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Protection et Gestion du patrimoine culturel du Cameroun : Proposition pour la mise en valeur des sites archéologiques.

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par François NGOUOH
Université Senghor  - Master professionnel 2011
  

sommaire suivant

Protection et Gestion du patrimoine culturel du Cameroun :
Proposition pour la mise en valeur des sites archeologiques.

(François NGOUOH)

Liste des acronymes et abréviations utilises

- CEO Mount Cameroon: Mount Cameroon Inter-communal Ecotourism Board.

- DSRP : Document de stratégie pour la réduction de la pauvreté.

- ICOM : Conseil international des musées.

- ICOMOS: Conseil international des monuments et sites. - MI NCULT : Ministere de la culture du Cameroun.

- MI NTOUR : Ministere du tourisme du Cameroun. - OMT : Organisation mondiale du tourisme.

- PIB : Produit intérieur brut.

- RCA : République centrafricaine.

- REPAC : Réseaux des aires protégées d'Afrique centrale.

- UNESCO : Organisation des Nations Unies pour l'Education la Science et la Culture.

Les temoins materiels du passe que sont les sites archeologiques et les vestiges qui leur sont associes sont des destinations touristiques mondialement reconnues. Ils constituent des sources d'entree de devises pour les economies des pays tels l'Egypte, le Canada ou la France. Ces pays figurent parmi les meilleures destinations touristiques proposees par les tours operateurs. En 2009, la France a regu pr$s de 74 millions de visiteurs internationaux, pour un revenu de 42 millions de millions de dollars. L'apport du tourisme dans le PIB frangais est de 6,4 %. En Egypte, le tourisme a employe en 2010 pr$s de 12 % de la population active. Le pays a ete visite par 13 millions de touristes internationaux ce qui a rapporte pr$s de 7 milliards de dollars, et pour un apport de 11 % au PIB1.

Le Cameroun est generalement presente comme une Afrique en miniature. Les auteurs de cette assertion se basent sur le fait que, de par sa position geographique, le pays est depuis la prehistoire jusqu'a l'epoque actuelle la zone de rencontre de peuples venus d'Afrique de l'ouest, du centre, de l'est et du Sahara2. Le brassage des populations aux modes de vie differents qui y vivent en est une illustration. Du sud vers le nord il coexiste une association foret -- savane -- sahel, et celle-ci influence les mceurs et coutumes des peuples qui y vivent depuis des millenaires3. Le Reverend Pere Engelbert MVE NG, avait declare que : « le Cameroun regorge de bien des vestiges de la présence ancienne de l'homme (...) les gravures rupestres du Nord-Cameroun, les urnes funéraires de la période sao, les outils taillés et les pierres polies »4. Bien que disposant a l'epoque de tres peu de donnees, ces observations furent confirmees quelques annees plus tard par de nombreuses decouvertes. A ce jour, il est admis que les plus anciennes traces materielles de presence humaine remontent a pr$s de 30 000 ans5. En plus des vestiges enumeres en 1992, on peut citer d'autres tels les fragments et tessons de poterie, les pierres levees, les tessons de verre et perles d'origine europeenne de la periode precoloniale. Tous ces temoins ont ete recoltes pendant les campagnes de fouille de sites de plein air, d'abris sous roche ou de grottes6. Les structures megalithiques de l'Adamaoua et des Grassfields, les

1 www.omt.org consulte le 25 avril 2011

2 ASOMBA NG, R. (1988). Bamenda in Prehistory (the evidence from Fiye Nkwi, Mbi Crater and Shum laka rock shelters). Ph.D thesis, University of London, 496 pages.

ATA NGA NA C. (1992) Les fosses d'Okolo (sud du Cameroun): fouiles et axes de recherches in Nyame Akuma, 38, pp.7-13. FROME NT, A. GUFFROY, J. (2003). (Ed.) Peuplements anciens et actuels des forêts tropicales. Editions IRD, Collection Colloques et Seminaires, Paris, 358 pages.

3 www.mintour.gov.cm consulte le 10 mars 2011

4 MVE NG (E.), ESSOMBA (J.M.), De MARET(P.), MARLIAC (A.), WAR NIER (J.-P.), (1992), Table ronde, peuplement ancien du Cameroun, In L'archeologie au Cameroun, ESSOMBA, J.M., (ed), Khartala, Paris, pp. 323 -- 325.

5 LAVACHERY, P. (1998 b). Le peuplement des grassfields : recherches archéologiques dans l'ouest du Cameroun, in Afrika Focus, Vol. 14, Nr. 1, 1998, pp. 17-36.

6 ATEBA, L. F. (2003). Preliminary study of lithic material from the Ocean division. Memoire de maitrise, Universite de Yaounde I, 80 pages.

LAVACHERY, P., MacEACHER N, S., TCHAGO, B., GOUEM GOUEM, B., KI NYOCK, P., MBAIRO, J., MBIDA, C., et NKOKO NDA, O. (2005 b). Kome to Ebome: Archaeological research for the Chad Export Project, 1999-2003 in Journal of African Archaeology 312, pp 175 -- 193.

GOUEM GOUEM, B. (2005). Archéologie de la cote méridionale camerounaise. Données préliminaires pour l'étude du peuplement holocene du bas -- Nyong, Memoire de DEA, Universite Libre de Bruxelles, 130 pages.

MBIDA, C. (1992). Etude préliminaire du site de Ndindan et datation d'une premiere série de fosse. In L'archeologie au Cameroun, ESSOMBA, J.M., (Ed), Khartala, Paris, pp 263-284.

NGOUOH, F. (2008). Archéologie du Littoral Atlantique camerounais: Etude des sites du bassin de la Lokoundjé. Memoire de DEA, Universite de Yaounde I, 122 pages.

gravures rupestres de la region de Bidzar, les abris sous roche de la zone de Bamenda ou les sites a fosse de Yaounde et du littoral camerounais en sont des exemples. Bien qu'ils attestent d'une occupation humaine depuis le paleolithique, ils ne sont pas mis en valeur. Et, malgre ces potentialites importantes l'industrie du tourisme joue encore un role mineur dans l'economie camerounaise en ne representant que 2,5 % du PIB7.

Le Cameroun regorge d'un patrimoine culturel et naturel diversifie et varie qui merite d'être mis en valeur, mais qui ne beneficie pas d'actions de protection, de conservation et de valorisation. Ces constatations soulevent le probleme de la gestion des sites historiques et archeologiques a valeur patrimoniale au Cameroun. On peut des lors se demander s'il est possible de promouvoir les richesses naturelles et culturelles du Cameroun a l'exemple des paysages naturels ou les realisations culturelles des Grassfields ? Ce questionnement est oriente vers une mise en valeur du patrimoine archeologique constitue de pierres levees, et reconnues comme des temoignages du mode de vie des hommes du passe. Il souleve la problematique du role et de la place des structures en pierre dans les societes anciennes. En y ajoutant un volet socio-anthropologique il peut aider a comprendre leur fonction dans les societes actuelles et a emettre des hypotheses sur celles du passe. Vu dans un angle de valorisation de ce patrimoine, on peut s'interroger sur les enjeux d'une mise en valeur des vestiges du passe dans les societes actuelles ? Quel inter=t y a-t-il a valoriser le patrimoine archeologique du Cameroun en general et particulierement les sites a megalithiques des Grassfields ? Quel mecanisme peut etre elabore pour valoriser et promouvoir ce patrimoine pourtant present mais dont on parle tres peu au Cameroun ? Au vu des activites humaines du passe, de la dynamique d'occupation de l'espace et d'une approche integree de la culture materielle, quelle est la place accordee par les populations actuelles a ces temoins materiels ?

Selon la legislation en vigueur au Cameroun8, la gestion du patrimoine s'accompagne de mesures de protection et de mise en valeur de ce dernier. Cette preoccupation s'inscrit dans deux composantes : une d'ordre economique et l'autre d'ordre social. Aucune societe ou pays ne peut en effet se separer de ses deux elements ou de l'un des deux dans tout effort de valorisation de son patrimoine.

Dans le cadre de cette etude, qui voudrait montrer la possibilite pour le Cameroun de mettre en valeur son patrimoine culturel en general et particulierement son patrimoine archeologique, nous essaierons d'abord d'y faire l'etat de la question en matiere de tourisme et du patrimoine culturel. Ensuite, nous ferons une proposition de reponse au probleme de la valorisation des biens culturels en general, et particulierement des sites archeologiques et les vestiges qui leur sont associes. Nous focaliserons nos exemples sur les sites a megalithes de la region des Grassfields. Mais il est important de savoir que cet exemple peut etre applique a n'importe quel site archeologique du Cameroun.

NLE ND NLE ND, P. R., (2002). Inventaire des sites archéologiques de Kribi a Campo : études préliminaires des sites Malongo 1, Allendé-Dibé 3 & Boussibiliga 1. Memoire de maitrise, Universite de Yaounde I, 118 pages.

7 Chiffre donne lors d'une interview en 2010 par S.E El Hadj Baba Hamadou, ministre dut tourisme. Consultable sur le site : http://www.afrik.com/article19928.html.

8 Loi n°91/008 du 30 juillet 1991 portant protection du patrimoine naturel et culturel national.

Cadre conceptuel.

> Le mégalithisme.

S'il est aujourd'hui admis que les megalithes constituent les premieres formes d'architecture de pierre, leur fonction premiere reste encore a elucider dans certaines regions du monde. Selon son etymologie, le mot vient du grec megas (grand) et de lithos (pierre). Il s'agit d'un monument forme de gros blocs de pierres brutes9. Le terme designe les monuments de pierres souvent de grandes dimensions dresses par les hommes du passe. Dans le monde, chacune de ces structures a ses caracteristiques. Elles ne sont pas homogenes et different en fonction des regions of., elles sont localisees. Les interrogations sur le megalithisme ont souleve la question de la fonction premiere de ces structures de pierre dans le passe. Dans differentes societes et regions du monde, elles furent levees par des groupes n'ayant eu aucun lien et aucun contact. Pour ceux ayant herite de ces temoins, la seule connexion est souvent le fait de partager ou d'heriter du meme territoire que les batisseurs des structures observees qui sont a juste titre considerees comme les traces de leur presence ancienne10. Selon GUILAI NE11, les megalithes auraient eu une fonction religieuse en Europe, notamment entre 8000 et 2000 ans avant l'ere chretienne. Il pense en effet que leur erection etait liee aux rites des morts. Les fouilles effectuees A proximite de ces structures de pierre ont permis aux archeologues de leur attribuer une fonction funeraire. Mais, dans d'autres regions, cette idee est loin de faire l'unanimite.

En Afrique ou ils ont fait l'objet de nombreuses etudes, il y a des monuments de style chambre a couloir de type dolmen, des coffres megalithiques, des pierres dressees, des steles et des tumulus qui remontent pour les plus anciens au 5eme millenaire avant Jesus-Christ. Une extrapolation des donnees a conduit a l'attribution de la meme fonction, ou parfois a une origine commune a ces temoins du passe. Mais, toutes ces theses ont a ce jour ete battues en breche. S'il est vrai que le cote religieux apparait dans les etudes, la fonction cultuelle est plus presente. Jusqu'a une date recente les monuments de pierre etaient levees A Madagascar. Selon les traditions des hommes de cette region, c'etait pour des raisons funeraires ou pour commemorer un evenement important. Certains monuments de pierre ont souvent ete eriges par des vivants pour des raisons diverses et variees : a leur propre gloire ou pour s'elever d'un degre dans la monarchie des notables des villages.

Andre VARAG NAC12 affirme que : « la pierre dressée suscitait, consacrait, fécondait des mariages ; la
pierre levée et plus encore le cercle de pierre étaient le siege périodique ou saisonnier de la justice,

9 Le Nouveau Petit Robert, dictionnaire alphabetique et analogique de la langue frangaise, edition de 1994.

10 PARIS, R. (2010). La disparition de la civilisation mégalithique sans laisser d'autres traces que de grandes pierres : une grande continuité de l'histoire de la société humaine, disponible en ligne sur http://www.matierevolution.fr/spip.php?article1618.

11 GUILAI NE, J. (2003). De la vague a la tombe, La conquête néolithique de la Méditerranée (8000-2000 avant J.-C.), Bulletin de la Societe prehistorique frangaise, Vol. 100, N° 4, pp. 818-822, http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/bspf_0249-7638_2003_num_100_4_12923.

12 VARAG NAC, A. (1962). Les civilisations mégalithiques, Economie, Societe, Civilisations, 17ème annee, N°2, pp 332 -- 342, disponible en ligne sur : http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/ahess_0395- 2649_1962_num_17_2_420829.

principalement criminelle ». On pourrait egalement se demander s'il ne s'agit pas d'une fonction secondaire, celle acquise par le monument a partir du moment ou le role principal ou primitif a ete perdu.

Tous ces ensembles de pierres reconnus constituent le patrimoine du continent africain. > Qu'est-ce que le Patrimoine ?

La convention de l'U NESCO adoptee en 197213, classe les structures de pierre dans la categorie du patrimoine culturel tangible en gros, mais de maniere specifique il s'agit du patrimoine archeologique. La notion de patrimoine qui vient du latin patrimonium est l'equivalent en langue anglaise du mot heritage. Dans le droit romain en effet, il designait l'ensemble des biens recueillis par succession14. Le concept de patrimoine culturel apparait au 17eme siècle avec un usage metaphorique qui est d'origine antique. Du fait de son etymologie, il est employe de fagon plus ou moins large, et ses connotations ou equivalences different selon qu'il s'agisse du monde latin ou anglo saxon a partir des annees 193015. Depuis les annees 1950, il a integre l'ensemble de temoins materiels de l'homme et de son environnement. C'est ainsi qu'on parlera de patrimoine folklorique, scientifique, industriel ou culturel. Parlant du patrimoine culturel, la definition fiable qui est celle de l'U NESCO est la suivante : « ... sont consideres comme patrimoine culturel : - les monuments : ceuvres architecturales, de sculpture ou de peintures monumentales, (...) -- les ensembles : groupes de construction isoles ou reunis, (...) en raison de leur architecture (...) -- les sites : ceuvres de l'homme et de la nature »16.

Parce que partie integrante du patrimoine culturel, les sites archeologiques et les objets qui leur sont associes doivent etre proteges par le biais de lois locales, nationales, regionales ou internationales. Cette protection doit se fonder sur l'idee selon laquelle : il s'agit d'un patrimoine commun, et non celui des individus et a cet effet ils se doivent de le mettre a l'abri de toute forme de destruction, degradation ou alteration17.

> Quelle place pour les biens archeologiques ?

L'archeologie est definie comme l'etude des temoins materiels du passe et grace auxquels il est possible de comprendre et d'expliquer les modes de vie, les us et coutumes de ceux qui nous ont precede. Des lors, une attention particulière doit etre accordee aux vestiges archeologiques par des actions de protection et de gestion, lesquelles peuvent permettre aux savants et scientifiques de comprendre, d'expliquer au nom des generations presentes et a venir les changements culturels. Il est

13 UNESCO, (1972). Convention concernant la protection du patrimoine mondial, culturel et naturel, consultable en ligne sur : http://whc.unesco.org/fr/conventiontexte /

14DESVALLEES, A., MAIRESSE, F. (2010). Concepts cles de museologie, ICOM (ed.), Armand Collin, Paris, 87 pages 15DESVALLEES, A. (1985). Emergence et cheminement du mot patrimoine, Musees et collections publiques de France, N° 208, Septembre, pp. 6 -- 29

16 UNESCO, (1972). Convention concernant la protection du patrimoine mondial, culturel et naturel, consultable en ligne sur : http://whc.unesco.org/fr/conventiontexte /

17 ICOMOS, (1990). Charte internationale pour la gestion du patrimoine archéologique.

donc important que des mesures de protection dans l'optique d'une conservation et d'une valorisation soient mises en place. Ce patrimoine peut etre conserve et valorise dans des structures specialisees que sont les musees ou in situ (ecomusees, ou musees a ciel ouvert).

A cet effet, l'ICOMOS suggere la participation active de la population locale a la conservation du patrimoine archeologique. Cette participation est essentielle et importante a partir du moment of., il s'agit du patrimoine, des us et coutumes des peuples concernes. Celle-ci doit etre fondee sur l'acces aux connaissances18. Le concept de conservation integree ou de conservation in situ qui y puise son sens place les populations locales au centre de la conservation et des operations de gestion de leur patrimoine culturel.

> Protection et conservation du Patrimoine : Les Musées.

Selon Engelbert MVE NG19, la protection du patrimoine est l'allusion qu'on fait a un certain nombre de mesures legislatives qui ont pour but d'assurer la sauvegarde des biens culturels d'un pays. Ces biens constituent un heritage comprenant habituellement les sites, les monuments, les ceuvres d'art ou tout produit de la creativite des individus ou des groupes qui constituent le peuple de ce pays. Les mesures doivent lutter et eviter l'alienation, l'exportation, la vente, la destruction des biens qui constituent le patrimoine. Lui-meme ne devant pas etre constitue des seuls produits du genie createur d'un peuple, mais aussi les biens materiels, spirituels, intellectuels, la faune, la flore, les richesses du sol et du soussol. La conservation vise a creer des conditions de preservation optimales aux biens appartenant au patrimoine, de telle sorte qu'ils soient mis a l'abri des deteriorations dues soit a la nature soit a l'homme. Le but final est de leguer a la posterite un acces aupres de son patrimoine culturel tout en gardant son integrite et sa verite historique. Les musees representent un aspect de la protection et de la conservation du patrimoine culturel.

Le musee ancien a fait place A de nouveaux modes de gestion du patrimoine. Des collections d'antiquites ne sont plus les seules a occuper une place dans ces structures comme ce fut le cas au 18eme siècle en Europe. Actuellement, font partie des collections des musees les temoins materiels et immateriels des societes humaines qu'il s'agisse de celles du passe ou celles de l'epoque presente. Et une volonte d'integrer de plus en plus les communautes locales dans la gestion du patrimoine presente dans les musees a conduit A l'emergence du concept de conservation integree, qui est liee a la notion de musee au service du developpement local. Pour Georges Henri RIVIERE20, un ecomusee ou musee de societe est un miroir dans lequel une population se regarde, pour s'y reconnaitre, of., elle recherche l'explication du territoire auquel elle est attachee, jointe aux peuples l'ayant precede dans la discontinuite ou la continuite des generations. Ce miroir est presente aux h6tes pour mieux se faire comprendre dans le respect de son travail de son comportement, de son intimite. L'homme y est

18 ICOMOS, (1990). Charte internationale pour la gestion du patrimoine archéologique.

19 MVE NG, E. (1992), Protection et conservation du patrimoine culturel : A quand le musee national du Cameroun, In L'archeologie au Cameroun, ESSOMBA, J.M., (ed), Khartala, Paris, pp. 287 - 293

20 DESVALLEES, A., MAIRESSE, F. (2010). Concepts cles de museologie, ICOM (ed.), Armand Collin, Paris, 87 pages

interprete dans son milieu naturel et culturel. C'est un laboratoire dans la mesure of., il contribue ; l'etude historique et contemporaine de cette population et de son milieu et ceci en cooperation avec les organismes exterieurs de recherche. Il s'agit des lors d'une conservation qui contribue a la preservation et a la mise en valeur du patrimoine naturel et culturel ; une ecole qui associe une population aux actions d'etude et de protection du patrimoine et l'incite a mieux apprehender les problemes de son propre avenir.

L'ICOM definit les musees comme etant : g ...des institutions permanentes sans but lucratif et au service de la societe et de son developpement, ouvertes au public ; ils acquierent, conservent, diffusent et exposent a des fins d'etude, d'education et de plaisir, les temoignages materiels et immateriels des peuples et de leur environnement »21.

Le role de lieu de protection et de conservation du patrimoine est ainsi impute aux musees. Il doit etre constitue essentiellement d'un certain nombre d'infrastructures fonctionnelles dans un cadre lui-meme fonctionnel. Ces infrastructures peuvent abriter un certain nombre d'unites telles : les magasins de stockage pour materiel a etudier, des laboratoires d'analyse et de restauration des objets, des salles et vitrines d'exposition, des centres de documentations et d'archives ecrites, orales, filmees (audiovisuelles), des bibliotheques d'ouvrages et de revues socialises. Ce doit etre un centre de production qui publie les resultats des recherches. S'ils constituent des lieux of., les choses et valeurs qui s'y attachent sont sauvegardees, etudiees, et communiques en tant que signes par une interpretation de faits absents. Les musees de par leur definition remplissent plusieurs fonctions et celles-ci ont entraine l'emergence de concepts nouveaux tels musees virtuels, musees classiques, cyber musees ou ecomusees. Francois Sauty22, affirme que les ecomusees et musees de societe doivent etre consideres comme des institutions culturelles qui assurent d'une maniere permanente, sur un territoire donne, avec la participation de la population, les fonctions de recherche, conservation, presentation, mise en valeur des biens naturels et culturels representatifs d'un milieu et des modes de vie qui s'y sont succedes23. Ainsi, les musees de societe et ecomusees font partie du paysage touristique, economique et social d'un territoire. Ils peuvent parfois participer directement a son developpement et a son amenagement. Tout cela denote d'une dynamique de la notion et du role sans cesse en evolution de ces institutions de protection et de conservation du patrimoine.

Au sens moderne du terme, un musee se doit d'être dynamique, il doit integrer des activites pedagogiques culturelles, folkloriques, artistiques, artisanales, et comporter des salles de projection, de films, de conference. Un musee s'insere dans un espace amenage culturellement : parc, jardin, site touristique, village artisanal et folklorique.

21 Code de deontologie de l'ICOM pour les musees, adopte en 1986 et revise en 2006 etablit les valeurs et principes communs a l'ICOM et a la communaute museale mondiale.

22SAUTY, F. (2001) Ecomusees et musees de societe au service du developpement local, utopie ou realite ? Collection Jeunes auteurs n°3 -- Source 2001, 110 p

23 23 MVE NG, E. (1992), Protection et conservation du patrimoine culturel : A quand le musee national du Cameroun, In L'archeologie au Cameroun, ESSOMBA, J.M., (ed), Khartala, Paris, pp. 287 - 293

Le concept de tourisme trouve son origine au 19eme siècle. Il viendrait du mot « the tour )1 qui designait le voyage que devaient effectuer les jeunes anglais sur le continent europeen en vue de parfaire leur education. L'organisme mondial en charge du tourisme definit le tourisme comme : « l'ensemble des relations et phenomenes generes par le voyage et le sejour des personnes en dehors de leur domicile, dans la mesure oU ce sejour ne constitue pas une residence permanente, qu'il ne provienne pas d'une activite professionnelle ) 124.

Au vu de toutes les definitions donnees au concept de patrimoine, il est clairement etabli qu'il s'agit d'une protection au sens large. L'objet etant considere comme un temoignage de l'homme et de la societe. Les ecomusees par leur presence dans la vie de la communaute contribuent a une sensibilisation a la gestion de l'heritage culturel et naturel, ce qui peut entrainer des retombees financieres pour le compte de la communaute et au renforcement des activites de developpement tant economique que social. Cette approche associant activites touristiques et patrimoine est a la base du tourisme. S'il contribue au developpement economique des Etats, le tourisme est egalement responsable de la degradation des sites patrimoniaux. C'est dans le souci de coordonner les activites du tourisme culturel qu'est apparue la notion de tourisme durable. Le concept qui est lie a celui de developpement durable apparait comme une reponse aux besoins pour les generations actuelles sans compromettre la capacite pour les futures generations a repondre elles aussi aux leurs. Conscients du fait que le tourisme culturel est un facteur de degradation et destruction du patrimoine, des chartes ont ete elaborees pour canaliser cette activite. Au rang de celles-ci, la charte de l'ICOMOS adoptee ; Mexico en 1999 qui stipule que : « les programmes de promotion touristique doivent proteger et valoriser les caracteristiques du patrimoine naturel et culturel ».

Tourisme du Cameroun.

En termes de chiffres, les resultats du tourisme mondial enregistres jusqu'en ao0t 2010 indiquent qu'il etait en redressement apres la crise economique de 2009. Durant les 8 premiers mois de l'annee 2010, le nombre d'arrivees internationaux est alle au dela du record de 2008. Il s'est etabli a 642 millions de visiteurs entre janvier et ao0t 2010, soit environ 40 millions de plus que la même periode en 2009, donc plus de 7 % et un million de plus qu'en 2008. Pour 2011 les statiques montrent que l'arrivee des touristes internationaux ressortira a 5 voire 6 %25.

Donn6es sur le tourisme au Cameroun.

Situe a la charniere de l'Afrique Occidentale et Orientale et s'etirant du fond du golfe de guinee jusqu'au
Lac Tchad, le Cameroun offre des specificites touristiques que l'on ne regroupe pas facilement ailleurs

24 OMT : Organisation mondiale du tourisme.

25 www.omt.org consulte 25 avril 2011

en Afrique dans un meme pays. Le climat varie d'une region a l'autre : desertique au nord, tropical au centre, humide au sud et tempere a l'ouest, ce qui explique la multitude d'ecosystemes presents. Cette particularite permet au pays de developper plusieurs types de tourismes :

- le tourisme balneaire : Le pays a 400 km de cote Atlantique qui sont propices au tourisme balneaire dans les deux cites que sont Limbe et Kribi (plages, baies pittoresques, mangrove, 'lots, etc.) ;

- l'ecotourisme : Plusieurs sites camerounais, comme le CEO Mont Cameroun, participent a la valorisation du patrimoine culturel et a la preservation de la biodiversite. Le Mont Cameroun ainsi que le Mont Manengouba et les montagnes du Nord Cameroun constituent des lieux privilegies pour les trekkeurs ;

- le tourisme de safari et de chasse : les parcs et reserves crees dans le pays presentent tous

les attraits pour offrir aux visiteurs des sorties safari. La grande faune est representee par les elephants, lions, girafes, rhinoceros, pantheres ou buffles pour ne citer que ceux la) ;

- le tourisme culturel : La population camerounaise est une mosaique de pr$s de 240 groupes ethniques aux us et coutumes (art de vivre, folklore, religion, habitat, cuisine, artisanat, etc.) particuliers avec notamment des modes de vie traditionnels comme les chefferies au nord et a l'ouest du pays ;

- le tourisme d'affaires : Le pays compte une capitale politique, Yaounde, et une capitale economique, Douala. Toutes constituent des poles du tourisme d'affaires et de congres a l'echelle de la sous-region mais aussi au niveau du continent ;

- les sejours itinerants sur plusieurs provinces pour decouvrir toutes les caracteristiques du pays existent egalement. Il s'agit de sejours specifiques comme le trekking, les circuits thematiques comme la decouverte des chefferies traditionnelles des Grassfields et du Grand Nord camerounais.

L'offre touristique se resume a des safaris dans la partie nord du pays ; des sejours dans les cites balneaires du littoral atlantique que sont Kribi et Limbe ; des tournees dans les Grassfields, pour contempler les realisations des chefferies, le patrimoine immateriel lors des manifestations traditionnelles, les paysages naturels et les centres artisanaux ; des visites des musees dans les chefferies des Grassfields et dans les grandes villes du pays que sont Yaounde, Douala, Garoua ou N'gaoundere ; les sejours d'affaire dans les principales villes du pays que sont Yaounde, Douala, Bafoussam, Garoua, Maroua, Bamenda ou Buea ou des randonnees dans les forets pour voir les pygmees, peuples legendaire ayant un mode de vie traditionnel de chasseur-cueilleur. Cette offre touristique se fonde sur les caracteristiques naturelles du pays : le grand Nord sahelien (regions de l'Adamaoua, du Nord et de l'Extreme Nord) ; le Sud forestier (regions du centre, de l'Est et du Sud) ; le Littoral atlantique (regions du Littoral, une partie de la province du Sud et du Sud-ouest) et les hauts plateaux de l'Ouest (province de l'Ouest et du Nord-Ouest).

Le constat qui en ressort est que le Cameroun offre une palette large de produits touristiques.
Neanmoins, compare aux destinations dejà bien etablies comme celles d'Afrique de l'Est ou Australe, la

qualite des infrastructures et des prestations est moindre pour un rapport qualite-prix souvent plus eleve. Suite a la notification du tourisme dans le Document de Strategie pour la Reduction de la Pauvrete comme un secteur pourvoyeur d'emplois et pouvant favoriser le developpement economique du pays, le gouvernement camerounais a encourage la mise en place des initiatives touristiques a travers tout le pays. Ainsi une strategie pour le developpement touristique national a ete reflechie et elaboree. Parallelement a cette strategie, un plan marketing avait aussi ete developpe pour vendre la destination «Cameroon» sur les marches emetteurs et atteindre la barre des 500.000 touristes par an, chiffre incontournable si le pays voulait etre reconnu comme une destination touristique.

Le tourisme rapporte environ 163 milliards de Francs CFA annuellement et compte 48.000 emplois ce qui represente 1,3% de la masse totale d'employes au Cameroun. Le nombre de touristes visitant le pays par an s'etait stabilise pendant une longue au chiffre de 350 000, pour rebondir et atteindre la barre de 500 000 en 2010, ambition poursuivie par le Ministere du Tourisme pendant de longues annees. Le Cameroun figure desormais dans la liste de destinations touristiques de l'OMT26. Malgre les efforts consentis durant ces dernieres annees, il y a toujours l'absence d'une veritable politique touristique au plan national freinant ainsi l'organisation efficace du secteur. Bien que de nombreuses initiatives aient ete enclenchees au debut des annees 2000. Une decennie apres, peu ont ete concretisees sur le terrain. Par exemple, le patrimoine archeologique et vestiges ne figurent toujours pas dans l'offre touristique au Cameroun.

L'o ffre touristique dans les Grassfields du Cameroun.

Localisee dans la partie occidentale du Cameroun, les Grassfields se distinguent par le milieu naturel et les representations d'ordre culturel notamment, les danses, les manifestations traditionnelles. Le visiteur qui voudrait se rendre dans les Grassfields a partir de Yaounde ou Douala y passera au moins une semaine. Les tours operateurs proposent une visite de toutes les attractions naturelles et culturelles de cette region.

La region des Grassfields (pays des savanes), aussi appelee Grasslands (pays des prairies) ou des hauts plateaux, sur le plan geographique se caracterise par l'alternance d'un relief de hautes terres, etage de 1.000 a 3.000 metres et dont les accidents temoignent d'un passe volcanique ancien et de vastes plateaux tailles dans le socle granitique. Ces hautes terres sont dominees par trois volcans eteints : le Manengouba (2396 metres), les Bamboutos (2740 metres) et l'Oku (3010 metres). Entre ces volcans, tout au long de la dorsale camerounaise allant de l'Ocean atlantique vers la vallee du fleuve Benoue, on observe une serie de lacs de cratere dont certains representent un danger permanent pour les populations, mais sont aussi des lieux de distraction ou de culte des esprits. Ce relief permet de distinguer le pays des savanes en plusieurs regions distinctes :

- a l'est et au sud, les plateaux Bamileke et Bamoun ;

- a l'ouest et au nord, les plateaux de Bamenda, Nso et Nkambe ;

26 www.mintour.gov.cm consulte le 10 mars 2011

- en contrebas, on trouve de s plaines d'altitude a l'exemple de celle de Mbo, Ndop et Tikar.

Le climat de la region est salubre et frais. En matinee, on peut avoir des temperatures de l'ordre de 10 - 13 °C, et en altitude des gelees blanches sont habituelles. En saison de pluies, elles n'excedent pas 25°C en journee. Des zones de microclimats favorables aux cultures delicates sont determinees par le vent, l'altitude ou l'orientation. Elle est abondamment arrosee pendant une longue saison des pluies, avec une pluviometrie variable selon l'altitude, suivie d'une courte saison seche.

La vegetation est de type sub-montagnard avec des lambeaux de foret humide et une epaisse prairie de graminees que foulent les troupeaux de bovins. L'ensemble des espaces non cultives est constitue de vastes zones de savanes, ou prairies d'altitude qui, selon les botanistes, etaient autrefois recouverts de forets detruites au fil du temps par les populations a la recherche de terres a cultiver. Peuplee sans discontinuite depuis des millenaires, cette region fertile a ete extremement defrichee, ce qui peut etre considere comme la cause d'importantes modifications constatees dans le couvert vegetal.

Cette partie du Cameroun a livre les temoins archeologiques dont les plus anciens remontent a plus de 20 000 ans. Elle est aujourd'hui l'un des grands foyers de l'art d'Afrique noire27. Des nombreuses hypotheses emises sur les migrations des locuteurs bantou28 situent leur origine il y a plus de deux millenaires dans la region des Grassfields du Cameroun29. Les travaux d'ordre archeologique, linguistique, historique, botanique ont corrobore ces hypotheses30.

Les Grassfields offrent aux voyageurs une association d'elements naturels et culturels. Pour ce qui est du patrimoine naturel, le visiteur pourra voir :

- le spectacle des chutes d'Ekom Nkam, de la Mouankeu ; de la Metchie, de Mantube, de la source thermale et de la pierre de Ngoo Bamenyam (Babadjou), de Mamy Wata (Fongo Tongo)

- les grottes de Ndovou ou de Fongo Tongo lieux de refuge dans le passe lors des guerres tribales ;

27 NOTUE, J.P. (1993). Art et culture du Grassland camerounais, in Les rois sculpteurs : Art et pouvoir dans le Grassland camerounais, HARTER, L.P. presente par PERROIS, L., Reunion des Musees Nationaux, Paris, 223 pages

28 Peuples parlant plus de quatre cents langues apparentees dans les for=ts du bassin du Congo

29 De MARET, P. (1997), Bantous dites-vous? Bulletin des Sciences de l'Academie Royale des Sciences d'Outremer 42, pp. 709-18.

VA NSI NA, J. (1990). Paths in the Rainforests. Toward a History of Political Tradition in Equatorial Africa. London: James Currey.

VA NSI NA, J. (1984). Western bantu expansion, in Journal of African history 25, pp 129-145.

VA NSI NA, J. (1995). New linguistic evidence and "the Bantu expansion". The Journal of African History 36, pp. 173-95.

30 ASOMBA NG, R. N., (1991). Ages de la Pierre Ancien et Moyen : Cameroun, in LA NFRA NCHI R. et CLIST B. (Eds.), Aux origines de l'Afrique Centrale, Centres Culturels Frangais de l'Afrique Centrale / Sepia, Paris, pp.56-59.

LAVACHERY, P. (1998 a). De la pierre au métal. Archéologie des dépôts holocènes de l'abri sous roche de Shum Laka (Cameroun). Vol I, II et III, These de Doctorat, Universite Libre de Bruxelles, 640 pages.

LAVACHERY, P. (1998 b). Le peuplement des grassfields : recherches archéologiques dans l'ouest du Cameroun, in Afrika Focus, Vol. 14, Nr. 1, 1998, pp. 17-36.

WAR NIER, J.-P. (1973). L'histoire précoloniale de la chefferie de Mankom (Département de la Mezam), in Contribution de la recherche ethnologique a l'histoire des civilisations du Cameroun, publie sous la direction de Claude TARDITS, Colloques Internationaux du C NRS, Paris, 1973, pp 421 -- 436.

WAR NIER, J.-P. (1992). Rapport préliminaire sur la métallurgie du groupe In L'archeologie au Cameroun, ESSOMBA, J.M., (ed), Khartala, Paris, pp. 197 -- 212.

TARDITS, C. (1973). Le royaume bamoun : chronologie -- implantation des populations -- commerce et économie -- diffusion du mars et du manioc in Contribution de la recherche ethnologique a l'histoire des civilisations du Cameroun, publie sous la direction de Claude TARDITS, Colloques Internationaux du C NRS, Paris, 1973, pp 401 -- 420.

- le centre climatique de la ville de Dschang31 ; - le col de Batie.

L'architecture traditionnelle originale est presente dans toutes les chefferies. Mais, les plus visitees sont celles de Bana, de Bangangte, de Bandjoun, de Balen ou de Foto.

Dans la region de Foumban ville foisonnant d'artisans, une visite du palais du Sultan construit en 1917 est proposee. Son musee riche en objets d'arts et historiques est accessible aux touristes. A la sortie du palais on peut se rendre au centre artisanal ou des objets d'art sont vendus comme souvenirs. De nombreux musees ethnographiques sont presents dans la ville. La visite au bord du fleuve Noun permet de voir les hippopotames et une randonnee sur le mont Mbappit a Baigom est offerte. En amont se trouve un lac de cratere.

Dans la region administrative du Nord-Ouest, le passage par le col de Batie conduit a la ville de Bamenda qui a un centre artisanal et une vue panoramique de la chute de Up Station. Dans les environs de Sabga, il ya des grottes dans les parois de la falaise dominant la ville eponyme. Le trajet vers Ndop offre au voyageur une vue des paysages naturels et des prairies d'altitude ou paissent les troupeaux d'eleveurs nomades Bororo. La vaste plaine de Ndop qui est un immense bassin sedimentaire est propice a la riziculture inondee.

Le Nord-Ouest est culturellement semblable a la region de l'Ouest et toutes les deux constituent les Grassfields du Cameroun. Le style architectural est le meme. Les principales chefferies ici sont : Bamunka, Bamungo (zone de Ndop), Bui situe a 2000 metres d'altitude dans la zone de Kumbo est territoire de la chefferie de Nso. La chefferie seculaire de Bafout est egalement une curiosite dans cette partie. Elle figure sur la liste indicative du patrimoine culturel du Cameroun. A Achum, il ya une case sacree et mystique, un musee et un lac des sacrifices et ceremonies traditionnelles.

La chefferie de Bali constitue egalement l'une des particularites de cette region. En termes de grandeur, elle est precedee par celle de Bafout.

Dans la zone de Bamenda, les circuits ecotouristique proposes comprennent :

- une visite de quelques chefferies traditionnelles telles : Bafout, Bali, Fondom, Bamunka, Bamungo, Nso ;

- des grottes dans les parois de la falaise pr$s du village de Sabga ;

- une escale au col de Batie ;

- une vue panoramique de la ville de Bamenda a partir de la chute de Up Station ; - un paysage des prairies d'altitude ;

- une visite de la plaine de Ndop of., est pratiquee la riziculture.

Selon les chiffres du Ministere du tourisme, l'activite touristique du Cameroun se positionne de plus en
plus comme l'un des secteurs les mieux organises au niveau de la sous-region Afrique centrale. Mais,

le pays fait face a de nombreux obstacles qui freinent ou ralentissent son essor. Ainsi, bien que le pays soit riche en potentialites touristiques, elles ne sont pas valorisees, amenagees et pour celles qui le sont mal entretenues.

Les tracasseries administratives et policieres pour l'obtention d'un visa ou d'un titre de sejour au Cameroun constituent les facteurs defavorables auxquels pourraient s'ajouter le transport aerien, celui par train a l'interieur du pays ou par terre.

Sur le plan international l'image du Cameroun est tres peu ou pas du tout visible a cause d'une absence de communication et de promotion de la destination Cameroun. Il n'existe pas de mesures encourageant la pratique de l'activite touristique. Les tours operateurs et agences de voyage pratiquent leurs activites sans se soumettre entierement aux legislations en matiere de protection du patrimoine ou de la pratique de l'activite touristique au Cameroun tels que stipule par la legislation en vigueur.

L'inexistence de mesures d'encouragement a l'activite touristique (incitation financiere pour les investisseurs etrangers et nationaux), l'absence de financement pour le secteur touristique et les contraintes liees aux engagements avec les bailleurs de fonds, notamment la forte pression fiscale, font que les operateurs touristiques sont frileux a investir dans le pays et limitent de ce fait le renouvellement et le developpement des infrastructures et des produits.

Gestion du patrimoine archeologique au Cameroun

L'O.M.T. a indique qu'une nouvelle forme de tourisme etait en train de prendre de l'ampleur il s'agit : « du tourisme culturel ». Les flux importants de voyageurs s'interessent de plus en plus aux elements du patrimoine naturel et culturel. Les statistiques montrent que les plus visites sont les biens classes sur la liste du patrimoine mondial de l'U NESCO. Les monuments, sites et lieux de memoire occupent une place de choix dans les offres des tours operateurs et agences de voyage. Les sites archeologiques et vestiges qui leur sont associes figurent dans les collections et expositions qui sont proposees aux visiteurs. L'ICOMOS a elabore une Charte qui protege le patrimoine archeologique. Elle est consideree comme un outil sur lequel les gouvernants des pays membres des Nations Unies, notamment ceux qui ont ratifie des conventions peuvent se baser pour la gestion de leur patrimoine. Bien qu'il ne s'agisse pas d'un outil contraignant cette loi est utilisee par beaucoup de pays pour valoriser les biens archeologiques32. Au niveau national, sur le plan legislatif, la gestion du patrimoine culturel en general et du patrimoine archeologique en particulier est reglementee un ensemble de mesures legislatives33.

32 Charte Internationale du Tourisme Culturel - 1999

33 La loi N° 91/008 du 30 juillet 1991 portant sur la protection du patrimoine culturel et naturel national

La loi N° 96/12 du 5 ao0t 1996 portant loi-cadre relative a la gestion de l'environnement (section V, article 39, alineas 1 et 2). La loi n° 98/006 du 4 avril 1998 regit de fagon generale l'activite touristique dans le pays.

Archeologie et gestion du patrimoine culturel au Cameroun.

Les premieres fouilles archeologiques effectuees au Cameroun remontent au debut des annees 1920, et elles furent l'ceuvre des administrateurs coloniaux34. Ce fut au debut des annees 1980 que les nationaux se lancerent dans la connaissance du passe et surtout dans un but de connaissance de l'histoire ancienne. Car, jusque-la les seuls ecrits disponibles etaient ceux laisses par les Europeens35.

Il est evident aujourd'hui que le territoire regorge de lieux et sites occupes depuis les temps anciens. Les temoins qui l'attestent sont nombreux : pierre taillee et eclats de taille de pierre remontant au paleolithique; megalithes ou tessons et fragments de poterie, attribues au neolithique; objets en fer et ateliers de transformation de la metallurgie du fer attribues a l'age du fer et, pour les periodes recentes correspondant a l'arrivee des colons, des objets manufactures d'origine europeenne comprenant les tessons de verre, les perles et de la porcelaine36. En l'etat actuel de la recherche, les structures megalithiques ont ete reconnues et identifiees dans trois regions du Cameroun : la partie septentrionale, le plateau de l'Adamaoua et la zone des Grassfields a l'ouest du pays.

Au Cameroun, bien qu'il existe un outil reglementant la protection du patrimoine, le patrimoine archeologique est absent voire inexistant dans les structures supposees le valoriser que sont les musees. Une etude a pu recenser sur l'etendue du territoire pr$s de 26 musees qui sont majoritairement prives. En dehors du musee national dont l'Etat est le principal promoteur, tous les autres entrent dans le domaine du prive car appartenant a des individus ou a des chefferies. Si tous ont un meme objectif, celui de mettre en valeur la richesse culturelle du Cameroun, ils different pour ce qui est des collections. Certains s'apparentent a des musees ethnographiques. Rares sont les musees specialises ou possedant des objets archeologiques dans leurs collections, a l'exemple du musee de Dschang. Pourtant sur le plan environnemental, le Cameroun a su favoriser la creation des sites et aires consacres a la protection de la biodiversite. Avec l'appui de quelques organisations non gouvernementales internationales, l'Etat a cree des parcs et reserves naturels pour proteger les especes fauniques et floristiques menacees de disparition. Ces aires de protection attirent des touristes chaque annee37.

Au niveau de la sous-region Afrique centrale, le Cameroun est l'un des rares pays of., l'enseignement de l'archeologie semble plus avance. Les trouvailles qui y sont effectuees en sont une preuve.

34 ESSOMBA, J.M., (1986). Bibliographie critique de l'archéologie camerounaise, Librairie universitaire de Yaounde, 132 pages.

35 ESSOMBA, J.M. (1985). Archéologie et histoire au Sud du Cameroun, découverte des hauts fourneaux en pays Bassa, Nyame Akuma, 26, pp.2-4.

MVE NG (E.), 1971, Archéologie Camerounaise : Mvolye, Revue de la Societe Camerounaise d'Histoire, 1, pp.123-125, 2pls.
36 NLE ND NLE ND, P. R., (2002). Inventaire des sites archéologiques de Kribi a Campo : études préliminaires des sites Malongo 1, Nlendé-Dibé 3 & Boussibiliga 1. Memoire de maltrise, Universite de Yaounde I, 118 pages.

OSLISLY, R., KI NYOCK, P., NLE ND NLE ND, P., NGOUOH, F., NKO NKODA, O. (2008). Archaeology of the region of Douala (Cameroon): First results of an excavation of rescue on the Dibamba, disponible en ligne http://www. cohesion.rice.edu/centersandinst/safa/emplibrary/OslislySafa2008.pdf, 24 pages

37 http://www.mintour.gov.cm/fr/culturel.php

Megalithisme dans les Grassfields du Cameroun.

Le megalithisme du Cameroun est encore tres peu connu. Pourtant, des sites de pierres levees ont ete signales dans certaines regions du pays :

A la frontiere avec le Nigeria, dans la region du sud-ouest et notamment au niveau de la cuvette de Mamfe, des monolithes anthropomorphes sculptes sur du basalte ont ete identifies. Il s'agit des totems du groupe Ekoi present entre le Cameroun et le Nigeria et dans l'ensemble du bassin de la « cross river ». Ces megalithes ont ete etudies au Nigeria of., ils sont plus nombreux. Ils ont ete dates du 3eme au 16eme siecle de notre ere et leur tradition s'est perpetuee jusqu'au 19eme siecle.

Au nord du Cameroun, il n'existe pas de veritables structures megalithiques. Des donnees disponibles, nous savons que cette partie du pays possede une presence remarquee de mortiers, de cupules et de bols creuses dans la roche38.

A l'est du plateau de l'Adamaoua, region de transition geographique entre le nord et le sud ; sur la ligne des bassins versants qui separe la vallee de la Mbere et de celle du Lom, deux monolithes et un tumulus ont ete signales dans les secteurs de Djohong et de Yikpangma en 197339. Ces megalithes font l'objet d'etudes d'ordre archeologique et on essaie de les rattacher a la culture tazunu de la region de Bouar en RCA et frontaliere de l'est du Cameroun.

De toutes les regions du Cameroun of., elles ont pu etre reconnues et identifiees, les structures megalithiques de l'Ouest sont plus nombreuses et presentent des formes diverses et variees. Dans le Nord-Ouest, elles se trouvent dans quatre zones principales a savoir: Fundong, Ndop, Ndu et Nkambe. De nombreux monolithes sur granite et ayant des dimensions disproportionnees y ont ete inventories40. Certains sont debout, d'autres couches ou en cercles.

A Fundong, des structures de forme carree construites avec des blocs de pierre sur du granite ont ete observees. Elles sont disposees en forme de sieges. Actuellement les populations s'en servent comme lieu de reunion. Dans la meme region, des monolithes sur basalte ont ete identifies dans certaines aires de pratique agricole. Ils y sont de maniere eparse (Fig. 1).

A Ndop, les structures de pierre sont des monolithes se presentant comme des menhirs. Dans le village de Bamali, une pierre d'une hauteur de 4,70 metres se trouve au milieu de la place de la chefferie. A Bambalang, une autre haute de 3,30 metres est au milieu de la place du marche. Elle a une fonction de totem pour les populations riveraines, car souvent consulte lors des conflits ethniques (Fig. 2 & 9).

A Nkambe, les megalithes se particularisent par leurs formes architecturales. Les structures de pierre y ont ete localisees sur des flancs de colline et sur des terrasses amenagees par les hommes. Dans le village de Ndarkwe, une structure constituee de 24 pierres levees et formant un carre a ete identifiee. Celle-ci a en moyenne 5 metres de cote et entoure un petit ensemble de 8 bornes cylindriques

38 MARLIAC, A. (1973). Prospection archéologique au Cameroun, Cahiers ORSTOM, Serie Sciences Humaines, 10, 1, pp.47-114

39 MARLIAC, A. (1973). Op. cit.

40 OSLISLY, R. (2007). Mégalithisme et art rupestre, patrimoine méconnu du Cameroun, in Sciences au Sud -- le journal de l'IRD N° 39, mars/avril/mai 2007, p 10

disposees au milieu de la structure. A Mbomotchou, un ensemble de pierres formant un cercle est comparable a l'ensemble de Ndarkwe. A Mbula, les monolithes sont constitues de blocs sur granite ou de basalte prismatique (Fig. 3 -- 6).

A Mbooseng, le site localise sur un flanc de colline est un etagement de huit terrasses amenagees. Et c'est sur celles-ci que se decouvrent les monolithes, les meules dormantes et des structures de pierre levees erigees en carre.

Les datations obtenues sur les deux sites sondes (Ndarkwe 1 et Mbula 8a) situent certains megalithes vers le 16eme siècle. Les populations actuelles se sont appropriees les structures a des fins cultuelles dans certains villages.

Dans le village de Mme Bafumen, les populations locales ont reconnu avoir trouve les megalithes in situ. Mais actuellement elles leur font des offrandes et des sacrifices.

A Nkambe, le monolithe place dans la cour du palais a ete erige par les notables du village. Son role est d'expier les fautes des habitants du village. Les offrandes lui sont faites lorsque la population est confrontee a un probleme. Les megalithes places a l'entree de la chefferie ont ete disposes en forme de triangle et au milieu duquel a ete plante un arbuste symbole de la paix dans les coutumes des ethnies de cette partie du Cameroun.

A Mbula, les populations bien que ne connaissant pas la sculpture de la pierre utilisent les megalithes ; des fins religieuses. Les monolithes souvent ramasses dans les aires d'activites agricoles sont le plus souvent utilises pour resoudre des problemes de la collectivite ;

A Bamali, les populations anciennes, venus du pays Tikar situe a l'est de leur region actuelle. Ils auraient trouve les megalithes en place. Le plus grand des trois monolithes qui sert a la resolution des problemes est considere comme le totem protecteur du village. Les deux autres regoivent generalement des offrandes en periode de saison seche. Les habitants du village y versent alors du vin ou et y font des sacrifices d'animaux ;

A Bambalang, le monolithe situe au marche est un totem, et il a le statut de juge de la communaute. Chaque annee, notamment au debut de la semaine culturelle, les populations procedent aux offrandes. Il s'agit generalement du sel ou de l'huile. Aux dires des habitants, des personnes vivantes auraient ete enterrees sous le monolithe (Fig. 9).

S'il faut s'accorder avec VARAG NAC41, nous placerons les megalithes de la region des Grassfields du Cameroun dans la categorie des structures de pierres dressees dont on n'a aucune connaissance approfondie, notamment sur des peuples qui les ont erige et egalement pour ce qui est de leur fonction premiere.

41 VARAG NAC, A. (1962). Les civilisations megalithiques, Economie, Societe, Civilisations, 17eme annee, N°2, pp 332 -- 342.

Figure 1 Cercle de pierres et Monolithe du site de Mme Bafumen Photo : R. Oslisly, 2003).

Figure 2 #riangle de megalithes et monolithe de Bamali Palace (Photo : R. Oslisly, 2003).
Figure 3 Cercle de pierres levees de Mbomotchu (Photo : R. Oslisly, 2003).

Figure 5 Cercle de pierres levées de Mbula 8a (Photo : R. Oslisly, 2003).

Figure 6 Relevés des structures de pierres levés de Mbooseng (Photo : R. Oslisly, 2003).

Figure 4 Structures de pierre du site de Ndarkwé 1 (Photo : R. Oslisly, 2003).

Figure 7 Sondages sur le site de Mbula 8b Photo : R. Oslisly, 2003).

Proposition pour la mise en valeur du patrimoine archeologique du Cameroun.

Selon le DSRP42, de nombreux projets ont ete inities par les communautes locales, qui souvent se sont regroupees en GIC43 ou en association a but non lucratif. Les bailleurs de fonds et autres O NG44 internationales ont ete et sont encore très impliques sur la thematique du tourisme. Beaucoup d'entre eux interviennent sur des projets de gestion durable des ressources ayant un volet appui aux activites alternatives. Le tourisme est souvent pergu comme un outil efficace pour generer des revenus additionnels et bien evidement preserver et valoriser la biodiversite d'une zone ainsi que son patrimoine culturel. Un projet de valorisation des megalithes dans la region des Grassfields, devra donc prendre en consideration de nombreux atouts naturels et culturels qui peuvent faire l'objet d'une mise en valeur.

Presentation

Au Cameroun, un ensemble de mesures reglementaires oriente les actes de protection, gestion et
valorisation du patrimoine naturel et culturel. Il s'agit de : la loi N°91/008 du 30 Juillet 1991 portant

protection du patrimoine culturel et naturel national et la loi N°96/12 du 5 ao0t 1996 portant loi- cadre a
la gestion de l'environnement). Le Cameroun est egalement signataire de plusieurs conventions
internationales (Les conventions 1970 et 1972 de l'U NESCO, la convention 1984 ACP-EEC, Lome III.

Malgre ce cadre legislatif, le patrimoine archeologique n'est pas pris en compte dans les differentes
politiques de developpement. En matière d'offre touristique, notre region d'etude se presente comme

l'une des rares zones du Cameroun riche sur les plans naturel et culturel et qui regoit des flux importants de visiteurs.

> Objectifs du projet.

Par la realisation de ce projet dans les Grassfields notre objectif est de mettre en valeur le patrimoine
naturel et culturel par une visite des megalithiques, des paysages naturels de la region, la participation

aux ceremonies traditionnelles ou aux activites des communautes locales. Ce qui pourra generer des
retombees diverses qui contribueront a coup sir a une meilleure connaissance et au developpement de

la region sur les plans socio-economique et scientifique. Il visera la formation des etudiants
camerounais et le renforcement de leurs capacites pour le developpement d'actions similaires dans

d'autres regions du Cameroun. De plus, les chantiers de fouille initieront la formation de guides locaux dans le cadre d'une valorisation touristique des structures megalithiques.

Sur le plan socio-economique, il pourra inciter :

- l'implication des operateurs economiques et populations residentes ; - la formation professionnelle ;

- le ralentissement de l'exode rural ;

42 Etude financee par le MI NEPAT

43 Groupe d'interêt communautaire

44 Organisation non gouvernementale

- des opportunites economiques nouvelles avec des possibilites de visites touristiques sur les sites archeologiques inventories et repertories au Cameroun.

Sur le plan scientifique il sera possible :

- d'organiser des campagnes systematiques d'inventaire, de prospections et de sondages sur les megalithes afin d'obtenir suffisamment d'indices materiels sur leur fonction et de recolter les elements necessaires a des datations radiocarbones ;

- d'integrer les sites dans un partenariat avec les institutions d'enseignement secondaires et

superieures pour une education au patrimoine et a la pratique de la recherche archeologique ; - de financer de travaux de recherches universitaires sur le patrimoine architectural dans la

region des Grassfields ;

- de rediger et publier les articles et ouvrages scientifiques sur les structures megalithiques.

> Résultats attendus.

La conception dans une region du Cameroun d'un projet d'amenagement des sites a megalithes integre A un circuit ecotouristique desenclavera celle-ci et pourra contribuer au developpement socioeconomique local. Cela sera perceptible par la creation de petits emplois et la promotion des us et coutumes des populations riveraines. Des lors, les attentes peuvent etre d'ordre patrimonial, social, economique et politique. Les strategies pourront etre : sensibilisation des pouvoirs publics, des operateurs economiques et de la population locale, promotion de la riche diversite culturelle et naturelle integration des sites dans un circuit ecotouristique. Le but a atteindre etant une meilleure connaissance du passe de la region et de la dynamique du peuplement ; l'agrandissement du champ de la recherche et l'enrichissement de la carte archeologique du Cameroun.

Dans la region des Grassfields du Cameroun, notamment dans les villages avec des sites a megalithes, les strategies consisteront donc a mettre sur pied des associations patrimoines naturel et culturel, patrimoine materiel et immateriel ; ces combinaisons constitueront des «bouquets culturels »45 et les resultats attendus sont les suivants :

- contribuer a la relance de la recherche archeologique dans cette region du Cameroun ; - creer les circuits ecotouristiques ;

- promouvoir le potentiel naturel et culturel des Grassfields (Fig. 10 & 11).

Figure 10 Proposition de promotion et de valorisation du patrimoine naturel et culturel des Grassfields

Visites des chefferies
et sites artisanaux

Manifestations
culturelles

Circuit
écotouristique

Sites
archéologiques

Sites et paysages
naturels

Figure 11 Schema d'intégration des sites archéologiques dans des offres touristiques au Cameroun. > Fonctionnement.

La realisation d'un projet scientifique et culturel doit se faire en collaboration avec tous les intervenants, aussi bien ceux en charge du volet scientifique que du technique. Il faut egalement qu'il y ait adequation entre les ressources humaines et financieres.

La population locale etant la principale beneficiaire, avant de lancer un projet il est indispensable qu'elle adhere au projet, qu'elle donne ses attentes et comment celle-ci entend participer a sa realisation. A cet effet, un comite de gestion compose des autorites administratives et traditionnelles, des representants des administrations en charge de la gestion de la culture, de l'environnement et du tourisme et de la population locale pourra etre mis sur pied. C'est lui qui devra decider du choix des sites a amenager.

> Choix et amenagement des sites.

Le choix des sites a inclure dans le projet doit emaner des populations locales, apres consultation et concertation avec le comite de gestion. Les structures de gestion doivent epouser l'architecture traditionnelle de la localite. Le but etant la protection des aires a megalithes par la mise en place des dispositifs contre leur degradation ou destruction (destruction par l'erosion ou le pillage). Il sera construit dans chaque village des petits musees ou seront exposes les vestiges archeologiques recoltes lors des operations de sondages archeologiques. Lors de la visite des sites des depliants expliquant l'historique du peuplement ou les us et coutumes pourront etre distribues. Les plans d'orientation et deplacement seront egalement disponibles sur les sites. La promotion touristique sera assuree a travers les differents moyens de communication audio -- visuel et presse ecrite.

> Formation du personnel.

Des seances de formation des guides locaux seront organisees. Cela dans une optique de gestion par les populations locales de cette initiative. Il reviendra donc aux guides d'orienter les visiteurs, de leur parler des us et coutumes de la region, et de l'histoire des differents groupes ethniques de la region.

Le personnel administratif charge de la gestion quotidienne s'occupera du suivi et la bonne marche du projet. Il suivra une formation en matiere de gestion des structures de tourisme et aura l'assistance technique des ministeres en charge de la culture, du tourisme et de l'environnement au Cameroun, ou d'entreprises de bonne renommee.

> Mise en place des structures de fonctionnement.

Avec l'accord des autorites administratives et traditionnelles ; des campagnes de sensibilisation seront organisees dans les villages afin d'informer les populations locales sur le projet, les preparer psychologiquement a la presence dans leurs villages des personnes aux modes de vie differents.

L'expertise des ministeres de l'environnement, de la culture, du tourisme ou des associations, ONG ou partenaires nationaux ou internationaux sera demandee. Une collaboration sera possible avec des tours operateurs ou des agences de voyage.

Sur les depliants et pancartes qui seront distribues, il sera explique aux visiteurs les modes de deplacement au niveau des sites : les sanctions pourraient etre prises a l'encontre de ceux qui ne respecteraient pas les regles de bonne conduite.

Pour anticiper les effets negatifs de la frequentation des sites et de la presence des visiteurs dans les villages, il sera instaure une journee hebdomadaire d'hygiene et de salubrite. Les visiteurs pourront, pour ceux qui le souhaitent participer aux activites de nettoyage des villages ou des sites.

> Administration du projet.

Le projet aura a sa tete un administrateur qui sera seconde par un comptable, les gestionnaires des sites, et des guides.

L'administrateur aura en charge la gestion du circuit ecotouristique. Il appliquera la politique du comite de gestion pour la bonne marche du circuit et sera seconde au niveau du site par un gestionnaire.

Les gestionnaires des sites auront a gerer l'un des sites. Ils seront les relais dans les villages, ils travailleront en collaboration les populations locales et appliqueront sur les sites les directives du comite de gestion.

Le comptable sera charge de la gestion des finances du circuit. Il rendra compte au comite de gestion et devra faire l'etat des finances chaque semaine a l'administrateur. C'est lui qui fixera les tarifs pour la visite des sites.

Les guides auront en charge la presentation et l'explication aux visiteurs des sites. Pendant les visites des villages, il devra expliquer les modeles architecturaux ou l'historique d'installation des ethnies dans la region.

Il est necessaire de prevoir un suivi de ce type projet. Par exemple une fois par an, il faudra mesurer son impact sur l'economie, les modes de vie et l'environnement des populations locales. Pour cela, une base de donnees doit regulierement etre mise a jour. Elles s'interesseront aux visiteurs du circuit et leurs attentes. Des enquetes en sociologie et economie doivent etre menees tous les semestres dans les villages impliques dans le projet pour voir ses impacts reels sur la population.

Toutes ces enquetes tiendront compte de tous les parametres, et les resultats permettront d'avoir des statistiques sur :

- le nombre et la categorie des visiteurs du circuit et leurs attentes ; - l'impact du circuit sur le mode de vie des populations locales ;

- l'impact du projet sur l'environnement ;

- l'avis des autorites administratives sur le circuit ;

- les besoins et attentes des populations vis-à-vis des visiteurs.

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