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Diagnostic territorial et identification de projets de spl: Cas du territoire de Mohammedia

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par Mohammed AZROUL
Ministere de l'industrie marocain - Ingenieur en chef 2006
Dans la categorie: Economie et Finance
  

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II- Diagnostic territorial

II-1- Champ d'action et agglomérations d'entreprises

La Préfecture de Mohammedia dispose, comme il a été souligné précédemment, d'un secteur industriel dense et diversifié, brassant les secteurs de l'Industrie Mécanique, Métallurgique, Electrique et Electronique (IMME), de l'Industrie Chimique et Parachimique (ICP), de l'Industrie Agroalimentaire (IAA) et de l'Industrie Textile et Cuir (ITC).

De ce fait, il est opportun de procéder, dans un premier temps, à une segmentation du tissu productif local en vue d'identifier les agglomérations industrielles présentant une certaine masse critique et opérant dans la même filière, pour les soumettre, dans un deuxième temps, à un diagnostic approfondi afin d'appréhender leur mode d'organisation, les niveaux de concurrence, de coopération et de complémentarité interentreprises, et de les catégoriser, en fonction de leur degré de complexité, en déroulant la gille de lecture du Professeur Garofolie.

La démarche utilisée pour l'identification de ces agglomérations productives combine une approche exhaustive d'investigation statistique, basée sur des critères de repérage pertinents, couplée à une bonne connaissance de terrain du secteur industriel local.

Ces critères de repérage ont été inspirés de la méthode statistique utilisée par l'Institut National de la Statistique et des Etudes Economiques (France)? ? et de l'étude réalisée par l'Université Pierre Mendès relative au "Développement des Bassins d'Emploi: Cas des SPL au Maroc". Ainsi, selon lesdits critères, une concentration industrielle est jugée de densité significative pouvant éventuellement s'apparenter à un SPL, chose qui sera confirmée ou infirmée par le diagnostic territorial, si l'activité qui s'y exerce remplit les conditions suivantes:

> activité exercée dans au moins 10 établissements;

> employant au niveau local au moins 100 personnes;

> représentant au moins 5% des emplois de l'activité au niveau national; > représentant au moins 5% de l'emploi industriel local.

Il ressort de l'application de ces critères, l'identification ou plutôt la confirmation, par le biais d'une méthode statistique, de l'existence d'un important pôle industriel dédié à la Mécatronique, en l'occurrence les métiers de la maintenance et du montage industriels, de la chaudronnerie, de la charpente et de la construction métallique, de la fabrication mécanique ainsi que de la sous-traitance électronique.

?? Source : www.diact.gouv.fr

Total des Emplois de l'industrie locale

13589

Total des Emplois du secteur des IMME au niveau national

78259

5% des Emplois de l'industrie locale

679

5% des Emplois du secteur des IMME au niveau national

3913

Total des Emplois du secteur des IMME au niveau local

3952

Nombre des entreprises locales du secteur des IMME

80

II-2- Méthodologie

Le diagnostic a été élaboré par le biais d'une recherche documentaire et d'interviews semidirectifs, conduits à partir du questionnaire joint en annexe, qui ont concerné un échantillon représentatif d'unités productives opérant dans la filière de la Mécatronique, identifiée précédemment comme étant une agglomération industrielle susceptible de s'apparenter peu ou prou à un SPL.

L'objectif de ce diagnostic est de catégoriser cette agglomération, selon l'échelle du Professeur G. Garofolie, en appréhendant son mode d'organisation, notamment, son degré d'intégration productive, son histoire, son type de développement, ses relations avec la formation sociale locale, etc.

II-3- Restitution des résultats

Structure de la production (Couple produit/marché)

Les entreprises enquêtées, qui reflètent les différentes activités de l'agglomération productive spécialisée dans la Mécatronique, peuvent être classées, selon leur activité et leur marché cible, en cinq grandes familles, à savoir: (1) la chaudronnerie, la tuyauterie industrielle, la maintenance et le montage industriels, (2) la fabrication mécanique destinée au marché local, (3) la fabrication mécanique destinée à l'export, (4) les métiers connexes à l'activité du travail des métaux (traitement thermique) et (5) la sous-traitance électronique (cartes électroniques, faisceaux de câbles, etc.).

Les entreprises de la première catégorie offrent une panoplie de produits, destinés exclusivement au marché local, tels que la charpente et la construction métallique, la tuyauterie industrielle, les travaux sur chaudière, le montage industriel, etc. Leur clientèle cible est composée en grande partie des principaux donneurs d'ordres nationaux comme la SAMIR, l'ONE, l'ONCF, l'ODEP, l'OCP, les cimenteries, la Cosumar, etc.

La deuxième famille d'entreprises est spécialisée dans l'usinage de pièces mécaniques, sur ou sans plan, approvisionnant ainsi en pièces de rechanges pour biens d'équipement, une large clientèle locale constituée, outre les donneurs d'ordres marocains précités, d'un panel d'entreprises industrielles (grandes entreprises et PME/PMI).

Concernant le troisième groupe, les entreprises en question fabriquent des pièces mécaniques de précision répondant à des standards de qualité de niveau élevé, ayant comme ultime débouchée de grands donneurs d'ordres internationaux et des multinationales installées au Maroc. Ces produits sont destinés à des secteurs de pointe tels que l'aéronautique, l'aérospatial, l'automobile, etc.

La quatrième catégorie regroupe une entreprise spécialisée dans le traitement thermique, leader au niveau national dans son domaine, et qui offre ses services à l'ensemble des unités industrielles marocaines opérant dans l'activité de l'usinage dont le traitement thermique est l'étape finale dans le processus de fabrication et qui conditionne sérieusement la qualité du produit fini.

Quant à la cinquième et dernière famille, elle est composée d'entreprises performantes spécialisées dans la sous-traitance électronique et qui fournissent des produits à fort contenu technologique, en l'occurrence, les cartes électroniques, les faisceaux de câbles, les pièces électroniques pour véhicules. La clientèle cible se recrute parmi les grands donneurs d'ordres mondiaux et nationaux opérant dans des secteurs de haute technologie tels que la défense, le médical, les composants électroniques, le ferroviaire, l'automobile, etc.

On constate que la structure de la production ne relève d'aucune des deux catégories préconisées par Garofolie (mono-culturelle ou diversifiée) mais plutôt elle pourrait être qualifiée de polyvalente dans la mesure où il y a un fort contraste entre une société de mécanique de précision travaillant pour l'aérospatial ou l'automobile et une société de charpente métallique ou de réparation des chaudières ayant comme unique débouchée le marché domestique.

Le produit et les technologies utilisées

Les entreprises enquêtées sont à des niveaux technologiques très disparates en fonction du marché cible ; on passe facilement d'une unité de production équipée de machines sophistiquées telles que les centres d'usinage, les rectifieuses d'engrenages, les machines à électroérosion, les machines à couper avec le fil, les machines 3D, qui sont des must pour les entreprises sous-traitantes des secteurs de la haute technologie (aérospatial, aéronautique, etc.), à une unité spécialisée dans la charpente métallique dotée uniquement d'équipements basiques, en général obsolètes, comme les cisailles guillotines, les plieuses, les postes de soudage, les cintreuses, etc.

On a relevé en outre que plus de 40% des entreprises enquêtées disposent d'un parc machine à la pointe de la technologie dont la moyenne d'âge est inférieure à 5 ans. Les entreprises concernées sont celles qui opèrent dans la mécanique de précision, les bâtiments modulaires et la sous-traitance électronique.

Plus de 30% d'entreprises sont équipées de machines de niveau technologique moyen et dont la moyenne d'âge est située entre 5 et 15 ans. Il s'agit essentiellement des sociétés de fabrication mécanique et de traitement thermique travaillant pour le marché local.

Plus de 20% d'entreprises, essentiellement spécialisées dans la charpente métallique et la maintenance industrielle, sont par contre dotées d'équipements âgés de plus de 15 ans et dont le niveau technologique est dépassé mais convient toujours au marché domestique.

Performances et résultats

La majorité des entreprises enquêtées (70%) ont affirmé que leur activité a affiché durant les cinq dernières années une évolution croissante. Ces entreprises travaillent aussi bien pour le marché local qu'à l'export. Le reste des entreprises a connu soit une stagnation soit un essoufflement de l'activité. Ce constat est à nuancer du fait que cet état de fait est dû en général à une situation conjoncturelle que traverse l'entreprise à titre individuel ou à des choix stratégiques qu'elle a fait et non pas à une perturbation du marché et où à l'acharnement de la concurrence. Pour bien illustrer cette thèse, on citera deux exemples ; le premier est celui d'une entreprise qui a connu des litiges juridiques, ce qui a influencé négativement son activité ; le deuxième est celui d'une société qui a choisi délibérément de décliner des marchés pour rester dans une fourchette de Chiffre d'affaires, afin d'éviter les tracasseries de gestion des impayées.

Intégration productive, coopération et relations interentreprises

La majorité écrasante des entreprises sont des sous-traitants travaillant pour le compte de donneurs d'ordres nationaux ou internationaux. L'intégration verticale de la production, qui consiste à un positionnement des entreprises sur les différentes activités formant la chaîne de valeur?? d'un produit marchand, est très faible voire inexistant. Seule une intégration horizontale de faible amplitude est enregistrée et se limite généralement à une sous-traitance de spécialisation et dans une moindre mesure à une sous-traitance de capacité29.

Ainsi, on peut affirmer que globalement les entreprises se trouvent dans un schéma de concurrence avec une faible complémentarité et des relations interentreprises timides voire quasi-absentes. Cependant, il existe des cas marginaux d'entreprises qui coopèrent, mais sans être concurrentes, et qui cherchent à mobiliser des synergies en commun. C'est le cas de l'initiative, fort intéressante, de la société A2S Industries, filiale du groupe SOFMAG, qui ambitionne de mettre en place un parc industriel dédié à la sous-traitance électronique à forte valeur ajoutée, qui abritera des entreprises spécialisées dans la conception et l'intégration de produits électroniques (cartes, faisceaux, etc.), la fonderie sous pression, la plasturgie, la mécanique et le découpage de précision et les traitement thermique et de surface ; ce parc permettra ainsi d'améliorer l'intégration verticale de la production entre ces entreprises.

Par ailleurs, l'enquête a montré que la coopération interentreprises reste très limitée, sans oublier de signaler, toutefois, qu'une minorité d'entreprises entretient des relations avec leurs paires, notamment, en ce qui a trait à l'échange d'information, la confection d'outillages, l'emprunt de machines, etc.

?? Voir Glossaire

En général, un climat de suspicion règne parmi les entreprises qui évitent les visites d'usines et les contacts avec leurs concurrents par peur de perdre des clients. Néanmoins, la totalité des entreprises enquêtées ont manifesté leur disposition à adhérer à toute initiative visant à mettre en place une plate-forme d'échange et de mutualisation des moyens et des efforts pour peu qu'un minimum de transparence et de sérénité soit assuré et que les entreprises respectent les règles du jeu.

La majorité des entreprises (70%) préconise que cette plate-forme soit animée par une structure externe au milieu des entreprises, en l'occurrence la CCIS ou la DPCI. Ce choix reflète clairement la prudence des entreprises et le manque de confiance qui règne parmi eux. D'un autre côté, une minorité a suggéré que cette tâche incombe à une structure issue du milieu entrepreneurial ou d'une association professionnelle.

Origine des entrepreneurs

La majorité des dirigeants interviewés sont les fondateurs de leurs entreprises, d'où on peut qualifier leur origine d'interne. L'origine des responsables issus de la même famille du fondateur de l'entreprise ou ayant fait toute leur carrière au sein de la société qu'ils dirigent est considérée également comme interne.

Cependant, certains responsables ne sont pas issus des établissements qu'ils dirigent, on parle alors d'origine externe de ces dirigeants.

Historique

La moyenne d'âge des entreprises enquêtées est de 20 ans, ce qui nous amène à conclure que leur formation est ancienne ; on trouve des entreprises très anciennes (entre 24 et 54 ans d'existence), spécialisées dans la fabrication mécanique, le traitement thermique et la chaudronnerie, et d'autres plus ou moins récentes (entre 3 et 12 ans d'existence), opérant dans la sous-traitance électronique, la mécanique et le découpage de précision.

Facteurs de localisation

Globalement, les entreprises enquêtées se sont installées à Mohammedia pour des raisons multiples dont on peut citer les plus importantes:

> cadre de vie agréable;

> disponibilité d'une infrastructure moderne;

> disponibilité du terrain;

> disponibilité de la main d'oeuvre qualifiée;

> proximité de Casablanca; > proximité des clients;

> domicile de l'entrepreneur;

> proximité du partenaire technologique; > proximité des donneurs d'ordres;

> proximité des fournisseurs.

Les entreprises qui travaillent exclusivement à l'export (mécanique de précision et sous- traitance électronique), nées généralement d'une délocalisation de capitaux étrangers, ont choisi Mohammedia essentiellement pour la disponibilité de la main d'oeuvre qualifiée à bas coût, de la proximité du partenaire technologique et de l'infrastructure d'accueil adéquate.

Type de développement

Dans leur majorité, les entreprises enquêtées ont connu, durant les cinq dernières années, une croissance de leur activité avec création de nouveau emplois, cette tendance serait confirmée pour les années à venir d'après leurs pronostiques. On peut donc affirmer qu'elles ont connu un type de développement extensif??.

Relations entre le système et la formation sociale locale

L'ensemble des entreprises entretient des relations normales avec les institutions locales, telles que la Préfecture, l'Autorité Locale, la Commune, la LYDEC, la CCIS, la DPCI, l'ANAPEC, l'ERAC/CENTRE, les organismes de formation, les banques, etc.

Ces relations ont trait, notamment, aux autorisations administratives (autorisation de construire, permis de conformité, autorisation d'exercer, etc.), à la formation, au recrutement, au financement, au foncier industriel, à la formation, au recrutement, aux services d'eau et d'électricité, à l'assistance et à l'appui des entreprises, etc.

Typologie de l'agglomération productive (cf. grille de lecture Garofolie)

A présent et après avoir passé en revue les caractéristiques intrinsèques de l'agglomération productive de la Mécatronique de Mohammedia, nous allons donner, dans le tableau ci-après, sa typologie en déroulant la grille de lecture du Professeur G. Garofolie.

A titre de rappel, ce dernier distingue, en fonction de la complexité de la concentration industrielle, trois cas de figure: les Aires de spécialisation (simple cohabitation d'unités productives exerçant dans la même filière dans un territoire donné et sans réelles interactions), les Systèmes Productives Localisées (comme les SPL français) et les Aires-systèmes (comme les Districts Industriels italiens).

?? Voir Glossaire

Principales
caractéristiques

Secteur de la
Mécatronique de
Mohammedia

Aires de
spécialisation

Systèmes
productifs
localisés

Aires-systèmes

Structure de la

production

Polyvalente

Mono-culturelle

Mono-culturelle

Diversifiée

Degré d'intégration

productive

Entreprises

concurrentes avec

faible interdépendance

Entreprises concurrentes

avec faible

interdépendance

Intégration intra

sectorielle (horizontale)

Intégration intra et

intersectorielle (horizontal/vertical)

Origine des

entrepreneurs

Interne/externe

Externe (décentralisation productive)

Interne/externe

Interne

Histoire

Formation ancienne

Formation récente

Formation ancienne

Formation ancienne

Facteurs de

localisation

Disponibilité de la main d'oeuvre qualifiée à bas coût, proximité du partenaire

technologique, proximité des clients, proximité des fournisseurs, disponibilité de l'infrastructure d'accueil, etc.

Flexibilité et faible coût de la main- d'oeuvre

Flexibilité et faible coût de la main- d'oeuvre

Professionnalité ambiante

Professionnalité ambiante

Système de relation

interentreprises

Type de

développement

Extensif

(accroissement de

l'emploi)

Extensif (accroissement de
l'emploi)

Extensif (accroissement de l'emploi)

Intensif (réduction de l'emploi,

automatisation, innovation technologique très
poussée)

Relations entre le

système productif et la formation sociale locale

Fortes

Faibles

Fortes

Très fortes

Typologie de l'agglomération industrielle
de Mécatronique de Mohammedia selon l'échelle de G. Garofolie

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