une place centrale dans l'imaginaire collectif. Partout également, l'économie de marché s'impose comme le nouveau mode de régulation d'une pratique initialement fondée sur un esthétisme, une éducation et une morale». Les conséquences sont aussi calculées par la FIFA et le CIO, auteur d'une grande révolution.

I.B.2. La révolution du CIO

Ce développement, quasi unanime du mouvement sportif, à l'échelle planétaire, est attribué au fait qu ` « au début des années quatre-vingt, le Comité International Olympique a pris deux décisions qui ont eu un impact considérable sur la pratique du sport. D'une part, le CIO a ouvert les jeux à la participation de tous les athlètes, sans faire de distinction entre amateurs et professionnels. D'autre part, il a introduit le système de parrainage commercial des jeux, ouvrant ainsi la voie à une commercialisation généralisée de toute l'activité sportive. » (Commission européenne, 1998, p.8).

En d'autres termes, explique BOURG (op. cit., p. 30), « l'émergence d'un ordre sportif marchand et mondialisé au début des années quatre-vingt résulte de la disparition de deux verrous institutionnels qui, durant près d'un siècle(1896- 1980), ont régi l'éthique de l'olympisme : la gratuité de l'effort athlétique, avec la fin de l'amateurisme en 1981 d'une part, l'impossibilité d'exploiter commercialement les symboles des JO, supprimée en 1986, d'autre part. Par ailleurs, le passage d'une vente locale( négociation avec chacun des 197 comités nationaux olympiques) à une vente mondiale( accord global de parrainage avec le CIO) a ouvert l'ensemble des marchés aux sponsors en simplifiant les tractations. Ce décloisonnement contribue à l'intégration des économies nationales dans une logique mondiale », où la télévision commerciale( privée) se révèle comme une compagne indispensable dans tout le cycle du produit sportif.

I.B.3. L'apport de la télévision commerciale.

Gisement quasi inépuisable d'images, de sensations et d'émotions, le sport a intensifié ses relations avec la télévision, permettant une diffusion de plus en plus large du spectacle sportif qui correspond à une demande forte des téléspectateurs. « Cette progression, glisse CHABAY Olivier( 1999, p. 10), provient non pas de l'augmentation du temps consacré au sport par les grandes chaînes hertziennes existantes, mais par l'arrivée de nouvelles chaînes qui lui consacrent sur leurs grilles de programme soit une part plus importante( dans le cas de Canal +), soit l'intégralité pour les chaînes thématiques(Eurosport) ». Les questions relatives aux rapports entre le sport et la télévision sont devenues cruciales. Une attention particulière y est depuis accordée.(Johnson, 1986, pp. 38-80), ( Kinkema K. et Harris J, 1998, pp. 27-56), ( Silk M. L & Amis J, 2000, pp.267-292).

« La télévision, étant donné aussi l'importance des communications commerciales dans le domaine sportif, représente la première source de financement du sport professionnel en Europe » (UFA Fussball Studie 1998, Hamburg). Un événement sans télévision risque de disparaître, la présence de la télévision assurant des recettes par la voie des sponsors et de la publicité. Elle donne à l'événement une dimension universelle et les caractéristiques du spectacle offrent un monde d'appartenance, d'identité et de mythes.

Fondée sur la logique de la conquête de chiffre d'affaires et d'audience, la globalisation intègre le sport dans sa stratégie de conquête culturelle de nouveaux territoires. Coca-Cola aide le football chinois à se professionnaliser, Nike s'assure de la promotion du basket en Inde et Marlboro la formule I en Russie.

Assurément, la mise en mouvement de cette mondialisation provient du rôle de plus en plus croissant de la télévision dans ce secteur. La télévision a transformé le stade en un village global. Les exploits des footballeurs lors de la Coupe du Monde ou des finales des coupes continentales ou olympiques sont suivis partout dans le monde. Avec les scores d'audience attendus, 37 milliards de téléspectateurs, le sport devient un vecteur de communication pour les entreprises désirant améliorer leur image, conforter leur implantation internationale et obtenir de nouveaux débouchés.

Dans leur ouvrage collectif, BOURG et GOUGUET (1998, p. 260) pensent même que « le sport professionnel serait, sans les droits versés par les télévisions, condamné au déficit. » Cela traduit la forte dépendance des sports professionnels au regard de la télévision.

Mais, dans tous les cas, l'intérêt que représente le sport aux yeux des entreprises multinationales rend irrévocablement réalisable l'internationalisation économique du sport.

I.B.4. L'intérêt du sport aux yeux des entreprises multinationales.

A quelques exceptions près, les relations entre le monde sportif et les milieux d'hommes d'affaires sont très anciennes. BAYLE et DURAND (2000, p. 150) y voient plutôt une espèce de « cohabitation de compétitions organisées par des opérateurs privés et l'émergence de fédérations historiques nationales et internationales ayant en charge certaines grandes compétitions( championnats nationaux, continentaux ou mondiaux) ».

En Europe particulièrement, le football constitue un terrain privilégié d'investissement pour de nombreuses multinationales. Or, celles-ci, comme leur nom l'indique, ne se défissent que par rapport aux territoires étrangers.

Ainsi, Fiat est depuis la fin du XIXème siècle propriétaire du club italien de la Juventus de Turin, le groupe chimique Bayer depuis 1904 du club allemand de Bayer Leverkusen, Peugeot préside aux destinées du club de football de Sochaux, Philips est propriétaire de PSV Eindhoven, Amstrad se charge de Tottenham, International Management Group de Benfica de Lisbonne, Canal Plus de Paris-Saint-Germain et du club suisse de Servette.

Aux Etats-Unis, les principaux groupes de communication misent sur le base-ball : Disney (California Angels), Time Warner (Atlanta Braves), Tribune Company (Chicago Cubs), News Corporation( Los Angeles Dodgers). Et la suite est encore longue. A travers, cette illustration, l'on peut effectivement noter que les investissements réalisés par les entreprises dans le monde sportif ne sont ni altruistes- ce qui ne caractérise point un homme d'affaires-, ni philanthropiques. Le sport, par delà sa spécificité, se voit tout désigné à s'offrir le rôle bien prouvé de support publicitaire, une sorte de marché à développer, un produit d'appel ou de diversification, voire un investissement financier. Les entreprises multinationales sont assurément devancières sur la vaste opération de conquête du marché international. Elles sont toujours à la quête de tout ce qui pourrait renforcer leur pouvoir économique et financier. Le sport semble réunir l'atout. Il permet de faire découvrir l'entreprise et sa gamme des productions au public si nombreux devant la télévision. Or, au lieu de se faire simplement annonceurs, la plupart prennent en charge des équipes de football, comme sponsors ou s'en approprient.

Dès lors, face à l'accélération de l'appétit financier des clubs et des fédérations sportifs, ceux de football en tête, la route vers l'internationalisation semble passer pour la moins mauvaise des solutions. Mais s'agissant des clubs de football, signalons qu'ils recourent à plusieurs opérations, dont la plus en vue est le transfert des joueurs d'une association nationale vers une autre. Avec la création des centres de formation pour jeunes joueurs, la stratégie même d'investissement direct étranger, le transfert inaugure la série d'opérations propres au football.

Chapitre 1. LES OPERATIONS PROPRES AU FOOTBALL.

Les opérations propres concernent, à l'opposé des opérations induites qui sont la conséquence du développement économique de la pratique du football, l'ensemble d'activités ci-dessous reprises qui sont effectuées en vue de la survie et de la rentabilisation du sport. Elles sont telles, parce qu'elles sont l'oeuvre directe des dirigeants du football et dictées de la sorte par la logique sportive.

Section 1. LE TRANSFERT INTERNATIONAL DES JOUEURS.

Si le football se veut une discipline sportive, le transfert, lui, en a constitué au long des âges la branche marchande qui lui confère aujourd'hui le caractère de business. Il en est devenu le fer de lance de l'internationalisation. En fait, considéré déjà par la Cour européenne de justice comme une activité économique, et donc devant se soumettre à l'application des dispositions légales posées par le traité constitutif de ce qui est devenu l'Union européenne (Affaires 36/74 Walrave contre UCI, in Rec. 1974, p. 1405 ; Affaire 13/76 Donà contre Mantero, Rec. 1976, p. 1333 ; Affaire 222/86 Heylens contre Unctef, Rec. 1987, p. 4097 et l'affaire C-415/93 dite Bosman du 15 décembre 1995), le sport, et partant le football, sait intégrer toutes les lois économiques en vue de l'accroissement du profit et du succès. Le cas particulier du football est assez éloquent. Il a su mettre sur pied un système de transfert qui, bien que sujet à controverses ces derniers temps, lui a toujours réussi. Le Président de la FIFA, M. Sepp Blatter ne l'a-t-il pas reconnu à maintes reprises, en réaction aux propositions de la Commission européenne tendant à faire réformer complètement le fonctionnement de ce système actuellement en vigueur, jugé contraire aux dispositions de droit communautaire européen.( http://fr.sports. Yahoo.com/000901/1/mblz.html).

Le transfert est, aujourd'hui, un thème inépuisable de discussions et de réflexion. Que l'on parle de fédérations internationales, continentales ou nationales d'automobile, de base-ball, de basket, de cyclisme, de football, de hockey, de ski ou d'autres sports de cette envergure, qu'il soit question du système de marketing des ligues de football et ou des clubs sportifs en général, de la puissance financière des équipes sportives ou de certains sportifs, individuellement, de la une de certains quotidiens relayant à longueur des journées les événements sportifs ou des dossiers déchirants les clubs, des fusions et acquisitions dans le monde sportif, sans cesse revient la question de transfert des joueurs. Ce n'est pas là une simple question de mode.

Les problèmes posés par l'existence et le fonctionnement du système de transfert des joueurs de football sont l'occasion, ces derniers temps, de débats, souvent âpres et bien pertinents. En fait, la commission européenne considère le système en vigueur des indemnités, de plus en plus mirobolantes, de transfert comme dégradant pour les joueurs et inhumain pour les plus jeunes d'entre eux, jetés à la rue quand ils ne promettent pas de juteuses plus-values financières. Pour la Commission, les footballeurs doivent être régis par la loi commune voulant qu'un travailleur en contrat à durée déterminée puisse le rompre quand il le désire contre versement d'une indemnité égale au montant des salaires qui lui resteraient à percevoir à la date de la résiliation. Cependant, face aux critiques des commissaires européens jugeant scandaleuses les pratiques actuelles du football où les joueurs sont traités en marchandises, le Président de la FIFA Joseph Sepp Blatter a prédit « la fin des indemnités exorbitantes de transfert ». Mais, le sport bénéficie d'un large soutien de certaines autorités politiques.

1. 1. L'INTERVENTION DES POLITIQUES :

Le football business compte toujours sur son allié et fidèle milieu politique. Malgré la pression de l'Union européenne sur les instances du football envue de modifier le système des transferts des joueurs, celles-ci n'ont pas perdu leur vieux réflexe de solliciter l'appui des autorités politiques de la même union. Mais, l'unanimité dans la manière d'aborder le sujet est loin d'être acquise. C'est ainsi qu'à côté du soutien ouvert et déclaré des autorités politiques allemande et britannique, on peut aussi noter la prudence remarquable du Ministre français de la Jeunesse et du Sport.

1.1. a. LA DECLARATION DE SOUTIEN AU SYSTEME DES TRANSFERTS.

Et surprenante semble demeurer la déclaration commune du Chancelier allemand et du Premier Ministre anglais ci-après reproduite : «  Le football professionnel jouit dans nos deux pays d'une fière tradition. Tous les clubs sont profondément enracinés dans leurs villes d'origine, et les habitants sont, tous, fiers de `leur' club. Le football est source d'enthousiasme. Les fans s'identifient avec leurs clubs. Nous ne voulons pas que cela change. La Commission européenne n'est pas d'accord avec le système de transfert et les modalités des contrats de travail actuels dans le football rémunéré. Dans la perspective de la libre circulation des travailleurs, elle envisage des modifications de ce système auxquelles les clubs sont opposés. Le système existant n'est certainement pas parfait. Nous craignons cependant qu'une réforme radicale ait des effets négatifs sur la structure du football européen. Nous nous faisons du souci en particulier pour les petits clubs dont l'existence risque d'être menacée. C'est pourquoi nous pensons qu'il faut trouver une solution qui tienne compte des intérêts justifiés tant des joueurs que des clubs et des fédérations. Naturellement, nos fédérations de football doivent présenter des propositions alternatives à la Commission. Nous nous réjouissons que la Commission leur ait accordé le temps nécessaire. Nous nous félicitons du fait que la Commission soit prête à coopérer avec les représentants du football pour trouver une solution qui puisse satisfaire tout le monde. Nous sommes prêts à apporter une aide dans la recherche de solutions. Les clubs ont besoin d'une sécurité de planification pour la promotion des jeunes footballeurs et pour la constitution de leurs équipes. Ils ont besoin d'un système qui garantisse un équilibre sain et donne des chances égales à tous. Nous espérons que la Commission tiendra compte de la situation particulière dans le football professionnel dans la recherche d'un règlement du système de transfert. »( Gerhard Schröder et Tony Blair, Communiqué n° 425).

1.1.b. LES RESERVES PRUDENTES DES FRANCAIS.

Pareillement, madame Buffet» (2000), Ministre français de la Jeunesse et des Sports, et présidente en exercice du Conseil des ministres européens du Sport s'est montrée prudente en se prononçant à la fois contre le statu quo et contre une déréglementation hâtive du système des transferts dans le football. « Je crois, dit-elle, qu'un statu quo dans ce domaine (des transferts) serait inacceptable. Je crois tout autant qu'il serait préjudiciable de supprimer le système existant sans en avoir évalué toutes les conséquences au plan sportif...Je partage l'exaspération de la Commission quant au montant indécent de certaines indemnités de transfert. Je suis convaincue qu'il faut substituer au système actuel un régime indemnitaire fondé sur une base économique et sportive réelle. Je crois aussi qu'il faut protéger les mineurs contre des transactions commerciales abusives ».

Toute cette rhétorique autour du transfert renseigne ne serait-ce qu'en partie les enjeux d'un secteur qui donne assez de souffle aux clubs et aux fédérations sportifs. Loin pour nous l'audace de trancher une question aussi complexe qu'elle n'apparaît, et où les aspects positifs et négatifs n'en présagent pas, en tout cas, la disparition immédiate. A mieux interpréter la définition du transfert, l'on s'aperçoit tout de suite que le système passe pour une étape inhérente au football. Ce débat passionne autant qu'il empoisonne parfois les relations entre autorités politiques et sportives. L'Afrique, pourtant plus que jamais concernée, semble s'en être volontairement écartée.

1.2. LE MUTISME AFRICAIN.

Alors que l'actualité sur le changement ou non de l'actuel système des transferts fait la chronique de la quasi-totalité des informations sur le football ces derniers temps, l'Afrique n'a pas toujours réagi. Cela est d'autant plus surprenant que ce continent, bien que doté de jeunes

talentueux, subit encore d'énormes discriminations au niveau du coût du transfert d'un de ses ressortissants de l'Afrique vers l'Europe. Il est donc temps que tous ces problèmes fassent connaître aussi le point de vue du continent noir.

Paragraphe 1. Définition du transfert.

Pour mieux comprendre ce qu'est le transfert des joueurs de football, nous empruntons la terminologie qu'en ont forgée les instances dirigeantes de ce sport. Dans le jargon footbalistique, c'est au sommet de la hiérarchie de la discipline qu'apparaît le concept. La FIFA ( 1999) règle, à son article 34 l'opération de transfert. Cet article, relatif aux attributions de la Commission du statut du joueur, dispose que celle-ci a notamment pour mandat de donner préavis, à l'intention du Comité exécutif, sur l'interprétation des dispositions statutaires et réglementaires ayant trait à la qualification, au statut ou au transfert des joueurs. Charte constitutive de l'institution du football mondial, les statuts de la FIFA n'ont pas défini le transfert, au tour duquel, pourtant, se conçoit toute la dimension de l'internationalisation du football.

En revanche, le règlement de la FIFA concernant le statut et les transferts des joueurs, qui pose le principe de transfert sans le définir non plus, a, néanmoins, le mérite de brosser le cadre du déroulement de cette opération et d'en préciser la nature. Il prévoit que les joueurs peuvent quitter leurs associations nationales respectives pour aller jouer dans des clubs de football affiliés à d'autres associations nationales.

Mais la définition claire, précise et synthétique nous est proposée par l'Union royale belge des sociétés de football association, URBSFA, dans son règlement y afférent. Selon elle, « un transfert est l'opération qui permet à un affilié affecté d'obtenir un changement d'affectation ou une qualification temporaire pour un autre club ».

( Urbsf, 1996, p.1). Dans ce passage d'une association nationale vers une autre, le certificat international de transfert est la condition sine qua non (FIFA, 1997). L'acquisition des joueurs occasionne des dépenses, tout comme leur vente fait rentrer d'importantes sommes dans la caisse et l'économie du club. Le coût peut même être important.

1.1. Le coût du transfert des joueurs.

En établissant que les transferts, dont elle permet la réalisation à toutes les fédérations et autres associations de football, sont des contrats économiques (Article 5, alinéa 2, du règlement), la FIFA a ainsi institué la nature marchande de l'opération. Il suit que la faculté qu'a le joueur d'une équipe affiliée à une fédération nationale de football donnée d'évoluer désormais dans une autre équipe, elle-même affiliée à une autre fédération nationale, a des incidences financières certaines, mais dont l'ampleur vient de connaître une ascension spectaculaire ces derniers temps. A ce propos, et parlant du marché d'été français de vente et d'achat des joueurs, TELO Laurent (2000) écrit dans le journal sportif français, l'Equipe que « le cours du joueur est encore plus élevé que l'année dernière. Les prix deviennent excessifs. »

Les clubs de football se servent du transfert pour recruter leurs joueurs. La recherche de meilleurs talents n'épargne aux clubs aucun coin du monde. Les rares espèces, pure race d'ébène se vendent à grand prix. Aussitôt, sur la montée graduelle des montants des transferts, les observateurs et analystes s'inquiètent du phénomène : « Les transferts ont toujours existé. Mais, en l'an 2000, une nouvelle ère s'ouvre. Celle de la surenchère, des tentations. » ( Thibert Jacques, 2000).

Actuellement, le mot transfert rime avec «millions », comme l'indique le titre évocateur de cet article «foot...le retour des crampons et des millions » (HENNION Blandine, 2000), de sorte que malgré l'aspect mirobolant ou exorbitant des indemnités qui en découlent, cette opération ne reste pas moins une cheville huilée qui fait tourner à merveille la roue principale de toute présence à l'étranger des équipes et clubs de football. Au temps fort des procès entre l'Urbsf, le FC Liège et M. Bosman, la première souligna à maintes reprises que le système de transfert était «la pierre angulaire de la structure qui règle le football » (Blanpain Roger, 1996, p. 17).

Cela se confirme chaque jour. Aucune équipe ne pourrait, si vraiment elle se voulait professionnelle et compétitive, s'en passer. L'entrée des investisseurs dans le monde du football business n'a fait qu'amplifier la capacité des équipes de football professionnel de se doter de meilleurs joueurs. Une véritable stratégie d'acquisition se développe au sein des clubs, même les moins réputés. Ces derniers, eux, servent dans la plupart des cas à procéder au recrutement des joueurs et d'en assurer la revente auprès des plus professionnels. Ils sont considérés comme des pourvoyeurs incessants de grands clubs de football. Cependant, bien que marché florissant, il vaut la peine de signaler que le transfert est tributaire du degré de développement du football ; lui-meme dépendant de beaucoup d'autres facteurs, notamment politique, économique, social et culturel. En Afrique, il est rarement source d'entrées, la billetterie, les subventions et les dons étant toujours les sources ordinaires des recettes des clubs.

1.2. Le Transfert des joueurs dans le football africain.

Le système de transfert est un marché bien structuré par les organisations sportives. Il est donc régi par la combinaison de la réglementation de la FIFA et celle de chacune des confédérations continentales qui en sont membres.

Si, en Afrique, les règlements de la Confédération africaine de football, CAF, et ceux de chacune des fédérations nationales assurent la régulation de ce système, il ne faut pas cependant oublier que le marché des transferts est souvent extraverti et surtout réalisé par des responsables des équipes et des fédérations de manière frauduleuse, à telle enseigne que les indemnités de transfert ne profitent pas vraiment aux équipes auxquelles avaient appartenu les joueurs ainsi transférés.

En République Démocratique du Congo, les transactions des transferts illicites, et à l'issue desquelles l'Etat est gravement floué, sont fréquentes et, malheureusement difficiles à arrêter. Nous en voulons pour preuve, cette information rapportée par le journal L'Avenir, quotidien kinois, relative aux joueurs congolais, autrefois transférés dans le club belge de Lokeren. «De source bien informée, on apprend que trois congolais, en l'occurrence MP, JL et PM se sont présentés au siège du Football Club Lokeren, formation évoluant en première division en Belgique, pour essayer de finaliser le transfert du joueur Bwayi Kidoda, sociétaire du FC Union Bilombe de Kinshasa, dont ils passent pour managers. Le président du club belge a naturellement renvoyé les trois congolais régler leur contentieux ailleurs, question qu'ils se mettent d'accord avant de revenir à lui. On ne sait pas jusque-là le nom de celui qui a retiré l'argent de Bwayi. » (L'Avenir du 09 décembre 1999).

Même si, sur le continent, le football de haut niveau tend à s'aligner sur le modèle européen dominant, hyper professionnel, c'est d'abord le sport le plus populaire et le plus pratiqué dans toute l'Afrique.

Comme en Europe, le football y est d'abord une passion d'enfants et d'adolescents pour le jeu sans contraintes, dans les rires et les cris, une façon de vivre et de tuer le temps à la manière du jeune sénégalais du film de Christine Eymerie (Le Voyage de Baba). Changent les conditions d'exercice. D'un côté, stades avenants, pelouses tracées et roulées, cages pourvues de filets, tenues réglementaires et vestiaires propres ; de l'autre, terrains vagues, caillouteux et poussiéreux, aux limites incertaines vite débordées par le public, aux buts rafistolés, où l'on jongle et dribble pieds nus ou avec une seule chaussure. Les fous de ballon jouent des heures, jusqu'à épuisement, passant d'un match à un autre. C'est là, dans le football des quartiers, que se trouvent les pépinières de virtuoses africains. Le ghanéen Anthony YEBOAH, l'une des stars du club anglais Leeds United, se souvient que, lorsqu'il avait une dizaine d'années, il lui est arrivé de jouer six matchs dans la même journée, jusqu'au soir, allant d'une équipe et d'un quartier à l'autre (Afrique Football, 1995, p. 27).

1.3. Football business : l'Afrique vidée de ses meilleurs éléments.

Les plus doués se retrouvent très tôt dans les équipes nationales cadets, celles où l'Afrique brille le plus et s'impose dans les coupes mondiales et les tournois internationaux réservés aux moins de dix-sept ans.

Les chasseurs de têtes des riches clubs européens viennent y faire leur marché, se livrant de plus en plus ouvertement à un pillage des jeunes talents africains, pour le plus grand profit de leurs acquéreurs.

A eux, s'ajoute une autre espèce, locale, mais plus dangereuse, car elle est imprévisible dans les transactions sur les transferts des jeunes africains, y compris les mineurs d'âge. Témoin, le Nigérian Nwankwo Kanu, actuel sociétaire du club anglais d'Arsenal, champion d'Europe des clubs en 1995 avec l'Ajax d'Amsterdam, qui l'a recruté à seize ans relate: «  Au cours de la Coupe du monde cadets au Japon, en 1993, j'ai littéralement été assailli par des imprésarios venus de toute l'Europe. J'ai compris que je devais saisir ma chance, et j'ai opté pour l'Ajax. » (Afrique Football, 1995, p. 40).

«  Aujourd'hui, 342 joueurs professionnels africains, davantage qu'il n'y en a rassemblés en Afrique du Sud pour la phase finale de la CAN, jouent dans des clubs européens (dont 90 en France) : 54 Nigérians, 36 Ghanéens, 31 Zaïrois, 24 Algériens, 19 Camerounais, 13 Libériens et autant d'Angolais (La Gazetta dello Sport, 1997). Sans compter ceux qui vont finir leur carrière près des pétrodollars du Proche-Orient. Dans de nombreux pays, c'est une bonne partie de l'élite qui a émigré ; au Zaïre et au Cameroun, c'est la moitié de l'équipe nationale ; davantage encore dans ceux ravagés par les conflits internes : les deux tiers des équipes nationales du Liberia, de la Sierra Leone, d'Angola, mais aussi de celle du Ghana. Car, pendant la guerre civile, le spectacle continue : championnat national et rencontres internationales.

En 1994-1995, l'équipe d'Algérie en a disputé vingt, celle du Liberia, douze, celle de la Sierra Leone, seize, celles d'Angola, du Mozambique et de la République Démocratique du Congo (ex- Zaïre), respectivement, dix, douze et quatorze. L'équipe de la Jeunesse sportive de Kabylie a gagné à Alger, en décembre 1995, la finale de la Coupe d'Afrique des clubs vainqueurs de coupe. Ce décor peint, d'une manière à peine voilée, la dure bataille que se livrent des personnes informées à l'annonce des élections à la tête des fédérations nationales, continentales et internationale de football.

1.4. Football business : l'Afrique victime de sa pauvreté matérielle.

Signe de dépendance, l'Afrique ne retient pas plus ses sportifs que ses cerveaux ou ses richesses naturelles. Comparés à l'Europe, les moyens des clubs et fédérations sont dérisoires. A niveau égal, la rémunération des joueurs y est dix à vingt fois inférieure, quand elle est perçue. Et même, il arrive qu'ils fassent l'avance ou paient de leur poche les frais de déplacement. Un seul match de Coupe d'Europe du Real de Madrid rapporte davantage à la Fédération européenne de football (l'UEFA) que toutes les compétitions organisées dans une année par son homologue africain, la Confédération africaine de football (CAF). (Afrique Football, décembre 1995).

Les financements privés sont limités aux retombées commerciales que sponsors et mécènes peuvent en attendre, c'est-à-dire peu de chose sur des marchés squelettiques. Quant au financement public, il s'est encore raréfié avec la généralisation des plans d'ajustement structurel.

Enfin, privé ou public, en Afrique comme en Europe, l'argent du football est trop souvent détourné par des responsables et intermédiaires professionnels de l'escroquerie. ASEC Mimosa d'Abidjan, Orlando Pirates " de Soweto, Petro Sport de Port Gentil, Petro Atletico de Luanda, restent les exceptions : l'or des mines ghanéennes, en pays Ashanti, a assuré la prospérité de l'équipe des Gold Fields d'Obuasi ; comme le tourisme celle de l'Etoile sportive du Sahel, à Sousse, en Tunisie; les compagnies pétrolières, là où elles sont installées, financent " leurs " clubs, comme Petro Sport de Port Gentil, Petro Atletico de Luanda, et l'armée, un peu partout, entretient les siens sur le modèle de l'équipe des Forces armées royales (FAR) marocaines. Ailleurs, ce sont les supporters actionnaires qui apportent les fonds, comme à l'ASEC Abidjan, en Côte-d'Ivoire, Vita Club, Motema Pembe (Daring Club) et Dragons de Kinshasa.

Quoi qu'il en soit, le transfert reste une des plus importantes opérations qui permettent aux clubs de football de s'approvisionner en joueurs, leurs matières premières. Un bon transfert par l'acquisition des joueurs talentueux pourrait constituer le point de départ de la fortune d'une équipe qui ne se classait pas au départ parmi les clubs les plus riches. Cela suppose que le club est capable de revendre ses meilleurs joueurs à des prix alléchants.

1.5.a. Transfert : Source d'approvisionnement des clubs en matières premières.

Certes, « le sport (passif) et la pratique sportive servent tout d'abord à des fins ludiques ou compétitives, répondent à des besoins d'entraînement physique, de santé, de détente ou sont simplement destinés à la socialisation et au divertissement (caractéristique constitutive du terme) (Rahmann et al., 1998), Heinemann (1995), Hofmann., Weber et al. (1995).

Mais, d'un point de vue micro-économique, il est évident que le sport est soumis aux lois économiques, d`une part, parce qu`il satisfait des besoins des individus et, ainsi, leur apporte de l`utilité, d`autre part, parce qu`il consomme des ressources rares soumises à usages alternatifs (Büch, 1996, p. 23). La pratique sportive elle-même a donc la valeur d`une activité économique, voire d'un acte de consommation«(Andreff W, 1999, p.135).

C`est là qu`il faut signaler la naissance dans le sport de la nécessité du transfert. La demande s`est par la suite avérée croissante en raison des retombées dont bénéficiaient les clubs qui y recouraient. Cette demande est, aujourd`hui à l`origine de véritables marchés du sport où elle rencontre une offre diversifiée et spécialisée et où les préférences des agents économiques sont révélées en prix et quantités.

C`est ce que reflètent les tableaux ci-dessous, à travers lesquels, il se dégage clairement que les clubs, moyennement ou réellement riches sont assez présents ces derniers temps sur les marchés bondés de facteurs de production d`Afrique et d`autres pays en développement comme ceux d`Amérique Latine, pour procéder à bas prix à l`achat de nouveaux talents, qu`ils finissent par revendre à des coûts paradoxalement élevés.

«  En effet, en Amérique du Sud et en Afrique, le degré d`organisation du football est le plus faible, si l`on considère le rapport entre le nombre de personnes pratiquant ce sport et le nombre de licenciés, enregistrés et organisés dans des clubs. Cette masse des pratiquants encore plus lorsqu`ils sont encadrés forme les soubassements sur lesquels s`édifie le spectacle-entreprise football. » (Charles André UDRY, 1998).

Toutes les institutions dirigeantes de football savaient que pour que ce business prospère, il faudrait qu`il gagne des parts de marché.

Ci-après, les chiffres dressant la situation des pratiquants du football dans le monde.

TABLEAU I. LES FOOTBALLEURS DANS LE MONDE.

CONTINENT

TOTAL LICENCIES

AUTRES

TOTAL

Europe

21.522.044

6.082.427

27.604.471

Amérique du Sud

2.164.190

18.134.000

20.829.383

concacaf

21.924.449

8.383.502

30.307.951

Afrique

2.164.190

4.599.495

6.763.685

Asie

58.773.646

17.146.392

75.920.038

Océanie

684.993

235.867

920.860

TOTAL

107.764.705

58.581.683

162.346.388

TABLEAU II. LES FOOTBALLEURS PROFESSIONNELS DANS LE MONDE.

CONTINENT

NOMBRE

POURCENTAGE

Europe

22.958

52,8

Amérique du Sud

11.386

26,2

Concacaf

4.805

11

Afrique

846

1,9

Asie

3.515

8,1

Océanie

0

0

TOTAL

43.520

100

Source des tableaux: EPS, Paris, novembre décembre 1997.

Les chiffres ainsi établis devraient connaître une légère modification, mais qui, dans l'ensemble serait loin de renverser le poids de chaque continent.

Les transferts s'effectuent sur base du nombre des pratiquants licenciés à l'échelon international. Ici, les joueurs professionnels, pointe de l'iceberg, sont la cible des visées marchandes et commerciales des clubs les plus riches.

Sachant que l`Afrique et l`Amérique du Sud, y compris l`Asie, cette dernière, à cause du fait qu'elle n'a encore véritablement pas connu l'enthousiasme populaire du football, renferment d'énormes jeunes joueurs au talent qui n'a point besoin de démonstration pour s'affirmer aux yeux du monde, les équipes s'y approvisionnent sans beaucoup de difficultés. Le transfert permet ainsi aux clubs bénéficiaires de se faire adjoindre les services des joueurs, en vue de l'amélioration de leurs performances, certes, mais aussi de l'accroissement de leur profit.

Le Figaro économie du 8 juin 1998 affirmait dans ce sens que « les joueurs représentent en quelque sorte les actifs[ au sens des actifs d'une entreprise] d'une équipe et que pour maîtriser la revente , l'âge du joueur est également un élément important ». Cette poignée ne se compte pas par milliers. Ils s'agit plutôt des joueurs qui assurent la possibilité à leur club de se placer dans les tournois européens rentables. Ceux qui sont aptes à être vendus en dégageant une plus-value maximale.

On retiendra avec UDRY qu'il s'agit des joueurs « qui, par leur productivité sportive, attirent sponsors et spectateurs- supporters. Ainsi, ils permettent de faire du chiffre d'affaires et de délivrer une bonne marge bénéficiaire.

Certes, le Professeur Késenne Stefan (1999, p. 2) a raison de penser que les clubs européens recherchent plus du succès que le profit, cher aux clubs sportifs américains, cependant, la logique du profit a, de plus en plus, tendance à faire battre en retraite le sain mobile de succès, sans prétendre l'écarter.

Dans cette optique, le transfert ou l'acquisition des joueurs rassure les clubs. c'est « un investissement qui rapportera un profit ». (The Economist, juin 1998).

Cet investissement est devenu le cheval de bataille de certains clubs européens considérés comme faisant partie des plus riches.

TABLEAU III. LES CLUBS EUROPÉENS LES PLUS RICHES SELON LE CHIFFRE D'AFFAIRES 1997 EXPRIMÉ EN MILLIONS DE FRANCS FRANÇAIS.

.

CLUBS

CHIFFRES D'AFFAIRES

BENEFICES

Manchester United

620

+150

FC Barcelone

500

+40

Bayern Munich

480

+40

Juventus de Turin

480

+30

Real Madrid

440

+25

Milan AC

440

-150

Borussia Dortmund

400

+40

Inter Milan

380

-80

Newcastle United

380

-180

Parme

350

-15

Glasgow Rangers

320

+35

Paris-Saint-Germain

300

+25

Atletico Madrid

280

-100

Ajax Amsterdam

250

-20

As Monaco

240

-20

Source : Capital, septembre

1997

Ce classement a subi une légère modification, comme le renseigne d'ailleurs celui qui suit.

TABLEAU IV. LES 15 RICHES CLUBS D'EUROPE SUIVANT LES REVENUS'98/99 EN MILLIONS DE DOLLARS

CLUB

REVENU

Manchester United

165

Bayern Munich

118

Real Madrid

100

Barcelone

98

Chelsea

88

Juventus de Turin

83

Milan AC

77

Borussia Dortmund

76

Arsenal

72

Lazio de Rome

72

Inter de Milan

70

Liverpool

67

New Castle United

66

Parme

63

Tottenham

63

Source : Deloitte et Touche, Press reports, the clubs, reprise dans Time du 5 juin 2000, p. 52.

1.5.b. Commentaires.

D'une manière générale, les joueurs d'un peu partout s'engagent dans une mobilité internationale vers les clubs européens où le football est une activité professionnelle rentable. Du coup, au lieu d'attendre qu'ils soient toujours sollicités, ces clubs prennent de plus en plus, eux-mêmes, le devant en veillant à engager le plus de meilleurs possibles. Plusieurs raisons peuvent expliquer cet état de chose.

1.5.b.1°. Les clubs à la recherche des matières premières pour accroître leurs profits et leur succès.

Pour justifier la multinationalisation de l'économie, les éditions Robert Laffont-Gramont (1975, p. 62), expliquent que c'est la recherche du profit qui en est la cause. Elles admettent par ailleurs que la loi la plus fondamentale qui régit le mouvement des capitaux industriels, commerciaux ou bancaires est celle de profit. Or, le capital investi directement dans la production, sous forme d'usines, de machines, de matières premières ou de salaires, est évidemment à la source de tous les profits, dans la mesure où la quantité de travail humain contenu dans la marchandise détermine son prix, et où ce prix est supérieur à la somme d'argent dépensée par l'entrepreneur pour produire cette marchandise. Mais, pour produire ce profit, l'entrepreneur doit vendre ses marchandises, c'est-à-dire les transformer en argent. Est-il correct de comparer l'achat, la production et la transformation des marchandises par des entreprises multinationales au-delà de leurs frontières aux opérations d'achat et vente, en dehors de leurs frontières, par des clubs de football, des joueurs qui, à priori, ne sont pas des marchandises ? Là est posée une question d'éthique, mais qui établit simplement une analogie fort usée par les nouveaux acteurs de l'internationalisation dans le secteur sportif.

Toutefois, il sied de le mentionner, à l'heure actuelle, le joueur est assimilé à une marchandise. Il est donc considéré comme un facteur de production dont l'utilité marginale augmente du jour au jour. En droit cependant, une forte controverse pourrait un jour éclater au sujet de la nature exacte de l'homme-joueur dans le contrat de transfert. Mais, l'organisation du football, se fondant sur la spécificité de celui-ci, a dû concevoir pareille situation qu'il n'est plus question d'abandonner, mais bien plutôt de parfaire.

Bien plus, disions-nous, la conquête du succès n'est pas absente dans les multiples transferts internationaux des joueurs, par les équipes de football européennes. En effet, les compétitions nationales et internationales mettent aux prises plusieurs clubs qui courent, chacun, après le titre en jeu. Lorsqu'on sait brandir ses nombreux titres, médailles et coupe, certes, la renommée de ce genre attire du respect et des égards. Les clubs européens, savent ainsi, que l'acquisition ou la conservation des trophées est une épreuve de haut niveau qui laisse au passage sacrifices et dépenses que seul le choix de bons joueurs pourrait faire vite oublier.

De là, plus rien n'étonnerait la course que se lancent ces clubs de football européens pour se payer des joueurs à l'étranger, surtout en raison du fait que là, ils coûtent moins chers, mais une fois acquis, ils relèveraient le niveau de l'équipe et, qui plus est, pourraient être revendus à des prix d'or. L'exemple de réussite des clubs qui alignent des bons joueurs, achetés souvent à l'étranger, fait qu'il est rare de voir un championnat national européen replié sur les seuls européens. Chaque année, les nouvelles saisons démarrent toujours sur des informations, du reste, confirmées, relatives aux nouveaux venus.

Cependant, les montants de leur achat n'apparaissent que quand ils semblent être exagérés ou font dépendre le succès annuel attendu de l'équipe de ses recrues. Dans ce contexte, les nouveaux joueurs deviennent objet, alors d'attention tous azimuts, et des spectateurs, toujours exigeants, et des sponsors, avides d'expansion de leur bonne image et sans doute du club lui-même. L'exemple du championnat belge que nous donnons ci-après corrobore les affirmations ainsi émises.

TABLEAU V. APERÇU GÉNÉRAL DES TRANSFERTS EN BELGIQUE( SAISON 2000-2001)

CLUBS
ACQUIS CEDES
Alost

Hillaerts(V.Denderhoutem)
Mrvaljevic(Spartak)
Mojovic(Anvers)
Rigaux(Lens)
Jakobia(Wezet)
VanAudenaerde(St-Denis)
Daelmans(Lommel)
Etchi(Lens)
Vanden Berghe(FC Bruges)
DeKeyser(Lierse)
Miceli(LeHavre)

Milosevic (Digenif Nicosia-Cyp)
Claeys (Lierse)
Davy Cooreman (Beitar Sheba-Isr)
Van Steenberghe (La Louvière)
S. Cooreman (G. Beerschot)
Van der Heyden (Cl.Brugeois)
Vergeylen(Roeselaere)
Grommen(Denderleeuw)
Daelmans(Lommel)
De Oliviera (Dyn Zagreb, Cro)
Mukanya (Beitar Sheba, Isr)
Hanssen(Tromsö,Nor)
Cosimo Sarli(retour Italie)

Anderlecht

Vanderhaeghe (Mouscron)
Hasi(Genk)
Ilic(ClubBrugeois)
Pirard(LaLouvière)
Peersman(Beveren)
Dindane(Abidjan,Ivoirien)
Pierre(Standard)
Anastasiou(Roda,P-B)

Zetterberg(Olympiakos)
Stassin (Bor. Mönchengladbach-All)
Scifo (Charleroi) Meert (Saint-Trond, via Maastricht) Mampuya (Genk)
Sonko(Roda,P-B)

Antwerp


Peelman(Lierse)
Karel D'Haene (Waregem)
Bernt Evens (Maasland)
Tony Sergeant (Deinze)
Kris Mampaey (Dunfermline)
Furo(Sion,Sui)
Mertens (St-Trond) Seol Ki-Hyeun (Kwang Woon University, Corée) Mertens(St-Trond)

Pivaljevic (FC Cologne, All)
Rade Mojovic (Alost)
Geert Emmerechts (Roeselare)
Mucher(Hamme)
Laurent Dauwe (RC Gand)
Rami Maimon (Hapoel Haïfa, Isr)
Clegg (retour Manchester U'ted)

Beveren

Thans(Westerlo)
Capidis(Strombeek)
Sandro Da Costa (Alianza, San Salvador)
Agnaldo De Oliveira (Alianza, San Salvador)
Renato De Oliveira (Caxia Porto Alegre, Bré)

KhalidFouhami(Dinamo Bucarest,Rou)
Junior Guimaraes (Alianza, San Salvador)
Lee SangLee(Coongang University, Cor)
Omar Rios(Arasatuba, Bré)
Gonzalo Rodriguez (Arasatuba, Bré)
O. Suray (Adanasport, Tur)
Kilimci (Galatasaray, Tur)
Ikizdere (Galatasaray, Tur)
Gônülagar (Galatasaray, Tur)
Capandoglu (Besiktas Ist)

Peersman(Anderlecht)
Dhont(Germinal Beerschot)
Van Den Eede (Den Bosch, P-B)
Scalia(LaLouvière)
Imagbudu(Strombeek)
Tarachulski(Varsovie-Pol)
Jimmy Smets (Irik. Salonique)
Flies(Mons)

FC Bruges

Ebou Sillah (retour d' Harelbeke)
Stijnen (Hasselt)
José Duarte (Anapolina-Brésil)
Peter Van der Heyden (Alost)
Simons(Lommel)
Nemec(Mura-Slo)
Schockaert(St-Trond)
Josip Simic (Dynamo Zagreb-Cro)

Vande Walle (entraîneur des gardiens à La Gantoise)
Borkelmans (La Gantoise)
Ilic (Anderlecht)
Deflandre (Lyon)
Joachim Van Holm (SV Roeselaere)
Wellens (Zulte)
Van den Berghe (Alost)
Da. Mitrovic (Westerlo)
Denijs (La Gantoise)
Fadiga (AJ Auxerre-Fra)

Charleroi

Emmanuel Petit(Mons)
Scifo(Anderlecht)
Foguenne(La Gantoise)
Vangronsveld(RC Genk)
Dias, Remacle (Standard)
Bisconti(Standard)

Alexander Kaklamanos(La Gantoise)
Ouedraogo (FC Cologne, All)
Albert(arrêt)
Romaniuk(Lodz, Pol)

Racing Genk

Thijs(Standard)
Thomas Chatelle (La Gantoise)
Jan Moons et Wesley Sonck (G. Beerschot)
David Paas et Kaku (Harelbeke)
Fritz Emeran (FC Malines)
Akran Roumani (MAS de Fes)
Mike Mampuya (Anderlecht)
Zokora (ASEC-Côte d'Ivoire)

Hasi (Anderlecht)
Vangronsveld(Charleroi)
FerencHorvath(Cottbus)
Johannes Gudjonsson(RKC Waalwijk-P-B)
T. Gudjonsson (Las Palmas, Esp)
Ilir Caushllari (Ingelmunster)
Nsumbu(Geel)
Vanhees(Geel)
Pereira(Tirlemont)
Olivieri(LaLouvière)

La Gantoise

Peeters(Bielefeld-All)
Borkelmans(ClubBrugeois)
Cipi(Maribor-Slo)
Laamers(Harelbeke)
Denijs (retour Club Brugeois)
Hossam (Zamalek, Egypte)
Mudingayi et Capilla (Union)
Olcese (Cristal Lima,Per)
Kaklamanos (Charleroi)
Holsen (Cristal Lima, Per)
Verbrugghe (SV Roulers)

Dauwen(Westerlo)
Thomas Chatelle (RC Genk)
Van Handenhoven(Metz)
Foguenne(Charleroi)
Aarst (Standard)
Dragutinovic(Standard)
Vandervee(Geel)
Szekeres (Energie Cottbus, All)
Burgio(Maasmechelen)
G.Roussel(Heppignies)

Germinal Beerschot

Dhont(Beveren)
Knezevic(AdelaideCity)
Huysmans(Lierse)
Van de Weyer(Lierse)
Moumouni Dagano (Etoile fil, BurkinaFaso)
Boldizar Bodor(Pecs, Hongrie)
Lendvaï(Geel)
S.Cooreman(Alost)
Sbaa(Union Namur)
Da Silva (Tombense, Bré)
Machado (Leopoldina, Bré)
Bodor (Pecs, Hon)

Moons(Genk)
Sonck(Genk)
Verbist(Ajax)
Hofmans(arrête)
Smidts(FCMalines)
Leonardo Da Silva (Den Haag, P-B)

Harelbeke

Nottebaert (La Louvière) Geeroms (Denderleeuw)
Camara(Guinée)
Frans(Westerlo)
Sas (Dessel Sp.)
Lachambre(RWDM)
Barbé(Charlton Ath)
Ernest Konon (Club Brugeois)

Paas (Racing Genk)
Ebou Sillah (Club Brugeois)
Vandoorne(Mouscron)
Kaku(RacingGenk)
Laamers(LaGantoise)
Dhoore(retour FC Bruges)
Meilag et Hameg (doivent partir)

La Louvière

Yousfi(SKRoulers)
Yves Buelinckx (RWDM)
Missé-Missé(Ethnikos,Gre)
Proto(Couillet)
Jan Van Steenberghe (Alost)
Eric Scalia (Fréjus, Fra)
Alain Haydock (RWDM)
Johnny Lebegge (FC Malines)
Olivieri(LaLouvière)
Toni Scoazzari(Gilly))

Nottebaert(Harelbeke)
Bettagno(RTFCL)
Pirard(Anderlecht)
De Schrijver (Denderleeuw)
Mokabila (Francs Borains)

Lierse

Pepa (Benfica, Por)
Vanderstraeten (Maritimo, Por)
Claeys (Alost)
Van Dooren (Mouscron)
Veretennikov (Volgograd)
Axel Smeets (Sheffield U'ted)

Nys et Zdebel (Genclerbirligi-Tur)
Peelman (Antwerp)
Van de Weyer (G. Beerschot)
Huysmans (G. Beerschot)
Huistra (RBC,P-B))

Lokeren

Helgason (Stavanger-Isl) Gretarson (AEKA Athène-Gre)
Vanic (Albacete, Esp)
Kristinsson (Lillestrom)
Coulibaly et Ouattara(Côte Ivoire)
Samlegu (Guinée)
Mamale (Kaiser Chiefs, AFS)

Budka (FK Jablonec-Tch)
Kozak (FC Kosice-Slo)
Penicka (transfert libre)
Majdov (Sibenik, Mac)
Van Geneugden (Geel)
Mitrovic (HT Gorica)
Nikcevic (Mura, Slo)
Boeka-Lisasi (Westerlo)

FC Malines

Geebelen (Maasland)
Ferket (Kapellen)
Masachiro Endo (S-Pulse-Jap)
Hermansen (Lyngby-Dan)
Meeusen (Geel)
Guadaloupe (Universitario-Perou)
Del Solar (Universitario-Perou)
Dierickx (St-Trond)
Thijs (Heusden-Zolder)
Smidts (G. Beerschot)

Emeran (RC Genk)
Lebegge (La Louvière)
Koulitchenko (CSKA Moscou)
VandenBroeck (Roda JC) Tom Peeters (Sunderland)
K. Vermeir (Hamme)
Smolders (Stade Louvain)

Mouscron

Cleiton Rodrigues de Souza (Denderleeuw)
Crv (Maasland)
Vandoorne (Harelbeke)
Duynslaeger (Roeselaere)
Ladon (retour du Cercle Bruges)
Mitrovic (Westerlo)
Deman (Lierse)
Van de Weyer (Lierse)
Lachambre (RWDM)
Grégoire (RTFCL)
Bakadal (Grenoble, Fra)
Jestrovic (Metz, Fra)

Vanderhaeghe (Anderlecht)
Tanghe (FC Utrecht-P-B)
El Idrissi (Santa Clara Portugal-Por)
Wuyts (La Louvière)
Vandooren (Lierse)
Feys (CS Bruges)
Tyma (Pologne)
Nzuzi (RWDM)
Van Durme (Estaimpuis)

Saint-Trond


Daelemans (Geel)
Georges Dimitriadis (Olympic)
Meert (Anderlecht)
Mathijssen (Lommel)
Babic (F. Stallions, Aut)
M'Bonabucya (Gaziantespor, Tur)


Burg (renvoyé) Claes (Heerenveen-P-B) Rudonja (Portsmouth)
Dierickx (FC Malines)
Holans (Turnhout)
Mertens (Antwerp)
Gunther Grammet (Tienen)
Nijs (RTFCL)
Volk (NK Koper)
Schockaert (FC Bruges)

Standard

Vlcek (Slavia Praag-Tch)
Folha (Porto-Por)
Meyssen (Austra Salzburg-Aut)
Aarst (La Gantoise)
Turaci (Sl. Prague, Tch)
Dragutinovic (La Gantoise)
Vinicius (Sp. Lisbonne, Por)
Prosinecki (Dragolvoljac, Cro)


Dias (Charleroi)
Dimas (Sp. Lisbonne, Por)
Chauveheid (Eupen)
Afolabi (Naples, Ita)
Fassotte et Piron (RWDM)
Grana (Kalamata)
Remacle (Charleroi)
Thijs (Genk)
Bisconti (Charleroi)
Pierre (Anderlecht)

Westerlo