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La lutte contre l'exclusion sociale en milieu
urbain
Remerciements
Je tiens à exprimer mes vifs remerciements à
monsieur Mounir Zouiten enseignant à l'université Mohammed
5-Souissi Faculté des sciences juridiques Economiques
et Sociales qui à Bien voulu accepter d'assurer
l'encadrement de ce mémoire et m'as apporté des conseils
précieux durant toutes les étapes de ce travail.
Enfin je tiens à remercier toutes les personnes qui m'ont
aidé de prés ou de loin par leurs relectures, leurs corrections
et leurs remarques Pertinentes.
ABREVIATIONS
ADS : Agence de Développement Social
AFD : Agence Française de Développement
AMI : Appel à Manifestation
d'intérêt
ANHI : Agence Nationale de lutte contre l'Habitat
Insalubre
DH : Dirham marocain
DHSAF : Direction de l'habitat social et des affaires
foncières
ERAC : Etablissement régional d'aménagement et
de construction
FSH : Fonds de Solidarité de l'Habitat
HMR : Habitat Menaçant Ruine
MFP : Ministère des Finances et de la
Privatisation
MHU : Ministère Délégué
auprès du Premier Ministre chargé de l'Habitat et de
l'Urbanisme
MI : Ministère de l'Intérieur
ONG : Organisation Non Gouvernementale
QNR : Quartier d'habitat non réglementaire
PARHI : Programme national de résorption de l'habitat
insalubre
PDES : Plan de Développement Economique et Social
ZUN : Zone d'urbanisation nouvelle
INDH : l'Initiative Nationale pour le Développement
Humain
PNB : produit national brut
PIB : produit intérieur brut
IDH : l'indicateur du développement humain
PERG : programme d'Électrification Rurale Global
PAGER : programme approvisionnement groupé en eau potable
des populations rurales
PAS : programme d'ajustement social
AMC : association de micro crédit
FNAM : Fédération Nationale des Associations de
Microcrédit
VSB : Villes sans bidonvilles
PDU : Projet de développement urbain
ASP : Accompagnement Social des Projets
ADS : Agence de Développement Social
Sommaire
INTRODUCTION :
PARTIE I :L'INDH : un programme
ambitieux.
Ø Chapitre préliminaire : Le
Développement Humain
Ø Chapitre 2 : L'état des lieux au Maroc.
Ø Chapitre 3 : Présentation de l'Initiative
National de Développement Humain
PARTIE II : La lutte contre l'exclusion social en
milieu urbain
Ø Chapitre préliminaire :
L'exclusion social en milieu urbain
Ø Chapitre1:microcrédit enjeux et
politique
Ø Chapitre2 : Le rôle de la
société civile en matière de lutte contre la
pauvreté et l'exclusion sociale.
Ø Chapitre3 : programme des "villes sans
bidonvilles" : réalisation en milieu urbain
· CONCLUSION
GENERALE
·
BIBLIOGRAPHIE
· ANNEXE
introduction
Le Maroc ne vient pas seulement de changer de siècle et de
millénaire mais il est en train de changer d'ère. Malgré
les difficultés du contexte économique et financier, le Maroc
mène une politique volontariste de développement social et humain
laquelle a revêtu, depuis l'avènement du Roi Mohammed VI, une
dimension prioritaire. La part des dépenses publiques affectées
aux secteurs sociaux, au sens large, représente près de 50% du
budget de l'Etat. Que SM le Roi Mohammed VI tient à procéder
en personne au lancement de l'Initiative Nationale pour le Développement
Humain (INDH) est une preuve que le Maroc entre de plain-pied dans une nouvelle
ère aux niveaux économique et social avec pour signe "la lutte
contre la pauvreté, l'exclusion et la marginalisation". L'INDH a
été le prélude à de grands paris qui
procèdent d'une vision globale en vue d'édifier un Maroc moderne,
dont la pièce maîtresse est la consolidation d'un Etat
démocratique et de droit, avec l'ouverture du chantier de
réformes, de projets structurants générateurs de
développement. Le tout conformément à une stratégie
de développement humain avec ses dimensions économique, sociale
et culturelle. Bref, il s'agit des principes qui président en
règle générale à la bonne gestion.
Problématique
L'objet de notre travail de recherche, a
été basé sur des questions auxquelles nous avons voulus
répondre. A des questions que l'on pourrait qualifié de majores,
étant donné leurs importance sur la scène
économique et social de notre pays ; qui sont notamment :
· Le développement humain, concept, mesure et
évolution au Maroc ?
· L'INDH présentation et mode de travail ?
· Comment combattre l'exclusion sociale ?
· Quelles sont les programmes à travers lesquels
l'Etat marocaine compte lutter contre l'exclusion sociale en milieu
urbain ?
· Quelles sont les opportunités offertes et les
contraintes posées ?
Notre travail consiste à apporter des réponses
à ses questions.
PARTIE I :L'INDH un
programme ambitieux.
Chapitre
Préliminaire: Le Développement Humain
Section1: DÉFINITION
Le développement humain peut être défini
simplement comme un processus d'élargissement des choix. Chaque jour,
chaque être humain fait toute une série de choix d'ordre
économique, social, politique ou culturel. Si les êtres humains
sont bien au centre des activités entreprises en vue du
développement, celles-ci devraient être orientées vers
l'élargissement des choix dans tous les domaines de l'activité
humaine, au bénéfice de tous. Le développement humain est
à la fois un processus et un résultat. Il concerne tant les
processus par lesquels les choix sont accrus que les résultats de ces
choix.
Ainsi défini, le développement humain est une
notion assez simple, qui comporte pourtant des implications
considérables. En premier lieu, les choix humains sont accrus lorsque
les êtres acquièrent des capacités supplémentaires
et jouissent d'opportunités supplémentaires d'utiliser ces
capacités.
Le développement humain vise ainsi non seulement à
élargir les capacités et les opportunités, mais aussi
à maintenir un équilibre approprié entre celles-ci afin
d'éviter la frustration qui résulterait d'une trop grande
disparité entre elles.
Deuxièmement, comme on l'a déjà
indiqué, la croissance économique doit être
envisagée comme un moyen, certes important, mais non comme l'objectif
ultime du développement.
Les revenus apportent une contribution importante au
bien-être humain entendu au sens large, s'il en résulte comme
bénéfice un plus grand épanouissement de la vie humaine.
La croissance des revenus n'est néanmoins pas une fin en soi.
Troisièmement, en mettant l'accent sur la notion de choix,
le concept de développement humain implique que les êtres humains
doivent pouvoir influer sur les processus qui orientent leur vie. Ils doivent
pouvoir participer aux divers processus de prise de décisions, ainsi
qu'à l'exécution, au suivi et à l'ajustement de
celles-ci.
En dernière analyse, le développement humain est le
développement des individus, pour les individus et par les individus. Le
développement des individus implique la mise en place de
capacités humaines par le développement des ressources humaines.
Le développement pour les individus implique que les
bénéfices de la croissance se traduisent par une
amélioration de la vie des gens, et le développement par les
individus demande que ceux-ci puissent participer activement pour influer sur
tout processus touchant à leurs vies quotidiennes.
Section2: Développement
humain: une approche synthétique.
Le fait d'envisager le développement dans la perspective
du développement humain n'est guère nouveau. L'idée que
l'organisation de la société doit être jugée en
fonction de sa capacité à encourager les biens humains remonte au
moins à Aristote, qui a dit : « La richesse n'est manifestement pas
le bien que nous cherchons, car elle est simplement utile et existe pour une
autre raison ». Il soutenait que « la différence entre de
bonnes et de mauvaises dispositions politiques » devait être
jugée en fonction du degré auquel elles contribuaient à
renforcer la capacité humaine à mener « une vie
épanouie ». L'idée qu'une vie meilleure constitue l'objectif
réel de toute activité humaine est un thème qui revient
constamment dans les écrits de la plupart des philosophes de
l'antiquité. Le grand historien et sociologue arabe, Ibn Khaldoun,
à consacré un chapitre entier de son ouvrage
célèbre, Almuqaddimah (Discours sur l'histoire universelle), aux
« faits relatifs aux moyens de subsistance et aux revenus, ainsi
qu'à leur explication ; et au fait que les revenus sont liés
à la valeur du travail humain ».
Dans ce chapitre de son oeuvre maîtresse, Ibn Khaldoun
distingue les différents usages qui peuvent être faits des revenus
provenant du travail et des activités des individus. Les revenus
consacrés aux besoins de première nécessité
constituent les « moyens d'existence ».
La même préoccupation se retrouve dans les
écrits des premiers penseurs qui ont conçu l'économie
quantitative : William Petty, Gregory King, François Quesnay, Antoine
Lavoisier et Joseph Lagrange, précurseurs du produit national brut (PNB)
et du produit intérieur brut (PIB). Cette notion apparaît
également dans les écrits des économistes classiques :
Adam Smith, David Ricardo, Robert Malthus, Karl Marx et John Stuart Mill.
La notion de développement humain, lancée dans le
premier Rapport mondial sur le développement humain en 1990, s'est donc
appuyée sur cette tradition déjà ancienne, mais quelque
peu oubliée de nos jours. Elle a remis en question le bien-fondé
de cette préoccupation unique qui établit un lien entre PNB et
développement, transformant du même coup la façon de
concevoir le développement : l'être humain revient à la
place de choix qui est la sienne, c'est-à-dire au centre du débat
et du dialogue sur le développement. Cette notion a eu un impact qui a
dépassé de loin les attentes de ceux qui l'ont parrainée
en 1990.
Le concept de développement humain va plus loin que
d'autres modèles de développement centrés sur
l'individu.
Le modèle basé sur la mise en valeur des
ressources humaines met en avant uniquement le capital humain et traite
l'être humain comme un apport au processus de développement, et
non comme son bénéficiaire. Le concept visant à combler
les besoins fondamentaux met l'accent sur les besoins minimaux des êtres
humains mais non sur leurs choix. Celui qui vise à promouvoir le
bien-être humain considère l'individu comme un
bénéficiaire, mais non comme un participant actif au processus
qui détermine les conditions de son existence. Le développement
humain, en regroupant tous ces aspects, constitue une approche plus
synthétique du développement.
Section3: La mesure de
développement humain :
Tout concept est toujours plus complexe qu'un seul des
indicateurs qu'on lui assigne. Tout indicateur que l'on peut proposer pour un
concept quelconque doit donc chercher à capter toute la richesse et
toute l'étendue de son champ sémantique. Cela est
également vrai pour la notion de développement humain.
En principe, les choix humains et les résultats qui en
découlent peuvent être infinis, et peuvent changer avec le temps.
Cependant, les trois indicateurs essentiels pour décrire le
développement sont sans doute la possibilité de vivre longtemps
et en bonne santé, d'acquérir le savoir et d'avoir accès
aux ressources nécessaires à un niveau de vie décent. Si
ces conditions essentielles ne sont pas réunies, de nombreuses autres
opportunités demeurent inaccessibles.
Le Rapport mondial sur le développement humain 1990 a donc
retenu un indicateur composite, l'indicateur du développement humain
(IDH), sur la base de ces trois dimensions élémentaires. L'IDH
compte quatre variables : l'espérance de vie à la naissance ; le
taux d'alphabétisation des adultes ; le taux de scolarisation global aux
niveaux primaire, secondaire et supérieur -- ces deux taux
représentent la dimension de l'acquisition du savoir ; et le PIB
réel par habitant exprimé en parité de pouvoir d'achat
(PPA), qui sert de variable représentant les ressources
nécessaires pour garantir un niveau de vie décent.
Toute l'information quantitative sur le développement
humain et les différents indicateurs qui le constituent peuvent
être regroupés sous une notion qui pourrait être
qualifiée de comptabilité du développement humain. Cette
comptabilité représente tout à la fois une focalisation et
un champ.
L'indicateur du développement humain, qui se concentre sur
les aspects essentiels du développement humain, représente la
dimension de focalisation de cette comptabilité. Toutes les
données et toutes les informations quantitatives relatives aux
différents indicateurs du développement humain
représentent le champ de cette comptabilité.
L'IDH n'a donc qu'une portée limitée. Quel que soit
le contexte, il ne peut offrir une image complète du
développement humain. Il doit être complété par
d'autres indicateurs utiles afin d'obtenir une image plus globale.
C'est donc la comptabilité du développement humain
et non l'indicateur lui-même qui est en mesure de fournir une image plus
complète.
Pourtant, l'IDH ne manque pas d'aspects positifs. C'est un
indicateur assez simple, comme l'est également le PNB par habitant, mais
contrairement à ce dernier, il prend aussi en compte des questions plus
générales relatives au bien-être humain.
Section4: Élargissement
du concept
La liberté est un concept pluridimensionnel, qui va bien
au-delà des dimensions élémentaires mesurées par
l'IDH. Vivre longtemps et en bonne santé et accéder au savoir est
sans doute des objectifs universels, mais les individus peuvent faire des choix
supplémentaires et avoir d'autres aspirations qui sont
spécifiques à leur société et à leur
culture. Le concept de développement humain englobe ces choix
supplémentaires, ces buts, ces processus et ces résultats
différents auxquels les gens accordent une grande valeur, qu'il s'agisse
des libertés politiques, économiques et sociales ou des
possibilités de créer, de produire, et de jouir, d'une part, de
sa dignité en tant qu'individu et, d'autre part, de la protection de ses
droits humains. La notion de développement humain met également
l'accent sur l'élargissement des choix dans tous ces domaines.
Dans le contexte social et culturel du Maroc, ces choix plus
larges ayant trait à la liberté, aux droits de l'homme, à
l'acquisition du savoir et au cadre institutionnel sont particulièrement
importants. Aucune notion de développement humain ne peut être
pertinente et efficace si elle ne prend pas en considération les
spécificités de chaque nation.
Chapitre 2 : L'état
des lieux au Maroc.
Section1: Les défis
actuels
L'un des plus grands défis du Maroc est le taux
élevé de la pauvreté. Bien que la pauvreté ait
régressé - de 19% à 15 % entre 1999 et 2004 pour une
population de 30 millions1(*) - elle reste importante. Par ailleurs, elle est
fragile, sensible à la volatilité de la croissance
économique liée au secteur agricole. On note en effet que la
régression de la pauvreté est le résultat de bonnes
performances dans le secteur agricole sur la période 2001-2004, alors
que la hausse de la pauvreté dans les années 1990 (de 13% en 1991
à 19% en 1999) était le résultat d'une faible production
économique due à la sécheresse. La pauvreté est
donc tributaire de la sécheresse, avec les faibles taux de croissance
qui s'ensuivent.
La pauvreté reste un phénomène typiquement
rural, avec plus de 25 % de la population rurale vivant en dessous du seuil de
pauvreté contre 12% dans les zones urbaines. La pauvreté se fait
aussi plus cruellement sentir dans les zones rurales et a
considérablement augmenté depuis 1991.
Malgré les efforts faits pour améliorer le statut
et la condition des femmes, les indicateurs de genre sont loin de
refléter la parité. Les disparités sont
particulièrement fortes en zones rurales où 75% des femmes sont
analphabètes et où seulement 78,6% des filles sont
scolarisées dans le primaire. Dans les zones urbaines, les
résultats sont meilleurs, avec un taux de 23% de femmes
analphabètes et 94,4% de scolarisation. Des progrès ont
été accomplis dans la composition de la main-d'oeuvre qui compte
35% de femmes (chiffre supérieur aux 28% du MENA).
Depuis 2001, le Maroc connaît une plus forte croissance
économique (4,8% en moyenne), en partie imputable à des
conditions climatiques favorables et à une légère reprise
du secteur industriel. Ceci s'est traduit par la création d'emplois, en
particulier dans les zones urbaines où le chômage est tombé
de 22% en 1999 à 18,4% en 2004. Toutefois, pour réduire le taux
de chômage dans les années à venir, l'économie devra
maintenir un taux de croissance annuelle de l'ordre de 6%.
Section2: Les progrès en
matière de développement
Au cours des 30 dernières années, le Maroc s'est
lancé dans un programme de développement humain et de
libéralisation politique. Depuis les années 70, le revenu
national brut par personne a presque triplé, passant de $550 à
$1520. L'espérance de vie est passée de 55 ans en 1970 à
70 ans en 2004.
Dans les années 90, la croissance annuelle moyenne est
repassée en deçà de 3%, résultat en partie
imputable aux sécheresses récurrentes frappant durement le
secteur agricole tributaire de la pluviométrie, mais également
à une production industrielle et à des exportations stagnantes
causées par un retard dans l'application des réformes. Une
politique macroéconomique avisée a toutefois permis d'obtenir des
déficits fiscaux et extérieurs gérables, de réduire
l'inflation et de maintenir la stabilité économique.

Section3: Évolution du
développement humain au Maroc :
A la lumière de l'Indicateur de Développement
Humain développé par le PNUD dans son premier rapport mondial sur
le développement humain en 1990, le Maroc a réalisé des
progrès en terme de développement humain depuis les années
1960. La valeur de cet indicateur est passé de 0,198 en 1960 à
0,620 en 2002, soit une multiplication par un peu plus de 3, pendant cette
période (tableau 1). Ainsi, jusqu'en 1985, le Maroc aurait
été considéré parmi les pays à niveau de
développement humain faible2(*), avec une valeur estimée de l'IDH ne
dépassant pas 0,500.
Mais à partir de cette date, le pays aurait
commencé à enregistrer des niveaux de l'IDH dépassant
0,500, se classant ainsi parmi les pays a niveau de développement humain
moyen. Ces progrès observés dans la valeur l'IDH sont le reflet
des améliorations non négligeables enregistrées par le
Maroc durant les trois dernières décennies en matière de
développement économique et social.
Tableau 1. Évolution de l'indicateur de
développement humain au Maroc

Le Maroc à, certes, accordé une attention
particulière aux questions relatives au développement humain,
notamment durant la dernière décennie, qui se reflète
autant par les progrès accomplis dans ce domaine que par la grande place
qu'occupent les dépenses et transferts sociaux dans le budget de
l'État3(*). Dans le
même temps, les progrès accomplis dans le domaine social demeurent
encore insuffisants dans la mesure où la demande dépasse
largement les réalisations4(*). En effet, parler du volume des besoins à
couvrir en matière de développement humain, c'est évoquer,
entre autres, les réponses à apporter aux besoins des couches de
la population à faible revenu ou fortement démunies. Parler de la
qualité du développement humain, c'est dégager des
réponses aux lacunes qui persistent dans les prestations relevant de ce
domaine dans son ensemble, lacunes autant en ce qui concerne l'apport en
direction du citoyen que l'apport au service du développement national,
en général.
Quoique modérées, les avancées
enregistrées en matière de développement sont le
résultat des différentes améliorations
réalisées, en matière d'éducation et de croissance
économique mesurée par le PIB par habitant. Comme le
précise le rapport élaboré par le Maroc sur le
développement humain en 2003 « l'option pour un
développement tourné vers l'investissement dans le capital humain
des jeunes générations s'avère alors décisive, non
seulement pour renforcer le développement humain mais aussi et surtout
pour créer les conditions favorables à la promotion d'une
croissance économique et sociale durable ».
Ces réformes ont été prises comme le
précise A. Lahlimi Alami (2004)5(*), « dans le cadre de l'État de droit et du
développement participatif impliquant non seulement les institutions
élues aux échelons national, régional et local mais
également le monde de l'entreprise et la société civile.
Elles illustrent bien le choix fondamental par le Royaume de la
démocratie pour l'édification et le développement de sa
société et de son économie ».
Chapitre 3 :
Présentation de l'Initiative National de
Développement Humain
Section 1: L'INDH
présentation:
1. L'INDH, c'est quoi au juste ?
L'Initiative Nationale de Développement Humain, dont le
lancement a été annoncé par Sa Majesté le Roi
Mohammed VI, dans un discours adressé à la Nation, le 18 mai
2005; s'articule autour des trois axes suivants :
la réduction des déficits sociaux en particulier
dans les quartiers urbains pauvres et les communes rurales les plus
démunies (équipements et services sociaux de base, tels que la
santé et l'éducation, l'alphabétisation, l'eau,
l'électricité, l'habitat salubre, l'assainissement, le
réseau routier) ;
La promotion des activités génératrices de
revenus stables et d'emplois, tout en adoptant une action plus imaginative et
plus résolue en direction du secteur informel. .
L'aide aux personnes en grande vulnérabilité ou
à besoins spécifiques.
L'Initiative Royale place la lutte contre la pauvreté,
l'exclusion la précarité au centre des priorités de la
politique économique et sociale du pays et vise a donner un nouvel
élan décisif à la stratégie de développement
social à travers la mise en oeuvre de «politiques publique
intégrées, s'inscrivant dans le cadre d'une entreprise
cohérente, d'un projet global et d'une forte mobilisation tous azimuts
ou les dimensions politique, sociale, économique, éducationnelle
culturelle et écologique,se conjuguent et se complètent».
L'Initiative Royale repose sur le ciblage des zones et des
catégories les plus démunies ainsi que sur la participation des
populations pour une meilleure appropriation et viabilité des projets et
des interventions. Dans ce cadre, elle privilégie l'approche
contractuelle et le partenariat avec Le tissu associatif et les acteurs du
développement local et de proximité.
Dans un premier temps, cette Initiative concernera :
360 communes parmi les plus pauvres du monde rural;
250 quartiers pauvres, en milieu urbain et périurbain,
médinas anciennes et bidonvilles.
Pour permettre la mise en oeuvre de cette Initiative dans les
meilleurs délais, le Gouvernement est appelé à soumettre
dans les trois mois, à l'appréciation de Sa Majesté le
Roi, un plan d'action complet répondant a la démarche et aux
objectifs susmentionnés; préalablement à sa
présentation au Parlement pour approbation.
En somme, l'initiative nationale pour le développement
humain se caractérise par:
-5 valeurs: dignité, confiance, participation,
transparence et pérennité.
-5 principes: proximité, concentration, partenariat,
contractualisation et bonne gouvernance.
-4 programmes: transversale, de lutte contre la
précarité de lutte contre l'exclusion sociale en milieu urbain et
de lutte contre la pauvreté en milieu rural.
-3 démarches: réactivité, planification et
intégration.
-1 objectif: la promotion du développement humain.
2. Fondements de l'Initiative National Pour Le
Développement Humain
Vision d'ensemble : l'Initiative Nationale pour le
Développement Humain s'inscrit dans une vision d'ensemble axée
autour de trois volets :
o Processus politique de consolidation de l'Etat moderne :
démocratie, Etat de droit, promotion des droits de la femme et de
l'enfant.
o Réformes et projets structurants,
générateurs de croissance.
o Développement humain dans des dimensions
économiques, sociales et culturelles, fondé sur les principes de
bonne gouvernance.
Valeurs et principes : les programmes de l'Initiative
Nationale pour le Développement Humain s'articulent autour des
fondements de base, à savoir :
o Une action centrée sur l'homme, au service de la
dignité de tous chacun.
o Une action élaborée dans un esprit
d'écoute et de confiance en l'avenir.
o Une action fondée sur la participation des
bénéficiaires et des acteurs de développement local, en
synergie et en partenariat.
o Une action ciblée, efficace, contractualisée,
transparente, évaluée, appelée à devenir une
référence de bonne gouvernance.
o Une action inscrite dans la durée et la
pérennité, il s'agit d'un chantier de règne.
3. INDH première phase : 4 programmes
prioritaires.
L'Initiative Nationale pour le Développement Humain se
décline en quatre programmes :
-deux programmes à dimension nationale
:
· Le programme transversal.
· Le programme de lutte contre la
précarité.
-deux programmes ciblés territorialement
:
· Le programme de lutte contre l'exclusion sociale en milieu
urbain.
· Le programme de lutte contre la pauvreté en milieu
rural.
1- Programme de lutte contre l'exclusion sociale
en milieu urbain :
Ce programme cible 250 quartiers urbains parmi les plus
défavorisés dans les grandes villes. Il a pour objectif d'assurer
l'insertion, la cohésion sociale et l'amélioration des conditions
et de qualité de vie des populations. Les projets retenus dans le cadre
de ce programme respectent tous ces impératifs.
Les projets Initiative Nationale pour le Développement
Humain visent également le soutien de l'accès aux services de
proximité et aux équipements urbains de base, la dynamisation du
tissu économique local par des activités
génératrices de revenu et le renforcement de la gouvernance et
des capacités locales.
Les activités génératrices de revenus, se
concentrent principalement sur le soutien aux initiatives communautaires, en
terme de formation et d'impulsion en particulier des services de
proximité ou de l'animation sociale.
Le soutien a l'accès aux équipements et services
sociaux de base est concrétise par des projets d'aide a l'accès a
l'eau potable, l'assainissement et l'électricité, le soutien
scolaire, la propreté des quartiers. L'animation sociale prévoit
le soutien au sport, les manifestations artistiques et culturelles,
l'éducation civique et les actions de solidarité. Le renforcement
des capacités locales passe par des rencontres d'information et par le
soutien aux associations locales actives dans le développement
humain.
2- Programme de lutte contre la pauvreté en
milieu rural Enveloppe :
A l'image du programme en milieu urbain, ce programme a pour
objectifs d'améliorer l'indice de développement humain, dont
principalement la réduction du taux de pauvreté dans les 360
communes les plus pauvres.
o Soutien a l'accès aux équipements sociaux,
sanitaires et éducatifs de base.
o Dynamisation du tissu économique local par des
activités génératrices de revenu.
o Soutien a l'action et l'animation sociale :
alphabétisation, formation, sport, prévention santé, culte
et culture.
o Renforcement de la gouvernance et des capacités
locales.
3 - Programme de Lutte contre la
précarité :
Ce programme cible 50 000 personnes vivant dans la
précarité extrême, en plus des personnes déjà
prises en charge dans les différentes structures publiques ou
associatives, appartenant aux catégories prioritaires suivantes :
o Jeunes sans abri, enfants des rues.
o Enfants abandonnés.
o Femmes en situation de grande précarité. .
Mendiants et vagabonds.
o Anciens détenus sans ressources.
o Aliènes sans abri.
o Personnes handicapées sans ressources.
o Personnes âgées démunies.
Les projets ont pour objectif de :
o Favoriser autant que possible la réinsertion familiale
des personnes concernées.
o Améliorer la qualité des centres d'accueil pour
atteindre les standards de qualité qui garantissent les conditions de la
dignité humaine.
o Créer des capacités supplémentaires
d'accueil à travers le Royaume.
4 - Programme transversal :
C'est un programme national soutenant des actions à fort impact sur le
développement humain au niveau de l'ensemble des communes rurales et
urbaines non ciblées, et ce à travers des appels à projets
dans les provinces et préfectures. Ce programme passe par
l'ingénierie sociale qui sera renforcée par:
o La mise en place de l'observatoire National de
Développement Humain.
o L'expertise et la diffusion d'expériences.
o Le système d'information et de communication.
Ce programme sera également accompagne par des actions de
formation et d'assistance technique menées par des formateurs /
accompagnateurs régionaux pour injecter, en cas de besoin et sur demande
des gouverneurs, l'expertise et l'assistance technique au profit:
o Des comités locaux dans les communes et quartiers.
o Des différentes catégories de travailleurs
sociaux.
o Des cadres et employés des collectivités et
associations impliquées dans le développement humain.
Il a pour objectif d'améliorer les conditions de vie et
prévenir les facteurs de risques sociaux ; contenu des projets : appui
aux associations à travers la formation, améliorations des
prestations sociales, écoute de la population, soutien scolaire,
activités sociales, culturelles et sportives, caravanes
médicales.
Section 2 : Les principaux
programmes de lutte contre l'exclusion sociale en réalisation.
Compte tenu de l'importance des déficits sociaux et des
perspectives de la croissance démographique, les besoins à
couvrir, particulièrement pour les populations vulnérables,
restent importants en dépit des efforts déployés par
l'Etat.
C'est dans ce cadre que les pouvoirs publics se sont
engagés dans une stratégie sociale solidaire visant
l'élargissement de l'accès des populations
défavorisées aux services sociaux de base et à la lutte
contre la pauvreté a travers notamment :
ü le développement des services et les
équipements de base (dont principalement
l'enseignement fondamental surtout en milieu rural, la
lutte contre l'analphabétisme, l'élargissement de
l'accès des populations défavorisées aux soins de
santé de base, le désenclavement des zones rurales, la desserte
en eau potable de la population rurale, l'électrification rurale, le
logement social) ;
ü le renforcement de la protection sociale médicale
par la mise en place d'un Régime d'assistance médicale aux
économiquement faibles et d'un régime d'assurance maladie
obligatoire ;
ü la promotion de l'emploi à travers la conduite de
politiques actives d'emploi ;
ü l'assistance sociale des populations démunies
(promotion de projets locaux générateurs d'emploi et de revenus).
La mise en oeuvre de cette stratégie à
nécessité, dans le cadre des différentes lois de finances,
la mobilisation de crédits budgétaires importants au profit des
secteurs sociaux dont 1a part dans le seul budget de l'Etat est passée
de 41% en 1992 à près de 55% en 2005.
Les principaux programmes et actions entrepris ces
dernières années par les pouvoirs publics en matière de
développement social et de lutte contre la pauvreté ont
nécessite la mobilisation de près de 14,82 milliards de dirhams
en 2004 et de 15,2 milliards de dirhams en 2005.
Section 3 : L'INDH : Un
changement stratégique majeure.
En matière de lutte contre la pauvreté, la
vulnérabilité, l'exclusion et la grande précarité,
l'INDH manifeste une sorte de rupture avec les pratiques passées. Plus
exactement il s'agit d'une triple rupture :
· Un volontarisme politique fort fondé sur des
politiques publiques vigoureuses plus efficaces et mieux ciblées,
l'action caritative ne pouvant s'inscrire qu'en complément et en soutien
de ces dernières.
· des modalités innovantes de mise en oeuvre des
politiques et des programmes publics fondées sur les constats des
différents dysfonctionnements et contraintes qui entravaient leur
efficience .
Ces nouvelles modalités comportent un ciblage sur des
territoires précis, dans un horizon de temps déterminé, et
une intégration de toutes les interventions en matière
d'accès aux capacités et au revenu ainsi que leur appropriation
par les bénéficiaires.
· des modalités innovantes de financement : en
plus des dépenses budgétaires courantes et malgré les
contraintes qui pèsent sur les finances publiques, un compte
d'affectation spéciale a été créé pour
l'INDH auprès du Premier Ministre. Les ressources de ce compte sont
destinées à être déléguées aux Walis
et Gouverneurs (sous-ordonnateurs) après évaluation des besoins
fondée sur les différents diagnostics territoriaux, dans le cadre
d'une démarche ascendante.
Le Financement6(*)
|
2006
|
2007
|
2008
|
2009
|
2010
|
Total
|
|
Etat
|
1000
|
1100
|
1200
|
1300
|
1400
|
6000
|
|
Collectivités
|
300
|
350
|
400
|
450
|
500
|
2000
|
|
Coopération
|
200
|
300
|
400
|
500
|
600
|
2000
|
|
Total
|
1500
|
1750
|
2000
|
2250
|
2500
|
10000
|
A ces multiples égards, l'INDH constitue non seulement une
vaste expérience, en grandeur nature, de mise en oeuvre de tous les
principes qui animent le concept de développement humain, mais aussi une
consolidation de la démocratie locale et de la territorialisation des
politiques publiques économiques et sociales.
Enfin, elle constitue un argument majeur pour être
raisonnablement optimiste quant à l'éradication des conditions de
vie les plus inacceptables, jugées désormais indignes du niveau
de développement d'un pays comme le Maroc.
Section 5 : Modalités de
mise en oeuvre et de contrôle:
1. SUR LES PLANS INSTITUTIONNEL ET
ORGANISATIONNEL
La mise en oeuvre de I'initiative nationale pour le
développement humain doit consacrer la pratique de L'inter
ministérialité et de la transversalité, tant au niveau
central qu'au niveau déconcentre, autour de programmes de
proximité intègres et prioritaires en vue de susciter les
synergies et prévenir les doubles emplois.
A cet égard, les projets de développement qui
seront identifiés et mis en oeuvre dans le cadre de ladite initiative
doivent être conçus autour de programmes complémentaires a
l'action déjà entreprise par les pouvoirs publics en
matière sociale selon une démarche planifiée,
concertée, coordonnée et intégrée assurant une
totale synergie entre les opérateurs publics, une large participation de
la population ciblée et un partenariat renforce avec les secteurs
associatif et prive.
A cette fin, il est propose d'articuler, sur le plan
institutionnel, la mise en oeuvre de cette initiative autour des instances
ci-après :
ü Au niveau national, un comite
interministériel, présidé par Monsieur le Premier
Ministre, sera charge du pilotage et du suivi de la mise en oeuvre de cette
initiative ainsi Que de l'allocation des ressources.
ü Au niveau central, il
conviendrait de renforcer le rôle stratégique du Ministère
charge du Développement Social en tant que coordonnateur, au niveau
national, de cette initiative et de l'ensemble des programmes de lutte contre
la pauvreté mis en place par les différents organismes
intervenants dans le domaine social (ADS, Entraide Nationale, Promotion
Nationale, etc.) et ce, dans le souci d'une meilleure cohérence et
intégration des actions de développement. .
Dans ce cadre, le ministère charge du développement
social sera chargé de :
· La définition de la stratégie globale,
intégrée et cohérente en matière de
développement social;
· La coordination de l'ensemble des actions de
proximité menées notamment dans le cadre du partenariat avec les
ONG, les Collectivités locales et les organisations internationales ;
· L'évaluation des programmes et projets
réalisés dans le domaine du développement social et de
lutte contre la pauvreté. A cet égard, dans le cadre du nouvel
organigramme dudit Ministère, il est prévu la mise en place d'un
observatoire social permettant de suivre les progrès
réalisés en matière de lutte contre la pauvreté.
ü Au niveau local, et dans le
cadre d'une démarche territoriale intégrée, la
responsabilité de la coordination des différentes actions
entreprises pourrait être assurée par les Walis et les
gouverneurs, dans le cadre de comites régionaux ou provinciaux
regroupant l'ensemble des intervenants locaux (notamment élus, secteurs
associatif et prive, services extérieurs des ministères
concernes, Ministère du Développement social, Entraide Nationale,
ADS).
Dans le cadre de ces comites locaux, des programmes d'action
structurants, cibles et intègres, fondés sur la participation et
le partenariat, seront identifies et mis en oeuvre sur la base d'une convention
définissant les engagements et les responsabilités des
différents intervenants ainsi que les modalités de suivi, de
Contrôle et d'évaluation des projets exécutes.
Pour la mise en oeuvre de cette initiative nationale de
développement humain, le Gouvernement doit s'appuyer sur:
v les opérateurs publics
existants notamment l'Entraide Nationale et l'ADS qui ont
développé des procédures, une expérience et une
expertise dans ce domaine et ont déployés des
représentations sur l'ensemble du territoire (en particulier l'Entraide
Nationale) ;
v les départements techniques
(Intérieur, Equipements, agriculture, eaux et forets etc.)
représentes au niveau local.
v les collectivités locales.
v les ONG, qui font preuve d'une
vitalité et d'un dynamisme redoubles et investissent avec une motivation
et une efficacité plus élevée les différents
domaines de l'action sociale en raison notamment de leur proximité par
rapport aux préoccupations des populations concernées, leur
réactivité face aux besoins spécifiques de leurs
populations cibles, leur flexibilité de gestion, leur fonctionnement peu
onéreux et leur rapidité d'action par rapport à la lenteur
des procédures de gestion au sein de l'Administration.
Il convient de rappeler à cet égard, la circulaire
de Monsieur le Premier Ministre n° 7/2003 du 27 juin 2003 relative au
partenariat Etat/associations qui à mis en place un cadre conventionnel
axe sur l'appréciation des résultats, conforme aux principes de
bonne gouvernance, propice a la territorialisation des actions partenariales
dans le cadre du processus de déconcentration et de
décentralisation et permettant d'optimiser les prestations et d'apporter
une réponse de proximité aux besoins des populations
défavorisées.
2. SUR LES PLANS DU CONTROLE ET DE
L'EVALUATION
Afin d'assurer a la mise en oeuvre de L'initiative nationale
toutes les conditions de transparence, l'exécution des dépenses
publiques résultant de la réalisation des projets inities dans
son cadre sera soumise aux règles de la comptabilité publique, a
la réglementation des marchés publics ainsi qu'au contrôle
financier prévu par la réglementation en vigueur.
Des assouplissements devront toutefois être introduits sur
les procédures actuelles de contrôle de la dépense publique
de façon à garantir toute la diligence nécessaire au
traitement des dossiers notamment :
§ par la fixation de délai réduit pour
l'exercice des contrôles de la régularité de l'engagement
et du paiement;
§ l'apposition d'un cachet apparent portant la mention
« prioritaire - Initiative Nationale de Développement Humain »
sur les propositions d'engagement et les bordereaux d'émissions
concernant les dépenses effectuées dans le cadre de ce programme
de telle sorte a leur garantir la célérité et la souplesse
requises dans leur exécution.
Par ailleurs, le contrôle sur l'utilisation des
financements alloués sera renforcé :
§ par le recours obligatoire à l'audit annuel des
projets réalisés dans le cadre de cette initiative et dont
l'exécution est confiée à des ONG ;
§ la mise en place d'un mécanisme de suivi et
d'évaluation périodique de la réalisation des projets par
l'établissement de rapports de suivi faisant ressortir le bilan
physique, financier et comptable de l'exécution desdits projets sur la
base d'indicateurs de résultats et d'impact préétablis.
PARTIE II : La lutte
contre l'exclusion sociale en milieu urbain
Chapitre
préliminaire : L'exclusion sociale en milieu urbain
Section1:Définition et
concept.
Au sens large du terme, l'exclusion sociale peut
être considérée comme "un échec de socialisation,
une rupture avec le lien social, au sens où l'entend Durkheim, le lien
social étant défini comme le mode structurant propre à
chaque société. Comme tel, il en assure la cohésion et
maintient les formes de solidarité.
Le phénomène d'exclusion tel qu'il sera
étudié ici concerne davantage la société moderne,
urbaine puisqu'il y est fait référence à l'individu pris
isolément c'est à dire socialement détaché de son
groupe d'origine." (MICHÈLE KASRIEL 2005,60)
Démarche paradoxale s'il en est car si le
phénomène d'exclusion est davantage une succession de cas
individuels, il ne peut être appréhendé cependant que dans
sa dimension macro sociale, celle de l'individu
attaché/détaché d'une réalité sociale
globale. Le phénomène d'exclusion en tant que fait social total
se situe donc à deux niveaux qui agissent interactivement : à un
niveau particulier, c'est l'incapacité d'un individu de
s'intégrer dans une société donnée, à un
niveau global, preuve d'un dysfonctionnement, c'est l'incapacité de
cette même société d'intégrer certaines
catégories d'individus considérés comme « socialement
inutiles » telles que les chômeurs, les handicapés, les
enfants des rues, etc...
L'exclusion, c'est le déni de l'individu en tant
qu'être socialisé, sa marginalisation par rapport à un
système social qui ne lui octroie aucune place lorsqu'il est
considéré comme économiquement et socialement inutile.
Si le phénomène d'exclusion produit toujours les
mêmes effets : le rejet, les facteurs qui le génèrent sont
à l'inverse très variables car ils sont concomitants de
l'organisation sociale, de la culture, de l'histoire et du niveau de
développement d'un pays.
L'exclusion sociale, telle que nous l'entendons le plus
généralement est subie puisqu'elle concerne des sujets
marginalisés parce que ne pouvant répondre aux normes et valeurs
érigées en ordre social, que ce soit au niveau économique,
idéologique ou socioculturel. C'est généralement le cas du
Maroc où les principaux groupes laissés à la marge ne
répondent ni au « politiquement correct » ni à «
l'économiquement utile ». On peut ranger dans cette
catégorie les chômeurs, les enfants des rues, les
handicapés, les personnes âgées ....
L'exclusion peut donc être monétaire (plus ou
moins grande insuffisance de capital économique), socioculturelle
(altération des formes relationnelles et déficit en
matière d'éducation et de formation), ou psychologique
(problèmes liés à la santé physique et mentale tel
que le handicap).
Dans les sociétés à économie de
marché, elle se définit essentiellement par rapport à des
critères économiques : le niveau de revenu moyen, le seuil de
pauvreté ou le revenu disponible, ce dernier induisant le domaine des
choix, en d'autres termes ce qu'un individu peut acquérir.
On comprend dès lors toute la complexité du
concept d'exclusion sociale. C'est un processus en constante évolution
car les principaux facteurs reconnus qui génèrent l'exclusion,
à quelque niveau que ce soit (exode rural, analphabétisme,
chômage, etc.), sont des phénomènes qui interfèrent
de manière fluctuante dans un cadre spatio-temporel en continuelle
mutation.
Section 2. L'exclusion sociale
en milieu urbain:
Au Maroc, l'exclusion sociale est un phénomène
essentiellement urbain, puisque les facteurs qui la produisent massivement sont
constitutifs de bouleversements sociétaux occasionnés par un
exode rural exponentiel.
L'analyse détaillée de ces facteurs devrait
permettre de mieux repérer les formes et les facteurs d'exclusion qui
sont actuellement les plus visibles.
Le passage d'un mode sociétal à un autre a
généré deux modes de fonctionnement très
différents. Le lien social qui assurait la cohésion de la
société rurale traditionnelle s'est progressivement
délité sans que de nouvelles formes de solidarité aient pu
s'instaurer, l'ampleur du phénomène et de ses conséquences
ayant semble-t-il été sous évaluée. Face à
cette déstructuration sociétale l'individu est totalement
désemparé car privé de ses repères fondamentaux il
n'a, à sa disposition, aucun modèle de substitution.
Cette situation devrait perdurer puisqu'il est prévu
que 64 % de la population vive en milieu urbain en 2014, ce qui signifie une
transformation radicale de la structure sociale puisqu'en 60 ans, le rapport
rural urbain se sera pratiquement inversé.
Il faut se garder toutefois de toute division
manichéenne urbain/rural. Ce ne sont pas des mondes étanches et
cloisonnés qui évoluent parallèlement. Bien au contraire,
de nombreux facteurs externes et internes interfèrent entre ces deux
types de société.
Au niveau interne, la circulation des individus entre ville et
campagne, une administration centralisée commune, agissent bien
évidemment interactivement. De même que, au niveau externe les
choix politiques (plan d'ajustement structurel, accords de libre
échange) ont eu des incidences aussi bien en milieu rural qu'en milieu
urbain, tant au plan économique que social.
C'est ce qui permet de penser qu'actuellement la
société marocaine contemporaine résulte d'une
confrontation mais aussi d'un brassage de deux modèles
sociétaux.
L'occupation de l'espace s'est considérablement
modifiée, impliquant nécessairement sa réorganisation en
même temps que la mise en place d'un modèle sociétal
adapté. En se substituant à la collectivité qui assurait
la cohésion sociale en milieu rural traditionnel, l'État doit
assurer ces mêmes fonctions dans la société contemporaine
en tant qu'élément fédérateur et régulateur
d'un système légitimé par des règles, des normes et
des lois.Il doit, de ce fait, garantir à chacun une place dans la
société.
Or, lorsque la prise en charge de l'individu par le groupe
cesse d'être opérationnelle, il perd ses repères.
Pour qu'il puisse changer ses modes de représentation
et se percevoir en tant qu'élément particulier mais indissociable
et indissocié d'un ensemble socialisé, d'autres repères et
d'autres modèles doivent lui être proposés.
Même si le bon fonctionnement de la
société est l'affaire de tout citoyen, c'est à
l'État qu'il appartient d'assurer ces fonctions.
De fait, bien que conscient du rôle qu'il doit assumer,
ce dernier s'est trouvé débordé par la rapidité de
la mutation sociétale et n'a pu faire face à la demande, qu'il
s'agisse de la scolarisation, de la santé, de l'habitat ou de l'emploi.
Cette incapacité de l'État à remplir ses engagements peut
expliquer pour partie que la société marocaine oscille toujours
entre tradition et modernité. Car, et c'est un principe universel,
lorsqu'on vit dans un présent incertain, on a tendance à prendre
comme référentiel les valeurs séculaires connues et
sécurisantes, la famille, la tribu, la religion, etc.
Cette situation est d'autant plus mal vécue qu'en 1956,
à l'instauration de l'Indépendance, la population tout
entière, villes et campagnes confondues, fut portée par un grand
élan national.
Les membres du parti nationaliste s'étaient alors
fixé pour principaux objectifs de donner à tout citoyen
l'accès à l'instruction, à la santé et le droit au
travail.
En 2005 et malgré de notables efforts accomplis de la
part de l'État et de la Société civile, force est de
constater que non seulement ces objectifs ne sont pas atteints mais qu'à
l'inverse, la situation sociale s'est progressivement
détériorée à l'intérieur du pays.
L'État doit encore faire face à un déficit patent en
matière d'éducation, de santé, d'habitat et d'emploi,
principaux domaines générateurs d'exclusion.
L'une des principales raisons invoquées est d'ordre
conjoncturel : à partir des années 82, la mise en place du PAS a
contraint l'État à privilégier les équilibres
financiers au détriment de la politique sociale interne.
Il n'en demeure pas moins que les politiques sociales
instaurées par l'État devraient être encore
renforcées si on veut donner à tout individu (des deux sexes) le
droit au travail, à l'instruction, au logement et à une
protection sociale. Ainsi pourrait on diminuer sensiblement les cohortes
d'exclus.
Chapitre1:microcrédit enjeux et politique
Introduction
La finance informelle est une pratique courante au Maroc, qui
a existé, depuis longtemps, sous différentes formes7(*) (l'autofinancement (une
épargne de nature thésaurisatrice), les « banques
clandestines » (ou usuriers), les commerçants banquiers, les
opérations pseudo commanditaires, les opérations de pseudo
hypothèque immobilière, tontines (« Dart »ou «
jamaaiat »).
Le recours à ces pratiques financières
informelles s'explique largement par l'absence d'une offre bancaire
adaptée aux besoins des populations démunies et des micro
entrepreneurs. On rappellera en effet, que le taux de la bancarisation8(*) de la population n'est que de
20%.
Afin de répondre aux besoins des populations
démunies et des microentrepreneurs, et à la lumière de
l'émergence de la micro finance de par le monde, les premières
opérations de microcrédit débutèrent au Maroc en
1993, avec l'appui de l'ONG « AMSED ». Par la suite, à la fin
des années 1990, plusieurs actions ont été entamées
soit par les autorités publiques, soit par les bailleurs de fonds, soit
par des ONG. Cela dans le but de consolider le secteur du microcrédit et
de renforcer les capacités institutionnelles et financières des
AMC.
Au fil du temps, l'expérience marocaine s'est
considérablement enrichie, et les capacités des AMC se sont
renforcées. Aujourd'hui, le secteur recèle un immense potentiel
de développement, mais se heurte aussi à des contraintes non
négligeables qu'il faut surmonter. Le présent chapitre se propose
de présenter une radioscopie du secteur. Pour ce faire, quatre axes
seront examinés : le concept et le fonctionnement, le cadre
réglementaire régissant le secteur, le profil du secteur, les
produits offerts et envisagées et la place du microcrédit au
sein de l'INDH .
Section1:
Microcrédit : concept et fonctionnement
1. Concept de microcrédit
Pour mieux définir le terme de microcrédit, il
faut le placer dans le contexte global de la microfinance. Le terme de
microfinance est utilisé pour désigner les services financiers
offerts aux clients travaillant dans différents secteurs
socio-économiques qui gèrent des petites et micro-entreprises
(Robinson 1996). D'après la Banque mondiale (1996), les petites et
micro-entreprises englobent un large éventail d'entreprises appartenant
aux secteurs de l'industrie, des transports, du commerce, des services, de
l'agriculture, etc., de taille variable, allant des activités à
temps partiel et saisonnières d'une seule personne aux petites
entreprises formelles dont plusieurs employés sont recrutés
à l'extérieur de la famille. Les microentrepreneurs peuvent
être des individus ou des groupes d'individus opérant en milieu
rural ou urbain. Le manque d'accès au financement institutionnel
affaiblit nécessairement la sécurité financière de
ces personnes à travers le monde.
Le concept de services financiers
réfère à la fois aux services d'épargne et aux
services de crédit:
· Les services d'épargne permettent aux personnes
de constituer un stock sécuritaire de liquidités, permanent,
saisonnier ou temporaire pour utilisation ultérieure et d'obtenir en
plus, dans certains cas, des intérêts sur leurs
dépôts.
· Les services de crédit, que nous
désignerons ici comme microcrédit, permettent
l'utilisation d'un revenu anticipé pour l'investissement ou la
consommation actuelle.
La littérature distingue deux types de crédits:
le crédit productif et le crédit non productif. Les
crédits productifs sont des services financiers orientés vers les
catégories pauvres qui investissent dans les micro-entreprises. Les
crédits non productifs sont destinés aux groupes marginaux qui
sont davantage préoccupés par la satisfaction des besoins de base
tels que les aliments, les médicaments, le logement, l'éducation,
etc. Même si les services financiers des programmes de microcrédit
portent aussi bien sur les prêts productifs que sur les prêts non
productifs, certains auteurs ont montré que les institutions qui ont
obtenu le plus de succès sont celles qui ont canalisé les
prêts productifs aux pauvres, mais appartenant aux catégories de
revenus les plus élevés. Par ailleurs, d'autres auteurs trouvent
que le prêt non productif, même s'il est moins rentable que le
premier, est souvent indispensable pour permettre aux populations les plus
pauvres de satisfaire d'abord leurs besoins de base avant de penser à un
prêt productif (Hulme et Mosley 1996).
2. Fonctionnement actuel de microcrédit :
L'objectif de ce chapitre est de décrire comment
fonctionne actuellement le microcrédit. Tout d'abord, on présente
les principaux services offerts par les institutions financières en
termes de microcrédit et de services d'appui. Ensuite, on décrit
l'organisation au niveau de la demande de services financiers. Enfin, on
étudie l'organisation au niveau de l'offre de services financiers ainsi
que les principaux intervenants offrant du microcrédit.
2.1 Type de services offerts par les institutions
financières
Avant de présenter les services d'appui au
microcrédit, nous analyserons les deux principales formes de services
financiers; à savoir: les services de microcrédit et les services
d'épargne.
2.1.1 Services de microcrédit
Les programmes de microcrédit peuvent être
classés selon trois approches en matière de prêts (Christen
et al 1994): les prêts individuels, les prêts aux groupes
de solidarité et les prêts aux banques villageoises.
· Dans le cadre des programmes de prêts
individuels, un individu obtient un crédit s'il présente des
garanties suffisantes et s'il est recommandé par un membre du groupe en
qui l'institution a confiance. Les garanties exigées par ces programmes
sont en général moins contraignantes que celles exigées
par les banques commerciales. On note également que les prêts
individuels sont en général plus fréquents que les
prêts de groupe. Cette formule de prêts individuels est
répandue en Indonésie ainsi qu'au Sénégal (ACEP).
Cette approche est aussi utilisée au Niger (BRK) et en Colombie
(ACTUAR), mais représente seulement une faible proportion des
prêts octroyés.
· La méthode des groupes de solidarité
consiste à offrir des services financiers à un petit groupe
de demandeurs de crédits (généralement 4 à 10
personnes). L'engagement collectif de ce groupe vis-à-vis du
prêteur tient lieu de garantie ou de caution solidaire, car si un membre
ne parvient pas à rembourser, ce sont les autres membres qui acceptent
de supporter le remboursement du prêt. Il y a donc une forte pression
sociale qui s'exerce sur les membres et les incite à honorer leur
engagement. Cette approche est de loin la plus répandue des trois
approches. On la retrouve dans les institutions ayant connu des succès;
comme la Grameen Bank au Bangladesh, la K-REP au Kenya et la BancoSol en
Amérique latine.
· Les prêts aux banques villageoises sont
octroyés à un groupe de trente personnes ou plus. Le groupe est
responsable pour administrer les prêts individuels de chaque membre
(Approche utilisée par le Réseau des caisses populaires au
Burkina Faso, la FINCA au Costa Rica et la BRK au Niger). Ce système
fonctionne bien lorsque les groupes sont déjà formés au
niveau des villages et que les membres ont déjà
développé une certaine capacité de gestion et une
confiance mutuelle.
La caractéristique commune à ces trois approches
est la capacité à fournir de petits prêts, de courte
durée (12 mois ou moins), à un taux d'intérêt
relativement élevé comparé aux taux des banques
commerciales locales. Les deux dernières approches ont le plus de
caractéristiques communes; notamment le recours aux groupes et à
la pression sociale pour réduire le taux de non-remboursement. En
général, elles acceptent des formes de garanties non
traditionnelles pour encourager le remboursement, offrent des prêts de
très courte durée et exigent des taux d'intérêts
élevés.
Une autre dimension commune est qu'elles offrent de petits
prêts renouvelables selon la performance de remboursement de l'individu.
Les bons payeurs ont également la possibilité d'accéder
à des montants de plus en plus élevés, au fur et à
mesure que s'améliore la performance de remboursement. Certaines
institutions fixent un seuil au-delà duquel l'accès à un
prêt plus élevé implique d'avoir
bénéficié d'une série de petits prêts et
d'avoir réalisé un certain niveau d'épargne au fil des
années. Cette démarche renforce l'esprit d'appartenance à
l'institution.
Les conditions d'octroi des prêts varient d'une
institution à une autre et tiennent compte du contexte local. La
fréquence de remboursement varie également d'une institution
à l'autre. Elle peut varier d'une semaine à un mois. Des
avantages sont souvent accordés sur les taux d'intérêts
pour ceux qui remboursent dans les délais requis.
Les institutions de microcrédit ont tendance à
se rapprocher de leur clientèle beaucoup plus que ne le font les
institutions financières traditionnelles. En général, les
procédures de demande sont relativement simples et les délais
d'attente sont réduits au minimum. Cette rapidité a pour effet de
réduire les coûts de transaction des emprunteurs.
2.1.2 Services d'appui au
microcrédit
Les services d'appui aux prêts peuvent être
regroupés en deux grandes catégories:
Services de formation
Les services de formation dans les programmes de
microcrédit sont offerts à trois niveaux principaux:
. La formation du personnel de l'institution vise le
renforcement des capacités nationales et régionales de conception
et de gestion des services de microcrédit. Les programmes de formation
diffèrent d'une institution à l'autre, mais ils portent
généralement sur les notions de base en finance telles que la
comptabilité, l'élaboration d'un budget, la formulation d'un
projet, le plan d'affaires, l'étude de marché d'un produit, le
marketing, etc. La formation sur place est souvent associée avec une
formation de courte durée en dehors du pays, qui est financée
généralement par les bailleurs de fonds.
. La formation des agents de terrain est indispensable
à tout démarrage de programme de microcrédit. Elle porte
sur les notions simples de gestion des services financiers ainsi que sur les
méthodes d'encadrement des groupes. La formation est le plus souvent
dispensée en langue locale, car les agents de terrain ont un niveau de
formation très faible. Par exemple, au Burkina Faso, les agents
recrutés par le Programme de promotion du petit crédit ont un
niveau primaire et la durée de leur formation est d'une année
(Sananikone et Colleye, 1995).
Avant d'être nommés à un poste de
responsabilités, plusieurs programmes de microcrédit demandent
à leurs agents de faire d'abord un stage dans une banque locale pour se
familiariser avec le fonctionnement du système financier aux
microentrepreneurs.
. La formation de la clientèle cible est très
variable selon les programmes. Pour certains programmes, cette formation a lieu
lors des séances initiales de promotion au cours desquelles les agents
de terrain expliquent les modalités de fonctionnement du programme.
Alors que pour d'autres, la formation fait partie intégrante des
activités de microcrédit. Les thèmes de formation sont par
conséquent très diversifiés
3. Le micro crédit au Maroc

Secteur du micocrédit : Chiffres au 30
septembre 2005
3.1. L'environnement microfinance:
Les populations défavorisées en milieu urbain
travaillent principalement dans les services, la construction, lorsqu'il ne
s'agit pas d'auto emploi informel. En milieu rural, on observe une
pluriactivité informelle, dont l'agriculture, peu productive.
La tradition entrepreneuriale est ancrée, mais le
manque d'accès au crédit, notamment de fonds de roulement, limite
la taille des entreprises. La micro entreprise occupe 60% de la population
active, d'environ 10 millions de personnes.
Le secteur bancaire est en situation de surliquidité.
La couverture territoriale est faible (un guichet pour 17 000 habitants);
seules les principales villes, coeur économique du Maroc,
bénéficient d'un réseau bancaire dense. Ce secteur
s'adresse donc essentiellement aux classes aisées de la population.
Il existe par ailleurs au Maroc un important secteur de
sociétés de crédit à la consommation, qui
délivrent assez facilement des petits crédits, sans qu'il soit
nécessaire d'en spécifier l'objet. La population
bénéficiaire des principales institutions de microfinance est
toutefois hors cible des sociétés de crédit à la
consommation, qui ne représentent par conséquent pas une
réelle concurrence.
Le contexte institutionnel est favorable. Le gouvernement a
distribué 10 millions d'Euros (décaissés en deux tranches
en 2000 et 2001) aux différentes IMF, et envisageait de nouvelles
dotations de 15 millions en 2002/2003, au travers du fonds Hassan II,
alimenté par les recettes de privatisation.

Tableau: Répartition des clients actifs par
zone géographique 9(*)
Au 31 décembre 2004, le nombre d'emprunteurs actifs au
Maroc est de l'ordre de 460 000 dont 72% de femmes, pour un encours total de
plus de 890 M MAD, soit près de 80 M EUR. La demande non satisfaite
reste encore importante, puisque la demande potentielle est
évaluée à plus d'un million de microentrepreneurs (les
estimations d'Al Amana l'évaluent même à 3,6 M).
Une réglementation a été mise en place en
1999 (Dahir N°1-99-16), fixant le montant maximum des prêts à
50 000 MAD. Le cadre est assez contraignant pour le développement des
programmes : le microcrédit aux activités productives et de
services est l'objet exclusif des Associations de Microcrédit ; seuls
les services de formation sont autorisés. Tout autre service (tel que
des crédits logement, consommation) n'est pas prévu dans le cadre
; le Ministère des Finances a déjà octroyé son
autorisation à des programmes de financement d'électrification
rurale, sur demande spécifique de l'IMF. La collecte d'épargne
est interdite.
Les IMF doivent disposer de projections financières
démontrant leur viabilité au terme d'une période ne
pouvant excéder 5 ans à compter la date de
l'autorisation10(*). Elles
devront ensuite être soumises à la fiscalité,
essentiellement la TVA. Les IMF souhaiteraient entreprendre des
négociations avec le Ministère pour étendre cette
période.
3.2. DEVELOPPEMENT DE LA MICROFINANCE AU
MAROC
La première mention de la Microfinance a
été faite en 1992, lors de la Conférence organisée
par l'Ecole Nationale pour l'Agriculture de Meknès sur la
désertification au Maroc. Convaincus par l'idée, quelques
participants du Catholic Relief Service (CRS), en partenariat avec l'AMSED ont
décidé d'en faire l'expérience en milieu rural dans le
Moyen Atlas près de Khenifra en collaboration avec l'association locale
Oued Srou. Un premier crédit a été octroyé à
un groupe de 8 femmes. Quelques tentatives ont permis de confirmer
l'efficacité du système, très adapté à la
tradition solidaire marocaine.
Tableau d'Evolution de la taille du
marché:

Les années 90 ont vu le développement du
secteur au Maroc :
> 1994, extension du programme d'AMSSF au
microcrédit ;
> 1995, création de la Fondation Zakoura ;
> 1996, création de l'ACAET (Association des Cadres
et anciens élèves de Tanderara, devenue depuis l'association Al
Karama ;
> 1997 : création de la Fondep et d'Al
Amana
Le programme Micro Start du PNUD, qui a débuté
en février 1998, a fourni une assistance financière et technique
à six associations avec un budget opérationnel US$ 1.7 millions,
dont US$ 150,000 par association participante .Cet appui au secteur a
été suivi par celui de l'USAID pour plus de US$ 16 millions en
faveur surtout de l'association Al Amana.
L'octroi de microcrédit a longtemps été
une composante des activités d'ONG généralistes qui ont
dû diviser leur structure en 1999 avec la mise en vigueur de la loi sur
le microcrédit qui exigeait la séparation des programmes de
microcrédit de leurs ONG mères.
En 2000, le Fonds Hassan II a soutenu le secteur avec une
subvention de 100 millions DH (€10 millions). Cette contribution
financière a permis d'accroître le nombre et le montant des
prêts accordés, en particulier pour les trois principales
associations (Al Amana, Zakoura et la FBPMC).
3.3. Structuration de la profession
Les deux organes, en charge du secteur, sont donc le conseil
consultatif du micro crédit et la fédération nationale des
associations de microcrédit.
Le premier est consulté sur toutes les questions
liées à l'octroi et au développement du
microcrédit. Le second a pour mission d'établir des règles
de déontologie de veiller à leur respect et de saisir le ministre
chargé des finances le cas échéant. Cette
fédération est une force de proposition en vue du
développement du microcrédit mais aussi l'intermédiaire
entre l'administration et ces associations.
Toute association doit adhérer à cette
fédération.
Section2:
Microcrédit : immenses opportunités pour l'INDH
1. Contribution du microcrédit à la
lutte contre la pauvreté
Dans le passé, les gouvernements et les bailleurs de
fonds ont commis des erreurs en accordant des crédits
subventionnés aux pauvres, en pensant qu'ils ne pouvaient pas assumer
les coûts élevés engendrés par le
microcrédit. L'expérience a montré que les
microentrepreneurs n'ont pas besoin de subventions, mais d'un accès
rapide et moins contraignant à des services financiers adaptés
à leurs besoins et au contexte local. Avec un microcrédit
approprié, les pauvres sont en mesure de rentabiliser leurs
activités de façon à pouvoir payer des taux
d'intérêts élevés. Ils ont le savoir-faire pour
gérer leurs activités et parviennent à rembourser à
des taux équivalents et même souvent supérieurs à
ceux du système traditionnel de financement.
Le microcrédit constitue donc un instrument puissant de
lutte contre la pauvreté. En effet, l'accès au microcrédit
peut permettre aux pauvres:
· D'augmenter leurs revenus et d'améliorer leurs
conditions de vie;
· D'accroître leur productivité et leur
efficacité;
· De développer des micro-entreprises;
· D'améliorer la gestion de leurs revenus;
· De réduire les risques auxquels ils sont
exposés;
· D'équilibrer la consommation de leur
ménage.
De plus en plus, il est démontré que les
programmes de microcrédit aident les pauvres à sortir de leur
état de pauvreté, ainsi que le montrent ces quelques exemples
pris sur les trois continents en développement.
Les programmes de microcrédit ont permis d'aider les
pauvres à sortir de leur état de dépendance de trois
manières (Christen et al 1995, Thapa et al 1993,
Khandker et al 1995):
· Le microcrédit a permis aux pauvres de se
créer des emplois en développant de petits projets de
métiers; ce qui a permis d'accroître considérablement les
revenus des bénéficiaires et de satisfaire ainsi leurs besoins
essentiels ainsi que ceux de leur famille.
· Les programmes de microcrédit s'accompagnent
d'autres services qui ont des impacts considérables sur la vie
socio-économique des populations bénéficiaires. La
mobilisation de l'épargne locale, la formation dispensée aux
pauvres, la mise en place des mécanismes d'assurance sociale, la
création de réseaux de travail ouvrent des horizons aux
demandeurs de microcrédit, qu'ils ne seraient pas capables d'avoir s'ils
étaient laissés à eux-mêmes.
· Le microcrédit permet aux pauvres de s'entraider
mutuellement pour sortir de leur état de pauvreté. Avec sa force
de réunir les gens qui partagent les mêmes problèmes, le
microcrédit stimule le changement dans les mentalités des gens et
prouve que les pauvres sont capables de se prendre en charge pour
évoluer vers un développement humain meilleur.
À l'analyse des résultats des expériences
vécues à travers le monde, il apparaît clairement que le
microcrédit a des potentialités importantes de succès:
· Tout d'abord, on constate que les pauvres sont de bons
payeurs. Le sérieux dans le respect de leur engagement, lequel
sérieux d'ailleurs développe un esprit de confiance dans les
mutualités, est véhiculé par les pauvres quand ils
accèdent au système de crédit formel.
· La viabilité et la profitabilité des
programmes de microcrédit sont réalisables dans les pays en voie
de développement. Sur une étude de cas de 11 institutions de
microcrédit, Christen et al (1994) ont constaté qu'il y
a une grande potentialité de rentabilité des institutions offrant
ces services financiers, même si au départ, ces institutions
avaient bénéficié de subventions.
Les institutions financières de microfinancement
peuvent donc jouer un rôle important dans l'éradication de la
pauvreté, en complétant les programmes des gouvernements et des
bailleurs de fonds. Quand un programme de microcrédit dépendant
des subventions peut être remplacé par un service de
microfinancement autosuffisant, ceci se traduit par des économies
substantielles pour les gouvernements et les bailleurs de fonds. Les
économies réalisées, avec la suppression des subventions,
peuvent alors être réallouées dans les autres volets de
leurs programmes de lutte contre la pauvreté que les institutions
financières ne parviennent pas à fournir. En particulier,
l'orientation de ces fonds vers la création et le renforcement des
institutions financières non commerciales, comme les coopératives
d'épargne et de crédit et les ONG spécialisées dans
le microcrédit, peut constituer un choix stratégique.
2. L'INDH, d'immenses opportunités pour le
microcrédit
L'inefficacité des différents programmes de
lutte contre la pauvreté menés par le Maroc, depuis son
indépendance, s'explique largement par la dispersion de ces programmes
et par l'absence d'une stratégie d'ensemble qui prend en compte toutes
les dimensions de la pauvreté. Celle-ci est, comme nous l'avons dit, un
cumul de désavantages (revenus bas et incertains, analphabétisme,
faible niveau de développement du capital humain, etc.).
Dans cet esprit, l'INDH, se présente comme une
politique globale et intégrée de lutte contre la pauvreté.
Par des actions territorialisées et intégrées, l'INDH vise
à rendre la politique sociale plus efficace et à mieux cibler les
populations défavorisées. Elle réserve une place de choix
pour le microcrédit et lui offre de nouvelles perspectives de
développement.
2.1 Place du microcrédit dans l'INDH
L'INDH est une approche globale et intégrée qui
vise à réduire la pauvreté, la
vulnérabilité, la précarité et l'exclusion sociale.
Par sa logique et son fonctionnement, l'INDH offre un cadre d'actions pour le
microcrédit
.
2.2. Un apport incontestable du microcrédit
à la réussite de l'INDH
Comme il a été déjà
signalé, l'INDH se présente comme une approche globale et
intégrée où le microcrédit occupe une place
importante. Le schéma suivant permet d'illustrer le mode d'articulation
du microcrédit avec les autres composantes de l'INDH.

Ce schéma montre clairement que l'INDH vient canaliser
et mettre en synergie plusieurs types d'actions, afin de promouvoir le
développement humain. Ces actions se complètent et se renforcent
mutuellement. En effet, la promotion de l'accès aux équipements
de base, le renforcement du capital humain, l'encouragement des
activités génératrices de revenus, l'insertion des
personnes en situation difficile dans la vie active, etc. sont autant d'actions
qui viennent agir conjointement sur plusieurs facettes de la pauvreté.
Au sein de ce dispositif, la place du microcrédit
apparaît essentiellement en tant qu'instrument de financement des petites
activités génératrices de revenu. Bien entendu, et comme,
il a été signalé plus haut, il pourrait aussi contribuer
à renforcer l'accès des populations démunies aux
infrastructures de base.
Il s'ensuit donc que l'INDH ouvre de réelles et
nouvelles perspectives pour le microcrédit. Et comme nous l'avons
montré, la contribution du microcrédit à l'INDH pourrait
même toucher certains domaines où les déficits sociaux sont
plus criants comme le prouve l'expérience récente de certaines
AMC en matière de financement du logement. En règle
générale, les AMC devraient faire preuve d'innovation pour mettre
au point des produits et services financiers adaptés à des
populations défavorisées, généralement non
éligibles au financement classique.
a. Vers une contractualisation des
relations Etat-AMC.
L'INDH accorde une place importante au
microcrédit11(*)
qui est appelé à financer les activités
génératrices de revenu et éventuellement, l'accès
aux infrastructures de base des populations démunies.
En vertu de leurs atouts indéniables, les AMC sont
à même de contribuer sérieusement à la
réalisation des objectifs de l'INDH.
En outre, pour permettre aux AMC de bien assumer les missions
qui leur sont dévolues dans le cadre de l'INDH, il serait opportun de
penser les relations Etat-AMC dans le cadre d'une vision claire et
cohérente.
Plus explicitement, il s'agit de consolider ces relations dans
le cadre d'un contrat programme entre l'Etat et la FNAM. Ce contrat fixera des
obligations de résultats pour les AMC, c'est-à-dire les objectifs
à atteindre (le nombre de bénéficiaires, la nature des
activités à financer, les populations et les zones visées,
...). De même, en vertu de ce contrat, l'Etat devrait s'engager à
offrir toutes les formes d'aide et d'appui aux AMC (subventions, renforcement
des capacités, etc.). L'ampleur de ses transferts devrait être
évaluée en concertation entre l'Etat et les AMC. Il serait
judicieux de concevoir des ratios afin de mesurer, évaluer, et faire le
suivi quotidien des programmes lancés.
En conclusion, les AMC disposent d'indéniables atouts
pour la réalisation des objectifs de l'INDH. Et cette dernière
offre de véritables perspectives de développement au secteur. Une
contractualisation des relations Etat-AMC dans le cadre d'un contrat programme
s'avère opportune et indispensable pour la promotion de l'action sociale
au Maroc.
Conclusion
Le secteur de la micro finance au Maroc se caractérise
par sa forte croissance et son
hétérogénéité. Il recèle aussi un
énorme gisement potentiel de diversification des produits, et de
dynamisme.
Le cadre réglementaire actuel contient des atouts qui
doivent être amplifiés et des entraves qui doivent être
endiguées. Malgré les amendements de la loi 18-97 en 2004, le
secteur reste encore largement dépendant du crédit solidaire et
est concentré dans les zones urbaines et périurbaines.
Une véritable stratégie de diversification des
produits et de développement du secteur passe, entre autres, par le
renforcement des capacités institutionnelles des AMC, par l'amendement
du cadre juridique régissant le secteur, et par l'adoption de mesures
spécifiques aux grandes, moyennes et petites associations.
Désormais, de larges et sérieuses
opportunités sont offertes au microcrédit par l'INDH. Cette
initiative, visant la réduction de la pauvreté, la
vulnérabilité, la précarité et l'exclusion sociale
réserve une place importante au microcrédit. La
contractualisation des relations Etat-AMC à travers un contrat programme
favorisera, sans doute, la réalisation des objectifs de l'INDH et le
développement des AMC. Ce développement requiert aussi la mise en
oeuvre de nouveaux instruments de refinancement adaptés à
l'hétérogénéité du secteur.
Chapitre2 : Le rôle
de la société civile en matière de lutte contre la
pauvreté et l'exclusion sociale
Introduction
Au cours du 20ème siècle la population du Maroc est
passée de 5 millions à plus de 30 millions d'habitants et les
projections démographiques ne prédisent pas un renversement de ce
phénomène.
La croissance démographique, l'exode rural, la
sécheresse structurelle, sont autant d'éléments qui sont
à la source de l'apparition de quartiers entiers non planifiés.
La ville, autrefois haut lieu de développement et de la culture devient
une entité qui crée plus de problèmes qu'elle n'en
résolut.
Longtemps, on a cru que tout développement passait par
l'urbanisation et la croissance industrielle, laissant de côté les
ressources endogènes des régions. Ce processus a conduit à
négliger le développement local et à engendrer de graves
problèmes d'ordre écologique, pollution des rivières par
les eaux usées, pollutions industrielles, décharge publique non
contrôlée, quartiers sans équipements de base, à
savoir assainissement, eau et électricité.
Aussi ne faut-il pas considérer le chômage des
jeunes diplômées comme un déphasage profond entre la
croissance démographique et la croissance économique ? La
pauvreté urbaine peut aisément perturber la cohésion
sociale et être un frein à l'élan démocratique que
connaît le Maroc.
La société civile est sans doute l'un des traits
les plus marquants de notre époque, à tel point qu'elle est
devenue aujourd'hui un acteur incontournable dans le fonctionnement des
sociétés contemporaines. Cette nouvelle situation est le fruit du
travail que les organisations ont mené en matière des droits de
l'homme, de promotion du rôle sociopolitique de la femme, de
défense de l'enfant, de lutte contre la corruption, de lutte contre la
pauvreté, de préservation de l'environnement.
On assiste aussi à une nouvelle forme de
société civile internationale pour laquelle le profit n'est pas
l'objectif principal. C'est dans ce contexte qu'apparaissent des nouvelles
formes d'économie et de solidarité et que l'on parle d'une
économie solidaire. Dans ce cadre, le rôle d'une
société civile idéale serait de faire coopérer
trois secteurs : l'Etat, le secteur privé, le secteur à but non
lucratif à vocation sociale.
Au Maroc comme dans les pays du sud, le combat de la
société civile se développe sur deux axes prioritaires :
les libertés publiques et le développement
socio-économique des populations, aussi bien urbaines que rurales.
Section1: L'approche
méthodologique des ONG de développement
La rigueur de la méthodologie préconisée par
cette nouvelle génération d'ONG au Maroc et le professionnalisme
de leur action font de celles-ci des partenaires incontournables
En effet, les ONG de développement ont toutes comme souci
fondamental la participation de la population cible. Par des séances de
sensibilisation, elles donnent la parole aux groupes sociaux concernés.
Grâce la concertation, des priorités peuvent être
attribuées aux projets de développement.
L'objectif de ses acteurs de développement (ONG) est de
pérenniser l'action entreprise en laissant derrière eux des
populations organisées en association, en coopératives et en
comité de quartier, ... ainsi ces entités locales
accèderont à la citoyenneté et prendront de la sorte leur
propre développement en charge.
La politique de proximité entreprise par les ONG permet le
dialogue dans un climat de confiance indispensable pour dissiper les conflits,
et appréhender la problématique de manière saine et
efficace.
Ce n'est qu'à ce prix que l'on rompra avec la notion de
l'état providence.
La quasi totalité des ONG oeuvrant dans le
développement trace parmi leurs objectifs : la sauvegarde de
l'environnement. Ce processus qui ne peut être atteint sans une vision
globale et intégrée du développement d'où la
nécessité de mettre en place des programmes de
développement intégré multi-vectoriel sur plusieurs
années avec un soutien continu de l'ONG envers la population cible.
Schématiquement, on peut résumer l'action des ONG
marocaines de la manière suivante. Elles vont vers la population cible
en vue de les faire adhérer à tous le processus depuis
l'identification jusqu'à la réalisation. C'est ainsi qu'elles
élaborent conjointement avec la population cible des programmes qui
reflètent les désidératas de cette dernière et
répondent à un besoin pressant et forcément
hiérarchisé. Les ONG traduisent cela en terme de programme
d'action et sollicite l'appui financier et moral des bailleurs de fond et
divers pouvoir public. Elles informent régulièrement la
population concernée de l'évolution de leur dossier et en
parallèle tout en attendant la signature des conventions et le
déblocage des crédits nécessaires les ONG veillent
à l'organisation de la population cible en association et en
coopératives lorsque cela n'existe pas c'est à ce titre qui peut
paraître facile demande un effort considérable de va et vient et
des heures de concertation pour faire adhérer l'ensemble des partenaires
à ce processus.
Cela nécessite de la part de l'ONG un savoir faire
éminent et une gestion rigoureuse basée sur
l'honnêteté et la transparence.
C'est pour ces raisons qu'actuellement les ONG de
développement prêche pour plus de professionnalisme. Elles ont
tablée pour une bonne gestion et une transparence au niveau de leur
fonctionnement.
La majorité des associations de développement font
l'objet d'Audit annuel par des cabinets internationaux choisis en coordination
avec les bailleurs de fond.
Section2: Stratégies
d'action des ONG dans la lutte contre la pauvreté
Les stratégies d'action des O.N.G en matière de
lutte contre la pauvreté sont diversifiées et plurielles. Leur
intervention concerne divers aspects liés à ce
phénomène comme l'alphabétisation et la scolarisation
rurale, le micro crédit et l'insertion professionnelle, l'aide
humanitaire et sociale directe....Autant de créneaux qui dénotent
des multiples dimensions et facettes du phénomène de la
pauvreté.
Ses stratégies d'action dans le domaine de la lutte contre
la pauvreté s'articulent autour de trois axes essentiels :
- Le premier axe est fondé sur l'éradication de
l'une des causes principales de la pauvreté à savoir
l'analphabétisme et la non scolarisation.
- Le deuxième axe tend à l'amélioration des
conditions de vie des populations démunies en s'attaquant aux causes
directes de la pauvreté. Il s'agit notamment des actions visant à
:
* améliorer les revenus des couches sociales
démunies à travers l'octroi de micro crédits, de dispense
de formations...
* accroître le niveau des services sociaux de base
notamment dans le monde rural : pistes, eau, électricité.
* atténuer la fragilité, la
vulnérabilité et la précarité de certaines couches
de la population : handicapés, enfants de la rue, femmes chefs de
ménage...
- Le troisième axe concerne les aides humanitaires,
vestimentaires, médicales directes et limitées dans le temps
ayant pour objectif de réduire les souffrances des population pauvres :
opérations « Ramadan », fourniture de vêtements, de
médicaments... à l'occasion de fêtes religieuses ...
Au niveau de ces différentes stratégies d'action,
les ONG fondent l'élaboration et l'exécution de leur programmes
sur les acteurs locaux, seuls capables de déterminer les couches cibles
et leurs besoins réels tout en garantissant la pérennité
et la cohérence des projets engagés.
Section3: Atouts du mouvement :
une richesse humaine
1. le bénévolat : le cadre
organisé sur la base de l'adhésion volontaire d'un certain nombre
de personnes autour d'une mission, se reflète très fortement au
niveau de l engagement et de l'abnégation des bénévoles.
La richesse du mouvement est celle de ses ressources humaines : mobilisation
très forte, foi et passion dans les actions qu'elles réalisent.
Le bénévolat est une des forces les plus sûres du mouvement
associatif et la valeur ajoutée par rapport à toute autre
structure. Le bénévolat dans le militantisme qu'il suppose est
surtout aussi en espoir.
2. la diversité des expertises : cette richesse humaine
est autant d'expertise et de qualifications diverses au service du
développement : les médecins, les ingénieurs, les
psychologues, les économistes, les juristes, etc.
bénévolat des ONG sont une source de richesse inestimable pour le
pays.
3. la proximité ; les ONG, contrairement à l'Etat,
arrivent à approcher de façon très étroite les
couches les plus vulnérables et marginalisées. Cet un atout de
taille en faveur du mouvement, qui dans une certaines mesure pallie les
carences de l'Etat et son incapacité à résoudre certains
problèmes.
3. une façon de faire : des structures
légères, un fonctionnement local, une priorité à
l'autonomie.
Section4: La
société civile au Maroc
La société civile est sans doute l'un des traits
les plus marquants de notre époque, à tel point qu'elle est
devenue aujourd'hui un acteur incontournable dans le fonctionnement des
sociétés contemporaines. Cette nouvelle situation est le fruit du
travail que les organisations ont mené en matière des droits de
l'homme, de promotion du rôle socio-politique de la femme, de
défense de l'enfant, de lutte contre la corruption, de lutte contre la
pauvreté, de préservation de l'environnement. On assiste aussi
à une nouvelle forme de société civile internationale pour
laquelle le profit n'est pas l'objectif principal.
C'est dans ce contexte qu'apparaissent des nouvelles formes
d'économie et de solidarité et que l'on parle d'une
économie solidaire. Dans ce cadre, le rôle d'une
société civile idéale serait de faire coopérer
trois secteurs : l'Etat, le secteur privé, le secteur à but non
lucratif à vocation sociale.
Au Maroc comme dans les pays du sud, le combat de la
société civile se développe sur deux axes prioritaires :
les libertés publiques et le développement
socio-économique des populations, aussi bien urbaines que rurales.
Section5: Le rôle de la
société civile
Avant de rentrer succinctement dans l'approche
méthodologique qui caractérise l'intervention de la nouvelle
génération des ONG il nous paraît légitime de
préciser que le Maroc possède une tradition associative riche de
leçons aussi bien dans les villes que dans les campagnes. En effet, les
relations sociaux économiques et les différentes organisations
sociales exigeant la présence d'un esprit collectif prennent assise sur
les us et coutumes: l'organisation de la société en Jamaa, en
Twisa et en Zaouia n'est-elle pas une forme de société civile
avant la lettre ? Elles ont joué un rôle
prépondérant dans la prise en main par la population local de son
développement et de son devenir.
Les instances du protectorat étaient à la source de
l'anéantissement de cette forme de société civile
traditionnelle.
En 1914, sous le protectorat, le Maroc a connu sa première
législation des activités associatives. Mais ce n'est
qu'après l'indépendance en 1958, qu'un dahir régit les
libertés publiques s'inspirant largement de la loi française de
1901.
Depuis les années quatre-vingts la société
civile au Maroc a connu un épanouissement sans précédent.
Les chiffres officiels diffèrent suivant leur source et annoncent
l'existence de 17.000 à 35.000 associations. Est-ce le reflet d'une
ouverture démocratique ou la recherche d'une légitimité en
réponse aux problèmes liés au méfait de
l'ajustement structurel qui a engendré pauvreté, exode rural et
prolifération de l'habitat insalubre ?
Le paysage associatif est actuellement diversifié et
réparti géographiquement sur la quasi-totalité du
territoire national.
Section6: Les ONG et la Lutte
contre la Pauvreté au Maroc:
Le mouvement associatif connaît un grand essor au Maroc. Il
attire de plus en plus d'individus, de communautés, d'organismes... Aux
associations professionnelles, sportives, culturelles ... s'ajoutent de
très nombreuses associations de développement à
caractère social.
Parallèlement à cette forte progression
quantitative des ONG, leurs domaines d'intervention s'élargit et se
diversifie particulièrement en matière de lutte contre la
pauvreté et d'intégration des couches sociales démunies
dans le processus de développement économique et social. Il faut
dire que la création de la Fondation Mohamed V pour la solidarité
a donné un véritable coup de fouet aux associations de
développement social au Maroc.
Dans cet important domaine, ces ONG adoptent une véritable
politique de proximité et une démarche participative impliquant
directement les populations bénéficiaires dans le cadre d'une
dynamique locale. Leur stratégie d'action embrasse plusieurs axes qui
visent à apporter des aides directes et ponctuelles aux pauvres et /ou
à améliorer leurs conditions de vie en agissant directement sur
les causes de la pauvreté et de l'exclusion.
Ce qui explique largement l'efficacité de leur action, le
caractère fondamental de leur contribution et la pertinence de leur
démarche. Elles constituent désormais, et de plus en plus, un
partenaire privilégié des différents acteurs sociaux et en
particulier de l'Etat en créant les synergies nécessaires et les
complémentarités indispensables entre eux dans le cadre d'une
stratégie nationale de lutte contre la pauvreté.
La réussite d'une telle stratégie nécessite
entre autre le renforcement de l'action des ONG à travers le
dépassement des multiples contraintes qu'elles subissent. Il s'agit en
particulier de la modicité ainsi que de l'irrégularité de
leurs ressources financières, de la faiblesse quantitative et
qualitative de leurs ressources humaines, de leur conception classique du
travail basé toujours sur le volontariat et l'amateurisme... Autant
d'handicaps qui continuent de peser négativement sur leur action et
limitent fortement l'efficacité et l'efficience de leurs programmes dans
le domaine de la lutte contre la pauvreté.
Conclusion
Si tout le monde est d'accord sur
le fait que le développement économique et social du pays ne peut
plus être envisagé sans la participation active de la
société civile, et que le rôle des associations est
désormais le pilier de toute réforme, il faut admettre
l'existence d'une hétérogénéité des
comportements des acteurs. Les contingences qui pèsent sur l'action des
ONG, leurs logiques de comportement devraient recevoir beaucoup plus
d'attention. En effet, parallèlement à des associations qui
déploient des efforts considérables pour le bien être
social, on assiste à des comportements opportunistes de certaines
personnes impliquées qui cherchent plutôt à maximiser leurs
propres intérêts (amélioration de leur image, course vers
l'accumulation des aides).
L'accent mis sur le comportement des acteurs se justifie dans le
contexte marocain dans la mesure où des travaux similaires portant sur
la politique de l'emploi ont montré que l'action des acteurs n'est pas
toujours neutre (Ibourk, 2003). Les objectifs privés des acteurs
impliqués dans une action peuvent converger entre eux tout en divergeant
de l'objectif général de cette action. Les agents peuvent former
des coalitions d'intérêt qui peuvent détourner l'objectif
initial de l'action. De même dans ce domaine qui est devenu une
priorité déclarée des pouvoirs publics marocains les
besoins d'indicateurs d'aide à la décision sont plus pressants.
Toutefois l'absence de données appropriées ne
permet pas d'aller au-delà de la rhétorique du discours
dominant.
Chapitre3 : programme des
"villes sans bidonvilles" : réalisation en milieu urbain
INTRODUCTION
Les bidonvilles au Maroc ne cessent de
croître malgré les efforts de résorption non
négligeables menés par l'Etat. Leur probléma
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