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L'Islam et les fondements du pouvoir dans l'Egypte des années 1920

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par Sophia El Horri
Ecole normale supérieure de Lyon - Master 1 d'histoire des idées 2011
  

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3. Le statut du califat

La proclamation d'un calife apparaît, selon les auteurs précédemment cités du moins, comme une obligation sous peine de commettre un pêché collectif. Le califat apparaît nécessaire car il ne laisse pas la communauté abandonnée à l'anarchie d'une part : la coutume devenant loi, la proclamation d'un calife a adossé son caractère obligatoire. D'autre part, la proclamation d'un imam est le gage du respect et de l'application des règles fondamentales émises par le Législateur à savoir la défense de la religion, des vies humaines, de la raison, de l'intégrité des lignages et des propriétés et enfin, de l'honneur. Mais ces points de vue présentent une certaine faiblesse, c'est que s'appuyant sur la loi islamique, ils ne peuvent citer aucun verset du Coran relatif à l'obligation de l'institution califale. Les théologiens se sont alors contentés, en vue d'expliquer le caractère obligatoire du califat, de développements aux allures logiques et rationnelles. N'en déplaise à Rachid Rida, l'auteur déclare aussi que rien dans le Hadith et donc dans la sunna ne légitime l'obligation d'un tel système13 : « Le califat, n'a pas été négligé seulement par le Coran, qui ne l'a même pas évoqué, il a été ignoré tout autant par la sunna, qui n'en fait aucune mention »14. Certaines évocations des termes « imamat », « allégeance », « communauté », mais rien ne laisse penser, même à la lecture de certains propos du Prophète, que la loi islamique reconnaît le principe du « grand imamat » comme un intérim strictement semblable des fonctions du Prophète. Pour déconstruire ce raisonnement largement répandu, quand bien-même les hadiths seraient authentiques, et les termes auraient le même sens que lui prêtent les partisans de l'obligation de l'allégeance à un calife, l'auteur argue que même en évoquant un certain type de gouvernement, ce dernier ne sera pas pour autant un fondement dans la loi inspirée de Dieu.

Rien ne prouverait explicitement que l'institution califale puisse être considérée comme l'un des dogmes religieux. En outre, et pour renforcer son propos, Ali Abderraziq

13 L'auteur donne notamment l'exemple de versets du coran sur-interprétés et présentés

comme la preuve de l'obligation de la proclamation d'un imam : Coran IV, 59 ; Coran IV, 83

14 Idem p 67.

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pose une série de questions rhétoriques tendant à infirmer les arguments adverses : « Ne sommes-nous pas tenus par la loi religieuse d'être généreux envers les mendiants, respectueux envers les pauvres ? Un homme sensé peut-il conclure qu'il faudrait nous forcer à avoir parmi nous des pauvres et des mendiants ? »15. L'affirmation de l'obligation du califat selon la loi islamique est une interprétation et un consensus entre théologiens lourd de conséquences car il détermine un système politique figé dans le temps découlant d'une prétendue loi islamique.

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