WOW !! MUCH LOVE ! SO WORLD PEACE !
Fond bitcoin pour l'amélioration du site: 1memzGeKS7CB3ECNkzSn2qHwxU6NZoJ8o
  Dogecoin (tips/pourboires): DCLoo9Dd4qECqpMLurdgGnaoqbftj16Nvp


Home | Publier un mémoire | Une page au hasard

 > 

Sexe, contestation, drogue et rock'n'roll

( Télécharger le fichier original )
par Damien VAQUIE
Université Paul Valéry - Montpellier III - Maà®trise de musique 2003
  

précédent sommaire suivant

Bitcoin is a swarm of cyber hornets serving the goddess of wisdom, feeding on the fire of truth, exponentially growing ever smarter, faster, and stronger behind a wall of encrypted energy

2. Travail et urbanisation

La répartition du travail dans les trois secteurs d'activité (primaire, secondaire et tertiaire) est corrélative à un nouveau mode de vie. La France connaît un assez fort exode rural durant les Trente Glorieuses. Ceci va influencer la répartition de la population active française dans le choix de leur profession. L'agriculture connaît alors une baisse considérable. En 1946, la France comptait 7,4 millions de travailleurs agricoles (agriculteurs et ouvriers agricoles). En 1975, il n'en reste plus que 2 millions. Le secteur primaire enregistre une baisse de près de 73% de son effectif en 15 ans. Cela ne veut pas dire que la production issue de l'agriculture est en baisse. Bien au contraire elle s'est accrue comme le souligne Gilles Bousquet : « En 1700, 10 agriculteurs moyens nourrissaient fort mal 17 personnes ; en 1846, 25 seulement encore, mais un peu moins mal ; de 1846 à 1946, 55, en 1975, 263. Le gain de 1846 à

1946 est de 1 à 2,2 ; de 1946 à 1975, il est de 1 à 4,8 »2. Ce gain de production est du à la mécanisation de l'agriculture qui est la conséquence de la seconde révolution industrielle. De ce fait, les tâches les plus rudes physiquement sont secondées par les machines ce qui permet un gain de temps et une meilleure productivité. Mais durant la période 1945-1975, l'augmentation de la population est inférieure à celle des actifs en France du moins. Autrement dit, une baisse du taux d'activité apparaît sur deux niveaux. Il y a tout d'abord une hausse du taux de scolarisation et un prolongement des études corrélatifs à un meilleur niveau de vie. En second lieu, la part de personnes âgées est en progression par rapport à la croissance naturelle. La part des personnes adultes en âge de travailler devient assez réduite par rapport à l'ensemble de la population. De ce fait, le recours à l'immigration devient l'un des moyens afin de combler cette pénurie de main-d'oeuvre. Cette situation de plein-emploi favorise une meilleure rémunération, un plus grand pouvoir d'achat et un niveau de vie plus élevé.

En 1954, le nombre de personnes travaillant dans le secteur primaire en France était de 7,4 millions. En 1968, ce dernier ne compte plus que 3 millions d'actifs. En 14 années, la France a perdu 4,4 millions d'agriculteurs et d'ouvriers agricoles tandis que sa population est en augmentation. Pour avoir une idée de la proportion d'agriculteurs par rapport à l'ensemble de la population active, une personne sur quatre travaille la terre en 1954 tandis qu'en 1968 il n'en reste plus qu'une sur sept. Concernant les Trente Glorieuses, 30% des actifs se situent dans le primaire en 1946 tandis qu'ils ne sont plus que 10%

en 1975. Cela génère une perte de 200% des agriculteurs en 15 ans. Mais sont passés ces actifs ?

Sur sept agriculteurs ayant quitté le secteur primaire, deux seulement se sont recyclés dans l'industrie. Les cinq autres se sont convertis dans le secteur tertiaire. Par ailleurs, il y a autant de femmes que d'hommes qui quittent la

2 Ibid, p.87.

terre. Sur 25 femmes perdues par le primaire, trois seulement vont dans le secondaire et 22 dans le tertiaire.

La part des personnes appartenant au tertiaire par rapport à la population active était de 32% en 1946. En 1975, 51% des actifs travaillent dans le tertiaire. En trente ans le tertiaire a progressé de 59,4%. Entre 1962 et 1975, sur 3,7 millions d'emplois nouveaux, 2,8 se sont créés dans le tertiaire. Le nombre de paysans, de commerçants et d'artisans a baissé. En 1975, les employés, les salariés de la fonction publique et autres cadres moyens représentent 44% de la population active. De nouvelles couches sociales apparaissent ainsi et se développent dans une nouvelle catégorie : les classes moyennes.

La tertiarisation de la société est corrélative à l'urbanisation de celle-ci. Il est donc évident que l'on a assisté à un exode rural durant les Trente Glorieuses. En effet, les services qui emploient les travailleurs désirant s'intégrer dans le secteur tertiaire se trouvent dans les villes. Les actifs provenant de l'agriculture et recyclés dans le tertiaire quittent les campagnes afin d'être plus proches de leur lieu d'activité. Il en résulte un contraste entre la vie rurale jugée alors arriérée et la modernité des villes. De ce fait, une nouvelle ruralité apparaît. Les villages deviennent peu à peu des lieux de repos où les citadins y recherchent un meilleur cadre de vie. On peut parler ainsi d'urbanisation rurale. En 1946, 90% des habitants vivants en zone rurale sont nés dans leur propre village. En 1975, 55% des ruraux sont nés hors de leur village d'accueil. Ce phénomène d'exode rural est surtout applicable à la France. En effet, l'Angleterre a connu elle aussi un transfert de population des campagnes vers les villes mais vers 1850 avec la seconde révolution industrielle. En 1851, la population était à moitié urbaine. A la fin des années 1960, 75% des Anglais vivent dans des villes de plus de 500 milliers d'habitants. La moitié de ces derniers vivent dans sept conurbations majeures : le Grand Londres, le sud-est du Lancashire, les Midlands de l'ouest,

Central Clydeside, Merseyside et Tyneside. Le quart de la population britannique demeure à Londres et dans les Home Counties.

précédent sommaire suivant






Bitcoin is a swarm of cyber hornets serving the goddess of wisdom, feeding on the fire of truth, exponentially growing ever smarter, faster, and stronger behind a wall of encrypted energy








"Là où il n'y a pas d'espoir, nous devons l'inventer"   Albert Camus