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Dieu, le saint père qui de là ou il se trouve
veille sur ses enfants que nous sommes.
A mes père et mère pour qui tout ce que
j'entreprends a de l'importance. Merci pour ce soutien
indéfectible.
A mon ami Giscard Sain. Merci pour ta contribution à la
réalisation de ce travail
A tous mes condisciples de la première promotion de
l'école doctorale science, société et développement
et de l'Association des étudiants en développement du capital
humain. Infinie reconnaissance.
SOMMAIRE
INTRODUCTION 6
1ère PARTIE : FONDEMENTS THEORIQUES DE
L'ETUDE 10
I. PROBLEMATIQUE 11
II. REVUE CRITIQUE DE LA LITTERATURE 16
III. HYPOTHESES ET OBJECTIFS DE L'ETUDE 24
A.HYPOTHESES 24
1.Hypothèse générale 24
2.Hypothèses opératoires 24
B. OBJECTIFS 25
1.Objectif général 25
2.Objectifs spécifiques 25
IV. MODELE D'ANALYSE 25
A. ETUDE DES CONCEPTS A UTILISER 25
1. Les droits de l'homme 26
2. Le capital humain 27
3. Le développement 29
4. Le développement du capital humain 30
5. Etablissement public laïc 30
6. Etablissement privé confessionnel 31
7. l'intérêt 31
8. L'école, cadre de l'enquête 33
9. Promotion 38
B. Mode d'intégration des différentes approches
39
1. Méthodes qualitative et quantitative 39
2. Méthode fonctionnaliste 40
3. Méthode historique 41
4. La méthode structuraliste 42
5. La méthode systémique 43
2èmePARTIE : ENQUETE ET EXPOSE DES RESULTATS
45
I. ENQUETE SUR LE TERRAIN 46
A. PARAMETRE DE L'ETUDE 46
1. Cadre géographique de l'étude 46
2.Choix des établissements 47
3.Population d'étude 48
4. Outils techniques de la recherche. 52
B. DEROULEMENT DE L'ETUDE 53
1. chronogramme 53
La recherche s'est faite suivant une étude documentaire,
et une enquête sur le terrain. Enfin dans la mesure du possible, les
résultats obtenus ont été traités à
l'ordinateur. 54
2. La recherche documentaire 54
3. L'enquête par questionnaire 55
4. L'enquête par la technique de l'entretien 57
5. Le traitement des données 58
C. LES RESULTATS 59
1. le niveau d'intérêt selon les apprenants 59
2. Le niveau d'intérêt suivant le sexe 61
3. Le niveau de l'intérêt suivant la série
64
3ème PARTIE : ANALYSES ET INTERPRETATIONS DES
RESULTATS 67
I. L'EDUCATION AUX DROITS DE L'HOMME, UN BESOIN FONDAMENTAL 68
II. PREDOMINANCE D'UN INTERET MOYEN POUR LES DROITS HUMAINS 71
III. OBSTACLES ET AVANTAGES DU PROJET EDUCATIF ORIENTE SUR LES
DROITS DE L'HOMME. 74
1. Les obstacles d'ordre professionnel 75
2. Les obstacles d'ordre social. 76
3. Les obstacles d'ordre politique 78
4. Les obstacles d'ordre économique 79
B LES AVANTAGES DU PROJET 80
1. Les avantages d'ordre fonctionnel 80
2. Les avantages d'ordre structurel 83
IV. LES PISTES POUR LA PRISE EN COMPTE DES DROITS DE L'HOMME A
L'ECOLE 87
A. LA FORMATION DES FORMATEURS 87
B. LA PARTICIPATION DES FAMILLES. 90
C. LE ROLE DES MEDIAS 91
D. LES STRATEGIES PEDAGOGIQUES 92
CONCLUSION 96
BIBLIOGRAPHIE 102
ANNEXES 109
Annexe 1 110
Annexe 2 113
INTRODUCTION
Le thème de cette étude
est : « la problématique des droits de
l'homme dans le développement du capital humain : enquête au
sein de lycées public laïc et privé confessionnel des
communes de Cocody et Treichville
(Abidjan). ». Ce travail s'inscrit dans le
cadre du programme de DEA de sciences sociales de développement du
capital humain et est conduit par l'école doctorale science,
société et développement de l'institut des sciences
anthropologiques de développement (I.S.A.D).
Notre thème a trait à l'éducation
aux droits de l'homme. L'éducation est le champ qui nous a
interpellé en raison de son rôle essentiel dans le
développement du capital humain. En effet, selon le petit Robert,
l'éducation, « educatio » en latin, est une mise en
oeuvre des moyens propres à assurer la formation et le
développement d'un être humain. C'est l'éducation qui
socialise l'individu et lui permet de tendre vers la perfection de sa nature.
Elle est donc incontournable pour les générations. Celui qui s'y
soustrait ou y est soustrait, est la représentation vivante de la pire
des injustices sociales. En ce sens, E. Durkheim énonce que chaque
société se fait un certain idéal de l'homme et cet
idéal est le pôle de l'éducation. Cette éducation
met en émulation les peuples du monde. Conséquence, les plus
instruits gouvernent ou commandent les moins instruits. L'éducation est
donc une arme de domination. Elle permet d'acquérir le savoir
nécessaire au développement du capital humain.
Cette acception du concept est large et prend en compte
toutes les formes d'éducation (éducation formelle ;
éducation non formelle ; formation continue...). Cependant, dans
cette étude, nous entendons nous intéresser à sa dimension
formelle. Cela pour mieux mettre en exergue notre spécialité des
sciences sociales des organisations. A cet effet, le cadre formel pourrait
être perçu comme l'emploi de ressources, de structures propres
à un système. Le cadre informel se servant de ressources ou
structures d'emprunt. Dans un esprit formel donc, l'éducation est
placée sous la tutelle d'un ministère, celui de
l'éducation nationale. Et son cadre par excellence demeure
l'école.
La préoccupation dont il sera question au cours de
ces travaux est relative à l'éducation dans ses rapports avec une
formation aux droits de l'homme. Ce domaine nous a intéressé non
seulement par sa relation avec le capital humain, mais aussi par le fait que la
science juridique constitue notre formation universitaire de base.
Les droits de l'homme ont pour objet de valoriser la
personne humaine. Ils lui reconnaissent un ensemble de principes en
l'occurrence, la liberté, l'égalité, la justice, la paix,
la tolérance et autres valeurs universellement admises. Tout ceci
concourt à favoriser le développement du capital humain. Ainsi
pourrait-on soutenir la thèse selon laquelle la méconnaissance
des droits de l'homme est un obstacle au développement du capital
humain. Car, quel avenir peut-on attendre par exemple d' un enfant qui a
été spolié du droit fondamental à
l'éducation pour être enrôlé de force dans un conflit
armé ?
La situation socio politique de la Côte d'ivoire a
aussi influencé le choix que nous avons opéré. En effet,
depuis la date du 19 septembre 2002, une grave crise a plongé le pays
dans un état de belligérance qui s'est transformé par la
suite en une situation de « ni guerre, ni paix »ou de
« mi guerre mi paix », bref une situation
d'instabilité institutionnelle. Ainsi la Côte d'Ivoire a connu et
continue de connaître de vives tensions, des hommes sont tués, des
familles disloquées, les viols ont élevé le taux de
prévalence du VIH/ SIDA au sein de la population, le
phénomène de déplacés de guerre a accentué
la paupérisation. En clair, à l'épreuve de la crise
ivoirienne, les droits de l'homme ont été encore plus
bafoués. Nous en voulons pour preuve les missions d'enquêtes
internationales sur la situation des droits de l'homme, desquelles il est
ressorti le caractère préoccupant de la situation
humanitaire1(*). Conscient
de cela, un ministère spécial a même été
affecté à ce secteur depuis avril 2003. Des négociations
politiques ont été entreprises en vue de mettre fin à la
crise. Dans cette optique, des enjeux majeurs se dressent au devant du pays.
Parmi ceux-ci, la consolidation de la nation éprouvée.
Il nous semble que dans cette logique, l'école en
tant que garante de l'éducation des jeunes générations,
ait un rôle à jouer. La nécessité d'une promotion
des droits de l'homme prend tout son sens. En effet, des études
menées par des organismes tels que Amnesty international,
l'internationale de l'éducation, ont abouti à la conclusion
qu'une telle action est un facteur de paix et de création d'un monde
libéré de la violation des droits humains. A l'analyse, une
relation forte doit être établie entre l'école ivoirienne
et les droits de l'homme vu que la paix est aujourd'hui une denrée rare
dans le pays.
Aux cours de ces travaux, nous essayerons d'abord de
cerner l'environnement théorique dans lequel le sujet peut être
exploité afin d'en avoir une idée claire. Ensuite nous aborderons
l'aspect méthodologique dont l'objet est de nous familiariser avec les
outils techniques qui ont été mis en oeuvre dans la
réalisation matérielle de l'étude. Nous procéderons
enfin à l'analyse des résultats avant de conclure.
1ère PARTIE : FONDEMENTS THEORIQUES DE
L'ETUDE
I. PROBLEMATIQUE
Dans l'euphorie de l'accession à la
souveraineté internationale, la Côte d'Ivoire s'est
empressée de consacrer dans sa législation les droits de l'homme
(constitution du 3 novembre 1960). Mais face aux réalités socio
politiques, cet enthousiasme s'est vite dilué. Il a même
été remplacé par une idéologie monopartisane,
accompagnée d'une pratique défavorable à
l'épanouissement des droits de l'homme. L'autorité ivoirienne
n'avait plus pour souci de respecter les droits et libertés qu'elle a
elle-même proclamés. Aussi n'hésitait-elle pas, à
la moindre alerte annonçant des réunions ou une quelconque
manifestation gênante, à descendre dans les rues pour
réprimer les manifestants. Les premières crises à
l'Université nationale de Côte d'ivoire en sont des exemples
éloquents.
L'Université de côte d'ivoire a en effet
été investie maintes fois par les forces de l'ordre au
mépris des franchises qui la protègent. 1969, 1971, 1982, 1985,
1986, et surtout la période allant de 1989 à 1994 constituent des
dates historiques. On se souvient encore de la démission du recteur
Paulian en guise de protestation contre ces incursions et des violences
exercées sur sa personne; des graves atteintes aux droits de l'homme
(raids militaires, bastonnades, viols des étudiantes...) au campus
universitaire de Yopougon en mai 1991. Pour mémoire, ces faits bien
qu'ayant mis en cause la responsabilité des forces de l'ordre par la
commission d'enquête mise sur pied, se sont soldés par
l'impunité de leurs auteurs. Tout comme les étudiants, les
enseignants ont fait l'objet de nombreuses arrestations et détentions
illégales (26 mars 1990 : 126 enseignants du supérieur
étaient détenus au camp militaire d'Akouedo.)
Selon le Pr. Dégni Segui2(*), la majeure partie des
enseignants du supérieur ignore presque tout de ses droits. Il trouve
en cela une cause de leur soumission aux pressions et menaces des hommes
politiques. Si tel est le cas pour les maîtres, que peut-on alors en
dire pour les étudiants et les élèves ?
Cette situation trouble des droits de l'homme s'est
poursuivie et le vocabulaire des ivoiriens s'est enrichi de mots bien
tristes : coup d'Etat en décembre 1999, charniers,
xénophobie... Le clou de toute cette situation fut la tentative de coup
d'Etat au soir du 19 septembre 2002 et la guerre qui s'en est suivie, par les
extrêmes atrocités qu'elle a engendrées.
Cette guerre a bouleversé le cours de la vie du
peuple ivoirien. C'est un fait. Le pays a écrit une grande partie de
son histoire avec le sang de ses fils. Tout cet héritage historique
doit-il se perpétuer de générations en
générations ? La côte d'ivoire doit-elle
continuellement violer les droits de l'homme ? Que fait-elle pour que les
nouvelles générations consolident leur humanisme ? Ces
interrogations nous portent à jeter un regard critique vers
l'école.
L'école est le coeur de la société.
C'est l'organisation sociale la plus apte à élever dans l'esprit
des hommes les nobles valeurs humaines. L'adage célèbre
véhiculé par l'Ecole Instrument pour la Paix ne dit-il pas
à ce propos que la guerre naissant dans l'esprit des hommes, c'est dans
cet esprit qu'il faut la tuer ? Il appartient pour ainsi dire, à
l'école ivoirienne d'agir afin de construire un vouloir vivre collectif
solide et durable. L'école doit donc étendre son champ d'action
dans sa mission de développement du capital humain. Il ne s'agit plus
seulement de se limiter pour les politiques, aux perspectives d'une
éducation pour tous. Il faut également arriver à relever
les défis du moment. L'école doit pour tout dire, suivre le
cours des mutations sociales au risque de s'enliser dans les crises comme
l'affirme H.P.Coombs3(*).
L'école ivoirienne doit plus que jamais penser
à la formation de citoyens éclairés et responsables. Elle
doit aboutir à la maîtrise de la question socio politique. C'est
une conception trompeuse que de penser comme l'ont affirmé certains
slogans, que la politique est incompatible avec l'école. Il s'agit de
faire de cette politique un repère du développement de
l'éducation et du capital humain. Car au bout du compte, les crises
politiques ont toujours des répercussions sur l'école.
Avec la crise, la violence est montée d'un cran
à l'école. De plus en plus, les éducateurs perdent de
leur autorité sur les apprenants. Les élèves
n'hésitent plus à descendre dans la rue pour un oui ou pour un
non. Ils font la loi. En guise d'exemple, on peut rappeler la récente
crise qui a paralysé le lycée classique d'Abidjan. En effet, les
élèves usant de pétards, détonateurs
féeriques, ont précipité leurs congés de
décembre 2004. Ce qui leur a valu en guise de sanction, une note de
conduite de sept sur vingt. Note qui sera contestée par ceux-là
qui n'ont pas hésité à paralyser plusieurs autres
écoles de la ville et à molester les responsables directs de leur
établissement. Voici un cas tangible de la décadence que
connaît l'école en Côte d'Ivoire. Comment lutter contre ces
pratiques qui visiblement vont à l'encontre des droits de
l'homme ?
On pourrait penser qu'avec l'E.C.M (éducation
civique et morale), il n'y aurait plus de raisons de s'inquiéter. Il
n'en est rien. Les résultats d'une recherche effectuée par M.
Yapi4(*) sur cette question
ont mis à nu les défaillances de cette discipline en dépit
de sa grande nécessité. En effet, son contenu était
laissé à la charge des enseignants. Cela était bien
difficile pour certains car ils n'arrivaient pas toujours à le
préciser. Ce manque de professionnalisme a contribué à la
faillite de ce projet car l'objectif de moralisation de la
société n'est toujours pas atteint. Cet enseignement est
interrompu dès l'accès à la classe de seconde, comme s'il
n'avait plus son importance. Or c'est à ce niveau que les apprenants
sont considérés matures. Ils opèrent des choix
décisifs pour leur carrière, s'intéressent à la vie
sociale en tant que citoyen et se forgent une opinion des choses. Ils doivent
donc vivre la morale que leur inculque leur éducation. Et à
raison, Toraille, Villars et Erhard ont pu écrire5(*) : « le
psychologue ne méprise pas l'éducation morale, mais il nie
l'efficacité d'une morale enseignée par mots et discours. Le
véritable enseignement de la morale, pour lui c'est la morale
vécue. » De plus, selon le Pr. Koudou Kessié6(*), les conditions pour
l'enseignement de l'E.C.M n'étaient pas réunies. Et pour parer
à cela il entrevoit de nombreuses propositions, parmi lesquelles le
culte d'une justice égale pour tous. Pour le Pr. Semiti7(*), la clef se trouve dans la
reconnaissance à l'E.C.M de sa valeur de matière
particulière. L'on doit en effet cesser d'identifier l'enseignement de
l'E.C.M à celui des autres matières. Le problème
n'était donc pas résolu. Les objectifs élaborés
par cette matière ne pouvaient être atteints. La crise
persistait, voire s'accentuait.
Vue la dimension du rôle qui revient à
l'école dans notre société et la
prépondérance de la question des droits de l'homme, cette
étude voudrait s'attarder sur une question essentielle à
savoir : l'école ivoirienne doit-elle être un cadre
de promotion des droits de l'homme ?
II. REVUE CRITIQUE DE LA LITTERATURE
Les droits de l'homme sont perçus par le prix
Nobel de la paix, Amnesty International, comme des standards fondamentaux sans
lesquels les gens ne peuvent vivre en tant qu'êtres humains8(*). Leurs fondements se retrouvent
dans les concepts de liberté, de justice, de paix. Sous la forme de
documents écrits, ces droits, ont pris leur élan dans des textes
célèbres parmi lesquels, the bill of rights de 1689 en
Angleterre, la déclaration d'indépendance de 1776 aux Etats-Unis,
la déclaration des droits de l'homme et du citoyen en France en 1789, la
déclaration universelle des droits de l'homme adoptée par les
Nations Unis en 1948, la charte africaine des droits de l'homme et des peuples
en Afrique en 1981...
Cette situation décrite, démontre
l'universalité à laquelle restent attachés les droits de
l'homme. Il s'agit pourrait-on dire d'un pan de la culture de l'universel. En
ce sens, il demeure le résultat d'un métissage culturel, objectif
longtemps poursuivi par le mouvement de la négritude dans sa lutte pour
l'affirmation du peuple noire. Ainsi, on peut valablement percevoir à
travers cette étude, les droits de l'homme comme une éthique
universelle qui doit participer à préserver l'homme suivant
toutes ses dimensions.
Dans le monde la question des droits de l'homme est donc
dominante. Elle s'est internationalisée et va au-délà de
la souveraineté nationale des Etats. Elle est perçue par les
organismes9(*) comme des
règles que tout le monde doit respecter pour que le monde vive en paix.
C'est donc un préalable à la paix. Le caractère universel
que semble lui reconnaître la communauté internationale a fait
qu'aucun pays ne doit se soustraire à ses exigences. Mais force est de
constater que dans la plupart des pays au monde on observe de très
graves violations de ces droits fondamentaux. C'est le lieu de relever le cas
des Etats-Unis d'Amérique qui sous prétexte « d'une
guerre contre le terrorisme », se livrent aux pires des violations
des droits de l'homme. Sur l'île de Guantanamo, à Cuba, par
exemple, ils détiennent des prisonniers soumis aux pires tortures et
dont plusieurs tentent de trouver dans le suicide un salut, ainsi que le
rapporte la croix rouge internationale10(*). En Europe, le phénomène de
l'immigration est généralement un prétexte constant pour
porter atteinte aux droits de l'homme. Outre cela, le racisme, les
discriminations de tout genre accroissent les bavures policières et
autres sévices injustes. L'Afrique centralise le plus grand nombre de
conflits armés sur son sol. Au cours de ces guerres, on observe
également la mise entre parenthèses des droits de l'homme.
Pourtant, il existe un droit régissant la guerre à savoir le
droit international humanitaire, qui préserve autant que faire se peut
le droit fondamental à la vie.
En plus de ces écarts observés partout sur
la planète, l'ignorance des droits fondamentaux est encore très
élevée. En effet, un sondage11(*) conduit par une firme canadienne a
révélé qu'un peu plus de la moitié des canadiens ne
pouvait nommer l'un ou l'autre des droits garantis par la charte canadienne des
droits et des libertés ; 93 % des américains selon Human
Rights USA n'auraient jamais entendu parler de la déclaration
universelle des droits de l'homme. En Afrique, l'analphabétisme
élevé et le manque de volonté politique, ne favorisent pas
l'acculturation des populations. Dans un atelier12(*) de réflexion, sur
l'éducation aux droits de l'homme, le syndicat national des enseignants
de la République du Niger, a dénoncé
l'absence d'informations et l'indifférence de certains régimes
africains comme cause de la non diffusion de l'idée d'intégrer
l'éducation aux droits de l'homme dans les apprentissages
scolaires. La Côte d'Ivoire n'échappe pas
à cette observation. Cela est noté par la non présence
des droits de l'homme au curriculum de l'école.
Au regard de ce bref aperçu, on peut avancer que
le débat sur les droits de l'homme est encore hors de portée de
beaucoup de personnes. Cela pose la nécessité de rompre avec
cette situation vu que les droits de l'homme sont indispensables pour le plein
épanouissement de l'être humain. D'où l'importance de la
question d'une introduction des droits de l'homme dans le système
éducatif de nombre d'Etats.
L'éducation aux droits humains est une
préoccupation pour beaucoup d'institutions ou organismes internationaux.
C'est le cas notamment de l'Ecole Instrument pour la Paix (E.I.P), de Amnesty
International, du comité international de la croix rouge (C.I.C.R), du
fonds des nations-unies pour l'enfance (UNICEF), lesquels n'hésitent
plus à mettre sur pied ou même à s'associer à des
projets allant dans ce sens. On peut citer le projet « écoles
satellites et centre d'éducation de base non formelle » de
l'Ecole Instrument pour la Paix, qui prône une éducation aux
droits humains au Burkina Faso et au Bénin. Pour M. Saliou
Sarr13(*), responsable de
cette institution au Sénégal, l'éducation aux droits
humains est une action très importante qui doit s'imposer partout dans
le monde et en Afrique tout particulièrement. Il énonce que la
formation de citoyens aptes à vivre en société passe par
certains canaux dont les droits humains. Pour lui, il s'agit de l'axe
organisateur de l'éducation à la citoyenneté. Ils
permettent un mieux vivre ensemble en rendant réalisable la relation
entre l'éthique personnelle et les lois qui régissent les
rapports sociaux. Il devient donc indispensable aux citoyens de
connaître les concepts et le contenu des droits de l'homme, les valeurs
qui les accompagnent à savoir, la justice, la liberté, la
solidarité. Il doit donc les promouvoir dans son environnement.
Tout cela est à l'analyse, favorable à la
réalisation de la démocratie et participe à créer
les conditions du développement, un développement humain durable.
On constate bien évidemment, que l'Ecole Instrument pour la Paix, est un
adepte d'une école pour le développement, à travers une
culture profonde des vertus de la société démocratique. Et
à l'observation, elle considère les droits de l'homme comme un
moyen intégré à cette dynamique action. Il s'agit en
outre de transmettre des moyens utiles à des populations
vulnérables afin de les aider à améliorer leur situation.
De façon plus pratique, Mme Tankono14(*), responsable de la même institution au Burkina
faso, suggère que la problématique de l'éducation aux
droits humains en Afrique, pose la question de priorité entre
instruction et éducation. L'auteur observe que les politiques sont
réticents à favoriser l'éducation dans sa totale dimension
d'acquisition de connaissances et de formation intellectuelle, physique et
morale.
L'absence de réaction de la part des autres
acteurs du domaine laisse penser à une certaine complicité. En
clair, les partenaires du système éducatif en Afrique
(décideurs, enseignants, parents), ont peur d'introduire la politique
à l'école. Ils pensent sur ce point qu'une telle action
présente trop de risques. Mais peut-on dire que ce risque soit plus
grand, comparé à celui de construire une nation dans
l'ignorance ? En d'autres termes, l'intérêt du politique
doit-il primer sur la culture de la société ? Amnesty
International abonde dans le sens de l'éducation aux droits humains avec
le projet « siniko » traduit du bambara
« affaires de demain ». A travers ce projet, l'institution
entend promouvoir l'enseignement des droits de l'homme. Cependant, elle ne
fait pas de l'école le centre par excellence de cette transmission. A
ce sujet, elle considère la société toute entière.
L'objectif ici est d'apporter dans le laboratoire de la
société ivoirienne, la culture des droits de l'homme. Et ceci
afin que l'on ait plus d'égards pour la dignité et la valeur de
la personne humaine. Ainsi les droits de l'homme sont ici perçus comme
un agent de rehaussement de la fibre humaniste de l'homme. Le Comité
International de la Croix Rouge par le biais du projet « droits
humains » tend à promouvoir l'éducation des droits
fondamentaux de la mère et de l'enfant en Côte d' Ivoire. Ce
programme vise à former les acteurs des radios de proximité ou
communautaires sur les droits de la femme et de l'enfant. Leur rôle
serait dès cette formation, de promouvoir par les moyens dont ils
disposent, ces droits humains. Ceci dans le but d'amener les uns et les autres
à prendre conscience de la prépondérance de ces droits.
L'école élémentaire est le stade qui
intègre de façon spécifique les droits de l'homme dans ses
programmes. Au Sénégal, cela trouve son fondement dans le
décret n°79-1165 du 20 décembre 1979, portant organisation
de l'enseignement élémentaire en son article 1, lequel
stipule : « l'enseignement élémentaire a
pour objet, d'éveiller l'esprit de l'enfant, par des exercices
scolaires, en vue de permettre l'émergence et l'épanouissement de
ses aptitudes humaines, d'assurer les fonctions physiques, intellectuelles,
morales et civiques de l'enfant ainsi que d'éveiller son esprit
d'initiative et son sens critique ». En Côte d'Ivoire,
l'UNICEF s'est joint au ministère de l'éducation nationale en
novembre 2004, pour promouvoir les droits humains à l'école.
Cette collaboration avait pour objectif de contribuer à la promotion et
à l'instauration d'une culture de paix réelle et durable dans les
institutions éducatives et dans les communautés. C'est ce que
matérialise le programme d'éducation à la paix et à
la tolérance (P.E.P.T)15(*). Ce projet ambitieux est en expérimentation
dans les inspections de l'enseignement primaire de Yopougon et de Soubré
2. Il devrait en cas de réussite, s'étendre à tout le
pays.
On note, à l'analyse, que toutes ces actions se
déroulent aussi bien dans le cadre formel que dans l'informel. Mais
force est de constater que ces actions sont pour la plupart implicites. En
effet, elles ne relèvent pas nommément les fondements des droits
humains, mais prétendent en enseigner seulement les vertus cardinales.
Il s'agit entre autres des notions telles que la justice,
l'égalité, la tolérance, la liberté, la
solidarité... Leur objectif est d'oeuvrer pour un monde plus juste.
Généralement dans le cadre de l'éducation formelle, ces
actions se limitent au cycle primaire ou tout au plus au premier cycle
secondaire.
Ce qui est à dénoncer dans ce cas de
figure, c'est le délaissement dont font l'objet les élèves
des classes de Seconde, Première et Terminale. Ils demeurent toujours
en reste des projets à dimension éthique. Or à travers ce
groupe social, on reconnaît la classe la plus importante en nombre de
citoyens. Ils sont encore très influençables et constituent
logiquement une cible pour les enjeux électoraux. Ceci est d'autant
plus vrai que l'âge de la majorité électorale a
été rabaissé à 18 ans en Côte d'Ivoire. De
plus, les fréquents changements que connaît l'école, ne
confèrent pas à tous les enfants, les mêmes programmes
d'enseignement.
La prétention de la présente étude
est d'aider à pallier ces défaillances. Et c'est la raison pour
laquelle les classes oubliées sont au centre de notre
préoccupation. Il sera question d'attirer l'attention sur la
nécessité d'une culture de droits humains pour ces apprenants.
Ce qui sans nul doute devrait leur conférer les armes solides pour faire
face aux enjeux d'ordre socio-économiques.
III. HYPOTHESES ET OBJECTIFS DE L'ETUDE
A.HYPOTHESES
On distingue dans ce cas de figure, l'hypothèse
générale et les hypothèses opératoires.
1. Hypothèse générale
Moins les apprenants ont des informations sur les droits de
l'homme, moins ils manifestent de l'intérêt pour cette question et
plus il devient nécessaire de solliciter l'école pour aider
à leur promotion.
2. Hypothèses opératoires
1. Le niveau d'informations des apprenants pour les droits
humains, dépend de l'intérêt qu'ils ont pour la question.
Ainsi, plus ils ont de l'intérêt pour les droits de l'homme, plus
ils auront des informations sur ce sujet.
2. L'intérêt pour les droits de l'homme varie en
fonction du sexe. Les filles semblent y être plus sensibles que les
garçons.
3. Le statut laïc ou confessionnel de
l'établissement semble influencer l'intérêt des apprenants
pour les questions de droits de l'homme. Ceux des établissements
laïcs sont moins intéressés par les droits de l'homme que
ceux des établissements confessionnels.
4. Les apprenants des classes littéraires
développent plus d'intérêt pour les droits de l'homme que
ceux des séries dites scientifiques.
En bref, une décision de promotion des droits
humains ausein de l'école sera fonction de l'importance d'un besoin
d'informations pour les apprenants.
B. OBJECTIFS
Il y a lieu également de voir séparément
l'objectif général et les objectifs spécifiques.
1. Objectif général
Il s'agit de vérifier si l'école ivoirienne
est disposée à la promotion des droits de l'homme.
2. Objectifs spécifiques
1. Déterminer les raisons qui justifient
l'introduction des droits de l'homme dans les curricula.
2. Situer le niveau d'intérêt des apprenants
pour les droits de l'homme.
3. Déterminer le niveau de prise en compte des droits
de l'homme à l'école.
4. Analyser les obstacles et les avantages à une prise
en compte des droits de l'homme à l'école.
5. Indiquer des pistes pour une prise en compte des droits de
l'homme par l'école.
IV. MODELE D'ANALYSE
A. ETUDE DES CONCEPTS A UTILISER
1. Les droits de l'homme
Selon le Lexique de politique16(*), « les droits de
l'homme constituent un ensemble des droits, libertés et
prérogatives reconnus aux hommes en leur seule qualité
d'être humain découlant de la nature humaine et non d'une
création par le droit positif (théorie du droit
naturel). »
Cette définition a un caractère occulte.
Elle est imprécise et ne permet pas de déterminer les limites du
permis et du défendu. En effet, telle qu'appréhendée, la
notion est si large qu'on pourrait y introduire n'importe quoi. D'où la
nécessité d'une codification qui est favorable à une
promotion efficace de ces droits. Les droits humains ou droits de l'homme
doivent donc être positivement consacrés. Ce sont des droits
particuliers qui prônent les principes de respect de la valeur et de la
dignité humaine. Ils se sont rendus célèbres par le
bouleversement qu'ils ont produit dans le monde entier. Tous les peuples leur
reconnaissent formellement une grande attention. Ces droits vont d'ailleurs
progresser pour s'adapter aux réalités socio-culturelles des
peuples.
L'Afrique ne sera pas en reste de ce processus puisqu'une
charte africaine des droits de l'homme et des peuples va voir le jour en 1981
à Nairobi au Kenya. Les droits de l'homme demeurent également la
référence des analyses politiques. C'est en fonction de ces
valeurs que le crédit de la communauté internationale est
accordé ou retiré à un Etat. C'est pourquoi les normes qui
fondent la vie des Etats à savoir les constitutions, les
intègrent, leur conférant la valeur de normes supérieures
à toute loi ordinaire.
2. Le capital humain
Selon les économistes Gary Becker et Jacob Mincer,
le capital humain est un ensemble de capacités productives qu'un
individu acquiert par accumulation de connaissances générales ou
spécifiques, de savoir faire etc... C'est un stock immatériel.
Le capital humain se distingue ainsi du capital social et de la ressource
humaine. L'un étant relatif pourrait-on dire au portefeuille
relationnel d'un individu, l'autre au potentiel humain d'une entreprise
économique. (Atelier sur le capital humain17(*)).
Le Pr. N'da P. ne semble pas percevoir ce concept sous
une telle vue. En effet, pour lui le capital humain ne semble pas distinct de
la ressource humaine. Il se confond18(*) avec elle d'ailleurs. C'est pourquoi,
évoquant ce que les précédents auteurs nomment
« capital humain » il préfère les termes de
« capital du savoir » ou « capital
culturel », et pour faire référence à la
ressource humaine il emploie le terme de « capital
humain ».
Ces visions du capital humain se complètent parce
qu'en dépit des désaccords apparents, on peut entrevoir ici un
consensus. En effet, le capital humain ne saurait être seulement
assimilé à une donnée existante, un stock, lequel serait
voué à un épuisement. En assimilant à la ressource
humaine le concept de capital humain, l'auteur ivoirien jette un flou dans
l'esprit du chercheur à qui il n'offre pas une approche technique du
concept. De plus, il convient de retenir que les termes de « capital
du savoir » ou de « capital culturel », ne sont
que des aspects du concept de capital humain. En effet, compte tenu de ce
qu'est l'être humain, qui par une action sociale se construit un savoir
ou une culture, ces concepts ne peuvent qu'exprimer ici une
réalité identique. Toute tentative de distinction ne saurait
donc ici prospérer.
En somme, pour être complète, la notion doit
tenir compte des deux approches évoquées. Le capital humain est
une disposition impliquée dans un processus de
développement ; C'est aussi une donnée à venir. Il
est apte à s'enrichir par l'éducation, l'instruction et
s'apprécie suivant un investissement profitable à
l'humanité. D'où l'importance de la dimension éthique
dans le processus de développement du capital humain. Il contribue
ainsi à la formation scientifique de la ressource humaine. En clair,
toute personne peut avoir nécessairement un capital humain qui comporte
des données présentes et à venir. Dans une telle optique,
le capital humain est susceptible de conquérir tous les domaines de la
connaissance. Il participe en un mot, à la formation de
l'intelligentsia.
3. Le développement
Le développement signifie action de donner toute
son étendue à un objet bien spécifique. Il a
été adopté par plusieurs sciences dont l'économie.
Cette science perçoit le développement comme une
amélioration à la fois quantitative et qualitative de la
situation d'une unité économique. Le développement
favorise la croissance d'un être ou d'une faculté. En ce sens, le
développement est en rapport avec le concept de croissance qui est aussi
pour lui un moyen.
Ainsi la croissance peut être à la base du
développement tout comme le développement est un facteur de
croissance. La croissance serait au sens économique du terme,
l'augmentation soutenue du Produit Intérieur Brut (P.I.B). Ainsi le
développement, aspect structurel et qualitatif serait distinct de la
croissance, aspect quantitatif. Le développement exige que l'accent
soit mis sur les besoins fondamentaux du plus grand nombre de personne.
Longtemps théorisé par les sciences
humaines, le développement est resté un objectif pour bien de
pays, voire un idéal. En clair, le développement ne
s'arrête jamais. C'est une quête perpétuelle. On peut
seulement en évaluer le degré, le niveau. Ainsi les pays dits
développés ou sous développés le sont en fonction
de certaines normes. L'action de développement a nécessairement
un objet. On parle bien souvent de développement humain ; de
développement humain durable, de développement social... Aussi
cette étude sera-t-elle appliquée au capital humain. En
conséquence, on parle ici de développement du capital humain.
4. Le développement du capital
humain
Au regard des définitions
précédentes, on peut avancer que le développement du
capital humain est l'épanouissement de l'homme sous ses multiples
dimensions scientifiques et sociales. Le développement du capital
humain est donc une notion globale. Il est à cet effet, abordé
par les sciences sociales sous l'angle de la pluridisciplinarité. Mais
pour notre expertise (sciences sociales de l'organisation), seules les sciences
sociales dites nomothétiques seront exploitées. Ce
développement signifie aussi que le capital humain doit être
utilisé au regard des valeurs qui régissent la
société, il doit s'éloigner de tous vices.
5. Etablissement public laïc
La laïcité est un système qui exclut
les confessions religieuses de l'exercice du pouvoir politique ou administratif
et en particulier de l'organisation d'un enseignement public. Il s'agit en
définitive, d'une forme institutionnelle que prend dans les
sociétés dites démocratiques la relation entre le citoyen
et l'Etat et entre les citoyens eux-mêmes. La séparation rigide
entre l'Etat et la religion a pour but essentiel de garantir
l'égalité de tous et la liberté de chacun.
6. Etablissement privé
confessionnel
Il accomplit la même mission d'enseignement
scolaire que l'établissement laïc. Cependant il émane de
l'initiative privée, d'une institution religieuse. Cette
catégorie d'établissement a été
préféré aux établissements privés non
confessionnels en raison de l'aspect religion. En effet, dans
l'hypothèse où la religion interviendrait dans les enseignements,
nous pourrons juger de son poids dans l'intérêt des apprenants
pour la question des droits de l'homme qui nous retient ici. A défaut,
il n'y aurait pas eu de différence fondamentale entre le privé
laïc et le privé confessionnel quant au rôle qu'ils devraient
jouer dans cette étude. L'un et l'autre auraient donc pu être
choisie indistinctement.
7. l'intérêt
Selon Paul Robert, Rey A. et J. Rey-Debove19(*), l'intérêt est un
état d'esprit qui prend part à ce qu'il juge important. Dans le
même sens, le petit Larousse20(*) y perçoit un sentiment de curiosité, de
bienveillance à l'égard de quelque chose ou de quelqu'un. Dans
une appréciation complémentaire, De Landsheere21(*) stipule que
l'intérêt est une attention personnelle sur un objet
déterminé. Il est en étroite relation avec les besoins,
les valeurs et les attitudes.
Ces définitions ont l'avantage de cerner
l'intérêt tel que perçu par notre étude. Et cela
d'autant plus qu'on y retrouve les notions de sentiment et de besoin. Ainsi
nous avons admis que les individus intéressés sont ceux là
qui vivent déjà une action allant dans le sens de la promotion
des droits humains. Cette action s'observe soit en dehors de la sphère
scolaire, soit au sein même de l'école. On a ainsi
retrouvé lors de l'enquête, des élèves militants
dans des clubs scolaires « Amnesty », ou qui ont
participé à des activités de la ligue ivoirienne des
droits de l'Homme (L.I.D.H.O) ou d'autres Organisations non gouvernementales
(O.N.G) moins connues. D'autres par contre, dans le but de promouvoir les
droits humains, se lancent dans le militantisme syndical avec la
fédération estudiantine et scolaire de côte d'Ivoire
(F.E.S.C.I). Mais devant les actes perpétrés par cette
structure, il apparaît clairement que la promotion des droits de l'homme
n'est pas toujours son point focal. Les élèves moins
intéressés sont ceux qui expriment une volonté de
s'investir dans la promotion des droits humains en dépit de leur
faible culture sur ce sujet, et qui regrettent que l'opportunité ne leur
soit pas offerte pour manifester cet humanisme latent. Les
élèves non intéressés sont ceux dont les attitudes
s'opposent aux précédentes ou qui manifestent de
l'indifférence. Ils vont même jusqu'à dire pour la
plupart, qu'ils ne sont pas disposés à un projet
d'éducation orienté vers la culture des droits de l'homme. Les
raisons évoquées peuvent être diverses (temps ;
aptitudes intellectuelles ; nécessités...), mais le
résultat reste inchangé.
8. L'école, cadre de
l'enquête
De son origine latine « schola »,
l'école est un établissement où l'on dispense un
enseignement. Le Pr. Aka A.22(*) affirme bien évidemment qu'il s'agit d'une
organisation sociale. Ce principe vient justifier à point le choix de
cette organisation en tant que référent de notre
spécialité des sciences sociales des organisations. Ceci nous
impose d'aborder cette structure de façon substantielle. Plus loin, il
poursuit pour dire que le but fondamental de l'école est d'assurer
à une population cible, une instruction collective. Cette assertion
reconnaît à l'école un rôle particulier dans le grand
moule de l'éducation, à savoir, celui d'instruire. Cependant
devant la démission de certains parents, pourquoi l'école
n'étendrait pas son champ de compétence pour cerner tout le
processus de l'éducation ? L'école doit-elle renier les
enfants sous prétexte qu'ils sont mal élevés ou doit-elle
tenter de les récupérer ? En clair, il parait plausible que
l'école s'investisse dans le processus d'éducation de base, du
savoir être de l'élève. Cela ne peut qu'être une
attitude heureuse d'autant plus qu'il y passe plus de temps qu'au sein de sa
famille biologique, à qui l'on veut conférer l'exclusivité
de cette tâche. Et bien souvent, le pouvoir de l'école sur
l'enfant excède celui des parents. De plus, l'intérêt de
l'instruction est de mettre ce savoir au profit de la communauté.
Cependant devant les contingences socio-économiques on peut craindre que
sans une éducation solide, cette instruction soit mal orientée.
D'où l'intérêt d'une éducation qui doit être
perçue comme « l'ombre » de l'instruction. En ce
sens, la mission d'instruction ne peut que se donner plus de chances de faire
oeuvre utile.
L'école est restée une donnée
prédominante dans le système éducatif ivoirien. La
fréquentation de l'école est le signe de l'expression du droit
fondamental à l'éducation. Ainsi la société
ivoirienne reconnaît un rôle important à l'école dans
la dynamique de prise en charge de soi. Chacun croit et pense que grâce
à l'école, sa vie sera meilleure; que sa famille pourra
accéder à un style de vie qui correspond à ses
aspirations. Cette assertion conduit à un accroissement de la
scolarisation. Mais il nous est donné de constater dans cette attitude
que les filles sont généralement délaissées au
profit des jeunes garçons. Ce qui pose inéluctablement le
problème de la scolarisation de la jeune fille.
L'importance de l'école pour le
développement lui impose une structure et des programmes adaptés,
susceptibles de satisfaire les besoins des apprenants. Elle exige
également une animation par des maîtres compétents,
capables eux aussi de mutations. En Côte d'ivoire, le rôle de
l'école depuis les indépendances jusqu'à nos jours a connu
de grandes perturbations. Au lendemain des indépendances elle
constituait le prolongement de l'action coloniale. On parlait
déjà à cette époque encore, de
néocolonialisme. L'école était bâtie suivant le
modèle occidental et les programmes mettaient en relief la culture
d'outre mer.
Au cours de son évolution, l'école s'est
consacrée à des missions plus honorables à savoir, se
maintenir comme un facteur d'intégration nationale. Elle est devenue
une véritable institution du savoir qui prône
l'homogénéité des valeurs, l'éthique et la non
soumission d'une civilisation à une autre. Ainsi, l'école est
devenue la clef de voûte de l'émancipation, une structure de
progrès. L'école nous apprend outre les valeurs de chez nous,
celles qui nous sont étrangères. Elle nous rend aptes à
opter pour celles qui conviennent le mieux à notre personnalité,
à notre société. L'école s'est ainsi lancée
dans la dynamique de développement de la communication au sein de la
société ivoirienne. Elle s'est enrichie des relations sociales
et a pu maintenir l'hétérogénéité de la
société ivoirienne pendant près de quarante ans.
Divers enjeux vont se hisser au devant de l'école
ivoirienne. Parmi eux, la question essentielle du développement
économique. L'école en tant qu'instrument d'acquisitions de
modèles culturels, de production de catégorie sociale,
professionnelle, de valeurs institutionnalisées devait sortir la
Côte d'ivoire du sous développement. Et à juste titre,
l'éducation avait toujours occupé une place de choix dans les
divers projets de société diligentés dans le pays. En
197623(*), 46% du Budget
général de fonctionnement (B.G.F), lui était
consacré, dont 30% des ressources propres. La Côte d'Ivoire s'est
dotée de puissants instruments à vocation éducationnelle
parmi lesquels les Universités publiques, les grandes écoles de
l'Institut National Polytechnique Houphouet Boigny de Yamoussoukro (I.N.P.H.B),
l'Ecole Normale Supérieure (E.N.S) et plusieurs autres instituts de
recherche dont l'Institut de Recherche d'Enseignement et
d'Expérimentation en Pédagogie (I.R.E.E.P), l'institut des
Sciences Anthropologiques de Développement (I.S.A.D)... Cette
importance de l'école met à jour la responsabilité de
l'élite face aux enjeux du développement. Ade Adiaffi
préfaçant l'ouvrage de M. Adama Ballo, 30 ans de sous
développement ça suffit soulève cette question. Il
est juste selon lui d'envoyer notre élite à
« l'aventure ambiguë » que constitue la nouvelle
école. Mais « est-ce que aujourd'hui cette élite a pu
voler ce feu prométhéen chez l'homme blanc ? Si oui
quel est l'usage qu'elle en fait puisque le combat n'a pas encore
cessé ? » Si l'on devait analyser l'usage du capital humain
acquis, puisque c'est de lui qu'il s'agit, a-t-il toujours été
productif pour la Côte d'Ivoire ?
A côté de cet aspect, on peut
également énoncer que l'un des objectifs majeurs de
l'école est de parvenir à la construction d'une nation ivoirienne
digne de ce nom. Et cela à raison car comme le reconnaît Robert
Lafon24(*), le rôle
social et éducatif de l'école est aussi important que sa fonction
enseignante. L'école doit pour ce faire être un trait d'union
entre le passé, le présent et l'avenir. Elle doit transmettre
aux générations nouvelles, l'expérience et le savoir des
aînés, les normes et les valeurs fondamentales qu'ils ont faits et
gardés et sur lesquelles repose la société actuelle.
L'école doit ainsi développer les forces novatrices et
créatrices et préparer le dépassement et
l'évolution des normes et du savoir qu'elle transmet. Au prix de cet
objectif, plusieurs libertés vont être bâillonnés
parmi lesquelles, la liberté de militantisme, variante de la
liberté d'expression. En effet, alors que la constitution du 3 novembre
1960 garantissait le multipartisme, seul le PDCI-RDA, parti Etat avait droit de
cité. La clandestinité restait le seul recours de toute autre
forme de contestation.
A l'heure des bilans, la moisson est bien maigre. La
nation ou « identité ethnique » n'est toujours pas
construite comme l'observe le Pr. Essane Séraphin. L'école
n'empêche pas la division au sein de la société ivoirienne.
Cette observation aussi bien scientifique que sociale, doit être le
fondement d'une prise de conscience du système éducatif en
général. Les perspectives de l'école doivent être
plus que jamais affinées. Et comme le suggère le Pr. Ki Zerbo,
l'école doit être génératrice d'énergie
sociale et non une école cancer qui porte en elle les germes de son
autodestruction.
Malgré toutes ces observations, l'école
conserve tout de même sa notoriété au sein de la
société ivoirienne. Elle se maintient encore aux
différentes fonctions qui lui sont dévolues à
savoir :
· Un rôle politique fondé sur la
contribution à l'intégration nationale par la diffusion de
valeurs collectives.
· Un rôle social par la création d'un
milieu favorable au développement.
· Un rôle économique à travers la
formation des cadres, l'élévation du niveau de qualification en
vue de la croissance de la production nationale.
Reste à savoir si l'école a le souci de
préserver l'efficacité du capital humain qu'il édifie face
aux contingences sociales, politiques et économiques.
9. Promotion
Il s'agit du substantif qui émane du verbe
promouvoir. La promotion suppose à ce titre, une opération
effectuée en vue de faire connaître ou encore de favoriser le
développement de la chose objet de promotion.
Dans note étude, l'objet de la promotion est
constitué par l'ensemble des droits humains tels que consacrés
par les différents instruments internationaux. Cette entreprise va
contribuer à familiariser le capital humain de l'école ivoirienne
avec le vocabulaire des droits fondamentaux de la personne humaine. Cette
promotion se fera donc par le canal d'un enseignement de ces droits et
principes essentiels en tant que discipline autonome ou à part
entière.
B. Mode d'intégration des différentes
approches
Pour le Pr. Grawitz, la méthode dans le domaine de
la recherche, est « l'ensemble des opérations intellectuelles
par lesquelles une discipline cherche à atteindre les
vérités qu'elle poursuit, les démontre, les
vérifie25(*). » Elle reste donc une procédure
incontournable pour la validité des travaux entrepris. Cependant, vu le
nombre important de techniques déjà développées, la
doctrine commande d'en adopter une combinaison. Et cela parce que les
méthodes présentent les unes par rapport aux autres des
insuffisances. Elles sont donc complémentaires.
Pour obéir à ce principe, notre
étude se fera suivant la combinaison de plusieurs méthodes
d'approche. Ainsi nous aurons recours aux méthodes quantitative et
qualitative, au fonctionnalisme, à la méthode historique, au
structuralisme et à l'analyse systémique.
1. Méthodes qualitative et
quantitative
La méthode qualitative est utilisée dans le
cadre des études portant sur des données non quantifiables. Elle
s'appuie sur un modèle d'exploration du langage. En clair, seules les
données recueillies à partir de l'enquête seront prises en
considération. Ainsi la présentation des résultats de la
recherche doit être précédée de la
détermination d'unités de signification. La méthode
quantitative quant à elle porte sur des données quantifiables.
Elle s'appuie sur des chiffres, des formules mathématiques. Ces deux
méthodes sont complémentaires.
Dans notre étude, l'utilité de la
méthode qualitative va s'observer dans le traitement des données
recueillies. La méthode quantitative elle concernera les données
de l'enquête par questionnaire.
2. Méthode
fonctionnaliste
Menée par Malinowski, relayée en cela par
R.K Merton, la méthode fonctionnaliste vise à saisir une
réalité par rapport à son utilité, son rôle.
Elle repose sur trois postulats de base, à savoir :
- la fonction conçue par rapport au système
social tout entier.
- tous les éléments sociaux et culturels qui
remplissent des fonctions sociologiques.
- le caractère indispensable de ces
éléments.
Dans la présente étude, l'utilité de
cette méthode est de nous permettre d'apprécier le rôle que
devrait jouer l'école dans la promotion des droits humains. Cette
fonction peut s'observer au plan individuel et au plan collectif. En ce sens
deux dimensions vont retenir notre attention à savoir : la fonction
psycho-sociale et la fonction socio-anthropologique.
Cependant, la méthode fonctionnaliste ne résout
pas le problème de la causalité. La méthode historique
pourrait nous aider à pallier cette insuffisance.
3. Méthode historique
Du latin « historia» l'histoire
est la science des faits, des évènements passés concernant
la vie de l'humanité, d'une société, d'une personne. Elle
participe de la pertinence des droits de l'homme dans le développement
du capital humain. Elle se fonde sur une origine riche d'enseignement. En
effet, les textes proclamant les droits de l'homme sont nés de
révolutions visant à acquérir une liberté durable
ou de la ferme volonté de prévenir le monde de la survenance de
grands chaos à l'instar des deux guerres mondiales. En guise
d'illustration on peut relever la déclaration universelle des droits de
l'homme signée sous l'égide des Nations Unies en 1948,
c'est-à-dire au lendemain de la deuxième guerre mondiale.
L'Afrique ne saurait se construire en marge des droits de
l'homme. C'est un devoir d'honnêteté, de reconnaissance envers
l'histoire. En effet, c'est le peuple noire qui depuis la triste période
du commerce triangulaire jusqu'à la colonisation et au
néocolonialisme de l'après indépendance, est en proie aux
pires violations des droits humains. L'histoire des droits de l'homme doit
donc être un référentiel incontournable dans le
développement du capital humain en Afrique. Il faut en faire la
promotion afin de mieux s'investir dans le développement.
Cette approche historique de laquelle il faut tirer les
leçons pour l'avenir, commande que l'école ivoirienne s'appuie
sur les droits de l'homme afin de jouer son rôle dans le processus de
consolidation du tissu social. Les droits de l'homme mènent
l'école sur les nobles chemins de la vertu, de l'égalité,
de la liberté, du respect de la dignité de la personne humaine
sous tous ses aspects.
Cette méthode se limite aux enjeux de la prise en
compte des droits de l'homme dans l'éducation. Elle n'approche pas
cette prise en compte de façon concrète. On reste encore au
stade de la justification. Pour contourner cette défaillance, on a
recours au structuralisme.
4. La méthode
structuraliste
Le mot structuralisme est dérivé du mot
structure. La structure est définie comme un système de
transformation qui comporte des lois et qui en tant que tel, se conserve ou
s'enrichit par le jeu de ses transformations. Les caractéristiques du
structuralisme sont : la totalité, la transformation,
l'autoréglage. Le structuralisme donne lieu à une formalisation.
Selon Rocher G., « c'est en définitive,
de la synthèse des éléments culturels et structurels que
se dégage ce que nous appelons organisation sociale d'une
collectivité26(*) ».
Ainsi l'école en tant qu'organisation sociale a
une forme structurale qu'il nous appartiendra d'étudier et de consolider
grâce aux résultats de nos travaux. Cependant force est de
constater que la notion de structure est parfois ambiguë. De plus, la
structure de l'école est impliquée dans un système plus
grand qui à l'analyse est le système éducatif. Il sera
donc nécessaire d'approcher également cette méthode de la
recherche.
5. La méthode
systémique
L'analyse systémique est qualifiée par le
Pr. N'Da comme un paradigme de type déterministe. Elle permet à
cet effet d'examiner la gestion de situation sociale que caractérise un
ensemble de rapports stables où les acteurs doivent prendre des
décisions.
Dans notre étude, l'approche du système
éducatif ivoirien commande une telle analyse. Vu qu'un système
n'est jamais isolé, mais impliqué dans un autre, comme nous
l'enseigne Legendre27(*),
nous chercherons par cette voie à comprendre si l'environnement
socio-politique ivoirien se prête à une éducation des
droits de l'homme. C'est de loin l'une des raisons essentielles pour laquelle
cette méthode a été retenue. Elle vient compléter
la méthode fonctionnelle en nous aidant à comprendre comment
pourrait se faire concrètement l'éducation aux droits humains
dans le système éducatif ivoirien. Elle répond donc
à la question du « comment », alors que le
fonctionnalisme se limite au « pourquoi ».
2èmePARTIE : ENQUETE ET EXPOSE DES
RESULTATS
I. ENQUETE SUR LE TERRAIN
A. PARAMETRE DE L'ETUDE
1. Cadre géographique de l'étude
Notre étude a lieu en Côte d' Ivoire. La
Côte d'Ivoire est un pays de l'Afrique occidentale au sud du Sahara.
Elle couvre une superficie de 322.462 km2. La ville d'Abidjan en
est la capitale économique. Elle est le cadre de l'étude. Elle
est située au Sud - Est du pays et présente une façade
maritime. Sur le plan juridique, Abidjan est un district qui regroupe 10
communes. Nous en présentons une carte géographique :

Carte du district d'Abidjan28(*)
2. Choix des établissements
Il aurait été intéressant de savoir
ce que chaque élève de la ville d'Abidjan pense de la question
d'une introduction de l'étude des droits de l'homme à
l'école. Mais il s'agit d'une action qui reste irréalisable au
regard de nos possibilités financières et matérielles.
C'est ce qui nous a contraint à retenir deux établissements tout
à fait représentatifs de l'ensemble des structures d'accueil du
district.
Cocody et Treichville sont deux communes qui se
distinguent par leurs caractéristiques de quartiers résidentiel
et universitaire pour l'un et populaire et commerciale pour l'autre. Au sein
de chacune de ces deux communes, une école a été retenue.
A Cocody, notre choix s'est porté sur le C.S.P (Cours Secondaire
protestant) qui est un établissement confessionnel placé sous la
responsabilité de l'église protestante méthodiste unie de
Côte d'ivoire. Ce choix se justifie par la facilité
d'accès à l'établissement, la disponibilité du
personnel, la population d'étude (697 élèves), mais aussi
par son caractère confessionnel, lequel devrait être un indicateur
de vérification de nos hypothèses. A Treichville, notre choix
s'est arrêté sur le lycée moderne de cette commune (L.M.T),
placé sous la tutelle du ministère de l'éducation
nationale. Ce choix se justifie tout autant par la facilité
d'accès, la disponibilité du personnel, la population
d'étude (2000 élèves), mais aussi par le caractère
laïc de l'établissement.
3. Population d'étude
La population d'étude est constituée par
les élèves des classes de Seconde, Première et Terminale
des deux établissements retenus. Nous avons une population totale de
2697 élèves soit 2000 pour le Lycée Moderne de Treichville
et 697 pour le Cours Secondaire Protestant. Le tableau suivant nous donne la
population d'étude suivant nos différentes variables à
savoir : le statut de l'établissement, le sexe et la
série.
Série
Etablissements
|
A
|
C
|
D
|
Total
|
Public (L.MT)
|
Filles
|
193
|
189
|
295
|
677
|
|
160
|
491
|
672
|
1323
|
Total établissement public
|
353
|
680
|
967
|
2000
|
Privé (C.S.P)
|
Filles
|
120
|
96
|
124
|
340
|
|
70
|
125
|
162
|
357
|
Total établissement
privé
|
180
|
221
|
286
|
697
|
total final
|
459
|
901
|
1253
|
2697
|
|
Pour définir notre échantillon nous optons
pour la méthode dite du quota. Suivant cette méthode, le nombre
de personnes retenues doit tenir compte de certaines caractéristiques
qui sont dans le présent cas d'espèce, nos variables (statut de
l'établissement, sexe, série).
Compte tenu des moyens qui sont les nôtres, nous
avons décidé d'enquêter auprès de 200 personnes
à repartir par école. Il va falloir déterminer le taux de
représentation en pourcentage suivant une formule bien précise.
Ainsi ce taux de représentation en pourcentage (T1), sera
égal à la population de l'établissement (P.E) sur la
population totale des deux établissements retenus ou population totale
(P.T). Cette population totale est de 2697. De façon
mathématique, cela donne la formule suivante :
T 1= PE/PT
Grâce à ce taux, nous pouvons
déterminer le nombre de personnes qui seront enquêtées
(N.E1) dans chaque établissement. Ce nombre sera égal
au taux de représentation par école multiplié par le quota
de 200. La traduction mathématique est la suivante :
N.E1= 200 × T1
Ce qui donne le tableau suivant :
établissements
|
LMT (public)
|
CSP
(privé)
|
taux des élèves (%)
|
74
|
26
|
Nombre (chiffre) :
200
|
148
|
52
|
|
Suivant la même méthode, nous pouvons
déterminer le taux (T2) de
personnes suivant chaque variable (P.V) :
T2 =P.V/ PT
Grâce à ce taux on a l'échantillon
(N.E2) suivant :
N.E2= 200 × T2
Ce qui donne le tableau suivant.
Etablissements
|
LMT
(laïc)
|
CSP
(confessionnel)
|
sexe
|
Filles
|
Garçons
|
Filles
|
Garçons
|
Série
|
A
|
C
|
D
|
A
|
C
|
D
|
A
|
C
|
D
|
A
|
C
|
D
|
Age
|
17
|
18
|
19
|
17
|
18
|
19
|
17
|
18
|
19
|
17
|
18
|
19
|
17
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18
|
19
|
17
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18
|
19
|
17
|
18
|
19
|
17
|
18
|
19
|
17
|
18
|
19
|
17
|
18
|
19
|
17
|
18
|
19
|
17
|
18
|
19
|
Taux (%)
|
12
|
8
|
08
|
26
|
1
|
1
|
0
|
17
|
27
|
5
|
03
|
4
|
30
|
3
|
4
|
0
|
18
|
33
|
10
|
10
|
15
|
19
|
4
|
5
|
0
|
13
|
23
|
4
|
5
|
11
|
25
|
6
|
4
|
0
|
15
|
30
|
Nombre
(200)
|
6
|
4
|
4
|
13
|
1
|
1
|
0
|
8
|
13
|
5
|
3
|
4
|
30
|
3
|
4
|
0
|
18
|
32
|
2
|
2
|
5
|
5
|
1
|
1
|
0
|
3
|
6
|
1
|
1
|
3
|
7
|
1
|
1
|
0
|
4
|
8
|
Total final
|
50
|
99
|
25
|
26
|
|
Les enseignants interrogés ont été
sélectionnés suivant leurs responsabilités ou fonctions.
Ainsi l'entretien a concerné les responsables des établissements
retenus de même que les professeurs principaux des élèves
échantillonnés.
4. Outils techniques de la recherche.
Pour réaliser cette étude, nous avons eu
recours à différents outils en l'occurrence, une recherche
documentaire et une enquête par la technique du questionnaire et de
l'entretien. Le déroulement de ces étapes sera exposé un
peu plus loin.
La recherche documentaire avait pour objectif de nous
situer sur l'enjeu d'une éducation aux droits humains pour un pays comme
la Côte d'Ivoire. Nous avons pu au terme de cette étape, saisir la
juste mesure d'un tel projet. Ce qui se dégage à travers les
retombées qu'il pourrait produire au profit du capital humain
formé dans ce pays. En effet, une éducation aux droits humains,
prépare au regard de son contenu, la société
démocratique. Elle enseigne les vertus de la démocratie en tant
que principe universel.
L'enquête par la technique de l'entretien, nous a
permis de nous entretenir avec des professionnels du monde de
l'éducation nationale ivoirienne. Cet échange qualitatif, visait
comme objectif, de déceler les éventuels obstacles que pourrait
rencontrer sur le terrain le projet envisagé, et de dresser un
inventaire des solutions possibles. Nos interlocuteurs nous ont donné
leurs points de vue sur le projet envisagé sur lesquels nous avons
entrepris de mener des réflexions.
L'enquête par questionnaire nous a fourni
l'essentiel de nos résultats sur le terrain. Il s'agissait ici
d'atteindre un objectif précis, celui de savoir si les apprenants de nos
écoles de par leur niveau d'informations, ont un intérêt
pour la culture des droits humains. Cette approche a tenu compte du niveau
d'informations des apprenants sur les droits de l'homme. Cet objectif devrait
nous permettre de déceler la pertinence de notre étude ; de
faire de l'école, la locomotive de la promotion des droits de l'homme en
Côte d'Ivoire. Les résultats de cette enquête quantitative
ont pu être traités statistiquement.
B.DEROULEMENT DE L'ETUDE
1. chronogramme
|
Périodes
Activités
|
Mois 1
|
Mois 2
|
Mois 3
|
Mois 4
|
Mois 5
|
|
Recherche documentaire
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|
|
|
|
|
|
Enquête
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|
|
Analyse de données
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|
Rédaction
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|
|
|
|
Les trois premiers mois ont été les
mois de février, mars et avril. L'enquête s'est
déroulée durant le mois de mai. L'analyse des données et
la rédaction ont occupé le mois de juin. Et depuis le mois de
juillet les corrections sont entreprises en laboratoire. La recherche s'est
faite suivant une étude documentaire, et une enquête sur le
terrain. Enfin dans la mesure du possible, les résultats obtenus ont
été traités à l'ordinateur.
2. La recherche documentaire
La recherche documentaire a consisté en la
consultation d'un ensemble de documents relatifs au sujet donné. Elle
constitue la source de nos informations relativement au thème
abordé. Cette documentation pour l'essentielle, est écrite.
Elle a été fourni par les bibliothèques ou centres de
documentation du centre culturel américain ; du Centre Ivoirien de
Recherches Economique et Sociale (C.I.R.E.S) ; du Centre Ivoirien de
Recherche Juridique (C.I.R.E.J); du département de sociologie ; de
l'Institut de Recherche en Développement (I.R.D); du centre de
documentation de Amnesty International, de l'Institut de Recherche
d'enseignement et d'expérimentation en Pédagogie (I.R.E.E.P) et
par Internet.
Au centre culturel américain, nous avions en plus
de la documentation, une heure de navigation gratuite sur Internet et une
capacité de tirage de dix pages. Ce qui en dépit de son
caractère insuffisant, nous a été d'un soutien favorable.
Les bibliothèques du Centre Ivoirien de Recherche en Sciences Sociales;
du Centre Ivoirien de Recherche Juridique; de l'Institut de Recherche en
Développement; de Amnesty International ne nous autorisaient pas de
prêt à domicile. Cette situation était de nature à
ralentir notre temps de travail. Elle entraînait par exemple,
l'exploitation sur plusieurs jours des documents importants. Quant à la
bibliothèque du département de sociologie, bien que
vétuste, comporte une foule de mémoires qui ont guidé nos
pas dans la recherche.
Notre lecture au cours de ces consultations était
très spécifique. A priori, l'accent a été mis sur
la méthodologie, sur les questions de l'éducation et des droits
de l'homme à travers des ouvrages généraux.
3. L'enquête par questionnaire
Il s'agit d'une série de questions écrites
ou orales posées aux membres d'un échantillon
représentatif, pour connaître leur opinion sur les
problèmes abordés par une étude. Cette technique nous a
permis d'entrer en contact direct avec notre population d'étude pour
l'interroger sur le sujet des droits de l'homme. Ce qui nous a aidé
à en évaluer leur intérêt pour la question, et de
juger de leur disposition à une promotion de ces droits.
Au Cours Secondaire Protestant, notre technique
d'approche a été la suivante : entrer en contact avec les
autorités administratives afin d'arrêter avec elles un plan
approprié de recueil de l'information recherchée. Cela ne
devrait pas poser de problèmes d'autant plus que, nous les avions
déjà approchés et avions obtenu leur accord de principe
pour que notre étude se fasse dans leur établissement.
Cependant, lorsque nous nous sommes rendus sur le site le jour de
l'enquête, le responsable (le sous-directeur, chargé des
études) qui devait nous recevoir était absent. Il nous est donc
venu à l'esprit de rencontrer directement les élèves qui
se réunissaient durant leurs heures creuses, pour la plupart, à
la caféteria de l'école. Nous leur posions les questions nous
permettant de savoir s'ils remplissaient les conditions pour faire partie de
notre échantillon. Dans l'affirmative, nous leur remettions un
questionnaire à remplir que nous récupérions par la suite.
Cette technique nous a permis d'interroger la totalité des filles de la
classe de terminale (12 filles), et 4 filles de celle de première soit
16 personnes. Du côté des garçons, sur un total de 26
personnes, 16 personnes avaient également pu être
interrogés suivant cette méthode. Pour achever le travail nous
sommes retournés à la direction où le sous-directeur enfin
présent, nous a confié aux éducateurs des classes de
secondes et premières, seuls élèves qu'il nous restaient
à enquêter. Cette collaboration a été bien
difficile. En effet, ces personnes nous ont proposé de laisser nos
questionnaires qu'elles se chargeraient de distribuer et nous donnèrent
rendez-vous pour la semaine suivante vu que nous étions
déjà en fin de semaine ( un vendredi). Ces rendez-vous n'ont
malheureusement jamais été honorés. Elles nous ont fait
savoir à la dernière minute que les enfants avaient ou perdu, ou
déchiré les formulaires qui leur ont été remis ou
les avaient simplement oublié à la maison. Seul le quart (5) des
questionnaires remis a pu être récupéré par cette
voie. Les éducateurs nous ont donc proposé de leur laisser de
nouveaux questionnaires. Nous avons préféré revenir
à la formule expérimentée dès le départ afin
de boucler plus rapidement nos travaux sur cette école.
Au Lycée Moderne de Treich-ville, Mme la
Proviseure, nous a confié à un censeur qui nous a mis en relation
avec les éducateurs des classes de seconde, première et
terminale. Ici la collaboration a été des plus satisfaisantes.
L'enquête s'est déroulée en deux jours car le premier jour
les élèves des classes terminales étaient absents pour
raison d'examen (épreuves physiques du baccalauréat). Suivant le
nombre que nous avons arrêté par échantillon,
l'éducateur réunissait les élèves dans une salle
libre. Nous leur expliquions par la suite l'objet de notre présence et
leur demandions de remplir en toute liberté d'esprit le questionnaire.
Aucune résistance n'a été observée. Nous avons
récupéré sur le champ les questionnaires dûment
remplis.
Le second jour, avec les élèves des classes
terminales, nous avons eu quelques difficultés. Ces
élèves étaient très préoccupés par
leur examen qui était proche. Certains parmi eux, ont d'ailleurs
refusé de collaborer avec nous. D'autres en revanche, sont venus se
plaindre à nous parce que les contraintes de l'échantillon ne
nous ont pas permis de les intégrer dans l'étude. Ici
également les questionnaires ont tous été remplis.
4. L'enquête par la technique de l'entretien
Partant de l'idée que les droits de l'homme
constituent un domaine assez sensible, il nous a paru important de recueillir
le point de vue de certains enseignants. Cette initiative devrait nous
permettre de consolider l'analyse et l'interprètation de nos
données.
Au Lycée Moderne de Treich-ville, nous nous sommes
entretenus avec Madame la Proviseure, un censeur et trois professeurs
principaux représentant chacun respectivement les classes de Seconde,
Première et Terminale. Il y avait un professeur d'anglais, un autre
d'histoire et de géographie et un professeur d'espagnol. Les
discussions qui se sont déroulées au bureau du proviseur ont
été menées suivant le conducteur présenté en
annexe 2. Il s'agissait donc d'un entretien de groupe (focus group). Cet
entretien a duré en moyenne 15 minutes.
Au Cours Secondaire Protestant de Cocody, la
réunion des enseignants pour l'entretien a été un peu
difficile. Un professeur de mathématique et un autre de français
ont fait défection faute de disponibilité. Ils ont
néammoins été remplacés par certains de leurs
collègues dont l'un enseignant de français et l'autre professeur
d'allemand. Les débats ont eu lieu au bureau du Sous directeur pendant
au moins 15 minutes. Il s'agissait ici également d'un « focus
group » Nous avons pu ici également épuiser le
conducteur que matérialisait notre guide d'entretien.
5. Le traitement des données
Les données que nous avons recueillies au cours de
l'enquête ont été traitées avec le logiciel excel.
Le choix de cet instrument a été justifié par sa
facilité d'utilisation et sa précision dans le traitement.
C. LES RESULTATS
Les questionnaires ont été rempli par
chaque élève individuellement. Nous procédons à
l'analyse de l'opinion qui sera fournie par les élèves en les
classant en trois classes distinctes, celle des personnes très
intéressées, celle des personnes moyennement
intéressées et celle des personnes non intéressées
par une éducation aux droits humains. C'est grâce à
l'approche qualitative que cet aspect particulier a pu être mené.
En clair, en nous appuyant sur la définition de l'intérêt,
nous avons pu définir des critères permettant de créer ces
classes. Au cours de cette phase d'exploitation, nous avons relevé dans
les différents lots constitués, le nombre des variables en tenant
dûment compte de l'établissement d'origine.
1. le niveau d'intérêt selon les
apprenants
Il ressort de nos données une tendance nettement
faible à l'égard des apprenants pour qui ce thème n'est
pas d'importance. La classe des personnes intéressées reste
cependant appréciable. Celle des individus moyennement
intéressés domine. Ainsi sur un échantillon de 200
personnes, 74 sont très intéressées soit 37% ; 81
moyennement intéressées soit 40% et 45 non
intéressées soit 22%. Ce qui donne la figure suivante :

En ce qui concerne les variables indépendantes (le sexe, la
série, le statut de l'établissement), notre approche nous a
permis de constater qu'elles n'étaient pas toutes pertinentes. En
effet, les apprenants du Cours Secondaire Protestant avaient du mal à
remplir l'en-tête des formulaires sur le statut de
l'établissement. Les apprenants préféraient dire que leur
établissement avait un statut privé plutôt que
confessionnel. Et cela à raison puisque cet aspect n'intervenait pas
dans les enseignements qui leur étaient délivrés. Seuls,
des prospectus, des statues à l'entrée de l'établissement
mettaient en relief l'aspect religion. En plus, nous avons constaté que
tous les apprenants n'étaient pas de cette confession religieuse. La
justification d'une telle attitude pourrait se trouver dans le fait que la
Côte d'Ivoire est une république laïque dans laquelle
l'école est séparée de la religion. Nous avons donc
décidé d'éliminer cette variable. L'âge s'est
avéré être aussi une variable non pertinente. En ce sens,
si on retrouvait des élèves de 14 et 15 ans dans les classes de
seconde et première, on retrouvait également des
élèves de 22 et même 23 ans en classe terminale. De plus,
il est apparu que les apprenants se trouvant dans le même environnement
social étaient plus influencés par cet environnement que par leur
âge. En conséquence, le sexe et la série restaient les
variables essentielles.
2. Le niveau d'intérêt suivant le sexe
En cette matière, il est apparu de façon
constante que les filles sont plus sensibles à la question des droits de
l'homme que les garçons. En effet, 56% des filles soit 42 personnes
interrogées se sentent très intéressées par la
problématique de l'enseignement des droits humains à
l'école contre seulement 12% (9 personnes) pour qui cette question n'a
pas grande importance. Les filles moyennement intéressées sont
au nombre de 24 soit 32%. Ce qui donne la figure suivante :

Cette réaction des filles nous pousse
à penser que sur les questions des droits humains, les filles se sentent
plus concernées que les garçons. Cela peut être dû
à l'audience reconnue à la question du genre ou de la condition
féminine dans les questions d'ordre social. Le grand écart entre
les filles très intéressées et les filles non
intéressées (44%) confirme notre vision des choses.
Les hommes, au contraire des femmes, montrent moins de
sensibilité. Les hommes non intéressés (36 personnes)
sont plus nombreux que ceux qui sont très intéressés (32
personnes) par la question. Les premiers constituent 29% contre 26% de cet
échantillon. Ce que donne la figure suivante :

L'écart entre les
personnes non intéressées et celles qui le sont est très
faible (3%). Ce faible écart montre qu'une action d'envergure pourrait
vraisemblablement renverser la tendance. Et cela d'autant plus que les
moyennement intéressées sont en surnombre. Le manque
d'intérêt des garçons pour une question aussi essentielle
peut être mis sur le compte de l'euphorie de l'adolescence,
l'inconscience, l'insouciance. Il faut donc sérieusement penser
à canaliser le capital humain de cette jeunesse afin que ceux qui sont
moyennement intéressés puissent développer plus d'attrait
pour la question qui nous retient ici.
3. Le niveau de l'intérêt suivant la
série
Du point de vue de la série, les résultats
que nous obtenons ne sont pas en contradiction avec notre hypothèse de
départ. En effet, les apprenants des classes littéraires
(série A) sont effectivement plus sensibles à la question des
droits de l'homme que ceux des séries dites scientifiques ou
série des sciences exactes (série C et D). De façon
chronologique la série D précède la série C. Ce que
nous représentent les figures 4 ; 5 et 6.



Une constante est cependant observée
à diverse échelle dans notre étude. En effet, hormis la
série C, on constate que les personnes moyennement
intéressées dominent du point de vue des séries. Chez la
série C, le problème est plus important car le manque
d'intérêt est ostentatoire. Cette constatation nous permet de
faire les analyses et interprétations suivantes.
3ème PARTIE : ANALYSES ET INTERPRETATIONS
DES RESULTATS
I. L'EDUCATION AUX DROITS DE L'HOMME, UN BESOIN
FONDAMENTAL
Le besoin appartient à la nature biologique et par
ricochet, à la nature humaine. Ainsi il n'existe pas d'homme sans
besoins de quelque nature que ce soit, matériel, immatériel. La
particularité du besoin chez l'homme se révèle par son
humanisation dans le cadre de la société. Il faut
impérativement parvenir à dompter le besoin afin de ne pas en
devenir l'esclave. La liberté par exemple est un besoin. Mais dois-je
au nom de cette liberté porter atteinte à l'existence de mes
congénères ? Dois-je en un mot, exprimer cette
liberté de façon absolue, ou encore, n'importe quand ou n'importe
comment ? Ainsi on conçoit bien que les besoins compris et
acceptés par la société sont ceux qui sont indispensables
à la vie (manger, dormir, déféquer, uriner ...) ; ou
qui participent au mieux être, au progrès, à
l'évolution, au développement de cette société. On
note à priori qu'il existe une multitude de besoins qu'on peut
catégoriser. C'est pour matérialiser cela que le psychologue
américain Abraham Maslow a établi la pyramide des besoins de
l'être humain. Selon cet auteur, les besoins sont
hiérarchisés et la satisfaction d'un besoin donné permet
de passer à un autre type de besoin qui lui est supérieur dans la
hiérarchie. Tel se présente cette pyramide :

Les besoins physiologiques portent sur les besoins
primaires indispensables à la vie, dont nous venons de parler ; les
besoins de sécurité concernent le toit, les vêtements, le
foyer... ; les besoins sociaux ou de reconnaissance, touchent le besoin
d'échange, de savoir ; le besoin d'estime est le besoin de signes
d'appréciation positifs émis par les autres envers une personne
donnée ; le besoin d'accomplissement est relatif à la touche
d'individualité qui marque le caractère unique d'une personne.
Cette approche conceptuelle englobe celle adoptée
par Piéron. Pour lui29(*), c'est une manifestation naturelle de
sensibilité interne éveillant une tendance à accomplir un
acte (respirer, dormir, uriner). C'est une manifestation périodique
acquise de la tendance à accomplir certains actes devenus habituels, ou
d'utiliser des objets déterminés. La faiblesse
de la théorie de Maslow, c'est que bien que sa pyramide prenne en compte
toutes les sortes de besoin, la hiérarchie qu'il a établi ne
saurait s'appliquer de façon rigide car les besoins n'ont pas tous une
nature unique.
Dans notre cas d'espèce, le besoin
d'éducation des droits humains chez les élèves est aussi
bien un besoin de sécurité qu'un besoin social. En effet, en
dehors des besoins dits primaires, on peut admettre que les besoins n'ont pas
tous une nature fig&eac |