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La Littérature Hypertextuelle, analyse et typologie

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par Aurélie CAUVIN
Université de Cergy Pontoise - Maitrise de lettres Modernes 2001
  

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b) La génération automatique des textes : Trajectoires

Il reste à présent à énoncer la plus complexe de celle-ci, elle s'appuient sur la génération automatique de textes. Elle va permettre d'expliquer l'oeuvre Trajectoires129(*), présentée par Jean Pierre Balpe, qui est le programmeur du générateur, comme un « roman policier génératif et interactif130(*) ». Le thème de Trajectoires s'inspire des romans policiers. L'intrigue principale  se construit autour d'un événement historique : la Terreur de 1793 et aboutit dans un hors temps : l'année 2009. Un corbeau a envoyé aux 24 personnages principaux un e-mail, leur annonçant : 24 meurtres possibles sur 24 jours. Le travail du lecteur se situe dans la mise en relation entre les dates de 1793 et 2009. Le lecteur au lieu d'assister, comme dans la plupart des romans policiers à la résolution de l'énigme par un enquêteur, est convié à résoudre l'énigme lui même. Pour éviter tout manque d'attention, l'oeuvre intervient en temps réel. Chaque page de l'oeuvre ainsi créée est unique grâce à la générativité du texte : elle se crée mot par mot et toujours différemment selon le lecteur. Le fondement du générateur s'établit à partir d'une macrostructure de type grammaires de texte et de dictionnaires munis de descripteurs permettant la gestion de micro-univers. L'ordinateur devient ainsi l'auteur du texte. Les générateurs de texte reconsidèrent le rapport texte/auteur qui s'effectue dans le processus de création. Jean-Pierre Balpe, à l'origine de la programmation de nombreux générateurs de texte, revient lors d'une conférence sur ce rapport au texte :

« Ainsi ce qui m'intéresse est une littérature qui refuse la stabilité, qui n'enferme pas le temps de ses récits dans une ligne unique : une littérature dissipative et chaotique » 131(*)

Jean Pierre Balpe se veut tout de même l'auteur principal dans la mesure où il est à l'origine de l'entrée des textes, dans un entretien daté du 20 mars 1998 il définit le rôle de l'ordinateur dans la génération automatique de texte ainsi « l'intérêt de l'ordinateur n'est pas de produire UN roman mais une infinité, ou une multiplicité, de romans ou de poèmes » Ainsi dans son oeuvre intitulé Le roman inachevé, le générateur écrit des pages de roman sans fin. La génération automatique de texte se situe justement dans l'infinité, et dans cette utopie de livre illimité. Elle conteste également la littérature et son support clos qu'est le codex puisqu'elle s'installe d'emblée dans l'éphémère de la création. Le lecteur de Trajectoires n'a ainsi que la première page en commun avec les autres lecteurs dans la mesure où les autres pages sont générées par l'ordinateur.

* 129 Agraph : Jean Pierre Balpe, Eléonore Gerbier, Marine Nessi, Djeff Regottaz, Tony Houziaux, Soufiane Bouyahi, Trajectoires [en ligne] : http://www.trajectoires.com

* 130 Groupe Agraph : Jean Pierre Balpe, Eléonore Gerbier, Marine Nessi, Djeff Regottaz, Tony Houziaux, Soufiane Bouyahi, Trajectoires, Paris présenté dans le cadre Isea 2000, vendredi 8 décembre 2000.

* 131Jean Pierre Balpe, « Une littérature inadmissible », conférence au Centre Georges Pompidou, octobre 1996.

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