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La gestion des biodéchets à  Bruxelles. Etat des lieux, analyse et perspective

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par Laurent Dennemont
CUNIC IAP - Conseiller en Environnement 2012
  

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Annexes

· Bibliographie & Webographie p 39

· Personnes ressources p 41

· Lexique, définitions et notions p 42

Introduction

« Rien ne se perd, rien ne se crée, tout se transforme ». Père de la chimie moderne, philosophe et économiste, Antoine-Laurent Lavoisier est moins connu pour ses recherches en agronomie qui lui ont certainement inspiré sa désormais célèbre maxime.

L'enjeu de notre société de consommation, grosse productrice de déchets en tous genres, est donc de trouver l'alchimie qui permettra la transformation des déchets générés en de nouvelles ressources exploitables. Sachant qu'à Bruxelles la poubelle-type d'un ménage est constituée à 47% de déchets organiques1, l'enjeu sera à l'avenir de permettre le recyclage ou la valorisation énergétique de ces biodéchets, et ce par la mise en place de mesures concrètes visant à développer et structurer de manière pérenne une véritable filière des biodéchets en ville.

Nombre de pays de l'Union Européenne ont bien compris la nécessité d'investir dans une gestion durable des déchets, mais il est évident que les situations restent très disparates2. Si pour certains la mise en décharge reste une exception, pour d'autre elle reste la pratique la plus utilisée. Face à ce constat et dans le but d'harmoniser les procédures de traitement des déchets afin de tendre vers une « société du recyclage »3 caractérisée par une utilisation efficace des ressources, la Commission européenne a adopté la directive cadre « 2008/98/CE relative aux déchets et abrogeant certaines directives ». Celle-ci redéfinit clairement les objectifs à atteindre et pose les priorités à mettre en oeuvre afin d'orienter les politiques de traitement des déchets selon une hiérarchie commune basée sur l'échelle de Lansink4. Ce travail vise précisément à analyser les enjeux soulevés par cette directive cadre et son impact sur la gestion des biodéchets en région de Bruxelles Capitale.

Dans un premier temps nous nous intéresserons de façon plus détaillée à la directive. Nous verrons ensuite comment elle a été traduite dans le cadre législatif belge au niveau régional. Enfin nous nous pencherons sur le cadre réglementaire fédéral.

1 Etude de la composition de la poubelle du bruxellois - Bruxelles Environnement http://www.bruxellesenvironnement.be/Templates/Particuliers/informer.aspx?id=3946&langtype=2060

2 EUROSTAT - Communiqué de Presse 37/2011 - Le recyclage a représenté un quart de la quantité totale de déchets municipaux traités en 2009.

3 « Vers une stratégie thématique pour la prévention et le recyclage des déchets » Communication de la Commission du 27 mai 2003

4 Cf Définition en Annexes - Echelle de Lansink.

La deuxième partie de ce travail commencera par présenter les spécificités propres à la région bruxelloise, spécificités qui devront être prises en compte dans le cadre de la mise en place d'une politique de gestion des biodéchets. Nous passerons ensuite en revue les enjeux environnementaux, les perspectives d'emplois, les impacts économiques et les aspects de cohésion sociale qui y sont liés. Enfin, nous terminerons notre démonstration en abordant les différents obstacles qui se profilent et pourraient freiner ou entraver le développement d'une filière des biodéchets à Bruxelles.

Partie I - Législation en vigueur en matière de biodéchets I.1. Le cadre réglementaire au niveau européen

La politique européenne en matière de gestion des déchets se base sur l'article 174 du Traité instituant la Communauté Européenne (CE) et s'inscrit dans la poursuite des objectifs de préservation, « protection et amélioration de la qualité de l'environnement » d'une part, « protection de la santé des personnes » d'autre part, et « utilisation prudente et rationnelle des ressources naturelles ». L'émergence de nouveaux progrès techniques et la prise en compte de nouvelles orientations stratégiques ayant trait à la politique des sols et à la politique énergétique ont aussi largement influencé les choix de l'Union Européenne (UE). C'est donc dans cette dynamique qu'a été adoptée la directive cadre 2008/98/CE relative aux déchets.

La directive cadre définit 3 types de déchets : Les déchets, les déchets dangereux et les biodéchets. C'est cette dernière espèce de déchets qui nous intéresse.

Celle-ci précise les définitions des notions de base telle que celle du biodéchets.

Biodéchets : Les déchets biodégradables de jardin ou de parc, les déchets alimentaires ou de cuisine issus des ménages, des restaurants, des traiteurs ou des magasins de vente au détail ainsi que les déchets comparables provenant des usines de transformation alimentaire. Définition (4) Directive 2008/98/CE. La plupart des études fait référence à la gestion des déchets biodégradables. La différence réside dans le fait que les biodéchets n'incluent pas le papier et ont un taux d'humidité supérieur.

I.1.1. La hiérarchie des déchets

L'UE instaure aussi une hiérarchie des déchets, basée sur l'échelle de Lansink, et impose aux états membres qu'ils prennent « des mesures

pour le traitement de leurs déchets conformément à la hiérarchie suivante qui s'applique par ordre de priorités » :

Niveau 1. Prévention

Niveau 2. Préparation en vue du réemploi

Niveau 3. Recyclage

Niveau 4. Autre valorisation, notamment énergétique

Niveau 5. Elimination

Il est important de préciser que cette notion de hiérarchie des déchets est à la base de cette directive cadre européenne et qu'elle orientera donc toutes les politiques de gestion des déchets mises en place par les états membres. En effet, les différentes techniques de gestion des biodéchets devront s'intégrer parfaitement dans cette échelle de Lansink. Pour rappel, voici un panorama des différentes techniques de traitement des biodéchets.

En matière de compostage des biodéchets, on trouve deux filières principales : La filière décentralisée et la filière centralisée.

La première comprend le compostage individuel dans son jardin, le vermicompostage5 dans son appartement ou le compostage de quartier. Ce premier flux de biodéchets est considéré par Bruxelles Environnement6 comme de la prévention de déchets et se révèle être ainsi la meilleure solution envisageable ! En effet, les biodéchets ainsi compostés n'entrent pas dans les flux de biodéchets à traiter de manière industrielle à l'échelle de la région.

La filière centralisée, propose quand à elle différentes solutions: La collecte mixte, la collecte séparée, l'incinération des biodéchets et la mise en décharge.

La collecte mixte.

Dans le cas d'un choix effectué pour une collecte mixte des déchets, il est très difficile de séparer à postériori les biodéchets des autres Déchets Ménagers Solides (DMS). La solution technique qui existe alors est le traitement biomécanique également appelé Traitement Mécano-Biologique (TMB). Celuici comprend un ensemble de techniques qui combinent traitements biologiques et traitements mécaniques (tri) dans le but soit d`améliorer la stabilité des matières pour une mise en décharge, soit d'améliorer les propriétés de combustion. Ce procédé, basé sur une digestion anaérobie produit du biogaz et peut donc être considéré comme un processus de valorisation énergétique. Son développement tout azimut en France fait

5 Cf Définition en Annexes - Vermicompostage

6 La position de la directive cadre 2008/98/CE n'est pas très claire à ce sujet. C'est là une interprétation de Bruxelles Environnement

( http://www.bruxellesenvironnement.be/uploadedFiles/Contenudusite/Professionnels/Formationsets%C3%A9minaires/Conf %C3%A9rencePre-waste2011%28actes%29/1a-Bonnet-eu-reg.pdf)

actuellement l'objet de nombreuses critiques7 concernant la qualité du compost produit, régulièrement chargé en différents polluants.

La collecte séparée

La collecte séparée des biodéchets, largement plébiscitée par l'Europe, autorise la mise en place de deux traitements biologiques. D'un côté la digestion anaérobie (ou méthanisation), et de l'autre le compostage.

Traitement biologique des déchets organiques en UE (2006) :

· 6000 installations

· 3.500 sites de compostage

· 2.500 sites de digestion anaérobie

· 3.9 Mt déchets traités par anaérobie

La digestion anaérobie, particulièrement

adaptée aux déchets humides, produit lui aussi du biogaz et contribue ainsi à la réduction des Gaz à Effet de Serre (GES). C'est un processus de valorisation énergétique. Le résidu du processus, appelé digestat, peut être transformé en compost et être utilisé à des fins similaires, améliorant ainsi le taux de récupération global des ressources contenues dans les déchets.

Le compostage, traitement biologique le plus courant8 et le plus simple à mettre en oeuvre, se révèle quand à lui être le traitement le plus adapté en ce qui concerne les déchets verts et les matières ligneuses. Il existe différentes méthodes dont les méthodes « fermées » (sous abris), plus couteuses, mais nécessitant moins d'espace et générant moins d'émissions (odeurs, aérosols biologiques) que les méthodes « ouvertes » (à l'air libre). Le compostage est considéré comme un processus de recyclage lorsque le compost (ou le digestat) est utilisé sur des terres ou pour la production de milieux de culture. On peut se poser la question de la différence de qualité d'un compost obtenu après méthanisation ou après compostage. Aucune étude à ma connaissance ne traite de ce sujet.

L'incinération

L'incinération des biodéchets se fait généralement avec celle des DMS lorsque qu'il n'existe pas de collecte séparée. En fonction de l'efficacité énergétique de l'incinérateur, cette opération sera considérée comme une valorisation énergétique (rendement énergétique > 0.60 pour les installations

7 Article du CNIID - Risques et limites du traitement mécano-biologique (TMB) http://www.cniid.org/Risques-et-limites-dutraitement-mecano,101

8 EUROSTAT - Communiqué de Presse 37/2011 - Le recyclage a représenté un quart de la quantité totale de déchets municipaux traités en 2009.

en fonctionnement avant le 01/01/2009 et 0.65 pour les installations

autorisées après le 31/12/2008). Ou comme une opération d'élimination.

La mise en décharge (CET)

La mise en décharge (CET), bien que considérée comme la pire des solutions dans la hiérarchie des déchets, est toujours la méthode d'élimination des DMS la plus utilisée dans l'Union Européenne. Il est donc crucial d'appliquer les conditions d'aménagement et de gestion des décharges définies dans la directive cadre 1999/31/CE.

En résumé :

Hiérarchie des déchets

Traitement des biodéchets

1. PRÉVENTION

- Compostage individuel (au jardin ou vermicompostage) - Compostage collectif (composts de quartier)

2. PRÉPARATION EN VUE DU REEMPLOI

 

3. RECYCLAGE

- Compostage industriel avec utilisation agricole

- Méthanisation + compostage avec utilisation agricole

4. VALORISATION (ÉNERGÉTIQUE)

- Méthanisation

- Incinération (rendement énergétique élevé) - Traitement Mécano-Biologique (TMB)

5. ELIMINATION

- Incinération (rendement énergétique faible) - Mise en décharge (CET)

 

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"Qui vit sans folie n'est pas si sage qu'il croit."   La Rochefoucault