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Connaissances, attitudes et pratiques des adolescents en matière de planification familiale : cas de la commune rurale de Niaogho au Burkina Faso.

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par Ousmane LENGLENGUE
Universté Internationale d'Andalousie / Université Cheik Anta Diop de Dakar - Maitrise 2010
Dans la categorie: Biologie et Médecine
  

Disponible en mode multipage

EXPERT UNIVERSITAIRE EN SANTE

SEXUELLE ET REPRODUCTIVE

Sénégal, 2010

 

CONNAISSANCES, ATTITUDES ET PRATIQUES DES ADOLESCENTS EN MATIERE DE PLANIFICATION FAMILIALE : CAS DE LA COMMUNE RURALE DE

NIAOGHO AU BURKINA FASO.

 

MEMOIRE

Présenté par :
Ousmane LENGLENGUE

Maïeuticien d'Etat, Responsable chargé de la santé de la reproduction et de la protection des groupes spécifiques au District sanitaire de Garango / BURKINA FASO.

Encadreurs :

- Dr Pierre T. ILBOUDO, MD, MSc (Public Health) Chef du Service de lutte contre la maladie et la protection des groupes spécifiques (SLM/ PSG) / Direction Régionale de la Santé du Centre Est / Burkina Faso.

- Dr Alioune TALL, médecin de santé publique / ISED / Sénégal.

Jury :

Président : Pr Anta TAL DIA

Membres : Pr Maria Casilda Velasco JUEZ Pr Antonio Frias OSUNA

SOMMAIfl~

DEDICACES IV

REMERCIEMENTS IV

LISTE DES ABREVIATIONS VI

LISTE DES TABLEAUX VII

LISTE DES FIGURES IX

DEFINITION DES CONCEPTS X

RESUME XIII

INTRODUCTION 1

I - PROBLEMATIQUE 2

1.1. Exposé du problème 2

1.2. Justification de l'étude 3

1.3. Questions de recherche: 3

1.4. Hypothèses de recherche: 3

1.5. But de l'étude 4

1.6 - Objectifs 4

1.6.1. Objectif général 4

1.6.2. Objectifs spécifiques 4

II - METHODOLOGIE 5

2.1. Cadre d'étude: le Burkina Faso 5

2.1.1 Situation géographique 5

2.1.2 Climat et Végétation 5

2.1.3 Caractéristiques démographiques 5

2.1.4 Caractéristiques socioculturelles 5

2.1.5 Données administratives 6

2.1.6 Profil sanitaire 6

2.2. Champ de l'étude 6

2. 3. Cadre conceptuel 8

2.4. Approche méthodologique 9

2.4.1. Type d'étude 9

2.4.2. La population à l'étude 9

2.4.3. Echantillonnage 10

2.4.4 Définition opérationnelle des variables à recueillir 12

2.4.5 Méthodes de recueil des données 12

2.4.6- Collecte des données 13

2.4.7. Saisie et analyse des données 13

2.4.8. Considérations éthiques 14

2 .4.9. Limites de l'étude et difficultés rencontrées 14

III- RESULTATS DE L'ETUDE 16

3.1. CARACTERISTIQUES SOCIO DEMOGRAPHIQUES DES ENQUETES 16

3.2. CONNAISSANCES SUR LA PLANIFICATION FAMILIALE 20

3.3. ATTITUDES DES ADOLESCENTS VIS-A-VIS DE LA PLANIFICATION 27

3.4. PRATIQUES DES ADOLESCENTS EN MATIERE DE PLANIFICATION FAMILIALE 33

IV- COMMENTAIRES ET DISCUSSIONS 39

4.1. Connaissances des adolescents en matière de planification familiale 39

4.2. Attitudes des adolescents vis-à-vis de la planification familiale 40

4.3. Pratiques des adolescents en matière de planification familiale 41

V - RECOMMANDATIONS 43

REFERENCES BIBLIOGRAPHIQUES 46

ANNEXE I : Guide d'entretien semi structuré i

ANNEXE II : Autorisation d'enquête v

ANNEXE III : Cartes géographiques vi

DEDICACES

A mon père Pamoussa LENGLENGUE, à qui je dois tout ;

A ma mère Rasmata LENGLENGUE née SAWADOGO pour son affection et ses multiples prières et bénédictions qui m'accompagnent ;

A mon épouse Sylvie pour son soutien sans faille ; A ma fille Anaelle Melville Haifa ;

A tous mes frères et soeurs.

REMERCIEMENTS

Au terme de nos premiers pas dans la recherche en sciences de la santé, nous tenons à remercier tous ceux qui, de près ou de loin ont contribué à la réalisation de ce mémoire.

Nos remerciements vont à l'endroit de celui-là même qui, malgré ses multiples occupations n'a ménagé aucun effort pour donner à cette oeuvre une valeur scientifique à travers une rigueur dans la démarche ; Docteur Pierre T. Ilboudo ;nous vous remercions pour l'amour du travail et de la recherche inculqué. Vous avez été plus qu'un directeur de mémoire.

Spécial remerciement à Mr Emile SAWADOGO pour son soutien si précieux dans la production de ce rapport. Recevez toute ma gratitude ; Votre accessibilité facile, votre générosité, et votre ardeur sont autant de valeurs qui ont permis l'aboutissement de ce travail.

A tous les lecteurs de ce document, en particulier : - Dr Michel Nassa Sawadogo à l'UNFPA Burkina

- Dr Alioune Tall à l'ISED

- Dr Joël Yameogo, MCD du district sanitaire de Garango Nos sincères remerciements vont également à :

Pr Anta TALL DIA,

Pr Casilda Velasco Juez Pr Antonio Frias Osuna Dr Pape NDIAYE,

Dr Maty D. Camara

Mme Fatou Lama Diakhaté

A l'ensemble du corps professoral de l'ISED, de l'UNIA qui a assuré notre formation au cours de laquelle des valeurs nous ont été inculquées telles le courage, l'ardeur et la rigueur ainsi que le personnel administratif et de soutient.

A tous les membres de l'ECD de Garango;

Au personnel de la maternité de l'hôpital de district de Garango

Au Maire de la Commune de Niaogho

A Mme Mariam Traoré à l'ENSP Ouaga

Au personnel du Centre de Santé et de promotion sociale de Niaogho et de Tangaré

Aux familles Guigma, Ouédraogo Drissa, Yameogo Achille, Zongo Serge et, Compaoré Dakièta pour vos soutiens multiformes.

A mes compatriotes Kaboré Albert, Yéhoun Gustave et Zongo Assane

A tous les étudiants de la 2ème promotion, nous adressons nos remerciements pour leur collaboration et l'esprit de travail qui a prévalu tout au long de notre formation.

Nos remerciements s'adressent enfin à tous ceux qui ont contribué à la réussite de ce travail et dont les noms ne figurent pas ici.

LISTE DES ABREVIATIONS

AS : Agents de Santé

ASC : Agent de Santé communautaire

CAP : Connaissances, Attitudes et Pratiques

CSPS : Centre de Santé et de Promotion Sociale

DDL : Degré de Liberté

DIU : Dispositif Intra Utérin

EDS : Enquête Démographique de la Santé

ENSP : Ecole Nationale de Santé Publique

ENA : Enquête Nationale des Adolescents

GND : Grossesse Non Désirée

INSD : Institut National de Statistique et de la Démographie

ISED : Institut de Santé Et Développement

IST : Infection Sexuellement Transmissible

IVG : Interruption Volontaire de Grossesse

OBC : Organisation à Base Communautaire

ONG : Organisme Non Gouvernemental

OMS : Organisation Mondiale de la santé

OR : Odds Ratio

PF : Planification familiale

RGPH : Recensement Général de la Population et de l'Habitat

SIDA : Syndrome de l'Immuno Déficience Acquise

UNFPA : United Nations Population Fund

UNIA : Université Internationale d'Andalousie

VIH : Virus de l'Immunodéficience Humaine

LISTE DES TABLEAUX

Tableau I : Effectifs théorique des adolescents selon les villages de la commune

rurale de Niaogho en 2010 7

Tableau II : Taille de l'échantillon selon les villages de la commune de Niaogho 11

Tableau III : Répartition des adolescents selon le statut matrimonial 17

Tableau IV : Répartition des adolescents selon le sexe et la disposition d'un petit ami

ou pas 18

Tableau V : Répartition des adolescents selon l'appartenance à un groupe religieux 18

Tableau VI : Répartition des adolescents selon l'appartenance à un groupe ou club

social 19

Tableau VII : Répartition des adolescents selon le degré d'exposition aux medias 19

Tableau VIII : Liens entre fréquences d'exposition à la radio et informations sur la PF 20

Tableau IX : Liens entre le sexe et l'information sur la PF 20

Tableau X : Appartenance à un groupe social et information sur la PF 21

Tableau XI : Les différentes sources d'information sur la PF chez les adolescents 22

Tableau XII : Avantages la planification familiale selon les enquêtés 22

Tableau XIII : Fréquences des inconvénients de la planification familiale selon les

enquêtés 23

Tableau XIV : Fréquences des manifestations d'IST selon les enquêtés 24

Tableau XV : Liens entre scolarisation et connaissances des méthodes contraceptives 25
Tableau XVI : Connaissance d'au moins une méthode contraceptive en rapport avec

le sexe 25
Tableau XVII : Fréquences des méthodes contraceptives traditionnelles ou

naturelles connues 26

Tableau XVIII : Fréquences des facteurs motivant les rapports sexuels précoces

selon les enquêtés 28
Tableau XIX : Fréquences des dangers liés aux rapports sexuels précoces selon les

enquêtés 29

Tableau XX : Approbation de la planification familiale selon le sexe 29

Tableau XXI : Scolarisation et approbation de la planification familiale 30

Tableau XXII : Fréquences des motifs d'approbation de la planification familiale selon

les adolescents 30

Tableau XXIII : Raisons de la non adhésion à la PF selon les adolescents 31

Tableau XXIV : Fréquences des besoins d'information sur la planification familiale 32

Tableau XXV : Canaux d'information souhaités par les adolescents 32

Tableau XXVI : Ages des premiers rapports sexuels 33

Tableau XXVII : Nombre de partenaires sexuels au cours des douze derniers mois

chez les enquêtés ayant eu une expérience sexuelle selon le sexe 34

Tableau XXVIII : Utilisation d'une méthode contraceptive selon le sexe 35

Tableau XXIX : Fréquences des raisons de l'utilisation de méthodes contraceptives 35

Tableau XXX : Fréquences des sources d'approvisionnement en contraceptifs 36

Tableau XXXI : Fréquences des raisons de la non utilisation de la contraception chez

les enquêtés sexuellement actifs 36
Tableau XXXII : Fréquences des difficultés liées à l'accès des services de PF par les

adolescents 37
Tableau XXXIII : Différentes suggestions pour améliorer l'utilisation des services de

PF selon les adolescents 38

LISTE DES FIGURES

Figure 1 : cadre conceptuel : Connaissances, Attitudes et Pratiques en matière de planification familiale des adolescents de la commune rurale de Niaogho. 8

Figure 2 : Représentation graphique de l'âge des enquêtés 16

Figure 3 : Répartition des adolescents enquêtés selon le niveau d'études 17

Figure 4 : Représentation graphique des différentes définitions de la PF selon les

enquêtés 21

Figure 5 : différents types de méthodes contraceptifs connus par les enquêtés. 26

Figure 6 : Age idéal pour les premiers rapports sexuels selon les enquêtés 27

DEFINITION DES CONCEPTS

Planification familiale

C'est une entité englobant la prise en charge des IST et de l'infertilité, mais aussi l'offre d'une contraception de qualité quelles qu'en soient les méthodes.

Adolescence

Selon l'OMS l'adolescence est la période comprise entre 10 - 19 ans. Elle se subdivise en trois catégories :

· Début adolescence: 10 - 13 ans

· Milieu adolescence: 14 - 16 ans

· Fin adolescence: 17 - 19 ans

L'adolescence commence à la puberté avec l'apparition des caractères sexuels secondaires et se termine avec la fin de la croissance.

Cette période d'adolescence se caractérise par certaines étapes :

1' Une croissance et un développement physique rapide ;

1' Une maturité physique, sociale et psychologique progressives

s Les premières expériences de la vie (attraction par le tabac, l'alcool, sexualité...)

s Une insuffisance de connaissance et de capacité pour faire des choix sains

s Des modes de pensées tendant à faire passer les besoins immédiats avant les besoins à long terme ;

v' L'instauration de comportements qui pourraient rester ancrés toute la vie et provoquer des maladies qui apparaîtront des années plus tard.

Contraception

La contraception se définit comme toute méthode empêchant de façon temporaire et réversible la survenue d'une grossesse. On exclut ainsi toutes les méthodes irréversibles comme la stérilisation ou ligature des trompes et la vasectomie.

Vie sexuelle

Elle se définit comme les étapes de la vie reproductive. Par exemple ; les
préadolescents sont curieux d'en savoir plus sur la puberté, alors que les

adolescents se préoccupent des mutations que subissent leurs corps et leur expérience sexuelle.

Santé de la reproduction

Pour l'OMS, la santé de la reproduction signifie le bien-être, tant physique que mental de la personne pour ce qui concerne l'appareil génital, ses fonctions et son fonctionnement, et pas seulement l'absence de maladies ou d'infirmités.

Méthodes contraceptives

Elles se définissent comme un ensemble de techniques et de moyens qui empêchent la conception. Elles se caractérisent par leur efficacité relative, leur innocuité et leur réversibilité.

Grossesse précoce :

Toute grossesse survenue entre 14-19 ans, avec l'immaturité des organes reproducteurs de la jeune fille et pouvant entraîner des conséquences néfastes sur sa santé.

Infection sexuellement transmissible (IST)

C'est une infection qui se transmet d'une personne infectée à une autre personne non infectée le plus souvent lors des rapports sexuels non protégés (sans utilisation de préservatifs). Il existe plus d'une vingtaine d' IST.

VIH/Sida

Le virus de l'immunodéficience humaine (VIH) est un agent viral ayant trois principales voies de transmission (sexuelle, sanguine et verticale) qui détruit le système immunitaire, et aboutit au SIDA qui peut conduire à la mort. SIDA signifie Syndrome de l'Immuno Déficience Acquise.

Connaissance

Elle est décrite comme une prise de recul personnelle ou collective par rapport à l'information. Elle résulte de alors du traitement intellectuel et de l'appropriation par l'individu des informations qu'il acquiert.

Attitude

L'attitude peut être considérée comme la manière particulière qu'a une personne d'agir, de penser et de sentir. Elle détermine et oriente le comportement de l'individu ou des groupes d'individus. L'attitude dépend de plusieurs facteurs mais

aussi des conditions socio-économiques et culturelles. Elle est acquise et est susceptible au changement.

Pratique

Littéralement, elle signifie l'exécution de ce qu'on a assimilé ou conçu, projeté ou imaginé. Elle réfère également à l'usage, la coutume, la façon d'agir dans un pays donné, dans une classe particulière de personnes.

RESUME

L'Etat Burkinabé avec l'aide de ses partenaires, à travers le Programme National de Santé Reproductive des Adolescents, met en oeuvre plusieurs interventions en faveur de la promotion de la santé sexuelle et reproductive des adolescents et des jeunes. Néanmoins on assiste à une faible utilisation des services de planification familiale par les adolescents, notamment ceux du milieu rural. Le but de cette étude était de contribuer au renforcement des programmes de santé sexuelle et reproductive.

Cette étude transversale descriptive et analytique à deux volets (quantitatif et qualitatif) s'est déroulée dans la commune de Niaogho du 12 Juin au 23 Septembre 2010, auprès de 400 adolescent (e) s de 15 à 19 ans au travers d`entretiens directs semi structurés. Les paramètres étudiés ont été : les caractéristiques sociodémographiques ; les connaissances en matière de planification familiale ; les attitudes des adolescent (e) s vis-à-vis de la planification familiale, l'utilisation des méthodes contraceptives modernes par les adolescents, leur accessibilité aux services ainsi que leurs suggestions pour améliorer leur utilisation des services de planification familiale.

En termes de résultats, 400 adolescents ont été concernés par l'enquête, avec un sexe ratio de 0,86. On note qu'une bonne proportion des adolescents a entendu parler de la planification familiale (86,5%), mais pour beaucoup, elle se limite à l'espacement des naissances (81,21 % des fréquences de définition de la PF).

On retient également que les adolescents n'ont pas toujours des attitudes et des pratiques favorables à la planification familiale. De l'analyse,il ressort que la moyenne de l'age idéal pour les premiers rapports sexuels selon les adolescents se situe à 17,7 ans ,aussi l'approbation de la PF reste faible ( 53,75 % ) et les besoins d'information demeurent énormes. Sur 65,75 % d'adolescents qui ont une expérience sexuelle, seulement 54,8 % ont déjà utilisé une méthode contraceptive.

Des recommandations ont été formulées à l'endroit des autorités locales, des prestataires de santé, des autorités socio sanitaires, éducatives, politiques et ONG. A notre avis, cette étude, loin de cerner tous les problèmes relatifs à la santé

sexuelle et reproductive des adolescents, veut simplement apporter une contribution à son amélioration.

Mots clés : adolescence, sexualité, planification familiale.

INTRODUCTION

L'OMS estime qu'un individu sur cinq est adolescent dans le monde et que 85% des adolescents vivent dans les pays en développement. Toujours selon la même source, les 2/3 des décès d'adultes sont liés à des conditions ou comportements ayant débuté durant l'adolescence.

La moitié de la population du Burkina Faso est âgée de moins de 15 ans (EDS III). Un grand nombre de ces jeunes deviendront sexuellement actifs avant l'âge de 20 ans et donc courent le risque ou feront l'expérience d'une grossesse non planifiée ou d'une infection sexuellement transmise (IST), notamment le VIH/Sida. En effet, toujours selon l'EDS III, l'age moyen des premiers rapports sexuels est de 17,5 ans, la prévalence contraceptive pour l'ensemble de la population est de 14% pour toutes les méthodes et 10% pour les méthodes modernes contre 4% chez les adolescents en union (dont 3% pour le condom masculin). Le même rapport estime que 20% des adolescents de 15 - 19 ans ont des besoins non satisfaits en planification familiale car les structures sanitaires classiques ne sont pas très souvent adaptées à cette catégorie d'age. Une situation favorable à l'augmentation du nombre de grossesses chez les mineures observée depuis quelques années, se concluant souvent par une interruption volontaire de grossesse dans des conditions septiques.

I - PROBLEMATIQUE 1.1. Exposé du problème

Selon l'OMS , chaque année ,on dénombre 80 millions de grossesses non désirées,ce qui occasionne 45 millions d'IVG qui ont pour conséquences 70 000 décès dont 97% sont enregistrés dans les pays en développement. Cette situation est un grave problème de santé publique, surtout dans les pays du tiers monde.

L'Enquête Nationale des adolescents menée en 2004 révèle qu'au Burkina Faso, 20,2 % des filles de 15- 19 ans ont déjà eu une grossesse et 18 % d'entre elles disent avoir des amies proches qui ont essayé d'interrompre une grossesse.

L'impact le plus visible de la grossesse non désirée réside dans le domaine psychosocial car il contribue à une perte d'estime de soi, l'abandon scolaire, le rejet par la famille, une destruction des projets de vie et le maintien du cercle de la pauvreté.

Une des principales causes des grossesses non désirées chez les adolescentes, est L'absence de contraception .Toujours selon l'Enquête Nationale des adolescents, 57,8% des filles et 47,8% des garçons sexuellement actifs n'ont jamais utilisé une méthode contraceptive.

Cela est dû au fait que les adolescents n'ont pas souvent des informations complètes ou correctes en matière de santé reproductive et de planification familiale et que des appréhensions et des facteurs d'ordre socio culturels ,économiques et institutionnels limitent leur accès aux services de planification familiale. La plupart des adolescents du milieu rural n'ont pas accès aux medias, les soeurs, les frères et les amis, souvent mal informés, seraient les principales sources d'informations dans le domaine dans la planification familiale. En 2004, 52,2 % des adolescents de 15 à 19 ans disent n avoir' pas eu d'informations sur la planification familiale au cours des 12 derniers mois (Enquête Nationale des adolescents). En plus d'autres facteurs d'ordre socio culturels, économiques et institutionnels pourraient entraver l'utilisation des services de planification familiale par les jeunes ruraux. 36,6% des filles et 30,2% des garçons disent être embarrassés dans l'acquisition d'une méthode contraceptive (Enquête Nationale des Adolescents 2004).

1.2. Justification de l'étude

Si les différentes études ci-dessus évoquées permettent d'avoir une vue globale sur la santé sexuelle et reproductive des adolescents au niveau national, on note en revanche une insuffisance d'information sur les connaissances, attitudes et pratiques des adolescents vis-à-vis de la planification familiale, tenant compte des spécificités socioculturelles et géographiques. C'est dans le but de combler cette insuffisance de la littérature locale et de contribuer à améliorer la santé sexuelle et reproductive des adolescents que nous avons conduit cette étude dans la commune rurale de Niaogho.

Le choix de la Commune de Niaogho s'explique par le fait que la prévalence contraceptive reste très faible dans cette localité du pays. En effet en 2009, elle était de 10,51% contre 29,82% pour le district sanitaire de Garango dont relève la commune de Niaogho.

Les adolescents de cette localité comme celle de l'ensemble du pays n'échappent malheureusement pas aux conséquences de la faible couverture en planification familiale, d'autant plus que, l'enquête nationale sur la santé sexuelle et reproductive des adolescents révèle en 2004 que 28% des adolescents du milieu rural ont une sexualité beaucoup plus précoce que les autres.

1.3. Questions de recherche:

1. Quel est le niveau de connaissances et les sources d'informations des adolescents du milieu rural sur la planification familiale ?

2. Quelle perception les adolescents du milieu rural ont la planification familiale?

3. Quelles sont les pratiques des adolescents du milieu rural en matière de contraception ?

1.4. Hypothèses de recherche:

1. Les adolescents ruraux ont des sources d'information moins diversifiées sur le planning familial, donc, moins de connaissances sur ce thème.

2. Les adolescents du milieu rural ont des attitudes non favorables à la planification familiale

3. Les adolescents du milieu rural ont des pratiques à risques d'IST et de grossesses non désirées.

1.5. But de l'étude

Contribuer à améliorer la santé sexuelle et reproductive des adolescents de la commune rurale de Niaogho.

1.6 - Objectifs.

1.6.1. Objectif général

L'objectif général de notre étude est d'évaluer les connaissances, les attitudes et les pratiques des adolescents en matière de planification familiale dans la commune rurale de Niaogho. .

1.6.2. Objectifs spécifiques

Ils sont de 4 ordres :

1. déterminer les caractéristiques socio démographiques des adolescents

2. apprécier les connaissances des adolescents en matière de planification familiale dans la commune de Niaogho,

3. déterminer les attitudes des adolescents ruraux vis à vis de la planification familiale,

4. identifier les pratiques en matière de planification familiale chez les
adolescents du milieu rural,

II - METHODOLOGIE

2.1. Cadre d'étude: le Burkina Faso

2.1.1 Situation géographique

Situé dans la boucle du Niger, le Burkina Faso est un pays continental d'environ

274 200 km2. Il est limité au Nord et à l'Ouest par le Mali, au Nord-est par le Niger, au Sud-est par le Bénin et au Sud par le Togo, le Ghana et la Côte d'Ivoire. Des routes asphaltées le relient à l'ensemble des pays voisins et un chemin de fer long de 1 145 km le relie à la Côte d'Ivoire.

2.1.2 Climat et Végétation

De par sa situation dans la zone soudanienne, le Burkina Faso bénéficie d'un climat

tropical à deux saisons : une saison sèche qui va d'octobre à avril et une saison pluvieuse de mai à septembre. La pluviométrie est faible et mal répartie dans l'espace et dans le temps. Ce qui influence énormément les disponibilités alimentaires et par conséquent l'état nutritionnel des populations.

La végétation est de type soudano-sahelien.

2.1.3 Caractéristiques démographiques

En 2006, le Recensement Général de la Population et de l'Habitat réalisé par l'INSD

a fait état d'une population totale de 13 730 258 habitants avec une densité moyenne de 50 habitants au Km2. Les femmes représentent 51,7 % de la population générale. La population rurale est estimée à 79,7 % .Le taux de mortalité infantile à 81 %o (EDS III, 2003).

2.1.4 Caractéristiques socioculturelles

Les populations burkinabés mènent un mode de vie traditionnelle où l'homme qui est

le plus souvent le chef de famille détient le pouvoir de décision. Une soixantaine de groupes ethnolinguistiques est représentée. L'ethnie majoritaire est constituée de Mossi (48,5 % de la population).

La langue officielle est le Français. Les principales langues nationales sont le mooré, le dioula et le fulfuldé.

Les principales religions sont l'islam (52 %), le christianisme (24,3 %) et l'animisme (23,3 %).

2.1.5 Données administratives

Le territoire national est divisé en 13 régions, 45 provinces, 350 départements, 49 communes urbaines, 302 communes rurales et 8 205 villages.

2.1.6 Profil sanitaire

Le Burkina Faso compte 13 régions sanitaires dans lesquelles sont repartis 63 districts sanitaires. Le pays dispose de 03 hôpitaux universitaires dont 02 à Ouagadougou (Centre Hospitalier Universitaire Yalgado OUEDRAOGO et le Centre Hospitalier national pédiatrique Charles de Gaulle) et un à Bobo-Dioulasso (Centre Hospitalier Universitaire Souro SANOU).

Sur le plan organisationnel, le système national de santé comprend administrativement 03 niveaux qui sont :

· Le niveau central comprenant le cabinet du ministre, le secrétariat général et les directions centrales.

· Le niveau intermédiaire correspondant aux 13 régions sanitaires.

· Le niveau périphérique avec 63 districts sanitaires. Ce dernier niveau est subdivisé en 02 échelons comprenant un premier échelon formé d'un réseau de formations sanitaires (CSPS, dispensaires et maternités isolés) et un deuxième échelon de référence comprenant les hôpitaux de district ou Centres Médicaux avec Antenne chirurgicale.

2.2. Champ de l'étude

La zone site de notre étude est une commune rurale située à l'extrême Ouest de la Province du Boulgou dont elle relève dans la Région du Centre Est au Burkina.

Elle couvre (08) villages administratifs qui sont : Niaogho Centre, Tengsoba, Ibogo, Niarba, Bassindogo, Gozi, Sondogo, Niaogho Peulh et Wayalghin qui est un grand hameau de culture.

La population de la commune de Niaogho en 2010 est estimée à 19 375 habitants, la tranche d'âge de 15 à 19 ans est de 1914 (soit 9,88% de la population).

Le tableau ci-dessous nous donne l'effectif des adolescents selon les villages de la commune de Niaogho.

Tableau I : Effectifs théorique des adolescents selon les villages de la commune rurale de Niaogho en 2010

 
 

NOMBRE
D'ADOLESCENTS

VILLAGES

POPULATION

(9,88%)

NIAOGHO

7488

740

TENGSOBA

4894

483

IBOGO

1827

181

NIARBA

1820

180

BASSINDINGO

1312

130

GOZI

1135

112

SONDOGO

609

60

NIAOGHO PEULH

289

28

Total Commune

19375

1914

 

Les Bissas constituent l'ethnie majoritaire de la commune mais on y rencontre des Peulhs et des Mossi par ordre d'importance. L'islam reste la religion la plus pratiquée dans la commune, suivie du christianisme et de l'animisme.

Selon le RGPH 2006, dans cette localité, le taux d'accroissement annuel est de 2,7%, un taux brut de natalité à 47,5 %0,l'indice de fécondité est de 6,5 et une densité moyenne de 148 habitants / km2.

Elle est caractérisée également par la fréquence élevée des mouvements migratoires. Ces mouvements se font à différentes échelles et dans plusieurs directions:

> au niveau régional vers les centres urbains et semi urbains, dans le cadre des échanges commerciaux (Tenkodogo, Bittou, Koupéla, Pouytenga, Cinkansé etc.), vers les sites aurifères de Komtoéga ou Kièka, et vers les plaines irriguées de Bagré ou les autres retenues d'eau de la région.

> au niveau national vers les grandes villes du pays (Ouagadougou, BoboDioulasso, etc.), vers certaines provinces avoisinantes en saison pluvieuse (Zoundwéogo, Ganzourgou), et les autres sites aurifères du pays.

> au niveau international, vers certains pays africains (Côte d'Ivoire, Ghana, Guinée Equatoriale, Libye, Gabon, Congo, Angola, Afrique du Sud, etc.) et vers certains pays occidentaux (Italie, Espagne, Etats Unis...). Cette migration internationale engendre d'importantes retombées financières pour les populations de la Commune.

Elle a comme structures sociales de développement :

- deux postes de santé dont un privé à but lucratif

- un collège d'enseignement général

-11 écoles primaires

L'activité économique est essentiellement basée sur l'agriculture, l'élevage, la pêche. La commune abrite également un marché important qui a lieu tous les trois jours, le tissu économique est fortement consolidé par les retombées financières de la migration internationale.

2. 3. Cadre conceptuel

Caractéristiques sociodémographiqu es

· Age, sexe, profession

· Statut matrimonial

· Niveau de scolarisation/ alphabétisation

· Religion

· Exposition aux
medias

Connaissance sur la Planification familiale et les 1ST

· Connaissances sur les méthodes contraceptives traditionnelles et modernes

· Connaissances des avantages de la planification

familiale

· Les sources d'informations sur la

Attitudes vis-à-vis de la planification familiale

· Attitudes sexuelles

· -Opinion des adolescents sur la

PF

· les motifs de refus de la PF

· les besoins d'information sur la

PF

planification

Pratiques en matiere de planification familiale

· activités sexuelles des adolescents

· l'utilisation d'une méthode contraceptive

· les motifs d'adhésion à la planification familiale

· le lieu d'approvisionnement en

contraceptifs

· les difficultés liées à l'accès aux services de Planification familiale

Figure 1 : cadre conceptuel : Connaissances, Attitudes et Pratiques en matière de planification familiale des adolescents de la commune rurale de Niaogho.

Le schéma d'analyse met en relation les liens et chaînes causales qui expliquent le niveau de connaissances, les attitudes et les pratiques en planification familiale .Ce cadre considère que le fait d'avoir des connaissances sur la PF ou non est directement ou indirectement lié aux caractéristiques socioculturelles et démographiques de l'adolescent (e). Ces facteurs autrement dénommés cadre de vie de l'adolescent (e) interagissent et justifient les circonstances des pratiques en PF via les attitudes qu'il a de ce concept.

En somme, on retient quatre éléments qui interagissent entre eux et ont pour finalité une influence des pratiques des adolescents en matière de planification familiale. Ainsi les caractéristiques socio démographiques agissent directement sur les connaissances des adolescents en planification familiale et influencent indirectement la perception et les pratiques en planification familiale.

Les connaissances à leur tour conditionnent les opinions des adolescents vis-à-vis de la planification et influencent de façon directe ou indirecte les pratiques dans ce domaine.

Les pratiques en planification familiale constituent l'aboutissement des opinions que les adolescents ont sur ce concept. Elles peuvent également être influencés par le cadre de vie l'adolescent et peuvent changer le niveau de connaissances des adolescents en matière de planification familiale.

2.4. Approche méthodologique

2.4.1. Type d'étude

Il s'agit d'une étude transversale descriptive et analytiques à deux volets (quantitatif

et qualitatif ), à base d'entretiens directs semi structurés à domicile et dans les zones d'affluence des jeunes (écoles, ateliers, marché, rues, villages, hameaux de culture) de la commune de Niaogho de Juin à Septembre 2010.

2.4.2. La population à l'étude

La population est constituée par les adolescents et adolescentes vivant dans les

limites géographiques de la commune rurale de Niaogho.


· Unité d'étude

C'est l'adolescent (e) qui obéit aux critères de sélection.

· Critères d'inclusion

Tout adolescent (e) de 15 à 19 ans vivant dans la commune de Niaogho depuis au moins trois mois et souhaitant participer à l'enquête.

· Critères de non inclusion

> Tout adolescent (e) ne souhaitant pas participer à l'enquête

> Tout adolescent (e) qui ne réside pas dans la commune depuis au moins trois mois.

2.4.3. Echantillonnage

· Base de sondage

La base de sondage est constituée des adolescent (e) s de 15 à 19 ans vivant dans la commune de Niaogho.

· Taille de l'échantillon Pour déterminer la taille de l'échantillon nous avons utilisé la formule :

N = Zá2 * P * (1-P)/i2

Avec :

N = taille de l'échantillon

= l'écart réduit correspondant à une erreur á de première instance consentie (5%)

P = prévalence contraceptive du district sanitaire de Garango (dont relève Niaogho) = 0,2982

I = la précision souhaitée =0.05

Ainsi, la taille finale de l'échantillon est de 321 adolescents. Ensuite par souci de minimiser les non réponses et les risques d'erreur, nous avons porté la taille de l'échantillon à 400 adolescents.


· Méthode d'échantillonnage

Nous avons identifié un centre sociologique dans chaque village (concession du chef de village), ensuite nous avons utilisé la méthode de la « bouteille ». Nous nous sommes orienté en direction du bout de la bouteille. Nous avons recruté les adolescents répondant aux critères et se trouvant sur notre droite, et ainsi de suite jusqu'à obtenir le nombre d'adolescents souhaités dans le village.

Nous avons interrogé quatre cents (au lieu de 321) adolescent (e) s répartis dans les 08 villages, selon la formule d'allocation proportionnelle suivante :

n = T×p/P

n = nombre de adolescent (e) s interrogés par village; T = taille de l'échantillon ;

p = population des adolescent (e) s par village ; P = population totale des adolescent (e) s.

Le tableau suivant résume le nombre d'adolescents interrogé par village.

Tableau II : Taille de l'échantillon selon les villages de la commune de Niaogho.

VILLAGES

NOMBRE D'ADOLESCENTS
(9,88% de la population totale)

NOMBRE
D'ADOLESCENTS
INTERROGES

NIAOGHO

740

155

TENGSOBA

483

101

IBOGO

181

38

NIARBA

180

38

BASSINDINGO

130

27

GOZI

112

23

SONDOGO

60

12

NIAOGHO PEULH

28

06

Total Commune

1914

400

 

2.4.4 Définition opérationnelle des variables à recueillir

Il s'agissait de recueillir :

v Les caractéristiques sociodémographiques : age, sexe, profession, statut matrimonial, niveau de scolarisation/ alphabétisation, religion, exposition aux medias

v les connaissances en matière de planification familiale: connaissance sur la Planification familiale et les IST, connaissances sur les méthodes contraceptives traditionnelles et modernes, connaissances des avantages de la planification familiale, les sources d'informations sur la planification familiale.

v Les attitudes des adolescent (e) s vis à vis de la planification familiale : les avis sur la sexualité, les opinions sur la planification familiale, les motifs de refus de la planification familiale, les besoins d'information sur la planification

v Les pratiques en matière de planification familiale : les activités sexuelles des adolescents, l'utilisation d'une méthode contraceptive, les motifs d'adhésion à la planification familiale, le lieu d'approvisionnement en contraceptifs, les difficultés liées à l'accès aux services de Planification familiale.

v Les suggestions pour améliorer l'accès des adolescent (e) s aux services de planification familiale.

2.4.5 Méthodes de recueil des données


· Instrument de recueil des données

Nous avons élaboré un questionnaire comprenant les parties suivantes :

+ les caractéristiques sociodémographiques ;

+ les connaissances en matière de planification familiale, les sources d'information ;

+ les croyances/perceptions des adolescent (e) s de la planification familiale

+ les pratiques en matière de planification familiale, notamment l'utilisation d'une

méthode contraceptive, les motifs d'utilisation, les sources

d'approvisionnement ;

+ les suggestions des interviewées pour améliorer la prévalence contraceptive.


· Formation des enquêteurs

Une formation des enquêteurs a été administrée le 10 Août 2010 au Centre de Santé et de Promotion Sociale (CSPS) de Niaogho. Ce qui a permis de définir les rôles et d'harmoniser l'administration du questionnaire afin d'avoir la meilleure collecte des données possibles sur le terrain.


· Pré-test de l'instrument de recueil

Du 1er au 4 Août 2010 le questionnaire a été testé sur 20 adolescents (e) s du village de Tangaré dans la commune de Garango. Les leçons tirées du pré-test ont été mises à profit pour finaliser les instruments de collecte ainsi que les traductions.

2.4.6- Collecte des données

Après avoir obtenu l'accord verbal du Médecin Chef du district sanitaire de Garango et l'autorisation écrite du Maire de la commune de Niaogho,nous avons pris contact avec le personnel du CSPS de Niaogho et les ASC de la dite localité.

Les interviews se sont déroulées du 12 au 22 Août 2010 dans les 08 villages avec administration du questionnaire par 04 ASC préalablement formés.

2.4.7. Saisie et analyse des données

Les données collectées ont été vérifiées avant d'être compilées et analysées à l'aide du logiciel EPI INFO version 3.2.2.

Le traitement du texte, la confection des tableaux et des graphiques ont été faits à l'aide des logiciels d'application Microsoft WORD et EXCEL version 2003.

Nous avons utilisé des mesures de fréquence pour apprécier le niveau des indicateurs (connaissances théoriques, sources d'informations sur la PF, difficultés liées à l'utilisation des services, suggestions...).

Pour le croisement des variables, nous avons procédé à l'usage du test Chi Carré de Mantel-Haenszel pour conclure à l'existence ou non d'une relation entre les variables pouvant expliquer les connaissances, attitudes et pratiques en planification familiale. Les tests ont été réalisés avec un seuil de signification de 5%. Ainsi, nous avons admis une association statistiquement significative entre deux (2) variables pour toute probabilité inférieure à 0.05 (P<0.05).

2.4.8. Considérations éthiques

L'identité des personnes soumises au questionnaire a été protégée : le questionnaire était anonyme. La participation à l'enquête était volontaire et sans contrainte. Le choix de ne pas se soumettre au questionnaire a été respecté. Les personnes qui ont décliné l'offre n'ont encouru aucune sanction. La confidentialité des réponses a été assurée.

2 .4.9. Limites de l'étude et difficultés rencontrées

· Limites de l'étude

Comme toute oeuvre humaine, notre étude n'a pas manqué de limites qui sont de nature à influencer négativement la qualité des données.

La première est relative à l'aspect rétrospectif de certaines de nos variables en l'occurrence celle portant sur l'âge aux premiers rapports sexuels. Cette variable pourrait subir l'effet de mémoire surtout à cause de la faiblesse du niveau d'instruction des adolescents et de la rareté de l'état civil en milieu rural. Ces facteurs sont susceptibles d'influer négativement sur la détermination exacte de l'âge médian aux premiers rapports sexuels.

Enfin, malgré l'utilisation de certains concepts qui sont de nature à atténuer la gêne chez les enquêtés, le caractère tabou de la sexualité en milieu rural est un aspect pouvant influencer leur disponibilité à fournir des informations sur leurs pratiques réelles. Néanmoins, les informations obtenues se révèlent convergentes aux conclusions de certaines études antérieures, preuve que celles-ci permettent de comprendre le niveau de connaissance et de comportements en rapport avec la Planification familiale.

· Difficultés rencontrées

Aborder un thème aussi sensible que celui de la sexualité, ne peut être exempt de contraintes surtout en milieu rural où le sexe est l'aspect le plus intime de la vie privée.

En effet, des difficultés rencontrées lors de notre travail résident surtout dans
l'enquête de terrain. La première concerne la recevabilité de l'enquête auprès des
adolescents notamment chez les filles. La réticence de ces dernières est due, d'une

part au caractère tabou de la sexualité et d'autre part à la gêne lorsqu'on en parle, surtout devant une personne de sexe opposé. Face à cela, l'utilisation des expressions atténuant la gêne et l'explication aux jeunes filles du caractère anonyme et confidentiel de leurs réponses, ont été une attitude favorable pour que celles-ci parlent de leur état et pratiques sexuelles. Toutefois, cette stratégie ne s'est pas révélée convaincante devant certaines filles qui ont eu du mal à s'exprimer et d'autres ont même refusé de répondre à nos questions.

Enfin, le faible niveau d'instruction et l'absence d'acte de naissance posent un problème d'estimation de l'âge chez les adolescents des deux sexes. Face à cela, certains n'ont pas hésité à recourir à leurs parents pour la détermination de leur âge, toute chose qui contribuait à allonger le temps de l'enquête individuelle et finalement notre séjour sur le terrain.

III- RESULTATS DE L'ETUDE

3.1. Caractéristiques socio démographiques des enquêtés


· Age des enquêtés

Figure 2 : Représentation graphique de l'âge des enquêtés

n=400

L'âge moyen des enquêtés de 17.58 ans avec des extrêmes de 15 à 19.


· Sexe des enquêtés

Des 400 enquêtés, 215 étaient de sexe féminin soit une proportion de 53.80% et un sex-ratio de 0.86.


· Niveau d'études

1,30%

30,30%

35%

33,50%

Pas fait école Primaire Secondaire Supérieur

Figure 3 : Répartition des adolescents enquêtés selon le niveau d'études

n=400

Un peu moins du tiers des enquêtés n'ont jamais fait l'école.


· Statut matrimonial selon le sexe

Tableau III : Répartition des adolescents selon le statut matrimonial

Statut matrimonial

Sexe Célibataire concubin Marié Total

F

164 (76,27%)

0

51(23,72)

215(53,75%)

M

165(89,18%)

2(1,08%)

18(9,72%)

185 (46,25 %)

Total

329(82,25 %)

2(0,5%)

69(17,25%)

400(100%)

 

23,72% des filles et 10,81% des garçons vivent dans un foyer conjugal.

Au niveau du sexe féminin, l'âge moyen des célibataires est de 17 ,62 ans contre 18.1 ans pour ceux qui vivent dans un foyer.

Pour le sexe masculin, il est de 17.35 ans pour les célibataires contre 18.05 ans pour ceux qui vivent dans en couple.

Sexe

Petit ami


· Petit ami

Plus de la moitié des enquêtés soit 55.40% affirment avoir un(e) petit(e) ami(e).

Tableau IV : Répartition des adolescents selon le sexe et la disposition d'un petit ami ou pas.

Oui Non Total

 

Total

F
M

94 (43.7%)

121

215

127 (68.6%)

58

185

221 (55.3%)

179

400

 

÷2 = 24.93 ddl= 1 P=0.000006 OR=0.35 (0.64< OR<0.76)

La proportion des enquêtés de sexe féminin qui disposent de petit ami est de 43.7 % contre 68.6% pour le sexe masculin.


· Religion des enquêtés

Tableau V : Répartition des adolescents selon l'appartenance à un groupe religieux

n=400

Religion Effectifs Proportion (%)

Animiste 2 0,50

Catholique 95 23,80

Musulman 295 73,80

Protestant 8 2,00

Total 400 100,00

 

Presque trois quarts des enquêtés pratiquent la religion musulmane.


· Appartenance à un groupe ou club social

Des enquêtés, 68 soit 17 % affirment appartenir à un groupe ou club social. La fréquence des groupes cités se présente comme suit :

Tableau VI : Répartition des adolescents selon l'appartenance à un groupe ou club social

 
 

n=68

Groupe ou club social

Fréquence

Pourcentage (%)

Association à base religieuse

35

51,47

Club de sport

8

11,76

Troupe théâtral /danse/musique

15

22,06

Association / club de jeunes contre le sida

9

13,24

Association sur base agro-pastorale

1

1,47

 

Des enquêtés qui affirment appartenir à un groupe social, la moitié adhère à une association à base religieuse.


· Exposition aux médias

Tableau VII : Répartition des adolescents selon le degré d'exposition aux medias

n=400

Pas du tout

Type de média

Presque tous
les jours

Au moins une
fois/ semaine

Moins d'une
fois/semaine

Effectif

%

Effectif

%

Effectif

%

Effectifs

%

Radio 189

47.3

96

24

11

2.8

104

26

Télévision 187

46.8

82

20.5

16

4

115

28.8

Journal /revue 26

6.5

58

14.5

27

6.8

289

72.30

 

Parmi les 400 enquêtés, respectivement 189 et 187 soit 47,3 % et 46,8 écoutent la radio et suivent la télévision pratiquement tous les jours mais seulement 16 enquêtés utilisent Internet (4%).

3.2. CONNAISSANCES SUR LA PLANIFICATION FAMILIALE


· Informations sur la planification familiale

346 enquêtés, soit 86,50 % disent avoir entendu parler de la planification familiale.

Tableau VIII : Liens entre fréquences d'exposition à la radio et informations sur la PF

 
 
 
 

n=400

Exposition à la Radio

 

Information sur la PF

TOTAL

 
 

OUI

NON

 

OUI

259

(90,87%)

26 (9,13%)

285

NON

87

(75,65 %)

28(24,35%)

115

Total

346

(86,50%)

54

400

 

÷2 = 16,22 ddl= 1 P=0.000057 OR= 3,21 (1,71<OR<6)

Ceux qui n'écoutent pas la radio ont 3,21 fois plus de chances de ne pas être informés sur la planification familiale

Tableau IX : Liens entre le sexe et l'information sur la PF

 
 
 

n=400

Sexe

Information sur la PF

TOTAL

 

NON

 

184 (85.6%)
162 (87.6%)

31(14,6%)
23(12,4%)

215
185

Total

346 (86,50%)

54

400

 

÷2 = 0.34 ddl= 1 P=0.56

La proportion des enquêtés de sexe féminin qui ont l'information sur la PF est de

85.6% contre 87.6% chez les masculin.


· Liens entre appartenance à un groupe social et information sur la PF Tableau X : Appartenance à un groupe social et information sur la PF

 
 
 
 

n=400

Appartenance à un groupe social

 

Information sur la PF

Proportion (%)

 

OUI

NON

 

OUI NON

63

283

(92,64%)

(85,24 %)

5
49

68
332

Total

346

(86,50%)

184

400

 

÷2 = 2,64 ddl= 1 P=0.1

La proportion des enquêtés qui appartiennent à un groupe social et qui ont l'information sur la PF est de 92,64 % contre 85,24 % pour les autres.


· Définition de la planification familiale selon les enquêtés

Parmi ceux qui ont entendu parler de la planification familiale, le graphique suivant résume les définitions de la planification familiale selon les enquêtés.

Figure 4 : Représentation graphique des différentes définitions de la PF selon
les enquêtés

n=346

Des enquêtés qui ont déjà attendu parler de la PF, 81.21% estiment qu'elle se

résume à l'espacement des naissances.


· Sources d'informations sur la planification familiale

Tableau XI : Les différentes sources d'information sur la PF chez les adolescents

n=400

Sources d'information sur la PF Fréquence Pourcentage (%)

Télévision 92 23

Amis 75 18,75

Radio 169 42,25

Causeries éducatives (ASC/ AS) 18 4,5

Ecoles 42 10,5

Postes de santé 11 2,75

Parmi les enquêtés qui ont entendu parler de planification familiale, la plupart l'ont entendu à travers la Radio (42,25 %).

· Avantages de la planification familiale Des 346 qui ont entendu parler de la PF, 258 personnes soit 74,56 % estiment

qu'elle a des avantages. Les types d'avantages cités se résument dans le tableau suivant :

· Types d'avantages de la planification familiale selon les enquêtés

Tableau XII : Avantages la planification familiale selon les enquêtés

n=258

Avantages de la planification familiale selon Fréquence Pourcentage

enquêtés (%)

Améliore la santé de la famille 35 10,11

Améliore l'économie familiale 46 13,29

Permet une meilleure éducation des enfants 48 13,87

Permet l'espacement des naissances 75 21,67

Le coût des contraceptifs est abordable 10 2,89

Prévient les IST 11 3,17

Prévient les GND 21 6,06

Diminue la mortalité infantile 58 16,76

Améliore la santé de la mère 42 12,13


· Inconvénients de la planification familiale

Des 346 enquêtés qui ont entendu parler de la PF, 55 personnes, soit 15,89 % estiment qu'elle a des inconvénients.

· Types d'inconvénients de la planification familiale selon les enquêtés

Tableau XIII : Fréquences des inconvénients de la planification familiale selon les enquêtés

n=55

Inconvénients de la planification familiale selon Fréquence Pourcentage

enquêtés (%)

Certaines méthodes sont abortives 16 29,09

La contraception moderne donne des maladies 03 5,45

Le préservatif n'est pas très résistant 04 7,27

Les effets secondaires des contraceptifs 12 21,81

La limitation des naissances (interdite par la

religion) 03 5,45

L'utilisation de certaines méthodes

contraceptives nécessite un prestataire qualifié 04 7,27

La stérilité 11 20

Favorise le vagabondage sexuel 02 3,63

· Informations sur les infections sexuellement transmissibles

319 personnes, soit 79,75 % des enquêtés ont déjà entendu parler des infections sexuellement transmissibles.


· Différentes manifestations des infections sexuellement transmissibles selon les enquêtés qui en ont entendu parler

Tableau XIV : Fréquences des manifestations d'IST selon les enquêtés

 
 

n= 319

Manifestations d'IST selon les enquêtés

Fréquence

Pourcentage
(%)

VIH / Sida

195

61,13

«Chaude pisse» (brûlures mictionnelles)

73

22,88

Dermatose

54

16,93

Diarrhée chronique

35

10,97

Amaigrissement

22

6,90

Ecoulement vaginal

20

6,27

Prurit vulvaire

19

5,96

Ecoulement urétral

12

3 ,76

Douleurs pelviennes

12

3,76

Plaies sur le sexe

06

1,88

Urines sanglantes

03

0,94

Toux chronique

02

0,63

 

Le VIH/ Sida et les brûlures mictionnelles sont les manifestations d'IST les plus connues, soient respectivement 61,13 % et 22,88 % des fréquences de réponses.


· Connaissances d'au moins une méthode contraceptive

Sur les 400 enquêtés, 267 personnes soit 66,75 % disent connaître au moins une méthode contraceptive.

Tableau XV : Liens entre scolarisation et connaissances des méthodes contraceptives

n = 400

Scolarisation

Connaissances des méthodes contraceptives

TOTAL

 
 
 
 

OUI NON

Scolarisé 206 (73,83%) 73(26,17%) 279

Non scolarisé 61 (50,41%) 60(49,59%) 121

Total 267 (66.75%) 133 400

÷2 = 20,8 ddl= 1 P=0,0000062 OR= 2,78 (1,74< OR< 4,44)

Ceux qui ne sont pas scolarisés ont 2,78 fois plus de chances de ne pas connaître une méthode contraceptive.

Tableau XVI : Connaissance d'au moins une méthode contraceptive en rapport avec le sexe

 
 
 
 

n=400

SEXE

Connaissance d'au moins une
méthode contraceptive

TOTAL

 

OUI

NON

 

150
117

(69,76%)

(62,24 %)

65
68

215
185

Total

267

(66,75%)

133

400

 

÷2 = 1,51 ddl= 1 P=0,21

La proportion des enquêtés de sexe féminin qui connaissent au moins une méthode contraceptive est de 69,76%, contre 62,24 % pour ceux du sexe opposé.


· Les différents types de méthodes contraceptives modernes connues

Figure 5 : différents types de méthodes contraceptifs connus par les enquêtés.

n=267

Le preservatif masculin,la pilule et l'injectable sont les methodes contraceptives modernes les plus connues par les adolescents enquetés avec des fréquences rélatives de 57.67 %, 31.83% et 29.58% .


· Les différents types de méthodes contraceptives traditionnelles ou naturelles connues

Tableau XVII : Fréquences des méthodes contraceptives traditionnelles ou naturelles connues

n= 267

Méthodes contraceptives traditionnelles Fréquence Pourcentage

connues par les enquêtés (%)

Abstinence 102 38,20

Cordelette ou ceinture magique/ Herbes/

23 8,61

décoction

Retrait 18 6,74

Continence 04 1,49

3.3. ATTITUDES DES ADOLESCENTS VIS-A-VIS DE LA PLANIFICATION FAMILIALE


· Age idéal pour les premiers rapports sexuels selon les enquêtés


· Les motifs qui expliquent les rapports sexuels précoces selon les adolescents

Tableau XVIII : Fréquences des facteurs motivant les rapports sexuels précoces selon les enquêtés

 
 

n= 400

Les différents motifs qui entraînent les rapports sexuels précoces

Fréquence

Pourcentage

 
 

(%)

Le plaisir lié aux relations sexuelles

117

29,25

C'est une preuve d'amour

114

28,5

Les mariages précoces

108

27

Les projections de films pornographiques dans les vidéos club

82

20,5

Les influences des amis (es)

39

9,75

La pauvreté des parents

33

8,25

La mauvaise éducation

23

5,75

Les modes vestimentaires/ tenues indécentes

22

5,5

Les violences sexuelles

07

1,75

Le non respect des principes religieux

04

1

La pression exercée par les partenaires

03

0,75

Sans réponse

38

9,5

 

Près du tiers des adolescents interrogés estiment que les rapports sexuels précoces s'expliquent essentiellement par :

- le plaisir lié aux relations sexuelles

- les relations sexuelles comme preuve d'amour

- les mariages précoces

- les projections de films pornographiques dans des salles publiques


· Existence de dangers liés aux rapports sexuels précoces

Des 400 adolescents interrogés, 254 personnes soit 63,70% estiment qu'ils existent des dangers liés aux relations sexuelles précoces.


· Types de dangers liés aux rapports sexuels précoces selon les adolescents

Tableau XIX : Fréquences des dangers liés aux rapports sexuels précoces selon les enquêtés

n= 254

Les dangers liés aux rapports sexuels précoces Fréquence Pourcentage

selon les adolescents (%)

Les grossesses non désirées 142 55,90

Les IST / Sida 117 46,06

Les traumatismes physiques et psychologiques 38 14,96

Les accouchements difficiles 22 8,66

L'exclusion familiale 10 3,93

L'abandon scolaire 07 2,75

Selon les adolescents qui reconnaissent l'existence de dangers liés aux relations sexuelles précoces, les principaux dangers résident dans les grossesses non désirées et les IST/ VIH/ Sida.


· Approbation de la planification familiale chez les adolescents

Des 400 adolescents interrogés, 215 soit 53,75 % approuvent la planification familiale.

Tableau XX : Approbation de la planification familiale selon le sexe

 
 
 
 

n=400

SEXE

 

Réponses

 

TOTAL

 

OUI

NON

 

120

95

(55.81%)

(51.35 %)

95
90

215
185

Total

215

(53.75%)

184

400

 

÷2 = 0.79 ddl= 1 P=0.37

La proportion des enquêtés de sexe féminin qui approuvent la PF est de 55.81% contre 51.35% chez les masculin.

Tableau XXI : Scolarisation et approbation de la planification familiale

n = 400

Scolarité

Approbation de la PF

TOTAL

 
 
 
 

OUI NON

Scolarisé 161 (57,70%) 118 (42,3%) 279

Non scolarisé 54 (44,62%) 67 (55,38%) 121

Total 215 (53,75%) 185 400

÷2 = 5.79 ddl= 1 P=0.016 OR= 1,69 (1,08< OR < 2 ,66)

Ceux qui ne sont pas scolarisés ont 1,69 fois plus de chances de ne pas approuver la planification familiale.


· Raisons évoquées par les adolescents qui approuvent la planification familiale

Tableau XXII : Fréquences des motifs d'approbation de la planification familiale selon les adolescents

n= 215

Les motifs de l'adhésion à la PF selon les Fréquence Pourcentage

adolescents (%)

Permet une meilleure gestion de la famille 67 31,16

Les contraceptifs sont abordables 03 1,39

Permet la poursuite des études 07 3,23

Prévient les GND 30 13,95

Prévient les IST 05 2,32

Sans réponse 113 52,55


· Raisons évoquées par les adolescents qui n'approuvent pas la planification familiale

Tableau XXIII : Raisons de la non adhésion à la PF selon les adolescents

n= 185

Les raisons de la non adhésion à la PF selon les Fréquence Pourcentage

adolescents (%)

Donne des maladies 15 8,1

Rend stérile 14 7,56

Interdite par la religion 11 5,94

Ne connaît pas la planification familiale 08 4,32

Sans réponse 137 74,05

Comme argument de leur non approbation de la planification familiale, 3/4 des adolescents interrogés n'ont pu trouver une raison, par contre certain estime que cela est essentiellement du au fait que la pratique contraceptive expose à des maladies ou à la stérilité et d'autres affirme que sa pratique est interdite par la religion.


· Désir d'informations des adolescents sur la planification familiale et les infections sexuellement transmissibles

Des 400 adolescents interrogés, 287, soit 71,75 % désirent avoir des informations sur la PF et les IST/ VIH / Sida.

Tableau XXIV : Fréquences des besoins d'information sur la planification familiale

n= 287

Les besoins d'information des adolescents sur Fréquence Pourcentage

la PF et les IST/ VIH/ Sida (%)

Les modes de transmission et comportements à 178 62,02

moindre des IST/ VIH / Sida

Les méthodes contraceptives modernes 59 20,55

22 7,66

La prévention des GND

133 46,34

Sans réponse

Deux tiers des adolescents qui ont des besoins d'information souhaitent être sensibilisés sur les modes de transmission des IST / VIH / Sida et les comportement à moindre risque.


· Les canaux d'informations souhaités par les adolescents pour être

sensibilisés sur la planification familiale et les infections sexuellement transmissibles

Tableau XXV : Canaux d'information souhaités par les adolescents

n= 287

Les canaux d'information sur la PF et les IST/ Fréquence Pourcentage

VIH/ Sida souhaités par les adolescents (%)

Les causeries éducatives ( AS / ASC) 177 61,67

La Radio 141 49,12

La télévision 140 48,78

Des théâtres forums 23 8,01

Des modules sur la PF et les IST à l'école 20 6,96

Des projections vidéo 19 6,62

Les causeries éducatives animées par les prestataires de santé et ou les agents de santé communautaires constituent la principale voie de sensibilisation sur la PF et les IST/ VIH / Sida souhaitée par les adolescents.

3.4. PRATIQUES DES ADOLESCENTS EN MATIERE DE PLANIFICATION FAMILIALE

· Age des premiers rapports sexuels des enquêtés Tableau XXVI : Ages des premiers rapports sexuels

 
 

n=400

Age des premiers rapports sexuels

Effectifs

Proportion (%)

10

1

0,40

12

4

1,50

13

4

1,50

14

23

8,70

15

54

20,50

16

78

29,70

17

56

21,30

18

31

11,80

19

12

4,60

 

263

100

 

Total

Des 400 enquêtés, 263 disent avoir déjà eu des rapports sexuels et l'age moyen des premières expériences sexuelles se situe à 16,15 pour les filles et 15,99 ans pour les garçons.

· Relations sexuelles au cours des douze derniers mois Sur les 263 enquêtés qui ont déjà une expérience sexuelle, 210 soit 79,8 % disent

avoir eu des rapports sexuels au cours des douze derniers mois.


· Nombre de partenaires sexuels au cours des 12 derniers mois

Tableau XXVII : Nombre de partenaires sexuels au cours des douze derniers mois chez les enquêtés ayant eu une expérience sexuelle selon le sexe

n=210

Nombre de

partenaires sexuels

au cours des 12

derniers mois Nbre

F

%

Sexe

Nbre

M

%

Effectifs

1

 

50

50,50

49

49,5

99

2

35

51,5

33

48,5

68

3

15

50

15

50

30

4

2

50

2

50

4

5

3

75

1

25

4

6

1

50

1

50

2

8

0

0

1

100

1

9

1

100

0

0

1

10

0

0

1

100

1

Total

107

51

103

49

210

La moyenne du nombre de partenaires sexuels au cours des douze derniers mois se situe à 2 avec des extrêmes de 1 à 10 par enquêter.


· Utilisation des méthodes contraceptives par les enquêtés

Sur les 263 enquêtés qui ont eu une expérience sexuelle au cours de leur vie, 144 soit 54,8 % disent avoir déjà utilisé une méthode contraceptive.

Tableau XXVIII : Utilisation d'une méthode contraceptive selon le

sexe

 
 
 

n= 263

Scolarité

 

Utilisation de méthode
contraceptive

TOTAL

 

OUI

NON

F M

71

73

(26,99%)

(27,75%)

64
55

135
128

Total

144

(54,75%)

119

263

÷2 = 0,52 ddl= 1 P=0.47

La proportion des enquêtés de sexe féminin ayant déjà utilisé une méthode contraceptive est de 26,99%, contre 27,75% pour le sexe opposé.


· Les raisons de l'utilisation des méthodes contraceptives par les enquêtés

Tableau XXIX : Fréquences des raisons de l'utilisation de

méthodes contraceptives

n= 144

Les motifs d'utilisation d'une méthode Fréquence Pourcentage

contraceptive selon les enquêtés (%)

Pour éviter une grossesse 103 71,52

Pour éviter une infection sexuellement

transmissible 56 38,88

Ne sait pas 03 2,08

Trois quarts des enquêtés ayant utilisé une méthode contraceptive disent que c'était dans le but d'éviter une grossesse.


· Les sources d'approvisionnement en contraceptifs selon les enquêtés

Tableau XXX : Fréquences des sources d'approvisionnement en contraceptifs

n= 144

Les sources d'approvisionnement en contraceptifs des enquêtés ayant une expérience sexuelle

Fréquence Pourcentage

(%)

Dépôt pharmaceutique 76 52,77

Boutiques ou marchés 42 29,16

Centre de santé 24 16,66

Près de la moitié des enquêtés utilisant une méthode contraceptive s'approvisionnent en contraceptifs dans les dépôts pharmaceutiques.


· Les raisons de la non utilisation d'une méthode contraceptive
moderne chez les enquêtés ayant une expérience sexuelle

Tableau XXXI : Fréquences des raisons de la non utilisation de la contraception chez les enquêtés sexuellement actifs

n= 119

Motifs non utilisation méthode contraceptive Fréquence Pourcentage

moderne (%)

Apres mariage 28 23,52

Interdite par la religion 16 13,44

Abstinence périodique 11 9,24

Nocive à la santé 10 8,40

Age jeune 7 5,88

C'est pour les infidèles 4 3,36

Ne sait pas 48 40,33

Parmi les enquêtés sexuellement actifs,bon nombre ( 23,52 % ) disent attendre après le mariage pour adopter une méthode contraceptive,d'autres par contre (13,4%) disent que les méthodes contraceptives modernes sont interdites par leur religion.


· Les difficultés liées à l'utilisation des services de PF par les adolescents

Tableau XXXII : Fréquences des difficultés liées à l'accès des services de PF par les adolescents

n=400

Difficultés liées à l'accès aux services de PF Fréquence Pourcentage

(%)

Eprouve de la honte 173 43,25

Absence de services de santé spécifiques aux

jeunes et adolescents 80 20

L'éloignement des services de santé 54 13,5

Inaccessibilité financière 46 11,5

Insuffisance de l'accueil dans les services de

santé 44 11

La PF est mal vue par la religion 13 3,25

Sans réponse 64 16

Des 400 enquêtés, environ la moitié (43,25 %) disent éprouver de la honte pour utiliser les services de santé reproductive, bon nombre également explique la sous utilisation des services de PF par l'absence de services spécifiques aux jeunes et adolescents.


· Les suggestions faites par les adolescents pour améliorer leur utilisation des services de PF.

Tableau XXXIII : Différentes suggestions pour améliorer l'utilisation des services de PF selon les adolescents

Suggestions pour améliorer l'utilisation des services de planification familiale selon les adolescents

Renforcer les activités de sensibilisation à travers des causeries éducatives

Créer des centres d'écoute pour jeunes

Rendre disponible les contraceptifs au niveau des villages et quartiers

Impliquer les hommes dans les activités de sensibilisation sur la PF

Module de PF dans les établissements scolaires Impliquer les leaders religieux dans les activités de sensibilisation sur la PF

Sans réponse

 

n= 119

Fréquence

Pourcentage
(%)

213

53,25

191

47,75

49

12,25

28

7

12

3

11

2,75

19

4,75

Près de la moitié des adolescents (53,25 %) interviewés pensent qu'il faut renforcer les activités de causeries éducatives, selon toujours les adolescents la création de centres d'écoute pour jeunes serait salutaire.

IV- DISCUSSIONS

Au total ,215 adolescentes sur les 400 ont été concernées par l'enquête, soit 58,8 % ce qui donne un sexe ratio de 0,86. Ce constat semble proche de la situation nationale car selon les résultats du RGPH 2006, la gente féminine du Burkina Faso constitue 52 % de la population.

La plupart des adolescents (e) ont un niveau scolaire secondaire (35 %) ou primaire (33,5 %). Une étude menée en 2006 montre que les Chez les 15-19 ans, 64% des filles et 53% des garçons n'ont jamais été à l'école. [ 10 ]

La proportion de filles et de garçons célibataires est très importante. Elle constitue 329 sur les quatre cent adolescents(e) s touché(e) s par le questionnaire, soit 82,30%.

4.1. Connaissances des adolescents en matière de planification familiale

Bien que la proportion des adolescents qui ont entendu parler de PF soit bonne (86,5%), la plupart de ces derniers limite sa définition à l'espacement des naissances, occultant ainsi son aspect préventif vis-à-vis des infection sexuellement transmissibles. Une étude menée au Mali soutient que 71,6% des adolescents assimilent la planification familiale à l'espacement des naissances [ 15 ] .D'où des risques d'une plus grande exposition des adolescents face aux infections sexuellement transmissibles.

L'enquête nous permet également de mesurer l'importance de l'éducation dans la promotion de la santé. En effet la proportion des enquêtés scolarisés qui connaissent au moins une méthode contraceptive est de 73,83 % contre 66,75 % pour l'ensemble des enquêtés,contrairement à une étude menée en 2004 au Sénégal ou seulement une tendance de 54,80% des jeunes ne connaissent pas le concept de la contraception [ 8 ]. Cela confirme l'affirmation selon laquelle « sans éducation, toute action visant au développement est vouée à l'échec... » Les établissements scolaires pourraient également servir de précieux canaux pour passer des messages sur la santé sexuelle et reproductive à l'endroit des adolescents

Une bonne exposition aux medias,constitue un important moyen d'accès à
l'information sur la planification familiale ;dans notre étude,parmi ceux qui sont

exposés à la radio,90,87 % ont entendu parler de la PF contre 75,65% pour les autres. Nous avons obtenu un ÷2 (Chi Carré de Mantel-Haenszel)= 16,22 avec

P< 0,05 (0,000057) ; ce qui justifie que la radiodiffusion pourrait donc constituer un canal de choix pour la diffusion de messages sur la planification familiale et les infections sexuellement transmissibles.

4.2. Attitude des adolescents vis-à-vis de la planification familiale

L'étude nous permet de constater que les adolescents n'ont pas toujours des attitudes favorables à la planification familiale.

L'approbation de la planification familiale reste faible, seulement 215 personnes sur les 400 soit 53,75 % approuvent la planification familiale. Par contre on notera que la scolarisation permet une plus grande ouverture à la planification familiale ; 57,7 % des scolarisés approuve la planification familiale contre 44,62 % pour les non scolarisés (÷2 = 5,79 et P=0,016).

Il ressort de l'étude que la non approbation de la planification familiale est favorisée par l'ignorance, mais aussi par des facteurs culturels ; 5,94 % des adolescents disent qu'elle est interdite par la religion. Aussi 13,44 % des adolescents sexuellement actifs affirment ne pas utiliser une méthode contraceptive parce que, interdite par la religion.

On constate également que malgré les multiples campagnes d'informations de masse sur la planification familiale et les infections sexuellement / VIH /Sida, les besoins d'informations restent toujours énormes chez les adolescents du milieu rural. Pratiquement les 3/ 4 d'entre eux désirent avoir des informations sur ces thèmes. D'autan plus que Les canaux d'informations souhaitées sont par ordre d'importance les causeries éducatives animées par les agents de santé (61,67 %), la radio (49,12%) et la télévision (48,78. Cet état de fait interpelle d'avantage les prestataires de santé car les activités de sensibilisation semblent souvent reléguées au second plan au profit de celles curatives.

Si beaucoup d'adolescents estiment que les rapports sexuelles précoces sont essentiellement dues aux pulsions sexuelles ,bon nombre d'entre eux ( 20,5 % ) pensent également qu'ils sont favorisés par les projections de films pornographiques dans les espaces publiques ( vidéo clubs ) sans interdiction d'accès aux mineurs. Une situation qui interpelle plus d'un, à commencer par les autorités locales.

4.3. Pratiques des adolescents en matière de planification familiale

Le moment du premier rapport sexuel est un indicateur important du début et de la durée de la vulnérabilité au risque à la fois de grossesse non désirée et d'infection par les IST/VIH. Les adolescents courent des risques biologiques plus élevés tant en ce qui concerne les complications de la grossesse et de l'accouchement que les infections par des IST.

L'étude nous permet de constater que les adolescents n'ont pas des attitudes favorables à une sexualité saine et responsable. Pour bon nombre d'entre eux, la moyenne de l'age idéal pour les premiers rapports sexuels se situent à 17,7 ans mais en pratique, dans cette étude l'age moyen des premiers rapports sexuels est de 16 ans contre 15,84 ans selon une étude au Niger [ 2 ]. Sur les 400 interrogés 263 (65,75 %) ont déjà une expérience sexuelle et 79,8 % de ces derniers ont eu des rapports sexuels au cours des 12 derniers mois avec en moyenne 2 partenaires. Ces rapports étant très souvent occasionnels (82,30% de célibataires), l'utilisation des moyens de protection n'est pas systématique. Seulement 54,8 % des adolescents sexuellement actifs ont déjà utilisé une méthode contraceptive. Aussi 71,52 % de ceux qui utilisent des méthodes contraceptives le font dans le but d'éviter une grossesse, contre 38,88 % pour les IST. En 2004 au Burkina Faso, chez les 15 - 19 ans, 70% des filles et 40% des garçons sexuellement actifs déclarent ne pas utiliser de contraceptifs [ 13 ].Une étude similaire au Mali révèle que 52,2 % des adolescents scolarisés et 55,9 % de ceux non scolarisés utilisent une méthode contraceptive[ 6 ].

Concernant les sources d'approvisionnement en contraceptifs, les formations sanitaires sont peu utilisées. En effet, seulement 16,66 % des adolescents qui utilisent des méthodes contraceptives s'approvisionnent dans les établissements sanitaires. Par ailleurs une étude menée à Lomé au Togo montre que 3,8 % des adolescentes enquêtées ont déclaré s`approvisionner dans un centre de santé et 20,6 % à la pharmacie ou au marché [11]. Cela constitue des occasions manquées pour une diffusion de la bonne information sur les méthodes contraceptives et la planification familiale en générale. Cette situation pourrait être due à un accueil insuffisant dans les structures sanitaires. Le fait que 43,25 % des adolescents disent éprouver de la honte en utilisant les services de santé et que 11 % d'entre eux trouvent l'accueil insuffisant corrobore ce constat. D'autres raisons expliquent cette

sous utilisation, notamment, l'éloignement des services de santé, l'inaccessibilité financière, la mauvaise perception de la planification par la religion.

D'où l'urgence de repenser les approches dans l'offre et la promotion des services en prenant en compte toutes les sensibilités sociales et culturelles.

Des suggestions ont été également faites par les adolescents dont la mise en oeuvre permettrait d'améliorer l'utilisation des services de santé sexuelle et reproductive par cette couche de la population.

V - RECOMMANDATIONS

L'étude nous permet de dégager des insuffisances relatives aux connaissances, attitudes et pratiques des adolescents dans un contexte rural.

Des recommandations sont donc formulées en vue de contribuer à l'amélioration de la santé sexuelle et reproductive des adolescents, surtout dans le contexte rural.

A court terme

Aux autorités communales :

> Renforcer le contrôle des vidéos club/ salles de cinéma et interdire les projections de films pornographiques en séances publiques ;

> Appuyer les prestataires de santé dans les actions de plaidoyer et de sensibilisation sur la santé sexuelle et reproductive .

Aux prestataires de santé :

> Organiser des sorties de plaidoyer sur la santé sexuelle et reproductive des

adolescents auprès des leaders communautaires et surtout religieux, ;

> Impliquer les leaders communautaires, religieux, les adultes, jeunes et

adolescents dans les activités de sensibilisation sur la PF ;

> Renforcer les activités de sensibilisation sur la PF et la santé sexuelle et reproductive des adolescents ;

> Améliorer l'organisation des services de santé en tenant compte de la spécificité de la santé des adolescents ;

> Organiser des rencontres d'information à l'endroit des responsables de jeunes, des responsables d'établissements scolaires ;

> Appuyer les enseignants dans la dispensation des cours sur la santé de la reproduction en générale et la PF de façon spécifique ;

> Améliorer la disponibilité des contraceptifs au niveau communautaire, surtout pour les réapprovisionnements, en impliquant les ASC ;

> Renforcer l'utilisation des medias de masse tels que la Radio pour la diffusion de messages sur la PF.

A moyen terme

Aux autorités communales :

> Faire un plaidoyer auprès des partenaires locaux en vue de la réalisation de centres d'écoute pour jeunes.

Aux autorités socio sanitaires, éducatives, politiques et ONG

> Créer des structures de prise en charge des adolescents à tous les niveaux de la pyramide sanitaire ;

> Renforcer les capacités des prestataires de santé dans le domaine de la santé sexuelle et reproductive des jeunes et adolescents ;

> Intégrer des modules d'enseignements sur la SR/ PF dans les programmes scolaires ;

> Accroître les financements des activités de promotion de la santé sexuelle et reproductive des jeunes et adolescents ;

> Appuyer la recherche opérationnelle dans le domaine de la santé de la
reproduction en générale et celle des jeunes et adolescents en particulier.

CONCLUSION

Au terme de notre étude, se dégage une vue d'ensemble des connaissances, attitudes et pratiques des adolescents du milieu rural en matière de planification familiale .

Les résultats nous rappellent la nécessité de trouver des stratégies adéquates et pérennes pour une meilleure promotion de la santé sexuelle et reproductive des adolescents, en particulier la planification familiale pour cette frange de la population tout en tenant compte des spécificités géographiques, sociales et culturelles.

Des résultats, on retiendra que bon nombre d'adolescents ont déjà entendu parler de la planification familiale, mais beaucoup d'entre eux l'assimilent à l'espacement des naissances.

L'étude nous a également permis de mesurer l'importance de l'éducation dans l'accès à l'information sur la planification familiale par les adolescents et l'adéquation de l'utilisation des medias de masse tels que la radio pour la diffusion des messages sur la PF.

Aussi, on retiendra de l'étude que les adolescents ruraux n'ont pas toujours des pratiques favorables à la planification,notamment la précocité des rapports sexuels, le multi partenariat sexuel et la non utilisation systématique de contraceptifs lors des contacts sexuels. Parmi ceux qui ont déjà utilisé des contraceptifs, l'objectif était essentiellement d'éviter la grossesse, la prévention des IST semblait ne pas être une grande préoccupation.

Néanmoins, l'espoir semble permis, d'autan plus que la plus part des enquêtes confèrent des avantages socio sanitaires à la planification familiale et souhaitent d'avantages avoir des informations sur ce thème.

Les services de santé classiques sont peu utilisés par les adolescents pour leurs besoins en PF, selon leurs dires, cette situation serait due à des facteurs d'ordres socio culturels, structurels, émotionnels et économiques.

Dans cette optique, des recommandations ont été formulées à l'endroit des décideurs locaux, politiques, des OBC et des prestataires de santé. La mise en oeuvre de ces différentes recommandations apportera une contribution conséquente à la promotion de la planification familiale auprès de cette couche de la population.

REFERENCES BIBLIOGRAPHIQUES

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2.. AMADOU. D.M

Déterminants des comportements sexuels à risque d'infection au VIH/Sida chez les adolescents au Niger, 2007,129 p.

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Enquête démographique et de santé III, 2003,471 p.

4..OUATTARA A.L, GUESSOU L., AHIMOU A.

Etudes des facteurs de sous utilisation des services de planification familiale et de prévention des IST/VIH/Sida par les populations des districts sanitaires de Bondoukou et de Tanda, 2006.

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La planification familiale et les jeunes, leurs choix créent l'avenir, 2007, Série Maternel Survival and Women Deliver de The Lancet (2006/2007).

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Connaissances, attitudes et pratiques en matière de santé reproductive des adolescents du centre de dépistage volontaire, anonyme et gratuit (CDVAA) de Pikine-Guediawaye, 2005, 73 p.

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Connaissances, attitudes et pratiques de santé reproductive au Centre, au Nord, à l'Est et dans le Sud du Cameroun, 2002, 38 p.

10. GUIELLA G, WOOG V.

Santé sexuelle et reproductive des adolescents au Burkina Faso:Résultats d'une enquête nationale, 2004, Occasionnel Report N°21, A vril 2006,152 p.

11.. AGBERE A.D et Col

Utilisation des méthodes contraceptives par les jeunes femmes de Lomé,1999,Cahiers d'études et recherches francophones / santé.Volume 13,numéro 4, 243-51.

12. USAID (Initiative des politiques de santé)

Atteindre les OMDs, la contribution de la planification familiale, Burkina Faso. http://www.healthpolicyinitiative.com, http://www.ghiqc.usaid.gov

13.. GALIS M.C.

Santé sexuelle et reproductive des adolescents au Burkina Faso : Etat des lieux, 2004, Occasionnel Report, New York : The Alan Guttmacher Institute 2004,

Numéro 12.

14. CONGO Z.

Les facteurs de la contraception au Burkina Faso. Analyse des données de l'enquête démographique et de santé de 1998/99, 2005, 53 p.

15. CISSE H.

Etude comparative des connaissances attitudes et pratiques des adolescents scolaires et non scolaires en matière d'IST/Sida dans la commune de Sikasso,2002, 121 p.

ANNEXE I : Guide d'entretien semi structuré

Guide d'entretien : Connaissances, Attitudes et Pratiques en planification familiale des adolescents de la Commune rurale de NIAOGHO / BURKINA FASO.

Nom de l'enquêteur

Numéro : - |___|___|___| Date : / /

I - INFORMATIONS GENERALES

1 - Age |___|___| ans

2 - Sexe : Masculin Féminin

3 - Niveau d'études : N'a pas fait l'école Primaire Secondaire Supérieur

4 - Statut matrimonial : Célibataire Marié(e) Divorcé(e) Veuf (ve) concubin (e)

5 - Avez - vous un(e) petit(e) ami(e) ? Oui Non

6 - Appartenez- vous à quelle religion ?

Musulmane Catholique Protestant Animiste Pas de religion

Autre Préciser

7 Appartenez-vous à un groupe ou club social ? Non Oui 7.1 -Si oui, quel(s) type(s) de groupe ou club social ?

Association à base religieuse Club de sports

Troupe théâtrale/danse/musique Associations/clubs de jeunes contre le SIDA Croix rouges Guides/scouts Club de jeunes Association sur base agropastorale

8 - À quelle fréquence écoutez-vous la radio ?

Presque tous les jours Au moins une fois par semaine Moins d'une fois par semaine Pas du tout

9 - À quelle fréquence suivez-vous la télévision ?

Presque tous les jours Au moins une fois par semaine Moins d'une fois par semaine Pas du tout

10 - À quelle fréquence lisez-vous un journal ou une revue ?

Presque tous les jours Au moins une fois par semaine Moins d'une fois par semaine Pas du tout

11 - Avez-vous déjà utilisé Internet ? Oui Non Ne connait pas internet

II - CONNAISSANCES SUR LA PLANIFICATION FAMILIALE

12 - Avez - vous déjà entendu parler de la planification familiale ? Oui Non

13 - De quoi, s'agit-il ?

14 - Par quelles sources, avez vous entendu parler de la planification familiale ? Radio Télé Autres(Préciser)

:

15 - Y a t-il des avantages à la PF ? Oui non NSP , si oui, citez ceux que vous connaissez

16 - Y a t-il des inconvénients liés à la PF ? Oui non NSP si oui, citez ceux que vous connaissez

17 - Avez-vous déjà entendu parler des infections sexuellement transmissibles ? Oui Non

17.1- Pouvez-vous citer les manifestations des infections sexuellement Transmissibles ?

18 - Connaissez-vous au moins une méthode contraceptive quelconque ? Oui

Non

18.1. Si oui, quelle(s) méthode(s) contraceptive moderne connaissez-vous ? Stérilisation féminine Stérilisation masculine Pilule DIU/Stérilet

Injections Implants/Norplants/Jadelle Condom masculin Condom féminin spermicide Pilule du lendemain

autres

18.2. Si oui, connaissez-vous une méthode contraceptive traditionnelle ? Continence périodique Retrait Abstinence Herbes/ amulettes/ ceinture magique Autre

III - ATTITUDES VIS-A-VIS DE LA PLANIFICATION FAMILIALE

19 - Quel est, selon vous, l'âge idéal pour les premiers rapports sexuels ? |___|___| ans

20 - Quelles sont, selon vous, les motifs qui peuvent pousser à des rapports
sexuels précoces

21 - Y a t- il des dangers liés aux relations sexuelles précoces ? Oui n Non n NSP n

26.1. Si oui, lesquels?

22 - Approuvez - vous la planification familiale? Oui n Non n 22.1. Si oui, pourquoi ?

22.2. Si non, pourquoi ?

23- Désirez-vous obtenir plus d'informations sur la planification familiale et les infections sexuellement transmissibles/VIH SIDA ? Oui n Non n

23.1. Si oui, sur quels aspects ?

24 - Par quels moyens aimeriez-vous être informé sur la planification familiale et les infections sexuellement transmissibles/VIH SIDA ?

IV - PRATIQUES EN MATIERE DE PLANIFICATION FAMILIALE

25 - A quel âge avez-vous eu vos premiers rapports sexuels ?

|___|___| ans

26 - Au cours des 12 derniers mois avez-vous eu des rapports sexuels ? Non n Oui n

26.1. - Si oui avez-vous eu combien de partenaires au cours des 12 derniers mois ? |___|___|

27 - Avez-vous déjà utilisé une méthode contraceptive ? Non n Oui n 27.1 - Si non pourquoi ?

Sans réponse n abstinence n après le mariage n c'est pour les prostituées n Age jeune n interdit par la religion n ce n'est pas bon n pas encore fait de rapports sexuels n ne sais pas n

27.2 - Si oui pour quelles raisons utilisez vous la contraception ? Pour éviter une IST n pour éviter une grossesse n ne sait pas n

28 - Quelles sont vos sources d'approvisionnement en méthodes contraceptives ?

Ecole n Boutique/Marché n Dépôt Pharmaceutique n Centre de santé n Autres n (Préciser)

:

...

29 - Quelles sont les difficultés que vous éprouver pour avoir accès aux services de planification

familiale ?

30 - Quelles suggestions faites-vous pour améliorer l'utilisation des services de planification familiale par les

adolescents ?

ANNEXE II : Autorisation d'enquête

ANNEXE III : Cartes géographiques

Commune de Niaogho Carte géographique du Burkina Faso