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Soutenabilité de la dette publique et croissance économique: Cas du Burkina Faso

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par Larba Issa KOBYAGDA
Université de Ouagadougou - DEA/PTCI en Macroéconomie Appliquée 2007
  

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Tableau 3 : Test de Dickey-Fuller Augmenté pour toutes les variables

Txcrois Pibh1 Texch Logtxpop Apd Logtxinv valeur

critique

(10%)

Trend-intercept

ADF ...........-5,603***...-2,539.....-2,397.... .-6,476***....-2,544.......-2,813........ -3,21

ADF FD.......................-3,053....-4,553***.................-3,712**................... -3,21

Intercept

ADF .........-5,667***...-2,015.....-1,416.......-2,175.......-0,346......-3,009**....-2,61

ADF FD.....................-3,154**...-4,566***................-3,754***..................-2,61

None

ADF.......... -4,024***....0,549.....-1,242.........0,228........1,573........0,038.......-1,62

ADF FD....................-2,986***..-4,623***...............-3,056***.................. -1,62

Open Deficit Servexp Dext (Dext )2 Valeur

critique

(10%)

Trend-intercept

ADF ...........1,865.......-2,913...........-2,502..... ....-3,753**......-3,188........... -3,21

ADF FD......-3,790**.......................-5,289***.....................-3,384*.......... -3,21

Intercept

ADF ......0,248.......... -2,971**.........-1,473..........-0,840........-0,981...............-2,61

ADF FD...-3,711***...........................-5,368***.....................-3,506***.........-2,61

None

ADF..........1.088.........-3,015***.......0,062...........0,877..........0,162..............-1,62

ADF FD...-2,989***........................-5,341***....................-3,349***........-1,62

Source: Données calculées à partir de la base de données de la Banque mondiale.

NB : ADF est le test de Dickey Fuller Augmenté, FD la différence première. Ainsi ***indique que la valeur est significative au seuil de 1% ; ** au seuil de 5% et * au seuil de 10%.

D'après le tableau 4, les variables taux de croissance réelle par tête, taux de croissance démographique et taux d'investissement (en logarithme) ainsi que le déficit de l'administration centrale et l'encours de la dette sur le PIB sont stationnaire en niveau ; alors que le revenu réel par habitant décalé d'une période, les variations des termes de l'échange, un indicateur de l'ouverture commerciale, le total du service de la dette publique en pourcentage des exportations et l'encours de la dette extérieure sur le PIB élevée au carré sont stationnaire en différence première.

III.2.1.2 Résultats et interprétations économiques

On remarque une corrélation positive entre le taux de croissance économique et l'aide publique au développement, les investissements et ont respectivement le signe attendu ; le service de la dette, le PIB réel décalé et l'encours de la dette extérieure sur PIB qui n'ont pas le signe attendu. Cependant le solde budgétaire, l'encours de la dette extérieure sur le PIB au carré, le taux d'ouverture commerciale, le taux de croissance démographique et les variations des termes de l'échange influencent tous négativement la croissance.

Le modèle estimé après correction de l'autocorrelation a donné les résultats suivants :

Tableau 4 : Résultats de l'estimation économétrique sur Eviews

Variables explicatives

Coefficients estimés

Probabilités associées

C

D(Pibh1)

Texch

Logtxpop

D(apd)

Logtxinv

Deficit

D(open)

D(Servexp)

Dext

D(Dext2)

AR (1)

-49,6512***

0,0374**

-1,28 10-10**

-2,6836

2,20 10-08*

15,5081***

-0,2863**

-0,0743

0,5977***

0,1043**

-0,2077*

-0,5472

0,0035

0,0150

0,0204

0,6086

0,0781

0,0013

0,0345

0,4298

0,0060

0,0428

0,0956

0,0111

F statistic

2,8231

0,0019

R2 = 0,7965

R2 ajusté = 0,6855

Source : Estimation sur Eviews de nos données en annexe.

* **indique que la valeur est significative au seuil de 1% ;

** indique que la valeur est significative au seuil de 5% ;

* indique que la valeur est significative au seuil de 10%.

La validation du modèle comprend les validations économiques, statistiques et économétriques.

Ø La validation économique

Dans l'ensemble le modèle est cohérent du point de vue de la théorie économique pour les variables taux de croissance démographique, taux d'investissement, l'aide publique au développement, l'encours de la dette extérieure sur le PIB ainsi que sa valeur élevée au carrée. En effet toutes ces variables ont respecté les signes prévus (équation estimée ci-dessus). En outre les variables comme le revenu réel par habitant influence positivement la croissance économique réelle contrairement à la théorie économique. Le signe attendu du solde budgétaire et celui du service de la dette par rapport aux exportations sont contraires aussi à la théorie économique.

Ø La validation statistique et économétrique

Dans notre modèle ce coefficient est sensiblement égale à 0,7965 (voir du Tableau 4). Ce qui signifie que les fluctuations du taux de croissance économique réelle par tête sont expliquées à 79,65% par les variables retenues dans le modèle.

Le test d'adéquation d'ensemble de Fisher vient conforter celui du coefficient de détermination. En effet, la statistique de Fisher calculée F est égale 2,8231 avec une probabilité critique associée de 0,0019, donc la qualité globale du modèle est très acceptable. Ce qui nous conduit à vérifier la qualité individuelle des variables explicatives.

Le test de la qualité individuelle des variables est apprécié avec les probabilités critiques associées aux différents coefficients estimés.

· Le coefficient du revenu réel par tête décalé est significativement positif car la probabilité associée est inférieure à 5% mais le signe est contraire à la théorie économique.

· Le taux d'investissement est aussi significatif avec le signe attendu bien qu'il est considéré uniquement que le taux d'investissement public.

· L'aide au développement est significatif mais a un coefficient très faible mais positif justifiant sa médiocrité malgré son impact significatif sur la croissance ;

· Le coefficient du taux d'ouverture commerciale, quant à lui, a un signe négatif et est non significatif traduisant que l'ouverture commerciale n'a peut-être pas d'impact sur la productivité à travers les transferts des connaissances et des bénéfices efficients et de façon consécutive sur la croissance du Burkina ;

· Le coefficient de taux de croissance démographique n'est pas significatif et son signe attendu confirme la littérature sur la croissance à savoir qu'elle l'influence négativement ;

· Le solde budgétaire a un impact négatif sur la croissance du Burkina et son coefficient est significatif. Cela suppose que les politiques du gouvernement et du budget n'ont pas d'impact réel d'autant plus que le budget est chroniquement déficitaire.

· Les variations des termes de l'échange ont un impact négatif sur la croissance dans le cas du Burkina Faso et restent significatives mais faibles car il est très vulnérable aux chocs extérieurs avec une balance commerciale structurellement déficitaire.

Les variables de contrôles sont complétées par le ratio de service de la dette aux exportations qui n'a pas le signe attendu (négatif) pour son coefficient et est significatif. Par conséquent pour le Burkina Faso, le service de la dette contrairement à l'encours de la dette, a une incidence directe sur la croissance, peut-être parce que ses effets ne s'exercent pas sur l'investissement et cela parce que la dette publique du Burkina Faso est majoritairement extérieure. Toutes choses étant égales par ailleurs, un service plus lourd peut accroître la facture des intérêts et le déficit budgétaire de l'État et réduire ainsi l'épargne publique; cette évolution peut, à son tour, conduire soit à une hausse des taux d'intérêt, soit à l'éviction des investissements privés. Un tel service peut en outre réduire le montant des ressources disponibles pour l'infrastructure et la formation du capital humain, avec les effets négatifs à en attendre sur la croissance.

Dans l'équation de croissance on a introduit l'indicateur de dette extérieure sur le PIB au carré dans le but d'estimer une courbe de Laffer entre la dette et la croissance et de cette manière, connaître le niveau de la dette pour lequel l'effet sur la croissance est optimal et le degré à partir duquel il devient négatif. En effet, nos résultats montrent qu'il y a une relation non linéaire entre la dette et la croissance car le coefficient de la dette extérieure sur le PIB est positif tandis que celui de la dette extérieure sur le PIB élevée au carré est négatif et sont tous significatifs à 10%. Ainsi le cas du Burkina démontre un comportement comme celui décrit par la courbe de Laffer. En maximisant l'équation de croissance quadratique en ce qui concerne la dette extérieure, on a trouvé que le niveau optimal pour la croissance correspond à une proportion de 25,11%11(*) de dette extérieure sur le PIB. A partir de ce niveau la contribution marginale de la dette à la croissance diminue progressivement.

A propos de la théorie du surendettement (debt overhang), il est vérifié dans par les conclusions de nos estimations. Ainsi, son effet désincitatif à travers une taxation marginale de la dette sur les investissements suite à une grande probabilité de l'accroissement de la pression fiscale reste généralement très faible mais évidente. Cela s'explique dans le fait que le système fiscal du Burkina contrairement à celui des pays pauvres est assez structuré et contribue à la croissance économique du pays. En plus, beaucoup d'études montrent que l'accroissement de la pression fiscale dans les pays africains n'a pas d'effet considérable sur les investissements privés car leur système fiscal est caractérisé par des exonérations fiscales très élevées, une corruption vive faisant que les recettes publiques soient détournées. Il sied également de noter que dans les pays pauvres très endettés africains et particulièrement le Burkina Faso, l'investissement public constitue le moteur principal de la croissance [Clement et al (2003) l'ont démontré empiriquement]. Il faut noter également que cela est à mettre à l'actif des services de collecte de l'impôt du Burkina qui depuis un certain temps fait beaucoup d'effort dans le recouvrement de l'impôt.

En définitive il existe au Burkina Faso une corrélation entre l'endettement et la croissance confirmant celle que les chercheurs ont décelée dans les pays pauvres très endettés de manière générale. En plus, l'incidence de l'endettement sur la croissance est plus marquée lorsque l'on tient compte de ses effets sur l'investissement public et le solde budgétaire de l'administration centrale, qui sont tous deux des facteurs déterminants de la croissance.

III.2.2 Recommandations de politiques économiques et les limites de la recherche

Dans cette partie il sera question de tirer des conclusions quant aux méthodes opérationnelles capables d'impulser une croissance économique au Burkina Faso tout en maintenant un niveau d'endettement viable mais également de montrer les limites de la recherche.

III.3.1 Les recommandations de politiques économiques

Depuis son origine dans les années 1980, la crise de la dette des pays en développement a marqué une rupture profonde dans l'aide publique au développement12(*) (APD) dans la mesure où elle a révélé que les prêts d'assistance s'étaient accumulés en une dette insoutenable remettant en question l'utilisation des prêts pour financer le développement. Ainsi Lerrick et Meltzer (2002), Radelet (2005) soutiennent que les prêts créent des incitations perverses, liées en particulier aux pressions sur les créditeurs de faire de nouveaux prêts qui permettent aux pays de rembourser les plus anciens, tandis que les dons peuvent être conçus pour créer des incitations positives.

La mauvaise gestion du service de la dette extérieure et l'absence d'une discipline financière rigoureuse ont entraîné un accroissement considérable du poids de la dette. Ceci a rendu l'adoption du PAS tout à fait inévitable. L'objectif fondamental du PAS est d'assainir la situation de l'économie ; pour y parvenir, il est nécessaire d'un côté de rendre les structures de production, de prix de décision et de gestion plus flexibles et plus adaptées aux exigences de l'efficacité et de l'évolution de l'environnement économique national et international. La capacité de gérer effectivement la dette extérieure dépend essentiellement de la liberté des autorités concernées par cette gestion, de choisir et de prendre des décisions tels que les moments d'intervention, les montants et les devises à emprunter et le remboursement par anticipation. Sans une maîtrise effective des différentes variables de la dette et des conditions d'emprunts, il serait difficile de penser à une gestion valable de la dette. L'essentiel dans cette gestion est qu'il ne faut jamais laisser le taux de croissance de la dette dépasser le taux de croissance du PIB. L'agrégat macroéconomique qui revêt un caractère préoccupant est le ratio de la valeur actuelle de la dette sur les recettes d'exportations. Ceci, au regard de la contrainte réelle que représente la hausse des taux d'intérêt internationaux, l'appréciation de l'euro par rapport au dollar et la baisse des cours internationaux du coton. La défense de la restauration de la solvabilité de la dette à travers la réduction et l'annulation de la dette a été envahissante. Toutefois cela n'implique pas que les instruments de la dette doivent être discrédités. En effet, en dépit de l'allègement de la dette, le niveau de la dette extérieure appréhendé à travers ce ratio demeure non soutenable. Le ratio de la valeur actualisée nette de la dette rapporté aux exportations est estimé pour l'année 2004 à environ 225,9% contre un objectif de 193% et les projections montrent que le déclin attendu en 2017 ne sera probablement pas réalisé en dehors de tout autre allègement de la dette, car le ratio à cette dette sera de l'ordre de 231,6%. Pour faire face à cette situation, la stratégie du gouvernement ne peut être que de contracter des financements uniquement sous forme de dons, de contracter et de garantir des prêts ne comportant qu'un élément de don supérieur à 35%.

Nos résultats montre le rôle assez faible de l'APD dans la croissance économique cependant dans une optique d'atteinte des OMD il faudrait que les IFI arrivent à faire une distinction claire pour l'APD (qui sera composé uniquement de dons directs) des prêts que les marchés et intermédiaires financiers fourniraient. Une première explication repose sur l'idée que les PED sont insolvables à cause du manque d'institution crédible qui leur rappellerait leur engagement à rembourser la dette. Les prêts subventionnés dans ce cas n'ont de sens qui si les institutions de développement multilatérales ou bilatérales sont dans une meilleure position que le marché privé pour obtenir le remboursement en dépit des faiblesses institutionnelles locales. Une autre explication est reliée au « paradoxe de Lucas » (Lucas, 1990). Lucas posait la question de savoir pourquoi le capital ne circule pas entre des pays riches vers les pays pauvres. Dans un cadre néoclassique avec une fonction de production standard à rendement d'échelle constant, le rendement du capital devrait être plus élevé dans les pays pauvres où le capital est rare et par conséquent ces pays devraient recevoir les flux massifs de capitaux. Alfaro et al. (2005) concluent aussi de leurs investigations empiriques sur la période 1970-2000 que la faible qualité institutionnelle a été l'explication majeure de ce paradoxe. Comment les IFI peuvent-elles aider les pays en développement à stimuler leur croissance suffisamment pour atteindre ces objectifs sans créer de nouveaux problèmes d'endettement qui pourraient les faire dévier de leur trajectoire? La réponse, évidemment, est une forte augmentation des dons accordés à ces pays, combinée à l'élimination des obstacles aux échanges et des subventions agricoles dans le monde industrialisé. Faute de progrès notables sur ces deux fronts, toutefois, le maintien d'une dette viable devient une épreuve cruciale en vue d'atteindre les OMD.

En ce qui concerne le Burkina Faso, les données issues des balances des paiements montrent que le Burkina Faso a globalement reçu, depuis 1997, des investissements directs nets couvrant à peine 1% de son besoin de financement même si l'on y ajoute les financements nets reçus de l'extérieur sous forme d'investissements de portefeuille. Ces flux d'investissements pourraient prochainement s'affaiblir puisque plus de 75 % de l'appareil productif est d'ores et déjà privatisé. Seules des extensions de capacités de production ou des implantations nouvelles, tant dans le secteur industriel (surtout au niveau du secteur des mines avec le nouveau code minier) que dans le secteur tertiaire seront de sources de croissance des flux d'investissement à condition que le Burkina continue de créer les conditions d'attractivité en la matière. Il est clair que l'éventualité d'une nouvelle crise d'endettement suite à une reprise des prêts aux PED est un argument majeur contre l'octroi de nouveaux prêts. Cependant il est difficile de comprendre comment un financement extérieur composé d'un mélange de dons et de prêts aussi bon marché a pu conduire à une crise d'endettement. Cette crise, elle-même est atypique, en ce sens qu'elle ne correspond pas vraiment à ce que l'on nomme  « crise d'endettement » pour les pays émergents. Ainsi par exemple, des pays comme le Burkina et le Mali ont remboursé la totalité du service de leur dette depuis 1994 sans problème majeur (Raffinot ; 2004). Ils ont également bénéficié d'une série de réduction de dette. Pourtant ces pays qui ont assuré le service de leur dette sont considérés comme faisant partie du même groupe de pays que ceux qui n'ont pas remboursé souvent pour des raisons politique interne, de désorganisation administrative ou de guerre civile.

En définitive une stratégie d'emprunt durable doit tenir compte de six types de contraintes (qui se chevauchent souvent) pesant sur la capacité des pays à faible revenu de générer les ressources nécessaires pour assurer le service de leur dette :


· Les contraintes de ressources : le service de la dette doit être tiré du PIB du pays, ce qui peut être particulièrement problématique pour les pays les plus pauvres, où des ponctions supplémentaires sur les ressources peuvent pousser le revenu par habitant en deçà du niveau de subsistance.


· Les contraintes de devises : les facteurs intérieurs de production peuvent être transformés de manière limitée en devises pour assurer le service de la dette et financer les importations ;


· Les contraintes budgétaires : il s'agit de la capacité limitée des pouvoirs publics de prélever des impôts afin d'assurer le service de la dette, en plus des autres dépenses prioritaires ;


· La fongibilité limitée des ressources, qui résulte, par exemple, de l'affectation de recettes à des administrations ou organismes locaux, ou de restrictions à l'utilisation de l'aide étrangère pour assurer le service de la dette ;


· Les contraintes de refinancement : il s'agit du recours à des créanciers et donateurs essentiellement officiels pour refinancer de gros paiements concentrés du service de la dette ;


· Des considérations politiques et morales, par exemple en ce qui concerne le rapport entre les ressources affectées au service de la dette et les dépenses sociales ou de lutte contre la pauvreté.

III.3.2 Les limites de la recherche

L'étude a effectué une exploration profonde de la littérature sur la relation dette extérieure, investissement et croissance. Pour une analyse plus approfondie du problème posé dans ce document il requerrait un plus grand nombre d'observations. L'absence de données auprès des structures nationales fait certaines variables comme le capital humain et le taux de scolarisation au secondaire ont été omises. En outre, pour quelques variables les changements de base calcul peuvent produire d'importantes distorsions dans la mesure. Ainsi, l'utilisation des données de la DDP du Burkina avec celles du FMI-Banque mondiale pose le problème de base du taux de change. Une conséquence de ce qui précède, bien que on ait considéré d'autres variables comme importantes dans la spécification de l'équation de croissance, celles-ci n'ont pas été significatives dans les estimations. Ces variables sont : taux de croissance démographique et indicateur de l'ouverture commerciale. Il est intéressant d'explorer les motifs de l'endettement extérieur du pays et l'utilisation de ces ressources contractées. En plus, puisque le Burkina Faso est qualifiée comme un pays hautement endetté selon la classification des organismes internationaux, il est important d'explorer la réaction qu'ont eu les créanciers devant cette situation. Finalement, les résultats obtenus dans ce travail correspondent au premier exercice de ce type pour l'économie burkinabè lesquels doivent être contrastés avec de futurs développements sur le sujet.

Conclusion Générale

L'endettement extérieur burkinabè et son activité économique ont évolué de manière cyclique depuis 1970 jusqu'à 2005. Dans la décennie 70 la dette extérieure, l'investissement et l'activité économique ont présenté de hauts taux de croissance. Dans les années quatre-vingt dix, la croissance économique a décéléré tant que l'endettement extérieur a été accéléré avec l'investissement public. Dans cette dernière période, la dette du secteur public a augmentée réduisant ainsi la capacité du Burkina Faso à rembourser ses dettes qui dépendent à la fois du niveau d'endettement et de ses performances macroéconomiques à long terme. Au Burkina les régimes de croissance dépendent encore largement de facteurs exogènes, et n'assurent pas une croissance autoentretenue, fondée sur des mécanismes endogènes de création de richesse. Le seul moyen de limiter le surendettement semble donc être, à court et moyen terme, de limiter les niveaux d'endettement du pays.

Ce travail a fait une large revue des questions d'endettement et surtout le lien entre dette extérieure, investissements et croissance économique. L'analyse de la viabilité de la dette du Burkina Faso selon les critères de l'IDA-14 et de l'UEMOA révèle que la dette extérieure du burkinabè présente des indicateurs au vert avec pour corollaire 100% de prêts pour les fonds alloués par l'IDA en 2005 et 2006. L'estimation économétrique par la méthode des moindres carrés stipulée par la théorie pour un modèle quadratique de la croissance a confirmé la première hypothèse et rejeté la seconde. Ainsi, l'estimation dans l'équation quadratique de croissance trouve que la dette extérieure sur le PIB est mise en rapport de manière positive ou négative avec la croissance suivant son niveau pour la période d'analyse. Dans la simulation de la courbe de Laffer on remarque que la plus grande contribution de la dette extérieure à la croissance est atteinte quand la dette extérieure sur le PIB équivaudra à 25,11%. A partir de ce niveau, la contribution diminue jusqu'à s'annuler et finalement induire négativement sur le taux de croissance réelle. Les résultats permettent de conclure que l'investissement et l'APD (faiblement) influencent la croissance économique du Burkina.

Selon les résultats obtenus, il y a des preuves empiriques de l'hypothèse de surendettement dans le cas du Burkina Faso. Cette conclusion est en adéquation avec le fait que le Burkina Faso est classé comme un pays pauvre très endetté, selon la Banque Mondiale, le FMI et des études comme celles présentées par Henrik Hansen (2002), Cohen (1993), Elbadawi (1996) et Patillo et al. (2002). A partir de ce qui est exposé dans ce travail, une des recommandations est que pour financer un déficit fiscal à travers l'endettement extérieur, il est nécessaire de tenir compte des effets négatifs que cela produit sur l'exercice de l'activité économique. Dans un tel sens, la courbe de Laffer pour la dette extérieure est une approche alternative de discipline fiscale.

Enfin, une autre possibilité pour préciser certaines relations entre l'endettement extérieur et le comportement de l'économie pourrait consister à construire des modèles d'équilibre général calculable de l'économie du Burkina Faso, pour tester l'impact du remboursement de la dette (notamment sur le taux de change), et des anticipations de croissance de la pression fiscale.

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* 11 Ce niveau est égal au négatif du coefficient de la dette extérieure divisé par le coefficient de la dette au carré multiplié par 2 soit : -0,1043 / (-0,2077*2) = 25,108

* 12 Pour être qualifié au titre de l'APD, un prêt doit inclure un élément de dons à hauteur de 25% par comparaison avec un prêt d'un montant nominal et d'une durée similaire à un taux d'intérêt de 10%. Le taux de 10% n'a pas de relation avec le taux d'intérêt actuel du marché, mais a été choisi en tant qu'estimation du coût d'opportunité de l'investissement public pour les bailleurs, qui, à son tour, peut être approché par le coût d'opportunité sociale des dépenses publiques en APD supportées par les bailleurs.

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"Un démenti, si pauvre qu'il soit, rassure les sots et déroute les incrédules"   Talleyrand