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Investissement direct étranger et croissance économique en RDCongo (de 1990 à 2006)


par Salvatores Yoshua
Université de Goma - Licence 2007
Dans la categorie: Economie et Finance
   
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0. INTRODUCTION

L'avenement de la mondialisation est venu favoriser l'integration des économies et les distances qui paralysaient les echanges entre Etats sont de plus en plus surmontées. De nouvelles voies de financement de la croissance sont nées avec l'expansion des flux financiers internationaux. Tous les pays en développement se font aujourd'hui une concurrence acharné en vue d'attirer les investissements directs étrangers(IDE).

Dans les années 50 et 60, l'investissement direct étranger était regardé avec beaucoup de mefiance par certains pays en voie de développement. L'IDE était consideré comme un facteur de dominance, et les firmes multinationales était soupçonnées de reduire le bien être social par la manipulation des transferts des prix et la formation d'enclaves économiques.

Aujourd'hui , on assiste à un changement radical de l'attitude des PVD vis-à-vis de l'investissement direct étranger. Le comportement de suspiçion était désormais remplacé par une politique de promotion visant à drainer des flux substantiels d'IDE.

Ce changement d'attitude à été en partie rendu possible grâce à une littérature économique abondante ventant les mérites de l'investissement direct étranger.

En effet, plusieurs spécialistes(Caves, Dunning, Graham et Krugman, Moran, Lall, etc) accordent à l'IDE une place importante dans le développement économique.

Les arguments avancés sont :(1) les flux d'investissement direct étranger peuvent accroître la formation du capital et la création de l'emploi, (2) l'IDE peut fournir au pays hôte des ressources spéciales tel que le savoir-faire en management, le travail qualifié, l'accès à des reseaux internationaux de production et de distribution, (3) l'IDE peut promouvoir les exportations manufacturières, enfin et le plus important (4) l'IDE peut engendrer un transfert de technologie et une diffusion des externalités positives1(*).

0.1. PROBLEMATIQUE

La République Démocratique du Congo, vaste marché au coeur de l'Afrique, terre aux multiples opportunités, offrant une main d'oeuvre abondante, qualifiée et à bon marché s'est engagée depuis 2001 sur la voie de la stabilité et de la croissance en optant pour le libéralisme économique.

Confrontée aux désequilibres macroéconomiques, à la montée considérable de l'endettement et à l'insuffisance des liquidités pour financer les différents projets de développement à long terme, le pays a procedé à la mise en place des dispositifs destinés à assurer la liberté du commerce et de l'industrie afin de créer un climat propice pour attirer les investisseurs étrangers.

C'est ainsi que Le gouvernement transitoire, qui regroupait les représentants des quatre mouvements rebelles, les milices progouvernementales Mai Mai, plusieurs parties politiques de l'opposition non armée et des représentants de la société civil, a été formé en juin 2003 avec un mandat de gouverner le pays pendant deux ans ou jusqu'aux prochaines élections.La situation politique s'est améliorée depuis la fin de la guerre et le défi à moyen terme du gouvernement était de créer un environnement qui soutient l'expansion qui provient du secteur privé et qui tire profit de son potentiel et de ses grandes réserves de ressources. A cette fin, le programme à moyen terme des autorités viser à consolider la stabilité macroéconomique; augmenter l'efficacité de production; développer les institutions publiques et la capacité ; mettre en place des politiques de renforcement de l'Etat de Droit et de la justice ; et investir dans le secteur social pour réduire la pauvreté .

Le directoire du FMI, en commentant le rapport pays du FMI 2005, a reconnu que « le gouvernement transitoire a fait des progrès pour la réunification du pays et le renforcement des institutions publiques. » Du côté politique, les résultats les plus importants sont l'ébauche de la nouvelle Constitution, adoptée par le parlement en mai 2005 ; la création d'une force armée et policière intégrée, la mise en oeuvre du programme de désarmement, démobilisation et réintégration, ainsi que les élections.

Le gouvernement s'est engagé dans un important programme de réformes économiques, bien que le statut de gouvernement transitoire rendait difficile l'atteinte d'un large consensus sur ce programme et que sa mise en oeuvre comportait des risques. A ces mécanismes nous pouvons aussi ajouter les avancées significatives accomplies en matière de bonne gouvernance et de politique économique. Aussi la reprise de la coopération avec les institutions internationales( banque mondiale et fond monétaire internationale).

Dans ce contexte nouveau, propice au développement des affaires, pour les deux premières années du nouveau siècle, l'économie était toujours en récession, les taux de croissance étaient de -7% en 2000 et de -2% en 2001, mais depuis 2002, le taux de croissance est devenu positif et passa à 3,5%, soutenu par l'aide massive de la communauté internationale et par des investissements étrangers, particulièrement dans le secteur minier. Et l'agence national pour la promotion des investisements(ANAPI) a enregistrée de 2003 à 2006, 426 projets d'investissements d'une valeur globale de 7 326 319 806 $ us devant générer 54 570 emplois.2(*)

Dès lors, il s'agit de voir, si ces flux d'invetissements directs étrangers ont réelement contribué à la croissance économique ces 16 derniers années, d'autant que le pays a enregistré une croissance annuelle moyenne de l'ordre 4,55% sur la période 2001-2006. L'objectif de ce travail est d'essayer d'étudier l'impact de l'IDE sur la croissance économique congolaise de long terme. . La question étant de savoir s'il y a et quelles sont les retombées positives de l'IDE pour l'économie congolaise.

0.2. HYPOTHESE

Notre hypothèse est que malgré l'effet positif de l'IDE sur quelques variables moteurs de la croissance, à savoir : les exportations, le capital humain et l'investissement domestique, sa contribution à la croissance économique n'est pas pour autant significative.

0.3. METHODOLOGIE DE TRAVAIL

Ce travail emprunte l'approche deductive appuyée par des techniques économetriques. En effet, nous avons utilisé un modèle structurel capable de tenir compte de l'interdependance des variables macroéconomiques représentant les crénaux à travers lesquels l'IDE influence la croissance (le capital humain, le transfert de technologie, l'exportation et l'investissement domestique) de manière à dégager les mécanismes explicatifs directs et indirects par lesquels l'IDE agit positivement ou négativement sur l'économie congolaise.

L'estimation du modèle porte sur des données statistiques de la R.D.Congo collectée pour la période allant de 1990-2006. Les données statistiques sont obtenues à partir des sites web bien connus ou à partir de la Banque Centrale du Congo (BCC) et des administrations spécialisées du pays.

0.4. SUBDIVISION DU TRAVAIL

Afin de bien mener cette étude, ce travail est subdivisé en trois chapitres :

Le chapitre premier offre un panorama de l'IDE et de la croissance en R.D.Congo ; le chapitre deux passe en revue la littérature empirique sur relation croissance économique-investissement direct étranger ; et enfin le chapitre trois analyse les effets de l'IDE sur la croissance économique de la R.D.Congo

CHAPITRE PREMIER 

REVUE DE LA LITTERATURE EMPIRIQUE SUR LA RELATION CROISSANCE ECONOMIQUE - INVESTISSEMENT DIRECT ETRANGER

Les bases scientifiques des IDE ont été construites à partir de trois grands courants de pensée : le courant traditionaliste, des modernistes et celui des intégristes. La plus grande contribution des traditionalistes aux IDE provient de l'attention qu'ils portent aux conséquences des IDE dans le pays en développement (PVD) et la critique qu'elle porte au paradigme OLI qui regarde les IDE comme étant essentiellement positifs. D'un autre côté, les contributions des modernistes (Mundell, Hymer etKindgle berger, Ronald Coase et Olivier williamson, etc) et des structuralistes ont été largement critiquées du fait que toutes ces théories n'étaient pas vérifiables.

I.1 DÉFINITION DES IDE3(*) :

D'une manière générale, le manuel de la balance des paiements du Fond Monétaire International (FMI) définit les investissements étrangers (IDE) comme différentes opérations financières destinées à agir sur la marche et la gestion d'entreprises implantées dans un pays différent de celui de la maison mère.

Ainsi, sous le terme d'IDE se regroupent essentiellement deux types d'opérations. D'une part, celles réalisées à partir d'une croissance interne au sein d'une même firme transnationale entre la maison mère et ses différents établissements implantés à l'étranger (filiales, bureaux de représentation, etc) : création ex nihilo de nouvelles unités, extension des capacités de production des unités déjà existantes, flux financières entre établissements, réinvestissement local des bénéfices. D'autre part, celles realisées par croissance externe, à condition d'atteindreau moins 10% du capital de l'entreprise étrangeère convoitée. Ce seuil est désormais retenu internationalement pour distinguer les IDE des « investissements de portefeuille », par définition beaucoup plus volatile et correspondant aux prises de participation inférieures à 10% du capital d'une entreprise. Dans ce cas précis, l'investissement est consideré par l'entreprise comme une forme de diversification international de son portefeuille.

I. 2. MÉCANISMES ET TRAVAUX EMPIRIQUES

I. 2. 1. la théorie de la croissance endogène : un cadre approprié pour l'étude de l'effet de l'IDE sur la croissance économique4(*).

La croissance économique implique une inter relation entre des facteurs économique, social et politique. Les premières théories de la croissance économique (Adam SMITH, 1776 ; Thomas MALTUS, 1798 ; David RICARDO, 1817) ont mis l'accent sur l'importance de l'expansion quantitative des facteurs de base dans la production, à savoir : le capital, le travail et la terre, le rôle de la croissance des marchés dans l'amélioration de l'efficience et de la productivité d'une économie, et le rôle de la demande et des effets multiplicateurs de l'augmentation de l'investissement et les exportations.

L'avènement des modèles néo-classiques, tels que celui de Solow (1957), a changé le domaine de recherches, en accordant une grande importance aux changements techniques et au rôle que peuvent jouer des éléments tel que l'amélioration de l'organisation de la production dans la croissance économique. Le modèle de Solow, avec l'hypothèse des rendements d'échelle décroissant du capital, stipule que les économie qui ont un niveau initial du stock du capital par tête plus faible, tendent à avoir des rendement d'échelle et des taux de croissance plus élevés. Ce qui va leur permettre de converger à long terme vers les pays riches.

Le principal défaut de ce modèle, est l'hypothèse de rendement décroissant du capital qui signifie que la croissance de l'output pourrait ne pas être attribuable à la croissance des inputs. L'existence des rendements décroissants, fait que, l'accumulation du capital ne peut rendre compte d'une croissance soutenue. Ainsi, une croissance à long terme, ne peut avoir lieu, que si l'on prend en compte les améliorations technologiques liées au progrès des qualifications et liées à l'innovation. Donc, l'apparution d'un facteur résiduel qui est attribué au progrès techniques, est considéré comme exogène. Ce constat, a incité les spécialistes à chercher de savoir comment le taux de croissance peut être déterminer par un facteur exogène. Ainsi, des modèles ont été développés, dans lesquels, les déterminants clés de la croissance sont endogènes.

La nouvelle théorie de la croissance ou la théorie de la croissance endogène a vu le jour avec des économistes tels que Romer (1986), Lucas (1988), Barro et Sala-i-Martin (1995) et Grossman et Helpman (1991). Ces modèles ont mis l'accent, sur le rôle central de l'accumulation et de la diffusion de technologie dans la croissance économique. L'existence des externalités technologiques et des connaissances viennent contre-balancer les effets des rendements décroissants de l'accumulation du capital et donc maintiennent l'économie à une croissance soutenue à long terme.

L'avènement de la théorie de la croissance endogène a encouragé la recherche sur les canons, par les biais desquels, l'IDE peut promouvoir la croissance à long terme. Puisque, dans le cadre des modèles de croissance néoclassique de type Solow, l'effet des IDE sur la croissance est limité, vu l'hypothèse des rendements décroissants. Les IDE influencent seulement le niveau du revenu, le taux de croissance à long terme reste inchangé. Autrement dit, le principal limites des modèles néo classique, est que, la croissance à long terme ne peut résulter que du progrès technologique et/ou de la croissance de la population, de la force du travail, qui sont considérés comme exogènes. L'IDE affectera la croissance uniquement à court terme, tandis qu'à long terme, et en raison de la loi des rendements décroissant par rapport au capital, l'économie convergera vers un état stationnaire, comme si l'IDE n'avait jamais pris place dans celle-ci, n'affectant en aucune manière le taux de croissance à long terme (De Mello, 1997).

L'IDE peut contribuer significativement à l'accroissement du stock des connaissances dans le pays d'accueil, non seulement en fournissant des nouveaux biens d'équipement et des nouveaux procédés de production (Changement techniques incorporés), mais davantage, en offrant un nouveau savoir faire en management et en améliorent le niveau de qualification pouvant être diffusé aux firmes locales (Changement techniques désincorporés). L'amélioration de qualification peut avoir lieu par une formation formelle des travailleurs où par le « Learning by doing » au sein des filiales étrangères. L'IDE en améliorant le stock des connaissances du pays hôte, aura aussi bien un effet à court terme qu'à long terme sur l'économie d'accueil, et augmente le taux de croissance de long terme. Romer, stipule que les firmes multinationales en fournissant des nouvelles connaissances aux PVD, réduisent les écarts technologiques entre ces pays et les pays avancés, ce qui peut constituer un facteur important de croissance et de convergence économique.

Plusieurs facteurs (capital humain, l'accumulation du capital, le commerce international et la politique gouvernemental), qui selon la théorie de la croissance endogène expliquent la croissance à long terme, peuvent être véhiculé par l'IDE. L'IDE est supposé, stimuler la croissance, par la création d'avantages comparatifs dynamiques conduisant au transfert des technologies, l'accumulation du capital humain et l'intensification du commerce international. Ces avantages dynamiques, souvent connus sous le nom des spillovers, sont liés les uns aux autres, complémentaires, et ne doivent pas êtres étudiés séparément.

I.2.2. Les travaux empiriques

De nombreuses études empiriques ont analysé l'impact des IDE sur les PVD avec des résultats divergents. Alors que certaines études soutiennent que l'IDE a des effets positifs sur la croissance économique des pays d'accueil, d'autres par contre pensent que l'IDE n'est pas une condition nécessaire ni suffisante. Dans la littérature sur les effets des IDE dans les pays d'accueil, on distingue d'une manière générale deux grands courants d'analyse : une étude de causalité entre les IDE et la croissance (premier paragraphe), une étude des effets d'entraînement des IDE et des « spillovers » engendrés dans les pays d'accueil (deuxième paragraphe). Il convient aussi de mettre l'accent sur les problèmes souvent rencontrés dans ces études concernant l'utilisation des méthodes statistiques.

1.2.2.1 - Les analyses de causalité IDE-croissance

Plusieurs études ont tenté une analyse causale entre l'IDE et la croissance avec des résultats divergents.

Une étude publiée par la Banque mondiale en 1999 dans le but de trouver une relation entre les IDE et la croissance des pays en développement montre que les flux d'IDE augmentent l'investissement total et partant, la croissance des PVD. Borensztein, de Gregorio et Lee (1998) utilisant un modèle de croissance endogène vont dans le même sens : les IDE facilitent le transfert de technologie, élèvent le niveau de qualification des travailleurs et tendent à augmenter les exportations et la compétitivité dans les PVD. Leur étude de panel sur 69 pays en développement montre qu'une augmentation d'un point de pourcentage du ratio des IDE sur le PIB accroît le taux de croissance du PIB par tête du pays hôte de 0,8 pour cent.

Pour Wacziarg, à chaque point de pourcentage de ratio des IDE sur le PIB est associée une élévation du taux de croissance du PIB par tête de 0,3 à 0,4 pour cent. Ces résultats sont identiques à ceux de Blomstrom, Lipsey et Zejan dont l'étude porte sur des pays en développement à revenu élevé.

Loesse dans la recherche d'une relation entre l'IDE et la croissance économique en Côte d'Ivoire trouve qu'entre la période 1970-2001, les investissements directs étrangers ont été une source importante pour la croissance. Toutes choses égales par ailleurs, un point de pourcentage d'IDE supplémentaire entrant en Côte d'Ivoire engendre une augmentation de la croissance du produit intérieur brut par tête de 0,01 pour cent. L'auteur soutient que les politiques d'incitation à l'investissement mises en oeuvre ont contribué à accroître les flux d'IDE donc la capacité productive de l'économie, ce qui a eu pour conséquence une augmentation du produit intérieur brut.

Par contre, une étude menée sur les effets des IDE dans 73 pays en développement par Singh ne fait pas apparaître d'effet significatif. Hein de son côté ne trouve pas d'effet significatif entre l'IDE et la croissance du PIB par tête d'habitant dans un échantillon de 40 pays en développement. Dans le même ordre d'idées, une étude économétrique menée par Nair-Reichert et Weinhold utilisant le test de causalité de Holtz-Eakin sur un panel de 24 pays en développement entre 1971 et 1995 ne trouvent aucune relation causale entre les IDE et la croissance5(*).

Dans la même lignée et en utilisant une fonction de production néoclassique, Saltz trouve une corrélation négative entre l'IDE et la croissance économique. Selon lui, l'IDE augmente le niveau global de l'investissement, améliore la productivité dans certains cas, mais a tendance dans beaucoup d'autres à réduire le taux de croissance. Pour confirmer ses conclusions, l'auteur étudie la relation IDE-croissance dans un échantillon de pays divisé en deux groupes distincts, selon qu'ils reçoivent plus ou moins d'IDE. L'auteur trouve que dans les pays en développement qui acceptent le rapatriement des profits sans aucune contrainte, l'IDE n'a pas d'effet positif sur la croissance6(*).

En particulier, l'auteur soutient que si l'IDE se traduit par une levée des capitaux sur le marché du pays hôte, il en résulte une redistribution des industries intensives en travail vers les industries intensives en capital, créant ainsi une perte d'emploi nette et par la suite une baisse de la demande de consommation. Un autre effet négatif peut résulter de l'extraction excessive de minerais ou de la spécialisation excessive de la production sur un bien particulier qui engendrerait une baisse des prix à l'exportation et une détérioration des termes de l'échange du pays hôte.

De même, Carkovic et Levine ne trouvent aucun lien entre l'IDE et la croissance dans un échantillon de pays de la Banque mondiale (BM). Abordant dans le même sens, Chowdhury et Mavrotas trouvent que « l'IDE ne cause pas la croissance » au sens de Granger au Chili, alors que cette relation de causalité est bidirectionnelle dans le cas de la Malaisie et de la Thaïlande.

D'autres études dans la recherche d'un lien entre l'IDE et la croissance ont donné des résultats ambigus et notamment une large étude menée par la CNUCED. Dans le but d'éviter les problèmes de corrélation fréquemment rencontrés, les auteurs ont utilisé des données de panel et des variables avec retard sur un ensemble de 100 pays sur une période de cinq ans. De toutes les variables explicatives retenues, seules les variables représentant le niveau d'éducation étaient significatives.

Dans cet ordre d'idées, Zhang fait des investigations dans le but de déterminer le sens de la relation entre l'IDE et la croissance dans 11 pays d'Asie et d'Amérique Latine. Il utilise les séries temporelles propres pour chacun des pays et conduit des tests de causalité de longue période basés sur le modèle de correction d'erreur. Les résultats montrent qu'il n'existe pas de relation entre l'IDE et la croissance en Argentine dans le court et le long terme alors qu'il existe bien une relation de la croissance vers l'IDE au Brésil dans le court terme et dans le long terme en Colombie.

Pour les pays d'Asie, l'auteur trouve une relation de court terme de la croissance vers l'IDE en Corée, en Malaisie et en Thaïlande. Au total dans 5 des 11 pays étudiés, la croissance est accélérée par l'IDE. Pour six pays, il n'existe pas de relation de co-intégration entre l'IDE et la croissance ; seul un pays montre une relation de causalité de la croissance vers l'IDE.

De Melo tente de corriger les insuffisances économétriques soulevées dans les premières études en faisant à la fois un test des séries temporelles et un test des données de panel. L'objectif ici est toujours le même, à savoir trouver une relation de causalité entre les IDE et la croissance économique dans le pays d'accueil au moyen d'un test de causalité. Pour ce faire, il choisit un échantillon composé des pays de l'OCDE et des pays non OCDE. Dans le premier cas, de Melo commence son test de causalité à la Granger par un test de stationnarité, et vérifie ensuite les relations à court et à long terme entre les deux variables par un test usuel (cointégration), et enfin finit son analyse par un test sur les données de panel.

Il fait apparaître que si les IDE sont en mesure de favoriser la croissance économique, cette relation dépend du degré de complémentarité et de substitution entre l'IDE et l'investissement interne. Young et Brewer abordent dans le même sens et se demandent comment comparer l'Inde dont le taux de croissance est supérieur à 10% avec une faible présence d'IDE, l'Angola, où l'importance des IDE va de pair avec une croissance négative, la Malaisie et la Chine où les IDE s'accompagnent d'une forte croissance. L'impact des IDE sur la croissance sera donc fonction du type d'IDE, des structures du pays d'accueil et des interactions qui se développeront ou non entre les variables telles que le capital humain, l'investissement domestique, le commerce extérieur, etc.

1.2.2.2 - Les retombées des IDE dans les pays d'accueil

Les retombées des IDE dans les pays d'accueil ont fait l'objet d'une littérature

abondante. Les études mettent particulièrement l'accent sur les effets des IDE sur l'emploi et la réduction de la pauvreté, le transfert de technologies et la formation d'un capital humain capable de les maîtriser, l'évolution de l'investissement domestique, les exportations et le commerce extérieur.

1° - Effets sur l'emploi

Deux tendances s'affrontent en ce qui concerne les effets d'entraînement des IDE sur l'emploi dans les pays d'accueil, les unes vantant leurs mérites, d'autres les dénonçant.

Pour ce qui est de la première tendance, une contribution empirique des effets des IDE sur l'emploi est apportée par le modèle de Mickiewicz, Radocevics et Varblane.

Ce modèle s'appuie sur des faits observés en Europe centrale durant la période de transition de ces économies. D'après ce modèle, il existe à la fois des investissements en quête de marchés et attirés par la faiblesse du coût des facteurs. Le modèle développé comprend trios étapes principales.

Dans la première étape, l'intention des investisseurs est de gagner des parts de marchés locaux et d'utiliser une main d'oeuvre à bon marché. Les IDE se limitent aux travaux d'assemblage des produits à faible intensité capitalistique et à faible valeur ajoutée. Le capital investi est faible et l'innovation technologique ne fait pas partie des objectifs essentiels des investisseurs. Comme résultat, l'impact des IDE sur l'emploi est limité, mais à travers le phénomène d'apprentissage, les firmes locales vont gagner en organisation et qualité managériale.

Dans la deuxième étape, les conditions des firmes transnationales s'améliorent au fur et à mesure que la transition évolue. A ce stade, ces firmes profitent de la faiblesse des coûts du travail mais aussi de la qualité de la main-d'oeuvre. C'est ainsi que les flux d'IDE vont augmenter et commencer à transférer leur technologie. Les investissements étrangers ont alors un impact certain sur l'emploi dans le pays d'accueil.

Dans une troisième étape enfin, les investisseurs locaux deviennent à leur tour des fournisseurs au niveau régional, et le renforcement des liens de coopération avec les sous-traitants locaux conduit à la création d'emplois. L'introduction des nouvelles technologies, les investissements dans la formation et la maîtrise des techniques de pointe en étroite collaboration avec les institutions éducatives locales, ainsi que l'accès aux marchés et à la production mondiale, augmentent le rendement industriel. En général à ce stade les firmes étrangères ont des salaires supérieurs à ceux des firmes locales ; mais au fur et à mesure que la part des IDE dans l'emploi augmente, les entrepreneurs locaux commencent à mieux payer les employés. Ainsi, la situation de l'emploi s'améliore au fur et à mesure que l'économie en transition se développe.

Gries et Jungblut tentent de montrer l'impact positif des IDE sur l'emploi dans les PVD. A l'aide d'un modèle théorique ils démontrent que l'ouverture aux capitaux étrangers a un effet positif sur la création d'emploi dans le pays hôte. Ils notent cependant que la structure des emplois créés reste ambiguë : ce sont surtout les travailleurs qualifiés qui bénéficient des emplois offerts par les firmes étrangères. Les auteurs estiment néanmoins que cette lacune pourrait être résorbée par l'envoi d'experts pour former la main-d'oeuvre locale ou par l'investissement massif dans l'éducation dans le pays hôte.

Hunya et Geishecker dans la recherche des effets des IDE sur l'emploi dans les pays d'Europe de l'Est après la décentralisation, constatent que les pertes d'emplois dues à la privatisation des entreprises d'Etat ont entraîné une restructuration de ces entreprises qui s'avèrent être plus efficientes et plus efficaces. Le test économétrique effectué à l'aide d'un modèle de gravité confirme que les multinationales privilégient les employés bien formés à qui elles offrent des salaires supérieurs par rapport aux firmes locales qui offrent des salaries peu élevés à des travailleurs disposant d'un faible niveau de formation.

2° - Effets sur la distribution des revenus

Les effets des IDE sur la répartition des revenus dans les pays d'accueil ont été diversement interprétés dans la littérature. Certains auteurs soutiennent que ces effets sont positifs dans la répartition et l'amélioration des revenus des travailleurs, d'autres pas. Les effets positifs des IDE ont été vérifiés dans le domaine de la redistribution des revenus et de la richesse dans certains pays en développement tels le Botswana contrairement à d'autres pays tels le Zaïre (de Mobutu) et l'Angola (de Dos Santos) où l'argent des multinationales a servi soit à corrompre les politiciens, soit à acheter les armes.

Aux dires de Jalilian et Weiss et soutenus par Klein, Aaron et Hadjimichael les IDE ont un effet direct sur la réduction de la pauvreté. Dollar et Kraay soutiennent que les IDE sont bons pour la croissance, laquelle croissance est bonne pour réduire la pauvreté. D'après différents rapports de la Banque mondiale et Mainguy, la diminution de la pauvreté en Asie serait associée à une croissance rapide laquelle est véhiculée par les IDE, en Chine certes mais aussi au Vietnam où la pauvreté aurait chuté de 58% à 37% entre 1993 et 1998.

Bussman et al. en prenant comme indicateurs le coefficient de Gini, trouvent que les IDE tout comme les investissements domestiques ont un impact sur les revenus moyens dans les PVD. Il faut noter que ces résultats ne sont valables qu'en coupe transversale et doivent être pris avec réserve. En effet, dans une étude empirique basée sur 88 pays en développement, Milanovic n'a trouvé aucune relation entre les IDE et les inégalités de revenus.

En conclusion, on peut dire avec Lipsey qu'il faut tenir compte aussi bien des spécificités et des politiques des pays que des caractéristiques des firmes et des industries pour évaluer les retombées des IDE sur les revenus et la pauvreté7(*).

3° - Effets sur le transfert de technologies

La littérature sur les transferts de technologies montre que les effets des IDE sur l'économie des pays d'accueil sont divers.Dans une importante revue de la littérature dans le domaine, de Mello ressort deux voies principales par lesquelles les IDE encouragent la croissance. Les IDE permettent la diffusion du progrès technique par des effets d'entraînement et par le transfert des connaissances, notamment par l'acquisition de nouvelles techniques managerielles et organisationnelles.

Nelson et Phelps, Jovanovic et Rob , Grossman et Helman, Segerstrom et Barro et Sala-i-Martin et plus récemment Borensztein, de Gregorio et Lee, utilisant un modèle de croissance endogène soutiennent que les IDE aident à promouvoir la croissance dans les PVD en facilitant le transfert de technologie, en accroissant le niveau de qualification des travailleurs et surtout par l'augmentation des exportations et de la compétitivité. Pour eux, les IDE jouent un rôle central dans le processus de développement, contrairement aux théories traditionnelles où l'innovation technologique était laissée aux oubliettes.

Dans le même ordre d'idées, les résultats des travaux de Barrel et Pain et Borensztein et al. ainsi que les travaux de Brooks et Hill suggèrent que le transfert des technologies est un canal à travers lequel la croissance peut être favorisée. Blomström et Kokko soutiennent que le « transfert de technologie entre les multinationales et leurs filiales ne s'opère pas seulement via les machines, le matériel, les brevets et l'expatriation des gestionnaires et des techniciens, mais également grâce à la formation des employés locaux des filiales. Cette formation touche la plupart des niveaux d'emploi, depuis les simples manoeuvres jusqu'aux techniciens et gestionnaires supérieurs en passant par les contremaîtres».

Abwona relève les autres retombées des IDE comme étant l'octroi aux pays hôtes des compétences dans le domaine de la gestion, l'accès aux marchés extérieurs et la fourniture des biens manufacturés aux pays d'accueil. De plus, les IDE peuvent avoir des effets d'entraînement dans le domaine des infrastructures.

Coe et Helman, Engelbrecht, Griffith, Redding et Van Reenen dans la même lignée affirment que les activités de recherche et de développement menées par les firmes multinationales étrangères exercent un effet de contagion sur les firmes locales que ce soit au niveau de la formation de la main-d'oeuvre ou au niveau du rendement des inputs.

De Mello trouve que, selon les cas, l'entrée des flux d'investissements directs étrangers n'est pas nécessairement bénéfique à l'égard du pays d'accueil. L'auteur divise son échantillon de pays en deux parties, le groupe des pays « leaders » qui initient les innovations technologiques (pays développés) et le groupe des pays suiveurs (pays en développement) qui importent les technologies depuis les pays développés. Les effets des investissements directs étrangers sont généralement positifs sur la production dans les deux groupes de pays. Les effets sont aussi positifs sur la productivité totale des facteurs des pays développés mais en revanche négatifs sur la productivité des pays en développement8(*).

Ce résultat est expliqué par le fait que les pays suiveurs ne font qu'utiliser la nouvelle technologie sans une absorption réelle. Les pays développés connaissent en revanche un effet de substitution et de diffusion des nouvelles technologies par rapport à celles existantes, ce qui occasionne une production plus efficace. On peut d'ailleurs interpréter autrement ces résultats. Le transfert technologique accompagné des flux entrants d'investissements directs étrangers ne sera bénéfique au pays d'accueil que si celui-ci dispose déjà d'un niveau d'appropriation assez avancé de la technologie ou si ce dernier a un niveau important de croissance économique.

4° - Effets sur le capital humain

Au cours de la décennie écoulée, des études conséquentes sur le rôle des IDE comme vecteurs de la croissance économique à travers l'amélioration du capital humain ont été menées par Markusen, Kinoshita et Sjholm. Ces auteurs soutiennent qu'un changement technologique introduit par les firmes multinationales peut provoquer des effets d'imitation et d'entraînement dans le secteur industriel.

Blomström et Kokko insistent sur l'importance relative des FMN sur l'enseignement. Pour eux, si le rôle des FMN est assez marginal sur l'enseignement primaire et secondaire, la demande de travail qualifiée par les FMN peut encourager les gouvernements à investir davantage dans l'enseignement supérieur.

Pour l'OCDE, la présence des FMN dans un pays d'accueil pourrait être un élément clé du développement des compétences d'autant que certains savoirs sont impossibles à transmettre par écrit. En effet, les compétences acquises en travaillant pour une entreprise étrangère peuvent prendre une forme non quantifiable, il s'agit bien évidemment des saviors tacites, c'est-à-dire difficiles à codifier et à formuler. La meilleure façon de les transmettre étant d'en faire la démonstration et l'expérience. « De plus, le savoir tacite s'échange difficilement sur de longues distances. Le meilleur moyen, pour les pays en développement, d'acquérir le savoir contenu dans le processus de production des économies les plus développés pourrait donc être la présence d'entreprises étrangères dans l'économie nationale9(*) ».

Ritchie reconnaît que les multinationales ont joué un rôle important dans la croissance de l'Asie du Sud-Est, mais il se montre plus critique sur l'impact de leurs activités sur la formation de ce qu'il appelle le « capital technique intellectuel », c'est-à-dire la connaissance et les qualifications des managers, ingénieurs, scientifiques et techniciens dans l'économie locale. Il admet que les multinationales peuvent indirectement affecter l'offre de travail en influençant les institutions éducatives des pays hôtes.

Même si les multinationals investissent davantage dans la formation que les entreprises locales, le savoir-faire créé au sein de la multinationale ne se diffuse pas nécessairement au sein des entreprises locales. Les qualifications qui se transmettent sont en général confinées à des processus de production bas de gamme, et les développements technologiques sont limités à des segments étroits de production (exemple de l'emballage en Malaisie).

Ainsi, Ritchie pense que l'IDE peut fournir un savoir explicite, mais le savoir tacite doit être développé au préalable de manière endogène avant qu'une technologie étrangère puisse être transférée dans l'économie locale. Des pays comme la Corée du Sud et Taiwan peuvent davantage bénéficier des retombées de l'IDE sur le capital humain dans la mesure où ils se sont ouverts de manière sélective à l'IDE, notamment après avoir développé un capital intellectuel significatif.

Les effets néfastes du transfert de technologies et surtout les agissements de certaines FMN dans les PVD ont été mis en exergue également dans la littérature. Tsaï, Ross, Hertz, Stiglitz, Mold, Gries et Jungblut ont attiré l'attention sur les agissements des FMN et les conséquences d'une trop grande dépendance envers ces firmes. Les reproches à l'endroit des IDE relevés dans la littérature font état essentiellement des influences que ces firmes exercent sur les gouvernements locaux dans le but de preserver leurs intérêts et des inégalités dans la répartition des richesses qu'elles génèrent.

En résumé, on peut estimer avec Blomström et Kokko que les pays relativement bien dotés en capital humain ont la capacité d'attirer des investissements étrangers intensifs en technologie, lesquels peuvent contribuer à accroître la qualification du travail local. En revanche, dans les pays dont les conditions initiales sont moins favorables, les multinationales qui y investissent auront tendance à utiliser des technologies plus simples qui contribueront marginalement à l'apprentissage et au développement d'une qualification locale. Les recherches sur la relation entre IDE et formation du capital humain doivent encore être approfondies et posent la question des politiques publiques à mettre en oeuvre pour améliorer la capacité d'absorption des pays hôtes10(*).

5° - Effets sur les investissements domestiques

Dans les études empiriques sur les effets des IDE, une question centrale revient régulièrement à savoir, dans quelle mesure l'IDE exerce un effet d'éviction ou un effet d'entraînement sur les investissements domestiques. Cette question a été largement traitée par Borenstein. D'autres études théoriques considèrent qu'il existe également des effets possibles de complémentarité entre les IDE et les entreprises domestiques .

Dans le World Development Report de 2001, la CNUCED avance que l'effet positif des IDE sur l'investissement domestique se manifeste à travers plusieurs canaux tels que : (1) l'accroissement de la concurrence et de l'efficacité, (2) la transmission des techniques de contrôle de qualité à leurs fournisseurs et (3) l'introduction d'un nouveau savoir-faire (effet de démonstration des nouvelles technologies). Les FMN peuvent aussi pousser les entreprises locales à améliorer leur gestion ou à adopter les techniques de commercialisation employées par les multinationales sur le marché local ou mondial11(*).

De Gregorio et Lee montrent une relation positive entre les IDE et les investissements domestiques, même si cet impact n'est pas très significatif. De même, De Soya et Oneal affirment que les IDE encouragent les investissements locaux au lieu de leur nuire. Bosworth et Collins estiment les effets des IDE et des flux de capitaux sur l'investissement intérieur pour un panel de 58 pays en développement entre 1978 et 1995.L'échantillon assure une bonne couverture de l'Asie de l'Est et du Sud, de l'Amérique latine, du Moyen-Orient, de l'Afrique du Nord et de l'Afrique subsaharienne. Trois types de flux sont considérés (IDE, investissements de portefeuille, prêts bancaires) qui n'apparaissent pas corrélés entre eux. Les auteurs trouvent qu'à chaque dollar d'entrée de capitaux correspond une augmentation de 50 cents des investissements intérieurs pour l'ensemble de l'échantillon.

Ce résultat général cache toutefois des différences marquées selon le type de flux. En effet, l'IDE a l'impact le plus important : un dollar d'IDE augmente l'investissement intérieur de 80 cents; les investissements de portefeuille n'ont pratiquement pas d'incidence et les prêts bancaires ont un effet intermédiaire.

Dans le même sens, Agosin et Mayer étudient justement l'impact des IDE sur l'investissement intérieur par région en retenant un échantillon moins étendu que celui de Bosworth et Collins (32 pays) mais une période plus longue (1970-1996). Ces auteurs montrent que l'IDE a stimulé l'investissement intérieur en Asie (c'est-à-dire que 1 dollar supplémentaire d'IDE entraîne une augmentation de plus d'un dollar d'investissement total (crowding in)), qu'il a eu par contre un effet d'éviction (crowding out) en Amérique latine et que son incidence est plutôt neutre en Afrique, où néanmoins quelques pays semblent tirer parti des investissements étrangers.

Dans le but d'analyser les effets des FMN dans le pays d'accueil, Markusen et Venables (1999) construisent un modèle théorique dans lequel ils montrent que l'effet d'entraînement dépend de la stratégie suivie par les multinationales (production pour le marché local ou exportation à l'étranger) et du volume des liens en amont générés par elles. Pour ces auteurs, plus ces liens sont importants plus la probabilité de l'effet d'éviction sera faible. Sinon, du fait qu'elles disposent d'un pouvoir de marché en termes d'avantages technologiques, de produits de marques ainsi que des techniques de marketing, l'entrée des firmes multinationales peut affecter négativement l'existence des firmes locales12(*).

Bouklia et Zatla soutiennent qu'un effet d'éviction de l'investissement domestique par les IDE dans les PSEM réduit nécessairement leur contribution à la croissance économique. Les auteurs pensent qu' « à côté d'éventuels effets de seuil ou d'une insuffisante capacité d'absorption technologique des entreprises locales, c'est, tout autant, l'absence de complémentarité entre le capital étranger et local qui expliquerait le faible impact de l'IDE sur la croissance des économies sud et est-méditerranéennes».

Dans le même ordre d'idées, une étude de Harrison et McMillan sur l'impact des IDE sur les marchés financiers de la Côte d'Ivoire entre 1974 et 1987 montre que les FMN, grâce à la supériorité de leurs garanties et de leur rentabilité, bénéficient d'un accès plus facile aux banques locales, au détriment des entreprises locales. Cela étant, une des limites de ces analyses tient au cadre de statique comparée adopté, alors qu'il semble plus réaliste de supposer que l'incidence de l'IDE sur l'investissement intérieur est par nature dynamique et peut se dérouler en deux temps : (i) un effet initial négatif dû à l'entrée de la multinationale qui, du fait de ses avantages compétitifs, gagne des parts de marché au détriment des entreprises locales ; (ii) un effet à long terme plus favorable sur les entreprises locales, qui bénéficient des externalités liées aux activités des multinationales, par « effet de démonstration » ou diffusion du savoir-faire.

6° - Effets sur les exportations et le commerce extérieur

Dunning est l'un des premiers économistes à avoir parlé d'un lien direct entre les IDE et la politique économique à travers les échanges commerciaux. Les IDE peuvent être d'un apport considérable en devises étrangères pour les pays en développement.

Il explique ce phénomène par la présence simultanée de trois avantages pour les FMN : 1) « ownership-spécific advantage », 2) « location advantage », et 3) « internationalization advantage », c'est-à-dire les avantages spécifiques liés à la propriété, à la localisation et à l'internationalisation du commerce (OLI).

Rhee et Belot mettent en évidence à travers des études de cas, le rôle catalyseur des exportations des investisseurs étrangers, lesquels contribuent à la genèse d'une industrie d'exportation dans certains pays en développement. Par exemple, l'industrie de l'habillement au Bangladesh, qui constitue la première source de devises du pays, trouve sa source dans la présence d'investisseurs coréens qui ont favorisé la création de centaines de petites entreprises locales tournées vers l'exportation. La prépondérance des multinationales américaines dans les exportations de l'industrie électronique de certains pays d'Asie à la fin des années 70 suggère également que l'IDE a pu lancer cette industrie dans la région avec le succès que l'on connaît. La part des filiales américaines dans les exportations était comprise entre 97 % aux Philippines et 75 % en Malaisie et en Thaïlande en 1982 ; elle dépassait 50 % à Singapour et atteignait 30 % à HongKong et Taiwan en 1977.

Jun et Sing trouvent un lien direct entre les exportations d'un pays en général et les IDE mais pensent que les exportations devraient être considérés comme une variable de contrôle à cause de la propension à exporter qui est on ne peut plus élevée chez les investisseurs étrangers.

Une analyse plus critique de la contribution de l'IDE au succès à l'exportation des économies asiatiques est développée dans une étude de l'OCDE. Selon les auteurs, les performances commerciales des quatre principaux pays de l'ASEAN (Singapour, Malaisie, Indonésie, Thaïlande) qui reposent sur l'IDE sont en réalité cantonnées à un faible nombre de produits, en majorité intermédiaires. Les secteurs de production sous contrôle étranger seraient en réalité des « enclaves étrangères virtuelles » à l'intérieur du pays d'accueil, caractérisées le plus souvent par un faible potentiel à augmenter la valeur ajoutée avec des transferts de technologie réduits. Les ratios élevés de dépendance à l'importation des exportations des multinationales sont considérés comme symptomatiques de la faible intégration des filiales étrangères dans l'économie locale. L'exemple de l'industrie du matériel de traitement automatique des données, où les importations représentent respectivement 80 % et 95 % de la valeur des exportations des biens finals en Thaïlande et en Malaisie, illustre bien ce problème.

Les auteurs en concluent un peu rapidement que ces pays n'ont pas réussi à améliorer leur appareil de production pour faire face à la montée en puissance de la Chine et du Vietnam, ce qui expliquerait en partie leurs problèmes structurels croissants qui ont débouché sur la crise financière asiatique.

La CNUCED a testé cette relation dans un modèle simple couvrant 33 pays en développement en 1995. L'intérêt de leur analyse est de décomposer les exportations selon leur intensité technologique. Les régressions mettent en évidence une relation positive et significative : une augmentation de 1 % de l'IDE par habitant dans un pays est associée à une hausse de 0,45 % des exportations manufacturières totales du pays. L'élasticité apparaît plus élevée (0,78) pour les exportations les plus intensives en technologie. Parmi les autres variables explicatives, les dépenses de R&D et la valeur ajoutée manufacturière par tête sont également significatives13(*).

Ces résultats peuvent être critiqués dans la mesure où ils n'établissent pas une causalité directe; ils suggèrent néanmoins que l'IDE peut être un facteur de soutien des exportations.

· La République démocratique du Congo : une logique à part

L'image donnée par les analyses qui ont été effectuées pour le compte des pays en développement nous laisse davantage perplexes. Les propos de Giovannetti et Ricchiuti, ne peuvent que conforter un tel avis : « L'IDE est généralement associé à une augmentation de la productivité et de la croissance. Il représente aussi un important facteur du transfert de la technologie, stimule l'innovation et contribue à l'amélioration de la compétitivité ». Ainsi, théoriquement, l'IDE a un impact positif sur la croissance. Cependant, ceci n'a pas été toujours confirmé par les résultats empiriques.

Pour la République démocratique du Congo il n'y a pas une évidence empirique pour soutenir l'hypothèse de l'effet positif de l'IDE sur la croissance. Ce manque de certitude s'explique d'un coté par la faiblesse de la part de ces pays en IDE aussi bien en terme absolue que relatif (en % du PIB), et d'autre part par le caractère instable du taux de croissance dans ces pays ».

Les résultats mitigés sous-tendent l'idée que l'effet de l'IDE dépend étroitement des caractéristiques propres du pays d'accueil et de la nature de l'IDE en question. Un effet plus favorable de l'IDE sur une économie d'accueil est intimement lié à la diffusion des externalités ou spillovers aux firmes locales par les firmes multinationales. Toutefois, de telles externalités, peuvent ne pas avoir lieu, en raison de faibles liens avec les firmes locales ou une faible capacité d'absorption.

CHAPITRE DEUXIEME 

APERCU GENERALE SUR L'IDE ET LA CROISSANCE EN RDC

L'evolution des flux d'IDE dans un pays ou dans une région donnée est fonction de plusieurs paramètres dont la stabilitépolitique et économique, le dynamisme des populations et leur savoir-faire , mais surtout une certaine dotation factorielle en ressources naturelles pour ce qui est des pays en voie de développement.

Pour mieux appréhender la valeur des flux d'IDE entrant en RDC, nous consacrons ce chapitre à l' examen de l''IDE en RDC : origine et repartition sectorielle des flux entrant, attractivité de la RDC et les différents problèmes liés à l'attractivité des IDE en RDC.

2.1. L'INVESTISSEMENT DIRECT ETRANGER EN RDC

La République Démocratique du Congo n'a jamais véritablement constitué une destination de choix des investissements directs étrangers en dépit de ses immenses ressources naturelles. Dans l'etude menée en 2004 pour le compte du Programme des Nations Unies pour le Développement (PNUD) sur les causes économiques des conflits armés en R.D.C, il a été revélé le désintérêt grandissant du Congo pour les investisseurs. L'instabilité politique et économique mais aussi des conditions sécuritaire inadequates furent à la base de cette situation.

Mais grâce aux efforts de gouvernement troisième république, il s'est fait remarquer une certaine amélioration dans le cadre de l'IDE avec l'entrée de nouveaux investissemennts privés, notamment dans le domaine bancaire et dans la télécommunication.

2.2. ORIGINE DE L'IDE ENTRANT EN RDC

En Afrique il existe une forte corrélation entre le pays d'origine des IDE et le pays d'accueil ; ainsi, les premiers investissements vers la RD.Congo furent fortement influencés par des liens coloniaux et la langue parlée. On peut rencontre facilement les investisseurs belges et français en RDC. Cela étant, les IDE engagés avant l'indépendance par les colons belges se sont poursuivis jusque vers les années 1974, année au cours de laquelle s'est fait la Zaïrianisation.

Les flux d'IDE vers la RD.Congo ont des sources assez diverses, car il faut le dire, le Congo est un énorme pays qui offre des nombreuses opportuinités aux investisseurs étrangers.En dehors de la Belgique et de la France, les Etats-Unis et la Chine occupent une position de choix sur la liste des principaux pays investisseurs en RD.Congo. Mais aussi nous pouvons citer l'Allemagne, la Hollande, la Suede, le Portugal, le Luxembourg , l'Angleterre et la Bulgarie.

2.3. EVOLUTION DE L'IDE EN RDC

Les montants d'IDE de la Republique Démocratique du Congo sont insignifiants comparés aux flux d'IDE entrant dans le monde. Selon le rapport mondial sur l'investissement 2007, l'IDE entrant en RDCne représente que 0,028% du flux entrant de l'IDE mondial.

Grace à la bonne gestion et à la stabilité économique dont jouissait la République Democratique du Congo après son indépendance, l'IDE entrant à relativement progressé par rapport aux autre pays de l'Afrique subsaharienne.Cette évolution fut stoppé en 1974, année durant laquelle le pays est touché par une crise économique aigüe principalement à cause de la privatisation par MOBUTU de nombreuses entreprises à son nom ou au noms de ses proches(Zaïrianisation) et les politiques des grands travaux (Eléphants blancs)14(*).

En dépit de la succession des programmes de stabilisation mêlées aux mesures de régulation conjoncturelles, force est de constater que le recul de la productin et l'aggravation des déséquilibres interne et externe ont persisté. Ce qui a amené les IDE à chuter une fois de plus et la RD.Congo va même connaître des désinvestissements nets ( -7 125 200 $us). Les mesures de redressement du programme commencèrent à donner des resultats en 1990, mais les IDE sont restés néamoins instables jusqu'en 2001, année de la reprise des relations avec les institutions de Bretton woods( Banque Mondiale et le Fond Monétaire International).

En 2003, les flux d'investissements étrangers ont atteint 132 millions de dollars et représentaient 23,6% de la formation brute de capital fixe. Les IDE en RDC se sont élevés à 500 millions de dollars en 2006, contre 405 millions en 2005 et une moyenne annuel de 5 millions entre 1990 et 2000. les investisseurs étrangers, plus particulièrement les belges, les chinois et les sud-africains, ont diversifié leurs placements dans le secteur minier, bancaire et la télécommunication.

Graphique 01 : Evolution du flux entrant des IDE en RDC entre 1990 et 2006 en million de dollar américain ($us).

Source : Université de Sherbrook :données macroéconomique de la RDC

2.4. REPARTITION SECTORIELLE DES FLUX D'IDE ENTRANT EN RDC

La décision d'investir en Afrique centrale repose principalement sur l'existence d'un sous-sol riche en minerais et en hydrocarbures, et la possibilité de ravitaillement d'un marché de plus de 90 millions d'individus. La recherche d'une main d'oeuvre à bon marché est une motivation secondaire car les investisseurs reprochent souvent à cette région le coût relativement élevé de sa main d'oeuvre, en comparaison aux autres pays en développement notamment ceux d'Asie du sud-est ou d'Asie du sud-ouest.

Cela étant, l'IDE vers la RD.Congo est inégalement reparti dans quatre secteurs principaux de l'activité économique : le transport et communication, les minérais et hydrocarbures, les services et enfin l'industrie. Le dynamisme du secteur productif a été généré par le secteur privé car le gouvernement a réduit sa présence dans l'économie, suite au protocole d'investissement, au protocole d'accord sur les mines et autres instruments. Le secteur privé, néanmoins, fait face à quelques contraintes structurelles qui rendent difficiles son fonctionnement sur le marché, diminuant sa contribution potentielle au développement économique de la RDC.

Graphique 02 : Répartition sectorielle des IDE en RD.Congo en 2003

Source :SADC , Réalisation des critères de convergence macroéconomique SADC en RD.Congo

En 2003, le secteur transport et télécommunication a été le plus dynamique, notamment suite à d'importantes investissements directs étrangers dans la téléphonie mobile. Le secteur mines et hydrocarbures a bénéficié de l'introduction du nouveau protocole d'accord sur les mines, qui a libéralisé le commerce de diamants et élimine le monopole de la Gecamines. Des nombreuses sociétés internationales se sont impliquées dans l'exploitation et l'exportation des riches ressources miniers.

2.5. ATTRACTIVITE DE LA RDC

On peut définir l'attractivité des IDE comme un ensemble des politiques économiques, fiscales, douanières et institutionnelles que les autorités ont élaboré afin de rendre le territoire nationale attractive aux yeux des investisseurs. Ces politiques tiennent compent des conventions internationales entre Etats, et respectent les principales clauses commerciales internationales en vigeur dans le monde. Elles ont été élaborées de manière à respecter les chartes des investissements en Afrique.

2.5.1. Cadre juridique, reglementaire et institutionnel15(*)

En RD.Congo, le système judiciaire en vigeur est celui hérité de la colonisation avec des aménagements. En général, on trouveà la base les tribunaux de première instance, puis les cours d'appel et enfin la cour suprême qui constitue la plus haute instance en matière judiciaire et administrative. Avec la nouvelle constitution du pays, on remarque que de nombreux efforts sont entrain d'être faits dans le but de renforcer l'Etat de droit qui viendrait rassurer les investisseurs potentiels.

En RD.Congo, la démocratisation à favoriser la liberté d'opinion, malgré l'inegale repartition du pouvoir entre les différents organes étatique. La politique de la libéralisation mise en place par le gouvernement et l'adhésion de ce dernier à la MIGA( branche de la banque mondiale specialisée dans l'assurence contre les risques politiques et autres risques politiques et non commerciaux) créent un cadre légal qui protège le droit des investisseurs.

L'Etat congolais offre un certain nombre d'incitations aux investisseurs potentiels. Le regime général des investissement comporte des clauses qui visent soit à encourager l'investissement en général, soit à orienter vers un secteur clé de l'économie conformément aux objectifs du gouvernement. En fait la politique du pays d'accueil peut jouer dans le sens de l'attractivité lorsque le pays a besoin des IDE ou dans le sens du protectionnisme lorsque les dirigeants veulent proteger les industries locales contre la concurrence dont elles ne peuvent faire face.

Deux types d'incitations peuvent à ce jour être considérées comme déterminantes dans la politique d'attractivité de la RD.Congo : les incitations fiscales et les incitations financières16(*). Par le biais d'agrément des projets d'investissements au régime du code des investissements, l'Etat congolais accorde aux investisseurs divers avantages au nombre desquels on peut citer :

? Avantages douaniers

~ À l'exclusion de la redevance administrative de 5%, l'exoneration totale, en faveur des investissements d'utilité publique des droits et taxes à l'importation pour les machines ;

~ L'exoneration totale en faveur de tous les investissements des droits et taxes à l'importation pour les machines, l'outillage et les materiels neufs. La redevance administrative de 5% reste due ;

~ L'exoneration des droits et taxes à l'exportation pour tout ou partie des produits finis, ouvrés ou semi-ouvrés dans des conditions favorables pour la balance de paiements.

? Avantages fiscaux

~ L'exoneration totale de l'impôt professionnel sur le revenus pour le bénéfices générés par les investissements agrées ;

~ L'exoneration de l'impôt foncier ;

~ L'exonération du droit proportionnel lors de la constitution ou de l'augmentation du capital social des sociétés par action à responsabilité limités(S.A.R.L).

? Autre avantage

~ La créattion d'un guichet unique en matière d'investissement, l'Agence Nationale pour la Promotion des Investissements (ANAPI), afin d'apporter assistances aux investisseurs. Mais aussi pour lutter contre la tracasserie et l'escroquerie orchrestrée par la lourde administration publique.

2.5.2. Les politiques économiques17(*)

La politique de convergence macroéconomique, d'ouverture et de privatisation a pour but d'attirer les firmes multinationales. Le programme de convergence macroéconomique de la SADC est basé sur la mesure de quatre indicateurs macroéconomiques ayant pour but d'assurer la compétitivité de ces pays et partant, rassurer les investisseurs sur la bonne gestion de la zone.

Ces critères sont :

~ Garder un taux d'inflation annuel inférieur à 3% ;

~ Enregistrer un solde budgétaire de base, hors dons, rapporté au prix nominal positif ou nul à l'horizon 2008, renseignant ainsi sur la capacité de l'Etat conserné à couvrir avec ses ressources propres les dépenses courantes et les dépenses en capital, lesquelles seraient ainsi financées au moyen des ressources internes ;

~ Porter le taux d'endettement public interne et externe à un pourcentage égal ou inférieur à 60% du PIB à l'horizon 2008.

~ Le maintien d'une variation en pourcentage de la masse salariale de la fonction publique égal ou inférieur à la variation en pourcentage des recettes budgétaires.

En plus de ces quatres critères, la surveillance multilatérale dans la SADC s'appuie sur un ensemble d'indicateurs traités comme des repères indicatifs. Ceux-ci permettent de proceder à un diagnostic plus approfondi sur l'évolution économique et financière de la communauté.

La politique économique en vigeur en RD.Congo depuis l'indépendance varie selon l'idéologie du gouvernement. Avec la crise des années 1980, la RD.Congo a procédée à une ouverture économique impulsée par le Fond Monétaire Internationale et la Banque Mondiale. A partir de 2001, le gouvernement congolais opte pour le libéralisme économique avec pour corollaire l'ouverture des frontières et la mise en place d'un nouveau cadre pour les investissements (code d'investissement, 2001). Il faut noter que toutes ces mesures avaient pour but d'attirer les IDE et de relancer les exportations.

2.6. LES PROBLEMES LIES A L'ATTRACTIVITE DES IDE EN RDC

2.6.1. La corruption :

Parmi les problèmes d'ordre institutionnel qui minent l'expretion des IDE en RDC, la corruption est sans doute le facteur le plus marquant ,surtout en ce qui concerne les secteurs minéraliers et pétroliers, ainsi que la passation des marchés publics .La corruption a fait l'objet de geaucoup de réflexions de la part des organisations internationales et des organismes spécialisés dans la défense des droit de la légalité .Ainsi ,des organismes comme International Country Riste Guide (ICRG),transparency international (CPI) ont tous développés des indices de perception de la corruption qui ont régulièrement publiés à la fin de chaque année.

Pour ce qui est des pays africains au sud du sahara (PASS),Assiedu avance que la corruption est le plus gros facteur disuasif pour l'implatation des IDE dans cette région.Au niveau de l'afrique subsaharienne, il ressort du classement que publie l'éxécutif de transparancy international, que la RDC occupe le 6°rang des pays les plus corrompu de la planète et le 8° rang en ce qui concerne les pays africains. Ce constat n'a pas de quoi surprendre,du moment où le programme du gouvernement denomé « chagement des mentalités » n'a pu être executé qu'a hauteur de 20%. Dautre part ,les dernières enquétes sur la sutuation de ce fléau dans le pays ont identifié six secteurs prioritaires comme étant les plus affectés .Il s'agit ,par ordre , de la justice, de la police ,dela santé, de l' éducation, les milieux politiques et les douanes18(*).

2.6.2. Le risque pays19(*)

Un pays est d'autant plus attractif vis-à-vis des investisseurs étrangers qu'il présente le moins de risque possible. Le pays est dit à risque lorsq'il peut y avior un changement politique brisque,lorsq'il y reinge de corruption endemique et la non transparence institutionnelle,lorsqu'il peut suspendre le payement ou peut modifier unilateralement sa dette,ou tout simplement lorsqu'il est en guerre. Ces situation peuvent compromettre des benefices d'exploitation comme la valeur de capitaux. Ainsi, le risque pays peut prendre plusieurs facettes et reste tres present dans les trandactions internnationales. Selon BHATTACHARYA et al, le risque élevé que presente les investissements en Afrique sbsaharienne y compris la RDC expliquerait pourquoi cette derrniere n'a pas beaucoup beneficie de flux d'IDE.

Assiedu explique la faible attractivité des pays subsaharienne par le risque politique qui sevit dans cette région. Dépuis l'accession de la RDC à l'independance au début des années 60,ce a connu des periode mouvementée jonchés de troubles sociaux et politiques. Ce climat n'est pas favorable à un afflux des IDE, et cela explique en partie la rarette de flux des capitaux exterieurs pendant un certain temps.

2.6.3. L'insabilité politique20(*)

 

La RDC a été dirigé pendant 32 ans par un gouvernement autoritaire qui a progressivement détruit les capacités administratives de l'Etat. Cela a mené à la corruption comme seul moyen de fonctionnement. Ce gouvernement a pris fin lors d'une guerre qui impliquait six pays africains (Namibie, Zimbabwe, Angola, Uganda, Rwanda et RDC). Selon certains analystes, cette première guerre africaine a entraîné le pays dans le chaos, brisant les institutions politiques et freinant toute activité économique.

Le gouvernement de transitoire, qui regroupait les représentants des quatre mouvements rebelles, les milices progouvernementales Mai Mai, plusieurs parties politiques de l'opposition non armée et des représentants de la société civil, a été formé en juin 2003 avec un mandat de gouverner le pays pendant deux ans ou jusqu'aux prochaines élections. Ce gouvernement a décalé la date pour les élections à plusieurs reprises, pour cause de l'insécurité dans l'est du pays et des tensions politiques à l'intérieur de la coalition gouvernementale.

CHAPITRE TROISIEME 

APPRECIATION DES EFFETS DES IDE SUR LA CROISSANCE DE LA R.D.C

3.1. MÉTHODE D'ESTIMATION ET PRÉSENTATION DES VARIABLES

Il s'agit au départ de signaler que plusieurs limites ont caractérisé les différents travaux empiriques qui ont été effectués. Tout d'abord la présence des spillovers implique une interaction entre les différents déterminants de la croissance d'où l'intérêt d'introduire cet aspect dynamique dans les différentes analyses. Par ailleurs, les relations observées entre l'IDE et la croissance peuvent souffrir des problèmes de causalité du fait que l'IDE pourrait être attiré par des pays où le taux de croissance est assez élevé, d'où la nécessité d'introduire des variables instrumentales afin de résoudre ces problème d'endogeneïté.

Pour dépasser ces problèmes et pour tenir compte des effets spillovers et les canaux à travers lesquels l'IDE agit sur la croissance, nous avons opté pour le modèle inspiré de celui de Bendel et al21(*). Nous nous sommes résolus à construire un modèle structurel composé de six équations simultanées. Celui-ci, a été appliqué sur des données de panel de l'économie congolaise sur la période 1990-2006. La structure de notre modèle, qui suppose une forme linéaire, est représentée comme suit :

Cr=á0+ á1.IDE+ á2.KH+ á3.ID+ á4.TT+ á5.EXPORT+Ut

Avec :

Cr = É (IDE, KH, EXPORT, ID,TT) [eq.1]

ID = É (Cr, IDE, Crédit, Intérêt, SMIG) [eq.2]

EXPORT = É (IDE, Tx Change, Béchange) [eq.3]

KH = É (IDE, Deducation, Dsociales) [eq.4]

IDE = É (Cr, Infrastructure, Ouvert, SMIG) [eq.5]

TT = É (IDE, KH, Ouvert, R&D) [eq.6]

Les variables endogènes : Cr ; IDE ; KH ; ID ; TT ; EXPORT ; TT

-Cr : la croissance du PIB/tête.

-IDE : l'investissement direct étranger en pourcentage du PIB.

-KH : le capital humain est approximé par le taux de scolarisation brut au niveau secondaire.

-ID : la part de l'investissement domestique dans le PIB (la FBCF en pourcentage du produit intérieur brut).

-EXPORT : Les exportations en pourcentage du PIB (approximation du commerce extérieur).

Les variables exogènes : Béchange, Crédit, Déducation, SMIG, Inflation, Intérêt, Ouvert, infrastructure, Tx Change, Dsociale, R&D.

-Béchange : les taxes sur le commerce international en pourcentage des recettes courantes (approximation des entraves à l'exportation : droits tarifaires, bureaucratie, les délais d'attente, etc.).

- Crédit: Le crédit accordé au secteur privé par rapport au PIB, indique la disponibilité et l'efficacité des intermédiaires financiers.

- Déducation : les dépense du ministère de l'éducation en pourcentage du PIB.

- SMIG : salaire minimum interprofessionnel garanti en Franc congolais

- Inflation : représente l'instabilité économique.

- Intérêt : taux d'intérêt réel (coût du capital).

- Ouvert : l'ouverture économique (rapport des exportations et des importations sur le Produit intérieur brut).

-Infrastructure : kilomètre des routes asphaltées.

- R&D : les dépenses de recherche et de développement en pourcentage du PIB (le potentiel technologique du pays).

- Tx Change : Taux de change du dollar en monnaie local.

- Dsociales : dépenses pour affaires sociales, santé, sport, jeunesse et affaires culturelles en pourcentage des dépenses publiques.

Les équations du système, ainsi que le signe attendu des différentes variables, sont synthétisés dans le tableau ci-dessous [pour la lecture du tableau : y = f(x)] :

y

Cr

IDE

KH

ID

TT

EXPORT

X

 
 
 
 
 
 

Cr

 

+

 

+

 
 

IDE

+

 

+

+ /-

+

+

KH

+

 
 
 

+

 

ID

+

 
 
 
 
 

TT

+

 
 
 
 
 

EXPORT

+

 
 
 
 
 

Crédit

 
 
 

+

 
 

Déducation

 
 

+

 
 
 

Dsociales

 
 

+

 
 
 

SMIG

 

-

 

+/-

 
 

Inflation

 
 
 
 
 
 

Intérêt

 
 
 

-

 
 

Ouvert

 

+

 
 

+

 

R&D

 
 
 
 

+

 

Tx Change

 
 
 
 
 

+

Infrastructure

 

+

 
 
 
 

Béchange

 
 
 
 
 

-

En appliquant la méthode des Doubles Moindres Carrées Ordinaires (DMCO) à l'ensemble des équations, nous avons cherché à estimer aussi bien les déterminants de la croissance (l'IDE, le capital humain, l'investissement domestique, Les exportations) que les facteurs qui expliquent ces mêmes déterminants. Par ailleurs le modèle nous a fourni un éclairage sur les variables explicatives de l'IDE en République démocratique du Congo.

3.2. RESULTATS DE L'ESTIMATION ECONOMETRIQUE

3.2.1. Stationnarité des séries étudiées

Dans cette section, nous essayerons d'étudier la stationnarité des toutes nos variables endogènes et exogènes.

Tableau n°1 : étude de la stationnarité des variables

Variables étudiées

Test de stationnarité

Conclusion

dPIB (croissance du PIB)

ADF

I (0)

dIED (investissement direct étranger en % du PIB)

ADF

I (0)

dID (investissement domestique)

ADF

I (0)

dX (exportation en % du PIB)

ADF

I (0)

KH (capital humain)

ADF

I (0)

dTT (transfert technologique)

ADF

I (0)

dCRED (crédit au secteur privé)

ADF

I (0)

dBECH (entrave au commerce international)

ADF

I (0)

dRD (dépenses affectées au secteur de recherche et développement)

ADF

I (0)

dEDUC (dépenses du secteur d'éducation en % des dépenses totales)

ADF

I (0)

dOUV (ouverture économique)

ADF

I (0)

TCH (taux de change)

ADF

I (0)

TIR (taux d'intérêt réel)

ADF

I (0)

SMIG (salaire minimum garanti)

ADF

I (0)

INFR (infrastructure)

ADF

I (0)

dSOC (dépenses affectées dans le secteur social)

ADF

I (0)

Source : nos calcul sur eviews

Comme nous puvons le constater à partir du tableau ci-dessus, tous nos variables sont stationnaire à niveau. Cela doit nous rassure sur la fiabilité de nos résultats, car la tendance de series n'est pas entachée d'erreurs.

3.2.2. Brève présentation des exigences des modeles à équations simultanees22(*)

Lorsque nous sommes en présence d'un modèle à équations multiples, il arrive fréquemment qu'une variable endogène d'une équation apparaisse en tant que variable explicative d'une autre équation. Ce double statut de certaines variables entraîne un biais dans les estimations des coefficients lorsque nous employons les MCO, équation par équation.

1. conditions d'identification

Les conditions d'identification se déterminent équation par équation. Nous pouvons distinguer trois cas :

- le modèle est sous-identifié si une équation du modèle est sous-identifiable (il y a moins d'équations que de paramètres à identifier dans la forme structurelle, le système est donc impossible à résoudre) ;

- le modèle set juste identifié si toutes les équations sont juste identifiables ;

- le modèle est sur-identifié si les équations du modèle sont soit justes identifiables, soit sur-identifiables.

Les conditions d'identification peuvent faire l'objet d'un développement complexe, nous nous bornons ici à édicter des règles simples qui sont, dans la pratique, appliquer en premier lieu.

Soit :

g =nombre de variables endogènes du modèle (ou nombre d'équations du modèle) ;

k = nombre de variables exogènes du modèle ;

g'= nombre de variables endogènes figurant dans une équation ;

k'= nombre de variable exogènes figurant dans une équation.

Lorsque les restrictions ne sont que des restrictions d'exclusion, les conditions nécessaires d'identifiabilité s'énoncent ainsi :

- g-1 > g-g' + k-k' : l'équation est sous-identifiée

- g-1 = g-g' + k-k' : l'équation est juste identifiée

- g-1 < g-g' + k-k' : l'équation est sur-identifiée

Ce qui peut se résumer ainsi : pour qu'une équation ne soit pas sous-identifiée, le nombre de variables exclues de l'équation doit être au moins égal au nombre d'équations du modèle moins 1. Ces conditions, nécessaires, sont appelées conditions d'ordre d'identifiabilité.

2. les méthodes d'estimation

Les méthodes d'estimation que nous pouvons utiliser dans le cadre des équations simultanées sont fonctions du critère d'identifiabilité du modèle.

Si le modèle est sous-identifiable, il n'y a pas moyen de faire des estimations. Dans un modèle juste ou sur-identifiable, nous pouvons distinguer la méthode à employer équation par équation, selon le critère d'identifiabilité :

- Si l'équation est juste identifiée, les moindres carrés indirects ou doubles moindres carrés.

- Si l'équation est sur-identifiée, les doubles moindres carrés.

La procédure d'estimation des doubles moindres carrés (DMC) est la plus utilisée en pratique. Elle s'applique pour tous les modèles justes ou sur-identifiables. Les propriétés de l'estimateur des DMC sont identiques, de manière asymptotique, à celles d'un estimateur classique.

3.2.3. Application du double moindre carré aux données de la RDC

1°. Identification du modèle étudié

Dans le cadre de notre modèle nous avons remarqué : g = 6 et k = 10. Alors nous allons passer à l'identification équation par équation.

Tableau 2 : Identification des équations du modèle

 

caractéristiques

Procédure d'identification

Résultat

Commentaire

Éq.1

g' = 6 et k'= 5

6-1 < 6-6 + 10-5

5 = 5

Équation juste identifiée

Éq.2

g' = 3 et k'= 5

6-1 < 6-3 + 10-5

5 < 8

Équation sur-identifiée

Éq.3

g' = 2 et k'= 4

6-1 < 6-2 + 10-4

5 < 10

Équation sur-identifiée

Éq.4

g' = 2 et k'= 3

6-1 < 6-2 + 10-3

5 < 11

Équation sur-identifiée

Éq.5

g' = 2 et k'= 4

6-1 < 6-2 + 10-4

5 < 10

Équation sur-identifiée

Éq.6

g' = 3 et k'= 4

6-1 < 6-3 + 10-4

5 < 9

Équation sur-identifiée

Source : nos propres calculs

Comme nous avons à faire à cinq équations sur-identifiées et une équation juste identifiée, la méthode à utiliser est le double moindre carré.

2°. Application et défaillance de moindre carré ordinnaire

Éq.1: Cr = -27.93 +0.81 IDE + 0.36 KH + 0.42 EXPORT + 0.05 ID + 0.12 TT

(1.72) (4.05) (3.63) (0.18) (1.40)

R2 = 0.92 n = 17 (.) = t de student

Eq.2: ID = -26.37 - 0.53 Cr - 1.08 IDE + 1.41 Crédit + 0.09 Intérêt + 1.64 SMIG

(-0.67) (-1.17) (1.41) (0.81) (1.09)

R2 = 0.65 n = 9

Éq.3 : EXPORT = 14.13 + 1.00 IDE - 0.01 Tx change + 0.55 Béchange

(0.47) (-0.16) (0.92)

R2 = 0.14 n = 17

Équ.4 : KH = 0.28 + 0.44 IDE + 0.11 Déducation + 2.34 Dsociales

(0.22) (0.12) (2.28)

R2 = 0.28 n = 17

Éq.5 : IDE = 2.02 + 0.19 Cr - 0.001 Infr + 0.60 Ouvert - 0.28 SMIG

(0.55) (-0.20) (0.38) (-0.19)

R2 = 0.47 n = 9

Éq.6 : TT = -1.88 + 0.15 IDE + 0.51 KH + 2.17 Ouvert - 22.84 R&D

(0.09) (2.19) (1.29) (-1.08)

R2 = 0.58 n = 17

Les estimateurs de moindre carré ordinaire sont biaisés, cette méthode d'estimation est donc inappropriée pour ce type de modèle. Nous devons utiliser la méthode des DMC.

3°. Présentation des résultats du système estimé à l'aide du DMC

? L'effet de l'IDE sur la croissance économique

Eq.1: dPIB = -57.24 + 0.91 dIED + 1.24 KH + 0.49 dX - 0.12 dID - 0.18 dTT

(1.26) (0.89) (0.88) (-0.19) (-0.25)

R2 = 0.88 F-stat = 4.69

DW = 2.07 Prob (F-stat) = 0.116

Ces résultats mettent en lumière une contribution positive et significative des déterminant « classiques » de la croissance économique. Ainsi, on constate une forte implication des exportations et du capital humain qui ont tous deux les signes attendus. L'IDE semble agir plus positivement sur la croissance économique de la RD.Congo. En effet la régression relève un coefficient positif mais moins significatif de cette variable. Ce résultat pourrait être expliqué par plusieurs éléments. La forte dotation en ressources naturelles et aussi le grand marché intérieur qui ne cesse d'attirer les firmes multinationales.

? L'effet de l'IDE sur l'investissement domestique : crowding in ou crowding out ?

Éq. 2: dID = -26.37 + 1.41 dCRED + 0.09 TIR + 1.64 log (SMIG) - 0.53 dPIB - 1.08 dIED

(1.41) (0.81) (1.09) (-0.67) (-1.17)

R2 = 0.65 F-stat = 1.11

DW = 2.53 Prob (F-stat) =0.49

A partir des résultats, on peut dire que le crédit domestique, l'intérêt et le salaire minimum garanti (SMIG) influencent positivement et d'une manière non significative l'investissement domestique. La croissance et l'IDE ont des signes négatifs, contrairement à ce dont nous nous attendions. Seul le crédit accordé au secteur privé a le signe attendu.

Une question centrale, revient à savoir, dans quelle mesure l'IDE peut évincer (crowding out) ou exercer un effet d'entraînement (crowding in) sur l'investissement domestique. Dans l'équation de régression, le signe négatif de l'IDE sur le investissement domestique indique que l'investissement direct étranger créé un effet d'éviction. Markusen et Caves ont soutenu cette thèse suivant laquelle l'entée des multinationales affecte négativement les firmes locaux étant donné leur pouvoir de marché en terme d'avantages technologiques, des produits de marque, ainsi que de techniques agressives de marketing23(*).

? L'effet de l'IDE sur le commerce

Éq. 3: dX = 27.79 - 0.10 Tch + 0.24 dBECH -0.42 dIED

(-1.02) (0.41) (-0.22)

R2 = 0.45 F-stat = 1.40

DW = 0.78 Prob (F-stat) = 0.34

L'impact de l'IDE sur le commerce extérieur, semble avoir un signe positif dans la plupart des études empiriques. Ceci se traduit par le fait que les entreprises locales peuvent bénéficier des effets de démonstration induit par les FMN, ce qui leurs poussent à augmenter leur propension à exporter.

Dans notre modèle, l'IDE et le taux de change ont tous deux des signes négatifs et peu significatifs. Nous pouvons avancer que, l'IDE en RD.Congo, ne contribue pas significativement à l'accroissement des exportations. Le signe négatif de l'IDE pourrait être expliqué par la faiblesse des flux accaparés par le pays. Par ailleurs les barrières à l'échange ne semblent pas constituer un obstacle majeur au développement des exportations.

? L'effet de l'IDE sur le capital humain

Éq. 4: KH = 56.52 - 0.44 dIED - 1.09 dEDUC - 1.38 dSOC

(-1.11) (-5.32) (-3.06)

R2 = 0.88 F-stat = 12.26

DW = 1.99 Prob (F-stat) = 0.001

Le modèle indique que l'IDE, les dépenses dans l'éducation et les dépenses de nature sociale disposent tous d'un signe négatif et significatif en ce qui concerne les dépenses dans l'éducation. Dans le cas des dépenses d'éducation, ceci pourrait s'expliquer par des dépenses d'éducation insuffisantes et/ou une mauvaise gestion de celles-ci.

? Les déterminants de l'investissement direct étranger

Éq. 5: dIED = 2.02 + 0.19 dPIB - 0.001 Infr + 0.60 dOUV - 0.28 log (SMIG)

(0.55) (-0.20) (0.38) (-0.19)

R2 = 0.47 F-stat = 0.91

DW = 2.58 Prob (F-stat) = 0.53

Il existe une littérature économique assez abondante sur les déterminants de l'investissement direct étranger, qui n'apporte toutefois pas de certitude. En effet, étant donné, le caractère multidimensionnel des déterminants des IDE, la plupart des travaux empiriques n'ont pas été effectué dans un cadre théorique bien défini. Et même, lorsque celui-ci est intégré dans les études empiriques sur ce qui détermine un investissement direct étranger, les résultats n'étaient pas toujours concluant.

Pour le cas de notre modèle, la croissance et l'ouverture économique sont significatifs et ont le signe attendu. Le SMIG et l'infrastructure ont tous deux un signe négatif. Et cela à été confirmé par le professeur SEGHOU dans son thèse de doctorat où il explique que le salaire ne constitu pas un déterminant de l'IDE dans l'Afrique sub-saharienne du fait que le coût de la main d'oeuvre en Afrique sub-saharienne est beaucoup plus élevé qu'en Asie et en Amérique du sud.

? L'effet de l'IDE sur le transfert de technologie

Éq.6: dTT = -51.78 + 0.17 dIED + 1.50 KH + 3.22 dOUV + 7.24 dRD

(0.28) (3.42) (3.29) (0.60)

R2 = 0.97 F-stat = 38.08

DW = 2.14 Prob (F-stat) = 0.001

Il existe une littérature abondante sur le transfert de technologie via les IDE. Cependant, il n'existe pas un consensus sur la contribution des IDE dans le transfert technologique, surtout, lorsqu'il s'agit des études menées au niveau des PVD.24(*) Bien que, le rôle de l'investissement du point de vu transfert technologique est généralement bien compris, l'investissement direct étranger peut provoquer un transfert technologique direct, par le transfert de savoir-faire stratégique et technique associé à l'investissement. Il peut aussi donner lieu à un transfert technologique indirect par le biais de l'importation des biens intermédiaires qui incorporent des technologies de pointe.

Les résultas de estimations économetriques revèlent que le capital humain et l'ouverture contribuent significativement au transfert technologique. Comme nous l'avons déjà vu, le capital humain est une condition sine qua non du transfert de technologie, et représente entre autre, la capacité d'absorption du pays d'accueil. En ce qui concerne les dépenses affectées au secteur de recherche et développement, la régression nous montre qu'elles sont insuffisantes et non significatives, comme c'est le cas pour beaucoup de pays africains.

CONCLUSION GENERALE

Depuis deux décennies, les gouvernements des PVD sont entrés dans une concurrence accrue en vue d'attirer les flux d'IDE sur leur territoire. Cet engouement des PVD envers l'IDE tient à diverse raisons : la création d'emploi, l'accumulation du capital, la promotion des exportations, la possibilité des diffusions technologiques dans les tissus industriels local, etc.

Ce travail s'est évertué à montrer que les flux d'IDE vers la RDC ne suivent pas la logique la plus courante des flux d'IDE vers les PVD mais suivent celle vers les pays les moins avancés producteurs des matières premières. L'idée centrale est que contrairement à la théorie qui veille que les IDE soient déterminé par l'ouverture économique et le facteur localisationnel comme la taille du marché où les coûts de production, l'IDE en RDC est déterminé plutôt par les ressources naturelles. Le deuxième point fort de ce travail tend à renforcer l'idée selon laquelle l'IDE contribue à la croissance économique du pays d'accueille malgré quelque zones d'ombre. C'est autour de ces points centraux que s'articule les trois chapitres de ce travail.

Le chapitre premier passe en revue la littérature théorique et empirique de la notion IDE-croissance. Le chapitre deuxième fait une analyse descriptive des flux d'IDE entrant et du taux de croissance du PIB en RDC. Il ressort de cette analyse que les flux d'IDE cumulés représentent environ 10% du PIB de la RDC, même si la RDC ne compte que pour moins d'un pourcent de l'IDE mondial. Aussi le chapitre deuxième essaye de montrer les atouts dont dispose la RDC pour attirer les IDE. Ainsi, les politiques d'attractivités (économiques, monétaires et institutionnelles) mises en place sont passées en revues, de même que les abondantes ressources naturelles de la région pour lesquelles les investisseurs peuvent s'intéresser. Il est aussi fait cas de problème qui limitent les entrées d'IDE dans la région tels la corruption et l'instabilité politique. Le chapitre troisième analyse les effets des IDE sur l'économie de la RDC à l'aide d'un modèle structurel estimé par le double moindre carré. Le résultat obtenu montre que l'IDE contribue positivement à la croissance en RDC.

Cet IDE crée très peu ou aucun effet d'entraînement sur l'économie, du fait de la peur née de l'aversion pour le risque des investisseurs potentiels. Cet IDE est celui qui susceptible de créer des emplois, de transférer le savoir faire aux entreprises locales. Malheureusement, son pourcentage reste encore faible, car la RDC n'est pas stable politiquement et demeure une zone à risque très élevé pour les investisseurs potentiels. En revanche, cet IDE génère plus des profits à l'Etat congolais, et c'est au gouvernement d'utiliser ces profits pour développer les secteurs latents de l'économie. Une utilisation de ces profits dans un premier temps pour rendre le pays autonome au point de vue alimentaire serait un point de départ appréciable, puis ensuite pour développer les industries transformatrices des produits primaires cultivés sur place. C'est seulement à ces conditions que la RDC non seulement attirerait plus des flux d'IDE, mais profiterait de ses effets pour développer son économie.

BIBLIOGRAPHIE

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- http:// www.memoireonline.org

- http:// www.anapi.cd

- http:// www.wipo.org

TABLE DES MATIERES

0. INTRODUCTION.......................................................................................01

0.1. PROBLEMATIQUE.........................................................................02

0.2. HYPOTHESE............................................................... ................04

0.3. SUBDIVISION DU TRAVAIL........................................... ................04

0.4. METHODOLOGIE DE TRAVAIL.......................................................04

CHAPITRE PREMIER :..............................................................................05

REVUE DE LA LITTERATURE EMPIRIQUE SUR LA RELATION CROISSANCE ECONOMIQUE - INVESTISSEMENT DIRECT ETRANGER....................................05

I.1 Définition des IDE :.............................................................................05

I. 2. Mécanismes et travaux empiriques.........................................................06

I. 2. 1. la théorie de la croissance endogène : un cadre approprié pour l'étude de l'effet de l'IDE sur la croissance économique...........................................................06

I.2.2. Les travaux empiriques...................................................................07

CHAPITRE DEUXIEME : ..................................................................25

APERCU GENERALE SUR L'IDE ET LA CROISSANCE EN R.D.CONGO 25

2.I. L'IDE en République Democratique du Congo.......................................................25

2.2. Origine de l'IDE entrant en RD.Congo...................................................................26

2.3. Evolution de l'IDE en R.D.Congo...........................................................................26

2.4. Répartirion sectorielle des flux d'IDE entrant en RD.Congo..........................28

2.5. Attractivité de la RD.Congo....................................................................................29

2.6. les problèmes liés à l'attractivité des IDE en RD.Congo..............................32

CHAPITRE TROISIEME :........................................................................35

APPRECIATION DES EFFETS DES IDE SUR LA CROISSANCE DE LA R.D.C 35

3.1. MÉTHODE D'ESTIMATION ET PRÉSENTATION DES VARIABLES.........35

3.2. RESULTATS DE L'ESTIMATION ECONOMETRIQUE...........................38

CONCLUSION GENERALE 47

BIBLIOGRAPHIE 49

TABLE DES MATIERES ........................................................................52

* 1 OCDE, La délocalisation des unités de production, Paris, 2004

* 2 ANAPI , Note d'information 004, RDC, 2007

* 3 Yelé M.B., l'analyse de déterminants de flux d'IDE dans les pays de l'UEMOA, consortium pour la recherche économique en Afrique, Guinée, 2005

* 4 MAROUANE Alaya, Investissement direct étranger en Tunisie, Université de Nice, France, 2004

* 5 Singt R.D., La pénétration éonomique des marchés des pays en dévéloppements par les multinationales, journal de dévéloppement économique, Londres, 1998

* 6 Saltz M., Corrélation négative entre l'investissement direct étranger et la croissance économique dans le tiers-monde, Rivista, Italie, 2000

* 7 Lipsey, Effets de l'industrialisation des pays du tiers-monde, bratila, Ottawa, 1997

* 8 De Mello, L'investissement direct étranger dans les pays en dévéloppement, journal de dévéloppement, journal de dévéloppement économique, Londres, 1999

* 9 Op.cit ,OCDE, p.2

* 10 Kumar N., Les IDE, les externalités et la croissance dans les pays en dévéloppement, RIS, Ottawa, 1998

* 11 CNUCED, World Development Report 2001, New York, 2001

* 12 Markusen et Venable, La stratégie des firmes multinationales, Harmattan, Paris, 1992

* 13 Op.cit CNUCED p.20

* 14 Mc Gaffey, The Real economy of Zaïre, University of Pennysylvania, USA, 1991

* 15 Le potentiel, Le cadre juridique des investissements en RDC, Kinshasa, 2006

* 16 ANAPI, opcit p. 4

* 17 SADC, Perspectives pour la réalisation des critères macroéconomique de la SADC, Kinshasa, 2006

* 18 Assiedu E ., Policy reform end foreign direct investment to Africa, Mimeo, Kansas, 2003

* 19 Meunier et Sollogoud, Economie du risque-pays, la découverte, Paris, 2003

* 20 http://www.wikipedia.org/République démocratique du Congo/Historique

* 21 Bende et Al, The impact of FDI and regional economic integration of the economic growth : a comparative analysis in a small structural model, Edwar Elgar, USA, 2000

* 22 Régis BOURBONNAIS , Econométrie, Dunod, Paris, 2005, page 208

* 23 Caves, The multinational entreprise and economic analysis, second edition, Cambridge University Press, Cambridge, 1996

* 24 Pour une revue de la littérature sur les investissements directs étrangers et le transfert de la technologie voir SAGGI N. Impact of FDI in developping countries, 2000.