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Stratégies de financement des activités agricoles développées par les producteurs ruraux dans la commune de Gogounou (Nord Bénin)


par Hermann ALINGO
Université de Parakou - Diplôme d'ingénieur agronome: option économie et sociologie rurale 2009
Dans la categorie: Economie et Finance
   
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CONCLUSION ET SUGGESTIONS

CHAPITRE VIII

8- CONCLUSION ET SUGGESTIONS

8-1- Conclusion générale

L'objectif général de la présente recherche est l'analyse des stratégies développées par les producteurs ruraux de la commune de Gogounou pour financer leurs différentes activités de production agricole. De façon spécifique, il s'agit d'évaluer les revenus agricoles, d'analyser une stratégie particulière, l'autofinancement, à travers la part des revenus utilisée pour financer les activités de production agricole, puis d'identifier les autres stratégies développées par les producteurs et enfin d'identifier les contraintes liées au financement des activités de productions agricoles.

Suite à l'évaluation des revenus, il ressort que le revenu agricole annuel moyen des producteurs ruraux de Gogounou s'élève à 619.720 Fcfa. Par ailleurs, d'après les résultats du test de comparaison de moyenne, les revenus agricoles moyens ne varient pas selon le sexe, ni selon les groupes d'activités, ni selon le niveau d'éducation au seuil de 5%. La première hypothèse de l'étude est donc rejetée. Le niveau des revenus agricoles est relativement faible par rapport aux réels besoins en financement des producteurs ruraux. Par conséquent, les capacités d'investissement dans les périodes où la liquidité est nécessaire, sont relativement faibles. Afin de réduire l'impact de ce déficit en financement dans un environnement où l'accès au crédit rural est très âpre, les producteurs ont recours à différentes stratégies de financement tant directes qu'indirectes.

L'autofinancement constitue le premier moyen de financement dont dispose les producteurs en plus des autres stratégies de financement de court, moyen et de long terme. Ainsi l'analyse de la part des revenus agricoles réinvestie dans le financement des activités de productions agricoles révèle que cette part varie en fonction du sexe au seuil de 5%. De cette analyse, il ressort aussi que la part de réinvestissement des femmes est supérieure à la part de réinvestissement des hommes. La deuxième hypothèse de notre étude est donc vérifiée. Ce résultat est dû aux impératifs financiers liés aux différents groupes d'activités exercés par les hommes et les femmes. Les hommes sont présents exclusivement dans l'agriculture et l'élevage tandis que la transformation agro-alimentaire est le domaine de prédilection des femmes. De plus, certaines des stratégies développées par les différents acteurs concernés pour la réduction des besoins en financement liés à chaque activité varient selon le sexe.

A l'issu de l'étude, plusieurs stratégies ont été identifiées. La plupart des stratégies tienne d'une rationalité que seuls les producteurs ruraux peuvent expliquer. Certaines des stratégies sont héritées des ancêtres, d'autres copiées chez un ami ou tout simplement empiriques. Selon les résultats du test d'indépendance, une relation significative se décline entre certaines stratégies et le sexe, les groupes d'activités, le niveau d'éducation au seuil critique de 5%. L'hypothèse 3 n'est pas vérifiée pour diversification des activités, épargne sur pied ou la pratique de spéculation. Cependant, les producteurs n'adoptent pas qu'une seule stratégie, mais ils combinent plusieurs stratégies afin d'avoir un ensemble de stratégie plus complexe. Les différentes combinaisons sont fonction des capacités d'investissement des producteurs ruraux et des résultats qu'ils souhaitent atteindre à la fin de la campagne agricole. Car le producteur qui vise par exemple l'autoconsommation n'utilisera pas les mêmes stratégies qu'un autre qui fait l'agriculture de marché. Il est souhaitable qu'une amélioration soit apportée à certaines de ses stratégies très efficace. De toutes les façons, la prise en compte des stratégies endogènes de financement agricole est nécessaire pour l'élaboration des politiques agricoles, en plus des stratégies exogènes (les stratégies de financement proposées par les initiateurs des programmes de développement) telles que le crédit agricole. Les initiatives de développement doivent également tenir compte des contraintes liées au financement des activités de productions agricoles que nous avons pu identifier au cours de cette étude.

En dépit des stratégies développées par les producteurs ruraux, plusieurs contraintes de financement directes ou indirectes entravent le développement des activités de production agricole. Au niveau des agriculteurs, les principales contraintes de financement sont : insuffisance des intrants agricoles, retard dans le paiement de la dette `'Coton», et mauvais état des voies d'accès. Les trois contraintes majeures énumérées par les éleveurs après le test de Kendall'W sont : insuffisance de retenues d'eau, insuffisance des aires de pâturage, mauvais état des voies d'accès. Enfin au niveau des femmes, il faut que les problèmes d'insuffisance de pompes hydraulique, de main-d'oeuvre et de manque d'information sur les sources de financement soient résolus pour promouvoir le développement de leurs activités de transformations agricoles. Les trois contraintes majeures énumérées par chaque catégorie de producteur sont les plus importantes parmi les multiples contraintes que nous avons pu identifier au cours de l'étude.

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