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Problématique du rôle controverse des médias dans la résolution des conflits en RDC: analyse critique de l'opérationnalité concrète des médias pour la paix

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par Patrick de Favre BINTENE
Université de Kinshasa RDC - Licence 2010
  

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II.3.5. Critique et observation portées contre le journalisme de paix

Nous avons dans les lignes précédentes établies une ligne de démarcation entre le journalisme de paix et le journalisme traditionnel en mettant un accent particulier sur différentes manières dont l'information est traitée par l'un ou par l'autre. Malgré notre penchant au journalisme proactif ; il nous revient aussi de signaler sur les observations et critiques qui lui sont de fois formulées. La critique qu'on adresse souvent au journalisme pour la paix ne semble pas être celle-là qui est mainte fois énoncées. Nous devons le reconnaitre qu'à première vue, un journaliste traditionnel dira, qu'au-delà de tous, son rôle se limite à décrire la réalité est donc le fait. Je l'ai déjà entendu dans plusieurs rédactions des télévisions et radios pendant mes fréquentations pour les stages. Cette description ne peut se faire sans essayer d'interférer la réalité de cette nouvelle, donc un compte rendu fidèle. Par ce fait, nombreux sont des professionnels qui croient que par cette vision et rigueur, ils remplissent leur responsabilité sociale, en offrant un tableau fidèle des réalités laissant ainsi le récepteur tirer ses propres conclusions.

Pour Robert Karle Manoff et Loretta Hieber, cette nouvelle orientation du journalisme dit pour paix ne peut pas fouler au pied les normes professionnelles. C'est-à-dire l'éthique du journalise. Mais à la différence, celui-ci ne s'éloigne pas aussi de cette vision du journalisme quidam ; il prête par contre une attention orientée à la formulation des faits ; à une utilisation de faits judicieuse des mots employés, à la recontextualisation de faits laissant ainsi les protagonistes s'exprimer pour enfin chercher des solutions dans les conflits. Il s'agit là simplement d'une prise de conscience plus considérable de son propre impact sur son public en essayant de donner aux récepteurs des clefs pour une compréhension profonde des faits sociaux. Ainsi dit, ce dernier sera l'objet de reproches aux journalistes traditionnelles ; ils diront dès lors que le journalisme sensible au conflit, qui est un journalisme de paix à tendance à influencer le cours des événements. Bien sur que tel soit porté l'observation ; peut-on réellement reprocher au journalisme proactif de désirer une issue pacifique au conflit ; les avis restent quelque fois partagés.

Marie Soleil Frère dans son ouvrage « Afrique Centrale : Médias et conflits » a voulu se faire taire donnant uniquement des théories de ce que doit faire le journaliste de paix ; Manoff quand à lui a bien voulu demeurer dans l'objectivité ; Mark Frohardt, Internews, Network, directeur régional pour l'Afrique de Etats-Unis Institute of peace de son côté a soutenu les responsabilités d'un journalisme proactif. Mais quand à nous, laissant au primant les règles déontologiques créées dans le sens précis de prévenir les excès de médias préconisons une vigilance particulière en cas des tensions intercommunautaires dans le traitement de l'information relative aux conflits. Soit encore dans le cas ou les valeurs démocratiques sont mises en péril.

L'article 34 de la résolution 1003 du Conseil de l'Europe sur l'éthique des journalistes, déclare : « lorsqu'il s'agit de défendre des valeurs démocratiques, personne ne doit rester neutre. Dans ce sens, les médias doivent contribuer dans une mesure importante à prévenir les moments de tension et favoriser la compréhension mutuelle, la tolérance et la confiance entre différentes communautés dans les régions en conflit » (45(*)). Et donc, ces critiques et observations énoncées à l'encontre du journaliste proactif ne tiennent pas leurs valeurs, étant donné que ces principes se trouvent dans une charte déontologique et dont l'autorité ne peut pas remettre en cause. Si celle-ci se trouve déjà dans une charte réglementant le journalisme en Europe, il apparait une muraille pour le continent africain qui jusque là ne semble pas orienter le travail du journalisme vers un journalisme proactif. Or il serait souhaitable que cette pratique gagne les rédactions africaines, quand on sait que l'Afrique apparait un continent le plus touché par des conflits, qu'ils soient ethniques, régionaux ou de religion.

Il n'est pas aussi un frein ou encore impossible que les journalistes africains de leur part orientent déjà leurs pratiques journalières vers ce type de journalisme. C'est à même motivé à s'en rendre compte dans ce mémoire. Nous remarquons la présence de plusieurs organismes internationaux qui sont déjà en Afrique et ici en RDC pour favoriser la mise en application du journalisme de paix. Ces initiatives sont encourageantes car ils comptent travailler avec des médias dans les conflits et autres situations d'urgence pour envisager une résolution au conflit.

Au-delà de tout cela, une question peut être toute fois soulevée ; celle de savoir qui se cache dernière les organes du journalisme de paix ? Dans les interlignes précédentes nous avons dit que le journalisme proactif vise à promouvoir les valeurs démocratiques, aussi bien la confiance entre les communautés divisées. Tout comme le journalisme classique exerce un pouvoir sans avoir été mandaté ou élu pour remplir cette fonction ainsi « l'instigateur d'une radio ou d'un journal proactif travaille généralement à partir de ses propres institutions » quand au traitement d'une information partant dans le but de trouver ou de porter une solution à certaines valeurs. Deux pôles de critique sont à énumérer. D'une part, les valeurs dont il juge démocratique peuvent-elles être différentes de celles reconnues de la majorité ; et d'autre part, sa vision des réalités du pays auquel il va s'implanter peut être tronquée ; faute d'une connaissance suffisante du terrain, des moeurs de la population locale.

* (45) Conseil de l'Europe, Op. cit, article 84.

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"Ceux qui vivent sont ceux qui luttent"   Victor Hugo