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Attributions des prénoms nouveaux en RDC:cas des enfants nés au cours de la guerre civile de décembre 1998 à  novembre 2000

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par Anouar Jodel Givner Bouamoutala Samba
Université Marien Ngouabi du Congo-Brazzaville  - Maà®trise 2010
  

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Introduction

L'étude des noms constitue l'objet d'une spécialité qui s'appelle l'onomastique ou encore l'anthroponymie. Mais pour notre cas, il ne s'agit pas des noms, mais des prénoms. Par exemple dans la société française le patronyme du père est considéré comme un tout premier élément qui identifie l'être.

Dans la société congolaise, particulièrement dans les sociétés matrilinéaires, le patronyme n'est pas toujours un nom qu'on donne à l'enfant. Nous entendons par nom un élément qui sert à désigner un être, une chose (abstraite ou concrète), un groupe substantif et par prénom un élément d'identification qui distingue les membres d'une même famille.

Il faut noter que l'étude portant sur le prénom présente à notre avis un intérêt dans la mesure où il est un des éléments identificateurs des êtres humains. Le thème étant peu abordé par les chercheurs, nous avons pensé mener une investigation là dessus pour mieux cerner les enjeux, les paramètres qui entrent en ligne de compte dans la manière de prénommer les enfants. Etant un fait social, le prénom dans toutes les sociétés occupe une place de choix. Pour les parents, le prénom n'a jamais été un acte gratuit pendant des siècles, il a été fortement déterminé par des contraintes sociales extrêmement pesantes : rites de passage, relation entre la transmission du prénom et le lien personnel, emprise de la religion sur la vie familiale.

Le nom dans toute la société congolaise n'est pas un élément nouveau, mais un élément qui est culturel et historique. Le prénom a pour mission d'individualiser avec précision les différentes personnes qui portent le même nom.

Autrefois, les enfants portaient un nom et un prénom autochtones ; cependant, avec la colonisation qui occasionne le contact avec le monde occidental, une rupture et un renversement s'opère dans la manière de prénommer les nouveaux nés. Ainsi, on voit apparaître des prénoms comme François, Michel, Pascal, etc. Quelques parents chrétiens se conforment aux règles de l'Eglise qui, pour recevoir un prénom chrétien, sont obligés de passer par le sacrement du baptême. C'est le cas de Kimbangou qui fut baptisé le 4 juillet 1915 à Ngombe lutete (dans le Bas Congo, dans l'actuelle République démocratique du Congo) et reçut un prénom chrétien Simon.1(*) Cela permettait à beaucoup des personnes d'ajouter à leurs noms des prénoms proposés par le clergé et poussait beaucoup de parents à prénommer leurs enfants sans tenir compte des obligations culturelles présentes dans la société ; d'où l'émergence des prénoms chrétiens qui ont entraîné la disparition progressive des prénoms africains.

Cette nouvelle manière d'attribuer les prénoms fut favorisée par les églises chrétiennes dans la mesure où les occidentaux pour faire asseoir leur culture ont eu à combattre les pratiques traditionnelles dans le but de montrer aux noirs que les noms et prénoms qu'ils portent sont source de malheur.

Le Congo accède à l'indépendance en 1960 avec comme président de la république un prêtre excommunié, l'abbé Fulbert Youlou. Ainsi le mode d'attribution des prénoms reste influencé par le christianisme. Mais à partir de la « révolution » de 1963 ayant entraîné la chute du président abbé et l'adoption de l'idéologie marxiste léniniste,. A cette époque le Congo ouvre ses portes aux pays du bloc de l'Est et signe des relations diplomatiques avec eux. Ce qui permet à beaucoup de jeunes congolais d'aller poursuivre leurs études dans ces pays : URSS, Hongrie, Roumanie, Allemagne de l'Est, etc. Très souvent, de retour au pays avec ou sans enfants nés là-bas, ces jeunes apportent des nouveaux prénoms qui font surface dans notre pays. Ainsi, on voit les enfants porter divers prénoms comme Vladmir, Karl, Lénine, Marx, Breijniev, Tania, etc.

Avec la décennie quatre vingt dix (90), il y a eu en République du Congo une conférence nationale souveraine qui a pour objectif le rétablissement de l'autorité de l'Etat, la cohésion de l'administration et la construction de l'Etat de droit dans la paix et l'unité nationale et l'instauration de la démocratie pluraliste. Suite à ces différents faits qui surgissent dans le pays au cours de cette période, nous avons vu aussi l'image du prénom se modifier. La perte de cohésion et de solidarité au sein de la société congolaise qui occasionne la peur de la sorcellerie qui monte de façon croissante ainsi que la prolifération des "églises dites de réveil ou de réclame"2(*) ont aussi permis l'attribution des prénoms par les géniteurs à leurs enfants qui servent de protection contre certains faits maléfiques.

Les différentes guerres civiles qu'a connues le Congo de 1997 à 2000 ont eu un impact non négligeable sur la façon de prénommer les enfants, c'est la raison pour laquelle nous avons choisi la guerre civile de décembre 1998 à novembre 2000 ; période au cours de laquelle les habitants des quartiers sud de Brazzaville ont souffert des hostilités qui ont opposés les forces armées congolaises aux milices "ninjas" dans les arrondissements de Brazzaville sud entraînant ainsi le déplacement de plus de 50000 personnes venant des arrondissements sud de Brazzaville vers les régions du sud et quartiers nord de Brazzaville3(*). Pendant cette période d'instabilité et de troubles sociopolitiques, des nouveaux prénoms à connotation religieuse en relation avec les exécutions et les violences exercées sur les populations apparaissent. Après ces conflits, nous constatons la montée des nouveaux prénoms comme "Guervie", "Consolat", "Dieu veille", "Sacrifice", etc. Leur influence reste impressionnante dans la zone concernée. A cet effet, une question nous paraît indispensable qui est celle de savoir : Pourquoi les parents ont-ils attribué à leurs enfants les prénoms relatifs aux événements vécus ?

A la suite de cette question, nous avons comme hypothèse : L'attribution du prénom à un nouveau né n'est jamais un fait du hasard. La guerre dans le présent cas a influencé la décision des parents d'inventer des nouveaux prénoms pour leurs enfants.

L'objectif de cette étude est de lire le changement social à travers les prénoms et de saisir les principaux faits qui ont poussé les parents à prénommer leurs enfants en tenant compte des faits vécus.

Cette étude est structurée en deux grandes parties. La première partie intitulée l'anthroponymie congolaise, présente le prénom dans le contexte congolais en prenant le cas de la société kongo. Elle montre comment dans l'imaginaire est perçu le prénom, présente les différentes modalités de prénommer. La seconde partie présente les résultats de l'enquête réalisée ainsi que l'analyse et l'interprétation de ces résultats.

Méthodologie

Perspective théorique

Nous avons choisi comme cadre théorique l'interactionnisme. Cette théorie, au sens de l'individualisme méthodologique, pense que les changements sociaux proviennent des effets d'agrégation résultant de l'interdépendance ou de l'interaction entre acteurs. Pour Jean Claude Kauffman, l'individualisme es une clé d'analyse centrale pour qui veut comprendre les changements sociaux contemporains, et cela dans tous les domaines.4(*) Nous abordons ce modèle d'analyse dans notre étude selon deux (2) principes :

1. Toute société est sujette à des processus de changements ;

2. Toute société manifeste en tout point des tensions ou des conflits.

Champ d'investigation

Un seul arrondissement constitue notre champ de recherche. Il s'agit de l'arrondissement I Makélékélé. Créé en 1959 par décret n°59/240 du 1er décembre 1959, Makélékélé est le plus vaste arrondissement de Brazzaville du point de vue densité avec une population de 300.000 habitants occupant une zone dite urbaine et une importante zone périphérique.5(*)

Limité au nord par l'arrondissement 4 Moungali et l'arrondissement 7 Mfilou, au sud par la rivière Zanga dia ba ngombé et le fleuve Congo, à l'ouest par le district de Goma tsé-tsé et à l'est par l'arrondissement 2 Bacongo. Il est constitué de plus de vingt et un (21) quartiers dont onze (11) urbains et dix (10) périphériques, il est situé dans la partie sud de Brazzaville

Le choix de cet arrondissement se justifie par le fait que les populations vivant ces quartiers non seulement ont vécu la guerre comme tous les Congolais, mais aussi se sont déplacées en masse pendant une période bien définie soit dans la partie nord de Brazzaville, soit dans les départements du sud du pays tout en ramenant plusieurs enfants qui sont nés durant cette période de guerre et qui ont été déclaré après la guerre à la mairie de Makélékélé.

Population d'étude

Dans la réalisation de cette étude, nous avons pris en compte les actes de naissances des individus de sexe masculin et féminin de la période allant de décembre 1998 à novembre 2000. Dans cette étude, nous avons axé notre travail sur les actes de naissance dont les prénoms exposent, expliquent le vécu des parents pendant la période de crise, c'est-à-dire les actes de naissance qui en les lisant sont susceptibles de nous fournir un message.

Constitution de l'échantillon

Notre échantillon est constitué des actes de naissance des enfants nés de décembre 1998 à novembre 2000 déclarés sur le registre de naissance de la mairie de Makélékélé. Nous ne prenons pas en compte tous les enfants qui sont nés au cours de cette période, mais nous portons notre choix sur les prénoms qui ont un signifié de la crise sociopolitique de 1998 à 2000. L'échantillon tiré est de cent vingt (120) actes de naissance des enfants déclarés; soit soixante (60) actes de naissance par année. Le travail de collectes de données nous l'avons élaboré à partir d'une technique que nous développons dans le paragraphe ci-dessous.

Technique de collecte des données

Cette étude est entreprise sur la base d'une analyse documentaire sur les actes de naissance déclarés à la mairie de Makélékélé. Concrètement, nous avons consulté à la mairie de Makélékélé, au service archives - duplicata, les données de naissances qui ont eu lieu de 1998 à 2000, qui nous ont permis de collecter les différents prénoms constituant notre échantillon. A l'issue de la collecte, nous avons procédé à l'analyse des données.

Méthode d'analyse des données

Pour mesurer et évaluer les résultats, nous avons utilisé la méthode comparative. Ce choix se justifie par le fait que la méthode comparative est susceptible d'analyser le phénomène étudié, d'en dégager les facteurs principaux. Cette méthode est utilisée pour comprendre l'évolution du phénomène dans un moment de conflit sociopolitique par rapport à la période d'avant. Cette comparaison fait intervenir une explication, une analyse sociologique des faits concernant les prénoms ; prénoms qui sous tendent une clarification des concepts.

Clarification des concepts

Nom : du latin nomen

- Signe du langage (mot ou groupe de mots) servant à désigner un individu ou une classe d'individus et à les distinguer des êtres de la même espèce.

- Mot, groupe de mots servant à désigner une personne, un groupe de personnes (tribu, famille, clan). Noms des personnes. De nos jours, « le nom est la désignation officielle d'une personne dans la société. Il se compose de plusieurs vocables accolés dont l'un est essentiel : nom de famille ou nom patronymique, et dont les autres sont des adjonctions à ce nom : Le ou les prénoms, le surnom, le pseudonyme, le titre nibilaire.6(*)

Prénom : n. m - 1694 ; attestation isolée, 1556, du latin proenomen, de proe, et nomen => Nom.

Nom particulier joint au nom patronymique et servant à distinguer les différentes personnes d'une même famille =>Nom (petit nom, nom de baptême). Acte ( cit. 12) de l'état civil qui énonce les prénoms et nom ... souligner le prénom usuel, celui qui est donné à une personne dans la vie courante. Prénoms français d'origine latine, grecque, germanique, hébraïque ... La plupart des prénoms français sont des noms des saints du calendrier chrétien.7(*)

Nous avons rencontré des difficultés sur le terrain qui méritent d'être mentionnées.

Difficultés rencontrées

Au cours de notre enquête, nous avons été confrontés à des sérieuses difficultés qui ont failli compromettre la poursuite de cette étude. Nous citerons entre autres difficultés les faits suivants :

- Plusieurs registres de naissance ont été volés ou détruits pendant les troubles sociopolitiques;

- Le manque de rapport qui justifie le nombre de naissances qu'il y a eu pendant les années concernées par notre étude;

- Le refus du personnel spécialisé du service de gestion des archives de la mairie de Makélékélé de mettre à notre disposition les actes de naissance de la période de décembre 1998 à novembre 2000. Ce refus s'explique par le fait que nous avons été perçu pendant plusieurs semaines comme un intrus travaillant pour des personnalités politiques mal intentionnées. Il a fallu l'intervention bienveillante du secrétaire général de la mairie de Makélékélé qui nous a autorisé d'entreprendre notre enquête.

Première Partie: Présentation générale de l'étude :

Anthroponymie congolaise

Section I. Le prénom dans la société congolaise

Le prénom dans la société congolaise d'aujourd'hui, société où les enfants de deux sexes portent de plus en plus le nom du père comme patronyme est devenu un élément qui individualise l'être.

Il convient toutefois de noter que le patronyme du père avant l'avènement au Congo des prénoms d'origine chrétienne en particulier et européenne en général - sauf le cas de nkumbu ya ntombola8(*) (un nom porté par une autre personne, très souvent un proche parent attribué à un nouveau né en souvenir de quelque chose) servait de prénom à l'ensemble des enfants de deux sexes. Le prénom concerné est constitué jusqu'à nos jours du patronyme du père précédé d'une particule qui varie selon la consonance du nom du père. Nous citerons à titre d'exemple les cas des Kongo - Lari:

- malonga ma mauanga (malonga fils de mouanga): malonga= nom individuel, mouanga= prénom traditionnel ;

- nkoussou ya mouanga (nkoussou fille de mouanga): nkoussou= nom individuel, mouanga= prénom traditionnel ;

- bilombo bia nkombo (bilombo enfant de nkombo): bilombo= nom individuel, nkombo= prénom traditionnel ; 

- oumba dia nkombo (oumba fille de nkombo): oumba= nom individuel, nkombo= prénom traditionnel, etc. 

Ce prénom a un caractère culturel qui est lié à une identification du père. On peut même dire que c'est un hommage que la société rend au géniteur de l'enfant.

I. Le nom

I.1. Attribution du nom de l'enfant

Le nom qui fait l'objet d'une intense réflexion à l'égard des parents est défendu par l'article 7 de la convention relative aux droits de l'enfant de l'UNICEF. Cet article stipule que « l'enfant est enregistré aussitôt sa naissance et, a dès celle-ci le droit à un nom, le droit d'acquérir une nationalité et, dans la mesure du possible le droit de connaître ses parents et d'être élevé par eux »9(*).

Le discours sur le nom qu'attribuait un parent à ses enfants répondait à des différentes fonctions comme celle de l'identification qui a pour but de distinguer un acteur, ou qui permet d'étiqueter la personne. Le nom d'une personne disparue a pour but d'expliquer, d'attribuer le nom d'une personne disparue à un nouveau né. Cette attribution explique l'histoire d'un parent disparu, pouvait aussi expliquer un fait, un événement, voire la vie d'une personne décédée. La fonction psychologique ou magique qui est supposé produire des effets étonnants, merveilleux, surprenants. Cette fonction provoque certains effets pouvant être d'ordre matériel ou psychique, enfin la fonction situative qui situe un individu sur le sexe, son statut, son état moral, intellectuel ou physique, sa situation, son insertion historique ou géographique, ses modalités de réaliser les différents actes10(*).

Aujourd'hui, avec l'évolution que connaissent les différents parents géniteurs, nous constatons que le nom attribué par les parents géniteurs pour nommer leurs enfants est devenu muet dans le sens où les parents géniteurs ne tiennent plus compte de ces fonctions des noms ou des conditions de naissance dans lesquelles est né l'enfant. Par exemple, le mode de naissance dont l'enfant sort par les pieds pousse les parents géniteurs à donner le nom "Moussounda" à ce nouveau-né dans la société Kongo - lari, ceci pour expliquer les conditions de naissance. Par là, nous pouvons donc affirmer que le nom situe la personne humaine, il peut dans certaines circonstances expliquer le vécu de la personne, expliquer la vie de l'individu en la situant dans une société. Cette manière de nommer l'enfant n'est aujourd'hui qu'une manière de reproduire la qualité du père.

De nos jours, plusieurs enfants portent les noms de leurs géniteurs. A cet effet, nous comprenons par là que le nom qui était lié à un contexte culturel et historique a perdu son contexte, est devenu dans la réalité d'aujourd'hui une "hérédité" liée au nom du père. A la naissance de leurs enfants, plusieurs parents attribuent librement leurs noms à leurs enfants sans tenir compte des conditions de naissance. Le cas du nom Banzouzi et Bantsimba (noms réservés initialement aux jumeaux :le premier né et le second) devient muet parce que l'enfant qui porte ce nom n'est pas forcément de nos jours un jumeau. Aujourd'hui, nous pouvons donc dire que ce nom est sorti de son contexte culturel. Par contre, pendant longtemps, tous les problèmes que connaissaient les parents se résumaient sur la question du message que pouvait expliquer le nom. Il touchait tous les domaines de la vie de la personne, même sa santé.

I.2. Le nom en rapport avec la santé

Après la naissance, chaque enfant se voit attribuer un nom qui permet de l'identifier. Bien qu'il stimule la personne, le nom peut, lorsqu'il est trop prononcé de "mauvaise" manière, entraîner des maladies mentales ou physiques. Raison pour laquelle il est strictement interdit de prononcer le nom d'une personne à haute voix la nuit. En effet le faire la nuit, c'est donner aux puissances malveillantes les moyens d'avoir prise sur sa force, écrivent RETEL LAURENTIN et HORVATH qui précisent à ce propos11(*): Prononcer un nom c'est donc un moyen d'exercer un pouvoir sur l'individu. Le nom entraîne des modifications sociales rapides, ainsi que la perte des valeurs et des croyances. Il peut provoquer également le démantèlement de certaines valeurs sociales. C'est le cas des noms Banzouzi et Bantsimba dans la société Kongo-lari qui ne sont plus forcément les noms des jumeaux. La montée de certains noms peut être considérée comme une des raisons connues qui peuvent affecter le sens mental de la personne humaine; ou peut créer des nouveaux problèmes de santé. Le nom qui est un élément qui identifie la personne humaine peut provoquer des maladies physiques ou mentales ou parfois peut avoir d'autres conséquences jugées graves, dans la santé de l'homme, comme la démoralisation et le manque de motivation dans la réussite professionnelle, intellectuelle, voire sociale. Pour les Kongo-lari le nom quand il est "bon", peut "montrer" des directives pour aider, orienter la vie de l'individu qui le porte, et peut être d'un grand secours tout au long du parcours d'un homme. Le nom peut avoir une influence sur les conséquences que vit la personne, voire définir les situations, et l'environnement qui le favorise. Cela peut permettre de bien déterminer les mesures à prendre afin de se garantir une meilleure condition. Certains hommes porteurs des "mauvais" noms prétendent reconnaître les conséquences qu'est censé engendrer ce nom. Le nom qui est un élément qui a pour fonction d'identifier la personne peut protéger ou exposer l'individu contre les effets nuisibles. Certains noms révèlent la situation de manque de chance, par contre d'autres peuvent être considérés comme un élément qui stimule l'individu à la réussite ; tel est le cas du nom "M'vouama" voulant dire riche, richard. L'imaginaire collectif nous fait dire, préciser que ce nom est porteur de bonheur. Le nom peut être un moyen de réponse aux comportements précis pour expliquer la vie d'un être. Certaines personnes portant des "mauvais" noms ont tendance à tout renvoyer à ce nom parce qu'il agit sur la personne. Il a une influence sur le parcours que fera l'homme sur cette terre. Certains facteurs psychosociaux et comportementaux peuvent avoir une influence sur la santé de ce dernier. La plupart des hommes qui évoluent dans la société congolaise savent que le nom d'une personne peut contribuer à accroître soit son bien-être, soit les risques de maladies. L'attribution de certains noms peut avoir une influence sur le système de représentation de la personne: c'est le cas des noms "Ndoko" (malédiction), "Mpassi" (souffrance), "Ndoki" (sorcier), qui peuvent avoir une influence sur la personne; le nom influence sa façon d'être et de penser, il a parfois des répercussions sur l'état de santé, affecte l'organisme avant, pendant et après la maladie. Le mauvais nom dans la société Kongo-lari appelé "nkumbu ya mbi" provoque souvent un sentiment de détresse. Ceux qui en portent les considèrent comme source des malheurs qui interviennent dans leurs vies, courent derrière les risques qui sont censés être provoqués par ce nom. Il peut provoquer des comportements hostiles, des conséquences graves sur la santé d'un individu. Les parents en nommant leurs enfants se laissent influencer par le choix de différents facteurs qui les pousse à satisfaire leurs sens, leurs vécus et leurs manières d'exprimer les contraintes de la vie. Pascal MAKAMBILA dans ses séminaires de sociologie des religions affirme que le nom est un élément qui fait partie de la personne humaine chez les Kongo-lari. Ces derniers précisent que l'homme est composé des éléments formés d'un corps (nitu), d'un esprit (kilunzi) et d'une âme (muela). Ces éléments sont considérés comme substrat (base) du nom ou prénom. La relation entre le nom et le prénom est à peu près une relation qui relie une maison avec sa fondation; bien que le nom identifie la personne, il est en quelque sorte le soutien sur lequel repose le corps, l'âme et l'esprit.12(*) Le nom, le prénom sont des éléments qui appartiennent au monde des idées, croyances, valeurs, vécu quotidien et notion morale, servent les parents à nommer ou prénommer leurs enfants, peuvent parfois affirmer la dimension spirituelle de la santé. Certains noms comme "Mayela" (intelligence), "Bouesso" (chance) peuvent selon les représentations culturelles données aux possesseurs la capacité de raisonner, se souvenir de la personne, voire percevoir certaines situations inattendues; les personnes qui portent ces noms peuvent recevoir des idées, des intuitions, des rêves inattendus ou inspirations.

Le nom qui agit sur la personne peut être responsable de certaines crises d'agressivité, de manque total de motivation. Certains hommes victimes de ce genre de situations renvoient cette difficulté au nom. D'une manière générale, le porteur de ce nom est en proie au stress, ce qui est susceptible d'entraîner des perturbations et une détérioration de sa santé. Ce genre de noms peut induire la personne dans des sentiments de tristesse, de déception, de colère voire de perte et de manque de maîtrise de sa propre vie face au déclin. Certains acteurs portant un nom qui peut suggérer la malchance, ont trouvé en lui la cause de leurs infortunes. C'est le cas de certains prénoms comme "Mputu" qui signifie "pauvre". Il est donc important de souligner que certains noms peuvent être à l'origine du mal qui mine l'individu. Certains noms sont confrontés ou liés à une culture déterminée, par contre d'autres noms peuvent être à l'origine de certains obstacles dans la vie, en provoquant des réactions émotionnelles.

Les stratégies de nommer peuvent varier d'une culture à une autre. Certains mouvements religieux surtout ceux faisant partie des églises dites de réveil présents au Congo - Brazzaville (mouvements qui s'explose après la Conférence Nationale Souveraine) poussent leurs adeptes à s'appuyer beaucoup plus sur leurs profondes croyances religieuses, la prière et la foi en Dieu pour obtenir, semble t-il, le réconfort et garder espoir du nom confié à l'enfant. Les parents en nommant comme en prénommant leurs enfants atteignent parfois un niveau où ils sont dominés uniquement par un profond sens du devoir et de l'engagement envers Dieu. Ce mécanisme d'adorer Dieu par certains prénoms est aussi considéré comme moyen de renforcer les croyances solidement ancrées qui résistent dans la vie d'aujourd'hui.

I.3. Les conséquences désastreuses que peut engendrer le nom

Qu'il s'agisse du nom lié au contexte culturel, qu'il s'agisse du nom muet imposé par les parents après la naissance de leur enfant, cela a toujours des effets traumatisants et peut parfois provoquer des cauchemars, voire causer des difficultés aux individus qui le portent selon les imaginaires locaux. Leur façon de faire est parfois insatisfaisante puisque certains pour justifier leur comportement jugé mauvais par leur milieu immédiat, s'inspirent de leurs noms "émotionnels". Certaines personnes qui portent les noms qui peuvent expliquer la pauvreté continuent de souffrir dans leur fort intérieur très longtemps de ces explications. Marie Claude FELTES -STRIGLER Ecrit: « le nom d'une personne est son bien secret [...] si une tierce personne l'a en sa possession, le nom n'est plus fiable et peut même se retourner contre son propriétaire »13(*). Les individus qui portent les noms qui peuvent "nuire" à leurs personnalités se sentent trahis semble t-il. Ce profond sentiment peut avoir une incidence sur leur manière de vivre et leur façon de penser peut être emprisonnée par leurs noms, certains ont été victimes de certaines répercussions profondes sur la formation de leurs personnalités. Nombreux d'entre eux développent le ressentiment qui explique leurs noms dans leur milieu et finissent par réagir selon les contenus du message de leurs noms qui influencent parfois le choix de leur profession et de leurs relations personnelles. Certains noms au contraire sont incapables de protéger la personne et font sentir un sentiment d'insécurité que ressent l'individu qui le porte. Cela peut provoquer un manque total de confiance en eux-mêmes et se méfient de leurs noms. Certains individus porteurs des mauvais noms pensent qu'ils exposent au mauvais sort et amènent le chagrin et le désespoir.

I.2. Description du prénom

Le prénom de par sa nature, est un élément qui diffère du nom de famille. Celui des occidentaux paraît nouveau dans le contexte congolais. Lorsque l'enfant naît, il s'agit d'abord de lui trouver un prénom et un nom. Le choix d'un prénom pour un enfant est considéré comme une étape difficile dans la vie d'un couple. Ce prénom suivra tout le long du chemin que fera cet enfant. La mère se fait la joie de recevoir un nouveau-né, mais souvent refuse que le mari décide seul pour prénommer l'enfant. Le choix du prénom de l'enfant est devenu pour les parents un moyen d'exprimer les situations vécues avant et pendant la naissance du nouveau-né. Le prénom de l'enfant devient actuellement un élément qui a une importance majeure dans la société. Prénommer pendant la colonisation, était un problème qui correspondait au jour, au mois et à la date du calendrier. Souvent c'était des prénoms qui exprimaient et revalorisaient la culture du Blanc. Aujourd'hui avec les situations vécues et l'évolution, on se rend compte qu'un prénom peut même dans certaines situations avoir une influence sur la personnalité de l'individu et de son évolution, voire sur son destin. Les prénoms peuvent avoir le même son, même signification, mais peut être écrit différemment. C'est le cas de "Ça - ira" et "Sayira". Les prénoms peuvent expliquer plusieurs réalités comme le vécu quotidien des parents, la sociabilité, la volonté, l'affectivité. Un prénom dans la vie d'aujourd'hui est considéré comme un instructeur qui peut permettre de suivre le chemin de sa signification. Les parents le veulent, l'imaginent comme un chemin de bonheur, de santé, de prospérité et de réussite sociale. Le prénom d'un enfant est loin d'être neutre car les parents qui choisissent souvent, font la projection d'un ensemble de caractéristiques du futur enfant à travers son prénom. Parmi ces prénoms, nous citerons les prénoms mixtes.

I.2.1. Les prénoms mixtes

Nous nous désignons par prénom mixte, le prénom composé d'une partie du prénom du père et d'une autre partie du prénom de la mère. Au lieu que le père donne son prénom entier, il l'associe à celui de la mère pour semble t-il prouver aux gens que l'enfant leur appartient à tous les deux : c'est le cas de Patricia et Jérémie qui prénomment leur enfant Jérécia.

Les prénoms mixtes formulés par les parents à l'égard de leurs enfants étaient avant la crise sociopolitique, un phénomène redondant auquel s'intéressait les parents pour formuler l'union du couple. Cette situation s'est modifiée sensiblement pendant la crise sociopolitique. L'attribution du prénom mixte a constamment reculé pour les filles et pour les garçons. En revanche, les nouveaux prénoms donnés par les parents à leurs propres enfants restent un phénomène important qui fait progresser les prénoms.

L'association des deux prénoms, formulée à travers les prénoms des parents géniteurs, est la pratique la plus dominante avant et après la guerre civile. La pratique d'attribuer deux prénoms à un enfant était également très utilisée et en plus cette pratique garde toute son importance avant et après la crise sociopolitique avec un rééquilibrage entre les deux sexes. Le taux des enfants nés avant la crise tendait à hausser le pourcentage des prénoms mixtes. Or, nous savons que l'attribution d'un prénom unique transmis par les parents a toujours été plus fréquente chez les parents notamment ceux qui sont nés pendant les années soixante. Il faut reconnaître que les parents géniteurs en associant leurs prénoms pour prénommer leurs enfants ressentent, d'après ce qui se dit dans les milieux sociaux et culturels, une satisfaction. Et souvent, cette satisfaction paraît plus marquante dans l'union. L'association des deux prénoms, celui de la mère et du père simplifie l'interprétation. Dans ce cas, le problème se pose quand le prénom est très long. Les prénoms mixtes constituent aujourd'hui un moyen susceptible d'éclairer un certain nombre de sentiments et de créer une harmonie du couple. La représentation de ce phénomène a connu des progrès considérables dans les années d'avant la crise sociopolitique. Nous remarquons aussi que le mixage des prénoms du père et de la mère peut être considéré comme une addition qui symbolise l'harmonie dans le foyer.

I.2.2. Rôle et importance du prénom.

Souvent nous avons constaté, dans la société congolaise, que beaucoup de personnes se tissent des relations du fait de porter le même prénom surtout dans les administrations à partir de la période coloniale. Cela peut parfois avoir de l'influence sur certains aspects de la vie correspondant aux types de prénoms. Le prénom est représenté dans la société congolaise comme un indicateur psychologique qui a une influence capitale sur l'individu. Deuxième élément d'identification après le nom, le prénom a une dimension explicative sur l'individu. Il apparaît comme instructeur et révélateur d'un environnement, et pour la plupart des gens porteurs de prénoms comme "Chancel", bénéficient de l'image du bonheur que se représentent les parents et sont leurs espoirs car ce prénom montre que durant toute sa vie, l'enfant sera chanceux et souvent ces prénoms dans les représentations permettent à ceux qui les portent d'échapper à des situations malencontreuses, des situations qui peuvent leur causer des ennuis. De même que pour les noms l'influence étant très significative dans les perceptions collectives, les prénoms sont aussi, d'une grande importance dans la société sur les images qui leur sont donnés dans la société. A cet effet, prénommer un enfant, c'est créer une relation directe entre le prénom et la personne qui le porte. Le prénom a un rapport avec la dimension sociale qui crée le rapport didactique entre le prénom et la projection de la personnalité qui est une institution qui va imposer un comportement social dans l'homme qui le porte. Le prénom porte en soi un double message : il identife la personne à la première vue, mais aussi cache un message que voulaient exprimer les parents dans son caché.

Du reste, on assiste à une nouvelle image des prénoms dans la société congolaise.

I.2.3. Nouvelle image du prénom:

Les nouveaux prénoms déjà en mouvement en République du Congo font preuve des changements qui peuvent témoigner de l'émergence des nouveaux rapports entretenus par les parents pendant la crise sociopolitique. Si la nouvelle mode de prénommer est insérée dans la société, elle est beaucoup plus pratiquée par les parents ayant subi cette crise. Si ces prénoms qui sont nouveaux dans notre société, s'imposent, c'est à cause du fait que le message que peuvent exprimer certains prénoms laisse de plus en plus la place à la diversité, à la nouveauté, à l'expression des faits vécus et d'autres se réfèrent à la croyance; en s'appuyant sur les tendances perceptibles qui leur ont servi à prénommer leurs enfants. Certains parents se permettaient alors de prendre quelques libertés gênées que nous entendons par le manque de service de base, sans compter les bombardements et les mouvements des populations à la recherche des zones plus sûres, la répression exercée de diverses manières par les miliciens envers les parents, notamment la détention arbitraire, l'expulsion, les disparitions, la torture, les assassinats politiques ont fait que les parents changent la manière de prénommer les enfants. Dans ces circonstances, c'est surtout l'état mental des parents, des membres de leurs familles et leurs amis qui poussent les parents à donner les prénoms en relation avec les diverses situations qu'ils ont vécues pendant la guerre. Nous avons constaté l'élargissement des prénoms à tous les milieux. Mais l'attachement de l'emprise religieuse sur la vie des personnes a certainement favorisé les évolutions des nouvelles images à travers une période de crise, des changements mentaux des populations. Ce vent de nouveaux prénoms "souffle" plus souvent sur les parents géniteurs qui ont procréé pendant la guerre.

Ces prénoms qui apparaissent nouveaux peuvent parfois révéler une volonté plus affirmée, un comportement de l'enfant en tenant compte d'un certain nombre de contraintes sociales. Le cadre de ce changement, son évolution peuvent aussi expliquer la volonté de donner le même prénom à deux enfants de sexe différent : c'est le cas de Grâce. Cela peut entrainer la disparition de certains prénoms comme Bénoît, Benoîte. Une image du prénom réside dans le fait que certains prénoms peuvent représenter le bonheur et parfois peuvent exercer des influences favorables sur la réussite de celui qui le porte, c'est le cas des prénoms comme "Bonheur", "Bien", "Réussi". Par contre les prénoms comme "Souffrance", peuvent avoir des influences "négatives". De nos jours, nous assistons à l'émergence des prénoms religieux qui ont changé de forme et de son. Cela peut être un signe qui peut expliquer l'attachement de la population envers les églises qui attirent beaucoup d'adeptes.

Nous allons consacrer le prochain chapitre à l'étude des modalités des prénoms

Section II : Modalités des prénoms

Les prénoms se développent dans un environnement où l'un des traits majeurs de la réalité sociale était la pratique de la guerre civile sur de multiples formes de violence. Notre objectif ici est d'analyser les modalités des prénoms qui surgissent dans la société en tenant compte de la réalité de guerre civile qui émerge dans la société. Le cas de certains prénoms comme Guervi mérite d'être étudié en corrélation avec les réalités présentes parce qu'il demeure important, à certains égards assez étonnants, puisqu'en pleine période de guerre, plusieurs parents ont prénommé leurs enfants "Guervi", prénom composé de l'abréviation des termes "guerre" et "vie". L'exemple de ces prénoms tendrait à confirmer les rapports entre les prénoms et la guerre. Le prénom permet aux parents de se libérer de ce qu'ils ont à coeur. Avec la guerre et l'évolution du système de prénommer les enfants, il s'introduit et se développe des prénoms pouvant expliquer toute une tragédie des réalités vécues par des parents. Avant, les prénoms n'expliquaient pas les réalités de guerre, mais pendant la guerre, nous avons constaté les habitudes des hommes changées contre certains actes que les parents expriment à partir de la manière de prénommer leurs enfants. Plusieurs prénoms se multiplièrent pour exprimer le souhait des parents. L'existence de ces prénoms est aussi liée à la croyance en "Dieu", c'est à travers le système religieux que ces prénoms ont connu un progrès. Les prénoms donnés aux enfants à cette époque sont vus comme un élément historique qui nous montre la situation vécue par les parents. La plupart des prénoms sont fondés sur des croyances, les arguments des parents s'orientaient vers les prénoms de leurs enfants. La croyance dans les prénoms qu'ils donnaient à leurs enfants résolvait quelques difficultés, et ces prénoms paraissaient comme une attaque efficace contre les situations inattendues : c'est le cas de "Vainqueur". Le prénom était un élément qui exprimait la pensée, il était perçu comme protecteur. Les parents ayant donné les prénoms à leurs enfants pendant la guerre civile témoignent aujourd'hui un intérêt pour Dieu parce qu'il serait à l'origine des idées qui les ont poussées à donner des prénoms aux enfants et à les protéger contre un "mauvais vent" de la guerre.

II.1. Contraintes socio - culturelles

Nous définissons la contrainte sociale comme étant une obligation morale qui limite et influence la volonté d'une personne ou d'un groupe social. Ainsi, par rapport à notre étude, nous faisons allusion aux différentes sources contraignantes ayant poussé les parents à prénommer leurs enfants. Il s'agit entre autre du calendrier, de l'entente, de l'influence chrétienne et de celle des rapports sociaux sur la nouvelle prénomination.

II.1.1. Le calendrier comme référence de la prénomination

Le calendrier a pour objectif de signaler les manifestations présentes et à venir qui portent sur divers aspects. Il facilite des rencontres entre les membres de plusieurs groupes. Il permet d'ajouter des rendez-vous et ainsi avertir tous les membres d'un groupe. Il est également possible de modifier, déplacer ou effacer des rendez-vous. Le calendrier qui est un moyen propre appartenant à la culture occidentale a permis aux autochtones de prénommer leurs enfants à travers la date, le mois, auquel est né l'enfant. C'est le cas de certains enfants nés pendant la fête de Noël ou de Toussaint à qui on attribue le prénom Noël ou Toussaint. Le prénom dit chrétien se donnait en prenant comme référence les prénoms écrits sur le calendrier correspondant à la date, au mois de naissance de l'enfant ; ainsi, un enfant né le 10 décembre peut recevoir comme prénom Romaric, et celui né le 25 décembre peut recevoir comme prénom Noël. Les prénoms écrits sur le calendrier sont représentés comme symbole qui fait véhiculer la culture occidentale en milieu africain. Ce qui est à retenir pour le sociologue, attribuer le prénom des blancs à l'enfant pendant la période coloniale, était une façon de justifier que l'intéressé est noir de peau, mais s'identifiait aux blancs. La première image que les populations ont à travers ces prénoms qui surviennent dans notre société, c'est qu'ils sont bons, rares.

II.1.2. L'entente comme obligation

En se plaçant au centre des problèmes qui préoccupent la prénomination, nous pouvons mesurer un problème délicat qui dépend beaucoup plus de l'entente entre deux parents. Un sentiment tient la volonté des parents géniteurs d'aboutir à un prénom issu d'une entente pour arriver à un sentiment consensuel, qui leur permettra d'éviter des prénoms plus répandus. Ce phénomène est considéré comme un des premiers moyens qui a permis aux parents de prénommer leurs enfants en tenant compte de l'histoire vécue, la plupart des prénoms tournent pratiquement autour d'un phénomène de crise comme la guerre civile, souvent les enfants nés au cours de cette période peuvent porter les prénoms qui se prononcent de la même manière, mais s'écrivant de façon différente. C'est le cas de "Ça-Ira" et "Sayira" qui est un cri d'espoir qui veut dire même si aujourd'hui ça ne marche pas, l'avenir réserve des bonnes et grandes choses.

Partant des changements brutaux qui surgissent dans le système de prénomination, nous constatons l'apparition des nouveaux prénoms qui servent de comparaison aux anciens. Cette différence nous la faisons par rapport au système du passé qui nous a offert la possibilité de mieux visualiser le nouveau système de prénomination. Un autre problème pour les parents est celui qui vise à situer les phénomènes qui servent de prénomination dans un contexte plus long, à la fois religieux et générationnel.

II.1.3. L'influence des prénoms chrétiens

Pendant la période coloniale, le nouveau-né portait au moins deux noms. De ces noms, il y avait toujours un qui symbolisait soit la lignée, soit le vécu ou le ressouvenir; ce nom était lié à la tradition des géniteurs. Le nom qui jouait le second rôle celui que nous appelons prénom, était typiquement étranger, notamment chrétien. La colonisation comme l'évangélisation étaient des moyens qui ont permis aux blancs d'imposer leurs prénoms aux autochtones par le biais du baptême. Au cas où il s'agissait d'un nouveau-né, ces prénoms étaient attribués beaucoup plus par ceux qui sont issus des mariages chrétiens. La croissance et le développement du christianisme dans la société congolaise, ont modifié ce comportement. Ces prénoms n'étaient plus l'apanage des couples ayant fait des mariages religieux, mais de tous. Dans les représentations congolaises d'autrefois, même d'aujourd'hui dans une certaine mesure, porter le prénom chrétien signifie non seulement que la famille à laquelle on est issu où appartient le nouveau-né est une famille qui connaît et qui respecte les valeurs religieuses, mais aussi une manière devenue comme référentielle pour les Congolais car les prénoms chrétiens sont avant tout européens.

.Il faut reconnaître que ce système de prénommer a vu le jour grâce au contact qu'il y a eu entre l'Européen et l'Africain. A travers la signification de ces prénoms, nous lisons l'influence de l'évangile comme celle de la culture occidentale. Les entretiens que nous avons eus avec certains individus ayant la connaissance de l'histoire coloniale ou qui ont vécu à cette époque, nous révèlent que le prénom chrétien jouait un rôle protecteur qui était assuré par le Dieu, le Père, le créateur. Par contre, les autochtones non chrétiens qui acceptaient de donner les prénoms chrétiens à leurs enfants les " auraient exposé aux malédictions" et subissaient des injures auprès des missionnaires. Autrefois, ce climat était entretenu par le missionnaire qui rendait obligatoire le baptême, la conversion au christianisme avant de donner un prénom chrétien à l'enfant.

II.1.4. L'influence des rapports de familles sur les nouveaux prénoms des enfants.

Certains changements qui surgissaient dans les différentes familles avaient  été interprétés par l'origine de certains nouveaux prénoms. Le manque de logements, des vaccins ont multiplié différentes maladies et ont permis à de nombreux parents géniteurs de prénommer leurs enfants en tenant compte de tous ces faits. Les changements, la détérioration des conditions de vie, les migrations forcées ont mis en échec l'ancien système de prénomination. Plusieurs parents géniteurs ont préféré donner des prénoms qui traduisent leur attachement à la religion dans le but, semble - t-il, de mieux protéger leurs enfants contre le mauvais vent qui menaçait plus gravement les différentes familles à la marginalisation ou à l'exposition de ces dernières à des groupes vulnérables, c'est-à-dire, des groupes constitués de personnes pouvant nuire à leur vie. Ces époques de crise qui ont conduit à des bouleversements sociaux ont apporté des changements au sein du système de prénomination dans les différentes familles. De Nombreux prénoms, très souvent, s'éloignent de l'ancien système de prénom traditionnellement compte tenu des situations que les parents ont vécues pendant la guerre civile.

Parmi les parents géniteurs, les uns ont été victimes d'actes qui ont porté atteinte à leurs dignités : le fait par exemple d'avoir été bastonné par les différentes milices en présence de leurs enfants, d'autres ont vu leur autorité de responsable de famille bafouée pour des raisons d'incapacité à supporter certaines charges, ce qui les a poussés à prénommer leurs enfants en tenant compte des faits qu'ils repoussent pourtant. Des prénoms tels que "Bien", "Réussi" peuvent démontrer l'état de santé des parents pendant la guerre civile, des événements qui s'y produisent de la manière dont cette famille perçoit la vie pendant la guerre. Le type des rapports sociaux que les individus entretiennent avec des proches parents ou amis peut avoir un impact sur le prénom de leurs enfants, c'est ainsi que sera appelé " kalavanda" l'enfant dont le père est une des premières personnes à avoir porté la cravate dans son groupe social.14(*) Par contre certains prénoms peuvent expliquer l'harmonie ou les tensions familiales, voire la rupture d'équilibre durement vécue par les parents pendant la guerre. Ces prénoms ont permis aux parents de prendre en considération les multiples facettes des rapports entretenus entre individus. Par contre, d'autres parents tiennent compte des liens religieux ou de différents problèmes de vies des familles. Cette guerre civile peut être considérée comme facteur ou principe directeur qui domine les sentiments des parents vers des prénoms pouvant expliquer les différents faits vécus pendant la guerre. En analysant les prénoms se trouvant dans les actes de naissance, un autre fait est à constater : chaque parent géniteur réagissait à ses difficultés à sa façon et au moment choisi, et chacun des parents donnait un prénom pour trouver les moyens et les solutions nécessaires qui donneraient un sens et une valeur à cette expérience de guerre. Un bon nombre de familles devenaient plus égoïstes, les membres de certaines familles préféraient lutter à leurs manières, ils étaient par conséquent moins disponibles pour l'entraide familiale. Ceci les mettait dans la possibilité de prénommer en tenant compte du vécu quotidien. Certains parents se réfugiaient dans les zones où ils n'avaient pas de terres, moins d'argent, cela a poussé ces gens à ne pas affronter financièrement et socialement la rupture. La plupart de ceux qui ont vécu cette guerre civile ont connu une liberté nouvelle qui les a amenés à donner de tels prénoms à leurs enfants.

II.2. Le prénom dans l'imaginaire des parents dans la société congolaise

d'aujourd'hui

L'imaginaire étant l'ensemble des images et des relations d'images qui constitue le capital penser de l'homo sapiens selon Gilbert Durand,15(*) par le système de prénomination, nous constatons l'évolution de différents prénoms et de mode d'apparition des nouveaux prénoms. La mode de ces prénoms dépend beaucoup plus du type et du milieu socioculturel. Ainsi, une micro société de type traditionnel maintiendra des prénoms à caractère ancien comme le cas d'Antoine. Tandis que les micros sociétés modernes, qui subissent les influences de l'espace urbain brazzavillois, vont préférer multiplier les prénoms comme "Louange", "Dieu - Sauve". Ces prénoms s'inscrivent beaucoup dans le domaine de la croyance pour les parents. Le choix d'un prénom dépend d'une croyance qui peut être qualifiée à la limite de superstition, d'une coïncidence, d'un anniversaire, d'un rêve qui peut provoquer des réactions psychiques importantes. Le prénom est beaucoup plus choisi par les parents, les grands-parents et voire les amis que par d'autres membres de la société. En observant les actes de naissances des enfants déclarés sur les registres des naissances de la mairie de Makélékélé, nous constatons la pratique des prénoms fréquents qui répondent probablement à des raisons beaucoup plus liées à la croyance qu'aux autres faits de société. Souvent, ce sont des prénoms qui cherchent un certain équilibre et une certaine entente avec le monde visible et le monde invisible.

Les décès successifs des enfants et d'autres difficultés rencontrées ont amené aux parents et familles de chercher des prénoms remèdes, protecteurs et préventifs: c'est le cas de "Ça - Ira" et "Chrism'aide". Des croyances magico - religieuses résident dans le fait que certains prénoms peuvent expliquer des messages qui symbolisent le bonheur. Le message exprimé par les parents à propos du prénom peut ou ne pas avoir une influence sur le destin et le vécu de l'enfant. Prénommer étant un concept largement répandu dans le vécu quotidien des parents, fait que les prénoms diffèrent et donnent lieu à plusieurs interprétations. Les parents géniteurs en mettant au monde un nouveau-né, se présentent devant Dieu avec des souffrances, joies ou des symptômes dont ils demandent le soulagement pour l'évolution de leur enfant. Le mauvais prénom tel que "Lucifer", peut amener, pense-t-on au dysfonctionnement de l'organisme, fruit de l'imaginaire collectif congolais. Cette croyance est présente chez beaucoup des Congolais. Si une fois dans votre vie, vous êtes prénommés de la sorte, vous risquerez de poser des actes dits diaboliques durant toute votre vie. Le prénom d'un être humain doit être "bon" pour faciliter l'ouverture totale de "bonnes" relations: corps et esprit, famille et groupe, individu et monde de la nature. Tout "bon " prénom est celui qui rend possible l'ouverture aux relations humaines, c'est-à-dire un prénom qui ne peut pas être considéré comme une défaillance, du corps spirituel et physique mais au contraire un signifiant, un message à déchiffrer et qui peut délivrer, signifier à l'individu le sens de son existence. Prénommer un enfant c'est aussi un phénomène qui crée l'ouverture d'un rapport entre le monde visible et le monde invisible (mort, ancêtre, esprits) qui a constamment fait naître entre parents (mari/épouse) des discussions concernant le bien-être physique. Le prénom qui individualise l'être a un signifié naturel et mystique, s'accroche à nous, s'introduit dans le corps où il signale parfois par le même corps la présence du danger ou du succès.

II.2.1. Le prénom vu par la société

L'enfant, bien qu'il soit étranger par rapport aux faits vécus par les parents, son prénom détermine toujours la situation sociale des parents. Par la manière de prénommer, les parents expriment leurs voeux qui prennent en quelque sorte l'enfant comme prisonnier d'une histoire vécue par ceux-ci. Prénommer est un concept mobilisateur de significations multiples. Mais il est nécessaire d'établir des distinctions entre un "mauvais" prénom et un "bon" prénom, les deux n'ont pas les mêmes explications. Le "bon" prénom est supposé faciliter la vie de l'enfant dans ses rapports avec son entourage, lui permet de garder des liens solides et d'exploiter les possibilités et impossibilités que lui offre son prénom pour sa survie. Le prénom peut opérer une rupture conflictuelle entre les parents et amis. Dans ce cas, nous pouvons considérer le prénom comme un élément qui paraît simplement comme une institution accessible et inaccessible à sa réussite. Le "mauvais"prénom conduit au déséquilibre mental, à l'insécurité physique, il permet à l'enfant de rêver des "mauvaises" images de lui-même et de fixer des projets qui ne se réaliseront pas. Dans ces conditions, il considérera ce prénom comme un élément qui nuit à sa réussite. Les hommes dans la société perçoivent le prénom suivant son explication et son expérience, le prénom constitue le symbole d'un "mauvais" ou d'un "meilleur" avenir, il est l'agent principal de transformation sociale et de progrès. Mais aujourd'hui, nombreux sont ceux qui (ou de nombreux individus) pensent qu'après l'indépendance politique du Congo, les choses ont changé. Le prénom bardé de toutes sortes d'explications a perdu sa qualité d'institution qui conduisait à son aboutissement. Il a contribué à l'échec comme à la réussite de celui qui le porte d'après les représentations collectives. Bon nombre des enfants auraient échoué dans la vie pour les raisons de porter un "mauvais prénom". Le prénom crée des conditions opportunes à celui qui le porte en devenant élitaire. D'un côté, il produit en l'homme des aspects marginaux, économiques, et culturels. Les porteurs peuvent donc percevoir leurs prénoms comme une défaillance ou une garantie pour un meilleur avenir.

II.2.2. L'incidence du "mauvais" prénom

Dans les sociétés africaines en général et congolaises en particulier, le "mauvais" prénom se définit comme une rupture ou déséquilibre harmonieux, entre le fonctionnement des différentes parties du corps d'une part, entre l'homme et toutes les composantes de son environnement de l'autre. Paul Claver écrit: « L'espace villageois intervient de différentes façons dans la vie sociale et partant dans le jeu du pouvoir »16(*). Ainsi, privés du "mauvais" message qu'explique le prénom, les porteurs en grandissant, ont les intentions de vouloir changer les prénoms pour les raisons de privations psychologiques dont ils sont victimes pour la formation de leur personnalité. Dans certains cas, l'image que les parents géniteurs ont de ces prénoms influence parfois leurs relations personnelles. Ils insécurisent les enfants tout en les exposant aux différents faits maléfiques qui provoquent parfois le manque de confiance en eux. Il provoque des sentiments par rapport à ce qui a été dit ou fait dans le passé.

Parmi les problèmes liés au "mauvais" prénom, nous avons le manque d'énergie face à une situation délicate et l'insomnie. Ces symptômes sont probablement le résultat de perturbations émotionnelles engendrées par le mauvais. Les parents en attribuant ces prénoms à leurs enfants, reconnaissent que le prénom est un élément qui peut provoquer des événements bouleversants, surtout lorsqu'ils sont souvent victimes des situations qui coïncident avec son prénom.

Les personnes qui portent les "mauvais" prénoms s'incitent à chercher de l'aide et des conseils en fonction de leurs prénoms. Le porteur d'un tel prénom qui paraît "mauvais" pense toujours que les symptômes de sa maladie sont manifestés par le prénom. Le mauvais prénom est considéré comme une atteinte portée au bien-être physique ou moral sur toutes ses formes. Une personne qui a des troubles mentaux se dit malade au même titre que celui qui porte un "mauvais" prénom. De même, quelqu'un qui est en colère après un outrage ou un ennui qui l'empêche de réaliser un projet se considérera comme malade au même titre que celui qui porte le "mauvais" prénom. Ainsi le "mauvais" prénom est considéré comme un état de souffrance physique et d'angoisse morale, d'affliction et de contrariété. D'où le terme mauvais prénom en cours dans la société congolaise. L'homme qui le porte ressent une gêne qui devient pour lui une maladie. La personne concernée reçoit des injures partout où il passera et se considère comme malade. Porter un mauvais prénom découle d'une mauvaise conception de l'homme et de l'univers dans lequel il vit. Le "mauvais" prénom, en réalité touche la personne humaine au plus profond de son être et de ses divers aspects. De ce fait, les "mauvais" prénoms deviennent la cause directe d'une maladie que porte la personne. Cependant, certains lui font des accusations vagues concernant son prénom, dans ce cas, le "mauvais" prénom ressemble à un élément qui, étant "mauvais", empoisonne la personne. Porter un "mauvais " prénom est souvent vécu comme une véritable "chasse à l'homme", l'homme qui le porte peut être victime d'un certain nombre d'accusations par des gens sans que quelques efforts soient fournis pour découvrir la véritable cause du décès. Le bon prénom préoccupe moins la société, la société a plus d'inquiétudes pour le mauvais prénom et de l'admiration pour le "bon" prénom. Ce qui nous a permis de ne pas élaborer un chapitre sur le "bon" prénom.

II.2.3. Le nombre de prénoms

En observant les registres des naissances des enfants déclarés à la mairie de Makélékélé, nous constatons la pratique minoritaire d'un prénom unique. Les naissances qui ont eu lieu tout le long de la crise sociopolitique prouvent la pratique majoritaire de l'allongement, l'alignement de trois, quatre prénoms, les uns à la suite des autres pour un seul nouveau-né. Dans son enquête sur le corps falaisien, Jean-Pierre LETHUILLIER montre le rapport direct et permanent entre l'évolution du corpus et celle du nombre des prénoms attribués aux enfants.17(*) L'augmentation considérable des prénoms des enfants nés pendant la crise sociopolitique montre un décalage assez important avec ceux qui sont nés autour des années 60. Les filles comme les garçons reçoivent rarement un prénom unique, le plus souvent trois prénoms ou plus, ce qui explique le décalage entre le nouveau et l'ancien système, comme le dit SYINYAMA BADIMBANGA : « Avoir plusieurs noms cela souligne l'importance sociale de cet homme et évoque en même temps les différents et multiples rôles qu'il doit remplir dans la société. Cela signifie la grande vitalité de son être »18(*). Les faits observés ne sont pas surprenants, l'attribution de deux à trois prénoms n'est pas surprenante; elle est restée une pratique massive qui existait également avant la crise. Mais nous constatons une croissance importante amorcée le long de la crise. Le principal élément redondant est finalement l'élargissement continuel de cette pratique. A partir de la colonisation, les enfants recevaient un seul prénom qui expliquait la réalité occidentale. Expliquer l'influence de la crise sur les évolutions visibles à la prénomination pendant la période étudiée est l'un des facteurs qui justifie le changement d'une réalité d'antan. Le rapport direct entre la crise sociopolitique et les prénoms attribués aux enfants tendent à s'augmenter de plus en plus. Ces prénoms ne font que progresser sensiblement. Ils sont une forme d'expression liée à un contexte bien précis.

L'influence de la crise est considérée comme indicateur qui détermine ces prénoms. Le manque de logement, la dégradation des conditions de vie familiale sont aussi des indicateurs qui déterminent l'insatisfaction déterminante de certains prénoms, bien qu'ils soient marquants et qu'ils expliquent les faits vécus par les parents. Ces faits viennent en quelque sorte s'ajouter à la pensée des parents en vue d'expliquer les prénoms de leurs enfants.

Deuxième partie: Présentation - analyse et interprétation

des résultats d'enquêtes

Section I : Présentation des résultats de l'enquête

Enquête, (du latin inquisitum, participe passé de inquirere « s'enquérir, chercher à découvrir »), est une démarche de production de données ou d'informations en vue de répondre à un questionnement. Cette démarche renvoie à la question de l'objet, de l'objectivation, aux problèmes de validation d'hypothèses, de légitimité, de pertinence, de signification, d'interprétation des résultats.19(*)

I.1. Population d'étude

Tableau n°1: Sexe des enquêtés

Sexe

Nombre

Pourcentage

Féminin

57

47,5

Masculin

63

52,5

Total

120

100

Dans le cadre de cette étude, nous avons consulté au cours de notre enquête cent vingt (120) actes de naissance des enfants déclarés sur les registres de naissance de la mairie de Makélékélé dont cinquante sept (57) soit 47,5% des enfants de sexe féminin et soixante trois (63) soit 52,5% de sexe masculin; Soit un total de cent vingt (120) enquêtés.

Tableau n°2: Sexe des enquêtés par année

Année

Sexe

Déc. 98 - nov. 99

Déc. 99 - nov. 00

Total

N

%

N

%

N

%

Féminin

29

24,17

28

23,33

57

47,5

Masculin

31

25,83

32

26,67

63

52,5

Total

60

50

60

50

120

100

La première année va de décembre 1998 à novembre 1999, la deuxième année de décembre 1999 à novembre 2000. Ce tableau synthèse entre années de naissance et sexe des enquêtés montre la répartition des naissances selon les deux années consécutives et identifie leurs sexes.

- La première année qui va de décembre 1998 à novembre 1999 présente un pourcentage de 25,83% de sexe masculin contre 24,17% d'individus de sexe féminin;

- La deuxième année qui va de décembre 1999 à novembre 2000 présente un pourcentage de 26,67% d'individus de sexe masculin contre 23,33% d'individus de sexe féminin.

Tableau n°3: Répartition des enquêtés selon le sexe et les types de prénoms

Sexe

Type de

prénom

Féminin

Masculin

Total

N

%

N

%

N

%

Dieu veille

14

11,67

11

9,17

25

20,83

Dieu merci ou vainqueur

10

8,33

18

15,00

28

23,33

Consolat, shaloom

3

2,5

6

5,00

9

7,50

Ça - ira

13

10,83

8

6,67

21

17,50

Bonheur

4

3,33

2

1,67

6

5,00

Croyance

1

0,83

6

5,00

7

5,83

Sacrifice

6

5,00

5

4,17

11

9,17

Guervie

6

5,00

7

5,83

13

10,83

Total

57

47,5

63

52,5

120

100

Les résultats de l'enquête montrent dans ce tableau n°3 que dans l'ensemble, il y a 11,67% des individus de sexe féminin contre 9,17% des individus de sexe masculin prénommés "Dieu veille". Pour le cas de ceux qui portent le prénom "Dieu merci" ou "Vainqueur", nous avons 8,33% de sexe féminin contre 15% de sexe masculin. Pour le cas de ceux qui portent le prénom "Consolat ou Shaloom", nous avons 2,5% des filles contre 5% des garçons. Pour le cas de "Ça - Ira", ce tableau montre 10,83% des filles contre 6,67% des garçons. Pour le cas de "Bonheur", nous avons 3,33% des filles contre 1,67% des garçons. Le cas de "Croyance" révèle que nous avons o,83% des filles contre 5% des garçons. Quant à ceux qui portent le prénom "Sacrifice", nous avons 5% contre 4,17%. Pour "Guervie" nous avons 5% des filles contre 5,83% des garçons.

Tableau n°4: Niveau d'instruction des parents - type de prénoms

Niveau d'instruction

Type de

Prénoms

Primaire

Secondaire

Supérieur

Total

N

%

N

%

N

%

N

%

Dieu veille

5

4,17

15

12,5

5

4,17

25

20,83

Dieu merci ou vainqueur

7

5,83

13

10,83

8

6,67

28

23,33

Consolât, shaloom

1

0,83

4

3,33

4

3,33

9

7,50

Ça - ira

4

3,33

16

13,33

1

0,83

21

17,50

Bonheur

0

0

4

3,33

2

1,67

6

5,00

Croyance

0

0

3

2,5

4

3,33

7

5,83

Sacrifice

0

0

8

6,67

3

2,5

11

9,17

Guervie

0

0

8

6,67

5

4,17

13

10,83

Total

17

14,17

71

59,17

32

26,67

120

100

Dans ce tableau, nous prenons en compte le niveau d'instruction d'un seul parent, le parent qui a le niveau le plus élevé. Les résultats de l'enquête montrent dans ce tableau que dans l'ensemble il y a 4,17% des parents qui ont le niveau de l'enseignement primaire, 12,5% le niveau de l'enseignement secondaire, 4,17% le niveau de l'enseignement supérieur qui donnent un total de 20,83% des individus qui ont été prénommés "Dieu veille". Pour le cas de Dieu merci, ces résultats révèlent qu'il y a 5,83% des individus qui ont un niveau du primaire contre 10,83% des individus qui ont un niveau du secondaire, contre 6,67% de ceux qui ont le niveau du supérieur, soit un total pour ce prénom de 23,33%. Pour le cas de "Consolât ou Shaloom", nous avons 0,83% des individus qui ont le niveau "primaire" contre 3,33% respectivement de ceux qui ont le niveau "secondaire et supérieur"; le total pour ce prénom est de 7,5%. Le cas de "Ça - Ira" nous montre 3,33% des individus ont un niveau "primaire", contre 13,33% de ceux du "secondaire", contre 0,83% de ceux du "supérieur", soit un total de 17,5% des individus. Le cas du "Bonheur" révèle les pourcentages suivants: 3,33% pour le secondaire contre 1,67% pour le supérieur, soit un total de 5%. Pour le cas "Croyance", "Sacrifice" et "Guervie", pris dans cet ordre, nous avons respectivement les résultats suivants: 2,5% contre 3,33%; 6,67% contre 2,5% et enfin 6,67% contre 4.17% pour le secondaire et le supérieur.

I.2. Données quantitatives sur le rapport des prénoms des enfants et les événements

connus

Tableau n°5: Répartition des enquêtés selon le type de prénoms et le mois de naissance (première année)

Type des prénoms

Dieu veille

Dieu merci ou vainqueur

Consolât ou Shaloom

Ça - ira

Bonheur

Croyance

Sacrifice

Guervie

Total

Mois

N

%

N

%

N

%

N

%

N

%

N

%

N

%

N

%

N

%

Décembre 98

0

0

0

0

1

0,83

0

0

0

0

0

0

0

0

1

0,83

2

1,67

Janvier 99

0

0

0

0

0

0

0

0

0

0

0

0

0

0

3

2,5

3

2,5

Février 99

0

0

0

0

0

0

0

0

0

0

0

0

0

0

1

0,83

1

0,83

Mars 99

0

0

0

0

2

1,67

0

0

0

0

0

0

0

0

0

0

2

1,67

Avril 99

0

0

0

0

0

0

5

4,17

0

0

1

0,83

0

0

0

0

6

5,00

Mai 99

0

0

0

0

1

0,83

2

1,67

0

0

1

0,83

0

0

0

0

4

3,33

Juin 99

2

1,67

0

0

0

0

4

3,33

0

0

0

0

0

0

0

0

6

5,00

Juillet 99

1

0,83

0

0

1

0,83

0

0

0

0

2

1,67

0

0

4

3,33

8

6,67

Août 99

3

2,5

1

0,83

0

0

1

0,83

0

0

0

0

1

0,83

2

1,67

8

6,67

Septembre 99

2

1,67

3

2,5

0

0

1

0,83

0

0

0

0

2

1,67

0

0

8

6,67

Octobre 99

1

0,83

2

1,67

1

0,83

0

0

0

0

0

0

1

0,83

0

0

5

4,17

Novembre 99

1

0,83

2

1,67

0

0

0

0

0

0

1

0,83

3

2,5

0

0

7

5,83

Total

10

8,33

8

6,67

6

5,00

13

10,83

0

0

5

4,17

7

5,83

11

9,17

60

50

Les résultats de l'enquête dans ce tableau nous montrent qu'au mois de décembre1998, il y a 0.83% des individus prénommés respectivement "Consolat ou shaloom" et "Guervie". Pour le mois de janvier 1999, nous avons 2,5% de ceux qui ont été prénommés "Guervie". En février 1999, nous avons 0,83% des enfants prénommés Guervie. En mars 1999 nous avons 1,67% prénommés "Consolat ou Shaloom". En avril nous avons respectivement 4,17% et 0,83% pour Ça - Ira et Croyance, soit un total 5%. En mai de cette année, "Consolât ou Shaloom" et "Croyance" ont tous les 0,83% contre 1,67% pour "Ça - Ira", soit un total de 3,33%. Le mois de juin 1999 nous n'avons que 1,67% pour "Dieu veille" et 3,33% pour "Ça - Ira", soit un total de 5%. Au mois de juillet, nous avons respectivement les valeurs suivantes: 0,83% pour "Dieu veille" et "Consolât ou Shaloom", 1,67% pour Croyance et 3,33% pour "Guervie", soit un total de 6,67%. Le mois d'août 1999, nous avons 2, 5% des enfants prénommés Dieu veille, 0,83% de ceux qui sont prénommés "Dieu merci" ou "vainqueur", "Ça - Ira" et "Sacrifice", 1,67% de "Guervie"; Soit un total de 6,67%. Au mois de septembre de cette même année, 1,67% des enfants prénommés respectivement "Dieu veille" et "Sacrifice", 2,5% de ceux qui sont prénommés "Dieu merci" ou "Vainqueur", 0,83% de ceux qui prénommés "Ça - Ira", soit un total de 6,67%. Le mois d'octobre 1999 présente les résultats suivants: "Dieu veille", "Consolât ou Shaloom" et "Croyance" ont respectivement (0,83%), "Dieu merci" ou "vainqueur" (1,67%), soit un total de 4,17%. Enfin le mois de novembre 1999 pour cette première année présente les résultats suivants: 0,83% pour "Dieu veille" et "Croyance", 1,67% pour "Dieu merci" ou "vainqueur" et 2,5% pour "Sacrifice", soit un total de 5,83%.

Tableau n°6: Répartition des enquêtés selon les types de prénoms et le mois de naissance (deuxième année)

Type des prénoms

Dieu veille

Dieu merci ou vainqueur

Consolât ou Shaloom

Ça - ira

Bonheur

Croyance

Sacrifice

Guervie

Total

Mois

N

%

N

%

N

%

N

%

N

%

N

%

N

%

N

%

N

%

Décembre 99

5

4,17

3

2,5

2

1,67

4

3,33

1

0,83

0

0

2

1,67

2

1,67

19

15,83

Janvier 00

4

3,33

2

1,67

0

0

2

1,67

3

2,5

1

0,83

1

0,83

0

0

13

10,83

Février 00

1

0,83

1

0,83

0

0

0

0

2

1,67

0

0

1

0,83

0

0

5

4,17

Mars 00

2

1,67

3

2,5

0

0

1

0,83

0

0

0

0

0

0

0

0

6

5,00

Avril 00

0

0

2

1,67

1

0,83

0

0

0

0

1

0,83

0

0

0

0

4

3,33

Mai 00

1

0,83

2

1,67

0

0

1

0,83

0

0

0

0

0

0

0

0

4

3,33

Juin 00

1

0,83

1

0,83

0

0

0

0

0

0

0

0

0

0

0

0

2

1,67

Juille00

1

0,83

2

1,67

0

0

0

0

0

0

0

0

0

0

0

0

3

2,5

Août 00

0

0

1

0,83

0

0

0

0

0

0

0

0

0

0

0

0

1

0,83

Septembre 00

0

0

1

0,83

0

0

0

0

0

0

0

0

0

0

0

0

1

0,83

Octobre 00

0

0

1

0,83

0

0

0

0

0

0

0

0

0

0

0

0

1

0,83

Novembre 00

0

0

1

0,83

0

0

0

0

0

0

0

0

0

0

0

0

1

0,83

Total

15

12,50

20

16,67

3

2,5

8

6,67

6

5,00

2

1,67

4

3,33

2

1,67

60

50

Les résultats de l'enquête dans ce tableau montrent qu'au mois de décembre 1999, nous avons les valeurs suivantes: "Dieu veille" (4,17%), "Dieu merci" ou "vainqueur" (2,5%), "Consolât ou Shaloom", "Sacrifice" et "Guervie" (1,67%), "Ça - Ira" (3,33%) et "Bonheur" (0,83%), soit un total de 15,83%. Au mois de janvier 2000, nous avons 3,33% pour les enfants prénommés "Dieu veille", 1,67% pour ceux qui sont prénommés "Dieu veille" ou "Vainqueur" et "Ça - Ira", 2,5% pour ceux qui s'appellent bonheur et enfin 0,83% pour ceux qui sont prénommés "Croyance" et "Sacrifice", soit un total de 10,83%. Le mois de février 2000 présente une particularité dans la mesure où qu'en dehors de ceux prénommés "Bonheur" (1,67%), les autres notamment ceux qui s'appellent "Dieu veille", "Dieu merci" ou "Vainqueur" et "Sacrifice" ont tous les trois un pourcentage de 0,83%, soit un total de 4,17%. Au mois de mars, nous avons pour des enfants prénommés, "Dieu veille" 1,67%, "Dieu merci" ou "vainqueur" 2,5% et "Ça - Ira" 0,83%, soit 5%. Au mois d'avril, nous avons 1,67% des enfants prénommés "Dieu merci" ou "vainqueur", 0,83% des enfants prénommés "Consolât ou Shaloom" et "Croyance", soit un total de 3,33%. Pour le mois de mai, nous avons 0,83% des enfants qui portent les prénoms "Dieu veille" et "Ça - Ira", 1,67% de ceux qui portent le prénom "Dieu merci" ou "vainqueur", soit un total de 3,33%. Le mois de juin quant à lui présente les résultats suivants: 0,83% pour ceux qui portent le prénom "Dieu veille" comme ceux qui portent le prénom "Dieu merci" ou "vainqueur". Le mois de juillet, nous avons 0,83% des enfants qui se prénomment "Dieu veille" contre 1,67% de ceux qui se prénomment "Dieu merci" ou "Vainqueur", soit un total de 2,5% pour ce mois. A partir du mois d'août 2000 jusqu'au mois de novembre 2000, ce tableau montre que nous n'avons que les enfants prénommés "Dieu veille" ou "Vainqueur", tous durant ces mois avec un pourcentage de 0,83%.

Section II. Analyse et interprétation des données

II.1. Données qualitatives relatives à la population d'étude

Dans cette étude nous avons analysé cent vingt (120) prénoms soit un total de 100% dont 52,5% des enfants de sexe masculin et 47,5% des enfants de sexe féminin. L'analyse de ces prénoms a été motivée par le fait que ces enfants sont nés dans un contexte de guerre. L'effectif de sexe féminin (47,5%) est faible par rapport à celui des enfants de sexe masculin (52,5%), ceci peut s'expliquer par le fait qu'il y a plus eu de naissances des enfants de sexe masculin que ceux des enfants de sexe féminin.

Sur 100% des enquêtés répartis par année, nous avons 50% d'individus enquêtés par année qui va de décembre 1998 à novembre 1999 et de décembre 1999 à novembre 2000. De nos enquêtés, nous avons 24,17% des enfants de sexe féminin et 25,17% de sexe masculin.

Les différents types de prénoms que nous avons recueillis dans les registres de naissances de la mairie de Makélékélé nous ont donnés les résultats suivants :

1. "Dieu Merci ou Vainqueur" (23,33%) ;

2. "Dieu Veille" (20,83%) ;

3. "Ça - Ira" (17,50%) ;

4. "Guervie" (10,83%) ;

5. "Sacrifice" (9,17%) ;

6. "Consolât - Shaloom" (7,50%) ;

7. "Croyance" (5,83%) ;

8. "Bonheur " (5,00%).

Les prénoms "Dieu Merci ou Vainqueur" avec 23.33% viennent en tête du peloton, du point de vue statistique, ce prénom est celui qui a été le plus donné aux nouveaux-nés durant la guerre. Ce prénom a été attribué à la fois aux filles et aux garcons. D'où le plus grand pourcentage qu'il a obtenu. Il constitue à notre humble avis, un hommage rendu à Dieu qui a protégé les parents et l'enfant venu au monde des affres de la guerre. Du reste, les parents pensent avoir triomphé de la mort avec l'assistance bienveillante de Dieu.

Le prenom "Vainqueur" est très révélateur de la toute puissance de Dieu qui, opère des miracles.

Les recherches sur le terrain nous ont révélé que le prénom "Dieu Veille" est apparu au Congo avant la guerre de 1998 a 1999. Il est arrivé avec les églises de réveil et a connu une sorte de renouvelement pendant la guerre civile concernée.

Quant au prénom "Consolât Shaloom" avec un pourcentage de 7,50%, ce prénom qui a une forte connotation religieuse n'est pas attribué au hasard. Nous constatons que ce type de prénom vient pour apporter quelque chose de nouveau dans le vécu des parents et explique leur attachement envers les associations dites religieuses implantées au Congo - Brazzaville.

Le prénom "Ça - Ira" qui présente un pourcentage de 17,50% connaît une progression assez importante pendant la guerre. Les parents géniteurs, en prénommant leurs enfants avec crainte et arrière pensée, pensent, qu'ils ont quand même réussi à survivre dans les difficultés, malgré les ennuis, les situations difficiles à surmonter que leur a imposé la guerre.

Le prénom "Bonheur", avec un pourcentage de 5,00% montre l'image d'une attribution faible de tous les prénoms donnés aux enfants nés durant cette période de guerre civile allant de novembre 1998 à décembre 2000. Très limité dans le temps, ce prénom semble-t-il traduit le Bonheur qu'a dû vivre les parents pendant cette période de guerre, mais une guerre qui ne les a pas touchés, inquiétés physiquement et financièrement. Parmi ces hommes heureux figurent les personnes qui ont été protégées par des différentes milices.

Le prénom "Croyance" avec un pourcentage de 5,83% témoigne la foi, la motivation que les parents géniteurs avaient en leur Dieu. Par ce prénom, nous comprenons que pour certains géniteurs, la foi, la croyance étaient considérées comme une arme capable de défendre l'individu durant tous ces moments difficiles que la plupart des parents ont connus.

Le prénom "Sacrifice" avec un pourcentage de 9,17% révèle les situations qui ont évoqué des conséquences émotionnelles que les parents ont finies par expliquer sur les prénoms de leurs enfants. Certains parents peuvent ou déterminer la réparation avec certains membres de leurs familles, des pertes d'êtres chers, les modifications des conditions financières, sociale, la perte de capacité financière de subvenir aux besoins de la famille, soins médicaux, alimentation saine, peuvent être conçus comme des situations qui sont à l'origine de certains nouveaux prénoms. Ce phénomène qui est bien évidemment lié à la guerre a donné naissance à des prénoms correspondant à leurs vécus de la guerre.

Le prénom "Guervie", avec un pourcentage de 10,83%, sous-tend la multiplicité des problèmes vécus par les parents. Il est constitue comme nous l'avons déjà dit de deux éléments, la guerre et la vie et n'exclu pas l'hypothèse d'un choix concerté entre le père et la mère qui s'appuie sur les situations les plus complexes et les plus horribles qu'ont vécues les deux parents. Les parents géniteurs en attribuant ce prénom à leurs enfants pensent que malgré la guerre, les gens peuvent vivre. Par là, nous confirmons qu'il est un prénom qui a un rapport étroit avec la guerre puisqu'il a fait son apparition en temps de guerre et disparaît en temps de paix.

S'agissant du niveau d'instruction des parents, nous constatons que toutes les fiches examinées montrent que ces derniers sont tous lettrés et ceux qui ont le niveau d'instruction le plus bas se sont arrêtés au primaire avec un pourcentage de 14,17% de la population d'étude. Ces résultats ne nous inquiètent pas tout en sachant que de grands investissements furent faits dans ce domaine pour une scolarisation massive. La République populaire du Congo devenue la République du Congo a atteint par exemple le plus haut pourcentage du taux de scolarisation après les années 1965.

« L'expérience scolaire du Congo retient cependant une certaine attention. D'abord l'enseignement nationalisé depuis 1965 est laïc, gratuit et obligatoire pour tous les enfants de six à seize ans. Ensuite, le Congo est l'un des rares pays en Afrique dont le taux de scolarisation atteigne les 100%. Par ailleurs, l'expérience scolaire au Congo, premier pays d'orientation socialiste au coeur de l'Afrique, a une signification scientifique et politique de premier ordre »20(*).

Le cas des parents qui ont un niveau secondaire et qui ont déclaré leurs enfants représente un pourcentage de 59,17%, sur les fiches enquêtées. Ceci montre que le système éducatif remplissait bien ses fonctions : produire des savoirs, développer des intelligences, former des compétences, donner au niveau du secondaire les capacités d'écrire une langue.

D'autre part nous constatons que l'instruction scolaire était assimilée à un tamis qui sélectionnerait des aptitudes ou des attitudes et le redoublement demeurait élevé surtout pour le collège vers le lycée. Et il faut aussi ajouter que l'explosion démographique a conduit à une implosion scolaire et semble -t-il à une détérioration de la qualité de l'enseignement.

De ces prénoms retenus dans notre échantillon, trois types de prénoms nous reviennent souvent : "Dieu Veille", "Dieu Merci ou Vainqueur", "Ça - Ira". L'ordre dans lequel nous venons de les énumérer dans le tableau tient compte de la persistance dont tel prénom est plus redondant par rapport aux autres. Ceci montre que les types de prénoms qui reviennent beaucoup expliquent la protection, la réussite, la sécurité. Le Congo étant un pays fortement chrétien, nous pensons que ces habitants du Congo qui subissent l'influence des autres types des sociétés ou des églises installées au Congo ont réveillé les consciences des congolais au changement des autres types des prénoms tout en rejetant les vieux prénoms. Cette crise qui éclate en décembre 1998 a provoqué des situations qui ont fait qu'une partie de la population vivent dans les sites, dans les secteurs nord et centre de la capitale, tandis que la grande majorité de cette population est bloquée sans secours à l'intérieur des régions méridionales du Congo : Pool, Bouenza, Lekoumou, Niari, Kouilou forestier.

Les sites de Brazzaville présentaient un nombre pléthorique des déplacés, soit 3 à 4 mille personnes par site. Les hommes et les femmes du troisième âge présentent un état de santé inquiétant.

Plusieurs maladies sont régulièrement rencontrées à chaque poste de santé installé dans chaque site ; la diarrhée, le paludisme, la toux et la grippe étaient présentes partout à cause de la promiscuité du nombre élevé de gens dans les sites ; ces maladies se propageant facilement. Il en est de même pour la toux et la grippe qui se transmettent facilement par un simple contact humain.

Par ailleurs, la distribution de l'aide humanitaire des organisations internationales provoque des polémiques dans les sites, compte tenu du nombre élevé des déplacés et surtout de la longueur du séjour. Cette aide qui au départ était accordée à tous les déplacés, petit à petit ne concerne plus que les plus vulnérables. Mais cette décision est jugée injuste. Pour les parents tous les déplacés connaissent les mêmes difficultés. Même les fonctionnaires sont tombés dans la paupérisation, en raison du manque de salaire depuis plusieurs mois. Le pillage ayant détruit les petits ateliers, provoque la fermeture des magasins, fait disparaître des centaines de petites sociétés de services, les responsables ne recueillant plus rien comme revenus.

Par ces faits, nous pouvons dire que ces prénoms sont considérés comme une influence de la guerre qui a poussé à exprimer leur sentiment de faiblesse devant une situation qui leur a été redondante. Cela montre que l'un des traits le plus fort de ces prénoms c'est le vécu quotidien de la guerre. Ces prénoms sont considérés comme une victoire sur la guerre civile qui leur a permis de se défendre contre le mauvais vent.

La guerre civile qui a secoué les populations sud de Brazzaville a annoncé un véritable renversement au niveau d'attribut des prénoms. Le prénom qui est perçu comme un deuxième élément qui individualise l'être avec précision est devenu le noyau qui explique la vie des parents géniteurs et l'environnement dans lequel évoluent les parents géniteurs. Les parents en prénommant leurs enfants ont mis en place des prénoms secourables (qui portent volontiers secours aux autres, aux enfants), mesurables voire protecteurs, qui peuvent permettre à la personne humaine d'être protégée face aux dangers. Quand il est menacé d'un danger. Le sens et la valeur que les parents attribuent à ces prénoms déterminent des nouvelles situations. C'est en grande partie les circonstances vécues par les parents géniteurs qui font que tel parent prénomme un enfant par "Vainqueur ou Dieu Merci". Mais la plupart des parents géniteurs se détachent de plus en plus des vieux prénoms.

Les nouveaux prénoms qui concernent notre étude sont inscrits dans un contexte de la guerre civile qui change de temps en temps. Et cela a fait que certains parents géniteurs découvrent une autre réalité qui leur a permis de prénommer leurs enfants en prenant une décision consciente sur le choix redondant de leur vécu de guerre civile.

Ce changement qui a eu lieu pendant la guerre a provoqué des conséquences émotionnelles qui déterminent ou expliquent certains troubles subits, certaines agitations passagères ou persistantes causées par la guerre ou par un sentiment vif de peur.

Plusieurs raisons ou facteurs peuvent expliquer la forte montée des prénoms observés pendant la période de crise dans notre société. Ces raisons ou facteurs sont :

Le prénom "Sacrifice" avec un pourcentage de 9,17% révèle que les parents ont paye un lourd tribut a la guerre. Ce lourd tribut est constitue de pertes d'êtres chers, des pertes en bien matériel et argent vole pendant la guerre. La brutale et inattendue séparation avec les membres de la famille, la perte des êtres chers, la perte de soutien communautaire ou clanique, la perte des ressources financières destinées a subvenir aux besoins de la famille, les soins médicaux, a l'alimentation saine et équilibrée plongent dans le désespoir les citoyens pris de la tourmente de la guerre.

Aux maux susmentionnés, s'ajoutent d'autres difficultés, à savoir :

- L'impossibilité d'avoir un emploi rémunéré pendant la guerre civile ;

- Le fait de dépendre sur le plan alimentaire de l'aide d'une famille hôte et peu fortunée ;

- Le changement non souhaité des habitudes alimentaires ;

- Les viols ;

- Les menaces voire les sévices exercés par les hommes en armes sur les femmes et les hommes non armés ; etc.

A tout cela, s'ajoutent le désespoir, le sentiment d'être inutile dans la vie, l'absence de motivation, la haine, le désir de vengeance, la colère et les autres dits négatifs.

Certains prénoms révélateurs par le message peuvent raconter le drame qu'à du vivre les parents pendant leur vie de crise dans les camps, sites ou pendant qu'ils attendaient leur rapatriement soit de Kinshasa pour Brazzaville ou de la région du Pool pour Brazzaville.

Les travaux forcés pendant les moments difficiles successifs de la guerre civile ont donné aux parents géniteurs le réflexe de prénommer leurs enfants tout en tenant compte des aléas de la guerre civile. En prénommant les enfants ainsi, certains parents géniteurs se déclaraient dépassés ou insatisfaits d'un certain nombre des faits vécus pendant la guerre civile.

Plusieurs prénoms issus de la guerre ont en commun un même point de ressemblance, cela peut s'expliquer par le fait que peut-être ces parents géniteurs ont eu à affronter les mêmes types de situations pendant les événements, souvent ces genres des problèmes sont généralement définis par les prénoms qu'ils ont donnés à leurs enfants. La peur de parler en public peut aussi être un fait qui les a poussé à donner ces genres des prénoms aux enfants. Bon nombre des parents géniteurs ont vécu dans la peur de commettre des erreurs qui risqueraient de les exposer aux miliciens.

Ces prénoms attribués par les parents à leurs enfants nés pendant la guerre civile portent sur l'évolution de la crise politique, économique et sociale, le message qu'exprime un prénom, son son, les références qu'il apporte prennent en compte les changements significatifs qu'apporte la guerre civile. L'apparition ou le renouvellement de certains prénoms témoignent un moment de changement politique, économique et social.

Beaucoup des prénoms sembleraient exprimer un message de gloire au Seigneur pour les avoir sauvegardés pendant la guerre civile. L'image des prénoms montre son évolution dans un sens égalitaire, et le message que témoigne la reconnaissance des faits de la guerre.

Cependant, la guerre civile vécue par les parents est considérée comme un canevas dans la mesure où elle met en évidence les conditions sociales économiques, politiques, religieuses, idéologiques qui influent sur le choix des prénoms des leurs enfants. Ces prénoms donnés aux enfants pendant la guerre civile de décembre 1998 à novembre 2000 montrent les passions recherchées par les parents géniteurs mais très limités dans le temps. Cette étude portée sur l'ensemble des prénoms pouvait s'avérer informateur des faits vécus par les parents pendant la guerre civile de décembre 1998 a novembre 2000. Ces prénoms qui marquent les clivages, les affrontements des belligérants, dans un contexte socio politique économique difficile, ont pris le dessus au cours de la période de guerre concernée sur les vieux prénoms chrétiens. Ces prénoms d'une manière générale expliquent la réalité vécus par les parents pendant la guerre. La progression de ces prénoms devient constante et assez redondante tout au long de la guerre civile.

Cette étude met en évidence les mécanismes d'attribution des prénoms au cours de la guerre de la guerre civile. Certains prénoms comme "Ça - Ira" font des apparitions nouvelles utilisées comme véritables innovations et présentent des explications beaucoup plus liées aux faits vécus de la guerre. Ainsi on voit disparaître les prénoms comme serge, Aubin, des prénoms beaucoup plus empruntés aux personnages qui sont modèles dans les sociétés occidentales.

Il faudrait aussi ajouter, qu'il y a la disparition des prénoms masculins et féminins existant par des simples rajouts d'un suffixe (ie, ine, ette).Ainsi s'accroît les prénoms Dieu-Sauve, Guervie, Sauve moi et même dieu Vie, l'exemple des prénoms apparus sont étranges, ils présentent l'image d'un phénomène vécu qui fait la différence de ces prénoms.

La résurgence de certains prénoms est liée à des phénomènes religieux ou des modes, l'attribution de certains prénoms tend à se raréfier, tel est le cas des prénoms comme Sandrine, Evelyne.

La forme, le nombre des prénoms connaissent un changement important. On observe tout d'abord la multiplication des prénoms qui s'expliquent par l'adhésion d'un goût nouveau.

II. 2. Données qualitatives relatives au rapport des prénoms des enfants sur les

Événements vécus

Sur 100% des parents enquêtés pendant le mois de décembre 1998, 16% seulement des parents ont respectivement prénommé leurs enfants par "Consolât ou Shaloom" et "Guervie". Ces prénoms, en les analysant, marquent le commencement d'un nouveau système de prénommer, ils montrent non seulement l'apparition du nouveau système mais aussi le commencement de certains faits vécus par les parents pendant la guerre. Ces mêmes prénoms montrent aussi l'origine des situations que pouvaient vivre les parents géniteurs ; le plus important pour les parents géniteurs c'est de définir les situations fragiles vécues à travers les prénoms qu'ils attribuent à leurs enfants. Ajoutons à cela le fort mouvement des populations déplacées, la faiblesse du développement socio économique, la médiocrité des infrastructures et le taux de mortalité élevé chez les parents.

Pour le cas des enfants nés pendant le mois d'avril 1998, nous avons un pourcentage de 5,00% des parents ayant donné les prénoms "Ça - Ira, Croyance" à leurs nouveaux nés, cela peut s'expliquer par le fait que les parents géniteurs en prénommant leurs enfants choisissent les prénoms en fonction des situations indésirables et désirables qu'ils ont vécus. Ainsi, un parent qui se trouve dans l'impossibilité de trouver de la nourriture pour sa petite famille vit mal cette situation qu'il peut assimiler à une volonté de Dieu qui le pousse à plus de foi, à plus d'effort pour surmonter cette difficulté. D'où les prénoms de "Ça - Ira Croyance" qui sous-tendent l'espoir, le désir, l'obligation de raffermir la foi en Dieu. Certains parents ont aujourd'hui la possibilité et le loisir d'attribuer les prénoms à leurs enfants en tenant compte des situations désagréables qu'ils ont connues durant la guerre. Certains prénoms comme Croyance peut expliquer la dégradation de la situation sociale des parents qui restent au centre des préoccupations de l'attribution des prénoms de leurs enfants. Pour les parents, ils doivent affronter les problèmes sociaux économiques et environnementaux qui se posent pendant et avant la période qui leur a permis de prénommer leurs enfants. C'est ainsi A. R. LAURENTIN écrit : « on a découvert que le nom de personne pourrait être lié au statut de l'individu. Quand la personne change de statut, elle modifie des relations sociales et le système d'appellation change en même temps »21(*) .

Une certaine catégorie des prénoms comme "Dieu Merci ou Vainqueur" s'accompagne d'une pression psychologique, d'éclatement des familles, jointe à la confrontation des modes de vie extrêmement différents d'avant la guerre qui modifie les comportements des parents biologiques.

L'attribution d'une catégorie des prénoms dépend de nombreux facteurs. Parmi ces facteurs nous citerons : les conditions socio économiques, les idées arrêtées, la manière de penser des parents ont une importante nécessité dans leur vécu de la guerre. On constate l'apparition des plusieurs types de prénoms pendant cette guerre. Dans ce même moment de la guerre, nous avons constaté l'évolution de la pensée des parents qui ont prénommé leurs enfants pendant la guerre.

Plusieurs situations vécues par les parents résultent d'un phénomène dramatique de la guerre, ces situations sont définies comme des situations engendrées par l'homme ; les causes de ces nouveaux prénoms découlent de la guerre civile qui provoque l'excitation du système de pensée des parents à vouloir donner ces genres des prénoms.

Donné un prénom à un enfant peut ou ne pas répondre à un certain nombre de critères. Une fois les deux parents réunis peuvent inclure un certain nombre des faits vécus, ces faits peuvent être intéressants ou desintéressants, nous croyons cependant que le choix fait par les parents permet d'éclairer certaines questions du passé ou du présent. L'évolution de la personne est influencée par son prénom qui l'approfondit, qui est le noyau de la personne, le principe même de son être et de son agir.

Le prénom est considéré comme un médiateur entre l'enfant, les parents et la guerre civile, cette dernière ayant suscité ce prénom.

Les anciens prénoms comme Albert et Michel sont considérés aujourd'hui par les parents des prénoms qui relatent pas leur vécu de la guerre, il se crée une rupture entre les anciens prénoms (Albert, Michel, Paul) et les nouveaux prénoms (Dieu - Sauve, Consolat). Il y a absence de continuité entre les prénoms issus du calendrier et des nouveaux prénoms issus de la guerre. D'abord, les prénoms suscités par le vécu de la guerre sont vécus comme des tempêtes dans lesquelles se sont trouvés les parents et ces tempêtes ont marqué le vécu des parents dans leurs mémoires. Et en se référant aux prénoms qu'ils ont donnés, les parents se souviennent des douleurs et d'humiliations, si nous revenons sur ces faits, c'est dans le but de nous situer par rapport aux tendances actuelles. Notre perspective est aussi celle de saisir les différences qui existent entre les anciens prénoms et les nouveaux en tenant compte des conditions de vie des parents géniteurs durant la guerre. Ces conditions définissent en un mot la situation qui a permis aux parents de prénommer leurs enfants comme tel.

Certains prénoms donnés aux enfants pendant la guerre correspondent à des situations qui prennent à un moment donné une place prépondérante. Ils sont déterminés par l'évolution de l'homme, la conception qu'une société se fait de la vie et de leurs rapports réciproques. Les prénoms donnés aux enfants nés dépendent non seulement des parents, mais aussi des situations conquises ou acquises par les parents.

Tout prénom est composé d'un fond, c'est-à-dire d'un espace vital qui différencie un prénom d'un autre. Cette différenciation entraîne des grandes différences dans la manière de prénommer les enfants, la variation de certaines conditions peut être un élément qui fait que chacun des parents géniteurs ait deux explications différentes des deux prénoms. Nous comprenons aisément que le fait de ne pas vivre les mêmes faits a permis aux parents d'interpréter ces prénoms de différentes manières.

Par le message que peut exprimer un prénom, nous comprenons que les parents détiennent une connaissance personnelle des prénoms que portent les enfants. On est, dans de très nombreux cas, tenté de croire que les parents géniteurs remarquaient très vite la présence des phénomènes étrangers et se sont servis de ce phénomène pour en faire les prénoms de leurs enfants. Apparemment nous comprenons que ce sont les faits vécus pendant la guerre qui leurs poussent de prénommer leurs enfants ainsi. Ces prénoms correspondent avec certaines réactions de la guerre. Ils constituent une sphère de fonction considérée comme schème qui est à l'origine de ces prénoms. A l'instar du nom, le prénom fait partie de l'être humain. Il agit de plusieurs manières qui sont la personnalité de l'homme, c'est-à-dire sur la dynamique, sur le développement et sur les motivations de la personne qui le porte.

Le canevas que nous suivons dans le choix des différents prénoms est le suivant : d'abord le prénom n'est pas seulement une théorie partielle, mais bien une conception d'ensemble qui va agir dans l'enfant, ensuite il présente un message relativement élaboré. En effet, le message qui explique un prénom n'est pas seulement une spéculation mais un message bien réfléchi par les parents géniteurs. Certains prénoms obligent les porteurs à répondre aux exigences de leurs prénoms. A titre d'exemple la personne qui porte le prénom ça - ira doit s'efforcer, dans le souci d'honorer la signification profonde de l'expression ça - ira, de lutter contre toutes les difficultés qu'il va rencontrer le long de sa vie à savoir : travailler durement afin d'avoir un bon standing de vie ; se faire soigner par des bons médecins pour se maintenir en bonne santé ; assurer une bonne éducation et une bonne instruction scolaire et universitaire à ces enfants afin d'avoir une retraite paisible et digne d'un père de famille ; l'enfant étant en Afrique une sorte de sécurité sociale des parents vieillissants, le porteur du prénom doit faire aller sa vie de l'avant à l'image du message de la dynamique qu'incarne le ça - ira. Ainsi, dans le cas du prénom ça - ira, il existe deux façons de l'écrire : Ça - Ira et Sayira. Les deux voulant dire, sans tenir compte de l'orthographe, les choses iront mieux. C'est pour cela que les parents géniteurs prénomment en tenant compte des traits, des caractères qui animent la naissance d'un nouveau -né. A l'époque du Zaïre, Clémentine (F. Nzuzi Madiya) fut la remarque suivante : « En 1928, quand le Roi Albert Ier arriva au Congo Belge (actuel Zaïre), il avait une raie dans les cheveux. Tout de suite cette coiffure fut adoptée par des autochtones, surtout les Baluba qui la baptisèrent alubê. Albert, prénom chrétien devenait ainsi, par métonymie, un nom commun désignant « la raie ». Peu à peu, certaines personnes qui se coiffaient en traçant une raie dans leurs cheveux eurent comme surnom Alubê »22(*).

Le prénom devient presque pour la personne qui le porte un devoir. Son ambition, sa soif de puissance et de supériorité s'associent pleinement, s'identifient même à l'obligation des exigences du prénom. Certains prénoms possedent des privilèges. A cet effet, d'une part, ils cherchent toujours à se distinguer de leurs orthographes, traits de caractère qui impose en eux la violence vis à vis de leur entourage. Ces hommes qui portent des prénoms qui expliquent la violence n'exploite que sans frein le message qu'explique son prénom puisque la personne est évaluée d'après son prénom dans l'imaginaire collectif de l'influence sur la conduite, le comportement social du porteur.

Le prénom dans certaines circonstances peut subir un trouble qui risquerait de se coller à l'enfant tout le long de sa vie, beaucoup des prénoms aujourd'hui pense t'on comportent les stigmates des faits vécus par les parents ; le fait pouvant être une humiliation faite par les beaux-parents à l'égard de leur beau-fils en lui inculquant certains faits d'infériorité.

Le prénom de la personne inspire une certaine modestie, car elle enseigne une tache considérable concernant l'humanité. Il permet à l'homme de disposer de plus de connaissance de la vie. Le point le plus important du prénom reste le point de contact entre l'homme et la cohésion qu'il y a entre la personne et le prénom qui agit dans la personne voire même au sein du groupe le plus restreint, celui de la famille.

Certaines personnes porteurs des bons prénoms mènent une vie difficile parce qu'ils ont semble-t-il une mauvaise connaissance du sens profond de leurs prénoms - ce sens qui devrait leur porter la chance ou la réussite sociale. La représentation sociale que les Congolais se font sur les prénoms qualifiés de mauvais nous apprend que ces prénoms sont porteurs de mal chance et perturbe la vie de leur porteur. Du reste ces prénoms ont tendance à disparaître de nos jours, eu égard au fait qu'ils exposent au danger les porteurs de ces prénoms. Le prénom forme un individu, son but se forme déjà pendant les premiers mois de sa vie car un rôle est déjà joué par le son auquel l'enfant répond.

Donner un prénom à un enfant n'est pas un fait qui ne se limite pas seulement au niveau de la famille, mais il peut aussi s'étendre au niveau des relations que les parents entretiennent dans la société. Les liens que les parents entretiennent avec certains individus dans la société ont une grande importance, aussi bien que les rôles que certains individus occupent les uns par rapport aux autres.

Certains prénoms choisis par les parents au profit de leurs enfants révèlent sans doute des situations conflictuelles. Ce qui frappe surtout c'est la violence qui est vécue au quotidien du fait de la guerre. En raison de cette violence, les parents géniteurs établissent entre la guerre civile et eux-mêmes, un lien dont la responsabilité est le plus souvent attribuée à la guerre civile.

Toutes difficultés confrontées par les parents, qu'il s'agisse des difficultés intervenant dans les rapports entre parents (épouse et mari) ou des critiques formulées à leur égard. Le prénom que porte un enfant, peut déterminer le rôle, le statut, la personnalité des parents pendant la guerre civile.

Les autres prénoms déterminent les réponses des parents suite à des multiples interrogations, ces réponses peuvent être plus ou moins clairement perçues comme des contraintes qui s'exercent sur lui et des motivations personnelles. Ces interrogations peuvent expliquer avec insatisfaction, avec réticence ou même contestation selon les circonstances, les situations des parents.

Un nombre non négligeables des prénoms expliquent la situation qu'affrontent les parents lors de la naissance de l'enfant. Cette situation étant souvent liée aux conditions dans les quelles naît l'enfant le jour de sa venue au monde : accouchement difficile ou facile, accouchement sans assistance médicale, etc. Il est bien clair, par exemple que le fait de rester sans argent pendant beaucoup des jours peut être un fait qui influence explicitement le prénom que les parents donnent à l'enfant.

La situation des parents est définie par le prénom de leurs enfants puisqu'il détermine le mode de vie des parents, voire leur statut social. Il reste le principal facteur capable de détailler la vie des parents pendant la naissance. MBALA OWONO pense que : « Le nouveau-né était un ancêtre véritablement réincarné venu parer à un danger qui menace la famille, voire ce qui se passe parmi les descendants ou encore renaître parent tout simplement »23(*).

L'image que les parents se font du prénom peut ou ne pas être contraire de l'image que les hommes se font de ces prénoms, la façon dont sont établis et vécus ses rapports avec d'autres individus. Certains parents en donnant les prénoms à leurs enfants expliquent une genèse des images vécues, ses rapports avec d'autres individus dans la société, d'où l'influence de la crise socio politique sur les prénoms que nous allons aborder dans notre travail.

II.3. Influence de la crise sociopolitique sur le prénom

II.3.1. Effet de la crise sociopolitique sur les prénoms

Les types de prénoms donnés aux enfants pendant la crise sociopolitique ont connu un véritable succès de la part des parents géniteurs. Dans le temps, les filles comme les garçons ont reçu les mêmes prénoms qui ont des fortes connotations de crise. Il est important de soulever que ces types de prénoms présentent des différences importantes en les comparant à ceux des enfants nés avant la crise socio politique. Ces prénoms donnés aux enfants pendant la crise sont nombreux. Ces prénoms diffèrent des prénoms aux quels nous étions habitués avant la crise sociopolitique concernée, d'où leur caractère des prénoms rares avec leur aspects particuliers au sein de la société congolaise d'aujourd'hui. Ces effets qui influencent la vie, le choix des parents pour prénommer leurs enfants s'expliquent par le contexte marqué par les situations tendues de la guerre. La plupart des parents ayant vécu la guerre attribuaient à leurs enfants des prénoms qui expliquaient leurs vécus de guerre. Plusieurs parents observaient des phénomènes lors de la guerre et reproduisaient cela en un prénom. Nous pouvons donc qualifier ce phénomène comme une réalité, un fait lié à la guerre. Ces réalités ont poussé les parents à concevoir et à élaborer des multiples prénoms qui sont peut-être le fruit d'un choix concerté, entre le père et la mère de l'enfant né pendant cette période de guerre ; choix répondant à des situations plus complexe voire plus ou moins dramatiques qu'ils ont vécues, connues pendant la guerre. Du reste, la plupart de ces prénoms sont considérés comme nouveaux dans notre pays. Ces nouveaux prénoms qui viennent d'élargir la liste des prénoms dans notre pays témoignent d'un grand dynamisme. En effet, loin de s'arrêter aux enfants nés pendant la guerre, ces prénoms commencent à être donnés à des enfants nés durant la période post guerre et ceci de manière continue comme pour éveiller la conscience des parents qui n'ont pas vécu la période mais qui souhaiteraient ne pas voir à nouveau le pays sombré dans une période de guerre à répétition. Ces prénoms issus des différents événements malencontreux vécus pendant la guerre interpellent la société congolaise sur les conséquences néfastes des guerres. C'est la raison pour laquelle le prénom "Dieu Merci" donné à un enfant né en période de paix peut vouloir signifier Dieu merci que cet enfant soit né en période de paix et que la guerre ne revienne plus. Même si les anciens prénoms existent encore, ils ne sont plus abondamment attribués aux nouveaux nés de nos jours. Le choix des prénoms pendant la crise a occasionné beaucoup plus l'expression aux parents d'expliquer les faits vécus. D'où la nécessité d'aborder les enjeux des prénoms liés à la crise sociopolitiques qui est à l'origine de la guerre de décembre 1998 à novembre 2000.

II.3.2. Les enjeux des prénoms liés à la crise sociopolitique

Les prénoms attribués aux enfants nés de décembre 1998 à novembre 2000 nous autorisent à entreprendre une analyse sociologique de l'état de la situation sociopolitique comme vécu par les parents géniteurs. La prise de conscience de la crise sociopolitique par les parents géniteurs a donné naissance à des enjeux sur les prénoms donnés aux enfants nés durant cette période. Les situations de rupture des stocks alimentaires, des famines, de longues marches à travers les savanes et les forêts, de manque d'eau potable, de manque d'abris appropriés et des crises sociopolitiques persistantes sont des facteurs qui ont influencés l'imaginaire des parents à donner des prénoms spécifiques rares et nouveaux aux enfants nés pendant cette guerre civile. La plupart de ces prénoms sont attribués aux enfants de tout sexe confondu. Les parents géniteurs contre toute attente accordent une importance capitale à ces prénoms qui vont leur servir peut-être de souvenir de différents drames et moments difficiles qu'ils auront vécus, rencontrés durant la guerre. Ces prénoms présentent les significations les diverses en terme de difficultés rencontrées sur le terrain. Ces difficultés ont semble-t-il permis aux parents géniteurs franchir une nouvelle étape de leurs vies d'errants par monts évallées, savanes boisées et forêts épaisses, nouvelles étapes qui les amènent à concevoir les nouveaux prénoms faisant appel pour la plupart à la bonté de Dieu en vue de demander à ce dernier de le protéger des affres de la guerre et en un mot, de les mettre à l'abri de la mort.

La plupart de ces prénoms attirent l'attention du chercheur sociologue pour les études concernant le message qu'incarnent, qu'expriment ces nouveaux prénoms. La plupart de ces prénoms constituent à notre humble avis une véritable page d'histoire des faits vécus en spectateurs anxieux et soucieux de leurs vies par les parents géniteurs durant la guerre civile.

L'étude relative de l'attribution aux nouveaux nés des prénoms issus de la crise sociopolitique nous offre la possibilité de bien comprendre le bien fondé de ces prénoms qui ont parfois un caractère fantaisiste aux yeux du monde dit civilisé ou des intellectuels formés à l'école européenne. A titre d'exemple, l'enfant portant le prénom "Ça - ira" devenu adolescent, pourra être en but à la moquerie des gens au sein de son école ou de ces groupes de jeunesses. Les parents géniteurs n'ont pas vu ce dernier aspect du problème, c'est-à-dire l'aspect concernant la consonance du nom (nom au consonance harmonieuse), l'élégance du nom, etc. Leurs préoccupations étaient beaucoup plus d'ordre spirituel, à savoir : adresser des prières à Dieu, demander à Dieu de sauver leurs vies, la vie de leurs enfants existants et se trouvant à leurs côtés et la vie de l'enfant en gestation dans le ventre de sa mère, c'est-à-dire l'enfant qui va naître et qui va recevoir un prénom spécifique d'inspiration quasi divine. Ces genres de prénoms qui ont un rapport avec la crise sociopolitique ont été donnés à beaucoup d'enfants nés durant cette période ; les anciens prénoms, c'est-à-dire les prénoms les plus courants dans la société congolaise d'avant les différentes guerres civiles qu'a connu notre pays ont été mis de côté ; les parents géniteurs n'hésitant pas dans le cadre de l'attribution de ces nouveaux prénoms de prendre en compte des comportements limités dans le temps. Entre autre comportement, nous citerons le comportement des miliciens vis-à-vis des "mabonza" ou droit de péage aux endroits où les miliciens ont érigé des barricades, comportement des miliciens vis-à-vis des filles et des mères de familles, comportement se terminant souvent par des viols en pleine guerre civile.

Notre étude a fait aussi l'objet d'une analyse comparative sur le message que peut exprimer un prénom. L'analyse des résultats de notre enquête sur le terrain nous révèle que les prénoms issus des événements qu'ont vécus pendant la crise sociopolitique ont pour principal message l'attachement en Dieu et les difficultés rencontrées par les parents. Ces prénoms expliquent un message religieux. Cette crise a poussé les parents géniteurs de s'écarter des prénoms qui n'expliquent pas les valeurs religieuses parce que ces prénoms au regard de leur imaginaire exposent l'être humain aux dangers de la guerre en particulier et de tout danger en général. Les parents géniteurs les plus optimistes ont fait de ces prénoms un véritable outil qui leur permet de fixer à jamais dans leur mémoire la page d'histoire qu'ils ont vécue durant les jours et les nuits qu'ils ont passées hors de leurs lieux d'habitations habituelles pendant la crise sociopolitique. C'est aussi un véritable moyen de pérenniser et d'intérioriser cette histoire en vue de combattre toute à venir de cette attitude de chrétien qui refuse la guerre est une marque de reconnaissance de Dieu qui la protège avec ses enfants et sa femme de la mort durant la guerre. La seule réponse, le seul engagement qu'il peut honnêtement donner à Dieu c'est de refuser ou de participer à l'avènement de toute autre guerre et les prénoms qu'ils ont donné à leurs enfants portent bon gré mal gré cet engagement vis-à-vis de Dieu qui donne à ces prénoms la force de Dieu ou mieux sa volonté qui protège, qui assure la protection des enfants à qui on a donné ces prénoms qui ont en quelques sortes un caractère sacré.

Conclusion

De cette étude portant sur l'attribution des prénoms nouveaux en République du Congo : Cas des enfants nés au cours de la guerre civile de décembre 1998 à novembre 2000 déclarés sur les registres de naissance de la mairie de Makélékélé, nous nous sommes posés la question suivante : Pourquoi les parents ont-ils attribué à leurs enfants les prénoms relatifs aux événements vécus ?

Nous avons retenu comme hypothèse L'attribution du prénom à un nouveau né n'est jamais un fait au hasard pour la simple raison parce que les parents tiennent compte d'une réalité vécue. La guerre dans le présent cas a influencé la décision des parents d'inventer des nouveaux prénoms de leurs enfants.

Les parents en attribuant les nouveaux prénoms à leurs propres enfants impliquaient des modifications qui surgissaient au niveau du vécu quotidien qui divergeait sur l'ampleur et sur la caractérisation des mutations.

De façon très classique, ces prénoms renvoient à une rupture religieuse, culturelle, politique et économique.

Ces prénoms qui font partie intégrante de notre personnalité, exercent une influence considérable sur le comportement, le mode de pensée, la manière de vivre. Ces prénoms permettent de mesurer la pénétration des nouvelles valeurs, ils sont comme témoin de la réalité vécue par les parents géniteurs. Bien qu'ils sont inscrits dans une période bien définie, ces prénoms éclairent certains comportements familiaux.

De cette exploration sociologique, nous avons pu saisir le but, l'objectif des parents voulant par là, reexpliquer leurs situations en insérant des nouvelles valeurs sur le devenir de leurs enfants. Ces prénoms bien qu'ils définissent les conditions de leurs parents, ils sont aussi perçus comme l'unique voie qui permet de retracer les situations qu'ils ont vécues pendant la guerre civile.

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Annexe

Différents prénoms attribués aux enfants nés à partir de décembre 1998 à novembre 2000.

- Gloirmavie

- Justavie

- Sayira

- Sauveur

- Apprécia

- Franche Christmas

- Royale

- Consolés

- Trinités

- Bel-Ange

- J'assume

- Prévoyance

- Sacrifice

- Merci

- Christ

- Charlemagne

- Dur-savit

- Lavie

- Christ Amour

- Admirable

- Généreux

- Dieu le veut

- Dieu bénit

- Guervie

- Sincère

- Christ mérite

- Christ m'aide

- J'adore

- Espoir

- Dieuverra

- Amen

- Christrègne

- Bien

- Obéissant

- Dieuvie

- Consolat

- Rabbie

- Christady

- Concorde

- Tendresse

- Louange

- Mon Désir

- Genèse

- Persévérance

- Dieu a donné

- Dieu veille

- Seigneura

- Messie

- Dieu-me-l'aquie

- Vainqueur

- Privilège

- Beni-sois-tu

- Bienheureuse

- Shaloom

- Bontés

- Jesavais

- Bonheur

- Juge

- Dieu merci

- Christ veille

- Bénidieu

- Mavie

- Donna

- Dieu Grace

- Harmonie

- Saviendra

- Bienfaite

- Exploivie

Fiche de collectes des données

Acte N°

Déclaré le :

Identification

Sexe :

Né le :

Heure :

A :

Prénom (s) :

Situation des parents

Né le :

A :

Nationalité :

Profession :

Niveau d'instruction :

Et de

Née le :

A :

Nationalité :

Profession :

Niveau d'instruction :

Table de matière

Dédicace 3

Remerciements 4

Sommaire 5

Introduction 6

Première Partie: Présentation générale de l'étude :

Anthroponymie congolaise 13

Section I : Le prénom dans la société congolaise 14

I. 1. Le nom 15

I.1.1. Attribution du nom de l'enfant par ses géniteurs 15

I.1.2. Le nom en rapport avec la santé 16

I.1.3. Les conséquences désastreuses que peut engendrer un nom 19

I.2. Description du prénom 20

I.2.1. Les prénoms mixtes 21

I.2.2. Rôle et importance du prénom 22

I.2.3. Nouvelle image du prénom 22

Section II : Modalités de la prénomination 24

II.1. Contraintes socio -culturelles 25

II.1.1. Le calendrier comme référence 25

II.1.2. L'entente comme obligation 26

II.1.3. L'influence des prénoms chrétiens 26

II.1.4. L'influence des rapports de familles sur les nouveaux prénoms des enfants 27

II.2. Le prénom dans l'imaginaire de la société congolaise d'aujourd'hui 29

II.2.1. Le prénom vu par les habitants 30

II.2.2. L'incidence du mauvais prénom 31

II.2.3. Le nombre des prénoms 33

Deuxième Partie: Présentation des résultats de l'enquête -

l'analyse et interprétation des données 35

Section I. Présentation des résultats de l'enquête 36

I.1. Population d'étude 36

I.2. Données quantitatives sur le rapport des prénoms

des enfants et les événements connus 40

Section II : Analyse et interprétation des données 45

II.1. Données qualitatives relatives à la population d'étude 45

II.2. Données qualitatives relatives au rapport des prénoms

des enfants sur les événements vécus 52

II.3. Influence de la crise sociopolitique sur le prénom 58

II.3.1. Effet de la crise sociopolitique sur la prénomination 58

II.3.2. Les enjeux d'une prénomination liée à la crise sociopolitique 59

Conclusion 62

Bibliographie 69

Annexe 67

Table de matière 70

* 1 Suzan ASCH : L'Eglise du prophète Kimbangu, Karthala, 1983, P.18.

* 2 Matondo (K.T.), 2006, les façades des églises annonces, IIIè Colloque de sociologie sur les églises et la société congolaise d'aujourd'hui du 08 au 11 février 2006.

* 3 Semaine africaine n°2190 du jeudi 21 janvier 1999.

* 4 J. C. Kauffman, 2001, Ego, Pour une sociologie de l'individu, Paris, Karthala, p117.

* 5 Interview accordée par le maire de l'arrondissement 1 de Brazzaville : La lettre de Brazzaville, le magazine d'une ville en action, n°005, 2005, P. 20.

* 6 Le PETIT-ROBERT DES NOMS PROPRES, Dictionnaire illustré : Arts, littératures, histoire, géographie, sciences, techniques, mythologies, religions, philosophies, éd. 1998. P. 1850.

* 7 Le Grand robert de la langue francaise, éd. Dictionnaire Le Robert-Paris 2001, TOME 4. PP. 1945-1949.

* 8 Pascal Makambila, 1976, Croyances et Pratiques magiques des Kongo - Lari de la République populaire du Congo: « Kindoki », thèse pour le doctorat 3ème cycle d'ethnologie, Bordeaux, Université de Bordeaux II.

* 9 Convention relative aux droits de l'enfant adoptée par l'assemblée générale des nations unies le 20 novembre 1989, P. 3.

* 10 NZETE (P.), Le système d'appellation des personnes au Congo: Tradition et évolution, revue universitaire n°8.

* 11 A. Retel LAURENTIN et S. HORVATH : Les noms de naissances, indicateurs de la situation familiale et sociale en Afrique noire, Selaf, Paris, 1972, P. 18.

* 12 MAKAMBILA (P), 2006, Séminaire de sociologie des religions, maîtrise, UMNG, Brazzaville.

* 13 Marie-Claude FELTES-STRIGLER, 2002, Parlons NAVAJO, l'Harmattan, Paris, PP 74-77.

* 14 Clémentine FAIK NZUZI-MADIYA : La revue des sciences sociales n°7 (juillet - septembre 1986), Persistance des noms d'origines étrangères dans l'anthroponomie luba, P. 107,

* 15 Gilbert Durand : Structure anthropologique de l'imaginaire : introduction à l'archétypologie, Paris, Bordas, 1979, P. 11.

* 16 CLAVER P. L'espace en géographie humaine, le géographe canadien, vol 14, 1970, P. 110.

* 17 J. P. LETHUILLIER : `'Prénoms et révolution, enquêtes sur le corpus falaisien, Annales de Normandie, 1989, n°4, P. 413.

* 18 Syinyama - Badimbanga : La thématique du port du nom chez les luba - bantu du Kassaï (Zaïre), Africa, n°4, décembre 1975, P. 542.

* 19 Le Robert, Dictionnaire de Sociologie, Seuil 1999, P. 184.

* 20 Prosper NGAKEGNI : Problèmes actuels d'éducation en République populaire du Congo, P. 10, éditions Bantoues.

* 21 A. R. LAURENTIN : Le nom de naissance, indicateurs de la situation familiale et sociale en Afrique noire, Sclaf, Paris 1972, P. 17.

* 22 Clémentine FAIK - NZUZI - MADIYA : La Revue des sciences sociales n°7 du juillet - septembre 1986. (Persistance des noms d'origine étrangère dans l'anthroponymie luba), Consolât Catholique de Lovain, P. 109

* 23 MBALA OWONO : « L'éducation des Betti » in renaud Santerre et Cecile Mercier la quête du savoir, essai pour une anthropologie de l'éducation camerounaise, tremblay, Presses de l'université Montréal, 1982.






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"Qui vit sans folie n'est pas si sage qu'il croit."   La Rochefoucault