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La multipropriété des joueurs de football professionnel

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par Marco RENNELLA
Amos Sport Business School - Master Business in Sport 2015
  

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ANNEXES

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SOMMAIRE DES ANNEXES

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GUIDES D'ENTRETIEN

Annexe 1 : Guide d'entretien Experts dans l'économie du football

Annexe 2 : Guide d'entretien Experts sur le sujet des tierces parties dans le football

ENTRETIENS EXPLORATOIRES (Spécialistes)

Annexe 3 : Monsieur Bastien Drut, Économiste du sport et auteur du livre « L'économie du football professionnel »

Annexe 4 : Monsieur Martin Boudot, journaliste et auteur d'une émission sur France 2 « Foot Business : enquête sur une omerta »

Annexe 5 : Madame Marie-Hélène Patry, responsable juridique de l'UCPF

ENTRETIENS CIBLES (experts)

Annexe 6 : Monsieur Jean-François Brocard, chercheur au CDES de Limoges et auteur d'une étude sur le sujet des TPO mandaté par la FIFA

Annexe 7 : Monsieur Jean-Marc Benammar, Professeur à l'Université Paris 8, s'est prononcé sur ce sujet et pense que lui au contraire que les TPO sont bons pour le football

Annexe 8 : Monsieur, Raffaele Poli, directeur de l'observatoire de football au CIES de Neuchâtel

Annexe 9 : Monsieur Shervine Nafissi-Azar, doctorant en droit et auteur d'une thèse sur les TPO d'un point de vue juridique

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GUIDES D'ENTRETIENS

4 ANNEXE 1

Guide d'entretien Experts dans l'économie du football

Thème

Question

Relance

Contexte

- Que pensez-vous des TPO ?

 

La situation des TPO d'un point de vue juridique

- La FIFA a depuis le 1er mai 2015 interdit

les TPO partout dans le monde, alors que le fonds d'investissement Doyen Sports et la LFP espagnol ont porté plainte. Pensez-vous que la FIFA peut réellement interdire cette pratique ?

- Finalement même quand on dit que

c'est interdit, il est toujours possible d'investir ?

Pourquoi aucun fonds d'investissement n'a investi en France ?

Si oui, pourquoi ? Si non, pourquoi ?

Hypothèse 1 :
Les clubs achètent
des jeunes joueurs
talentueux sans
pour autant risquer
leur argent

- Quels types de clubs ont recours à cette

pratique ?

- Quel est l'intérêt pour les clubs ?

- Quel est l'intérêt pour les sociétés

d'investissement ?

- Pensez-vous que cela est mode de

financement viable ?

Clubs endettés ?

Hypothèse 2 :

Les TPO

représente une
menacent pour les

clubs et pour le
football en général

- Est-ce que cela représente une menace

pour les clubs si ces derniers abusent de cette pratique ?

- Comme le pense Platini, pensez-vous

que ce système met en péril l'économie des clubs de football ?

- Quand vous dites conflits d'intérêts,

vous pensez aux truquages de matchs ?

- Ne pensez-vous pas que cela est

néfaste pour le football, le fait de considérer les joueurs comme des actifs financiers ?

- Si cela venait à être supprimé,

Quelle menace ?

Quels types de conflits ?

C'est la vision des gens en général

 

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beaucoup de clubs feraient faillites ?

 

Hypothèse 3 :

 
 
 

- Connaissez vous Fairplay capital ?

 

Une façon pour les
plus petits clubs de

- Justement Fairplay Capital se considère

 

rivaliser avec les

plus comme une banque qui aide les

 

gros clubs

clubs à acheter des joueurs plutôt

 

européens

qu'une tierce partie

 
 
 

Des gens comme vous et

 

- Qui se cache réellement derrière ces

sociétés opaques ?

moi ?

 

- Le but de ces fonds d'investissements

est seulement de gagner de l'argent ?

 

Conclusion

- Ne pensez-vous pas que même avec

cette interdiction, les fonds

d'investissements arriveront toujours pas trouvé une solution pour investir ?

 
 
 

Si oui, quels conseils

 

- Quels seraient les aménagements à

faire par exemple ?

donneriez-vous ?

 

4 59

ANNEXE 2

Guide d'entretien Experts sur le sujet des tierces parties dans le football

Thème

Question

Relance

Contexte

- Que pensez-vous des TPO ?

 

La situation des TPO d'un point de vue juridique

- Pourquoi cela a toujours été interdit en

France ?

- La FIFA a depuis le 1er mai 2015 interdit les

TPO partout dans le monde, alors que le fonds d'investissement Doyen Sports et la LFP espagnol ont porté plainte. Pensez- vous que la FIFA peut réellement interdire cette pratique ?

- Connaissez-vous FairPlay Capital ?

Pourquoi aucun fonds d'investissement n'a investi en France ?

Si oui, pourquoi ? Si non, pourquoi ?

Quelle est la différence avec les TPO « classique » ?

Hypothèse 1 :
Les clubs
achètent des
jeunes joueurs
talentueux
sans pour
autant risquer
leur argent

- Quels types de clubs ont recours à cette

pratique ?

- Quel est l'intérêt pour les clubs ?

- Quel est l'intérêt pour les sociétés

d'investissement ?

- Pensez-vous que cela est mode de

financement viable ?

Clubs endettés ?

Hypothèse 2 :

Les TPO
représentent
une menace
pour les clubs
et pour le
football en
général

- Est-ce que cela représente une menace

pour les clubs si ces derniers abusent de cette pratique ?

- Comme le pense Platini, pensez-vous que

cette pratique est dangereuse pour l'intégrité des compétitions ?

- Les TPO peuvent-elles poser des

problèmes de conflits d'intérêts ?

- Ne pensez-vous pas que cela est néfaste

pour le football, le fait de considérer les

joueurs comme des actifs financiers ?

- Les TPO ont-ils un impact sur la carrière

des joueurs ? Est-ce vraiment lui qui choisit d'être transféré chaque année ?

Quelle menace ?

Quels types de conflits ?

C'est la vision des gens en général

Falcao, qui change de club tous les ans

 

60

 
 
 

Hypothèse 3 :

- Depuis l'interdiction, Doyen Sports continue

Si oui, quelle serait la

 

d'investir, notamment sur Imbula (transfert

nouvelle stratégie pour

Une façon pour

de l'OM vers le FC Porto), est-ce la même

contourner cette

les plus petits

pratique qu'auparavant ou ont-ils du

interdiction ?

clubs de

changer de stratégie en vue de cette

 

rivaliser avec
les gros clubs
européens

interdiction ?

- Est-ce le seul moyen pour les petits clubs

de rivaliser avec les plus gros ?

 
 

- Pensez-vous que sans les TPO l'Atlético

 
 

Madrid n'aurait pas gagné la Liga en 2014 ?

 

Conclusion

- Ne pensez-vous pas que même avec cette

interdiction, les fonds d'investissements arriveront toujours par trouvé une solution pour investir ?

 
 
 

Si oui, quels conseils

 

- Le mieux finalement pour tout le monde, ne

serait-il pas de réguler cette pratique ?

donneriez-vous ?

 

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ENTRETIENS EXPLORATOIRES (Spécialistes)

4 ANNEXE 3

Bastien Drut,

Économiste du sport et auteur du livre « L'économie du football professionnel »

Entretien réalisé le 17 décembre 2014, 48 minutes en face à face

Marco Rennella : Bonjour Mr Drut, je dois réaliser un mémoire pour la fin de mon Master 2, j'avais pensé à le faire sur les fonds d'investissement dans le football, qu'en pensez-vous ?

Bastien Drut : Si jamais tu fais ce mémoire là, il est intéressant de voir le point de vue des différentes parties prenantes, du point de vue des clubs tu peux vraiment relier les problèmes de financement, tu peux faire une 1ère section (5-10 pages) sur « pourquoi les clubs font cela ? ». Les clubs portugais et espagnols font cela de façon très intensives car ils sont à la ramasse financièrement, ils sont endettés, leur dette est monstrueuse et du coup ils sont obligés de récupérer de l'argent à court terme en vendant les droits futurs des joueurs, donc tu peux avoir une partie intéressante c'est de dire pourquoi les clubs font cela.

Tu peux faire une 2ème section sur « Pourquoi les fonds d'investissement font cela ? »

Les Fonds d'investissement généralement investissent sur des actifs beaucoup plus traditionnels comme les actions et les obligations d'État et d'entreprises, je pense que tu peux te poser la question de l'intérêt d'un investisseur, cela peut être d'avoir des rendements financiers qui soient décorélés des autres actifs, évidemment l'intérêt c'est d'avoir un rendement mais dans un investissement financier et dans un investissement sur un joueur tu n'a jamais un rendement qui est certain donc tu prends un certain montant de risque. Tu investis sur les actions, obligations d'entreprise obligations d'État tu as une graduation dans le risque mais le principe le plus important dans la gestion du portefeuille est la diversification du risque. Moi par exemple je prends un certain montant de risque sur les actions, sur les obligations d'entreprise, sur l'immobilier, sur pleins de choses, ce qui est important c'est de diversifier ces investissements et donc dans ce point de vue la, par rapport aux actifs traditionnels tu amènes encore plus de diversification possible parce que le fait d'avoir investit sur un joueur, cette prise de risque est complètement decorélée du CAC 40 ou de l'Euro Stoxx 50, et plus besoin de se demander s' ils vont faire une belle performance l'année prochaine.

Donc là, tu amènes une diversification supplémentaire, donc je pense que cela, est quelque chose qui est intéressant à apporter pour toi dans ta 2ème section « Pourquoi les fonds d'investissement font cela ? »

Tu peux mentionner l'émission d'Elyse Lucet « Cash investigation ».

Tu peux vraiment le mentionner explicitement, c'est vraiment très fort le fait que Mangala ne savait même pas que le fonds Doyen Sports investisse sur lui. Robi Plus, lui c'était dès le départ et compris dans la transaction lorsqu'il est arrivé du Standard de Liège. Pour tes recherches à toi, ce qu'il va falloir que tu fasses comme le FC Porto est coté en bourse les rapports financiers annuels sont en accès libres sur le site du FC Porto je pense que toi tu as un boulevard devant toi tu as Mangala mais aussi d'autres joueurs achetés par ce fonds

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Doyen, donc toi tu peux faire pas mal de choses la dessus, tu peux illustrer facilement que ce soit pour Benfica, pour Porto, tous les clubs qui sont cotés en bourse.

MR : La personne qui gère doyen Sports a dit qu'il allait faire cela en France l'année prochaine normalement alors que c'est interdit.

BD : Après je pense que s'il se produit cela il va y avoir des problèmes quelque part.

Moi je pense que tu peux réussir à faire un mémoire sur les fonds d'investissement mais il va falloir parler de pas mal de petits sujets différents, d'agglomérer pleins de petits sujets différents comme je viens de le faire et prendre des cas concrets, par exemple tu peux faire un cas d'étude sur Mangala, en faisant quelque chose de très détaillé du standard de liège jusqu'à Manchester City. À quel moment Robi Plus est intervenu, à quel moment Doyen à acheter des parts économiques. Il faudra parler de l'émission cash investigation, si tu arrives à faire cela, je pense que tu peux faire ton mémoire la dessus.

Donc, on a dit le point de vue des clubs, le point de vue des fonds d'investissement, on a fait l'exemple sur Mangala, après il faudra parler de la législation en France, dans les autres pays, ce que dit la loi exacte. Tu as déjà tout cela à faire et montrer l'importance du phénomène dans les autres pays, l'ampleur que cela a pris en Espagne au Portugal en Amérique du sud, je pense que c'est très important et après tu as une partie évidemment où tu dois montrer les risques, les dérives, les problèmes.

Ne pas oublier de mentionner les conflits d'intérêt car si un fond d'investissement possède des joueurs dans chaque camp, forcément la tentation de truquer les matchs est grande.

Je pense qu'avec tout ce que l'on vient de mentionner il y a moyen de faire quelque chose d'intéressant.

Je ne te cache pas que tu vas être obliger de tenir tes 60 pages et de faire quelque chose de très bonne qualité, de détailler car avec ce sujet ils t'attendent au tournant mais c'est un bon challenge.

Parce que tout le monde fait la même chose, le nombre d'étudiant qui sont venus me voir pour le fair-play financier c'est déjà trop tard, fallait le faire en 2010 donc je pense que pour toi c'est carrément possible.

Je pense que déjà le moyen de contourner le manque d'informations c'est daller sur le site de doyen sport, j'y suis allé il n'y a pas longtemps, tu vois le porte feuille des joueurs et ensuite tu vas sur les comptes rendus financiers, Entertainment annual reports ou des trucs comme cela tu vas sur ces sites là, sur ces PDF et tu vas avoir déjà pas mal d'informations, des choses qui sont, entre nous, utilisés par personne et là je pense que tu vas avoir des informations que personne utilisent donc c'est une bonne chose.

Franchement, cela ne m'arrive pas souvent de dire ça à un étudiant mais ce sujet là m'intéresse vraiment beaucoup et je suis prêt à t'aider ponctuellement, je ne te dis pas que j'aurais beaucoup de temps mais tu vois à construire le truc avec toi.

Quand t'auras pas mal avancer dessus on pourra se revoir.

MR : Pensez-vous qu'il faut que je contacte le CDES limoges à contacter ?

BD : Je ne suis pas sûr que cela te serve à quelques chose de contacter le CDES de Limoges, Didier Primault qui est quelqu'un de très bien je le connais mais le problème c'est que c'est un centre qui officiellement fait de la recherche et qui en même temps est conseillé des Ligues. Tu vois que tu as un conflit d'intérêt qui est assez important si bien que si tu fais des recherches et qu'à un moment tu arrives à dire que les ligues font n'importent quoi ben il

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ne peuvent pas vraiment le dire parce qu'en même temps ils sont conseillés des ligues et le problème de la recherche c'est qu'ils n'écrivent quasiment rien mais je pense que Didier Primault aura quand même des choses à te dire à l'oral. Donc essaie quand même cela sera toujours bien d'avoir son avis.

Sinon ce que tu peux peut être faire, car j'ai assister à une présentation de l'UCPF il y a 3 semaines ils ont fait un rapport sur le déclassement des clubs français par rapport à l'Europe présenté notamment par Philippe Dialo qui est le secrétaire général de l'UCPF qui est en dessous de Mr Louvel, président du Havre et de l'UCPF et nous a montré des slides sur les TPO et eux ils disaient que ce n'était pas juste car ils ne pouvait pas profiter du TPO en France.

Je pense que l'UCPF serait pour l'arrivée des TPO, donc ce qui serait intéressant c'est de les contacter pour recueillir leur sentiment par rapport à cela.

Ce que tu peux faire aussi c'est de faire une section au-delà du pour et du contre sur les aménagements qu'on pourrait apporter à ce système pour qui soit potentiellement viable et acceptable, une section que tu mettrais plutôt vers la fin. Par exemple tu pourrais faire une section ou tu dirais on a vu qu'il y avait tels inconvénients tels avantages que finalement si on ferait un petit changement ou qu'on oblige par exemple ce que toutes les transactions soient transparentes publiées communiquées et que tu as un système de 51% obligatoire de détention par les clubs, apporter des préconisations.

MR : Est-il possible d'interdire les TPO comme le voudrait la FIFA

BD : Cela semble compliquer d'interdire parce que cela fait intervenir la législation du marché du travail de pleins de pays de différents et de continents différents, du coup quand tu veux avoir un impact dans la législation du travail dans chaque pays c'est super compliqué.

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ANNEXE 4

Monsieur Martin Boudot,

Journaliste et auteur d'une émission sur France 2 « Foot Business : enquête sur une omerta »

Entretien réalisé le 20 janvier 2015, 30 minutes par téléphone

Marco Rennella : Bonjour Mr Boudot, pensez-vous qu'il est possible de faire un mémoire sur les TPO ?

Martin Boudot : Nous avons reçu la nouvelle règlementation FIFA sur les TPO. Il est possible de faire un mémoire là-dessus mais il faut prendre en considération cette loi FIFA qui va intervenir le 1er mai 2015. Cela sera peut être repoussé. Après il y a de quoi faire. Expliquez comment les TPO sont arrivés dans le foot, comment cela est monté au maximum dans les années 2010 et comment cela a été interdit et pourquoi ?

MR : Ils disent que c'est interdit, mais au final ne vont-ils pas trouver un autre système pour persévérer là-dedans ?

MB : Le fait qu'un club ait des capitaux ouverts à des entreprises cela est beaucoup plus normal car on est sur des personnes morales et non physiques. Donc, un club qui détient un investisseur n'est pas un souci. Exemple : Lyon qui est coté en bourse est de ce fait tenu par plusieurs centaines de propriétaires donc cela n'est plus vraiment un problème pour le football, le problème est qu'un joueur soit détenu par des entreprises privés qui n'ont rien à voir avec le football.

MR : Certaines personnes pensent que cela ne va pas être supprimé, et que si jamais c'était le cas, les fonds d'investissement rentreront directement dans le capital des clubs, qu'en pensez-vous ?

MB : Le PSG est tenu par le Qatar qui est un fonds d'investissement, Manchester United aussi, donc les fonds d'investissement il y en aura toujours.

Mais vaut mieux se poser d'autres questions comme : est-ce qu'une entreprise à le droit d'avoir un morceau de joueur ? Plusieurs joueurs de clubs différents ? Et nous on a réussi à faire avancer le débat notamment avec la FIFA. Le fonds d'investissement veut tout et rien dire. Il faut faire attention de quel fonds d'investissement on parle.

Le sujet est un peu tardif, mais des pays comme l'Espagne, l'Italie, le Brésil vont essayer de faire du lobbying pour que la date du 1er mai soit retardée. Mais si vous pensez que cela vaut vraiment le coup, et savoir pourquoi cela a été interdit, alors pourquoi pas.

MR : Pourquoi en France, les TPO ont toujours été interdits ?

MB : Cela a toujours été interdit en France car le code du travail français est plus strict que dans les autres pays et il est interdit que les droits fédératifs d'une personne soient détenus par plusieurs propriétaires. Monaco a dû racheter les droits économiques de Kondogbia à Doyen sports, le jour où les joueurs sont transférés dans un pays où c'est interdit le club doit

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acheter tous les doits économiques du joueur. C'est pour cela que Mangala a coûté aussi cher quand il a été acheté par Manchester City car il fallait payer trois propriétaires différents.

MR : Est-ce vraiment rentable pour ces fonds d'investissement de miser sur des joueurs de football ?

MB : Niveau rentabilité, c'est plutôt « bankable » car la mise de départ est faible en revanche le retour sur investissement est plutôt intéressant, donc c'est assez gagnant. Mais il y a toujours un risque tout de même. Mais on voit que sur les dernières années le retour sur investissement est souvent au-delà de 100%. (Falcao)

Souvent l'investissement se fait sur de jeunes joueurs avec des mises assez faibles, donc cela peut rapporter très gros.

MR : Avez-vous des documents ou des sources à me conseiller ?

MB : Concernant les sources, regardez ce que fait David Conn il travaille au Guardian en Angleterre ». Après j'ai quelques trucs mais rien d'exclusif, je peux vous envoyer le texte de la FIFA. Après regardez le magazine So Foot et l'article sur Jorge Mendes.

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ANNEXE 5

Madame Marie-Hélène Patry,

Responsable juridique de l'UCPF

Entretien réalisé le 23 janvier, 35 minutes par téléphone

Marco Rennella : Bonjour Madame Patry, je pense faire un mémoire sur les TPO, et j'aimerais avoir votre point de vue juridique sur le sujet. Pourquoi les TPO sont interdits en France ? Quelle loi interdit cela ?

Marie-Hélène Patry : Non c'est une règlementation purement footballistique, puisque ce sont des règlements de la ligue de football professionnel. C'est une activité qui est propre au foot, et non aux autres sports où il n'y pas d'indemnité de transfert. Donc c'est lié au fait qu'il y ait un transfert dans le foot avec des indemnités qui remplacent la perte du joueur. C'est l'article 221 du règlement administrative de la LFP qui l'interdit.

MR : C'est la Ligue qui l'a décidé, et non le code du travail en général alors ?

MHP : Ah non du tout, c'est proprement lié au football, c'est une règlementation franco-française, sachant que la FIFA disait avant l'interdiction du 1er Mai qu'un tiers ne pouvait détenir des droits sur un joueur que dans la mesure ou il n'y avait pas d'influence sur le club. En France on avait restreint la capacité ou du moins la possibilité qu'un tiers ait des droits économiques sur un joueur.

MR : L'UCPF représente les clubs français professionnel, est-ce que vous savez s'ils sont pour ou contre l'arrivée de cette pratique en France ?

MHP : Écoutez nous on avait pris une position officielle qui était de dire qu'on attendait de voir le sens des reformes envisagées car a la FIFA réfléchit sur la question des TPO depuis deux, trois ans, et que l'UEFA est farouchement contre, et du coup comme la France a interdit cette pratique, on ne s'est pas vraiment posée la question de savoir si l'on était pour ou contre vu que cela était interdit. La question réellement est de savoir si cette loi FIFA va s'appliquer et va supprimer ce mécanisme des TPO qui dans l'absolue fait vivre une partie de l'économie du football. Comment les clubs d'Amérique du Sud et du Portugal vont-ils faire vivre leur modèle économique de football sans le TPO, c'est une vraie question à laquelle on n'a pas de réponse aujourd'hui. Ces pays là ne réagissent pas beaucoup à cette réglementation qui est censée bousculer leur système économique. C'est sur que les pays qui ne le pratiquent pas comme la France sont pénalisés si on raisonne purement économique car ce sont des sources de financement que l'on ne peut pas aller chercher.

MR : On peut se poser la question tout de même si cette loi va réellement être appliquée ?

MHP : Oui ce qui est étonnant, surtout dans le monde du football, car cette interdiction ne crée pas de raz de marée, dans ces pays, on peut imaginer l'idée d'une certaine tolérance,

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assouplissement de garder le système du passé. Nous pour le coup on s'interroge sur le peu de porté de cette règlementation qui est censé bouleverser l'économie.

MR : On a vu qu'au classement UEFA, Le Portugal est passé devant la France, et donc peut-être que cette pratique y est pour quelque chose ?

MHP : Toute source de financement pour nos concurrents directs et qui n'est pas possible pour nous, est un obstacle en matière de concurrence.

MR : Vous savez quel est l'inconvénient de cette pratique pour les clubs ? Eux ils disent que cela peut ruiner un club sur le long terme, pensez-vous cela ?

MHP : Je pense que les enjeux des TPO se situent plus dans la nature des fonds car il faut qu'il y ait une transparence qui permet de remonter à l'actionnaire ou l'investisseur ultime et qu'on puisse retracer la nature des fonds. Il faut s'assurer qu'il n'y ait pas de fonds qui viendraient d'activités illicites. Et aussi, le grand enjeux est l'équité des compétitions, car si ce n'est pas bien règlementer et pas transparent, on peut se retrouver dans un système ou l'investisseur investit dans plusieurs clubs, à l'intérieur de même championnat et cela peut créer des conflits d'intérêts, donc tout dépend du pouvoir qu'on donne à la personne qui détient les droits au titre des TPO. Tout tourne autour de l'influence, s'il a investit en contre partie de pouvoir dire oui ou non a un transfert alors oui il y a une influence directe sur la politique du club donc là les TPO ne peuvent pas fonctionner. On se retrouve directement avec un tiers qui contrôle une compétition. Si vous avez un tiers de type bancaire qui donne de l'argent pour acheter des joueurs mais en contre partie n'a que les remboursements et les intérêts comme un intérêt bancaire, ou une plus-value sur le transfert futur, ce n'est pas du tout dans la même problématique.

MR : Je ne sais pas si vous savez mais c'est le nouveau fonds d'investissement luxembourgeois qui veut faire cela en France.

MHP : Les TPO en soit n'est pas très dangereux si il n'y a pas cette problématique de conflits d'intérêts et d'influence sur la politique de transfert des clubs. Si c'est un moyen de financer une partie des acquisitions d'un club on n'est pas loin d'un financement de type bancaire.

MR : J'ai vu un reportage sur le fonds d'investissement luxembourgeois, où le président de la LFP, Frédéric Thiriez n'aurait pas dit non à ce système qu'on a évoqué.

MHP : Après il faut regarder si cela rentre dans la règlementation du 1er mai 2015, et en principe cela va être plus compliqué de faire entrer un tiers dans une opération lié à un transfert de joueur.

MR : Sinon il y a le PDG, de Doyen Sports, qui a annoncé qu'il investirait en France l'année prochaine, vous pensez que c'est possible un jour de voir ce système dans le championnat français ?

MHP : En France un club peut acheter des droits économiques seulement à un autre club, c`est sur, après si le club auprès duquel il achète le joueur ne détient qu'une partie des

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droits, alors le club achètera qu'une partie des droits, et le club français ne sera pas alors confronté à la tiers partie.

MR : Sinon j'ai lu un article, et quelqu'un a dit : interdire la tiers partie serait contraire au droits européens et la liberté d'entreprise, vous en pensez quoi vous ?

MHP : Oui alors après, les principes des droits européens s'appliquent à l'économie du football et on la vu avec l'arrêt Bosman. Maintenant on a aussi l'union européenne qui reconnaît aussi la spécificité de l'activité sportive donc peut-être que si l'interdiction des TPO est modifiée par des raisons d'ordres publiques de type équité des championnats, éthique sportif, je ne sais pas si l'on ne peut pas trouver un argument qui montre que ce n'est pas une entrave à la liberté d'entreprendre, il y a matière à discuter là-dessus, ces problématiques européennes on les retrouvent sur pleins de dossiers qui sont un peu particuliers parce que c'est lié a notre activité très particulière encadrée par des instances qui établissent des règlements qui sont exorbitants de règles qu'on aurait en droits communs ou européens, donc on est toujours confronté à cela dans les transferts. Moi je serais intéressé par l'argumentaire, du coté des gens qui veulent l'interdire, il y a de quoi trouver un argumentaire. Ont-ils le droit de l'interdire ? Le principe des droits européens s'applique au football, il y a vraiment matière à discuter là dessus et il y a des arguments pour les 2 cas.

MR : LA FIFA a annoncé l'interdiction de cette pratique qui rentre en vigueur en mai 2015, mais pourquoi ont-ils mis autant de temps avant d'interdire cette pratique car cela fait deux, trois ans qu'ils y réfléchissent ?

MHP : Encore une fois c'est une bombe atomique du coté de la FIFA c'est a dire que vous remettez en cause l'économie du football d'Amérique du sud, et du Portugal, qui sont aujourd'hui des championnats magnifiques, avec des pays qui développent énormément de talents et dans lesquels vous n'avez pas forcement à l'intérieur du football de l'argent qui vous permettent de vivre autrement que par l'intermédiaire des transferts donc en interdisant les TPO vous mettez un contient du football en péril. Nous si on résonne en franco-français, voilà on veut l'interdire, au niveau de l'UEFA on aimerait bien avoir pu l'interdire, alors que certains pays le font de façon courantes comme le Portugal. Alors la FIFA doit contenter les intérêts de toutes confédérations, et en Amérique du sud c'est une mesure qui n'est pas acceptable.

MR : Je pensais que cela avait mis du temps car la loi devait rentrer dans la législation du marché du travail dans plusieurs pays et continents.

MHP : Non pas du tout, parce que les circulaires Fifa en elles-mêmes ne sont pas au dessus des États, elle n'a pas le pouvoir d'éditer une règle qui va s'appliquer dans la législation qui va obliger le législateur à modifier ses textes. Ce qui va se passer c'est que son pouvoir à elle, est de demander aux fédérations nationales de mettre leurs textes en conformités. C'est après aux fédérations nationales de se mettre en conformité et c'est bien pour cela que ces textes sont contestés et contestables notamment devant les instances européennes parce que la FIFA en elle-même n'a pas le pouvoir de règlementer les activités économiques y compris le football et dans les pays de l'union européennes.

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ENTRETIENS CIBLES (experts)

4 ANNEXE 6

Monsieur Jean-François Brocard, Chercheur au CDES de Limoges

Et auteur d'une étude sur le sujet les TPO mandaté par la FIFA

Entretien réalisé le 10 Mars 2015, 40 minutes par téléphone

Marco Rennella : Bonjour Mr Brocard, j'ai décidé de réaliser mon mémoire sur les TPO, pensez-vous que c'est possible ?

Jean-François Brocard : Je pense que c'est possible de réaliser un mémoire de 50-60 pages sur ce sujet, après la difficulté principale va être de trouver des sources d'informations car il n'y en a pas tant que cela finalement de disponible évidemment. il y a 2 études qui existent et qui ont été commandées par la FIFA, mais ne sont pas disponibles, la Fifa est propriétaire de ces études et elle a décidé de ne pas les communiquer. En particulier celle que moi j'ai réalisée avec mon collègue Didier Primault pour la FIFA, on ne peut pas l'utiliser facilement car on n'est pas propriétaire des données. Donc cela va être la difficulté principale, il y a des choses qui existent mais qui ne sont pas publiques, après même dans les choses publiques il y a selon moi suffisamment de données pour faire un mémoire, pour problématiser dans un premier temps avec de la description de ce que c'est, il y a quand même des choses.

MR : C'est vrai, moi j'avais trouvé une étude sur les TPO, réalisée par KPMG.

JFB : KPMG qui a fait une étude sur les TPO mais ce n'est pas une étude FIFA, elle a été commandée par l'association des grands clubs européen donc c'est une étude qui a été faite avant, carrément concurrente de la notre vu qu'elle a été faite pour un autre tiers.

Elle est très bien formaliser mais quand on connaît bien le sujet sur le fond ils ne sont pas aller bien loin.

La problématique de ce sujet c'est qu'il n'y a pas beaucoup de choses disponibles et donc il faut faire un travail de terrain que KPMG ne fait pas car ils n'ont pas envie de passer trop de temps. Cette étude est utile, elle est intéressante mais pour nous elle ne va pas assez loin y compris l'analyse qu'ils font pour mesurer les TPO, pour nous il les mesure mal dans le sens qu'il ne mesure pas la bonne chose. En gros l'étude est intéressante mais il y a mieux à faire.

Après si j'ai un conseil à vous donner en terme de sources c'est vraiment d'aller voir du côté de l'Angleterre parce c'est en Angleterre le fait qu'ils ont les meilleurs journalistes sportifs parce que nous on a des journalistes, eux ils ont vraiment des reporters, des intellectuels qui font des investigations alors que nous on a des journalistes un peu bêtes et méchants, ils ne vont pas bien loin dans les données, tandis qu'en Angleterre ils font de vrais investigations c'est assez fiable et cela va au-delà de la description.

Notamment il y a une personne qui a un blog qui s'appelle Daniel Geey, donc lui sur son blog vous allez trouver pleins d'éléments sur le sujet.

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MR : J'ai pensé à une problématique : En quoi les TPO peuvent-ils être un financement alternatif pour les clubs de football professionnel (sans conflits d'intérêt) ? Qu'en pensez-vous ?

JFB : Très bien alors après cela va vous obliger, disons que la fin de la problématique va vous obliger à traiter la question des conflits d'intérêt. Alors vous n'allez pas pouvoir ne pas traiter les conflits d'intérêt c'est clair mais pouvoir y répondre cela va être un petit peu compliqué. Mais je pense que la problématique vous l'avez bien ciblé, c'est exactement la question. Alors après sans conflits d'intérêt vous allez avoir du mal à trancher mais après vous avez raison c'est un des éléments de la problématique.

Est- ce que ce mode ce financement est viable ? Durable ? Tous cela ce sont des questions que vous allez répondre grâce à votre problématique.

MR : Comment cela se fait qu'en France cette pratique est interdite ?

JFB : En France c'est interdit car il y a un certains nombres de dérives que vous allez identifiez en faisant un petit peu votre recherche. Un certains nombres de dérives qui montrent que c'est un système qui est dangereux s'il n'est pas régulé et qui est difficile à réguler puisqu'il oblige à réguler des partis qui sont en dehors des acteurs du football et donc sur lesquelles les institutions sportives n'ont aucun pouvoir. A partir du moment où les instances sportives perdent leur pouvoir de contrôle, cela devient extrêmement difficile à réguler. Il y a des dérives auxquelles les instances sportives ne peuvent rien faire. Donc cela est un problème. Ensuite vous essaierez de trouver des données en France sur le cas qui a déclenché l'interdiction, c'est le club de Brest dans les années 80.

MR : Pensez-vous que cela va être interdit ?

JFB : La FIFA a officiellement fait passer une circulaire qui dit que la TPO va officiellement être interdit à partir du 1er mai 2015. La Fifa a décidé de suivre les recommandations de pas mal d'acteurs du football et donc d'interdire les TPO, il y avait des conflits en interne entre les confédérations pour certaine qui voulait interdire d'autre non d'autre sans avis, et donc la FIFA a tranché et l'a interdit.

MR : Mais on peut se poser quand même la question de savoir si cette loi va réellement être appliquée ?

JFB : Après il y a des questions d'effectivité de la règle, c'est difficile de faire des projections aujourd'hui, ce qui est certain c'est qu'à partir du moment où l'UEFA est absolument motivé pour interdire cette pratique, on peut penser qu'en Europe cela va être très rapidement efficace car l'UEFA a beaucoup plus de pouvoir que la FIFA d'intervenir car il y a plus d'homogénéité dans ces cas là, donc on peut penser qu'au Portugal cela va assez rapidement disparaître, on peut le penser mais on ne peut pas dire que sa va se faire.

Par contre en Amérique du sud il y a une vraie problématique de motivation des instances sur place, bon même si du fait que c'est interdit en Europe on peut espérer que cela fasse un appel d'air et que ce soit interdit au Brésil notamment mais cela ne sera pas simple. Cela va prendre un peu de temps mais disons que cela va obliger les gens à cacher un petit peu les différentes dispositions qui se seraient encore liés à des fonds d'investissement, bon cela pourra peut être exister pendant un petit moment mais si vraiment la FIFA sen mêle et que

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les associations de joueurs s'y intéressent et que les clubs soient un petit peu conscients des dérives, cela va s'améliorer quand même.

Mais de fait on est en droit de se poser la question si la loi va bien être appliquée.

MR : Pas mal d'agents ont des parts dans des fonds d'investissement, n'y a t-il pas un risque énormes de conflits d'intérêt ?

JFB : Disons que c'est là où c'est compliqué de parler de conflits d'intérêt car les agents ils ont de toute façon des conflits d'intérêt même sans fonds d'investissement, il y a une vraie problématique sur les agents actuellement, donc les fonds d'investissement ne font qu'empirer une situation qui donne aux agents sportifs un pouvoir énorme donc effectivement la vous allez essayer de trouver les données, il y a pleins de choses qui existent sur le rôle des agents dans le cas du développement, des accords des TPO. Et on est en droit de penser que tous les fonds d'investissement ont des accords avec des agents puisque, ce qu'on avait montré dans notre étude c'est que la difficulté pour un fonds d'investissement c'est qu'il n'est pas un club, ce qui fait que lorsqu'il y a vente d'un joueur donc transfert, le fond d'investissement n'a aucune légitimité pour être autour de la table donc pas de pouvoir de négociation et donc il a un intérêt sur un actif en l'occurrence le joueur qui lorsqu'il va être transféré va être fait sans la présence de la tierce partie. Ce qui est un grand risque et on l'a vu sur le cas de Neymar en ce moment puisque le cas de Neymar montre bien que l'indemnité de transfert avait été réduite pour que la tierce partie ne puisse pas bénéficier d'un pourcentage sur une somme énorme et donc ce que font les tierces parties c'est que pour être représenter autour de la table leur seule solution c'est d'être représenté par les agents et donc ils ont des accords avec les agents ce qui paraît logique évidemment. Alors il y a d'autres raisons, du fait que les agents connaissent davantage les tierces parties, parce que l'une des difficultés des tierces parties c'est que c'est vraiment de la spéculation pure et dure et pour faire de la spéculation, il faut avoir des informations, vous allez pas demain vous investir sur le marché pharmaceutique sans connaître les différents groupes pharmaceutiques, les différentes molécules etc. Ben pour les tierces parties la difficulté c'est vraiment d'identifier la qualité d'un jouer et il faut vraiment avoir l'oeil de l'expert et l'oeil de l'expert à priori les agents l'ont davantage qu'eux. Donc cela est aussi le travail des agents mais qui est un petit plus légitime que de représenter le fonds d'investissement autour d'une table.

MR : Vous, après cette étude, vous êtes plutôt contre les TPO ?

JFB : Nous notre demande n'avait pas été de dire pour ou contre, ils nous avaient demandé de faire un état des lieux, expliquer ce que c'était, faire un état des lieux économiques, voir les implications positives et négatives et proposé des évolutions de réglementation car à l'époque il n'y en avait pas du tout parce qu'il faut savoir que la TPO jusqu'à cette règle n'était pas du tout régulé, il n'y avait rien sauf l'article du 18 bis de la réglementation des joueurs FIFA qui dit que la tierce partie ne doit pas avoir d'influence sur les clubs, le joueur et les transferts.

Nous on nous avait demandé de faire des propositions de règlementations FIFA, et pas de dire il faut faire ceci, cela. Ce n'est pas notre rôle.

Et d'ailleurs la preuve on a établit, l'une des piste c'était d'interdire même s'il y en avait d'autres.

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Si vous voulez mon avis personnel mais que je n'avais pas mis dans l'étude puisque ce n'était pas demandé c'est qu'en fait ce qui me dérange ce sont les accords actuels liés au TPO qui font qu'il y a de la spéculation pure et dure et que les TPO ne sont pas liés aux clubs ni aux fédérations, ils sont complètement hors champs et que donc c'est vrai que c'est un petit peu du « money drank » c'est à dire ils font sortir de l'argent du circuit donc nous ce qu'on proposerait si on nous avait demandé cela aurait été de trouver une manière d'attirer ces fonds d'investissement dans le capital des clubs, parce que si la réalité des fonds d'investissement est de gagner de l'argent sur le dos des clubs, personne ne va dire que c'est génial, si maintenant la volonté de ces fonds est vraiment comme ils le disent d'aider les clubs dans leur développement, d'aider les joueurs dans leur développement ben qu'ils rentrent dans le capital des clubs qu'ils aident les clubs directement, sans avoir de l'influence sur la gestion ou ayant eu un regard sur qu'ils ont investis officiellement, qu'ils soient associés aux pertes s'il y en a dans les clubs, ce serait beaucoup plus transparent et les instances sportives auraient les moyens d'intervenir sur ces tiers parties puisqu'ils seraient à ce moment la dans le capital des clubs.

Evidemment quand on dit cela aux tierces parties, elles préfèrent davantage la situation actuelle.

MR : Vous l'avez faite quand cette étude ?

JFB : L'étude a été réalisée de juin 2013 à juin 2014.

MR : J'ai vu Fairplay Capital, un nouveau fonds luxembourgeois, et cela reprenait ce que vous venez de dire.

JFB : Il y a pas mal de choses qui vont être développées de toute façon, nous ce qu'on avait dit c'est que si vous chercher à faire sortir les tierces parties par la porte elles vont rentrer par la fenêtre mais dans tous les cas ce n'était pas un dispositif qui était intéressant pour le football en général à notre avis, donc il faut trouver autre chose. Alors pour l'instant la FIFA ne s'est pas donner le temps de trouver une réglementation je dirais plus intelligente qu'une interdiction pure et dure mais maintenant si l'évolution des tierces parties vont vers autre chose peut être qu'il y aura une bonne façon de les intégrer mais c'est vrai qu'il a des choses qui sont intéressantes au niveau financier pure et dure.

MR : Est-ce que vous me conseillez de faire un mémoire sur les TPO sachant que cette pratique va être interdite en Mai 2015 ?

JFB : Je pense que même après cette loi qui est passée et qui interdit les TPO, c'est intéressant de faire un mémoire dessus car il y a tellement une méconnaissance de ce sujet, c'est quand même quelque chose qui est beaucoup plus développée que certains ne le pensent et évidemment beaucoup plus avantageux en dehors de la France.

Je trouve cela beaucoup plus intéressant que de réfléchir toujours aux mêmes problématiques en économie du sport : est il compétitif ? Est ce que c'est bien d'avoir de gros capital ou pas ?

Bref, c'est quelque chose de nouveau sur lequel il sera difficile de travailler à votre niveau, moi je ne suis pas votre directeur de mémoire mais je trouve cela plus intéressant, après effectivement vous avez raison est-ce que cela paraît pertinent de travailler la dessus alors que sa va être interdit, la réponse est oui parce nous ne savons pas si l'interdiction va être

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efficace, on sait bien que les tierces parties vont essayer de trouver, ou des clubs qui en tout cas aujourd'hui on des accords de tierces parties vont peut être chercher non pas à contourner mais à trouver une autre façon d'utiliser l'argent que les tierces parties leur offrent car il y a certains clubs qui sont complètement dépendants, je dirais pas de noms mais on a rencontrer des clubs qui sont complètement dépendants de l'argent qui arrive régulièrement et c'est en général ceux qui sont complètement à la ramasse financièrement et management et donc ces clubs là ils vont avoir du mal à trouver une solution.

MR : Au niveau du plan, j'ai pensé de parler des parties prenantes, des clubs des fonds d'investissement, et ensuite de voir les aménagements puis faire un focus sur Mangala.

Que pensez-vous ?

JFB : Vous ne pouvez pas éviter de faire cela mais je ne sais pas comment avec ce genre de plan vous allez répondre à la problématique c'est à vous de voir.

Disons que si vous faites une première partie ultra descriptive sur les acteurs cela ne va pas vraiment répondre à la question de si c'est un mode alternatif pour les clubs mais de fait vous n'allez pas pouvoir ne pas décrire car M.DESBORDES ne connaît pas si bien que cela les TPO.

Sur les 50-60 pages je pense qu'il y a moyen de les faire avec un petit peu de descriptif mais il sera beaucoup plus intéressant que ce qui vont récupérer le dernier rapport et le recopier en 25 pages parce que c'est ce que beaucoup d'étudiants font lorsqu'ils traitent de l'économie du sport et du football en France.

Donc moi je pense que c'est beaucoup plus intéressant car cela sera beaucoup plus dur soyons clair, et qui est beaucoup plus risqué de prendre un autre sujet.

Après sur le plan faîtes attention à ne pas faire que du descriptif et de bien répondre à la problématique, ce qui ne sera pas forcément simple en 50-60 pages.

En France par rapport aux éléments qu'on a les gens sont assez opposés à ce système mais dans d'autres pays comme ils n'ont pas accès à ces informations souvent les gens ont un à priori assez positif.

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ANNEXE 7

Monsieur Jean-Marc Benammar, Professeur à l'Université Paris 8,

Entretien réalisé le 25 mars, 43 minutes par téléphone

Marco Rennella : Bonjour Mr Benammar, je réalise un mémoire sur les TPO, en faisant des recherches sur internet, je suis tombé sur votre interview, et je voudrais avoir votre avis assez différent des autres personnes.

Jean-Marc Benammar : Moi je pense que les TPO sont une bonne chose pour le football, la plupart des gens sont extrêmement conformistes à ce sujet, et on leur met tous les jours que c'est mauvais,mauvais,mauvais, et donc au bout d'un moment ils finissent par le croire. Sur le sujet de football en général il y a deux trois oracles qui dissent ce qu'l faut penser, généralement en étant pas très forts et pas très compétents et derrière les gens suivent.

MR : ce qui m'intrigue le plus dans votre interview, c'est que vous dites que la FIFA n'a aucun pouvoir ?

JMB : La FIFA n'a aucun pouvoir, il faut d'abord pouvoir interdire un fonds financier d'investir dans une société, ils ont quel pouvoir pour cela la FIFA ? Seul la police et la justice sont compétentes. La règlementation du 1er Mai concernant les TPO est inapplicable, c'est impossible, vous allez devoir obliger les gens à vendre les actions de la société qui a les droits de tels ou tels joueurs. Ce n'est pas une activité illégale, la FIFA s'invente des droits comme toutes les instances du foot qui pense avoir mais qui n'a pas les droits qui appartiennent aux états, c'est à dire le droit de punir. La FIFA n'a pas tous les droits hein ... heureusement. C'est un problème de compétences, il faut être un peu juriste pour comprendre cela, les gens disent que l'UEFA veulent interdire, mais qu'est ce que l'UEFA vient faire la dedans, manque de connaissance. Ils ont fait ce texte pour la réélection de la présidence de la FIFA.

MR : Moi j'ai interviewé la juriste de l'UCPF, elle ma dit ce qui est un peu bizarre par rapport à cette loi c'est que les clubs portugais n'ont pas plus réagit que cela en apprenant cette interdiction.

JMB : C'est intéressant qu'elle vous l'a dit, cela prouve bien que c'est un coup d'épée dans l'eau et que tout le monde s'en fou. Le président de la fédération espagnole est puissant à l'UEFA et à la FIFA. C'est pareil les clubs espagnols auraient beaucoup de problèmes avec de genre de chose, et ils s'inquiètent pas non plus. S'il y avait une mobilisation des clubs concernés aussi bien en Europe du sud qu'en Amérique latine là vous verrez quelque chose mais la personne ne bouge donc clairement tout le monde sait très bien que c'est du « pipo ».

MR : Platini a dit que les TPO représentent une menace dans les finances des clubs à long terme. Etes-vous d'accord ?

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JMB : C'est exactement l'inverse. Platini il aimerait que l'argent du foot reste dans le foot c'est pour cela qu'il est contre ce système, si vous achetez un joueur et que vous êtes un petit club vous allez pas achetez la totalité du joueur mais 10 pourcent par exemple. C'est pour cela que les club portugais s'en sortent car là ou il faudrait sortir 100 millions ils sortent 10 millions mais ils ont les droits sportifs, par conséquent ils vont avoir le droit de sortir 10 millions et voilà ils auront des joueurs. Platini n'est pas un économiste il est avant tout un homme politique avec des idées bien arrêter sur des sujets dont il ne connaît rien, comme la finance.

MR : C'est vrai qu'il pourrait y avoir des conflits d'intérêt ?

JMB : Lesquelles ?

MR : Si les fonds d'investissement possèdent plusieurs joueurs dans chaque équipe

JMB : Le fait qu'il y est plusieurs joueurs détenus par les mêmes sociétés dans différentes équipes c'est déjà produit plusieurs fois. Avec les agents c'est la même chose. (Ex : Mendes). Lors d'un match Paris Monaco vous allez avoir peut être 10 joueurs sous contrat avec gestifute, l'agence d'agent de Jorge Mendes. Vous croyez que les joueurs de foot pensent à cela quand ils sont sur le terrain ?

Je ne vois vraiment pas de conflits d'intérêt honnêtement.

MR : Les joueurs sont ils vraiment libres ?

JMB : Un contrat c'est un contrat il y a une forme de liberté aussi dans un contrat.

Un fond d'investissement qu'est ce qu'il veut faire ? Il veut acheter des joueurs pas très chèrs avec un fort potentiel pour les revendre, comme quand vous achetez des actions ou des obligations. Vous achetez un actif, cette actif vous voulez le faire fructifier en faisant une plus-value, bon bah cette plus-value demande une compétence sportive, là il faut des gens autour de vous qui sont capables de vous dire quels joueurs est bon, il a 18 ans il joue en 1re à River Plate, ou Boca Junior et pourra réussir en Europe un peu plus tard.

Ces clubs là n'ont pas d'argent, ces clubs là sont quasiment perpétuellement en faillite.

Donc quelle est leur solution, c'est de dire on va vous donnez 10 ou 20 millions tout de suite pour votre joueur, nous on va le garder après on va faire la culbute, on va garder 90% de la propriété du joueur et après on vendra 10 % pour le club portugais ou espagnol ou on va le transférer puis nous on garde la plus-value sur ce joueur là.

Cela existe toujours et cela existe partout la multipropriété, quand on me dit cela a été abolis en Italie, mais non voyons, comment sa s'appelle en France quand on est agent, cela veut dire on a une commission de 10% à la revente, ça veut dire vous avez gardé 10% de la valeur du joueur tout simplement, ce n'est pas difficile si vous ne le vendais pas vous touchez 0 donc vous avez gardé 10% de la valeur économique du joueur. Le joueur est déjà découpé en morceau. Avec tous ces clubs qui gardent toujours une petite partie, c'est exactement le même système en fait, ce n'est juste pas formalisé par une société mais c'est contractuel, personne ne la jamais interdit, simplement il faut l'habiller juridiquement d'une manière qui permet que cela rentre dans le droit français.

Et dans le droit français il n'est pas interdit de verser une commission à quelqu'un mais cela se traduit en fait par une possession de la part de l'ancien club d'une partie de la valeur du joueur.

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Donc autant arrêter l'hypocrisie sur ces trucs là, ces sociétés commerciales qui cherchent ce genre de truc et à ce moment-là vous vendez des actions et puis c'est tout c'est pas difficile. Ce n'est pas différent, c'est finalement un habillage juridique et pour le reste ce n'est absolument pas différent en ce qui concerne la manière dont cela fonctionne.

Et cela a toujours fonctionné comme cela depuis que les italiens ont inventé la copropriété. Je me rappellerais toujours ces histoires, tel joueur est vendu à 50% à tel club, 30% à tel autre pk ? Pour avoir la valeur à la revente tout simplement.

Et puis si vous n'avez pas ces fonds là vous ne développez pas la carrière de certains joueurs car personne n'ira forcément les chercher et puis ce sont les clubs en Amérique du Sud qui ont demandé ce système parce qu'il n'ont pas d'argent. Les clubs argentins n'ont pas d'argent, il y a des sauvetages permanents, comme où la fois la présidente argentine a décrété qu'il fallait que les matchs de foot passent sur les chaines publiques où elle a débloqué des fonds pour que les chaines publiques puissent les acheter à un prix dérisoire.

MR : Pourquoi c'est interdit en France ?

JMB : Interdit par qui ? Par personne. Ils ont droit d'interdire ce genre de choses ? C'est toujours la même chose, ils n'ont pas de pouvoir pour interdire cela, c'est comme si vous disiez dans le règlement LFP : le soleil doit se coucher tous les jours à 19h.

Si vous avez déjà rencontré des juristes de la LFP ou de la FFF vous allez voir leur niveau de compétence, on est très bas, le nombre de fois où la FFF et la LFP perdent devant les juridictions de droits communs c'est quasiment tout le temps. Regardez l'affaire Léonardo, c'est absolument confondant, personne n'a vérifié que la personne qui s'apprêtait à condamner à une peine de suspension, était une personne qui est susceptible d'être suspendue, c'est extraordinaire alors que cela prend 2 secondes à vérifier. Méfiez vous de la compétence de ces personnes qui se prétendent juristes, ce sont des petits juristes qui n'ont pas trouvé de bouleau ailleurs, et qui vont dans les instances sportives, c'est absolument confondant la plupart du temps. Les avocats que prennent les clubs sont bien souvent plus forts que les avocats que prennent la fédération ou la ligue.

En France malgré tout je ne sais pas si cela va arriver mais ce n'est pas impossible, quand Falcao est arrivé à Monaco, Monaco a du acheter l'intégralité des droits économiques des joueurs à la société qui possédait ses droits. Mais rien n'empêche un club à acheter un joueur argentin ou brésilien moyen d'adopter cette méthode et de ne dépenser seulement 1 ou 2 millions d'euros pour avoir les droits sportifs du joueur.

Déjà premièrement il faut le savoir, ce n'est pas rendu public et deuxièmement, quand vous le savez vous faites quoi ? Vous suspendez la qualification du joueur ? Quel motif ? Vous n'avez pas de motif, la personne peut très bien aller devant les tribunaux pour atteintes aux droits du travail, elle a toutes les chances de gagner même en référé comme d'habitude.

MR : Selon vous est-ce possible de faire un mémoire de 50-60 pages sur ce sujet ?

JMB : Largement de quoi faire un mémoire de 50-60 pages sur ce sujet car il y a de quoi discuter surtout, parce qu'il y a des débats, moi cela me paraît largement évident quant à la réalisation d'un mémoire sur ce sujet.

MR : La problématique que j'ai pensé est en quoi les TPO peuvent-ils être un financement alternatif pour les clubs de football professionnel ? Qu'en pensez-vous ?

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JMB : Pas mal car cela aborde à la fois l'aspect pratique, l'aspect financer et l'aspect moral, vous pouvez partir là-dessus.

Prenez le plus de données possibles, surtout si vous êtes capables de lire l'espagnol, sur la presse espagnol il y en a énormément. Il y a pas mal de documents en Amérique du Sud car ce sont eux les principaux concernés.

MR : Il était important pour moi d'avoir votre point de vue car l'autre point du vue est plus facilement accessible. Qui se cache derrière ces fonds ?

JMB : Les français c'est spécial, dès qu'on parle de l'argent dans le foot, cela ne va plus.

Ce n'est pas que des mafieux qui investissent dans ces fonds d'investissement, cela peut être le commerçant du coin, cela peut être l'industriel du coin. Il ne faut pas croire toujours au mal. Les gens du foot pensent avoir des droits absolus sur la totalité de la planète. C'est important de diversifier son portefeuille, surtout pour les entreprises.

Les clubs argentins sont très pauvres avec des moyens limités donc lorsqu'il y a des fonds d'investissement qui proposent d'acheter un joueur en cash immédiatement disponible qui vous permet de payer les salaires, vous y allez.

Vous regardez un match entre River Plate et Boca, vous ne connaissez pas beaucoup de joueurs, car soit se sont des jeunes de 18 à 20 ans qui ne sont pas encore partis en Europe, soit des anciens qui ont plus de 30 ans et qui finissent leur carrière et ensuite au milieu de tout cela il y a ceux qui ont 24-25 ans, ceux qui ne sont pas assez bons pour partir en Europe. C'est le football argentin, il ne faut pas s'étonner si le titre argentin change de main tous les ans, s'ils ne gagnent pas de titres intercontinentaux. C'est facile à comprendre quand vous avez des clubs qui sont organisés de cette façon là avec des recettes très pauvres, des droits TV très faibles, vos trentenaires vous ne pouvez pas les vendre, les jeunes vous n'allaient pas les vendre très cher, donc si vous avez un fonds d'investissement qui vient et qui vous prend le joueur avec du cash immédiatement disponible sans difficulté qui permet de payer les salaires des joueurs et tout ce qui va avec, vous ne réfléchissez pas longtemps.

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ANNEXE 8

Monsieur, Raffaele Poli,

Directeur de l'observatoire de football au CIES de Neuchâtel

Entretien réalisé le 6 avril 2015, 40 minutes par Skype

Marco Rennella : Bonjour Monsieur Poli, merci d'avoir accepter cet entretien, je voulais savoir tout d'abord quel est votre rôle au sein du CIES ?

Raffaele Poli : Je suis responsable du football-observatory et au sein du centre CIES de Neuchâtel.

MR : Concernant le système des TPO dans le football professionnel, le CIES a fait une étude pour la FIFA, est-ce bien cela ?

RP : On a fait deux études une sur le domaine juridique et l'autre en collaboration avec le CDES de Limoges.

MR : J'ai interviewé Jean-François Brocard du CDES de Limoges.

RP : Oui voilà ben je ne sais pas si je peux vous dire plus de ce qui vous a dit.

MR : Est-ce que vous pensez que le système de TPO est bon pour le football ?

RP : Pour moi c'est très néfaste car il amène une dimension spéculative en gros cela institutionnalise le conflit d'intérêt dans un milieu déjà assez fermé, qui sous ce genre d'accord se cache des conflits d'intérêts énormes entre des investisseurs promoteurs et des personnes à l'intérieur des clubs comme les entraineurs, les actionnaires et les directeurs sportifs. Puis cela amène un détournement de la philosophie du système de transfert, disons que les TPO n'est pas seulement le problème mais il consacre et institutionnalise, valide cet usage spéculatif dans un monde qui ne devrait pas l'être...

MR : Platini disait que c'était un système qui mettait en péril l'économie des clubs de football. Êtes-vous d'accord avec lui ?

RP : Là, il faut faire attention, moi je dirais que ce qu'il met en péril l'économie du football comme l'économie globale ce sont les inégalités, c'est à dire le capitalisme fait qu'il y a une concentration des richesses, dont la Ligue des Champions compétition organisé par l'UEFA et c'est cela qui fait qu'il n' y a pas une bonne constitution des recettes. Certains clubs se laissent bouffés parfois de manière consentante car les actionnaires participent activement à ce système de transfert.

MR : Parfois ce sont les clubs qui demandent ce genre de pratique (transfert avec TPO)...

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J'ai interviewé un économiste qui me disait le contraire, en gros que ce n'était pas néfaste, car il disait que les agents en gagnant 10% de la somme du transfert du joueur c'est un peu comme s'il possédait 10% de sa valeur non ?

RP : Ce que vous dites est absolument faux, c'est même contraire au règlement FIFA, l'agent doit être payé sur une somme forfaitaire, après qu'il y ai des commissions de transferts, on est d'accord mais en gros ce que votre interlocuteur vous laisse croire qu'ils ont droit à 10% je sais pas de quel droit il dit ça mais c'est totalement faux, après parfois les agents font partis du système des TPO mais pas tout le monde. Ce sont les agents dominants.

MR : Concernant l'interdiction de la loi FIFA qui visait à interdire dès mai 2015 les transferts avec une tierce partie, pensez-vous que cela peut être appliqué ?

RP : Pour sévir le milieu des TPO il faudrait réformer les transferts de manière générale, en redistribuant de meilleure manière les ressources du football et puis faire en sorte que toute ces mauvaises gouvernances et ces corruptions liés à la gestion des clubs et notamment des transferts s'arrêtent donc le mieux de réformer globalement le système des transferts, de réguler ces questions là mais ce n'est pas en interdisant des pratiques très courantes dans certains pays qui arrangent d'ailleurs pas souvent les clubs sur le long terme mais les personnes qui dirigent ces clubs là dans un contexte culturel qui avantage de toute façon une autre équipe, c'est illusoire de penser que cet interdiction là soit respectée. Pour moi ce serait la meilleure solution.

MR : Quels seraient les aménagements à faire par exemple ?

RP : Les grands clubs finalement, ils encaissent. Mais que 10% des matchs de joueurs qui jouent dans les 5 grandes ligues européennes (France, Angleterre, Allemagne, Italie et Espagne) aujourd'hui ont été disputés dans un de ces championnats du Big 5 à l'âge de 23 ans. Cela signifie que 90% des matchs ont été disputés ailleurs. Pourquoi ? parce que le niveau de ces 5 grands championnats est tellement élevé que les jeunes avant d'être prêts pour pouvoir jouer dans ces grands clubs sont obligés de passer par d`autres clubs et donc cela est quelque chose d'intéressant pour penser à un système qui à la fois qui comme les compétitions internationales redistribuent les droits TV non seulement aux clubs participants mais aussi à tous les clubs qui ont contribués au développement des joueurs qui finissent par jouer dans ces grands clubs parce que sans le travail des autres clubs il n'y seraient pas arrivés et deuxièmement aussi au niveau des systèmes de transfert encourage pour chaque somme de transfert redistribuée le travail qui a été fait par les clubs antérieurs au prorata des matchs joués chaque saison dans chaque club parce que chaque club finalement a contribué à ce que le joueur maintenant puisse jouer la Ligue des Champions. Puis on sait tous que bien souvent le premier et le deuxième transfert ne sont pas toujours les plus chers. Il faut souvent attendre un troisième voir un quatrième transfert pour qu'un grand club qui s'y intéresse. Nous aujourd'hui on remarque que 67% des sommes de transferts restent dans les 5 grands championnats alors que 90% des matchs ont été joué ailleurs. Donc vous voyez que le système de transfert n'est pas redistribué assez. C'est à ce niveau là qu'il faut agir, c'est à dire une meilleure redistribution des ressources que ce soit par les transferts ou par la redistribution des droits TV des compétitions européennes. Cela encouragerait la formation des jeunes joueurs puis vous verrez qu'il y aurait moins d'investissements sur les joueurs

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mais plus sur des clubs, sur des centres de formation parce que cela deviendrait plus rentable et donc du coup il y aurait plus de talent, et l'économie du football serait plus saine. Voilà c'est une idée. Cela résoudrait non seulement ce problème là des TPO mais aussi la spéculation non liée au à la tierce propriété parce que les clubs quelque part sont aussi obligé de spéculer dans la mesure où si le joueur arrive à échéance de ce contrat le club ne touche plus rien à part 5% du transfert mais cela reste insuffisant alors qu'avec un tel système si c'est un club formateur, si le joueur a joué plusieurs matchs le club peut se permettre que le joueur arrive à échéance et puis il pourront touché éventuellement de l'argent et pourquoi pas plus d'argent dans un deuxième temps en gardant le joueur plus longtemps. Et puis par exemple pour ceux qui veulent finalement privatiser les gains et collectiviser les pertes c'est à dire un investissement que sur les meilleurs talents en utilisant les problèmes financiers des clubs, la malhonnêteté de certains dirigeants, ils devraient à ce moment-là aussi trouver des accords sur toute la chaîne des clubs, une règle qui nécessiterait de toute façon de renouveler avec chaque club et cela serait moins intéressant pour eux mais cela rendrait plus juste le système de transfert.

MR : Nous savons que ce système des TPO est interdit dans certains pays européens comme la France, l'Angleterre et la Pologne.

RP : Pologne je ne suis pas sûr parce qu'en janvier j'ai vu un communiqué de Legia Varsovie et apparemment ils ont fait une sorte de poule d'investisseur donc Pologne on ne sait plus vraiment. Et France, les gens du CDES nous disait que finalement que c'est interdit de céder des parts de joueurs par contre ce n'est pas obligatoire de racheter l'entièreté des parts si un joueur vient de l'étranger. Donc on voit bien que ce n'est pas les mêmes lois partout.

MR : Finalement même quand c'est interdit, c'est toujours possible d'investir ?

RP : Regardez sur internet, ce qu'il se fait pour contourner la loi comme FairPlay Capital, c'est un peu un marché de la tête on ne prend pas que des joueurs, pour moi c'est clairement de la tierce propriété mais on essaye de trouver d'autres solutions. Ce qu'il se fait souvent en Angleterre c'est que soit on utilise les agents pour payer les commissions qui déguisent en fait les pourcentages sur les transferts, soit on fait des packs d'actionnaires qui restent totalement secret parce souvent ce sont les actionnaires mêmes des clubs qui ont des parts et qui conditionnent leur prêt en remboursement par des transferts donc ce qu'il revient finalement au même aussi.

MR : Justement FairPlay Capital se considère plus comme une banque qui aide les clubs à acheter des joueurs plutôt qu'une tierce partie.

RP : Il y a deux manières finalement pour réagir à l'interdiction, une c'est celle-ci c'est à dire qu'on va dire « non non nous on à rien à voir avec le joueur » alors que si vous lisez leur document c'est la cas. En effet il y a des prêts avec des garanties pas sur un joueur en particulier mais sur la valeur de l'effectif, ou en garantie d'autre revenu du club. Et cela est une manière pour contourner cette interdiction même si au final cela revient au même.

Et l'autre manière c'est d'acquérir des parts dans des clubs puis signer un pack d'actionnaire en secret bien évidemment sans que la ligue n'ait recours à la justice sportive. Tout cela reste caché et nous ne le savons même pas.

Parce que du point de vue des lois il n'y a rien qui empêche cela.

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MR : Vous ne pensez pas, que si jamais cela venait à être supprimé cela mettrait beaucoup de clubs en faillites non ?

RP : Vous ne croyez pas qu'aujourd'hui il y a déjà pleins de clubs en faillites et puis est-ce que finalement ce ne serait pas un mal pour un bien pour assainir les choses. Parce qu'aujourd'hui en Italie, en Espagne même en France, il y a pleins de clubs en difficulté, en Suisse il y a eu pleins de faillites, la Belgique aussi, partout dans le monde il y a des faillites. Ou alors il y a des clubs maintenus en vie artificiellement même des grands clubs espagnols comme Valence ou l'État oblige carrément les banques a abandonné les créances

Je pense par contre ce qu'il plutôt arrivé c'est que cela va devenir encore plus opaques même si c'est déjà très opaque parce qu'il y a des conflits d'intérêt énormes, en théorie cela ne devrait pas être opaque puisque ce n'est pas interdit mais si cela est opaque c'est qu'il y a derrière des capitaux sales, il y a derrière des conflits d'intérêt, il y a derrière une vraie influence sur les politiques de transfert donc c'est pour cela que l'on doit cacher les choses mais à l'avenir on devra cacher encore plus les choses mais comme je vous disais vu que les dirigeants et propriétaires de clubs souvent sont impliqués en première personne et que économiquement il n'y a pas une bonne redistribution de l'argent, je pense plutôt qu'au lieu d'avoir des faillites plus que maintenant il y aura encore plus de corruptions ou une allégorisation du marché par quelques acteurs dominants qui vont contrôler de plus en plus de clubs, qui vont transférer des joueurs en chaînes, transférer un joueur dans un club puis trouver le remplaçant, le remplaçant... etc, c'est ce qui arrive de plus en plus et puis finalement les clubs seront là, ne feront peut être pas plus faillites que maintenant mais ils ne vont pas être plus compétitifs que maintenant non plus parce qu'il y aura quelques clubs qui essayeront de gagner et puis tout le reste ce sera des faire-valoir pour ces investisseurs là pour faire monter les enchères, pour valoriser les joueurs et les revendre au meilleur prix. Vous voyez que l'intérêt sportif de beaucoup de clubs sera sacrifié à l'encontre de ceux qui promeut ce système.

MR : Quand vous dites conflits d'intérêt, c'est par exemple les truquages de matchs ?

RP : Non, moi je parle carrément de l'entraîneur qui doit faire jouer tels joueurs parce qu'il a le même agent qui par ailleurs est ami du directeur sportif et travaille en binôme avec le principal actionnaire...

MR : Oui, je suis d'accord mais cela même sans les tierces parties il peut y avoir ce genre de conflit ?

RP : Voilà, c'est ce que je dis, en fait les tierces parties institutionnalise, consacre, permet de blinder, valide je ne sais pas quel terme utilisé un système qui est déjà existant. Le problème à la bas c'est le fonctionnement du système de transfert et puis ces pratiques là viennent renforcer un problème qui existe déjà. C'est pour cela qu'il ne faut pas s'attaquer qu'aux problèmes de TPO si on veut résoudre la question, il faut vraiment réfléchir plus généralement aux systèmes de transfert.

MR : En ce qui concerne ces fonds d'investissement, on ne sait pas vraiment qui se cache derrière, cela peut être des personnes comme vous et moi ?

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RP : D'après ce que j'ai vu dans les différents points existants, c'est réservé à une élite de personnes qui ont pas mal de sous parce qu'il y a un prix d'entré. Après cela peut être aussi bien des gens que des gens malhonnête mais quand on regarde qu'ils sont tous dans les îles vierges britanniques, Gibraltar, Malte, plutôt dans des paradis fiscaux où la surveillance est très faible vis à vis de l'origine des lieux c'est très bien d'aller dans ces pays là plus encore que la fiscalité on peut clairement penser que c'est une manière de blanchir l'argent.

MR : Le but de ces fonds d'investissement c'est clairement de gagner de l'argent ?

RP : Oui, pour moi comme tout produit financier le but c'est de gagner de l'argent après on peut le faire de manière plus ou moins bienveillante, vous avez les clubs par exemple si c'est un actionnaire qui en plus prête de l'argent au club en échange des droits de certains joueurs mais qu'il renonce à prendre plus que 20% des gais, ce sont des choses que j'ai vues. On peut le faire de manière pus ou moins agressive, bienveillante et respectueuse vis à vis du club mais c'est vrai que les fonds d'investissement tels qu'on en parles dans les médias complètement animés par une volonté de profit n'ont pas froid aux yeux, c'est le moins que l'on puisse dire. Le but c'est quand même de se faire de l'argent, après ce que je critique aussi dans ce système, c'est que souvent cette avidité là amène finalement des effets pervers, trop de spéculations, trop de transferts font empirés les résultats sportifs font aussi qu'il y a moins de cohésion dans l'équipe, les conflits d'intérêt font qu'il y aient une mauvaise ambiance dans les vestiaires car certains se sentent défavorisés par rapport à d'autres. Donc souvent cela n'est pas bénéfique de ce point de vue là, après il y en a d'autres qui arrivent parfois à faire la part des choses et de bien choisir les talents qui arrivent aussi à avoir un avantage sportif en tout cas sur le court terme. C'est vraiment loin d'être toujours le cas parce qu'après on parle souvent des exemples où cela a fonctionné mais là où cela n'a pas fonctionné où le club a fait faillite on en parle pas, c'est toujours comme ça.

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ANNEXE 9

Monsieur Shervine Nafissi-Azar,

Doctorant en droit

et auteur d'une thèse sur les TPO d'un point de vue juridique

Entretien réalisé le 11 août 2015, par mail

Marco Rennella : Que pensez-vous des TPO ?

Shervine Nafissi-Azar : Les TPO sont une forme de financement intéressante pour les clubs et, d'un point de vue externe, pour les sociétés qui s'y intéressent. Mais cette pratique pose de nombreux problèmes juridiques, sportifs et éthiques. En soi, les TPO rendent les sportifs otages de leur carrière et sont réduits à une valeur marchande dont les sociétés, les clubs mais aussi les agents tirent profit.

MR : Pourquoi cela a toujours été interdit en France?

SN : La France a suivi les UK lorsqu'ils ont banni la pratique en 2008/2009. Ils estimaient aussi que cela portait atteinte à de nombreux principes dans le sport.

Toutefois, je serai plus mesuré quant au fait de dire qu'aucun fonds n'ait investi en France. Un club comme Monaco qui est conseillé par des gens influents au Portugal a servi comme tremplin pour de nombreux joueurs sous TPO (Falcao, J. Rodriguez, Kondogbia). Cela ne m'étonnerait pas que le club soit lié de près ou de loin par les TPO.

MR : La FIFA a depuis le 1er mai 2015 interdit les TPO partout dans le monde, alors que le fonds d'investissement Doyen Sports et la LFP espagnol ont porté plainte. Pensez-vous que la FIFA peut réellement interdire cette pratique?

SN : La FIFA peut interdire des pratiques qui visent directement des membres de la FIFA, à savoir les fédérations continentales, nationales ou encore des clubs. Elle ne peut pas toutefois interdire quoique ce soit aux sociétés d'investissement. La FIFA est une fédération suisse de droit privé, elle ne peut pas émettre des règles contraignantes à des sociétés dans le monde entier. D'un point de vue juridique, elle peut bannir cette pratique mais en se risquant à violer le droit européen, notamment la libre circulation des capitaux. C'est l'objet même de la plainte des ligues portugaises et espagnoles ainsi que de Doyen Sports.

MR : Connaissez-vous FairPlay Capital?

SN : Oui FairPlay Capital joue la carte de la transparence en montrant que ses activités sont tout à fait légales. Elle est même inscrite auprès de l'Autorité suisse des marchés financiers. La société estime qu'elle ne fait que prêter de l'argent, garantie par la future indemnité de transfert du joueur ou encore les recettes des droits TV, pour qu'un club puisse acquérir un joueur. En outre, elle ne prétend ne jouer aucun rôle dans les transferts, c'est-à-dire influencer le club sur la future destination du joueur.

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MR : Quels types de clubs ont recours à cette pratique?

SN : Essentiellement les clubs portugais (Braga, Porto, Benfica, anciennement le Sporting). En Espagne, Séville et Atletico Madrid essentiellement. D'autres clubs ont failli avec cette pratique, sauf erreur Elche (à vérifier).

MR : Quel est l'intérêt pour les clubs?

SN : L'intérêt pour le club est de pouvoir rester compétitif. Attirer notamment des joueurs qu'elle ne pourrait pas obtenir sans cette forme de financement, tout en limitant les risques financiers.

MR : Quel est l'intérêt pour les sociétés d'investissement?

SN : La société d'investissement peut entrer dans le juteux marché des transferts où des retours sur investissement peuvent être effectués en très peu de temps. Etant donné que les joueurs bougent beaucoup, encore plus avec les TPO, des plus-values de plusieurs millions peuvent se faire en deux voire trois années même pas.

MR : Pensez-vous que cela est mode de financement viable?

SN : Même si je prône son interdiction, les TPO peuvent être un mode de financement viable à condition d'être réglementés de manière très stricte. Notamment contrôler les sociétés qui investissent, limiter les manières et les montants d'investissement, etc.

MR : Est-ce que cela représente une menace pour les clubs si ces derniers abusent de cette pratique?

SN : Un club peut devenir otage des fonds (tous comme les joueurs). A force d'être aidé par des sociétés, vous perdez vos droits sur les joueurs du club. Ainsi, quand ils partent, vous ne toucherez par exemple que 30% de l'indemnité contre 70% pour la société. Ainsi, vous pourrez avoir de bons joueurs mais pas forcément profiter de sa valeur financière. En plus, une autre menace est la perte progressive du contrôle sur le domaine sportif, où les fonds dicteront quand et où les joueurs doivent être transférés afin de générer la plus grosse plus-value.

MR : Comme le pense Platini, pensez-vous que cette pratique est dangereuse pour l'intégrité des compétitions?

SN : Oui, déjà les joueurs bougent trop rapidement de clubs en clubs ce qui met à mal la stabilité contractuelle prônée par la FIFA. En plus, il se peut que sur un terrain, 4-5 joueurs dans chaque équipe appartiennent au même fonds. Cela pose des gros problèmes de conflits d'intérêts pour joindre la question ci-dessous. Il y aurait un risque de match arrangé, la plus grosse gangrène dans le sport puisque le concept d'incertitude du résultat, qui rend un match si attractif, serait mis à mal.

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MR : Les TPO peuvent-elles poser des problèmes de conflits d'intérêts?

Ne pensez-vous pas que cela est néfaste pour le football, le fait de considérer les joueurs comme des actifs financiers?

SN : Tout à fait. Les joueurs sont avant tout des travailleurs, liés par un contrat de travail. Ils ont des droits, notamment la liberté de mouvement, liberté de décision etc. Leur force de travail est monnayée de par le fait qu'ils sont liés par des contrats de durée déterminée, auxquels on ne peut pas mettre fin avant leur terme. Ainsi, les joueurs qui sont transférés sont l'objet d'une indemnité de transfert équivalente à « la renonciation du club vendeur de se prévaloir du nombre d'années de contrat qu'il reste au joueur ». C'est le système entier des transferts qui est néfaste et qui engendre de telles dérives.

MR : Les TPO ont-ils un impact sur la carrière des joueurs? Est-ce vraiment lui qui choisi d'être transféré chaque année?

SN : Bien évidemment, les joueurs sont impactés de manière négative par les TPO. C'est le sujet même de ma thèse. Un joueur sous TPO, n'aura de facto plus le contrôle sur sa carrière. Il ne pourra pas aller au terme de son contrat s'il le souhaite, car il sera « gratuit ». Il ne pourra pas forcément non plus aller où il veut et quand il veut, car le fonds + le club décideront de le vendre quand sa côte sera au plus haut, au club le plus offrant. Là encore, des questions de droit du travail sont mis en avant. Falcao est un excellent (et triste) exemple.

MR : Depuis l'interdiction, Doyen Sports continue d'investir, notamment sur Imbula (transfert de l'OM vers le FC Porto), est-ce la même pratique qu'auparavant ou ont-ils du changer de stratégie en vue de cette interdiction?

SN : Il est encore un peu tôt pour le dire mais (en tant que fan de l'OM d'ailleurs), je me demande si le transfert d'Imbula n'est pas lié aux TPO. Ils ont dépensé une somme colossale pour l'acheter, et vont probablement le vendre encore plus cher dans 1-2 ans. Cela fait probablement partie d'une nouvelle stratégie dont je suis attentivement les prochains rebondissements. Mais il est tôt pour tirer des conclusions là-dessus.

MR : Est-ce le seul moyen pour les petits clubs de rivaliser avec les plus gros?

SN : La plus facile oui. Regardez les beaux parcours de Porto, Seville et Atletico. Trois équipes pas forcément sur le devant de la scène mais qui pratiquent un beau football et bousculent « les grandes puissances ». D'autres moyens existent, notamment la formation (exemple de l'Allemagne).

MR : Pensez-vous que sans les TPO l'Atlético Madrid n'aurait pas gagné la Liga en 2014 ?

SN :Dur à dire mais je ne pense pas effectivement que l'Atletico puisse être là où il est actuellement sans les TPO.

MR : Ne pensez-vous pas que même avec cette interdiction, les fonds d'investissements arriveront toujours pas trouvé une solution pour investir?

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SN : Bien évidemment, d'ailleurs c'est déjà le cas. Ils investissent directement dans des clubs de moyens standings pour acheter des joueurs, et les prêter après à des grands clubs via des prêts payants. Cela s'appelle les Bridge Transfer. Cf. mon ITW dans l'Agefi et dans le Temps.

P.S. Je tiens quelques propos à ce sujet dans le magazine Surface de ce mois, avec Alexandre Lacazette en 1ère page.

MR : Le mieux finalement pour tout le monde, ne serait-il pas de réguler cette pratique?

SN : Une solution intermédiaire serait de réglementer la pratique de manière plus précise. Par conséquent, l'introduction d'une règle propre aux TPO dans le Règlement sur le Statut et Transfert des Joueurs serait plus judicieuse. Nous pouvons imaginer de telles exigences: i) l'enregistrement et la publication d'une liste des investisseurs ainsi que les origines de leurs fonds, ii) le pourcentage qu'ils détiennent sur le sportif en question, iii) une liste des autres athlètes qu'ils détiennent sous forme de TPO, iv) des informations sur des parts que la société pourrait détenir dans des clubs, v) une limitation du pourcentage des droits économiques pouvant être détenu par la société d'investissement, vi) une limitation des joueurs d'un même club pouvant être l'objet d'une TPO et surtout, vii) le consentement écrit du sportif à ce que ses droits économiques soient partiellement cédés à un fonds d'investissement. Cette solution, moins restrictive en matière de libéralisme économique, a l'avantage d'offrir aux instances sportives une alternative dans le cas où une interdiction formelle des TPO serait trop complexe à mettre en oeuvre juridiquement. Toutefois, elle ne résoudrait en rien les problèmes que posent les TPO en matière de droits de la personnalité.

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