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Etude et analyse du risque de crédit dans une institution de microfinance: cas de PADME-BENIN

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par Narcisse SOGLOHOUN
Ecole Nationale d'Economie Appliquée et de Management / Université Nationale du Bénin - Diplôme d'Administrateur des Banques et Finance du Marché 2008
Dans la categorie: Economie et Finance
  

REPUBLIQUE DU BENIN

Ministère de l'Enseignement Supérieur et de la Recherche Scientifique

Université d'Abomey-Calavi

Ecole Nationale d'Economie Appliquée et de Management ENEAM

MEMOIRE DE FIN DE FORMATION AU CYCLE II

POUR L'OBTENTION DU DIPLÔME D'ADMINISTRATEUR

FILIERE : BANQUE ET FINANCE DES MARCHES

PROMOTION 2004-2006

THEME

ETUDE ET ANALYSE DU RISQUE DE CREDIT DANS UNE INSTITUTION DE MICROFINANCE : cas de

Réalisé et soutenu par :

Narcisse SOGLOHOUN

Sous la direction de :

Mr. Bénito FADO

Administrateur de Banque

Enseignant à l'ENEAM

Février 2008

L'Ecole Nationale d'Economie Appliquée et de Management n'entend donner aucune approbation ni improbation aux opinions émises dans ce mémoire. Ces opinions doivent être considérées comme propres à leur auteur.

C'est à toi, ma mère:

NAVI

trop tôt rappelée à Dieu

que je dédie cette modeste oeuvre.

Sans toi rien n'aurait été possible.

Du séjour que le Seigneur t'a réservé,

continue de bénir ton fils,

pour qui, sur terre, tu as consenti tant de sacrifices.

Tu demeureras toujours pour moi cette femme exceptionnelle

dont la remarquable intelligence

était admirablement secondée par ton coeur maternel

Merci Maman!

Que Dieu lui-même dans son amour infini soit ta récompense.

Narcisse SOGLOHOUN

Ce mémoire est une oeuvre de recherche dont la réalisation a été effective grâce à l'apport de plusieurs personnes que je tiens à remercier :

- Mr René AZOKLI, Directeur Général du PADME-Bénin pour m'avoir permis de faire mes recherches sur son institution ;

- Mr FADO Bénito, mon directeur de mémoire qui a bien voulu diriger ce travail ;

- Pasteur MAHOUGLA Jean pour ses prières et bénédictions ;

- Ma chérie, Clotilde AFANNOU pour sa patience et sa compréhension ;

- Mon père SOGLOHOUN Paulin, tous mes frères et soeurs  pour leur soutien ;

- Mon oncle Sylvain ASSOU, qui a toujours cru en moi, ma profonde gratitude pour ses précieux conseils ;

- Tous ceux qui de près ou de loin, ont contribué à la réalisation de ce mémoire.

Narcisse SOGLOHOUN

Tableau n°1 Tableau de bord de l'étude ...................................................30

Tableau n°2 Causes liées à la capacité de management de l'entrepreneur ............ 54

Tableau n°3 Causes liées à des incidents....................................................55

Tableau n°4  Causes liées à des facteurs externes à l'entreprise du client ................55

Tableau n°5  Causes liées à la conjoncture économique ..................................55

Tableau n°6  Causes `'impossibles'' à prévoir par PADME ...............................56

Tableau n°7  Causes liées à l'institution PADME ..........................................56

Tableau n°8 Avis sur la méthode d'analyse des dossiers de crédit .........................56

Tableau n°9 Avis sur la méthode d'évaluation des garanties ...............................57

Tableau n°10 Causes liées au Chargé de prêts ..............................................57

Tableau n°11  Taux de respect des échéances du PADME et des Agences ...............72

Tableau n°12 Portefeuille à Risque à 90 jours du PADME et des Agences .............73

Tableau n°13 Taux de perte sur créances du PADME et des Agences ...................74

Tableau n°14  Portefeuille à Risque à 30 jours du crédit immobilier par Agence .......75

Tableau n°15  Portefeuille à Risque à 30 jours des prêts classés par palier de montant 77

Tableau n°16 PAR30 des prêts classés par durée de remboursement.....................78

Tableau n°17 Evolution du taux de portefeuille à risque .....................................79

Tableau n°18 Répartition du portefeuille de crédit du PADME par secteur d'activité....84

Tableau n°19 Récapitulatif des ratios de décision de mise en place des crédits .......102

Tableau n°20 Tableau de synthèse de l'étude .................................................109

ACP  : Association des Clients du PADME

AG : Assemblée Générale

BCEAO : Banque Centrale des Etats d'Afrique de l'Ouest

CCIB  : Chambre de Commerce et d'Industrie du Bénin

CGAP : Groupe Consultatif d'Assistance aux Pauvres

CODIR : Comité de Direction

CP : Chargés de Prêts

DID : Développement International Des Jardins

FBB : Financial Bank Bénin

FECECAM : Fédération des caisses d'Epargne et de Crédit Agricole Mutuel

FENAB : Fédération des Artisans du Bénin

FINADEV : Financial Development

FOGA  : Fonds de Garanties au profit des Artisans

ICD  : Institutions de Crédit Direct

ID : Initiative Développement

IMF : Institution de Microfinance

INSAE  : Institut National de la Statistique et de l'Analyse Economique

OHADA : Organisation pour l'Harmonisation du Droit des Affaires en Afrique

ONG : Organisation Non Gouvernementale

PADME : Association pour la Promotion et l'Appui au Développement des Micro Entreprises

PAPME : Agence pour la Promotion et l'Appui aux Petites et Moyennes Entreprises

PAR : Portefeuille à Risque

PARMEC : Projet d'Appui à la Règlementation des Mutuelles d'Epargne et de Crédit

PAS  : Programme d'Ajustement Structurel

PEFAB  : Crédit au Profit des Femmes du Secteur de l'Agro-alimentaire du Bénin

PNUD : Programme des Nations Unies pour le Développement

PROFIDA : Crédit au Profit des Jeunes Diplômés Artisans

SFD  : Structures de Financement Décentralisées

UMOA : Union Monétaire Ouest Africaine

VITA : Volounteers In Technique Assistance

« Etude et analyse du risque de crédit dans une institution de microfinance : Cas de PADME-Bénin. » est un thème assez vaste. Il peut être abordé sous plusieurs angles, mais nous nous sommes évertués à concentrer nos efforts sur la gestion des risques de crédit au PADME.

Cependant, l'intérêt du contenu de ce mémoire repose essentiellement sur les différentes causes liées à la dégradation de la qualité du portefeuille de crédit au PADME depuis 2005.

La lamentable et regrettable situation de données dites secrètes, combinée aux autres facteurs nous ont amenés à limiter nos recherches.

Nous n'avons pas la prétention d'avoir abordé ce sujet dans tous ces compartiments. A l'instar de toute oeuvre humaine, nous sommes persuadés que ce travail comporte certainement des insuffisances et erreurs d'appréciations. Nous accueillons avec humilité, sympathie, modestie et ouverture d'esprit, les remarques, suggestions et recommandations qui nous seront faites.

INTRODUCTION GENERALE

CHAPITRE PRELIMINAIRE : PRESENTATION DU CADRE INSTITUTIONNEL DE L'ETUDE ET PROBLEMATIQUE

SECTION 1 : Cadre physique de l'étude

PARAGRAPHE 1 : Présentation générale de PADME

PARAGRAPHE 2 : Etat des lieux sur les prestations de PADME

SECTION 2 : Problématique

PARAGRAPHE 1 : Problématique de l'étude

PARAGRAPHE 2 : Résolution de la problématique spécifiée

CHAPITRE PREMIER : DU CADRE THEORIQUE ET METHODOLOGIQUE DE L'ETUDE A L'ANALYSE DES DONNEES  DE L'ENQUETE

SECTION 1 : Des objectifs de l'étude à la méthodologie de recherche

PARAGRAPHE 1 : Objectifs et hypothèses de l'étude

PARAGRAPHE 2 : Revue de littérature et méthodologie de recherche

SECTION 2 : Réalisation des enquêtes et présentation des données

PARAGRAPHE 1 : Préparation et réalisation des enquêtes

PARAGRAPHE 2 : Présentation des données et identification des causes liées au risque de crédit

CHAPITRE DEUXIEME : DE LA VERIFICATION DES HYPOTHESES AUX CONDITIONS DE MISE EN OEUVRE DES SOLUTIONS

SECTION 1 : Vérification des hypothèses et établissement du diagnostic

PARAGRAPHE 1 : Vérification des hypothèses

PARAGRAPHE 2 : Synthèse du diagnostic

SECTION 2 : Propositions de solutions et conditions de mise en oeuvre

PARAGRAPHE 1 : Propositions de solutions

PARAGRAPHE 2 : Conditions de mise en oeuvre des solutions

CONCLUSION GENERALE

BIBLIOGRAPHIE

ANNEXES

TABLE DES MATIERES

INTRODUCTION GENERALE

L'

essor de l'économie monétaire, la facilité des opérations de change et l'interdépendance des marchés de capitaux ont favorisé l'intensification des relations des banques et établissements de crédit avec les autres agents économiques.

Mais la crise économique des années 80 a précipité la population béninoise dans un profond abîme de pauvreté. Il fallait donc promouvoir l'auto emploi par la création de micro-entreprises pour réduire un tant soit peu cette pauvreté. Pour lancer leurs entreprises, financer leurs investissements ou leurs consommations, les agents économiques disposent rarement en propre et au moment opportun de tous les capitaux nécessaires. Grâce au crédit, les divers besoins exprimés peuvent être satisfaits.

Ainsi, il revient aux institutions de microfinance (IMF) d'assurer le relais des banques classiques dans le financement des activités de micro-entreprises. Le nouveau cadre institutionnel mis en place dans les pays de l'Union Monétaire Ouest Africaine (UMOA) et utilisé par la Banque Centrale des Etats de l'Afrique de l'Ouest (BCEAO) dans la conduite de la politique monétaire de l'union, n'a fait que favoriser la prolifération d'un système bancaire informel, plus proche des petites et moyennes entreprises (PME) et des micro-entreprises. Il faut reconnaître que ces «banques» de taille très modeste ont pu mobiliser des ressources très importantes qui ont donné un poids non négligeable aux activités de la microfinance. Le Bénin peut être cité à titre de pays phare dans cette expansion rapide de la finance décentralisée. Le développement du secteur de la microfinance est dû, essentiellement, aux institutions mutualistes et/ou coopératives, aux institutions de crédit-épargne, aux organisations non gouvernementales (ONG) et à certaines structures d'appui.

Les institutions de microfinance sont devenues une composante importante de l'architecture financière dans de nombreux pays en développement, notamment en Afrique et en particulier dans l'Union Monétaire Ouest Africaine (UMOA) en raison de la masse d'argent brassée : 173,4 milliards FCFA à fin 2003 en hausse de 21,6 milliards FCFA par rapport à 2002 et de l'ampleur de la clientèle issue de toutes les couches sociales1(*).

L'engouement suscité par la microfinance a favorisé au Bénin son positionnement stratégique au milieu de nombreuses actions soutenues par les bailleurs de fonds et l'Etat en faveur du développement. Ainsi l'Association pour la Promotion et l'Appui au Développement des Micro Entreprises est née et poursuit sa mission de prestation de services financiers de proximité aux personnes à faibles revenus tout en assurant la pérennité de l'institution. Néanmoins, elle est confrontée à certains problèmes tels que : le remboursement des crédits par les clients, la satisfaction de la clientèle, la concurrence, les stratégies et procédures employées par l'équipe pour optimiser la performance financière de l'institution.

Si le crédit assure la viabilité d'une IMF, il peut également causer sa perte, car le crédit représente également le principal risque d'affaires de l'institution financière. Le crédit a pour conséquence la dispersion des actifs de l'institution entre les mains d'une multitude d'emprunteurs. Cette situation rend la gestion de la fonction crédit très complexe et parfois périlleuse. C'est ainsi qu'on commence à enregistrer des taux de crédits impayés non négligeables au niveau de l'institution. Or il faut rappeler qu'au nombre des problèmes ayant entraîné la faillite des anciennes banques d'Etat, il y a eu le manque de rigueur dans la gestion de crédits. Cela a eu pour conséquence le non recouvrement de crédits octroyés.

Pour prévenir la répétition de cette situation, il convient de s'intéresser très tôt au problème et de l'analyser pour en dégager les causes afin de ressortir les approches de solution.

C'est dans le souci de concrétiser cette suggestion que le thème « ETUDE ET ANALYSE DU RISQUE DE CREDIT DANS UNE INSTITUTION DE MICROFINANCE : Cas de PADME-BENIN » a retenu notre attention. Le développement de ce thème se présente en trois chapitres.

Le chapitre préliminaire intitulé cadre institutionnel de l'étude et problématique sera consacré à la présentation de la structure, ses prestations et enfin à la problématique.

En ce qui concerne le chapitre premier, il s'intéressera d'une part aux objectifs et hypothèses de l'étude et d'autre part à la présentation de la méthodologie de la recherche adoptée.

Le chapitre deuxième quant à lui s'attardera sur les approches de solution et les recommandations ; ceci après la vérification des hypothèses.

Chapitre préliminaire

PRESENTATION DU CADRE INSTITUTIONNEL DE L'ETUDE ET PROBLEMATIQUE

Ce chapitre présente de manière générale le cadre de fonctionnement et les activités de l'Association pour la Promotion et l'Appui au Développement des Micro Entreprises (PADME) ; ensuite il fait l'état des lieux de la qualité de ses prestations et enfin il précise la démarche méthodologique.

SECTION I : CADRE PHYSIQUE DE L'ETUDE

PADME est l'institution financière sur laquelle nous avons effectuée nos recherches en vue de la réalisation de ce mémoire professionnel. Nous présenterons cette structure de façon générale et ensuite, ses prestations.

PARAGRAPHE I : Présentation générale de PADME

Cette présentation porte sur son historique, sa mission et sa structure organisationnelle.

I- Historique et missions du PADME-BENIN

D'abord, nous présenterons son historique et ensuite sa mission.

A- Historique

Le secteur financier béninois a connu de profondes transformations au cours des années 1990 dans le cadre des différents programmes d'ajustement structurel. Afin de répondre à la disparition des banques de développement publiques et de financer l'immense secteur informel rural et urbain, plusieurs IMF sont nées, souvent avec l'appui de la coopération internationale.

Ainsi le PADME (Projet d'Appui au Développement des Micro Entreprises) a été créé sous forme de projet le 1er septembre 1993 par le gouvernement béninois, sous financement de la Banque Mondiale, avec l'assistance technique de VITA pour atténuer les effets sociaux du Programme d'Ajustement Structurel (PAS). Ensuite il a suivi les principales évolutions institutionnelles suivantes :

· Phase pilote à Cotonou du 1er septembre 1993 au 30 août 1995 pour tester et affiner les différentes stratégies et mécanismes pour assister efficacement les micros entreprises ;

· Phase de consolidation du 1er septembre 1995 au 31 octobre 1998 pour le perfectionnement du système et l'ouverture d'une agence à Porto-Novo ;

· Phase d'institutionnalisation :

- Création le 23 décembre 1997, d'une association de type `'Loi 1901'' pour prendre le relais du projet PADME ;

- Reconnaissance officielle de l'association par le Ministère de l'Intérieur, de la Sécurité et de l'Administration Territoriale comme une association de type loi 1901 (récépissé n° 98/400/MISAT/DC/SG/DAI/SAAP-ASSOC du 31 décembre 1998) ;

- Reconnaissance de l'association comme une association d'utilité publique par le décret présidentiel n° 99-250 du 18 mai 1999 ;

- Transfert de l'actif et du passif du projet à l'association par une convention datée du 06 septembre 1999 entre le Ministre des Finances et de l'Economie et le Président de l'association ;

- Signature de la Convention n°99-0002-C du 06/09/99 avec le Ministère des Finances et de l'Economie autorisant le PADME à "effectuer sur le territoire de la République du Bénin, les opérations de crédit et d'épargne, selon les conditions prévues par ses textes organiques qui fixent également ses règles de fonctionnement", pour une durée de cinq ans renouvelable par tacite reconduction ;

- Renouvellement de la Convention n°1652-C du 24/06/2005 pour une durée de cinq ans renouvelable par tacite reconduction.

Compte tenu de la nécessité d'un renouvellement tous les 5 ans de la convention et de certains inconvénients propres à la loi PARMEC, le PADME mène actuellement les démarches pour une éventuelle transformation en une institution privée et commerciale de micro finance. Le statut actuel n'entrave pas la bonne marche des opérations, mais il ne garantit pas la pérennité institutionnelle.

B- Mission du PADME

L'équipe de direction, le Conseil d'Administration et l'ensemble du personnel adhèrent à la mission du PADME : « Accès facile et rapide au crédit à tous les micro entrepreneurs ». Cette mission et la personnalité charismatique du Directeur Général (DG) ont créé une véritable culture d'entreprise centrée sur l'efficacité et le service au client. Elle transparaît à tous les niveaux de l'institution et elle est une source de motivation du personnel. Cette mission combine objectifs sociaux et financiers. L'équipe de direction est consciente de l'importance de l'autonomie financière du PADME mais fait aussi le choix de servir sa population cible initiale.

Ainsi le PADME offre une gamme variée et différenciée de services financiers adaptés aux besoins spécifiques de chaque groupe et spécialement au développement de la micro entreprise ; plus précisément, il s'agit d'accroître l'efficacité et la rentabilité des micros entreprises et de consolider les emplois créés dans ce secteur.

II- Structure organisationnelle et fonctionnement

D'abord, nous présenterons l'organisation de l'institution et ensuite son fonctionnement.

A- Structure organisationnelle

Le PADME est une association de personnes morales. Les membres fondateurs de l'association sont repartis dans les groupes ci-après :

Groupe 1 : les micros entrepreneurs représentés par l'Association des Clients du PADME (ACP) et la Fédération Nationale des Artisans du Bénin (FENAB) ;

Groupe 2 : le personnel de l'institution représenté par la direction générale ;

Groupe 3 : les partenaires financiers représentés par la Financial-Bank et le PAPME ;

Groupe 4 : les institutions d'appui représentées par la Chambre du Commerce et d'Industrie du Bénin (CCIB) et l'ONG Américaine AFRICARE- BENIN ;

Groupe 5 : l'Etat représenté par le Ministère du Plan, de la Restructuration Economique et de la Promotion de l'Emploi.

L'association jouit de la double autonomie administrative et financière. Elle assure sa propre gestion et est administrée conformément à son manuel de procédures, ses statuts, son règlement intérieur et aux dispositions des conventions qu'elle a conclues.

Les principaux organes de l'association sont : l'Assemblée Générale, et l'Organe Exécutif.

1- L'Assemblée Générale

L'AG est l'organe suprême du PADME. Elle se tient une fois par an pour définir l'orientation et la politique générale de l'association en vue de la réalisation de l'objectif social, de l'adoption du règlement intérieur et l'élection des membres du BE aux différents postes. L'AG examine et approuve le programme d'activités présenté par le BE de l'association ; elle décide de la révocation et de la nomination du Directeur Général après examen de la proposition du BE. De plus elle vote après examen le budget présenté par le bureau exécutif. Elle est composée des membres fondateurs de l'association cités plus haut.

2- L'Organe Exécutif

Il est constitué du Bureau Exécutif et de la Direction Générale. Le BE est l'organe d'administration et de gestion de l'association. Il se réunit ordinairement une fois par trimestre et est composé de cinq (05) membres : un président, un vice président, un secrétaire et deux (02) membres. Présentement, ces postes sont respectivement occupés par l'ACP, la FENAB, le personnel du PADME, la FBB et l'ONG AFRICARE. Quant à la Direction Générale, elle assure sa gestion courante. A ce titre, elle est responsable de la gestion des ressources humaines, techniques et financières de l'association.

Le siège de PADME est le centre de définition de la stratégie de l'institution, de mise au point des outils de gestion et de contrôle de l'organisation. C'est le lieu d'exercice du Directeur Général, du Directeur Général Adjoint, des Chefs de service et de leurs assistants.

Dans l'organigramme de PADME, les fonctions se répartissent de la façon suivante2(*) :

Le Directeur Général (DG)

Il a pour rôle d'assurer la gestion courante et le bon fonctionnement de l'institution.

Le Service Gestion des Risques

Il est chargé d'identifier les risques et de mettre en place des politiques afin de les prévenir.

Le Service Crédit

Il assure la mise en oeuvre de la politique de crédit au plan national et coordonne les activités de toutes les agences.

Le Service Audit Interne

Son rattachement au DG lui confère une indépendance vis-à-vis des services qu'il audite. Il est principalement concerné par les tâches d'évaluation de contrôle de conformité et de vérification de la fiabilité du système global. Ses principales activités concernent :

Ø La supervision de la conception et la mise en oeuvre des procédures.

Ø Le contrôle du respect strict des procédures.

Ø L'accomplissement des missions diverses à lui confiées par le DG.

Le Service Administratif

Son rôle est :

- d'approvisionner et de gérer les moyens généraux ;

- de gérer le stock et les immobilisations ;

- de procéder périodiquement à l'inventaire des stocks ;

- de veiller à la bonne gestion des problèmes logistiques du PADME et à la sécurité des biens de ce dernier ;

- de rédiger les rapports du PADME.

Le Service Juridique

Il assure l'organisation des affaires juridiques (contrats, garanties, etc.) et du recouvrement juridique des crédits passés en contentieux.

Le Service Informatique

Il assure la conception du système d'information et la maintenance des outils informatiques. Il garantit aussi la qualité du traitement de l'information.

Le Service Ressources Humaines

Il a pour mission de :

· Assurer la conception des stratégies de rémunération, de recrutement, d'évaluation et de formation du personnel ;

· Assurer la mise en application de la politique de gestion des ressources humaines.

Le Service Marketing, Recherche et Développement

Il assure :

- La conception des stratégies marketings ;

- L'identification des outils performants pour améliorer l'efficacité sociale et financière de l'organisation ;

- La mise en application des politiques marketings et des initiatives orientées sur la satisfaction de la clientèle.

Il est générateur d'idées novatrices.

Le Service Comptable et Financier

Il assure la gestion comptable et financière du PADME, la gestion des risques et la préparation des missions d'audit et d'inspection. Il rédige les rapports financiers et d'activités de l'institution.

B- Fonctionnement de l'institution

La Direction Générale s'appuie sur les organes techniques suivants pour l'orientation et la coordination des activités au sein du réseau PADME.

1- Les organes techniques

a- Comité de Direction (CODIR)

Le Directeur Général, le Directeur Général Adjoint et les Chefs Services constituent le Comité de Direction (CODIR) qui est une structure d'aide à la décision de la direction générale. Le CODIR se réunit une fois par semaine et ses travaux font l'objet d'un compte-rendu.

b- Comité de Crédit

Le comité de crédit est une instance d'analyse et d'approbation des demandes de crédit. Il se réunit au moins une fois par semaine dans chaque bureau de zone ou agence et présidé par le Chef d'Agence ou le Chef de Bureau. Il est composé des chargés de prêts de l'agence ou du bureau concerné et de l'agent administratif ou l'agent de bureau.

c- Comité d'Achat

Un comité d'achat ad hoc comprenant les cadres ou agents de services différents se réunit pour étudier les offres pour tout achat de biens et services dont le montant excède la limite de 100 000 F CFA.

d- Comité de Contentieux

Le PADME organise trimestriellement dans chaque agence un comité de contentieux qui statue sur tous les crédits en souffrance. Un crédit en souffrance est un crédit dont les remboursements accusent un retard de plus de 90 jours. Ce comité qui se déroule par agence est présidé par le chef d'agence entouré des chefs des différents bureaux de zone administrés par l'agence, de l'assistant administratif, de l'assistant comptable et de l'assistant informaticien.

2 - Réseau du PADME

Le réseau du PADME couvre les principales villes du Bénin et quelques villes moyennes. Les activités du PADME ont pour cadre le siège de l'organisation, les agences régionales et les bureaux de zones. Ce réseau se présente ainsi qu'il suit :

Agence

(Parakou)

Agence

(Porto Novo)

Agence

(Cotonou)

Siège

(Cotonou)

Bureaux de Zone

(9)

Bureaux de Zone

(8)

Bureaux de Zone

(8)

Bureaux de Zone

(12)

Agence

(Abomey)

14 Secteurs

14 CPs

18 Secteurs

19 CPs

32 Secteurs

31 CPs

14 Secteurs

19 CPs

Agences régionales

Elles sont le relais du siège au niveau d'une région donnée. Elles bénéficient d'une grande délégation de pouvoir et de responsabilités pour conduire l'ensemble des opérations dans leur région. Une agence a pour vocation d'apporter le soutien logistique nécessaire à l'activité de crédit que développent les bureaux de zones. Actuellement le PADME intervient sur toute l'étendue du territoire national et dispose de quatre agences: Cotonou, Porto-Novo, Parakou et Abomey.

Les agences du réseau PADME

Cotonou

Porto Novo

Abomey

Parakou

Source : Rapport d'activités du PADME 2006

Bureaux de zone

Ils constituent les subdivisions opérationnelles d'une agence. Chaque bureau de zone regroupe des chargés de prêts dont les activités sont coordonnées par un chef de bureau. Ils sont soutenus par un agent de bureau et un ou plusieurs caissiers selon les cas. Chaque chargé de prêts opère sur un périmètre bien délimité appelé secteur.

Secteurs

Le secteur est le périmètre sur lequel opère chaque chargé de prêts. Le PADME compte actuellement 83 chargés de prêts.

Zones de couverture actuelle

Les zones actuellement couvertes par le PADME sont :

· Cotonou, Godomey, Abomey-calavi, Houèdo, Akassato, Zinvié, Sô ava, Ekpè, Sèmè, Ouidah, Savi, Pahou, Dékamè, Comè, Kpomassè, Agbanto ainsi que tous les quartiers et villages environnants.

· Porto Novo, Avrankou, Adjarra, Misérété, Dangbo, Katagon, Takon, Ahozin, Djrègbé, Sèmè, Kraké, Pobè, Sakété, Kétou et tous les villages environnants ;

· Parakou, Ndali, Pérèrè, Bakou, Kandi, Djougou, Natitingou, Banikoara, Malanville, Tanguiéta et tous les villages environnants ;

· Abomey, Bohicon, Zogbodomey, Agbangnizoun, Djidja, Za kpota, Covè, Azovè, Aplahoué, Dogbo, Djakotomè, Dassa-Zoumé, Savalou, Kpanhouian, Bantè, Glazoué, Savè, Aklankpa, Wèdèmè et tous les villages environnants ;

PARAGRAPHE II : Les prestations de PADME

Il s'agira ici d'exposer les services non financiers et les services financiers que l'institution offre à sa clientèle.

I- Les services non financiers

Avant la mise en place des crédits, le PADME organise deux séances d'information, de sensibilisation et de formation à la bonne gestion des micros entreprises.

Ces séances permettent aux clients potentiels d'être informés de manière générale sur le PADME et sur ses produits (conditions d'éligibilité, frais, garanties, etc.). De même les clients sont sensibilisés sur l'importance de la tenue de la comptabilité (notamment la tenue des cahiers d'achats et de ventes), la séparation de la caisse de l'entreprise de leur propre poche. Des aspects concernant le marketing et le respect des engagements envers les fournisseurs et les partenaires financiers sont aussi abordés. A ces séances, s'ajoute l'appui conseil des Chargés de prêts aux bénéficiaires des crédits.

En moyenne, ce processus dure 15 jours pour les nouveaux clients et moins d'une semaine pour les bons clients en renouvellement.

II- Les produits financiers offerts par l'institution

Les services financiers sont constitués essentiellement par les types de crédits, ci-dessous, consentis aux personnes à faible revenu (les particuliers ayant une source de revenu régulière, les micros entrepreneurs exerçant ou désireux d'exercer une activité et/ou les ONG de micro finance). Il s'agit du:

- micro crédit individuel,

- micro crédit de caution solidaire (crédit aux groupes de trois personnes et crédit aux groupements de cinq à trente personnes)

- crédit relais aux ONG locales

- micro crédit de promotion de l'artisanat,

- micro crédit immobilier.

Répartition des crédits ressources affectés par

secteur d

'

activités

66%

33%

1%

Commerce

Fabrication

Service

Source : réalisé par nous-mêmes

A- Le micro crédit individuel

Le PADME consent des crédits individuels d'un montant variant de 20 000 FCFA à 10 000 000 FCFA, pour une durée maximale de 18 mois avec un taux d'intérêt de 2% dégressif par mois. Ce crédit est destiné au financement des activités génératrices de revenus et est assorti obligatoirement d'une garantie réelle (parcelle, nantissement de biens ou gages sur véhicules ou d'une caution sur salaire). Cette garantie peut être la propriété de l'emprunteur lui-même ou d'une tierce personne appelée avaliseur. Le client peut solliciter une période de différé pouvant atteindre 3 mois si son activité l'exige. Aussi faut-il préciser que pour le premier crédit, le montant ne peut excéder 2.000.000 FCFA. Toutefois, si la garantie est une parcelle non lotie ce premier montant ne peut excéder 500.000 FCFA.

B- Les micros crédits de caution solidaire

1- Le micro crédit de groupe

Ce sont des crédits accordés aux membres de groupes de caution solidaire constitués par trois micros entrepreneurs. Les membres du groupe doivent provenir de la même couche socio-économique. Ils se choisissent eux-mêmes et s'entendent pour désigner leur responsable. Ils sont toujours au nombre de trois (03). Chaque membre du groupe possède sa propre entreprise et reçoit le même montant de crédit que les autres. Dans le groupe, chacun est étroitement lié au succès de l'entreprise de l'autre car en cas de cessation de paiement de l'un, les autres prennent sur eux la responsabilité de rembourser son crédit. Le montant du crédit qu'un membre du groupe peut obtenir varie entre 20.000 FCFA et 500.000 FCFA pour une durée maximale de 18 mois avec un taux d'intérêt dégressif de 2% par mois. La périodicité de remboursement est mensuelle avec un délai de différé pouvant atteindre 3 mois si l'activité menée l'exige. En dehors de la caution solidaire que les membres du groupe s'offrent les uns aux autres, aucune autre garantie n'est demandée au groupe.

2- Les micros crédits aux groupements

On distingue le groupement d'entreprises et le groupement d'entrepreneurs. Le groupement d'entreprises est constitué par des micros entrepreneurs exerçant en commun une activité génératrice de revenu. Le crédit sollicité est investi dans cette activité menée ensemble par tous les membres du groupement.

Le groupement d'entrepreneurs quant à lui est composé des micros entrepreneurs ayant chacun son entreprise indépendante et celle des autres membres du groupement. Chaque membre du groupement reçoit un montant de crédit correspondant à la capacité de remboursement de son entreprise.

Les membres d'un groupement doivent provenir de la même couche socio-économique. Ils se choisissent eux-mêmes, élaborent leur statut et règlement intérieur puis désignent leur responsable. Dans le groupement, chacun est étroitement lié au succès de l'entreprise de l'autre lorsqu'il s'agit d'un groupement d'entrepreneurs ou au succès de l'activité menée en commun s'il s'agit d'un groupement d'entreprises ; car, en cas de cessation de paiement de l'un, les autres prennent sur eux la responsabilité de rembourser son crédit.

Les conditions de taux et de durée sont les mêmes que les autres crédits. La périodicité peut être mensuelle, trimestrielle, etc. Avec un délai de différé pouvant atteindre 3 mois si l'activité menée l'exige. Les groupements sont constitués de 05 à 30 personnes.

C- Le micro crédit immobilier

Ce crédit est destiné au financement de la construction ou à l'aménagement d'une maison. Il est remboursable sur une durée maximale de 18 mois. Le taux d'intérêt est de 2% mensuel dégressif. La garantie indispensable à l'obtention de ce crédit est la parcelle (obligatoirement lotie) sur laquelle le bénéficiaire souhaite construire la maison ou celle sur laquelle est érigée la maison à aménager si l'emprunteur est un micro entrepreneur. Par contre, si l'emprunteur est un salarié d'une entreprise publique ou privée, il faudra fournir comme garantie, outre la parcelle lotie sur laquelle la maison est érigée, son salaire qui constitue sa source de revenu régulier.

Comme principaux critères d'éligibilité au micro crédit immobilier, il faut être un micro entrepreneur bénéficiant déjà à PADME de crédit pour le financement de son activité génératrice de revenus ou bien être un salarié percevant un salaire régulier dans une entreprise publique ou privée.

D- Le crédit relais

Ce crédit permet au PADME de refinancer les ONG locales afin d'atteindre les micro-entrepreneurs situés hors de sa zone d'intervention. Dans le système de crédits relais, l'ONG partenaire est considérée comme un client du PADME et bénéficie d'un crédit global à un taux d'intérêt préférentiel de 1% dégressif par mois pour une durée maximale de 18 mois. La périodicité peut être mensuelle, bimensuelle, trimestrielle, semestrielle, avec un délai de différé pouvant atteindre 3 mois.

Les bénéficiaires finals du crédit relais sont des clients de l'ONG. Le montant du crédit global dépend de leur nombre. Le montant maximum accordé par l'ONG partenaire à chaque bénéficiaire final ne doit pas dépasser le montant maximum accordé par le PADME aux membres des groupes de caution solidaire, sans que le montant global mis à la disposition de l'ONG ne dépasse le plafond de 10.000.000 FCFA.

E- Les micros crédit de promotion de l'artisanat

On y distingue entre autres, le crédit de démarrage d'activité : ce crédit est destiné au financement des achats d'équipements ou de fonds de roulement pour l'installation des jeunes artisans diplômés sans emploi dans les différents corps de métiers .Ce sont donc les jeunes diplômés des corps de métier, qui ne sont pas encore installés, et sont en manque des moyen financiers pour le faire qui constituent la cible visée par ce produit. Une priorité est donnée aux jeunes femmes artisanes diplômées sans emploi. Ce crédit appelé PROFIDA comporte deux types de prêts : les crédits individuels et les crédits de groupe qui fonctionnent exactement comme les crédits de caution solidaire et les crédits individuels ci-dessus présentés. Le montant du crédit varie de 20.000 FCFA à 700.000 FCFA tant pour les crédits individuels que pour les crédits de groupes. La durée maximum est de 18 mois. Chaque emprunteur, s'il le désire peut solliciter un délai différé allant de 1 à 3 mois.

Le FOGA sert de garantie pour les artisans de tous les corps de métiers et qui sont affilés à la Fédération Nationale des Artisans du Bénin (FENAB).

En dehors de ces produits qui sont fonctionnels, des projets de constitution de garantie sont en cours pour faciliter davantage l'offre de services financiers pour certains corps de métiers. Ces fonds en projets sont :

· Le PEFAB destinés aux femmes intervenant dans la transformation agro-alimentaire ;

· Le Fonds de Garantie des tisserands (FG Tisserands), orienté vers les artisans spécialisés dans le métier de tissage.

SECTION II : PROBLEMATIQUE

Dans cette section, nous allons procéder aux choix et à la spécification de la problématique, ensuite nous dégagerons la vision globale de résolution de la problématique choisie.

PARAGRAPHE I : Problématique de l'étude

Nous allons procéder au choix de la problématique et ensuite nous procéderons à sa spécification.

I- Problématique

Des observations du cadre d'étude, nous avons dégagé trois problématiques, à savoir :

- Problématique de la gestion non efficace des crédits par les clients de PADME;

- Problématique de l'accès difficile des micro-entreprises aux crédits de PADME ;

- Problématique de la baisse des performances du PADME.

Notre étude va porter sur la problématique de la baisse des performances du PADME pour deux raisons, à savoir :

· La problématique n°1, celle de la gestion non efficace des crédits par les clients de PADME est beaucoup plus axée sur la clientèle que sur l'institution. Or notre ambition c'est de maîtriser le risque de crédits.

· En ce qui concerne la problématique n°2, celle relative à l'accès difficile des micro-entreprises au crédit est moins intéressante car elle est liée à l'amélioration des conditions pour rendre l'accès vraiment facile et rapide aux micro-entrepreneurs.

Rappelons que le problème général qui se rapporte à la problématique choisie est celui de la baisse des performances du PADME. Il est caractérisé par les problèmes spécifiques ci-après :

Ø La dégradation vertigineuse de la qualité du portefeuille de crédit du PADME pour lequel le taux de portefeuille à risque est passé de 0,27% en 2001 à 10,82% en 2005 et à 10,19% en 2006 contre une norme de la BCEAO de 3% ;

Ø La mise en place de mauvais crédits ;

Ø La mauvaise couverture des risques de crédit au PADME.

C'est donc dans le souci d'apporter notre contribution au PADME pour assurer sa viabilité financière que nous avons décidé de mener notre réflexion sur le thème « Etude et analyse du risque de crédit dans une institution de microfinance : Cas de PADME-Bénin ».

II- Spécification de la problématique

La microfinance ou « la banque des pauvres » est l'ensemble des services financiers délivrés dans un cadre formel et destinés aux populations à faibles revenus n'ayant pas accès au système bancaire classique mais exerçant une activité économique ou ayant un projet économique.

En effet depuis quatorze ans, l'association pour la Promotion et l'Appui au Développement des Micro-Entreprises (PADME) s'est résolument mise au service des populations défavorisées à travers l'offre de services financiers adaptés à leurs besoins. Cette institution doit, après une si longue expérience dans le domaine de la microfinance, pouvoir garantir sa pérennité.

Mais force est de constater que la qualité du portefeuille s'est dégradée et le taux de portefeuille classé à risque est maintenu au-delà de 10% entre les exercices 2005 et 2006. Pour la même période, le taux de pertes sur créances est passé de 1,74% à 17,25%. Le nombre de crédits actifs en fin d'année 2006 était 32 686 pour un encours de 16 440 394 963 FCFA contre une prévision de 60 000 crédits pour 30 milliards FCFA, soit une réalisation de 54,80% en 2006.

Nous constatons ainsi qu'il y a une baisse des performances de l'institution pouvant porter atteinte à sa viabilité financière.

La pérennité d'une institution de microfinance passe par sa viabilité financière qui lui permet d'atteindre son équilibre financier et de garantir son autonomie en l'absence de subventions.

Rappelons que le problème général qui se rapporte à la baisse des performances du PADME nous amène à maintenir les trois problèmes spécifiques initialement retenus. Il s'agit de :

Ø La dégradation vertigineuse de la qualité du portefeuille de crédit du PADME ;

Ø La mise en place de mauvais crédits ;

Ø La mauvaise couverture des risques de crédit au PADME.

Les propositions de solution à ces trois problèmes spécifiques retenues dans le cadre de notre recherche auront pour but de permettre à PADME de cerner les motifs de dégradation de la qualité de son portefeuille afin d'assurer sa pérennité par une politique de maîtrise et de gestion des risques de crédit.

PARAGRAPHE II : Résolution de la problématique spécifiée

Une fois les problèmes spécifiques à résoudre retenus, notre sujet formulé et la problématique spécifiée, il est important de préciser la vision globale pouvant nous permettre d'analyser et de résoudre les problèmes spécifiques retenus.

I- Approche générique de résolution du problème général

Notons que le problème général est celui de la baisse des performances du PADME.

Les agents chargés de la mise en place des crédits prennent constamment des risques en prêtant de l'argent aux personnes sans historique en matière de crédit, ou qui ne tiennent aucune comptabilité de leurs activités commerciales ou qui n'ont pas de garantie à offrir.

Mais il est très important de prendre des risques calculés et il convient alors de rechercher les différentes causes liées au phénomène des impayés constatés mettant la vie de l'institution en danger. Il s'agira essentiellement de favoriser une réduction des risques de crédit au PADME afin d'assurer sa pérennité. Nous sommes ainsi dans la théorie de la gestion efficace des risques de crédits dans une institution de microfinance ; théorie qui sera présentée dans ses compartiments par rapport aux différents problèmes spécifiques identifiés plus haut.

II- Approches génériques de résolution des problèmes spécifiques

A - Approche générique liée au problème spécifique n°1

En ce qui concerne le problème spécifique n°1 relatif à la dégradation vertigineuse de la qualité du portefeuille de crédit au PADME, nous pouvons dire qu'il s'agit de la baisse des performances de l'institution caractérisée par l'évolution de façon exponentielle du taux de portefeuille à risque qui se retrouve à 10,82% en 2005 et 10,19% en 2006 alors que la norme fixée par la BCEAO est de 3% maximum. On constate également l'incapacité de l'institution à faire face au recouvrement des impayés d'où le taux de perte sur créance se chiffre à 17,25% contre une norme de 2% maximum.

Ainsi, une approche générique basée sur les méthodes d'évaluation du risque de crédit et de la mise en place d'une politique efficace de recouvrement des impayés s'avère nécessaire pour la réflexion sur ce problème de manière à améliorer la qualité du portefeuille de crédit.

B - Approche générique liée au problème spécifique n°2

Quant au problème spécifique n°2 portant sur la mise en place de mauvais crédits, retenons qu'il faut entendre par mauvais crédits, les crédits dont les dossiers ont été mal étudiés en ce qui concerne la qualité et la moralité de l'entrepreneur ainsi que la mauvaise appréciation de sa capacité financière à prendre des engagements. Il s'agit aussi du mauvais suivi ou du quasi-inexistant suivi des clients par l'institution après le déboursement du crédit. On notera également des crédits mis en place par complaisance et des crédits fictifs.

La survie de l'institution de microfinance dépend du respect rigoureux des procédures de mise place des crédits, de l'intégrité et de la compétence des Chargés de prêts. L'inobservance de ces dispositions peut menacer la rentabilité de l'institution comme nous l'avons constaté au PADME qui a réalisé une perte sèche de 1.504.167.295 FCFA en 2006 contre un excédent de 605.419.633 FCFA en 2005.

Une approche générique basée sur l'application stricte des procédures et nouvelles techniques d'analyse des dossiers de crédit est nécessaire pour corriger la mauvaise étude des dossiers de crédit et la non-maîtrise des mesures techniques de protection contre le risque de crédit.

C- Approche générique liée au problème spécifique n°3

Enfin, pour ce qui est du problème spécifique n°3 relatif à la mauvaise couverture du risque de crédit au PADME, il s'agit de l'inexistence des techniques d'évaluation et de certification des garanties reçues. Par exemple, la valeur d'une sûreté personnelle dépend de la surface financière et de l'honnêteté du garant. La caution solidaire n'est pas idéale non plus. Car la solidarité ne peut fonctionner entre des membres de petite condition. Ainsi la mauvaise appréciation des garanties peut engendrer les difficultés dans le recouvrement des impayés entraînant des créances irrécouvrables. De ce fait, l'analyse de ce problème fera référence à une approche générique basée sur des mesures juridiques de protection du risque de crédit.

Chapitre premier

DU CADRE THEORIQUE ET METHODOLOGIQUE DE L'ETUDE A L'ANALYSE DES DONNEES  DE L'ENQUETE

La vision globale de résolution étant déjà dégagée, nous allons procéder dans un premier temps à la fixation des objectifs, à la formulation des hypothèses de l'étude ; ensuite, à la revue de littérature et enfin à la méthodologie de la recherche adoptée pour cette étude.

Dans un second temps, nous passerons à la réalisation des enquêtes, puis à l'analyse des données.

SECTION I : DES OBJECTIFS DE L'ETUDE A LA METHODOLOGIE DE RECHERCHE

En tenant compte des problèmes spécifiques à résoudre, nous allons fixer les objectifs à atteindre, poser les hypothèses de travail, élaborer le tableau de bord de l'étude et finir sur la méthodologie de recherche liée à l'étude et à l'analyse du risque de crédit au PADME.

PARAGRAPHE I : Objectifs et hypothèses de l'étude

Avant d'énumérer les objectifs et hypothèses de l'étude, il convient de rappeler d'abord les problèmes auxquels nous voulons trouver solutions. Il s'agit du problème général et des problèmes spécifiques.

Problème général

La baisse des performances de l'institution PADME.

Problèmes spécifiques

Ø La dégradation vertigineuse de la qualité du portefeuille de crédit du PADME pour lequel le taux de portefeuille à risque est passé de 0,27% en 2001 à 10,82% en 2005 et à 10,19% en 2006 contre une norme de la BCEAO de 3% ;

Ø La mise en place de mauvais crédits ;

Ø La mauvaise couverture des risques de crédit au PADME.

I - Objectifs de l'étude

Ces objectifs sont de deux ordres. Nous avons l'objectif général et les objectifs spécifiques.

A - Objectif général

L'objectif général de cette étude est de contribuer à la maîtrise des risques de crédit pour assurer la pérennité financière de l'institution PADME.

B- Objectifs spécifiques

Ils peuvent se formuler comme suit :

· Contribuer à l'amélioration de la qualité du portefeuille ;

· Contribuer à l'amélioration des techniques d'analyse et d'étude des dossiers de crédits ;

· Envisager l'amélioration des mesures juridiques de protection du risque de crédit au PADME.

II- Hypothèses de l'étude

Pour atteindre ces objectifs, nous avons formulé des hypothèses devant servir de base à la collecte des informations. Ces hypothèses au nombre de trois s'énoncent comme suit :

H1 : Différentes causes sont liées au non-remboursement des crédits et constituent ainsi les motifs liés à la dégradation de la qualité du portefeuille de crédits au PADME.

H2 : La mise en place de mauvais crédits s'explique par les mauvaises pratiques orchestrées par les agents dans l'étude et l'approbation des dossiers de crédits.

H3 : La mauvaise appréciation et évaluation des garanties acceptées au PADME contribue à la mauvaise couverture des risques de crédits.

III- Tableau de bord de l'étude

Nous ne pouvons présenter le tableau de bord de l'étude sans évoquer au préalable son rôle. Le tableau de bord est un outil récapitulatif des grands centres d'intérêts de la recherche effectuée. Il sert de repère à l'évolution future de l'étude en terme de la méthodologie à adopter, la revue de littérature, du diagnostic, puis de la solution à proposer. Ce tableau est constitué de la problématique choisie, les problèmes spécifiques retenus, les causes supposées être à la base des problèmes et des hypothèses de l'étude.

Tableau n°1 : Tableau de bord de l'étude : « Etude et Analyse du risque de crédit dans une institution de microfinance :

Niveau d'analyse

Problématiques

Objectifs

Causes supposées

Hypothèses

Niveau Général

Problème général

Baisse des performances du PADME

Objectif général

Contribuer à la maîtrise des risques de crédit pour assurer la pérennité financière de l'institution PADME.

___

___

Niveaux

spécifiques

1

Problème spécifique n°1

Dégradation vertigineuse de la qualité du portefeuille de crédit au PADME.

Objectif spécifique n°1

Contribuer à l'amélioration de la qualité du portefeuille.

Cause spécifique n°1

Non remboursement par certains clients des crédits octroyés.

Hypothèse spécifique n°1

Les différentes causes liées au non remboursement des crédits sont à la base de la dégradation de la qualité du portefeuille.

2

Problème spécifique n°2

Mise en place de mauvais crédits.

Objectif spécifique n°2

Contribuer à l'amélioration des techniques d'analyse et d'étude des dossiers de crédits.

Cause spécifique n°2

Mauvaise étude des dossiers de crédit et non-maîtrise des mesures techniques de protection contre les risques de crédit.

Hypothèse spécifique n°2

la mise en place de mauvais crédits s'explique par les mauvaises pratiques orchestrées par les agents dans l'étude des dossiers.

3

Problème spécifique n°3

Mauvaise couverture du risque de crédit au PADME.

Objectif spécifique n°3

Envisager l'amélioration des mesures juridiques de protection du risque de crédit au PADME.

Cause spécifique n°3

La mauvaise appréciation et évaluation des garanties acceptées au PADME.

Hypothèse spécifique n°3

La mauvaise couverture des risques de crédit est due à la mauvaise appréciation et évaluation des garanties faite au PADME.

Cas de PADME-Bénin. »

Source : Résultat de nos investigations

PARAGRAPHE II : Revue de littérature et méthodologie de recherche

Nous procédons ici aux points des connaissances liées aux problèmes en résolution (Revue de littérature) et à l'exposé de la méthodologie pouvant nous permettre de résoudre ces problèmes.

I- Revue de littérature

A- La place du risque dans l'opération de crédit

1- Notion du risque de crédit bancaire

a- Notion du crédit

Le mot ``crédit'' a son étymologie dans le verbe latin ``credere'' qui signifie « croire ; avoir confiance ». Les origines du crédit ne sont pas connues avec précision, cependant on pourrait penser qu'il a vu le jour avec la pratique du troc, avant même l'avènement de la monnaie.

Ainsi le crédit peut être défini comme un prêt consenti par un banquier moyennant une rémunération prenant en compte la durée du prêt et le risque lié à la situation de l'emprunteur. Il peut aussi correspondre à un délai de paiement pour le débiteur.

Selon G. Petit DUTAILLIS « faire crédit, c'est faire confiance, c'est donner librement la disposition effective et immédiate d'un bien réel, d'un pouvoir d'achat, contre la promesse que le même bien sera restitué dans un certain délai, le plus souvent avec rémunération du service rendu et du danger couru, danger de perte partielle ou totale que comporte la nature même de ce service ». 3(*)

Cette définition révèle que le crédit ne concerne pas seulement le « commerce de l'argent » et fait ressortir aussi la complexité de l'opération du crédit.

De ces définitions, il se dégage certains éléments dont les plus importants sont :

· Le temps qui est le délai pendant lequel le bénéficiaire disposera du bien ou du fonds prêté.

· La confiance faite par le créancier au bénéficiaire. Cette confiance nécessite à son tour une promesse de restitution.

· Le risque dû au danger de perte partielle ou totale de la chose mise à la disposition du bénéficiaire. Il est également dû à l'engagement de la responsabilité du créditeur dans cette opération.

· La rémunération qui est le prix du service rendu et du danger couru par le créditeur.

Ces éléments communs à toutes les opérations de crédit confèrent au crédit une originalité et une attention particulière.

A l'origine, le crédit était consenti par des particuliers et des commerçants à l'aide de leurs disponibilités propres. Mais son octroi est devenu progressivement une activité autonome mettant en rapport les disponibilités en attente d'emploi et les emprunteurs. Cette activité fait appel à des techniques et des instruments diversifiés. Elle sera alors attribuée à des entreprises spécialisées que sont les établissements bancaires et institutions financières.

Cependant, cette délicate opération réservée aux banques et institutions de microfinance comporte originairement un élément qui le domine et qui suscite notre attention à ce sujet : le risque.

Il importe donc d'aborder à présent la notion du risque du crédit.

b- Notion du risque

Selon CAMARA (L), par risque, il faut entendre, tout fait ou événement dont la réalisation est susceptible de grever le patrimoine d'une Institution de Microfinance. Lorsqu'il se produit, le risque a des conséquences

qui se traduisent sur trois variables clés de la gestion de l'Institution : ce sont la solvabilité, la liquidité et la rentabilité. La solvabilité est la capacité d'une IMF à faire face à toutes ses dettes (dettes à court, moyen et long terme) avec la totalité de son actif. La liquidité est sa faculté à honorer ses engagements à court terme avec son actif réalisable ou disponible. Quant à la rentabilité, elle se traduit comme le résultat obtenu par l'IMF au vu des moyens mis à sa disposition.

Selon DID (2005), le risque de crédit est le risque de pertes financières résultant de l'incapacité de l'emprunteur pour quelque raison que ce soit de s'acquitter entièrement de ses obligations financières à l'endroit de l'institution.

Pour CARE INTERNATIONAL (2001), le risque est l'exposition à une forte probabilité de perte. Le risque de crédit est la détérioration de la qualité du portefeuille de crédit qui cause les pertes et des charges énormes en gestion de la défaillance. Ce risque connu comme le risque de défaillance, est lié à l'incapacité du client à respecter les termes du contrat de prêt.

Selon Lucien CAMARA (2006), le risque de crédit se définit comme la probabilité de non-paiement du crédit octroyé à un client ou membre de l'IMF pour une raison quelconque. C'est donc le risque de non remboursement des crédits de l'IMF.

Pour Clément WONOU (2006), le risque de crédit peut être défini comme la probabilité (grande ou petite) que des concours accordés à un ou plusieurs clients ne soient pas remboursés.

Quant à François DESMICHT (2004), il définit le risque de crédit comme le risque de perte en cas de défaillance de l'emprunteur. Il s'agit du risque d'impayé ou risque de défaut.

En octroyant le crédit, le banquier court essentiellement deux catégories de risques :

· Le risque de perte définitive du capital prêté : ce type de risque est fonction de la nature des crédits accordés et spécifique à la qualité du client. Le risque d'insolvabilité constitue un danger pour le banquier car ce dernier n'est pas un assureur pour lequel le sinistre constitue un évènement normal et statistiquement prévisible. Une institution de microfinance qui enregistre des pertes importantes provoquerait la méfiance de ses bailleurs de fonds.

· Le risque d'illiquidité : c'est le risque pour le banquier que le débiteur honore ses engagements au-delà de l'échéance prévue. Ce risque peut être dû d'une part à la défaillance du débiteur de rembourser le banquier à l'échéance, et d'autre part à la non observation par la banque de la règle des échéances.

Le risque n'est pas une mauvaise chose en soi. Parfois, c'est important de prendre des risques pour atteindre des objectifs louables qui valent vraiment la peine. Ceci est particulièrement vrai dans les IMF où les Chargés de prêts prennent chaque jour des risques en prêtant aux personnes sans historique en matière de crédit, ou qui ne tiennent aucune comptabilité de leurs activités commerciales ou qui n'ont pas de garantie à offrir. Mais il est très important de prendre des risques calculés car le risque est l'élément d'incertitude qui peut affecter l'activité d'un agent économique. Il est la caractéristique des opérations de crédit.

Son appréciation est le problème majeur que pose la distribution et la gestion des crédits dans une institution de microfinance. Il tient aux aléas qui peuvent survenir avant l'échéance à laquelle le bénéficiaire d'un délai de payement ou d'un prêt d'argent s'engage à rembourser.

Le risque est indispensable pour toutes activités de micro crédits, mais il est très important de prendre des risques mesurés et contrôlables.

2- Importance et corrélation du risque avec les opérations de crédit

a- Importance du risque dans les opérations de crédit

Par essence, toute activité humaine comporte un risque dès lors qu'il y a un laps de temps qui sépare l'intention ou le démarrage de l'action de la réalisation effective de l'objectif fixé. Des aléas peuvent toujours survenir et mettre en cause l'intention exprimée ou l'activité démarrée.

Il en est de même pour l'activité commerciale en général et celle du banquier distributeur de crédit en particulier qui demeure une activité à grand risque.

A cet effet, notons que le risque que court le banquier provient de la nature de cette opération. Comme nous l'avions vu dans la notion du risque de crédit bancaire, le risque est un élément fondamental de l'opération de crédit. De plus, il trouve sa provenance dans le facteur ``temps'' qui à son tour implique la confiance du créditeur dans le crédité.

Le risque commun à tous les crédits, c'est que l'engagement pris par le débiteur ne soit pas respecté c'est-à-dire que le remboursement n'ait pas lieu.

En plus du caractère quelque peu universel de cette importance, il y a aussi l'aspect transactionnel de l'opération. A cet effet, le banquier en tant que commerçant cherchera à rentabiliser les fonds qui lui sont déposés. Il fera ainsi des prêts aux clients en manque de liquidités immédiates pour la bonne fin de leurs activités.

Etant donné que le profit croît à l'inverse de la sécurité, le banquier est tenu de prendre des risques grâce auxquels il pourra augmenter son profit.

Trop de sécurité implique qu'on ne prend pas de risques ; par conséquent, le profit diminue. Le risque apparaît ainsi comme un élément sine qua non de la vie des affaires. C'une nécessité pour la réussite des affaires et des activités commerciales.

Malgré cette nécessité reconnue, le banquier doit-il prendre n'importe quel risque ? Quels sont ceux qu'il peut éviter et ceux qu'il ne peut pas écarter ?

b- Corrélation entre risque et crédit bancaire

Quelles que soient les modalités adoptées ou les précautions prises, le banquier ne peut pas exclure les risques d'un crédit qu'il octroie. Tout ce qu'il peut faire, c'est de prendre des risques inévitables et de s'efforcer d'écarter ou du moins, de bien peser ceux qu'il pouvait éviter.

v les risques inévitables

Quatre types de risques sont qualifiés pour le banquier de risques inévitables ; ce sont ceux dont la survenance dépend des phénomènes aléatoires difficilement prévisibles au moment du contrat de crédit. Le banquier peut donc être excusé de les subir parce qu'il ne pouvait à l'avance s'assurer de leur survenance. L'opération du crédit, elle-même étant une activité à risques, ces risques sont qualifiés de normaux pour le banquier. Il s'agit de :

· La défaillance des débiteurs du crédité

Au moment de l'ouverture d'un crédit, ni le crédité, ni le banquier (créditeur) ne pouvait prévoir la faillite des débiteurs du crédité. Le banquier qui le sait n'accordera jamais de crédit car, si les débiteurs du crédité sont effectivement défaillants, il est clair que ce dernier ne pourra plus rentrer en possession de ses fonds qui lui permettront de rembourser en retour le banquier.

· Une autre destination donnée au crédit obtenu

L'argent pouvant servir à tout règlement, un crédité malhonnête peut facilement détourner un crédit de sa destination initiale. Si tel était vraiment le cas, le remboursement ne sera plus assuré à l'échéance. Pour lutter contre ce risque, les banquiers pensent adopter une politique de suivi de crédit en vue d'assurer la conformité entre l'objet du crédit et l'utilisation qui en est faite.

· La fluctuation des prix des marchandises

L'instabilité des taux de change, l'inflation et la conjoncture économique peuvent faire varier le prix des marchandises formant la base d'un contrat de crédit. Cette variation vient fausser les calculs sur la base desquels le banquier avait donné son accord. Par conséquent, la promesse du crédité se trouve aussi faussée. Le banquier ne pourra plus rentrer dans ses fonds à l'échéance convenue.

· La mésentente entre le crédité et le banquier lors d'une demande de remboursement

Une demande de remboursement peut causer une situation tendue entre le banquier et son client. Il peut en résulter non seulement le risque de non remboursement, mais aussi la perte totale du client.

Rappelons alors au banquier qui veut se faire rembourser tout en gardant sa clientèle de pratiquer une politique qui ne serait pas trop rigoureuse.

v Les risques à éviter

Les risques à éviter sont ceux qui découlent des activités ou situations présentant une grande incertitude. Etant donné que le risque aussi provient des incertitudes qui peuvent survenir, trop d'incertitudes ne peut avoir comme effet que des risques énormes. Face à des cas de crédit pareils, le banquier doit savoir éviter de s'engager. Sinon il court de grands risques. Nous distinguons trois cas :

· Le client dispose déjà d'importants concours chez d'autres banquiers

Avant de donner son accord pour une demande de crédit, un bon banquier doit chercher à savoir si son client n'a pas déjà obtenu de concours bancaires ailleurs. Cela lui permettrait d'éviter que son argent ne soit utilisé à rembourser d'autres dettes. Si malgré un cas d'endettement excessif ailleurs, le banquier accorde le crédit, il prend un risque anormal.

· Le client n'est pas en règle vis-à-vis du fisc

Lorsque le client n'est pas en règle vis-à-vis du fisc, le banquier peut le savoir grâce aux documents comptables qui lui seront présentés. Accorder un crédit malgré cette irrégularité, c'est prendre des risques anormaux, car les chances de remboursement sont trop faibles.

· La marchandise, objet du contrat est spéculative

Une marchandise est spéculative lorsque son écoulement peut être contrôlé par une ou plusieurs personnes dans le but d'aggraver ou de provoquer sa pénurie. Un crédit bancaire ne saurait être accordé pour le financement d'une telle activité.

En somme, il faut rappeler qu'aucun crédit bancaire n'est exempt de risque. De plus, l'octroi de crédits est l'une des principales activités bancaires. Par conséquent, le banquier chargé de les distribuer doit pouvoir les identifier clairement afin de mieux apprécier l'ampleur des risques à courir.

B- Identification des risques et leur gestion dans les institutions de microfinance

Une institution de microfinance est une structure d'aide à la population à faible revenu. Cette structure exerce des activités d'intermédiation financière sur le principe de la proximité géographique. Ce faisant il importe d'identifier les risques qu'elles courent chaque jour en octroyant des crédits.

1- Identification des risques

Le cadre cohérent d'évaluation des risques des institutions de microfinance présente une analyse objective des problématiques de développement institutionnel et de viabilité financière en distinguant quatre types de risques à savoir : les risques institutionnels, les risques opérationnels, les risques de gestion financière et les risques externes.4(*)

a- Risques institutionnels

Le succès d'une institution de microfinance est défini comme la capacité de cette dernière à fournir de façon indépendante des services financiers à un nombre important de personnes à faible revenu et de façon durable.

L'évaluation de ce risque par rapport à cette définition expose l'organisation à trois niveaux de risques :

v Risques liés à la mission sociale

La mission sociale est de fournir des services financiers abordables à un nombre important de personnes à faible revenu afin de les aider à améliorer leurs conditions de vie. Cette mission les expose à des risques importants si les groupes cibles ou les parts respectives de la clientèle ne sont pas bien définies.

v Risques liés à la mission commerciale

La mission commerciale des IMF est de fournir des services financiers de manière à permettre à l'organisation de se pérenniser et devenir autosuffisante. Les IMF seront exposées au risque commercial si leurs revenus ne sont pas suffisants pour couvrir leurs charges (opérationnelles et financières) et si elles ne sont pas gérées efficacement comme une entreprise commerciale.

v Risques de dépendance

Les IMF qui sont soutenues par les organisations internationales sont les plus affectées par ce type de risque surtout en ce qui concerne les activités de microfinance qui sont gérées comme projet et qui ne sont pas des institutions indépendantes. Ces IMF sont vulnérables à la dépendance des bailleurs de fonds. Bien que ce soutien paraisse avantageux au début, il pourrait considérablement affaiblir les efforts vers une institution indépendante à long terme.

b- Risques opérationnels

Le risque opérationnel est la vulnérabilité à laquelle est confrontée l'IMF dans sa gestion quotidienne et par rapport à la qualité de son portefeuille (risque lié au crédit, risque lié à la fraude). Pour déterminer la vulnérabilité d'une institution au risque de crédit, on doit revoir les politiques et les procédures à chaque niveau dans les processus d'octroi de crédit pour déterminer si les risques de défaillance et de perte sur créances sont réduits à un niveau suffisamment raisonnable.

v Risques de crédit

Le plus grand risque en matière de microfinance est d'octroyer un crédit et de ne pas se faire rembourser. Ce risque est une préoccupation pour les IMF dans la mesure où la plupart des micro-crédits ne sont pas garantis. Or ce portefeuille est de loin l'actif le plus important pour une IMF et le risque qu'il pose pour l'institution est assez difficile à mesurer.

v Risques de fraude

N'importe quelle organisation qui gère une importante somme d'argent est extrêmement vulnérable à la fraude. Cette vulnérabilité est souvent prédominante dans les milieux démunis. La vulnérabilité à la fraude est particulièrement plus grande dans le contexte où l'argent change de main ; c'est encore plus critique dans les IMF qui disposent d'un système d'information, de gestion peu fiable ou peu cohérent ; des politiques et procédures non clairement définies ; un taux élevé du renouvellement du personnel technique ou encore si l'IMF atteint précocement un fort taux de croissance. La gestion des dépôts d'épargnes particulièrement des épargnes libres augmente la vulnérabilité dans la mesure où toute la défaillance dans la détection de fraude pourrait conduire à la perte d'actifs liquides circulants et à une rapide détérioration de la notoriété de l'institution.

c- Risques de gestion financière

A ce niveau, on distingue trois grandes catégories de risque.

d- Risques externes

A l'inverse des autres familles de risques sur lesquelles l'IMF peut exercer une influence directe, les risques externes eux sont totalement hors de contrôle de l'institution. Car il s'agit avant tout, d'évènements ou faits externes pouvant l'affecter négativement.

On distingue plusieurs types de risques externes :

v Risques de réglementation

Il s'agit de l'ensemble des textes réglementaires régissant l'IMF. Ce sont :

- la loi PARMEC;

- le décret d'application de la loi PARMEC ;

- la loi portant définition et répression de l'usure ;

- la convention-cadre ;

- les instructions de la BCEAO ;

- le code de travail ;

- le code des contrats commerciaux ;

- etc.

L'IMF est tenue de se conformer à la réglementation qu'elle se doit de connaître au préalable.

v Risques de concurrence

Le secteur de la microfinance peut très rapidement devenir concurrentiel. Cela aura pour conséquence la désertion de certains clients de l'IMF au profit d'autres SFD concurrents. La concurrence peut également se jouer sur les taux d'intérêt appliqués aux crédits alloués à la clientèle ainsi que sur la rémunération des dépôts.

Elle peut se prolonger à l'offre globale de services financiers de l'IMF. La concurrence est toujours bénéfique au client mais peut être fatale à toute institution non préparée à l'affronter.

Aujourd'hui, le secteur de la microfinance au Bénin compte plus de 1000 «initiatives», dans lesquelles sont comprises les caisses d'épargne et de crédit, les fédérations de réseaux coopératifs et mutualistes, les Institutions de Crédit Direct (ICD), les projets à volet microfinance et les tontines. En regroupant les caisses affiliées, le secteur compte alors 300 institutions, dont seulement une quarantaine est agréée par la Cellule de Microfinance du Ministère de l'Economie et des Finances (aujourd'hui Ministère délégué chargé de la microfinance et des petites entreprises), avec environ 80% de la clientèle.

Le marché de la microfinance au Bénin est dynamique, très concurrentiel et en forte croissance. Il existe au moins quatre cents (400) points de services financiers animés par une soixantaine d'IMF. Une demi-douzaine d'institutions de microfinance (les plus importantes) partage plus de 80% du marché et 40% de l'encours de crédit. Il est à noter que le secteur est largement dominé par la FECECAM, le plus grand réseau mutualiste du pays.

v Risques socio-démographiques

Les caractéristiques socio-démographiques peuvent influencer sur l'activité de l'IMF. On peut citer :

- le niveau d'éducation des clients ;

- l'esprit d'équipe des clients cibles ;

- la cohésion sociale : niveau d'entente entre les membres de la communauté sociale ;

- l'attitude sociale face à la fraude et à la corruption ;

- le taux de criminalité ;

- le taux de mortalité ;

- le taux de VIH / SIDA ;

- les expériences de crédit des ONG déjà présentes sur le territoire ;

- etc.

v Risques macroéconomiques et socio-politiques 

Ce sont les risques de :

- mauvaise conjoncture économique ;

- baisse du pouvoir d'achat ;

- taux de chômage élevé ;

- politique fiscale incommodante du gouvernement en place ;

- guerre civile ou rébellion armée ;

- troubles sociaux ;

- dévaluation.

Les dirigeants des structures de micro financement ont l'obligation de se tenir informés de l'évolution des indicateurs économiques de leurs pays afin de ne pas être surpris par les récessions économiques. Par ailleurs, c'est en restant éveillés sur les tendances lourdes de l'économie qu'ils peuvent imaginer les nouveaux produits et services financiers à proposer à leurs clients.

v Risques liés à l'environnement physique

Il s'agit d'une part des intempéries de la nature telles que : famine, inondation, tsunami, péril acridien, sécheresse, pandémies, etc. et d'autre part, de l'état des infrastructures économiques : route, téléphone, électricité, etc. Le péril acridien pour ne prendre que cette intempérie-là a causé beaucoup de désastres dans nos pays ouest-africains. Les dirigeants des IMF doivent donc être au courant de ce phénomène. A cet effet, ils gagneraient à lire tous les magasines traitant de ce sujet afin de mieux se préparer à gérer ces périodes d'invasion des criquets pèlerins.

2- La gestion des risques dans les IMF

La gestion des risques demeure au coeur des préoccupations des IMF, qu'elles soient rurales ou urbaines. Or les réflexions à ce sujet sont éparses, et les IMF ne disposent pas forcément de moyens financiers et humains, ni de panel d'outils techniques pour y faire face.

Plusieurs travaux de recherche ont été réalisés sur la gestion des risques dans les IMF. Ils ont permis pour la plupart de mettre en exergue ses avantages.

Pour CARE, le risque est l'exposition à une forte probabilité de perte. La gestion du risque, ou la prise de risques calculés, réduit la probabilité de réaliser des pertes et minimise le degré de la perte au cas où celle-ci arrivait. La gestion de risque implique la prévention des problèmes potentiels et la détection anticipée des problèmes réels quand ceux-ci surviennent. La gestion des risques est un processus continu à trois étapes.

Figure : la gestion du risque, un processus interactif.

Identifier les vulnérabilités : avant de gérer les risques au sein d'une organisation, il est important d'identifier au préalable les faiblesses, les limites, les menaces actuelles et potentielles de l'organisation. Un aspect important de gestion des risques est de prévoir les risques probables de l'organisation à court, moyen et long terme.

Concevoir et mettre en oeuvre des systèmes de contrôle : une fois que l'IMF a identifié ces points vulnérables, elle peut concevoir et mettre en exécution des mesures de contrôles pour les amoindrir.

Suivre l'efficacité des systèmes de contrôle mis en place : une fois le système de contrôle en place, les IMF doivent pouvoir suivre et apprécier son degré de fonctionnalité et son efficacité. Les outils de suivi consistent avant tout en un tableau de bord d'indicateurs de performance que les Directeurs et Administrateurs doivent établir et suivre afin de s'assurer de la bonne gestion de l'IMF.

La gestion des risques est un processus continu car la vulnérabilité change avec le temps.

De façon spécifique, la gestion du risque de crédit peut se présenter sous deux aspects : les mesures préventives que les prêteurs prennent avant l'octroi du crédit et les mesures d'encouragement après le déboursement pour permettre le remboursement dans les délais.

Certains indicateurs permettent d'apprécier le risque dans l'institution de microfinance : Les ratios de qualité de portefeuille

Nous présentons parallèlement aux indicateurs publiés par MicroRate, ceux du CGAP, en raison de quelques nuances sur les terminologies et le nombre de jours à considérer pour provisionner une créance à risque5(*).

La loi PARMEC à travers les instructions de la BCEAO a utilisé de façon générale les indicateurs proches du CGAP.

v Le Portefeuille à Risque (PAR)

Pour MicroRate (2003), le Portefeuille à Risque (PAR) se calcule en divisant l'encours de tous les crédits présentant des arriérés de paiement excédant 30 jours, plus l'encours des crédits rééchelonnés (restructurés), par l'encours total du portefeuille de crédits arrêté à une date. Vu que ce ratio est souvent utilisé pour mesurer les crédits affectés par des arriérés de paiement de plus de 30, 60, 90, 120 voire 180 jours, le nombre de jours doit être clairement mentionné (par exemple PAR90). La distinction entre crédits rééchelonnés et crédits normaux n'est pas toujours évidente pour les IMF. Par conséquent, si la partie des prêts rééchelonnés n'est pas significative (inférieure à 1%) alors le total des crédits affectés par les retards de paiement de plus de 30 jours pourra être accepté comme la mesure approximative du portefeuille à Risque. Si les prêts rééchelonnés sont significatifs, mais ne peuvent être déterminés avec précision, le ratio Portefeuille à Risque reste toujours une mesure utile, mais il devra être accompagné d'une mention précisant qu'il n'inclut pas les prêts rééchelonnés. Le fait de négliger purement et simplement les prêts restructurés reviendrait à sous-estimer largement le risque.

Le PAR représente la mesure de qualité du portefeuille la plus acceptée. Il montre la partie du portefeuille de crédit « contaminée» par les impayés et présentant donc un risque de ne pas être remboursé. Il s'affranchit de la plupart des interprétations subjectives dont sont l'objet d'autres indicateurs de qualité de portefeuille tel que le taux de remboursement et le taux d'impayés parce qu'aussi bien le numérateur que la dénominateur prennent en compte l'encours total restant dû. Le PAR est donc très utile pour mesurer le risque actuel et les pertes potentielles à venir. De manière générale, tout PAR30 excédant 10% doit être préoccupant car la plupart des micro-crédits ne sont pas couverts par des garanties facilement réalisables telles que les titres, le matériel etc.

(Encours des crédits ayant des impayés excédant 30 jours+Encours des crédits rééchelonnés (restructurés)

Encours total du portefeuille brut de crédits

Quand au CGAP, il n'est pas tenu compte des prêts rééchelonnés (restructurés). Le nombre de jours n'a pas été défini. La formule est la suivante.

Capital restant dû ayant des versements en retard d'au moins (1,31...) jours

Encours de crédit

v Le ratio de dotation aux provisions

Le ratio de dotation aux provisions se calcule en divisant les dotations aux provisions pour créances douteuses effectuées sur la période (à ne pas confondre avec la réserve (provision) pour créances douteuses, qui est inscrite au bilan) par l'encours moyen du portefeuille.

Cette mesure donne une indication sur les provisions effectuées par l' IMF pour anticiper les futures pertes sur prêts. Le niveau de dotation doit être analysé de concert avec le ratio de couverture des risques.

Dotation aux provisions pour créances douteuses

Encours moyen du portefeuille brut de crédit

v Le ratio de couverture des risques

Le ratio de couverture des risques se calcule en divisant les réserves pour créances douteuses par l'encours des crédits présentant des échéances impayées de plus de 30 jours ajouté à l'encours des crédits rééchelonnés. Cette mesure indique le pourcentage du portefeuille à risque qui est couvert par les réserves pour créances douteuses. Il donne une indication sur la manière dont une institution est préparée pour affronter le pire scénario.

Réserves pour créances douteuses

(Encours des crédits ayant des impayés excédant 30jours+Encours des crédits rééchelonnées)

v Le ratio de perte sur créances

Pour MicroRate (2003), le ratio de perte sur créances est calculé en divisant le total des créances passées en perte sur la période par l'encours moyen du portefeuille brut de crédit.

Cet indicateur représente les prêts qu'une institution a décidé de rayer de sa comptabilité en raison d'un doute important concernant leur remboursement.

Créances passées en pertes

Encours moyen du portefeuille brut de crédits

La loi PARMEC à travers les instructions de la BCEAO, utilise le terme de Taux de perte sur créances. Ce ratio représente la proportion de prêts accordés par l'institution qui ont été sortie du bilan en raison de la très faible probabilité de remboursement de ces crédits.

Montant des crédits passés en perte durant la période

Montant brut moyen du portefeuille des crédits de la période

II- Méthodologie de la recherche

Notre méthodologie est articulée autour de la dimension empirique et de l'approche théorique.

A- Dimension empirique

Elle vise à mettre en exergue la méthode d'enquête envisagée à travers les outils de mobilisation de données, ceux relatifs à leur dépouillement, et à leur présentation. Ainsi, nous devons :

fixer l'objectif de l'enquête ;

identifier la population mère ;

repérer les données à mobiliser ;

présenter les conditions de réalisation de l'enquête.

1-Objectif de l'enquête et identification de la population mère

a- Objectif de l'enquête

L'objectif de l'enquête est de recueillir les informations auprès de la population cible retenue afin de vérifier les différentes hypothèses formulées dans notre recherche. Cette enquête nous permettra de voir si :

- Les différentes causes liées au non remboursement des crédits sont à la base de la dégradation de la qualité du portefeuille ;

- La mise en place de mauvais crédits s'explique par les mauvaises pratiques orchestrées dans l'étude et l'approbation des dossiers ;

- La mauvaise couverture des risques de crédit est due à la mauvaise appréciation et évaluation des garanties acceptées.

b- Identification de la population mère

Nous avons identifié une population mère composée de 300 dossiers de crédits passés en contentieux et 83 Chargés de prêts travaillant au PADME.

2- De l'échantillonnage aux outils de présentation des données

a- Echantillonnage

Il s'agit ici d'une enquête par sondage qui sera adressée à un échantillon de vingt cinq (25) Chargés de prêts opérant dans les agences de Cotonou et Porto-novo et de l'étude de 300 dossiers de crédit passés en contentieux en 2006.

b- Centre d'intérêt du questionnaire

Les questions posées lors des enquêtes aux Chargés de prêts ont permis de recenser des informations pour mieux :

- comprendre les facteurs qui sont à la base de la dégradation de la qualité du portefeuille de crédit au PADME ;

- connaître les raisons qui expliquent la mise en place de mauvais crédits ;

- identifier les causes qui peuvent justifier la mauvaise couverture du risque de crédit au PADME.

c- Technique de dépouillement

Les données recueillies par questionnaire auprès de l'échantillon ainsi que les observations et constats faits sur les dossiers contentieux étudiés seront traités de façon manuelle.

d- Outils statistiques de présentation des données

Les résultats d'enquêtes sont présentés par la méthode de tris à plat pour ce qui concerne les questions fermées. Ceux ayant fait l'objet de questions ouvertes seront vérifiées à travers l'appréciation des réponses obtenues.

Les objectifs ayant été déterminés, les hypothèses formulées et la méthodologie retenue, nous passons à l'approche théorique retenue pour les problèmes spécifiques.

B- Approche théorique

Il s'agit ici de la revue documentaire qui tend à renchérir les informations récemment obtenues à travers d'autres sources ; en effet, elle nous a permis d'approfondir nos connaissances théoriques sur le thème de notre étude et de tirer des informations sur les diverses expériences en la matière afin de nous permettre de déterminer les causes réelles se trouvant à la base des problèmes spécifiques.

Pour ce faire, nous avons visité certaines bibliothèques ainsi que l'Internet. Les documents consultés sont les textes législatifs et règlements, les procédures, les ouvrages et les mémoires. C'est à cette fin que nous devons la réalisation de notre revue de littérature.

SECTION II : REALISATION DES ENQUETES ET PRESENTATION DES DONNEES

Il s'agit ici de la préparation et de la réalisation de l'enquête dans un premier temps, puis de la présentation et de l'analyse des données dans un second temps.

PARAGRAPHE I : Préparation et réalisation des enquêtes

C'est un exercice qui fait suite à celui déjà effectué au niveau de la dimension empirique. De ce fait, il est nécessaire de rappeler l'échantillon sur lequel se basera la mobilisation des données.

Nous avons retenu un échantillon constitué de vingt cinq (25) Chargés de prêts représentatifs de la population mère et étudié 300 dossiers de crédits contentieux.

I- Préparation des enquêtes

L'obtention des données complètes dans une recherche exige l'utilisation d'outils aussi fiable que possible pour la collecte des informations dont on a besoin. C'est compte tenu de cela que nos enquêtes ont été réalisées sur la base de questionnaires à l'endroit des Chargés de prêts.

II- Réalisation des enquêtes

Cette enquête s'est effectuée à Cotonou et à Porto-novo du 2 août au 8 septembre 2007. Notons que la réalisation de cette enquête n'a pas été faite sans difficultés.

III- Difficultés rencontrées

Les entretiens et questions-réponses que nous avons réalisés dans le cadre de notre enquête nous ont posés quelques problèmes. Au nombre des difficultés rencontrées ayant un impact significatif sur le travail présenté, nous avons :

- les difficultés d'accès à certaines données, simplement parce qu'elles sont jugées confidentielles par l'institution ;

- les difficultés d'exécuter scrupuleusement notre planification à cause du non respect de certains rendez-vous par les personnes ressources de l'institution. Il a fallu donc nous armer de beaucoup de patience et faire preuve d'endurance pour finalement atteindre l'objectif ;

- la divergence des informations recueillies au sein du personnel de peur d'être sanctionné ou licencié par les instances dirigeantes de l'institution ;

- la rareté des ouvrages ayant rapport aux problèmes spécifiques dans les différents centres de documentation fréquentés.

Ces situations ont souvent bouleversé notre plan de travail et nous ont amenés à travailler à des heures tardives. Les informations recueillies non détaillées seront exploitées dans la suite de cette étude.

PARAGRAPHE II : Présentation des données et grandes tendances

Nous procédons ici dans un premier temps à la présentation des données de l'enquête et ensuite nous allons faire ressortir les grandes tendances de cette enquête en identifiant les causes des impayés.

I- Présentation des résultats de l'enquête

Comme nous l'avons annoncé plus haut, nous avons dans un premier temps effectué des enquêtes au niveau de 300 dossiers de crédits contentieux dans les agences de Cotonou et de Porto-novo et ensuite, nous avons fait des enquêtes au niveau des Chargés de prêts.

Les données d'enquête seront manuellement traitées et présentées à base de tris à plat. Les résultats de nos enquêtes se présentent comme suit :

Tableau n°2 : Causes liées à la capacité de management de l'entrepreneur

Données

Motifs

Effectifs

Fréquences

- Pertes récurrentes et problèmes de rentabilité

183

61%

- Trésorerie tendue et autres problèmes liés à la trésorerie

27

9%

- Multiplication d'emprunt / Surendettement

72

24%

- Changement d'activité et diversification

12

4%

- Tensions au sein de l'entreprise du client et problèmes liés aux dirigeants

6

2%

Total

300

100%

Source : Résultat de nos enquêtes sur les dossiers contentieux 2006 et nos calculs

Tableau n°3: Causes liées à des incidents et où PADME a attendu le dernier moment pour réagir

Données

Motifs

Effectifs

Fréquences

- Incidents de remboursement et échéanciers non respectés

12

4%

- liquidation judiciaire, redressement et dépôt de bilan

3

1%

- Autres motifs

285

95%

Total

300

100%

Source : Résultat de nos enquêtes sur les dossiers contentieux 2006 et nos calculs

Tableau n°4 : Causes liées à des facteurs externes à l'entreprise du client

Données

Motifs

Effectifs

Fréquences

- Escroquerie (client initiateur ou victime)

33

11%

- Pertes de gros clients

9

3%

- Autres motifs

258

86%

Total

300

100%

Source : Résultat de nos enquêtes sur les dossiers contentieux 2006 et nos calculs

Tableau n°5 : Causes liées à la conjoncture économique

Données

Motifs

Effectifs

Fréquences

- Dégradation trop rapide de l'activité du client

18

6%

- Importante diminution des revenus du client

15

5%

- Dépenses exceptionnelles

27

9%

- Absence d'activité sans ressources suffisantes

24

8%

- Autres motifs

216

72%

Total

300

100%

Source : Résultat de nos enquêtes sur les dossiers contentieux 2006 et nos calculs

Tableau n°6 : Causes `'impossibles'' à prévoir par PADME

Données

Motifs

Effectifs

Fréquences

- Client de mauvaise foi

69

23%

- Client ``parti sans laisser d'adresse''

36

12%

- Autres motifs

195

65%

Total

300

100%

Source : Résultat de nos enquêtes sur les dossiers contentieux 2006 et nos calculs

Tableau n°7 : Causes liées à l'institution PADME

Données

Motifs

Effectifs

Fréquences

- Retard de déblocage des crédits

63

21%

- Retard de décaissement par rapport à l'activité

36

12%

- Dossier de prêt mal étudié (montant sous estimé)

78

26%

- Dossier de prêt mal étudié (montant surévalué)

45

20%

- Manque, mauvais et/ou insuffisance de suivi

57

5%

- Autres motifs

21

7%

Total

300

100%

Source : Résultat de nos enquêtes sur les dossiers contentieux 2006 et nos calculs

Tableau n°8 Avis sur la méthode d'analyse des dossiers de crédit

Données

Avis

Effectif

Fréquence

Bonne méthode

4

16%

Mauvaise méthode

21

84%

Total

25

100%

Source : Résultat de nos enquêtes au niveau des Chargés de prêts.

Tableau n°9 Avis sur la méthode d'évaluation des garanties

Données Avis

Effectif

Fréquence

Bonne méthode

8

32%

Mauvaise méthode

17

68%

Total

25

100%

Source : Résultat de nos enquêtes au niveau des Chargés de prêts.

Tableau n°10 Causes liées au Chargé de prêts

Données

Avis

Effectif

Fréquence

Montage des dossiers par complaisance

9

36%

Montage des dossiers sur pression du supérieur hiérarchique

8

32%

Déboursement du client malgré sa situation d'impayé dans d'autres IMF.

8

32%

Total

25

100%

Source : Résultat de nos enquêtes au niveau des Chargés de prêts.

II- Identification des causes liées au risque de crédit

Les conditions de préparation et de réalisation des enquêtes de vérification des hypothèses et la préparation des résultats étant déjà précisées précédemment, il sera procédé dans ce paragraphe à l'identification des causes liées au risque de crédit.

A- Les causes liées au bénéficiaire du crédit et à l'objet du contrat de prêt

Le tableau 1 montre que 61% des dossiers étudiés sont passés en contentieux à cause de la mauvaise gestion du crédit par le client (pertes récurrentes et problèmes de rentabilité) ; 24% sont passés en contentieux à cause du surendettement du client (multiplication d'emprunt) et 15% à cause des changements brusques d'activités et des tensions au sein de l'entreprise.

Le tableau 5 montre que 14% des dossiers sont passés en contentieux à causes des facteurs externes à l'entreprise du client (escroquerie, perte de gros clients).

Le tableau 7 montre que 35% des dossiers étudiés sont passés en contentieux pour des causes que PADME ne peut prévoir (mauvaise foi du client, client ``parti sans laisser d'adresse'').

Après l'analyse du problème de la dégradation vertigineuse du portefeuille de crédit, nous pouvons identifier les causes susceptibles d'être à sa base. Il s'agit des causes liées au phénomène des impayés. Ces causes seront énumérées par ordre croissant d'importance. Il s'agit de :

Ø Causes liées au bénéficiaire du crédit ;

Ø Causes liées à l'objet du contrat de prêt.

1- Causes liées au bénéficiaire du crédit

Les causes des risques varient selon que le bénéficiaire du crédit est un particulier ou une entreprise.

a- Les causes liées au particulier

Le particulier bénéficiaire d'un crédit peut exposer le banquier à trois ordres de risques :

· Le risque de décès ou d'incapacité de travail

La maladie ou l'accident peut entraîner la mort ou l'incapacité de travail d'un particulier ayant obtenu antérieurement un crédit bancaire. Cette situation qui met fin à son activité et compromet l'exécution de son contrat avec le PADME.

Pour se prémunir contre ce risque, le Chargé de prêts exige une assurance décès pour avoir la garantie du remboursement. Il est également prudent de faire garantir le conjoint qui se portera ainsi caution. Par ces procédés, les conséquences de certaines situations successorales sont évitées.

· Le risque de perte d'emploi

Ce risque souvent lié aux salariés survient en cas de licenciement sans possibilité de retrouver immédiatement une situation équivalente.

En raison de la nécessité pour beaucoup de pays dont le Bénin, de recourir au Programme d'Ajustement Structurel, ce risque connaît présentement un taux assez élevé. Ainsi, la compression du personnel, la privatisation des entreprises jadis publiques, la promotion de départs volontaires pour la retraite jette quotidiennement dans les rues de nombreux salariés. C'est pourquoi pour se mettre à l'abri de ce risque, le Chargé de prêts devra tenir compte de la surface financière de l'employeur du crédit et de ses charges salariales. Il tiendra également compte de la profession du conjoint du bénéficiaire du crédit.

· Le risque d'endettement excessif

Ce risque découle de la mauvaise foi du crédité qui, soit a détourné le crédit de l'objet pour lequel il était accordé, soit a dissimulé ses dettes antérieures déjà importantes. Pour se prémunir contre cela, le Chargé de prêts exige souvent l'attestation irrévocable du virement de l'échéance mensuelle du crédit signée par l'employeur.

b- Les causes liées à l'entreprise

Les risques liés à une entreprise dépendent de trois éléments essentiels.

· Le secteur d'activité

Un mauvais choix de l'activité principale d'une entreprise peut aboutir à des investissements sans lendemain. Il peut s'agir d'un secteur trop concurrentiel ou qui présente très peu d'intérêt. L'avenir d'une telle entreprise est menacé et les chances de remboursement d'un crédit sont très faibles.

· La situation financière

Les crédits accordés à des entreprises qui manquent de ressources, qui n'ont pas de fonds de roulement suffisant ou qui se sont trop endettées comportent de grands risques.

Il en est de même pour celles qui ont trop investi dans les immobilisations, celles dont les frais généraux sont excessifs avec des prix de revient exagérés. Une production de mauvaise qualité ou au contraire de bonne qualité mais trop chère, des installations vétustes ou, à l'inverse trop somptueuses doivent inspirer au Chargé de prêts une certaine réticence.

· Les dirigeants

Les causes imputables aux dirigeants d'une entreprise découlent soit de leur compétence technique, soit de leur moralité.

Sur le plan technique, la mauvaise gestion peut irrémédiablement conduire à la faillite même si les circonstances sont provisoirement favorables. La capacité des dirigeants ou autres personnes appelées à faire fonctionner le compte de l'entreprise doit être vérifiée. Cela permet de s'assurer que les associés ou les autres créanciers ne pourront pas contester le droit de cette personne d'aliéner l'actif ou d'augmenter le passif de la société.

Sur le plan moral, le Chargé de prêts doit se méfier des entreprises qui présentent de fausses déclarations fiscales pour lesquelles elles se verront infliger des amendes susceptibles de les mettre en situation critique.

Le détournement des crédits bancaires à des fins personnelles peut faire courir à l'entreprise et au PADME de grands risques.

Notons que les causes des risques du crédit bancaire proviennent en grande partie des co-contractants (PADME et ses clients) car d'eux dépend la conclusion du contrat de crédit. Cependant, il y a des causes qui sont liées aux crédits qui font l'objet du contrat entre le PADME et son client.

2- Les causes liées au crédit objet du contrat

Les crédits objets des contrats entre le PADME et le client sont aussi dans leur essence, les causes des risques que court le Chargé de prêts. Ces causes varient selon leur objet et leur durée.

a- Les causes dues au motif du crédit

Le motif d'un crédit, c'est sa destination, c'est-à-dire ce pourquoi il est sollicité. Traditionnellement, on distingue les crédits commerciaux, les crédits à la production, ceux destinés à l'investissement immobilier et ceux qui sont relatifs à la consommation.

v Les crédits commerciaux

Les crédits commerciaux sont ceux destinés au règlement des marchandises et à l'achat ou la vente à l'étranger.

Destinés au règlement des marchandises, ces crédits ne comportent pas en principe de risques car ils jouissent des mêmes caractères d'auto sécurité et d'auto liquidation que les crédits commerciaux en marchandise.

Lorsqu'ils sont destinés au financement du commerce extérieur, les risques sont plus considérables. En plus des risques du commerce interne qui sont : le défaut de payement, le défaut de livraison à temps, la mauvaise livraison, et le non règlement à l'échéance viennent s'ajouter ceux dus à l'éloignement, aux différences de langues, de monnaie, d'usages et des disparités législatives.

En fait, les risques que fait courir au Chargé de prêts, le commerce extérieur sont énormes. Il peut s'agir notamment :

· d'un risque économique à travers la détérioration des prix par la hausse des prix intérieurs.

· d'un risque monétaire : les taux de change peuvent varier d'une époque à une autre ; c'est le risque de change. Le régime monétaire peut aussi changer.

· d'un risque politique : le gouvernement d'un pays peut demander la suspension de transfert de fonds vers un pays donné. Les guerres ou grèves, la fermeture des frontières peuvent aussi entraîner le même risque.

· d'un risque catastrophique : l'inondation ou la sécheresse peuvent toujours survenir.

· d'un risque d'interruption du marché par l'acheteur ou le vendeur étranger.

· d'un risque de non payement : ce risque est commun à toutes les activités commerciales et par conséquent à toutes sortes de crédits bancaires.

Dans le souci de réduire ces risques, il a été instaurée par les banques classiques, une technique pour introduire la confiance indispensable dans la réalisation d'une opération commerciale entre deux parties situées souvent sur deux territoires différents.

Cette technique est basée sur des documents et porte le nom de "crédit documentaire".

Par référence au dictionnaire économique et financier de Yves BERNARD et Jean-claude COLLI, " le crédit documentaire est une technique de règlement d'une opération commerciale dans le déroulement de laquelle l'intervention d'un banquier mandataire de l'importateur et la transmission de documents représentatifs de la propriété des marchandises apportent la sécurité aux deux parties".6(*)

Grâce à ce crédit, les opérations commerciales entre deux personnes situées sur des territoires différents peuvent s'effectuer sans grande inquiétude.

Son mécanisme est très complexe et fait intervenir quatre personnes : l'importateur, l'exportateur, le banquier de l'importateur et celui de l'exportateur. Le banquier de l'importateur met à la disposition de ce dernier sa notoriété pour servir de garantie vis-à-vis de l'exportateur. Le banquier de l'exportateur correspond avec celui de l'importateur et contribue pour le compte de son client (l'exportateur) à la réalisation matérielle de l'opération.

La sécurité des quatre parties est assurée par la transmission à chaque stade de l'opération de règlement, des documents représentatifs des marchandises qui servent de garantie tant aux banquiers intermédiaires qu'à l'acheteur.

Ces documents sont :

- Le connaissement, lorsqu'il s'agit de l'expédition par mer ; il est établi en quatre exemplaires. Si l'expédition est faite par voie ferroviaire, par voie de terre ou aérienne, il est remplacé respectivement par le récépissé d'expédition par voie ferroviaire, la lettre de voiture ou la lettre de transport aérien ;

- La police d'assurance ;

- Les documents accessoires comme la facture commerciale, la facture consulaire, le certificat d'origine, le certificat sanitaire pour les animaux ou phytosanitaire pour les plantes.

Il faut noter que cette technique de crédit documentaire qui protège contre les risques du financement du commerce extérieur n'est pas utilisée au PADME qui est une institution de microfinance.

v Les crédits à la production

Les crédits à la production sont ceux accordés à l'industrie, à l'agriculture et à l'activité artisanale.

Ils servent à financer soit l'acquisition des moyens de production, soit le renouvellement de l'outillage ou le fonds de roulement.

Si le remboursement du crédit est conditionné par la vente des produits découlant de l'activité exercée, le non écoulement de ces produits sera le principal risque à courir par le Chargé de prêts.

Lorsque ces crédits portent sur les activités agricoles, en plus du risque de mévente, il y a les risques catastrophiques. A cet égard, il peut s'agir de l'inondation ou de la sécheresse.

Dans le domaine industriel, la pénurie des matières premières, la révolution technique ou simplement des modifications dans les processus de fabrication sont autant de raisons qui peuvent porter un obstacle au bon déroulement de l'opération de crédit initié dans ce cadre.

v Les crédits à l'investissement

Que ce soit la production ou la nécessité de développer une activité, l'entreprise à besoin d'investir. L'investissement c'est l'opération par laquelle on transforme l'épargne en capital. Les crédits à l'investissement permettent à l'entreprise de disposer des moyens nécessaires pour démarrer ou développer son activité. Ce sont des crédits de long terme destinés surtout à financer les immobilisations.

En raison de la durée, ils présentent de grands risques car l'entreprise financée évolue dans un environnement incertain. Le risque d'inflation inhérent aux crédits à long terme ne pourra être évité. De même, la non réalisation de l'objectif, l'obsolescence et la mauvaise gestion peuvent mettre l'entreprise dans une situation difficile vis-à-vis de la banque.

v Les crédits immobiliers

Ce sont ceux destinés à faciliter la construction d'habitation, l'acquisition ou la modernisation d'immeubles. Les risques courus par le PADME sont ceux déjà exposés ci-dessous à propos du crédit aux particuliers à savoir (l'incapacité de travail, le décès, la perte d'emploi, l'endettement excessif).

v Les crédits à la consommation

Ces crédits sont consentis aux ménages pour leurs besoins courants et surtout pour l'acquisition de biens durables : comme biens mobiles et équipements ménagers.

Les risques qu'ils font courir au Chargé de prêts sont les mêmes que ceux causés par une personne physique bénéficiaire d'un crédit bancaire. Les banques béninoises n'accordent ces crédits qu'à leur personnel ou à quelques fonctionnaires du secteur privé ou d'une société d'Etat financièrement solide. Ce type de crédit n'existe pas encore au PADME.

b- Les causes dues à la durée du crédit

Selon la durée, les crédits bancaires sont traditionnellement considérés en trois ordres.

- Les crédits à court terme dont la durée n'excèdent pas 2 ans ;

- Les crédits à moyen terme dont la durée est comprise entre 2 et 10 ans ;

- Les crédits à long terme qui s'étalent sur la période au delà de 10 ans.

Les risques occasionnés par un crédit de court terme ne sont pas les mêmes que ceux qui découlent d'un crédit à moyen et long terme.

Les opérations de crédit de PADME portent essentiellement sur le court terme car la durée du crédit n'excède pas 18 mois quel que soit le type de crédit octroyé. Il faut par conséquent bien saisir les risques relatifs à chaque type de crédit accordé pour ce terme. Le risque peut dégénérer soit en immobilisation à plus ou moins longue échéance, soit en perte totale ou partielle. En plus de cela, un autre risque général à ces types de crédit est celui de mauvais payement ou le risque de non remboursement à l'époque convenue.

Il faut remarquer que cette durée de remboursement (18 mois maximum) ne convient nullement au crédit à l'investissement et au crédit immobilier. A ce niveau, il existe le risque d'un mauvais remboursement et du détournement du crédit vers une activité commerciale.

B- Les causes liées à des incidents et où PADME a attendu le dernier moment pour réagir

Le tableau 4 montre que 5% des dossiers sont passés en contentieux à cause des incidents de remboursement, des échéanciers non respectés, la liquidation, le redressement et le dépôt de bilan.

C- Les causes liées à la conjoncture économique

Le tableau 6 montre que 28% des dossiers passés en contentieux doivent leurs causes à la conjoncture économique (dégradation trop rapide de l'activité du client ; importantes diminutions des revenus du client, dépenses exceptionnelles, absence d'activité sans ressources suffisantes).

L'activité économique béninoise tourne autour de trois grands secteurs qui sont l'agriculture, l'industrie et le commerce. Le niveau de développement de ces secteurs traduit fidèlement le niveau du développement économique en général. Nous pouvons ainsi remarquer que les deux premières (l'agriculture et l'industrie) sont sous-exploitées ; tout est encore à l'étape rudimentaire.

Seul le secteur commercial est le plus financé. Mais, la balance pèse plus d'un côté que de l'autre c'est-à-dire les importations dépassent largement les exportations. Cela entraîne le déséquilibre de la balance commerciale. Les termes de l'échange connaissent une détérioration remarquable. A cela, il faut ajouter la conjoncture toujours difficile et l'inflation qui connaît toujours une hausse en raison de la propension de plus en plus grande à importer.

Dans une telle situation, les risques économiques des crédits bancaires s'expliquent aisément. Pour convenablement les éliminer ou les mesurer, le PADME doit constamment disposer d'un service de gestion des risques capable de renseigner sur la consommation, les prix, les branches d'activités spéculatives, les secteurs concurrentiels et les productions.

L'évolution des importations et des exportations, les prix de certains produits, le niveau des salaires, le problème d'endettement, les débouchés, les marchés locaux et régionaux seront précisés.

Pour obtenir ces informations dont la méconnaissance amplifie les risques du crédit, ce service se fera aider par l'Institut National de la Statistique et de l'Analyse Economique (INSAE).

D- Les causes liées à l'institution PADME

Le tableau 8 montre que 79% des dossiers doivent également leurs causes au PADME. Il s'agit du retard dans le déblocage du crédit , retard de décaissement par rapport au calendrier de l'activité, montant du crédit accordé inférieur à l'investissement prévu, crédit trop important pour l'activité, manque de suivi, mauvais suivi ou insuffisance de suivi, etc.

Les résultats présentés dans le tableau 9 montrent que 84% des Chargés de prêts interrogés estiment que la méthode actuelle d'analyse des dossiers de crédits comporte des insuffisances et 16% affirment qu'elle est satisfaisante.

Le tableau 10 quant à lui montre que 68% des Chargés de prêts interrogés affirment que la technique d'évaluation des garanties n'est pas une bonne méthode et 32% estiment que c'est une méthode acceptable.

De l'analyse du tableau 11, il ressort que 32% des Chargés de prêts acceptent mettre en place un crédit à des clients malgré leur surendettement ou leur existence dans d'autres IMF ; 32% ont évoqué le fait qu'ils reçoivent des pressions de la part du supérieur hiérarchique pour mettre en place des crédits à des clients non finançables et 36% ont affirmé avoir monté et mis en place au moins une fois un crédit par complaisance.

Ainsi, nous avons identifié certaines causes possibles énumérées ci-après :

Ø la mauvaise étude des dossiers de crédit ;

Ø le laxisme dont font preuve certains Chargés de prêts dans la mise en place des crédits ;

Ø le financement des clients déjà très endettés dans d'autres institutions ;

Ø la mise en place de crédits fictifs ;

Ø l'incompétence de certains Chargés de prêts ne maîtrisant pas les techniques d'instruction de certains dossiers de crédit ;

Ø la complaisance dans les études de dossiers ;

Ø difficulté dans l'évaluation de la valeur réelle des garanties (sûretés réelles) ;

Ø absence de solidarité entre les membres de certains crédits de groupe ;

Ø non-conformité de certaines garanties acceptées par les Chargés de prêts contrairement aux exigences de l'institution;

Ø absence de mesures juridiques de réalisation des garanties.

Que la distribution du crédit soit confiée à un organisme privé ou étatique, sa réussite dépend en dernière analyse des hommes chargés de la diriger. Pour y parvenir, ces hommes doivent constamment disposer d'un certain nombre de connaissances acquises et avoir des réflexes de professionnel. L'ensemble de ces qualités qui forme ce qu'on appelle `'le sens du risque `' se compose de : la compétence, la psychologie, le bon sens, le jugement, la fermeté, la prudence, le flair et un tempérament personnel.

En réalité, pour réussir c'est-à-dire courir moins de risque, le distributeur de crédit doit pouvoir faire preuve d'honnêteté. Il doit diviser et sélectionner les risques et connaître les différentes formes de crédits en même temps que les garanties qui y sont afférentes, leurs avantages et inconvénients. Grâce à un service de gestion des risques bien informé, le banquier (Chargé de prêts) peut prévoir l'avenir et savoir ainsi les chances de réussite de son engagement.

L'analyse du processus d'octroi de crédit montre qu'il existe deux niveaux essentiels d'étude du dossier de crédit. Au premier niveau, le Chargé de prêts détermine la capacité de remboursement du client puis au second niveau, l'approbation du dossier est confiée au comité de crédits. Certes, cette procédure est bonne car elle permet de faire l'étude à deux niveaux. Mais il existe un risque car l'efficacité du mécanisme dépend également d'autres facteurs tels que l'analyse des informations fournies par les micro-entrepreneurs. Ceci est difficile à réaliser dans la mesure où ces derniers ne disposent pas d'une petite comptabilité. Les Chargés de prêts font l'estimation de la capacité de remboursement à partir de données fournies oralement ; cette procédure exige du Chargé de prêts d'avoir une compétence technique en matière d'analyse financière.

Un Chargé de prêts complaisant portera un faux jugement dans l'étude des dossiers de crédit et un crédit déboursé dans ces conditions peut avoir un dénouement difficile. De même, un Chargé de prêts corrompu ne pourra pas relancer le client en cas de défaillance de ce dernier. En effet, il est laissé au bon soin des Chargés de prêts d'évaluer toutes les garanties reçues des clients. Pour ce qui est des garanties telles que parcelle recasée, parcelle non bornée et les gages sur véhicule, les chargés de prêts, attribuent une valeur approximative au bien ou demande directement au client la valeur qu'il donne à son bien. Un client mal intentionné peut surévaluer son bien. Il est également difficile d'évaluer le degré de solidarité entre les membres d'une caution solidaire. De même, les gages sur véhicule ne garantissent pas vraiment le crédit. Par exemple, un client qui est en impayé et dont la garantie constitue un gage sur véhicule, peut refuser de faire face à son engagement si le véhicule tombait en panne ou totalement amorti. Que ferait l'institution PADME en cherchant réaliser une telle garantie.

Chapitre deuxième

DE LA VERIFICATION DES HYPOTHESES AUX CONDITIONS DE MISE EN OEUVRE DES SOLUTIONS

Chapitre deuxième

DE LA VERIFICATION DES HYPOTHESES AUX CONDITIONS DE MISE EN OEUVRE DES SOLUTIONS

Dans ce chapitre, nous aborderons d'abord la vérification des hypothèses formulées en tenant compte des seuils de décision fixés, ensuite les propositions de solutions aux problèmes retenus et enfin, la définition des conditions de leur mise en oeuvre.

SECTION I: VERIFICATION DES HYPOTHESES ET ETABLISSEMENT DU DIAGNOSTIC

Dans un premier temps, nous allons procéder à la vérification des hypothèses et ensuite à l'établissement du diagnostic.

PARAGRAPHE 1 : Vérification des hypothèses

Il s'agit ici d'apprécier le degré de validité des hypothèses à partir de l'analyse des données de nos enquêtes en vue d'une synthèse du diagnostic.

I- Vérification de l'hypothèse relative à la dégradation de la qualité du portefeuille

A- Analyse des indicateurs de qualité de portefeuille

L'analyse des indicateurs se fera en quatre points que sont les analyses : globale, par produit, par montant et par durée de remboursement.

1- L'analyse globale

Ce point utilisera les indicateurs de gestion du risque de crédit notamment le taux de respect des échéances, le portefeuille à risque à 90 jours et le taux de perte sur crédit. Elle présentera la situation globale du PADME et celles des Agences.

a- le taux de respect des échéances

Tableau 11 : Taux de respect des échéances du PADME et des Agences (2002-2006)

Sources : synthèses d'informations sur crédit du PADME (2002-2006)

Nous observons de 2002 à 2006, une évolution décroissante du taux de respect dans le temps. Ce qui signifie que les clients respectent de moins en moins les échéances de remboursement, signe de l'augmentation du Risque de Crédit également.

b- Le portefeuille à Risque (PAR90)

Tableau 12 : Portefeuille à Risque à 90 jours du PADME et des Agences (2002-2006)

Sources : synthèses d'informations sur crédit du PADME (2002-2006)

L'analyse du portefeuille à risque montre que de 2002 à 2005 , le PAR90 du PADME connaît une évolution croissante avec une forte dégradation du portefeuille en 2005 et 2006 qui ne respecte pas les normes requises par la BCEAO (<3%) , ce qui traduit une faible maîtrise du risque de crédit.

c- Le taux de perte sur créance

Tableau 13 : Taux de perte sur créances du PADME et des Agences (2002-2006)

Sources : synthèses d'informations sur crédit du PADME (2002-2006)

Les données montrent de 2002 à 2006 que le taux de perte connaît une évolution croissante dans le temps. En 2005 et 2006, la perte est plus forte au PADME. Ces taux de perte ne respectent pas les normes requises par la BCEAO (<2%).

Globalement sur le PADME, les données qui montrent une évolution croissante du taux de perte depuis 2003 traduit que d'année en année l'institution maîtrise de moins en moins le risque de perte sur créance.

Après l'analyse globale des données, nous allons nous intéresser à celle du crédit immobilier nouveau produit mis en place par le PADME en 2004. La conception des produits adaptés aux besoins des clients étant un préalable à la gestion du Risque de crédit.

2- L'analyse du crédit immobilier

Tableau 14 : Portefeuille à Risque à 30 jours du crédit immobilier par Agence (2004-2006)

Evolution du PAR30 du crédit immobilier (%)

0

25

50

75

100

2004

0,63

0

0

0

2005

24,2

26,14

28,98

0

2006

39,5

33,97

37,05

22,48

Cotonou

Porto-Novo

Parakou

Abomey

Source : données du PADME (2004-2006)

Les chiffres montrent qu'en 2005, un an après la mise en place des premiers crédits de ce produit, les portefeuilles à risque de 30jours sont respectivement de 24, 2% ; 26,14% et 28, 98% pour les Agences de Cotonou, Porto-Novo et Parakou. Abomey affiche un PAR30 nul qui pourrait s'expliquer par la présence d'un seul client de crédit immobilier en 2005 dans son portefeuille. Parakou présente le PAR30 le plus élevé en 2005. C'est le cas en 2006 pour Cotonou (39,5%).

Ces résultats montrent que le risque est élevé pour le crédit immobilier. Il y a donc une faible maîtrise du risque de crédit pour ce produit.

En 2003, parallèlement à la décision de mise en place du crédit immobilier, le PADME a porté le plafond des prêts qui est passé de 5.000.000 FCFA à 10.000.000 FCFA. Il y a donc eu présence d'un nouveau produit de montant supérieur à 5000.000 FCFA .Une analyse comparative des crédits par tranche de montant accordé sera faite pour apprécier la gestion du Risque de crédit.

3- Analyse par montant (<=5M et >5M)

Tableau 15 : Portefeuille à Risque à 30 jours des prêts classés par palier de montant

(<= et > 5M)

Evolution comparative du PAR30 par montant de

prêt (%)

0

10

20

30

PADME

<=5M

1,13

2,01

14,64

10,98

> 5M

0

0,82

20,68

21,31

2003

2004

2005

2006

Sources : synthèses d'informations sur crédit du PADME (2002-2006)

Nous observons qu'en 2003 et 2004 les deux types de crédits affichent des PAR30 conforment aux normes requises par la BCEAO. Mais le PAR30 des crédits de montants inférieurs à 5.000.000 FCFA reste élevé par rapport au PAR des autres crédits. Cette tendance pourrait s'expliquer par le fait que les crédits supérieurs à 5.000.000 FCFA ne sont qu'à leur début de mise en place. En 2005 et 2006 la tendance est inversée avec des taux très élevés de 20,68% et 21,31% pour les prêts de montant supérieur à 5.000.000 FCFA et de 14, 64 % et 10,98% pour les crédits de montant supérieurs à 5.000.000 FCFA.

Ces résultats laissent entrevoir que le PADME a plus de difficulté pour le contrôle du Risque de crédit des montants supérieurs à cinq millions (5.000.000 FCFA).

4- Analyse par durée de remboursement

Tableau 16: PAR30 des prêts classés par durée de remboursement (<= et > 18 mois)

Evolution comparative du PAR30 par durée de

remboursement (%)

0

10

20

30

40

50

PADME

<=18 mois

0,89

1,18

1,79

9,25

10,26

>18 mois

1,72

0,16

1,71

26,45

40,09

2002

2003

2004

2005

2006

Sources : synthèses d'informations sur crédit du PADME (2002-2006)

En 2005 et 2006, le portefeuille de crédit de durée supérieur à 18 mois connaît une plus forte dégradation que celui des crédits de durée inférieur à 18 mois. Aucun PAR30 ne respecte les normes BCEAO sur ces deux années contrairement à 2002 à 2004. Nous observons en 2005 et 2006 des corrélations positives entre le PAR30 et la durée du crédit.

B- Synthèse de l'analyse des indicateurs de portefeuille de crédit

Il ressort de l'analyse des indicateurs de qualité de portefeuille qu'au PADME de 2002 à 2004, les indicateurs respectent les normes requises par la BCEAO. En 2005 et 2006, le portefeuille s'est fortement dégradé et les indicateurs PAR90 et taux de perte ont connu une tendance à la hausse qui ne respecte pas les normes requises. Au fil des ans le portefeuille s'est dégradé davantage en témoigne le taux de perte qui connaît une évolution croissante depuis 2003. Les indicateurs des nouveaux produits immobilier et prêt de montant supérieur à 5.000.000 FCFA confirment la tendance globale.

Tableau 17: Evolution du taux de portefeuille à risque

Indicateur \ Année

2003

2004

2005

2006

Crédit en souffrance

83 000 534

212 968 316

2 222 138 855

167 527 625

Encours de crédit

14 025 489 128

21 374 478 293

20 537 682 030

16 440 394 963

Taux de portefeuille à risque à 90 jours

0,59%

0,99%

10,82%

10,19%

Norme BCEAO

< 3%

< 3%

< 3%

< 3%

Source : Tableau conçu par nous-même à partir des rapports d'activités de 2003 à 2006.

L'analyse de ce tableau nous fait remarquer que depuis 2005, le portefeuille s'est dégradé et ne s'améliore pas. Le taux de risque sur portefeuille est passé de 0,99% en 2004 à 10,82% et s'est stabilisé à 10%. Au même moment, le taux de perte sur créances est passé de 1,74% en 2005 à 17,25% en 2006.

Il a été remarqué que 61% des dossiers étudiés sont passés en contentieux à cause de la mauvaise gestion du crédit par le client (pertes récurrentes et problèmes de rentabilité) ; 24% sont passés en contentieux à cause du surendettement du client (multiplication d'emprunt) ; 35% des dossiers étudiés sont passés en contentieux pour des causes que PADME ne peut prévoir (mauvaise foi du client, client ``parti sans laisser d'adresse'').

Les activités de PADME se sont déroulées au cours de l'année 2006 dans un contexte socio-économique particulièrement difficile caractérisé entre autre par :

- la limitation des exportations du Bénin vers le Nigéria ;

- la chute de la production du coton provoquée par la baisse des cours de ce produit qui est le principal produit d'exportation du pays ;

- la persistance des conflits politiques dans certains pays de la sous-région ouest-africaine ; ce qui ne favorise pas une correcte reprise des échanges commerciaux entre les pays de la sous région ;

- les difficultés de remboursement qu'éprouvent certains clients de bonne foi qui opèrent dans les secteurs touchés par la crise ;

- les fluctuations du dollar qui est la devise de référence dans les échanges internationaux, et la hausse continue du cours du baril de pétrole ;

- la mauvaise foi de certains clients qui ne cessent d'intenter à l'institution des procès en délai de grâce ;

- la mauvaise publicité orchestrée par certaines personnes mal intentionnées sur les taux d'intérêt pratiqués par les IMF; l'intervention des pouvoirs publics dans l'octroi direct des crédits à la population à des conditions ne respectant pas les lois du marché ;

- la crise énergétique (le délestage).

Cette conjoncture économique peu favorable au développement des affaires, a inhibé la croissance normale des activités et provoqué une dégradation de la qualité du portefeuille de crédit de l'institution PADME.

Il se déduit donc que l'hypothèse n°1 selon laquelle les différentes causes liées au non remboursement des crédits sont à la base de la dégradation de la qualité du portefeuille est vérifiée.

II- Vérification de l'hypothèse relative à la mise en place de mauvais crédits

Ce point sera développé à travers les analyses des choix stratégiques de gestion des crédits, du processus d'octroi de prêt, du suivi des créances et indicateurs.

A- L'analyse des procédures de mise en place des crédits

Cette analyse s'articule autour de quatre points que sont : la conception des produits de prêts et la diversification du portefeuille de crédit.

1- La conception des produits de crédit

Au PADME, le service marketing est responsable de la conception et du développement des nouveaux produits. Au cours de la période de 2002 à 2006 deux produits ont été crée, notamment les crédits de montant supérieur à cinq (5) millions et le crédit immobilier. Ces deux produits sont nés à la suite des besoins exprimés par les clients ayant obtenu plusieurs fois le plafond de prêt et éprouvant le désir de se réaliser. Ces besoins ont été révélés par les clients du PADME au cours de la recherche conduite pendant la formation dispensée par MicroSave - Africa du 21 octobre au 01 novembre 2002. En 2003, le PADME y a accédé et les premiers crédits de montant supérieur à 5 millions ont été octroyés. En 2004, ce fut le tour des crédits immobiliers.

Cette réaction prompte du PADME montre au prime à bord ses capacités à répondre aux besoins exprimés par ses clients et à saisir les opportunités du moment.

Ainsi, mis à part le besoin exprimé par les clients, des entretiens que nous avons eus avec les différents responsables en charge des services marketing, de crédit, de gestion des risques, et des ressources humaines, il ressort qu'aucune autre étude n'a pris en compte les aspects relatifs à la rentabilité des produits et la formation du personnel crédit à acquérir les aptitudes nécessaires à l'introduction de ces produits. Aucun test pilote n'a été réalisé. L'introduction des produits dans ces conditions a eu pour conséquence l'insatisfaction des clients. Un an après le lancement du crédit immobilier, ils désapprouvent les taux d'intérêt qu'ils trouvent exorbitants7(*). Par exemple pour un crédit de dix millions à rembourser sur cinq (5) ans, l'intérêt sur prêt est de cinq (5) millions auquel il faut ajouter les frais d'assurance et de décès. De même, ils estiment les montants accordés faibles par rapport leur besoin réel. Cette insatisfaction est une explication des indicateurs de qualité de portefeuille qui ont affiché une tendance à la hausse largement au dessus des normes requises.

La formation qui n'a pas suivi la création de ces produits a eu aussi un effet négatif. De tout le personnel interrogé sur leur capacité à analyser les dossiers selon les différents produits du PADME, le crédit immobilier vient en 3ème position. Cette information a été révélée à la question de savoir quel est le degré de facilité à analyser les dossiers en fonction des produits. Les chargés de prêts affirment mieux analysés respectivement les crédits individuels ( 81%) ,de groupe (69%) , immobiliers (42%) , de groupement ( 31%) et de relais (54%) . Ces taux indiquent pour chaque position le pourcentage le plus élevé. C'est ainsi que le crédit immobilier a eu le pourcentage le plus élevé à la position 3. Cette position avant celle du crédit groupement et relais pourrait s'expliquer par le fait que le montage des dossiers du crédit relais a été confié dans un premier temps à un nombre restreint du personnel, avant qu'il ne soit autorisé pour tous les chargés de prêts. Les autres agents l'ont placé en dernière position parce que pour la plupart ils n'ont jamais fait son montage. Il en est de même pour le crédit groupement que certains agents retrouvent rarement.

Quant aux crédits de montants supérieurs à cinq millions, le personnel déclare en majorité avoir plus de difficulté pour le montage de leurs dossiers comparativement aux montants inférieurs. Plus le montant est élevé, plus le personnel a des difficultés à monter les dossiers. Pour la facilité à monter les dossiers, au niveau des chargés de prêts le montant inférieur ou égal à 2.000.000 FCFA a été placé en première position avec 81%, suivi des montants de plus de 2000.000 FCFA et inférieur ou égal à cinq millions avec 78,6% à 5000.000 FCFA, la 3ème position est occupée par les montants de plus de 5.000.000 FCFA avec également 78,6% ; ce, malgré le fait qu'un client qui sollicite un montant supérieur à 5 millions possède en général plusieurs historiques positifs avec la structure.

Toutes ces affirmations des responsables du PADME, chargés de prêts et chefs d'agence et de bureaux viennent expliquer et donner des éléments de réponse à la dégradation du portefeuille de crédit immobilier, de la comparaison faite des indicateurs PAR et taux de perte sur crédits de montant supérieur et inférieur à cinq millions. Après cette présentation, une analyse critique peut être aussi faite du produit de groupe bien qu'étant conçu avant 2002.

Les crédits de groupe

Les crédits de groupes sont accordés en caution solidaire à trois personnes ayant chacune une micro entreprise et qui se portent solidairement responsables de la défaillance de l'une ou l'autre. Chaque membre du groupe reçoit le même montant de crédit.

Cette approche a pour avantage de permettre à une couche de la population défavorisée qui ne possède pas de garanties réelles d'avoir accès aux produits du PADME. La notion de groupe se présente comme une approche positive de prévention et de gestion de la défaillance par l'utilisation de la pression des membres, les uns sur les autres pour assurer une bonne utilisation et un bon remboursement du crédit.

Cependant ce produit comporte une faiblesse au niveau d'une de ses caractéristiques à savoir le montant accordé. En effet, les trois personnes empruntent le même montant évalué sur la base du niveau d'activité le plus bas. Dans un tel contexte, il va s'en dire que si les trois clients n'ont pas le même niveau d'activité, deux des trois clients sont sous-financés et ne seront pas satisfaits des montants accordés. C'est ce que confirme l'étude d'impact réalisée par le PADME en 2002 qui montre que les clients de groupe sont ceux qui se plaignent le plus du montant de crédit. Ce fait est confirmé davantage par les recherches de KAMALAN (2006) sur le PADME qui montre qu'à 83% ce sont les clients de cautions solidaires qui jugent les montants de crédit « trop peu ».

2- La diversification du portefeuille de crédit

Tableau 18: Répartition du portefeuille de crédit du PADME par secteur d'activités

Répartition du portefeuille de crédit par secteur

d'activités (%)

0

25

50

75

100

Commerce

88

88

85

91

96

Artisanat

10

6

4

3

1

Service

1

2

6

4

1

Agriculture-Elévage

1

1

1

1

1

Autres

0

1

1

1

1

2002

2003

2004

2005

2006

Source : Rapports d'activités annuelles du PADME (2002-2006)

On observe que le secteur du commerce représente une part importante du portefeuille de crédit avec respectivement de 2002 à 2006 un pourcentage de 88% ; 88% ; 85% ; 91% et 96%. Ensuite le secteur de l'artisanat avec seulement 10% ; 6% ; 4% ; 3% et 1%. Le service occupe la troisième place avec 1% ; 2% ; 6% 4% ; et 1%, l'agriculture, l'élevage et les autres ont toujours représenté un pourcentage infime de 1%.

L'analyse croisée avec les indicateurs de qualités de portefeuille montre que plus le secteur du commerce évolue, moins le PADME a la capacité de résister aux chocs extérieurs (cas des problèmes de commercialisation avec les pays voisins évoqué dans les rapports d'activités) et la dégradation du portefeuille se fait plus sentir. Au dessus de 90% constaté en 2005 et 2006, le portefeuille de crédit s'est fortement dégradé. Cette répartition montre la faible diversification du portefeuille de crédit du PADME source de risque de crédit. Cette faible diversification pourrait en amont être le fait du choix du segment du marché. La diversification du portefeuille de crédit étant un élément essentiel pour réduire le risque global des crédits consentis.

B- Le choix des outils et supports de gestion de crédit

Le choix des outils ou supports adaptés est d'une importance capitale pour le contrôle du risque de crédit au sein d'une IMF. Notre analyse s'intéressera essentiellement aux fiches de présentation au comité de crédit (supports d'analyse de prêts) et au contrat de prêt.

1- Les fiches de comité de crédit 

A propos de ces fiches, 52,4% des chargés de prêts et 71,4% des chefs estiment qu'elles comportent des insuffisances qui les empêchent de mieux présenter le profil des clients et de prendre des décisions sur des bases plus fiables. De même les chefs d'agence et de bureaux avouent tous ne disposer d'aucun élément technique chiffré à partir des fiches pour s'assurer de la qualité des informations fournies par les chargés de prêts. Il a été évoqué les insuffisances relatives aux détails sur le chiffre d'affaire, de l'évaluation correcte des dépenses familiales du client et de la rotation de stocks.

Si ces trois éléments souffrent d'indicateurs d'évaluation, c'est une faible gestion préventive de l'analyse du profil qui est ainsi faite. Les supports de comités de crédit n'ont pas prévu des parties pour l'analyse de la trésorerie future du client, (exemple le budget de trésorerie), un support important pour s'assurer de la capacité actuelle et future de remboursement du prêt et de l'appréciation de la trésorerie du client en fonction des variations saisonnières de l'activité à financer; ce qui n'est pas à négliger quand on s'en tient aux propos des clients au cours de l'évaluation de Microsave Africa - PADME en 2002, qui ont bien mentionné que leurs activités connaissent d'importantes variations au cours de l'année.

L'absence de ce support pourrait être un élément explicatif du fait que de toutes les antennes, Parakou présente les indicateurs les moins intéressants. Dans les régions qui sont fortement influencées par les cultures pérennes comme le coton au Bénin et le café cacao en Côte d'Ivoire, l'on observe une forte migration de la population ainsi qu'une variation significative du pouvoir d'achats des clients et de la rentabilité des activités génératrices de revenus pendant les périodes de traites ou périodes creuses. Utiliser donc, un support qui retrace la situation du client comme si la rentabilité était identique sur toute l'année, présente un risque de biais important sur l'appréciation de la trésorerie au cours de la période de remboursement du prêt. Des échéanciers inadaptés sont source de défaillance.

2- Le contrat de prêt

De tous les documents de gestion d'un prêt, le contrat de prêt est une pièce maîtresse du dossier de crédit. C'est le principal document qui pourrait être éventuellement être utilisé pour prouver l'engagement. Il y a lieu donc de se pencher sur un certain nombre d'articles liés à la gestion du risque de crédit.

Les conditions d'exigibilités anticipées. C'est un article qui présente les cas où le prêt pourrait devenir exigible avant son échéance. Il s'agit en général d'un manquement aux obligations du contrat de la part de l'emprunteur. Le contrat actuel ne le traite qu'à l'article 3 « destination du prêt ». Cette exigibilité ne sera faite qu'en cas de détournement d'objet de prêt.

Ainsi les conditions d'exigibilité anticipé ne mentionnent pas celles relatives à l'exploitation de l'activité telle que la cessation d'exploitation ou de paiement, la faillite personnelle, de la liquidation des biens (productifs) de l'activité ; de règlement judiciaire, les conditions liées aux garanties telles que la destruction totale ou partielle du bien donné en garantie, le cas de non paiement d'une échéance à la date fixée dans l'acte.

La communication est un article qui oblige l'emprunteur à divulguer à l'IMF tout événement important pouvant influencer la valeur de la créance de l'IMF. De plus, l'entrepreneur s'engage à fournir à l'IMF ses états financiers ou des informations sur son activité de façon régulière. Cet article n'existe pas au PADME.

De même, le contrat traite des frais pour paiement en retard mais ne mentionne pas les conditions de remboursements anticipés.

Ainsi le contrat de prêt du PADME bien qu'incluant un bon nombre d'articles utiles et nécessaires, présente tout de même des insuffisances sur des éléments de gestion du Risque de crédit.

3- Analyse des techniques d'évaluation financière

a- Notion de chiffre d'affaires

A ce niveau diverses interprétations en sont faites. 45,2 % des Chargés de prêts estiment que le chiffre d'affaires est le montant encaissé sur le mois tandis que 54,8 % tiennent compte des recettes et des ventes à crédit. Quant aux Chefs d'agence et de bureaux, 57,1% assimilent le chiffre d'affaire aux recettes et 42,9% considèrent le montant encaissé plus les ventes à crédit. Ainsi, d'un groupe à un autre du personnel opérationnel, la perception et les bases de données utilisées pour une prise de décision diffèrent. Cependant, ils se réunissent, prennent des décisions d'octroi de prêt sans certainement se rendre compte qu'ils n'ont pas la même interprétation de cette notion ; ce d'autant plus que la version officielle donnée par le responsable de crédit est celle selon laquelle le chiffre d'affaires est le montant effectivement encaissé sur le mois. Certainement que la lecture du manuel donne une indication de ceux qui respectent les consignes. Puisque concernant les chefs d'agence et de bureaux, tous ceux qui ont répondu que le chiffre d'affaires équivaut au montant encaissé, 75 % ont lu le manuel ; tandis que ceux qui ont eu une position contraire ne l'ont pas lu. Au niveau des chargés de prêts les partisans de la version officielle ont à 73,7 % lu le manuel et les autres agents à 60,9 % ne l'on pas lu.

Cette notion de chiffre d'affaires trouve son importance en ce sens que plus le montant devient subséquent et qu'une activité grandit, plus forte est la probabilité de faire des ventes à crédits. D'où l'intérêt pour le PADME de clarifier ce concept car une activité peut bien être rentable sans être liquide ou solvable entraînant de ce fait un non remboursement de la créance.

Pour déterminer le montant à accorder au client, l'on tient compte du cash-flow de la situation d'exploitation (période actuelle). D'où l'importance du chiffre d'affaires surtout lorsque les agents qui considèrent le chiffre d'affaires comme le montant vendu, devront analyser les activités qui connaissent des ventes à crédit significatives.

b- Notion de capacité de remboursement du client

Cette notion est aussi diversement interprétée. A la question de savoir : « si les revenus de l'activité à financer sont insuffisants pour rembourser le prêt et que le client dispose d'autres sources de revenus à même de lui permettre d'honorer ses engagements, pouvez-vous le financer ? » ; les chargés de prêts répondent à 66,7 % oui et 33,3 % non ; 28,6 % des chefs acceptent de financer le client et 71,4 % refusent. Les divergences ne s'arrêtent pas à ce niveau. Quand il s'est agi de savoir lorsque les revenus générés par l'activité à financer sont insuffisants pour rembourser le prêt et que le client dispose de solides garanties, facile à mobiliser, est-il possible de le financer ? 81 % des chargés de prêts acceptent de le financer tandis tous les chefs disent ne pas financer un tel dossier. Ces différentes réponses montrent à quel point cette notion de capacité de remboursement est perçue différemment au niveau du personnel.

De façon générale, on constate que 84 % des Chargés de prêts interrogés estiment que la méthode actuelle d'analyse des dossiers de crédits comporte des insuffisances. Il ressort également que 32 % des Chargés de prêts acceptent mettre en place un crédit à des clients malgré leur surendettement ou leur existence dans d'autres IMF ; 32% ont évoqué le fait qu'ils reçoivent des pressions de la part des supérieurs hiérarchiques pour mettre en place des crédits à des clients non finançables et 36 % ont affirmé avoir monté et mis en place au moins une fois des crédits par complaisance. On déduit aisément que les Chargés de prêts de PADME mettent en place de mauvais crédits.

On conclut donc que l'hypothèse n°2 qui stipule que la mise en place de mauvais crédits s'explique par les mauvaises pratiques orchestrées par les agents dans l'étude des dossiers est globalement vérifiée.

III- Vérification de l'hypothèse relative à la mauvaise couverture du risque de crédit au PADME

Le PADME utilise le système de caution solidaire pour les crédits aux groupes et aux groupements. Ce système permet d'utiliser la pression des membres les uns sur les autres pour assurer une bonne utilisation et un bon remboursement du crédit. Le PADME exige trois types de garanties financières : le fonds de garantie, le dépôt de garantie et la garantie décès.

· le fonds de garantie

Tous les clients doivent constituer dans les caisses du PADME, un fonds de garantie dont le montant doit être égal à 10% du montant du crédit obtenu. Le montant total du fonds de garantie est réparti sur les différents remboursements programmés pour le client. Ce fonds de garantie est récupéré par le client à la fin de ses remboursements.

Lorsque le client devient défaillant (après décision du comité de contentieux), ce fonds est utilisé pour couvrir tout ou partie des impayés.

Sur demande du client, ce fonds peut être utilisé pour solder son crédit.

· le dépôt de garantie

Pour renforcer certaines garanties réelles (terrain non borné), il est demandé aux clients de faire un dépôt de garantie dont le montant est égal à 10% du crédit obtenu. Le dépôt de garantie est assimilé à un fonds de garantie supplémentaire à la seule différence qu'il doit être versé intégralement par le client avant le déboursement de son crédit.

Ce fonds peut être retiré à tout moment par le client dès que celui-ci apporte la preuve que la parcelle mise en garantie a été entre temps lotie.

· la garantie décès

Pour se couvrir contre les risques d'insolvabilité liés au décès des clients, le PADME a mis en place un système de garantie décès.

Pour certains types de crédits, il peut être demandé aux clients de souscrire à une assurance vie dans une compagnie d'assurance.

· Les garanties réelles

Les garanties réelles (terrain, véhicule, équipements, la fiche de paie du client ou de son avaliseur est aussi acceptée comme garantie, etc.) permettent de réduire les risques de défaillance des clients non pas parce qu'elles assurent un recouvrement systématique des impayés, mais parce qu'elles fournissent un moyen pour améliorer les remboursements lorsque les emprunteurs sont en difficultés.

Ainsi les agents de crédits sont chargés de l'évaluation des terrains, véhicule et équipement mis en garantie alors qu'ils n'en sont pas experts, une évaluation qui tout naturellement connaît des faiblesses. Des garanties qui d'ailleurs sont très peu mobilisées en cas de défaillance. De 2002 à 2006, aucune garantie terrain n'a été mobilisée alors qu'elle occupe une part prépondérante des garanties prises au PADME ; cela explique pourquoi, seulement 2,4% des chargés de prêts préfèrent le terrain et 59,5 % préfèrent la fiche de paie comme garantie. Quant à leurs chefs, aucun ne souhaite prendre la garantie terrain et 71,4% préfèrent la fiche de paie qui est plus simple à mobiliser. Au niveau des clients (il fallait s'y attendre), ils déclarent à 75,9% préférer le terrain comme garantie et estiment à 80,7% ne pas avoir de difficultés à obtenir de garanties. Quoi de plus normal puisqu'ils sont soutenus par la direction du PADME. Cet avis est exprimé par le responsable du service crédit : « si le terrain est la seule garantie possédée par les clients, il faut l'accepter ». De notre point de vue, une garantie est prise soit parce qu'elle a une influence positive sur le comportement de remboursement des clients, soit parce qu'elle est susceptible d'être mobilisée en cas d'impayé pour réduire le risque de perte. Dans le cas contraire, professionnellement cette garantie ne mérite pas d'être prise par l'IMF. La facilité avec laquelle les clients fournissent la garantie est révélatrice du fait que soit ils sont conscients que le terrain ne peut être mobilisé aisément par le PADME ou que sa valeur est insignifiante par rapport au montant du prêt, soit les documents fournis sont faux lorsque nous nous référons aux nombreux problèmes de domaniaux au Bénin.

Il faut remarquer que 68% des Chargés de prêts affirment que la technique d'évaluation des garanties n'est pas une bonne méthode et que seulement 32% estiment que c'est une méthode acceptable. Il existe dans tout le réseau PADME, un risque qui est lié aux garanties proposées par les clients. D'une façon générale, les biens mis en garantie sont mal appréciés. Les titres des propriétés sont parfois délivrés sans la vérification de leur existence. Nous avons la mise en chambre forte des garanties litigieuses et l'institution ne dispose d'aucun moyen pour avoir des informations sur les sûretés réelles. Des véhicules garantis sont mis au rebut alors que la durée des crédits reste à courir.

L'institution n'arrive pas, compte tenu des lois et normes en vigueur au Bénin, à réaliser les garanties (sûretés réelles) mais réalisent les garanties (salaires).

On déduit donc de ce qui précède que l'hypothèse n°3 selon laquelle la mauvaise couverture des risques de crédit est due à la mauvaise appréciation et évaluation des garanties faite par les agents de PADME n'est pas totalement vérifiée.

PARAGRAPHE II : Synthèse du diagnostic

L'analyse des données de l'enquête a permis de connaître les causes réelles des problèmes identifiés. De facto, nous pouvons formuler les éléments de diagnostic suivant.

I- Elément de diagnostic lié à la dégradation de la qualité du portefeuille

Suite à la vérification de l'hypothèse n°1, nous retenons le non remboursement des crédits octroyés comme cause liée à la dégradation vertigineuse de la qualité du portefeuille de crédit au PADME.

II- Elément de diagnostic lié à la mise en place de mauvais crédits

La vérification de l'hypothèse n°2 permet de retenir définitivement que la mise en place de mauvais crédits s'explique par la mauvaise étude des dossiers de crédit et la non-maîtrise des mesures techniques de protection contre les risques de crédit.

III- Elément de diagnostic lié à la mauvaise couverture des risques de crédits

Après vérification de l'hypothèse n°3, il ressort que la mauvaise couverture du risque de crédit au PADME s'explique par la mauvaise appréciation et la mauvaise évaluation des garanties acceptées au PADME.

SECTION II : PROPOSITIONS DE SOLUTIONS ET CONDITIONS DE MISE EN OEUVRE

Une fois les hypothèses testées à la suite de l'analyse des résultats de l'enquête, nous allons proposer des solutions ainsi que leurs conditions de mise en oeuvre.

PARAGRAPHE I : Propositions de solutions

Apporter des solutions à un problème, c'est proposé les conditions d'éradication des causes se trouvant à la base de ce problème tout en tenant compte des objectifs préalablement fixés.

I- Proposition de solution à la dégradation de la qualité du portefeuille de crédit

Rappelons que la cause principale se trouvant à la base de ce problème est le non-remboursement des crédits octroyés. Ainsi, nous ferons des propositions de solutions pour améliorer la qualité du portefeuille en commençant par améliorer le taux de recouvrement des impayés (à court terme).

Afin de permettre une amélioration du taux de recouvrement, nous suggérons au PADME de prendre les dispositions suivantes :

Ø Détecter les impayés liés à une mauvaise foi des débiteurs et saisir les autorités législatives (le Tribunal de Première Instance compétent en la matière) pour l'ouverture d'une procédure réglementaire à leur encontre. Donc le service juridique de PADME devra s'atteler à la mise en place de la procédure pouvant permettre la réalisation des garanties des débiteurs insolvables.

Ø Renforcer la pression sociale et les moyens dissuasifs à l'encontre des autres débiteurs. Mais avant tout, le PADME doit recruter des agents de recouvrement pour appuyer les chargés de prêts sur le terrain. Après, il faudra voir avec les clients qui ont eu des problèmes (connus des Chargés de prêts ou des dirigeants de l'institution) la manière la plus souple pouvant leur permettre de rembourser sans recours aux usuriers. Le PADME doit rechercher la collaboration et l'appui des forces de l'ordre pour ses opérations de recouvrement. Les biens saisis devront être gardés (temporairement) aux postes de police. L'arrestation des débiteurs pourra être envisagée si le remboursement n'intervient pas dans un délai convenable. Les charges afférentes à cette procédure devront être supportées par les débiteurs qui devront payer en plus de leurs dettes des frais de recouvrement.

Ø Le PADME pourra également rechercher la collaboration des Chefs religieux (Prêtes, Pasteurs, Imams etc....) pour la sensibilisation et l'invitation de leurs fidèles  débiteurs à honorer leurs engagements vis-à-vis du PADME.

Dans tous les cas, il serait souhaitable d'éviter au maximum des agissements qui pourraient entacher la réputation du PADME vis-à-vis de la clientèle que constituent les clients potentiels du PADME.

II- Proposition de solution à la mise en place de mauvais crédits

Ici la cause liée à ce problème est la technique d'analyse des dossiers de crédit qui ne prend pas en compte des mesures pour prévenir le risque. Les mesures techniques d'analyse que nous proposons, portent sur l'examen de la solvabilité du client puis la limitation des engagements.

A- Etude de la solvabilité du client

Déterminer la solvabilité d'un client, c'est mesurer sa capacité d'endettement et de remboursement à travers des critères bien précis qui se résument en deux points :

- Etude de la personnalité du client

- Analyse de la situation du client.

1- Etude de la personnalité du client

Cette étude permet au banquier de bien connaître le client avec qui il veut contracter. Elle varie selon qu'il s'agisse d'un particulier ou d'une entreprise.

a- La personnalité d'un particulier

Le premier point caractéristique d'une personne voulant obtenir un crédit est la capacité. Il faut pour cela que le client soit majeur. Mais il convient encore d'écarter les majeurs incapables (les aliénés, les sourds-muets  ... etc.). La capacité, c'est l'aptitude à avoir des droits et des obligations.

En dehors de la capacité, le banquier (Chargé de prêts) s'intéressera aussi à la situation matrimoniale du futur crédité. S'il est marié, il s'intéressera au mode de gestion de leurs biens. Les informations ainsi recueillies lui permettront de mieux fixer sa solvabilité et sa moralité. Toutefois ces informations permettront au Chargé de prêts de bien connaître celui avec qui il a à faire.

b- La personnalité d'une entreprise

Les entreprises commerciales, industrielles, artisanales ou autres peuvent, dans le respect des stipulations statutaires, contracter les emprunts nécessaires à la réalisation de leur objectif. Le Chargé de prêts vérifie l'inscription au registre de commerce et les pouvoirs des personnes appelées à prendre des engagements au nom de la société.

Comme informations importantes, notons aussi la compétence technique, l'ancienneté et l'intégrité morale des dirigeants. Les produits faisant objet de l'activité de l'entreprise, le secteur d'activité, les débouchés et même les principaux fournisseurs et clients feront également l'objet de l'analyse du banquier.

Il est à noter que l'inscription au registre du commerce n'est exigée au PADME pour les commerçants et les industriels individuels.

Toutes ces informations cumulées pourront mieux situer le Chargé de prêts dans l'octroi du crédit. Il est évident que les données non satisfaisantes éveilleront sa confiance et l'obligeront à ne pas s'engager. Mais ce n'est pas suffisant ; il faut aussi étudier la situation financière du client.

2- Analyse de la situation financière du client

Les procédés d'appréciation de la situation financière d'un client varient selon qu'il s'agisse d'un particulier ou d'une entreprise.

a- La situation financière d'un particulier

La situation financière d'un particulier se détermine à travers sa profession, sa rémunération, son ancienneté dans la profession, les perspectives d'avenir de l'entreprise dans laquelle il est employé, l'estimation des recettes et dépenses lorsqu'il s'agit de commerçant ou autre personne exerçant à titre individuel.

Lorsqu'il s'agit de fonctionnaire, il faudra tenir compte des perspectives d'avenir de son service. Cela permet au Chargé de prêts d'éviter de se retrouver face à un client licencié. A travers l'ancienneté, il pourra apprécier la durée pendant laquelle le client aura encore à travailler pour rembourser sa dette.

Aussi, lui faudra-t-il faire des enquêtes directes et indirectes sur le client afin de savoir s'il n'a pas déjà obtenu d'autres prêts ailleurs. Par là, il évitera que son argent ne serve à rembourser d'autres dettes. De même il détermine les chances de recouvrement de créances.

Au niveau des entreprises, l'appréciation de la situation financière est plus complexe.

b- La situation financière des entreprises

Qu'il s'agisse d'une entreprise individuelle ou non, l'analyse financière se fait en trois étapes successives qui consistent à :

- Situer l'entreprise elle-même, son environnement, son domaine d'activité, son produit et son marché.

- Examiner attentivement les documents comptables ou les informations recueillies qui lui permettront d'avoir une idée aussi exacte que possible de la manière dont l'entreprise fonctionne.

- Porter un jugement qui peut être favorable ou défavorable à la demande de l'entreprise.

v Les caractéristiques de l'entreprise

Dans ce cadre, le Chargé de prêts s'intéresse d'abord à l'entreprise elle-même en cherchant à connaître son statut juridique. Sa préoccupation portera sur le type de société (société de personne ou de capitaux).

Il s'intéressera ensuite à l'évolution du capital, l'effort financier fourni par le propriétaire.

Au niveau de l'entreprise elle-même, il observera les moyens de production, l'étude des hommes qui y travaillent à travers leur disponibilité, l'organisation du travail, le nombre d'employés de même que leur compétence et leur ancienneté.

L'activité de l'entreprise n'est pas du reste. Le Chargé de prêts se posera plusieurs questions judicieuses. Est-ce une entreprise import- export, de gros ou de détail ? Quel est l'objet de l'activité de l'entreprise ? Est-ce un produit de grande consommation ou de luxe ? Qu'en est-il de son marché intérieur et extérieur ? Comment se fixent les prix et quelles sont les méthodes d'achat et les sources des matières premières ?

Il doit aussi s'intéresser à la gestion de l'entreprise en étudiant le degré d'intégrité morale de l'entrepreneur, sa compétence et son dynamisme.

Pour effectuer l'enquête de moralité, le Chargé de prêts collecte dans l'environnement immédiat du demandeur de crédit, des informations sur sa personne et son activité. Le Chargé de prêts vérifiera :

- l'identité et les activités du client ;

- si l'entreprise présentée lui appartient vraiment ;

- les antécédents du demandeur en matière de crédit (historique de remboursement de crédit) ;

- dans la base de données du PADME (client inactif ? son conjoint ?).

L'étude des moyens matériels se fera par le choix des machines et la réaction de l'entreprise face à l'évolution technologique. Il veillera aussi à la capacité de production et l'étude des coûts et des machines.

Concernant le produit de l'entreprise, son analyse portera sur le bien commercialisé. Le cycle d'activité, l'influence des coûts et son marché permettra au Chargé de prêts de connaître les concurrents, les clients, les débouchés et la situation de monopole ou de leader de l'entreprise.

Toutes ces informations permettront au Chargé de prêts d'avoir une première idée de l'entreprise à laquelle il veut octroyer de crédit. Pour situer davantage son client, il procède ensuite à un examen des documents comptables ou des informations recueillies qui sont liées à la gestion de l'activité.

v Evaluation de la capacité de remboursement

Pour déterminer la capacité du client à rembourser, le Chargé de prêts devra tenir compte d'un ensemble économique formé par l'entreprise et le ménage. Il déterminera l'excédent mensuel des ressources de l'entreprise et du ménage comme une unité socio-économique. Ensuite, il procèdera à l'analyse des états financiers (situation patrimoniale de l'entreprise) et des ratios dans le temps et par l'activité de l'entreprise.

· analyse de la situation patrimoniale

Cette analyse consiste à faire une comparaison de plusieurs états financiers de même type. Cette comparaison s'établit entre deux (ou plus) périodes de temps, mais il faut comparer par rapport à une période de base.

Au terme de la comparaison effectuée, on calcule la variation absolue, qui est le résultat de la différence numérique entre la dernière période et la période précédente prise comme base.

Ainsi, on peut dissiper de nombreux doutes sur l'évolution de comptes.

Groupes de comptes

Période précédente (base)

Dernière période

Variation absolue

Pourcentage

de

variation

Actif immobilisé

-

-

-

-

Comptes à recevoir

-

-

-

-

Caisse et Banque

-

-

-

-

Comptes fournisseurs

-

-

-

-

Dettes à long terme

-

-

-

-

Présentation du bilan de l'entrepreneur

Actif immobilisé

Stock

Avances aux fournisseurs

Autres comptes à recevoir

Comptes à recevoir

Disponibilités

Capitaux propres

Dettes à long terme

Avances reçues des clients

Autres comptes à payer

Comptes fournisseurs

TOTAL ACTIF

TOTAL PASSIF

A partir des informations du bilan, le Chargé de prêts détermine le fonds de roulement c'est-à-dire la partie des capitaux permanents utilisée pour financer les actifs circulants de l'entreprise et assurant une marge de sécurité dans le financement de l'exploitation. Il s'obtient par le calcul :

Fonds de roulement net = Capitaux permanents - Immobilisations

Fonds de roulement net = (Stocks + créances + disponibilités) - Dettes à court terme

La rotation du fonds de roulement représente le moteur de rentabilité.

- Avec quelle fréquence est- ce que le client achète des marchandises ?

- Le montant du stock est-il réaliste par rapport au montant des coûts de ventes ? Pourquoi ? Combien d'achats est-ce que le montant du stock représente ?

- Le montant des actifs à court terme est -il réaliste par rapport au montant des coûts de ventes ? Pourquoi ?

· Analyse par les ratios financiers

On utilise les ratios pour connaître les points forts et les points faibles de l'entreprise, identifier des tendances, et pour centrer l'attention sur certains aspects qui requièrent une analyse plus approfondie.

Il s'agit des ratios suivants :

- Ratio du taux de marge brute

- Ratio de consommation du ménage de l'entrepreneur

- Ratio de dépendance aux autres revenus

- Ratio de ventes à crédit

- Ratio d'endettement

- Ratio de couverture d'échéance mensuelle

- Ratio de recommandation du montant de prêt.

Nous présenterons dans le tableau suivant ces ratios d'analyse de l'activité et de prises de décisions.

Tableau n°19: Récapitulatif des ratios de décision de mise en place des crédits

Type de ratio

Formules

Décisions

Taux de marge brute

Marge brute

Chiffre d'affaires

Ce ratio permet au CP de mesurer le degré de rentabilité de l'entreprise et il est analysé uniquement en comparaison avec son secteur ou type d'entreprise.

- Commerce : 20% maximum

- Artisanat : 20% maximum

- Prestation de sce : 40% maximum

- Elevage : 50% maximum

- Transformation : 50% maximum

- Agriculture : 50% maximum

Marge brute = Chiff d'affaire - Coût d'achat

Consommation du Ménage de l'entrepreneur

Dépenses familiales

Marge Nettes + Autres Revenus

Ce ratio analyse le taux de consommation du ménage en comparant les dépenses familiales totales avec son revenu total. Il doit être égal ou supérieur à 0,35 et inférieur à 0,60.

Dépenses familiales = Nourritures + logements + vêtements + scolarité + santé + transport + eau + électricité + téléphone + autres.

Marge Nette = Marge brute - Charges d'exploitation

Dépendance aux autres revenus

Autres revenus

Marge Nettes + Autres Revenus

Il mesure le pourcentage des revenus totaux provenant d'une autre source que l'entreprise. Si ce ratio est supérieur à 0,50 il indique une grande dépendance du client aux autres revenus. Dans tel cas, il faut analyser les sources de ces autres revenus et vérifier leur stabilité.

Autres Revenus = marge nette d'autres entreprises +salaire + contribution du conjoint + loyers perçus+ pensions + autres.

Ventes à crédit

Comptes à recevoir

Chiffre d'affaires

Ce ratio mesure le pourcentage des ventes réalisées à crédit. Si le ratio est supérieur à 0,50 ; l'entreprise dépend des ventes à crédit à un niveau important.

Endettement

Dettes totales + Prêt proposé

Capitaux propres

Cet indicateur informe sur la capacité de l'entreprise à respecter ses engagements. Il doit être inférieur à 1. lorsque ce ratio est supérieur à 0,75 le risque de surendettement du client est plus élevé.

Couverture d'échéance mensuelle

Echéance mensuelle proposée

Excédent mensuel

Ce ratio doit être égal ou inférieur à 0,60. pour certains clients, le maximum est 0,50.

Excédent mensuel = Revenus totaux - dépenses familiales totales

Recommandation du montant de Prêt

Prêt proposé

Fonds de roulement

Ce ratio mesure le montant de prêt proposé par le CP vis-à-vis de l'investissement du client au fonds de roulement. il doit être inférieur à 1,5 pour agriculture, commerce et transformation et inférieur à 2 pour les services.

Source : Etabli à partir de nos différents cours d'analyse financière.

L'avis du banquier (Chargé de prêts) est donné, après étude des dossiers, au regard de ces ratios. L'avis défavorable est donné lorsque le Chargé de prêts juge qu'il s'agit d'un dossier non finançable.

Après l'avis favorable, il procède à la limitation de ses engagements.

B- La limitation des engagements bancaires

Pour réduire les risques de son engagement, le Chargé de prêts procède dans un premier temps au plafonnement des crédits. Ensuite, il s'évertue à vérifier le nom du client à la centrale des risques.

1- Le plafonnement du crédit

Le Chargé de prêt ne doit pas accorder du crédit uniquement à partir des besoins exprimés par le client. Il doit plutôt le faire en tenant compte des surestimations de ce dernier, car les clients se préservant contre une réduction du montant indiqué dans leur demande, avancent des sommes assez élevées par rapport à leur besoin réel. Le Chargé de prêts doit donc réduire ce montant. Il détermine un plafond pour le crédit à octroyer en fonction du besoin du client pour minimiser le risque. Par exemple, une demande de crédit portant sur un montant de 1 000 000 FCFA sera peut-être accordée pour 700 000 F ou 800 000F.

Pour se prémunir davantage contre les déconvenues pouvant conduire à un non remboursement à l'échéance, le Chargé de prêts procède ensuite à la vérification du client à la centrale des risques.

2- Le contrôle à la centrale des risques

La centrale des risques est un dispositif public spécialisé a priori et mieux adapté aux besoins spécifiques des IMF qui n'ont pas accès à toutes les informations qui leurs pourraient être utiles pour juger de la fiabilité d'un client ; leurs bases de données sont spécialisées, elles ne concernent qu'un nombre restreint d'institutions et sont plus difficiles à rentabiliser dans le cadre d'un marché de l'information. Enfin, l'adhésion à ce dispositif est volontaire, certaines IMF n'y adhèrent pas, et réduisent donc ce faisant l'efficacité globale du dispositif.

La centrale donne des informations qui peuvent être « négatives » : informations sur les incidents de paiements et les mauvais payeurs. Elles peuvent être « positives » : plus larges, elles peuvent porter alors sur tous les clients, les prêts en cours, les garanties fournies, ... et peuvent inclure aussi des informations sur les personnes et leurs activités.

Ainsi il s'agira dans notre cas, pour le Chargé de prêts de vérifier si le client est en situation d'impayé dans une autre institution ou très endetté avant de prendre une décision de financement.

Il faut remarquer que la centrale des risques n'est pas très fonctionnelle au Bénin car la base des données n'est pas régulièrement actualisée et offre parfois de mauvaises informations.

III- Proposition de solution à la mauvaise couverture du risque de crédit au PADME

Il s'agit ici d'améliorer les mesures juridiques de protection du risque de crédit au PADME. Afin d'assurer la sécurité de son prêt, le Chargé de prêts subordonne souvent l'octroi de son crédit à la constitution d'une garantie à son profit.

Les formes de garanties acceptées au PADME sont : l'hypothèque, parcelle non borné recasée, gage sur véhicule, nantissement et salaire.

Une sûreté n'est efficace que si elle peut être mise en oeuvre très rapidement.

Deux types de sûretés sont généralement mis en oeuvre :

- les sûretés personnelles : sous forme de caution solidaire;

- les sûretés réelles : sous forme de droit de rétention, de gage, de nantissement de véhicule ou de matériel, d'hypothèque sur bien immeuble : maison, terrain. Ces sûretés sont organisées par l'OHADA : « Acte Uniforme portant organisation des sûretés » pour produire leurs effets, elles doivent obéir à leur constitution et à leur mise en exercice à des règles très précises (règles d'inscription, péremption, radiation, etc.) qui souvent ne sont pas respectées.

En réalité, à l'analyse, ces sûretés, mises à part les cautions solidaires qui sont très efficaces, se révèlent imparfaites ou inexistantes. Il s'agit le plus souvent d'actions psychologiques visant à mettre le débiteur en condition pour honorer ses paiements à l'échéance.

Les sûretés réelles portent le plus souvent sur des biens de faible valeur dont les frais de mise en exercice sont largement supérieurs aux frais de réalisation.

Il est impératif de moduler les garanties en tenant compte de l'importance du prêt demandé. Pour les prêts concernant des montants importants, les sûretés réelles peuvent être acquises en prenant toutes les précautions juridiques. Pour les prêts d'importance mineure, des cautions peuvent être mises en oeuvre sous forme de caution solidaire.

En cas de défaillance constatée, ces sûretés doivent être immédiatement actionnées.

Pour renforcer la sécurité autour des garanties que sont les parcelles, nous proposons au PADME de rechercher une collaboration franche et sincère avec les Maires et Chefs de quartier de la zone de compétence de la garantie afin de réduire la délivrance de faux titres de propriété. Les dirigeants de PADME devront les informer des garanties (sûretés réelles) données par les clients afin que ces derniers puissent les aider à veiller au maintien de celles- ci dans leur patrimoine (les clients) jusqu'au recouvrement intégral des fonds.

La réalisation des garanties posant de sérieux problèmes, le service juridique de PADME doit s'atteler pour les mécanismes de réalisation des garanties en cas de non-paiement des échéances. PADME pourra ainsi faire vendre des parcelles et des véhicules et se faire payer sur le prix de vente par préférence aux créanciers. On dira que PADME a le droit de préférence.

Enfin, nous demanderons aux Chargés de prêts d'effectuer une meilleure évaluation et appréciation des garanties reçues. Pour cela, nous proposons le calcul du ratio de couverture des garanties.

Valeur des garanties

Couverture des garanties =

Prêt proposé

Ce ratio mesure la valeur des garanties vis-à-vis du montant du prêt proposé par le Chargé de prêts. Le ratio doit être égal ou supérieur à 80%. C'est le maximum possible qui est conseillé.

PARAGRAPHE II : Conditions de mise en oeuvre des solutions

La mise en oeuvre de ces solutions permettra au PADME de réduire les risques de crédit afin de garantir sa pérennité financière. L'institution pourra recouvrer ses impayés et améliorer ainsi la qualité de son portefeuille. De nouveaux crédits qui seront mis en place auront plus de chance de connaître de meilleurs remboursements à cause des nouvelles mesures techniques d'analyse des dossiers de crédit.

Il est donc indispensable de préciser les conditions de mise en oeuvre de ces solutions pour assurer l'application effective et efficace des différentes solutions proposées. Pour ce faire, nos différentes recommandations iront à l'endroit de l'institution PADME.

* Revoir le processus de développement des nouveaux produits et l'adapter aux normes requises ;

* Apporter des améliorations aux produits actuels ;

* Diversifier le portefeuille de crédit par un appui plus important aux activités de transformation, artisanat, agriculture et élevage par une redéfinition des segments de marché ;

* Améliorer les outils et supports de gestion de crédit en y intégrant des supports qui prennent en compte la situation actuelle et future du client ;

* Améliorer l'analyse des dossiers par une formation du personnel (Chargés des prêts) en comptabilité générale, en analyse financière et en évaluation des garanties réelles ;

* Au niveau des comités de crédit, préciser les critères de décentralisation des comités de crédit ;

* La mise en place d'un club d'échange des Chargés de prêts pour accroître leurs capacités de culture générale en microfinance, utile pour une bonne gestion du crédit ;

* Apporter sa contribution au bon fonctionnement des centrales de risque et d'échange du secteur de la microfinance ;

* L'abandon de l'utilisation du cash-flow comme indicateur principal de fixation des montants de prêts.

Pour améliorer la qualité du portefeuille de crédit, l'institution doit recruter des agents de recouvrement qui n'existent pas encore dans l'institution pour appuyer les Chargés de prêts dans les recouvrements.

Rien de durable ne sera acquis sans une gestion à la fois sévère et compréhensible des ressources humaines car l'institution vaut ce que valent les hommes qui l'animent. L'on doit faire appel tout autant à leur moralité, à leur dévouement, à leur sens de risque qu'à leurs connaissances techniques. L'objectivité, la précision, le réflexe, le sang-froid et le sens de jugement doivent être les traits caractéristiques du Chargé de prêts, distributeur de crédit soucieux de courir moins de risque.

Si toutes ces mesures sont objectivement et prudemment prises, l'engagement du PADME est sans grand risque.

Niveaux d'analyse

Problématiques

Objectifs

Causes supposées

Hypothèses

Approches de solutions

Niveau Général

Problème général

La baisse des performances du PADME

Objectif général

Contribuer à la maîtrise des risques de crédit pour assurer la pérennité financière de l'institution PADME.

___

___

__

Niveaux

spécifiques

1

Problème spécifique n°1

Dégradation vertigineuse de la qualité du portefeuille de crédit au PADME.

Objectif spécifique n°1

Contribuer à l'amélioration de la qualité du portefeuille.

Cause spécifique n°1

Non remboursement par certains clients des crédits octroyés.

Hypothèse spécifique n°1

Les différentes causes liées au non remboursement des crédits sont à la base de la dégradation de la qualité du portefeuille.

Approches de solution n°1

Recruter les agents de recouvrement pour appuyer les Chargé de Prêt sur le terrain et réaliser les garanties si possible.

2

Problème spécifique n°2

Mise en place de mauvais crédits.

Objectif spécifique n°2

Contribuer à l'amélioration des techniques d'analyse et d'étude des dossiers de crédits.

Cause spécifique n°2

Mauvaise étude des dossiers de crédit et non-maîtrise des mesures techniques de protection contre les risques de crédit.

Hypothèse spécifique n°2

la mise en place de mauvais crédits s'explique par les mauvaises pratiques orchestrées par les agents dans l'étude des dossiers.

Approches de solution n°2

L'examen de la solvabilité du client (étude de la personnalité du client ; analyse de la situation du client) puis la limitation des engagements

3

Problème spécifique n°3

Mauvaise couverture du risque de crédit au PADME.

Objectif spécifique n°3

Envisager l'amélioration des mesures juridiques de protection du risque de crédit au PADME.

Cause spécifique n°3

La mauvaise appréciation et évaluation des garanties acceptées au PADME.

Hypothèse spécifique n°3

La mauvaise couverture des risques de crédit est due à la mauvaise appréciation et évaluation des garanties faite par les Chargés de prêts.

Approches de solution n°3

Le calcul du ratio de couverture des garanties doit être égal ou supérieur à 80%. PADME doit s'atteler pour les mécanismes de réalisation des garanties.

Tableau n°20 : Tableau de synthèse de l'étude : « Etude et Analyse du risque de crédit dans une institution de microfinance : cas de PADME-Bénin. »

Source : Réalisé par nous-même

CONCLUSION GENERALE

L

a politique de crédit du PADME paraît adaptée aux réalités sociologiques de notre pays car la mission d'une Institution de Microfinance est de permettre l'accès à une population exclue du système bancaire classique de façon performante et pérenne. L'IMF doit donc s'appuyer sur des fondements qui favorisent la maîtrise des risques liés à ses activités qui lui permettront d'atteindre une masse significative d'emprunteurs.

Le portefeuille de crédit représentant l'actif productif principal d'une IMF, sa maîtrise s'avère d'une importance capitale pour réaliser sa mission.

L'institution de microfinance, PADME-Bénin s'est inscrite dans cette logique et a connu de bons résultats qui ont fait d'elle une institution de référence. Cependant depuis l'an 2005 le PADME est confronté à une forte dégradation de son portefeuille de crédit.

Le diagnostic réalisé pour la période de 2002 à 2006 a montré que bien qu'ayant eu des résultats satisfaisants les trois premières années, les indicateurs au fil des ans affichaient une tendance à la hausse et pour atteindre à partir de 2005 des niveaux qui ne respectent pas les normes requises par la loi PARMEC. Cette situation donne la preuve de l'existence d'une faible maîtrise du risque de crédit au PADME. Il ne fait aucun doute que les risques de crédit sont parfaitement identifiés dans le réseau. Des dispositions sont prévues pour les couvrir.

Cependant il est souhaitable que les dirigeants s'efforcent de recourir à des techniciens qui détiennent les compétences requises pour la mise en place de crédits sains. Ils doivent encourager les Chargés de prêts afin qu'ils soient plus motivés pour les activités de recouvrement. Le service des ressources humaines doit renforcer ses actions en ce sens que la rédaction des termes de référence, le recrutement, la conception d'un système de primes et de motivation, l'orientation et la formation du nouveau personnel soient révisées en fonction de l'activité et éviter de ce fait que le portefeuille se dégrade.

La situation des impayés de l'institution nous a permis de faire ressortir les insuffisances et les causes qui sont à la base de la dégradation du portefeuille de crédit.

A cet effet, les suggestions contenues dans notre étude seront d'une grande utilité pour les dirigeants de l'institution.

Il faudra cependant se garder d'un optimisme excessif. Les problèmes liés à la gestion des risques de crédit sont très complexes et ne sauraient être réglés de façon définitive.

Dans cet environnement concurrentiel toujours plus dynamique, face à une économie bancarisée dans laquelle les relations qu'entretiennent les banques et les institutions de microfinance connaissent de profonds changements à cause de l'utilisation de plus en plus considérable des nouvelles technologies, les institutions doivent trouver le point d'équilibre entre trois préoccupations : liquidité, sécurité et rendement.

Pour y parvenir, le PADME doit savoir avec exactitude s'il peut prêter et pourquoi. Il faut pour cela connaître et comprendre la personnalité de chaque client sans se laisser entraîner par la sympathie ou la haine. La décision d'octroi de crédit doit prendre en compte la personnalité du futur crédité, la valeur de l'entreprise, l'intérêt que présente ses besoins et la possibilité de les satisfaire, les garanties fiables qui peuvent être offertes ainsi que les modalités du crédit.

Pour notre part, un dossier de crédit bien étudié vaut mieux qu'une garantie et ceci du fait que certaines garanties comme les parcelles et maisons sont difficilement réalisables.

Notre étude aura été, nous l'espérons, une première approche de solution que d'autres chercheurs devront approfondir.

Malgré ce grand tour d'horizon, nous n'avons certainement pas tout dit car, tout dire est matériellement et intellectuellement impossible. Néanmoins, nous pensons avoir montré dans notre étude tout ce qui entoure l'opération de crédit avec pour principal objectif la réduction des risques de crédit qui y sont malgré tout attachés, car il n'y a pas de crédit sans risque.

AZOKLI., R. (1999) : « Système de prévention et de gestion du risque d'insolvabilité du PADME », Cotonou, Bénin

BRAND., M, (2001) : « Manuel de développement de nouveaux produits » ACCION,

CAMARA., L (2006): « La gestion des risques en Microfinance ». Comment gérer avec efficacité les risques d'une institution de microfinance?

Edition Plantation

CHURCHILL & Dan COSTER, (2001) : « Manuel de gestion des risques en microfinance», CARE INTERNATIONAL

CGAP (2001) : « Gestion des risques opérationnels », AIDE-MEMOIRE

Cours de Finance Bancaire et Gestion des Risques dans les Institutions Microfinance (IMF) en Master Economie Appliquée, Spécialiste « Très petite entreprise, Micro-Finance et Développement » Université Nancy II, Avril 2006.

DESMICHT., F. (2004) : « Pratique de l'activité bancaire » Edition DUNOD

DID (2005) : « Pratiques saines de crédit : un élément clé de contribution à la pérennité des institutions de finance communautaire »

De GOUSSERGUES. S : «  Gestion de la banque » 2ème édition

FADO., B (2006) : Cours de consolidation et analyse financière bancaire (2007) en Banque et Finance des Marchés 2ème année ENEAM. Cycle 2

DUTAILLIS., G. P. (1981): « Les risques du crédit bancaire » édition banque

HONVOU. H (1996) « La gestion des risques de crédits dans le réseau de la FECECAM-BENIN. Cas de la CLCAM de Porto-Novo ». INE Cycle 1

HOUNGUE .S (2003) « Gestion des risques bancaires liés aux crédits alloués au PME : Cas de la BOA ». ENEAM 2003. Cycle 1

KAMALAN., E. (2006): «  Prévention de la défaillance et mécanisme de sécurisation des portefeuilles de crédit contre les risques d'impayé et de perte : le cas dans l'agence PADME de Cotonou » rapport de stage université Lyon-2 -France

KOUSSINOU.S et DAHOUENON. P (2006) « Gestion ders risques dans les IMF : Cas du PADME-BENIN ». ENEAM. Cycle 1

LEDGERWOOD.J (1999) « Manuel de microfinance : une perspective institutionnelle et financière »  Banque mondiale

OKPEICHAN. M (1990) : « La gestion des risques liés à l'octroi de crédit bancaire ». INE. Cycle1

PADME (2006) : « Etude de la désertion des clients » Cotonou -Bénin

PADME (2002-2006) : « Rapports d'activités annuelles 2002- 2006 », Bénin

YVES. B et COLLI. J « Dictionnaire économique et financier », édition 1975

Sites internet

- BCEAO : www.bceao.int

- CGAP: www.cgap.org

- ACCION : www.accion.org

- TRESOR IVOIRIEN : www.trésor.gov.ci

- PORTAIL DE LA MICROFINANCE : www.lamicrofinance.org

- PLANET FINANCE : www.planetfinance.org

ANNEXES

Annexe 2 : Questionnaire adressé aux clients de PADME

Ce questionnaire est conçu dans le but d'étudier les risques auxquels PADME est confronté dans son activité de crédit rentrant dans le cadre de la rédaction de notre mémoire. Les informations collectées dans le cadre de cette enquête sont couvertes de secrets statistiques et ne seraient utilisées à autres fins que les objectifs visés.

Afin de nous permettre de mener cette étude, nous vous prions de répondre aux questions suivantes :

1- Depuis combien de temps êtes-vous client du PADME ?

2- Quelle est votre activité ?

3- Combien de crédits avez-vous déjà eu au PADME ?

4- Quels sont le montant de votre premier crédit et le montant du dernier crédit ?

5- Quelle garantie avez-vous déposée ?

6- Que pensez-vous des conditions exigées au PADME avant la mise en place du crédit ?

7- Que pensez-vous du délai de mise en place du crédit ?

8- Arrivez-vous à honorer vos échéances de remboursement ?

9- Avez-vous d'autres activités parallèles non déclarée au PADME ?

10- Cette dernière activité vous aide t-elle pour payer vos échéances ?

11- Pensez vous que l'activité financée à elle seule peut faire face au remboursement ?

12- Avez-vous détourné le crédit pour un autre motif ?

13- Avez-vous subi des tentatives de corruption ?

14- Avez -vous eu le crédit par le biais d'une connaissance qui est intervenu ?

15- Subissez-vous des pressions avant la mise en place des crédits ?

16- Pensez vous aujourd'hui que vous pouvez continuer à mener vos activités sans l'appui de PADME ?

17- Le crédit est - il devenu une drogue dont vous ne pouvez pas vous passer ?

18- Avez-vous senti une amélioration dans votre condition de vie ?

19- Qu'est-ce qui ne vous plaît pas chez PADME que vous souhaitez qu'on améliore.

Annexe 3 : Questionnaire adressé aux Chargés de prêts

Ce questionnaire est conçu dans le but d'étudier les risques auxquels PADME est confronté dans son activité de crédit rentrant dans le cadre de la rédaction de notre mémoire. Les informations collectées dans le cadre de cette enquête sont couvertes de secrets statistiques et ne seraient utilisées à autres fins que les objectifs visés.

Afin de nous permettre de mener cette étude, nous vous prions de répondre aux questions suivantes :

1- Depuis combien de temps (ancienneté) êtes-vous au PADME ?

Moins d'1 an entre 1à 2ans Supérieur à 2 ans

2- Quel type de formation de base avez-vous avant d'accédez à votre poste de chargé de prêts ?

Bac + 4 en droit Bac+3 en Gestion des Entreprises Bac+3 ans en Banque Bac+3 en marketing Bac +3 en Finance Bac+3 en Impôt Bac + 4 en économie Master 2 en Gestion Autres

3- Etes -vous épanoui au sein de l'institution ? Oui Non

4- Arrivez-vous à subvenir convenablement à vos besoins ?

Oui Non Acceptable

5- Avez-vous bénéficié de stage de formation à l'extérieur de PADME ? Oui Non

6- Dès votre entrée au PADME, avez-vous eu une formation sur l'évaluation des activités des clients ?

Vous avez été confié d'abord, à un ancien du métier pendant au moins 6mois

Vous avez été envoyé sur le terrain immédiatement

Vous avez été envoyé en formation

7- Avez-vous bénéficié d'une promotion depuis votre entrée au PADME ? Oui Non

8- Y a t-il une prime annuelle pour vous ? Oui Non Parfois

9- Etes-vous motivé(e) dans votre travail ? Oui Non

10- Aimez-vous votre métier de Chargé de prêts ? Oui Non

11- Avez-vous monté des dossiers par contrainte ? Oui Non

12- Avez-vous monté des dossiers par complaisance ? Oui Non

13- Avez-vous monté des dossiers fictifs ? Oui Non

14- Avez-vous été confronté(e) une tentative de corruption ? Oui Non

15- Avez-vous été corrompu (e)  ? Oui Non

16- Avez-vous reçu un cadeau d'un client bien après service rendu ? Oui Non

17- Vous arrive t-il de subir des pressions de la part des clients ? Oui Non

18- Avez-vous été menacé par un client ? Oui Non

19- Vous ait-il arrivé que vous arrangiez les données financières dans votre évaluation pour aider un client ? jamais Parfois Toutes les fois

Pour aider un ancien client fidèle

Vous le faites uniquement pour les amis et les parents

20-  Pensez-vous que la technique actuelle d'évaluation financière des activités des clients permet de prendre une bonne décision de mise en place d'un crédit ?

Oui Non Pour certains dossiers

21- Selon vous y a-t-il de crédit sans risque ? Oui Non

22- Avez-vous une préférence pour un type de garantie ? Oui Non

23- Selon vous, quelle est la meilleure garantie ?

Parcelle lotie Parcelle non lotie Salaire Véhicule Caution Nantissement

24- Quelle appréciation donnez-vous à la méthode d'évaluation des garanties acceptées ?

Bonne méthode Incommode Mauvaise Pratique

25- Dans les différends cas d'évaluation, quel choix du chiffre d'affaire faites vous actuellement pour le montage de vos dossiers de crédit ?

· Chiffre d'affaire (CA fort mensuel + CA faible mensuel) divisé par 2

· Uniquement Chiffre d'affaires faible

· Uniquement Chiffre d'affaires fort

· Cela dépend des cas

26- Dans quels cas la décision de la durée de remboursement est elle prise ?

Après négociation avec le client

Décision prise par le comité de crédit

Libre choix du client

27- Selon vous quel type de crédit connaît un meilleur remboursement sur votre portefeuille ?

Crédit individuel Caution solidaire

Crédit immobilier Crédit relais Crédit au Grprmt

28- Quelle tranche de « crédit accordé » se rembourse t-il le mieux selon vous ?

· 20 000 à 500 000 Très bien Acceptable Mauvais

· 500 000 à 2 millions Très bien Acceptable Mauvais

· 2 millions à 5 millions Très bien Acceptable Mauvais

· 5 millions à 10 millions Très bien Acceptable Mauvais

29- Quelle appréciation faites vous du plafond (limite) du montant du crédit accordé (10 millions) ?

Trop élevé Acceptable Faible Très faible

30- Selon vous, est-il bien d'appliquer la même méthode d'évaluation à toutes les tranches de crédit ? Oui Non

31- Dans vos actions de recouvrement des impayés, quelles appréciations faites vous du comportement des clients ?

Client de mauvaise foi : Beaucoup Peu

Client peu soucieux de leur situation : Beaucoup Peu

Client très collaboratif : Beaucoup Peu

32- Pensez-vous que PADME lutte réellement contre la pauvreté ? Oui Non

Annexe 4

TABLE DES MATIERES

DECLARATION D'ENGAGEMENT DE l'AUTEUR......................................

i

DEDICACE.........................................................................................

ii

REMERCIEMENTS..............................................................................

iii

LISTE DES TABLEAUX........................................................................

iv

LISTE DES SIGLES ET ABREVIATIONS..................................................

v

AVANT-PROPOS................................................................................

vi

SOMMAIRE.......................................................................................

vii

INTRODUCTION GENERALE...............................................................

1

CHAPITRE PRELIMINAIRE : PRESENTATION DU CADRE INSTITUTIONNEL DE L'ETUDE ET PROBLEMATIQUE............................

5

SECTION I : CADRE PHYSIQUE DE L'ETUDE .........................................

6

PARAGRAPHE I : Présentation générale de PADME .....................................

6

I- Historique et Missions de PADME-BENIN................................................

6

A- Historique .....................................................................................

6

B- Mission du PADME..........................................................................

8

II- Structure organisationnelle et fonctionnement.............................................

8

A- Structure organisationnelle...................................................................

8

1- L'Assemblée Générale.........................................................................

9

2- L'Organe Exécutif..............................................................................

9

B- Fonctionnement de l'institution..............................................................

12

1- Les organes techniques........................................................................

12

a-Comité de Direction (CODIR)................................................................

12

b- Comité de Crédit...............................................................................

12

c- Comité d'Achat.................................................................................

12

d- Comité de Contentieux.........................................................................

12

2 - Réseau du PADME............................................................................

13

PARAGRAPHE II : Les prestations de PADME.............................................

15

I- Les services non financiers....................................................................

15

II- Les produits financiers offerts par l'institution............................................

16

A- Le micro crédit individuel....................................................................

16

B- Les micros crédits de caution solidaire.....................................................

17

1-Le micro crédit de groupe .....................................................................

17

2- Les micros crédits aux groupements.........................................................

17

C- Le micro crédit immobilier....................................................................

18

D- Crédits relais....................................................................................

19

E- Micro crédit de promotion de l'artisanat ...................................................

19

SECTION II : PROBLEMATIQUE ............................................................

20

PARAGRAPHE I : Problématique de l'étude..................................................

20

I- Problématique...................................................................................

21

II- Spécification de la problématique...........................................................

22

PARAGRAPHE II : Résolution de la problématique spécifiée ...........................

23

I-Approche générique de résolution du problème général....................................

23

II- Approches génériques de résolution des problèmes spécifiques........................

24

A - Approche générique liée au problème spécifique n°1...................................

24

B - Approche générique liée au problème spécifique n°2...................................

24

C- Approche générique liée au problème spécifique n°3 ...................................

25

CHAPITRE PREMIER : DU CADRE THEORIQUE ET METHODOLOGIQUE DE L'ETUDE A L'ANALYSE DES DONNEES  DE L'ENQUETE..........................

26

SECTION I : DES OBJECTIFS DE L'ETUDE A LA METHODOLOGIE DE RECHERCHE.....................................................................................

27

PARAGRAPHE I : Objectifs et hypothèses de l'étude.......................................

27

I - Objectifs de l'étude.............................................................................

28

A - Objectif général................................................................................

28

B - Objectifs spécifiques..........................................................................

28

II- Hypothèses de l'étude.........................................................................

28

III- Tableau de bord de l'étude..................................................................

29

PARAGRAPHE II : Revue de littérature et méthodologie de recherche...................

31

I- Revue de littérature .............................................................................

31

A- La place du risque dans l'opération de crédit...............................................

31

1- Notion du risque de crédit bancaire.........................................................

31

a- Notion du crédit ................................................................................

31

b- Notion du risque................................................................................

32

2- Importance et corrélation du risque avec les opérations de crédit......................

35

a- Importance du risque dans les opérations de crédit........................................

35

b- Corrélation entre risque et crédit bancaire..................................................

36

B- Identification des risques et leur gestion dans les institutions de microfinance......................................................................................

38

1- Identification des risques.....................................................................

39

a- Risques institutionnels.........................................................................

39

b- Risques opérationnels..........................................................................

40

c- Risques de gestion financière.................................................................

41

d- Risques externes................................................................................

42

2- La gestion des risques dans les IMF.........................................................

45

II- Méthodologie de la recherche ...............................................................

50

A-Dimension empirique..........................................................................

50

1-Objectif de l'enquête et identification de la population mère.............................

51

a- Objectif de l'enquête...........................................................................

51

b- Identification de la population mère.........................................................

51

2- De l'échantillonnage aux outils de présentation des données...........................

51

a-Echantillonnage..................................................................................

51

b- Centre d'intérêt du questionnaire............................................................

51

c- Technique de dépouillement..................................................................

52

d- Outils statistiques de présentation des données...........................................

52

B- Approche théorique...........................................................................

52

SECTION II : REALISATION DES ENQUETES ET PRESENTATION DES DONNEES.................................................................................

53

PARAGRAPHE I : Préparation et réalisation des enquêtes................................

53

I- Préparation des enquêtes.......................................................................

53

II- Réalisation des enquêtes......................................................................

53

III- Difficultés rencontrées.......................................................................

53

PARAGRAPHE II : Présentation des données et identification des causes liées au risque de crédit ....................................................................................

54

I- Présentation des résultats de l'enquête.......................................................

54

II- Identification des causes liées au risque de crédit.........................................

58

A- Les causes liées au bénéficiaire du crédit et à l'objet du contrat de prêt .............

58

1- Causes liées au bénéficiaire du crédit........................................................

58

a-Les causes liées au particulier..................................................................

59

b- Les causes liées à l'entreprise.................................................................

60

2- Les causes liées au crédit objet du contrat..................................................

61

a- Les causes dues au motif du crédit ...........................................................

61

b- Les causes dues à la durée du crédit..........................................................

65

B- Les causes liées à des incidents et où PADME a attendu le dernier moment pour réagir................................................................................................

66

C- Les causes liées à la conjoncture économique............................................

66

D- Les causes liées à l'institution PADME ...................................................

67

CHAPITRE DEUXIEME : DE LA VERIFICATION DES HYPOTHESES AUX CONDITIONS DE MISE EN OEUVRE DES SOLUTIONS...

70

SECTION I: VERIFICATION DES HYPOTHESES ET ETABLISSEMENT DU DIAGNOSTIC....................................................

71

PARAGRAPHE 1 : Vérification des hypothèses.............................................

71

I- Vérification de l'hypothèse relative à la dégradation de la qualité du portefeuille....

71

A- Analyse des indicateurs de qualité de portefeuille........................................

71

1- L'analyse globale ..............................................................................

71

a- le taux de respect des échéances..............................................................

72

b- Le portefeuille à risque (PAR90)...........................................................

73

c- Le taux de perte sur créance..................................................................

74

2- L'analyse du crédit immobilier...............................................................

75

3- Analyse par montant (<=5M et >5M)......................................................

77

4- Analyse par durée de remboursement......................................................

78

B- Synthèse de l'analyse des indicateurs de portefeuille de crédit........................

78

II- Vérification de l'hypothèse relative à la mise en place de mauvais crédits ..........

80

A- L'analyse des procédures de mise en place des crédits ..................................

81

1- La conception des produits de crédit ........................................................

81

2- La diversification du portefeuille de crédit ................................................

84

B- Le choix des outils et supports de gestion de crédit.......................................

85

1- Les fiches de comité de crédit ...............................................................

85

2- Le contrat de prêt..............................................................................

86

3- Analyse des techniques d'évaluation financière...........................................

87

a- Notion de chiffre d'affaires..................................................................

87

b- Notion de capacité de remboursement du client..........................................

89

III- Vérification de l'hypothèse relative à la mauvaise couverture du risque de crédit au PADME.........................................................................................

90

PARAGRAPHE II : Synthèse du diagnostic ................................................

93

I- Elément de diagnostic lié à la dégradation de la qualité du portefeuille.................

93

II- Elément de diagnostic lié à la mise en place de mauvais crédits........................

93

III- Elément de diagnostic lié à la mauvaise couverture des risques de crédits..........

93

SECTION II : PROPOSITIONS DE SOLUTIONS ET CONDITIONS DE MISE EN OEUVRE................................................................................

93

PARAGRAPHE I : Propositions de solutions.................................................

94

I- Proposition de solution à la dégradation de la qualité du portefeuille de crédit........

94

II- Proposition de solution à la mise en place de mauvais crédits ............................

95

A- Etude de la solvabilité du client..............................................................

95

1- Etude de la personnalité du client............................................................

96

a-La personnalité d'un particulier...............................................................

96

b- La personnalité d'une entreprise..............................................................

96

2- Analyse de la situation financière du client.................................................

97

a-La situation financière d'un particulier.......................................................

97

b-La situation financière des entreprises.......................................................

98

B- La limitation des engagements bancaires...................................................

103

1-Le plafonnement du crédit.....................................................................

103

2- Le contrôle à la centrale des risques.........................................................

103

III- Proposition de solution à la mauvaise couverture du risque de crédit au PADME.

104

PARAGRAPHE II : Conditions de mise en oeuvre des solutions...........................

106

CONCLUSION GENERALE..................................................................

110

BIBLIOGRAPHIE..............................................................................

114

ANNEXES.........................................................................................

116

* 1 Confère allocution radio-télévisée en 2003 du Président de la Chambre de Commerce et d'Industrie du Bénin

* 2 Voir l'organigramme de l'institution PADME-Bénin en annexe 1

* 3 Georges P. DUTAILLIS, le risque du crédit bancaire, Editions Clet Banque, 1981. Page 19

* 4 CARE International 2001, Manuel de gestion des risques en microfinance

* 5 Les ratios publiés par MicroRate ont été repris dans les modules 3 et 4 de la formation en « Microfinance et Développement Economique Communautaire » organisée par le réseau MAIN à Kampala (Ouganda) en 2003 puis en 2004 à Abidjan (Côte d' Ivoire) et à Accra (Ghana).

* 6 Yves BERNARD, Jean-Claude COLLI et Dominique LEWANDOWSKI

Dictionnaire économique et financier - Edition 1975

* 7 Etude de satisfaction des clients et des problèmes de remboursement du crédit immobilier réalisé en 2005 par le PADME et Planet Finance.