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Pratiques locales de développement urbain durable dans l'aglomération Dakaroise: cas de la commune d'arrondissement de NGOR


par Mamadou DIOUF
Ecole Nationale d'Economie Appliquée (ENEA) - DESS Aménagement du territoire, décentralisation et développement territorial 2007
Dans la categorie: Géographie
   
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    RESUME DU MEMOIRE

    L'accent est souvent mis, aujourd'hui, sur le respect des générations futures, préoccupation devant conduire à ménager les ressources non renouvelables de l'environnement planétaire d'où l'adjectif durable, qui s'ajoute un peu partout (non seulement au développement mais aussi au transport, à la construction, à la ville ...). La notion de développement durable énonce en ce sens un idéal et exprime une volonté : trouver des conciliations entre un objectif de développement raisonné, un objectif environnemental de biodiversité et un objectif de justice et d'équité sociale. Appliquée à la ville, l'approche durabiliste établit les fondements éthiques, les concepts opératoires et les politiques publiques permettant d'articuler le développement socio-économique et l'aménagement spatial des agglomérations avec une gestion prudente de l'environnement de façon à garantir la viabilité à long terme des systèmes urbains.

    La fabrication du discours et de la pratique du développement urbain durable s'est cependant énormément complexifiée au sens où les jeux d'acteurs (l'interactivité des acteurs), l'impact des pratiques respectives sur les processus de changements sociaux en milieu urbain et sur la gouvernance/participation locale...sont devenus plus ambigus.

    L'action collective urbaine autour du développement durable souffre en effet, entre autres maux, de la multiplication des échelons de décision et de programmation ainsi que de la diversification des acteurs en présence. Tant au niveau local que global l'appropriation du développement urbain durable par les «community policies» revêt toutes les formes d'une appropriation compétitive.

    S'inscrivant dans le cadre d'un programme international de recherche portant sur « La petite fabrique locale du développement urbain durable. De la construction programmatique à la mise en oeuvre de projets labellisés, une comparaison Nord-Sud des enjeux de la mobilisation dans quatre métropoles : Berlin, Dakar, Marrakech, Toulouse», le présent mémoire a pour ambition d'apporter une modeste contribution dans l'analyse et la compréhension des enjeux et logiques qui président dans les jeux d'acteurs autour des pratiques locales de développement urbain durable dans l'agglomération Dakaroise. Pour cela nous avons choisi de travailler sur le cas de la commune d'arrondissement de NGOR et plus spécialement sur les jeux d'acteurs observables autour des pratiques d'usages, d'aménagement, de gestion, d'exploitation, d'entretien et/ou de préservation de la plage de NGOR village et de sa baie. D'où l'intitulé du mémoire : Les Pratiques Locales de Développement Urbain Durable dans l'agglomération Dakaroise : Cas de la commune d'arrondissement de NGOR. Le mémoire est structuré autour de quatre (4) parties.

    Intitulée Cadre théorique et méthodologique de la recherche, la première partie comprend cinq chapitres (I à V) à travers lesquels nous exposons le cadre théorique (problématique, objectifs et hypothèses de recherche, cadres conceptuels et opératoires de l'étude) et la démarche méthodologique de l'étude.

    La seconde partie se veut un profil environnemental ou de développement durable de la commune d'arrondissement de NGOR. Il faut comprendre que pour une étude qui s'intéresse aux pratiques locales de développement urbain durable il nous a semblé pertinent de faire, avant toute chose, un état des lieux du développement urbain durable dans la commune d'arrondissement. Le diagnostic territorial auquel nous avons procédé s'est ainsi longuement attardé sur les trois cadres fondamentaux du développement durable que sont: le cadre humain, le cadre de développement et le cadre de l'environnement. Nous nous sommes aussi beaucoup attardé sur les menaces environnementales et formes de pollution qui touchent la commune d'arrondissement et plus spécialement la plage de NGOR village et sa baie.

    Dans la troisième partie nous présentons, analysons et essayons d'interpréter les différents résultats qui sont ressortis de nos enquêtes sur le terrain. Le plan de rédaction de cette partie tient compte de principales attentes des cahiers de charges de l'étude (conférer Contrat de Service Spécial figurant en annexes). Voilà pourquoi cette partie du mémoire est articulée en trois chapitres (VI à IX) à savoir l'Analyse de l'un des principaux dispositifs de planification en vigueur dans la commune d'arrondissement de NGOR (le PLD) ; la Systèmogenése du développement durable dans la commune d'arrondissement de NGOR et l'analyses des jeux d'acteurs observables autour des pratiques d'usages, de la gestion, de l'exploitation, de l'entretien et/ou de la préservation de la plage de NGOR village et de sa baie. La quatrième partie est consacrée aux principales conclusions et recommandations de l'étude.

    INTRODUCTION

    L'histoire du concept de développement durable est longue ; elle tire son origine dans les préoccupations des penseurs du XVIIIe siècle qui, à l'instar de Malthus, posaient la question des relations entre population et ressources disponibles. Ces réflexions se retrouveront dans la pensée environnementaliste et écologiste du XXe siècle naissant.

    C'est au système des Nations Unies cependant que l'on doit, si l'on en croit les repères historiques, le modelage officiel (reconnaissance internationale) de la figure du développement durable. Sans être exhaustif nous retiendrons par exemple que,

    1. c'est l'organisation internationale qui organisa en 1972 la première conférence internationale sur l'Environnement Humain. Bien qu'il n'était pas question de développement dans l'intitulé de cette conférence qui s'est tenue à Stockholm, il reste que la déclaration finale en faisait beaucoup mention « à cette conférence certes on ne parle pas encore de développement durable mais on évoque le slogan  une seule terre et on mentionne déjà les générations futures »1(*).

    2. C'est aussi, à l'ONU que l'on doit la publication en 1987 du célèbre rapport Brundtland2(*) par la commission mondiale pour l'environnement et le développement (CMED). Pour rappel, c'est en 1984 que l'assemblée générale des nations unies avait donné mandat à la CMED afin de proposer des lignes directrices pour « un projet de développement mondial capable de protéger l'environnement mais aussi de remplir les autres missions incluses dans l'objectif de développement »3(*). Le document final de la CMED intitulé Notre avenir à tous faisait alors apparaître le respect de l'environnement à la fois comme une condition de la poursuite du développement économique et comme une question de justice sociale.

    3. C'est, enfin, l'ONU aussi qui convoqua en Juin 1992 à Rio de Janeiro la très célèbre conférence mondiale sur l'environnement et le développement durable (Sommet de la Terre). Tenue 20 ans après la conférence de Stockholm, cette conférence que beaucoup considère comme le moment fondateur de la figure internationale du développement durable a l'avantage de connaître un grand succès par la présence de nombreux chefs d'Etats et de gouvernements (108 sur les 178 membres de l'ONU) ainsi que par une forte mobilisation soutenue par un intérêt très actif de la société civile internationale.

    D'une façon générale le développement durable est défini comme une intégration plus poussée entre les préoccupations économiques, écologiques et sociales  « le développement durable est une amélioration des conditions de vie des communautés humaines qui respecte les limites de la capacité de charge des écosystèmes »4(*). Pour Aurélien Boutaud, l'histoire du concept peut se relire à travers le prisme des théories de la négociation,

    « le développement durable nous apparaît alors comme la tentative de formulation, au plus haut niveau international, d'une valeur nouvelle dont l'objet serait la réconciliation entre des exigences de protection de l'environnement et de développement socio-économique (équivalant à ce que les théoriciens de la négociation appellent une approche gagnant gagnant, ou un jeu à somme positive, entre environnement et développement) »5(*).

    En s'affirmant comme thème et problème qui appellent une mobilisation scientifique, mais aussi des décisions politiques et des interventions techniques, le développement durable s'érige en catégorie de pensée et d'action. La notion de « développement durable » énonce un idéal et exprime une volonté : trouver des conciliations entre un objectif de développement raisonné, un objectif environnemental de biodiversité et un objectif de justice et d'équité sociale. Ces objectifs peuvent s'avérer pour une large part conflictuels. De ce fait, apparemment unitaire, elle demeure tout de même polysémique et la question de la cohérence des actions se pose avec insistance puisque les objectifs poursuivis (logiques économiques, préoccupations sociales et impératifs écologiques) ne sont pas forcément compatibles (exclusion et pauvreté, pollution atmosphérique, traitement des déchets, congestion, dégradation environnementale,...).

    Appliquée à la ville, l'approche durabiliste établit les fondements éthiques, les concepts opératoires et les politiques publiques permettant d'articuler le développement socio-économique et l'aménagement spatial des agglomérations avec une gestion prudente de l'environnement de façon à garantir la viabilité à long terme des systèmes urbains. Le développement urbain durable donne de ce fait une dimension nouvelle aux interrogations relatives par exemple à l'ampleur de l'étalement urbain. Combinant les points de vue de la nouvelle écologie urbaine et de l'économie institutionnelle des ressources, l'approche durabiliste du développement urbain invite à relire les processus urbains sous l'angle plus particulier des métabolismes qui les caractérisent : consommation, transformation, stockage des ressources naturelles (air, eau, sol, paysage) et culturelles (patrimoine bâti).

    À travers les thèmes de ville compacte, de mixité, d'organisations conjointes de l'espace et des mobilités, les tenants du développement urbain durable cherchent à alimenter le débat sur les formes urbaines les plus favorables à un développement urbain viable, vivable et équitable. Le développement urbain durable apporte en ce sens quelques éléments nouveaux de réflexion (changement climatique, risques émergents, inégalités écologiques, ...) mais il introduit surtout, pour les villes qui se prêtent à cette démarche, un questionnement d'ensemble. Le développement urbain durable n'est pas un projet qui se greffe sur une politique. Il se définit au contraire en fonction des situations existantes, des besoins, de la volonté des acteurs locaux et des priorités qu'ils énoncent, ce qui demande de reconsidérer un ensemble de questions urbaines.

    Les références à la notion de développement durable ou à des notions proches (éco développement, développement urbain durable, etc.) et leurs impacts sur les processus de changements sociaux ont varié dans le temps et selon les périodes. Durant les années de guerre froide, par exemple, ces thématiques étaient portées par le mouvement associatif planétaire. C'est dire que des années 70 à la tenue de la conférence de Rio, la référence au développement durable se rattachait surtout à des processus et à des acteurs issus de la société civile ou du mouvement associatif planétaire « (...) il apparaît que les concepts de développement durable et de ville durable ont effectivement été construits dans une logique coopérative »6(*).

    Là où le rôle des nations unies a été déterminant dans la reconnaissance et la prise en charge officielle (labellisation) des enjeux de développement durable, c'est qu'à travers la tenue de rencontres au sommet comme celle de Rio, l'institution internationale est parvenue au courant des années 90 à faire inscrire dans les agenda nationaux et internationaux les questions de développement durable. L'Action 217(*) mondial issu de la conférence de Rio donne lieu, par exemple, à différents programmes nationaux concernant le développement des villes.

    Devant être mis en oeuvre « jusqu'au XXI° siècle par les gouvernements, les institutions du développement, les organismes des Nations Unies et les groupes de secteurs indépendants, dans tous les domaines où l'activité humaine (économique) affecte l'environnement »8(*). Le programme  Action 21 mondial  définit dans ses 4 sections les objectifs, les types d'actions et les moyens à mettre en oeuvre par les acteurs du développement à tous les niveaux et, notamment, les initiatives à prendre par les collectivités locales à l'appui d'Action 21. Pour un auteur comme Edwin Zaccaï (2002), tout cela révèle la profonde volonté des signataires de multiplier au maximum les chances d'implication de tous.

    Depuis Rio cependant, l'expérience nous enseigne que malgré toute « la bonne volonté du monde » la fabrication du discours et de la pratique du développement durable s'est complexifiée dans le sens où les jeux d'acteurs (l'interactivité des acteurs), l'impact des pratiques respectives sur les processus de changement social en milieu urbain et sur la gouvernance/participation locale...sont devenus plus ambigus.

    On s'accorde même à penser que l'action collective urbaine autour du développement urbain durable souffre de la multiplication des échelons de décision et de programmation ainsi que de la diversification des acteurs en présence. Pour certains, force serait de constater, en ce sens, que tant au niveau local que global l'appropriation du développement urbain durable par les «community policies» revêt toutes les formes d'une appropriation compétitive «Etats, entreprises, ONG, collectivités locales, économistes ou écologistes se réclament aujourd'hui du développement urbain durable sans pour autant en donner une définition et un contenu identiques. Les débats sur la soutenabilité faible (approche néoclassique) ou forte (approche éco systémique) illustrent bien cette lutte d'appropriation »9(*).

    Etant convaincu que l'oeuvre de construction du développement durable et plus spécialement du développement urbain durable repose sur la (ré) conciliation de logiques distinctes en vue de leur intégration plus poussée « car les propositions sur le développement urbain durable insistent à l'envi sur les compromis à trouver »10(*) ; nous pensons qu'il demeure plus qu'impérieux de bien comprendre les processus de conflits et éventuellement aussi de compromis au centre desquels se trouvent inscrites les pratiques locales de développement urbain durable. Voilà pourquoi nous avons choisi, dans le cadre du présent mémoire, de travailler sur la problématique des jeux d'acteurs observables autour des dispositifs, projets ou programmes de développement urbain durable notre objectif principal étant d'identifier, d'analyser de comprendre et de décrire à travers une étude de cas portant sur la commune d'arrondissement de NGOR les différents jeux d'acteurs qui se dessinent autour des pratiques locales de développement urbain durable.

    Partant du postulat que ces différentes pratiques se situent entre politiques publiques locales (injonction institutionnelles) et construction sociale (initiatives de la société civile) nous avons, après identification des enjeux de développement urbain durable les plus significatifs pour la commune d'arrondissement, fait le choix de nous intéresser aux jeux d'alliances et de conflits observables autour des pratiques d'usages, d'aménagement, de gestion, d'exploitation, d'entretien et/ou de préservation d'un espace naturel menacé comme la plage de NGOR village et sa baie. En d'autres termes, nous avons cherché à comprendre la façon dont se projettent dans les domaines de l'usage, de l'aménagement, de la gestion, de l'exploitation, de l'entretien et/ou de la préservation de la plage et de sa baie ; les rapports entre acteurs publics et non publics.

    Jusqu'à récemment, la plage et la baie de NGOR village étaient présentées comme de véritables dépotoirs « les villageois s'en servaient comme décharges, les égouts y atterrissaient et la marmaille Ngoroise s'en servait de latrines ;  résultat : odeurs infectes, étrons flottants et mauvaises fréquentations, même les méduses n'osaient plus y aller »11(*) en plus, les abords de la plage étaient utilisés de façon anarchique « (...) aucun occupant n'a le souci du bien public : les occupants dépassent les limites de leurs maisons afin d'avoir les pieds dans l'eau et les vendeurs colonisent sans aucun souci esthétique ce qui reste des minuscules plages »12(*). Depuis 2000, cependant, « la situation semble s'être nettement améliorée »13(*) et l'hypothèse que nous avons dès lors formulé est que : la nature et la qualité des jeux d'acteurs qui se dessinent depuis quelques années autour des pratiques locales d'usages, d'aménagement, de gestion, d'exploitation, d'entretien et/ou de préservation de la plage et de sa baie y sont pour beaucoup dans ce niveau de performativité constaté depuis 2000.

    Première partie. CADRE THEORIQUE ET METHODOLOGIQUE

    Chapitre I. PROBLEMATIQUE

    Inventions humaines, les villes constituent de remarquables miroirs du changement ; elles sont le lieu privilégié de l'évolution la plus rapide de la société, le lieu des mutations économiques et socioculturelles, des échanges interethniques et communautaires. Elles constituent en quelque sorte la représentation physique des sociétés. C'est à ce titre qu'elles se trouvent placées au coeur des processus de globalisation, de transformation technologique et de recomposition économique et sociale des territoires.

    Espaces de vie pour une grande majorité des populations, elles peuvent également être envisagées comme des écosystèmes artificiels tributaires de réseaux et de flux qui les dépassent. La qualité de leurs cadres de vie, la transformation des paysages et des formes urbaines, l'organisation des mobilités, les incidences écologiques des métabolismes urbains, l'accroissement des risques environnementaux......constituent de ce fait de sérieux enjeux qu'il urge de prendre en charge dans l'intérêt des générations futures car « héritage des générations passées, ressource des générations présentes, la ville est dans sa substance et dans ses qualités (symboliques, culturelles, écologiques,...) le patrimoine commun des générations futures à l'égard desquelles nous contractons une dette de transmission »14(*).

    Sous ce rapport l'urbanisation parait être, parmi les évolutions du siècle passé, l'un des traits les plus saillants. En Afrique au Sud du Sahara par exemple elle est, après l'accroissement démographique, le changement le plus spectaculaire de ces dernières années. Aux yeux de certains spécialistes c'est aussi le changement le plus préoccupant car rurale à plus de 80 % dans les années 60, la région est aujourd'hui urbanisée à près de 50 %. Alors qu'on y comptait vers les années 30 une dizaine de villes de plus de 50.000 habitants ou proches de ce chiffre (Ibadan 387.000 hab., Lagos 120.000 hab., Edde, Kano 60.000 hab., Oshogbo avec plus de 50.000 hab., Ilorin 47.000 hab., Dakar avec près de 100.000 hab., Ogbomosho, Iwo, Kaolack, Accra, Koumassi, Freetown) ; dans les années 80 c'est quelque 2300 centres de plus de 50.000 habitants qu'on dénombrait avec une population urbaine totale de 50 millions. Par ailleurs le taux actuel de croissance urbaine en Afrique est le plus élevé du monde, dépassant 4% par an (FNUAP 2000).

    Phénomène encore plus alarmant, cette croissance urbaine s'accompagne de profondes crises économiques et sociales, ce qui faisait dire au président Nelson Mandela que "l'Afrique subsaharienne est la seule région du monde où l'urbanisation est liée à une croissance économique et à un bien être social négatifs"15(*).

    Du point de vue de l'écologie urbaine16(*), le fonctionnement actuel de la grande majorité de ces villes apparaît comme une réalité essentiellement prédatrice et peu viable «les critiques adressées au développement urbain aujourd'hui ressemblent un peu à celles qui étaient faites à la croissance économique il y a une génération : accumulation de pauvretés, dégradation de l'environnement naturel, ampleur des coûts collectifs dans les villes... »17(*). L'extension généralisée des villes, la croissance et la multiplication des très grandes métropoles, l'existence de modèles de villes très consommatrices d'espace et d'énergie, la multiplication des niveaux d'intervention techniques et politiques, les formes nouvelles de la ségrégation spatiale dans la ville, l'accentuation du phénomène de la pauvreté urbaine, la dégradation des écosystèmes naturels, l'ampleur des coûts collectifs dans les villes ....sont autant de tendances négatives qui laissent présager, pour certains, du caractère non durable de l'urbanisation telle qu'elle se dessine de nos jours dans la plupart des pays au sud du Sahara « tel nous semble être le cas pour les questions urbaines et, en particulier pour plusieurs évolutions contemporaines qui, par la négative, mettent bien en évidence le caractère « non durable » de certaines tendances de l'urbanisation »18(*) ; d'aucuns vont même jusqu'à parler de « mal ville».

    La «nouvelle question urbaine» insiste à ce titre sur toute l'ambiguïté des modalités actuelles du développement des villes et sur la nécessité de maîtriser les effets physiques (déconnexions spatiales, discontinuités, ruptures de la qualité résidentielle), économiques (spécialisations fonctionnelles, zonage), sociaux (ségrégations résidentielles, replis communautaires), environnementaux (pollutions, nuisances), mais aussi politiques (dispersion et foisonnement des acteurs de la gestion et de la régulation urbaine). C'est là tout l'enjeu de la problématique du développement urbain durable « éléments moteurs du dynamisme économique, les villes sont au coeur des enjeux du développement durable. Elles doivent assurer un cadre de vie de qualité pour leurs populations, et veiller à limiter les impacts sur l'environnement »19(*).

    Pour un auteur comme Cyria Emelianoff, une ville durable peut se définir, face aux tendances actuelles de l'urbanisation, en trois temps :

    « 1. C'est une ville capable de se maintenir dans le temps, de garder une identité, un sens collectif, un dynamisme à long terme. Pour se projeter dans l'avenir, la ville a besoin de tout son passé, d'une distance critique par rapport au présent, de sa mémoire, de son patrimoine, de sa diversité culturelle intrinsèque et de projets multidimensionnels. Le mot durable rappelle en premier lieu la ténacité des villes, des villes phénix que les destructions ne parviennent pas à détruire et qui renaissent de leurs cendres, telle Gdansk. Il renvoie à la pérennité des villes dans leurs diverses expressions culturelles, à leurs capacités de résistance et d'inventivité, de renouvellement, en un mot. "Durable" est au temps ce que "global" est à l'espace : un élargissement de notre champ de vision, au-delà du court terme. Levons ici une ambiguïté : la durée ne signifie en aucun cas l'immobilisme. La durée des villes est une durée créatrice, bergsonienne. Elle fait référence au caractère fortement contextualisé des villes, toujours impliquées dans une histoire et une géographie, indissociablement urbaine et terrestre, humaine et écologique. Les longues séries pavillonnaires monocordes, l'urbanisme commercial et le "modèle de la rocade", selon l'expression de Jean-Paul Lacaze, profilent au contraire une ville qui maximise les consommations, aux antipodes d'un développement multidimensionnel.

    2. La ville durable doit pouvoir offrir une qualité de vie en tous lieux et des différentiels moins forts entre les cadres de vie. Cette exigence appelle une mixité sociale et fonctionnelle, ou, à défaut, des stratégies pour favoriser l'expression de nouvelles proximités : commerces et services de proximité, nature et loisirs de proximité, démocratie de proximité, proximités aussi entre les différentes cultures de la ville, entre les groupes sociaux, entre les générations. Cela oblige à penser différemment des catégories longtemps étanches, des couples apparemment irréconciliables, pour ouvrir la voie par exemple aux parcs naturels urbains, à la ruralité en ville, aux schémas piétonniers d'agglomération, à l'économie solidaire et aux finances éthiques, ou plus simplement à la démocratie locale et globale à la fois. La proximité doit s'organiser en réponse aux coûts et aux risques lourds de l'hyper mobilité, une mobilité qui est en partie contrainte. Coûts énergétique et géopolitique lié aux intérêts pétroliers, coûts climatiques reportés sur les décennies à venir et sur les pays les moins à même de faire face aux transformations et aux risques, coûts de santé publique avec une prévalence en forte hausse des maladies respiratoires, coûts économiques de congestion et d'extension des réseaux urbains, coûts sociaux pour les expatriés des troisièmes couronnes appauvris par leur budget transport, ou encore pour les populations soumises aux plus fortes nuisances automobiles. Face à ces coûts, longtemps sous-estimés, la ville durable devient une ville de relative compacité, qui peut s'accommoder de différentes morphologies urbaines, à condition que l'on parvienne à renouveler les modes de transport, leur pluralité, ainsi que les logiques de localisation qui sous-tendent l'aménagement, pour les combiner dans des configurations originales.

    3. Une ville durable est, en conséquence, une ville qui se réapproprie un projet politique et collectif, renvoyant à grands traits au programme défini par l'Agenda pour le XXI° siècle (Agenda 21) adopté lors de la conférence de Rio, il y a dix ans. Les villes qui entrent en résonance avec ces préoccupations définissent, à l'échelon local, quelles formes donner à la recherche d'un développement équitable sur un plan écologique et social, vis-à-vis de leur territoire et de l'ensemble de la planète, et elles reformulent par là même un sens collectif. Il s'agit à la fois de réduire les inégalités sociales et les dégradations écologiques, en considérant les impacts du développement urbain à différentes échelles. La "durabilité" dont l'horizon serait seulement local n'a pas de sens en termes de développement durable, caractérisé par le souci des générations présentes et futures, du local et du global. Il s'agit en somme de trouver des solutions acceptables pour les deux parties, ou encore, de ne pas exporter les coûts du développement urbain sur d'autres populations, générations, ou sur les écosystèmes »20(*).

    C'est la commission des Nations Unies qui a véritablement impulsé la démarche " Villes et développement durable " à l'occasion de la préparation de la conférence de Rio. En prenant conscience de la nécessité d'ancrer la démarche du développement durable à un niveau local et de promouvoir un processus tout à la fois descendant et ascendant et en s'assurant, par conséquent, le concours des villes dans leurs travaux ; les Nations Unies ont favorisé l'émergence des associations de villes sur la scène du développement durable. C'est ainsi qu'a été créée en 1990 l'ICLEI (International council for local and environmental initiatives), destinée à sensibiliser les collectivités locales à l'environnement et au développement durable et à encourager la constitution d'un réseau de villes oeuvrant pour le développement urbain durable.

    Dès 1991, l'ICLEI était déjà à pied d'oeuvre. Un groupe de travail constitué d'experts européens pour les questions d'environnement local est mis en place pour examiner la capacité des collectivités locales à mettre en place des Agenda 21 locaux. Ce rapport sert de base à la rédaction du chapitre 28 d'Action 21, reconnaissant aux collectivités locales le rôle essentiel d'acteurs du développement urbain durable.

    Cette approche décentralisée du développement urbain durable sera confirmée par l'assemblée générale des maires à Istanbul, à l'occasion de HABITAT II « pour avancer vers l'objectif de développement urbain durable, il est fondamental de s'appuyer sur les municipalités et les autorités à l'échelle régionale et locale »21(*). L'idée étant que, les communes (collectivités locales), par l'intermédiaire de leurs administrations, sont les principales garantes institutionnelles de la durabilité des systèmes urbains. Elles sont notamment responsables de gérer et de mettre à disposition des habitants et des entreprises un certain nombre de ressources et d'infrastructures, ainsi que de biens et de services essentiels au bon fonctionnement des activités urbaines. On pense en particulier à certaines ressources dont la gestion pose aux communes des défis particulièrement aigus en termes d'impacts écologiques, d'équilibre économique et d'équité sociale: distribution de l'eau et assainissement, utilisation du sol et urbanisme, gestion de l'énergie et des déchets, offre en transports publics, logement.......

    .

    Dans le contexte d'alors caractérisé par l'amorce des dynamiques de décentralisation territoriale et locale, l'intervention des collectivités locales trouve très rapidement un cadre institutionnel dans lequel s'insérer. La démarche Agenda 21 d'élaboration d'un projet de territoire répondant aux principes du développement durable va en effet s'appuyer sur des fondements législatifs tels les textes de lois sur la décentralisation. Au Sénégal c'est à la faveur de la réforme dite de la régionalisation survenue en 1996 que l'Etat a laissé l'initiative aux collectivités locales, a qui neuf (9) domaines de compétence dont l'environnement et la gestion des ressources naturelles venaient d'être transférées, d'initier des Agendas 21, selon la stratégie « remontante » de Rio.

    Il faut préciser que dans la foulée de Rio, le Sénégal avait déjà créé en 1995 la CNDD (Commission Nationale de Développement Durable). Cette commission interministérielle présidée par le Ministère des affaires étrangères et doté d'un secrétariat assuré par le Ministère de l'Environnement, était censé coordonner la prise en compte du développement durable dans l'ensemble des politiques publiques et programmes de développement et de préparer les rapports nationaux sur le développement durable, tout particulièrement celui qui sera présenté à la conférence de Johannesburg, 10 ans après RIO.

    Après un démarrage difficile, cette démarche a permis au Sénégal de se doter d'un référentiel national: le Rapport National du Sénégal sur le Développement Durable (RNSDD) qui sera préparé pour la 9éme session des Nations Unies en avril 2001 et repris pour l'essentiel, dans le rapport national présenté lors du Sommet Mondial sur le Développement Durable de Johannesburg l'année suivante (2002).

    Celui ci propose une stratégie nationale de développement durable et s'efforce d'assurer sa prise en compte dans les principaux documents stratégiques de développement produit par le Sénégal, comme le DSRP (Document Stratégique de Réduction de la Pauvreté), les initiatives conduites dans le cadre du NEPAD (Nouveau Partenariat pour le Développement de l'Afrique) ou les OMD (Objectifs du Millénaire pour le Développement). En outre, ce rapport recommande fortement que les communes adoptent concomitamment des plans locaux d'actions (agendas 21 locaux).

    C'est ainsi en 2001, qu'on voit s'initier pour la première fois au Sénégal une expérience d'agenda 21 local. Réalisé sous l'égide du Ministère de l'Urbanisme et de l'Aménagement du territoire, cette expérience financée dans le cadre du Programme d'appui à la formulation des Agendas 21 locaux sera étendue, en 2004, à 4 nouvelles villes: Saint-Louis, Tivaouane, Matam et Guédiawaye. Le Programme d'appui à la formulation des Agendas 21 locaux entre dans le cadre plus global d'un programme lancé depuis 1995 par UN Habitat (Programme des Nations Unies pour les Etablissements Humains) et dénommé Programme Agendas 21 locaux.

    Appuyant près de 30 villes dans des pays différents dont 5 villes au Sénégal, Le programme Agendas 21 locaux est un programme de renforcement des capacités des collectivités locales. Il se veut en quelque sorte une réponse au Chapitre 28 de l'Action 21 mondial qui fait appel aux autorités locales pour qu'elles mènent des processus consultatifs visant à développer et à mettre en oeuvre des Agendas 21 Locaux pour et avec les communautés. Le Programme « Agendas 21 locaux » propose aux collectivités locales et à leurs partenaires un appui sur plusieurs années pour faciliter la mise en oeuvre des processus d'élaboration d'Agendas 21 locaux afin qu'elles puissent localement contribuer à la mise en oeuvre de l'Agenda 21 mondial et du Programme pour l'habitat. L'appui du programme vise spécifiquement les villes moyennes qui très souvent ont des capacités faibles et sont oubliées par les programmes d'appui internationaux. Le programme a pour objectifs généraux de promouvoir la bonne gouvernance urbaine en appuyant l'élaboration et la mise oeuvre de plans d'action environnementaux participatifs ; de renforcer les capacités des collectivités locales à intégrer ces plans d'action à des plans stratégiques de développement urbain, en stimulant la synergie entre les différents secteurs.

    Au Sénégal, le programme s'est fixé comme objectifs spécifiques de "soutenir le développement des capacités des collectivités locales et de leurs partenaires dans les villes secondaires du Sénégal, pour conduire des processus participatifs de préparation d'Agenda 21 locaux, monter des projets prioritaires et mobiliser les ressources nécessaires à la mise en oeuvre des plans d'action de ces Agenda 21"22(*). Le Programme d'appui à la formulation des Agendas 21 locaux devrait ainsi permettre au Sénégal "de se doter des modalités institutionnelles et des outils opérationnels de production et de gestion d'Agenda 21 locaux et de mettre en place des modalités pérennes d'appui aux collectivités locales dans les domaines de la planification participative appliquée aux problématiques de l'environnement urbain, participant ainsi aux importantes réformes visant à l'approfondissement de la décentralisation et de la déconcentration"23(*).

    Dans l'agglomération Dakaroise l'Agenda 21 local ne concerne, pour l'heure, que la seule ville de Guédiawaye (soit environ 500.000 habitants, sur une population de l'agglomération estimée à 2 millions d'habitants). Il est cependant à noter que de nombreuses autres initiatives de planification stratégique et de développement urbain durable, concernant toute ou partie de l'agglomération dakaroise, ont été lancée par d'autres institutions et acteurs dont les collectivités locales (Communes et Communes d'arrondissement).

    Dans la commune d'arrondissement de NGOR bien que l'Agenda 21 local ne soit encore expérimenté, il reste que différents acteurs sont impliqués de façon réfléchie ou non dans des processus de planification stratégique et de mise en oeuvre du développement urbain durable au niveau infra communal. C'est le cas autour des pratiques d'usages, d'aménagement, de gestion, d'exploitation, d'entretien et/ou de préservation de la plage et de sa baie pour lesquels un projet de cogestion a été mis sur pied depuis 2005 ; il s'agit du comité de gestion de la plage (CGP) qui regroupe en son sein autorités locales (mairie de la commune d'arrondissement) et exploitants (association des pécheurs de NGOR -ASPEN-, association des plagistes). En dehors de ce comité on note également la présence et l'implication de divers autres acteurs dans les pratiques d'usages, d'aménagement, de gestion, d'exploitation, d'entretien et/ou de préservation de la plage et de sa baie : ville de DAKAR, associations de toute nature (AAIN -association des amis de l'île de NGOR- , associations de jeunes -Groupe CELLIA-, association pour la protection des ressources marines -ASPREM-, regroupement des transporteurs de l'île de NGOR -RTIN-........), opérateurs touristiques ....

    Cette multiplicité d'acteurs qui interviennent, le plus souvent, de façon isolée et sans aucune coordination « faisant suite au forum de Rio +5 (Rio 1997) qui a reconnu comme un des obstacles majeurs à la mise en oeuvre du concept de développement durable le fait qu'un grand nombre d'organismes et d'individus travaillant pour la durabilité dans leur propre communauté et secteur, restent isolés les uns des autres »24(*) ; soulève la problématique de la multiplication des niveaux d'intervention techniques et politiques.

    La gestion des ressources urbaines reste, il est vrai, influencée par le poids politique des différents acteurs de la ville. La notion de gouvernance pose dès lors et explicitement la question des modalités de l'action collective or il est connu et reconnu que l'action collective urbaine souffre aujourd'hui de la multiplication des échelons de décision et de programmation ainsi que de la diversification des acteurs en présence.

    Les travaux sur ce thème ont, d'une façon générale, montré les configurations multi centrées formées par les différents acteurs impliqués dans l'élaboration des politiques urbaines ainsi que les formes nouvelles de localisation multi niveaux des politiques publiques. Les conclusions qui en ressortent montrent bien que cet état de fait conduit inévitablement à des gestions très opaques et fort techniques à l'échelle des agglomérations ou des régions urbaines (Programme interdisciplinaire Développement Urbain Durable, 2004) alors que l'idée de développement urbain durable cherche à s'appuyer sur une dynamique de diversification des offres de participation locale et sur l'affirmation d'une « gouvernance démocratique ».

    Pour un auteur comme Aurélien Boutaud le fait est que « les approches consensuelles qui caractérisent les outils des acteurs publics se retrouvent écartelées entre les approches écolocentrées des mouvements écologistes ou les approches éconocentrées du monde économique et industriel »25(*) . A l'en croire l'analyse du contenu des outils d'évaluation développés par les acteurs publics locaux, confirme à la fois le pouvoir d'appropriation de ces outils, mais également la position consensuelle adoptée par les collectivités locales dans la définition qu'elles se donnent du développement durable (se caractérisant par un traitement équilibré des trois « piliers » du développement durable : aspects sociaux, écologiques et économiques).

    Dans leur appel à contribution pour l'année 2004, les responsables du Programme de recherche interdisciplinaire sur le développement urbain durable nous font remarquer qu'il est devenu nécessaire de mieux comprendre le rôle et le statut du développement durable dans la formation de coalitions de gestion urbaine « l'objectif de la durabilité se situe parfois en amont et impose aux acteurs locaux de tenter de construire un consensus ; parfois il est formulé en aval et fournit des justifications a posteriori pour des alliances que la contrainte électorale rend nécessaire »26(*). L'aspect souvent protéiforme que présentent les politiques publiques se revendiquant du développement durable résulte du fait que le contenu du thème demeure ouvert et multidimensionnel, entraînant une multiplicité d'approches et de compréhension des problèmes soulevés, ce qui empêche qu'un ensemble homogène de solutions soit propos, d'autant que la pluralité des groupes d'acteurs porteurs d'intérêts entretient des divergences d'interprétation et de hiérarchisation des objectifs.

    Quoi qu'il en soit de l'état de cette problématique, il reste indéniable que l'enjeu d'action et de réflexion n'en est que plus important. L'idée de plus en plus à la mode de "ville intelligente" met en évidence de nouveaux modes de régulation urbaine fondés sur l'apprentissage collectif, la participation et la concertation des acteurs publics et non publics « l'étude plus spécifique du cas de la communauté urbaine de Lyon permet de valider certaines des hypothèses émises dans les chapitres précédents. En particulier, le phénomène d'appropriation collective (ou endoformation) est plus précisément vérifié »27(*).

    Qu'en est-il présentement à NGOR autour des pratiques d'usages, d'aménagement, de gestion, d'exploitation, d'entretien, et/ou de préservation de la plage de NGOR village et de sa baie ; sommes nous dans des logiques de compétition, de conflits et de luttes d'appropriation entre acteurs publics et non publics ou sommes nous plutôt dans des logiques de compromis, d'alliances, d'apprentissage et d'appropriation collective ? Telle pourrait être notre question générale de recherche.

    Chapitre II. Objectif (s) de la recherche

    Comme le fait remarquer Madeleine Grawitz « quelques soient les raisons ayant suscité une recherche, la première démarche vraiment scientifique consistera à en préciser les objectifs »28(*)  c'est pourquoi nous précisions, dès notre introduction déjà, que notre principal objectif dans cette étude a été d'analyser les jeux d'acteurs observables autour des pratiques d'usages, d'aménagement, de gestion, d'exploitation, d'entretien, et/ou de préservation de la plage de NGOR village et de sa baie. Il faut comprendre que nous nous sommes proposé d'identifier, de caractériser et de classer les principaux acteurs impliqués dans les pratiques locales de développement durable de la plage et de sa baie l'objectif visé étant, au bout du compte, de pouvoir bien saisir et décrire les jeux d'alliances ou de conflits qui se nouent entre acteurs gravitant autours de ces pratiques.

    La nécessité de faire une lecture comparative entre, d'une part les six études de cas menées au niveau de l'agglomération Dakaroise par des camarades du DESS de l'ENEA et moi-même29(*) et, d'autre part, entre l'ensemble des études de cas menées au niveau international ; a conduit à ce que nous soient fixés un ensemble d'objectifs de recherche assez précis Il s'agissait au delà de la description et de l'analyse des jeux d'acteurs:

    1. de reconstituer la « systèmogenése » du développement durable sur le site de l'étude de cas,

    2. de présenter et d'analyser un, au moins, des dispositifs de planification du développement (et plus spécifiquement du développement urbain durable) en vigueur sur le site de l'étude de cas tout en veillant à mettre en lumière les mécanismes de gouvernance/participation qui la (ou les) caractérisent,

    3. d'établir un certain nombre de documents cartographiques portant sur des aspects bien précis du site de l'étude de cas (inventaire des points noirs environnementaux, tendances d'évolution des dernières années, enjeux territoriaux, occupation et utilisation des sols......)

    4. d'établir le profil ou l'itinéraire de cinq experts de la scène locale du développement durale.

    De fait nos objectifs spécifiques de recherche ont été de :

    OS1. Faire un état des lieux du développement urbain durable dans la commune d'arrondissement ;

    OS2. Cartographier un certain nombre d'éléments bien spécifiques tels les principaux points noirs environnementaux, l'occupation des sols et de l'espace, les tendances d'évolution des fronts d'urbanisme.... ;

    OS3. Présenter, d'analyser et de voir comment et dans quelle mesure le dispositif de planification que nous avons retenu (PLD) prend en charge la thématique du développement urbain durable ;

    OS4. Reconstituer la façon dont sont apparues (ou ne sont pas apparues) dans le discours et les pratiques des différents acteurs de la scène locale du développement, les références au développement durable ou à des notions qui pourrait lui être rattachées ;

    OS5. Comprendre et de mettre à nu la manière dont se traduit l'adhésion (si adhésion il y a) des différents acteurs aux principes de durabilité ;

    OS6. Identifier, présenter et de faire le profil organisationnel (ou institutionnel) des principaux acteurs gravitant autour des pratiques d'usages, d'aménagement, de gestion, d'exploitation, d'entretien, et/ou de préservation de la plage de NGOR village et de sa baie ;

    OS7. Comprendre, décrire, analyser et caractériser la nature des jeux d'acteurs observables autours de ces dites pratiques (dans quelle mesure y a-t-il création de langages communs? Les analyses en termes de «coalitions de cause», développées aujourd'hui sur les politiques d'environnement, rendent-elles compte des types de savoirs mobilisés et des modèles d'action en jeu à propos du développent urbain durable ?) ;

    OS8. Faire le profil de cinq experts de la scène locale du développement urbain durable.

    Chapitre III. Hypothèse (s) de recherche

    L'hypothèse de recherche étant définie comme  « une réponse anticipée que le chercheur formule à sa question de recherche »30(*), nous retiendrons au-delà des questions que soulèvent nos objectifs spécifiques que les principales questions auxquelles nous avons cherché à trouver des réponses ont été de savoir:

    1. comment se dessinent et s'organisent les jeux d'acteurs observables autour des pratiques d'usages, d'aménagement, de gestion, d'exploitation, d'entretien, et/ou de préservation de la plage de NGOR village et de sa baie?

    2. Qu'est ce qui motivent les acteurs gravitant autours de ces dites pratiques :

    § Sont-ils animés par une adhésion aux principes de la durabilité ?

    § Ne font-ils que réagir à une situation locale caractérisée par un problème écologique patent ?

    § Ou, ne font-ils que déployer des stratégies d'affichage où le « durable » ne s'inscrit que dans une logique de mobilisation de l'histoire locale ? 

    A ces questions nous formulons les réponses anticipées suivantes :

    1. Les jeux d'acteurs observables autour des pratiques d'usages, d'aménagement, de gestion, d'exploitation, d'entretien, et/ou de préservation de la plage de NGOR village et de sa baie se dessinent et s'organisent autour de deux groupes d'acteurs à savoir les acteurs publics locaux (services techniques déconcentrés, autorités municipales...) et les acteurs locaux non publics (structures traditionnelles, structures associatives, OCB, entreprises privées, ONG....).

    2. Ces acteurs en réagissant à une situation locale caractérisée par un problème écologique patent adhérent sans l'afficher, ni même en prendre clairement conscience, aux principes de la durabilité.

    Chapitre IV. Cadre Conceptuel et Opératoire de la recherche

    IV.1. Cadre Conceptuel

    L'étude repose sur un certain nombre de concepts qu'il nous faut définir afin de mieux préciser notre cadre théorique tant il est vrai qu'« une théorie ne peut être contrôlée que si l'on sait reconnaître les faits dont elle doit rendre compte »31(*).

    1. Pratiques locales de développement urbain durable : Selon l'une des définitions du dictionnaire de la langue française (Le Petit Larousse 1999), la notion de pratiques peut s'entendre comme des façons d'agir. Appliqué à notre problématique, le concept de pratiques locales de développement urbain durable renvoie, très lacunairement, aux différentes façons d'agir (ou de faire) à l'échelle locale (infra communal) en vue et pour le développement urbain durable. Autrement dit ce sont l'ensemble des initiatives, stratégies, actions, activités, projets ou programmes entrepris sur le territoire de la commune d'arrondissement dans le dessein d'y impulser (promouvoir) ou amorcer (renforcer) des dynamiques de développement urbain durable.

    Ainsi entendues, les pratiques locales de développement urbain durable peuvent s'étudier au travers des dispositifs (de programmation et/ou de mise en oeuvre), projets et programmes de développement urbain durable qui existent sur la scène locale.

    Notre postulat de départ selon lequel ces pratiques locales se situent entre politiques publiques locales et construction sociale, impose que soient également définis ces deux concepts.

    2. Politiques Publiques Locales : Le concept de politiques publiques a été, selon Quermone (1982), principalement appliqué à deux champs d'intervention du pouvoir : la politique extérieure et de défense et les politiques économiques, sociales et culturelles issues de l'Etat providence. Thoenig (1992) quant à lui, identifie les politiques publiques « aux programmes d'action des autorités gouvernementales en tant qu'ils forment un ensemble de processus et d'interactions concourant à la prise en charge et à la solution d'un certain nombre de problèmes placés sur l'agenda des autorités ».

    Le qualificatif de local renvoie comme le suggère la définition du Larousse à ce qui est « particulier à un lieu, à une région (par opposition à national, général) ».

    Ce que nous entendons donc par politiques publiques locales c'est l'ensemble des programmes d'actions des autorités locales (mairie commune d'arrondissement de NGOR) en tant qu'ils forment un ensemble de processus et d'interactions concourant à la prise en charge et à la solution des problèmes de développement urbain durable.

    3. Construction Sociale : Voilà un concept central dans le langage de la Sociologie contemporaine. Il suggère qu'un phénomène, fait ou valeur, en l'occurrence le développement urbain durable, est le produit (résultante) d'un processus de façonnage collectif où chacun des acteurs (membres) concernés prend activement part à la production, à l'appropriation et à la vulgarisation du phénomène, fait ou valeur ainsi produit.

    Nous faisons ici recours à ce concept pour une raison toute simple : l'opposer au concept de politiques publiques locales. Il faut comprendre que partant du postulat qu'à coté des autorités locales (acteurs publics), il y a divers acteurs non publics (société civile, ONG, organisations ou personnes privées, associations de toute nature...) qui s'investissent et participent activement au modelage de la figure locale du développement urbain durable ; nous avons voulu à travers l'usage du concept de construction sociale mettre en exergue ce rôle actif.

    Autrement dit nous voulons, en faisant usage du concept de construction sociale, parler de l'implication et de la participation très active d'acteurs non publics ( le plus souvent des organisations de la société civile) dans le processus de construction, au niveau local, de la figure du développement urbain durable.

    4. Jeux d'acteurs : C'est aussi l'un des concept centraux de notre étude puisque notre objectif principal est de les observer et de les analyser dans le cadre des pratiques d'usages, d'aménagement, de gestion, d'entretien, d'exploitation et/ou de préservation de la plage de NGOR village et de sa baie. À la vérité ce concept renvoie à l'ensemble des interrelations et interactions liant les différents acteurs de la scène locale du développement urbain durable.

    Ces interrelations et interactions peuvent, globalement, se décliner sous deux formes :

    ü Sous forme de convergences (alliances)

    ü Sous forme de divergences (conflits)

    5. Performativité : Ce néologisme est un concept qui d'une certaine façon s'impose à nous (ou nous a été imposé) dans le cadre du programme de recherche international dans lequel s'inscrit notre étude de cas. Il faut le comprendre comme un niveau d'appréciation (évaluation) des pratiques locales de développement urbain durable et de leurs retombés (impacts). Ce niveau de performativité se détermine sur la base d'une échelle ordinale32(*) de mesure des niveaux d'intégration, d'articulation et d'équilibre (dans les dispositifs, projets et programmes de développement urbain durable) entre les trois dimensions fondamentales du développement durable : économie, social et environnement. Ainsi les niveaux de performativité peuvent être de trois natures :

    1. faibles

    2. moyens

    3. satisfaisants

    6. Expertise : C'est également un concept que nous utilisons pour satisfaire aux directives des termes de référence « Est expert tous ceux qui ont une connaissance ou un savoir faire à apporter en matière de développement durable et territorial. L'expertise ne se limite donc pas aux seuls spécialistes ou techniciens, mais s'étend à de nombreuses autres personnes de la communauté (élu, notable, leader social, expertise populaire, etc. »33(*).

    IV.2. Cadre Opératoire

    Il est généralement conseillé, pour bien définir le cadre opératoire d'une recherche, de poser à travers l'hypothèse de recherche une relation de causalité de sorte à faire ressortir les principales variables (dépendantes et indépendantes) de l'étude.

    Partant de nos hypothèses de recherche, la relation causale sous jacente que nous pourrions poser est que : le niveau de performativité des pratiques d'usages, d'aménagement, de gestion, d'entretien, d'exploitation et/ou de préservation durable de la plage de NGOR village et de sa baie dépend pour une large part de la nature et de la qualité des jeux d'acteurs qui s'observent autour. Il en ressort que les variables principales de l'étude sont :

    ü variable indépendante : La nature et qualité des jeux d'acteurs observables autour des pratiques d'usages, de gestion, d'entretien, d'exploitation et/ou de préservation de la plage et de sa baie.

    ü variable dépendante : Le niveau de performativité de ces pratiques d'usages, de gestion, d'entretien, d'exploitation et/ou de préservation durable de la plage et de sa baie.

    L'opérationnalisation de ces variables nous a emmené à identifier pour chacune de ces variables des dimensions, des indices et indicateurs (voire schéma récapitulatif).

    Tableau 4.1 : CADRE OPERATOIRE DE LA RECHERCHE

    VARIABLES

    DIMENSIONS

    INDICES

    INDICATEURS

    INDEPENDANTES

    Nature et qualité des jeux d'acteurs observables autour des pratiques d'usages, de gestion, d'entretien, d'exploitation et/ou de préservation de la plage de NGOR village et de sa baie.

    Jeux de conflits

    Isolement des différents acteurs

    Inexistence de cadres d'échange, de coordination et/ou d'harmonisation regroupant les différents acteurs impliqués dans les pratiques d'usages, de gestion, d'entretien, d'exploitation et/ou de préservation de la plage de NGOR village et de sa baie.

    Les différents acteurs n'entretiennent les uns vis-à-vis des autres aucune forme de partenariat (ni financier, ni technique, ni institutionnel)

    Divergences d'objectifs et de finalités

    Intérêts divergents

    Objectifs contradictoires

    Stratégies opposées

    Jeux d'alliances

    Réseautage des différents acteurs

    Existence de cadres d'échange, de coordination et/ou d'harmonisation regroupant les différents acteurs impliqués dans les pratiques d'usages, de gestion, d'entretien, d'exploitation et/ou de préservation de la plage de NGOR village et de sa baie.

    Les différents acteurs entretiennent les uns vis-à-vis des autres une ou plusieurs formes de partenariat (financier, technique, institutionnel......)

    Convergences d'objectifs et de finalités

    Intérêts convergents

    Objectifs conciliables

    Stratégies complémentaires

    DEPENDANTE

    Niveaux de performativité des pratiques d'usages, de gestion, d'entretien, d'exploitation et/ou de préservation durable de la plage et de sa baie.

    Faibles

    Faibles niveaux d'intégration, d'articulation et d'équilibre entre les trois dimensions fondamentales du développement durable (économie, social et environnement) dans les pratiques d'usages, de gestion, d'entretien, d'exploitation et/ou de préservation de la plage de NGOR village et de sa baie.

    Les pratiques d'usages, de gestion, d'entretien, d'exploitation et/ou de préservation de la plage et de sa baie privilégient une seule de ces dimensions (économie) au détriment des deux autres.

    Moyens

    Niveaux moyens d'intégration, d'articulation et d'équilibre entre les trois dimensions fondamentales du développement durable (économie, social et environnement) dans les pratiques d'usages, de gestion, d'entretien, d'exploitation et/ou de préservation de la plage de NGOR village et de sa baie.

    Les pratiques d'usages, de gestion, d'entretien, d'exploitation et/ou de préservation de la plage et de sa baie visent l'intégration, l'articulation et l'équilibre entre deux au moins parmi les trois dimensions fondamentales du développement durable (économie, environnement).

    Satisfaisants

    Niveaux satisfaisants d'intégration, d'articulation et d'équilibre entre les trois dimensions fondamentales du développement durable (économie, social et environnement) dans les pratiques d'usages, de gestion, d'entretien, d'exploitation et/ou de préservation de la plage de NGOR village et de sa baie.

    Les pratiques d'usages, de gestion, d'entretien, d'exploitation et/ou de préservation de la plage et de sa baie visent l'intégration, l'articulation et l'équilibre entre les trois dimensions fondamentales du développement durable.

    Chapitre V. Méthodologie

    Il nous faut préciser d'emblée que l'essentiel de notre approche et démarche méthodologique s'est inspiré d'une méthodologie ad hoc spécialement élaborée dans le cadre du programme de recherche international dans lequel s'insère notre étude de cas « la comparaison de dispositifs que l'on suppose hétérogène - tant par le processus et les acteurs de leur élaboration que par leur contenu et leur impact local- exige l'élaboration d'un cadre d'analyse et d'une méthodologie ad hoc »34(*). Celle-ci se veut une approche systémique des pratiques locales de développement urbain durable.

    L'avantage que renferme l'approche systémique c'est qu'elle permet très rapidement et sans grandes difficultés de cerner les relations entre protagonistes de la scène locale du développement urbain durable en tant qu'elles constituent des processus dynamiques d'interactions entre acteurs « cette approche offre un substrat permettant de saisir les agenda 21 comme un espace public circonscrit et singulier, où les formes et le sens des actions collectives ne sont pas figés, mais peuvent être mis à l'épreuve, se modifier..... »35(*).

    En sus des outils classiques de collecte d'informations (questionnaires et guides d'entretien) et de quelques autres outils qui nous ont été recommandés «utiliser des outils similaires pour la collecte et exploitation de certaines données (voir proposition détaillée ci après)36(*) »36(*) ; nous avons principalement eu à faire recours à certaines techniques de la méthode d'analyse des stratégies d'acteurs plus connue sous le nom de méthode MACTOR et à l'analyse de contenu.

    V.1. Les outils de collecte de données et le choix des personnes ressources

    V.1.a. Les outils (ou techniques) de collecte de données

    Il s'agit principalement du questionnaire, du guide d'entretien, de la cartographie, de quelques techniques empruntées à la méthode MACTOR, de l'observation directe et de l'analyse de contenu.

    ü Le questionnaire : Il a été notre principal outil de collecte d'informations dans le sens où nous l'avons utilisé pour l'ensemble de nos enquêtes de terrain auprès des acteurs gravitant autours des pratiques d'usages, d'aménagement, de gestion, d'exploitation, d'entretien et/ou de préservation de la plage de NGOR village et de sa baie. Il faut bien préciser que c'est un seul et même modèle de questionnaire qui a été utilisé pour l'ensemble des interviews même si celui-ci a été sensiblement modifié, à certaines occasions, soit pour nous permettre de recueillir tel ou tel autre information spécifique ou, tout simplement, pour nous permettre de ne pas aborder avec tel ou tel autre acteur des questions sur lesquelles il ne pourrait nous être d'aucun concours. En d'autres termes, nous avons cherché à adapter et à ajuster nos interviews non seulement en fonction de la qualité des interlocuteurs que nous avions en face de nous, mais aussi, en fonction des informations spécifiques que nous cherchions à recueillir auprès d'eux.

    Ainsi le modèle de base du questionnaire qui a été utilisé a notamment été axé sur des rubriques suivantes : l'état des lieux du développement urbain durable dans la commune d'arrondissement ; la planification et la gouvernance/participation locale du développement urbain durable dans la commune d'arrondissement ; les jeux d'acteurs autours des pratiques locales de développement urbain durable dans la commune d'arrondissement.

    ü Le guide d'entretien : au total, nous en avons utilisé deux modèles l'un destiné aux différents acteurs identifiés comme ayant participé à l'élaboration du PLD et l'autre aux cinq personnes retenues comme experts de la scène locale du développement durable.

    Dans le premier des cas il s'agissait d'aborder, avec les acteurs ayant participé au processus d'élaboration du PLD de NGOR, la thématique de la gouvernance/ participation dans les processus d'élaboration, de mise en oeuvre et de suivi/évaluation de ce dispositif. Semi directif et sommaire, ce modèle de guide d'entretien s'est beaucoup inspiré d'une grille d'analyse de la gouvernance/ participation qui nous a été fourni dans le cadre de notre méthodologie ad hoc37(*). Signalons aussi que nous n'avons pas manqué de profiter de ces entretiens pour recueillir des avis sur les niveaux de performativité du dispositif de planification en vigueur et sur l'état des lieux du développement urbain durable dans la commune d'arrondissement.

    Dans le second des cas, il s'agissait d'établir l'itinéraire détaillé (le profil) de quelques unes de ces personnes qui, suite à nos recueils de données, sont apparues comme des personnages noeuds (experts) de la fabrique locale du développement urbain durable. Notre cadre méthodologique de référence ayant fait le choix de repérer, au-delà des organisations, des trajectoires d'individus qui apparaissent comme des personnes-charnières dans ces dynamiques de mobilisation « au sein même des organisations indurées  et des institutions, il est aisé de repérer ces personnages-clefs. Certains assument des facettes multiples (responsabilité professionnelle, partisane, associative, etc.) qui leur permettent un rôle de passeur auprès de diverses organisations et divers publics »38(*) ; nous avons par conséquent porté une importance toute particulière à ces récits de trajectoire et d'expérience que nous avons essayé de recueillir au moyen d'un guide d'entretien que nous avons élaboré en partant d'un modèle qui nous a été proposé dans le cadre de la méthodologie ad hoc39(*) .

    ü La cartographie : Plus qu'un simple outil de collecte d'informations, la cartographie a été un outil efficace d'analyse et de présentation synthétique. A la fois descriptive et analytique, nous l'avons réalisé pour la plupart à partir du logiciel de cartographie Arcview (version 3.2). C'est-à-dire qu'en partant de fonds de cartes que nous avons eu à collecter un peu partout (mairie d'arrondissement, ADM, DAU, auprès de Mme Françoise DESBORDES......) nous avons procédé, au moyen d'Arcview, à des mises à jour et à la création de nouveaux thèmes sur la base d'informations recueillies sur le terrain (entretiens, interviews, discussions, transects, observation directe).

    ü Des techniques de la méthode MACTOR : Méthode d'analyse des jeux d'acteurs, la méthode MACTOR éclaire les jeux d'alliances et de conflits entre acteurs et permet de s'interroger sur les possibilités d'évolution des relations entre les différents acteurs. Des huit (8) techniques d'analyse des jeux d'acteurs que compte cette méthode, nous en avons emprunté 6:

    1. l'établissement de la liste des acteurs

    2. la construction du tableau des stratégies d'acteurs 

    3. l'identification des enjeux stratégiques et des objectifs associés

    4. le positionnement de chaque acteur par rapport à chacun des objectifs (l'objectif étant de repérer les convergences et les divergences simples)

    5. l'évaluation des rapports de force entre acteurs

    6. l'intégration des rapports de force dans l'analyse des convergences et des divergences entre acteurs

    ü L'analyse de contenu : Si l'on en croit la définition d'un auteur comme Michael Kelley, l'analyse de contenu est « une technique de recherche utilisée pour la description objective, systématique et quantitative du contenu manifeste des communications et ayant pour but de les interpréter »40(*).

    L'idée principale de cette technique est, à travers une démarche rigoureuse, objective41(*) et systématique42(*) de rassembler des données pour comprendre et expliquer des opinions, des conduites et des actions partant du constat que ces données sont presque toujours d'origine verbale. Dès lors le message (texte) va être découpé c'est à dire étudié en fonction des idées ou des mots qu'il contient ceux-ci étant choisis ou recensés en liaison avec les objectifs de la recherche.

    Le recours à l'analyse de contenu s'est pour beaucoup fait en appoint, et nous dirons même de façon complémentaire, aux outils de collecte sur le terrain (questionnaires et guides d'entretiens). Il s'agissait dans la plupart des cas de préciser, affiner et compléter les informations recueillies sur le terrain. Dans d'autres cas c'était pour filtrer, d'une certaine manière, l'information recueillie et parfois même c'était carrément pour nous faire une « meilleure opinion » en confrontant les informations recueillies aux données émanant du discours des acteurs.

    ü L'observation directe : Cette technique de recueil d'information plus connue des sociologues et des anthropologues a, elle aussi, été utilisée en appoint aux outils de collecte sur le terrain. Elle suppose un effort du chercheur pour observer par lui-même le phénomène (ou du moins sa manifestation) qu'il souhaite étudier. Nous avons surtout fait appel à cette technique pour le recueil des données que nous avions à cartographier. Ainsi cette observation s'est faite sous la forme de transects à travers la commune d'arrondissement de NGOR et la plage de NGOR village.

    V.1.b. Le choix des personnes ressources

    Les principales personnes ressources ont été ceux à qui nous avons soumis nos questionnaires et nos guides d'entretien.

    S'agissant des questionnaires, nous avons porté notre choix sur les acteurs gravitant autour des pratiques d'usages, d'aménagement, de gestion, d'exploitation, d'entretien et/ou de préservation de la plage de NGOR village et de sa baie ; acteurs que nous avons pu identifier de façon exhaustive grâce à nos pré enquêtes sur le terrain.

    Nous avons porté notre choix sur ces acteurs (organisations, institutions, associations, regroupements......) parce qu'elles nous sont, logiquement, apparues comme les plus indiquées pour parler des jeux d'acteurs observables autour des dites pratiques. En d'autres termes, si nous avons porté notre choix sur la mairie d'arrondissement de NGOR, le CGP (comité de gestion de la plage), l'ASPEN (association des pêcheurs de NGOR), le regroupement des exploitants de la plage, l'association des plagistes de NGOR, l'ASPREM (association pour la protection de l'environnement et des ressources marines), le regroupement des transporteurs de l'île de NGOR et les établissements hôteliers et/ou restaurateurs présents sur la plage (NGOR DIARAMA, MADRAC, BRAZZERADE, restaurants et auberges), c'est parce que ces derniers sont les principaux acteurs à graviter autour des pratiques d'usages, d'aménagement, de gestion, d'exploitation, d'entretien et/ou de préservation de la plage de NGOR village et de sa baie et qu'à ce titre elles nous sont apparues comme les sources les plus fiables dès lors qu'il s'agit de parler de l'état, de l'intensité et de la qualité des jeux d'acteurs qui se dessinent autour de ces dites pratiques.

    Pour ce qui est des guides d'entretien, comme nous avons essayé de l'expliquer, ce sont deux modèles de guides d'entretiens qui ont été utilisés au cours de nos enquêtes et c'est tout naturellement pour cela que nous avons eu affaire à deux groupes de personnes ressource. D'un côté les acteurs ayant participé à l'élaboration du PLD de NGOR et de l'autre les cinq personnes que nous avons retenu comme experts de la scène locale du développement urbain durable.

    S'agissant du premier groupe de personnes ressource, il s'est essentiellement composé des élus locaux, du comité d'initiative, d'ENDA 3D, du CDL (comité de développement local), de la CAT (cellule d'appui technique), des autorités administratives, des structures traditionnelles, des autorités coutumières et religieuses, des OCB, des associations de jeunes ou de femmes, des ONG, des représentants des zones résidentielles et du village traditionnel.... Les raisons de ce choix sont simples; étant donné que ce sont principalement ces acteurs qui ont participé à l'élaboration du PLD, nous avons voulu recueillir leurs avis et opinions sur la façon dont s'est mené ce processus et sur leurs niveaux respectifs de participation.

    Le second groupe de personnes ressource a, quant à lui, été choisi comme nous l'avons dit dans l'objectif d'établir des récits de trajectoires de personnes clés dans la fabrique locale du développement durable. C'est ainsi que par immersion et au moyen d'une rubrique ou thème (c'est selon) intitulée état des connaissances sur le développement durable et ses concepts connexes que nous avons glissé dans nos questionnaires et guides d'entretiens, nous avons cherché à identifier sur la scène locale du développement un certain nombre de personnes qui apparaissaient comme des personnages incontournables dans le modelage de la figure du développement durable au niveau local. L'objectif étant de connaître leur itinéraire, depuis leur jeune âge : où sont ils nés ? Dans quels milieux et conditions ont ils vécus ? Quelle a été leur formation ? Comment ont ils pris connaissance puis se sont ils intéressés au développement durable ? Quel a été leur itinéraire professionnel, associatif, politique ? Aujourd'hui quelles sont leurs responsabilités professionnelles, politiques, associatives ? Comment cet ensemble de responsabilité s'articulent t-elles ?

    V.2. L'échantillonnage

    Les sciences sociales disposent globalement de deux (2) techniques ou méthodes d'échantillonnage :

    1. la méthode probabiliste ou du choix au hasard (aléatoire)

    2. la méthode des quotas ou du choix raisonné

    Pour leurs qualités de simplicité et de rapidité, nous avons opté pour la méthode des quotas dans la constitution de nos échantillons. C'est dire que la totalité des échantillons desquels émanent les données de l'enquête de terrain, s'est construit selon un choix raisonné. Qu'il s'agisse, en effet, des acteurs gravitant autour des pratiques d'usages, d'aménagement, de gestion, d'exploitation, d'entretien et/ou de préservation de la plage et de sa baie (municipalité, CGP, ASPEN, plagistes, piroguiers, hôteliers, regroupement des exploitants de la plage de NGOR, ASPREM...); des acteurs ayant participé à l'élaboration du PLD de NGOR (municipalité, ENDA 3D, CDL, CAT, autorités administratives, structures traditionnelles, autorités coutumières et religieuses, des OCB, associations de jeunes ou de femmes, ONG, représentants des zones résidentielles et du village traditionnel.... ) ou encore des cinq personnes retenues comme experts de la scène locale du développement durable ; nous avons dû opérer par choix raisonné afin de satisfaire à deux (2) exigences qui n'ont cessé de s'imposer à nous tout au cours de nos enquêtes :

    ü recueillir des informations qui seraient précises, fiables et, au maximum, détaillées,

    ü respecter au mieux la règle de la représentativité

    Dés lors nous avons procédé par sélection rigoureuse ou systématique selon des critères de représentativité moyenne. C'est dire que s'agissant, par exemple, des deux premières catégories de personnes ressources (ceux gravitant autour des pratiques d'usages, d'aménagement, de gestion, d'exploitation, d'entretien et/ou de préservation de la plage de NGOR village et de sa baie et ceux ayant participé à l'élaboration du PLD de la commune d'arrondissement) ; nous avons opéré à des choix raisonnés en partant d'un modèle de la population de ces organisations/institutions en l'occurrence leurs différents organigrammes. Ces choix se sont opérés selon un critère de représentativité assez simple à savoir la maîtrise de l'information. C'est ainsi à un échantillon total de 43 personnes à qui nous avons soumis les outils de collecte destinés à ces deux catégories spécifiques de personnes ressources (questionnaire et guide d'entretien N°1). Nous estimons par ailleurs, avoir suffisamment respecté la règle de la représentativité dans le sens où plusieurs de nos échantillons représentes au moins 50% des base de sondage retenus (CGP, ASPEN, CDL....).

    Tableau 4.2 : RECAPULATIF DES ECHANTILLONS RETENUS CONCERNANT LES DEUX PREMIERES CATEGORIES DE PERSONNES RESSOURCES

    Organisations/institutions/acteurs enquêtés

    Echantillons retenus

    Municipalité

    11

    ENDA 3D

    1

    CDL

    3

    CAT

    2

    CGP

    4

    Les FREYS de NGOR

    2

    L'imam de NGOR

    1

    Le Chef du Village de NGOR

    1

    ASPEN

    3

    Plagistes (APEP)

    3

    Association pour la Protection de l'Environnement et de s ressources Marines (ASPREM)

    2

    Ville de Dakar

    1

    Regroupement des transporteurs de l'île de NGOR (RTIN)

    4

    Groupe CELLIA

    2

    Collectif Citoyen des Femmes (CCF)

    1

    Olympique de NGOR

    1

    COJEN

    1

    Wennu Saï

    1

    Représentants des Zones résidentielles

    3

    HOTEL la BRAZZERADE

    1

    HOTEL la MADRAC

    1

    HOTEL NGOR DIARAMA

    1

    Total

    4343(*)

    S'agissant des personnes identifiées comme figures clés de la scène locale du développement durable, nous avons selon les recommandations des termes de référence de l'étude choisi d'en retenir 5 sur un échantillon diversifié et restreint d'experts, ce qui représente à peu prés un taux de 30% sur une base de sondage qui s'est avérée être de 17 personnes « l'objectif est de réaliser au moins 5 de ces interviews par mémoire (le qualitatif, dans ce cas prime sur le quantitatif). Les personnes choisies doivent correspondre à un échantillon diversifié d'experts (technicien, élu, membre d'ONG, responsable associatif, etc.) »44(*) .

    L'analyse de contenu à laquelle nous avons fait recours a elle aussi, en tant que technique de recueil de données, nécessité un certain effort d'échantillonnage en ce sens qu'il a fallu procéder à ce qu'on appelle la quantification du contenu (choix des unités de quantification).

    A en croire Berelson, le problème de l'échantillon, en matière d'analyse de contenu (de communications), implique trois décisions : le choix de la source, du nombre et des dates des messages et enfin du contenu observé.

    Le choix de la source dépend généralement de l'objectif ou des objectifs poursuivis par la recherche car, comme le dit D.P Cartwright, « si l'analyste veut être en mesure de justifier les conclusions générales qu'il a tiré du matériel analysé, il doit être capable de formuler les raisons qui l'ont amené à circonscrire un univers donné de contenu et à définir cet univers d'une façon précise »45(*). Dans notre cas, nous avons surtout fait appel à l'analyse de contenu afin notamment de :

    ü Mieux appréhender les objectifs affichés ou associés, les finalités recherchées, les stratégies développées et les moyens mis en oeuvre par les différents acteurs de la scène locale du développement durable et plus spécialement les acteurs gravitant autour des pratiques d'usages, d'aménagement, de gestion, d'exploitation et/ou de préservation durable de la plage de NGOR village et de sa baie ; 

    ü Avoir un aperçu des enjeux de développement durable en général, et de plus particulièrement, des enjeux environnementaux et de développement durable qui pèsent sur la plage et sa baie ;

    ü Mieux évaluer la place et l'importance du développement durable dans le discours de chacun des acteurs en présence ;

    ü Pouvoir juger de la prise en charge, dans les différents cadres programmatiques d'actions et plus particulièrement dans celles de la mairie d'arrondissement, des préoccupations et des enjeux de développement durable ;

    ü Mesurer les niveaux d'articulation et de mise en cohérence entre les différents outils et dispositifs de planification en vigueur.

    C'est pour toutes ces raisons que nos principales sources ont été la mairie de la commune d'arrondissement et les autres acteurs (organisations/institutions non publiques). De fait tous les documents consultés ont été des documents  émis (produits) par ou pour le compte de la mairie ou de ces organisations impliquées dans les pratiques d'usages, d'aménagement, de gestion, d'exploitation et/ou de préservation durable de la plage et de sa baie (fiches synoptiques, rapports d'activités, documents internes et organisationnels, documents de planification stratégique ou sectorielle, textes d'orientation, statuts, documents de capitalisation, ...).

    S'agissant du choix du nombre de messages et de la période, il est surtout question de fixer d'une part le nombre de messages à analyser afin que l'échantillon retenu soit suffisamment représentatif et d'autre part de déterminer la période pendant laquelle prélever ces messages.

    Pour le nombre de messages retenu, il nous faudrait peut être signaler une ou deux contraintes auxquelles nous nous sommes confrontés :

    ü Il y a peu de documents produits au niveau de la mairie d'arrondissement et c'est pourquoi nous n'avons d'ailleurs eu accès qu'au PLD (et pour la petite anecdote nous avons travaillé avec le seul exemplaire disponible sur place à savoir celui du maire) ;

    ü Par ailleurs, du côté des acteurs non publics il n'y a en fait que des associations de professionnels (ASPEN, plagistes, piroguiers, regroupement des exploitants de la plage de NGOR), des hôteliers et des restaurateurs ; cette situation fait qu'il nous a été impossible de trouver auprès de ceux-ci (à l'exception de l'ASPEN) de la documentation ;

    ü Il y a aussi le fait que du côté du CGP nous n'avons pas pu avoir accès au peu d'éléments de documentation disponible en l'occurrence le rapport d'activité 2005, cela s'explique par le refus des membres du bureau de mettre à notre disposition le dit rapport même si nous reconnaissons et saluons, par ailleurs, leur entière disponibilité ;

    Tous ces éléments ont fait que le nombre de messages effectivement retenu a été de cinq (5) ; il s'agit du PLD de NGOR, de la lettre d'intention de l'actuelle équipe municipale en date du 22 février 2002, du programme de campagne électorale de l'actuelle équipe municipale : le programme « JOWAL NGOR », des statuts de l'ASPEN et du règlement intérieur de l'ASPEN.

    Les sept (7) dernières années ont été retenues comme période de prélèvement; autrement dit on est remonté jusqu'en 2000 de sorte que tous les documents recensés et remontant à des périodes situées au - delà de cette date ont systématiquement été écartés ou retirés de l'échantillon final.

    Il reste à délimiter ce que M. Grawitz nomme « l'échantillon de l'échantillon » c'est à dire dans les documents considérés de la période considérée, le contenu observé. Disons qu'à ce niveau, les choses ont été plus simples pour nous puisque c'est tout le contenu qui a été observé. 

    Une difficulté majeure de la quantification correspond au choix entre les diverses unités de quantification car lorsqu'on veut quantifier, il faut choisir les indices à retenir pour catégoriser et décider de la taille des éléments suivant lesquels découper le contenu. De manière générale, on distingue trois (3) principales unités de quantification :

    1) L'unité d'enregistrement : C'est la première unité d'analyse, c'est le segment déterminé de contenu que l'on caractérise en le plaçant dans une catégorie donnée. Les unités d'enregistrement sont de taille variable :

    - Le mot : c'est l'unité la plus petite ; on pourra par exemple compter combien de fois certains mots ont été utilisés.

    - Le thème : c'est le fragment significatif correspondant à l'idée que recouvre une des catégories, le thème est une des unités d'enregistrement les plus utilisées en particulier pour l'étude des effets des communications sur le public.

    - L'item : ce terme le plus employé sans doute, l'est de différentes façons. Au sens large, c'est un contenu total : livre, film ou discours. Utilisé dans un sens étroit, l'item peut être également synonyme d'unité d'enregistrement ; c'est à dire de tout ce qui est à mesurer. Le mot, le thème, la question utilisés comme unités d'enregistrement c'est à dire de tout ce qui est à mesurer. Le mot, le thème, la question utilisés comme unités d'enregistrement seront considérés comme des items.

    2) L'unité de contexte : De l'avis de nombreux praticiens, elle est la plus souple des unités de quantification et ne relève pas d'une quantification rigoureuse. C'est en fait le plus large segment de contenu (l'unité d'enregistrement étant le plus étroit) auquel se réfère pour comprendre l'unité d'enregistrement par exemple si l'unité d'enregistrement est le mot l'unité de contexte pourra être la phrase.

    3) L'unité de numération : Il ne s'agit plus ici de la signification de ce que l'on veut compter, mais de la façon dont on va compter. Autrement dit alors que l'unité d'enregistrement représente le découpage de l'élément significatif ; l'unité de numération elle, concerne la façon de mesurer ces divers morceaux. Les unités de numération concernent l'espace ou le temps : paragraphes, lignes, centimètres, minutes d'enregistrement...Elles doivent être susceptibles d'une mesure objective, fidèle et vérifiable, se prêter à des manipulations mathématiques.

    De ces trois unités de quantification, nous avons fait le choix de recourir aux unités d'enregistrement et plus spécifiquement aux thèmes.

    V.3. Histoire de la collecte des données

    C'est le lieu de revenir sur les temps forts du recueil d'informations c'est-à-dire aussi bien sur la pré enquête que sur l'enquête elle-même.

    1. La pré enquête : Elle correspond à la période qui va du choix de notre sujet de recherche, en passant par sa formulation, sa validation par la commission scientifique de validation des sujets de mémoire instituée par le département ATEGU ; jusqu'à à la finalisation de notre problématique de recherche, de notre cadre opératoire ainsi que de nos outils de collecte (au par avant testés sur le terrain). Cette période a consisté essentiellement à une revue documentaire et en des enquêtes préliminaires destinées à tester nos outils de collecte.

    La recherche documentaire s'est faite en plusieurs endroits où nous pensions pouvoir trouver des écrits relatifs à notre thématique générale (le développement durable), aux pratiques de développement urbain durable et à la commune d'arrondissement de NGOR. Il s'agit essentiellement de la bibliothèque de l'Université Cheikh Anta Diop de Dakar (UCAD), de celle de l'ENEA, de celle du département ATEGU, du Conseil pour le Développement de la recherche en Sciences Sociales en Afrique (CODESRIA), du centre de suivi écologique (CSE), de l'ADM, de la DAU, de l'IAGU, du CDI (centre de documentation et d'information) d'ENDA, de la mairie d'arrondissement de NGOR..... Il faut dire qu'à cette recherche documentaire de terrain nous avons associé la recherche sur Internet ce qui nous a facilité beaucoup de choses. D'une façon générale cette revue de la littérature nous a permis de faire un état de la question sur le développement urbain durable, de préciser notre cadre théorique de recherche, d'élaborer nos hypothèses et de recueillir des informations spécifiques sur la commune d'arrondissement de NGOR (cartographie...).

    2. L'enquête : Elle s'est menée pendant les quelques semaines où nous étions en stage à la mairie de la commune d'arrondissement de NGOR. Mis à part quelques difficultés liées notamment à la dispersion des différents acteurs sur le territoire de la commune et même au-delà, ce qui nécessitait de nombreux déplacements, nous n'avons pas rencontré de difficultés majeures pour mener à bien nos enquêtes.

    Deuxième partie. PRESENTATION DU CADRE DE L'ETUDE

    Quinzième (15éme) commune de Dakar, la commune d'arrondissement de NGOR est située à la pointe occidentale de la presqu'île de Dakar46(*) . Dépendant administrativement de la sous préfecture des Almadies, la commune d'arrondissement de NGOR forme avec les communes d'arrondissement de Mermoz-Sacré Coeur, de Ouakam et de Yoff l'arrondissement des Almadies.

    Elle constitue un promontoire qui prolonge la tête de la presqu'île du Cap Vert dans l'océan atlantique. Considérée comme la partie la plus occidentale de l'Afrique, elle couvre une superficie de 4,5 Km2 et présente la particularité d'être située sur un site balnéaire.

    .

    Selon les délimitations du décret 96-745 du 30 Août 1996 portant création des communes d'arrondissement dans les villes de Dakar, Pikine, Guédiawaye et Rufisque ; les limites précises du périmètre de la commune d'arrondissement de NGOR sont :

    ü A l'Est : le tracé oriental du mur de la zone aéroportuaire jusqu'au lieu dit virage sur la route NGOR- aéroport ;

    ü Au Nord : le littoral englobant l'île de NGOR et la pointe des Almadies jusqu'à la transversale du mur occidental de la zone aéroportuaire.

    Les principales limites géographiques de la commune d'arrondissement sont ainsi la commune d'arrondissement de YOFF au Nord-Est ; la commune d'arrondissement de OUAKAM au Sud-Est  et l'océan atlantique qui la borne du Nord-Ouest au Sud-Ouest.

    Au plan sociologique, la commune d'arrondissement, abrite une partie d'une des plus anciennes collectivités traditionnelles de la région du cap vert : les Lébou.

    Chapitre VI. Diagnostic territorial ou Profil environnemental de la commune d'arrondissement de NGOR

    VI.1. Le cadre Physique : Données climatologiques, Pédologiques, Topographiques et Hydrogéologiques

    Caractérisée par un climat de type sahélien, la commune d'arrondissement de NGOR bénéficie, du fait de sa situation côtière, de températures idéales (25°C) pendant presque toute l'année avec des pointes de 18°C mini en Février et de 32°C maxi en Octobre.

    La commune d'arrondissement connaît une forte action éolienne avec des vents dominants comme les alizés maritimes, la mousson et l'harmattan. Il faut préciser que le climat de la commune d'arrondissement est, à l'instar de celui de toute la région de Dakar, déterminé par sa position de Finistère ouest africain et par les mécanismes de circulation atmosphérique qui y correspondent d'où l'existence de deux types de saisons climatiques : une saison sèche comprise entre Octobre et Juin et une saison des pluies qui va généralement de Juillet à Septembre.

    Au point de vue topographique, les niveaux de dénivellation sont estimés à 6,5m avec des hauteurs de 6,6m pour les points les plus élevés et de 0,1m pour les moins élevés. Les points élevés sont localisés face à l'océan sur les sommets des falaises. Les parties basses sont rencontrées vers l'est de la commune d'arrondissement où les altitudes ne dépassent guère 1m.

    Si les types de sols que l'on y rencontre en général sont des sols de type sablonneux et argileux, il reste qu'à certains endroits (Sud-ouest) il est possible de rencontrer des types de sols constitués de roches volcaniques. Les sols sablonneux et argileux sont à engorgement temporaire ce qui faisait d'ailleurs conclure aux experts d'ENDA/RUP, qui ont eu a réalisé un profil environnemental de NGOR, à l' «inaptitude des sols à l'élaboration de système d'assainissement individuel basé sur le principe de l'épandage »47(*).

    Au plan hydrogéologique la commune d'arrondissement de NGOR est caractérisée par l'existence de deux types de nappes : une supra-basaltique, superficielle et libre et une autre infra-basaltique et captive. Le niveau de la nappe superficielle est statique et peu profond (9m). Cela pose, bien évidemment, le problème de la pollution de cette nappe notamment par les fosses sceptiques.

    VI. 2. Le cadre humain : Données historiques et sociologiques

    VI.2.a. Evolution institutionnelle et profil historique de la commune d'arrondissement

    Pour rester fidèle à l'esprit de la décentralisation qui suppose une gouvernance de proximité des enjeux locaux de développement, et pour une meilleure administration des zones urbaines le législateur sénégalais a procédé, en 1996, au redimensionnement des villes (communes) de Dakar, Pikine, Guédiawaye, et Rufisque. C'est ainsi qu'ont été créées, à l'instar de NGOR, 43 nouvelles communes d'arrondissement d'une taille géographique facile à administrer. C'est dire, qu'en tant que collectivité locale dotée de la personnalité morale et de l'autonomie financière ; l'histoire de la commune d'arrondissement de NGOR est très récente puisqu'elle remonte à Août 1996 avec la promulgation du décret 96-745.

    En tant que milieu humain cependant, l'histoire de NGOR, comme celle de la plupart des villages lébous du cap vert, remonte au XVIéme siècle (1550) lorsque des migrants venus de l'intérieur du Sénégal (Walo, Cayor, Djolof, Kayar, Baol) ont voulu s'implanter dans la région du cap vert. Ces phénomènes d'exode sont subséquents aux crises internes survenues au XVème siècle dans les royaumes Wolofs (Kayar, Baol, Djolof...). C'est au courant de cette période, en effet, que les Lébou très réfractaires à l'asservissement ont migré par vagues successives vers la presqu'île du cap vert. Selon une certaine tradition orale, c'est en 1432 que quatre familles lébous toutes dirigées par des femmes (puisque la société Lébou était aux origines matrilinéaire) Djiguilane SAMB, Alima FALL, Diaté NDIAGUE et Sine DIOP ; ont pour la première fois quitté le Djolof pour la presqu'île du cap vert. Les premières vagues à arriver sur la presqu'île ont dû livrer bataille à des communautés Socé venues du royaume de Dialao (actuel village de Toubab Dialao) et installées à l'emplacement actuel du state Léopold S. Senghor ; c'est la célèbre bataille de « Pikine » que tous ceux qui connaissent l'histoire de l'implantation des Lébou au Cap Vert connaissent.

    En 1448, suite à une épidémie de peste qui avait fini de ravager toute la région du Cap Vert, de nombreux soulèvements survinrent au sein de la communauté ce qui a aboutit à son disloquement en trois groupes ; les deux premiers allèrent fonder les villages de Soumbédoune et de Mbeenj (actuel Yarakh), et le dernier groupe qui est resté va former les trois villages traditionnels de NGOR, OUAKAM et YOFF. Jusqu'à la survenance de la loi 96-745 ces trois entités ont tant bien que mal formé un espace inter villageois stable autour de fortes relations de parentés et d'une organisation sociale traditionnelle reposant sur des structures reconnues par tous.

    VI.2.b. Données démographiques et profil sociologique de la commune d'arrondissement

    Au dernier recensement général de la population et de l'habitat (2002), la population de la commune d'arrondissement de NGOR était estimée à 10.309 habitants répartie sur une superficie totale de 4,5km2 soit une densité moyenne de 2343 hbts au Km2 (DPS 2004). Compte tenu d'un taux de croissance démographique assez élevé (4 à 5% par an), la population de la commune d'arrondissement dépassera de très loin le seuil critique des 50.000 hbts à l'horizon 2015.

    Tableau 6.1 : Estimations de la population de la commune d'arrondissement de NGOR de 2005 à 2015

    Années

    2005

    2006

    2007

    2008

    2009

    2010

    2011

    2012

    2013

    2014

    2015

    Estimations

    11.115

    11.356

    11.600

    11.848

    12.100

    12.355

    12.614

    53.945

    55.059

    56.189

    57.254

    Source : République du Sénégal, Ministère de l'Economie et des Finance/ Direction de la Prévision et de la Statistique (DPS), Estimation de la population du Sénégal de 2005 à 20015, janvier 2005

    Selon toujours les données du dernier recensement, les pourcentages d'hommes et de femmes dans la population totale de la commune d'arrondissement étaient approximativement les mêmes avec 49% pour les femmes soit un effectif de 5.054 individus et 51% pour les hommes (5.255). C'est dire que malgré un rapport de masculinité en apparence élevé (104 en 2002), il reste que la structure de la population de la commune d'arrondissement apparaît très équilibrée et présente par ailleurs le même trait caractéristique que pour l'ensemble de la population de la région de Dakar : population jeune (prés de la moitié des individus ont moins de 20 ans).

    L'essentiel de la population de la commune d'arrondissement est concentrée dans la partie Ouest (village traditionnel) où l'on retrouve jusqu'à prés de 80% de la population totale alors que l'on ne rencontre que de très faibles densités dans la partie Est (zones résidentielles). La taille moyenne des ménages dans la commune d'arrondissement est estimée, selon les services de la direction de la prévision et de la statistique (DPS) à 6,8 personnes par ménage.

    Les mouvements migratoires de la population de la commune d'arrondissement étaient, au départ, largement fonction du calendrier de la pêche qui y constituait l'activité économique dominante. La pratique de la pêche amenait, en effet, l'essentiel des populations de la commune d'arrondissement à migrer vers d'autres contrées (Kayar, Joal, Banjul et autres pays limitrophes) suivant les saisons et selon les mouvements de bancs de poissons.

    Dans les années 70, avec l'important phénomène de reconversion professionnelle qui a été constaté dans le secteur de la pêche du fait de la raréfaction des ressources, certaines populations ont investi le secteur du tourisme en développant des activités autour des sites balnéaires de la commune d'arrondissement. Cela va largement contribuer à la sédentarisation des populations. Aujourd'hui les seuls phénomènes migratoires qu'il est possible de noter sont de deux ordres et se présentent, somme toute, comme sans grande ampleur:

    1. les migrations saisonnières des quelques 300 pêcheurs que compte la commune d'arrondissement : généralement celles ci ne sont pas de longue durée et ne se font que dans le cadre des activités professionnelles;

    2. l'immigration internationale (France, Espagne, Italie, Etats-Unis....) : elle touche deux couches de populations de la commune d'arrondissement. D'un côté les résidents des zones résidentielles qui pour diverses raisons peuvent être emmenées à se rendre hors des frontières nationales (études, travail, commerce, loisirs....) et de l'autre, de plus en plus de jeunes Lébou confrontés au problèmes de chômage. S'agissant de cette dernière catégorie, l'actualité nous impose de noter en passant qu'il y a récemment eu un nombre assez important de jeunes Lébou du village traditionnel qui ont préféré tenter l'expérience de l'immigration clandestine en direction de l'Espagne au moyen de pirogues.

    Disons aussi que la commune d'arrondissement n'est pas épargnée par les phénomènes d'exode rural. Il faut comprendre que la communauté Lébou ayant un sens profond de l'hospitalité et que la pleine période d'activité de la pêche coïncidant avec la saison morte des zones rurales ; le village a toujours accueilli, adopté et intégré des populations venant de l'intérieur du Sénégal.

    D'un point de vue socio anthropologique, le cas de la commune d'arrondissement de NGOR est particulièrement intéressant à étudier dans le sens où ce sont deux systèmes de valeurs (références) socio culturelles qui cohabitent sur l'espace communal. D'un côté une communauté Lébou très traditionnelle, conservatrice et communautariste et de l'autre un « melting pot » culturel aux valeurs hétéroclites et parfois même très libérales.

    Les lébous constituent à plusieurs égards l'une des dernières communautés traditionnelles de la région du Cap Vert puisqu'ils ont su conserver leur originalité culturelle ainsi que leurs modes d'organisation sociale. Vivant dans ce qu'ils appellent des villages traditionnels (NGOR, OUAKAM, YOFF, YARAKH, SOUMBEDIOUNE, CAMBERENE, THIAROYE......) ils ont su perpétuer des modes de vie et d'organisation sociale tirés de leur « répertoire » culturel. Ainsi dans le village traditionnel de NGOR l'organisation sociale repose sur des structures traditionnelles ou pôles d'autorité, il s'agit principalement du conseil des anciens ou Mag gi Dkk, de celui des notables et de celui des jeunes (Ndaw Òï ou Freys). Le conseil des notables constitue cependant l'organe central de cette organisation dans le sens où il a compétence pour trancher sur toutes les questions qui peuvent de près ou de loin toucher la communauté. Composé du chef de village, de l'imam et des conseillers du chef de village ou Jàmburs (choisis parmi les membres du conseil des anciens) ; le conseils des notables a, en effet, pour vocation de réfléchir et de se prononcer sur l'ensemble des questions touchant de prés ou de loin la communauté villageoise. Les Freys qui constituent la sphère d'exécution et de police, sont là pour veiller à l'application des recommandations et décisions du conseil des notables.

    Même s'il est vrai que la société Lébou n'est plus vraiment une société matrilinéaire comme cela était le cas à ses origines ; il reste que la place et le rôle des femmes dans l'organisation sociale de même que dans les processus de prise de décision demeurent, aujourd'hui encore, très déterminants à NGOR. Celles-ci jouent en effet des rôles de premier ordre. Il faut comprendre qu'à côté des structures traditionnelles de régulation ou pôles d'autorité, existent des organisations féminines traditionnelles (Mbotaay) très influentes et presque incontournables dans les processus de prise de décision. Parallèlement, le mouvement associatif féminin « moderne » est aussi très actif et influent à NGOR. Les organisations féminines professionnelles ou d'auto promotion sont effectivement très impliquées dans le développement et la promotion de la commune d'arrondissement. Nous le verrons ainsi en analysant, par exemple, certains secteurs de la vie économique et associative de la commune d'arrondissement.

    Ce que nous appelons le melting pot culturel, c'est la rencontre de diverses personnes venues d'horizons tout aussi différents et cohabitant sur un même espace à savoir les zones résidentielles de la commune d'arrondissement. Ce melting pot est constitué, d'un côté, d'une partie de la bourgeoisie sénégalaise et, de l'autre, d'expatriés vivant au sénégal. Ces populations y vivent selon un mode de vie « à l'occidental » c'est-à-dire très individualiste et entretiennent les un avec les autres très peu de relations de voisinage. La vie sociale s'y organise plutôt autour des institutions modernes.

    VI. 3. Le cadre de développement

    Au sens où nous l'entendons le cadre de développement réfère aux différents secteurs d'activité économique (pêche, transport maritime, tourisme, commerce, artisanat) ainsi qu'aux différents secteurs du développement humain ou social (éducation- formation ; hygiène et santé ; assainissement ; culture - jeunesse - sport et loisirs ; urbanisme et habitat ; infrastructures et équipements sociaux de base ; vie associative et secteur mutualiste ....).

    VI. 3. a. Analyse des secteurs d'activités économiques

    La commune d'arrondissement de NGOR est, du point de vue des secteurs d'activité économique dominants, sous la double influence de sa situation côtière et de l'inexistence de zones d'activités industrielles sur l'étendue du territoire communal. Cette situation contribue à ce que les secteurs d'activités économiques qu'il est aujourd'hui possible de répertorier soient principalement des activités de proximité caractérisés par la prédominance de l'informel (métiers de la mer, transport maritime, tourisme, commerce, artisanat...).

    VI. 3. a. 1. Les métiers de la mer

    Ils recoupent un certain nombre d'activités, productrices de revenus pour les populations qui s'y adonnent, et liées à la mer. On peut, entre autres, citer la pêche, le mareyage, la transformation des produits halieutiques, la cueillette de fruits de mer, la pêche et la plongé sous maritime, la restauration de plage........

    S'agissant de la pêche elle a été, pendant une très longue période, la principale activité économique des populations de la commune d'arrondissement et plus particulièrement des populations résidant dans le village traditionnel. Cette situation était surtout liée à des facteurs socio culturels à savoir que les Lébou sont, justement, des pêcheurs.

    Dans les années 70, la raréfaction de la ressource (poisson) a eu pour principale conséquence d'entraîner la reconversion de la plupart des pêcheurs de sorte que la population de pêcheurs à NGOR a été très fortement revue à la baisse au fil des années. Au début des années 2000, par exemple, on ne comptait pas plus de 300 pêcheurs à NGOR (recensement comité de gestion 2000).

    Quoi qu'il en soit, cependant, il reste toujours que les activités économiques au sein du village (en tout cas) restent encore, pour beaucoup, rythmées par la pêche. De nombreuses activités comme le petit commerce (boutiques de quartier), dépendent de son essor.

    Même si les captures faites par les pêcheurs de NGOR ont généralement une haute valeur marchande (ce qui laisse supposer que cette activité est plus ou moins bénéfique pour les populations qui s'y adonnent), il reste que de la façon dont elle est menée cette pêche est encore trop artisanale et informelle ce qui empêche de maximiser les rendements ainsi que les revenus. Il faut dire que la forme de pêche dominante à NGOR est une forme de pêche encore artisanale dans le sens où elle est faite à la ligne et au moyen de pirogues motorisées.

    La pêche et la plongée sous marine constituent pour certaines populations de NGOR (jeunes Lébou du village notamment) une véritable activité économique créatrice de revenus voire même un métier. Ces activités sont pratiquées soit dans le cadre touristique soit dans le cadre de la cueillette de fruits de mer. Malgré un début d'auto organisation de la part des populations qui s'y adonnent (APSMN), ce secteur d'activité est encore entaché par l'inexistence d'un cadre formel en régissant la pratique et le fonctionnement. Il faut dire qu'au Sénégal la législation en ce point aussi s'inspire encore des textes de lois Français, c'est-à-dire que la pêche et la plongée sous marine loin d'être considérés comme des secteurs d'activité économique (métiers) sont plutôt considérés comme des sports de loisir. C'est dire que cette activité reste encore informelle et peu organisée à NGOR.

    Les femmes tiennent une place centrale dans les secteurs d'activités liés à la mer dans le sens où elles sont les principales à s'activer dans des domaines tels le micro mareyage, la transformation des produits halieutiques, la restauration de plage.... Elles sont également très dynamiques dans la commercialisation des fruits de mer. Ici aussi le seul défis qui semble vraiment se poser reste celui de la formalisation de ces activités afin d'en tirer un maximum de profits non seulement pour les populations qui s'y adonnent mais aussi pour toute la collectivité.

    VI. 3. a. 2. Le transport maritime

    La liaison maritime d'avec l'île de NGOR située à près de 400 m en face du village traditionnel, constitue également un domaine autour duquel se développe une très forte activité économique. Contrôlée par le Regroupement des Transporteurs de l'île de NGOR (RTIN), cette activité économique est l'une des plus dynamique car créatrice d'emploi et très fortement sollicitée. A la vérité ce type d'activité a impulsé le développement d'une large gamme d'activités constituant ainsi l'un des pôles économiques les plus importants de la commune d'arrondissement.

    Il a fallu le naufrage, dans les années 80, d'une pirogue transportant un peu moins d'une centaine d'élèves voulant rallier l'île de NGOR pour que des mesures soient prises à la fois par l'Etat mais aussi par les praticiens de ce secteurs afin de règlementer la traversée en renforçant notamment les mesures de sécurité. Aujourd'hui force est de constater qu'à NGOR, parmi les secteurs d'activités liés à la mer, celui du transport maritime est l'un des plus organisé et des plus formalisé même s'il reste encore d'une certaine manière artisanale puisque la traversée se fait à la pirogue (et il est même possible de se demander si cela est vraiment un aspect négatif ou si ça ne participe pas plutôt d'une certaine valorisation culturelle et d'un certain exotisme touristique ?).

    VI. 3. a. 3. Le tourisme

    Du fait de sa sitiologie (elle a la particularité d'être située sur un site balnéaire à la pointe ouest de la presqu'île du Cap Vert et est la principale porte d'entrée du Sénégal), la commune d'arrondissement de NGOR abrite une grande partie des infrastructures hôtelières les plus importantes de Dakar (36%)48(*) et reçoit chaque année un nombre incalculable de touristes et de visiteurs (prés de 200.000 : internationaux et nationaux confondus) qui viennent soit pour ses plages soit pour visiter l'île. C'est dire qu'avec sa baie, son île, ses plages, son climat particulier, ses hôtels, ses restaurants et surtout avec la proximité de l'aéroport international ; la commune d'arrondissement de NGOR est une zone très fréquentée par les touristes de sorte que l'activité touristique y est très développée et dynamique.

    Bien avant les indépendances nationales, déjà, le secteur touristique avait commencé à bien se développer à NGOR  « NGOR fût juste après l'indépendance le haut lieu du tourisme Sénégalais. Le NGOR DIARAMA bloc monolithique qui ressemble plus à un parlement communiste qu'à un hôtel demeura jusque dans les années 80 le principal lieu d'accueil des touristes étrangers ; il faisait partie de la chaîne Méridien » . L'activité touristique a cependant était boosté par l'implantation de nombreuses nouvelles infrastructures hôtelières sur l'espace communal (11 unités hôtelières, 1.150 chambres et 2300 lits). Aujourd'hui, plusieurs activités économiques (commerce d'ouvrage d'art, restauration...) se sont développées grâce au tourisme notamment dans le village traditionnel où certaines populations se sont de plus en plus reconverties dans ce secteur en créant des espaces d'accueil dans leurs concessions.

    Le diagnostic de ce secteur réalisé dans le cadre de l'élaboration du PLD révèle, cependant, que même si les retombés économiques pour la commune sont non négligeables, il reste que dans le fond l'implantation par exemple de structures hôtelières a eu peu d'incidence sur l'emploi des jeunes de la commune « seuls quelques un parmi eux travaillent dans les hôtels des environ »49(*) . Par ailleurs le développement du tourisme semble poser aux autorités communales divers défis : pression foncière, agressions du domaine public maritime, pollution des côtes, perversion des moeurs........

    VI. 3. a. 4. Le Commerce

    Les activités commerciales au sein de l'espace communal sont très développées et de diverses natures. D'un côté on retrouve des activités d'un type très structurés (show room, supérettes, fast food, Pizzeria, boutiques de décoration d'intérieur, boutiques d'habillements, électronique et électroménager....) et de l'autre des activés moins structurées et frôlant parfois même l'informel.

    Outre divers produits manufacturés d'usage courant, des denrées, des produits locaux et bien entendu le poisson ; les principaux articles commercialisés sur l'espace communal sont des produits d'art. La commercialisation des ouvrages d'art vise surtout la clientèle des touristes et des congressistes ainsi que (dans une moindre mesure) celle des expatriés résidant dans les zones résidentielles. Voila pourquoi ce type de commerce se localise surtout à deux endroits de la commune d'arrondissement (marché Serigne Saliou MBACKE aux Almadies, derrière l'hôtel Méridien DIARAMA et sur l'île).

    Contrairement au commerce d'art qui est surtout pratiqué par des jeunes ; le commerce de denrées est un secteur d'activité beaucoup plus investi par les adultes (hommes et femmes confondus). Il se localise sur divers sites de la commune d'arrondissement et en particulier au niveau du site dit Parking école, du Marché Serigne Saliou, de l'ancien marché municipal et du marché de la place du village.

    Tableau 6.2 : Données statistiques sur les différents établissements marchands de la commune d'arrondissement

    Sites Commerciaux de la CA

    HOMMES

    FEMMES

    TOTAUX

    POURCENTAGES DE FEMMES

    Marché municipal

    9

    46

    55

    84

    Marché de la place du village

    45

    5

    50

    10

    Route de l'aéroport

    27

    4

    31

    13

    Marché et plage des Almadies

    4

    33

    37

    89

    Ile de NGOR

    19

    21

    40

    53

    Marché Serigne Saliou

    43

    12

    55

    22

    Parking école

    72

    9

    81

    11

    Sources : PLD de NGOR

    Les boutiques de commerce général qui sont disséminé un peu partout dans la commune d'arrondissement et beaucoup plus au niveau de l'ancien marché du village et aux abord des grandes artères ; sont généralement détenus par les hommes et plus particulièrement des ressortissants des pays de l'Afrique de l'Ouest (Mauritaniens, Guinéens..).

    VI. 3. a. 5. L'artisanat

    Constituées de plusieurs corps de métier (décoration, teinture, couture, coiffure cordonnerie, bijouterie, mécanique, réparation d'appareils électroménagers ou électroniques menuiserie/ébénisterie, menuiserie métallique...), les activités artisanales sont en plein essor dans la commune d'arrondissement et occupent essentiellement des couches très jeunes de la population. Ceux qui les pratiquent ne sont pas toujours des résidants de la commune d'arrondissement mais cela n'enlève rien au fait que ces activités participent de façon soutenue au renforcement de l'économie locale. Globalement deux types d'artisanats sont pratiqués dans la commune d'arrondissement :

    1. L'artisanat de production : C'est la transformation des matières premières en objet d'art. Il est le fait de : sculpteurs, menuisiers de bois, construction métallique, tapissiers, teinturiers, bijoutiers, cordonniers.

    2. L'artisanat de services : C'est la prestation de service tel que la coiffure, la couture, la mécanique, la réparation d'appareils électroménagers ou électroniques.

    Du fait de son caractère informel ce secteur d'activité semble poser un certain nombre d'enjeux qu'il faudra nécessairement prendre en charge afin d'assurer sa meilleure intégration dans le tissu économique de la commune d'arrondissement. C'est ainsi par exemple qu'il est fortement recommandé dans le PLD de prendre en charge, dans les futurs programmes d'aménagement et d'urbanisme, le fait que ces activités continueront à connaître un essor certain dans les années à venir.

    VI. 3. b. Analyse des secteurs du développement humain et social

    La situation des secteurs du développement humain et social dans la commune d'arrondissement de NGOR est, comme qui dirait, mitigée dans le sens où autant des avancées notables sont à enregistrer dans des secteurs comme l'éducation - formation, la culture - jeunesse - sport et les loisirs, la vie associative et le secteur mutualiste ; autant également de sérieuses problématiques se posent encore dans des secteurs comme l'hygiène et la santé ; l'assainissement ; l'urbanisme et l'habitat ; les infrastructures et équipements sociaux de base.

    VI. 3. b. 1. Urbanisme et Habitat

    La commune d'arrondissement de NGOR présente différentes formes d'habitat qui, à leur tour, possède chacune ses propres spécificités. Ainsi une typologie de l'habitat nous permet de distinguer :

    1. Le noyau traditionnel : « traditionnel, populaire et pauvre »50(*) il constitue la population de base de la commune d'arrondissement (75%) et ne représente pourtant que 5% (0,24 km2) du territoire communal. Tout visiteur du village traditionnel est d'abord impressionné par l'étroitesse des chemins puis ensuite par la promiscuité dans laquelle vivent les populations « l'habitat irrégulier y conserve une morphologie particulière notamment l'étroitesse des ruelles qui dans la plus part des cas ne dépassent un mètre de largeur»51(*). Cette situation caractéristique de l'habitat Lébou prend, toutefois, des dimensions autrement plus importante à NGOR et rend difficile toute politique de planification et de gestion des services publics urbains.

    Photo N°6.1 : Le noyau traditionnel vu de la plage

    Photo N°6.2 : Le noyau traditionnel vu du continent

    Si l'on en croit, par exemple, certains diagnostics la forte densité de la population vivant dans le village traditionnel (presque 9.000 habitants sur une étroite bande de moins d'un quart de km2), a induit un double phénomène :

    § Le glissement des habitations vers les chemins de passage qui deviennent de plus en plus étroits ;

    Photo N°6.3 : Vu d'un chemin de passage (ruelle) dans le noyau traditionnel

    § La construction en hauteur, afin de gagner en espace « les jeunes sont contraints de construire en hauteur sur des habitations déjà existantes et pas forcément conçues à cet effet »52(*).

    Quoiqu'il en soit le désengorgement et la restructuration du village paraissent être aujourd'hui une nécessité reconnue par tous. Ceux-ci (le désengorgement et la restructuration) revêtent pour les autorités municipales trois principaux aspects :

    § La finalisation du programme d'extension et de désengorgement du village (faire passer l'espace occupé par le village traditionnel de 5% du territoire municipal à 15% - de 0,24 km2 à 0,70 km2-) ;

    § L'aménagement du site qui passe notamment par l'implantation de voirie et réseaux divers ;

    § La restructuration des concessions traditionnelles avec comme objectif le décongestionnement des foyers.

    2. La zone résidentielle : Site très prisée elle bénéficie d'un lotissement plus ou moins adéquat. Essentiellement constituée du quartier des Almadies, la zone abrite la presque totalité des hôtels et restaurants de la commune d'arrondissement. On y retrouve par ailleurs de luxueuses villas de très grands standings « les maisons des millionnaires se succèdent »53(*). Le diagnostic établi à l'occasion de l'élaboration du PLD révèle quatre contraintes ou difficultés majeures concernant la zone :

    1. Absence d'un plan directeur d'urbanisme (PDU)

    2. Non-respect des règles d'urbanisation en vigueur dans la zone (type pavillon Rez-de-chaussée +1 au plus),

    3. Non-respect des règles de mitoyenneté par certains promoteurs et l'empiétement exagéré des terrains sur la voie publique,

    4. Obstruction du canal d'évacuation des eaux pluviales le long du mur de l'aéroport par des constructions supposées autorisées.

    3. L'île de NGOR : D'une grande renommée, l'île de NGOR est constituée d'une part de cabanons appartenant à des particuliers et servant souvent de location et, d'autre part, de constructions en dur relativement importantes et servant de résidences principale.

    C'est ce dernier type d'habitat qui semble poser d'énormes soucis aux autorités municipales «le cas de l'île est plus complexe car il s'agit d'irrégularités en chaîne (...) c'est une situation préoccupante : il n'y a plus de plages alors que tous les citoyens doivent pouvoir profiter de la mer... »54(*).

    Photo N°6.4 : Vu de l'île de NGOR (photo prise à partir du continent)

    Il faut dire que la multiplication de tels types d'habitat à conduit à des distorsions dommageables au caractère de l'île. De fait les principales difficultés et contraintes identifiées concernant cette zone ont pour nature :

    1. L'empiétement des habitations sur l'emprise de la plage ne laissant aucun espace pour l'installation de structures d'accueil des jeunes estivants,

    2. L'inexistence d'un espace d'exercice de leurs activités professionnelles par les jeunes et les femmes de la municipalité,

    3. L'absence de structure sanitaire capable de faire face à la très grande affluence pendant les vacances scolaires.

    4. Les zones de désengorgement : Il s'agit de la zone d'extension du village traditionnel (NGOR 1) et de la zone de lotissement complémentaire (NGOR 2). Il faut dire que c'est dans le but de desserrer l'étau qui n'a de cesse, avec l'occupation progressive et la forte densité, d'étrangler le village traditionnel que les autorités municipales ont décidé d'affecter ces zones de désengorgement (il est même important de faire remarquer que cela a été le principal thème de campagne électoral de l'actuel équipe municipale).

    Elles devraient permettre, dans l'optique des autorités municipales, de faire baisser considérablement la densité de population dans l'espace traditionnel. Non encore habitées, ces zones ont déjà fait l'objet d'un plan de lotissements. Cependant des craintes commencent déjà à s'élever de partout et notamment de la part des jeunes qui, n'ayant pas les moyens d'acheter des terres, craignent que les zones de désengorgement leur échappent.

    Tableau 6.3 : Urbanisme et habitat : Problèmes identifiés, ressources/ potentialités et pistes d'actions dans la commune d'arrondissement

    Domaines

    Difficultés et contraintes

    Ressources et potentialités

    Solutions proposées

    Habitat villageois

    Habitat compact avec une population de presque 9.000 habitants sur moins d'un quart de km2.

    Promiscuité.

    -Espace réservé pour le lotissement

    -Présence de l' ONAS et AGETIP

    -CAN

    Finalisation du programme d'extension et de désengorgement du village traditionnel.

    Faire passer l'espace occupé par le village traditionnel de 5% du territoire municipal à 15%.

    Restructuration du village traditionnel

    Habitat des Almadies

    Obstruction du canal d'évacuation des eaux pluviales le long du mur de l'aéroport par des constructions supposées autorisées.

    Non-respect des règles d'urbanisation en vigueur dans la zone (type pavillon Rez-de-chaussée +1 au plus)".

    Le non-respect des règles de mitoyenneté par certains promoteurs et l'empiétement exagéré des terrains sur la voie publique.

    Absence de plan directeur.

    Faire appliquer les lois et règlements en vigueur en matière de construction.

    Réserver des espaces verts et des espaces pour les marchés et écoles.

    Faire appliquer les lois et règlements en vigueur dans toute leur rigueur, surtout en matière de construction en hauteur (pas plus de R+1).

    Débarrasser les places et voies publiques des installations commerciales sauvages.

    Habitat de l'Ile de NGOR

    Les maisons ont largement empiété sur l'emprise de la plage ne laissant aucun espace pour l'installation de structures municipales d'accueil des jeunes estivants.

    Inexistence d'un espace d'exercice de leurs activités professionnelles par les jeunes et les femmes de la municipalité.

    Absence de structure sanitaire capable de faire face à la très grande affluence pendant les vacances scolaires.

    La restructuration de l'île

    Désengorger les plages de l'Ile en supprimant les baux faisant l'objet d'occupation de première ligne afin de dégager une plage capable d'accueillir les milliers de jeunes pendant les vacances d'hivernage.

    Aménagement d'un espace restauration « au bord de l'eau » pour les femmes et les jeunes tirant leurs revenus des activités induites par la fréquentation de l'île.

    Installation d'un poste de santé

    Construction de vespasiennes

    Source : PLD NGOR

    VI. 3. b. 2. L'assainissement

    Pour un diagnostic complet des systèmes d'assainissement il convient de distinguer deux dimensions fondamentales :

    1. la gestion des déchets liquides (eaux usées, eaux de ruissellement, eaux de pluies, eau de cru)

    2. la gestion des déchets solides (ordures ménagères.....)

    VI.3.b.2.a. Gestion des déchets liquides

    S'agissant de la gestion (collecte et évacuation) des eaux usées constituées principalement des eaux usées domestiques provenant des habitations (WC, cuisine, lessive et bain) et des eaux usées générées par les installations publiques (écoles, dispensaires) et/ou privées (petites entreprises, commerces...) ; on retiendra que l'on retrouve à NGOR trois types d'équipements ou systèmes d'assainissement :

    1. Des systèmes semi collectifs : Mis en place dans le cadre du Projet Eau à Long Terme (PLT) et plus spécifiquement dans le cadre du PAQPUD (programme d'assainissement des quartiers péri urbains de Dakar) financé par la banque mondiale, il est prévu qu'ils soient étendus à l'ensemble du village traditionnel. Les études techniques ont d'ailleurs déjà été réalisées et ont dénombré 518 ménages qui devraient pouvoir bénéficier de ce projet d'extension. Il faut saluer à ce propos l'engagement sans faille des autorités municipales qui ont fait une prise en charge de 15000F CFA pour chaque ménage ce qui fait que ces derniers n'auront à payer que 7000 F CFA pour se connecter au système avec ou sans fosse.

    2. Des réseaux individuels ou systèmes autonomes : C'est ici aussi grâce au PLT et au concours de l'Etat, de la commune d'arrondissement et de quelques uns de ses partenaires (ONAS, AGETIP, ENDA/RUP) que plusieurs ménages ont pu bénéficier d'ouvrages autonomes (bacs à laver, fosses septiques à réservoir de décantation étanche, fosses étanches, TCM...). Antérieurement à ce programme cependant, la zone résidentielle et quelques habitations du village traditionnel étaient déjà équipées. De fait, les ouvrages d'assainissement d'eaux usées qu'il est plus fréquent de rencontrer dans la commune d'arrondissement sont des ouvrages individuels ou autonomes « fosses septiques à réservoir de décantation étanche et les fosses étanches constituent les ouvrages d'assainissement les plus utilisés dans la commune »55(*). Les fosses septiques à réservoir de décantation étanche sont généralement couplées avec des puits perdus alors que certains ménages évacuent directement leurs eaux vannes dans la mer.

    3. Les systèmes à égouts : A la vérité, ce système d'assainissement est très peu développé dans la commune d'arrondissement ; en fait ils n'existent que dans la zone résidentielle et déversent à la station de Cambéréne  « le manque d'infrastructures dans ce village qui s'est construit de manière anarchique fait que les égouts sont inexistants et les canalisations d'eau rares»56(*).

    Aujourd'hui les deux principales ambitions de la municipalité dans ce domaine de la gestion des eaux usées sont d'une part d'étendre et voire même de généraliser le système d'assainissement semi collectif dans le reste du noyau traditionnel (puisque non seulement les systèmes autonomes ne peuvent prospérer pour cause d'incompatibilité des sols mais en plus à l'heure actuelle le système semi collectif d'évacuation ne couvre pas les versants Nord et maritime du village) et, d'autre part, d'aménager des systèmes d'assainissement des eaux usées sur l'île surtout si l'on sait que cette partie du territoire communal en est encore dépourvu.

    Outre les eaux usées, la gestion des déchets liquides dans la commune d'arrondissement de NGOR passe aussi par la gestion des eaux de pluies et/ou de ruissellement d'autant plus qu'il n'est pas rare de voir certaines zones de la commune d'arrondissement régulièrement inondées au courant de l'hivernage. L'inondation qui concerne, en fait, certains quartiers du village traditionnel pose de sérieux problèmes de santé publique (paludisme) dans un environnement où l'habitat se densifie et où la promiscuité dans les habitations constitue un trait caractéristique.

    Tableau N° 6.4 : Estimation des zones d'inondation

    Quartiers

    surface habituellement inondée

    Petit NGOR

    16 m2

    Grand NGOR

    150 m2

    Diongarane

    16. m2

    Source : Profil environnemental de la commune d'arrondissement de NGOR, ENDA/RUP

    Les principales canalisations dont dispose la commune d'arrondissement pour la collecte et l'évacuation des eaux de pluies et de ruissellement sont :

    1. Le grand canal à ciel ouvert qui reçoit les eaux venant de l'aéroport et de OUAKAM. Déversant sur la mer, ce canal évacue surtout les eaux de la commune de OUAKAM.

    Photo N°6.5 : Vu du canal à ciel ouvert

    2. le petit canal d'eaux pluviales qui se trouve à l'enceinte du village (TALLY BOU BESS) déverse aussi à la mer ; il a été réalisé en 2005,

    3. l'ancien canal qui n'est plus fonctionnel parce que supprimé du fait de sa faible capacité.

    L'entretien de tous ces équipements (curage) est pris en charge par la municipalité.

    VI.3.b.2.b. Gestion des déchets solides

    A l'instar de toute l'agglomération Dakaroise, la gestion (collecte, transfert, traitement) des déchets solides, celle des ordures ménagères plus particulièrement, pose de sérieuses difficultés dans la commune d'arrondissement de NGOR et cela malgré le fait que le cadre institutionnel soit désormais bien posé avec la création en 2000 de l'APRODAK devenue depuis lors APROSEN. En plus des causes d'ordre structurel (rupture de contrat entre l'Etat du Sénégal et la société de ramassage d'ordures AMA Sénégal chargée du nettoiement à Dakar) ; cette situation s'explique notamment par l'inaccessibilité de certains quartiers comme ceux du village traditionnel. En fait il faut reconnaître que, même à l'époque où AMA Sénégal assurait correctement le ramassage avec des fréquences de passage des véhicules de l'ordre de 3 jours/7, la gestion des ordures posait déjà de sérieuses difficultés du fait de la morphologie de l'habitat au sein du village traditionnel (l'étroitesse des ruelles).

    D'un autre côté, certains comportements des populations en matière d'hygiène et d'assainissement ne font qu'aggraver et complexifier le problème (dépôts sauvages dans l'espace communautaire, défécation dans la nature....).

    A l'heure actuelle, deux systèmes de ramassage se côtoient. D'un côté, un camion de ramassage qui assure une à deux fois par semaine la collecte sur les grandes artères de la commune d'arrondissement ainsi que dans les zones résidentielles où le réseau routier assez développé permet un accès facile et, de l'autre, des charrettes qui font la collecte au niveau du village et de la baie de NGOR.

    Les ambitions de la municipalité en ce sens sont de mettre en place un système efficace de collecte des ordures ménagères, en rapport avec l'ONAS, d'augmenter les bacs d'ordures et enfin de réglementer la fréquence du camion de ramassage.

    VI. 3. b. 3. L'hygiène et la santé

    Les questions d'hygiène et de santé publique sont d'une importance capitale pour les autorités de la commune d'arrondissement ; on n'en veut pour preuve que le simple fait que sur un budget d'investissement de 45. 004 .002 FCFA prés de 32% soit14. 625.324 FCFA est consacré au secteur de la santé.

    Tableau N°6.5 : Investissements publics par secteur

    Secteur

    Valeur stock de capital public (million de FCFA)

    %

    Education

    25.401.472

    46

    Santé

    14.625.324

    32

    Hydraulique

    4.997.226

    12

    Total

    45.004.002

    100

    Source : PLD NGOR

    Malgré ces efforts, le secteur semble encore être confronté à un certain nombre de difficultés liées notamment à l'insuffisance des structures sanitaires, à l'absence d'un plateau médical minimum, à l'insuffisance d'un personnel qualifié.......

    La commune d'arrondissement de NGOR ne dispose que d'un centre de santé dont la zone de couverture s'étend du virage à la clinique des mamelles et prend en charge les populations du village traditionnel, des Almadies et de l'extension de NGOR. C'est dire qu'il est censé assurer la couverture médicale d'une population de prés de 11.600 habitants ce qui est totalement pléthorique.

    Par ailleurs, ce centre de santé ne semble pas tout à fait répondre aux normes de l'OMS (Organisation Mondiale de la Santé) dans le sens où il ne compte que huit (08) lits pour le service de médecine générale et cinq (05) pour celui de maternité. En plus, il ne dispose ni d'un laboratoire, ni d'une ambulance, ni d'un service bucco dentaire. C'est pour toutes ces raisons, d'ailleurs, que l'on parle dans le PLD « d'absence d'un plateau médical minimum »57(*).

    Le personnel médical est composé d'un médecin gynécologue, d'un pharmacien, de deux (2) sages femmes, de quatre (4) femmes de garde, d'une assistante sociale, de dix neuf (19) agents de santé communautaire et de douze (12) aides soignantes. Sur cette question, le diagnostic établi révèle trois (3) principales contraintes qui ont pour nom :

    1. insuffisance d'un personnel qualifié

    2. manque de moyens financiers et didactiques

    3. plateau technique inadapté à la demande

    Sur un autre registre, les statistiques disponibles révèlent que les pathologies les plus fréquentes sont les maladies du troisième âge (rhumatisme, arthrose...), les infections respiratoires aiguës (tuberculose, bronchites), les maladies cardio-vasculaires (hypertension artérielle, insuffisance rénale, diabète....). Le paludisme constitue également (en période hivernale) l'une des premières causes de consultations.

    En matière d'hygiène et de prévention, la promiscuité et l'insalubrité induites par la forte densité de population notamment dans le noyau traditionnel mettent les populations dans des situations sanitaires très précaires.

    VI. 3. b. 4. Les infrastructures et équipements sociaux de base

    VI.3.b.4.a. Réseau routier

    Il existe des routes qui mènent à la zone résidentielle où on peut accéder en voiture (grâce à des pistes) jusque dans les habitations. Par contre, dans le noyau traditionnel, il y a une route principale qui s'arrête au rond point de la place publique et une autre qui va de la place publique au quartier de DIONGARANE. La plupart de ces routes sont goudronnées même si quelques une d'entre elles nécessitent des réhabilitations.

    Il existe aussi des parkings de taxi respectivement devant les hôtels DIARAMA, Méridien à petit NGOR derrière l'école publique et à la place publique.

    VI.3.b.4.b. Réseau électrique

    A l'exception de l'île où le solaire et les groupes électrogènes constituent les principales sources d'énergie, l'ensemble du territoire communal est raccordé au réseau électrique national de la SENELEC.

    VI.3.b.4.c. L'hydraulique urbaine

    Sur presque l'ensemble du territoire communal le réseau d'alimentation en eau courante est bien structuré avec notamment des branchements individuels. Néanmoins la nécessité d'une politique de branchements sociaux se fait de plus en plus sentir surtout pour les ménages à faible revenu. En effet la poursuite du soutien aux branchements de types sociaux dont les coûts sont moindres permettrait aux populations d'accéder facilement au raccordement au réseau de distribution.

    VI.3.b.4.d. Les télécommunications

    La commune d'arrondissement est couverte par les principaux réseaux de téléphonie (fixe et mobile) et de connection Internet disponibles au Sénégal. Les individus qui en ont les moyens sont abonnés.

    VI. 3. b. 5. L'éducation et la formation

    La population de NGOR est presque entièrement scolarisée. Près de 70% de la population de plus de 6 ans a, en effet, été ou est actuellement à l'école. Cela constitue un réel motif de satisfaction pour les autorités municipales surtout si l'on sait que ce secteur représente le premier secteur d'investissement de la municipalité avec plus de 45% du budget d'investissement public.

    Toutefois, il reste encore confronté à un certains nombre de difficultés (déficit de structures d'accueil, manque de moyens matériels, taux élevés de déperdition scolaire.....).

    Les taux de déperdition scolaire dans la commune d'arrondissement sont très élevés. Si pratiquement tous les enfants en âge d'être scolarisés le sont, très peu d'entre eux dépassent le cycle élémentaire (le taux d'échec envoisine 80%). En outre le taux d'analphabétisme retour est très important notamment chez les femmes.

    Au point de vue structures d'accueil, la commune d'arrondissement est très peu pourvue au regard de sa population et de sa situation au sein de l'espace intercommunal (NGOR, OUAKAM, YOFF). Mis à part les trois (3) établissements privés pour la petite enfance, la commune d'arrondissement de NGOR ne dispose que deux structures préscolaires. Les établissements élémentaires quant à eux ne s'élèvent qu'à quatre (4) dont un privé.

    Le paradoxe le plus frappant est cependant le fait que la commune d'arrondissement qui se trouve au centre d'un espace intercommunal d'une population d'environ 150.000 hbts ne dispose pas d'un lycée. En fait le seul établissement d'enseignement moyen dont dispose la commune d'arrondissement est un collège privé.

    A côté de l'école formelle, d'autres structures d'éducation et de formation existent à l'instar des écoles coraniques (Daaras) et écoles d'arabe qui encadrent un nombre de plus en plus important de jeunes. La commune d'arrondissement compte trois Daaras et une école arabe.

    L'alphabétisation en langues nationales est aussi un aspect important de ce secteur puis qu'à NGOR on dénombre en plus des quatre classes d'alphabétisation fonctionnelle ouvertes par le programme d'accompagnement technique des collectivités locales ENDA/USAID, trois à cinq classes d'alphabétisations animées depuis quatre ans par le groupement de femmes BOKK JOM.

    VI. 3. b. 6. Culture, Jeunesse, Sports et Loisirs

    Le secteur du sport de la jeunesse, de la culture et des loisirs est structuré, à NGOR, autour de nombreuses associations sportives et culturelles (ASC).

    L'olympique de NGOR le plus important club sportif de la commune d'arrondissement la représente aux compétitions nationales. Il encadre également beaucoup de jeunes de la localité dans des disciplines sportives aussi variées que le football, la natation, le canoë kayak, le basket et le volley ball. La section football, section la plus dynamique de l'olympique fait la satisfaction de tout NGOR et bénéficie à ce titre d'importants moyens. La section natation enregistre également de nombreux succès tant au niveau national qu'international.

    La pêche sportive et le Golf restent des pratiques sportives à l'état embryonnaire. De plus en plus de femmes s'orientent cependant, vers ces disciplines du fait notamment du développement du tourisme qui faut il le dire est très demandeur d'une certaine « expertise locale» dans ces disciplines (pêche sportive, plongée sous marine...).

    De même que dans les autres secteurs, la difficulté ou contrainte majeure semble se résumer en un manque criard d'infrastructures (le terrain de football ne répond pas aux normes ce qui oblige le club de l'olympique à jouer toutes ses compétitions ailleurs qu'à NGOR ; la natation, le basket, le volley-ball ....n'ont pas d'espaces aménagés à cet effet).

    VI. 3. b. 7. Vie associative et secteur mutualiste

    Le secteur associatif est très dynamique dans la commune d'arrondissement et plus particulièrement au sein du village traditionnel où toute la vie communautaire est structurée autour des associations ce qui fait que le tissu associatif y est très dense (traditionnellement dès l'âge de 10 ans, les enfants se constituaient en groupes de classes d'âge).

    Ainsi nous pouvons distinguer d'un côté les structures traditionnelles qui, dans la pure tradition Lébou, imprègnent les relations sociales tout en coopérant avec les institutions républicaines. Le conseil des notables et l'organisation des « Freys » jouent aujourd'hui encore des rôles non négligeables dans la résolution des conflits et de façon plus globale dans la régulation sociale. Et de l'autre, de nombreuses structures associatives modernes a statut mixte et légale : Wennu Saî, COPECS, COJEN, Club Environnement "Fondation Nicolas Hulot les Almadies", Olympique de NGOR, ASPEN, AAIN, GPF, GIE.....

    Le secteur mutualiste également est relativement assez bien représenté avec la présence de deux structures d'épargne et de crédits (guichet ENDA GRAF et PAMECAS). Il existe par ailleurs un réseau de financement animé principalement par des femmes et qui a pour vocation la prise en charge des besoins des familles en matière de financement d'activités lucratives ou sociales.

    Il faut aussi reconnaître que les structures financières classiques (banques, bureaux de change, transfert d'argent) sont de plus en plus présentes sur l'espace communal. On note, par exemple, l'implantation de nombreuses agences représentant la plupart des grandes structures financières classiques que l'on retrouve au Sénégal (SGBS, BICIS, CBEAO, Western Union...).

    VI. 4. Le cadre de l'environnement

    L'environnement constitue, à côté du social et de l'économique, l'un des piliers fondamentaux sur lesquels repose tout processus de développement durable. D'où la nécessité de toujours bien connaître, comprendre et cerner les principales ressources naturelles dont dispose le territoire d'une part, puis, d'autre part, ses enjeux environnementaux majeurs.

    S'agissant des ressources naturelles, il faut retenir que d'une façon générale, mis à part ses trois plages, la commune d'arrondissement de NGOR ne dispose pas à proprement parler de ressources environnementales majeures à préserver si ce n'est peut être ses ressources végétales qui aujourd'hui sont en passe de totalement disparaître.

    Par enjeux environnementaux majeurs, par contre, il faudra comprendre que nous voulons surtout parler des menaces environnementales, des formes existantes de pollution et de la dégradation du cadre de vie.

    VI. 4.a. Les ressources végétales

    Parmi les six (06) forêts naturelles que compte l'agglomération Dakaroise figure celle de NGOR. Il faut dire que rares sont les personnes qui sont au courant du fait que NGOR dispose d'une forêt naturelle au même titre que les mamelles, YOFF, HANN, Grand YOFF, BARGNY et les communautés rurales de YENNE et de SANGALKAM. Cela s'explique par le fait, peut être, que cette forêt a aujourd'hui largement sinon entièrement disparu de la carte agro forestière de la région. Si l'on en croit un diagnostic de la DPS58(*), cette disparition est essentiellement due au déboisement et aux phénomènes d'empiétement et c'est pourquoi des mesures tendant à classer patrimoine communautaire un site comme la forêt de YOFF (île), lui aussi menacée par les mêmes phénomènes anthropiques, sont en voie d'être entreprises.

    Même si, le couvert végétal était assez relevé il y a quelques années il reste qu'aujourd'hui les possibilités de reboisement dans la commune d'arrondissement sont particulièrement limitées du fait que la commune d'arrondissement manque de plus en plus de réserves de terres. Par ailleurs le peu d'espaces verts qui existe demande à être mieux aménagé.

    VI.4.b. Les Plages

    La commune d'arrondissement de NGOR compte, du fait de sa situation géographique, pas moins de trois plages et une baie. Il s'agit de la plage de NGOR village et sa baie, de la plage des Almadies et de celle du Virage. Il est évident que cela représente autant de ressources à gérer, à préserver et surtout à pérenniser. Notre étude ayant porté son choix sur la plage de NGOR village et sa baie, par conséquent, c'est sur ces derniers que notre diagnostic s'attardera le plus.

    VI. 4.b.1. La plage des Almadies

    Près de l'hôtel Club Méditerranée cette minuscule plage (à peine cent mètre) constitue un véritable site balnéaire beaucoup prisé des touristes et des sénégalais eux-mêmes. Il faut dire qu'il a l'avantage d'être tranquille et à proximité de sympathiques restaurants et gargotes.

    VI. 4.b.2. La plage du Virage

    Du nom du restaurant construit tout près du site, cette plage située entre NGOR et YOFF est fréquentée par beaucoup de jeunes sénégalais et européens. Les vagues énormes donnent de bonnes sensations tant aux baigneurs qu'aux surfeurs qui sont nombreux à la fréquenter « NGOR Virage est une des zones de l'Afrique où le surf est le plus intéressant à pratiquer».

    Photo N°6.6 : Photo d'un surfer en pleine manoeuvre sur la plage du virage

    Deux menaces environnementales majeures on put être identifiées sur cette plage :

    1. Il y a, tout d'abord, l'existence d'un canal d'évacuation d'eaux usées situé tout juste à hauteur du pont séparant la commune d'arrondissement de YOFF et celle de NGOR. Ce canal à ciel ouvert évacue notamment les eaux usées non traitées provenant de l'aéroport. Celles-ci sont directement déversées à la mer posant de sérieuses menaces sur la préservation de l'écosystème côtier et marin.

    Photo N°6.7 : Vu du canal d'évacuation des eaux usées situé à hauteur du pont séparant la CA de NGOR de la CA de YOFF

    Photo N°6.8 : Vu des eaux usées provenant dudit canal se déversant sur la plage du virage

    2. La seconde menace que nous avons put identifier est justement liée à ce pont et au canal qui le traverse puisque tout juste sous le pont aux encablures du canal certaines populations ont tendance à déposer leurs ordures. C'est dire que le site est devenu au fil du temps une sorte de dépotoir pour les riverains.

    Photo N°6.9 : Dépôt d'ordures sous le pont séparant la CA de NGOR de la CA de YOFF tout juste aux encablures du canal d'évacuation des eaux usées.

    VI. 4.b.3 La plage de NGOR village et sa baie

    C'est l'espace situé entre l'île de NGOR et le continent. La mer y est très calme et la plage sablonneuse. Jusqu'à une période assez récente, cette plage et sa baie donnaient l'image de véritables dépotoirs. Les villageois s'en servant comme décharge, les égouts des hôtels et habitations riveraines y atterrissant et les enfants ngorois s'en servant comme latrines. C'est dire que cette plage subit diverses formes d'agressions: avancée de la mer, utilisation abusive et surexploitation des ressources, pollution marine, mouillages sauvages, insalubrité....

    Le phénomène d'avancée de la mer est d'autant plus notable au niveau de l'île où non seulement on assiste à un empiétement de certaines habitations mais où, en plus, certaines personnes résidentes ont fait disparaître une partie de la barrière de rochers qui protégeait de l'avancée de la mer. S'y ajoute le développement des pratiques d'extraction illicite du sable marin.

    La pollution marine quant à elle, se présente essentiellement sous deux facettes. Tout d'abord, il y a le déversement sur la partie occidentale de la plage d'eaux usées provenant des ouvrages d'assainissement autonomes et de certaines canalisations.

    Puis ensuite, les dépôts d'ordures et de déchets de toutes sortes sur la baie. Il faut peut être insister, à ce propos, sur le fait que l'île ne disposant pas d'un système de collecte et d'évacuation des ordures, les populations ont pour habitude de faire de la mer leur décharge. C'est-à-dire qu'habituellement elles mettent leurs ordures dans des pirogues pour aller les déverser à quelques encablures de là, ce qui pose tout naturellement le problème de la pollution du fond marin.

    Parlant des déchets solides il faut dire qu'ils ne menacent pas seulement les fonds marins puisqu'ils sont également des facteurs de pollution de la plage du côté du continent tout comme du côté de l'île. Comme nous le disions en effet, les villageois s'en servent comme décharge et c'est ainsi qu'il n'est pas rare de voir traîner par ci et par là des pneus, des sacs de riz... A ces déchets solides non biodégradables déposées par les autochtones s`ajoutent, en périodes estivales, les déchets laissés sur la plage et sur l'île par les estivants. Ces déchets généralement de nature organique (restes de sandwich, arrêtes de poissons....) ou non biodégradables (sachets) font peser de sérieuses menaces sur l'écosystème côtier et notamment sur la préservation du sable fin de la plage (les déchets organiques ont tendance à pourrir dès qu'une pluie les trouve sur place ce qui à long terme peut conduire à la disparition du sable fin).

    Aux menaces de disparition du sable fin de la plage s'ajoute la disparition effective de certaines ressources marines (poissons, algues....). Cela s'explique selon des spécialistes comme l'écologiste Ali AÏDAR, qui a eu à mener une étude approfondie sur l'état des ressources marines dans des zones comme NGOR, par le fait de l'action combinée de certaines pratiques de pêche (pêche à la dynamite) et de la destruction avancée des écosystèmes marin sur une bonne partie de cette zone.

    Le mouillage sauvage représente, à sa manière, une autre forme de menace environnementale surtout si l'on sait qu'il touche directement à la question de la sécurité sur le plan d'eau. Il faut dire que beaucoup de propriétaires de bateaux sachant que sur les autres baies comme MARINAS, HANN ou HANS BERNARD ils auraient à payer pour mouiller sur place leurs bateaux ; préfèrent venir mouiller n'importe comment et n'importe où sur la baie de NGOR. D'aucuns même finissent par prendre NGOR pour un cimetière de bateaux.

    Photo N°6.10 : Vu du plan d'eau

    VI. 5. Menaces environnementales, pollutions et dégradation du cadre de vie

    Comme on peut s'en rendre compte, les menaces environnementales et autres dégradations du cadre de vie sont bel et bien une réalité à l'échelle de la commune d'arrondissement de NGOR. Celles-ci sont de diverses natures et présentent, par conséquent, diverses causes, diverses manifestations et divers niveaux d'ampleurs. En résumé nous retiendrons les menaces pesant sur les ressources de la commune et la pollution ou les menaces sur le cadre de vie.

    VI.5.a. Menaces sur les ressources

    Sans être exhaustif il s'agit, comme nous l'avons vu, des empiétements, du déboisement, des modes d'exploitation abusives, de la pollution tellurique qui a pour conséquence visible une détérioration avancée et continue de l'écosystème côtier (milieu marin et zones adjacentes), de l'avancée de la mer (sur l'île tout comme sur le continent), de la pollution marine, de la disparition du sable fin de la plage, de l'extraction illicite du sable marin.......

    VI.5.b. Pollution et menaces sur le cadre de vie

    L'une des plus sérieuses menaces pesant sur le cadre de vie de la commune d'arrondissement de NGOR reste sans conteste liée au problème de la gestion des déchets solides. Comme partout dans Dakar, c'est un spectacle désolant qu'il est donné de voir lorsque l'on parcourt les artères et quartiers de la commune d'arrondissement : partout des dépôts sauvages et des amas d'ordures (ordures d'origine végétale ; débris non putrescibles combustibles -bouteilles en plastique, caoutchouc, papier-, ou non combustibles - verre, métaux, sacs et sachets, gravats....-....).

    Photo N°6.11 : Dépôt anarchique d'ordures sur l'une des artères de la CAN


    Photo N°6.12  Photo N°6.13  Photo N°6.14 

    Photo N°6.15

    La deuxième menace majeure que nous avons identifiée est, quant à elle, directement liée à la présence de l'aéroport Léopold S. Senghor. Il faut, dire en effet, que la présence de l'aéroport aux limites de la commune d'arrondissement a de sérieuses retombées sur le cadre de vie. On peut entre autres retenir les nuisances sonores, les eaux usées non traitées déversées au niveau de la plage du virage, les menaces d'explosion (il existe au sein de l'aéroport des dépôts de kérosène) et voir même de crash.

    VI.6. Etat des lieux du Développement Urbain Durable dans la commune d'arrondissement de NGOR

    Si l'on en croit les principales conclusions qui ressortent de ce profil de développement durable (profil environnemental),  des trois cadres fondamentaux du développement durable à savoir le cadre de développement économique, le cadre de développement humain ou social et le cadre de l'environnement aucun ne donne aujourd'hui entière satisfaction aux autorités locales, aux populations ainsi qu'aux différents acteurs du développement local. Autrement dit chacun de ces cadres semble présenter une ou plusieurs contraintes majeures qui en définitive finissent par gâcher « le tableau d'ensemble ».

    S'agissant du cadre de développement économique nous retiendrons entre autres problèmes, contraintes et difficultés :

    1. le déclin de la pêche qui pendant longtemps a été le principal secteur d'activité des populations Lébou de la commune d'arrondissement,

    2. le caractère encore trop informel de certains secteurs d'activité (transport maritime, artisanat, commerce....) ce qui empêche de les inscrire durablement et positivement dans le tissu économique local

    3. l'inexistence de cadres formels régissant la pratique et le fonctionnement de certaines activités

    4. dans le domaine du tourisme, le manque à gagner dont ne tire pas entièrement profit la commune d'arrondissement (peu d'incidence sur l'emploi des jeunes de la commune.......).

    Alors que pour ce qui est du cadre de développement humain ou social, les difficultés et contraintes majeures se posent surtout en matière d'infrastructures sociales de base, d'assainissement, d'urbanisme et d'habitat :

    1. dans presque tous les secteurs sociaux (éducation, santé, sport et loisirs) le diagnostic est le même à savoir l'inadaptation, l'insuffisance voir l'inexistence, d'infrastructures ;

    2. les systèmes d'assainissement présentent certaines défaillances majeures notamment pour ce qui est de la gestion des déchets solides ;

    3. l'urbanisation à NGOR semble refléter une des lourdes tendances des évolutions urbaines contemporaines ; il s'agit des nouvelles formes de ségrégation spatiale. Dans la commune d'arrondissement cette ségrégation se manifeste à travers la bipolarisation de l'habitat et de l'urbanisme : d'un côté le noyau traditionnel  « qui ressemble à un bidonville alors qu'il est loin d'en être un »59(*) et de l'autre le riche quartier résidentiel des Almadies où les villas de millionnaires se succèdent.

    S'agissant, enfin, du cadre de l'environnement nous avons pu nous rendre compte que si les ressources naturelles dont dispose la commune d'arrondissement sont extrêmement limitées, il reste que celles-ci sont sérieusement menacées notamment par les actions anthropiques (déboisement, empiétement..). Par ailleurs la trois plages et la baie dont dispose la commune d'arrondissement sont sujettes à de sérieuses menaces environnementales liées notamment au déversements d'eaux usées provenant des canalisation, aux dépôts d'ordures, à l'avancée de la mer, à la surexploitation des ressources marines et à différentes formes de pollutions (telluriques, marines...), à la disparition du sable fin, à l'extraction illicite du sable marin....

    De la même façon on a pu voir aussi que le cadre de vie subit de sérieuses menaces liées notamment à la problématique de la gestion des déchets solides.

    En considération de tous ces éléments nous pouvons nous permettre d'avancer que l'état du développement urbain durable dans la commune d'arrondissement de NGOR laisse tout au plus à désirer. Cette opinion se confirme au regard des résultats de nos enquêtes puisque la grande majorité (83%) des personnes à qui nous avons posé la question de savoir, comment elles apprécient l'état des lieux du développement urbain durable dans la commune d'arrondissement, répondent : laisse à désirer.

    Troisième partie. PRESENTATION, ANALYSE ET INTERPRETATION DES RESULTATS DE L'ENQUETE

    Chapitre VII. Analyse de l'un des principaux dispositifs de planification en vigueur dans la commune d'arrondissement de NGOR : le PLD

    VII. 1. Identification et présentation du dispositif retenu

    Le dispositif de planification que nous avons choisi d'étudier est le plan local de développement (PLD), Il faut dire que ce choix n'a pas été fortuit dans la mesure où il s'est justifié par le fait que le PLD est à l'heure actuelle le seul document de planification qui puisse être donné en référence à l'échelle de la commune d'arrondissement de NGOR. L'analyse du PLD peut être d'autant plus pertinente et riche d'enseignements pour nous surtout si on sait que NGOR ne dispose pas d'un dispositif spécifique de planification du développement urbain durable (Agenda 21 local, plan d'action environnemental...). C'est dire qu'on peut valablement se demander, comment et dans quelle mesure le seul véritable dispositif de planification actuellement en vigueur dans la commune d'arrondissement prend en charge les enjeux de développement durable et plus spécifiquement ceux (les enjeux) relatifs à la gestion, à l'entretien et à la préservation de la plage de NGOR village et de sa baie ?

    L'élaboration du PLD de NGOR a suivi un long processus qui s'est étalé sur une période d'un peu moins de deux ans (Décembre 2003 à Juillet 2005). Le plan couvre un horizon de temps étalé sur cinq (5) ans pour le long terme (2010) et sur trois (3) ans pour le moyen terme (2008).

    En tant que document de planification du développement local, le PLD de NGOR se veut selon les propres termes du maire de la commune d'arrondissement « une boussole pour le développement de NGOR (....), notre guide pour l'action (....) »60(*).

    Pour bien cerner le cadre institutionnel qui institue et défini la nature et la portée des PLD, il faut se référer aux textes de lois portant transfert aux collectivités locales de compétences relatives à la planification du développement. C'est, en effet, dans les dispositions de l'article 46 de la loi 96-07 du 22 Mars 1996 que l'on retrouve concernant les compétences des communautés rurales en matière de planification, l'usage de l'acronyme PLD. Et c'est cet acronyme et celui de PIC (Plan d'investissement communautaire) qui sont souvent repris par les communes d'arrondissement pour qualifier leurs documents de planification territoriale.

    De par sa nature on peut dire que le PLD a,  grossièrement, cinq objectifs :

    1. établir un diagnostic du territoire en identifiant les enjeux, contraintes et potentialités de développement ;

    2. définir, partant de ce diagnostic, des objectifs de développement à atteindre sur le moyen et le long terme (5 ans) ;

    3. aider à identifier les principaux axes stratégiques à explorer ainsi que les actions et activités prioritaires à mener;

    4. déterminer l'ensemble des ressources (inputs) qu'il sera nécessaire de mobiliser en terme de financement, d'expertise, de partenariat ou encore de participation des acteurs;

    5. établir un chronogramme.

    C'est dire donc, que le PLD est un dispositif (outils) de planification laissé à l'initiative des collectivités locales afin de concrétiser le principe même de la libre administration qui fonde l'esprit de la décentralisation territoriale. Il repose dès lors sur le principe d'une participation accrue et effective des populations à l'identification, la planification, la mise en oeuvre et le suivi des projets et programmes de développement locaux « Notre commune concrétise à travers ce plan de développement, un de ses principes fondateurs les plus importants : faire de nos populations les acteurs de leur propre développement »61(*).

    La réalisation du PLD de NGOR s'est faite avec l'appui institutionnel et technique de ENDA 3D et de l'USAID dans le cadre du programme d'appui technique aux collectivités locales (PATCL). Les objectifs spécifiques que s'était assignée la municipalité en lançant le processus d'élaboration étaient de satisfaire un certain nombre d'ambitions :

    § « L'ambition d'inscrire notre mandat sous le double ancrage coutumier et administratif de la commune. Nous avons dès notre installation, réaffirmer notre volonté et notre ambition d'assurer ce double ancrage qui est un facteur essentiel de stabilité sociale de la commune (....)

    § L'ambition de travailler à l'éradication de la bipolarisation de la commune entre zones résidentielles et village traditionnel (.....)

    § L'ambition de réconcilier les jeunes avec les institutions républicaines (...)

    § L'ambition d'une recherche permanente de convergence inter communale entre YOFF et OUAKAM pour le développement (....) »62(*)

    Ce sont ces ambitions ou objectifs spécifiques qui ont été listés et inscrits, en plus d'un pré diagnostic réalisé par Citoyenneté Ngoroise (mouvement « JOWAL NGOR »63(*))64(*) , dans un document dit préparatoire qui a été mis à la disposition de ENDA 3D et du comité de développement local (CDL). C'est sur la base de ce document préparatoire que le CDL, ENDA3D et la Cellule d'appui technique (CAT) ont travaillé au cours d'ateliers de restitutions et d'approfondissement qui ont débouché sur un atelier de planification stratégique duquel est ressorti le PLD.

    La vision du PLD se décline de la sorte: « NGOR à l'horizon 2015 : une commune sans exclus dans un cadre de vie et d'environnement très agréable »65(*).Pour cela, des orientations de développement ont clairement été identifiées :

    1. l'urbanisme et de l'habitat

    2. l'éducation

    3. les VRD (assainissement, éclairage public, adressage des rues)

    4. le sport

    5. la promotion féminine

    6. la promotion du tourisme

    7. la promotion des activités génératrices de revenus

    8. la formation et le renforcement des capacités

    9. l'appui aux plus défavorisés

    10. la communication et de la sensibilisation

    Il faut dire qu'au sortir de l'atelier de planification stratégique, un certain nombre d'enjeux de développement ont été recensés et regroupés par thématique ; il s'agit  de:

    1. L'amélioration du cadre de vie et de l'environnement

    2. L'accès aux services sociaux de base

    3. La promotion des secteurs économiques

    4. La promotion de la gouvernance locale

    Tableau N°7.1 : Programme Prioritaire à Moyen et Long Terme (Amélioration du cadre de vie et de l'environnement)

    AXES STRATEGIQUES

    OBJECTIFS

    STRATEGIES

    ACTIONS PRIORITAIRES

    LOCALISATION

    COUTS

    SOURCES DE

    FINANCEMENT

    ANNEE DE REALISATION

    ACTEURS

    Amélioration du cadre de vie et de l'environnement

    Faciliter l'accès à l'habitat décent dans un environnement sain

    Lotissement et création de voies d'accès (aménagement de l'espace)

    Finaliser le lotissement de la zone d'extension

    Zone d'extension

    300 000 000

    KFW/JICA/FED/PLP/ Budget de la commune

    2005

    Banque mondiale

    Réaliser l'étude technique sur la restructuration du village traditionnel

    Village traditionnel

    10 000 000

    Idem

    2004-2005

    CAN/ Populations/ KFW/FED/PLT/JICA/ADM/ AGETIP/

    Créer des voies d'accès dans les zones résidentielles

    Almadies

    1 000 000 000

    Idem

    2006

    CAN/ Populations/ KFW/FED/PLT/JICA/ADM/ AGETIP

    Rendre l'environnement sain et attractif

    Gestion de l'environnement

    Réaliser le projet d'assainissement semi collectif

    Village traditionnel

    300 000 000

    Budget communal/

    PLT/Etat/ONAS/ AGETIP

    2006

    CAN/PLT/ Populations/ APRODAK

    Ramasser les ordures dans les zones difficiles

    Village traditionnel

    5 000 000

    Budget communal/autres partenaires

    2006

    CAN/Populations/ Partenaires

    Construire des Vespasiennes

    Village traditionnel et Plages

    15 000 000

    Budget communal

    2006

    CAN/Populations/ Etat/Partenaires

    Gérer les plages

    CAN

    15 000 000

    Budget communal/autres partenaires/ville de Dakar

    2004-2008

    CAN/Etat/ Populations/Ville de Dakar/Partenaires

    Assurer la sécurité des biens et des personnes

    Renforcement des foyers lumineux

    Améliorer et réaliser l'éclairage public

    Village traditionnel, Zones résidentielles, Plages et Zones d'extension

    1 000 000 000

    Ville de Dakar

    2008

    CAN/Ville de Dakar

    Tableau N°7.2 : Programme Prioritaire à Moyen et Long Terme (Accès aux services sociaux de base)

    AXES STRATEGIQUES

    OBJECTIFS

    STRATEGIES

    ACTIONS PRIORITAIRES

    LOCALISATION

    COUTS

    SOURCES DE FINANCEMENT

    ANNEE DE REALISATION

    ACTEURS

    Amélioration de l'accès à la santé des populations

    Faciliter l'accès aux soins de santé

    Construction et équipement des infrastructures de santé

    Construction d'un centre de santé

    Ancien foyer, ORT, Case

    500 000 000

    PDIS/autres partenaires

    2006

    Ville de Dakar/ Etat

    Alléger les coûts des soins de santé

    Sensibilisation et organisation des populations

    Mise en place d'une mutuelle de santé

    CAN

    15 000 000

    Populations/partenaires/ STEP/BIT/Etat

    2005

    CAN/Populations

    Prévenir les maladies endémiques

    Sensibiliser IEC des populations

    Santé préventive

    CAN

    4 000 000

    District sanitaire/Ville de Dakar/ministère de la santé/ Budget communal / Partenaires

    2005

    District sanitaire/Ville de Dakar/ministère de la santé/CAN/Partenaires/ Populations

    Construction d'infrastructures scolaires/ sportifs et promotion de la formation professionnel et de l'éducation non formelle

    Résorber la déperdition scolaire

    Préparation à l'insertion des populations à la vie active

    § Construire un centre islamique

    § Construire un centre de formation polyvalent

    CAN

    200 000 000

    300 000 000

    Bailleurs/Budget communal/Populations/ Etat

    2007

    2008

    CAN/Etat/ Populations/Autres partenaires

    Réduire les taux d'analphabétisme

    Sensibilisation des populations et apprentissage des langues

    Alphabétiser les populations

    CAN

    20 000 000

    ENDA et Bailleurs

    2005

    Populations

    Former aux métiers de la mer

    Mise à disposition d'infrastructures scolaires adéquates

    Construire un lycée technique

    CAN

    5 000 000

    Etats/Bailleurs

    2008

    Etat/CAN/Partenaires

    Rendre fonctionnel et homologuer le stade municipal

    Construction d'un stade

    Rénover le stade municipal

    CAN

    100 000 000

    Budget communal/Etat

    2008

    CAN/Populations/autres partenaires

    Développer la potentiel local en matière de

    natation

    Construction d'une piscine municipale

    Construire une piscine municipale

    CAN

    5 000 000

    Budget communal/Etat/AMS/Ville de Dakar/autres partenaires

    2008

    CAN/Populations/autres partenaires

    Développer le sport de masse

    Aménagement d'un parcours

    Aménager un parcours sportif

    CAN

    500 000 000

    Budget communal/Etat/ autres partenaires

    2008

    CAN/Populations/autres partenaires

    Faciliter l'accès à l'emploi et à l'insertion

    Sensibilisation et organisation des personnes

    Organiser des cycles de formation aux métiers du tourisme et de l'hôtellerie

    CAN

    3 000 000

    Budget communal/Etat/ autres partenaires

    2005

    CAN/Etat /autres partenaires

    Tableau N°7.3 : Programme Prioritaire à Moyen et Long Terme (Promotion des secteurs économiques)

    AXES STRATEGIQUES

    OBJECTIFS

    STRATEGIES

    ACTIONS PRIORITAIRES

    LOCALISATION

    COUTS

    SOURCES DE FINANCEMENT

    ANNEE DE REALISATION

    ACTEURS

    Création d'infrastructures de pêche

    Doter le secteur de la pêche d'infrastructures adéquates

    Construction et réhabilitation d'infrastructures de pêche

    § Construire un quai de pêche

    § Construire une usine de glace

    § Créer la maison des pêcheurs

    § Construction d'un centre de transformation des produits de la mer

    WASSYA

    CAN

    CAN

    CAN

    1 000 000 000

    200 000 000

    50 000 000

    300 000 000

    Etat/autres partenaires

    Budget communal / Partenaires/Etat

    Idem

    idem

    2007

    2007

    2005

    2007

    CAN/ Etat

    Idem

    ASPEN/CAN

    Etat/autres partenaires

    Renforcer les capacités des acteurs de la mer

    Construction, réhabilitation et formation

    Centre de formation aux métiers de la mer

    CAN

    20 000 000

    Budget communal / Partenaires/Etat

    2008

    CAN/ Etat/autres partenaires

    Créer une base de données des projets liés à la mer

    Enquêtes et etudes

    Recenser les projets liés à la mer

    CAN

    1 000 000

    Budget communal

    2005

    CAN/ Populations / Partenaires

    Construction d'équipements marchands

    Faciliter l'accès des usagers et des commerciaux aux équipements marchands

    Achèvement, affectation et réhabilitation d'équipements marchands

    § Faire une étude pour la réalisation d'un quai de pêche

    § Transformer l'ancien marché et l'affecter aux artisans et commerçants

    CAN

    CAN

    20 000 000

    25 000 000

    Budget communal/ Etat

    Budget communal

    2005

    2005

    CAN/Etat/ Populations/Ville de Dakar

    CAN/ Populations

    Rechercher des recettes additionnelles pour la CAN

    Aménagement de Parkings

    Aménager des parkings payants

    CAN

    15 000 000

    Budget communal / Ville de Dakar/autres partenaires

    2005

    CAN/ Ville de Dakar/autres partenaires

    Rendre attractif le marché artisanal des Almadies

    Réhabilitation du marché artisanal

    Rénover le marché artisanal des Almadies

    CAN (Pointe des Almadies)

    10 000 000

    Commerçants/artisans/ Etat/Ville de Dakar/autres partenaires

    2006

    Commerçants/artisans/ Etat/CAN/ Ville de Dakar/autres partenaires

    Organiser et assainir l'occupation de l'espace en bordure de mer réservé aux activités commerciales

    Aménagement bordures de plages

    Aménager les marchés en bordure de mer

    CAN

    15 000 000

    Budget communal / Ville de Dakar/autres partenaires

    2005

    CAN/ Ville de Dakar/autres partenaires

    Promotion du Tourisme Local

    Promouvoir le secteur du tourisme local

    Structuration et organisation du secteur autour d'un syndicat d'initiative du tourisme

    Mettre sur pied un syndicat d'initiative du tourisme

    CAN

    1 500 000

    Budget communal / Acteurs touristiques/autres partenaires

    2005

    CAN/ Etat/autres partenaires/Populations

    Promouvoir la culture et le tourisme local

    Manifestations culturelles

    Organiser un festival culturel annuel à NGOR

    CAN

    30 000 000

    Budget communal / Etat/Syndicat d'initiative/partenaires

    2005

    CAN/Syndicat d'initiative/ Etat/autres partenaires

    Formaliser le tourisme intégré

    Sensibiliser pour l'amélioration de la qualité de l'accueil

    Régulariser les maisons d'accueil

    CAN

    500 000

    Budget communal / Populations

    2005

    CAN//autres partenaires/Populations

    Promouvoir l'emploi et les prestations de service au niveau local

    Formation et offre de services de qualité (marketing)

    Tirer profit du tourisme de congrès

    CAN

    2 500 000

    Etat/autres partenaires

    2006

    CAN/Syndicat d'initiative/ Etat/autres partenaires/ Populations

    Tableau N°7.4 : Programme Prioritaire à Moyen et Long Terme (Promotion de la gouvernance locale)

    AXES STRATEGIQUES

    OBJECTIFS

    STRATEGIES

    ACTIONS PRIORITAIRES

    LOCALISATION

    COUTS

    SOURCES DE

    FINANCEMENT

    ANNEE DE REALISATION

    ACTEURS

    Renforcement des capacités des élus locaux et des leaders associatifs

    Renforcer les capacités des acteurs locaux

    Formation des acteurs

    Former les femmes à l'entreprenariat

    CAN,

    3 000 000

    5 000 000

    1 500 000

    20 500 000

    3 000 0000

    § Budget communal

    § Bailleurs

    § Etat

    § Secteur privé

    2005

    § OCB

    § ONG (ENDA)

    § Personnes resources

    § Etat

    § CAN

    Former les femmes et les leaders associatifs à la gestion des projets

    CAN

    2005

    Former les femmes aux techniques de plaidoyer et de leadership

    CAN

    2004-2005

    Renforcer les capacités des acteurs en techniques d'IEC

    CAN

    2006

    Former les élus et leaders associatifs en planification et en gestion de projet

    CAN

    2005

    Aider à la conception et à l'accompagnement des projets

    Mobilisation de l'expertise locale et d'ailleurs

    Mettre sur pied une cellule technique en élaboration et en montage de projets

    CAN

    1 500 000

    idem

    2005

    idem

    Amélioration de la communication entre les différents acteurs

    Faciliter l'accès à l'information

    Diversification des canaux de communication

    Créer un radio communautaire

    CAN

    15 000 000

    idem

    2008

    idem

    Apporter un soutien au journal local SOWU JANT

    CAN

    5 000 000

    idem

    2005

     

    Créer un cyber-associatif

    CAN

    5 000 000

    idem

    2008

    idem

    Créer une nouvelle bibliothèque

    CAN

    5 000 000

    idem

    2007

    idem

    Doter le mouvement associatif d'un cadre de travail adéquat

    Aménagement et équipement de l'ancienne mairie

    Affecter les anciens locaux de la mairie au mouvement associatif

    CAN

    3 000 000

    CAN/Bailleurs

    2004

    idem

    Sources : PLD de la Commune d'arrondissement de NGOR

    VII.2. Acteurs du dispositif

    En dehors de la municipalité, du CDL, d'ENDA 3D, de l'USAID, du CAT, des différents acteurs (sociaux, économiques, culturels et/ou de la société civile) et des populations, le PLD de NGOR prévoit la participation et l'implication de différents autres acteurs de la même sorte qu'il cible une kyrielle de partenaires pouvant être sollicités pour la mise en oeuvre des projets, actions et/ou activités prévus. Voilà pourquoi nous distinguerons deux sous groupes :

    1. le sous groupe des acteurs qui regroupe d'un côté ceux (les acteurs) qui ont eu à participer à l'élaboration du PLD et de l'autre ceux prévus pour participer à sa mise en oeuvre et à son suivi.

    2. le sous groupe des partenaires qui regroupe les partenaires ayant contribué à l'élaboration du PLD (techniquement, financièrement, logistiquement, par l'expertise....) et ceux ayant été ciblés pour le financement ou l'appui à l'exécution des projets, actions et activités prévus.

    VII.2.a. Les acteurs du dispositif

    Pour mieux les identifier tous, il nous faut revenir non seulement sur le processus qui a abouti à l'adoption du PLD, mais aussi sur les mécanismes de mise en oeuvre et de suivi prévus dans le cadre de son exécution.

    VII.2.a.1. Le Processus d'élaboration du PLD

    Le processus d'élaboration du PLD de NGOR peut être scindé en deux principales phases : la phase préparatoire et celle de mise en oeuvre.

    La phase préparatoire a été enclenchée suite au choix porté sur la commune d'arrondissement de NGOR afin de bénéficier du PATCL. Cette phase a été marquée par la mise en place d'un comité d'initiative au niveau de la mairie d'arrondissement. Ce comité composé d'élus locaux a élaboré, partant du pré diagnostic réalisé par Citoyenneté Ngoroise, le document préparatoire dans lequel étaient listées les principales attentes et ambitions de l'équipe municipale. La seconde étape a été dès lors de signer le protocole de partenariat avec ENDA 3D, ce qui s'est traduit par la mise en place d'un CDL.

    Le CDL se veut un cadre de concertation regroupant l'ensemble des OCB, associations et groupements de la commune d'arrondissement. Sa création en 2004 a, semble t'il, été une condition préalable à la signature du protocole de partenariat entre ENDA 3D et la municipalité « pour rendre effective le partenariat entre la mairie et ENDA il fallait nécessairement créer au niveau local un cadre de concertation entre les différents acteurs, c`est ainsi que le CDL a été créé»66(*).

    C'est sous l'impulsion de ce comité que va effectivement débuter le processus d'élaboration du PLD avec le lancement de campagnes d'information, de sensibilisation et de concertation auprès des autorités administratives, religieuses, coutumières ; des populations (OCB, ASC, associations et groupements de femmes...) ; des ONG et acteurs privés (opérateurs touristique, hôteliers, restaurateurs...).

    La phase de mise en oeuvre a consisté en un certain nombre d'étapes allant de la mise sur pied d'une cellule d'appui technique (CAT) à l'approbation du PLD par l'autorité administrative en passant par la formation d'animateurs, la restitution/approfondissement du pré diagnostic contenu dans le document préparatoire, les enquêtes complémentaires, l'atelier de planification stratégique et l'adoption du PLD par le conseil municipal. Puisque nous ne nous intéressons de prés à ce processus que pour mieux identifier les acteurs qui y ont participé ; nous ne nous arrêterons ici que sur deux étapes bien précises :

    1. Mise sur pied de la cellule d'appui technique (CAT) : crée par arrêté municipal cette cellule était chargée de coordonner la mise en oeuvre du processus d'élaboration du PLD. Placée sous la présidence du représentant du maire, elle se composait d'élus locaux, de leaders d'association membres du CDL, de consultants recrutés par ENDA 3D et de citoyens de la commune d'arrondissement venus spontanément offrir leurs compétences ou tout simplement réquisitionnés pour la cause....

    2. Formation d'animateurs : recruté par la mairie, ceux-ci au nombre de dix ont dans un premier temps bénéficié d'une formation aux techniques de diagnostic participatif, à la MARP, à la planification stratégique..... ce sont ces animateurs qui ont, par exemple, mené sous la supervision de la CAT et du CDL les ateliers de restitution des résultats du pré diagnostic ainsi que les enquêtes complémentaires..... Ce sont eux aussi qui forment aujourd'hui le groupe local de suivi du PLD (GLS) en compagnie de certains membres du CDL. ; il faut dire à ce propos qu'ils ont pu bénéficier, grâce à ENDA 3D, de cycles de formations en management des organisations, management des projets......

    VII.2.a.2. Les Mécanismes de mise en oeuvre et de suivi du PLD

    Il était prévu dans le cadre de la mise en oeuvre et du suivi du PLD, de mettre sur pied un certain nombre d'organes chargés d'assurer sa promotion et d'en faire un élément d'animation du développement de la commune d'arrondissement. Il s'agit du :

    1. Comité de pilotage du PLD qui devait réunir les élus locaux, le CDL et la CAT. Ce comité devrait être la traduction concrète de la «nécessaire complémentarité par la participation active et organisée des différents acteurs »67(*).

    2. Comité de suivi et de mise en oeuvre du PLD (au niveau communal) qui devrait réunir autour du maire, les services d'appui technique, les partenaires au développement et les représentants des organisations communautaires de base. Il devrait avoir entre autres missions d'aider à la négociation des financements du plan d'investissement local (PIL), d'appuyer les comités locaux dans l'ingénierie sociale et le suivi des chantiers, d'opérationnaliser les projets du PIL et d'évaluer la mise en oeuvre du PLD.

    3. Comités locaux de mise en oeuvre du PLD ou comités de quartiers qui devraient être constitués dans chaque zone de la commune d'arrondissement et dont la mission principale sera d'être des relais du comité de suivi et mise en oeuvre auprès des populations à la base.

    4. Du syndicat d'initiative du tourisme qui devrait être mis en place afin d'initier toute action ou activité de nature à développer l'ensemble des formes de tourisme dans la commune d'arrondissement. Il s'agira donc d'une structure chargée de conserver et d'accroître les acquis de la commune d'arrondissement dans ce secteur. L'installation du syndicat devrait selon les recommandations du PLD nécessiter des ressources humaines comme les exploitants touristiques (hôteliers, restaurateurs, prestataires de services, détenteurs de maison d'accueil, techniciens..) de même que l'implication effective de la commune «  afin de lui donner une caution administrative » 

    Même si nous aurons l'occasion d'y revenir au moment d'analyser les niveaux de performativité du PLD, il demeure tout de même important de souligner que les enquêtes de terrain nous ont permis de constater que deux (2) ans après l'adoption du PLD aucun de ces quatre organes n'est encore fonctionnel.

    Au-delà de ces trois organes, le PLD a identifié pour chaque axe stratégique et pour chacune des actions ou activités prioritaires à entreprendre un certain nombre d'acteurs (institutionnels ou non) devant être mis à contribution pour la mise en oeuvre (colonne Acteurs).

    Il s'agit de la commune d'arrondissement de NGOR (CAN) à travers le conseil municipal qui pilote la mise en oeuvre du PLD et assure la maîtrise d'ouvrage de toutes les actions contenues dans le PIL ; des populations ; de la Ville de Dakar, de l'Etat, de la banque mondiale, de l'USAID, de l'ADM, des ONG (JICA, KFW, ENDA...), de l'AGETIP, de l'APRODAK, de l'ASPEN, des commerçants, des artisans, du syndicat d'initiative du tourisme.

    Ainsi nous pouvons retenir, en résumé, que les principaux acteurs qui ont participé (ou devrait participer) à l'élaboration et/ou à la mise en oeuvre du PLD sont : la CAN ; ENDA 3D ; le CDL ; la CAT ; les 10 animateurs de terrain, le GLS, les autorités administratives, religieuses et coutumières de NGOR; les populations (OCB, ASC, associations et groupements de femmes...) ; les ONG et acteurs privés (opérateurs touristique, hôteliers, restaurateurs...) ; le de pilotage, le comité de suivi et de mise en oeuvre du PLD ; les comités locaux de mise en oeuvre du PLD ; le syndicat d'initiative du tourisme ; la Ville de Dakar ; l'Etat du Sénégal, la banque mondiale, l'USAID, l'ADM, les ONG JICA et KFW ; l'AGETIP ; l'APRODAK ; l'ASPEN ; les commerçants ; les artisans...

    VII.2.b. Les partenaires du dispositif

    Ces derniers se confondent souvent avec les acteurs mais comme nous l'avons dit il faudra surtout les voir comme, d'une part, les partenaires ayant contribué techniquement, logistiquement, financièrement ou par l'expertise à l'élaboration du PLD et, d'autre part, comme les partenaires ayant été ciblés pour le financement ou l'appui à l'exécution (mise en oeuvre) des projets, actions et activités prévus.

    On a pu voir, s'agissant de la première catégorie de partenaires, que le PLD de NGOR a essentiellement été élaboré avec l'appui technique et financier du PATCL piloté par l'ONG ENDA 3D et l'USAID. La municipalité a également joué un rôle déterminant dans ce processus de même que la CAT et le CDL.

    Quant aux partenaires financiers ciblés il s'agit de : la CAN, de la Ville de Dakar, de l'Etat Sénégalais, de la Banque mondiale, de l'ADM, des ONG (JICA, KFW, ENDA), de l'AGETIP, de l'ONAS, le PDIS, de la STEP, du BIT, du district sanitaire de Dakar, des bailleurs, de l'AMS, des commerçants, des artisans, du syndicat d'initiative du tourisme et du secteur privé.

    VII.3. Le financement du dispositif

    Le financement du PIL qui représente le volet investissement du PLD, requiert un volume d'investissement total évalué à près de six milliards quatre cent dix sept millions de francs CFA (6.417.000.000 FCFA).

    Tableau N°7.5 : Récapitulatif des coûts du PLD

    Enjeux de développement

    Volume d'investissement requis

    Amélioration du cadre de vie et de l'environnement

    2.930.000.000

    Accès aux services sociaux de base

    1.832.000.000

    Promotion des secteurs économiques

    1.610.000.000

    Promotion de la bonne gouvernance

    44.500.000

    Volume total d'investissement requis

    6.417.000.000

    Source : PLD de NGOR

    Comme il est ressorti de l'identification des partenaires du dispositif, un certain nombre d'institutions, d'organisations et/ou de structures ont été ciblés afin de financer les investissements prévus.

    La municipalité devant assurer la maîtrise d'ouvrage de toutes les activités contenues dans le PIL c'est par elle, tout naturellement, que devront transiter l'ensemble des financements.

    VII.4. Articulation du dispositif d'avec les autres dispositifs de planification en vigueur dans la commune d'arrondissement

    Même si le PLD est le seul document de planification qui puisse actuellement être donné en référence ; il n'en demeure pas moins que la commune d'arrondissement de NGOR dispose d'autres types de dispositifs de planification. Ces dispositifs de type sectoriel touchent notamment à la planification spatiale (plan de lotissement de la zone d'extension du village traditionnel) ; à la planification budgétaire (plan local d'investissements -PIL- ou plan d'investissements prioritaires -PIP-) et aux secteurs de l'éducation et de la formation (plan d'éducation et de formation).

    Les résultats de l'étude nous permettent d'affirmer sans ambiguïté que l'articulation entre ces différents plans sectoriels et le PLD est effective dans la simple mesure où chacun de ces plans s'inspire ou retraduit le PLD. C'est ainsi que le plan de lotissement de la zone d'extension du village doit, par exemple, être perçu comme la concrétisation d'une des orientations phares du PLD à savoir l'application du lotissement de NGOR 1. De la même sorte, le plan d'éducation et de formation qui a été élaboré simultanément au PLD, reprend toutes ses grandes orientations en matière d'éducation et de formation (construction d'infrastructures scolaires, réhabilitation et rénovation de certaines infrastructures déjà existantes, formation des différents acteurs, alphabétisation des populations, lutter contre les taux de déperdition scolaire très élevés en développant l'enseignement primaire fondamental.......).

    VII.5. La gouvernance/participation du dispositif

    Tous les acteurs et dispositifs de développement font aujourd'hui une référence obligée à la participation. Le fait reste cependant que le degré de participation n'est pas toujours du même ordre:

    · selon les acteurs qui la promeuvent,

    · selon ceux qui intègrent les mécanismes de pilotage et de gouvernance des dispositifs ;

    · selon le temps que l'on y consacre ;

    · selon les règles institutionnalisées ou implicites qui régissent les processus...... 

    C'est pour cette raison qu'il nous a été demandé de faire une analyse « beaucoup plus fine de la participation dans chacun des dispositifs étudiés »68(*) et pour se faire trois (3) indicateurs de la participation dans les processus de planification locale et de management de projets nous ont été suggérés, il s'agit :

    1. des modalités et la durée des étapes de consultation des acteurs locaux et de la population.

    2. de la composition et le fonctionnement des différents comités de pilotage et de suivi des dispositifs.

    3. des modalités de validation et de prise en compte des propositions résultant de ces différents dispositifs

    VII.5.a. Les modalités et la durée des étapes de consultation des acteurs locaux et de la population

    « Il s'agit avant toute chose d'identifier, de caractériser, d'analyser et de comprendre le fonctionnement des différents espaces de direction, de consultation et/ou de négociation qui caractérise le dispositif étudié »69(*).

    Etant donné que les différents organes de pilotage, de mise en oeuvre et de suivi qu'il était prévu de mettre sur pied n'ont connu, jusqu'à ce jour, aucun début d'opérationnalité ; les seuls espaces de direction, de consultation et/ou de négociation qu'il est possible d'identifier restent le conseil municipal, le CDL et le GLS.

    Composé de trente (30) conseillers municipaux, le conseil municipal de la commune d'arrondissement de NGOR fonctionne selon des règles institutionnelles établies par le code des collectivités locales (articles 149 et suivants) et par le chapitre II de la loi 96-09 fixant l'organisation administrative et financière de la commune d'arrondissement et ses rapports avec la ville. C'est d'une certaine manière, le véritable espace de direction du PLD puisque ce sont les élus locaux qui saisissent l'occasion de la préparation du budget pour débattre des priorités à retenir en fonction des urgences et des potentialités mises à jour par le plan. Dans ce schéma de fonctionnement c'est la commune d'arrondissement de NGOR, en tant que collectivité locale (dotée de la personnalité morale et juridique ainsi que de l'autonomie financière) qui est maître d'oeuvre des travaux et réalisations alors que le conseil municipal joue le rôle de maître d'ouvrage de toutes les actions contenues dans le PIL.

    Dans ses rôles de catalyseur du changement social et de cadre de concertation des OCB le CDL apparaît quant à lui comme l'espace de consultation et de négociation par excellence. Regroupant les principales OCB de la commune d'arrondissement (COPECS, Olympique de NGOR, COJEN, ASPEN, CCF, Wennu Saï, APEP, l'association des piroguiers.....), il fonctionne sous le mode d'un véritable cadre d'échange, de négociation et de médiation entre les différents acteurs du mouvement associatif local et les autorités municipales ses principales missions étant :

    1. d'appuyer le développement local à travers une démarche participative permettant à toutes les organisations communautaires de base et à toutes les associations locales de participer aux projets et programmes de développement local,

    2. de renforcer les capacités de ces organisations et associations,

    3. d'aider à la promotion de la bonne gouvernance et du contrôle citoyen

    4. de promouvoir la dimension genre dans le développement local

    C'est dire qu'il joue les rôles d'intermédiation et d'interface entre les acteurs à la base et le conseil municipal de la commune d'arrondissement.

    Le GLS quant à lui est l'organe de suivi qui s'est mis en place en attendant la mise sur pied du comité de mise en oeuvre et de suivi. Créé sous l'impulsion du CDL, il regroupe des membres de ce comité ainsi que les dix membres d'associations à la base qui avaient été recrutés et formés à l'occasion notamment de l'élaboration du PLD. La principale mission que s'est assigné le GLS est de veiller à ce que les projets figurant dans le PLD et pouvant être pris en charge par le budget communal soient mis en oeuvre. Il s'agit, par exemple, du nettoyage des plages, de l'équipement de la maison des associations.......

    Pour bien apprécier les niveaux et modalités de participation (durée des consultations, mécanismes de validation ou modalités de prise de décision, accessibilité de l'information...) des différents acteurs locaux et de la population au sein de ces espaces, il faut considérer deux situations qui nous semblent être des situations de référence :

    1. au courant de l'élaboration du dispositif

    2. après l'adoption du dispositif c'est-à-dire au courant de ses deux années de mise en oeuvre

    VII.5.a.1. Les modalités de la participation des acteurs locaux et de la population au courant de l'élaboration du dispositif

    La consultation des habitants pour l'élaboration d'un diagnostic de ville préalable à l'élaboration d'un contrat de ville avec l'ADM est souvent très rapide (quelques jours au plus), alors que le diagnostic participatif préalable à l'élaboration d'un PLD dans le cadre du PATCL peut prendre plusieurs mois. Cela a été le cas pour la commune d'arrondissement de NGOR puisque le processus d'élaboration a pris dix neuf (19). En effet, lancé en Décembre 2003 avec la mise sur pied du comité d'initiative, le processus n'a prit terme qu'avec la validation du document par l'autorité administrative (sous préfet) en Février 2005. Cette longue période a correspondu à deux phases principales à savoir la phase préparatoire et la phase de mise en oeuvre.

    La phase préparatoire a consisté en « des prises de contact soutenues par des lettres »70(*) adressées aux autorités administratives, religieuses et coutumières pour une large information, une sensibilisation et une implication des populations dans le processus. Dans ce but, des rencontres ont par exemple été initiées avec les OCB, les jeunes, les femmes, les notables, les ONG, les services publics et/ou privés et avec les acteurs institutionnels intervenant dans la commune d'arrondissement.

    La phase de mise en oeuvre a quant à elle consisté à un certain nombre d'activités, il s'agit de:

    1. la mise sur place de la cellule d'appui technique (CAT)

    2. la formation d'animateurs recrutés par la commune

    3. la restitution et l'approfondissement du pré diagnostic, il faut comprendre qu'à l'issue de leur formation les animateurs ont organisé des ateliers de restitution des résultats du pré diagnostic et les ambitions de l'équipe municipale pour prendre en charge les problèmes et préoccupations des populations « ces ateliers ont permis aux groupes cibles identifiés dans la stratification sociale du village traditionnel de faire leur auto analyse de la situation de la commune d'arrondissement et de proposer des solutions »71(*).

    4. les enquêtes complémentaires, elles ont essentiellement consisté en des consultations documentaires, en des recueils de données statistiques et en des enquêtes de proximité.

    5. l'atelier de planification stratégique, son objectif général était de dégager les priorités de développement en concertation avec les populations les objectifs spécifiques étant :

    § de faire l'état des lieux de la collectivité

    § de définir les axes stratégiques de développement de la collectivité locale

    § d'identifier les actions prioritaires à court terme (3ans) et à moyen terme (5ans)

    6. la validation du projet de PLD par le conseil municipal, c'est au cours de sa séance du 05 Février 2005 que le conseil municipal a validé le projet de PLD qui est ressorti de l'atelier de planification stratégique.

    7. la validation du PLD par l'autorité administrative, après l'acceptation du document de référence par le conseil municipal, le PLD et le PIP ont été transmis à l'autorité administrative pour approbation.

    Il ressort clairement des données de l'étude et plus particulièrement des données de l'analyse de contenu que le PLD de NGOR a effectivement été le résultat d'une concertation réelle entre les différents acteurs de la scène locale du développement. On n'en veut pour preuve que la totale détermination qui est affichée tant du côté du conseil municipal que du CDL pour amorcer, conforter et renforcer la démarche jugée cohérente et réaliste qui a été adoptée au moment de mettre en branle le processus d'élaboration du PLD « cette démarche s'articule d'abord sur l'unité d'actions de toutes les ressources humaines de la commune d'arrondissement puis ensuite sur la recherche de moyens afin de stimuler le développement durable de la localité »72(*). C'est dire que les organes actuels de pilotage du PLD de NGOR conscients qu'ils sont de la valeur des acquis qui ont été enregistrés en terme de participation et d'implication des différents acteurs au processus d'élaboration du PLD ; se montrent déterminés à les préserver, les renforcer, les approfondir et les démultiplier. Ce qui constitue une raison de plus pour croire qu'il y a effectivement eu au moment de l'élaboration du PLD une réelle dynamique de concertation, d'implication mutuelle et de participation qui s'est instaurée entre l'ensemble des acteurs de la scène locale du développement (populations, municipalité, OCB, ONG, secteur privé, autorités administratives, relieuses et coutumières, société civile....).

    Cela semble se confirmer au regard des données de l'enquête de terrain, puisque nous avons pu nous rendre compte en interrogeant les principaux acteurs gravitant autour des pratiques d'usage, d'aménagement, de gestion, d'exploitation et/ou de préservation de la plage de NGOR village et de sa baie ; qu'ils ont pour la plupart été associés au processus d'élaboration du PLD (58%).

    Tableau N° 7.5. : Répartition des acteurs gravitant autour des pratiques d'usage, d'aménagement, de gestion, d'exploitation, d'entretien et/ou de préservation de la plage de NGOR village et de sa baie selon les réponses de leurs personnels et/ou membres à la question de savoir si leurs organisations/institutions/structures respectives ont été associées au processus d'élaboration du PLD de NGOR ?

    Acteurs

    OUI

    NON

    Ne sait pas

    TOTAL

    ASPEN

    3

    0

    0

    3

    Plagistes (APEP)

    0

    2

    1

    3

    Mairie

    8

    0

    0

    8

    Comité de gestion de la plage (CGP)

    0

    4

    0

    4

    Ville de Dakar

    0

    1

    0

    1

    ASPREM

    0

    2

    0

    2

    Regroupement des transporteurs de l'île de NGOR

    4

    0

    0

    4

    Groupe CELLIA

    0

    2

    0

    2

    HOTEL la BRAZZERADE

    1

    0

    0

    1

    HOTEL la MADRAC

    1

    0

    0

    1

    HOTEL NGOR DIARAMA

    0

    1

    0

    1

    POURCENTAGES

    57

    40

    3

    30

    Source : données d'enquêtes (questionnaire)

    Graphique N° 7.1 : Répartition des acteurs gravitant autour des pratiques d'usage, d'aménagement, de gestion, d'exploitation, d'entretien et/ou de préservation de la plage de NGOR village et de sa baie selon les réponses de leurs personnels et/ou membres à la question de savoir si leurs organisations/institutions/structures respectives ont été associées au processus d'élaboration du PLD de NGOR ?

    Source : données d'enquêtes (questionnaire)

    Les modalités de cette association/implication portaient, par exemple, sur le diagnostic des enjeux de développement liés aux métiers de la mer, sur les priorités auxquelles il faudrait s'attaquer rapidement, sur les stratégies, activités ou actions prioritaires à mettre en oeuvre..... Et sur toutes ces questions il était sollicité l'avis des représentants de celles parmi ces organisations/institutions/structures qui ont été associées au processus. Les mécanismes de prise de décision ou de validation des priorités étaient basés sur le principe du vote.

    VII.5.a.2. Les modalités de la participation des acteurs locaux et de la population après l'adoption du dispositif

    Comme il est apparu plus haut, la volonté est aujourd'hui réelle de la part des organes qui pilotent le PLD (conseil municipal et CDL) de pérenniser et d'approfondir la forte dynamique de concertation et de participation qui s'est amorcée au moment de l'élaboration du PLD « (....) la réalisation de cet ambitieux objectif se fonde sur les principe suivants : (....) assurer la participation de toutes les couches de la population du territoire municipal, sans exclusive à la définition des priorités de développement et prendre en charge de façon efficace leurs attentes (...) »73(*).

    La mise sur pied des organes de pilotage, de mise en oeuvre et de suivi pourrait sans aucun doute contribuer à atteindre ces objectifs. Ces organes de proximité devraient en effet largement faciliter le dialogue et la concertation entre les différents acteurs et l'organe de pilotage du PLD ce qui aurait l'avantage de favoriser l'appropriation du PLD, de ses projets et programmes par les populations et les acteurs locaux.

    En l'absence de ces organes, les données ont révélé que c'est principalement le CDL qui tente d'intégrer l'ensemble des acteurs et plus particulièrement les populations et le mouvement associatif local à la mise en oeuvre et à l'exécution du PLD. Il est intéressant de souligner à ce propos les initiatives entreprises par le CDL et tendant à inciter ces différents acteurs (populations, mouvement associatif local....) à s'intéresser en assistant aux séances du conseil municipal (conception et élaboration du budget notamment) afin d'y faire valoir leurs points de vue sur les choix de priorités faits par le conseil municipal.

    Un constat s'impose toutefois à savoir que malgré la ferme volonté du conseil municipal ainsi que les énormes efforts consentis par le CDL et par delà lui le GLS, la participation et l'implication des acteurs au processus de mise en oeuvre et d'exécution du PLD est encore très faible (pour ne pas dire nulle) comparée aux niveaux atteints lors du processus d'élaboration.

    L'une des raisons principales en est certainement la non fonctionnalité des organes de pilotage qui devaient justement rendre possible cette large participation/implication en jouant le rôle de cadres ouverts de concertation et de négociation sur les options et choix de mise en oeuvre du PLD, car quoi qu'on dise même si les acteurs assistent et vont même jusqu'à participer aux débats d'un conseil municipal, il reste que la loi ne leur confère aucun pouvoir de décision dans de telles instances.

    L'autre raison qui pourrait être avancée pour expliquer le faible niveau de participation/implication des différents acteurs et de la population à la mise en oeuvre et à l'exécution du PLD est liée à un « déficit notoire de communication entre élus locaux et leurs administrés d'une part, entre les leaders associatifs et leurs mouvement d'autre part et entre la population en général (.......) »74(*). Ce déficit de communication est semble t'il beaucoup plus criard autour des informations relatives au PLD, ses projets, ses financements, ses activités et réalisations. On a eu à se rendre compte, en effet, à travers les donnée recueillies auprès des acteurs ayant participé à l'élaboration du PLD de NGOR (municipalité, ENDA 3D, CDL, autorités administratives, structures traditionnelles, autorités coutumières et religieuses, OCB, associations de jeunes ou de femmes, ONG, représentants des zones résidentielles et du village traditionnel....), que de tels types d'informations étaient majoritairement jugés inaccessibles.

    Graphique N° 7.2 : Répartition des acteurs ayant participé à l'élaboration du PLD de NGOR selon les réponses de leurs personnels et/ou membres à la question de savoir comment est ce qu'ils jugent l'information sur la PLD, ses projets, ses financements, ses réalisations...... ?

    Source : données d'enquêtes (Guide d'entretien N°1)

    VII.6. La composition et le fonctionnement des différents comités de pilotage et de suivi du dispositif

    Afin de mesurer de façon plus précise et plus objective le degré de participation des différents acteurs et des populations au sein des différents organes de pilotage du PLD de NGOR, il est apparu opportun de prendre comme indicateur la composition et le fonctionnement des différents comités de pilotage et de suivi du dispositif étudié. Il s'agit surtout de faire un focus sur la composition de ces comités et instances de pilotage en s'intéressant plus particulièrement à l'expertise mobilisée. L'objectif visé étant de dégager un profil d'ensemble des hommes et femmes qui les composent.

    Il est ressorti que pour ce qui est du conseil municipal, il s'agit en majorité de jeunes (fourchette d'âge de 30 à 45 ans en moyenne) issus du mouvement associatif local (COPECS, ASPEN, COJEN, Wennu Saï.....) et évoluant dans divers domaines d'activité professionnelle. Par exemple, alors que Mr le Maire et Mr le président de la commission Environnement, Pêche et Tourisme sont des fonctionnaires du gouvernement du Sénégal (Ministère du tourisme et ministère de l'éducation nationale), Mr le 1er adjoint au maire est agent aéronautique à l'ASECNA et Mr le conseiller municipal Omar SAMB (Pape Ngalla SAMB) est pêcheur. Le niveau d'enseignement atteint en moyenne par les élus locaux de NGOR est le secondaire.

    Quant au CDL il fonctionne autour d'un bureau de six membres (Président, Vice président, secrétaire, secrétaire adjoint, trésorier, trésorier adjoint) et de deux organes que sont l'assemblée générale des leaders associatifs et le médiateur communautaire. D'une façon générale, ce sont plutôt des jeunes leaders ou membres d'associations à la base qui le constituent. A en croire son coordonnateur, le niveau d'éducation minimum des membres du CDL est le BAC. Pour Mr SAMB par exemple la principale force du CDL ce sont ses ressources humaines car il faut le reconnaître ENDA 3D a beaucoup fait dans le domaine du renforcement des capacités des membres du CDL. Les domaines d'activités économiques des membres de ce comité sont tout aussi diversifiés que pour les conseillers municipaux (informaticiens, juristes, pêcheurs, commerçantes ...).

    Le GLS est tout à l'image du CDL puisque ce sont les membres du CDL qui le composent en plus des dix animateurs communautaires formés par ENDA. Ces jeunes choisis au départ par le CDL sont membres d'association et d'OCB de la commune d'arrondissement (COJEN, ASPEN...). Ils ont accepté à travers leur participation au GLS de mettre au service de la commune d'arrondissement l'expertise qu'il ont pu acquérir ne serait ce que pour la démultiplication des formations dont ils ont fait l'objet.

    VII.7. Les modalités de validation et de prise en compte des propositions résultant du dispositif dans ces différents espaces de pilotage, de concertation, de négociation et de participation

    Pour aller plus loin dans l'analyse des niveaux de participation/implication des différents acteurs et des populations à l'élaboration, la mise en oeuvre et le suivi du PLD, on peut aussi considérer comme indicateur pertinent ce que nous appelons ici les modalités de validation et de prise en compte au sein des espaces de pilotage, de concertation, de négociation et de participation (conseil municipal, CDL, GLS) des propositions issues du PLD. Autrement dit comment d'une part se posent (et sont posées) très concrètement au sein de ces espaces les propositions issues du PLD et d'autre part comment les propositions retenues sont finalement validées au sein de ces espaces.

    Comme on a pu le voir c'est le conseil municipal qui représente le véritable espace de décision (direction) pour tout ce qui touche la mise en oeuvre du PLD. Ce sont en effet les élus locaux qui saisissent l'occasion de la préparation du budget pour débattre des priorités à retenir en fonction des urgences et des opportunités budgétaires. C'est dire que les priorités sont posées en fonction des urgences, des possibilités budgétaires et parfois aussi de la disposition ou non d'un bailleur ou partenaire à les financer.

    Comme nous avons également eu à le dire, le fonctionnement de cette instance est clairement défini par le législateur. De sorte que l'on peut retenir pour ce qui est des modalités de validation qu'elles sont, conformément à la loi, le vote. Dés que le conseil municipal adopte un budget par vote celui-ci fait l'objet d'un arrêté qui doit être validé par l'autorité administrative dans le cadre du contrôle de légalité. Après approbation du sous préfet, les priorités validées à travers l'adoption du budget deviennent exécutoires de fait.

    Les projets issus du PLD qui sont soumis au conseil municipal par le CDL ou le GLS, sont généralement sélectionnés après concertation approfondie et en fonction des possibilités du budget ou des promesses de financements. C'est-à-dire que lorsqu'il est jugé qu'il est temps et opportun de réaliser un projet prévu par le PLD, on en discute d'abord et de façon démocratique avant de le soumettre au conseil municipal en s'assurant que soit les financements d'un bailleur sont disponibles ou au moins que le budget municipal est en mesure de supporter les investissements requis.

    VII.8. Réalisation et résultats du dispositif

    Depuis deux ans que le PLD de NGOR a été adopté par le conseil municipal et approuvé par l'autorité administrative, on peut bien se demander quels sont dans les faits les résultats et réalisations enregistrés ; cela pouvant même s'avérer être un élément déterminant dans l'appréciation des niveaux de performativité du dispositif.

    Les données recueillies sur le terrain montrent suffisamment bien que l'état de réalisation des projets et actions prioritaires prévus par le PLD, est extrêmement faible. Soixante deux pourcent (62%), en effet, des actions prioritaires et projets prioritaires prévus pour être réalisé entre 2004 et 2007 ne le sont pas alors que seul 17% le sont effectivement (Tableau N° 7.6et Graphique N° 7.3).

    Tableau N°7.6: Etat de réalisation des actions prioritaire et projets prévus par le PLD pour être réalisé entre 2004 et 2007

    Actions Prioritaires devant être réalisées entre 2004 et 2007

    Etat de Réalisation

    Finaliser le lotissement de la zone d'extension

    Réalisé

    Réaliser l'étude technique sur la restructuration du village traditionnel

    Non Réalisé

    Créer des voies d'accès dans les zones résidentielles

    Non Réalisé

    Réaliser le projet d'assainissement semi collectif

    Réalisé

    Ramasser les ordures dans les zones difficiles

    Non Réalisé

    Construire des vespasiennes

    Non Réalisé

    Gérer les plages

    Réalisé en partie

    Construction d'un centre de santé

    Non Réalisé

    Mise en place d'une mutuelle de santé

    Réalisé

    Construire un institut islamique

    Réalisé en partie

    Alphabétiser les populations

    Réalisé en partie

    Organiser des cycles de formation aux métiers du tourisme et de l'hôtellerie

    Non Réalisé

    Construire un quai de pêche

    Non Réalisé

    Construire une usine de glace

    Non Réalisé

    Créer la maison du pêcheur

    Non Réalisé

    Construction d'un centre de transformation des produits de la mer

    Non Réalisé

    Recenser les projets liés à la mer

    Non Réalisé

    Faire une étude pour la réalisation d'un quai de pêche

    Non Réalisé

    Transformer l'ancien marché et l'affecter aux artisans et commerçants

    Non Réalisé

    Aménager des parkings payants

    Non Réalisé

    Rénover le marché artisanal des Almadies

    Non Réalisé

    Aménager des marchés en bordure de mer

    Non Réalisé

    Mettre sur pied un syndicat d'initiative du tourisme

    Non Réalisé

    Organiser un festival culturel annuel à NGOR

    Non Réalisé

    Régulariser les maisons d'accueil

    En cours de réalisation

    Tirer profit du tourisme de congrès

    Non Réalisé

    Former les femmes à l'entreprenariat Former les femmes et les leaders associatifs à la gestion des projets

    Réalisé en partie

    Former les femmes en technique de plaidoyer et leadership

    Non Réalisé

    Renforcer les capacités des acteurs en techniques d'IEC

    Réalisé en partie

    Former les élus et les leaders associatifs en planification et en gestion de projets

    Réalisé

    Mettre sur pied une cellule technique en élaboration et en montage de projet

    Réalisé

    Apporter un soutien au journal local Sowu Jant

    Réalisé en partie

    Créer une nouvelle bibliothèque

    Non Réalisé

    Affecter les anciens locaux de la mairie au mouvement associatif

    Réalisé

    Source : Données d'enquêtes (Guide d'entretien N°1)

    Graphique N° 7.3: Répartition selon leur état de réalisation des actions prioritaires et projets prévus par le PLD pour être réalisés entre 2004 et 2007

    Source : Données d'enquêtes (Guide d'entretien N°1)

    Cela est assez révélateur de l'état de mise en oeuvre du PLD et partant de ses niveaux de performativité. Mis à part la finalisation du lotissement de la zone d'extension, la finalisation du projet d'assainissement semi collectif, la mise en place d'une mutuelle de santé, la formation des élus locaux et des leaders associatif et l'affectation au CDL des anciens locaux de la mairie ; aucun autre projet ou action prioritaire prévu par le PLD pour la période 2004-2007 n'a été réalisé.

    Lorsqu'on s'y penche de prés, on se rend compte que cette situation est la résultante d'un certain nombre de facteurs liés tant au PLD lui-même, qu'à des éléments que nous qualifierons de « structurelles ou conjoncturelles ».

    1 Les causes liées au PLD lui-même : Beaucoup d'interlocuteurs que nous avons eu à interviewer semblent reconnaître, lorsqu'on les interpelle sur l'état de réalisation des projets et actions prioritaires prévus par le PLD, qu'à un moment donné de l'élaboration du PLD, les acteurs ont manqué de réalisme. Cela de l'avis, par exemple, du maire se traduit par le fait que l' « on retrouve dans les prévisions du PLD des projets et actions qui n'entrent aucunement dans le champ des compétences très restrictives qui ont été transférées aux communes d'arrondissement par la loi 96-09 »75(*).

    Lorsqu'on analyse le PLD, le manque de réalisme des personnes qui l'on conçu apparaît, à notre sens, beaucoup plus au niveau des prévisions budgétaires. Par exemple pour l'année 2006 le budget total d'investissement requis par le PLD s'élève à 1.853.000.000 FCFA alors que le budget annuel de la commune d'arrondissement de NGOR n'a jamais atteint les 200.000.000 FCFA (125.000.000 FCFA en 2005). C'est dire que les concepteurs du PLD ont très peu tablé avec les ressources limitées de la commune d'arrondissement dans un contexte où tout le monde s'accorde à reconnaître les difficultés majeures de financement du développement local ce qui se traduit notamment par les énormes difficultés que rencontrent les collectivités locales pour trouver des bailleurs ou partenaires prêts à financer leurs projets et actions de développement.

    1 Les causes de nature structurelle ou conjoncturelle : Elles sont pour l'essentiel à rattacher à l'aspect que nous venons de développer relativement aux difficultés de financement du développement local et à la rareté de plus en plus constatée des financements. S'il est vrai que les collectivités locales ne peuvent objectivement supporter à elles seules le financement du développement local, il reste tout de même qu'il leur appartient à travers la mobilisation des ressources d'instaurer des cadres viables de partenariats et d'échanges qui permettront, par exemple, de sensibiliser les potentiels investisseurs, bailleurs et partenaires sur les potentialités et enjeux de développement du territoire ainsi que sur les projets et programmes prévus afin qu'en retour ceux-ci acceptent de mettre à disposition les financements.

    ENDA 3D avait semble t'il compris cela puisqu'il était prévu la tenue d'un forum des partenaires afin de sensibiliser et de mobiliser tous les partenaires ciblés pour la mise en oeuvre par le PLD. Comme nous l'ont confirmé beaucoup de personnes enquêtées ce forum des partenaires ne s'est jamais tenu et c'est d'ailleurs ce qui bloque la mise sur pied des organes de pilotage, de mise en oeuvre et de suivi du PLD.

    En tout état de cause, le contexte problématique de la rareté des sources de financement du développement local et l'inexistence, dans le cas du PLD de NGOR, d'un véritable cadre de sensibilisation et de mobilisation des potentiels bailleurs et partenaires ont fait qu'aujourd'hui, l'état de réalisation des projets et actions prioritaires prévus par ce dispositif sont très faibles.

    Toutes ces raisons font que les niveaux de performativité du PLD sont généralement jugés faibles par les personnes à qui nous avons posé la question.

    Tableau N° 7.7 : Répartition des enquêtés selon leurs réponses à la question de savoir comment est ce qu'ils jugent les niveaux de performativité du PLD de NGOR ?

    ACTEURS

    Faibles

    Moyens

    Satisfaisants

    Sans opinion

    TOTAL

    Municipalité

    5

    1

    2

    0

    8

    ENDA 3D

    0

    1

    0

    0

    1

    CDL

    2

    1

    0

    0

    3

    CAT

    2

    0

    0

    0

    2

    CGP

    3

    1

    0

    0

    4

    Les FREYS de NGOR

    2

    0

    0

    0

    2

    L'imam de NGOR

    0

    1

    0

    0

    1

    Le Chef du Village de NGOR

    0

    0

    0

    1

    1

    ASPEN

    3

    0

    0

    0

    3

    Plagistes (APEP)

    0

    2

    1

    0

    3

    Regroupement des transporteurs de l'île de NGOR

    2

    1

    0

    1

    4

    Groupe CELLIA

    0

    2

    0

    0

    2

    Collectif Citoyen des Femmes (CCF)

    0

    0

    1

    0

    1

    Olympique de NGOR

    0

    1

    0

    0

    1

    COJEN

    1

    0

    0

    0

    1

    Wennu Saï

    1

    0

    0

    0

    1

    Représentants des Zones résidentielles

    3

    0

    0

    0

    3

    HOTEL la MADRAC

    1

    0

    0

    0

    1

    HOTEL NGOR DIARAMA

    0

    0

    0

    1

    1

    Pourcentages

    58

    26

    9

    7

    43

    Source : Données de l'enquête (questionnaire et guide d'entretien N°1)

    Graphique N° 7.4:

    Source : Données de l'enquête (questionnaire et guide d'entretien N°1)

    VII.9. Conclusion partielle : En quoi ce dispositif réfère t'il au développement durable ?

    Pour une étude dont l'un des objectifs principaux est de mettre à nu les pratiques et discours qui au niveau local portent (et supportent) le développement durable et son concept connexe de développement urbain durable, nous ne pouvions clore cette analyse du dispositif principal de planification en vigueur dans la commune d'arrondissement de NGOR sans nous interroger sur la façon (explicite ou implicite) dont celui-ci réfère (ou ne réfère pas) à ces concepts.

    Avant de poser les éléments qui nous permettent, après enquêtes et analyse de contenu, de dire si oui ou non le dispositif en question réfère au développement durable, il nous faut, pensons nous, tirer quelques conclusions et constats majeurs qui sont ressortis de nos précédentes analyses:

    1. Il est apparu concernant les niveaux de participation et d'implication des différents acteurs et de la population que ceux-ci (les niveaux de participation et d'implication), ont été plus importants et plus satisfaisants au moment de l'élaboration du PLD qu'à l'étape actuelle de mise en oeuvre. Cet état de fait est dû à un certain nombre de facteurs ayant notamment trait à la non fonctionnalité des organes de pilotage, de mise en oeuvre et de suivi du dispositif ; au fait que c'est principalement le conseil municipal qui pilote la mise en oeuvre et qu'en tant qu'organe et instance délibérante de la collectivité locale cette structure n'autorise pas (ou ne favorise pas), dans son fonctionnement, une réelle participation des acteurs et des populations  ......

    2. les niveaux de performativité du PLD sont aussi apparus comme très faibles avec, par exemple, un taux de non réalisation de 62% des projets et activités prioritaires prévus pour être réalisés entre 2004 et 2006. Il est ressorti que cette situation pouvait s'expliquer d'une part par des aspects liés au PLD lui-même (manque de réalisme) et d'autre part par une situation beaucoup plus globale que nous avons qualifiée de conjoncturelle ou structurelle à savoir que de plus en plus le financement du développement local pose problème.

    En parcourant le PLD de NGOR on peut être emmené à rencontrer deux ou trois références explicites au développement durable, tout d'abord à la page 6 où il est textuellement écrit «pour ce faire, une démarche cohérente et réaliste a été adoptée, s'articulant d'abord sur l'unité d'actions de toutes les ressources humaines de la commune, ensuite la recherche de moyens, afin de stimuler le développement durable de la localité »76(*) . Puis ensuite à la page 35 ou s'agissant des principes qui fondent la démarche du PLD il est textuellement noté que le cinquième (5eme) principe est d' « inscrire toutes nos actions dans la durée en veillant à ce que les populations soient toujours responsables et comptables de leur engagement »77(*) .

    En plus de ces allusions explicites que même les plus profanes d'entre les profanes pourront aisément comprendre, le lecteur averti qui parcourt le PLD de NGOR peut noter par ci et par là des allusions implicites qui renvoient au développement durable. Il y a tout d'abord cette allusion à l'an 2015 pour parler de la vision qui se dégage du PLD « NGOR à l'horizon 2015 : une commune sans exclus dans un cadre de vie et d'environnement très agréable ». Pour qui sait toute la symbolique que renferme l'horizon 2015 (et plus globalement le 21éme siècle) dans le discours et l'esprit des tenants des courants alternatifs (développement durable...) référence étant faite aux OMD (Objectifs du Millénaire pour le Développement) ; on peut bien se demander si dans le fond cette vision, ou du moins la façon dont elle est déclinée, est anodine ?

    L'autre référence qui peut apparaître implicite mais qui est, pour qui s'y connaît en développement durable, très illustratif de la façon dont le pont est établi entre le PLD et une certaine vision « durabiliste » du développement de la commune d'arrondissement ; c'est lorsque le maire dans son préambule écrit que le PLD « s'inscrit dans la continuité du programme exprimé dans la lettre d'intention du 22 Février 2002 et de la lettre adressée aux Ngorois et aux Ngoroises, du programme qui a permis à notre mouvement JOWAL NGOR de jeter les bases de son rêve de faire de NGOR une petite ville moderne garantissant la sécurité foncière, des conditions de vie et de travail épanouissantes, une nature préservée, l'absence de stress et de pollution,la préservation de nos cultures et traditions »78(*).

    C'est dire qu'il est incontestablement établi que le PLD de NGOR fait référence (à la fois explicitement et implicitement) au développement durable, il suffit pour s'en rendre compte de parcourir très attentivement le document.

    Mais bien au-delà de ces quelques éléments, qu'une simple lecture peut permettre de mettre à jour, subsistent des données que seule l'analyse de contenu peut permettre de mettre en exergue et qui tendent à confirmer que non seulement le PLD de NGOR fait référence au développement durable mais bien plus encore, il prend en charge les enjeux liés au développement durable et plus spécifiquement au développement urbain durable.

    Le développement urbain durable, disions nous79(*), introduit une nouvelle vision de la question urbaine (« nouvelle question urbaine ») qui impose de maîtriser les effets physiques (déconnexions spatiales, discontinuités, rupture de la qualité résidentielle....), économiques (spécialisation fonctionnelle, zonage....), sociaux (ségrégation résidentielles, repli communautaire...), environnementaux (nuisances, pollution...) et politiques (dispersion et foisonnement des acteurs de le gestion et de la régulation urbaine...) de la ville. Cette nouvelle vision, ou du moins les exigences qu'elle impose, est effectivement pris en charge par le PLD puisqu'il ressort clairement de l'analyse de contenu que des questions comme celles ayant trait à la rupture de la qualité résidentielle, au repli communautaire, à la pollution et aux nuisances environnementales, au foisonnement et la dispersion des acteurs de la gestion et de la régulation urbaine..... (qui sont bien réels à NGOR) ; sont pris en charge par le PLD.

    Qu'il s'agisse, par exemple, du projet d'extension, de désengorgement et de restructuration du village traditionnel qui vise à réduire (infléchir) les tendances de bipolarisation et de rupture de la qualité résidentielle au sein de la commune d'arrondissement, ou tout simplement du projet de gestion et d'entretien de la plage de NGOR village et de sa baie qui a vu la mise sur pied d'un comité de gestion ; les exemples ne manquent pas pour démontrer que le PLD prend bien en charge les enjeux et exigences du développement urbain durable.

    Ce projet dit de gestion et d'entretien de la plage de NGOR Village et de sa baie a, justement, été le projet à travers lequel nous avons cherché à analyser les pratiques locales (jeux d'acteurs) de développement urbain durable à NGOR. Mais avant d'en arriver aux résultats de l'étude sur cette question il serait intéressant, nous semble t'il, de nous demander d'où est partie cette référence au développement urbain durable ? Autrement dit quelle est la systèmogenése du développement urbain durable dans la commune d'arrondissement ?

    Mairie d'arrondissement de NGOR

    ?----------------------?----------------------------?------------------?---------------?----------------------?-----------------------?

    1550 1996 2000 2002 2003 2005

    Création du village de NGOR Création de la CA de NGOR Délégations spéciales Arrivée de l'actuelle équipe Signature du protocole de partenariat avec Finalisation, adoption et approbation du PLD/ mise en place

    (Comité de gestion) municipale à la tête de la CA ENDA 3D marquant le lancement du processus du comité de gestion de la plage (CGP)

    D''élaboration du PLD de la CA

    Comité de Développement Local de la commune D'arrondissement de NGOR (CDL)

    ?-----------------------?----------------------?

    2003/2004 2005

    Mise sur pied du CDL dans le cadre de la signature Finalisation, adoption et approbation du PLD

    de l'accord de partenariat ENDA 3D- Mairie d'Arrondissement de NGOR

    Association des Pêcheurs de NGOR (ASPEN)

    ?---------------------------------?-----------------------------------------------?

    2000 2003/2004

    Délivrance du récipissé officiel de déclaration d'association L'ASPEN intègre le CDL mis en place dans le cadre du

    Processus d'élaboration du PLD et participe activement à ce processus

    Réalisation Mamadou DIOUF

    Mémoire de DESS/ADT

    Chapitre VIII. Systèmogenése du développement durable dans la commune d'arrondissement de NGOR

    Il s'agit de voir comment est apparue (ou n'est pas apparue) dans le discours et les pratiques des acteurs, qu'ils soient institutionnels ou non, les références au développement durable ou à des notions qui pourraient lui être rattachées. C'est dire que si tantôt nous ne cherchions qu'à montrer la façon dont le PLD réfère (ou ne réfère pas) au développement durable ; ici par contre nous chercherons plutôt à comprendre la façon dont s'est construite (ou ne s'est pas construite) la figure locale du développement urbain durable. Cela passera par une analyse croisée des étapes marquantes de l'évolution institutionnelle de certains acteurs clés de la scène locale du développement (mairie d'arrondissement, CDL et ASPEN).

    Il ressort du schéma d'analyse croisée, qu'il n'existe pas à proprement parler de «moment fondateur» dans la construction de la figure locale du développement durable à NGOR. Autrement dit il n'existe pas dans l'histoire (commune ou individuelle) de ces acteurs, une date phare qui marque l'éveil d'une conscience (collective ou individuelle) sur les enjeux et questions de développement durable. Un tel constat nous permet d'aborder un aspect assez paradoxal qui en définitive nous semble corroborer l'une de nos hypothèses de départ.

    Bien que le PLD de NGOR réfère au développement urbain durable de la même façon qu'il en prend effectivement en charge les principaux enjeux, aucun parmi les acteurs du développement local qui ont eu à faire l'objet d'enquêtes sur le terrain, n'utilise le développement durable ou l'un de ses concepts connexes dans son discours.

    Tableau N° 8.1: Répartition des acteurs selon les réponses de leurs personnels et/ou membres à la question de savoir si le concept de développement durable est utilisé dans le discours de leurs organisations/institutions/structures

    ACTEURS

    OUI

    NON

    Total

    Municipalité

    3

    5

    8

    CDL

    0

    3

    3

    CGP

    2

    2

    4

    ASPEN

    0

    3

    3

    Plagistes (APEP)

    0

    3

    3

    Regroupement des transporteurs de l'île de NGOR

    0

    4

    4

    Groupe CELLIA

    0

    2

    2

    Collectif Citoyen des Femmes (CCF)

    0

    1

    1

    Olympique de NGOR

    0

    1

    1

    COJEN

    1

    0

    1

    Wennu Saï

    0

    1

    1

    HOTEL la MADRAC

    0

    1

    1

    HOTEL NGOR DIARAMA

    0

    1

    1

    Pourcentages

    18

    82

    33

    Source : Données d'enquêtes (questionnaire et guide d'entretien N°1)

    Graphique N° 8.1:

    Source : Données d'enquêtes (questionnaire et guide d'entretien N°1)

    Cela nous paraît d'autant plus paradoxal que ce sont ces mêmes acteurs qui sont censés être comptables du PLD et de ses orientations. Autrement dit nous trouvons intriguant le fait que des acteurs qui ont largement et effectivement participé à l'élaboration de ce PLD, ne référent nulle part dans leurs propres discours (ni explicitement ni implicitement) au développement durable.

    Il semblerait, au regard des résultats des enquêtes, que les références au développement durable qui figurent dans le PLD ont en fait été suggérées ou introduites par les consultants et experts réunis au sein de la CAT. Cela nous a été confirmé par M. Osseynou SAMB du CDL qui lorsque nous l'interpellions sur le véritable sens de la référence qui est faite dans le PLD à l'horizon 2015 nous rétorquait « Vous savez nous nous ne savons pas grands choses de tous ces nouveaux concepts, nous avons été appuyé par des consultants et experts et ce sont surtout eux qui pourront vous dire à quoi ils faisaient allusion en faisant référence à l'an 2015 »80(*).

    Le fait qu'aucun de ces acteurs n'utilise le concept de développement durable dans son discours ne veut cependant ni dire qu'ils, ou du moins leurs personnels et/ou membres, n'ont aucune idée de ce qu'est le développement durable ; ni qu'ils n'entretiennent aucune forme de conscience environnementale ; ni encore moins qu'ils ne prennent pas en compte et/ou en charge les enjeux et questions fondamentaux du développement durable. Bien au contraire.

    Il est en effet apparu, d'une part, que même si la plupart des personnes membres et/ou personnels de ces organisations/institutions/structures reconnaissent modestement ne pas en savoir beaucoup sur le concept de développement durable ; il reste qu'ils ont souvent une représentation (entendement) assez exacte du concept et de son contenu. Pour illustrer nous ne citerons que la définition que M. Guorgui MBENGUE secrétaire général de l'ASPEN pense pouvoir donner du concept « SOKHALIKOU BOUYE SAKH WEYE81(*) »82(*).

    D'autre part, nous devons à la vérité de reconnaître que la plupart des acteurs du développement local de la commune d'arrondissement, entretiennent des formes avérées de conscience environnementale. Nous avons en effet, pu nous rendre compte que ces organisations/institutions/structures que nous avons retenue pour reconstituer la systèmogenése du développement durable dans la commune d'arrondissement nourrissent un certain nombre de préoccupations liées à l'état de dégradation de leur environnement, à la raréfaction des ressources, aux questions d'assainissement....

    Si nous prenons le cas de l'ASPEN, par exemple, il est ressorti que sa création a entre autres été motivé par une certaine prise de conscience des menaces environnementales pesant sur l'écosystème marin et ses ressources ce qui avait pour conséquence manifeste un déclin de la pêche. Pour M. Mar FALL trésorier de la structure c'est, « essentiellement pour tenter de trouver des solutions qui permettraient de redonner à la pêche à NGOR son lustre d'antan que nous avons décidé de nous regrouper en une association. Ce qu'il faut comprendre c'est que nous sommes nous dans nous et c'est pour cela que nous savons très bien qui est qui et qui fait quoi. C'est-à-dire que les pêcheurs de NGOR savent ceux d'entre eux qui ont les mauvaises pratiques (pêche à la dynamite, pêche aux filets dérivants ou à tournée, pêche sous marine..) et si nous avons créé l'ASPEN c'est pour pouvoir nous dire mutuellement la vérité et faire comprendre aux inconscients que nous avons tous les mêmes intérêts à savoir que la pêche puisse continuer et que nous puissions toujours trouver du poisson pour entretenir décemment nos familles»83(*) .

    De la même sorte, les personnes que nous avons rencontrés pour le compte de la mairie d'arrondissement ou du CDL nous ont bien fait comprendre que leurs organisations/institutions/structures respectives étaient très sensibles aux questions environnementales et que tout était mis en oeuvre pour contribuer à relever efficacement les principaux défis environnementaux qui se posent à la commune d'arrondissement.

    Pour finir, il semblerait aussi que ces acteurs s'efforcent de prendre en charge l'une des exigences fondamentales du développement durable à savoir l'intégration entre les trois dimensions fondamentales que sont le social, l'économique et l'environnemental.

    Tableau N° 8.2: Répartition des acteurs gravitant autour des pratiques d'usage, d'aménagement, de gestion, d'exploitation, d'entretien et/ou de préservation de la plage de NGOR village et de sa baie selon les réponses de leurs personnels et/ou membres à la question de savoir s'ils pensent que les stratégies, projets et programmes développés par leurs organisations/institutions/structures respectives tiennent compte des exigences du développement durable ?

    Acteurs

    OUI

    NON

    Ne sait pas

    Autre

    TOTAL

    ASPEN

    2

    0

    1

    0

    3

    Plagistes (APEP)

    2

    0

    0

    1

    3

    Municipalité

    5

    0

    1

    2

    8

    Comité de gestion de la plage (CGP)

    3

    0

    0

    1

    4

    Ville de Dakar

    0

    0

    0

    1

    1

    ASPREM

    1

    0

    0

    1

    2

    Regroupement des transporteurs de l'île de NGOR

    1

    0

    3

    0

    4

    Groupe CELLIA

    0

    0

    2

    0

    2

    HOTEL la BRAZZERADE

    0

    0

    1

    0

    1

    HOTEL la MADRAC

    1

    0

    0

    0

    1

    HOTEL NGOR DIARAMA

    1

    0

    0

    0

    1

    Pourcentages

    53

    0

    27

    20

    30

    Source : Données d'enquêtes

    Graphique N° 8.2: Répartition des acteurs gravitant autour des pratiques d'usage, d'aménagement, de gestion, d'exploitation, d'entretien et/ou de préservation de la plage de NGOR village et de sa baie selon les réponses de leurs personnels et/ou membres à la question de savoir s'ils pensent que les stratégies, projets et programmes développés par leurs organisations/institutions/structures respectives tiennent compte des exigences du développement durable ?

    Source : Données d'enquêtes

    Tous ces éléments mis les uns avec les autres semblent corroborer l'une de nos principales hypothèses de recherche à savoir que les différents acteurs du développement local de NGOR ; en réagissant à des situations locales caractérisées par des problèmes écologiques patents adhérent sans l'afficher, ni même en prendre clairement conscience, aux principes de la durabilité.

    L'analyse des jeux d'acteurs observables autour des pratiques d'usage, d'aménagement, de gestion, d'exploitation, d'entretien et/ou de préservation de la plage de NGOR village et de sa baie nous permettra, dans une plus large mesure, de mieux mettre en exergue cette adhésion à travers notamment l'exemple du comité de gestion de la plage (CGP).

    Chapitre IX. Analyses des jeux d'acteurs observables autour des pratiques d'usages, de la gestion, de l'exploitation, de l'entretien et/ou de la préservation de la plage de NGOR village et de sa baie

    La plage de NGOR village et sa baie font l'objet de divers types de pratiques portées par différents acteurs dont les intérêts, les objectifs et stratégies sont trop souvent tout aussi différents voire divergents. Grâce aux techniques empruntées à la méthode MACTOR nous avons pu identifier, caractériser et classer ces différents acteurs ce qui nous a permis de mieux comprendre la nature et l'intensité de rapports qui les lient.

    IX.1. Identification, caractérisation et classification des différents acteurs

    Ce sont essentiellement ceux à qui nous avons soumis les questionnaires. Ils ont été identifiés à partir d'une liste d'acteurs établie d'après la technique de la méthode MACTOR. C'est-à-dire qu'en les identifiant nous avons, non seulement essayé d'établir pour chacun d'entre eux une véritable carte d'identité mais en plus nous avons aussi cherché, à chaque fois que cela était possible, à cerner leurs principales motivations, contraintes, moyens d'action internes et comportements stratégiques passés.

    Tableau N°9.1: Tableau d'entrée par les pratiques des différents acteurs

    Acteurs

    Pratiques d'usage ou d'exploitation

    Pratiques de gestion, d'entretien et/ou de préservation

    Pratiques d'aménagement

    ASPEN

    - Pêche

    - Plongée sous marine

    -Organisation d'opérations d'investissement destinées à nettoyer et à entretenir la plage (SET SETAL)

    -Sensibilisation sur les mauvaises pratiques de pêche

    -Lutte contre la pêche sous marine

     

    APEP

    - Location de tentes ou de cabanons

    - Restauration et petit commerce de plage

     
     

    RTIN

    - Transport maritime

    - Contributions financières symboliques à certaines des opérations d'entretien de la plage (SET SETAL)

    -aménagement d'un embarcadère

    Groupe CELLIA

     

    - Organisation d'opérations d'investissement destinées à nettoyer et à entretenir la plage (SET SETAL)

     

    ASPREM

     

    -Appui logistique aux opérations d'investissement humain

    -Appui institutionnel à la sensibilisation sur les enjeux de la préservation des écosystèmes marins et côtiers

     

    MAN

     

    -Recrutement de balayeurs

    -Règlement des conflits et litiges entre acteurs de la Plage

    -Perception de taxes

     

    Ville de Dakar

     

    -Envoi de maîtres nageurs sur la plage pour la surveillance de la baignade

     

    Hôtels

    -Tourisme balnéaire

    -Nettoyage et entretien de leur partie de plage

    -contributions financières opérations d'entretien de la plage (SET SETAL)

    - Délimitation et/ou aménagement de leur partie de plage.

    CGP

    - Vente de tickets d'accès

    -Recrutement de balayeurs chargés pendant la période estivale de nettoyer quotidiennement

    -gestion de la sécurité sur la plage et en mer (recrutement de maîtres nageurs et de surveillants de plage)

    -Délimitation des zones de baignade

    Sources : Données d'enquêtesIX.1.a. L'Association des Pêcheurs de NGOR (ASPEN)

    Pour présentation l'association des pêcheurs de NGOR (ASPEN) a officiellement été créée en Novembre 200084(*). Du point de vue organisationnel l'ASPEN regroupe pas moins de 300 pêcheurs et compte en son sein une association affiliée l'APSM (association des plongeurs sous marin). L'association fonctionne avec un bureau de six (6) membres élus tous les deux ans par assemblée générale.

    Avant la création de l'ASPEN, les pêcheurs de NGOR étaient regroupés au sein d'une structure officieuse dénommée Coopérative des pêcheurs de NGOR. Aujourd'hui l'ASPEN se présente comme l'une des associations les plus dynamiques, les plus en vue et les plus représentatives à l'échelle de toute la commune d'arrondissement de NGOR.

    Selon des sources concordantes, l'historique de la création de l'ASPEN remonte aux années 90 lorsqu'un groupe de jeunes pêcheurs issus de NGOR était allé voir M. Mamadou DIOP alors maire PS de la ville de Dakar, pour solliciter auprès de lui un financement en vue de l'installation d'une station d'essence pirogue. C'est M.DIOP lui même qui leur « conseilla de formaliser et d'officialiser notre démarche en mettant sur pied une association régulièrement constituée»85(*). C'est partant de là que les jeunes pêcheurs ont, avec l'accord des vieux qui animaient et dirigeaient la coopérative, entrepris les démarches qui ont conduit à la création officielle de l'association en 2000.

    L'ASPEN se veut moins une association professionnelle qu'une association de promotion du développement et c'est pourquoi ses missions, objectifs et finalités couvrent plusieurs secteurs du développement local (économie, environnement, social, culture, sport...). C'est dire que même si la principale vocation de l'association reste de représenter et de défendre les intérêts des pêcheurs de NGOR ; elle ne se désengage pas pour autant des autres secteurs de la vie des populations de la commune d'arrondissement et plus particulièrement celles du village traditionnel. Pour illustrer cet engagement à participer activement au développement de la commune d'arrondissement on peut citer : l'organisation d'opérations d'investissement humain (SET SETAL), l'organisation de campagnes de sensibilisation, l'assistance sociale, l'octroi de subventions financières aux structures culturelles, associatives, sportives, traditionnelles...du village traditionnel.

    En terme de moyens, il faudrait peut être dire que si l'ASPEN est devenu au fil des ans l'une des OCB les plus en vue à NGOR, c'est surtout dut à l'importance des moyens financiers dont elle dispose ; moyens qu'elle tire notamment de l'exploitation de sa station de d'essence pirogue et des loyers mensuels qu'elle perçoit de la location d'un terrain dont elle détient le bail.

    Les contraintes d'action internes que nous avons put identifier ont principalement trait au manque de formation des ressources humaines et à un certain besoin de renforcement institutionnel et/ou organisationnel.

    Les pratiques portées par l'association dans les domaines des usages, de la gestion, de l'exploitation, de l'entretien et/ou de la préservation de la plage de NGOR village et de sa baie sont, semble t'il, des pratiques très engagées et très en phase avec les principes de durabilité. Depuis sa création en effet, l'ASPEN s'est toujours montrée intéressée par tout ce qui touche à la plage. Cela peut, du reste, se comprendre d'autant plus que se sont les pêcheurs qui habitent le village et qu'à ce titre ils nourrissent un certain sentiment de responsabilité morale vis-à-vis de la plage qui en plus d'être leur environnement direct, leur fournit les revenus qui leur permettent de vivre décemment.

    Comme il ressort du tableau d'entrée par les pratiques des différents acteurs (Tableau N°20), l'implication de l'ASPEN dans les différents types de pratiques en cours sur la plage de NGOR village et sa baie, touche surtout aux usages (ou exploitation) et à l'entretien, la gestion et/ou la préservation.

    S'agissant des pratiques d'usage ou d'exploitation, elles touchent surtout à la pêche et à la plongée sous marine. Dans ces domaines il semble tomber sous le sens qu'en tant qu'association de pêcheurs regroupant des plongeurs sous marin, l'ASPEN est très actif dans tout ce qui touche à ce type de pratiques d'usage sur la plage de NGOR village. Cette implication se traduit notamment à travers l'assistance (financière, matérielle, logistique ou technique) que l'association apporte aux pêcheurs et plongeurs sous marin de la localité et à travers aussi la détermination de l'association à organiser la filière pêche à NGOR. Sur ce dernier aspect, par exemple, l'ASPEN tente depuis quelques années d'organiser ses membres de sorte que tout le monde n'aille pas en même temps en mer ce qui pourrait avoir comme effet pervers de créer des surplus de produits halieutiques sur les marchés locaux et par conséquent faire baisser considérablement les revenus que les pêcheurs pourraient en tirer. C'est ainsi que les pêcheurs de NGOR sont aujourd'hui organisés, grâce à l'ASPEN, en groupes de sortie en mer de sorte que chaque jour de la semaine c'est un groupe bien précis de pêcheurs qui doit aller en mer les autres devant rester à quai.

    Les pratiques d'entretien, de gestion et/ou de préservation de la plage portée par l'ASPEN ont généralement trait au nettoyage et/ou à l'assainissement de la plage et à la sensibilisation et la lutte contre les mauvaises pratiques de pêche. La sensibilisation porte généralement sur des thèmes comme les impacts écologiques, environnementaux, économiques et sociaux des mauvaises pratiques de pêche comme la pêche sous marine.

    L'implication de l'association dans le nettoyage et/ou l'assainissement de la plage se traduit, comme il ressort des données de l'enquête, à travers l'organisation d'opérations d'investissement humain (SET SETAL) que l'association a pour coutume d'organiser à ses propres frais une fois tous les deux mois. L'organisation de telles activités nécessite de la part de l'ASPEN un certain coût financier (75.000 à 80.000 FCFA) ainsi qu'un énorme effort d'organisation puisqu'en plus de louer des charrettes pour le transport des ordures de la plage vers les points de transite, il faut à chaque fois que l'association négocie la collaboration de la société de nettoyage et de ramassage d'ordure (AMA Sénégal) pour la collecte des ordures déposés par les charrettes.

    IX.1.b. L'Association des Plagistes et Exploitants de la Plage (APEP)

    L'APEP (Association des plagistes et exploitants de la plage) est une structure qui n'a été portée sur les fonds baptismaux que récemment. Pour preuve, elle ne dispose même pas encore d'un récipissé officiel ce qui est le cas aussi du regroupement des piroguiers de NGOR et du groupe CELLIA.

    C'est en 2005 que les plagistes et exploitants de la plage et de l'île de NGOR ont été regroupés autour d'une association. Il s'agissait dans le cadre d'une démarche participative de les impliquer et de les associer au comité d'exploitation de la plage qui venait d'être mis sur pied. Essentiellement composé de jeunes, l'association était alors censée réunir tous ceux qui s'activent sur la plage en périodes estivales (gérants de tentes ou de cabanons, restauratrices...)86(*).

    Aujourd'hui presque en léthargie, l'APEP semble n'être qu'un cadre formel permettant à la mairie d'arrondissement d'avoir un interlocuteur direct auprès des exploitants et plagistes « on s'était dit qu'il fallait impliquer ces gens qui occupaient déjà le terrain au lieu de vouloir débarquer avec d'autres ce qui ne ferait que nourrir des tensions (....) c'est alors que nous avons essayé de les regrouper autour d'une association »87(*).

    Ce n'est d'ailleurs que récemment que les plagistes et exploitants ont, avec l'appui du CDL, constitué et introduit une demande de récipissé auprès des autorités compétentes. C'est dire que, pour l'heure, l'association n'a pour seule vocation que de représenter les intérêts des plagistes et exploitants au sein du comité d'exploitation de la plage.

    De par son statut encore peu établit, les pratiques portées par l'APEP ont essentiellement trait aux domaines d'activité de ses membres à savoir a location de tentes ou de cabanons, la restauration et le petit commerce sur la plage. Activités assez lucratives vu les niveaux de fréquentation de la plage, celles-ci n'ont cependant cours que pendant les périodes estivales. C'est d'ailleurs l'une des raisons qui semble expliquer la léthargie avérée de l'association puisque neuf mois sur douze (9mois/12), l'APEP et les acteurs (membres) qu'elle regroupe en son sein, sont quasi absents de la plage.

    D'un autre côté même s'il ressort que l'APEP n'est pas effectivement impliquée dans les pratiques d'entretien, de gestion et/ou de préservation de la plage ; il reste toujours que certaines formes d'usage de ses membres, la restauration de plage en l'occurrence, ont un impact environnemental certain sur la plage. Il est clair en effet, que l'essentiel des déchets (organiques et non bio dégradables) laissés sur la plage proviennent de la nourriture consommée sur place sur place. A ce titre l'APEP devrait, à défaut d'organiser ses membres (restaurateurs et restauratrices) afin que ceux-ci se charge de collecter après chaque journée de travail les déchets provenant de leurs activités (restes de sandwichs, papiers d'emballage, sachets...), tenter au moins d'orienter sa démarche et ses activités sur la sensibilisation et l'incitation si possible.

    Il ressort aussi des résultats de l'enquête que dans le domaine des pratiques de gestion et même d'aménagement, l'APEP bien que ne s'impliquant pas de façon visible se retrouve, du fait des pratiques d'usage portées par certains de ses membres, au coeur de sérieuses problématiques touchant ce domaine.

    Il s'agit, par exemple, de la question des moeurs, c'est-à-dire que la société Lébou étant très conservatrice ; il n'est pas rare de voir les villageois reprocher aux plagistes (locataires de tentes et de cabanons) d'être les complices des pratiques amorale (vagabondage sexuel, usage de stupéfiants..) qui se passent sur la plage à l'abri des tentes et cabanons.

    Il s'agit aussi de la question de l'occupation et de l'aménagement de l'espace, ici il est surtout reproché aux restaurateurs, commerçants et plagistes de s'installer n'importe où et n'importe comment sur la plage « sans aucun soucis d'esthétique et d'harmonie du paysage »88(*).

    Sur toutes ces questions, il est clair que l'APEP devrait pouvoir dérouler un plan d'action passant par la sensibilisation (IEC), la réorganisation des différentes filières et, pourquoi pas ?, leur professionnalisation. Mais pour cela il faudrait d'abord que l'association sorte de sa situation de léthargie.

    L'analyse des moyens et contraintes d'action internes permet de se rendre compte du fait que cet état de léthargie est surtout lié à l'inorganisation et au manque de motivation des membres de l'association. Cela se traduit notamment à travers le fait que chacun des plagistes et exploitants « met en avant ses propres intérêts »89(*) . A titre d'exemple il est, nous semble t'il, illustratif qu'il arrive dans le domaine de la location de tentes et de cabanons que des accrochages très virulents opposent entre eux des membres de l'APEP, la cause de ces accrochages étant le plus souvent lièe à la concurrence déloyale à laquelle certains plagistes se livrent en cassant les prix de location.

    IX.1.c. Le regroupement des transporteurs de l'île de NGOR (RTIN)

    Cette association de type informel regroupe les deux familles de pêcheurs qui depuis le début monopolisent le transport maritime à NGOR. Pour qui connaît un tout petit peu l'histoire de NGOR, on se rappellera qu'avant le triste événement qui braqua les projecteurs sur cette activité obligeant ainsi ses praticiens à mieux l'organiser en rendant les mesures de sécurité en mer plus draconiennes, deux familles se distinguant par les couleurs qu'elles arboraient (les bleus et les verts) se disputaient les parts de marchés dans ce secteur d'activité très lucratif à NGOR.

    Ce sont ces deux familles qui se sont retrouvées autour d'une structure officieuse qu'elles ont dénommé le regroupement des transporteurs de l'île de NGOR (RTIN). Cette structure représente en théorie la voix des piroguiers partout où celle-ci doit être entendue notamment auprès des autorités municipales à qui les piroguiers paient des taxes sur la traversée (3 millions de FCFA par an) .

    Même s'ils sont peu structurés, les piroguiers représentent un groupe stratégique qui pèse lourd dans les rapports de force qui peuvent naître de l'usage, l'aménagement, la gestion, l'exploitation, l'entretien et/ou la préservation de la plage et de sa baie.

    Les pratiques d'usage ou d'exploitation portées par le RTIN touchent au transport maritime. Il faut comprendre que toute l'activité économique liée à la traversée (du continent vers l'île et vis versa) est contrôlée par le RTIN et par delà lui par les deux familles de pêcheurs qui ont toujours assuré la traversée à NGOR. C'est d'ailleurs le fait que c'est traditionnellement ces deux familles qui ont toujours monopolisé la traversée que personne à NGOR ne pense ni n'envisage se lancer dans la filière (malgré tout son caractère lucratif). Il faut aussi dire que le RTIN se montre très vigilant sur tout ce qui se passe sur la plage et qui pourrait éventuellement affecter leur filière (c'est dans ce sens qu'il faudra d'ailleurs comprendre, lorsque nous le verrons, l'opposition manifeste du RTIN au projet de gestion de la plage).

    Très concrètement les types d'activités développées par le RTIN dans ce domaine des pratiques d'usage ou d'exploitation sur la plage de NGOR village et sa baie portent notamment sur la professionnalisation de la filière par la sensibilisation des acteurs sur des thématiques comme la sécurité en mer, le port du gilet de sauvetage...).

    L'implication du RTIN dans les pratiques d'entretien, de gestion et/ou de préservation de la plage de NGOR se manifeste quant à lui à travers les contributions financières que l'association a l'habitude d'apporter aux activités d'investissement humain portant sur la plage. Il faut dire à la vérité que l'implication de l'association dans ce type de pratiques est très peu visible même si elle compte à son actif quelques participations financières symboliques à des activités de nettoiement et d'entretien de la plage.

    Au contraire l'implication de l'association dans les pratiques d'aménagement est plus que visible, il semblerait en effet que le RTIN soit un acteur central de l'aménagement et de la gestion de la plage puisque des questions telles le stationnement des pirogues se trouvent au coeur de la problématique de l'aménagement et de la gestion de la plage « le stationnement des pirogues et les travaux de charpente sous la BRAZZERADE par exemple posent un problème à Rémi JUTEAU »90(*) .

    IX.1.d. Le groupe CELLIA

    C'est le surnom que se sont donnés une bande de jeunes amis (sorte de groupe d'âge comme il est de coutume de voir à NGOR). Structure officieuse puisque ne disposant pas d'un récipissé, le groupe CELLIA s'implique surtout dans le nettoyage et l'entretien de la plage.

    C'est dire que les principales formes de pratiques portées par cette association de jeunes touchent à l'entretien et/ou à la préservation de la plage ; à la vérité le groupe CELLIA n'a d'autre objectif que de maintenir propre la plage de NGOR. C'est ainsi qu'il organise chaque mois et bénévolement des opérations d'investissement humain (SET SETAL) visant à nettoyer et à entretenir la plage

    L'analyse des contraintes d'action internes permet de mettre en évidence un certain nombre d'éléments qui en définitive semblent entraver l'efficacité d'action de l'association il s'agit :

    1. des contraintes financières et de l'insuffisance des partenaires. Il faut comprendre que malgré leur profonde détermination à maintenir propre la plage de NGOR, les membres du groupe CELLIA se heurtent très souvent à des difficultés liées au manque de moyen financiers pour prendre en charge les frais que nécessite l'organisation de telles activités. Car même s'ils ont les moyens matériels et humains de nettoyer, il leur faut tout de même après avoir nettoyé, collecter et transporter les ordures vers les points de transite ce qui nécessite un certain nombre de dépenses (location de charrettes...).

    Par ailleurs, et c'est là où se fait ressentir l'insuffisance des partenaires, le groupe a besoin pour l'organisation de ce type d'activités de motiver les populations à participer et pour cela il leur faut assurer au moins les rafraîchissements et l'animation ce qui nécessite encore un certain nombre de frais. C'est pour toutes ces raisons que Moussa SAMB secrétaire général du groupe jurait qu'il suffirait qu'un partenaire s'engage à supporter les frais d'organisation des SET SETAL, pour que leur association « tienne propre la plage sans le concours ni le soutien de la mairie d'arrondissement »91(*).

    Il faut dire qu'à l'heure actuelle l'unique véritable partenaire du groupe CELLIA est l'association pour la protection de l'environnement et des ressources marines (ASPREM) qui a mis à sa disposition un important lot de matériels de nettoyage (pailles, brouettes, fourches, balais.....).

    2. du caractère restrictif des interventions de l'association. C'est-à-dire que le groupe CELLIA ne nettoie pas toute la plage mais plutôt les parties donnant sur le village traditionnel. Même s'il est vrai que c'est en grande partie cette zone de la plage qui paraît la plus préoccupante du point de vue écologique et environnemental ; il reste tout de même qu'une telle attitude nous paraît dépourvue de tout sens.

    IX.1.e. L'Association pour la Protection de l'Environnement et des ressources Marines (ASPREM)

    L'ASPREM est une sorte d'ONG (organisation non gouvernementale) intervenant sur l'ensemble du territoire Sénégalais et plus particulièrement dans l'agglomération Dakaroise (YOFF, NGOR, HANN..). Ses axes privilégiés d'intervention touchent à l'environnement et à la protection des ressources marines.

    Sur la plage de NGOR village et sa baie l'intervention de l'ASPREM couvre, comme il ressort du tableau d'entrée par les pratiques des différents acteurs, le champ des pratiques d'entretien, de gestion et/ou de préservation de la plage. Cela passe surtout par des partenariats avec des OCB (ASPEN et groupe CELLIA) à la disposition desquelles l'ONG met du matériel de nettoyage pour l'entretien de la plage.

    En plus de cet appui logistique ou matériel, l'ASPREM apporte souvent un appui institutionnel à certaines de ces organisations à travers notamment des activités orientées sur renforcement des capacités et la sensibilisation sur les enjeux de la protection des ressources marines et de l'environnement côtier.

    IX.1.f. La Mairie d'Arrondissement de NGOR (MAN)

    Conformément à la législation sur la décentralisation territoriale et administrative la mairie est l'organe de gouvernance de la commune ou de la commune d'arrondissement. Il s'agit donc de l'exécutif local ou pouvoir public local.

    La mairie d'arrondissement de la commune d'arrondissement de NGOR (MAN) est composée d'un conseil municipal et d'un personnel administratif (secrétaire municipal, secrétaire du maire, police municipal, agents et officiers d'état civil..).

    Comptant trente (30) membres le conseil municipal est l'organe délibérant de la mairie ; il fonctionne selon des règles institutionnelles clairement édictées par les textes de loi sur la décentralisation « le conseil de la commune d'arrondissement délibère sur tous les objets intéressant la commune d'arrondissement relativement à ses compétences »92(*). Ses compétences ont trait à :

    § la gestion des marchés de quartier

    § les petits travaux d'assainissement et d'hygiène

    § la participation à la collecte des ordures ménagères

    § la surveillance et l'entretien courant de réseau d'éclairage public

    § le désensablement et l'entretien des rues, places et espaces verts

    § l'entretien des équipements scolaires, sanitaires, socioculturels et sportifs93(*)

    Le conseil municipal vote également le budget de la commune d'arrondissement et décide de ce fait des priorités d'investissement.

    Les principales contraintes d'action de la MAN semblent être liées à la modicité de ses ressources budgétaires et à l'insuffisance de ressources humaines de qualité et en nombre suffisant.

    La stratégie d'intervention de l'actuelle équipe à la tête de la mairie d'arrondissement semble être la proximité vis-à-vis des acteurs du développement local et des populations.

    Comme il ressort des données de l'enquête, les pratiques portées par la MAN sur la plage de NGOR ont surtout trait à la gestion, l'entretien et/ou la préservation. En matière d'entretien et de préservation le type de pratique porté a trait au nettoyage et à l'entretien. A cet effet des femmes ont été recrutées afin d'assurer quotidiennement le nettoyage de la plage. La seule entrave ou contrainte d'action identifiée à ce niveau semble être liée au fait que les ordures collectées ne sont pas aussitôt transportés vers les points de transite pour transfert. Cela fait que ce sont un peu partout sur la plage de petits tas d'ordures qui se constituent en attente d'être collectés et transportés. L'effet du vent aidant toutes ces ordures se retrouvent en quelques heures ré éparpillées un peu partout sur la plage ce qui fait que les choses semblent être chaque jour un éternel recommencement pour ces femmes ce qui contribue à les démotiver d'autant plus que les rémunérations qu'elles reçoivent de la mairie sont modiques.

    En terme de pratiques de gestion, il s'agit surtout du rôle de police que son statut de pouvoir local confère à la MAN. C'est dire donc que la gestion des conflits, la perception des taxes et le règlement des litiges sont entre autres les principales pratiques de gestion portées par la MAN sur la plage de NGOR village et sa baie.

    IX.1.g. La Ville de Dakar

    En tant que collectivité locale la ville de Dakar, n'est acteur dans les pratiques d'usage, de gestion, d'exploitation, d'entretien et/ou de préservation de la plage de NGOR village et sa baie que dans le sens où la surveillance de la baignade sur cette plage est de son ressort. Comme il ressort en effet du tableau N°20, l'implication de la ville de Dakar est plus spécialement visible dans le domaine des pratiques de gestion avec l'envoi chaque année de maîtres nageurs (4) pour la surveillance de la baignade à NGOR.

    Les contraintes d'action que nous avons put identifier ont principalement trait à l'insuffisance du nombre de maîtres nageurs envoyés chaque année. Il faut comprendre, en effet, que vue l'affluence sur la plage de NGOR, beaucoup jugent que quatre (4) maîtres nageurs est un nombre insuffisant et c'est pourquoi, par exemple, le CGP a dès sa mise sur pied formé avec l'appui du groupement national des sapeurs pompiers vingt cinq (25) maîtres nageurs qui dès la seconde année d'expérimentation du comité de gestion, ont presque tous été recrutés pour assurer le volet sécurité des baigneurs en appoint aux quatre (4) maîtres nageurs envoyés par la ville de Dakar.

    IX.1.h. Les Hôtels MADRAC, BRAZZERADE et NGOR DIARAMA

    Ce sont des établissements hôteliers qui ont pignon sur la plage. Ces différents établissements sont, il faut le dire, très impliqués dans la vie de la commune d'arrondissement et plus spécialement dans celle du village puisqu'ils répondent présent à chaque fois qu'ils sont sollicités par les populations, les OCB ou la mairie. Il est d'ailleurs illustratif, nous semble t'il, de souligner à ce propos que le directeur de l'hôtel la Brazzerade est actuellement le président de l'Olympique de NGOR et qu'il a personnellement pris en charge le reconstruction du stade municipal ainsi que sa mise aux normes.

    Mais ce qu'il est surtout intéressant de retenir pour une étude comme la notre c'est que la préservation de la qualité de l'environnement de la plage et de sa baie est un enjeu vital pour ces structures (même si certaines d'entre elles ont fini par privatiser leurs parties de plage au vue de l'état de dégradation avancée qui menaçait de gagner toute la plage).

    Ces établissements hôteliers sont en fait à la fois impliqués dans les pratiques d'entretien, de gestion et/ou de préservation, mais en plus ils sont aussi impliqués dans les pratiques d'aménagement et dans celles d'usage ou d'exploitation de la plage. En analysant la chose de près, on peut se rendre compte que dans le fond c'est cette dernière implication qui justifie les deux (2) premières. En d'autres termes c'est parce qu'ils sont impliqués dans un type bien déterminé d'usage ou d'exploitation de la plage qu'ils sont quelque part aussi obligés de s'impliquer dans des pratiques d'aménagement et d'entretien (et/ou de préservation). Que ce soit en effet le NGOR DIARRAMA, la BRAZZERADE ou l'hôtel MADRAC ; tous ces trois (3) établissements tirent profit du tourisme balnéaire et ont à ce titre intérêt que la plage soit bien aménagée, bien entretenue et préservée.

    En terme de pratiques d'aménagement, le cas de l'hôtel NGOR DIARRAMA paraît le plus intéressant dans le sens où celui-ci a tout bonnement délimité et privatisé sa partie de plage alors que les deux (2) autres établissements n'ont fait qu'aménager quelques tentes devant leurs façades donnant sur la plage. Cela induit bien évidemment des pratiques d'entretien et/ou de préservation tout aussi différents puisque si le NGOR DIARRAMA assure lui-même et sans grandes difficultés le nettoyage et l'entretien de sa partie de plage ; les hôtels BRAZZERADE et MADRAC semblent malgré leurs énormes efforts d'entretien et de préservation, de plus en plus menacés par la disparition, par exemple, du sable fin qui a fini de gagner la plage du côté du village traditionnel.

    X.1.i. Le Comité de gestion de la plage (CGP)

    C'est en 2005 que l'expérience du comité de gestion a été initiée pour la première fois. Si l'on en croit M.GUEYE coordinateur dudit comité et président de la commission Environnement, Pêche et Tourisme « cette expérience s'inscrit dans le cadre plus global d'un plan d'aménagement de la baie de NGOR ».

    Ce plan actuellement en cours d'élaboration porte sur cinq composantes que sont :

    1. la gestion de l'écosystème marin

    2. l'assainissement

    3. la gestion du plan d'eau

    4. la lutte contre l'avancée de la mer

    5. la gestion de la plage

    La mise en oeuvre de cette dernière composante étant apparue comme d'une urgente nécessité, le conseil municipal sous l'initiative de la commission Environnement, Pêche et Tourisme autorisa par délibéré en date du 13 Mai 2005 la mise sur pied du comité de gestion.

    Il faut dire que des situations telles l'insécurité sur la plage (viols, vols, agressions, troubles à l'ordre, usage de stupéfiants e t d'alcool...), la récurrence des cas de noyades, l'insalubrité permanente .....avaient été pris pour prétexte par la commission Environnement, Pêche et Tourisme pour entreprendre des consultations avec un certain nombre d'acteurs de la plage en vue de la mise sur pied d'un comité de gestion. C'est ainsi qu'en Février 2005, déjà, la commission avec l'aval du conseil municipal avait tenu une réunion d'information et de concertation avec l'ASPEN, les exploitants et plagistes (qui n'étaient alors pas encore constitués en association) et le collectif dit du 15 Août 2004 dirigé par l'imam du village. Suite à cela d'autres rencontres seront tenues avec des acteurs tels le CDL et le CCF.

    C'est au terme de ce processus que le conseil municipal a été convoqué le 13 Mai 2005 sur demande de la commission Environnement, Pêche et Tourisme ; avec comme seul sujet à l'ordre du jour la mise sur pied du comité de gestion de la plage de NGOR. Ayant délibéré favorablement le conseil municipal donna l'aval au maire pour prendre un arrêté autorisant la mise sur pied du comité de gestion de la plage de NGOR. C'est ainsi que la mesure entra effectivement en vigueur le 21 Mai 2005.

    Réunissant la mairie d'arrondissement (MAN), l'ASPEN et l'APEP le comité de gestion fonctionne avec un bureau de 8 membres (Président -Mairie-, Secrétaire général -ASPEN-,Trésorier -ASPEN-, 2 Trésoriers adjoints -Mairie et APEP-,3 contrôleurs de terrain ) et se donne pour principaux objectifs :

    1. d'assurer la sécurité des biens et des personnes sur la plage,

    2. d'assurer la sécurité des baigneurs autrement dit la sécurité en mer

    3. et enfin d'assurer l'entretien et la gestion de l'environnement de la plage

    Au travers de ces objectifs, il est possible de lire toute la volonté du CGP de s'impliquer très activement dans les trois (3) formes de pratiques que nous avons eu à identifier sur la plage à savoir : les pratiques d'usage ou d'exploitation ; les pratiques de gestion, d'entretien et/ou de préservation et les pratiques d'aménagement.

    Le type de pratique d'usage ou d'exploitation porté par le comité de gestion à trait à sa vocation lucrative. Le CGP fonctionne en effet sur la base de recettes d'exploitation tirées de la vente de tickets d'accès à la plage. La vente de ces tickets d'accès (200FCFA/personne) permet au CGP d'assurer ses différentes missions sur la plage en recrutant un personnel d'une quarantaine (40) de personnes chargé du nettoiement et de l'entretien de la plage (balayeurs), de la sécurité sur la plage (surveillants) et en mer (maîtres nageurs), de la vente des tickets d'accès (guichetiers) et du contrôle des accès à la plage (portiers). C'est ce personnel saisonnier, rémunéré à la semaine selon des tranches salariales pré définies, qui constitue le comité d'exploitation rattaché au comité de gestion. Les balayeurs assurent l'entretien et le nettoiement de la plage en moyenne deux (2) fois par jour (avant et après le passage des estivants) alors que les maîtres nageurs sont chargés de veiller à la sécurité des nageurs en prévenant et en luttant contre les cas de noyade. Les surveillants de plage et les portiers assurent par contre la sécurité des personnes et des biens sur la plage.

    Le CGP et son comité d'exploitation ne s'en limitent pas seulement à ces aspects puisque comme le révèlent les résultats de l'étude ceux-ci sont aussi impliqués dans les pratiques d'aménagement. C'est ainsi, par exemple, que chaque année depuis sa mise sur pied le comité de gestion procède à la délimitation des zones de baignade. Il est d'ailleurs intéressant de souligner à ce propos les divergences et oppositions qui ne manquent pas de survenir entre par exemple le RTIN et le CGP « (...) en écoutant les interventions de Alioune Gueye Ndiaré et Libass Seck, respectivement président du comité de gestion de la plage et président du RTIN, on a compris que la délimitation de la zone de baignade pose un problème de sécurité et affecte le trafic des pirogues qui assurent la liaison entre la baie et l'île. Les piroguiers souhaitent que la limite de la zone qui leur est réservée soit corrigée.... »94(*).

    IX.2. Caractérisation et analyse des jeux d'acteurs

    Il ressort du schéma d'acteur ci contre un certain nombre d'éléments d'analyse et de caractérisation des jeux d'acteurs observables autour des pratiques d'usage, d'aménagement, de gestion, d'exploitation, d'entretien et/ou de préservation de la plage de NGOR village et de sa baie :

    1. ces dites pratiques se dessinent et s'organisent, comme nous le présagions dans nos hypothèses, autour de deux groupes d'acteurs à savoir les acteurs publics locaux (MAN et dans une moindre mesure la Ville de Dakar), et le groupe peu homogène des acteurs locaux non publics (ASPEN, CELLIA, APEP, regroupement des piroguiers, ASPREM, Hôtels).

    2. trois (3) types de logiques sont principalement à l'oeuvre dans les rapports entre acteurs gravitant autour de ces pratiques :

    § une logique de participation, entretenue par les trois acteurs réunis au sein du CGP elle traduit leur adhésion et leur implication au projet de gestion de la plage.

    § une logique de gouvernance locale participative entretenue par la mairie à l'égard des différents autres acteurs. Il s'agit de la manifestation concrète d'une des prérogatives (missions) dévolues aux collectivités locales dans le cadre de la politique de décentralisation à savoir la promotion d'une gestion concertée et de proximité des enjeux de développement économique, éducatif, social et culturel « les collectivités locales ont pour mission la conception, la programmation et la mise en oeuvre des actions de développement économique, éducatif, social et culturel d'intérêt régional, communal ou rural. Elles associent en partenariat, le cas échéant, à la réalisation des projets de développement économique, éducatif, social et culturel les mouvements associatifs et les groupements à caractère communautaire »95(*) .

    § une logique financière qui lie le CGP aux acteurs qui le composent et au groupe CELLIA. Il s'agit d'une part de ristournes sur les recettes d'exploitation et d'autre part de rémunérations.

    S'agissant des ristournes il faut comprendre que les recettes d'exploitation tirées de la plage sont divisées en deux part l'une, souvent plus importante, est destinée aux dépenses de fonctionnement (payement de personnel, achat de matériel....) et l'autre est répartie entre la mairie, l'ASPEN et l'APEP sous forme de ristournes.

    Par rapport au groupe CELLIA ce qu'il faut dire c'est que ce sont souvent ses membres qui sont recrutés par le CGP pour assurer le nettoiement de la plage et c'est à ce titre que ces derniers sont rémunérés chaque fin de semaine de même que les maîtres nageur, les portiers, les guichetiers....

    3. les différents acteurs non publics (ASPEN, APEP, CELLIA, Regroupement des piroguiers, Hôtels -BRAZZERADE, MADRAC, NGOR DIARAMA-) n'entretiennent entre eux aucune forme de relation formelle même si leurs membres et/ou personnels ne manquent pas de se connaître et d'entretenir entre eux des relations. C'est-à-dire q'en tant que structures associatifs l'ASPEN et le regroupement des piroguiers, par exemple, n'entretiennent aucune forme de partenariat même si leurs membres respectifs se connaissent très bien et partagent des affinités le contexte sociologique du village aidant.

    4. le CGP joue un rôle central qui exploité à fond pourrait, à notre sens, faciliter l'émergence d'une logique d'apprentissage collectif autour des pratiques d'usage, d'aménagement, de gestion, d'exploitation, d'entretien et/ou de préservation durable de la plage de NGOR village et de sa baie.

    Au-delà de ces éléments indicatifs, les résultats et données recueillies sur le terrain nous permettent d'approfondir l'analyse et de mieux saisir la nature et l'intensité des rapports qu'entretiennent ces différents acteurs. Il faut dire que même si la majorité des personnes enquêtées préfèrent qualifier ces rapports de nature consensuelle ; il reste que sur les principaux indicateurs retenus afin de saisir la nature des jeux d'acteurs, aucun n'est de nature à autoriser une telle position.

    Il ressort en effet, que non seulement il n'existe au niveau local aucun cadre d'échange, d'harmonisation et/ou de coordination regroupant les différents acteurs impliqués dans les pratiques d'usage, d'aménagement, de gestion, d'exploitation, d'entretien et/ou de préservation de la plage de NGOR village et de sa baie. Mais mieux encore, presque tous ceux que nous interviewées sur cette question estiment qu'il n'y a ni convergence d'objectifs ni convergence de finalités entre ces derniers.

    Tableau N° 9.2: Répartition des acteurs gravitant autour des pratiques d'usage, d'aménagement, de gestion, d'exploitation, d'entretien et/ou de préservation de la plage de NGOR village et de sa baie selon les réponses de leurs personnels et/ou membres à la question de savoir si elles jugent qu'il y a convergence d'objectifs et de finalités entre les différents acteurs gravitant autour des pratiques d'usage, d'aménagement, d'exploitation, d'entretien et/ou de préservation de la plage de NGOR village et de sa baie ?

    Acteurs

    OUI

    NON

    Ne sait pas

    TOTAL

    ASPEN

    0

    3

    0

    3

    APEP

    1

    2

    0

    3

    Municipalité

    3

    5

    0

    8

    CGP

    0

    4

    0

    4

    Ville de Dakar

    0

    0

    1

    1

    ASPREM

    0

    1

    1

    2

    Regroupement des transporteurs de l'île de NGOR

    0

    4

    0

    4

    Groupe CELLIA

    0

    1

    1

    2

    HOTEL la BRAZZERADE

    0

    1

    0

    1

    HOTEL la MADRAC

    0

    1

    0

    1

    HOTEL NGOR DIARAMA

    0

    0

    1

    1

    TOTAL

    13

    74

    13

    30

    Source : Données d'enquêtes

    Graphique 9.1 : Répartition des acteurs gravitant autour des pratiques d'usage, d'aménagement, de gestion, d'exploitation, d'entretien et/ou de préservation de la plage de NGOR village et de sa baie selon les réponses de leurs personnels et/ou membres à la question de savoir si elles jugent qu'il y a convergence d'objectifs et de finalités entre les différents acteurs gravitant autour des pratiques d'usage, d'aménagement, d'exploitation, d'entretien et/ou de préservation de la plage de NGOR village et de sa baie ?

    Source : Données d'enquêtes

    Tous ces éléments nous permettent, en définitive, de conclure à l'isolement des différents acteurs et à la nature plutôt conflictuelle des jeux d'acteurs observables autour des pratiques d'usage, d'aménagement de gestion, d'exploitation, d'entretien et/ou de préservation de la plage de NGOR village et de sa baie. Il semblerait en effet, que les différents acteurs soient inscrits dans des logiques de  conflits, de compétition et de luttes d'appropriation qui à la vérité ne révèlent que leurs divergences d'intérêts, d'objectifs et de finalités.

    Ces conflits et luttes d'appropriation opposent plus exactement les acteurs non publics ; la mairie d'arrondissement étant comme qui dirait « au dessus » de tout cela. Dans sa mission de gouvernance locale la MAN entretient, en effet, des rapports (formels et/ou informels) avec tous ceux qui gravitent autour des pratiques d'usage, d'aménagement de gestion, d'exploitation, d'entretien et/ou de préservation de la plage de NGOR village et de sa baie. C'est pourquoi d'ailleurs nous restons convaincu que le CGP pourrait constituer un cadre idoine pouvant lui permettre (à la MAN) d'approfondir et de renforcer sa démarche d'implication des acteurs et par la même aider à instaurer durablement une logique d'alliance et d'apprentissage collectif entre les différents acteurs gravitant autour des pratiques d'usage, d'aménagement de gestion, d'exploitation, d'entretien et/ou de préservation de la plage de NGOR village et de sa baie. Mais pour cela il faudrait que soient levés un certain nombre de contraintes et d'enjeux liés notamment à la composition, au fonctionnement, au statut et à la gestion de cet organe.

    IX.3. Lever les contraintes du CGP pour en faire un organe permettant des jeux d'acteurs réellement consensuels autour des pratiques d'usages, de la gestion, de l'exploitation, de l'entretien et/ou de la préservation de la plage de NGOR village et de sa baie

    Pour mieux saisir les difficultés et contraintes auxquelles le CGP est confronté après deux années « d'expérimentation », il convient de revenir plus en détail sur la composition, le fonctionnement et le mode de gestion de cet organe.

    Du point de vue de sa composition, le CGP n'est pas tout à fait représentatif de l'ensemble des acteurs en présence puisque sur les dix (10) principaux acteurs gravitant autour des pratiques d'usage, d'aménagement de gestion, d'exploitation, d'entretien et/ou de préservation de la plage de NGOR village et de sa baie ; il n'en réunit que trois. Une telle situation explique le fait, par exemple, que certains acteurs remettent en cause la légitimité de l'organe et vont même jusqu'à montrer ouvertement leur opposition au projet « La gestion de la plage (pour ne pas dire privatisation) n'a pas fait que des heureux. Si les exploitants, les pêcheurs et la commune se frottent les mains, les piroguiers voient quant à eux, dans ce projet une porte ouverte à la concurrence..... »96(*)

    Sur le fonctionnement, nous notions que le CGP fonctionne grâce aux recettes d'exploitation tirées de la vente de tickets d'accès (200FCFA par personnes). Ces recettes assez substantielles « plus d'un million de francs de recettes par week end »97(*) lui permettent d'assurer son budget de fonctionnement (rémunération du personnel, achat de matériels, frais divers...) et en même temps d'intéresser, sous forme de ristournes sur les recettes d'exploitation, les organisations/institutions/structures qui la composent (ASPEN, APEP, MAN). Il semblerait cependant que ce mode de fonctionnement pose un certain nombre de questions auxquelles il convient d'apporter des réponses (solutions) définitives, légales, consensuelles et durables car il y va de la pérennité même du comité de gestion. Il s'agit :

    1. de la question de la légalité: le fait que le CGP fasse payer l'accès à la plage pose indéniablement une question de légalité juridique. On peut en effet se demander au non de quoi le CGP et au delà de lui la MAN (puisque c'est elle qui a légitimé en les autorisant les activités du CGP), font payer l'accès à une plage qui appartient au domaine public maritime et qui ne fait pour l'heure l'objet d'aucun plan d'aménagement spécial approuvé par l'Etat.

    C'est dire qu'une réponse définitive, motivée et légalement inattaquable doit être apportée sur la légalité de ce que certain on vite fait d'appeler « la privatisation » de la plage. Pour l'heure les autorités de la mairie et du CGP font valoir l'argument selon lequel ce projet n'est pas une tentative de privatisation mais qu'il s'inscrit plutôt dans le cadre d'un programme global visant à reprendre en main la plage et sa baie et qu'en ce sens, les 200FCFA ne sont prélevés qu'à titre de contribution pour l'entretien de la plage « d'autant plus qu'il y a deux principes que nous pourrions faire valoir : le principe du pollueur/payeur et celui qui veut que tout loisir soit payant »98(*).

    2. de la question administrative : il s'agit ici de savoir comment qualifier les recettes tirées de l'exploitation de la plage et plus spécialement les ristournes que la MAN reçoit du CGP car en tant que collectivité locale la MAN est tenue par des règles de comptabilité publique. C'est dire que les recettes qu'elle reçoit ou perçoit doivent faire l'objet d'une ligne budgétaire clairement spécifiée dans la nomenclature budgétaire du code des collectivités locales tout comme les opérations de dépenses effectuées doivent satisfaire aux principes de finances publiques. De surcroît ces recettes doivent transiter par les caisses des services de la perception selon le principe de l'unicité des caisses.

    Il se trouve cependant qu'aucune de ces exigences n'est respectée par le comité de gestion. Les recettes ne transitent pas par la perception mais elles sont plutôt gérées par le trésorier qui n'est habilité par aucun démembrement des services de la perception; les opérations de dépenses sont exécutées sans aucun respect des procédures prévues en ce sens et pis il n'est inscrit nulle part dans le budget de la CA des lignes budgétaires (que ce soit à la colonne recettes ou à la colonne dépenses) relatives à l'exploitation de la plage.

    On peut donc dire sur la question administrative que le CGP est semble t'il depuis le début de son intervention dans une situation de totale illégalité puisque la façon dont les recettes d'exploitation sont gérées peut à tout moment être épinglée par les instances de contrôle des finances publiques (cours des comptes, inspection générale d'Etat....). A ce titre il urge de trouver une formule idoine qui puisse permettre au CGP tout en gardant son mode actuel de gestion « administrative » et financière, de se mettre en phase avec la loi.

    Il faut dire que le véritable dilemme face auquel se trouvent les responsables du CGP et par delà eux la MAN, c'est que ce mode actuel de gestion « administrative » et financière est le seul qui semble pouvoir garantir par sa flexibilité la viabilité du projet « vous vous imaginez si nous devions pour chaque dépense suivre la procédure administrative qui peut prendre des mois (...) et dieu sait que sur la plage il nous arrive de devoir faire des dépenses urgentes et peu prévisibles comme par exemple payer le taxi pour l'évacuation de quelqu'un qui a eu un accident sur la plage, payer une petite ordonnance... Par ailleurs les jeunes qui travaillent avec nous ne sont vraiment motivés que parce qu'ils ont la certitude qu'ils seront rémunérés en fin semaine, si nous respections les règles de finances publics il serait très difficile je pense de leur faire comprendre que l'argent est dans des caisses publiques et qu'il faut suivre des procédures de décaissement qui sont toujours très longues».

    3. de la question de la motivation des acteurs : il s'agit de s'interroger sur les motivations réelles des acteurs qui sont engagés, aux côtés de la MAN car on se rend compte en remontant son histoire du comité de gestion, qu'à sa création cet organe n'avait pas pût mobiliser l'adhésion de tous les membres des associations qui la composent aujourd'hui (ASPEN et APEP).

    S'agissant, par exemple, de l'ASPEN seuls quatre membres sur les vingt que compte le bureau de l'association avaient répondus présent à l'appel de la commission Environnement, Pêche et Tourisme au moment de la mise sur pied du comité. Les autres prétextant « avoir mieux à faire avec la saison des poulpes ». Mais ce dont on s'est rendu compte c'est que dés que les premiers résultats financiers du projet ont pût se faire ressentir (40 emplois saisonniers créés, des recettes d'exploitation envoisinant le million par week end) tout le monde est revenu à la « rescousse ».

    Pour Mr GUEYE, cela est suffisamment révélateur des motivations profondes qui animent les membres de ces associations. Il faut dire que nous avons pût nous rendre compte par nous même, que l'aspect financier plus que tout autre aspect du projet suscite l'intérêt et l'adhésion des membres de ces associations. C'est-à-dire qu'au-delà des ristournes sur les recettes d'exploitation que le CGP fait à leurs associations respectives, ce qui intéresse et suscite beaucoup plus la mobilisation et l'adhésion des membres de l'ASPEN et de l'APEP ce sont les rémunérations assez conséquentes d'ailleurs (20.000FCFA/ semaine) qu'ils peuvent percevoir en travaillant pour le comité d'exploitation.

    Au delà du fait qu'une telle situation pousse à se poser de sérieuses interrogations sur les possibilités de pérennisation et d'appropriation future et désintéressée du projet par ces mêmes personnes; il y a lieu de souligner les effets pervers (en termes de conflits de personnes) qui peuvent en découler. Pour exemple il existe actuellement au sein de l'ASPEN un conflit latent entre les quatre personnes qui depuis 2005 représentent l'association au sein du CGP et le reste du bureau. Ces derniers reprochent à ceux-ci de n'être au CGP que pour leurs propres intérêts (ils sont rémunérés hebdomadairement) et de tout faire pour empêcher les autres membres de l'ASPEN de se faire recruter par le CGP. Ce à quoi les personnes incriminées répondent qu'elles ont été les premières à croire aux possibilités de réussite du projet et que par conséquent elles ne voient pas pourquoi elles ne devraient pas être les premières à bénéficier des résultats positifs obtenus « ils n'ont pas à se plaindre puisque cela aurait était plus frustrant pour eux si nous nous n'avions pas accepté de tenter l'expérience avec la mairie au nom de l'ASPEN. Au moins grâce à cela ils perçoivent aujourd'hui un pourcentage sur les recettes d'exploitation du CGP ».

    C'est dire que la question des motivations des acteurs peut se révéler être d'une incidence certaine sur la pérennité et la viabilité du projet de gestion de la plage. Si rien n'est fait, en effet, pour remobiliser l'intérêt des différents acteurs autour d'autre chose que l'aspect financier du projet ; il est fort à craindre que les conflits de personnes finissent par saper l'esprit et la dynamique qui, à notre sens, doivent soutendre le fonctionnement du CGP à savoir une logique de mobilisation citoyenne, participative et collective (pilotée par les autorités locales mais entretenues par les acteurs à la base et la société civile) autour des enjeux de gestion durable de la plage.

    4. de la question du management: ce qui se pose c'est la question de la gestion financière du projet car on s'est rendu compte que la plupart des personnes avec qui nous nous sommes entretenus à propos du CGP ont déploré certaines formes de malversassions. Il faut comprendre qu'en matière de gestion financière et comptable, il semblerait que le système actuel connaît certaines failles ce qui donne cours à des formes de pratiques peu réglementaires. Si certains des responsables du CGP semblent vouloir minimiser la question en prétextant que ce sont là des choses que l'on retrouve partout « ce sont les hommes et pas le système en tant que tel, partout où l'on va il y a des gens honnêtes et consciencieux et d'autres qui ne le sont pas (....) c'est la nature humaine qui est ainsi faite » ; il reste néanmoins que le simple fait que les acteurs soupçonnent des pratiques de malversation peut avoir un effet démobilisateur qu'il faut à tout prix éviter.

    En dehors de ces difficultés et contraintes liées à la composition, au mode de fonctionnement et de gestion du CGP ; nos études sur le terrain nous ont permis d'identifier d'autres types de difficultés liées notamment à la façon dont le CGP rempli sa mission d'entretien et de nettoyage de la plage et à la perception que les membres des associations partenaires ont du projet.

    S'agissant de la façon dont le CGP rempli sa mission d'entretien et de nettoyage de la plage, beaucoup de nos enquêtés ont déploré ce qu'ils appellent un détournement d'objectif. Il faut comprendre que beaucoup parmi les personnes que nous avons rencontré se sont plaints du fait que non seulement le comité de gestion n'assure le nettoyage et l'entretien de la plage que pendant les trois mois que durent les vacances d'été mais en plus ce nettoyage ne concerne qu'une partie de la plage et de sa baie (la partie donnant sur le village étant laissée pour compte). Cette situation s'apparente de leurs avis à un détournement d'objectif de la part du CGP d'autant plus que « l'objectif principal en mettant sur pied cet organe était d'assurer le nettoyage et l'entretien de toute la plage sans exclusive douze mois sur douze ».

    Sur la question de la perception que les membres des associations partenaires ont du projet, il faut surtout retenir qu'ils sont nombreux à la mairie d'arrondissement à se plaindre du fait que ces personnes n'ont pas vraiment une vision à long terme du projet. Ce dont se plaignent des personnes comme M.GUEYE de la commission Environnement, Pêche et Tourisme c'est surtout le fait que les membres de l'ASPEN et de l'APEP n'envisagent le projet que sous son aspect financier ce qui fait qu'ils n'ont qu'« une vision restreinte du projet et de ses impacts ».

    Quatrième partie. CONCLUSIONS ET RECOMMANDATIONS

    L'étude des pratiques locales de développement urbain durable dans la commune d'arrondissement de NGOR nous permet en définitive de tirer un certain nombre de conclusions qu'il serait intéressant de vérifier à l'échelle de toute l'agglomération Dakaroise.

    La première conclusion à retenir c'est que les acteurs que se soit publics ou non publics du développement urbain durable sont très souvent peu conscients qu'en réagissant à des situations locales caractérisées par des problèmes écologiques patents font montre d'une adhésion certaine aux principes de durabilité. Comme on a pu le voir en effet aucun par exemple des acteurs qui gravitent autour des pratiques d'usage, d'aménagement, de gestion, d'exploitation, d'entretien et/ou de préservation de la plage de NGOR village et de sa baie ne se réclame ni explicitement ni implicitement du développement durable et c'est même rare que les membres ou personnels de ces organisations/institutions/ structures ou associations reconnaissent avoir des notions sur le concept. Mais cela n'empêche pas pour autant qu'ils prennent en charge dans leurs pratiques respectives l'une des exigences fondamentales du développement durable à savoir l'intégration entre les dimensions économiques, sociales et environnementales.

    L'autre conclusion à retenir c'est que les jeux d'acteurs observables autour des pratiques locales de développement urbain durable sont souvent de nature conflictuelle et se caractérisent par des conflits d'appropriation opposant plus spécialement les acteurs non publics qui font valoir des intérêts divergents et se retrouvent dans de véritables situation d'isolement les un par rapport aux autres.

    Hormis ces conclusions d'ordre général, nous retiendrons également quelques conclusions spécifiques liées au cas que nous avons étudié à savoir la commune d'arrondissement de NGOR et plus précisément les jeux d'acteurs observables autour des pratiques d'usage, d'aménagement, de gestion, d'exploitation, d'entretien et/ou de préservation de la plage de NGOR village et de sa baie.

    L'état des lieux du développement urbain durable dans la commune d'arrondissement laisse pour beaucoup à désirer. Cela est d'ailleurs ressorti du profil environnemental que nous avons établit puisqu'on s'est rendu compte que des trois cadres fondamentaux du développement durable à savoir le cadre de développement économique, le cadre de développement humain ou social et le cadre de l'environnement aucun ne donne aujourd'hui entière satisfaction aux autorités locales, aux populations ainsi qu'aux différents acteurs du développement local (bailleurs, associations, OCB..).

    D'un autre côté on s'est rendu compte qu'en tant que principal dispositif de planification territoriale qui puisse être donné en référence à l'échelle de la commune d'arrondissement, le PLD fait non seulement référence mais bien plus encore prend effectivement en charge les enjeux et questions de développement urbain durable. La seule ombre au tableau reste cependant que ce dispositif présente des niveaux de performativité très faibles ce qui se traduit par le faible taux de réalisation des activités et actions prioritaires prévus et par les faibles niveaux de participation/gouvernance locale dans la mise en oeuvre du dispositif. Ce dernier aspect semble être principalement lié à l'inopérationnalité des organes de mise en oeuvre et de suivi du dispositif.

    S'agissant de jeux d'acteurs il est surtout important de retenir que le comité de gestion (CGP) semble être aujourd'hui le seul cadre pouvant aider à instaurer durablement une logique d'alliance et d'apprentissage collectif entre les différents acteurs gravitant autour des pratiques d'usage, d'aménagement de gestion, d'exploitation, d'entretien et/ou de préservation de la plage de NGOR village et de sa baie. Mais pour cela il faudrait comme on l'a vu que soient levé un certain nombre de questions.

    C'est dans ce sens que s'inscrivent les recommandations générales qui suivent :

    1. Sur la question de la légalité l'accent devrait très rapidement être mis sur la finalisation et la soumission aux autorités compétentes du plan d'aménagement de la plage. Il s'agit de le faire approuver comme plan d'aménagement spécial et de tirer ainsi avantage des dispositions de l'article 22 de la loi 96-07

     « dans les zones du domaine public maritime et du domaine public fluvial, dotés de plan spéciaux d'aménagement approuvés par l'Etat, les compétences de gestion sont délégués par ce dernier aux régions, communes et communautés rurales concernées respectivement pour les périmètre qui leurs sont dévolues dans lesdits plans.

    Les redevances y afférents sont versées aux collectivités locales concernées.

    Les actes de gestion qu'elles prennent sont soumis à l'approbation du représentant de l'Etat et communiqués, après cette formalité, au conseil régional pour information »99(*).

    L'avantage d'une telle démarche serait en plus de régler la question de la légalité, d'apporter parallèlement aussi une réponse définitive à la question administrative puisque la MAN n'aurait plus de peine à justifier et à qualifier dans sa nomenclature budgétaire les recettes perçues du comité de gestion.

    2. Etant donné cependant qu'il faut trouver, en attendant que le plan d'aménagement soit finalisé et approuvé par l'Etat (ce qui pourrait prendre du temps), une réponse à la question administrative ; nous recommandons une formule du type gestion déléguée. C'est-à-dire qu'en attendant que le plan spécial d'aménagement soit approuvé, la gestion de la plage de NGOR village et sa baie doit être mise en concession par la MAN (Art.317 CCL).

    Dans la concession, la collectivité locale charge une entreprise ou un organe extérieure de gérer, à ses risques et périls, un service public pendant une durée déterminée. L'entreprise ou l'organe concessionnaires sont rémunérés par les tarifs payés par les usagers. C'est dire qu'au lieu d'être membre du comité de gestion et de recevoir à ce titre des recettes qu'elle ne pourrait justifier, la MAN devrait tout bonnement se retirer et concéder la gestion de la plage à un organe autonome genre comité d'exploitation regroupant les acteurs non publics de la plage. Cette structure pourrait être constituées sous la forme d'une PME dont le comité d'administration regroupera par exemple l'ASPEN, le RTIN, l'APEP, le groupe CELLIA et les établissements Hôteliers.

    De ce fait la gestion administrative et financière pourra rester autonome tout en gardant son caractère flexible alors que la mairie ne percevra par exemple que sa taxe sur les spectacles (15% du total des recettes d'exploitation).

    3. Pour résoudre la question de la motivation des acteurs nous suggérons que l'accent soit d'avantage mis sur la sensibilisation et la concertation avec tous les acteurs réunis au sein du comité de gestion. Dans cette logique l'accent devra surtout être mis sur les impacts sociaux et environnementaux du projet afin de mobiliser l'adhésion des acteurs autour de ces objectifs. Autrement dit il faudra à tout prix par l'information et la sensibilisation tourner l'intérêt des acteurs sur autre chose que l'aspect financier du projet. La concession de la gestion de la plage à une structure autonome constituée sur le mode d'une PME pourrait aussi contribuer d'une certaine manière à remobiliser l'intérêt des acteurs autour des enjeux sociaux et surtout environnementaux du projet et par la même susciter l'appropriation du projet par ceux-ci.

    4. Sur la question du management du projet, nous recommandons l'organisation de cessions de formation portant par exemple sur la thématique du management des projets et organisations de sorte à renforcer les capacités du comité d'exploitation et par la même à préparer les différents acteurs à leur rôle futur de concessionnaires. En ce sens l'expertise de l'ASPREM pourrait être mis à contribution.

    5. Enfin tout doit être fait pour assurer le nettoyage de la plage (et de toute la plage) 12 mois/12. Pour cela nous recommandons que le mode de gestion financière du projet soit revu dans le sens d'assurer la rémunération d'au moins 10 emplois fixes de balayeurs pendant toute l'année et d'assurer les frais de collecte et de transport des ordures de la plage vers les points de transite deux fois au moins toutes les semaines. Pour cela les grilles de répartition des recettes d'exploitation entre acteurs regroupés au sein du CGP (20% pour l'ASPEN, 20% pour l'APEP et 20% pour la MAN) pourraient être revues à la baisse de sorte à garder en caisse un certain fond de roulement qui permettrait au comité de pouvoir assurer les charges de nettoiement, de collecte et de transport des ordures pendant les périodes de non affluence sur la plage.

    * 1 Edwin Zaccaï (Centre d'étude du développement durable, Université libre de Bruxelles -IGEAT-), « Qu'est-ce que le développement durable », Intervention lors du cycle de conférences Rio : le développement durable 10 ans après, Paris, cité des sciences, mai 2002, 20 p.

    * 2 Du nom de Mme le premier ministre Norvégien de l'époque qui présidait la commission mandatée par les Nations Unies

    * 3 Rappelons que la promotion du développement à l'échelle mondiale constitue l'une des grandes vocations onusiennes

    * 4 Union internationale pour la protection de la nature (WWF).

    * 5 Aurélien Boutaud, op. Cit.

    * 6 Edwin Zaccaï, Op. Cit.

    * 7 « Action 21 » en français, « Agenda 21 » en anglais

    * 8 Novethic.fr (le média en ligne du développement durable), Les Agenda 21 : Outils de développement maîtrisé au Maroc, www.novethic.fr

    * 9 Aurélien Boutaud, Elaboration de Critères et Indicateurs de Développement Durable (CIDD) pour les collectivités locales, Thèse de troisième cycle Ecole Nationale des Mines de Saint-Étienne/ Centre Sciences, Information et Technologie pour l'Environnement, 2005, 327 p.

    * 10 Programme interdisciplinaire Développement Urbain Durable, Appel à proposition 2003

    * 11 Les plages de Dakar et sa banlieue, document Internet ( www.sénégalaisement.sn)

    * 12 Commune d'arrondissement de NGOR, Plan Local de Développement, 2005, 67 p., p.21

    * 13 www.sénégalaisement.sn, Op. Cit.

    * 14 Observatoire Universitaire de la Ville et Du Développement durable, « Développement Urbain Durable », Revue Vue sur la ville N°1, Février 2002, 158 p.

    * 15 Nelson Mandela cité par Ernest Harsch, « Des villes africaines fragilisées : Divers projets visent à améliorer logements, services, sécurité et administration », Afrique Relance, Vol.15# 1-2, juin 2001, 30p.

    * 16 L'écologie urbaine est un courant de pensée qui s'inspire de l'écologie pour analyser le fait urbain. Leur thèse centrale est que la ville n'est pas durable, mais elle peut contribuer à la durabilité. L'écologie urbaine suggère des questions majeures: comment rendre la ville à la fois supportable par la nature, et l'environnement urbain supportable pour l'homme ? Comment inventer les villes de demain ? Quelles relations entre forme urbaine et maîtrise de l'empreinte écologique du métabolisme urbain ? Quels outils pour une gestion durable des espaces urbains ?

    * 17 Programme interdisciplinaire Développement urbain durable, Appel à proposition 2003

    * 18 Développement urbain durable en zone côtière, Actes du Séminaire international de MAHDIA, Tunisie 21 - 24 juin 1999

    * 19 Université de Lausanne, Développement urbain durable, gestion des ressources et services urbains, Forum International Urbistique (20 - 22 septembre 2006)

    * 20 Cyria Emelianoff, Comment définir une ville durable, université d'Orléans 2002

    * 21 Déclaration de l'assemblée générale des maires, sommet des Nations Unies sur l'Habitat Humain (Habitat II), Istanbul, Turquie, 1996

    * 22 Programme d'appui à la formulation des Agendas 21 Locaux au Sénégal, Document de présentation

    * 23 Op. Cit.

    * 24 Développement urbain durable en zone côtière, op. Cit.

    * 25 Aurélien Boutaud, op. Cit.

    * 26 Centre National de la Recherche Scientifique (CNRS) /Programme interdisciplinaire Développement urbain durable, Appel à propositions 2004

    * 27 Aurélien Boutaud, op. Cit.

    * 28 Madeleine Grawitz, Méthodes des Sciences Sociales, Col. Dalloz, Paris, 1993, 1019 p, p. 547

    * 29 Papa Layti NDIAYE : Etat des lieux des dispositif de planification spatiale, économique, sociale et environnementale intervenant dans l'agglomération dakaroise.

    Papa Mademba NDIAYE, Mandiaye NDIAYE : Impact des relations Ville de Dakar - Communes d'arrondissement : le cas des projets de mobilité urbaine des CA de Plateau, Medina et Hann Bel Air

    Adama GAYE : La fabrique locale du développement durable dans les Communes d'Arrondissement de Malika et Keur Massar

    Moctar DIAW : Le projet de restructuration du village de Hann Bel Air et son impact sur le développement durable de la baie de Hann.

    Mamadou Abdoulaye DIAKHATE : La fabrique locale du développement durable : le cas de la forêt de Mbao

    * 30 Gordon Mace, Guide d'élaboration d'un projet de recherche, Université De Boeck, 1992,115 p., p.35

    * 31 Emile Durkheim, Les Règles de la Méthode Sociologique, réed. PUF, Paris, 1968, 149 p, p.34

    * 32 Contrairement à l'échelle métrique ou quantitative et à l'échelle nominale, l'échelle ordinale se borne à distinguer des niveaux ordonnés de mesure du phénomène.

    * 33J-J GUIBBERT, Notes d'orientations méthodologiques pour les étudiants du DESS de l'ENEA ayant déposé un sujet sur le DUD dans l'agglomération, 30 septembre 2006, 8 p

    * 34 Alice ROUYER, communication à l'occasion du séminaire sur les Politiques territoriales et le développement durable, 19 septembre 2006 

    * 35

    * ü Cartographie de l'Etat des lieux et des points sensibles

    ü Schéma d'acteurs

    ü Répertoire analytique des dispositifs de la planification locale

    ü Tableau de synthèse des itinéraires d'expert »

    * 36 Jean-Jacques GUIBBERT Op. Cit.

    * 37 J J GUIBERT, op. Cit.

    * 38 J J GUIBERT, op. Cit.

    * 39 J J GUIBERT, op. Cit.

    * 40 M. KELLEY, « L'analyse de contenu » dans Recherche Sociale : de la problématique à la collecte de données (sous la direction de Benoît Gauthier), ed. Siller/Presses de l'université du Québec, 1984, pp.293-315, p.293.

    * 41 Objective veut surtout dire que l'analyse doit procéder selon des règles, obéir à des consignes suffisamment claires et précises pour que des analystes différents travaillant sur le même contenu, obtiennent les mêmes résultats (étant entendu qu'ils se soient mis d'accord sur les aspects à analyser, les catégories à utiliser et la définition opérationnelle de chaque catégorie).

    * 42 Systématique signifie que tout le contenu des documents analysés doit être ordonné et intégré dans les catégories choisies, en fonction du but poursuivi.

    * 43 Ici au lieu de 50 le total de nos différents échantillons est en fait égal à 43 parce que certains sujets enquêtés l'on souvent était à un double titre ce qui fait que les mêmes personnes peuvent se retrouver dans deux échantillons différents. C'est le cas par exemple de M. Allioune GUEYE qui se retrouve à la fois dans l'échantillon que nous avons constitué au niveau de la mairie d'arrondissement (il est conseiller municipal et par ailleurs président de la commission Tourisme, Pêche et Environnement) et dans celui du comité de gestion de la plage (il en est le coordonnateur) ; c'est aussi le cas de M. Rémie Juteau qui se trouve être à la fois le propriétaire de l'hôtel la BRAZZERADE et le président de l'olympique de NGOR ; c'est le cas également de pape N. SAMB (à la fois président de l'ASPEN et conseiller municipal) et d'autres personnes qui dans le champs local du développement urbain durable se retrouvent à plusieurs niveaux d'implication et ont de ce fait représenté pour nous des personnes ressources à différents titres.

    * 44 J.J. GUIBERT, op. Cit.

    * 45 D.P. Cartwright, « L'analyse du matériel qualitatif » dans Méthodes de Recherche (publié sous la direction de Festinger et Katz), pp. 481-538

    * 46 Conférer carte de localisation de la CA de NGOR (p.44)

    * 47 ENDA/RUP, Profil Environnemental de la Commune d'arrondissement de NGOR, 2000

    * 48 Sources : PLD NGOR

    * 49 PLD, p. 14

    * 50 www.sénégalaisement.sn, Op. Cit.

    * 51 Profil environnemental de la commune d'arrondissement de NGOR, ENDA RUP

    * 52 PLD NGOR

    * 53 www.sénégalaisement.sn, Op. Cit.

    * 54 PLD, p. 22

    * 55 ENDA/RUP, op. Cit.

    * 56 ENDA/RUP, op. Cit.

    * 57 PLD

    * 58 DPS, Situation économique et sociale de la région de DAKAR 2004, SRPS/Dakar, Octobre 2005

    * 59 www.sénégalaisement.sn, Op. Cit.

    * 60 Préambule du PLD, P. 5

    * 61 PLD, p.4

    * 62 PLD, p. 3

    * 63 Expression Wolof qui signifie littéralement « ramer pour NGOR »

    * 64 Citoyenneté Ngoroise ou mouvement JOWAL NGOR est en fait le nom qu'avait choisi de prendre le groupe de personnes qui compose l'actuelle équipe municipale au moment de faire campagne pour les élections municipales et locales de 2002. Il est d'ailleurs intéressant de s'arrêter un tout petit peu sur l'histoire de cette équipe municipale actuelle, car celle-ci peut nous aider à plusieurs égard à mieux comprendre la ligne politique, les approches et projets de développement que celle-ci (l'équipe municipale) choisie de mettre en oeuvre.

    Cette équipe est arrivée à la tête de la commune d'arrondissement de NGOR à la faveur de vives tensions opposant l'ancienne équipe municipale issue du Parti Socialiste (PS) aux jeunes du village traditionnel sur des questions relatives à la gestion des zones d'extension.  Le contexte d'élections d'alors avait poussé un groupe composé de jeunes leaders issus de ce mouvement social contestataire porté par le COPECS, l'ASPEN, le COJEN et certaines ASC (Olympiques de NGOR) et d'autres personnes se disant indépendants ; à se présenter aux postes de conseillers municipaux. C'est ce groupe qui fera le choix de se nommer Citoyenneté Ngoroise (mouvement JOWAL NGOR).

    Puisque la loi 96-08 du 22 Mars 1996 modifiant le code électoral n'autorise à se présenter aux élections municipales et locales que « les candidats inscrits sur une liste électorale présentée par un parti politique légalement constitué ou par une coalition de partis politiques légalement constituée », Citoyenneté Ngoroise a dû se présenter sous la bannière d'un parti ou d'une coalition de partis.

    Ayant bâti leur programme sur un diagnostic sans complaisance de la situation de la commune d'arrondissement les membres de citoyenneté Ngoroise ont, semble t'il, finalement jugé que le parti des écologistes (les Verts) semblait dans le contexte d'alors comme le parti le plus en adéquation avec leurs visions/ambitions pour NGOR et c'est pourquoi c'est sous leur bannière qu'ils se présenteront en Février 2002.

    Tout le programme de citoyenneté Ngoroise reposait en fait sur le rêve ardent de faire de «notre NGOR une petite ville moderne garantissant la sécurité foncière, des conditions de vie et de travail épanouissantes, une nature préservée, l'absence de stress et de pollution, la préservation de nos cultures et traditions ». Et comme pour sceller le pacte moral avec les populations du village Citoyenneté Ngoroise a axé tout son discours de campagne sur la question de la gestion des zones d'extension avec une promesse phare à la clé : finaliser au profit du village de NGOR le lotissement et l'affectation de ces zones.

    * 65 PLD, p. 35

    * 66 Propos de Mr Ousseynou SAMB coordinateur du CDL

    * 67 PLD, p.6

    * 68

    * 69

    * 70 PLD, p.7

    * 71 PLD, p.8

    * 72 PLD, p.6

    * 73 PLD, p.35

    * 74 PLD, p.58

    * 75 Interview de Mr El Hadj Mamadou KANE maire de la commune d'arrondissement de NGOR.

    * 76 PLD, p.6

    * 77 PLD, p.35

    * 78 PLD, p.4

    * 79 Problématique

    * 80 Propos de Mr Osseynou SAMB, coordonnateur CDL

    * 81 Transcription wolof de la définition que Mr MBENGUE nous a donné du développement durable. Nous avons préféré la retranscrire telle qu'elle puisque nous trouvons cette définition extrêmement pertinente et surtout parce que nous ne saurions traduire cette phrase que par développement durable.

    * 82 Propos de Mr Ousseynou MBENGUE secrétaire général de l'ASPEN

    * 83 Propos de Mr Mar FALL trésorier de l'ASPEN

    * 84Récipissé de déclaration d'association N°00312 CRD/AA/ASO en date du 2 Novembre 2000

    * 85 M. Mbaye GUEYE ASPEN (représentant de l'ASPEN au sein du CGP)

    * 86 Ceux-ci étaient estimés à 32 en 2006

    * 87 M. GUEYE CGP

    * 88 Propos de M. Rémie Juteau patron de l'hôtel la BRAZZERADE

    * 89 Propos de M. Adama KANE président de l'association

    * 90 O.SAMB, « Le coup de gueule des piroguiers » dans SOWU JANT N°10, mensuel d'informations générales, d'analyse et de réflexion de la jeunesse de NGOR, Juin Juillet 2005, p.5, 8 p.

    * 91 Propos de Moussa SAMB secrétaire général du groupe CELLIA

    * 92 Article 6, loi 96-09

    * 93 Article 8, ibid.

    * 94 O. SAMB, op. cit, p.5

    * 95 Code des collectivités locales (loi 96-06) article 3.

    * 96 Ousseynou SAMB, « le coup de gueule des piroguiers » dans SOWU JANT, Mensuel d'informations générales, d'analyse et de réflexions de la jeunesse de NGOR, N°10, Juin-Juillet 2005, p.5, 8

    * 97 O.SAMB, « plus d'un million de francs de recettes par week end » dans SOWU JANT, ibid., p.5

    * 98 M.GUEYE

    * 99 Article 22 de la loi 96-07 portant transfert de compétences aux régions, aux communes et aux communautés rurales