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L'identité et le spectacle vivant à La Réunion

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par Virginie Verbaere
Université Aix-Marseille III - Administration des Institutions Culturelles 2004
  

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3) Déterritorialisation

(a) Identité et territoire

La généralisation des communications a aussi des effets sur l'aménagement du territoire et l'espace urbain.

On l'a déjà indiqué, la société créole a construit une partie importante de son identité sur la base territoriale du kartié, véritable espace social constitué par l'histoire, la parenté et l'interconnaissance. Cet espace de proximité désigne à la fois la proximité géographique et la proximité sociale et culturelle : les individus qui résident sur un même territoire partagent aussi les mêmes conditions socioculturelles. L'urbanisation massive a progressivement fait disparaître ces espaces sociaux au profit de quartiers, administrativement délimités, où vivent des individus que seule une situation socioéconomique semblable rassemble. Leurs relations résident ailleurs, et le lien social est activé par des rencontres en ville, sur les lieux de travail et grâce aux technologies de communication, le téléphone d'abord, Internet ensuite.

Ici, les individus proches du point de vue de la résidence ne sont plus forcément des proches du point de vue de leurs positions socioculturelles ; les réseaux de communication et de transport font qu'ils partagent un même « monde de vie »45(*) avec des individus éloignés géographiquement.

De fait, le rôle de la proximité territoriale est aujourd'hui minimisé tandis que sont maximisés les réseaux d'échanges dans toutes leurs dimensions, ce qui constitue une rupture avec la tradition créole.

Cette «sociabilité en réseaux» participe, dans la société réunionnaise, d'une déterritorialisation des relations sociales et du déplacement des lieux de la sociabilité. Mais si la modernité intègre les individus qui valorisent positivement la mobilité, elle exclut tous ceux qui ne peuvent, ou ne veulent, participer à ce phénomène.

Le kartié créole peut alors devenir ghetto, cet espace particulier où s'entremêle « une non- intégration sociale et la non assimilation culturelle » à la modernité46(*).

En quelques années (1985-1995), on voit ainsi apparaître, dans les principales agglomérations réunionnaises, « des quartiers biens typés »47(*) caractérisés par le profil socio-économique de leurs habitants. A la hiérarchie par groupes ethniques organisée par la société de plantation succède une autre ségrégation, basée sur les positions sociales des individus.

« Dans ce territoire ségrégé apparaissent également des espaces publics urbains qui constituent finalement les seuls lieux communs aux multiples habitants et groupes sociaux qui peuplent l'agglomération »48(*). L'espace public médiatique et l'espace public urbain sont pensés comme des lieux accessibles à tous au-delà des considérations ethniques, religieuses, culturelles et économiques.

* 45 WATIN M, 2001 : Espace public et communication, Univers Créoles 1, Anthropos, Paris, 266p.

* 46 REVERZY J.F., MARIMOUTOU J.C., 1990 : L'espoir transculturel, Université de la Réunion, Collection indianocéanique, Edition L'Harmattan, Paris.

* 47 INSEE Réunion, 1992, Tableau Economique de la Réunion, Ed. INSEE, Réunion.

* 48 SIMONIN J. ; WATIN M., 1993, Espace public et communications médiatisées à la Réunion, Etudes Créoles vol. XVI, N°2, 1993.

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"Il y a des temps ou l'on doit dispenser son mépris qu'avec économie à cause du grand nombre de nécessiteux"   Chateaubriand