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Problématique du rôle controverse des médias dans la résolution des conflits en RDC: analyse critique de l'opérationnalité concrète des médias pour la paix

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par Patrick de Favre BINTENE
Université de Kinshasa RDC - Licence 2010
  

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III.3. LE JOURNALISME POUR LA PAIX EN RDC

En jetant un coup d'oeil aux grilles de diffusion des différentes stations analysées, on est frappé par la diversité des programmes, mais aussi par l'apparente qualité de la programmation : émissions sur la réconciliation nationale, pour la promotion de la femme, sur l'intégration des sidéens, sur l'acceptation des réfugiés, sur la problématique de droit de l'homme ; les grilles regorgent de programmes proactifs. On croirait d'ailleurs que le Congo est le pays d'origine de la théorie du journalisme proactif. Comme nous le verrons, il en représente non l'origine, mais bien un terrain privilégié d'expérimentation. Pour Isidore Kabongo « la Radio Nationale Congolaise ajuste sa grille selon les besoins qui se présentent » (86(*))

Si cette réalité peut être affirmée, d'autres stations à large couverture comme Digital Congo « reste écarter d'adapter sa grille avec des programmes proactifs certes, rare sont des fois dans les animations d'antenne qu'il traite des thèmes controversé.»(87(*))

III.3.1. Les types de production

Puisque l'application d'un journalisme de paix peut se faire de trois façons différentes, elle a aussi été étudiée selon trois axes différents : les programmes de fiction d'une part, les programmes à vocation réconciliatrice d'autre part et enfin les informations d'actualité.

III.3.1.1. Les programmes de fiction

Même si la fiction ne fait pas à vrai dire partie du domaine de la production journalistique, nous en parlerons brièvement ici. En effet, « la radio étant le médium africain au taux de pénétration le plus élevé, il s'agit d'un des moyens les plus efficaces pour faire passer un message à la population » (88(*)).  Sans télévision, les populations locales se fidélisent facilement aux programmes radiophoniques et d'autant plus aux fictions, plus divertissantes, « puisqu'il s'agit d'un des seuls loisirs disponibles dans les zones rurales. Nous allons parler ici d'une production fictive : le feuilleton radiophonique.

Le feuilleton radiophonique

Basé sur un principe identique, il se diffère du spot par sa longueur (une vingtaine de minutes) et par les personnages et le décor, qui restent immuables d'un épisode à l'autre. A l'instar des séries américaines du type Seven Heaven qui diffusait voici quelques années les valeurs chrétiennes, la fiction et le divertissement créées par les feuilletons radiophoniques ont pour but de propager des messages de paix et de réconciliation nationale. Parmi les différents feuilletons diffusés sur les ondes Congolaises, deux ont retenus notre attention (<< Notre voisin, notre famille >>), produit par le Studio Ijambo, crée par le Search for Common ground et la série équipe produit par le centre Lokole.

Notre voisin, notre famille, écrit par l'auteur Marie-Louise Sibazuri, a cessé d'être diffusé car il ne correspondait plus à la réalité nationale. Lancé en 1997, le feuilleton relatait l'histoire de deux familles et mettait en scène des situations de la vie de tous les jours. Le thème du feuilleton peut être résumé de la sorte : << Nous avons tous quelque chose en commun quoique on en dise. Même le jour et la nuit se rejoignent à l'aurore et à la tombée de la nuit >>. L'histoire se déroule dans les collines rurales burundaises et des thèmes nouveaux étaient abordés à chaque nouvel épisode : SIDA, exactions, corruptions, viols, retour des réfugiés, etc. Ce feuilleton qui passait aux antennes des radios de l'est comme Maendeleo grace à un partenariat entre cette station et le studio Ijambo.

Les problèmes mis en scène par Notre voisin, notre famille sont ceux du quotidien, avec en toile de fond un thème récurrent : la réconciliation. Le titre reflète une des valeurs fondamentales pour La communauté des grands lacs africaines avant 2001 :

Ce feuilleton, dans sa logique veux nous démontrer « qu'un voisin est un frère à qui tu peux confier tes enfants malades quand tu vas aux champs, c'est lui qui va venir inspecter ta maison s'il sent une odeur suspecte. Or avec la guerre, les gens commençaient à perdre cette notion au profit de l'ethnicité » (89(*)) : on ne voyait plus en lui le voisin, mais bien le Hutu ou le Tutsi

* (86) Isidore kabongo entretien personnel à la RTNC le 29 Aout 2010

* (87) Bijou Idi responsable des reportages, entretien personnel à Digital Congo le20 Aout 2010

* (88) KIMANI Many, Op-cit, p3.

* (89) Entretien avec le responsable de la radio Takulengwe/UVIRA

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"Là où il n'y a pas d'espoir, nous devons l'inventer"   Albert Camus