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La filière des dattes communes dans les oasis de Gabès dans le contexte des aléas climatiques et économiques: fonctionnement, atouts et contraintes

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par Foued Ben Hamida
Institut national agronomique de Tunisie - Master 2011
Dans la categorie: Sciences
  

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    REPUBLIQUE TUNISIENNE

    MINISTERE DE L'AGRICULTURE MINISTERE DE L'ENSEIGNEMENT SUPERIEUR

    ET DE L'ENVIRONNEMENT ET DE LA RECHERCHE SCIENTIFIQUE

    INSTITUTION DE LA RECHERCHE ET DE L'ENSEIGNEMENT SUPERIEUR AGRICOLE

     

    UNIVERSITE DE
    CARTHAGE

    INSTITUT NATIONAL AGRONOMIQUE DE TUNISIE
    MASTERE

    Lutte Contre la Désertification et Gestion Durable des Ressources
    en Milieu Aride

    LA FILIERE DES DATTES COMMUNES

    DANS LES OASIS DE GABES DANS LE

    CONTEXTE DES ALEAS CLIMATIQUES

    ET ECONOMIQUES :

    FONCTIONNEMENT, ATOUTS ET

    CONTRAINTES

    Soutenu le : 18 Février 2011

    Par :

    Foued BEN HMIDA

    Jury :

    - Mehdi BEN MIMOUN : Président

    - Abdallah BEN SAAD : Directeur de mémoire - Ali ABAAB : Co-directeur de mémoire

    - Mohamed ELLOUMI : Examinateur

    DEDICACE

    Je dédie ce travail

    A mon père,

    A la mémoire de ma mère,

    A ma femme qui m'a soutenue tout au long de ce

    travail,

    A mes chers enfants : Zina, Mohamed, Ahmed,

    A mon frère ; mes soeurs et toute la famille.

    REMERCIEMENTS

    Je tiens à adresser mes remerciements les plus sincères tout d'abord à mes deux encadreurs, Monsieur Abdallah BEN SAAD, Chargé de recherche agricole/HDR et Monsieur Ali ABAAB, professeur d'enseignement supérieur à l'Institut des Régions Arides de Médenine/GTZ, qui ont bien voulu diriger mon travail de recherche tout en me faisant bénéficier de l'encadrement scientifique et du soutien moral nécessaire pour accompagner cette aventure de recherche. Je suis heureux de leur témoigner ma très vive reconnaissance et mon profond respect.

    Je ne saurais oublier de remercier les honorables professeurs qui ont bien voulu accepter de faire partie du jury pour examiner ce travail.

    Mes vifs remerciements vont également à Monsieur Sofiane MEDDEB Directeur Général du GIFruits, qui m'a autoriser à suivre cette formation ce qui m'a permis de démarrer cette recherche avec beaucoup d'enthousiasme et d'énergie ,sans oublier les Ex-Directeurs Généraux du GIFruits et du GID :Mrs Med Ali JENDOUBI, Habib AZAIEZ et Mohamed RAHMANI.

    Mes pensées de sympathies et de remerciements vont également à Mr Mohamed JERIDI Président de l'UTAP de Gabès ;Mr Abdelhamid HAJJI Directeur Général du CRDA de Gabès, mes collègues au CRDA de Gabès, Qu'ils trouvent ici l'expression de mes salutations les plus sincères.

    Je ne saurais oublier aussi de remercier sincèrement les honorables enseignants du Mastère LCD de l'INAT et de l'IRA de Médenine et Mr Ilyes HAMZA , Directeur de l'INAT .

    Il m'est agréable aussi d'adresser mes remerciements les plus chaleureux à l'ensemble de mes amis à Gabès Habib ESSID et Said MISSAOUI, qui n'ont cessé de me soutenir moralement.

    Mes remerciements vont aussi à Moktar CHAMEK, Ilyes MESSELLINI et Olfa FTIRICH.

    Je voudrais enfin rendre hommage aux paysans des oasis du Grand Gabès et d'El Hamma pour leur disponibilité et leur accueil chaleureux. Ils ont souvent accepté de répondre à mes questions et mes interrogations avec sincérité et enthousiasme. Ils m'ont permis à travers les nombreuses discussions, entretiens et contacts sur le terrain de découvrir d'autres réalités et de comprendre les vrais mécanismes des dynamiques de fonctionnement de la filière datte. Qu'ils trouvent ici l'expression de mes sentiments les plus sincères de sympathie et de respect pour leur lutte continue pour une vie meilleure.

    RESUME

    Les oasis de Gabès, qui sont les seules oasis littorales au Monde, couvrent une superficie de 6660 ha, soit environ 22% de la superficie totale des oasis Tunisienne. Ces oasis sont connues par leurs dattes communes dont les principales variétés sont :«Bouhattam, Lemsi, Rochdi et surtout Kenta». Ces dattes sont vendues sur le marché local, mais une grande partie est destinée aussi à l'exportation.

    L'objectif de ce travail est d'étudier l'environnement global du secteur dattes en Tunisie en identifiant son poids économique sur le plan national et régional. Et pour mieux comprendre l'évolution globale de ce secteur, nous appliquerons l'approche filiere afin d'identifier les forces et les faiblesses au niveau de chaque segment et dans l'ensemble de la filiere datte dans les deux oasis de Gabes et d'El Hamma.

    Mots clés : Oasis, dattes communes, filière, Gabès, El Hamma

    ABSTRACT

    The oasis of Gabes, which are the only coastal oasis in the world, covering an area of 6660 hectares, approximately 22% of the total Tunisian oases. These oases are known by their common dates, the main varieties are: "Bouhattam, Lemsi, especially Rochdi Kenta." These dates are sold on the local market, but much is also intended for export.

    The objective of this work is to study the global environment sector dates in Tunisia by identifying its economic weight on the national and regional levels. And to better understand the overall evolution of this sector, we will apply the value chain approach to identify the strengths and weaknesses in each segment and in the whole sector in both date oasis of Gabes and El Hamma.

    Keywords : Oasis, common dates, industry, Gabes, El Hamma

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    SOMMAIRE

    Chapitre I : LES DATTES TUNISIENNES : IMPORTANCE ECONOMIQUE, PROBLEMATIQUE ET METHODOLOGIE

    1. IMPORTANCE SOCIALE ET ECONOMIQUE DES DATTES

    2. PROBLEMATIQUE

    3. METHODOLOGIE

    4. CONCEPTS ET DEFINITIONS

    Chapitre II. PRESENTATION DE LA REGION D'ETUDE

    1. L'OASIS DITE DU GRAND GABES

    2. CONTRAINTES ET POTENTIALITES DU MILIEU

    Chapitre III : LES DIFFERENTS SEGMENTS DE LA FILIERE DES DATTES COMMUNES

    1. PRESENTATION DE LA FILIERE DES DATTES EN TUNISIE

    2.PREMIER SEGMENT DE LA FILIEIRE : LA PRODUCTION ET L'UTILISATION DES DATTES ET DES SOUS PRODUITS DU PALMIER DATTIER

    3. DEUXIEME SEGMENT DE LA FILIERE : LE CONDITIONNEMENT

    4. TROISIEME SEGMENT DE LA FILIERE : LA LOGISTIQUE

    5. QUATRIEME SEGMENT DE LA FILIERE : LA CONSOMMATION

    6. CINQUIEME SEGMENT DE LA FILIERE : LA COMMERCIALISATION ET L'EXPORTATION

    Chapitre VI : CONCLUSION GENERALE

    LISTE DES TABLEAUX

    Tableau n° 1 : Evolution de la production mondiale. Tableau n° 2 : Principaux pays exportateurs de dattes (2001) Tableau n° 3 : Répartition des effectifs par région

    Tableau n°4 : Répartition des effectifs par variété en Tunisie

    Tableau n°5 : Répartition du nombre de pieds et de la production dans oasis dans de Gabès Tableau n° 6 : L'effet oasis

    Tableau n°7 : Répartition des oasis tunisiennes.

    Tableau n°8 : Températures moyennes mensuelles à Gabès de 1901-1992 (°C)

    Tableau n° 9 : Evolution de l'exploitation des nappes profondes du sud tunisien (en mm3/a) Tableau n° 10 : Bilan hydraulique de la nappe de la Djeffara

    Tableau n° 11 : Tableau récapitulatif des principaux acteurs de la filière datte tunisienne Tableau n° 12 : Tranches d'ages des producteurs

    Tableau n° 13 : Les modes de faire valoir dans les oasis de Gabès et El Hamma

    Tableau n° 14 : Structures des charges des exploitations enquêtées (%)

    Tableau n° 15 : La part du revenu agricole du revenu total de l'unité de production (%) Tableau n° 16 : Structure du revenu agricole des exploitations enquêtées

    Tableau n° 17 : Comparaison de rentabilité entre le palmier dattier et le grenadier

    Tableau n°18 : Relation production-précipitations de 2001 à 2009 dans les oasis de Gabès Tableau n° 19 : Les fumigeant couramment utilisés pour le traitement des dattes

    Tableau n°20 : Evolution de la consommation des dattes par habitant 1975 / 1998

    Tableau n°21: Répartition des exportations tunisiennes des dattes par pays de destination Tableau n°22 : les exportations de dattes communes

    Tableau n°23. : Les exportations de dattes Deglet Nour de 2000 à 2007 Tableau n°24 : part du marché DN par rapport au DC

    Tableau n°25: Evolution des exportations de dattes sur les marchés des pays arabes

    Tableau n°26 : Evolution des exportations sur les marchés asiatiques et l'Afrique du Sud Tableau n°27 : Contraintes/atouts

    LISTE DES PHOTOS

    Photo 1-Opération de collecte de legmi du palmier Photo 2-Fruit datte Kenta

    Photo 3-Fruit datte Deglet Nour

    LISTE DES FIGURES

    Figure n°1 : Schéma filière agroalimentaire

    Figure n° 2 : Moyennes pluviométriques mensuelles à Gabès entre 1901 et 1991 Figure n° 3 : Schéma de la filière datte en Tunisie

    Figure n°4 : Etapes de conditionnement de la datte

    Figure n° 5 : Ecart entre les différents niveaux de prix

    INTRODUCTION

    Les oasis ont joué un rôle important dans l'établissement des routes commerciales empruntées par les caravanes qui y trouvent un coin de repos et une source de ravitaillement en vivres. RENUCCI (1978) précise en disant que « c'est sans doute pendant ce temps fort des échanges commerciaux, que fut crée un grand nombre de ces oasis. Leur fonction premiere n'était donc pas agraire. Elles constituaient des étapes de transit, des comptoirs et des ports ». Il ajoute que « l'histoire prouve que l'oasis c'est-à-dire le couple jardins irrigués - agglomération est fille du commerce et non pas du surplus agricole ».

    Un peu plus tard, et après le passage du système pastoral au système agro-pastoral avec la sédentarisation des nomades, les oasis sont totalement intégré ce nouveau système par la solide relation oasis-steppe (il y a une vingtaine d'années) et oasis-ville (aujourd'hui).

    En effet, située dans un environnement aride et hostile, les oasis constituent un écosystème original, fondé sur le juste équilibre de trois éléments : l'abandon de l'eau, la qualité du sol et la présence de palmiers dattiers dont le feuillage en forme de parasol crée un véritable microclimat. Par l'activité agricole qui s'y déploie, l'oasis joue d'ailleurs un rôle essentiel pour la sécurité alimentaire de ses habitants, mais aussi de ceux des villes environnantes.

    En règle générale, les systèmes de production dans les oasis combinent judicieusement productions végétales et élevages. Les associations agriculture-élevage valorisent des ressources rares comme l'espace cultivable (parcelle exiguës) et les ressources en eau (de moins en moins disponible).

    Ainsi, le système de culture de l'oasis s'organise en trois étages :

    - L'étage du palmier dattier, qui constitue l'étage supérieur jouant le rôle de brise-vent et de protecteur des autres cultures contre le soleil.

    - L'étage intermédiaire constitué d'arbres fruitiers (grenadiers, abricotiers, pruniers, mûriers, pommiers, etc.)

    - L'étage inférieure constituée par les cultures maraîchères (carottes, navets, piments, blettes,..), les cultures fourragères (luzerne, vesce - avoine, orge en vert,..) et cultures industrielles (tabac, henné)

    Une autre constance de la structure oasienne est le travail en planches de culture, une organisation de l'exploitation appropriée à l'irrigation par submersion.

    Quant au système d'élevage, il a été pendant longtemps basé sur l'élevage des petits ruminants (ovins et caprins).

    Or l'équilibre de l'oasis aux productions diversifiées, qui est le résultat d'anciennes pratiques agricoles et l'élevage gérant au mieux les ressources locales, est menacé par les nouvelles pratiques oasiennes imposées par des changements socio-économiques.

    En effet, la pression démographique, l'amélioration du niveau de vie des populations, le changement des comportements alimentaires, le changement des valeurs sociales et comportementaires, sont autant de facteurs qui ont influencé le comportement et les pratiques des oasiens et par voie de conséquence ont influencé les systèmes de production oasiens.

    Ainsi, les systèmes de production des oasis de Gabès, qui étaient basés autrefois sur une association arbres fruitiers (principalement le palmier dattier) et élevage des petits ruminants (principalement l'élevage caprin) ont connu depuis le milieu des années 80 une transformation radicale en connaissant une nouvelle association cultures maraichères-élevage bovin.

    Il va sans dire que la situation des oasis de Gabès est préoccupante. La reconversion des palmeraies a entraîné une érosion génétique sévère de la diversité génétique de patrimoine phoenicicole (CHETOUI et HAMROUN, 2004). Cette reconversion a favorisé la disparition progressive de certaines variétés présentant des intérêts socio-économiques et même technique importants (MRABET et al. 2006).

    D'ailleurs nous adhérons au constat que fait HAJJI (1994) lorsqu'il énumère les facteurs qui ont provoqué l'aggravation de la situation de la «crise oasienne» et dont il cite principalement : «morcellement accrue, indivision, manque de main d'oeuvre et disparition des formes de salariat basées sur «el khemassat», manque d'eau, disparition des formes d'entraide et de solidarité d'où une mauvaise gestion de l'eau, faible intégration agriculture élevage, revenu de plus en plus faible, etc.».

    A cela s'ajoutent les changements climatiques qui commencent à peser, depuis quelques années, sur la production végétale oasienne.

    Nous n'ajoutons rien de neuf lorsque nous signalons que l'augmentation du coüt du travail, due à la raréfaction de la main-d'oeuvre, conduit les exploitants à ne plus recourir à certains travaux ou à les faire moins fréquemment. Il en résulte une diminution des rendements et des revenus, ce qui entraîne un important manque à gagner (LASSAUX, 2004).

    Mais en dehors de ces phénomènes socio agro économiques, les autres activités oasiennes (activités artisanales, de conditionnement et de conservation des produits de l'oasis) liées au savoir-faire ancestral se trouvent elles aussi menacées. BEN SAAD (2004), affirme avec juste raison qu'avec l'abandon des cultures et pratiques oasiennes par un nombre non négligeable d'oasiens, le risque de la perte du savoir-faire local est très grand. La transmission du savoir-faire lié à l'utilisation des dérivés du palmier (tronc, palme, «lif», etc.) ainsi que la conduite de cette culture (pollinisation, extraction du jus du palmier, etc.), ainsi que la conduite de plusieurs autres cultures oasiennes (tabac, henné, luzerne, etc.) ne sera plus assurée.

    De ce fait, le palmier dattier a perdu de l'importance. Le nombre de palmier dans l'oasis du grand Gabès est passé de 350 000 pieds en 1969 à 110 000 pieds aujourd'hui (FANNY, 2008).

    Toutefois, CONFRONTI et al. (2004) signale que la société oasienne dans son ensemble évolue et cherche à s'adapter à la nouvelle donne économique, et c'est dans cette esprit que nous avons choisi d'étudier la filière des dattes communes puisque nous considérons que la valorisation du patrimoine dattier dans les oasis de Gabès, basé sur les dattes communes, constitue une alternative pour la sauvegarde et réhabilitation des oasis de cette région.

    Chapitre I : LES DATTES TUNISIENNES : IMPORTANCE ECONOMIQUE, PROBLEMATIQUE ET METHODOLOGIE

    1. IMPORTANCE SOCIALE ET ECONOMIQUE DES DATTES

    1.1. VALEURS CULTURELLES ET SOCIAUX DU PALMIER DATTIER

    a) Le palmier dattier est un arbre de civilisation des zones semi-arides, arides à hyper-arides chaudes. Véritable arbre providence, il a permis à l'homme d'installer des centres de vie dans des milieux désertiques hostiles, jalonnant les grandes routes commerciales caravanières. Les productions diverses sont utiles aux familles oasiennes pour leurs échanges, leur autoconsommation, leur auto-provisionnement et leur sécurité alimentaire en cas de crise :

    - dattes fruits ou transformées pour la vente, aliments de l'homme et de son cheptel

    - 1500 à 2700 calories /kg

    - Graines = 1300 calories /kg pour l'alimentation du bétail

    - Bois de feu 35 kg à 50 kg de bois par an/arbre

    - Bois d'oeuvre -clôtures-folioles pour vannerie

    - Fibrillium pour corderie

    - Sève pour «legmi» (jus de palmier)

    Rappelons son rôle écologique par son aptitude à créer un mésoclimat sous ses frondaisons, favorable à la vie des hommes et des animaux d'accompagnement, à la végétation des cultures associées, à l'économie de l'eau d'irrigation en tamponnant les ardeurs du macro-climat à la qualité du cadre de vie et des paysages, etc.

    b) Les noms des variétés évoquent des histoires légendaires pleines de poésie. Deglet Nour traîne derrière elle plusieurs légendes, mais nous retiendrons de son nom qu'une de ses significations « Doigt de lumière » qui évoque la datte proche de la perfection, ambre claire, translucide, au point d'y déceler l'ombre de la graine à la lumière du soleil.

    c) Autour du palmier dattier se développe un certain mode de vie, rythmé par les saisons et les moments forts d'interventions de l'homme sur l'arbre, telles la pollinisation, l'inclinaison des régimes, la récolte, tandis que simultanément se déroule dans un cycle remarquable, la mortalité des palmes de la couronne basale et la résurrection de nouvelles palmes au niveau du bouquet central.

    Les relations de symbiose entre l'homme et le palmier dattier sont essentielles pour assurer la production : « Meilleurs sont les soins, meilleurs seront les résultats ». La pollinisation, opération indispensable à une bonne production, est liée au religieux. Lorsque le phoeniciculteur féconde les inflorescences, il invoque le Très- Haut pour que la récolte soit bonne.

    d) A ces valeurs culturelles s'ajoutent les rôles sociaux du commerce de la datte : * Sur les marchés régionaux et nationaux qui consomment le 2/3 de la production des oasis phoenicicoles tunisiennes, des prix différenciés permettent à toutes les catégories sociales d'acheter des dattes. Toutefois un effort sur la qualité et la présentation des dattes est à envisager.

    * Les entrées de divises importantes dues aux exportations de dattes à dominante Deglet Nour permettent à la Tunisie de couvrir 50% des importations de blés tendres. La production dattière tunisienne est donc un enjeu politique national de premier ordre. La montée en puissance de la production des dattes Deglet Nour dans la prochaine décennie d'une part, et la loi du marché mondial qui tire les prix vers le bas d'autre part, doivent inciter la Tunisie à développer une politique de qualité sur l'ensemble de la filière datte.

    * L'Etat et les collectivités tunisiennes créent les conditions socio-économiques dans lesquelles travaillent les différents producteurs de dattes.

    Si nous voulons développer une politique de qualité de production des dattes, il est indispensable de créer les conditions d'intéressement des producteurs aux profits dégagés par la filière. Moraliser et organiser la filière datte devient une tâche indispensable pour répondre à ces objectifs qui reposent sur des aspects tangibles :

    - aspects culturels : civilisation du palmier-dattier, religion

    - aspects environnementaux : agrosystème en équilibre, préservation des ressources,

    lutte contre la désertification, qualité de cadre de vie, attrait des territoires

    - aspects sociaux : améliorer les niveaux et conditions de vie des phoeniciculteurs et

    ouvriers phoenicicoles des palmeraies.

    1.2. IMPORTANCE DU SECTEUR PHENICIOLE DANS LE MONDE

    La production mondiale de dattes s'élève à environ 6 millions de tonnes (2002) produites par plus d'une trentaine de pays, la datte est la 15ème production fruitière mondiale. Tableau n° 1 : Evolution de la production mondiale (en tonne).

     

    2000

    2001

    2002

    Egypte

    1.006.710

    1.113.270

    1.113.270

    Iran

    869.573

    874.985

    874.985

    E.A.Unis

    757.601

    757.600

    757.600

    Arabie Saoudite

    735.000

    735.000

    735.600

    Irak

    600.00

    650.000

    650.000

    Pakistan

    612.482

    631.695

    631.695

    Algérie

    365.616

    370.000

    370.000

    Oman

    282.000

    280.300

    248.458

    Soudan

    176.000

    17.700

    177.000

    Tunisie

    105.000

    113.000

    110.000

    Source : FAO 1995

    Les exportations mondiales de dattes sont élevées en 2001 à environ de 700 milles tonnes. La Tunisie occupe la 10ème place au rang mondial en quantité produite, la 4ème place sur le plan exportation en volume et la 2ème place en valeur des exportations.

    Tableau n°2 : Principaux pays exportateurs de dattes (2001)

     

    Quantité(T)

    Rang

    Valeur ($)

    Rang

    E.A.Unis

    375000

    1

    115000

    1

    Iran

    119364

    2

    28475

    3

    Pakistan

    69384

    3

    23234

    4

    Tunisie

    47043

    4

    73412

    2

    Arabie Saoudite

    31881

    5

    18694

    5

    Irak

    30000

    6

    5000

    8

    France

    8465

    7

    15878

    6

    Algérie

    7850

    8

    10441

    7

    Source : FAO 1995

    1.3. IMPORTANCE SOCIO-ECONOMIQUE DU PALMIER DATTIER EN TUNISIE :

    Sur le plan national, le secteur phoenicicole représente :

    - 4% de la valeur totale de la production agricole.

    - 7% de la valeur totale de la production végétale.

    - 12% de la valeur totale des exportations agricoles, ce qui lui permet d'occuper la 3 ème place après les produits de la mer et l'huile d'olive.

    Les palmeraies Tunisienne occupent environ 40000 ha, l'effectif des palmiers dattiers est de 5400000 pieds. Le nombre d'agriculteurs pratiquant la pheoniciculture est d'environ 50000 agriculteurs repartis en 4 principales zones de production.

    Tableau n°3 : Répartition des effectifs par région

    Gouvernorat

    Superficies (ha)

    Nombre de pieds

    Tozeur

    8363

    1638000

    Kebili

    23000

    3000000

    Gafsa

    1850

    214000

    Gabès

    6800

    530000

    TOTAL

    40000

    5382000

    Source : GIFruits 2009

    En Tunisie on compte plus d'une centaine de variétés dont nous citons les principales qui ont une valeur économique importante :

    Deglet Nour, Allig, Kenta, Khouet Allig.

    Tableau n° 4: Répartition des effectifs par variété en Tunisie

    Variété

    Effectif

    Pourcentage

    Deglet Nour

    3541000

    65%

    Allig

    400000

    8%

    Kenta

    200000

    4%

    Khouet Allig

    110000

    2%

    Dattes communes

    800000

    16%

    Autres

    331000

    5%

    Total

    5382000

     

    Source : GID 1990

    1.3.1. Importance économique du palmier dattier à Gabès

    Entre mer et désert, Gabès est une ville et une oasis littorale de la cote Est de la Tunisie (oasis littorale). En toutes seules les oasis de la région de Gabès couvrent une superficie de 6660 ha (GID, 2000) ; soit environ 22% de la superficie totale des oasis Tunisienne. On considére « Bouhattam, Lemsi, Rochdi et Kenta » comme les plus importantes variétés produites dans les oasis de Gabès. Ces variétés sont vendues aux différents marchés à l'intérieur du pays avec un prix oscillant entre 0.2 à 0.8 D/kg (prix de gros). On note l'importance de la production de Kenta dans les oasis de la Délégation de El Hamma dont une grande partie est destinée à l'exportation.

    Tableau n° 5: Répartition du nombre de pieds et de la production par oasis dans la région de Gabès

    Zones de culture

    Nombre de pieds

    Production(T)

    Gabès

    117002

    5850

    Gannouch

    19458

    500

    Mareth

    47100

    2225

    Metouia

    53662

    1700

    El Hamma

    262778

    11225

    Matmata

    10000

    500

    Total

    510000

    22000

    Source : GIFruits 2009

    1.3.2. Principales variétés cultivées dans les oasis de Gabès (voir annexes)

    Les dattes des oasis de Gabès se répartissent en trois groupes selon leur état de maturité. Ainsi on distingue :

    - Dattes dites Besr : Bouhatem, Rochdi, Matata, Halwaï. Ces variétés se caractérisent par leur maturité précoce

    - Dattes dites "Rtob" : Ammari, Kadhouri, Smiti, Dungui, Blanc Hawaï. Ce sont des variétés qui se caractérisent par une difficulté due aux risques de pourriture lors du transport. - Dattes Sèches : Kenta, et la Degla à Ben Guilouf qui existent dans les oasis intérieures telles que les oasis d'El Hamma, Aguiwa à Matmata. Ces variétés se caractérisent par une aptitude de stockage. Il est à noter que la variété Kenta représente 70% de la production totale des pieds de palmier des oasis d' El Hamma, cette variété se caractérise par un taux de glucose plus élevé que celui de Degla et par une maturité plus précoce.

    La sécheresse est une caractéristique permanente de toutes les oasis. Néanmoins la pluviométrie moyenne annuelle varie d'une zone à l'autre. Ainsi, la zone côtière Est reçoit près de 200 mm, alors que les zones des oasis continentales de l'Ouest ne reçoivent que 90 mm. Les précipitations sont irrégulières d'une année à l'autre. Elles se produisent en général en automne/hiver et au printemps et prennent souvent un caractère orageux. La pluviométrie (notamment en période automnale), l'hygrométrie de l'air et surtout la température conditionnent le choix de variétés de palmier dattier. Ainsi, la variété Deglet Nour, prédominante dans les oasis de l'Ouest, le Jérid et le Nefzaoua, n'arrive pas au stade de la maturité dans les oasis côtières. Celles-ci possèdent leurs variétés spécifiques, précoces et adaptées à une somme de chaleur moins importante, mais produisant des fruits de moindre valeur. Le type variétal de palmier dattier détermine, en grande partie, certains systèmes agricoles oasiens, selon la qualité marchande des dattes produites.

    Les oasis côtières sont Caractérisées par un hiver doux et où seules des variétés communes de palmier dattier sont cultivées. L'importance du palmier est tres secondaire par rapport aux revenus procurés par les autres fruits et les cultures annuelles, notamment les cultures maraîchères et les cultures sous abris-serres. Le palmier dattier, élément pauvre de ces oasis, reste cependant l'ossature nécessaire à l'établissement de l'écosystème oasien.

    Les études entreprises par El Amami (1973) sur l'effet oasis sur l'économie de l'eau ont montré que le palmier dattier joue un rôle réducteur du rayonnement solaire global et par conséquent de l'ETP. D'après ces travaux il est conseillé de ne pas implanter ces mailles de cultures délimitées par le palmier, d'une surface supérieure à 0.4 hectare.

    Or, aujourd'hui et suite à la perte de l'importance économique de cet arbre, le nombre de palmier par hectare est passé de 350 pieds par hectare en 1969 à près de 100 seulement en 2008 (FANNY, 2008). Ceci ne fait que gommé le rôle de réducteur du rayonnement solaire, que joué le palmier autrefois, et ne fait qu'augmenter l'ETP dans les parcelles.

    2. PROBLEMATIQUE

    La richesse de la vie sur terre est le résultat de centaines de millions d'années d'évolution et de milliers d'années d'expériences paysannes dans l'acclimatation des plantes et la domestication et le dressage des animaux.

    De ce fait, nous pouvons dire que les oasis, sont non seulement des zones cultivées intensivement dans des milieux désertiques, mais sont aussi des symboles de gestion des ressources rares et précieuses fruit de ce savoir-faire ancestral.

    Leurs organisations héritées et adaptées au cours des siècles se sont traduites autant dans des techniques agronomiques que des modes de gestions écologiques, des modalités sociales, économiques et culturelles qui constituent un véritable patrimoine répondant parfaitement à la définition même du développement durable. La diversité de leurs situations a produit, entre autre, de multiples stratégies de savoir-faire et de création de richesses permettant la fixation de populations entières dans des milieux hostiles. C'est cette extraordinaire richesse qui a produit une représentation mythique des oasis largement partagée dans différentes régions.

    En effet, et face aux diverses contraintes naturelles et socio économiques et aux menaces qui pèsent sur le système oasien, les agriculteurs de ces zones ont développé des stratégies de développement « durable » et ont mis en oeuvres des pratiques et approches qui leur ont permis de vivre et de s'épanouir dans ce système à équilibre fragile. Ces agriculteurs ont ainsi, à travers le temps, cumulé un savoir-faire appréciable en matière d'agriculture oasienne. Il va sans dire que l'adoption du système intensif à trois étages et l'intégration de l'élevage des petits ruminants, l'association agriculture artisanat, la pratique d'une agriculture orientée vers les cultures sélectionnées dominées par les variétés à forte valeur commerciale et la diversification des productions sont autant d'exemples qui témoignent d'un esprit d'ingéniosité de l'agriculteur oasien.

    En outre, plusieurs techniques agricoles (modes de gestion des ressources naturelles et forme d'organisation) ont eu naissance non pas au sein des laboratoires de recherche, mais à l'intérieur de l'oasis suite aux pratiques, aux savoirs et aux oeuvres du paysan oasien depuis la création de ce « paradis sur terre » qu'est l'oasis.

    Durant des siècles, et comme nous l'avons signalé plus haut, ces populations ont exploité l'oasis sans mettre en péril la biodiversité, mieux encore ils ont toujours pris le soin de la préserver. L'oasien, à travers les temps, a su maintenir cette biodiversité pour des raisons liées à sa propre sécurité, sa nourriture, son habitat et sa culture. Du coup, nous pouvons dire que la diversité biologique et le savoir-faire local sont étroitement liés.

    Il est clair que le palmier dattier, qui constitue le pivot du système oasien, a une importance aussi bien écologique que socio-économique. Il fournit un aliment important pour le bétail et constitue une base pour l'exploitation artisanale par le biais de la vannerie, de la sparterie et d'autres produits utilisés comme matériaux de construction qui font vivre des familles entières (ELHOUMAIZI, 1998). D'autre part, les dattes qui sont considérées souvent par beaucoup de consommateurs comme un fruit dessert, constituent la base de l'alimentation des habitants du Sahara, et peuvent servir à l'élaboration d'une gamme très étendue de produits alimentaires de grande valeur énergétique et diététique (DJERBI, 1982).

    Le système oasien a permis de créer des zones tampons se référant à des techniques et des traditions sociales assurant les meilleures conditions de gestion des ressources naturelles.

    Sur le plan agronomique, le palmier dattier occupe une place stratégique dans la stabilité socio-économique et écologique du système oasien. La population tunisienne vivant de la phoeniciculture est estimé à environ 10% sur le plan quantitatif, le patrimoine génétique phoenicicole tunisien compte environ 5400 000 palmiers (MRABET et al, 2006).

    Reste à préciser que les oasis, et malgré la place qu'occupe le palmier, se dotent d'une diversité agro écologique permettant plusieurs productions végétales et animales puisqu'elles constituent des zones favorables à la production des cultures fruitières (bananes, grenades, prunes, vignes, et c.), des cultures légumières (piments, tomates, blettes, choux, carottes, et c.), des cultures fourragères (luzerne, sorgho, vesce avoine, etc.), des cultures industrielles (henné, tabac, etc.), sans oublier les semences et boutures ainsi que les produits de l'élevage (INRAT, 2006). Or, il faut préciser que les populations anciennes qui ont vécu dans ces milieux désertiques, ont pu organisé l'espace oasien autour du facteur « eau » en utilisant des techniques et des méthodes traditionnelles basées sur la gestion sociale de l'eau pour bien maîtriser cette ressource précieuse (KABIRI, 2006). D'ailleurs nous pouvons affirmer avec juste raison que la gestion sociale de l'eau, par le biais des structures traditionnelles de gestion, les fameuses « jamiyâa maiyâa » (Association d'eau), ainsi que le savoir-faire local ont constitué jusqu'à longtemps les deux piliers de survie des oasis.

    La consultation des références bibliographiques (études, thèses, rapports et autres) que nous avons pu faire jusqu'à maintenant nous permet de résumer les principales contraintes au développement de l'agriculture oasienne comme suit :

    - la situation hydraulique est marquée par un déficit important en eau dans de nombreuses parelles qui sont en voie d'abandon.

    - le système d'irrigation par submersion est un système de gaspillage d'eau. Par manque de nivellement, de désherbage ou d'entretien, l'eau ne circule pas rapidement dans les planches ce qui engendre une perte énorme.

    - la destruction du palmier dattier, par le recours des oasiens à l'extraction du vin de palme « legmi » comme source facile d'entrée d'argent, pourrait bouleverser le milieu oasien notamment en raison de son importance dans la création du microclimat,

    - la baisse du revenu agricole oasien est devenue un facteur qui pousse les jeunes à fuir l'agriculture et les amène à émigrer pour chercher des revenus meilleurs dans les secteurs des bâtiments et des services (ROMDHANE, 2004),

    - le fait urbain : par la création du complexe industriel et la diversification des activités économiques, Gabès est devenue un pole d'attraction pour la main-d'oeuvre du centre et du sud et connaît un accroissement démographique important qui s'est traduit par une explosion du périmètre communal en dépit des oasis.

    Si nous mettons l'accent sur l'une des problématiques des oasis, à savoir la main d'oeuvre, l'apparition d'offres d'emplois salariés dans un premier temps à l'étranger puis localement dans les industries, l'administration et diverses autres activités non agricoles à fortement attiré la force de travail de l'oasis et a provoqué un désintérêt des jeunes générations pour l'activité agricole. L'agriculture oasienne est de plus en plus pratiquée à temps partiel (ABDEDAEIM, 1997). Elle est, même, devenue pour certains, surtout les fonctionnaires, une activité de « jardinage » et pour d'autres, un attachement à un patrimoine familial sans plus. Tout cela, qui s'ajoute aux mutations socio-économiques dans ce nouveau contexte de mondialisation, fait que nous assistons de plus en plus à une perte du savoir-faire local, à une utilisation de techniques inappropriée à l'oasis (rigoles en ciment), à une introduction de spéculations non compatibles avec les ressources oasiennes (élevage bovin), à la déserte de la main d'oeuvre jeune, au démantèlement des service d'encadrement et d'accompagnement des oasiens (Désengagement de l'Etat), bref à l'accroissement du phénomène d'abandon (déprise agricole) ce qui met en péril la survie des oasis considérée comme « grenier » de la biodiversité et du savoir-faire local (CHETOUI et HAMROUN, 2004).

    Il va sans dire que la situation des oasis traditionnelles est presque alarmante. La reconversion des palmeraies a entraîné une érosion génétique sévère de la diversité génétique de patrimoine phoenicicole (CHETOUI et HAMROUN, 2004). Cette reconversion a favorisé la disparition progressive de certaines variétés présentant des intérêts socio-économiques et même technique importants (MRABET et al., 2006).

    Nous n'ajoutons rien de neuf lorsque nous signalons que l'augmentation du coüt du travail, due à la raréfaction de la main-d'oeuvre (manque de pollinisateurs des palmiers), d'une part et à l'effondrement des prix des dattes communes, d'autre part, conduit les exploitants à ne plus recourir à certains travaux ou à les faire moins fréquemment (pollinisation, toilettage des palmiers, etc.). Il en résulte une diminution des rendements et des revenus, ce qui entraîne un important manque à gagner (LASSAUX, 2004).

    Si nous continuons notre réflexion sur la problématique, nous disons que les mutations socioéconomiques qu'a connue la région de Gabès depuis l'installation des usines chimiques au début des années 70, en premier temps et l'instauration du programme d'ajustement structurel au milieu des années 80, en second temps, ont eu des effets néfastes sur les oasis.

    En effet, plusieurs auteurs (BECHRAOUI, 1980 ; ABDEDAEIM, 1997, etc.) ont montré que l'impact négatif du secteur industriel sur les oasis était multiple :

    - sur le plan social, par les offres d'emplois annuels (quelques milliers), par le développement
    et la diversification des activités économiques qu'elle a entraînés (services, Bâtiment,

    transport, industrie, émigration vers la Libye et l'Europe, etc.) il a poussé les jeunes à déserter l'agriculture oasienne,

    - sur le plan agricole, par la consommation énorme d'eau, il a favorisé le rabattement des nappes souterraines et donc il est le premier responsable de la problématique de l'eau,

    - sur le plan démographique, par la presque multiplication de la population de la ville de Gabès ce qui a provoqué une extension urbaine au dépend de l'espace oasien (emprise du bâtit sur l'espace vert),

    - sur le plan écologique, par la pollution chimique qu'il a engendré, il a participé à la destruction de l'étage supérieure des oasis à savoir les arbres fruitiers et surtout le palmier (plusieurs centaines de procès gagnés par les oasiens contre le Groupe Chimique Tunisien). D'un autre côté, l'application du Programme d'Ajustement Structurel (PAS) à partir de 1986 n'a fait qu'aggraver la situation. Avant cette date, l'Office des périmètres irrigués assurait l'encadrement des oasiens (vulgarisation technique, accompagnement dans l'installation des nouveaux projets, relais avec les autres services, etc.) leur ravitaillement en intrants à des prix subventionnés et surtout leur facilitant la commercialisation des produits. La suppression de cet office a mis les oasiens seuls face aux lois du marché ce qui a provoqué la paupérisation d'une masse non négligeable d'entre-deux et a donné une raison de plus aux jeunes oasiens de déserter définitivement l'activité oasienne, d'où l'accélération du phénomène de déprise agricole (abandon des parcelles) qui était, jusque là, étrange à l'oasis (BEN SAAD, 2004).

    Si on ajoute à cela individualisme et égoïsme, comme nouvelles valeurs sociales dans ce nouveau contexte de mondialisation, nous pouvons affirmer avec juste raison que la transmission du savoir-faire local, entre générations, n'est plus à l'ordre du jour des oasiens.

    3. METHODOLOGIE

    La méthodologie du travail est basée sur deux aspects d'analyse économique : une analyse macro-économique et une analyse micro-économique.

    Dans le premier type d'analyse nous allons essayer d'étudier l'environnement global du secteur dattes en Tunisie en identifiant son poids économique sur le plan national et régional. Et pour mieux comprendre l'évolution globale de ce secteur, nous appliquerons l'approche filière afin d'identifier les forces et les faiblesses au niveau de chaque segment et dans l'ensemble de la filière. Notre analyse sera donc basée sur le concept de la filière.

    L'approche filière permet, ainsi, de mettre en perspective des liens horizontaux et verticaux qui s'établissent entre les membres d'une filière. Selon cette approche, le produit passe d'un niveau d'opérateurs à un autre par le biais d'un mécanisme de coordinations verticales, en général un marché. Dans une perspective opérationnelle d'intervention, il est essentiel de comprendre d'une part les relations horizontales entre les opérateurs d'un même niveau (entre autre le niveau et les types de concurrence, le degré d'organisation et de coordination, etc.) et d'autre part, les relations verticales entre les niveaux (c'est-à-dire le fonctionnement des différents marchés selon les différentes formes de relations contractuelles entre les vendeurs et les acheteurs).

    Toutefois, l'important dans ce travail n'est pas seulement de reproduire des informations statistiques situant quantitativement la filière dattes communes, mais plutôt d'identifier et de proposer certains éléments de bases qui pourront nous aider à mieux comprendre le fonctionnement de cette filière très peu étudiée et surtout à mieux comprendre les stratégies des opérateurs économiques.

    3.1. SOURCES DE DONNEES

    La source essentielle de données utilisée dans notre analyse de la filière dattes communes provient du GIFruits (ex-GID) (Groupement Interprofessionnel de Dattes), qui nous a fourni toutes les statistiques sur la production et l'exportation.

    Les autres données concernant les producteurs, les collecteurs et les conditionneurs proviennent de notre propre enquête réalisée dans deux oasis de la région de Gabès : l'oasis dit du Grand Gabès (570 ha) et l'oasis d'El Hamma (400 ha).

    3.2. CHOIX DE L'ECHANTILLON DE L'ENQUETE

    Le nombre de producteurs par type d'intervalle de surface (0.1-0.5 ha, 0.6-1 ha et > 1 ha) est d'autant plus important que les surfaces de l'intervalle sont plus faibles. Ceci est expliqué par le degré d'homogénéité entre les producteurs qui diminue avec la diminution de la superficie exploitée. En effet, les grands producteurs emploient souvent de moyens importants pour maximiser leur profil agricole et associent parfois la production végétale à la production animale. Par contre les petits producteurs sont très différents, chacun essaye de subvenir à ses besoins selon ses moyens très limités. Dans cette catégorie de producteurs la production maraîchère et surtout l'extraction du jus de palme «legmi» est souvent plus importante que la production de la datte.

    Le nombre d'agriculteurs enquêtés est de 50 pour les deux oasis :

    · 23 producteurs avec une superficie agricole pour chacun comprise entre 0.1 et 0.5 ha

    · 15 producteurs avec une superficie agricole pour chacun comprise entre 0.6 et 1 ha

    · 12 producteurs avec une superficie agricole pour chacun supérieur à 1 ha Quant à la méthode d'échantillonnage, elle est dite « Echantillonnage par parcours aléatoire » (METTRIK, 1994). L'échantillon est obtenu en parcourant des artères à travers l'oasis et en choisissant les enquêtes de manière aléatoire.

    Le questionnaire d'enquête a comporté les axes suivants :

    - Identification de l'exploitation

    - Structure foncière et mode de faire valoir

    - Cultures pratiquées et leurs destinations

    - Dépenses de l'exploitation (eau, main d'oeuvre, intrants, transport, travail du sol, etc.) - Recettes de l'exploitation (quantités vendues, prix, type de produits, etc.)

    - Différentes origines du revenu de l'agriculteur

    - Ecoulement de la production (modalités, conditions d'écoulement, période, etc.)

    - Relations du producteur avec son environnement (partenaires étatiques, socioprofessionnelles, etc.)

    - Impression du producteur à propos des conditions de la production et de l'écoulement de son produit, etc.

    Pour les collecteurs, l'enquête a porté sur 10 collecteurs, cinq de chaque oasis.

    4. CONCEPTS ET DEFINITIONS

    4.1 DEFINITION DE L'OASIS

    Le terme "oasis" a été utilisé pour la première fois par HERODOTE comme nom propre se rapportant à la localité de Kharga, en Egypte.

    Oasis dérive de l'égyptien ancien "ousioi". Les coptes le prononcent «ouah» au masculin singulier. Dans le langage libyco-berbère nous le trouvons au féminin «ouaha» (singulier) et «ouahat» (pluriel). Les auteurs arabes du Moyen Age parlent de l'oasis comme un lieu habité dans le désert, un lieu de vie en plein Sahara. Aujourd'hui l'utilisation la plus courante considère l'oasis comme étant un espace planté de palmiers dattiers. Toutefois, MUNIER (1973) ajoute que certaines localités sont considérées comme oasis, bien qu'elles ne comportent pas de palmeraie.

    Si nous continuons dans le domaine des définitions nous trouvons que ces dernières diffèrent
    d'une discipline à une autre. Cités par ESTIVIN (2000), nous signalons que les oasis sont
    définies par les agronomes comme étant des «espaces intensivement cultivés dans un milieu

    désertique ou fortement marqué par l'aridité» et par les géographes comme «une forme d'adaptation de l'homme face aux fortes contraintes imposées par l'aridité du milieu désertique». Elles constituent à la fois un espace physique sur lequel se trouvent des ressources et un espace social cohérent et organisé.

    Ou encore, par les géographes, comme « une forme d'adaptation de l'homme face aux fortes contraintes imposées par l'aridité du milieu désertique », (BENCHRIFA, 1990).

    En somme, les oasis constituent aussi des îlots de verdure dans l'immensité des espaces désertiques arides et semi-arides. Elles occupent des surfaces restreintes, discontinues, éparpillées dans un environnement hostile à fortes contraintes et à écologie fragile. «Le maintien des paysages agricoles est assuré par la présence du palmier dattier. Sa remarquable adaptation aux conditions climatiques sévère fait de lui une composante essentielle de l'écosystème oasien» (ELHOUMAIZI, 2004).

    En tant qu'oasis, le chapelet de ces «périmètre irrigués», dont Gabès est le centre, ressemble à toutes les oasis du monde, verdure et fraîcheur, dans une région brûlée par le soleil, culture du palmier dattier, importance fondamentale de l'eau avec toutes les complexités de sa répartition (BECHRAOUI, 1980).

    Ce même auteur signale que les oasis littorales tunisiennes sont uniques au Monde. En effet, rares sont les zones où le palmier dattier est cultivé à une si grande échelle sur une frange littorale et surtout où les dattes connaissent un mûrissement relatif. Pour terminer ce paragraphe sur la signification du terme oasis et les différentes définitions que nous avons pu rassembler, nous ajoutons cette définition qui considère l'Oasis comme étant «une forme d'agroforesterie» (ABDEDAEIM, 1997). Cet auteur précise que l'oasis comprend tous les systèmes et pratiques d'utilisation des terres dans lesquelles les plantes ligneuses pérennes sont délibérément cultivées sur des parcelles également exploitées par des productions agricoles annuelles et/ou animales. Du coup il doit exister des interactions d'ordre écologique et économique entre les ligneux et les éléments non ligneux.

    4.2 L'EFFET OASIS

    L'effet oasis a été défini comme « une modification de la concentration en eau de la surface entraînant une variation progressive des flux de chaleur et de vapeur d'eau » (RIOU, 1990). Cet ensemble de cultures crée un mésoclimat où les éléments du climat saharien sont modifiés. Ainsi, à l'intérieur de l'oasis, trois éléments climat saharien sont modifiés. Ainsi, à l'intérieur de l'oasis, trois éléments climatiques, la luminosité, la turbulence des vents et l'évaporation, sont atténués par rapport au climat saharien (TOUTAIN, 1979).

    En se basant toujours sur les travaux de RIOU (1990), nous trouvons que la teneur en eau à la surface du sol est plus élevée en raison :

    - de la nappe d'eau proche ou de l'irrigation.

    - Une élimination de la sécheresse de l'air du désert.

    - Une diminution de l'évapotranspiration des cultures sous-jacentes.

    - Une suppression quasi-totale de l'évaporation du sol protégé par la végétation. - Une augmentation de l'hygrométrie.

    - Un effet tampon des fortes températures qui sont défavorables à la photosynthèse et au déficit hydrique des plantes

    Tableau n° 6 : L'effet oasis

    Climat environnant

    Mésoclimat crée par l'oasis

    - Chaud et sec

    - Fortes amplitudes thermiques

    - Rareté des pluies

    - Déficit hydrique important

    - Vitesse du vent élevée

    - Teneur en eau à la surface du sol plus

    élevée et maintenue

    - Rugosité dynamique augmentée

    Source : RIOU, 1990

    La force de frottement du vent s'accroît par la présence des arbres et parfois de plusieurs niveaux de végétation. La répartition verticale de la lumière est distribuée en fonction des strates végétales.

    L'extérieur, joue un rôle déterminant dans les caractéristiques climatiques de ce milieu.

    Selon le degré d'association des composants des trois strates, le mésoclimat créé sera plus ou moins favorable aux différentes cultures.

    Il s'agit d'établir un équilibre entre les trois strates afin d'obtenir une production optimale. Une association dense des trois étages, dans laquelle le degré de recouvrement des palmes est total, implique des risques d'étiolement des cultures sous-jacentes et de compétition racinaire. L'hygrométrie alors élevée favorise le développement des maladies. De même, une palmeraie fluide crée mésoclimat défavorable aux cultures herbacées, où l'air est sec et, la température, l'évaporation et l'ensoleillement sont élevés (TOUTAIN, 1979).

    Des activités agricoles, dépendent les caractéristiques climatiques de l'oasis.

    4.3. QU'EST CE QU'UNE FILIERE ?

    Une filière agro-alimentaire peut se définir comme « l'ensemble des opérateurs intervenant dans la transformation d'un produit alimentaire, de sa production primaire jusqu'à sa consommation finale. Ces opérateurs économiques sont regroupés en niveaux qui apportent une valeur ajoutée au produit » (ALLAYA, 1992).

    TRANSFORMATION

    COMMERCIALISATION

    Industrielle

    Artisanale

     

    LOGISTIQUE

    Stockage transport

    PRODUCTION

    CONSOMMATION

    Figure n° 1 : Schéma de la filière agro-alimentaire (ICRA, 2001)

    Pour finir avec la définition nous présenterons « le canevas d'une analyse de filière » d'après MONTFORD-DUTAILLY (1996).

    1. La question de départ et les objectifs

    2. Définition des limites de la filière étudiée

    3. La structure

    4. Le fonctionnement

    5. Les dysfonctionnements

    6. La dynamique de long terme de la filière

    7. Les politiques économiques influençant la filière

    4.4. TYPOLOGIE DES OASIS TUNISIENNES

    Les oasis tunisiennes sont classées soit en se basant sur le système de culture soit en se basant sur leur localisation géographique.

    La superficie des oasis en Tunisie est d'environ 36000 Ha. Elle est repartie comme suit:

    Tableau n°7 : Répartition des oasis tunisiennes.

    Gouvernorat

    Superficies (ha)

    %

    Kébili

    15 450

    43

    Tozeur

    8 000

    22

    Gabès

    7 000

    19

    Gafsa

    4 500

    13

    Médenine

    750

    2

    Tataouine

    300

    1

    Total

    36 000

    100

    Source: KASSAH, 1996

    Il existe plusieurs typologies d'oasis dont on peut retenir deux grandes classifications : selon la base du niveau technique et selon la base de données agro-climatiques.

    4.4.1. Classification suivant le système de culture

    ? Oasis traditionnelles

    Ces oasis traditionnelles représentent plus de 47% de la superficie totale. Elles se caractérisent par la vieillesse de ces plantations, densité élevée qui peut atteindre les 400 pieds par hectare, un grand morcellement de propriété et une faible taille des exploitations, un déficit plus ou moins accentué en eau d'irrigation, un mélange variétal de palmiers dattiers avec prédominance des variétés communes et la présence de trois étages qui caractérisent l'oasis. Les rendements sont souvent tres bas (15 à 20 kg par pieds). L'oasis zone du projet y appartient.

    ? Oasis modernes

    Représentent 50% de la superficie totale, elles se localisent dans les régions de Nefzaoua et Djérid. Ces oasis, se distinguent par une densité bien respectée 100 à 125 pieds par hectare. Une seule culture qui existe (palmier dattier), c'est la monoculture mono variétale de Deglet Nour, et aussi une taille des exploitations plus grande.

    ? Oasis réhabilitées, rénovées

    La densité est moins importante, élimination des dattes communes, éclaircissage sur les différents étages et on enregistre une amélioration assez remarquable des rendements. Elles représentent 3 % de la superficie totale.

    4.4.2. Classification suivant la localisation géographique

    Cette classification se base sur les conditions climatiques en rapport avec la position géographique des oasis, en effet, ce critère intervient dans la détermination du système de culture pratiqué et plus particulièrement l'importance qu'occupe le palmier dattier dans l'écosystème oasien. Ainsi on distingue :

    ? Oasis continentales

    Elles se localisent dans les régions de Djérid et Nefzaoua, et représentent 85 % de l'effectif total, où le palmier dattier dont la variété principale est la Degler Nour. Cette dernière trouve les conditions de maturation et de préservation de la qualité sont réunies (températures élevées et atmosphere sèche), pour prendre une place prédominante dans l'économie nationale, ainsi que dans le revenu des paysans.

    ? Oasis littorales

    Se trouvent dans les régions de Gabès et Mareth, l'humidité en provenance de la mer et les températures moyennement modérées, l'action adoucissante de la mer sur le climat en général et la températures en particulier (au dessous des besoins), pour la maturation de Deglet Nour fait que cette dernière est quasiment absente dans ces oasis.

    Seulement des variétés communes sont cultivées (Bouhatem, Rochdi, Lemsi, Kenta etc.) qui ont perdu leur valeur économique et sont en pleine régression. Le système de production dans ces oasis s'oriente plus vers les cultures herbacées (maraîchères, fourragères et industrielles). ? Oasis de piémont, d'altitude ou de montagne

    On les rencontre dans les régions de Gafsa, Tamarza et Chibika, le système de production dans ces oasis se base principalement sur l'arboriculture fruitière. Ou l'olivier, l'amandier, le pêcher sont fréquemment présent dans les palmerais à coté des palmiers dattier qui vient en second lieu de point de vue importance.

    Chapitre II. PRESENTATION DE LA REGION D'ETUDE

    Le gouvernorat de Gabès représente 4.4 % du pays en superficie avec 24% de la population active (74000 actifs). Un sixième de la population travaille dans le secteur primaire et presque la moitié de la population habite un milieu rural.

    La SAU (superficie agricole utilisable) est estimée à 597288 ha, soit 83% de la superficie du gouvernorat, elle se repartit de la façon suivante :

    · 12000 de périmètres irrigués dont 7850 ha des oasis.

    · 73000 ha d'arboriculture en sec.

    · 80000 ha de grandes cultures.

    ? 13000 ha de parcours de steppes valorisés par l'élevage extensif en compétition parfois avec de la céréaliculture vivrières. Cette superficie est repartie sur 24000 agriculteurs (ROMDHANE, 2004).

    1. L'OASIS DE GABES

    L'oasis de Gabès est l'unique oasis littorale de la méditerranée et l'un des derniers exemples d'oasis de ce type dans le monde. En plus de la proximité de la mer, l'oasis de Gabès avec ses étages de cultures (strate supérieure constituée de palmier dattier, strate moyenne constituée de différents arbres fruitiers et strate basse composée de différentes plantes maraîchères, industrielles et fourragères) constitue un microclimat favorable au développement d'une flore très diversifiée, et un paysage exceptionnel

    Jadis, l'oasis de Gabès était connue par l'extrême richesse des variétés de palmiers. Le palmier dattier est considéré comme pilier de l'écosystème oasien. 45 variétés ont été inventoriées dans l'oasis de Gabès. Il s'agit pour la plupart de variétés communes. II existe cependant plusieurs autres variétés moins répandues. De plus, l'oasien a intégré dans la palmeraie la culture à étage afin d'optimiser la rentabilité. Ainsi, une multitude d'espèce d'arbres fruitiers poussent à l'ombre des palmiers dattiers et constituent le deuxième étage de ce système de culture. Parmi elles, les principales sont représentées par les grenadiers, les abricotiers et les figuiers. Il y a d'autres espèces qui sont moins cultivées, mais qui sont connues depuis l'antiquité, comme les pommiers, les vignes, les pêchers et les mûriers. Enfin, les cultures de l'étage inférieur constituent aussi la richesse de l'oasis de Gabès. En effet, depuis l'antiquité cette oasis s'est distinguée par son culture maraîchère (carottes, navets, oignons,. . .) ce qui permettait une certaine autosuffisance en ces produits et répondait à une règle première: produire pour la consommation locale. L'oasis de Gabes s'est également distinguée par la culture du tabac mais aussi par celle de la luzerne avec la fameuse variété « la luzerne de Gabès », connue par sa productivité très élevée. L'oasis de Gabès est en effet restée jusqu'au début des années soixante dix comme l'exemple type de l'oasis littorale avec son système de culture diversifié associant une variété de culture dans un système d'étages.

    Les oasis du Gouvernorat de Gabès s'étendent sur une superficie de 6660 ha réparties sur 31 oasis dans les délégations d'El Hamma, Chenini, El Menzel, El Jara, Gannouch, Mareth, Méttouia, Wedref et Chott Essalem. Celui du Grand Gabès (Jara, Menzel, Chot El Férik et Chénini) couvre 570 ha.

    Depuis leur création, les oasis traditionnelles sont caractérisées par des cultures en étages, c'est-à-dire que l'occupation du sol se fait selon un système à trois strates ( de haut en bas) leur importance est relative, elle est en fonction des richesses et possibilités édaphiques, climatiques et des objectifs socio-économiques.

    - Palmier dattier : C'est l'étage supérieur, de lui dépend le maintien de l'écosystème et ceci par sa forte résistance au milieu salin et sa forte valeur économique à condition que le climat de cette oasis permette le développement de la variété Deglet Nour.

    - Arboriculture fruitière : la variation et l'importance de cette strate (grenadiers, pèches, oliviers,...) varient selon la localisation et le climat de l'oasis.

    - Strate herbacée : Elle se distingue en cultures vivrières, maraîchères, industrielles (tabac, henné) et fourragères (luzerne, sorgho).

    Sur le plan foncier et sous le poids de l'héritage et la croissance démographique, la propriété foncière de la majorité des oasis littorales est marquée par un morcellement et une parcellisation souvent excessive (la taille moyenne est de 0.30 ha). Quelques oasis littorales ont perdu plus de 30% de leur superficies, elles sont destinées aux diverses utilisations nonagricoles (SRASRA, 2008).

    D'après le CRDA de Gabès, on compte dans les oasis de Gabès environ 12000 exploitations agricoles dont :

    - 84% ayant une superficie inférieure à 0.5 ha

    - 65% des exploitations inférieurs à 0.25 ha.

    - 19 % des exploitations entre 0.25 et 0.5 ha.

    - 11 % des exploitations entre 0.5 et 1 ha.

    - 15% des exploitations inférieur à 1 ha.

    2. CONTRAINTES ET POTENTIALITES DU MILIEU

    2.1. LE CLIMAT

    La région de Gabès, qui recouvre la plaine littorale insérée entre la chaîne des montagnes de Matmata et le littoral méditerranéen sur une superficie de près de 716 000 ha, fait partie intégrante de l'ensemble paysager appelé sud tunisien. Cet ensemble, ou le «caractère dominant façonne les milieux naturels et se traduit par un gradient paysager allant de la steppe tunisienne aux marges sahariennes » (QUEMENER, 1999), se caractérise par un climat semiaride. L'oasis de Gabès a l'originalité d'être située dans une plaine côtière au climat méditerranéen doux-aride. Elle subit la double influence de la mer et du désert.

    Les précipitations sont très variables dans l'année et d'une année à l'autre. La pluviométrie, de 184 mm/an, demeure faible avec un maximum à l'automne.

    L'élément déterminant du climat est le vent qui souffle toute l'année, 300 jours par an. La zone de Gabès est d'abord sous l'influence des vents marins, vents doux et humides, qui se déplacent du nord-est au sud-ouest et soufflent pendant tout l'été. A l'opposé, les vents d'ouest, violents et secs, prennent leur origine des hautes pressions continentales de l'arrière- pays. Froids en hiver et chauds en été, ils provoquent les plus graves dégâts aux cultures. Les vents du sud, sont les moins fréquents (30 jours/an) mais les plus dévastateurs. Les Sirocco, qui abaisse fortement l'humidité de l'air en augmentant sa température, grille les cultures.

    Les températures sont généralement plus douces que dans les oasis continentales grâce à la forte influence maritime. Les dattes de qualité supérieure (Dglet Nour) ne peuvent d'ailleurs pas arriver à maturité dans l'oasis de Gabès en raison de l'humidité importante et des températures trop douces. Les faibles précipitations accompagnées de températures élevées entraînent un bilan hydrique toujours déficitaire.

    2.2 LA PLUVIOMETRIE

    Les données enregistrées à la station météorologique de Gabès sur une période de 90 ans (1901-1992) mettent en évidence une pluviométrie sporadique avec une moyenne annuelle d'environ 175 mm, marquée par une forte variabilité inter et intra annuelle.

    A titre d'exemple, on a enregistré seulement 39 mm en 1974, tandis qu'en 1951 on a enregistré 396 mm, soit 10 fois plus.

    Figure 2 : Moyennes pluviométriques mensuelles à Gabès entre 1901 et 1991

    D'autre coté, et concernant la variabilité intra-annuelle, la figure 1 présente les moyennes mensuelles des précipitations de Gabès et souligne l'importance des fluctuations saisonnières. La lecture de cette figure nous permet de constater une saison sèche qui va du mois de Mai au mois d'Aoüt suivie d'une saison plus au moins humide de Septembre à Avril.

    2.3. LES TEMPERATURES

    Il est à signaler que ces variations pluviométriques saisonnières juxtaposent à un régime thermique contrasté. Les moyennes mensuelles les plus élevées sont enregistrées sur la période allant du mois de mai au mois de septembre et où les maximums pouvant atteindre 50°C. Ces températures élevées durant l'été sont le résultat de manque de précipitation observé précédemment. L'amplitude thermique moyenne entre le mois le plus chaud et le mois le plus froid est égale à 16°C et souligne l'effet modérateur de l'influence maritime comme le montre le tableau suivant.

    Tableau n°8 : Températures moyennes mensuelles à Gabès de 1901-1992 (°C)

    Mois

    J

    F

    M

    A

    M

    J

    J

    A

    S

    O

    N

    d

    temp

    11.1 2

    12.1 5

    15.1 7

    17.5 7

    20.7 6

    23.8 3

    26. 6

    27. 3

    25. 7

    18. 9

    16.2 6

    12.3 7

     

    Source : DRE Gabès, 1995

    2.4. LE REGIME DES VENTS

    L'élément déterminant du climat dans la région de Gabès est le vent qui souffle toute l'année,
    soit de 300 jours par an. La région est sous l'influence des vents marins (bahri), vents doux et

    e

    humides, qui se déplacent du nord-est au sud-ouest et soufflent pendant tout l'été. A l'opposé, les vents d'ouest (gharbi), violents et secs, prennent leur origine des hautes pressions continentales de l'arrière- pays. Les vents du sud (guebli) sont les moins fréquents (30 jours/an), mois les plus dévastateurs. Quant au sirocco (chhili), qui abaisse fortement l'humidité de l'air en augmentant sa température, vent très chaud qui souffle en général du

    J F M A M J J A S O N D

    sud au sud-ouest, il grille les cultures lors de son passage.

    2.5. LE BILAN HYDRIQUE

    La notion de bilan hydrique met en relation les apports en eau constitués essentiellement des précipitations et l'utilisation qui en est faite par les différentes composantes du milieu.

    Les variables qui sont utilisés pour calculer le bilan hydrique sont l'évapotranspiration potentielle (ETP) et les précipitations annuelles (P).

    L'évapotranspiration dans la région de Gabès est estimée à 1417 mm par la formule de TURC. (ABDEDAIEM, 1997).

    2.6. HYDROLOGIE

    La nappe de la Djeffara, considérée aujourd'hui comme fossile, approvisionne l'oasis mais aussi une partie du complexe industriel et le service d'eau potable. Elle est alimentée par la grande nappe profonde du Continental Intercalaire, qui est retenue dans des sables et des grès à une profondeur de 800-900m, et minoritairement par la pluie.

    Le tarissement des sources, causé par l'exploitation excessive pour les activités agricoles et industrielles, a nécessité la création de forages pompés. Dans l'oasis de Gabès, sept forages puisent dans la nappe de la Djeffara. Jusqu'à récemment, elle ne nécessitait pas de pompage du fait de sa situation topographique. En fait, depuis sa mise en exploitation, cette nappe diminue de façon inquiétante (1 m par an), en relation avec les volumes pompés.

    Des projets sont en cours tels que l'agrandissement du réseau d'irrigation et de drainage en dur de l'oasis de Gabès ou la réalisation de stations d'épuration des eaux usées.

    2.7. GEOLOGIE ET PEDOLOGIE

    Les oasis de Gabès sont marquées par des couvertures géologique du quaternaire avec quelques affleurements du crétacé moyen et inférieur (COUTAGNE, 1999). Nécessairement profonds et fertiles pour pouvoir supporter la forte densité végétale installée depuis des siècles, les sols des oasis ont été déposés par les oueds lors des périodes antérieures plus humides. Leur origine est donc alluviale, fluviatile et éolienne. Ces sols sont caractérisés par deux constituants fondamentaux, le gypse (20-30%) et le calcaire (5-20%) et sont d'une manière générale pauvre en matière organique (Bidet, 2000) et par conséquent ils doivent être souvent binés et régulièrement fumés. Toutefois, il faut signaler deux problèmes qui handicapent l'activité agricole dans les oasis littorales de Gabès, l'halomorphie et l'hydromorphie. Dans l'oasis de Metouia ces problèmes s'aggravent en se rapprochant de la mer, d'une part, et des sebkhats (surtout sebkhat oued El Melah), d'autre part ; vers laquelle la nappe devient de moins en moins profonde. Il va sans dire que l'évapotranspiration étant très importante, les remontées capillaires des eaux d'irrigation augmentent la proportion de sels dans le sol.

    Le socle géologique est constitué par des argiles gypseuses Moi-pliocènes qui reposent sur les calcaires du Crétacé. En surface, on trouve plusieurs mètres de sable gypso-calcaire sur lequel se forme un encroütement gypseux. En dehors de l'oasis, ce sont des sols gypseux pauvres. Dans l'oasis, l'influence de l'homme rend difficile la reconnaissance d'un matériau originel. Les sols sont néanmoins, d'origine alluviale fluviatile et éolienne du Quaternaire récent. Ces sols de texture sableuse, sont plus ou moins argileux (8 à 15 % d'argile d'aval en amont sur 20 cm de profondeur). Les sols sont caractérisés par deux constituants fondamentaux, le gypse (20-30 %) et le calcaire (5-20 %). Ce sont des sols battants par manque de matière organique (<2%) qui doivent être souvent binés et régulièrement fumés.

    Deux problèmes handicapent l'agriculture dans l'oasis de Gabès, l'halomorphie et l'hydromorphie, qui s'aggravent en se rapprochant de la mer, vers la quelle la nappe devient de moins en moins profonde.

    L'évapotranspiration étant très importante, les remontées capillaires des eaux d'irrigation augmentent la proportion de sels dans le sol.

    Les sols de l'oasis se distinguent essentiellement par rapport à l'hydromorphie (ABDEDAEIM, 1997) :

    - Les sols non hydromorphes : la nappe phréatique est supérieure à 2 m de profondeur et a donc peu d'effet. Ces terres bénéficient d'une situation topographique haute (en amont de l'oasis) et de conditions de drainage naturel.

    - Les sols à hydromorphie de profondeur : ils représentent la majorité des sols de l'oasis, situés surtout dans la zone médiane de l'oasis. Cette hydromorphie provoque la salure des horizons profonds et la précipitation du gypse.

    - Les sols hydromorphes : situés en aval de l'oasis où la nappe est à moins d'un metre de profondeur.

    Cette aptitude des sols à l'hydromorphie montre une séparation de l'oasis entre sa partie amont (village de Chenini et Menzel) avec de bons terrains et sa partie aval (villages de Jarra et Chott Essalem) avec des sols plus soumis à l'influence négative de la nappe. Les sols présentant de bonnes aptitudes aux cultures diversifiées arbustives, fourragères et maraîchères sont situés surtout à Chenini (BERCHRAOUI, 1980).

    2.8. L'EXPLOITATION DES EAUX DANS L'OASIS

    Les oasis littorales de Gabès (Metouia, Ouedref, Ghannouche, Bouchemma, Grand Gabès, Teboulbou, Kettana et Mareth) sont très anciennes. Leur origine remonterait à 500-800 avant Jésus (COUTAGNE, 1999), à l'arrivée des carthaginois en Tunisie. Jusqu'à la fin des années 60 le système d'irrigation était basé sur des sources artésiennes et ensuite sur des puits superficiels creusés par les oasiens appelés « ain »

    Dans les années 70 s'est implanté un important pole d'industries chimiques dans la ville de Gabès (entre les oasis de Ghannouche et du grand Gabès) distant d'environ dix km de l'oasis de Metouia, transformant les ressources en phosphate provenant de la région de Gafsa.

    Le Tableau suivant montre l'élévation des nappes profondes du sud tunisien et par conséquent le tarissement des sources naturelles vers les années quatre-vingt dix.

    Tableau n° 9 : Evolution de l'exploitation des nappes profondes du sud tunisien (en mm3/an)

    Année

    1970

    1980

    1990

    1997

    Type de

    débit

    P

    S

    P

    S

    P

    S

    P

    S

    Gafsa

    -

    12.3

    28.8

    9.3

    49.7

    14.2

    82.5

    3

    Tozeur

    28.7

    55.2

    57

    16.3

    98.2

    2.9

    168

    0

    Kébili

    -

    6.8

    15.3

    4.6

    84.4

    1.2

    136.3

    0.4

    Gabès

    15.8

    27.9

    70.7

    10.7

    110

    3.1

    134

    0.3

     

    Source : MAMOU, 1999

    Ainsi, l'eau d'irrigation dans les oasis est devenue presque exclusivement une eau de pompage. De ce fait, deux types de nappes sont mobilisés : la nappe de la Djeffara et les aquifères profonds (le complexe terminal et le continental intercalaire).

    La nappe de la Djeffara

    La nappe de la Djeffara, qui s'étend sur l'ensemble de la plaine côtière de Gabès à Médenine, représente la principale ressource en eau souterraine pour les oasis distinctes :

    - Une alimentation à partir des eaux de ruissellement à raison de 0.96 à 1.8 m3 par seconde suivant les années (année sèche ou encore pluvieuse).

    - Un déversement de la nappe du continental intercalaire qui communique avec le Djeffara au niveau de la faille d'El Hamma.

    Cette alimentation qui avoisinait 3.5 m3 par seconde en 1950, n'atteignait plus que 2.6 m3 par seconde en 1977 (MAMOU, 1999) sous l'effet de l'intensification croissante de l'exploitation en amant de l'exutoire du coté de Kébili et Tozeur.

    Le Tableau ci-dessous présente le bilan hydraulique de la nappe de Djeffara d'après simulations numériques réalisées par RIAHI-CHANDOUL (2010).

    es du sud tunisien (en mm3/an)

    Tableau n° 10 : Bilan hydraulique de la nappe de la Djeffara

    Années

    1950

    1960

    1970

    1980

    1990

    2000

    2010

    entrées

    Alimentation par infiltration

    0.96

    0.96

    0.96

    0.96

    0.96

    0.96

    0.96

     

    3.6

    3.4

    3.15

    2.85

    2.6

    2.5

    2.4

     

    0

    0.39

    0.7

    1.0

    1.35

    1.89

    2.07

    Sorties

    Percolations exutoires

    2.16

    1.95

    1.75

    1.55

    1.35

    1.15

    0.9

     

    Exploitation

    2.4

    2.8

    3.06

    3.26

    3.56

    4.2

    4.83

     

    Total

    4.56

    4.75

    4.81

    4.82

    4.91

    5.35

    5.43

     

    Source : RIAHI-CHANDOUL, 2010

    Chapitre III : LES DIFFERENTS SEGMENTS DE LA FILIERE DES DATTES COMMUNES

    1. PRESENTATION DE LA FILIERE DES DATTES EN TUNISIE

    Le secteur phoenicicole en Tunisie regroupe l'ensemble des activités liées à la production le stockage, la transformation et la commercialisation.

    Les acteurs dans le secteur des dattes en Tunisie sont nombreux et peuvent être classés en 2 groupes :

    1.1. LES OPERATEURS PRIVES

    - Les producteurs : agriculteurs

    - Les collecteurs

    - Les organisations professionnelles :

    · Coopératives de services agricoles (CSA)

    · Groupement de développement agricole (GDA)

    · Association d'intérêts collectifs (AIC)

    · Groupement d'intérêts économique (GIE)

    -Les intermédiaires : commerçants, grossistes, commissionnaires

    -Les conditionneurs --exportateurs

    -Les frigoristes

    -La profession : qui est essentiellement représentée par (UTAP) union Tunisienne d'Agriculture et de la pèche, c'est la chambre syndicale des agricultures et elle est représentée régionalement sous l'appellation (URAP) Union Régionale de l'Agriculture et de la Pèche et représentée aussi localement sous la structure de (ULAP) union locale de l'agriculture et de la pèche

    -Fédération nationale des producteurs des dattes

    -Fédération régionale des producteurs de dattes

    -(UTICA) : l'union tunisienne de l'industrie, de commerce et de l'agriculture et qui regroupe les industriels, les exportateurs, ces conditionneurs, les commerçants, et représentée au niveau central, régional et local à l'instar de l'UTAP pour les producteurs.

    -Fédération nationale des exportateurs conditionneurs

    1.2. LES OPERATEURS INSTITUTIONNELS

    -Le Ministère de l'Agriculture avec notamment :

    ? La (DGPA) Direction générale de production agricole

    · La (DGPIA) Direction générale de planification et de l'investissement agricole

    · L (IRESA) Institution de recherche et de l'enseignement supérieur agricole

    · L (AVFA) Agence de vulgarisation et de formation agricole

    · La (DGRE) direction générale des ressources en eaux

    · La (DGPCQPA) direction régionale de protection des cultures et de qualité des produits agricoles

    · La (CRDA) commissariat régionale de développement agricole

    · La (CTV) cellule territoriale de vulgarisation

    · La (CRA) cellule de rayonnement agricole

    - Le groupement interprofessionnel des dattes (GID créé en MAI 1974 par la loi 74-75 et qui est présidé un directeur général et géré par un conseil d'administration constitué de 12 membres représentants les différents opérateurs de la filière) et qui à été restructuré à partir de 2005 pour faire partie du groupement interprofessionnel des fruits (GI FUITS) représenté au niveau central, régional et sectoriel et aussi international (Agent permanent à Marseille, Agent temporaire au Maroc de facilitation des exportations)

    A ces opérateurs s'ajoutent d'autres opérateurs institutionnels intervenant dans le cadre de la mise en oeuvre des politiques nationales et / ou sectorielles en matière d'appuis à la promotion des exportations parmi ces opérateurs citons,

    - L'API : agence de promotion des industries

    - L'APIA : agence de promotion des investissements agricoles

    - Le CEPEX : le centre de promotion des exportations et qui agit à travers différent fonds notamment le FOPRODEX : fond de promotion des exportations et le FAMEX : fond d'accès aux nouveaux marchés et ce par la subvention du transport au profit des exportateurs

    - CTAA : le centre technique agroalimentaire

    - CTD : le centre technique des dattes nouvellement installé dans les zones de productions - PACTEK : centre technique de l'emballage

    - CRPH : centre de recherche phoenicicole situé dans les lieux de productions - INNORPI : institut national de normalisation et de propriétés industrielles

    Tableau n° 11 : Tableau récapitulatif des principaux acteurs de la filière datte tunisienne

    AUTEUR

    FONCTION

    SERVICE/ BIEN

    GID/GIFRUITS

    Interprofession : interface production/

    conditionnement/ exportation.

    coordonner entre

    l'exportateur /l'importateur

    *Fourniture des intrants agricoles subventionnés

    *Stockage des dattes

    *Fumigation

    *Prospection des marchés

    *Réalisation des études et stratégies

    *Défendre les intérêts des agriculteurs/ collecteur/ exportateur /conditionneur auprès de tout les acteurs de la filière *Mettre en place les systèmes de contrôles de qualité et de traçabilité

    INNORPI

    enregistrement des

    marques de commerce et de fabrication

    * Octroi de la marque de conformité aux normes

    *Certification des systèmes de qualité conformément aux

    normes ISO

    IRESA

    Tutelle de toutes les

    institutions de recherche et enseignement supérieur agricole

    * Elaboration des priorités sectorielles

    *Formation et stages pour les techniciens et cadres opérant dans le secteur des dattes

    *Diffusion des paquets technologiques

    CRDA

    Développement agricole

    ressources en eaux

    *Vulgarisation - développement * Formation

    CRPH

    Recherche phoneinicole

    Technique culturales à vulgariser / résultats / acquis de

    recherche

    ODS

    Développement

    * Promotion de l'investissement privé

    *Etude de faisabilité et projet de développement *Planification régionales

    APIA

    Aide à l'investissement

    agricole

    *Préparation des dossiers d'investissement agricole

    *Subvention et aide fiscale

    UTAP

    Syndicat des producteurs

    défend les intérêts des producteurs auprès des autorités

    politiques

    UTICA

    syndicat des exportateurs

    *Assemblement sous forme des fédérations auprès des autorités politiques

    *Défendre les intérêts des exportateurs

    DG/DCQPA

    contrôle phytosanitaire

    Délivrer les certificats phytosanitaires pour les dattes exportées

    CEPEX

    promotion des

    exportations

    Subventions sur le transport à l'export

    centre technique des dattes

    *Recherche de nouvelles techniques pour les dattes *formation des

    techniciens stage dans les pays producteurs à l'étranger

    Vulgarisation des acquis de recherche dans le secteur de production des dattes

    CRPH

    recherche dans

    l'agriculture oasienne

    Diffuser les résultats de recherche concernant les cultures associées dans l'oasis

    Producteur

    Plantation-production- récolte-triage-vente

    Datte-déchets oasiens a valoriser : palmiers sèches/ vertes écart de triage-conefs

    Collecteur

    Achat sur pied achat au détail, collecte triage/ classification des dattes

    *Vente des dattes triées aux exportateurs/ conditionneurs dans des caisses en plastiques de 10/18 /25 KG

    * Vente des dattes aux marchés des gros/détails

    Conditionneur/ exportateur/ frigorifiste

    Achat dattes triées stockage/

    conditionnement/ emballage

    *Exportation des dattes

    *Commercialisation interne

    *Approvisionnement des grossistes et grande surfaces

    Grossiste/semi- grossiste /détaillant

    achat dattes auprès des

    agriculteurs/collecteurs /
    frigorifistes

    Vente au détail approvisionnent des marches de gros et de

    détail

    Organisation professionnelles : *AIC

    *Groupement de développement agricole

    *Groupement à
    intérêt

    économique *Coopérative de service agricole

    Défendre l'intérêt des

    producteurs

    *Rassemblement des achats, des intrants agricoles

    *Vente collective des dattes des adhérents

    *Gestion et vente d'eau d'irrigation

    *Entretien des réseaux d'irrigation et de drainage

    *Gestion des frigos

    *Triage et collecte des dattes

    *Valorisation des dattes et sous-produits des palmiers et des

    dattes

    *Intégration des femmes dans la valorisation artisanale des sous-produits

    Ainsi, et d'après tous ces opérateurs, nous pouvons schématiser la filière des dattes en Tunisie comme suit :

    PRODUCTEURS

     
     
     

    AUTO CONSOMMATION
    BETAIL, PERTE

     
     
     
     
     
     

    ETRANGER

     
     
     

    IMPORTATEURS

     
     
     
     

    TUNISIE

    COLLECTEURS

    MARCHE NATIONAL
    MARCHE REGIONAL

    DETAILLANTS

    SEMI-
    GROSSISTES

    GROSSISTES

    FRIGO

    SOCIETE DE COMMERCE
    INTERNATIONAL

    GRANDES SURFACES

    CONDITIONNEURS

    EXPORTATEURS

    Figure n° 3 : Schéma de la filière datte en Tunisie

    2. PREMIER SEGMENT DE LA FILIERE : LA PRODUCTION ET L'UTILISATION DES DATTES ET DES SOUS PRODUITS DU PALMIER DATTIER

    2.1. LA PRODUCTION DATTIERE

    2.1.1. MORPHOLOGIE DU PALMIER DATTIER

    2.1.1.1. Système radical

    Le système radical du dattier est fasciculé, et non ramifié. Le bulbe, ou plateau racinal, est volumineux et émerge en partie au-dessus du niveau du sol

    2.1.1.2. Tronc

    C'est un stipe généralement cylindrique au-dessus de sa région basale. L'élongation du tronc s'effectue dans sa partie coronaire par le bourgeon terminal ou phyllophore.

    Chez les jeunes sujets, le tronc est recouvert par la base des pétioles des anciennes palmes et, dans l'interstice de ceux-ci, par une bourre fibreuse : le fibrillum. Chez les sujets âgés le tronc est nu et le fibrillum n'existe que dans la partie coronaire.

    A l'aisselle de chaque palme, se trouve un bourgeon adventif ou axillaire qui, en se développant, peut donner naissance à une inflorescence dans la région coronaire, à un rejet dans la région basale, et à un gourmand dans la région moyenne et sous-coronaire.

    2.1.1.3 Palmes

    Ce sont des feuilles composées, pennées. Les folioles sont régulièrement disposées oblique le long du rachis, isolées ou groupées, pliées longitudinalement en gouttière. Les segments inférieurs sont transformés en épines, plus ou moins nombreuses, plus ou moins longues. En général, les premières folioles situées au-dessus des épines sont plus longues que celles situées à l'extrémité supérieure de la palme. La couleur et la finesse des folioles varient avec les clones ; leur épiderme est recouvert d'un enduit cireux. A l'extrémité inférieure de la palme, le rachis s'élargit pour former le pétiole s'insérant directement sur le tronc.

    Les palmes sont issues du bourgeon terminal. Chaque année, il en apparaît de 10 à 20, jusqu'à 30. les jeunes palmes sont d'abord de grandes feuilles entières à nervation pennée, pliées sur elles-mêmes, puis, en se développant, le limbe se déchire aux plissements et chaque élément se sépare pour former une feuille composée. Elles sont disposées sur le tronc en hélice ; elles demeurent en activité pendant plusieurs années, de quatre à sept ans, puis elles jaunissent, se dessèchent et meurent. Leur déclin peut être influencé par défaut de nutrition résultant d'un mauvais état phytosanitaire, ou par des conditions climatiques défavorables. Un palmier adulte, en bon état de végétation, peut avoir de 100 à 125 palmes actives.

    La disposition des folioles et des épines sur le rachis, ainsi que les angles qu'elles forment entre elles et avec le rachis, constituent des index taxonomiques permettant de différencier les clones.

    2.1.1.4 Organes floraux

    Les inflorescences du dattier naissent du développement de bourgeons axillaires situés à l'aisselle des palmes dans la région coronaire du tronc.

    Les fleurs du dattier sont déclines, c'est-à-dire unisexuées, pratiquement sessiles, leurs pédoncules sont très courts. Elles sont portées par des pédicelles rassemblés en épi composé, le spadice, qui est enveloppé d'une grande bractée membraneuse entièrement fermée, la spathe, mais qui s'ouvre d'elle même suivant la ligne médiane du dos ; chaque spadice ne comporte que des fleurs du même sexe.

    Le dattier est une espèce dioïque.

    Les spathes sont de forme allongée. Celles des inflorescences mâles sont plus courtes et plus renflées, avec une légère dépression dans leur partie supérieure. Cette différenciation permet de reconnaître le sexe des inflorescences avant leur épanouissement. La couleur verdâtre des spathes varie avec les clones et avec le développement de l'inflorescence.

    La fleur femelle est globulaire, d'un diamètre de 3 à 4 mm. Elle comporte un calice court, formé de trois sépales soudés, une corolle constituée de trois pétales ovales et arrondis, de six étamines avortées ou staminodes ; le gynécée comprend trois carpelles indépendants à un seul ovule anatrope s'insérant à la base de l'ovaire.

    La fleur male est d'une forme légèrement allongée ; elle est constituée d'un calice court formé également de trois sépales soudés, d'une corolle formée de trois pétales légèrement allongés et se terminant en pointe, de six étamines disposées sur deux verticilles. Lorsqu'elle est épanouie, elle exhale une odeur caractéristique.

    Le dattier issu de rejet peut fleurir à partir de deux ou trois ans de plantation ; les plants issus de noyaux fleurissent plus tardivement.

    2.1.1.5 Fructification

    Le fruit provient du développement d'un carpelle après fécondation de l'ovule. Le dattier étant une espèce dioïque, pour que la pollinisation puisse s'effectuer, il faut nécessairement la présence d'un pied male à proximité des plants femelles. La pollinisation naturelle effectuée par le vent étant incertaine, on pratique la pollinisation artificielle.

    2.1.1.6 Fruit

    Le fruit du dattier, la datte, est une baie contenant une seule graine appelée noyau. La datte est constituée d'un mésocarpe charnu, protégé par un fin péricarpe ; le noyau est entouré d'un endocarpe parcheminé, il est de forme allongée, plus ou moins volumineux, avec un sillon ventral ; l'embryon est dorsal, sa consistance est dure et cornée.

    La couleur de la datte est variable selon les espèces : jaune plus ou moins clair, jaune ambré translucide, brun plus ou moins prononcé, rouge ou noir. Sa consistance est également variable, elle peut être molle, demi-molle ou dure, les dattes à consistance dure sont dites dattes sèches, leur chair a un aspect farineux.

    2.1.1.7 Propagation

    Le dattier se reproduit par graine ou par voie végétative. La reproduction par graine est longue ; elle ne permet en effet d'obtenir des sujets productifs qu'au bout d'une dizaine d'années. La multiplication par voie végétative est le mode normal de propagation utilisé pour constituer de nouvelles plantations. Le matériel de multiplication utilisé est le rejet se développant à la partie basale du tronc ou sur le bulbe. Le rejet reproduit intégralement les caractéristiques du pied mère : sexe, aptitudes, qualités des fruits, etc. Les rejets à planter doivent avoir un poids de 15 à 25 kg.

    2.1.2. EXIGENCES ECOLOGIQUES :

    2.1.2.1 La température

    Le dattier est une espèce termophile, son activité se manifeste a partir de 10°C, le dattier est cultivé comme arbre fruitier dans les régions arides et semi-arides chaudes, le dattier peut donc supporter des températures tres élevées. La fructification du dattier ne peut s'effectuer dans de bornes conditions que pendant l'époque de l'année la plus chaude pendant laquelle l'humidité relative de l'air est faible et la pluviométrie est nulle.

    2.1.2.2. L'eau

    Le palmier résiste à l'eau chargée, en sel, qui est indispensable même à sa croissance. Les besoins en eau sont les plus élevés de toutes les fruitières 15000 à 2500 m3/an/ha. Pour D.N les besoins sont de 23.647 m3/ha/ an. 1 kg de dattes nécessite 1m3 d'eau.

    Il faut un débit moyen annuel continu de 0,5 à 0,6 l/s.

    Le Dattier redoute les pluies et humidité atmosphérique pendant les périodes de pleine floraison et de développement du fruit, ces conditions constituent des limites à sa culture au même titre que le manque de chaleur estivale. Pendant la floraison une forte humidité favorise la pourriture des inflorescences et gène la germination des grains de pollen. Pendant la maturation elle diminue la transpiration des dattes, les fruits restent gorgés d'eau peuvent éclater. La pulpe en contact avec l'air va fermenter et pourrit.

    2.1.2.3. Le sol :

    Le dattier est assez peu exigent sur la qualité du sol, bien que relativement résistante à l'asphyxie ses racines ne peuvent pas végéter dans l'eau stagnant, en effet dans les oasis le manque de drainage entraîne rapidement la salure du sol et la stérilité du terrain ceci est d'autant plus vrai qu'il s'agit de terre lourde. Dans le Djerid un réseau de drainage (à ciel ouvert) à 2,5 m de profondeur et distant de 150 à 200 m est suffisant pour assurer une bonne culture.

    2.1.2.4. La lumière

    Le dattier est une espéce héliophile cultivée dans les régions à forte luminosité, l'action de lumière favorise la photosynthèse et la maturation des dattes, la densité ne doit pas dépasser 120 pieds/ha pour bénéficie de la luminosité.

    2.1.3. CULTURE DU PALMIER DATTIER :

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    L'implantation d'une palmeraie dépend, dans une large mesure, des ressources hydrauliques à utiliser, aussi celles-ci conditionnent souvent le choix des terrains à mettre en valeur.

    L'emplacement devra cependant être d'un accés facile et permanent. Les bordures immédiates des cours d'eau sujets à des crues violentes et à des changements de lits sont à éviter, pouvoir être drainé, ou de se stériliser par suite de l'accumulation du sel apporté par l'eau d'irrigation. Le terrain à mettre en valeur devra être d'un relief peu accusé et présente une pente générale faible mais bien orientée par rapport au débouché de l'eau d'irrigation, la pente optimale oscille de 2 à 6% pour permettre une bonne irrigation, éventuellement un bon drainage.

    2.1.3.2. Choix du sol

    La qualité primordiale du sol d'une palmeraie est la perméabilité, qu'elle soit irriguée ou alimentée directement par la nappe phréatique. Le choix du sol devra donc etre orienté vers les sols légers, les sables, sables limoneux, les limons sableux à faible teneur en argile (moins de 10 %). Les sols lourds, argileux, rocheux ou caillouteux sont à rejeter.

    Lorsque la plantation ne dépend pas directement de la nappe phréatique, le sol doit avoir une profondeur minimale de 1,50 m à 2 m.

    2.1.3.3 Préparation et aménagement du sol

    a) Défrichement : Même en région désertique, le sol est rarement dépourvu d'une certaine végétation. La mise en valeur d'un terrain nécessite donc presque toujours d'être précédée par le défrichement de celui-ci. Cette opération ne comportera pas seulement l'enlévement ou la destruction de la partie aérienne de la végétation, les souches, les grosses racines devront etre également extraites et éliminées, ce qui évitera par la suite la repousse des espèces vivaces, facilitera les travaux d'aménagement, et permettra l'utilisation éventuelle d'engins mécaniques.

    b) Nivellement : Le sol des palmeraies doit présenter une légère pente générale pour permettre une bonne irrigation et éventuellement un bon drainage. L'eau doit pouvoir circuler facilement sans risque d'érosion, et bien imbiber le sol. La pente optimale est comprise entre 1 et 5 %o.

    c) Défoncement : Le défoncement ne se justifie que dans certains sols. Il peut etre envisagé sur la surface entière ou etre localisé aux emplacements des plants.

    Parfois les travaux de défoncement doivent être complétés par l'enlévement de débris rocheux.

    En sol alluvionnaire ou éolien suffisamment profond, on se contente le plus souvent d'effectuer de simples trous de plantation.

    d) Piquetage : le piquetage doit être établi très soigneusement en se basant sur un plan général, matérialisé en place par des repères bien visibles et pouvant subsister jusqu'à l'acheminement de plantation.

    2.1.3.4 Etablissement des réseaux d'irrigation et de drainage

    Lorsque le drainage doit être pratiqué en même temps que l'irrigation en raison de la salinité du sol et de l'eau, il convient de combiner les deux réseaux de telle façon que la distribution de l'eau d'irrigation ne soit pas gênée par les drains.

    L'eau étant précieuse, il convient de l'utiliser dans les meilleures conditions. Le système d'irrigation devra être rationnel.

    Les jeunes plants sont irrigués par planches ou par cuvettes, dispositifs qui évolueront par la suite au fur et à mesure du développement des sujets jusqu'à l'adoption du système définitif. 2.1.3.5 Densité de plantation

    Les plantations peuvent être établies selon trois formations en carré, en ligne, en quinconce. En zone sahélienne, il est nécessaire que les plantations soient bien ventilées pour obvier aux inconvénients des pluies précoces ; il semblerait que la plantation en lignes donne de meilleurs résultats : 238 pieds/ha, 6 sur la ligne, 7 entre les lignes.

    Lorsque des cultures associées sont envisagées, il est nécessaire de déterminer la densité et dans ce cas la formation en lignes est à conseiller.

    Un programme de réalisation sera également établi, ainsi qu'un devis estimatif des travaux é effectuer et du montant des fournitures nécessaires (matériel végétal, matériel d'équipement hydraulique, outillage...)

    2.1.3.6 Protection contre le vent

    En région désertique, le régime des vents est en général très irrégulier ; après une période de calme, ils peuvent souffler avec violence.

    L'action du vent se manifeste par son action mécanique et son pouvoir desséchant. Lorsqu'il est chargé de particules arrachées du sol (sable, petits cristaux de sel), il a une action abrasive. Pour être efficaces, les lignes brise-vent doivent être orientées face au vent, non pas forcément dominant, mais le plus à craindre ; la largeur de protection est estimée à 10-12 fois leur hauteur.

    2.1.3.7 La plantation

    Les meilleurs rejets sont ceux prélevés à la base du tronc, au voisinage de sol.

    On préfère les rejets droits et trapus à ceux longs et courbés ; leur grosseur est très importante, les petits rejets reprennent difficilement, les plants qui en résultent sont moins vigoureux et produisent plus tardivement ; les gros rejets sont difficilement maniables, leur sevrage est plus délicat. Les rejets couramment utilisés ont un poids de 15 à 20 kg.

    les rejets doivent être plantés dans un sol bien ameubli. Il est recommandé de mélanger du fumier bien décomposé à la terre du fond du trou de plantation.

    Les rejets doivent être plantés verticalement. Après plantation, il convient de bien tasser le sol autour pour qu'ils puissent garder leur position.

    Dès leur mise en place, les rejets devront être irrigués, et ils devront recevoir une irrigation tous les trois à quatre jours, jusqu'à leur reprise.

    Dans certaines régions, les rejets dont parfois entourés d'un manchon de protection contre les vents secs ou contre le froid, en paille grossière, en palmes sèches, en toile...

    En prenant le maximum de soins lors du sevrage et de la plantation, il est possible d'obtenir une reprise à 75 %. Il convient donc, lorsqu'on établit un projet de plantation, de majorer le nombre de rejets nécessaires d'au moins 30 %.

    Dans les régions où l'infestation par la cochenille blanche est à craindre, il est recommandé de traiter les rejets avant plantation par trempage dans une solution de Parathion.

    2.1.3.8 Le sevrage

    La séparation du rejet du pied mère doit être effectuée avec beaucoup de soins ; cette opération conditionne dans une grande mesure sa reprise. La base du rejet doit être dégagée soigneusement pour permettre d'effectuer le sevrage proprement ; l'opération doit être effectuée à l'aide d'un outil tranchant, on utilise un ciseau spécial ou une barre de fer dont l'extrémité est aplatie pour former un tranchant. Dans de nombreux pays, on utilise un ciseau à douille. Il convient de couper la liaison entre le rejet et le pied mère dans sa partie la plus étroite, afin d'obtenir une plaie de sevrage aussi petite que possible, il faut éviter d'entailler le pied mère ou le rejet.

    Les rejets sevrés doivent être disposés à l'ombre ou recouverts de palmes en attendant d'être utilisés. Il convient de les mettre en terre en place, dans les meilleurs délais de sevrage, en prenant des précautions pour les protéger de la dessiccation ; il est possible de les conserver de 8 à 15 jours, selon l'époque de l'année.

    2.1.3.9 L'époque de plantation

    Le meilleur taux de reprise (60 à 70 %) est obtenu en plantant au printemps, de Février à Mai.

    2.1.3.10 La pollinisation :

    C' est la technique culturale la plus importante et elle est l'étape déterminante de la production sur le plan quantitatif et qualitatif ; il faut choisir un bon pollinisateur, connu par ses caractéristiques à savoir la qualité du fruit, la quantité, la maturité, le rapport noyau/pulpe ..., le pollen doit être prélevé à partir des spathes males müres et juste à l'ouverture de celles-- ci ; la pollinisation ne doit pas dépasser l'intervalle (0 --6 j)à partir de l'ouverture des spathes femelles et elle doit être pratiquée dans des conditions climatiques bien déterminés (le matin ou l'après midi -- pas de vent violent ni pluie ) pour assurer la réussite de l'opération.

    Le dattier est une plante dioïque

    L'influence du pollen se manifeste :

    - Sur la grosseur du fruit.

    - Sur la grosseur de la graine (noyau).

    - Sur le rapport pulpe/noyau.

    - Sur la précocité de la maturation, etc...

    L'indice de nouaison est d'autant plus élevé que la pollinisation est effectués des l'épanouissement des inflorescences femelles, à l'ouverture des spathes.

    Pollinisation effectuée le jour même ............

    90 à 95

    %

    Pollinisation effectuée 6 jours après ............

    80 à 90

    %

    Pollinisation effectuée 8 jours après ............

    70 à 80

    %

    Pollinisation effectuée 10 jours apres ............

    40 à 60 %

    Jusqu'au quatrième jour après l'ouverture des spathes, l'indice se maintient autour de 90 % ; il est donc recommandé d'effectuer la pollinisation dans ce délai et de ne pas dépasser six jours.

    Le meilleur moment de la journée se situe de 10 heures à 15 heures.

    La pluie survenant pendant la pollinisation peut entraîner le pollen ou le faire germer avant fécondation, la pluie survenant quatre heures après la pollinisation est pratiquement sans effet, mais que, lorsque la pollinisation est pratiquée dix à douze heures après une pluie, la nouaison sera réduite de 25 à 30%.

    La pollinisation traditionnelle effectuée à la main consiste à introduite un épillet d'inflorescences males dans le régime femelle après d'ouverture de la spathe, qui peut être liée ensuite pour maintenir le rameau introduit.

    Le pollen est très sensible à la chaleur. Aussi est-il conseillé le conserver à une température voisine de 3 à 4 °C, dans un réfrigérateur du type ménager, on dans un endroit aéré.

    2.1.3.11. La fertilisation

    Pour améliorer la production du palmier dattier il faut apporter les amendements nécessaires au sol à savoir le fumier, l'Ammonitre, le Phosphate et le Potasse ; ces éléments jouent un rôle très important dans l'amélioration de la texture et structure du sol et l'augmentation de la capacité de rétention d'eau. Les quantités à apporter au palmier dattier varient en fonction de la structure du sol.

    Fumier : 80kg/Arbre

    N (sulfate d'ammoniaque ) : 2 kg/ Arbre

    P ( super phosphate) : 1,5 kg/ Arbre

    K ( sulfate de potasse) : 1,5 kg/Arbre

    Et elle est pratiquée en trois fois : en fin de saison des pluies, à la nouaison, au virage des dattes.

    2.1.3.12. La taille

    Cette technique consiste à enlever les palmes sèches du palmier qui représentent souvent des foyers de maladies.

    2.1.3.13. Eclaircissage

    L'opération d'éclaircissage vise l'obtention d'un fruit de qualité, elle doit se faire juste après la nouaison et elle consiste à diminuer le nombre de régimes au sein du palmier pour assurer l'équilibre (généralement on garde un régime pour 9 - 10 palmes) et aussi éliminer quelques branchées au sein du régime (au milieu) pour assurer une bonne aération du régime et éviter l'apparition des pourritures et des maladies.

    2.2. VALORISATION DES PRODUITS ET SOUS-PRODUITS

    2.2.1. Les techniques de conservation des dattes

    Les dattes permettent l'obtention d'un certain nombre de produits dérivés, parfois conservables sur une longue durée, et dont certains entrent dans la préparation de recettes traditionnelles.

    Pour protéger les produits post-récolte, les oasiens ont mis au point des techniques de conservation bien adaptées à leur milieu. Aussitôt après la récolte, les dattes sont triées, lavées, séchées puis stockées dans des structures dont la nature est fonction de (des) variété (s) à conserver et de sa destination.

    Il s'agit de grandes jarres en argile cuite dont une partie est enfouie dans le sol et dans lesquelles les dattes sont introduites, puis compactées, avec les pieds afin de « chasser » l'air et éviter toute décomposition sous l'influence d'agents aérobies. Ces jarres peuvent contenir 240 kg de dattes chacune.

    Une autre mode de conservation dans les jarres consiste à faire des couches alternées de dattes et d'olives qui seront consommées au fur et à mesure.

    BACHRAOUI (1980), en comparant les structures de conservation de dattes dans plusieurs pays phoenicicoles, a montré l'intérêt pratique de l'utilisation des jarres par rapport aux autres.

    En effet, selon cet auteur, ces jarres sont faites à base d'argile cuite qui ne s'amenuise pas comme certaine coffrages dont la terre se mélange avec les dattes les rendant ainsi désagréables à la consommation. En outre, ces jarres ne se fendent pas comme les murs de terre qui laissent l'air et les insectes ravageurs. D'autre part, l'orifice étant petit par rapport à la capacité de la jarre, il est assez facile de la boucher hermétiquement.


    · Les vieilles peaux de chèvres (outre)

    Il s'agit de peaux de chèvres initialement destinées au stockage de l'eau. Elles ne sont utilisées pour la conservation des dattes qu'une fois usées.

    Avant d'être introduites dans la « btana », les dattes sont lavées, séchées, puis enduites d'huile d'olive, puis elles sont compactées avec la main pour chasser l'air.

    Ce type de structure est utilisé pour la conservation des dattes de bonne qualité destinées à l'autoconsommation. On y conserve également des dattes destinées à la vente notamment pendant le mois de Ramadan.

    Dans ces deux types structures, les dattes peuvent être conservées pendant environ deux (2) ans en milieu ambiant. Cette performance s'explique par la nature compacte et collante des dattes comprimes qui n'attirent pas les ravageurs comme les coléoptères qui préfèrent les dattes un peu sèches, les femelles les lépidoptères qui préfèrent un substrat sec pour pondre le tassage empêche les dattes d'être en contact avec l'air et par conséquent avec les agents de décomposition.

    Mais, de nos jours, avec le changement des conditions de vie ce savoir-faire est totalement abandonné au profit de moyens de conservation (solutions de facilité) comme les seaux, les sacs en plastiques. La conservation directe dans le réfrigérateur est souvent pratiquée.

    2.2.2 Autres utilisations des dattes et des sous-produits du palmier

    > Les recettes à base de datte

    Les entretiens menés dans l'oasis ont permis de recenser plusieurs produits et recettes culinaires fabriqués traditionnellement à base de dattes. Nous décrivons dans lignes qui suivent les essentiels de ces richesses.

    - Pâte de dattes : Le processus de préparation consiste à broyer à la main ou à la machine, selon les moyens, des dattes ayant été préalablement dénoyautées. La pâte ainsi obtenue est ensuite façonnée de manière à obtenir des boules. On ajoute généralement à la préparation de l'huile d'olive pour permettre la conservation du produit.

    Toutes les variétés molles ou demi-molles peuvent être utilisées pour sa préparation. - Rob ou miel de dattes : il existe deux façons de fabriquer ce produit :

    1ere façon : on fait bouillir dans un premier temps les dattes dans l'eau (1kg de dattes pour 3 L d'eau) ; ce mélange est ensuite filtré et le produit obtenu subit une deuxième cuisson de façon à le concentrer. Le miel préparé dans ces conditions peut être conservé dans des bocaux ou des Btayen spéciales, pendant au moins 2 ans.

    Sa préparation peut se faire à partir de toutes les variétés molles ou demi-molles. 2éme façon : le miel de dattes est préparé à partir du legmi

    - R'fiss : il existe deux sortes de R'fiss :

    R'fiss Tounsi : c'est de la pâte de dattes à laquelle on ajoute de la semoule (blé, orge) grillée chaude et de l'huile d'olive ou du berre.

    R'fiss Aarbi : c'est la pâte de dattes chauffée avec du beurre à laquelle on rajoute du pain traditionnel émietté et de l'huile d'olive.

    - M'FASSI : un groupe de trois à quatre femmes engagées pour la circonstance, assises en rond sur une natte sur laquelle s'amoncelle un tas de dattes, dénoyautent au couteau la datte qu'elles coupent en deux, dans le sens longitudinal. Les dattes perdent alors le nom de Tmar et deviennent M'FASSI qu'on fait sécher au soleil, étalées dans la cour de la maison, ou, mieux, sur le toit, hors de la portée des enfants et des bêtes. Au coucher du soleil, elles sont amassées en tas qu'on prend soin de couvrir contre la rosée ou d'éventuelles averses mais qu'on étale de nouveau au lever du jour.

    La même opération se répète tous les jours-pendant une à deux semaines, jusqu'à ce que les dattes, complètement sèches, durcissent. Elles sont alors entassées dans d'énormes jarres dites (Khabia), desquelles on les extrait au fur et à mesure des besoins. Elles peuvent ainsi rester en conservation pendant tout l'hiver et même jusqu'au début de l'été.

    Cette mise en conserve et cette manière de la valorisation des dattes était très appliquée chez la majorité de familles, mais depuis les années 70, elle tend à disparaître et les quelques familles qui en continuent encore la pratique sont de plus en plus rares.

    Le M'fassi et autres Cheddakhs ne sont plus estimés et on ne sent plus le besoin de les conserver. Les Khabias disparaissent au même rythme que les Zirs.

    Cette tendance est révélatrice d'un changement intervenu dans les habitudes alimentaires et les moeurs : on prend de moins en moins soin de conserver ses prévisions annuelles d'origine domestique et l'on s'adresse de plus en plus volontiers à la superette pour se procurer gâteaux, pain, glaces et autres achats.

    - Le legmi : il s'agit d'un jus très sucré qui s'écoule du sommet du palmier et constitue une boisson tres appréciée à l'état frais ou fermenté. Aujourd'hui, ce produit constitue la base de la production du palmier dattier chez beaucoup d'oasiens. FANNY (2008) signale que le bénéfice annuel d'un palmier qui donne le « legmi » est de près de 1000 DT, alors que celui d'un palmier qui ne produit que des dattes communes ne dépasse guère les 300 DT.

    - Le noyau : le noyau de datte est utilisable aussi bien dans l'alimentation humaine qu'animale. Après torréfaction, il peut constituer un succédané du café et donne une décoction d'une saveur et d'un arôme agréable. Mais il est surtout utilisé dans l'alimentation du bétail où on estime sa valeur fourragère équivalent à celle de l'orge (Munier, 1973).

    Photo 1 : Opération de collecte de legmi

    ? Impact de la transformation sur la diversité génétique du palmier dattier

    La plupart des produits transformés et des recettes culinaires, recensés au cours de cette étude, sont préparés à base de dattes des variétés communes, à faible valeur commerciale. Même si en l'état actuel, ceci n'a qu'un impact très limité sur la conservation de la diversité génétique du palmier dattier, un développement de l'activité permettrait de créer un débouché à ces variétés. Ce qui encouragerait les producteurs à les conserver et à les planter dans leurs exploitations.

    2.2.3. L'utilisation artisanale

    a) La matière première

    Pour confection de la plupart des articles en vannerie, on utilise des jeunes palmes prélevées au coeur du palmier, qui proviennent soit de la palmeraie familiale ou de l'achat dans les palmeraies du village.

    Cependant, compte tenu du risque que représente le prélèvement du coeur de palmes pour la vie du palmier dattier, la plupart des exploitants refusent d'arracher les palmes de leurs palmier, créant ainsi un sérieux problème d'approvisionnement pour les artisans qui sont obligés de s'approvisionner auprès des commerçants ambulants qui viennent des localités où le palmier n'est pas cultivé pour la production de dattes.

    Les palmes sont prélevées de préférence juste après la pollinisation.

    b) Les différents articles fabriqués

    - Couffins, paniers, sacs, cartables et sajeda : Ces articles sont fabriqués de la même manière que le chapeau. La différence réside dans la largeur de la tresse qui est uniforme et relativement plus grande que celle des tresses utilisées dans la confection des chapeaux. Ces articles peuvent être fabriqués avec les folioles de toutes les variétés de palmier.

    - Plats et plateaux : Ces articles sont fabriqués à partir des fibres du pédoncule floral. Après avoir fait séjourner la pédoncule pendant plusieurs jours dans l'eau, les fibres qui la composent sont détachées et reliées par l'intermédiaire des folioles sous forme de couches concentriques auxquelles l'opérateur donnera la forme souhaitée.

    Dans le cas de plats ou plateaux colorés, on procède avant la couture à la coloration des folioles qui se fait avec des teintures spécifiques achetées généralement à Gabès.

    c) La faible rentabilité de l'activité

    L'un des obstacles au développement de la vannerie semble être la faible rentabilité de l'activité. En effet, la commercialisation des articles se fait généralement sur place où les produits sont vendus soit au « souk » (marché) ou à des collecteurs venus de Gabès. Les prix pratiqués sur place sont dérisoires en rapport aux efforts dépensés.

    ? Impact de la vannerie sur la conservation de la diversité génétique du palmier dattier Dans la situation actuelle, la vannerie ne contribue pas ou peu à la conservation de la diversité génétique du palmier dattier même si certains articles sont confectionnés préférentiellement avec des variétés communes précises.

    D'ailleurs, un développement important de l'activité risquerait de nuire à la biodiversité. En effet, les palmes utilisées dans la confection de ces articles sont prélevées du coeur du palmier (bourgeon apical) et selon FERRY (2004), ceci pourrait constituer un risque réel pour les variétés dont les palmes se prêtent particulièrement à cette activité.

    Il est clair que les producteurs ne sont guère favorables au développement de la vannerie, par crainte d'une demande trop forte conduisant à des vols nocturnes de jeunes palmes coupées sans discernement au risque de détruire l'apex du palmier dattier. Toutefois, un prélèvement raisonnable consiste à couper tout les deux ans, sans « blesser » l'arbre, au maximum 2 à 3 palmes sur la dizaine produites chaque année par la plante. Par ailleurs, il faut tenir compte de l'age et de la vigueur de la plante. Ce qui susciterait une demande de matière première. De cette façon, la vannerie pourrait contribuer à la conservation de la diversité génétique du palmier dattier.

    2.2.3.1. La menuiserie

    Dans la région Gabès d'une façon générale, il y a toujours eu une tradition d'utilisation du
    tronc et de rachis pour confectionner des portes et des meubles divers. Mais de nos jours, cette

    activité artisanale traditionnelle a disparu faisant place à une menuiserie moderne qui, cependant est, essentiellement limitée, aux centres urbains (Métouia, Oudhref, Gabès...)

    Cette activité basée sur l'utilisation de rachis de palmes et du tronc de palmier permet la confection d'une gamme variée d'articles, habituellement fabriqués avec d'autres bois (bois de teck par exemple) : lits, armoires, chaises, portes,...

    Ces articles peuvent êtres fabriqués à partir de toutes les variétés. Toutefois, certaines variétés sont préférées à d'autres.

    Toutefois, un développement « raisonnable » de l'activité permettrait de valoriser les vieux palmiers ayant atteint leur limite de production et qui doivent être remplacés par de jeunes rejets.

    2.2.4. Les contraintes liées au recul de la place du palmier dattier dans le système de culture

    La datte était jadis l'aliment de base des populations des oasis. A cet effet, des produits et recettes culinaires très variés ont été mis au point au fil des générations. Mais aujourd'hui, la datte a cessé de faire partie du menu quotidien de l'oasien et l'ouverture au monde extérieur a fait que la région a abandonné la plupart de ces coutumes et traditions.

    Ce changement des habitudes alimentaires, et de cette perte des traditions constatées de nos jours font que même dans les familles les produits à base de datte sont rarement (ou ne sont plus) fabriqués. Ce qui constitue un obstacle sérieux au développement et à la diffusion du savoir-faire traditionnel en matière de transformation de la datte.

    Cette situation se traduit par une faible rentabilité de l'activité, liée à un faible débouché pour les produits fabriqués.

    Quant à la transformation semi moderne, sa promotion est surtout limitée par la connaissance insuffisante des caractéristiques physiologiques et des potentialités de transformations des dattes et une insuffisance de la recherche technologique.

    2.3. RESULTATS ET ANALYSE ECONOMIQUE

    Dans cette partie nous essayerons d'analyser les données économiques obtenues à partir de nos enquêtes réalisées auprès des agriculteurs et des collecteurs et interpréter les résultats obtenus.

    2.3.1. La main d'oeuvre oasienne quel avenir ?

    La main d'oeuvre oasienne devient de plus en plus rare surtout celle jeune. Concurrencée par d'autres activités «moins dures» (comme nous l'ont signalé quelques rares jeunes que nous avons rencontrés) et plus rémunératrices, l'agriculture oasienne voit ses ouvriers spécialisés quitter l'activité agricole vers d'autres secteurs tels que le bâtiment, les services et surtout l'industrie chimique de Gabès qui emploient en sous-traitance quelques milliers chaque année. Ainsi, le nombre de «grimpeurs», qui assurent les tâches les plus nécessaires tels que le toilettage, la pollinisation et la récole et donc qui constituent la main d'oeuvre la plus précieuse pour la production du palmier dattier, a diminué considérablement ces dernières années. D'ailleurs, jadis et pour qu'il soit qualifié, le grimpeur doit accompagner son père quotidiennement des l'age de 10 pour commencer à s'entrainer à grimper les palmiers.

    Or, actuellement l'enfant rentre à l'école à l'age de 6 ans et ne trouve plus le temps d'accompagner son père pour l'aider dans les travaux de la parcelle. D'autant plus que les jeunes d'aujourd'hui, comme nous venons de le signaler, ne voient plus leur avenir dans le secteur agricole.

    Cette situation et d'autant plus alarmante quant on trouve que l'age moyen des oasiens d'aujourd'hui est très proche de 60 ans, comme le montre le tableau ci-après, ce qui pose même le problème de l'avenir des unités de production actuelle.

    Tableau n° 12 : Tranches d'ages des producteurs

    Tranche d'âge

    (ans)

    Nombre

    Pourcentage

    Moyenne d'âge
    (ans)

    20 - 35

    4

    8

    36

    36 - 50

    8

    16

    47

    51 - 60

    12

    24

    56

    > 60

    26

    52

    65

    Total

    50

    100

    58

    Source : Notre enquête

    2.3.2. Le régime foncier et le mode de faire valoir

    Le régime privatif constitue le régime dominant dans les oasis de Gabès comme partout dans toute les oasis de la Tunisie. Toutefois, les cas d'indivision, qui résulte du mode de droit successoral, ne manque pas. En effet, et suite aux héritages successifs, la propriété dans l'oasis s'est trouvée tres morcelée. Il n'est pas rare de tomber sur un cas où un palmier est hérité par plusieurs personnes à la fois. Cette situation, nous raconte les oasiens qu'elle est toujours gérable avec la génération actuelle, exceptés quelques cas de conflits, mais elle ne le sera plus dans l'avenir avec les générations futures où l'individualisme et l'égoïsme vont bon train. Actuellement, si l'exploitation est en indivision après la mort du père, c'est généralement le fils aîné qui prend l'exploitation en main et les charges et les recettes seront partagées entre les héritiers.

    Quant au mode de faire valoir, on remarque que dans les oasis littorales le mode de faire valoir direct est le plus dominant. Toutefois, la location commence à se développer et qui est peut être le résultat soit d'absence de succession d'un oasien qui prend sa retraite ou qui meurt, soit d'un conflit sur la gestion de l'exploitation.

    Il est intéressant aussi de signaler que nous nous sommes tombé sur quelques cas d'association entre le propriétaire (généralement sans assise financière) et un fonctionnaire ou un commerçant (généralement un membre de la famille proche du propriétaire) qui participe par le capital et à la fin de la campagne se partage les bénéfices. Ainsi, nous nous interrogerons si cette forme d'association (jusque là réservée à l'élevage) peut être la solution à l'abandon de l'activité oasienne ?

    Tableau n° 13 : Les modes de faire valoir dans les oasis de Gabès et El Hamma

    Mode de faire valoir

    Nombre

    %

    Mode de faire valoir direct

    39

    78

    Location

    8

    16

    Association

    3

    6

    Source : Notre enquête

    D'un autre côté, dans le mode de faire-valoir direct, où le propriétaire gère directement son exploitation signalons qu'il existe 3 cas de figure :

    * Le mode de faire-valoir direct sans salariés : il concerne les exploitations les plus exigus et dont les propriétaires sont dans la majorité de condition modeste. Du coup, la préoccupation de l'exploitant propriétaire est de rémunérer son propre travail et dans le cas celui de sa famille.

    * Le mode de faire-valoir direct avec recours fréquent à la force de travail. Il concerne surtout les exploitants propriétaires ayant une autre activité (fonctionnaire, commerçants, etc.). Dans cette situation, le ratio travail familial / superficie exploitée est tellement faible que le propriétaire est obligé de faire recours à la main d'oeuvre salariale. Les travaux courants sont

    généralement assurés par l'exploitant ou l'un des membres de sa famille et il ne fait recours à la main d'oeuvre salariale qu'en périodes de pointe (préparation du sol, récolte...).

    L'irrigation de la parcelle qui est une opération très délicate est la seule activité dont les expoloitants- propriétaires ne font jamais recours à la main d'oeuvre salariale.

    * Le mode de faire-valoir direct à base de travail salarié

    Il s'agit généralement de grandes exploitations où le propriétaire(s) a une logique d'entrepreneur et dont la mise en valeur est basée sur la diversification et l'intégration entre la production végétale et l a production animale (surtout élevage bovin). La supervision du travail est assurée généralement par le propriétaire ou dans quelques cas par un chef d'exploitation.

    Signalons enfin que l'utilisation de la main-d'oeuvre, un des points clefs de l'agriculture oasienne, est une des charges principales de l'exploitant. Trois domaines sont particulièrement consommateurs de main d'oeuvre, la préparation des sols, la fauche de la luzerne et le désherbage et la récolte du henné. La préparation des sols avant le semis se fait manuellement, à l'aide de la sape et parfois d'un motoculteur.

    Le désherbage et l'effeuillage du henné, est aussi une activité fortement consommatrice de main d'oeuvre et qui est pratiquement une activité féminine.

    2.3.3. L'eau de plus en plus rare, constitue le point faible du système oasien

    Les oasis doivent leur existence et leur pérennité à une centaine de sources naturelles qui convergent pour former des oueds. Au cours du XXème siècle, le débit de ces sources n'a cessé de diminuer pour finalement devenir nul vers le début des années 80. Ce bouleversement sans précédent dans l'histoire de la palmeraie a été provoqué par la création de quelques dizaines de forages, utilisant l'eau de la nappe souterraine, pour l'irrigation des nouvelles créations (les périmètres irrigués) mais surtout pour l'alimentation des usines du groupe chimique tunisien qui sont très consommatrices en eau.

    Cette situation nouvelle a conduit l'Etat tunisien à mettre en place depuis 1970 un programme de sauvegarde de l'oasis dont l'élément essentiel a été la création de forages profonds. Ensuite, et au milieu des années 80 a opté pour le remplacement du système traditionnel de distribution de l'eau par le remplacement des rigoles en terre par des rigoles en ciments, il s'agit du programme appelé : économie d'eau.

    A partir de cette date, le réseau de distribution est constitué de tuyaux en amiante ciment enterrés, des ramifications de longueur variant de quelques mètres à plusieurs centaines de mètres. Et comme l'oasis est divisée en secteurs, chaque secteur porte un nombre variable de borne d'irrigation (suivant l'importance du secteur). Le tour commence par la borne la plus en aval de chaque secteur suivant un calendrier bien déterminé fixant la date, l'heure et le temps d'irrigation. Ces trois facteurs tiennent compte de la superficie exploitée. Cette gestion de l'eau est assurée par les GIC (Groupement d'intérêt collectif, autre fois appelé AIC : Association d'intérêt collectif).

    Or, malgré tout cela, l'eau reste toujours le maillon le plus faible dans l'oasis et tous les oasiens que nous avons rencontré se plaignent du manque d'eau et des pannes répétées des forages. En effet, la quantité d'eau indispensable pour la culture des dattiers, qui est de l'ordre de 1 l/s/ha (CHAREF, 1989), n'est plus assurée ; sans parler bien sûr des autres cultures et surtout celles consommatrices d'eau tels que la culture de la luzerne dont un ha consomme 10 fois plus qu'un ha des cultures maraîchères (SRASRA, 2008). Pour combler le déficit en eau dans les oasis, la majorité des oasis recourent aux puits illicites dont leur nombre ne cesse d'augmenter ces dernières années devant une quasi-impuissance des services techniques qui n'ont plus les moyens de contrôler toutes les exploitations oasiennes. Ainsi, l'existence d'une source d'eau privée permet à l'agriculteur d'avoir une certaine indépendance vis-à-vis du GIC.

    2.4. CONDITIONS ECONOMIQUES DE LA PRODUCTION

    2.4.1. Coût élevé de production et rentabilité économique discutable

    Nous signalons d'emblée que contrairement aux oasis continentales (Nefzaoua et Jérid) à dominantes «Deglet nour», où les palmiers dattiers sont plantés en plein champ à raison de 300 palmiers à l'hectare (CHAREF, 1989), les palmiers dattiers dans les oasis de Gabès sont plantés sur les bordures des planches et des parcelles. De ce fait, la densité à l'ha est tres faible puisqu'elle avoisine les 50 palmiers (FANNY, 2008).

    Dans le calcul de la rentabilité économique, nous allons présenter la structure des charges de l'exploitation (toutes cultures confondus), la part du revenu agricole du revenu total, la structure du revenu agricole et nous terminerons par un essai de comparaison entre la rentabilité d'un ha de dattiers communes et un ha de grenadiers.

    2.4.1.1. Structure des charges

    Tableau n° 14 : Structures des charges des exploitations enquêtées (%)

     

    Eau

    Main d'oeuvre

    Intrants

    Autres

    Total

    0.1 - 0.5 ha

    49

    9

    29

    13

    100

    0.6 - 1 ha

    42

    21

    31

    6

    100

    > 1 ha

    31

    38

    27

    4

    100

    Source : Notre enquête

    La lecture de ce tableau nous révèle certaines constations :

    - Au niveau des petites exploitations (< 0.5 ha) et des exploitations moyennes (O.6 - 1 ha), le poste eau d'irrigation occupe la plus grande part dans les dépenses totales, respectivement 49 et 42. Ceci s'explique par le fait que ces deux catégories de producteurs ne font recours qu'à l'eau du GIC.

    En contre partie, les grands producteurs, nantis d'une bonne assise financière, font beaucoup plus recours, dans l'irrigation de leur parcelle, aux puits illicites qu'ils ont creusés. De ce fait, le poste eau ne représente que moins du tiers des dépenses totales.

    - Concernant la main d'oeuvre, il est clair que les petits producteurs ne recourent à la main d'oeuvre salariale que très rarement (récolte de henné surtout) ce qui explique que la main d'oeuvre sur l'exploitation est majoritairement familiale. Par contre, chez les grands propriétaires, ce poste accapare la majorité des dépenses (38 %).

    - Pour finir avec les intrants, nous constatons que la part des dépenses est presque la même chez les trois catégories, avec un léger recul qui s'explique, peut être par l'achat des intrants en grandes quantités se qui réduit le coût.

    2.4.1.2. Revenu agricole dans le revenu total

    Tableau n° 15 : La part du revenu agricole du revenu total de l'unité de production (%)

    Classe de superficie des exploitations

    Revenu agricole/Revenu total

    0.1 - 0.5 ha

    31

    0.6 - 1 ha

    59

    > 1 ha

    83

    Source : Notre enquête

    A la lecture du tableau, nous constatons que les grandes exploitations (> 1 ha) contribuent plus à la formation du revenu des producteurs. Ceci peut être expliqué par le fait que dans ces exploitations les conditions de production sont meilleures (structure foncière, disponibilité en eau, capital, spécialisation dans l'agriculture, etc.).

    Il bien évident que pour les deux autres catégories, les producteurs recourent beaucoup plus aux revenus extra-agricole pour faire vivre leurs familles. Dans le premier cas (< 0.5 ha) le revenu non agricole représente 69 % du revenu total.

    2.4.1.3. Structure du revenu agricole

    Pour avoir une idée sur l'importance du palmier dattier dans l'économie de l'exploitation, nous avons fait recours à l'analyse de la structure du revenu agricole que nous présentons dans le tableau ci-après.

    Tableau n° 16 : Structure du revenu agricole des exploitations enquêtées

    Classe de superficie des

    exploitations

    % Dattes

    % Cultures sous-jascentes

    0.1 - 0.5 ha

    11

    89

    0.6 - 1 ha

    19

    81

    > 1 ha

    33

    67

    Source : Notre enquête

    Les résultats présentés dans ce tableau nous permettent de dire qu'il parait que les grands producteurs entretiennent mieux leurs palmiers (toilettage et pollinisation) ce qui leur permet d'obtenir de bons rendements ce qui donne aux palmiers dattiers de l'importance dans la formation du revenu agricole de l'exploitation (le 1/3 du revenu global). Par contre, les petits (< 0.5 ha) et les moyens (0.6 - 1 ha) ont choisi d'orienter les ressources financières dont ils disposent vers d'autres spéculations (surtout le maraîchage et le grenadier) qui demandent moins de dépenses et surtout n'exigent pas de la main d'oeuvre trop chère comme c'est le cas des grimpeurs. De ce fait le revenu des dattes ne contribue que par 11% pour le premier cas et 19 % pour le deuxième cas. Précisons enfin que les grands producteurs ont le plus grand pourcentage des dattes «kenta», la variété dont le prix est de loin supérieure aux prix des autres variétés communes et surtout son exportation connaît, depuis quelques années, un essor remarquable.

    2.4.1.4. La rentabilité du palmier dattier est discutable

    Tableau n° 17 : Comparaison de rentabilité entre le palmier dattier et le grenadier

     

    1 ha de palmier dattier (300 pieds)

    1 ha de grenadier (500 pieds)

    Charges brutes (DT) (M.O. + eau)

    690

    540

    Produit brut (DT)

    3750

    5250

    Marge brut (DT)

    3060

    4710

    Source : Nos calculs

    Nous avons essayé dans ce tableau de confronter entre les deux espèces les plus utilisés dans les oasis de Gabès (le palmier dattier et le grenadier) en considérant que la culture des deux espèces ce fait en plein champ et que les charges en eau sont les même pour les deux espèces (malgré les différences des besoins entre les deux) parce que la quantité donnée dépend de la GIC. Cette quantité est estimée à 8 heures par hectares et par quinzaine. Ceci nous a permis de déduire la marge brute à la production des deux espèces qui est de 3060 DT pour le palmier dattier et 4710 DT pour le grenadier. Deux postes déterminent la supériorité de la marge brute du grenadier : La main d'oeuvre qui constitue 65 % des charges brutes et les prix des dattes à la production qui est inférieur au prix des grenades (0.250 DT contre 0.350 DT).

    Il est clair que l'amélioration de la filière des dattes communes par leur valorisation sur le marché tunisien et l'organisation du segment de la collecte et du conditionnement et la mise en place d'une stratégie d'exportation surtout que ces dattes commencent à trouver leur place

    sur le marché européen (100 % des importations de l'ex-Yougoslavie, de la République Slovaque et de la république Tchèque ; plus de 70 % des importations belge ; plus de 60 % des importations anglaises ; etc.).

    2.4.1.5. Contraintes climatiques limitant la production des dattes

    De l'analyse des différentes composantes climatiques, il ressort que les oasis de Gabès et d'El Hamma subissent l'influence de deux facteurs climatiques importants :

    > La perte d'eau et l'accroissement de l'ETP : il est connu que les oasiens n'utilisent que la méthode d'irrigation par submersion pour toutes les cultures pratiquées. En effet, les parcelles sont divisées en planches disposées en rangées et séparées par des seguias qui servent à amener l'eau jusqu'à la planche à irriguer. La submersion porte sur toutes les planches une par une suivant un ordre précis. Comparée aux autres méthodes d'irrigation, cette méthode est la plus simple (moins de surveillance) et la plus économique (moins de frais), une seule personne munie d'une sape suffit pour mener à bien l'irrigation.

    Où résident alors les inconvénients de l'irrigation par submersion ? En premier lieu, dans les volumes d'eau à amener par planche : c'est l'irriguant qui estime en fonction de son expérience la quantité d'eau à apporter. Il s'agit là d'un savoir-faire traditionnel acquis d'une génération à une autre. Or, nous l'avons vu plus haut et comme le confirme plusieurs auteurs (ABDEDAIEM, 1997 ; BEN SAAD, 2004 ; HAJ NACEUR, 2008 ; etc.) ce savoir-faire commence à disparaitre avec les derniers oasiens âgés.

    Deuxièmement, l'irrigation par submersion nécessite des soins particuliers au niveau du planage du sol afin que la circulation de l'eau soit aisée. Or, un planage mal fait est presque la règle dans les parcelles travaillées par des jeunes non expérimentés. Ceci engendre des pertes d'eau énormes surtout par percolation.

    Enfin, un dernier inconvénient lié aux changements climatiques (l'effet serre qui provoque l'accroissement des températures moyennes journalières), il s'agit des pertes par évapotranspiration. La FAO (1986) estime l'efficience de l'irrigation par submersion à 60 % environ ce qui veut dire une perte d'eau de 40 %.

    A la lecture de ces lignes, nous pouvons songer aux apports effectifs d'eau par rapport aux besoins des cultures dans les exploitations oasienne (dans les meilleurs des cas 60 %).

    Ceci engendre une triple perte : une perte au niveau des frais de pompage (coüt d'eau élevé), une perte au niveau de la nappe (rabattement) et une perte au niveau de la production agricole (manque à gagner). Résumons d'un mot : l'irrigation gravitaire basée sur la submersion est actuellement la principale source de gaspillage d'eau.

    Ainsi, l'amélioration du système d'irrigation devient une nécessité de premiere importance afin d'assurer une gestion rationnelle de cette ressource de plus en plus rare qu'est l'eau.

    En guise de conclusion, que pouvons-nous dire sur les rendements des cultures irriguées dans l'état actuel des choses ?

    S'il est superflu de donner des chiffres sur toutes les cultures pratiquées dans le secteur irrigué ce qui n'était pas l'objectif de ce travail, nous pouvons toutefois avancer quelques remarques basées sur nos observations directes sur le terrain mais aussi sur les déclarations des exploitants et techniciens agricoles interviewés. D'emblée, nous soulignons les disparités des rendements qui existent entre les exploitations, mais d'une façon générale les rendements enregistrés sont en déça des moyennes établies dans des périmètres irrigués semblables (Les périmètres irrigués en dehors des oasis où les techniques d'économie d'eau sont la règle).

    > Les précipitations : située dans l'étage bioclimatique Méditerranée aride inférieur (FLORET & PONTANIER, 1978), la région de Gabès ne reçoit que des quantités annuelles de pluies faibles. A titre d'exemple, et pendant les dernières années, nous avons enregistré moins de 250 mm. En effet, entre 2000 et 2006, le minimum enregistré était de 79 mm pour un maximum de 240 mm. Est-ce le résultat des changements climatiques ? Nous le croyons.

    Toutefois, et malgré que nous sommes dans une situation de culture irriguée, les résultats ciaprès montrent que la production est en quelque sorte liée aux précipitations.

    Nous l'avons signalé plus haut, les quantités d'eau d'irrigation, et surtout pour le palmier dattier qui n'est actuellement cultivé qu'aux abords des parcelles et ne recevant plus la quantité d'eau d'autre fois suite au remplacement des rigoles en terre par les rigoles en ciment.

    Le tableau suivant montre cette liaison entre production et précipitations :

    Tableau n°18 : Relation production-précipitations de 2001 à 2009 dans les oasis de la région de Gabès

     

    2001

    2002

    2003

    2004

    2005

    2006

    2007

    2008

    2009

    Production En tonnes

    10700

    20910

    27030

    22930

    16830

    14800

    14950

    19900

    20800

    Précipitations En mm

    79

    212

    240

    226

    198

    140

    129

    203

    221

    Source : Divers documents

    La lecture de ce tableau montre que la production des dattes est liée aux précipitations annuelles, lorsque les précipitations sont élevées la production augmente, mais lorsque les précipitations sont faibles, la production diminue. Une autre remarque intéressante concerne la productivité. Elle aussi est liée aux précipitations. Nous avons trouvé que la production moyenne annuelle d'un palmier tombe à près de 20 kg en année sèche (79 mm en 2001), mais cette production dépasse les 50 kg/arbre/an en année pluvieuse (240 mm en 2003).

    3. DEUXIEME SEGMENT DE LA FILIERE : LE CONDITIONNEMENT

    3.1. Les différentes étapes du conditionnement

    L'étape du conditionnement, des dattes communes, se limite principalement au tri, au traitement et à l'emballage de la datte. Le traitement consiste à éliminer les infestations, à laver les fruits, à les homogénéiser en humidifiant ou asséchant les dattes selon leurs caractéristiques initiales et à leur appliquer du glucose lorsqu'il s'agit de dattes conditionnées. Il est intéressant de signaler que les dattes qui transitent par les stations de conditionnement sont, pour la quasi-totalité, destinées à l'exportation ou à la vente dans les grandes surfaces. Les dattes communes qui se vendent sur la marché tunisien sont vendues en vrac sans emballage. Dans la région de Gabès n'existe aucun conditionneur de dattes communes. Les dattes communes destinées à l'exportation, et surtout la variété «kenta» sont ramassées par des collecteurs pour ravitailler les unités de conditionnement situées à Kébili ou Tozeur.

    Le GID dénombre une trentaine d'unités de conditionnement en Tunisie, généralement le conditionnement de dattes se fait de la même manière pour toutes les unités et les mêmes étapes le long de la chaîne de manipulation est donc le même. La figure suivante désigne de manière simplifiée les différentes étapes de conditionnement :

    CONTROLE

    FUMIGATION

    Lavage

    Traitement

    Glucosage

    Séchage

    Plastification

    Expédition

    Emballage

    Palettisation

    Expédition

    Dattes
    conditionn

    TRIAGE

    Dattes
    naturelles

    Branchée

    En vrac

    Emballage

    Figure n°4 : Etapes de conditionnement de la datte

    3.2. Description des étapes de conditionnement

    * Réception, pesage et contrôle

    C'est la premiere opération qui détermine le prix d'achat des dattes et la quantité achetée. * Désinsectisation :

    Les dattes doivent subir une fumigation aussitôt que possible aprés la cueillette afin d'arrêter toute forme d'infestation. Elle doit être pratiquée tout d'abord à la palmeraie puis à l'usine de conditionnement dans des cellules de fumigation ou sous bâches (en utilisant le phostoxin).

    La fumigation peut titre pratiquée à la pression atmosphérique ou sous vide. Parmi les paramétres à maîtriser pour assurer l'efficacité de la fumigation, il ya :

    La concentration du fumigeant.

    Le temps d'exposition du fruit.

    La température de l'opération.

    La fumigation est faite en trois phases :

    La mise du gaz.

    L'exposition du fruit sous gaz.

    Le dégazage.

    Les fumigeant couramment utilisés pour le traitement des dattes sont reportés dans le tableau suivant :

    Tableau n° 19 : Les fumigeant couramment utilisés pour le traitement des dattes

    Nom

    Formule

    Etat

    T. eb. C°

    Anhydride carbonique

    CO2

    GAZ

    -78

    Sulfure de carbone

    CS2

    LIQ

    46

    Tetrachlorure de carbone

    CCl4

    LIQ

    76

    Formiate d'éthyle

    HCOOC2H5

    LIQ

    54

    Dichlorure d'éthyléne

    (CH2Cl)2

    LIQ

    84

    Mélange dichlorure d'éthlène et

    -

    LIQ

    -

    terrachlorure de carbone 3/1

    -

    -

    -

    Oxyde d'éthyléne

    (CH)2

    GAZ

    11

    Mélange oxyde d'éthyléne et anhydride

    -

    GAZ

    -

    carbonique 1/7 ou 1/9

    -

    -

    -

    Acide cyanhydrique

    HCN

    LIQ

    26

    Bromure de méthyléne

    CH3Br

    GAZ

    4

    Anhydride sulfureux

    SO2

    GAZ

    -

    T.eb : Température d'ébullition DOWSON, 1963

    * Le triage :

    L'objet du triage est double :

    Répartir les dattes en groupes homogènes.

    Eliminer les déchets.

    Le conditionneur préfère recevoir des dattes préalablement triées afin de prévoir le traitement adéquat pour chaque lot.

    Un classement établi suivant la maturité et la texture, distingue 4 groupes :

    - Dattes dures

    - Dattes molles : qui demandent une température plus élevée pendant un temps plus court. - Dattes mûres : qui ne nécessitent aucun traitement.

    - Dattes sèches : qui devront être hydratées.

    * Nettoyage et Lavage :

    Bien qu'il soit difficile et coüteux, le nettoyage est nécessaire et important pour assurer une bonne qualité du produit fini et faciliter les étapes ultérieures du traitement.

    Le nettoyage peut être mené par application d'un courant d'air par brossage ou par un lavage qui est la méthode la plus courante. Il existe plusieurs procédures de lavage qui dépendent de l'adhérence des saletés et de la consistance des dattes.

    * L'hydratation :

    Le consommateur cherche à avoir un produit aussi complet que possible, il exige des dattes d'être molles et fraîches.

    Le conditionneur est soucieux de livrer une marchandise molle, de teneur en eau suffisamment élevé, sans qu'il perde les caractères physico- chimiques et organoleptiques de son produit. Pour cela il procède à une hydratation si les dattes livrées à son usine ne sont pas tout à fait molles.

    La personne responsable de cette opération doit combiner tous les paramètres de façon à obtenir un produit acceptable par le consommateur.

    * Trempage dans le sirop de glucose :

    Le glucosage a pour but de former un film protecteur autour de la datte qui subi une hydratation. Le glucosage augmente le goût sucré des dattes et leur confère une brillance et un aspect lissant.

    La fonction protectrice du film du sirop de glucose se manifeste par l'isolation de la datte en empêchant le contact avec l'air. Ce film protecteur lui permet de conserver sa couleur et sa fermeté et inhibe les phénomènes de transfert de matières avec le milieu extérieur.

    Il a aussi une action favorable pour le maintient de la teneur en eau et le renversement du phénomène de migration des sucres à la surface. En effet la concentration en sucres à la surface augmente considérablement d'où l'activation du phénomène d'osmose et par conséquent il y aurait une migration des sucres vers l'intérieur.

    Le glucosage se fait à la température des dattes et la concentration du sirop de trempage varie selon les variétés des dattes qu'on désire enrober.

    Les dattes, une fois trempées dans le bac de sirop, doivent être égouttées immédiatement, avant de passer au séchage qui assure sa cohésion.

    * Le séchage :

    Bien qu'il soit coüteux et difficile, le séchage présente une grande importance : il a comme but essentiel la diminution de la teneur en eau d'où l'inhibition des altérations.

    Les paramètres à maîtriser lors du séchage sont :

    La température.

    L'humidité de l'air.

    La vitesse de l'air de séchage.

    La durée de séchage.

    La température de séchage varie selon les conditionneurs. En Tunisie, elle est de l'ordre de 65 à 75 °G, accomplissant simultanément une déshydratation et une pasteurisation partielle.

    L'effet de cette température n'entre plus en jeu que lorsque l'humidité est inférieure à 50 %, c'est au dessus de cette humidité relative qu'on peut parler d'une déshydratation.

    Il est à noter que la soumission à une température élevée, de l'ordre 74 °C, modifie les caractères physico - chimiques des dattes et diminue leur valeur marchande.

    L LePFJXøMe :

    Les dattes doivent être emballées de façon à assurer en, premier lieu, une protection convenable pour limiter toute détérioration possible de leurs qualités. Get emballage doit alors assurer l'étanchéité vis à vis des gaz, de l'humidité et des corps étrangers. L'emballage doit également permettre une résistance adéquate lors du transport.

    * La plastification :

    C'est la dernière opération effectuée dans les unités de conditionnement avant l'entreposage du produit destiné à l'exportation ou à l'écoulement sur le marché tunisien.

    L'entreposage doit être effectué dans des conditions bien maîtrisées afin de conserver la qualité du produit fini.

    En effet plusieurs changements physico - chimiques peuvent être provoqués pendant le stockage tels que :

    * Le dessèchement des dattes humidifiées.

    * La réhumidification.

    * La fermentation.

    * Le brunissement (changement de couleur).

    * L'entreposage frigorifique paraît alors très utile pour garder la qualité des dattes traitées. Des essais effectués avec des dattes stabilisées complètement mûres à différentes températures, sont illustrés dans le tableau suivant :

    Température de conservation

    Durée

    26/27°C

    1 mois

    15/16°C

    3 mois

    4/5°C

    8 mois

    -2/-3°C

    1 an

    -17/-18°C

    Plus d'un an

    Source : MUNIER, 1973

    4. TROISIEME SEGMENT DE LA FILIERE : LA LOGISTIQUE

    Une stratégie de développement de la branche dattes a été élaborée en 1999 par le Ministère de l'agriculture en collaboration avec l'ensemble des intervenants institutionnels de la filière. Le suivi de réalisation de cette stratégie incombe à un vaste comité qui se réunit mensuellement, la stratégie comporte huit axes :

    a- L'amélioration des techniques culturales en vue de moderniser l'agriculture oasienne et d'améliorer sa productivité et sa rentabilité économique

    b- Le renforcement de la formation des professionnels, des jeunes agriculteurs dans les zones de productions dans le domaine des techniques culturales et d'entretien des palmiers.

    c- Le renforcement de l'organisation de la profession des producteurs à travers le renforcement et la mise à niveau des coopératives des services agricoles.

    d- Le renfoncement de recherche.

    e- L'organisation de la commercialisation intérieure à travers l'organisation du métier du collecteur des dattes (cahier des charges des collecteurs, cartes professionnelles, création des marchés de gros, dans les zones de production) et l'accroissement des capacités de stockage dans les zones de production.

    f- La protection des récoltes par la promotion du stockage et l'octroi d'avances sur récolte ou crédit court terme aux producteurs de dattes.

    g- Promotion des exportations (affiches publicitaires, panneaux pub journées dégustations, ventes promotionnelles, émission tv internationales, foires, manifestations..).

    h- Mise à niveau des entreprises de conditionnement et de valorisation des dattes Toutefois, la mise en oeuvre de cette stratégie, confiée au Groupement Interprofessionnel des Dattes (GID) et le (DGPA) c'est heurté à plusieurs obstacles.

    Pour cela, nous pouvons citer deux raisons principales :

    * Les outils institutionnels existants, sont performants, mais sous-utilisés par les intervenants dans la filière,

    * Il y a une insuffisance marquée en matière de coordination des actions institutionnelles. La liste des recommandations antérieures et la modestie des résultats obtenus depuis plus de dix ans en témoigne.

    4.1 LE GID (GROUPEMENT INTERPROFESSIONNEL DES DATTES) :

    Etant le coordinateur des différents intervenants dans la filière dattes, le GID assure les tâches suivantes :

    - Assurer la coordination entre les maillons par les quels passent les différents produits selon une approche filière, tout en incitant les producteurs à s'y intégrer et encourager les producteurs, les transformateurs et les commerçants des dattes à travailler au moyen de contrat de production.

    - Faciliter la concertation entre les professionnels et les administrations dans la fixation des objectifs de différentes filières.

    - Contribuer à la régulation des marchés en se basant sur des mécanismes appropriés et ce en collaboration avec les opérateurs privés et les structures professionnelles et administratives concernées.

    - Contribuer à la promotion de la qualité des dattes et sa commercialisation.

    - Assister les professionnels dans l'intégration de l'évolution scientifique et technologique.

    - Contribuer à la promotion des exportations des dattes en collaboration avec les opérateurs privés et les structures professionnelles et administratives concerné

    - Collecter, analyser et archiver les informations relatives au secteur des dattes, mettre en place des banques de données se rapportant aux axes d'intervention du GID

    - Contribuer à la promotion de la production de l'approvisionnement des marchés et à leur rationalisation en intervenant pour éviter les déséquilibres entre l'offre et la demande

    - Accomplir toutes autres missions relatives aux secteurs des dattes et des palmiers dont il sera chargé par le ministère de tutelle.

    Enfin, signalons que le financement du budget des interventions du GID est assuré par :

    · le FODECAP (fond de développement de la compétitivité dans le secteur de l'agriculture
    et la pèche) qui est alimenté par une taxe de 2% sur les transactions des marchés de gros

    · les fonds propres du GID à travers la location des frigos.

    · La cotisation des exportateurs et les adhérents au GID

    Signalons enfin que le GID-Tunis, qui est loin du centre de production, ne dispose pas d'un centre frigorifique. Le GID-Tozeur dispose d'un dépôt pour dattes incluant des frigos d'une capacité de 200 tonnes, ainsi que des espaces laboratoires. A Kébili, le GID dispose d'un centre frigorifique très important avec une capacité totale de 1200 tonnes.

    Les travaux essentiels du GID dans les régions de production visent la lutte contre le ver de la datte : la pyrale, ainsi que la distribution (et la vente) des cageots et du plastique pour la protection des régimes.

    Au niveau des collecteurs, des tournées auprès de ceux-ci sont régulièrement réalisées, en les sensibilisant sur la préservation de la qualité (en opérant un meilleur tri et en utilisant des casiers plus petits), le tissage de relations de confiance avec les producteurs et le paiement des sommes dues aux producteurs.

    4.2. LA MISE A NIVEAU DES ENTREPRISES DE LA FILIERE

    Pour arriver à un niveau de qualité adéquat (HCCP, ISO) dans un contexte d'aider les entreprises, les besoins à couvrir peuvent être résumés comme suit (GID, 2000) :

    > Immatériels

    · Développement de l'encadrement au niveau de la gestion de la production, de la qualité et de l'information commerciale par l'engagement de cadres universitaires capables de mettre en place de faire vivre le ou les systèmes qualité ainsi que des procédures de maîtrise de l'efficience de production,

    · Développement d'un « middle managment » capable de relayer les instructions d'exécution au niveau opérationnel,

    · Formation de l'ensemble du personnel et assistance technique de l'encadrement. Si ce programme de mise à niveau couvre la totalité de ces besoins, il serait judicieux d'en augmenter l'efficience et la portée par l'exécution d'un programme spécifique qui permettrait de réaliser certaines actions immatérielles en grappes d'entreprises.

    > Matériels

    · Aménagement des usines selon les principes de la marche en avant et dans le respect des normes d'hygiene sur les plans des matériaux et des équipements,


    · Re-disposition des équipements après études des flux et dimensionnements de toutes les aires de stockages y compris les stockages intermédiaires (matières, caisses, emballages, personnel, information),

    · Dans la mesure du possible, séparation physique des ateliers de fumigations (zone infectée) de triage (zone sale), de traitement (zone humide) et de conditionnement (zone propre) de manière à éviter les contaminations physiques (humidité, poussières, sable) et biologique (pyrale, levures, moisissures, bactéries),

    · Mise en adéquation des capacités de stockage froid, en fonction des volumes à traiter et commercialiser,

    · Transformation pour 2004 des systèmes de fumigation pour supprimer les traitements chimiques de type Bromure de méthyl et instaurer un traitement au CO2 plus que probablement,

    · Acquisition de compléments d'équipement de triage et de conditionnement de manière à faciliter et rationaliser le travail (tapis roulants, balances électroniques sur chaînes, étiqueteuses, imprimantes, etc.) et du matériel de mesure performant (étuve, balance de précision, dosimètre, etc.),

    · Acquisition d'un réseau informatique performant.

    Cette mise à niveau matérielle doit se réaliser au cas pour cas, pour tenir compte des spécificités de chaque entreprise (taille, localisation, marché, état de l'existant, etc.). Dans le contexte de particulier de la datte, l'essentiel du prix de revient est constitué de la matière première elle-même (70 % à 90 %). En Tunisie, la certification est une notion qui demeure nouvelle auprès des unités de conditionnement des dattes.

    A coté de la certification ISO, le système HACCP (Hasard analysis critical control point) qui vise l'autocontrôle pour la maîtrise des risques sanitaires à la consommation, devient une nécessité à l'exportation (directive européenne 93/43, codex Alimentarius). Ici également, une seule entreprise le pratique, tandis que quelques-unes autres ont commencé la démarche. Cette situation va probablement changer avec le lancement du programme pilote du CTAA (Centre Technique de l'Agroalimentaire) qui devrait aider une centaine d'entreprises agroalimentaires à mettre en place le HACCP.

    En ce qui concerne la mise à niveau, 4 entreprises ont adhéré à ce programme avant 1999 et 5 nouvelles entreprises ont réalisé récemment le diagnostic.

    En guise de conclusion dans cette partie consacrée au logistique, nous signalons qu'il n'existe pas un marché de dattes (souk) comme c'est le cas pour les autres filières (olives, agrumes, poissons, etc.). Cet élément constitue le maillon faible de la filière.

    5. QUATRIEME SEGMENT DE LA FILIERE : LA CONSOMMATION

    Les dattes, fruit nutritionnellement riche, a été pour longtemps la base de la ration alimentaire oasienne. Le fruit datte constitue une importante source d'énergie. La consommation d'environ 100 g/j fournit à l'organisme humain la totalité de ses besoins en magnésium, manganèse, cuivre et soufre, la moitié de ses besoins en fer et le quart de ses besoins en calcium.

    5.1. Les dattes dans le modèle de consommation alimentaire tunisien : un recul au profit des céréales

    L'aspect de la consommation des dattes a considérablement évolué dans le temps. Jadis, les dattes, de part leur richesse nutritionnelle, constituaient avec le lait la base de la ration alimentaire des oasiens et des régions environnantes. Actuellement, l'ouverture de la communauté oasienne et de tout le monde rural du sud tunisien sur le monde extérieur (mouvement de population, économie de marché, etc.) a provoqué un changement radical dans les habitudes et le modèle alimentaire de ces populations. De nos jours, la ration

    alimentaire de base est constituée par les céréales (couscous, pain, pates, etc.) et les protéines animales et les dattes ne sont consommées que rarement.

    C'est seulement au mois de ramadan que la consommation des dattes atteint son apogée. Celui-ci s'achève par la tradition de fabriquer des gâteaux dont une grande partie utilise les dattes comme constituant principal. Et comme ce mois ne coïncide pas toujours avec la campagne des dattes, les commerçants en tiennent compte en conservant à froid les fruits pour la distribuer aux consommateurs durant ce mois.

    Or, pendant cette période, même le marché extérieur manifeste une certaine demande, que se soit au niveau des pays arabes ou bien des pays européens où vivent des musulmans ce qui provoque une augmentation spectaculaire des prix même des dattes communes.

    De plus, les dattes communes sont beaucoup plus consommées par les tunisiens vue leur prix qui reste toujours abordable par rapport aux prix des dattes «deglet nour» malgré que sur le plan quantité la consommation moyenne par tête et par an est presque de 6 kg depuis les années 70.

    Tableau n°20 : Evolution de la consommation des dattes par habitant 1975 / 1998

    Années

    1976

    1980

    1985

    1990

    1998

    Consommation par tête en kg

    6

    5.2

    5.3

    6

    6

    Source : GRIMARD ET ROY, 1999

    Ceci ne représente pas une opportunité aux décideurs et aux producteurs de développer la filière des dattes communes ?

    Si nous mettons le zoom sur Gabès, nous disons que la maturation des dattes s'étale sur une période de quatre mois, allant du mois d'Aoüt au mois de Novembre. En effet, les oasis de Gabès englobent une multitude de variétés de dattes (environ 60 variétés) qui totalisent une production de 25000 tonnes.

    Chaque variété de datte à une destination bien déterminée (exportation, marché national, marché régional, marché local, autoconsommation, transformation et conservation) et ce en fonction de :

    - la valeur commerciale.

    - l'abondance de la production

    - le mode de conservation.

    Toutefois, et parmi les dattes communes c'est la variété «kenta» qui est la plus appréciée et la plus chère. D'ailleurs, et d'après les dires de quelques exploitants, les collecteurs venant de la région de Nefzaoua, achètent la variété « kenta » pour la mélanger à la datte Deglet Nour vu la ressemblance entre les deux variétés.

    Photo 2 : Fruit « kenta » Photo 3 : fruit « Deglet Nour »

    6. CINQUIEME SEGMENT DE LA FILIERE : LA COMMERCIALISATION ET L'EXPORTATION

    6.1. LA COMMERCIALISATION

    6.1.1. LES CIRCUITS DE COMMERCIALISATION DES DATTES

    a) Les producteurs : Responsables de produire les dattes pour les vendre soit sur pieds pour des collecteurs et des exportateurs soit au détail après la récolte, le tirage et la classification des dattes et il s'oriente parfois au stockage frigorifique chez le privée pour échapper aux périodes où l'offre est supérieur à le demande.

    b) Les collecteurs : Ce sont des privées qui travaillent pour leur compte ou pour le compte des exportateurs et qui font les achats des dattes soit sur pied après estimation ; soit au détail auprès des agriculteurs, dans des caisses de 10, 18, 20 kg et les prix sont déterminés suivant l'état des dattes (triées, classées, ayant subi une fumigation ...). Ces collecteurs sont généralement financés par les exportateurs et sont payés à la commission ou par crédit de campagne et les agriculteurs peuvent leur confier leur production de dattes sans avance de payement pour les vendre à la commission. Généralement leur activité est de 3 à 4 mois par campagne.

    C) Coopératives : AIC - GIC : Généralement ces structures n'achètent pas les dattes mais elles interviennent pour faciliter les ventes de dattes de leurs adhérents aux collecteurs et/ou exportateurs.

    d) Les frigos privés : Cette activité à connu ces derniers années une grande évolution en raison de décalage du mois de ramadan par rapport à la campagne de récolte des dattes ; ce qui a engendré une capacité frigorifique de 51000 tonnes dans les régions de productions des dattes au cours d'une période de quatre années. Leurs achats de dattes bien triées, se fait généralement au détail et se fait à la fin de campagne quand les dattes arrivent à la maturité complète. Les frigoristes approvisionnent les exportateurs quand ils sont à rupture de stock et quand ils épuisent leurs achats et aussi procèdent à la vente aux grossistes, semi-grossistes et aux marchants de détail.

    e) Les usines de conditionnement-exportations : Ils s'approvisionnent de leurs sociétés de mise en valeurs, des frigoristes et des collecteurs et vendent les écarts de triage aux semigrossistes et alimentent les sociétés de commerce et les grandes surfaces en dattes emballées et conditionnées.

    f) Grossistes, semi-grossistes et détailants : Ils ont un rôle très important dans l'alimentation du marché de gros de Tunis et les marchés régionaux. La commercialisation interne des dattes est assurée par ces acteurs actifs de la filière datte.

    g) Sociétés de commerce internationales : Les sociétés d'exportations de divers produits agricoles s'intéressent plus à l'exportation des dattes vers les nouveaux marchés.

    h) Les grandes surfaces : Etant donné l'extension des ces grandes firmes de commerce en Tunisie et que les consommateurs tunisiens en général sont motivés d'acheter des dattes bien triées, emballées et à payer la qualité, les quantités de dattes conditionnés et emballées commercialisées par ces grandes surfaces prennent de l'ampleur d'une année à l'autre.

    6.1.2. SUBVENTIONS ACCORDEES AUX DIFFERENTS INTERVENANTS DE LA FILIERE

    a) Les producteurs : (Agriculteurs, Sociétés de mise en valeur...)

    La nature des subventions est la suivante :

    - Prime d'investissement : 25% du montant de l'investissement pour les actions suivantes : * Réalisation des puits de surface,

    * Equipement des puits de surface,

    * Constructions (hangars, abris moteurs...),

    * Plantation des palmiers dattiers,

    * Plantation arboricole intercalaire à l'intérieur des palmeraies,

    * La rénovation de la plantation des palmiers (subvention sur l'arrachage, sur l'achat du nouveau rejet et sur la nouvelle plantation)

    - Prime spécifique : elle est accordée pour :

    * Acquisition de matériels agricoles pour mécaniser les travaux dans les oasis (subvention de 25% du montant global d'investissement)

    * Subvention sur l'installation des équipements de l'économie d'eau dans les exploitations agricoles (subvention de 60%)- Crédit de campagne

    * Crédit de campagne à court terme remboursé après récolte avec un montant de 1000 dollars/ha

    * Crédit bancaire à moyen terme pour l'élevage à l'intérieur de l'oasis avec un taux d'intérêt de 5 %

    - Subvention sur les traitements phytosanitaires :

    * Raticides - insecticides - produits biologiques... à titre gratuit dans le cadre des campagnes de traitement

    * Matériels de traitement utilisés à titre gratuit

    * Fumigation et stockage frigorifique des dattes dans les frigos du GID dans les lieux de productions avec une subvention de 20%.

    * Vente des caisses en plastique au prix coûtant

    * Matériaux de protection des régimes (plastiques) subventionnées à 60%

    * Moustiquaire subventionnées à 50 %

    * Assistance technique, formation, vulgarisation

    * Démarche traçabilité - signe de qualité

    * Subvention sur l'inscription et les charges de conduite et de certification de l'agriculture biologique des dattes

    * Subvention sur nettoyage oasis et entretien des réseaux de drainage et ce à travers la caisse de soutien de la qualité

    b ) Les coopérative de service : ( AIC, GIE)

    * Subvention sur l'installation des équipements d'économie d'eau entre les exploitations (réseaux principaux)(subvention de 60%)

    * Subvention de 10% sur la vente et la distribution des produits de protection de régimes (plastique et moustiquaire)

    * Subvention sur le stockage frigorifique et la fumigation des dattes de 20%

    * Encadrement -assistance - formation des cadres et ouvriers et mise à niveau

    c) Les collecteurs

    * Formation - encadrement - assistance

    * Programme mise à niveau, carte professionnelle

    * Approvisionnement en produits de fumigation des dattes subventionnés à 20%

    * Approvisionnement en caisse en plastique de qualité supérieur au prix coûtant et disponible sur les lieux de production

    * Subvention sur les moyens de protection des régimes (plastique et moustiquaire) pour les parcelles achetées sur pieds

    d) Les exportateurs

    * Subvention sur les moyens de protection des régimes de dattes (plastiques et moustiquaires) de (40 et 50%)

    * Subvention sur le transport aérien des exportations des dattes vers les marchés potentiels de 50%.

    * Subvention sur la participation aux foires et manifestations internationales de 80% (déplacement cadres- location stand -- journée de dégustation...).

    Il va sans dire que toutes ces subventions et encadrement des différents opérateurs de la filière sont témoins de l'intérêt accordé par l'Etat à la production, la commercialisation et surtout l'exportation des dattes.

    6.1.3. COMPARAISON ENTRE LE COUT MOYEN A LA PRODUCTION ET LE PRIX MOYEN A LA VENTE D'UNE TONNE DE DATTES COMMUNES PAR LES COLLECTEURS

    Pour finir avec les intervenants de la filière et pour valoriser les résultats de notre enquête nous allons présenter l'écart entre les différents niveaux de prix pour le producteur et le collecteur.

    Figure n° 5 : Ecart entre les différents niveaux de prix

    350 DT/tonne

    Représente la marge moyenne du
    collecteur

    250 DT/tonne

    204 DT/tonne

    Représente la marge moyenne du

    producteur

    46 DT/tonne Coût moyen à la

    production

    600 DT/tonne Prix moyen à la

    Vente (collecteur)

    Prix moyen à l'achat (collecteur)

    Source : Nos calculs

    A la base production on remarque que l'agriculteur gagne en moyenne 204 DT par tonne comme marge brute. Pour le collecteur, la différence entre prix moyen de vente et prix moyen d'achat d'une tonne de dattes communes représente la marge de 350 DT, mais à cette valeur il faut déduire l'ensemble des charges moyennes par tonne sui s'élèvent à 40 DT/tonne. On obtient ainsi la valeur de la marge nette par tonne soit 310 DT/tonne.

    Ce qui est intéressant de signaler est que le collecteur des dattes travaille pendant les 4 mois de la récolte, puisque cette activité est secondaire pour lui, il réalise ainsi une marge mensuelle de l'ordre de 77.5 DT/tonne. Or, pour l'agriculteur, qui travaille 12 mois, cette activité qui représente une source vitale de revenu pour lui, il ne réalise qu'une marge mensuelle de 17 DT/tonne.

    Une telle différence de prix montre bien l'importance du gain du collecteur. Pour ces opérateurs de la filière, la faible valeur des charges (souvent que le transport et une main d'oeuvre très réduite) se traduit par une marge très importante.

    6.2. L'EXPORTATION

    6.2.1. Les exportations des dattes tunisiennes : importance et pays de destination

    Avant de présenter le tableau de répartition des exportations tunisiennes des dattes par pays de destination, nous présenterons l'importance économique des marchés consommateurs de dattes tunisiennes. Nous distinguons trois grandes zones d'importation : le Moyen Orient, l'Asie du Sud-Est y compris l'Inde et l'Europe élargie aux pays de l'ex-union soviétique.

    D'après ISSAOUI (2002), l'approvisionnement des deux premieres zones est caractérisé par des importations réalisées à des prix de 30 à 90 % en deçà du prix mondial.

    En revanche, la zone Europe s'approvisionne sur le marché mondial à des prix largement au dessus du cours moyen mondial, de 50 à 300 %. D'un autre côté, et même si le poids du Canada, des Etats Unis d'Amérique et de l'Afrique du Sud dans les importations mondiales de dattes est faible, ces pays se comportent de la même manière que les pays européens.

    En terme économique, et d'après le même auteur, les pays de la zone Asie et du Moyen Orient représentent 70 % des volumes importées et 30 % de la valeur du commerce mondial de dattes contre 26 % de volumes et 63 % de valeur pour l'Europe. Résultat : un quasi dissymétrie volume/valeur.

    Si nous regardons de près l'exportation de dattes tunisiennes, nous disons que cette situation n'est guère en faveur des exportateurs de dattes (si la tendance actuelle se confirme dans les années à venir) qui voient leur part du marché européen (économiquement favorable) est en régression continu en faveur des marchés du Moyen Orient et de l'Asie (moins favorable).

    Pour donner une idée sur les pays de destination des dattes tunisiennes (toutes variétés confondues) et les volumes exportés, nous présentons le tableau ci-après :

    Tableau n° 21 : Répartition des exportations tunisiennes des dattes par pays de destination entre 2000 et 2007 (unité : tonnes)

     

    00/01

    01/02

    02/03

    03/04

    04/05

    05/06

    06/07

    France

    11599

    10888

    12348

    12476

    16601

    10183

    13925

    Italie

    5202

    5138

    5438

    5522

    6179

    5617

    6396

    Allemagne

    3876

    3349

    3258

    3939

    4097

    4337

    4808

    Espagne

    4109

    3589

    3642

    4139

    4794

    4032

    4387

    Belgique

    1540

    736

    1211

    798

    1775

    1817

    1938

    Angleterre

    831

    1436

    1471

    1536

    1700

    890

    1182

    Autres marchés UE

    2320

    2535

    2311

    3331

    4531

    3324

    4724

    Afrique du

    nord

    4784

    8599

    6323

    5348

    8810

    7939

    14372

    Pays du golfe

    427

    377

    501

    428

    828

    413

    632

    Pays moyen

    orient

    365

    140

    187

    10

    235

    0

    0

    Pays asiatiques

    410

    773

    830

    1233

    1531

    1721

    4340

    Amérique du

    nord

    602

    542

    1027

    1453

    2138

    2497

    2149

    TOTAL

    36065

    38102

    38547

    40213

    53219

    42770

    58853

    Source : GID

    Il ressort de ce tableau que les principaux marchés demeurent toujours l'Europe avec plus de 80 % de la part des marchés en particulier la France, quoique la plupart des grandes entreprises cherchent de plus en plus à diversifier leurs clientèles.

    En somme, il est à remarquer :

    · Que les principaux pays importateurs sont la France (24%) suivie de l'Italie (11%), de l'Espagne (8%) et de l'Allemagne (8%) pour l'année 2007. Toutefois, il faut signaler que les quantités exportées enregistrent une constante diminution. Ce phénomène est dû, probablement, au recul de la demande sur ces marchés européens traditionnels à cause du changement du modèle de consommation chez les nouvelles générations de musulmans (puisque les dattes sont surtout consommées au mois de ramadan) moins pratiquants et plus attirés par le modèle de consommation européen.

    · Que les exportations de dattes tunisiennes sur le marché de l'Afrique du Nord, qui regroupe le Maroc la Lybie et la Mauritanie, ont augmenté considérablement grâce à l'augmentation des importations marocaines (le Maroc a perdu sa production dattière à cause de la maladie du bayoudh).

    · Que le marché sénégalais voit sa demande en ce produit augmenter d'une année à l'autre (c'est l'un des marchés porteur puisque la population de ce pays est à majorité musulmane).

    · Le marché nord américain est difficile à pénétrer, spécialement pour celui des Etats Unis d'Amérique qui impose des restrictions à l'entrée de produits telles les dattes. Toutefois, au Canada, la situation serait moins difficile au niveau procédurier, mais les quantités exportées restent très limitées.

    6.2.1.1. Les exportations des dattes communes

    Or si nous mettons le zoom sur les dattes communes, qui font l'objet de cette étude, nous enregistrons les données suivantes :

    Tableau22 : Les exportations de dattes communes

     

    00/01

    01/02

    02/03

    03/04

    04/05

    05/06

    06/07

    France

    1972

    1740

    1932

    2166

    2311

    1822

    1229

    Italie

    876

    859

    732

    723

    832

    685

    521

    Allemagne

    836

    584

    452

    373

    387

    442

    380

    Espagne

    278

    407

    328

    138

    238

    303

    156

    Belgique

    0

    0

    0

    0

    0

    0

    0

    Angleterre

    798

    656

    831

    517

    432

    438

    288

    Autres marchés UE

    375

    664

    454

    509

    517

    425

    235

    Afrique du

    nord

    305

    1175

    498

    158

    215

    837

    321

    Pays du golfe

    14

    0

    38

    0

    37

    122

    76

    Pays moyen

    orient

    0

    0

    37

    0

    52

    35

    22

    Pays asiatiques

    0

    301

    382

    290

    287

    407

    327

    Amérique du

    nord

    147

    994

    638

    76

    487

    830

    427

    TOTAL

    5601

    7380

    6322

    4950

    5795

    6346

    3982

     

    Source : GID

    La lecture de ce tableau montre avec clarté que l'exportation des dattes communes est très fluctuante. Ceci prouve que cette filière est loin d'être organisée.

    6.2.1.2. Les exportations tunisiennes des dattes vers les autres marchés européens

    En plus des six grands marchés européens, présentés en haut, le reste des marchés européens est divisé en quatre groupes différents selon la nature de leurs importations et selon la régularité de ces importations. Ils existent des marchés acquéreurs de dattes Deglet Nour uniquement, d'autres de dattes communes, d'autres les deux variétés en même temps en enfin ceux qui importent la datte tunisienne (datte commune et/ou datte Deglet Nour), mais d'une manière non régulière.

    > Marchés importateurs de la datte Deglet Nour

    Ces marchées sont uniquement importateurs de la datte Deglet Nour, et pour certains d'entreeux ils importent des dattes communes, mais en très faible quantité. Ce groupe comporte la Suisse, la Turquie, la Hollande, le Danemark, la Norvège et la Suède.

    Tableau n°23. : Les exportations de dattes Deglet Nour de 2000 à 2007

     

    00/01

    01/02

    02/03

    03/04

    04/05

    05/06

    06/07

    Suisse

    740

    447

    532

    844

    790

    920

    1155

    Turquie

    315

    488

    321

    355

    408

    786

    1283

    Hollande

    407

    284

    430

    540

    632

    388

    855

    Danemark

    100

    29

    56

    8

    8

    34

    110

    Norvège

    23

    24

    83

    2

    32

    79

    22

    Suède

    46

    32

    52

    34

    24

    21

    126

     

    Source : GID

    Comme nous pouvons le remarquer, c'est la Suisse qui importe la plus grande quantité de dattes dans ce groupe, la Turquie vient en seconde position suivie de la Hollande. Sur ces trois pays, la Tunisie pourrait exporter davantage de dattes, vu le pouvoir d'achat tres élevé pour la Suisse et la Hollande d'une part et les besoins très importants de la population turque à majorité musulmane.

    > Marchés importateurs de la datte Deglet Nour et la datte commune

    Ce groupe comporte quatre pays à savoir l'Autriche, la Grèce, le Portugal et Chypre. Avec une part de près de 0.2 % pour le Portugal et près de 0.4 % pour chacun des trois autres pays de la part du marché de Deglet Nour et entre 3 et 4 % de la part du marché des dattes communes en 2007 (données du GID), ce groupe constitue une opportunité pour les exportateurs de dattes communes dont leurs prix sont abordables pour les populations de ces pays frappés par une crise économique.

    > Marchés importateurs de la datte commune

    Il s'agit ici de deux marchés de l'ex-Tchéchoslovaquie à savoir la République Tchèque et la République Slovaque. Le volume exporté aux deux pays s'élève à 229 tonnes, ce qui représente 3.7 % de la part du marché des dattes communes. Ces marchés constituent, comme c'est le cas du groupe précédent, une opportunité pour les exportations tunisiennes de dattes communes en raison de ces prix abordables, d'une part, et de l'habitude qui commence à s'installer chez les populations de ces deux pays à consommer les dattes communes. Toutefois, un grand effort doit être réalisé sur le plan du conditionnement et de publicité.

    > Marchés non réguliers

    Ce groupe comporte plusieurs pays qui importent les dattes tunisiennes (Deglet Nour et dattes communes) d'une façon irréguliere. Il s'agit surtout des pays de l'ex-Union Soviétique tels que : la Russie, la Pologne, la Bulgarie, la Hongrie et les pays de l'ex-Yougoslavie.

    Tableau n°24 : Part du marché DN par rapport au DC

    Pays

    Part du marché de DN

    Part du marché des DC

    Russie

    5.6

    2.5

    Pologne

    -

    0.9

    Bulgarie

    0.2

    0.1

    Hongrie

    -

    4.5

    Ex-Yougoslavie

    0.6

    2.6

     

    Source : GID

    6.2.1.3. Les exportations tunisiennes des dattes sur les marchés arabes

    Il s'agit surtout des marchés des pays du Moyen Orient comme le montre le tableau suivant. Tableau n°25: Evolution des exportations de dattes sur les marchés des pays arabes (unité : tonnes)

     

    00/01

    01/02

    02/03

    03/04

    04/05

    05/06

    06/07

    EAU

    309

    310

    430

    331

    425

    353

    601

    Bahrein

    35

    38

    42

    39

    58

    48

    22

    Qatar

    22

    10

    30

    33

    23

    10

    96

    A. Saoudite

    21

    6

    17

    5

    9

    2

    3

    Koweit

    40

    21

    37

    21

    42

    17

    20

    Yemen

    0

    774

    23

    0

    31

    0

    0

    Jordanie

    13

    0

    15

    1

    19

    1

    2

    TOTAL

    440

    1159

    594

    430

    607

    431

    744

     

    Source : GID

    Pour ce groupe de pays, les Emirats Arabes Unis constituent le marché le plus important pour le produit tunisien. Ils importent presque les 4/5 de l'ensemble des exportations tunisiennes de dattes sur le marché des pays arabes. La part des trois pays qui sont l'Arabie Saoudite, le Yémen et la Jordanie est quasi nulle.

    Il faut signaler aussi que la quasi-totalité des quantités exportées est constituée de Deglet Nour, les dattes communes ne représentent que près de 2 % du volume total.

    Signalons enfin que l'un des facteurs qui a joué en faveur du produit tunisien est l'embargo imposé à l'Irak depuis 1991, puis l'effondrement de la production dattière irakienne apres la guerre. Depuis, le marché arabe (du Moyen Orient et des pays du Golfe) s'est orienté vers d'autres approvisionnement et c'était l'occasion pour la datte tunisienne d'arriver jusqu'au consommateur de cette région.

    6.2.1.4. Les exportations tunisiennes des dattes sur les marchés asiatiques et l'Afrique du Sud

    Tableau n°26 : Evolution des exportations en volume sur les marchés asiatiques et l'Afrique du Sud (unité : tonne)

     

    00/01

    01/02

    02/03

    03/04

    04/05

    05/06

    06/07

    Indonésie

    322

    250

    356

    333

    287

    78

    1434

    Malaisie

    52

    440

    350

    365

    530

    72

    1178

    Afrique sud

    39

    42

    48

    51

    33

    26

    39

    Singapour

    21

    20

    24

    62

    71

    58

    66

    Corée du Sud

    0

    0

    0

    0

    0

    0

    8

    Inde

    15

    0

    0

    0

    8

    9

    11

    TOTAL

    449

    752

    778

    811

    929

    243

    2736

     

    Source : GID

    Les dattes qui existent sur le marché des pays asiatiques et l'Afrique du Sud n'ont pas de pouvoir concurrentiel par rapport aux dattes tunisiennes qui sont de très bonne qualité.

    Les exportations tunisiennes de la variété Deglet Nour, mais aussi des dattes communes pourraient connaître une expansion rapide surtout dans les pays à forte population musulmane tel que l'Indonésie.

    Par contre, dans certains pays comme l'inde et la Chine (deux pays émergeant) ainsi que le Japon, la datte tunisienne comme fruit n'est pas très connue, ce qui demande un effort beaucoup plus important de la part des représentants tunisiens du marketing pour influencer le consommateur de ces pays à faire entrer dans ses habitudes alimentaires la datte comme fruit ou comme dessert comparable à d'autres fruits exotiques.

    6.2.2. Spécificité de la demande et exigence des marchés

    Les données recueillis par le GID et d'autres organisations socio-professionnelles intéressées par cette filière, fournissent quelques informations importantes sur le comportement du consommateur européen vis-à-vis des dattes tunisiennes. En effet, les dattes naturelles de l'Afrique du Nord, et plus particulièrement celles de la Tunisie sont très appréciées par le consommateur européen par rapport aux dattes californiennes traitées.

    Ceci s'explique par le fait que le consommateur européen (surtout originaire de l'Europe des 15) accorde beaucoup plus d'importance au gout, à la couleur et à l'utilisation faible de produits chimiques qu'à l'uniformité du produit qui caractérise les dattes californiennes.

    Or, la quantité de dattes naturelles exportées vers le marché européen est en régression (dattes communes et Deglat Nour). Ce qui est en contradiction avec la tendance générale des exportations tunisiennes sur ce marché.

    Une deuxième contrainte concerne le caractère saisonnier de la consommation des dattes en Europe. En effet, les dattes commencent à apparaitre dans les points de distribution au début du mois d'octobre et les ventes continuent jusqu'au mois de février avec des maximums de consommation à l'occasion de Noël et du Ramadan. Ceci peut être expliqué par le fait que le consommateur européen ne prend pas les dattes comme un dessert et il se contente de consommer ce fruit uniquement lors des grandes occasions.

    Signalons enfin que les exportations de dattes biologiques est faible, alors que la demande en produits biologiques n'a cessé d'augmenter à l'échelle mondiale. Par conséquent, les dattes tunisiennes, et principalement les dattes communes moins exigeantes en produits de traitement, sont appelées à s'adapter aux exigences et aux préférences de la nouvelle demande sur le marché mondial en général et sur le marché européen en particulier (principalement le marché allemand dont le consommateur a une tradition d'utilisation des produits biologiques) en s'orientant surtout vers la production de dattes biologiques qui constitue la meilleure solution pour une meilleure valorisation du produit.

    6.2.3. Les pays concurrents

    Les concurrents de la Tunisie s'inscrivent dans trois catégories :

    · Le producteur traditionnel de dattes Deglet Nour, l'Algérie ;

    · Les exportateurs qui ajoutent de la valeur aux produits qu'ils importent à bas prix, il s'agit de la France, l'Allemagne, l'Angleterre et les Pays-Bas ;

    · Les producteurs non traditionnels qui ont développé une agro-industrie intégrée, ce sont les Etats Unis d'Amérique principalement

    Toutefois, et hormis ces remarques, nous constatons que la Tunisie est restée le leader sur l'ensemble de l'Union Européenne pour la période 2000-2007 suivie par l'Algérie, la France et les Etats Unis.

    Ainsi, la Tunisie détient la première position en matière de quantité et de valeur exportée. Il n'en va pas de même sur le plan de la valorisation des produits, qui se trouve derrière ses concurrents.

    La France, le plus important ré-exportateur, a une position relativement stable, avec cependant un important recul de prix, du à la pression concurrentielle de la Tunisie, de l'Algérie et d'autres ré-exportateurs européens.

    Le cas de l'Algérie est équivoque, après l'instabilité de ses performances, durant les années 90 (due probablement en partie à sa situation politique), est potentiellement capable d'exercer une pression concurrentielle importante sur l'exportation tunisienne surtout après la privatisation de son industrie de conditionnement.

    Quant aux Etats Unis elles exportent moins, mais mieux. Leurs marchés intérieurs sont

    capables d'absorber des prix élevés et l'exportation des dattes est plus une opportunitécommerciale qu'une nécessité stratégique, comme c'est le cas pour la Tunisie.

    Chapitre VI : CONCLUSION GENERALE

    Au terme de ce travail, nous rappelons que l'analyse de la filière des dattes communes dans les oasis de Gabès est riche en enseignements susceptibles de guider les décisions à prendre pour mieux développer cette filière.

    Notre recherche nous a permis de tirer les enseignements suivants :

    * La première leçon à tirer de cette filière s'écrit en termes d'orientation de la production des dattes vers la variété « Deglet Nour », poussée par la forte demande manifestée au niveau du marché extérieur, ce qui a engendré une marginalisation des dattes communes.

    D'ailleurs, le fort lobby publicitaire qui oriente le consommateur vers la consommation des dattes Deglet Nour ainsi que le changement dans les habitudes alimentaires des tunisiens ont accentué cette marginalisation. Toutefois, si les dattes Deglet Nour semblent permettre une amélioration assez nette de la rentabilité du système oasien dans les régions de Nefzaoua et Jérid, elles présentent certains risques dans la mesure où elle désoriente la rationalité de l'exploitant et favorise l'instabilité et la fragilité du système vis-à-vis du climat et du marché surtout international. La sécurité, objectif sacré de l'agriculture familiale, n'est plus alors garantie.

    De plus, deux risques nous poussent à plaider pour les dattes communes :

    - le premier risque concerne la vulnérabilité que présente la monoculture de Deglet Nour en cas de l'arrivée de la maladie du « bayoudh » dans les oasis tunisiennes vu la fragilité qu'a manifesté cette variété en Algérie face à la maladie,

    - le deuxième risque concerne le recul des ventes des ventes de Deglet Nour sur le marché international dû à la crise économique mondiale et qui frappe surtout le marché européen (principal client de la Tunisie).

    D'un autre côté, et sur le plan environnemental, mais aussi économique, le développement de la culture des dattes communes, surtout la variété « kenta » très appréciée par le consommateur tunisien et aussi par le marché extérieur à cause de son prix abordable, constitue une chance pour les oasis de la région de Gabès, qui connaissent un taux d'abandon inquiétant pouvant atteindre jusqu'à 60 % dans l'oasis de Métouia (HAJ NACEUR, 2009), pour retrouver leur situation florissante qu'elles avaient autrefois et permettra aussi aux oasiens d'améliorer leurs revenus agricoles qui se détériorent d'une année à l'autre.

    * Nous relevons aussi la difficulté des industriels tunisiens à répondre à toutes les demandes de la clientèle surtout au niveau de la qualité ce qui permet un risque de perte de certains créneaux ou opportunités qui en découle puisque les acheteurs pouvant être tentés de s'approvisionner chez d'autres fournisseurs. Signalons aussi, que la concentration de la grande distribution en Europe (surtout celle des 15), augmentant la pression et les exigences au niveau de la demande, risque d'éliminer ou de rendre inopérants, par manque de compétitivité, tous les opérateurs qui n'auront pas fait de mise à niveau en matière de qualité.

    * Un danger réel existe également d'avoir un secteur du conditionnement à deux vitesses, avec d'une part des entreprises inscrites sur le marché dans la durée et d'autres part des entreprises inscrites sur la marché à court terme et sans réels soucis de qualité. Ces dernières sont en mesure de freiner tous les marchés et la casse des prix, soit délibérée, soit à l'instigation d'un acheteur utilisant cette fausse concurrence pour faire pression sur les entreprises performantes. Dans les deux cas de figures, ce danger existe car ces pratiques sont d'actualité. Elles sont dommageables pour l'ensemble de la filière.

    Ce diagnostic nous pousse à proposer un certain nombre d`actions qui peuvent contribuer à l'amélioration du secteur dattier à Gabès.


    · Organisation de la filière datte commune surtout au niveau de la commercialisation et de l'écoulement des dattes pour le commerce intérieur et extérieur et l'éclaircissement des rapports juridiques entre les exploitants, les collecteurs et les exportateurs.

    · Formation d'une main d'oeuvre qualifiée et spécialisée dans la culture du palmier dattier, dans le centre de formation agricole (CFRA) de Zerkine (pollinisation, toilettage, récolte, etc.) pour faire face à la disparition du savoir faire local dans ce secteur.

    · Recherche d'autres ressources en eau et d'autres techniques d'irrigation qui deviennent de plus en plus exigées dans ce nouveau contexte de changements climatiques.

    · Adaptation des systèmes de crédit bancaire pour le développement des dattes communes puisque la politique actuelle exclue la culture des dattes du système de crédit.

    · Dans ce nouveau contexte de désengagement de l'Etat, les pouvoirs publics doivent considérer les oasis comme « patrimoine national » qu'il faut sauvegarder et sauver et par conséquent doivent mettre beaucoup plus de moyens humains et matériels dans le cadre d'un programme national de sauvegarde des oasis.

    Notre pouvons résumer, dans le tableau ci-après, les atouts et contraintes suivantes :

    Tableau n°27 : Contraintes/atouts

    Domaines

    Contraintes

    Atouts

    Production

    - Morcellement

    - Mains d'oeuvre rare et chère et désistement des jeunes à travailler dans l'agriculture

    - Mauvaise gestion de l'eau

    - Manque de moyens financiers et accès aux crédits agricoles très faible

    - Producteurs mal organisés

    - Prix bas des dattes

    - Production biologique

    prometteuse

    - Avantage comparatif climatique

    - Fruits appréciés et

    prometteurs

    - Savoir-faire encore existant

    Collecte

    - Métier ouvert à la spéculation

    - Transport ne répond pas aux normes ce qui affecte la qualité des fruits

    - La quasi-totalité de la

    production passe par les
    collecteurs

    - Bonne connaissance de la

    production

    Conditionnement/ exportation

    - Concurrence parfois exagérée

    - Usines à deux vitesses : industrielles et artisanales

    - Saisonnalité de la production et

    diversification difficile

    - Recherche permanente de nouveaux marchés

    - Diversité de la clientèle - Maîtrise de

    l'approvisionnement et de la logistique d'exportation

    Encadrement et

    Organisation de la

    filière

    - Absence de marché de dattes

    - Encadrement technique de la

    production et vulgarisation tout à fait insuffisante

    - Fonctionnement de l'appui

    institutionnel à la filière largement
    concentré à Tunis

    - Marché de tourisme non exploité

    - Valorisation insuffisante des sousproduits

    - Bonne connaissance des

    marchés de l'Europe

    - Appuis aux exportateurs

    - Forte création de valeur

    ajoutée par la filière globale

    - Filière future créatrice
    d'emploi

    En guise de conclusion, nous pouvons dire que l'organisation de la filière des dattes communes constitue une opportunité pour sauver les oasis de la région de Gabès qui connaissent un taux d'abandon inquiétant suite à la non rentabilité de l'activité agricole. Cette situation qui menace la durabilité des oasis, et qui est dû entre autre au recul de la place du palmier dattier dans le système de culture oasien, ne peut être renversée que par la réhabilitation des dattes communes et surtout de la variété « kenta » qui est appréciée par les populations locales et qui se vend à un prix encourageant à l'extérieur (1 euros, contre 2,2 euros pour Deglet Nour). Ce prix, et dans le contexte de la crise économique qui frappe les pays européens, ne peut que conserver la place de la Tunisie dans ce marché.

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    ENQUETE

    I/ Identification de l'enquêté et de sa famille :

    Nom et prénom :....................................... Age...............................

    Niveau d'instruction :..................................

    Activité principale :....................................Lieu de résidence...............

    Situation familiale : Marié célibataire divorcé

    Nombre d'enfants :

    Etes-vous membre d'une association ou structures socio-professionnelles ?

    - Conseil de gestion øÑÕÊ Ó~ãÌ

    - Groupement d'intérêt collectif ÉíÆÇã ÉíÚÌã

    - Groupement de développement agricole

    - Union des agriculteurs

     

    Éí~ä~áÇ Ú~ãÌ

    ÏÇÊÍÅ

    ÉíÍáÇáÇ

     

    íäÍáÇáÇ

    Autres (préciser)

     
     
     

    Composition de la famille

    Nombre de ménage :

    Effectif total de la famille :.

    Prénom

    Age

    Sexe

    Lien de

    Etat

    Activité

    Activité

     
     
     

    parenté

    matrimonial

    principale

    Secondaire

    II. Système de production

    1. Foncier et système de culture

    Superficie totale de l'exploitation : ha

    Lieu : Oasis .................................ha : : Steppe .............................. ha :

    Mode de faire valoir

    Propriétaire métayer e

    Date d'installation : .........................................................

    Si oui,

    Avez-vous acheté des terres ces 5 dernières années ? Oui Non

    superficie et prix :

     
     

    Si oui,

    Avez-vous vendu des terres ces 5 dernières années ? Oui Non

    superficie, prix et raison de vente

    Si oui,

    Avez-vous loué des terres ces 5 dernières années ? Oui Non

    montant annuel de location :

    Avez-vous donné en location ces 5 dernières années ? Oui Non Si oui,

    montant annuel de location :

    2. Matériel et animaux de traits

    Désignation

    Quantité

    Date d'acquisition ou de Création

    Charrette

     
     

    Camionnette-Camion

     
     

    Voiture

     
     

    Tracteur

     
     

    Remorque

     
     

    Charrue à disques ou à soc

     
     

    Citerne 3000 litres

     
     

    Citerne 500 litres

     
     

    Puit de surface

     
     

    Ane

     
     

    Mulet

     
     

    Cheval

     
     
     

    3. système de culture Effectif des palmiers dattier par variété

    Total

    Variété

    Nombre

    Rendement

    Effectif arboricole :

    Grenadier

     
     
     
     
     

    Total

     
     
     
     
     
     
     
     
     
     
     
     
     
     

    Variété

    Nombre

    Rendement

    Superficie d'autre culture :

    Type culture

    Maraîchage

    Fourragère

    Industrielle

    Superficie

     
     
     

    4. Système d'élevage 3.1. Cheptel en propriété

    Espèce

    Femelles adultes

    Mâles adultes

    Total

    Ovin

     
     
     

    Caprin

     
     
     

    Camelin/Bovin

     
     
     
     

    5. Système d'irrigation : Mode d'irrigation submersion omie d'eau aut réciser

    Fréquence des tours d'eau ...............

    Débit (l/s)................................... Salinité (g/l)~~~~~~~~.

    Drainage oui

    on

     

    Entretien oui

    n

     
     
     
     
     
     
     
     

    6. Fertilisation : Engrais chimiques (Tonnes) Ammonitre Phosphate Potasse

    Fumure organique (Tonnes) source : Achat El ge

    Amendement sablonneux (Tonnes)

    7. Main d'oeuvre (nombre de journèes ) :

    Permanente Occasionnelle Familiale

    8.

    Ecoulement de la récolte :

    Dattes Vente sur pied ui Au collecteur

    A l'exportateur

    Vente après récolte si oui marche local

    Exportateur Collecteur Marche régional stockage

    Grenade Vente sur pied si oui au collecteur

    A l'exportateur

    Vente après récolte si oui marche local Exportateur Collecteur

    Marche régional Stockage

    9. Résultats économiques de l'unité de production 9.1. Charges et recettes de l'exploitation en 2008 Les charges

    Dépenses

    Main d'oeuvre

    Travail du sol

    Semences

    Engrais

    Produits de traitements

    Frais de transport

    Autres charges (gasoil, etc...)

    Montant annuel

    Les recettes

    Désignation

    Autoconsommation (quantité)

    Ventes

    Quantité

    Montant (DT)

    Arboriculture

    Dattes

     
     
     

    Grenadiers

     
     
     

    Oliviers

     
     
     

    Autres

     
     
     

    Légumineuses

     
     
     

    Cultures maraîchères

     
     
     

    Autres cultures

     
     
     

    9.2 Revenu extra-agricole

    Membre de la famille

    Activité

    Montant annuel

    10. Importances des espèces étudiées et stratégie d'avenir

    D'après votre expérience, quelle est l'espèce la plus performante ?

    · Dattes kenta : oui non ui pourquoi ?

    · Grenadiers : oui non ui pourquoi ?
    ..........................................................................................
    Pensez-vous investir (dans les prochaines années à venir) dans l'une ou l'autre des espèces?

    · Laquelle ?

    · Comment ?

    · Quand ?

    Quels sont les problèmes qui affectent les deux espèces ?

     

    Main d'oeuvre

    Prix de vente

    Marché

    Stockage

    Autres (préciser)

    Grenadiers

     
     
     
     
     

    Dattes kenta

     
     
     
     
     

    Que proposeriez-vous pour améliorer le secteur des dattes ?

    Que proposeriez-vous pour améliorer le secteur des grenadiers ?

    TABLE DES MATIERES

    Chapitre I : LES DATTES TUNISIENNES : IMPORTANCE ECONOMIQUE, PROBLEMATIQUE ET METHODOLOGIE

    1. IMPORTANCE SOCIALE ET ECONOMIQUE DES DATTES

    1.1. VALEURS CULTURELLES ET SOCIAUX DU PALMIER DATTIER

    1.2. IMPORTANCE DU SECTEUR PHENICIOLE DANS LE MONDE

    1.3. IMPORTANCE SOCIO-ECONOMIQUE DU PALMIER DATTIER EN TUNISIE :

    1.3.1. Importance économique du palmier dattier à Gabès

    1.3.2. Principales variétés cultivées dans les oasis de Gabès (voir annexes)

    2. PROBLEMATIQUE

    3. METHODOLOGIE

    3.1. SOURCES DE DONNEES

    3.2. CHOIX DE L'ECHANTILLON DE L'ENQUETE

    4. CONCEPTS ET DEFINITIONS 4.1 DEFINITION DE L'OASIS 4.2 L'EFFET OASIS

    4.3. QU'EST CE QU'UNE FILIERE ?

    4.4. TYPOLOGIE DES OASIS TUNISIENNES

    4.4.1. Classification suivant le système de culture

    ? Oasis traditionnelles

    ? Oasis modernes

    ? Oasis réhabilitées, rénovées

    4.4.2. Classification suivant la localisation géographique

    ? Oasis continentales

    ? Oasis littorales

    ? Oasis de piémont, d'altitude ou de montagne

    Chapitre II. PRESENTATION DE LA REGION D'ETUDE

    1. L'OASIS DITE DU GRAND GABES

    2. CONTRAINTES ET POTENTIALITES DU MILIEU 2.1. LE CLIMAT

    2.2 LA PLUVIOMETRIE

    2.3. LES TEMPERATURES

    2.4. LE REGIME DES VENTS

    2.5. LE BILAN HYDRIQUE

    2.6. HYDROLOGIE

    2.7. GEOLOGIE ET PEDOLOGIE

    2.8. L'EXPLOITATION DES EAUX DANS L'OASIS

    Chapitre III : LES DIFFERENTS SEGMENTS DE LA FILIERE DES DATTES COMMUNES

    1. PRESENTATION DE LA FILIERE DES DATTES EN TUNISIE

    1.1. LES OPERATEURS PRIVES

    1.2. LES OPERATEURS INSTITUTIONNELS

    2.PREMIER SEGMENT DE LA FILIAIRE : LA PRODUCTION ET L'UTILISATION DES DATTES ET DES SOUS PRODUITS DU PALMIER DATTIER

    2.1. LA PRODUCTION DATTIERE

    2.1.1. MORPHOLOGIE DU PALMIER DATTIER

    2.1.1.1. Système radical 2.1.1.2. Tronc

    2.1.1.3 Palmes

    2.1.1.4 Organes floraux 2.1.1.5 Fructification 2.1.1.6 Fruit

    2.1.1.7 Propagation

    2.1.2. EXIGENCES ECOLOGIQUES :

    2.1.2.1 La température 2.1.2.2. L'eau

    2.1.2.3. Le sol :

    2.1.2.4. la lumière

    2.1.3. CULTURE DU PALMIER DATTIER :

    2.1.3.1 La création d'une palmeraie

    2.1.3.2 Choix du sol

    a) Défrichement :

    b) Nivellement :

    c) Défoncement :

    d) Piquetage :

    2.1.3.4 Etablissement des réseaux d'irrigation et de drainage

    2.1.3.5 Densité de plantation

    2.1.3.6 Protection contre le vent

    2.1.3.7 La plantation 2.1.3.8 Le sevrage

    2.1.3.9 L'époque de plantation

    2.1.3.10 La pollinisation : 2.1.3.11. La fertilisation 2.1.3.12. La taille

    2.1.3.13. Eclaircissage

    2.2. VALORISATION DES PRODUITS ET SOUS-PRODUITS

    2.2.1. Les techniques de conservation des dattes

    2.2.2 Autres utilisations des dattes et des sous-produits du palmier

    2.2.3. L'utilisation artisanale 2.2.3.1. La vannerie

    e) La matière première

    f) Les différents articles fabriqués

    c) La faible rentabilité de l'activité

    2.2.3.2.. La menuiserie

    2.2.4. Les contraintes liées au recul de la place du palmier dattier dans le système de culture 2.3. RESULTATS ET ANALYSE ECONOMIQUE

    2.3.1. La main d'oeuvre oasienne quel avenir ?

    2.3.2. Le régime foncier et le mode de faire valoir

    2.3.3. L'eau de plus en plus rare, constitue le point faible du système oasien

    2.4. CONDITIONS ECONOMIQUES DE LA PRODUCTION

    2.4.1. Coût élevé de production et rentabilité économique discutable

    2.4.1.1. Structure des charges

    2.4.1.2. Revenu agricole dans le revenu total

    2.4.1.3. Structure du revenu agricole

    2.4.1.4. La rentabilité du palmier dattier est discutable

    2.4.1.5. Contraintes climatiques limitant la production des dattes

    3. DEUXIEME SEGMENT DE LA FILIERE : LE CONDITIONNEMENT

    3.1. Les différentes étapes du conditionnement

    3.2. Description des étapes de conditionnement

    4. TROISIEME SEGMENT DE LA FILIERE : LA LOGISTIQUE

    4.1 LE GID (GROUPEMENT INTERPROFESSIONNEL DES DATTES)

    4.2. LA MISE A NIVEAU DES ENTREPRISES DE LA FILIERE

    5. QUATRIEME SEGMENT DE LA FILIERE : LA CONSOMMATION

    5.1. Les dattes dans le modèle de consommation alimentaire tunisien : un recul au profit des céréales

    6. CINQUIEME SEGMENT DE LA FILIERE : LA COMMERCIALISATION ET L'EXPORTATION

    6.1. LA COMMERCIALISATION

    6.1.1. LES CIRCUITS DE COMMERCIALISATION DES DATTES

    a) Les producteurs

    b) Les collecteurs :

    C) Coopératives :

    d) Les frigos privés :

    e) Les usines de conditionnement-exportations :

    f) Grossistes, semi-grossistes et détaillants :

    g) Sociétés de commerce internationales :

    h) Les grandes surfaces :

    6.1.2. SUBVENTIONS ACCORDEES AUX DIFFERENTS INTERVENANTS DE LA FILIERE

    a) Les producteurs :

    b ) Les coopérative de service : ( AIC, GIE)

    c) Les collecteurs

    d) Les exportateurs

    6.1.3. COMPARAISON ENTRE LE COUT MOYEN A LA PRODUCTION ET LE PRIX MOYEN A LA VENTE D'UNE TONNE DE DATTES COMMUNES PAR LES COLLECTEURS

    6.2. L'EXPORTATION

    6.2.1. Les exportations des dattes tunisiennes : importance et pays de destination 6.2.1.1. Les exportations des dattes communes

    6.2.1.2. Les exportations tunisiennes des dattes vers les autres marchés européens 6.2.1.3. Les exportations tunisiennes des dattes sur les marchés arabes

    6.2.1.4. Les exportations tunisiennes des dattes sur les marchés asiatiques et l'Afrique du Sud 6.2.2. Spécificité de la demande et exigence des marchés

    6.2.3. Les payas concurrents

    Chapitre VI : CONCLUSION GENERALE