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Droits du patient soigné sous contrainte

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par Noémie ROZANE
Paris XI - Faculté Jean Monnet - Master 2 droit de la responsabilité médicale 2011
  

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ANNEXE 4

Témoignages : les abus de la psychiatrie

Le temoignage d'une éléve infirmiére en stage en psychiatrie :

« Je suis actuellement en stage en psychiatrie dans un CHS dans le cadre de mes études d'infirmière et grande est ma tristesse et mon incompréhension devant les traitements utilisés en psychiatrie. [...] Quelle dignité reste-t-il à des hommes enfermés comme des bêtes à longueur de journée dans des locaux de 10m2. Si l'on n'est pas "fou" (qu'est-ce que la folie???) en entrant à l'hôpital, je pense que l'on n'a pas d'autre choix que de le devenir tellement la réalité de la nature humaine est dure à tolérer.

Les gens en souffrance psychique sont déjà tellement blessés par la vie qu'il me parait bien inhumain de rajouter encore à leur souffrance.

Les traitements, s'ils peuvent soulager des symptômes, n'ôtent en rien la souffrance tapie dans l'ombre et contribue à mon avis à la chronicisation du mal de vivre.

Tant de réalités qui sont bien difficiles pour moi à supporter : je me sens bien seule quand tous les gens rencontrés ont l'air d'être convaincus des bienfaits de l'enfermement et de l'effacement des émotions. Je pleure, je pleure face à toute cette douleur et je me sens bien désarmée. »

Le temoignage d'une victime de l'enfermement dans un hôpital psychiatrique :

« En guise d'accueil, deux molosses barbus m'ont littéralement jetée, après déshabillage forcé et sans me prévenir, dans une pièce ressemblant à un mitard : un lit scellé au sol, une minuscule fenêtre à barreau en hauteur et un seau en guise de toilette.

Une porte blindée fermée de l'extérieur avec une ouverture permettant aux "soignants" de
surveiller le dépressif, et de le voir dormir, faire ses besoins, comme on regarde un chien...

J'ai hurlé et frappé pour sortir, j'ai eu droit à la camisole chimique et aux brimades de l'infirmier qui me parlait comme on parle à un prisonnier qui aurait commis un crime, moi qui ai un bac plus cinq. J'étais à l'époque et suis toujours cadre dans une profession intellectuelle.

J'ai eu droit, comme tous les gens en dépression, à l'humiliation ultime, l'enfermement comme on enferme les prisonniers.

Et plusieurs mois d'hospitalisation que j'ai vécu comme une punition dans un hôpital public glauque : 2 à 3 lits par chambre, des dépressifs mêlés à des schizophrènes et à des fous dangereux (l'un d'eux mordait), des sanitaires dans un état d'hygiène déplorable, des flaques d'urine à terre, des excréments, des douches accessibles une fois par semaine, des gens nus qui se baladent devant vous et des infirmières qui rigolent, des femmes de ménage qui vous traitent de "bande de tarés".

Des soignants sympas, d'autres pires que des geôliers, qui parlent aux gens comme à des débiles mentaux, l'obligation de prendre des médocs de force (si vous ne les avalez pas, on vous attache au lit comme un fou dangereux et on vous pique).

Ce que j'ai vécu dans cet hôpital psychiatrique, je l'assimile aujourd'hui, 7 ans après, à une véritable torture psychique et à un emprisonnement.

Deux mois de plus dans cet univers et j'aurais fini par réellement cette fois, me suicider d'une manière ou d'une autre. »

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"Je voudrais vivre pour étudier, non pas étudier pour vivre"   Francis Bacon