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République du Cameroun
Paix - Travail - Patrie
Republic of Cameroon
Peace - Work - Fatherland
Université de Douala
The University of Douala

Faculté des Sciences Economiques et de Gestion
Appliquée
Faculty of Economics and Applied Management
Mémoire
Rédigé en vue de l'obtention d'un
Diplôme d'Etudes Approfondies (DEA)
en Economie Monétaire et
Bancaire
Option : Finance
LA SOUTENABILITE DE LA DETTE DU CAMEROUN
Présenté et soutenu par
: Pierre Alain YOUMBI
DESS en Gestion
Financière et Bancaire
Sous la direction du
Professeur Georges KOBOU
Agrégé en Sciences Economiques
Doyen de la Faculté des Sciences Economiques et de
Gestion
de l'Université de Yaoundé - II à
SOA
Année Académique 2004 - 2005
Douala, Mai 2006
DEDICACE
A
mes enfants
ü Leo Lordson
ü Brice Bryan
et à
Mon épouse
ü Idalie
Chacun de vous a significativement contribué à
la réalisation de ce travail.
Recevez ici le témoignage de ma reconnaissance et de mon
affection.
REMERCIEMENTS
Si ce travail a vu le jour, c'est au Seigneur
Jésus-Christ, dépositaire et propriétaire de
notre souffle de vie qu'il convient de rendre gloire. Toutefois, nous ne
dérogerons pas à la règle en manifestant notre
reconnaissance à ceux qui, de près ou de loin, consciemment ou
inconsciemment, nous ont aidé d'une manière ou d'une autre dans
la réalisation de cette étude.
Notre gratitude va spécialement au Professeur
Georges KOBOU, qui malgré ses nouvelles et contraignantes
responsabilités à Yaoundé II SOA, est resté
disponible pour suivre ce travail. Sa rigueur sur le plan
méthodologique, son esprit critique légendaire, ses observations
et suggestions constructives nous ont aidé à développer
nos aptitudes et capacités à la recherche.
Nous sommes également redevables à l'endroit
des Professeurs Bruno BEKOLO EBE, Blaise MUKOKO, David KAMDEM
qui n'ont ménagé aucun effort pour capitaliser nos connaissances
théoriques et des Professeurs Lucien KOMBOU, Modeste ASSIGA et
Thérèse UM pour l'organisation et l'animation des
tutorats.
Nous tenons à signifier notre reconnaissance aux
camarades de DEA (Rodrigue KUITCHA, Carine ASSOMO, GUISWE,
Annick SUMO, Vigny SUNKAM, Adèle MANBOK, Christelle AWOUNANG, Carole
FOUDA, Mariam ...) pour la convivialité, l'esprit de groupe et
d'entraide qui ont régné tout au long de notre cycle.
Qu'il nous soit enfin permis d'exprimer notre profonde
gratitude à tous ceux qui nous ont facilité
l'accès aux sources des données (MM Pierre
KAMDEM de la CAA, Armand TEMMENE de la
Représentation de la Banque Mondiale, Du Prince
TCHAKOTE de la Représentation du FMI, Jean
NANA de l'INS, EBOULA du Pôle Dette de la BEAC
et de la BCEAO), à Béatrice SIMO,
Ledoux MATONG et Olivier BANGA de la
1ère promotion du DEA d'Economie Monétaire et Bancaire
qui nous ont soutenu et assisté tout au long de notre travail,
à notre famille (Père Léon KAMGANG,
parents, frères et soeurs), à notre belle
famille et enfin aux amis (L.B. TCHEKOUMI, Edgar MANGA,
Cosmas MEKA, Serge CHOUAFFI, Emile MOUTCHEU, Blaise NECHE, Hervé
MBOUTCHUENG, NKWELLE EPIE, Alain DAYAN, Georges MOUMPOU et Roche MBANYA) pour
leur soutien multiforme.
AVANT PROPOS
De la conception à la réalisation en passant
par, le choix de la démarche méthodologique, la validation du
cadre théorique et du projet de mémoire, la sélection des
modèles à tester, la recherche des données pertinentes, la
rencontre des personnes ressources, la consultation des ouvrages et articles
relatifs à la problématique traitée, les remises en cause
permanentes et la récurrence des difficultés qui parfois nous
poussait au découragement, un travail de recherche a, de tout temps,
été un exercice à la fois périlleux et exaltant. Il
marque une étape importante et symbolique dans notre formation
académique, dans notre parcours intellectuel et aussi dans le processus
d'apprentissage et d'initiation à la recherche scientifique de
qualité.
Nous avons voulu, au regard des effets négatifs du
fardeau de la dette sur le développement de notre pays, analyser la
soutenabilité de cette dette pour en ressortir, au delà de la
méthodologie officielle des Institutions de Brettons Woods (IBW), des
propositions alternatives, correctives ou complémentaires à
l'objectif de garantir la solvabilité, la crédibilité et
la croissance à long terme.
Nous n'avons nullement la prétention d'avoir
traité la question de manière exhaustive tant il est vrai que la
fécondité de la recherche sur le sujet est impressionnante et les
avis, toujours partagés. L'impossibilité d'avoir des
séries plus longues, des données plus précises, les
contraintes matérielles et logistiques sont révélatrices
de défaillances qualitatives potentielles et certaines.
Puisse ce travail être jugé dans le prisme de
ces difficultés. Loin d'être parfait, il reste perfectible
grâce à vos critiques et suggestions. Tout en appréciant
hautement la contribution et la démarche novatrice de notre encadreur,
Nous assumons seuls, la responsabilité de n'avoir pas su disposer
pleinement des possibilités infinies dans un temps et dans un espace
finis.
Pierre Alain YOUMBI
pieralayo@yahoo.fr
Tél : (237) 762 40 40
SOMMAIRE
|
Page
|
Dédicace...........................................................
|
i
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|
Remerciements................................................
|
ii
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|
Avant
Propos.....................................................
|
iii
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Sommaire.........................................................
|
iv
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Liste des
abréviations..........................................
|
V
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|
Liste des tableaux et
graphique...............................
|
vi
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|
Résumé /
Abstract................................................
|
Vii
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Introduction
générale............................................................................
|
1
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Ière Partie : De la
théorie au modèle d'évaluation des
IBW...........................
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8
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|
Chapitre - 1 Le cadre d'analyse de la soutenabilité de la
dette........................
|
9
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|
I - La capacité
d'endettement........................................................
|
9
|
|
II - L'Initiative
PPTE...................................................................
|
19
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|
Chapitre - 2 : L'évaluation de la soutenabilité de la
dette par les IBW.................
|
30
|
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|
I - Le cadre d'élaboration de la
DSA................................................
|
30
|
|
II - Mise en oeuvre et appréciation de la
DSA.....................................
|
38
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|
IIème Partie : De la théorie aux modèles
d'évaluation alternatifs.... b
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51
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|
Chapitre - 3 : L'évaluation de la soutenabilité de la
dette intérieure ...............
|
52
|
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|
|
I - Présentation des modèles
théoriques...........................................
|
52
|
|
II - L'évaluation empirique
...........................................................
|
63
|
|
|
Chapitre - 4 : L'évaluation de la soutenabilité de la
dette extérieure.................
|
73
|
|
|
|
I - Présentation des modèles
théoriques...........................................
|
73
|
|
II - L'évaluation empirique
...........................................................
|
84
|
|
|
|
Conclusion
générale........................................................................
|
94
|
|
Références
bibliographiques..............................................
|
102
|
|
Annexes.........................................................................
|
107
|
|
Table des
matières.............................................................
|
112
|
LISTE DES ABREVIATIONS
ADF :
Augmented Dickey Fuller
AID : Agence
Internationale de Développement
APD : Aide
Publique au Développement
CEMAC : Communauté
Economique et Monétaire des Etats de
l'Afrique Centrale
C2D : Contrat de
Désendettement et de
Développement
BAD : Banque
Africaine de Développement
BEAC : Banque Centrale des
Etats de l'Afrique Centrale
BIRD : Banque
Internationale pour la Reconstruction et le
Développement
BM / WB : Banque
Mondiale / World Bank
CAA : Caisse
Autonome d'Amortissement
CIRR / TICR : Commercial
Interest Reference Rate /
Taux d'Intérêt
Commercial de Référence
CNUCED / UNCTAD :
Conférence des Nations
Unis sur le Commerce et le
Développement
/ United Nations Conference
on Trade And Development
CPIA :
Country Policy and
Institutional Assessment
DF : Dickey
Fuller
DRI : Debt
Relief International
DSA : Debt
Sustainability Assessment
DSRP : Document
Stratégique de Réduction de la
Pauvreté
DTS : Droits de
Tirage Spéciaux
FASR : Facilité
d'Ajustement Structurel
Renforcée
F CFA : Franc de la
Coopération Financière en
Afrique Centrale
FMI / IMF :
Fonds Monétaire
International / International
Monetary Fund
FRPC / PRGF :
Facilité de Réduction de la
Pauvreté et pour la Croissance /
Poverty Reduction and
Growth Facility
IBW : Institutions de
Brettons Woods
IPPTE :
Initiative Pays Pauvres
Très Endettés
MCO : Moindres
Carrés Ordinaires
OCDE / OECD :
Organisation pour la Coopération et le
Développement Economique /
Organisation for
Economic Co-operation and
Development
ODM :
Objectifs de Développement du
Millénaire
ONG : Organisations
Non Gouvernementales
PAS : Programme
d'Ajustement Structurel
PMA : Pays
Moins Avancés
PIB / PNB :
Produit Intérieur
Brut / Produit
National Brut
PP : Phillips -
Perron
PPTE / HIPC : Pays
Pauvres Très
Endettés / Highly
Indebted Poor Country
PVD : Pays en
Voie de Développement
VAN : Valeur
Actualisée Nette
LISTE DES TABLEAUX ET GRAPHIQUE
|
|
Page
|
|
Tableau n° 1
|
Dette extérieure par
concéssionnalité........................................
|
4
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|
Graphique n° 2
|
Relation entre croissance et
dette.............................................
|
15
|
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Tableau n° 3
|
Passage du Cameroun au Club de
Paris....................................
|
23
|
|
Tableau n° 4
|
Les étapes du processus
PPTE..........................................
|
29
|
|
Tableau n° 5
|
Conditions moyennes des nouveaux
engagements........................
|
31
|
|
Tableau n° 6
|
Hypothèses d'évolution des agrégats
macroéconomiques de 1999 à 2010.............
|
32
|
|
Tableau n° 7
|
Récapitulatif des seuils de soutenabilité
fixés par les IPPTE I et II......................
|
37
|
|
Tableau n° 8
|
Synthèse des résultats de la recherche sur les
indicateurs de soutenabilité.....
|
38
|
|
Tableau n° 9
|
Évolution prévisionnelle du stock de la Dette
extérieure en VAN de 1999 à 2010...............
|
40
|
|
Tableau n° 10
|
Principaux indicateurs de la dette extérieure du
Cameroun de 1999 à 2010..........
|
41
|
|
Tableau n° 11
|
Ecart entre les allègements de dettes promis et ceux
effectivement octroyés .....................
|
44
|
|
Tableau n° 12
|
Composition de la dette extérieure par
devises...........................
|
46
|
|
Tableau n° 13
|
Structure des intérêts de la dette
extérieure, 1994-2002...................
|
47
|
|
Tableau n° 14
|
Etalonnage comparatif en matière de viabilité de
la dette intérieure............
|
61
|
|
Tableau n° 15
|
La soutenabilité de la politique budgétaire
.................. ...............
|
65
|
|
Tableau n° 16
|
La soutenabilité de la dette au sens de
BLANCHARD....................
|
66
|
|
Tableau n° 17
|
Indicateurs et seuils de soutenabilité de la
DRI............................
|
66
|
|
Tableau n° 18
|
Tests de stationnarité sur les
variables......................................
|
67
|
|
Tableau n° 19
|
Estimation de la relation de long
terme....................................
|
68
|
|
Tableau n° 20
|
Construction de l'index de solvabilité de COHEN
.........................
|
85
|
|
Tableau n° 21
|
La soutenabilité comptable de la dette
extérieure...........................
|
86
|
|
Tableau n° 22
|
Tests de stationnarité sur les
variables.......................................
|
87
|
|
Tableau n° 23
|
Estimation de la relation de long
terme....................................
|
87
|
RESUME
Dans notre étude, nous avons d'abord entrepris de
revisiter l'IPPTE pour ensuite explorer d'autres méthodes
d'évaluation de la soutenabilité de la dette et enfin
dégager, sur la base des résultats obtenus, les conditions
complémentaires ou alternatives qui permettent d'assurer la
soutenabilité de la dette du Cameroun à long terme.
L'utilisation de la méthode comptable et des tests de
racine unitaire et de cointégration ont permis, sur la période
allant de 1980 à 2004, de démontrer et de confirmer
l'insoutenabilité et la dette intérieure et de la dette
extérieure. En plus de relever les limites du cadre d'analyse du FMI
(hypothèses de croissance très peu réalistes,
protection insuffisante contre les chocs exogènes, non respect des
échéances et des engagements, incapacité à
restaurer la confiance,...), notre étude, en recommandant
l'intégration de la dette intérieure dans l'analyse, montre que
la réalisation de la soutenabilité de la dette passe par une
impulsion durable de la croissance économique, la mobilisation optimale
de l'épargne locale et des ressources publiques, la
préférence à un endettement de croissance, la bonne
gouvernance et l'attrait d'importants flux d'aides...
ABSTRACT
In this survey, we started by making the HIPC initiative
appraisal and by exploring other methods of debt sustainability assessments in
order to draw, from the results obtained, the complementary or alternative
conditions that can permit to reach the objective of long-term debt
sustainability.
The use of the accountant method and unit root and
cointegration tests permitted, on the active period of 1980 to 2004, to
demonstrate and to confirm that the domestic debt and the external debt are no
sustainable. In addition to raise the limits of the IMF operational framework
(overly optimistic growth assumptions, exceptional vulnerability to
external shocks, non participation of some bilateral and commercial creditors,
inability to restore the confidence, ...), our survey, while recommending
the integration of the domestic debt in the analysis of the debt
sustainability, shows that the sustainability achievement passes through a
lasting impulse of the economic growth, the optimal mobilization of the local
saving and the public resources, the preference to the growth indebtedness, the
good policies and the high aids and grants flows...
INTRODUCTION GENERALE
Après une décennie 1970 de gestion
économique prudente et rigoureuse, les années 80 démarrent
avec des chocs majeurs (faible taux de croissance, accumulation
d'importants arriérés, déficit budgétaire
insupportable) qui vont enfoncer l'économie Camerounaise dans une
crise sévère. Au milieu des années 80, les
difficultés de trésorerie face aux besoins de financements
grandissants ont astreint l'Etat à recourir massivement aux sources de
financements extérieurs. L'encours total est successivement passé
de 568 milliards de FCFA en 1980 à 1 482 milliards de FCFA en 1990,
4 193 milliards de FCFA en 1994, 4 876 milliards de FCFA en 1999 et 4 928
milliards de FCFA en 2004 (Cf. annexe n°2 pour évolution de la
dette publique entre 1994 et 2003).
Cette dette extérieure est extrêmement
élevée. La conséquence immédiate est que le service
de la dette est tellement important qu'il prive l'économie d'une bonne
partie des ressources qui auraient pu servir à financer les
investissements en infrastructures pour soutenir le secteur privé moteur
de la croissance et du développement du capital humain afin d'assurer
une forte productivité. Son accroissement a été
favorisé par plusieurs facteurs exogènes (choc
pétrolier de 1979, détérioration des termes de
l'échange, baisse des revenus des exportations des produits de base,
hausse des taux d'intérêt, baisse des prêts assortis de
conditions concessionnelles, fluctuations des taux de change, baisse des flux
d'aides, catastrophes naturelles...). Sur le plan interne, la
mauvaise gestion de la dette publique, la mauvaise allocation des ressources et
l'absence de discipline financière rigoureuse ont également
contribué à l'apparition et à l'accentuation de la
crise. C'est véritablement à partir de 1986 que le
Cameroun a connu une montée importante des déséquilibres
internes et de l'endettement externe. Après plusieurs
hésitations, le Cameroun finit par négocier avec le FMI. Le
premier accord est signé en 1988.
Malgré le recours à l'ajustement réel
obtenu par des politiques de désinflation compétitive,
malgré la réduction des dépenses et l`assainissement des
finances publiques, le Cameroun se trouve à la fin de l'année
1993 dans une situation d'impasse financière, économique et
budgétaire. La compétitivité des produits n'a pas
été rétablie et la dévaluation est devenue
incontournable. Elle intervient le 1er Janvier 1994 et alourdit da
manière mécanique l'encours de la dette extérieure.
Celui-ci se repartit en 1999 entre créanciers
multilatéraux (24,3%), créanciers
bilatéraux (72,2% dont 68,4% aux membres du club de
Paris et 3,8% aux non membres du club de Paris) et créanciers
privés (3,5%). L'annexe n°1 retrace
l'évolution entre 1994 et 2003 de la dette extérieure par
catégorie de créanciers et par créanciers. Quant
aux transferts nets (décaissements - service de la dette en
principal et en intérêt), ils ont été
régulièrement négatifs entre 1980 et 2004, confortant
ainsi les déficits externes. L'annexe n°3 montre que ces transferts
négatifs sont plus prononcés avec les créanciers
multilatéraux et privés. Pour ce qui est de la structure
des échéances, les dettes à long terme et
à moyen terme en 1999 représentent respectivement 92 et 8% du
stock total (Cf. annexe n°4). Il en ressort que les dettes
à court terme sont inexistantes. Le poids de la dette (124% du PNB
et 338% des exportations en 1995) a conduit à s'interroger sur
la soutenabilité à long terme et sur
l'opportunité de l'application éventuelle des dispositions
relatives aux Pays Pauvres Très Endettés (PPTE). Le Cameroun sera
admis à l'IPPTE le 21 décembre 2000. Le périmètre
de la dette traitée sera réduit à la dette
extérieure.
Le principal intérêt de notre
étude est d'avoir fait une analyse sans précédent et sous
plusieurs approches de la soutenabilité de la dette
intérieure. Sur les cinq dernières années
(2000 à 2004), cette dette représente en moyenne 20 % du
stock total. En 2004, son encours est évalué à 1 424
milliards de FCFA. Il se décompose en dette structurée (66%) et
en dette non structurée (34%). La dette structurée est celle
ayant fait l'objet de conventions entre les créanciers et l'Etat dans
lesquelles sont définies toutes les modalités de remboursement.
Par contre, la dette non structurée est constituée
essentiellement des arriérés constatés à une date
donnée au Ministère de l'Economie et des Finances et transmis
à la CAA pour audit et validation (Cf. annexe n°5 : Structure
détaillée dette intérieure et composition des dettes
structurée et non structurée).
Cette revue du contexte (évolution,
composition, contenu,...) montre qu'en l'absence de conditions favorables et
suffisantes, la dette publique du Cameroun peut être en butte à
des problèmes de solvabilité1(*), de liquidité2(*) et de vulnérabilité3(*). Cette préoccupation
justifie l'objet de notre recherche qui porte sur l'analyse de la
soutenabilité de la dette du Cameroun à long terme.
Pour permettre une bonne compréhension de notre travail, il va falloir
circonscrire et préciser les différentes acceptions du concept de
soutenabilité de la dette.
D'après le FMI4(*) (2002), la soutenabilité est la
situation dans laquelle un emprunteur soit capable de payer le service de la
dette sans avoir à opérer des corrections irréalistes dans
la balance des revenus et des dépenses i.e. sans recourir au
rééchelonnement, sans avoir à accumuler les
arriérés et sans compromettre la croissance. Selon
RAFFINOT5(*) (2004),
la soutenabilité se définit ordinairement par le fait
qu'à long terme, un rapport jugé pertinent entre la dette et un
flux de ressources (recettes publiques, exportations,
PNB,...) reste stable. Pour KAPPAGODA et
ALEXANDER6(*) (2004),
la soutenabilité renvoie à la capacité d'un pays
à assurer le service de la dette (extérieure
et intérieure, publique ou privée, à long et à
court terme) sans contribuer à la baisse du niveau
de vie de la population i.e. sans compromettre les objectifs du
développement à long terme. La dette publique est alors
réputée soutenable, si son encours est inférieur à
la valeur actualisée des futurs excédants primaires.
Ce concept marque une évolution par rapport au
critère de solvabilité au sens strict qui lui, met l'accent sur
la capacité de remboursement, sans emprunt supplémentaire, de
manière à éteindre ou à annuler le stock de la
dette. La soutenabilité insiste sur la capacité à payer
régulièrement le service de la dette, condition préalable
à la possibilité de continuer à recevoir des financements
extérieurs. L'objectif ici n'est pas la réduction de l'encours
mais de s'assurer que les ratios d'endettement ne connaissent pas une tendance
explosive qui empêche la poursuite de l'endettement.
Le problème de la soutenabilité est posé
lorsque certains auteurs (RAFFINOT7(*), 2004) ne comprennent pas comment un pays peut avoir
des difficultés à rembourser une dette contractée à
des taux d'intérêts si faibles (0,75% dans les cas des
prêts de l'AID et de la BM), à des conditions si favorables
(durée de 40 ans et 10 ans de différé pour ces
même prêts, part élevée des dons dans le financement
total).
Tableau n° 1 : Dette extérieure par
concessionnalité
Source
: CAA, 2005
Le parcours du tableau n°1 montre que la proportion de la
dette non concessionnelle dans la dette extérieure du Cameroun n'a
jamais été dominante. En passant de 45,2% en 1994 à 0,4%
en 2002, la tendance à avoir une dette exclusivement concessionnelle se
dessine à l'horizon.
Dans la pensée économique même, la
controverse sur l'efficacité de l'endettement est encore plus vive. Il y
a comme un rejet systématique de l'emprunt extérieur par les
marxistes et une tendance générale à la contestation de
son utilité chez les classiques. Selon RICARDO (1817), les citoyens
voient dans l'emprunt un impôt dans le temps et se comportent comme s'ils
sont contraints de payer un impôt ultérieurement pour rembourser
cet emprunt quelque soit le décalage intergénérationnel.
R. BARRO (1985) montre qu'une politique de déficit budgétaire
financée par l'emprunt reste sans effet sur l'activité
économique dans la mesure où les agents ne sont pas victimes de
l'illusion fiscale. Ils anticipent une hausse des impôts destinés
à rembourser l'emprunt en constituant une épargne d'un montant
équivalent à l'endettement public (théorème
d'équivalence BARRO- RICARDO). Pour ADAM SMITH, la dette est
pernicieuse et ne doit pas être encouragée. Elle incite le
souverain à des dépenses inutiles et favorise
l'irresponsabilité. J.B. SAY pense qu'il faut limiter l'emprunt public
parce qu'en plus d'alimenter la consommation publique, destructrice de richesse
et de valeur, il fait intervenir le paiement des intérêts. VON
HAYEK (1989) dénonce l'endettement comme étant une croissance
artificielle, fondé sur un investissement supérieur à
l'effort d'épargne de la nation. Avec ROSA LUXEMBURG, l'emprunt
international apparaît comme un moyen de d'émancipation pour les
jeunes Etats capitalistes et de tutéllisation des jeunes pays, de
contrôle de leurs finances et de pression sur leur politique
étrangère, douanière et commerciale.
LENINE pour sa part, pense que les prêts visent à
augmenter les profits ou à encourager l'exportation des marchandises des
pays créanciers et contribue au partage du monde entre les pays
capitalistes où s'est développé et
généralisé la concentration.
Il reste toutefois des courants comme celle de l'analyse
Keynésienne, qui montre que l'endettement n'entraîne de
coûts ni pour les générations présentes, ni pour les
générations futures du fait des investissements nouveaux qu'il
génère. L'endettement favorisant ainsi la relance de la demande,
entraîne par effet accélérateur une augmentation plus que
proportionnelle de l'investissement qui provoque à son tour une hausse
de la production. Le déficit budgétaire auquel correspond
l'emprunt stimule la demande et permet d'alléger le coût de son
remboursement. Ils pensent néanmoins qu'un recours illimité
à l'emprunt public sur le marché des fonds prêtables a un
effet contraire au développement de la demande finale.
Sans avoir la prétention de trancher ni de prendre
position, nous estimons néanmoins que cette interrogation de RAFFINOT et
de beaucoup d'autres auteurs, au delà de sa pertinence, peut impulser la
recherche sur les raisons fondamentales de l'improductivité et de
l'inefficacité structurelle de la dette.
Il faut mentionner qu'il existe une abondante
littérature théorique et empirique sur la soutenabilité de
la dette. Ce concept révèle une dimension plurielle en ce sens
qu'on parle de soutenabilité de la dette intérieure,
extérieure ou de la dette publique, de soutenabilité des
politiques budgétaires ou fiscales, de la soutenabilité des
déficits publics, de la soutenabilité du compte courant ou de la
capacité de remboursement externe, de la soutenabilité des
finances publiques, de l'endettement soutenable ou supportable, de
l'endettement optimal... Dans le cadre de notre étude, nous nous
intéressons principalement à la soutenabilité de la dette
intérieure et extérieure et par ricochet, à la
soutenabilité des politiques budgétaires et des déficits
publics. Notre choix est essentiellement motivé par l'actualité
du thème et la disponibilité des données statistiques
permettant une évaluation empirique. Les premières études
de la soutenabilité de la dette publique sont conduites au début
de la décennie 80. MINSKY (1986) fut le premier à mettre en
exergue la soutenabilité financière de la politique fiscale.
EISNER et PIEPER (1984) analysent la soutenabilité à long terme
de la dette fédérale des États Unis. Beaucoup d'autres
auteurs ont étudié la soutenabilité des politiques
budgétaires (HAMILTON et FLAVIN, 1986 ; KREMERS, 1988; TREHAN
et WALSH, 1988; WILCOX, 1989; TREHAN et WALSH, 1991; HAKKIO et RUSH, 1991;
SAWADA, 1994 ; QUINTOS, 1995; FEVE et HENIN,1998;. GREINER et SEMMLER,
1999, MOISSERON et RAFFINOT, 1999; LEACHMAN Francis, 2001; Frederico JAYME,
2001 ; R. JHA, 2001...). A coté de ces évaluations par
les modèles, il existe des évaluations par des indicateurs
(IBW, DRI, BLANCHARD, ...). Dans cette approche, la dette est
soutenable lorsque les ratios d'endettement sont inférieurs aux seuils
fixés.
En partant de l'hypothèse selon laquelle la dette est
une nécessité (financement du déficit
budgétaire, du déficit entre épargne et investissement ou
du déficit de la balance courante), nous avons voulu, dans
le cadre de ce travail, revisiter l'IPPTE donc l'objectif affiché est de
rendre la dette soutenable à long terme. A cet effet,
il est légitime de chercher à savoir si les modèles
d'évaluation de la soutenabilité adoptés, les solutions
de sortie de crise préconisées, les modalités
proposées et leurs applications pratiques sont en voie de garantir une
telle évolution. Sans remettre en cause cette initiative, notre
démarche consiste à explorer d'autres méthodes
d'évaluation susceptibles de l'améliorer et de susciter la
recherche de solutions alternatives d'analyse, de relecture ou de renforcement
des politiques actuelles capable de garantir véritablement la
soutenabilité de la dette à long terme (au delà du
point d'achèvement) et d'impulser durablement la croissance
économique.
La présentation analytique et critique des approches
théoriques de la capacité d'endettement, de l'IPPTE (chapitre
1) et des articulations de la Debt Sustainability Assessment (DSA) du FMI
(chapitre 2) va servir de repère à la
présentation des modèles d'évaluation de la dette
intérieure (chapitre 3) et de la dette extérieure
(chapitre 4), lesquels modèles seront testés grâce
aux deux techniques suivantes :
La méthode comptable. Elle consiste en
des évaluations pas à pas, année par année, et qui
permet des simulations pour le futur proche;
La méthode actuarielle. Elle est mise en oeuvre en
recourant aux tests de racine unitaire et de cointégration.
Les données sont annuelles et sont pour la grande
majorité issues de la base de données Cameroon Data
(1965-2007) reconstituée par la Représentation de la
Banque Mondiale (BM) au Cameroun à partir du World
Development Indicators 2005, de
Global Development Finance
2005 (publiés par la BM) et de International
Financial Statistics 2005,
Government Finance and
Statistics 2005 (publiés par le FMI). La
série sur le service de la dette intérieure a été
obtenu auprès de la CAA. L'existence de plusieurs séries
incomplètes et le démarrage de la crise de la dette dans les
années 80 justifient le choix de la période d'étude qui
va de 1980 à 2004. Les données de l'analyse de la dette
intérieure sont exprimées en FCFA tandis que celles de la dette
extérieure sont exprimées en dollars US.
Ière PARTIE
DE LA THEORIE AU MODELE D'EVALUATION DES
IBW
Les analyses et théories relatives à la
capacité d'endettement ou de paiement ont fortement inspirés la
démarche des institutions financières internationales en
matière de conceptualisation et d'opérationnalisation de la
soutenabilité de la dette des PMA.
Pour baliser ce vaste champ théorique, nous avons
choisi de présenter tour à tour les canaux et les moyens par
lesquels l'endettement agit sur la croissance, la durée et les
étapes d'un cycle de dette, les effets d'un endettement excessif sur la
croissance et enfin la capacité de transfert élargi.
L'IPPTE est proposée à partir de 1996 pour
faire face à la crise récurrente de la dette qui sévit
depuis les années 0. Cette initiative repose sur un modèle
d'évaluation spécifique appelé Debt Sustainability
Assessment (DSA). Cette DSA s'articule autour des hypothèses et
projections faites sur la croissance à court et à moyen terme des
agrégats, des reformes macroéconomiques à entreprendre,
des ratios et seuils de soutenabilité à respecter.
En dernier ressort, une appréciation sera faite sur sa
mise en oeuvre de même qu'on relèvera ses limites
théoriques et empiriques.
CHAPITRE I
LE CADRE D'ANALYSE DE LA
SOUTENABILITE DE LA DETTE
Les premiers travaux relatifs à la
capacité de remboursement de la dette des Pays Moins Avancés
(PMA) remontent à la fin des années 50. L'on peut par exemple
citer AVRAMOVIC8(*) (1958),
AVRAMOVIC9(*) et al. (1964),
ALTER10(*) (1961),
GULHATI11(*) (1967). Ces
études, qui étaient effectuées grâce à
l'appui financier de la Banque Mondiale (BM), se déroulaient dans un
contexte caractérisé par une croissance rapide de l'endettement
public international. Depuis lors, et particulièrement après
l'irruption de la crise de la dette dans les années 80, la
littérature relative à la capacité de remboursement reste
toujours sujette à un manque de consensus. Cela se traduit par la
multitude des approches théoriques et empiriques. L'analyse des
caractéristiques et des implications de l'Initiative Pays Pauvres
Très Endettés (IPPTE) va permettre d'illustrer le choix des
bailleurs de fonds en ce qui concerne le cadre d'analyse de la
soutenabilité.
I - La capacité d'endettement.
La question de la capacité d'endettement renvoie
à deux types de préoccupations :
Quel
est le niveau optimal de la dette?
Quel
est le montant maximal qu'un pays peut emprunter sans avoir à
compromettre sa croissance et la création additionnelle de la
richesse?
Pour répondre à ces questions, nous avons
choisi de parcourir quelques modèles d'endettement.
A - L'approche par l'endettement optimal
L'approche par l'optimisation est la principale
démarche des premières littératures théoriques.
Le niveau optimal de la dette est celui pour lequel le
bénéfice marginal et le coût marginal de l'emprunt
s'égalisent. Cette optique d'analyse va nous permettre de
parcourir à titre d'illustration les modèles d'endettement
croissance et le modèle du cycle de la dette.
1 - Le modèle d'endettement -
croissance
Le modèle d'endettement croissance (growth cum
debt) considère la capacité d'endettement en terme
d'avantages et de coûts d'emprunts nécessaires pour assurer la
croissance économique. La dette extérieure doit être dans
ce cas affecté essentiellement à l'investissement.
Cette approche montre qu'un pays est solvable ou peut continuer
à s'endetter chaque fois que le taux de croissance du PIB est
supérieur ou égal au coût de la dette mesuré par le
taux de l'intérêt.
Dans le modèle de QUAYUM12(*) (1966), l'assistance
étrangère a pour rôle de permettre une utilisation plus
complète des ressources intérieures. Les flux empruntés
vont entraîner, par leur effet sur la croissance, un accroissement de
l'épargne interne, et ces effets sont tels qu'ils se substituent au fur
et à mesure à la dette, jusqu'à ce que cette
dernière devienne nulle. Cependant ce modèle ignore les risques
de substitution du capital interne par le capital étranger et de reflux
de fonds vers l'extérieur en rémunération du capital
interne rendu oisif après que le capital étranger ait
accaparé toutes les occasions rentables d'investissement.
CHENERY et STROUT13(*) (1966) pensent qu'il est possible de
déterminer, pour un Pays en Voie de Développement (PVD)
donné dont l'épargne domestique est inférieure au besoin
de financement et qui veut accélérer son processus de croissance
pendant une période déterminée, le volume des ressources
extérieures dont il a besoin. L'objectif est de trouver, à partir
d'un taux de croissance objectif, lui-même déterminé d'une
part, par les potentialités de l'économie et d'autre part par le
caractère limité de l'assistance étrangère, un
niveau d'endettement optimal. Ce serait l'endettement juste
nécessaire pour combler l'écart entre l'investissement requis
pour atteindre un taux de croissance objectif donné et l'épargne
domestique disponible. Le modèle de CHENERY et STROUT a
été critiqué sur les aspects suivants :
La
conception linéaire du développement qui repose sur les
étapes à parcourir et des lois universelles à
respecter ;
Le
facteur capital est le seul déterminant de la croissance.
L'approche de R.Z. ALIBER14(*) (1980) appréhende l'endettement optimal en se
posant la question de savoir si les PVD n'ont pas fait d'erreur en empruntant
trop et si les banques internationales n'ont pas eu tort de trop prêter.
Pour lui, les implications de la croissance de la dette peuvent être
analysés séparément selon qu'il s'agit du problème
de solvabilité ou celui de liquidité.
Pour assurer la solvabilité à long terme :
le taux
d'intérêt réel sur la dette extérieure additionnelle
doit être égal à la productivité marginale du
capital c'est-à-dire de l'investissement rendu possible grâce
à l'augmentation de la dette ;
Le taux
de croissance de la dette extérieure en termes réels doit
être égal au taux d'intérêt réel. La dette
croît au même rythme que la capacité du pays à
assurer le service de la dette.
La détermination de la dette optimale en terme de
liquidité revient à choisir un rythme de croissance de la dette
en rapport avec la capacité à assurer le service de la dette.
Le modèle d'endettement croissance montre que le niveau
d'endettement est positivement corrélé avec le niveau
d'écart entre l'investissement et l'épargne domestique.
L'approche ci-dessous montre plutôt que la dette obéit à un
cycle.
2- Le modèle du cycle de la
dette
La théorie du cycle de la dette est l'aboutissement de
l'approche néo-classique de l'endettement optimal dans la mesure
où elle indique la façon dont devrait normalement évoluer
la dette d'un pays. D'après AVRAMOVIC15(*) (1964), l'auteur de cette théorie, un pays qui
veut mettre fin à la situation stagnante de son économie et
arriver à une croissance auto entretenue doit nécessairement
passer par certaines étapes qui se traduisent, du point de vue de son
endettement extérieur, par le passage de sa position de jeune
débiteur au début de son processus de croissance à celui
de créancier - exportateur de capitaux. Entre ces extrêmes, il
aura franchi l'étape de débiteur adulte et celle du jeune
créancier. La croissance obtenue grâce aux capitaux
étrangers permet, au bout d'un certain temps, une augmentation
suffisante de la propension marginale à épargner de telle sorte
que la dette extérieure décroisse et que le pays passe d'une
situation de débiteur à celle de créditeur.
La condition essentielle pour que le ratio de la dette sur le
PIB puisse décroître dans le temps est que le taux de croissance
de l'économie soit supérieur au taux d'intérêt sur
les prêts. De même, la productivité du capital
emprunté doit au moins être égale aux charges à
payer.
De façon générale, AVRAMOVIC distingue
trois étapes étroitement liées à l'allure du
développement économique dans le cycle de la dette :
Dans la première étape,
l'épargne intérieure est insuffisante pour les besoins de
financement qui tendent à s'accroître. Cela oblige le pays
à emprunter pour financer partiellement les investissements et, en
même temps, une partie est consacrée à payer les
intérêts qui s'accumulent avec le temps. L'emprunt vient donc
accroître les ressources disponibles sans que le pays ne puisse encore
faire face à la charge du service de la dette ;
Dans la deuxième étape, l'épargne
intérieure finance déjà une partie importante des
investissements, mais elle est encore insuffisante, et ce d'autant plus que le
poids des intérêts et l'amortissement de la dette se font sentir.
La dette continue donc à croître et ce, jusqu'au seuil culminant
où il cesse d'augmenter. A partir de ce point, l'épargne
intérieure suffit aux besoins d'investissement et permet, en même
temps à l'économie dont la croissance s'est
accélérée, de supporter la charge de
l'intérêt et de l'amortissement de la dette ;
La troisième étape est celle où la dette
amorce son déclin, l'épargne intérieure est
supérieure à l'investissement. L'encours global de la dette
décline, l'emprunt tend alors vers zéro.
La durée d'un cycle varie en fonction des
hypothèses faites sur le taux de croissance objectif, les taux moyen et
marginal de l'épargne, le taux d'investissement, le taux
d'intérêt moyen et la durée moyenne des
prêts. Toutefois, AVRAMOVIC suppose qu'en partant d'une
dette nulle, le cycle de la dette peut durer 36 ans dont 26 ans la phase de la
croissance et 10 ans pour la phase de décroissance. D'après lui,
la maîtrise du cycle de la dette peut être sujette aux effets
perturbateurs ou variables perturbantes (structure défavorable de la
dette, difficultés de balance de paiements dues à
l'instabilité des recettes d'exportation et à la fuite ou aux
mouvements de capitaux, pressions inflationnistes intérieures). Il
recommande la mise en place d'une politique de stabilisation qui permette
l'accumulation des réserves pendant les années fastes en vue de
leur utilisation pendant les périodes de crise, l'adoption des
politiques d'investissement orientées vers les secteurs d'exportation et
le recours au financement compensatoire dont celui du FMI. Toutes ces mesures
conjuguées permettront de raccourcir le cycle de l'endettement, de
garantir la capacité de servir la dette et d'assurer la croissance.
BEKOLO - EBE16(*) (1985) fait remarquer que la longueur du
cycle dans les hypothèses optimistes de l'auteur ne correspond pas
à l'expérience des PVD où, malgré
l'ancienneté du processus d'endettement, le cycle n'a jamais
été clos. Cela amène à s'interroger même sur
la capacité de la dette à permettre la croissance.
TOUNA MAMA17(*) (1985) pense que la dette des PVD, loin
d'évoluer selon le cycle normal évoluerait selon ce que AVRAMOVIC
appelle le cycle de « longue haleine ». Il serait
un cycle beaucoup plus long que le cycle « normal » de 36
ans. Sa longue durée s'expliquerait principalement par :
Une
épargne initiale très faible du fait du bas niveau de revenu par
tête ;
Un
faible taux de rendement du capital en terme de valeur
ajoutée ;
Un
rythme rapide de la croissance démographique ;
Des
possibilités d'obtention des devises étrangères
limitées du fait de la spécialisation en produits primaires.
Souscrire à la thèse du cycle de la dette
revient à souscrire à la thèse du développement
linéaire qui, elle, ignore les phénomènes de
capacité maximale d'endettement au-delà de laquelle les effets
négatifs sont dominants.
B- l'approche par la capacité d'endettement
supportable
La dette des PVD ne se pose pas en terme de
détermination d'un endettement optimal compte tenu d'un taux de
croissance par eux choisi, mais, en terme de capacité de remboursement.
Celle-ci va déterminer la capacité maximale de d'endettement i.e.
le seuil d'endettement supportable. Pour rendre compte de cette approche, nous
allons nous appesantir sur la théorie de la «debt overhang» et
sur celle de la capacité de transfert élargi.
1 - La théorie de la « debt
overhang »
Dans la seconde moitié des années 90, les
conséquences négatives d'un endettement excessif sur la
croissance des pays pauvres commencent à susciter une attention
croissante. La debt overhang ou fardeau virtuel de la
dette est défini comme étant une situation dans
laquelle se trouve un pays débiteur, telle que l'encours de sa dette est
très élevé si bien que toute stratégie
d'investissement est dépourvue d'efficacité. Cette
inefficacité des stratégies d'investissement demeure, à
moins qu'il n'y ait une réduction du stock de la dette ou de son service
(Claesseus et Diwan18(*), 1989).
La plupart des PVD ont bénéficié pendant
les décennies passées, d'importantes entrées de capitaux
étrangers à titre de prêts souvent contractés
à des taux d'intérêt très concessionnels. Le constat
fait montre de ce que le remboursement du stock de la valeur actuelle restante
est «non seulement virtuellement impossible mais également
contre productif et contraignant pour les pays pauvres »19(*). S'assurer des
effets positifs d'un endettement extérieur c'est savoir à partir
de quel niveau la dette extérieure a un effet négatif sur les
performances économiques du pays emprunteur i.e. le niveau
au-delà duquel toute accumulation supplémentaire n'est pas
souhaitable. PATTILLO et al (2002)20(*), après avoir construit une courbe de LAFFER de
la dette montrent qu'au delà du point d'inflexion, une multiplication
par deux du montant de la dette a pour effet de diminuer le taux de croissance
de l'économie de 0,5 à 1%. Elles montrent également
(Cf. graphique n° 2) que la dette a un effet négatif sur
la croissance lorsqu'elle représente 160 à 170 % des exportations
ou 35 à 40% du PIB. Quant à la productivité marginale,
elle commence à décroître lorsque la moitié des
valeurs précédentes est atteinte.
Contribution de la dette
au taux de croissance
annuel par tête (en%)
Seuil fixé par l'IPPTE
1.0
A
0,5
B
150 165 VAN Dette/Exportations en (%)
0,5
-1,0
Graphique n°2 : Relation
entre croissance et dette
Source : PATTILO, POIRSON H., RICCI Luca
(2003) p.31
La théorie du fardeau virtuel de la dette stipule que
s'il dévient vraisemblable que les services futurs de la dette
dépasse la capacité de paiement d'un pays, le coût du futur
service de la dette va décourager les investisseurs tant locaux
qu'étrangers (KRUGMAN21(*), 1988, SACHS22(*), 1989). Les investisseurs potentiels vont ainsi
craindre que la charge fiscale ne s'accroisse dans la mesure où l'Etat
devra augmenter ses revenus pour faire face au service de la dette. Au
delà de la baisse de l'incitation à investir, on peut même
assister, d'après CALVO23(*) (1998) à une sortie massive des capitaux
à la recherche des placements plus rentables et sûrs.
Dans un environnement d'endettement excessif,
SERVEN24(*)
(1997) montre que les investissements
réalisés sont majoritairement le financement des activités
commerciales à court délai de récupération. Les
investissements productifs à long terme, plus risqués et
irréversibles attirent moins. Cette mauvaise allocation va incidemment
réduire l'accumulation globale du capital et compromettre par
conséquent la croissance.
L'apport décisif de PATTILLO et al25(*) (2003) réside dans la
relation qu'elles établissent entre endettement excessif, croissance,
bonne ou mauvaise politique et niveau des aides reçues. Quelque soit
l'importance des aides reçues, le fardeau de la dette affecte plus
négativement la croissance d'un pays où règne la mauvaise
gouvernance que la croissance de celui qui pratique la bonne gouvernance. La
combinaison aides reçues élevées et bonne gouvernance est
la principale exigence pour moduler et atténuer de manière
significative les effets négatifs d'un endettement excessif.
Les travaux de B. EICHENGREEN et R. PORTES26(*) (1986) sur l'identification
des déterminants du stock de la dette montrent qu'un endettement
excessif et le défaut de paiement tendent à réduire le
taux de croissance réelle et la crédibilité de l'Etat.
2- La capacité de transfert
élargi
Ayant défini la capacité de paiement d'un pays
comme le maximum transférable à l'étranger, Keynes
réduit cette capacité de transfert au surplus exportable. Il
pense toutefois qu'un pays ne doit pas transférer tout son surplus de
production au risque de briser le ressort de l'activité. Il semble
d'après TOUNA MAMA27(*) (1985) qu'entre la notion de surplus exportable et de
surplus total de production, il existe une notion intermédiaire de
surplus plus englobante qu'il assimile à la capacité de transfert
élargi.
Pour décomposer cette capacité de transfert
élargi, il part de la décomposition Keynésienne du revenu
global.
R = C + I + X - M (1.1)
Avec R, C, I, X, M respectivement le revenu global, la
consommation des ménages, l'investissement net, les exportations et les
importations, I + X - M est considéré comme le surplus total de
production.
Sachant que Keynes définit l'épargne (S) comme
l'excès du revenu distribué aux ménages (Y) sur la
consommation (C), l'on peut déduire que :
S = Y - C (1.2)
A partir de la relation (1.1) et (1.2), la capacité
Keynésienne de transfert à l'étranger
s'écrit :
R - Y = (I - S) + (X - M) (1.3)
R - Y est le revenu non distribué, autrement dit,
le gain obtenu de la dette est égal à la différence entre
l'investissement net de la période et le flux de financement.
(X-M) est le solde de la balance commerciale ou
excédent commercial ou encore surplus des exportations sur les
importations.
(I - S) est le surcroît de valeur accumulée
des investissements sur l'épargne des ménages. Cet
excédent, aussi appelé autofinancement est réductible au
surplus de la valeur accumulée sur les sources externes de financement.
Il peut s'agir d'un financement direct (actions, obligations) ou d'un
financement indirect (crédits bancaires).
I - S n'est pas nécessairement nul dans la mesure
où S est ici l'épargne des ménages. L'équation
(1.3) indique que si la différence (I - S) est positive, la
capacité de transfert du pays est élargie par rapport à
son niveau maximum (X - M). Dans le cas contraire, cette capacité est
restreinte.
La capacité de paiement d'un PVD est égale
à sa capacité de transfert élargi (X - M + I - S), qui
détermine elle-même son seuil d'endettement supportable ou niveau
maximal d'endettement dans la mesure où le service de la dette est au
plus égal à (X - M + I - S).
En admettant par simplification que la monnaie a pour seules
contreparties les crédits aux entreprises et les créances
à l'étranger, il vient que :
S = F + X - M (1.4)
où F désigne le flux de financement externe
des entreprises (dettes).
D'où l'on peut déduire
I - F = I - S + X - M (1.5)
La relation (1.5) montre ainsi l'identité de la
plus-value (I - F) et de la capacité de transfert élargi (I - S +
X - M). Le transfert élargi signifie le transfert à
l'étranger des plus-values financières.
De cette relation, on déduit R - Y = I - F
La grandeur I - F définit donc la capacité
d'endettement extérieur du pays débiteur. Elle est la limite
au-delà de laquelle tout nouvel emprunt doit être
considéré comme non remboursable.
Selon F. POULON28(*) (1988), cette notion revêt une double
dimension :
d'une
part elle peut être entendue au sens du stock et désignera alors
l'encours maximum d'emprunt extérieur qu'est sensé supporter un
pays débiteur à une moment donné ;
d'autre
part, elle peut être entendue au sens de flux et représentera
ainsi le transfert maximum vers l'étranger que le pays peut supporter.
Cette capacité annuelle d'endettement ou de remboursement est
appelée capacité flux ou capacité de transfert ou
capacité de paiement.
La grandeur I - F doit toujours être positive (I - F 0)
pour que le pays soit en mesure d'honorer ses engagements.
L'analyse de la capacité optimale et maximale de
remboursement a permis sur le plan théorique d'appréhender les
approches plurielles du concept de la soutenabilité. Dans la section
suivante, nous mettrons l'accent sur l'approche défendue par les IBW
dans le cadre de l'IPPTE.
II - L'Initiative PPTE
La question du poids de la dette, comme nous l'avons vu
précédemment est fondamentale. Un surendettement compromet la
croissance à long terme ainsi que la capacité à se
développer et à lutter contre la pauvreté. C'est
l'allègement du poids de la dette des PVD en vue de la rendre
soutenable qui a présidé à la mise en oeuvre de
l'IPPTE. Avant de présenter ses principales articulations et
ses conséquences, nous avons estimé judicieux d'interroger pour
comprendre les causes et la justification de l'initiative en faveur des
PMA.
A - Les origines
Les causes les plus significatives sont à chercher
dans l'apparition dans les années 80 d'une crise récurrente de la
dette qui n'a reçu jusqu'en 1996 que des thérapeutiques
inappropriées. Il est question de mettre en lumière les facteurs
qui n`ont pas permis d'assurer la réussite des politiques de
stabilisation et d'aménagement de la dette.
1- La crise de la dette.
Le concept de soutenabilité de la dette a
été conçu pour faire face à la crise de la dette
que traversait la plupart des PVD. Les causes ou les déterminants de
cette crise ont fait l'objet d'une vaste littérature.
D'après McFADDEN et al29(*). (1985), on parle de crise lorsque l'une des trois
conditions est remplie :
Le
montant des arriérés de paiement (en principal et en
intérêt) représente une proportion importante
(environ 10%) du stock de la dette ;
Le pays
recourt au Club de Paris ou aux créanciers bilatéraux pour
solliciter des allègements sous forme de rééchelonnement
ou d'annulation de la dette ;
Le pays
recourt au FMI pour le rééquilibrage de la balance de paiements
à travers des financements non concessionnels prévus par les
Stand by Arrangement / Extended Fund Facilities.
BERG et SACHS30(*) (1988) situent l'origine de la crise dans la
répartition inéquitable des revenus, dans l'absence d'ouverture
commerciale et dans les fortes pressions politiques conduisant à un
endettement excessif.
DETRAGIACHE et SPILIMBERGO31(*) (2000) étudient
l'importance des facteurs de liquidité tels que la dette à court
terme, le service de la dette, le niveau des réserves internationales
dans la prédiction des crises de la dette. Selon ces critères, le
Cameroun a subit en 1979 et en 1985 les contrecoups d'une crise de la dette.
REINHART, ROGOFF et SAVASTANO32(*) (2003) mettent l'accent sur le rating qui mesure la
perception par les investisseurs institutionnels de la probabilité de
l'occurrence d'une crise de la dette. Nous rappelons que le rating est
construit à partir de l'historique de la stabilité
macroéconomique du pays et des remboursements et du poids de l'encours
global de la dette.
AART KRAAY et NEHRU VIKRAM33(*) (2003) à la suite de
McFADDEN fixent les seuils de déclenchement de la crise
à 5% du montant de l'encours pour les arriérés de
paiements et à 50% pour le niveau d'engagement du quota prévu
pour le pays par le FMI. Ils montrent également que la crise de la dette
a été favorisée par le poids de l'encours, la faiblesse
des politiques et la qualité des institutions (gouvernance),
les faibles taux de croissance réels et l'impact des chocs externes
(taux de change réel, terme de l'échange). L'application
de l'approche de AART KRAAY et NEHRU VIKRAM sur le Cameroun
révèle qu'entre 1987 et 2000, les indicateurs de la crise de la
dette ont été de 10% pour le ratio arriérés sur le
stock de la dette et de 22% d'utilisation de son quota.
D'après FAMBON34(*) (2002), l'actuelle crise de
la dette Camerounaise est l'aboutissement d'un long processus d'incubation. Ses
racines sont pour une large part ancrées dans la structure de
l'économie mondiale moderne. Les effets positifs de la croissance
économique soutenue et régulière, imputables à
l'expansion de la production agricole exportable, au développement des
activités forestières et des industries de substitution à
l'importation et à la mise en exploitation des ressources
pétrolières à partir de 1978, seront contrariés par
un ensemble de facteurs :
Le
déficit presque chronique du solde des paiements courants de 1977
à 1986 ;
Les
effets des chocs exogènes consécutifs à la
détérioration des termes de l'échange, à
l'étroitesse de la base productive, à la forte proportion de
l'importation des biens et services de première nécessité
destinés à la consommation et à l'investissement, à
la chute des cours du pétrole à 10 $ le baril en 1986 contre 27 $
en 1985 et à la chute des cours du $ à partir de 1985 ;
Le
déficit et les mauvaises performances des entreprises publiques et
parapubliques ont obligé l'Etat à consentir des concours
financiers importants en terme de subvention de l'ordre de 150 milliards de
FCFA en 1993 (équivalent de 50% des recettes
pétrolières totales et 18% des dépenses publiques
totales) ;
La croissance vertigineuse des taux d'intérêts réels
sur le marché international. Ils sont passés des niveaux
très faibles, voire négatifs dans les années 70 à
des taux dépassant 9% au début des années 80.
Au commencement de la crise, le gouvernement n'a pas
immédiatement réagit par un ajustement de sa demande interne et
une rationalisation de sa gestion. Au contraire, l'endettement a
été maintenu en vue d'achever certains projets jugés
prioritaires et d'entretenir les dépenses difficilement
réductibles. La conjonction de tous ces facteurs a contribué
à l'aggravation du poids de l'endettement du pays. Les
arriérées de règlement commencent à s'accumuler. En
1997, le taux de remboursement35(*) moyen pondéré du Cameroun est non
seulement inférieur à 50% du montant contractuel, mais il est le
plus faible des PPTE.
2 - Les limites des politiques d'ajustement et
d'aménagement de la dette
Les programmes de stabilisation du FMI ont eu pour ambition
de sortir les pays en crise du cercle vicieux de la dette. Leur application est
la condition nécessaire à tout accord de
réaménagement. Ils ont été mis en place à la
suite d'une rupture des grands équilibres internes, dont le
déséquilibre de la balance de paiements est le reflet, pour
conduire au raffermissement de la capacité de remboursement du pays
emprunteur. Le programme s'articule autour des mesures :
de
politiques monétaires (contrôle et restriction du
crédit bancaire, levée de toute mesure de contrôle de
change, dévaluation...) ;
de politiques budgétaires (restriction des dépenses
publiques, élargissement de l'assiette de l'impôt, gel des
salaires, levée de tout contrôle des prix...) ;
visant
une plus grande libéralisation de l'économie (levée
des restrictions aux importations, encouragement des investissements
extérieurs, réduction de la taille du secteur
public...) ;
L'efficacité de telles mesures est hypothétique
pour plusieurs raisons :
Le
contrôle de crédit s'est traduit par un accroissement des taux et
une diminution de l'incitation à investir ;
La
réussite d'une dévaluation suppose d'une part une
élasticité très forte de la demande au prix et d'autre
part, l'existence des capacités de production disponibles permettant un
accroissement rapide de la production dans le secteur d'importation et une
adaptation du secteur productif pour répondre aux variations des prix
sur le marché. Etant donné la rigidité des structures et
les longs délais d'ajustement, les effets bénéfiques ont
été très faibles ;
Une
accentuation du chômage lié à la contraction de la demande
interne, à l'accroissement des coûts de production et à
l'absence d'ouverture des marchés extérieurs ;
La
liberté de transfert s'est traduite à terme par un reflux
important de fonds qui n'ont pas manqué à nouveau d'exercer de
fortes pressions sur la balance des paiements.
Dans le processus de recherche des solutions à la
crise d'endettement, le Cameroun a eu à bénéficier de
plusieurs types de aménagement de sa dette tels que la
conversion de dettes36(*)
(ces opérations ont eu lieu avec la France pour 41,4
milliards de FCFA37(*) en
application des résolutions du sommet France Afrique tenu à
Libreville en 1992), le rééchelonnement38(*) (d'après
le tableau n°3, le Cameroun est passé six fois au Club de Paris,
les créanciers privés réunis au sein du club de Londres
ont eu en 1992, à rééchelonner un montant de 90 milliards
de F CFA de l'encours de la dette privée), le
refinancement39(*), le rachat des dettes40(*), le
reprofilage des dettes41(*) et les annulations
d'échéances consolidées (75 millions de $ en Avril
1991 par les États Unis), de l'encours APD (en janvier 1994 par la
France) et de 5% des intérêts sur le principal (en 1990 par
la France).
Le tableau suivant synthétise les accords de
restructuration de la dette publique bilatérale (créances
d'APD contractées à des taux concessionnels et des
créances commerciales à garantie publique non APD) du
Cameroun au Club de Paris42(*) réservé aux créanciers
publics.
Tableau 3: Passage du Cameroun au Club de
Paris.
|
Date de passage
|
Degré maximum d'annulation des
créances non APD
|
Rééchelonnement des créances
APD
|
Terme de l'accord
|
Montant
(en milliards
de $)
|
Période de consolidation
|
Résultante
|
|
24 / 5 /
1989
|
Rééchelonnement
|
Sur 25 ans
|
Toronto
(1988)
|
0,535
|
9 mois
|
1er accord de confirmation avec FMI le
18/09/1988 et allant jusqu'à Mars 1990 (suspension en 1989, pour non
respect de ses engagements).
|
|
23/01/
1992
|
Rééchelonnement
sur 15 ans
|
Sur 20 ans
|
Houston
(1990)
|
1,080
|
9 mois
|
2ème accord de confirmation signé
le 20/12/1990.
|
|
25/3/
1994
|
50% des échéances consolidées
|
Sur 30 ans
|
Londres
(1991)
|
1,258
|
18 mois
|
3ème accord de confirmation signé
en Février 1994 pour 18 mois. Le Cameroun est devenu éligible
à l'AID. (Suspension en 1994 pour non respect des
conditionnalités).
|
|
16/11/
1995
|
67% du stock de la dette à partir de sept 1999
|
Sur 40 ans
|
Londres
(1991)
|
1, 129
|
12 mois
|
4ème accord de confirmation conclu en
sept 1995 pour l'exercice 95/96.
|
|
24/10/
1997
|
50% du stock de la dette
|
Sur 40 ans
|
Naples
(1995)
|
1,270
|
35 mois
|
Signature avec le FMI de la FASR en Août
1987.
|
|
24/01/
2001
|
90%
|
Sur 40 ans
|
Cologne
(1999)
|
1,300
|
36 mois
|
|
Source : ACDE / Club de Paris p. 17
L'aménagement de la dette est devenu pour les pays
débiteurs le dernier recours pour faire face à la crise
d'endettement. En règle générale, il permet temporairement
d'aider un pays à faire face à une grave crise de
liquidité. Si l'avantage est indéniable à court terme pour
le pays débiteur, on s'accorde avec BEKOLO EBE43(*) (1985) pour reconnaître
que cette facilité, pour plusieurs raisons, n'est pas une solution
durable au problème de la dette des PVD :
Le
rééchelonnement entraîne avec lui des coûts
supplémentaires pour le débiteur, coûts qui peuvent
être à l'origine de nouvelles crises. Les dettes
aménagées sont soumises à des charges
supplémentaires (intérêts moratoires eux-mêmes
fixés en fonction des taux en vigueur sur le marché) qui
viennent s'ajouter à celles que doit supporter le pays ;
Les
contraintes des PAS, des durées d'amortissement et de consolidation
généralement courtes, des délais nécessaires
à la reconstitution des réserves ainsi que ceux de reprise des
règlements aux créanciers ont provoqué un ralentissement
de la croissance et une contraction du volume des investissements
(suppression des subventions, politique de revenus...) ;
L'aménagement ne suspend pas les règlements des
intérêts (intérêts moratoires,
intérêts sur la consolidation44(*), intérêts de retard45(*)...) ainsi que les
échéances non consolidées de la dette. La charge de ces
obligations pour les pays en crise constitue une limite à leur
capacité d'emprunt pour financer les investissements ;
L'aménagement produit un effet de signalisation auprès des
milieux financiers quant à la crédibilité et la
réputation du pays bénéficiaire. Il conduit à une
appréciation moins favorable du risque présenté par le
débiteur et donc, à un accroissement du spread qui s'ajoute au
taux de base ;
Le
caractère répétitif des demandes et des fréquences
de négociation est révélateur des limites de cet
instrument à constituer une solution durable à la crise de la
dette.
Malgré ces initiatives, la viabilité
extérieure et la croissance durable demeurent une perspective toujours
lointaine. Pour rétablir la solvabilité à l'égard
des créanciers, le Cameroun sera, admis en 2000 à l'IPPTE.
B- Présentation et
appréciation
Pour pallier les insuffisances des mesures jusque
là prises, le FMI et la BM vont proposer un programme de
réduction de la dette en fin de l'année 1996 reposant sur une
évaluation de la soutenabilité de la dette des pays
concernés. C'est la naissance de l'IPPTE originelle qui sera
renforcée en 1999.
1 - L'initiative originelle
L'utilisation totale des mécanismes
traditionnels de rééchelonnement et d'annulation (termes de
Toronto en 1988 avec 33% de la VAN de la dette éligible, Londres en 1991
avec 50%, Naples en 1994 avec 67%, Lyon en 1996 avec 80% de réduction)
accompagnés de l'apport de financement concessionnel et la poursuite des
politiques économiques saines n'ont pas été suffisantes
pour atteindre un niveau de dette soutenable dans un délai
raisonnable. Les bailleurs de fonds suite aux recommandations du
G7 de Lyon en 1996 ont mis en route l'initiative PPTE dont le but
principal était de restaurer durablement la solvabilité des pays
bénéficiaires, en annulant par des mesures
exceptionnelles, la part de leur dette extérieure dépassant un
niveau considéré comme soutenable. L'appartenance à la
catégorie des PMA a l'avantage d'ouvrir l'accès à des
facilités commerciales et à des financements extérieurs
concessionnels et l'inconvénient de ne pas donner accès aux
flux de financements extérieurs du marché. A partir du sommet du
G7 de Naples, les réductions accordées portent désormais
sur l'encours de la dette et non plus seulement sur son service. La dette
éligible est la dette bilatérale publique et à garantie
publique (créances publiques bilatérales qui ne
relèvent pas de l'APD, dettes contractées par les institutions
publiques ou parapubliques, les états fédérés et
les municipalités, dettes contractées par le secteur privé
mais garantie par l'État) précédant le CUT-OFF
(31 décembre 1988 pour le Cameroun) qui est la date à
laquelle un pays recourt pour la première fois au Club de Paris pour
solliciter le rééchelonnement de sa dette.
L'initiative PPTE proprement dit est un processus en trois
étapes constitué du point de décision, de la
période transitoire ou intérimaire et du point
d'achèvement (Cf. pour plus de détails, le tableau n° 4.
Cette initiative a fait l'objet de nombreuses critiques
portant sur :
La
révision des critères de performance ; notamment la
définition de la durabilité (trois ans de l'entrée
dans l'initiative au point de décision et trois ans encore du point de
décision au point d'achèvement) et le niveau
élevé des seuils de soutenabilité ;
Le raccourcissement de la période probatoire ;
La prise
en compte des facteurs exogènes de vulnérabilité tels que
la variabilité des exportations et le traitement adéquat de la
charge fiscale et des indicateurs fiscaux du poids de la dette ;
L'importance du service de la dette extérieure fait qu'il n'y ait pas de
ressources à allouer aux dépenses de réduction de la
pauvreté ;
La
longueur de la durée prévue avant l'allègement de la dette
qui ne peut intervenir qu'au point d'achèvement.
La sensibilité à ces critiques a conduit
à un réaménagement substantiel du dispositif originel et
une évolution vers une initiative renforcée pour
l'allègement de la dette des PPTE.
2- L'initiative renforcée
En juin 1999, les pays du G7 réunis à Cologne
ont décidé de procéder à un allègement
significatif de la dette des pays les plus pauvres en rendant plus
généreuse (abaissement des seuils) et plus rapide
(réduction des délais) l'initiative originelle. Elle ne
modifie pas la logique de cette initiative qui repose sur l'idée de
réduire la dette des pays pauvres de manière à la rendre
supportable. Ils agissaient ainsi sous la pression d'une campagne mondiale
lancée sous l'initiative d'ONG, des organisations religieuses, des
milieux universitaires et de la société civile qui
réclamait l'annulation pure et simple.
L'une des innovations réside dans la participation
intégrale des créanciers multilatéraux, en l'occurrence le
FMI, la BM, les Banques régionales de développement, qui à
la suite du Sommet de Cologne en juin 1999 ont fini par remettre en cause le
principe d'intangibilité des créances multilatérales qui
veut que ces créances restent indiscutables, sans possibilité de
rééchelonnements ou d'annulations. Une autre flexibilité
apportée par les IBW46(*) dans le cadre de l'IPPTE renforcée est le
TOPPING UP qui donne la possibilité, à la fin du processus, de
réévaluer le montant de l'allègement dans des cas
où les effets pervers des chocs exogènes n'ont pas permis de
réaliser les performances attendues. C'est une démarche au cas
par cas qui ne prend pas en compte les dérapages budgétaires
résultant de la mauvaise gouvernance, des emprunts inopportuns ou du non
respect des principales prescriptions des politiques de stabilisation et de
réduction de la pauvreté.
Pour bénéficier de cette nouvelle initiative,
les conditions suivantes doivent être remplies :
Être très pauvre i.e. être éligible aux ressources
concessionnelles du FMI dans le cadre de la FRPC (qui a
succédée à la FASR) et de la BM accordée par
l'intermédiaire de l'AID (les fonds de l'AID sont
réservés aux pays dont le revenu par tête est
inférieur à 875 $ en 2002. Le revenu par habitant au Cameroun est
de 585 $) ;
Avoir un encours de la dette toujours insoutenable une fois
épuisés tous les mécanismes traditionnels
d'allègement de la dette à savoir les termes de Naples ;
Avoir
suivi avec succès pendant au moins trois ans, un programme de
stabilisation macroéconomique et de reformes structurelles et sociales
dans le cadre de la FRPC du FMI contribuant à la réduction de la
pauvreté et favorisant la croissance soutenue ;
Avoir
présenté un DSRP au moins intermédiaire aux IBW (la
DSRP intermédiaire du Cameroun a été remise aux bailleurs
de fonds en Août 2000) ;
Atteindre le point de décision pour commencer le processus
d'allègement qui devient irrévocable au point
d'achèvement. Entre la prise de décision et la fin du processus,
il est prévu un allègement intérimaire qui permet au
coût du service d'être réduit afin de
libérer les ressources permettant d'accroître les
dépenses consacrées à la réduction de la
pauvreté.
La date de la fin du processus est désormais
flottante. Elle dépend actuellement de la conformité du pays aux
conditions prédéfinies et approuvées (respect du
programme financier, réalisation d'actions de
développement).
Le Cameroun n'a pas été retenu dans
l'initiative PPTE originelle en 1996. Ses performances économiques et
financières jugées satisfaisantes durant les trois années
de la FASR (1997-2000) appuyés par le FMI et la BM n'ont pas
été suffisantes pour permettre à sa dette d'être
soutenable. Il a été déclaré
éligible à l'initiative des PPTE par décision des
Conseils d'Administration du FMI et de la BM en date du 21 décembre
2000. Cette éligibilité fait bénéficier d'une
remise du service de sa dette d'un montant de 1,260 milliards de $ suivi d'un
rééchelonnement de sa dette extérieure au Club de Paris
aux conditions fixées à Cologne. Outre l'allègement de sa
dette, le Pays a obtenu auprès du FMI une FRPC d'un montant de 144
millions de $ destiné au financement de son programme économique
et financier pour la période allant du 1er octobre 2000 au 30
septembre 2003. Avec cet instrument, le gouvernement s'engage dans des reformes
dites de deuxième génération qui mettent l'accent sur la
réduction de la pauvreté et la bonne gouvernance. Les secteurs
devant bénéficier de ces ressources additionnelles sont ceux
retenus dans la DSRP. La DSRP du Cameroun, approuvée par les IBW en fin
juillet 2003, s'articule autour de sept points :
La
consolidation du cadre macroéconomique pour la croissance
(stabilité macroéconomique, développement des
incitations à l'investissement) ;
Le renforcement de la croissance par la diversification de
l'économie vers les secteurs autres que pétroliers
(transport, services, secteurs agricole et industriel...) ;
La dynamisation du secteur privé par la promotion du partenariat
privé - public, l'amélioration du rôle régulateur
de l'Etat, le renforcement de l'Etat de droit et de la sécurité
judiciaire et juridique des investissements ;
La
réhabilitation et le développement des infrastructures, la
valorisation des ressources naturelles, l'amélioration de l'offre
d'énergie électrique ainsi que l'accès à l'eau
potable et la préservation des différents
écosystèmes ;
L'accélération de l'intégration régionale dans le
cadre de la CEMAC (harmonisation et coordination des politiques
économiques pour assurer une certaine compétitivité de la
zone par rapport au reste du monde) ;
Le renforcement des ressources humaines et des secteurs sociaux
(éducation formation, santé...) ;
L'amélioration de la gouvernance par l'assainissement du circuit
des dépenses publiques, la reforme du système de passation des
marchés et la lutte contre la corruption.
Le tableau qui suit présente en raccourci les grandes
articulations des IPPTE.
Tableau n° 4 : Les étapes du
processus PPTE
|
TRAITEMENT DE LA DETTE AUX TERMES
TRADITIONNELS
Ø Les créances commerciales à garantie
publique (créances non APD) sont traitées selon les termes Naples
(jusqu'à 67% d'annulation) et les créances APD sont
rééchelonnés au Club de Paris.
Ø Les autres créanciers bilatéraux et
commerciaux accordent des conditions au moins comparables
|
|
CONDITIONNALITÉS
Le pays doit satisfaire aux critères PPTE,
justifier de la réussite du programme macroéconomique triennal
soutenu par le FMI et d'une stratégie de lutte contre la pauvreté
présentée dans la DSRP intermédiaire, établie avec
la société civile.
|
|
Analyse de la soutenabilité de la dette
|
ADMISSION À L'INITIATIVE
|
Le traitement de la dette aux termes traditionnels
permet au pays d'atteindre un niveau d'endettement soutenable. Il n'est pas
admis à bénéficier de l'initiative.
Sortie
4 pays ont retrouvé un niveau d'endettement soutenable
(Angola, Kenya, Vietnam, Yémen).
|
|
Le traitement de la dette aux termes traditionnels ne permet pas
au pays d'atteindre un niveau d'endettement soutenable. La BM et le FMI
décident d'admettre le pays à l'initiative.
Admission
38 pays ont été déclarés
éligibles à l'initiative (Bénin, Bolivie,
Burkina Faso, Burundi, Cameroun, Centrafrique, Comores, Congo, Cote d'Ivoire,
Gambie, Guyane, Ethiopie, Guinée, Guinée Bissau, Ghana, Honduras,
Laos, Liberia, Madagascar, Malawi, Mali, Mauritanie, Mozambique, Myanmar,
Nicaragua, Niger, Ouganda, RD Congo, Rwanda, Sao Tomé et Principe,
Sénégal, Sierra Leone, Somalie, Soudan, Tanzanie, Tchad, Togo,
Zambie)
|
|
POINT DE DÉCISION
Tous les créanciers (multilatéraux,
bilatéraux et privés) décident de l'allègement
de la dette à concéder lors du point d'achèvement. De
nombreux créanciers bilatéraux octroient en outre des
allègements supplémentaires en créances non APD. 27 pays
ont atteint jusqu'à présent le point de décision.
(Bénin, Bolivie, Burkina Faso, Cameroun, Gambie, Guyane,
Ethiopie, Guinée, Guinée Bissau, Ghana, Honduras, Madagascar,
Malawi, Mali, Mauritanie, Mozambique, Nicaragua, Niger, Ouganda, RD Congo,
Rwanda, Sao Tomé et Principe, Sénégal, Sierra Leone,
Tanzanie, Tchad, Zambie)
|
|
PHASE INTÉRIMAIRE
Ø Durant cette période, le pays doit finaliser
la rédaction de son DSRP, commencer à l'appliquer, et continuer
ses efforts en matière de stabilisation macro-économique, en
appliquant les politiques définies au point de décision. La BM et
le FMI accordent une aide intermédiaire. Les autres créanciers
multilatéraux et bilatéraux accordent un allègement de la
dette à leur discrétion.
Ø Outre les conditionnalités définies
dans la DSRP et le FRPC, le pays doit se soumettre à des conditions
additionnelles PPTE en vue du point d'achèvement (budget,
fiscalité, gouvernance, moyens mis en oeuvre pour réduire la
pauvreté, performance des politiques sociales...)
|
|
POINT D'ACHÈVEMENT
« FLOTTANT »
L'accession au point d'achèvement est fonction de
la mise en oeuvre des politiques définies au point de décision.
C'est à ce stade du processus que les allègements prennent effet
si les efforts du pays sont jugés satisfaisants. Tous les
créanciers fournissent l'assistance définie au point de
décision (les allègement intermédiaires fournis entrant
en compte dans le total)
Ø Le Club de Paris, au-delà des conditions de
Naples, accorde une réduction à des conditions encore plus
concessionnelles pouvant atteindre 90% en VAN de la dette éligible, pour
permettre au pays de sortir d'une situation d'endettement
intolérable.
Ø Les autres créanciers bilatéraux et
commerciaux appliquent un traitement au moins comparable au stock de la
dette.
Ø Les institutions multilatérales prennent d'autres
mesures, le cas échéant, pour ramener la dette du pays à
un niveau tolérable, en choisissant parmi un menu d'options, et en
veillant à une répartition large et équitable de la charge
entre tous les créanciers concernés.
15 pays ont atteint jusqu'à présent le
point d'achèvement (Bénin, Bolivie, Burkina Faso,
Ethiopie, Ghana, Guyane, Madagascar, Mali, Mauritanie, Mozambique, Nicaragua,
Niger, Ouganda, Sénégal, Tanzanie,)
|
Source: ABREGO Lisandro, ROSS Doris
(2001), p.44 / ACDE (2004), p.15
CHAPITRE II
L'EVALUATION DE LA SOUTENABILITE
DE LA DETTE PAR LES IBW
D'après le FMI47(*) (2002), la dette d'un pays est soutenable,
lorsqu'il peut financer le solde de la balance des opérations courantes
et assurer les obligations du service de la dette sans faillir, sans solliciter
le rééchelonnement, sans accumuler les arriérés et
enfin sans compromettre la croissance. Pour arriver à cette
fin, il faut s'assurer que les ratios d'endettement ne vont pas conn |