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Problématique de la pérennisation des projets de développement. Cas des périmètres maraà®chers de Dodougou et de Diéco commune rurale de Toukoroba au Mali

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par Baba Faradji N'DIAYE
Institut de hautes études internationales et du développement Genève - International master of advanced studies ( IMAS ) 2008
  

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Réorganisation communautaire

En mettant en oeuvre un projet de développement, un des mandats que les ONG s'octroient est l'organisation des populations bénéficiaires. Elle constitue une dimension fondamentale de tout projet de développement. A travers cette activité, le courtier local prépare les communautés à l'après - projet, dans la mesure où elles doivent justement assurer le relais des ONG et permettre ainsi une continuité du projet. Deux phases de cette activité méritent qu'on s'y attarde : la restructuration des populations et le renforcement de leurs capacités.

3.1.5 :  Restructuration des populations

Les raisons d'une restructuration dans une approche participative

Dans le processus participatif d'identification et d'exécution d'un projet de développement, une place de choix est réservée à la mise en place d'organes de planification et de gestion dudit projet. Cette logique de renforcement peut se justifier par l'inadaptation de l'organisation sociale héritée de la tradition pour résoudre des défis d'un type nouveau. Les sociétés rurales ont besoin de se doter de formes d'organisations nouvelles, sans qu'elles aient pour cela à se renier du point de vue socioculturel (Chauveau 1997). Dans le cas qui nous concerne, deux organes ont été mis en place de façon participative. Il s'agit d'un comité villageois de développement (CVD) et d'un comité de gestion (CG). Les populations ont choisi elles mêmes les personnes membres de ces organisations locales

A travers ces organisations villageoises, il s'agit pour l'ONG de mettre en place un dispositif favorisant l'appropriation et la pérennisation du projet. Il revient désormais au CVD la gestion du développement communautaire, et au CG la gestion du périmètre maraîcher. La mise en place de ce dispositif n'est pas sans entrainer des problèmes.

Les risques liés à la restructuration des populations

Le premier problème qu'entraine la réorganisation des populations peut être vu comme superposition d'organes. D'un coté, il y a méprise des structures villageoises. Le projet vient ainsi avec sa logique d'organisation en faisant fi de la logique d'organisation des villageois. En clair, `'nous vous apportons un projet et pour sa gestion, vous devez mettre en place un comité de gestion. Pas que nous n'avons pas confiance à vos structures déjà existantes, mais il s'agit d'une question de principe. D'ailleurs, c'est à vous que reviendra le choix des membres devant constituer ce comité''. Telles sont de façon caricaturale les propos des développeurs lorsqu'ils parlent de structuration.

Par ailleurs, la logique du projet était d'entrainer les populations dans une exploitation collective du périmètre. Toutes les femmes du village sont regroupées au sein d'une association pour une exploitation optimale du périmètre. Des frais pour accéder au périmètre et des cotisations annuelles ont été institués sous l'incitation de l'ONG. Les fonds ainsi collectés seront utilisés pour l'entretien des aménagements entre autre.

Nous retrouvons bien là les stéréotypes décrits par Olivier de Sardan (1995) et qui s'expriment par deux concepts principaux: la tradition et la communauté. Le concept de tradition renvoie à une vision des sociétés paysannes figées dans un savoir-vivre et un savoir-faire millénaires. Ces sociétés locales sont en mesure de puiser dans ces ressources pour faire face aux défis du moment, ou à l'inverse, les utiliser comme obstacles à la prise d'initiative et au changement. L'idée de communauté est associée à des stéréotypes de mécanismes d'entraide, de solidarité et de contrainte collective effectivement à l'oeuvre dans les sociétés paysannes : ces deux facteurs contribuent à donner des sociétés paysannes l'image de groupes unis, solidaires et collectivistes, au sein desquels une notion particulière, celle de bien collectif, est considérée comme allant de soi. Cette vision peut faire croire à une utilisation collective par les "communautés paysannes" des biens mis à leur disposition et qui seraient ipso facto des biens communs. En réalité, l'accès à ces biens et leur usage sont soumis à des clivages et des inégalités qui relèvent aussi bien de l'organisation hiérarchique locale que de manoeuvres opportunistes émanant d'acteurs ou de groupes d'acteurs particuliers. Sans tomber dans le stéréotype individualiste inverse, il est indispensable de concevoir le monde villageois comme hétérogène et traversé de conflits, même si l'image qu'il donne de lui est celle de communautés solidaires.

La pratique du maraîchage avant le projet corrobore bien théorie. Dans les deux villages, les femmes pratiquaient le maraîchage de façon individuelle et dans des périmètres individuels. Elles se retrouvaient au sein des groupements et s'adonnaient à des tontines, mais chacune gère ses activités génératrices de revenu. Les logiques de stéréotypes peuvent fonctionner, mais à condition que la cohésion sociale soit forte. Ainsi, à Dodougou où la cohésion sociale semble assez forte, cette logique a marché. En dépit des problèmes de gestion, d'exploitation et de commercialisation. Par contre à Diéco, les logiques individuelles ont prévalu. Après une saison d'exploitation, le périmètre maraicher a été abandonné.

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"Aux âmes bien nées, la valeur n'attend point le nombre des années"   Corneille