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REPUBLIQUE TUNISIENNE
Ministère de l'Enseignement Supérieur

PROJET DE FIN D'ETUDES
Mastère Spécialisé en Gestion des
Organismes Financiers et Bancaires
Gestion des Crédits et Encaissements Documentaires
à l'Importation : Techniques, Analyses et Perspectives à
AMEN BANK

Elaboré par : M. Ange de Luvincent
TAPE
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Maître de Stage
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Professeur Encadreur :
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M. Zakaria BEN ABDENNEBI
Responsable de la Division des Opérations
Documentaires
AMEN BANK, Tunis, TUNISIE
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Mme SAKLI Sonia
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Année Universitaire 2006/2007
« Le vrai génie sans coeur est un
non sens. Car ni intelligence élevée, ni imagination, ni toutes
les deux ensemble ne font le génie.
Amour ! Amour ! Amour !
Voilà l'âme du génie »
-
Wolfgang Amadeus Mozart -
SOMMAIRE
INTRODUCTION GÉNÉRALE
- 1 -
PARTIE I : LE CADRE THÉORIQUE
DE LA GESTION DES CRÉDITS ET ENCAISSEMENTS DOCUMENTAIRES A
L'IMPORTATION
- 4 -
CHAPITRE I : LE COMMERCE
EXTÉRIEUR ET LES OPÉRATIONS DE CHANGE
- 5 -
INTRODUCTION
- 5 -
SECTION I : LE CHANGE ET LA RÉGLEMENTATION
DES CHANGES
- 5 -
SECTION II : LES ÉLÉMENTS DE
BASE D'UNE TRANSACTION COMMERCIALE
- 18 -
CHAPITRE II : LES TECHNIQUES DU
CRÉDIT DOCUMENTAIRE ET DE L'ENCAISSEMENT DOCUMENTAIRE A
L'IMPORTATION
- 29 -
TITRE I : LE CREDIT DOCUMENTAIRE A
L'IMPORTATION
- 29 -
TITRE II : LES ENCAISSEMENTS DOCUMENTAIRES A
L'IMPORTATION
- 56 -
DEUXIÈME PARTIE :
PRÉSENTATION ET ANALYSE DU MODE DE GESTION DES CRÉDITS ET
ENCAISSEMENTS DOCUMENTAIRES IMPORT A
- 62 -
INTRODUCTION
- 63 -
CHAPITRE III : AMEN BANK ET
LE SYSTÈME BANCAIRE TUNISIEN
- 64 -
SECTION I : LA STRUCTURE DU SYSTEME BANCAIRE
TUNISIEN
- 64 -
SECTION III : PRÉSENTATION DE
L'ETABLISSEMENT AMEN BANK
- 70 -
CHAPITRE IV : PRATIQUE ET ANALYSES DE
GESTION DES CREDITS ET ENCAISSEMENTS DOCUMENTAIRES IMPORT A AMEN
BANK
- 78 -
TITRE I : LA PRATIQUE DU CREDIT ET DE LA
REMISE DOCUMENTAIRE A L'IMPORTATION
- 79 -
TITRE II : ANALYSES DE GESTION ET
RECOMMANDATIONS PRATIQUES
- 103 -
CONCLUSION
GÉNÉRALE :
- 115 -
ANNEXES
BIBLIOGRAPHIE
LISTE DES FIGURES
TABLE DES MATIERES
DEDICACES
A mon père Mr TAPE BERNARD qui a cru en
moi et m'a donné les moyens d'aller aussi loin que possible
A ma mère Mme KOKORE BEIBRO
HELENE ; Maman, c'est sûr que tu ne comprendras pas
grand-chose au sujet que j'ai traité dans ce document, mais saches que
chaque mot, chaque phrase, chaque ponctuation et chaque lettre que j'y ai
inscrit ont une seule et même signification : « tu es la
meilleure des mères et je t'aime infiniment ».
A Mme EDWIGE TAPE née OSSOUE pour sa
grandeur d'âme et pour sa générosité. Merci maman
chérie d'avoir fait de moi l'homme que je suis aujourd'hui.
A toute MA FAMILLE, frères, soeurs,
oncles, tantes, cousins, cousines, neveux et nièces. Je n'ai
peut-être pas toujours été à la hauteur de vos
attentes individuelles ou collectives, mais votre soutien financier, moral et
votre amour m'ont permis d'arriver jusqu'à ce point. Puisse ce
diplôme nous réserver à tous des lendemains meilleurs.
A FIAN ELISABETH RACHEL ANNICK, pour son
amour, sa tendresse et sa grande confiance en moi. Que le
seigneur garde notre amour aussi pur qu'au premier jour et que ce diplôme
sois un pas de plus vers la vie que nous rêvons d'avoir .
Remerciements
A mes Amis et connaissances
Vous qui m'avez aidé à traverser certains
moments douloureux de ma vie, je vous dit infiniment merci ;
Particulièrement à GOLI Parfait pour sa gentillesse et à
Arnaud GOULOUBI pour ses bêtises.
A AMEN BANK
Notre séjour à la Banque AMEN BANK et la
rédaction du présent mémoire ont été
facilités grâce à la contribution, de quelque nature que ce
soit, de plusieurs personnes. Dans les lignes qui suivent nous leur exprimons
notre infinie gratitude. Nous avons une pensée particulière
pour :
- M. Rejeb CHEBEL , Directeur de la Direction Centrale des
Relations Internationales( DCRI)
-M. Jalel MANKAI, Responsable du Département des
Opérations courantes (DOC )
- M. Zakaria ABDENNEBI, Responsable de la Division des
Opérations Documentaires (DOD)
- M. Yousri NAJI, Responsable de la Division Entreprises Non
Résidentes (DENR)
A Mme SAKLI Sonia
Toute notre gratitude vous est
adressée pour avoir dirigé et encadré la rédaction
de ce mémoire.
A L'Université Internationale de Tunis
(UIT)
Nous ne remercierons jamais assez le corps enseignant de l'
UIT, de nous avoir donné un savoir que nous n'aurions eu auprès
de personne d'autre. Leur compétence, leur disponibilité et leurs
sages conseils ont fait de nous une personne nouvelle à la tête
bien pleine.
Nous associons à ces remerciements, tout le personnel
de la bibliothèque de la maison du Banquier pour tous les
ouvrages qu'il a mis à notre disposition et qui ont largement
contribué à l'élaboration de ce document en particulier et
à notre formation en général . Nos remerciements vont
également à l'endroit de l'ensemble du personnel administratif de
l' Université Internationale de Tunis en particulier Mlle Inès
HOSNI et M. , qui ont su se montrer accueillants et disponibles chaque fois que
nous avons sollicité leurs concours pendant ce travail.
AVANT PROPOS
Le Mastère Spécialisé en Gestion des
Organismes Financiers et Bancaires (MS GOFB) de l'Ecole Supérieur des
Sciences de Gestion (ESSG) de l' Université Internationale de Tunis est
l'un des diplômes de troisième cycle de cette institution sise
à Tunis (Tunisie).
Mais ce Mastère a la particularité d'être
l'un des diplômes les plus professionnalisés en Afrique du fait
de la qualité et de l'approche pratique de ses enseignements.
Le diplôme n'est délivré qu'après
la phase des cours théoriques et le stage en entreprise. Ce stage est
sanctionné par un mémoire professionnel.
C'est ainsi que nous avons choisi d'effectuer notre stage
à AMEN BANK et précisément à la Division
Documentaire, du département des opérations courantes (DOC) , lui
même rattaché à la Direction Centrale des Relations
Internationales (DCRI). Le choix de cette banque comme lieu de stage a
été motivé par le fait de sa longue expérience de
l'international, de son dynamisme et de sa grande importance dans le paysage
bancaire et financier Tunisien. Notre stage a duré trois (3) mois et
précisément du 10 Août au 10 Novembre 2006. C'est donc au
cours de cette période que nous avons, entre autres activités,
entamé la rédaction du présent document en guise de
mémoire professionnel. Il porte sur l'étude de la
gestion des Crédits et Encaissements Documentaires IMPORT à
AMEN BANK».
LISTE DES SIGLES ET ACRONYMES
BCT Banque Centrale de
Tunisie
BIC Bank Identifial Code
BRI Banque des
Règlements Internationaux
CAD Canadian Dollars
CCI Chambre de Commerce
Internationale
CHF Franc Suisse
CFR Cost and Freight
CIF Cost, Insurance and
Freight
CPT Carriage paid to....
CIP Carriage and Insurance
paid to...
CREDOC Crédit Documentaire
DOD Division des Opérations
Documentaires
DCRI Direction Centrale des
Relations Internationales
DT Dinar Tunisien
DAF Delivered at
Frontier
DES Delivered ex Ship
DEQ Delivered ex quai
DDU Delivered Duty Unpaid
DDP Delivered Duty Paid
EXW Ex Works
EURO Union Européenne
FOB Free On Board
FCA Free Carriage
I.A Intermédiaire
Agrée
IBAN Identifial Bank Account
Number
REMDOC Remise Documentaire
SWIFT Society for Worldwide
Interbank Financial Telecommunication
SBLC Stand By Letter of Credit
USD United States Dollar
§ L'université
Internationale de Tunis n'entend donner aucune approbation ni improbation aux
opinions émises dans ce mémoire. Ces opinions doivent être
considérées comme propres à leur auteur.
INTRODUCTION GÉNÉRALE
Aujourd'hui, le commerce mondial est impensable sans le
crédit documentaire comme instrument de crédit mais aussi comme
moyen de sécurité et d'exécution des paiements. Il remplit
toutes les conditions pour satisfaire ce rôle, dans la mesure où
ses conditions sont claires et sans ambiguïté. Les exigences
formelles sont cependant extrêmement rigoureuses: la banque ne peut
procéder au paiement qu'en échange de documents absolument
conformes aux exigences de la lettre de crédit.
S'il est utilisé à bon escient, le crédit
documentaire offre donc à l'exportateur un certain nombre d'avantages
dont le plus important est l'assurance de percevoir dans les meilleures
conditions, les produits de ses ventes à l'étranger et s 'il est
correctement rédigé, offre à l'importateur une bonne
garantie des prestations. Une émission conforme au contrat, des
conditions pouvant être remplies à l'exportateur et une
énumération pointue des documents garantissant à
l'importateur la livraison convenue par contrat sont déterminantes.
Le crédit documentaire ne constitue cependant pas le seul
instrument de paiement international ; l'encaissement documentaire
sécurise aussi les échanges commerciaux internationaux bien
qu'il ne soit pas aussi sophistiqué et réputé qu'un
crédit documentaire.
Qu'importe, ces deux techniques constituent un appui
incontournable au développement du commerce international. Pour cette
raison, sous l'impulsion de la Chambre de Commerce Internationale, elles ont
été vulgarisées auprès des entreprises et des
Organismes Bancaires.
De nos jours, tous les établissements de crédit
émettent ou reçoivent des crédits et encaissements
documentaires pour ordre et pour compte de leurs clients, qui sont
traités selon les prescriptions de la Chambre de Commerce International,
contenues dans ses publications 500 pour les lettres de crédits et 522
pour les remises. Toutes les banques pratiquent donc les mêmes
techniques.
Cependant, les styles de gestion diffèrent d'un
établissement à un autre : certains se bornent à
exécuter au bas mot, les ordres de leurs clients tandis que d'autres
vont plus loin, en proposant à ces derniers des services d'une rare
qualité, intégrant le conseil, l'assistance, l'information, la
formation et le financement.
Or les développements importants que connaissent le
commerce extérieur et les nouvelles technologies de l'information
suscitent de plus en plus chez les entreprises , des exigences nouvelles en
terme de couple qualité / coût des crédits et encaissements
documentaires, surtout dans le cadre de leurs importations.
Par qualité, il faut entendre efficacité des
processus de gestion qui se doivent d'épouser les normes ISO 9001,
version 2000 pour les systèmes de management qui, orientées
« client », insistent sur les relations
développées avec la clientèle lors des échanges
commerciaux (accueil, information, prestation, assistance) tout en mettant
l'accent sur l'engagement et l'implication des collaborateurs internes et
externes, ainsi que le déploiement de la dynamique d'amélioration
des prestations dans la gestion des opérations courantes à
destination de la clientèle.
Aussi, pour ne pas rester en marge de ces mutations, qui
représentent à la fois des opportunités et des menaces,
les banques gagneraient à appliquer à leurs opérations de
crédits et de remises documentaires le cahier de charges d'ISO 9001
définit ci-dessus.
Cependant, cette démarche est loin d'être une
réalité dans tous les services bancaires étrangers pour
des raisons diverses et nombreuses, qui ne pourront être mis
à nu qu'au terme d'études de gestion appropriées sur les
entités concernées.
C'est dans ce contexte précis que La gestion
des crédits et encaissements documentaires à l'importation, vu de
l'intérieur de l'établissement AMEN BANK prend tout son
sens.
Loin de faire le procès ou de vanter les mérites
de cet organisme bancaire de 1er rang Tunisien, cette étude
se veut aussi objective que professionnelle parce que réalisée
sur la base de nos larges connaissances de ces techniques de paiements, de nos
recherches documentaires et de notre intervention directe dans leur gestion
quotidienne dans une banque comme AMEN BANK.
Ceci dit, nous poursuivons trois objectifs majeurs à
travers ce travail.
Primo, contribuer à notre façon et selon nos
moyens, à la divulgation des techniques de crédits et de remises
documentaires, à destination d'un public d'importateurs peu avertis en
la matière.
Segundo, décrire sous un aspect purement professionnel
les processus de gestion de ces techniques afin de confronter théories
et pratiques et d'analyser les éventuels écarts (gap), en tenant
compte des spécificités de la banque d'accueil et de son
environnement.
Tercio, en vertu de notre culture de gestionnaire, proposer
des recommandations pratiques à la suite des analyses
précédentes, profitant ainsi de l'occasion pour jeter les bases
de réflexions plus poussées qui permettraient à terme
d'épuiser la question du management de qualité des
opérations documentaires.
Aussi, dans ce qui suit, nous parcourrons dans un premier
temps (première partie) la littérature bancaire en matière
de crédits et encaissements documentaires, non sans avoir au
préalable présenter de façon générale les
opérations de commerce extérieur et de change, véritables
supports et outils de travail du banquier.
Dans la deuxième partie de ce document, nous mettrons
à l'épreuve de l'analyse, les processus de gestion de AMEN BANK,
tout en prenant soin, de les décrire au préalable ; Puis,
nous terminerons par des recommandations pratiques en phase avec les
spécificités de cette institution et les objectifs poursuivis
dans le présent travail.
PARTIE I : LE CADRE THÉORIQUE DE LA GESTION DES
CRÉDITS ET ENCAISSEMENTS DOCUMENTAIRES A L'IMPORTATION
CHAPITRE I : LE COMMERCE EXTÉRIEUR ET LES
OPÉRATIONS DE CHANGE
INTRODUCTION
Dans la gestion quotidienne des crédits documentaires
et des Encaissements documentaires, les services bancaires étrangers se
référent à un certain nombre d'éléments
incontournables, préalables et indispensables pour la bonne conduite de
ces opérations. En effet, du fait de la complexité et de la
dimension internationale ces activités, il est prescrit (par les banques
centrales) aux établissements bancaires la parfaite connaissance et la
bonne pratique de certains instruments règlementaires, financiers et
commerciaux ;
Ce sont :
o Le change et La réglementation ou contrôle des
changes
o Le réseau de correspondants étrangers
(correspondent banking)
o et les caractéristiques de base de la transaction
commerciale (mode de transport, incoterms, documents.....)
Dans quel mesure et dans quel contexte ces instruments sont
ils mis à contribution dans la gestion de ces moyens de
paiement ?
Tel est la question à laquelle le présent
chapitre essaiera d'apporter une réponse.
SECTION I : LE CHANGE ET LA RÉGLEMENTATION DES CHANGES
En simple, la réglementation des changes est l'ensemble
des dispositions légales régissant les relations
financières entre un pays et le reste du monde. En effet, dans le cadre
de leurs échanges commerciaux (exportations, importations..) ou
financiers (transferts de capitaux...), les nations ont recours à
certains procédés monétaires dits
« opérations de changes » leurs permettant d'honorer
(de jouir) des engagements pris (reçus) dans des monnaies qui ne sont
pas les leurs. A ce titre, un certain nombre de codes sont
élaborés par les institutions financières et
économiques nationales pour encadrer ces activités.
Cette codification prend l'appellation de contrôle ou
réglementation des changes et représente l'instrument principal
de travail des banques et autres institutions financières dans le cadre
des paiements internationaux.
I. Les opérations de
change
1. Présentation
générale
A l'occasion du règlement des transactions
effectuées entre partenaires commerciaux et financiers internationaux,
il est de coutume de mettre en oeuvre un certain nombre de diligences visant
à convertir une monnaie en une autre ; par exemple, un importateur
français qui doit régler une facture établie par un
vendeur américain devra se procurer des dollars par
l'intermédiaire de sa banque avant d'envisager le paiement de la somme
due. Cette contrainte donnera naissance à une opération en vertu
de laquelle, la banque indiquée achètera la devise
considérée auprès d'une autre banque et à un
certain prix (cours) en lui cédant la contre valeur dans sa monnaie
locale du montant fixé. Cette technique en apparence complexe est
appelée « opération de change » et
est pratiquée par la plupart des grandes banques internationales,
par l'intermédiaire de leurs cambistes1(*). En général, l'activité de change
est concentrée sur quatre devises « principales »
traitées contre le dollar américain : EUR, le JPY, la GBP et
le CHF et ce dans un environnement parfaitement structuré, permettant
aux acteurs d'interagir de façon efficace et d'aboutir à la bonne
fin des opérations : c'est le marché des changes.
2. Le marché des
changes
Le marché international des changes (FOREX EXCHANGE)
est un marché non localisé permettant d'assurer la confrontation
des offres et des demandes de devises et de déterminer le cours de
chacune d'elles en monnaie nationale (P.Garsuault & S.Priami,
P 321).
Plus de 3 000 milliard de Dollars, c'est le
montant quotidien échangé sur ce marché, tous produits
confondus, c'est à dire aussi bien pour le change classique que pour les
produits dérivés (swap de change, option de change...)2(*) .Pour situer ce volume,
signalons que le montant annuel des échanges de biens
et services est de 4 300 milliards de Dollars.
Précédemment indiqué, le
marché des changes est le lieu de confrontation des offres et des
demandes (achats/ventes) de devises, c'est à dire des moyens de paiement
des différents pays. Comme sur tout marché, la rencontre
de l'offre et de la demande des différentes monnaies permet de fixer le
prix d'une des devises par rapport à l'autre, c'est à dire son
cours de change. Ce marché comprend le
change
comptant mais également le
change
à terme et implique donc un accès aux
opérations de «
trésorerie »
(prêt / emprunt) en devise ou en monnaie nationale. Ce marché
mondial, qui est essentiellement interbancaire3(*) , est le deuxième marché financier de la
planète en terme de volume globale,derrière celui des taux
d'intérêt ; c'est néanmoins le plus liquide et le plus
profond en terme de produits traités et d'intervenants.
Son volume quotidien était en 2004 de 1 900
milliards de dollars US, soit :
· 600 milliards en transactions au comptant et
· 1 300 milliards en transactions à terme
Quasi-uniquement en transactions de gré à
gré, selon l'étude triennale de la banque des règlements
internationaux (BRI)4(*),
les transactions en volume étaient :
· Pour 53% entre banque (interbancaire)
· Pour 53% entre une banque et un gestionnaire de fonds
(FCP, SICAV, SICAR...) ou une institution financière non bancaire
(Banque d'affaire, Société de factoring ou de Leasing
international)
· et enfin pour 14% entre une banque et une entreprise
non- financière.
Ainsi sur ce marché, les monnaies flottent les unes par
rapport aux autres et leurs cours sont fixés de façon libre. En
réalité, les banques n'interviennent pas directement sur ce
marché mais le font par le truchement de leurs cambistes5(*). En premier lieu, un Cambiste
doit satisfaire les demandes de cours émanant de diverses contreparties.
Celles-ci peuvent être des clients, d'autres Banques voir des services
internes à la Banque. Ceci bien entendu en accord avec les diverses
réglementations et sous réserve des autorisations suffisantes.
Selon la politique de l'établissement qui l'emploie, le Cambiste adopte
différents comportements.
v La couverture
Il assure les couvertures (hedging) et
gère les diverses positions de la Banque.
Couvrir une position revient à exécuter les
ordres divers (entreprises importatrices et/ ou exportatrices...) en
s'adressant à l'ensemble du marché et en dénouant
l'opération par un gain net pour la banque.
v La
prévision
Il anticipe les mouvements du Marché par
l'observation (spéculation). Le Cambiste dispose de
nombreuses sources d'informations (REUTER, TELERATE, BLOOMBERG) lui permettant
d'accéder à toutes les cotations et informations. Il a
également accès aux indicateurs économiques des principaux
pays ainsi qu'aux informations financières mondiales. Il est en mesure
de se forger une opinion (bonne ou mauvaise) sur l'évolution des cours
ou taux et ainsi d'anticiper des mouvements futurs.
v L'arbitrage
Il consiste à essayer de tirer parti de
décalages ponctuels de prix ou de cours sur le même support, la
même devise sur 2 marchés différents. Dans ce cas il est
appelé arbitragiste. le Cambiste dispose à cet effet de puissants
outils informatiques (des pricers) lui permettant de calculer
différents prix ou de vérifier qu'un arbitrage
« passe ». Ces outils sont généralement
alimentés en temps réel. Les possibilités d'arbitrage ne
se présentant que pendant des périodes très courtes,
l'arbitragiste se doit alors de réagir très rapidement6(*).
Les banques ne sont pas les seuls intervenants sur le
marché des changes. Animent également le Forex
Exchange :
ü Les banques centrales et autres
institutions financières (filiales financières ou bancaires de
grands groupes industriels...) qui interviennent pour
exécuter les ordres de leurs clients et pour leur propre compte en
essayant d'anticiper les variations des cours ou des taux.
ü les entreprises multinationales
qui possèdent très souvent leurs propres salles de
changes et qui du fait de leur gestion de trésorerie internationale
peuvent intervenir directement sur le marché des changes ; Elles
sont néanmoins tenues d'intervenir sur la marché par
l'intermédiaire d'un établissement financier ce qui a
poussé les plus importantes d'entre elles à créer leur
propre « banque ».
ü les investisseurs institutionnels
qui sont des caisses de retraite, des compagnies d'assurance, des
fonds de pension (hedge funds), des SICAV ou des FCP7(*)
Comme stipulé précédemment Le
marché des changes est scindé en deux grands compartiments
spécifiques aux opérations qui y sont traitées ; ce
sont :
o le marché des changes au comptant (SPOT)
o le marché des changes à terme
2.1) le marché des change au comptant
Le marché au comptant ou spot est essentiellement un
marché interbancaire, continu, non localisé, et de gré
à gré8(*) :
- interbancaire parce que les banques commerciales sont les
acteurs privilégiés de ce marché
- continu parc que les devises librement convertibles sont
cotées 24H/24
- de gré à gré (ou OTC, Over the Counter)
car les deux intermédiaires négocient librement les cours de
change ainsi que les montants des transactions.
Les échanges sont réalisés par mouvements
sur des comptes bancaires. Ces mouvements sont rendus possibles par le fait que
les banques d'un pays possèdent un compte dans les banques des autres
pays, appelé compte Nostri, qui est libellé dans
la devise du pays d'accueil. Les opérations de change sont dites
« change transfert » par opposition au
« change manuel » destiner aux
transactions sur les billets. On constate donc que
« physiquement » chaque devise reste dans son pays
d'origine et n'est déplacée que de compte
bancaire en compte bancaire.9(*)
Comme son nom l'indique, le marché spot est le lieu de
référence du change au comptant qui correspond à :
· Un engagement du vendeur à
mettre à disposition de l'acheteur, généralement dans un
délai de 2 jours ouvrés, chez une banque à
l'étranger (un correspondant) un certain avoir en compte en monnaie
étrangère.
· Un engagement de l'acheteur de
régler dans le même délai, soit en monnaie nationale, soit
en une autre monnaie (selon le même mécanisme de correspondant).
Les participants au marché spot cotent toujours les
devises sous la forme de deux cours : le plus bas (cours acheteur ou BID)
est celui auquel le trader (cambiste) est prêt à acheter et le
plus haut (cours vendeur ou ASK) celui auquel il est prêt à
vendre. L'écart entre les 2 cotés s'appelle le
Spread. C'est le cambiste qui détermine le Spread, en
fonction du montant traité, de la nervosité du marché et
de son « sentiment ».
Il existe à ce titre deux
grands modes de cotations :
- la cotation au
certain : Une unité de la monnaie locale est
exprimée en n unités d'une devise étrangère
- la cotation
à l'incertain : Une unité de la devise
étrangère est exprimée en n unités de la monnaie
locale
Pour un couple de devise donné, le cours exprime la
cotation au certain de la devise maître par rapport à la devise
secondaire et par voie de conséquence la cotation à l'incertain
de la devise secondaire par rapport à la devise principale. A noter que
l'on emploie également et indifféremment le terme
« Devise principale »
pour « Devise maître » et
« Devise de
contre-valeur » pour « Devise
secondaire ».
Ex : Pour une cotation d'EUR./JPY
à 132,00, le cours représente
· La cotation au certain de l'EUR. par rapport au JPY.
· La cotation à l'incertain du JPY par rapport
à l'EUR.
La méthode qui s'applique est donc (sauf indication
contraire) la multiplication.
Ici donc pour 1 million d'EUR., on a
1 000 000 x 132 = 132 millions de JPY.
Les cours
croisés
Un cours croisé est un cours de
change d'une devise contre une autre, calculé à partir du cours
de ces deux devises contre une devise commune (généralement le
Dollar). En effet, la plupart des monnaies sont exprimées par rapport au
Dollar. On trouve également des cotations pour certaines
« paires » de monnaies importantes : EUR/GBP, EUR/JPY,
GBP/JPY, etc. En revanche, pour certains autres couples, il est
nécessaire de calculer le cours en utilisant la méthode dite de
cours croisés (cross) c'est à dire en se servant du cours de
chacune des devises contre une autre monnaie commune.
Pour clore le marché SPOT , il
est intéressant de noter que toutes les transactions sont
dénouées à J+2 (jours ouvrés) en dehors de celles
portant sur la parité USD/CAD10(*) qui sont débouclées à J+1.
2.2) le marché des changes à terme
Le change à terme est un échange de 2 devises
à une date To (la date de valeur) et un cours (cours à terme)
négociés. Ce type de contrat permet de fixer à l'avance un
cours entre 2 devises, et donc de se couvrir contre le risque de change. Pour
situer les idées, prenons un exemple:
· Une grande entreprise Italienne a vendu au Japon une
importante quantité de marchandise pour un montant de 1 million d'euros.
Compte tenu des délais de fabrication et de livraison, le
règlement interviendra dans 1 an et sera effectué dans la devise
du client, c'est à dire le Yen.
· Notre exportateur va donc recevoir dans un an un
certain montant en Yen qu'il devra céder au cours du moment.
· Ce cours n'étant pas connu à la mise en
place de la transaction, on dit que l'exportateur est en
risque de
change.
En effet, supposons que le cours EUR/JPY à la signature
de la transaction soit de 100. La facture sera établie pour 100 millions
de Yens qui une fois convertis donneraient bien 1 million d'Euros. Si,
malheureusement, la parité (le cours) Euro contre Yen monte et qu'elle
s'établisse dans un an à 120, les 100 millions de JPY ne
représenteront plus que 833 333 EUR. C'est pourquoi
notre exportateur à besoin de connaître précisément
le cours auquel il pourra céder les Yens qu'il recevra, dans un an, en
paiement de ses marchandises. Sa Banque lui fournira ce cours de change
à terme, ce qui lui permettra :
1. De s'assurer que les devises reçues donneront bien
le montant prévu en devise nationale (et lui assureront les marges
prévues).
2. D'établir précisément le montant en
Yen de la transaction.
Bien entendu, le risque est le même en cas de baisse du
cours pour un importateur.
Le change à terme est donc une
solution destinée à réduire le risque de change en fixant
dès la conclusion de l'opération le cours qui sera
appliqué à l'échéance. Les
caractéristiques d'une opération de change à terme se
définissent par rapport à un cours "spot" (cours utilisé
pour le change au comptant) de référence pour les
opérations du jour (Charles de La Baume, André
Rousset et Charles-Henri Taufflieb, P_83).
La différence entre le cours spot et le cours à
terme s'appelle les "points de terme". Quand le cours à terme est
supérieur au cours comptant on parle de
« report ». Quand le cours à terme est
inférieur au cours comptant on parle de
« déport ». Mais comment
détermine-t-on le cours à terme ?
Comme évoqué un peu plus
haut, les banques disposent d'informations en temps réel sur les cours
des différentes places financières. Ces informations leur sont
fournis en général par REUTERS11(*), et concernent les cours spot - Over the night- et
les cours à terme allant d'une semaine à 12 mois, et ce dans les
monnaies les plus demandées, USD, GBP, CAD, EUR, JPY notamment. C'est
donc sur la base de ses informations que les front- office et les back office
des banques prennent position et exécute les ordres d'achat ou de vente
de devises de leurs clients exportateurs ou importateurs.
In fine, il convient de noter que les opérations
effectuées sur les différents compartiments du marchés de
changes (spot, à terme, dérivés) sont nombreuses, diverses
et plus complexes les unes que les autres ; elles font appel aux
techniques les plus sophistiquées en matière de finance de
marché, de finance internationale et de finance d'entreprise, qui
n'entrent pas dans le cadre de cette étude.
Néanmoins, voyons de façon concrète
comment se déroulent en général les transactions portant
sur les devises.
3. le traitement d'une
opération de change « front to back »12(*)
3.1) La
négociation
Le marché des changes est un marché de
gré à gré, animé par les banques et par les
brokers. Des plates-formes de négociation électroniques telles
que Reuters Dealing ou EBS (Electronic Broking Service) sont couramment
utilisées. Ces plates-formes peuvent permettre de négocier sur un
mode conversationnel : les traders s'appellent,
« chattent » littéralement, puis valident leurs
deals. Ou alors elles apparient automatiquement les propositions saisies par
les participants : dans ce cas c'est le système qui crée les
deals, et les contreparties ne se connaissent qu'une fois la négociation
terminée.
3.2) La tenue de
position
Le système Front - Office
enregistre tous les deals en temps réel. Les deals
négociés par téléphone sont saisis par le trader,
les deals effectués dans les plates-formes électroniques sont
transmis automatiquement. Le système de tenue de position offre les
fonctionnalités basiques suivantes, qui constituent le minimum
requis :
· Enregistrement manuel ou automatique des deals
· Validation des deals
· Contrôle des risques : risque de
contrepartie, risque de marché
· Calcul des positions en temps réel
· Calcul du résultat en temps réel
· Possibilité de générer
automatiquement des deals :
o Deals de couverture,
o Split : génération de 2 deals en passant
par une devise tierce (méthode des cours croisés décrite
plus haut)
o Break-up : éclater une position achetée
ou vendue globalement en plusieurs deals (permet de générer
plusieurs deals clients à partir d'un deal négocié avec un
broker)
· Transmission du « ticket »
validé au Back Office
3.3) La
matérialisation des opérations de change
Le système Back - Office a pour fonction de
matérialiser les opérations négociées par le
trader:
· Vis-à-vis des contreparties :
o Emission des confirmations : les
opérations de change sont confirmées par des messages SWIFT MT300
o Rapprochement des confirmations : étant
donné les volumes considérables d'opérations
négociées, les back-offices se dotent de systèmes de
rapprochement automatiques entre les confirmations émises et les
confirmations reçues. Cela permet de détecter les erreurs ou les
incompréhensions avant de déclencher les paiements.
o Emission des paiements :
génération d'un ordre de paiement (MT202) pour le correspondant
dans la devise payée, d'un préavis d'entrée de fonds
(MT210) pour le correspondant dans la devise reçue. Si la contrepartie
est interne (client, deal entre 2 desks), les paiements se font via la
comptabilité (débit / crédit en compte).
· Vis-à-vis de l'établissement :
o Enregistrement comptable des opérations :
§ les deals de change sont enregistrés en hors -
bilan (comptabilité d'engagement) pendant la période qui
sépare la date de négociation de la date de valeur, puis à
la date de valeur atteinte, la comptabilité de hors bilan est
extournée et les opérations sont enregistrées au bilan de
la banque.
§ D'autre part les opérations de change alimentent
des comptes qui ne sont pas libellés dans la devise de tenue du bilan de
la banque. Les positions détenues alimentent des comptes de position de
change, dont la réévaluation quotidienne enregistre le risque de
change encouru par la banque.
Ainsi, l'on constate qu'une monnaie ne sort jamais de son pays
ou de son lieu d'émission : le dollar reste confiné aux USA
et ne peut être utilisé qu'auprès de banques
résidantes aux Etats-Unis. Il en est de même pour l'Euro dans la
zone Euro et pour toute autre monnaie dans son pays. Mais pour s'ouvrir
à l'extérieur (économiquement) et faire `'affaire'' avec
les autres pays du monde, il est nécessaire et impératif de
posséder des avoirs dans leurs monnaies ; Ces avoirs sont
appelés Réserves de change et bénéficient d'une
attention particulière des autorités monétaires (Banques
centrales) et financières locales (Ministères des finances) du
fait de leur importance dans la détermination du poids de leurs monnaies
respectives dans les échanges internationaux. Aussi, pour rationaliser
les `'sorties de devises'', ces autorités ont mis en place un ensemble
de règles devant régir les opérations de change et par
ricochet les paiements internationaux : il s'agit du contrôle ou
réglementation des changes.
II- Le contrôle ou
réglementation des changes
Le contrôle des changes est constitué par
l'ensemble des règlementations visant à réguler les
transferts de capitaux de l'étranger ou en provenant (G. ROUYER & A.
CHOINEL, P.227). Ces règlements ont généralement pour
objectif d'interdire ou de soumettre à une autorisation préalable
les paiements internationaux en devise13(*) . Elles sont fixées par décrets
ministériels, arrêtés ou circulaires émanant des
banques centrales et des ministères des finances. Mais , ces
administrations ne pouvant assurer dans le détail, le contrôle de
l'application des dispositions qu'elles ont élaborées
délèguent une partie de cette tache à `'des
intermédiaires agrées `' qui ne sont rien d'autres que les
banques ayant reçu à cet effet un agrément
spécial14(*).
Ainsi, le fait d'être agrée présente l'avantage de pouvoir
agir directement et seul dans les limites de la réglementation, ce qui
accélère les services rendus à la clientèle. En
contrepartie de cet avantage, L' I. A doit supporter un certain nombre de
contraintes :
ü responsabilité de l'application rigoureuse de la
réglementation
ü tenue régulière de documents de
contrôle et établissement de statistiques pour la banque
centrale.
La réglementation des changes15(*) touche deux aspects
fondamentaux internationaux :
§ les opérations commerciales (paiements des
importations, exportations et gestion des comptes en devises)
§ les opérations financières [les
investissements directs à l'étranger et étranger dans le
pays considéré, les opérations de crédits (avances
en devises, cautions...) et la gestion internationale des valeurs
mobilières]
En outre, pour définir le cadre d'application de sa
réglementation, Chaque nation définit un certain nombre de
termes, tels « résidents », « non
résidents », et « Etrangers ». La
signification donnée à ces termes divergent d'un pays à un
autre. Néanmoins, ils ont une importance capitale en ce qui concerne
l'application des textes légaux en matière de commerce
extérieur et de change.
III. Le réseau de
correspondants bancaires et les transferts de fonds
1. le réseau de
correspondants bancaires (Correspondent banking)
Précédemment indiqué,
une devise ne sort jamais de son pays d'origine: le dollar a cours aux
Etats-Unis seulement, l 'Euro a cours dans les pays de l 'Euroland
seulement, etc. Une banque européenne qui souhaite détenir et
échanger des dollars devra donc ouvrir un compte dans une banque
américaine. Elle devient cliente de cette banque. La banque
américaine est appelée le « correspondant » aux USA de
la banque européenne.
En général, toutes les banques disposent d'un
compte Nostro libellé dans les plus grandes devises du monde (USD, EUR,
GBP, CHF ou JPY) .Ce faisant elles ont au moins un correspondant dans les pays
Européens (France, Italie, Allemagne, Espagne...), un correspondant en
Suisse (pour le CHF), un correspondant aux USA (pour le Dollar
Américain), un correspondant en Grande Bretagne (pour la livre sterling)
etc. Ces comptes font l'objet d'un suivi régulier et donnent lieu
à des relations `' de courtoisie'' entre les différents
correspondants bancaires (échanges de Bilans annuels et d'informations
financières et économiques en général). De toutes
les formes de présence à l'étranger (Filiale, Succursale,
partenariat, bureau de représentation...), le correspondant banking est
celle qui est la plus facile à mettre en oeuvre, la moins coûteuse
et la première étape dans le processus d'internationalisation des
banques. Les comptes Nostro et Loro font régulièrement l'objet de
couvertures (ou de provisionnements) lorsqu'ils présentent un solde nul
ou proche de zéro. Enfin, la plupart des banques tiennent des fichiers
régulièrement mis à jour sur leurs correspondants
étrangers ; ces fichiers contiennent entre autre :
§ La dénomination du correspondant, son adresse et
toutes ses coordonnées
§ Son pays et sa monnaie nationale
§ Son code Swift ou Télex
§ Le solde des comptes Nostro
§ Des informations financières (taille du bilan et
principaux indicateurs de rentabilité et de risque), et commerciales
(part de marché dans le secteur bancaire locale, politique commerciale,
produits etc.)
2. La communication entre
correspondants étrangers : le réseau SWIFT
Dans leurs correspondances quotidiennes, les banques ont
recours à la performance et la fiabilité du réseau SWIFT
entendez Society for Worldwide Interbank Financial Telecommunication.
SWIFT16(*) est une entreprise de droit belge, dont le
siège est à Bruxelles. Son rôle est de faciliter les
opérations bancaires internationales grâce à un
réseau informatique très puissant. Elle a été
fondée par 239 banques de 15 pays différents en 1973 et
aujourd'hui, plus de 7125 institutions dans 192 pays y sont
abonnées17(*). Les
adhérents sont identifiés au sein du réseau par leur code
BIC18(*) qui comprend:
· l'identification de la banque sur 4 caractères
· le code pays sur 2 caractères
· le code ville sur 2 caractères
Exemples: PARBFRPP, CRLYFRPP, BONYUS33
Le réseau SWIFT permet d'échanger une grande
variété de messages entre banques, sous un format qui est devenu,
un véritable standard du marché. Les messages SWIFT sont
classés par catégories:
· les catégories 1 et 2 regroupent les messages
concernant les transferts de cash entre banques, ou messages de paiement (MT
202, MT 205, MT 210)
· La catégorie 3 couvre le marché des
produits de taux et de change ainsi que les produits dérivés (MT
300, MT 303.)
· La catégorie 4 couvre les opérations
d'encaissements documentaires (avis d'acceptation, accusé de
réception, réclamation de frais et demande d'instructions...MT
400, MT 412, MT422...)
· la catégorie 5 concerne le marché des
titres (livraisons de titres, instructions de règlements, confirmations
de transactions ... MT 540, 541,542 543...)
· la catégorie 7 regroupe les messages relatifs
aux crédits documentaires et aux garanties bancaires internationales
(émissions, amendements, avis de paiement/ d'acceptation/ de
négociation (MT 700, MT 707, MT 740...)
· la catégorie 9 regroupe tous les messages
d'information
Le réseau Swift est en
général choisi pour son efficacité et pour sa
fiabilité. Bien entendu, il n'est pas le seul moyen de communication
interbancaire international ; il existe aussi le télex, le fax, le
courrier recommandé et l'Internet. A l'exception du dernier cité,
les autres moyens de communications sont devenus ` vieux' et
complètement inadaptés aux nouvelles exigences de la
clientèle bancaire (et des banques elles mêmes) en matière
de rapidité et de sécurisation des transactions.
3. Les transferts de fonds
entre banques
Quelque soit le moyen de paiement
utilisé (ordre de virement, lettre de change, crédit
documentaire...), la plupart des règlements internationaux est
débouclé directement sous forme de virements de comptes à
comptes entre banques par l'intermédiaire des correspondants
étrangers sans qu'il n'y ait pas manipulation d'espèces ou de
titres de paiements (P.Garsuault & S.Priami, P 91). Ces mouvements
scripturaux peuvent se présenter sous la forme d'un virement ou d'un
rapatriement selon le sens dans lequel ils sont effectués ; Ainsi,
pour une banque située à Abidjan (RCI) qui reçoit des
fonds provenant d'une contrepartie étrangère, l'opération
sera considérée comme un virement et pour cette contrepartie un
rapatriement.
Pour mieux illustrer le mécanisme suivant, nous
considérons l'exemple suivant :
Exemple : La
société française `'bêta'' doit 5 000,00 USD
à la société Américaine `'alpha'' au terme d'une
importation de sandwichs congelés. Le paiement doit s'effectuer par
virement bancaire en vertu de la confiance réciproque des partenaires
commerciaux. A la date convenue, le client bêta demande à sa
banque BIP Paribas d'effectuer le virement en faveur d'alpha en indiquant le
montant à transférer, les références de
l'opération commerciale ainsi que le code IBAN19(*) et SWIFT de la banque du
bénéficiaire qui se trouve être la CETY Bank New york.
Aussi, BIP Paribas débite (ou bloque) le compte de bêta de la
contre-valeur de USD 5 000,00 au cours du jour (spot) ; Ensuite elle
notifie à son correspondant américain FUJI BANK d'effectuer le
paiement du montant sus-mentionné à la société
alpha dont le compte dors sur les livres de la CETY BANK (SWIFT MT 202-ordre de
paiement). Une fois reçu l'ordre de paiement, la FUJI BANK débite
le compte en USD de BIP Paribas et crédite sur ses livres le compte de
la CETY Bank de USD 5 000,00. Simultanément elle adresse à
BIP Paribas un MT 900 « avis de débit » et
à CETY Bank un MT 910 « Avis de crédit » ;
Ayant reçu le paiement, cette dernière crédite sur ses
livres de compte de la Société alpha du montant reçu.
Remarques :
§ Le correspondant informe en général son
client des mouvements de fonds sur son compte en temps réel (par des
messages SWIFT MT900 et MT910), et communique obligatoirement un
récapitulatif (MT950) en fin de journée.
§ Les fonds reçus par le correspondant au nom de
son client sont inscrits par lui dans sa comptabilité au crédit
du LORO du client. Simultanément le client enregistre le même
mouvement un débit du miroir NOSTRO face au crédit d'un compte de
comptabilité générale (comptabilité en partie
double).
Du point de vue de la banque, on gardera donc toujours
à l'esprit que:
· Une entrée de fonds se matérialise en
comptabilité par un Débit NOSTRO
· Une sortie de fonds se matérialise en
comptabilité par un Crédit NOSTRO
§ Les banques centrales jouent un rôle essentiel
dans les transferts de fonds entre banques. En tant que « banque des
banques », la banque centrale est un point de passage obligé
lors de tout échange de fonds entre 2 banques du même pays. Tout
transfert de fonds entre une banque A et une banque B, résidentes dans
le même pays, a pour effet de débiter le compte de la banque A en
banque centrale (en France le CCR, Compte Courant de Règlement), au
profit du compte de la banque B. La banque centrale est donc un correspondant
obligé dans la monnaie locale du pays dans lequel la banque est
résidente. Les avoirs en dépôt à la banque centrale
sont reflétés, dans la comptabilité de la banque, par un
compte NOSTRO, au même titre que les avoirs en dépôt chez
tous les autres correspondants.
Au terme de cette section, il apparaît clairement
qu'aucune opération bancaire avec l'étranger ne saurait
être menée à bien sans une connaissance préalable
des opérations de change et de leur aspect légal ainsi que la
détention de comptes en devises auprès de correspondants
étrangers avec lesquelles la communication doit être
régulière, professionnelle et surtout sécurisée en
vertu de la nature même de l'activité bancaire d'où le
nécessaire recours au réseau swift. Néanmoins, le
banquier, parce qu'assurant le règlement financier d'une
opération commerciale, ne doit pas en ignorer les aspects fondamentaux
au risque de se confiner dans des chiffres « muets ». C'est
dans ce contexte précis que nos abordons les opérations de
commerce internationale et leurs caractéristiques fondamentales.
SECTION II : LES ÉLÉMENTS DE BASE D'UNE
TRANSACTION COMMERCIALE
Tous les échanges commerciaux avec l'étranger
sont soumis à la loi de certains éléments de base. Ces
derniers, incontournables dans le commerce international de biens et de
services, constituent les pièces maîtresses de l'opération.
Aussi, ces éléments, représentent des outils
indispensables pour le banquier, dans la conduite de toute opération de
crédit ou d'encaissement documentaire. Ce sont :
§ les modes d'expédition et les contrats de
transport
§ les incoterms
§ les éléments de la liasse documentaire
internationale
I. Les modes
d'expédition et les contrats de transport
Le transport est un élément stratégique
qui met en valeur la compétitivité du vendeur. Les entreprises
exportatrices choisissent leur mode de transport en fonction du coût, du
délai et de la sécurité auxquels viennent s'ajouter la
nature du produit, sa qualité et le pays de l'acheteur. En
l'espèce, il existe 4 grands modes d'expédition et de contrats de
transport :
§ le transport par mer et la lettre de connaissement
maritime
§ le transport par avion et la lettre de transport
aérien
§ le transport par route et la lettre de voiture CMR
§ le transport par rails et la lettre de voiture CIM
§ le transport combiné et le document de transport
multimodal
1. Le transport par mer et
le connaissement maritime
Le transport maritime reste, en volume de
marchandises transportées, le premier moyen de transport utilisé
dans le monde, en particulier pour les destinations lointaines.
De tous les moyens de transport, le transport maritime est
celui qui peut charger le plus de marchandises en commerce international. Le
transport maritime est pratiquement le seul moyen économique pour
transporter de grands volumes de marchandises entre des pays
éloignés (Corinne Pasco, P.59). Le transport maritime, dont le
développement est étroitement lié à celui du
commerce international, demeure de très loin le principal mode de
transport des marchandises dans le monde : 98 % des échanges se font par
voie maritime représentant ainsi un volume annuel supérieur
à 5 milliards de tonnes20(*). En outre, il permet de desservir plusieurs zones
géographiques21(*).
Néanmoins, il présente des délais plus longs et
nécessite des frais d'emballage et d'assurance plus onéreux. Le
contrat de transport22(*)
est en général matérialisé par un document
dénommé connaissement maritime (Bill of lading).
Le connaissement est un document établi et signé
par le capitaine du navire ou son représentant :
-il fait la preuve de l'existence d'un contrat de transport,
d'un reçu de marchandises et représente le droit sur celles-ci et
indique la date d'expédition de la marchandise (P.Garsuault &
S.Priami, P. 133)
-il confère à son possesseur un droit exclusif
sur la marchandise transportée
-il peut comporter une clause à ordre, ce qui permet
par simple endossement de transférer ce droit exclusif sur la
marchandise à un tiers (banque, acheteur...)
-il est souvent émis en 2 ou 3 exemplaires originaux
permettant chacun de retirer la marchandise (connaissement accompli) ;
L'ensemble des exemplaires constitue le jeu complet de connaissements
-il doit être « clean »
c'est-à-dire ne doit comporter aucune réserve du capitaine du
navire quant à l'état apparent de la marchandise (G. Rouyer &
A. Choinel, P334)
2. Le transport par avion
et la lettre de transport aérien
L'intérêt du transport aérien, c'est sa
rapidité et sa sécurité.
En contrepartie, le coût est plus élevé
mais la rapidité permet des livraisons fréquentes. Le contrat de
transport23(*) est
matérialisé par la lettre de transport aérien (Air way
Bill) (LTA)24(*).
Ce document est émis par une compagnie de transport aérien
ou son représentant :
o il fait la preuve du contrat de transport et un reçu
de la marchandise mais à l'inverse du connaissement maritime n'est pas
négociable et ne représente pas la marchandise (P.Garsuault &
S. Priami, P. 134).
o il est établi par l'expéditeur mais à
la demande de ce dernier et sous sa responsabilité, le transporteur peut
l'établir
o il est généralement émis en 3
exemplaires originaux :
- le 1er porte la mention « for carrier-
pour le transporteur » et est signé par l'expéditeur
- le 2nd porte la mention « for
consignee » (pour le destinataire) et est signé par
l'expéditeur et le transporteur
- le troisième porte la mention « for
shipper » (pour l'expéditeur) et est signé par le
transporteur et est remis à l'expéditeur après prise en
charge de la marchandise ; c'est ce dernier exemplaire qui est
utilisé dans le cadre d'un crédit documentaire
o selon la convention de Varsovie (12/10/1929) la marchandise
rets la propriété de l'expéditeur jusqu'à sa
réception par le destinataire à l'arrivée.
o Enfin, la LTA couvre les contrats sous incoterms CPT, CIP,
DDU, et DDP
3. Le transport par route
et la lettre de voiture CMR
L'intérêt de ce mode de transport réside
dans sa souplesse d'adaptation et dans ses délais relativement courts
(selon l'état des infrastructures routières et des
procédures douanières). Le contrat de transport routier est
matérialisé par la lettre de voiture CMR25(*). En effet, le transport
routier international est régie par la
« Convention de transport des marchandises par
route » signée à Genève le 19 mai 1956 et
entrée en vigueur en juillet 1961.
o Selon l'article 5 de la dite convention, la lettre de
voiture est établie en 3 exemplaires originaux signés par
l'expéditeur et le transporteur dont le premier est remis à
l'expéditeur , le second accompagne les marchandises et le
troisième conservé par le transporteur.
o Elle représente le contrat de transport passé
entre l'expéditeur et le transporteur, ainsi q'un reçu des
marchandises
o Elle ne représente pas la marchandise et de ce fait
n'est pas un papier valeur (non négociable)
o Enfin, elle couvre les contrats sous incoterms EXW, CPT et
CIP
4. le transport par rail et
la lettre de voiture CIM
C'est un type de transport adapté aux longues distances
et aux tonnages importants. Il est aussi favorable au développement du
transport combiné et assure le respect des délais tout en
permettant une bonne fluidité du trafic (A. Ammar, P 72). Le document de
transport utilisé en trafic ferroviaire est la lettre de voiture
CIM26(*) (convention
internationale de marchandises).
o Il fait la preuve de la conclusion du contrat de transport
et représente un reçu de la marchandise
o Il doit être établie par l'expéditeur
qui assume alors la totale responsabilité de l'exactitude des
informations y figurant
o Il se présente sous la forme d'un duplicata
dûment estampillé (certifié) par le bureau de la gare
expéditrice de la compagnie des chemins de fer
o Jusqu'à ce que la marchandise ne soit retirée
à la gare d'arrivée par le destinataire, elle reste la
propriété de l'expéditeur
5. Le transport
combiné et les documents de transport multimodal
Le transport combiné désigne l'emploi successif
de deux ou plusieurs modes de transport (aérien, maritime...) pour
l'acheminement d'un envoi de marchandises27(*) ;
La combinaison peut se faire selon plusieurs modalités
(rail-route, route-mer, route-air...) mais dans tous les cas est
représentée par un unique document ou contrat de transport,
le document de transport multimodal28(*). Ce document confère un droit de gage
à son porteur29(*)
s'il est négociable. Il atteste que la marchandise a été
remise au transporteur ou à son agent, qui ne s'en dessaisira que contre
remise d'un exemplaire du connaissement de transport combiné par un
porteur (J Duboin, F Duphil, J Paveau & J-M Sarhan, P.73). Lorsqu `il
fait intervenir un connaissement de transport multimodal, le transport
combiné se fait sous incoterms CPT,CIP,DAF,DDU,DDP.
Une fois la question du transport réglée, il est
crucial pour l'importateur et pour l'exportateur de se mettre d'accord sur un
certain nombre d'éléments relatifs à la gestion
opérationnelle de la transaction. En fait il s'agit pour ces partenaires
de savoir « qui fait quoi et qui supporte
quoi ? ». A cet effet la CCI30(*) a fixé en dehors de
toute réglementation31(*) des règles devant encadrer les
négociations commerciales ; ce sont les incoterms.
II Les incoterms 200032(*)
Eléments essentiels de la logistique du commerce
international, les « international commercial terms 2000 »
constitués de 13 termes désignés de la façon
suivante :
EXW .....FAS.......FCA.........FOB.......CFR ........CPT.........sont
le résultat d'un long travail de codification effectué depuis les
années 80 par la chambre de commerce internationale33(*). Leur intérêt
réside dans le fait qu'ils représentent un langage commun des
acheteurs et vendeurs en leur permettant de repartir clairement les
obligations, les coûts et les risques sur les marchandises pendant la
période de leur acheminement jusqu'à la livraison. Dans la
pratique, les incoterms sont regroupés dans trois grandes familles
(Corinne PASCO, P.53) :
- les incoterms de vente au départ (V /D)
- les incoterms de vente à l'arrivée (V/A)
- et l'incoterm DAF
1. les incoterms de vente
au départ
Les incoterms de vente au départ font supporter par
l'acheteur (dans une plus ou moins grande mesure) les charges et les risques
liés au transport des marchandises. Le vendeur utilisera un de ces
incoterms si son organisation n'a pas la capacité organisationnelle pour
prendre en charge le transport, ou si les conditions de prix ou de
sécurité dans le pays de destination ne sont pas satisfaisantes
(J.Duboin, P.42) . L'acheteur qui ne dispose pas d'expérience en
matière de transport les évitera quant à lui. Les
incoterms de cette famille sont les plus couramment utilisés dans les
ventes réalisées par les PME, qui disposent rarement des
ressources suffisantes pour assurer un service de transport complet
jusqu'à destination.
On retrouve huit termes différents dans cette
catégorie, à savoir :
·
EXW
·
FCA
·
FAS
·
FOB
·
CFR
·
CIF
·
CPT
·
CIP
2. Les
incoterms de vente à l'arrivée
Les incoterms de vente à l'arrivée ne
libèrent le vendeur de ses obligations que lorsque les marchandises
arrivent à destination34(*). Les coûts et les risques liés au
transport principal sont à charge du vendeur. Le vendeur décharge
ainsi l'acheteur de toute une série d'obligations et de risques, ce qui
peut constituer un excellent argument de vente. De plus, il est parfois
préférable pour le vendeur de rester maître du transport de
ses marchandises jusqu'à leur livraison. Une des conséquence
négatives cependant de l'utilisation des incoterms de cette famille est
que le moment de la livraison et donc, souvent, le moment du paiement du solde
du prix est postposé à l'arrivée des marchandises à
destination. En outre, ces incoterms seront évités par le vendeur
s'il ne dispose d'aucune expérience en matière de transport,
notamment vers la destination visée par l'incoterm.
Les incoterms de ventes à l'arrivée
regroupent quatre termes :
· DES
·
DEQ
·
DDU
·
DDP
3. L'incoterm DAF
DAF = Delivered at Frontier (... named place) - Rendu
Frontière (...lieu convenu) Tous modes de transport, à condition
qu'il y ait une frontière terrestre
Le vendeur a rempli son obligation de livraison quand la
marchandise a été livrée dédouanée à
l'exportation, au point convenu à la frontière de sortie mais
avant la frontière douanière du pays d'entrée suivant (J
.DUBOIN, P42) Il importe donc de toujours définir la frontière en
question en précisant le point et le lieu dans le terme. Les frais de
transport et les risques sont assumés jusqu'à cet endroit par le
vendeur mais il n'a aucune obligation de faire assurer les marchandises. Sauf
mention contraire dans le contrat de vente, la marchandise est livrée
non déchargée par le vendeur.
En résumé, Lors de l'utilisation d'un
crédit documentaire ou d'une remise documentaire comme moyen de paiement
de la transaction, il est important de se référer aux incoterms
de vente au départ d'autant que ces derniers permettent au vendeur
d'exécuter ses obligations dans son pays et de ce fait d'obtenir sur
place les documents nécessaires à la réalisation du
crédit. En effet, il sera fastidieux pour le vendeur, d'accompagner la
marchandise dans le pays de l'importateur, de la dédouaner, de la mettre
à la disposition de l'acheteur, pour ensuite revenir dans son pays pour
présenter les documents obtenus pour l'utilisation du crédit
documentaire.
III Les documents de la
transaction
Les incoterms 2000 fixent les obligations et
responsabilités des firmes liées par la transaction ; ces
dernières étant situées sur des territoires
éloignés les uns des autres , il est de coutume d'établir
un certain nombre de documents prouvant que de part et d'autre , les
obligations contractuelles ont été remplies. Hormis les documents
de transport, Il existe en la matière 4 grands types de documents
(G.Rouyer& A.Choinel, P333) :
- les documents décrivant la marchandise
- les documents réclamés par les services
douaniers du pays de l'importateur
- les documents d'assurance
1. Les documents
décrivant la marchandise
Ces documents fournissent des informations utiles sur la
marchandise (son prix, son origine...) et se présentent sous 4
formes :
1.1 La facture commerciale
(commercial invoice) art.37 RUU 500
Elle est établie au nom de l'acheteur par le vendeur
sur son papier à entête, indique le détail des marchandises
et le décompte des sommes qui lui sont dues par cet acheteur ; elle
précise également les conditions de vente (comptant, à
crédit, délais...). Ce document, élément de base de
la liasse documentaire et est indispensable à l'acheteur pour le
dédouanement des marchandises. Il est émis en 3 ou 4 exemplaires
originaux, dument signés par le vendeur
1.2 la note de poids
La note de poids ou liste de poids est un document
destiné à certifier quantitativement la marchandise
expédiée. Il peut être délivré par un peseur
privé ou par le vendeur. (P.garsuault & S. Priami , P137).
1.3. La liste de
colisage
Encore appelé spécification
d'emballage, la liste de colisage est un document plus complet que la note
de poids, qui fait ressortir les caractéristiques des divers colis
constituant une expédition (nombre, poids, marque....). Il permet, mieux
que la facture, de vérifier si les stipulations de la commande, telles
que précisées dans le crédit documentaire, sont
respectées.
1.4. le certificat de
qualité
Ce document d'importance capitale en commerce international,
indique les résultats de l'analyse des marchandises vendues juste avant
leur expédition et permet ainsi d'en garantir le bon état et la
conformité par rapport aux spécifications techniques figurant
dans le cahier de charge35(*) .
2. Les documents
exigés par les services douaniers
La production de ces documents permet l'entrée et le
dédouanement des marchandises dans le pays de l'acheteur.
2.1. La facture
douanière
La facture douanière reproduit les indications
essentielles de la facture commerciale et certifie l'origine de la marchandise
sous la signature conjointe de l'exportateur et d'un témoin. Elle est
requise par la douane de certains pays anglo-saxons ou sous influence
anglo-saxonne pour dédouaner la marchandise36(*).
2.2. La facture
consulaire
Ce document ,dont la forme et le libellé varient d'un
pays à un autre ,doit mentionner la description détaillée
de la marchandise ainsi que la langue nationale du destinataire et souvent le
tarif douanier de ce pays. Il doit également indiquer la valeur, le
poids brut et net, et certifier l'origine de la marchandise. Enfin il doit
être légalisé par le consul du pays de l'importateur.
2.3. Le certificat
d'origine
Il s'agit d'une déclaration dument signée (par
la chambre de commerce locale) ayant pour but de prouver au pays importateur
l'origine des marchandises achetées afin de lui permettre d'exercer un
contrôle sur les marchandises et de calculer les droits de douane
auxquels elles sont soumises.
2.4. Le certificat de
circulation
Visé à la demande du vendeur installé
dans un état membre de l'Union Européenne ou un état
lié à celle-ci par un accord particulier, le certificat de
circulation ou EUR 1 permet à l'acheteur de bénéficier du
tarif dit du marché commun, lors du dédouanement de la
marchandise (G.Rouyer & A. Choinel, P. 335).
2.5. Le certificat
sanitaire ou phytosanitaire
De nombreux pays importateurs exigent un certificat
phytosanitaire pour tout produit agricole. Ce certificat ,délivré
par les autorités locales de l'exportateur, atteste que les produits du
pays exportateur sont saints et ne contiennent ni insectes nuisibles, ni germes
pathogènes et/ou ne viennent pas de régions atteintes d'une
épidémie ou autre.
3. Les documents
d'assurance
Les documents d'assurance sont des documents émis par
une compagnie d'assurance ou son représentant qui garantissent à
l'assuré le paiement d'une indemnité en cas d'avaries sur les
marchandises en cours de transport pour les risques couverts par le
contrat . Ces contrats sont généralement de l'un des types
suivants :
o « tous risques » c'est-à-dire
qu'ils couvrent tous les risques ordinaires de transport à l'exclusion
des risques de guerre, de grève, qui peuvent être couverts
moyennant assurance supplémentaire37(*).
o « Franc d'avaries particulières
sauf.... » ou « FAP sauf... » dans lesquels les
risques couverts sont nommément énumérés dans les
termes du contrat. Les documents d'assurance se présentent sous trois
formes (G Rouyer & A.Choinel, P. 335) :
ü la police d'assurance qui reproduit tous les
termes du contrat d'assurance
ü le certificat d'assurance qui est un extrait
de la police et qui en indique les caractéristiques essentielles
(montant, bénéficiaire, risques couverts...)
ü l'avenant d'assurance qui est émis en
cas de couverture des risques de transport par expédition, en utilisant
une police globale, dite « à alimenter »
Ces trois formes d'assurance peuvent être
endossées par l'assuré qui délègue ainsi à
un tiers, une banque ou l'acheteur le bénéfice de son contrat de
telle manière qu'en cas d'avaries ou de survenance de
`'l'évènement anticipé'', ce sera ce tiers qui touchera le
montant de l'indemnité.
In fine, ce chapitre nous aura permit de comprendre un tant
soi peu les éléments -support de la gestion d'un crédit
documentaire ou d'une Remise documentaire. Bien entendu, un spécialiste
d'opérations documentaires ne saurait s'attarder sur les
opérations de change (qui sont l'apanage des cambistes et du
front-office) et encore moins sur tous les aspects de l'opération
commerciale (qui sont l'affaire des importateurs/exportateurs et de leurs
mandatés). Bien au contraire, son intervention se limitera à la
mise en oeuvre d'un certains nombre de diligences et de techniques visant
à faciliter et à permettre le règlement financier de
l'opération sous jacente. Qu'elles sont ces techniques et comment se
présentent t'elles ? Telles sont les interrogations auxquelles le
chapitre suivant essaiera d`apporter des réponses adéquates.
CHAPITRE II : LES TECHNIQUES DU CRÉDIT
DOCUMENTAIRE ET DE L'ENCAISSEMENT DOCUMENTAIRE A L'IMPORTATION
Les entreprises qui vendent ou achètent des
marchandises à l'étranger font la plupart du temps appel aux
techniques bancaires de paiement internationaux, parmi ces techniques, le
crédit documentaire et la remise documentaire constituent des garanties
efficaces pour l'exportateur qui voudrait s'assurer de l'encaissement effectif
du produit de ses ventes et pour l'importateur qui souhaiterait s'assurer de la
qualité du bien ou du service acheté avant tout règlement
financier.
En effet, l'importance des montants en jeu, la
diversité des systèmes juridiques, la divergence des pratiques
commerciales et les incertitudes politiques spécifiques à
certaines nations ont suscité la méfiance entre partenaires
commerciaux internationaux ; c'est dans ce contexte, que la lettre de
crédit et les encaissements documentaires, purs produits de
l'ingénierie bancaire, ont permis via les systèmes bancaires
nationaux, de créer des compromis acceptables pour chacune des parties
prenantes au contrat de vente international.
TITRE I : LE CREDIT DOCUMENTAIRE A L'IMPORTATION
Section I :
Généralités
I. Définition
Les praticiens définissent le crédit
documentaire comme l'engagement d'une banque de payer un montant
déterminé au fournisseur d'une marchandise ou d'un prestation,
contre remise dans un délai fixé, des documents conformes
prouvant que la marchandise a été expédiée ou la
prestation effectuée (Pierre Prissert, P.45).
Ainsi, l'acheteur ne transmet aucun fonds au vendeur tant
qu'il n'a pas reçu les documents pour prendre possession de la
marchandise, et le vendeur reçoit le paiement dès qu'il l'a
expédiée pour peu que les obligations documentaires aient
étés respectés38(*).
En résumé, la technique du crédit
documentaire répond à une double exigence :
o Faire bénéficier l'exportateur d'un engagement
bancaire émanant de la banque de l'importateur et distinct du paiement
effectif de l'importateur.
o Donner l'assurance à l'importateur que la garantie
bancaire ne sera levée que si le vendeur peut prouver qu'il a
correctement exécuté ses propres obligations contractuelles.
II. Cadre Juridique
En plus de faire suite au contrat de vente international
conclu entre les partenaires commerciaux, le crédit documentaire
constitue en lui-même un engagement contractuel entre les entreprises et
leurs banques. Ainsi, lors de la négociation contractuelle, et tout le
long de l'opération documentaire, les banques auront recours à un
certains nombre de règles édictées par la chambre de
commerce internationale à Paris( France) et connues sous le nom de
Règles et Usances Uniformes (RUU 500) relatives aux crédits
documentaires.
Etablies pour la 1ère fois en 1933 et
régulièrement revues39(*), ces règles font l'objet d'une adhésion
extrêmement large à travers le monde et sont un outil de
référence en la matière.
Elles sont composées de 49 articles et traitent
principalement :
o Des formes et de la nature des crédits
documentaires
o Des obligations et responsabilités des banques
o De la nature et des spécificités des documents
de la liasse documentaire
o Des formes particulières des du crédit
documentaires
o Et des dispositions diverses.... (P.Garsuault &S.Priami,
P126)
Pour s'en prévaloir et pour éviter toute
controverse, les parties s'y réfèrent de façon claire et
explicite dans leur convention par le biais de la formule suivante
« cette lettre de crédit est soumise aux règles et
usance uniformes de la Chambre de Commerce Internationale- Publication N°
500 » ou plus communément en Anglais « This letter
of crédit is subject to the « Uniforms customs and practice
for documentary credit of the International Chamber of Commerce- Publication
N° 500 ». Cependant, ces dispositions contractuelles, ni le
renvoi aux RUU ne pouvant régler toutes les questions relatives à
la bonne fin de l'opération, il est laissé la possibilité
aux parties de désigner expressément le droit dont elles veulent
se prévaloir40(*).
III. Les fonctions
économiques
Deux fonctions essentielles caractérisent les
crédits documentaires (A.Boudinot &JC Frabot, P.413-415) :
o La fonction sécurité : le crédit
documentaire donne la possibilité au vendeur de réclamer le
paiement du prix de vente non à un acheteur éloigné et
peut être inconnu mais à une banque de premier rang située
dans son pays ; cela vaut également pour l` acheteur , le
crédit documentaire constitue pour lui une sécurité en ce
sens que le vendeur n'est payé qu'après vérification par
la banque des documents présentés , ceux-ci permettant de
contrôler assez largement l'exécution de »s obligations
de fabrication ou de livraison.
o La fonction financement : l'acheteur a la
possibilité d'obtenir de sa banque ou du vendeur le crédit
nécessaire pour financer la période, parfois assez longue,
pendant laquelle voyage la marchandise . le vendeur peut également
céder par avance le produit de sa vente par le biais d'une technique de
financement en devises appropriée (avances en devises, escompte en
devises, Mobilisation des créances nées sur
l'étranger...) ; la plus courante et la plus conventionnelle est
`'le transfert'' du crédit d'origine en faveur de son fournisseur en
tant que second bénéficiaire à des conditions peu
onéreuses.
IV. Pourquoi utiliser une
lettre de crédit ?
L'utilisation d'une lettre de crédit est
envisagée dans le cours des négociations entre l'acheteur et le
vendeur lorsqu'ils abordent l'importante question du mode de paiement. Le
paiement peut s'effectuer de plusieurs façons : par l'acheteur qui verse
un montant en espèces au moment de passer sa commande; par ouverture de
crédit, l'acheteur versant le paiement à la date convenue
après avoir pris possession des marchandises; ou par encaissement
documentaire par l'entremise d'une banque. Dans ce dernier cas, l'acheteur paie
la banque encaisseuse pour le compte du vendeur en échange des documents
d'expédition qui comprennent, dans la plupart des cas, les titres des
marchandises. Dans les modes de paiement précités, le vendeur
s'en remet entièrement à la bonne volonté et à la
capacité de payer de l'acheteur. Mais lorsque le vendeur a des doutes
quant à la solvabilité de l'acheteur et qu'il désire
s'assurer un paiement rapide, il peut exiger que le contrat de vente
prévoie le paiement par lettre de crédit irrévocable. De
plus, si le vendeur ne connaît pas la banque qui émet la lettre de
crédit (banque émettrice) ou s'il envoie des marchandises
à l'étranger et qu'il doute de la capacité de la banque
émettrice de respecter ses engagements, il peut, avec l'accord de
celle-ci, demander à sa propre banque, ou à une banque de
réputation internationale, d'assumer le risque de la banque
émettrice en confirmant la lettre de crédit41(*).
v Pour l'exportateur/le vendeur
· Indépendamment de la situation de l'acheteur,
la banque procède au paiement dans la forme prévue dans le
crédit documentaire.
· L'acheteur ne peut pas
empêcher le paiement sous un quelconque prétexte.
· La banque émettrice s'engage à
effectuer le paiement si toutes les conditions énoncées dans la
lettre de crédit sont respectées.
· Une fois que le
crédit documentaire a été confirmé, un produit de
crédit documentaire exigible à terme peut
généralement être escompté ou donner lieu à
une avance de fonds. L'exportateur peut obtenir des crédits
intéressants en conséquence.
· L'expertise de la banque est mise à profit
pour faciliter le déroulement des opérations commerciales.
· Le paiement des marchandises
expédiées peut être effectué à la banque du
bénéficiaire ou à une autre banque de son choix.
v Pour l'importateur/l'acheteur
· Le vendeur ne sera réglé que lorsque
les conditions de la lettre de crédit auront été
remplies.
· L'importateur peut fixer les dates
d'expédition des marchandises achetées.
· Les ressources ne sont pas immobilisées.
V. Les intervenants d'un
Credoc
Un crédit documentaire met généralement
en présence 4 parties :
o Le Bénéficiaire : c'est le vendeur
exportateur qui désirant avoir une garantie de paiement, demandera
à être réglé par crédit documentaire
o Le donneur d'ordre : il s'agit de l'importateur
qui s'adressera à sa banque pour satisfaire cette demande par
l'ouverture de l'accréditif.
o La Banque emetrice : c'est la Banque de
l'importateur qui sur la demande de ce dernier (s'il elle en a
convenance !) émet le crédit documentaire en faveur du
bénéficiaire
o La Banque notificatrice et éventuellement
confirmatrice : c'est une banque établie dans le pays du
bénéficiaire et qui se trouve quelque fois être sa
banque42(*).C'est elle qui
lui transmettra l'ouverture de l'accréditif (art 2, RUU 500) :
§ soit sans engagement de sa part (notificatrice)
§ soit en ajoutant à l'engagement de la banque
émettrice, son propre engagement (notificatrice et confirmatrice)
VI. Les instruments de base
d'un Credoc
« L'ouverture d'un accréditif est une
transaction distincte des ventes ou autres contrats qui peuvent en former la
base » (Art 3_a, RUU500). Autrement dit, le crédit
documentaire est issu d'un contrat commercial43(*) qui l'a prévu expressément comme mode
de règlement de la transaction internationale. Par
ailleurs « dans les opérations de crédit toutes
les parties intéressées ont à considérer des
documents à l'exclusion des marchandises, services ou autres prestations
auxquelles les documents peuvent se rapporter » (Art 4 RUU 500).
Ainsi donc le bénéficiaire d'un accréditif doit
savoir qu'il ne pourra être payer que contre remise de documents
absolument conformes et que ceux-ci constituent la seule base de
décision pour la banque.
Section II : Les
différentes formes d'un crédit documentaire a l'import
Il existe différentes variantes du crédit
documentaire, classées selon trois grands critères :
§ Le critère' `'sécurité'
§ Le critère `'mode de réalisation''
§ Et le critère'' financement''
I. Selon le critère
de sécurité
Trois grandes formes de crédit documentaires se
trouvent dans cette catégorie.
1. Le crédit
documentaire révocable
La banque émettrice est en droit de modifier ou
d'annuler en tout temps les termes de ce crédit. Etant entendu qu'elle
agit dans la plupart des cas sur ordre de l'acheteur, il est évident que
le vendeur est entièrement dépendant du bon vouloir de
l'importateur (G. Rouyer & A. Choinel, P330). Ce mode de paiement ne
convient que si les deux partenaires contractuels se connaissent bien et que le
vendeur a une certaine confiance en l'importateur ; dans tous les autres
cas, il est conseiller de recourir à un crédit
irrévocable.
Par ailleurs l'absence d'indication ne stipulant pas que le
crédit documentaire est révocable, rendra de fait le
crédit documentaire irrévocable (Art 6, RUU 500).
2. Le crédit
documentaire irrévocable
Le crédit irrévocable est la forme la plus
utilisée de nos jours.
A cet effet, l'extrait de l'article 9 des RUU 500
défini clairement l'engagement de la banque émettrice de payer
,d'accepter les traites,ou d'assumer la responsabilité de leur paiement
à l'échéance, conformément aux stipulations du
crédit. Autrement dit, dès le moment où cet engagement est
donné, il n'est plus possible d'y revenir sans l'accord du
bénéficiaire ; toute modification ou annulation
unilatérale d'un crédit irrévocable est de ce fait
impossible ; s'il s'agit d'un crédit non confirmé, il
importe au bénéficiaire d'examiner soigneusement le risque
d'insolvabilité44(*) et plus particulièrement le risque
pays45(*) de
l'importateur. En plus, le bénéficiaire doit connaître le
lieu d'utilisation du crédit :
Ø S'il s'agit du domicile de la banque
émettrice, le risque d'acheminement postal des documents sera
supporté par lui
Ø S'il s'agit d'un correspondant (implanté dans
le pays du bénéficiaire) chargé par la banque
émettrice d'honorer des documents pour son compte, la banque du
bénéficiaire peut examiner les documents et effectué un
paiement à vue ou lever ceux-ci en vue d'un paiement
différé ou de l'acceptation d'une traite. Elle n'y est cependant
pas obligée et surtout l'examen des documents ne l'engage nullement
à payer (Art 10 b, RUU 500).
3. Le crédit
documentaire irrévocable et confirmé
Pour donner toute sécurité à
l'exportateur, le crédit doit être irrévocable de la part
de la banque émettrice et confirmé par la banque notificatrice
(P.Garsuault & S.Priami, P144). Cette dernière (la banque
notificatrice) accepte de prendre un tel engagement que sous certaines
conditions :
v Le crédit doit être irrévocable
v Le crédit doit clairement formuler l'ordre ou
l'autorisation de la banque émettrice au correspondant d'ajouter sa
confirmation
v Le crédit doit être utilisable aux guichets de
la banque notificatrice
A ces points purement techniques, s'ajoutent certaines
exigences spécifiques à la politique du crédit (F.Eisemann
& C.Bontoux, P 68).
Ainsi, chaque banque notificatrice examinera soigneusement la
solvabilité de la banque émettrice ainsi que les risques
politiques et de transfert avant de confirmer un crédit documentaire. En
cas de non confirmation, elle notifiera l'ouverture de l'accréditif au
bénéficiaire sans engagement de sa part, mais devra, sans
délai, en informer la banque émettrice par message Swift
testé. La banque confirmante est en général un
établissement de premier ordre du pays du bénéficiaire, ce
qui lui permet de se libérer du souci des éventuels risques pays
(politique et transfert) si le crédit est confirmé.
II. Selon le critère
mode de réalisation
Selon ce critère l'on distingue 4 grands types de
crédits documentaires
1. Le crédit
réalisable par paiement à vue
Le bénéficiaire obtient le paiement sur remise
et après contrôle des documents stipulés dans la lettre
d'ouverture.
L'opération se fait sur la base du donnant- donnant
« vous me remettez les documents conformes, je vous paie ».
Les banques disposent d'un délai raisonnable ne dépassant pas 7
jours ouvrables (jours où la banque travaille) suivant le jour de
réception des documents pour les opérations de
vérification et pour lever ou refuser les documents. Il peut
néanmoins arriver que la date de valeur (date à laquelle il y'a
sortie/effective des fonds) appliquée soit différente de quelque
jours ; c'est notamment le cas lorsque la banque désignée
(notificatrice) doit se couvrir auprès de la banque de remboursement.
2. Le crédit
réalisable par acceptation
Dans le cas où le vendeur est disposé à
consentir à son client étranger un délai de paiement, mais
désire à la fois se couvrir contre les risques qui en
résultent et matérialiser sa créance sous la forme d'un
effet mobilisable (traite, lettre de change...), il peut demander
l'émission à son profit, chez une banque de son pays, d'un
crédit documentaire réalisable par acceptation (P.Garsuault &
S.Priami, P 116). Dans ce cas d'espèce, la banque notificatrice et
éventuellement confirmatrice à l'obligation d'accepter l'effet
qui lui est présenté par l'exportateur
(bénéficiaire) pourvu que les termes et conditions de l'ouverture
du crédit soient respectés. Ainsi donc, à
présentation des documents « clean », il n'y a pas
paiement mais plutôt acceptation d'effet de change. En
général l'échéance de paiement est fixée
à partir de la date d'expédition de la marchandise figurant sur
le document de transport exigé dans le crédit (A. Ammar, P40)
3. Le crédit
réalisable par paiement différé
Avec ce type de crédit, le donneur d'ordre se trouve
dans une situation très confortable puisse qu'il disposera de la
marchandise et des documents, mais ne paiera qu'à une certaine
échéance fixée ou convenue d'avance entre lui et le
bénéficiaire (paiement exigible le xx/xx/xx ) ou calculée
à partir de la date d'expédition (crédit réalisable
à X jours de la date d'expédition). Autrement dit, sur
présentation des documents conformes, la banque autorisée (banque
émettrice ou confirmante) s'engage par écrit à effectuer
le paiement à l'échéance. Les paiements
différés sont possibles tant pour les crédits
confirmés que non confirmés.
A noter que les crédits documentaires à terme (
par acceptation et par paiement différé) sont des financements
accordés à l'acheteur , ce dernier pouvant revendre la
marchandise avant l'échéance et,avec le produit , payer le
montant du crédit documentaire.
4. Le crédit
réalisable par négociation des tirages
Dans ce cas d'espèce, les traites crées par le
bénéficiaire sont négociées par la banque
désignée dès la remise des documents d'expédition
spécifiés dans le crédit. Cette technique permet
à l'exportateur d'être payé directement. Il est important
de noter que la banque désignée n'a pas l'obligation de
négocier les traites. Les opérations se déroulent le plus
souvent selon le processus suivant :
- l'exportateur reçoit du correspondant de la banque
émettrice une lettre de notification du crédit documentaire
prévoyant les conditions de réalisation de ce crédit
(Acceptation ou négociation de tirages)
- Lorsque l'expédition des marchandises a
été faite et que l'exportateur a réuni tous les documents
nécessaires à la réalisation du crédit, il doit les
présenté sans retard et dans le délai de validité
du crédit, à la banque notificatrice accompagnés d'une
traite payable à X jours de vue (ou de date d'expédition).
En cas de confirmation, cette traite est tirée sur le
correspondant qui notifie l'ouverture du crédit
- Après examen de la conformité des documents,
le correspondant accepte la traite et la négocie lorsque le
crédit ouvert est réalisable par négociation de tirages ce
qui ne constitue pas une obligation de la part de ce dernier
En résumé, Il va de soi que le premier cas,
celui du paiement immédiat pur et simple, est le plus
avantageux pour le bénéficiaire, notamment en terme de
sécurité de paiement. Le paiement par négociation
présente le même avantage du point de vue de la
sécurité mais comporte le risque de versement d'une somme
moindre. En effet, les charges de l'escompte, dont l'intérêt
jusqu'à l'échéance, sont en principe supportées par
le bénéficiaire. Il peut cependant être prévu dans
le contrat de base une attribution différente du poids de ces charges.
Le paiement par acceptation correspond également
à un risque minimum pour le bénéficiaire, puisque
l'engagement du banquier de payer est traduit dans une lettre de change dont le
régime juridique est généralement sévère
pour le débiteur. Le bénéficiaire sera néanmoins
attentif au fait qu'il ne dispose pas immédiatement du montant du prix,
ce qui pèse sur sa trésorerie, et que l'effet reste soumis aux
aléas de la situation politique et économique du pays du
tiré. Des quatre formes de paiement, le paiement
différé est le plus risqué, surtout lorsqu'il
n'est pas accompagné d'une lettre de change qui matérialise
l'engagement du banquier.
III. Selon le
critère de financement :
Il arrive fréquemment dans le commerce international
que l'exportateur ne soit pas producteur ou prestataire des biens/ services
exportés mais soit une Société de négoce ou une
entreprise qui achète/ sous-traite des produits/ services en vue de les
revendre. Aussi dans ce type de commerce, les crédits documentaires
transférables, avec red/green clause, dérivés du
crédit documentaire ''classique'', permettent de répondre
à une préoccupation majeure concernant le financement de ce
type de commerce (transit). S'ajoute à ces formes particulières
de crédit documentaire, la lettre de crédit stand by ou lettre de
crédit de soutien ou d'appui.
1. Le crédit
documentaire transférable
Au terme de l'article 48a des Règles et Usances
Uniformes, un crédit transférable est un crédit en vertu
duquel le bénéficiaire (1er bénéficiaire) peut
demander à la banque désignée de transférer tout ou
partie du crédit initial à un ou plusieurs autres
bénéficiaires (2nd bénéficiaires). Ainsi
donc pour qu'un intermédiaire puisse faire usage de cette
possibilité, il faut que le crédit émis en sa faveur soit
ex |