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La spéculation est-elle rentable ?

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par JB TANQUERAY
Université Paris Dauphine - M2 Recherche106 Macroéconomie et finances internationales 2007
  

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5.2 Problématique de l'ancrage des anticipations

Si dans la première partie, nous avons perçu les facteurs fondamentaux influençant les mouvements de taux de change, la question est de savoir si les taux de change affichés sur les marchés sont justes et sur quelles bases valider leur justesse. Puisque l'avantage informationnel porte sur les facteurs déterminant sa variation, il faut que les investisseurs puissent se déterminer par rapport aux prix actuels. Il s'agit de la notion d'ancrage de valeurs, c'est-à-dire un point de référence permettant de juger de l'exactitude fondamentale d'un taux de change. Ceci est capital pour envisager un mouvement de hausse ou de baisse, donc un pari spéculatif.

Celui-ci se distingue toutefois de l'arbitrage classique. Ce dernier est le mécanisme de la loi unique faisant converger une valeur sous-évaluée et celle surévaluée de manière neutre en risque alors que la spéculation cherche à bénéficier du seul mouvement sans pour autant être risque neutre. Sans cet ancrage possible, la spéculation marche à l'aveuglette. Plus concrètement, s'il a été mis en avant que ce sont les anticipations de variations des écarts de taux d'intérêt réels qui influencent le plus les taux de change, comment s'assurer que ces derniers prennent en compte ou non cette éventualité afin de précisément pouvoir valider une décision d'investissement subséquente à ces anticipations.

La difficulté sur le marché des changes est qu'il n'existe pas de modèles uniformes de valorisation des taux de change contrairement aux actions et aux obligations. Cette difficulté est d'autant plus flagrante qu'aucun modèle économique ne parvient à produire des résultats durablement pertinents. A ce jour, les modèles utilisés définissent le taux de change comme le moyen d'assurer l'équilibre tant interne qu'externe d'une économie sans s'accorder tant sur l'ensemble des variables influençant le taux de change que sur les modèles économétriques, les méthodes de combinaison. Ce niveau d'équilibre est fréquemment éloigné du taux de change obtenu sur les marchés. Les résultats produits ne sont pas supérieurs à une marche aléatoire19. Seulement sur des horizons de très long terme est-il encore possible d'obtenir des résultats satisfaisants comme au moyen de la parité de pouvoir d'achat relative20 ou obtenue de manière non linéaire21.

19 BENASSY-QUERE A., LARRIBEAU, McDONALD, « Models of Exchange Rate Expectations: Heterogeneous Evidence from Panel Data », CEPII, 1999

20 Op. Cit

Aucune méthode ne parvient en outre à produire le même résultat en termes de taux de change d'équilibre sauf à un instant précis passé ou présent, démontrant que ces derniers évoluent aléatoirement au gré des découvertes de l'économie. Donc il est possible, que les spéculateurs soient des adeptes de la parité des pouvoirs d'achats ou des modèles d'équilibre fondamentaux à la Samuelson (FEER) ou comportementaux (BEER), il serait possible d'appréhender si un taux de change est effectivement sur- ou sous-évalué.22

Ceci autorise donc un ancrage sur la valeur fondamentale des taux de change permettant d'envisager un mouvement. Le concept développé par Grossman de prix « allocatif 23» selon lequel les taux de change seraient soumis à des pressions d'offre et de demande liés aux transactions des acteurs institutionnels dans leur allocation d'actifs stratégique générale (choix des classes d'actifs, des zones et des supports d'investissement) viendrait d'autant plus inciter à la spéculation dans une espérance d'un retour aux fondamentaux. Celui-ci semble d'ailleurs exister en ce sens qu'un retour à la moyenne des taux de change fondamentaux est constaté sur des horizons plus longs et en cas de forte volatilité et de crise sur les marchés des changes24.

Cet ancrage exige de pouvoir isoler les flux affectant les taux de change pour des raisons d'allocation d'actifs, des autres bruits de marchés et des flux fondamentaux comme celui de vouloir profiter des écarts de taux d'intérêts réels (principe de la parité de pouvoir d'achat) d'une part, et de savoir combiner les différents facteurs fondamentaux affectant l'évolution des taux de change dans un environnement très hétérogène eu égard à la variété des modèles évoqués. Le prix devient une fonction de la valeur fondamentale, des flux de marchés et de la disparité dans la qualité des investisseurs et de leur accès à l'information.

21 SARNO L., << Non linear exchange rate models, a selective overview », IMF (2003). Selon lui les mod~les classiques de calcul de la parité de pouvoir d'achat ne permettent de prédire les taux de change car elles ne prennent pas en compte les mouvements extrêmes contrairement aux modèles non linéaires.

22 Op. cit

23 Op. cit

24 CAMPA, WOLF << Is real exchange rate mean reversion caused arbitrage », NBER, 1997

Par ailleurs, est-ce que les prix de marché ne sont-ils pas affectés durablement par ces bruits comme l'indique Villa. Ainsi, l'information privilégiée peut-elle porter ses fruits ? C'est en cela que la finance microstructurelle peut permettre d'entrevoir une réponse : comment se forment les prix sur les marchés en fonction du bruit et de l'information ?

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"Il faudrait pour le bonheur des états que les philosophes fussent roi ou que les rois fussent philosophes"   Platon