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Effet des politiques agricoles sur l'offre et le revenu des céréaliculteurs. Cas de la zone de Khenchela (Algérie)

( Télécharger le fichier original )
par Lamine MERABET
Ecole nationale supérieure agronomique Alger - Ingénieur d'état en agronomie 2011
Dans la categorie: Sciences
  

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République Algérienne Démocratique et Populaire

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Ministère de l'Enseignement Supérieur et de la Recherche Scientifique
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ÉCOLE NATIONALE SUPÉRIEURE AGRONOMIQUE EL-HARRACH-ALGER -

Mémoire

En vue de l'obtention du diplôme d'ingénieur d'État en Agronomie
Département : Économie rurale
Spécialité : Développement Agricole et Rural.
Option : Développement Agricole et Rural Régional.

Thème :

Effet des politiques agricoles sur l'offre et les revenus

des céréaliculteurs.

Cas de la zone sud de Khenchela.

Présenté par : Mr. MERABET Lamine. Soutenu le : 29/09/2011.

Jury:

President : Mr. OMARI C.

Promoteur : Mr. HADDOUCHE B.

Examinateurs : Mr. BENMEBAREK A.

Mr. KACI A.

Remerciements

Je tiens avant tout à remercier Le miséricordieux tout puissant, car
sans son aide et sa bienveillance, rien de cela n'aura pu être pos-

sible.

Je tiens aussi, à exprimer ma gratitude, à Mr. HADDOUCHE
Brahim, mon promoteur, pour avoir accepté de diriger ce travail,
pour ses précieux conseils, et surtout pour son soutien tout le long
de mon travail.

Je remercie également, Mr. OMARI ,Chérif de m'avoir fait

l'honneur de présider mon jury.

Je remercie aussi, Mr, BENMEBAREK A bd El Madjid et Mr,
KACI Ahcen pour avoir accepté d'examiner mon travail, et defaire
partie de mon jury.

Un grand remerciement à Mr. TRIA Miloud pour son aide et ses
orientations

Mes remerciements vont aussi à Melle LEKMINI Amel-
Ingénieur d'État en agronomie

Et à l'ensemble du personnel du groupe de la DSA de Khenchela.

Un grand merci à toutes personnes qui ont bien voulu répondre à
mes questions dans le cadre de mes enquêtes, je pense particulière-

ment au personnel de la CCLS de Khenchela.

Je tien à remercier aussi Mr AITOUARAB, responsable du service
des statistiques au niveau du Ministère de l'Agriculture.

Tableau des matières

Page

INTRODUCTION GÉNÉRALE 1

I. PROBLÉMATIQUE ET JUSTIFICATION DU SUJET DE RECHERCHE 2

II. HYPOTHÈSES DE TRAVAIL 3

PREMIÈRE PARTIE : POLITIQUE AGRICOLE ET CÉRÉALICULTURE AU NI-
VEAU NATIONALE

CHAPITRE 1 : CADRE CONCEPTUEL ET MÉTHODOLOGIQUE Introduction ... 4

1.1. CADRE CONCEPTUEL 5

1.1.1. L'exploitation agricole et le système de production 5

1.1.2. Le système irrigué ... 5

1.1.3. La notion de la politique agricole 6

1.1.3.1. Nature et instruments de politique agricole . 6

1.1.3.2. Taxonomie des politiques agricoles . 7

1.1.3.3. Objectifs de la politique agricole . 7

1.1.4. La notion de la filière .. 7

1.1.5. Le revenu agricole et son calcul .. 8

1.1.5.1. Les revenus agricoles ... 8

1.1.5.2. Les revenus des agriculteurs (revenu global) .. 9

1.2. CADRE MÉTHODOLOGIQUE ... 10

1.2.1. Phase de collecte des données . 10

1.2.2. Phase exploratoire 10

1.2.2.1. L'enquête ... 11

1.2.2.2. La zone d'étude . 11

1.2.2.3. Le choix du périmètre 12

1.2.3. L'échantillonnage 12

1.2.4. Nature des données 13

1.2.5. Estimations physiques et prix des intrants 13

1.2.5.1. Estimation des superficies emblavées 14

1.2.5.2. Estimation de la quantité de main d'oeuvre et son coût . 14

1.2.5.3. Matériels et équipements agricoles 14

1.2.5.4. La terre 14

1.2.6. Calculs économiques 15

1.2.7. Analyse des données 15

Conclusion. 17

CHAPITRE 2 : LA POLITIQUE AGRICOLE ALGÉRIENNE

Introduction 18

1.1. ANALYSE DE LA PÉRIODE 2000-2009 19

1.1.1. Le plan National de Développement Agricole (PNDA) 19

1.1.2. La nouvelle politique de développement rural en Algérie 20

1.1.3. Politique du Renouveau Agricole et contrats de performance 21

1.1.3.1. Les contrats de performances pour les Wilayas (département) 22

1.1.3.2. La création d'un organe de régulation du marché 22

1.1.3.3. Un système de crédit sans intérêt (RFIG) .. 23

1.2. ÉVOLUTION DE LA CULTURE CÉRÉALIÈRE AU NIVEAU NATIONAL 23

1.2.1. La superficie 23

1.2.2. La production et le rendement . 29

1.2.3. Les importations 32

33

DE RÉGULATION DE LA FILIÈRE CÉRÉALIÈRE EN ALGÉRIE .

1.3. QUESTIONS D'ACTUALITÉ QUANT À LA POLITIQUE AGRICOLE EN MATIÈRE

1.3.1. La nouvelle politique d'incitation à la production du PNDA 33

1.3.2. Les principales politiques de régulation .. 35

1.3.2.1. Le prix à la production 35

1.3.2.2. L'intégration des céréaliculteurs au marché .. 36

1.3.2.3. Soutien aux intrants céréaliers .. 38

1.3.2.3.1. Soutien des prix des produits énergétiques utilisés en céréaliculture 38

1.3.2.3.2. Soutiens aux multiplicateurs et producteurs des semences et plants 40

Conclusion 42

DEUXIÈME PARTIE : RECHERCHE ET ACTIONS SUR LE TERRAIN

CHAPITRE 3 : MONOGRAPHIE DE LA WILAYA DE KHENCHELA

Introduction 43

3.1. PRÉSENTATION DE LA WILAYA 44

3.1.1. Présentation du milieu physique . 44

3.1.2. Organisation administrative 44

3.1.3. Limites géographiques 45

3.1.4. Population et ressources humaines . 45

3.1.5. Tourismes et artisanat 45

3.1.6. Le relief 45

3.1.6.1. La zone des plaines 45

3.1.6.2. La zone de montagnes .. 46

3.1.6.3. La zone steppique .. 46

3.1.6.4. La zone saharienne 46

3.1.7. Le climat . 46

3.1.8. Sols et eau 47

3.2. DIAGNOSTIC DU SECTEUR AGRICOLE .. 48

3.2.1. La SAT et la SAU ... 48

3.2.2. Les exploitations agricoles 50

3.2.3. Les ressources hydriques destinées à l'irrigation 51

3.2.4. L'élevage 52

3.2.5. Les céréales dans la wilaya de khenchela 53

Conclusion 55

CHAPITRE 4 : ÉCHANTILLONNAGE ET ANALYSE DU TERRAIN

Introduction .. 56

4.1. PRÉSENTATION DE LA RÉGION D'ÉTUDE 57

4.2. IDENTIFICATION DES EXPLOITATIONS ET DES ACTIVITÉS 58

4.2.1. L'échantillon 58

4.2.2. L'âge des agriculteurs 59

4.2.3. Le chef d'exploitation 60

4.2.4. Le niveau d'instruction 61

4.2.5. Activités hors exploitations 62

4.2.6. La force de travail 62

4.3. LA STRUCTURE FONCIÈRE ET UTILISATIONS DES TERRES 63

4.3.1. Le Foncier 63

4.3.2. L'irrigation 66

4.3.3. Subventions et soutiens aux agriculteurs 68

4.4. LE FONCTIONNEMENT DES EXPLOITATIONS ... 69

4.4.1. L'occupation du sol 69

4.4.2. Système de culture et coûts de production . 70

4.4.2.1. Le système de culture céréalier 70

4.4.2.2. Les coûts de productions 74

4.4.2.2.1. La terre . 74

4.4.2.2.2. Le travail du sol 74

4.4.2.2.2.1. Labour profond 75

4.4.2.2.2.2. Reprise de labour . 75

4.4.2.2.3. La fertilisation .. 75

4.4.2.2.4. Le semis 76

4.4.2.2.5. Les traitements phytosanitaires 76

4.4.2.2.6. L'irrigation 77

4.4.2.2.7. La récolte . 78

4.5.1. La structure du revenu . 80

4.5.1.1. Les charges variables 80

4.5.1.2. Les charges fixes .. 81

4.5.2. Calcule du revenu 81

Conclusion 85

Conclusion générale 87

BIBLIOGRAPHIES 90

ANNEXES

Liste des tableaux

Tableau 1 : Les principales zones de production céréalière en Algérie (2000/2001) . 24

Tableau 2 : Répartition des superficies emblavées et récoltées pour les blés entre 2000 et 2009. 25

Tableau 3 : Répartition des superficies emblavées et récoltées pour les céréales secondaires entre 2000 et

2009 . 27

Tableau 4 : La production céréalière selon les espèces entre 2000 et 2009 29

Tableau 5 : Les rendements céréaliers par rapport aux surfaces récoltées entre 2000 et 2009 31

Tableau 6 : Évolution des importations de blés entre 1997/2008 .. 32

Tableau 7 : Dispositif de soutien à la production des blés par le FNRDA 34

Tableau 8 : Évolution des rendements entre 1996/2005 34

Tableau 9 : Évolution des prix des céréales : prix à la production (y compris prime de la collecte) entre

1995/2008 35

Tableau 10 : Évolution de la production et de la collecte de blés entre 2000/2008 37

Tableau 11 : Évolution de la production et de la collecte des céréales secondaires entre 2000/2008 37

Tableau 12 : Superficies soutenues et montants du soutien des prix des produits énergétiques par culture

pour l'année 2003 39

Tableau 13 : Montants du soutien des prix des produits énergétiques par zone pour l'année 2003 . 40

Tableau 14 : Principaux données climatiques 47

Tableau 15 : Répartition du sol et eau selon les zones . 47

Tableau 16 : Répartition de la Superficie Agricole Totales (SAT) 48

Tableau 17 : Répartition de la Superficie Agricole Utile (SAU) 49

Tableau 18 : Répartition des exploitations par nature juridique 50

Tableau 19 : Les ressources en eau destinées à l'irrigation 51

Tableau 20 : SAU irriguée par spéculation 51

Tableau 21 : Répartition de la SAU irriguée par mode d'irrigation .. 52

Tableau 22 : Effectifs de l'élevage (Moyenne quinquennale 2004-2009) 52

Tableau 23 : Évolution de la superficie, productions et les rendements céréaliers entre 2000/2010 . 53

Tableau 24 : Répartition de l'échantillon par nature juridique 58

Tableau 25 : Répartition de l'échantillon selon l'ancienneté des exploitations . 58

Tableau 26 : Répartition de l'échantillon selon l'âge des exploitants 59

Tableau 27 : Répartition de l'échantillon selon le chef d'exploitation 60

Tableau 28 : Répartition de l'échantillon selon le niveau d'instruction . 61

Tableau 29 : Répartition de l'échantillon selon l'activité exercée . 62

Tableau 30 : La nature de la main d'oeuvre dans les exploitations enquêtées pour la campagne 2010/2011 62

Tableau 31 : Répartition des exploitations enquêtées selon la SAT . 64

Tableau 32 : Répartition des exploitations enquêtées selon la SAU . 64

Tableau 33 : Répartition des exploitations enquêtées selon le nombre des parcelles 65

Tableau 34 : Répartition des exploitations enquêtées selon la SAU irriguée 66

Tableau 35 : Équipements et ouvrages hydrauliques utilisés par les exploitations pour la campagne

2010/2011 . 67

Tableau 36 : Type d'énergie utilisée pour l'irrigation par les exploitations pour la campagne 2010/2011 67

Tableau 37 : Répartition des exploitations enquêtées selon le système d'irrigation .. 67

Tableau 38 : Nature de subventions aux agriculteurs enquêtés depuis 2000 . 68

Tableau 39 : Occupation du sol pour la campagne (2010-2011) chez les différentes catégories

d'exploitations 69

Tableau 40 : Répartition des parcelles réservées aux céréales pour la campagne (2010-2011) selon le type d'exploitation 71

Tableau 41 : Type d'exploitations enquêtées et structure du système céréalier pour la campagne 2010/2011... 71

Tableau 42 : Rendements moyen par espèce et par type d'exploitations pour la campagne 2010/2011 73

Tableau 43 : Date et coût du labour concernant l'échantillon enquêté pour la campagne 2010/2011 75

Tableau 44 : Date et coût de reprise du labour . 75

Tableau 45 : Date et coût de fertilisation 75 Tableau 46 : Coût et origine des semences pour l'échantillon enquêté pour la campagne 2010/2011 .. 76 Tableau 47 : Coûts des principaux produits phytosanitaires utilisés pour l'échantillon enquêté pendant la

campagne 2010/2011 77

Tableau 48 : Estimation du coût de production d'un hectare de blé dur pour la campagne 2010/2011 79

Tableau 49 : Estimation des charges variables par hectare de blé dur 80

Tableau 50 : Estimation des charges fixes par hectare de blé dur 81

Tableau 51 : Estimation du prix de revient d'un hectare de blé dur pour la campagne 2010/2011 83

Liste des figures

Page

Fig.1 : Parts des espèces céréalières dans la production entre 2000 et 2009 .. 30

Fig.2 : Parts des céréales en % par rapport aux superficies soutenues. 39

Fig.3 : Parts des céréales en % par rapport aux montants en DA 40

Fig.4 : Répartition de la superficie agricole totale (SAT) .. 48

Fig.5 : Répartition de la SAU .. 49

Fig.6 : Répartition de la SAU par nature juridique. 50

Fig.7 : SAU irriguée par spéculation. 51

Fig.8 : SAU irriguée par mode d'irrigation. 52

Fig.9 : Nature juridique de l'échantillon. 58

Fig.10 : L'ancienneté des exploitations enquêtées. 59 Fig.11 : L'âge des agriculteurs enquêtés. . 60 Fig.12 : Réponse des agriculteurs. . 60 Fig.13 : Niveau d'instruction des agriculteurs enquêtés. . 61 Fig.14 : Activités hors exploitation. . 62 Fig.15 : Nature de main d'oeuvre au sein des exploitations enquêtées. . 63 Fig.16 : La SAT des exploitations enquêtées. . 64 Fig.17 : La SAU des exploitations enquêtées. . 65 Fig.18 : Nombre moyen de parcelles possédé par les exploitations enquêtées 65 Fig.19 : La SAU irriguée des exploitations enquêtées. . 66 Fig.20 : Le système d'irrigation utilisé par les exploitations enquêtées. . 68 Fig.21 : Nature des actions subventionnées. . 69 Fig.22 : Occupation moyenne du sol pour l'échantillon enquêté (2010/2011) 70

Fig.23 : Structure moyenne du système céréalier dans les exploitations enquêtées 72

Fig.24 : Origines des semences utilisées 76

Fig.25 : Les composantes des charges variables 80

Figure 1 : Localisation de la zone d'enquête 57

Cartes

Carte 1 : Carte de la wilaya de Khenchela (Cf. Annexe 4)

Images

Image : Les deux factures d'électricité de l'exploitation. Payées, le 21 Janvier 2011 et le 04 Mai 2011 78

Liste des graphes

Page

Graphe 1 : Évolution des superficies emblavées et récoltées pour les blés entre 2000/2009 26

Graphe 2 : Évolution des superficies emblavées et récoltées pour les céréales secondaires entre 2000/2009 28

Graphe 3 : Évolution de la production céréalière entre 2000/2009 .. 30

Graphe 4 : Évolution des rendements céréaliers entre 2000/2009 31

Graphe 5 : Évolution des quantités importées des blés (tendre et dur) entre 1997/2006. (En Millions de $

US) 32

Graphe 6 : Algérie, filière blé, évolution des prix nationaux et internationaux entre 1990/2008. (En dinars courant)... 36 Graphe 7 : Évolution du rendement céréalier en fonction de la pluviométrie entre 2000/2010 54

Liste des abréviations

APFA : Accession à La Propriété Foncière Agricole.

BADR : Banque D'agriculture et de Développement Rural.

BIC : Bénéfice Industriels et Commerciaux.

BNC : Bénéfices Non Commerciaux.

CAD : Certificat d'Agréage Définitif.

CAP : Certificat d'Agréage Provisoire.

CAF : Coût Assurance Frai.

CCLS : Coopératives des Céréales et Légumes Secs.

DA : Dinar Algérien.

DRDPA : Direction de la Régulation et du Développement de la Production Agricole.

DSA : Direction des Services Agricoles.

DSASI : Direction des Statistiques Agricoles et des Systèmes d'Information.

EAC : Exploitation Agricole Collective.

EAI : Exploitation Agricole Individuelle.

FNDA : Fond National de Développement Agricole.

FNRDA : Fonds National de Reconversion et de Développement Agricole. FNRPA : Fond National De Régulation De La Production Agricole.

Ha : Hectare.

ITGC : Institut Technique des Grandes Cultures.

Km : Kilomètre.

KWH : kilowatt heure.

MADR : Ministère de l'Agriculture et du Développement Rural.

MAP : Ministère de l'Agriculture et de la Pêche.

Mm : Millimètre.

OAIC : Office Algérien Interprofessionnel des Céréales.

PIC : Programme D'intensification des Céréales.

PNDA : Plant Nation de Développement Agricole.

PNDAR : Plan National de Développement Agricole et Rural.

PPDR : Projets de Proximité de Développement Rural.

PPDRI : Projet de Proximité de Développement Rural Intégré.

RCAI : Résultat Courant Avant Impôts.

RGA : Recensement Général de L'agriculture.

SAT : Surfaces Agricole Totale.

SAU : Surfaces Agricole Utile.

SRAT : Schéma Régional d'Aménagement du Territoire.

SYRPA : Système De Régulation Des Produits Agricoles De Large Consommation. LAC : Dollar Américain.

US $

INTRODUCTION GÉNÉRALE

L'agriculture algérienne est en crise, à ce jour, elle n'arrive pas à répondre aux besoins nationaux pour nourrir la population, assurer les revenus aux agriculteurs, créer les emplois et préserver les ressources naturelles, réduire les importations alimentaires et exporter pour assurer des devises à l'économie nationale.

Pour cette raison, le développement agricole et la question de sécurité alimentaire sont au centre des préoccupations nationales, des stratégies et politiques de développement du pays.

Afin de garantir la sécurité alimentaire de la population, notamment en produits de base telles les céréales, la politique agricole a retenu comme objectif prioritaire la promotion de la production nationale. Ainsi, les choix stratégiques opérés depuis l'indépendance se sont basés sur l'introduction d'un modèle technique moderniste axé sur l'intensification, conçu comme principal instrument de l'augmentation de la production.

Afin de faire adopter ces techniques par les céréaliculteurs dont 58% détiennent des superficies inférieures à 10 ha (RGA, 2001), l'Etat a mis en place des mesures d'encouragement à travers la subvention des prix à la production et aux intrants, la garantie de l'approvisionnement et de l'écoulement des productions.

Dans notre pays, les céréales sont conduites essentiellement sous régime pluvial,

alors que les besoins de consommation annuels de la population se situent autour de 70 millions de quintaux et que la production nationale en année moyenne assure à peine 50% des besoins de consommation.

A titre indicatif, l'Algérie importe en moyenne 51.5 millions de quintaux de blés (blé tendre et blé dur), représentant un montant global annuel moyen de 1 milliard de dollars US (MADR, 2006).

L'intervention de l'Etat dans la filière céréale tient à l'importance de celle-ci au niveau de l'économie et à sa difficile substituabilité tant au niveau de la consommation qu'au niveau de la production.

L'intervention au niveau de la sphère de production conditionne fortement les pos-
sibilités d'intervention sur les autres segments de la filière. Des mesures de soutien
ajustées aux reformes économiques globales doivent assurer la promotion de cette

activité dont dépend la rémunération de plus de 500000 actifs (ministère de l'agriculture).

I. PROBLÉMATIQUE ET JUSTIFICATION DU SUJET DE RECHERCHE

La consommation des produits céréaliers se situé à un niveau d'environ 205 kg/hab./an (Chehat, 2007). Les céréales et leurs dérivés constituent l'épine dorsale du système alimentaire algérien, et fournissent plus de 60% de l'apport calorifique et entre 75 à 80% de l'apport protéique de la ration alimentaire. C'est ainsi qu'au cours de la période 2001-2003, les disponibilités des blés représentent un apport équivalent à 1505,5 Kcal/personne/jour, 45,533 gr de protéine /personne/j et 5,43 gr de lipide/personne /J (Observatoire méditerranéens CIHEAM/IAMM).

En relation avec le marché mondial, les produits céréaliers représentent plus de 40% de la valeur des importations des produits alimentaires. Les produits céréaliers occupent le premier rang (39,22 %), devant les produits laitiers (20,6%), le sucre et sucreries (10%) et les huiles et corps gras (10%).

De 1995 à 2005, le marché Algérien a absorbé, en moyenne annuelle, 4244903 tonnes de blés (dont 70,44% de blé dur, soit 2990265 tonnes) représentant une valeur de 858 millions de dollars (Chehat, 2007).

La superficie consacrée à la céréaliculture, jachère comprise, occupe environ 80% de la superficie agricole utile (SAU) du pays, La superficie emblavée annuellement en céréales se situe entre 3 et 3,5 millions d'ha. Les superficies annuellement récoltées représentent 63% des emblavures. La culture des céréales associée à la jachère dans la majorité des exploitations, est une spéculation présente dans tous les étages bioclimatiques, y compris dans les zones saharienne. En matière d'emploi, plus de 500 000 emplois permanents et saisonniers sont occupés par le système céréalier (ministère de l'Agriculture).

Au niveau terrain notre travail de recherche se veut d'être une contribution portant sur l'évaluation du niveau de production et productivité de la culture des céréales menée en irrigué entrant dans le cadre de la mise en valeur de terres relevant de zone semi-aride (cas de la zone sud de la wilaya de khenchela). Il traitera également des différents mécanismes d'intervention de l'Etat (soutien au prix, subvention aux intrants) pouvant influencer sur le niveau de la production .Aussi le but de ce travail de recherche est de tenter de répondre à cette question principale :

Quel a été l'impact réel, au niveau du terrain, des différentes politiques qui se sont succédé depuis 2000 en matière d'encouragement à l'intensification et au développement de la production céréalière ?

II. HYPOTHÈSES DE TRAVAIL

Pour répondre à cette question, nous retiendrons les hypothèses de travail suivantes qu'il faut chercher à confirmer ou infirmer au niveau du terrain :

Hypothèse 1 : les différentes mesures de soutien à la production restent insuffisantes pour encourager une plus grande intensification de la production céréalière.

Hypothèse 2 : les logiques économiques adoptées par les producteurs (les céréaliculteurs), pour garantir un revenu minimum, les obligent à pratiquer un système de production diversifié `polyculture', où la céréaliculture même en irrigué n'est pas une activité sans risque, et reste concurrencée par les autres productions dites plus rentables.

Hypothèse 3 : les coûts à l'hectare, relativement élevés, des éléments concourant à la réalisation intégrale de l'itinéraire technique, font que le risque de ne pas récupérer la totalité des charges engagées devient grand : les céréaliculteurs font tout un calcul économique, qui leur est propre selon les cas et les régions.

Chapitre 1.

Introduction

Pour pouvoir répondre à notre problématique de recherche de manière plus efficace, une recherche bibliographique s'impose et dans laquelle il nous a paru indispensable de présenter un ensemble de notions et de concepts qui vont être utilisés comme outils opératoires d'analyse et de compréhension du terrain. De ce fait, il est bien évident que les notions d'exploitation agricole et de système de production, de système irrigué, de politique agricole, de filière, de revenu agricole doivent être bien précisées. Par la suite nous présenterons la démarche méthodologique adoptée dans le cadre de notre travail ainsi que dans l'analyse des résultats de l'enquête de terrain.

1.1. CADRE CONCEPTUEL

1.1.1. L'exploitation agricole et le système de production

Dans le langage courant, une exploitation agricole est un ensemble de terres, de bâtiments et de cheptels vifs et morts (Chombart et al. 1969). Pour ces auteurs, il s'agit d'une définition purement descriptive. L'exploitation agricole implique avant tout, un centre de décision, une unité de production, une organisation, et un ensemble d'interactions entre les différentes composantes (Assogba, 2007).

Rethore & al. 1989, comparent l'exploitation agricole à un centre de décision. Pour faire fonctionner l'unité économique que constitue l'exploitation agricole tout enclenchant à augmenter son profit, l'agriculteur prend des décisions de nature très différente.

Chombart (op cité.) propose alors l'une des définitions les plus élaborées de cette notion. « L'exploitation agricole est une unité économique dans laquelle l'agriculteur pratique un système de production en vue d'augmenter son profit. Le système de production est la combinaison de facteurs de production (capital foncier, travail et capital d'exploitation) dans l'exploitation agricole ».

D'après cette définition, on peut dire que l'exploitation agricole est considérée comme un centre de décision, dans lequel l'exploitant et/ou les exploitants prend une décision d'adapter tel ou tel système de production, dans le but de tirer le maximum de profit tout en tenant compte de la taille, la nature juridique et l'emplacement de son exploitation.

1.1.2. Le système irrigué

Selon Ruthenberg, 1980. L'irrigation décrit les pratiques qui sont adoptées pour approvisionner en eau une surface où les cultures sont installées afin de réduire la longueur et la fréquence des périodes au cours desquelles, l'absence de l'eau dans le sol est le principal facteur limitant de la croissance de la plante. Comparés aux systèmes non irrigués, les systèmes irrigués se caractérisent d'après cet auteur par :

? des rendements plus élevés par hectare pour une culture donnée ;

? la possibilité de réaliser plusieurs récoltes par an ;

? un processus continu de production à cause de l'utilisation permanente de la terre ; ? la réduction des fluctuations entre les rendements d'une année à l'autre ;

? leur adaptabilité relative selon le type et l'intensité de la production ;

? l'emploi productif d'un nombre relativement élevé de travailleurs par hectare.

On peut dire d'après la définition de l'auteur cité précédemment que, le système irrigué présente un bon nombre d'avantages, en même temps qu'il requiert des investissements importants, donc des coûts plus élevés : il nécessite une préparation plus fine des sols et nécessite un certain niveau de connaissances par rapport aux techniques traditionnelles de production.

1.1.3. La notion de la politique agricole

Dans un langage courant, la politique agricole se définit comme une intervention publique dans le domaine de l'agriculture, ainsi que sur les importations et les exportations des produits agricoles et alimentaires, dont l'objectif est la sécurité alimentaire et l'organisation des marchés de produits agricoles entre autres.

Selon Ribier, 2008. La politique agricole est : « un ensemble de mesures réglementaires, dispositifs structurels, moyens financiers et humains interdépendants, mis en oeuvre par la puissance publique pour contribuer à la progression du secteur agricole ».

1.1.3.1. Nature et instruments de politique agricole

Selon Roger et Norton, 2005. L'un des principaux instruments de la politique agricole est la dépense publique. Dans la plupart des pays développés, des dépenses budgétaires conséquentes ont été affectées au secteur agricole pour diverses actions tels que les infrastructures d'irrigation, de stockage, de transport et de commercialisation, la fourniture directe de crédit aux producteurs et les subventions au crédit privé, le financement de la recherche, de la vulgarisation et de la production de semences améliorées, le financement des déficits des programme d'achats de céréales aux agriculteurs à des prix élevés et de vente aux consommateurs à des prix bas, ainsi que les paiements directs dans le cadre de mise en jachère ou d'autres programmes de soutien.

Dans d'autre cas la politique agricole a souvent pris la forme de contrôle, principalement des prix et des échanges commerciaux, mais parfois aussi de l'accès aux terres et à l'eau d'irrigation, ainsi que des niveaux de production eux-mêmes. Le recours à des prix de soutien et à des prix administrés pour les consommateurs et les producteurs a été pratiqué dans beaucoup de régions du monde.

La troisième grande catégorie d'instruments de la politique agricole dans de nombreux pays a été la gestion directe de la production et de la consommation par le biais d'entreprises étatiques concernant tous les secteurs, allant des collectifs de production, à des scieries et à des pêcherie en passant par des banques et des sociétés commerciales.

1.1.3.2. Taxonomie des politiques agricoles

Compte tenu de la diversité des politiques agricoles, il peut s'avérer utile de passer l en revue les attentes du producteur. Pour obtenir de bons résultats, le producteur a besoin que soient réunies trois conditions élémentaires : mesures adéquates d'incitation à produire, sécurité d'accès quant aux éléments de base (terres agricoles, eau) et accès aux marchés des produits et d'intrants, dont la technologie. Par conséquent, la politique agricole comprend trois grandes composantes :

> La politique de prix, qui, en économie de marché, dépend pour une large part, mais pas totalement, des politiques macroéconomiques.

> La politique de ressources, comprenant politique foncière et politique de gestion des ressources (terre, eau, forêt et pêcheries).

> La politique d'accès, y compris aux intrants agricoles, aux marchés des produits et de la technologie. La politique financière rurale constitue un volet important de la politique d'accès, puisque le financement est souvent une condition préalable à l'obtention des intrants et à la commercialisation des produits.

1.1.3.3. Objectifs de la politique agricole

L'objectif fondamental d'une politique agricole n'est pas seulement d'accroître la production, mais aussi le développement humain, en aidant à résoudre les besoins humains essentiels. L'augmentation du revenu des ménages ruraux est la clé qui favorise la réalisation de cet objectif, et ceci, à son tour, requiert qu'une importance particulière soit donnée à l'augmentation de la productivité et à des prix convenables aux producteurs.

1.1.4. La notion de la filière

La filière regroupe l'ensemble des agents économiques qui concourent directement
ou indirectement à l'élaboration d'un produit fini. Elle retrace donc une succession
d'opérations qui partent en amont d'une matière première ou d'un produit intermé-

diaire aboutit en aval, après plusieurs stades de transformation/valorisation, à un ou plusieurs produits finis au niveau du consommateur (FAO, 1994). Plus précisément, on entend par filière « l'ensemble des agents économiques contribuant directement à la production, puis à la transformation et à l'acheminement jusqu'au marché d'un produit donné».

« L'approche filière (commodity system) englobe tous les participants impliqués dans la production, la transformation et la consommation d'un produit agricole. Elle inclut les fournisseurs de l'agriculture, les agriculteurs, les entrepreneurs comme l'ensemble des agents permettant au produit agricole de passer de la production à la consommation. Elle concerne enfin toutes les « institutions » gouvernementales, les marchés, les associations de commerce qui affectent et coordonnent les niveaux successifs sur lesquels transitent les produits ». (Goldberg, 1986 in Makaci, 2007).

1.1.5. Le revenu agricole et son calcul

Le revenu agricole s'entend à la fois comme un revenu d'entreprise mais également comme une rémunération de l'exploitant. Une exploitation agricole ne se limite pas à son rôle d'outil de production, elle permet aussi à une famille, celle du chef d'exploitation, de dégager des moyens de subsistance. La limite entre ce qui relève du domaine de l'entreprise agricole et ce qui relève du domaine privé (surtout lorsqu'il s'agit d'une exploitation individuelle) n'est pas évidente. Cette difficulté à séparer les deux aspects s'explique par le fait que le bénéfice dégagé lors de l'exercice d'une activité indépendante rémunère à la fois le travail non salarié (souvent de plusieurs personnes travaillant sur l'exploitation) et les capitaux investis dans l'exploitation. Une fois les charges courantes liées à l'activité payées et les provisions nécessaires à l'activité constituées, ce qui reste représente le revenu d'activité des exploitants qui rémunère indistinctement le travail, le capital et une partie de la terre.

1.1.5.1. Les revenus agricoles

Ce sont les revenus provenant de la production de produits agricole quels que soient les agents qui la réalisent (exploitants agricoles mais également ménages et entreprises non agricoles). (Arnaud Diemer).

1.1.5.2. Les revenus des agriculteurs (revenu global)

Ils comprennent non seulement les revenus agricoles mais aussi les revenus provenant d'activités extérieurs exercées par les agriculteurs et leur famille ainsi que les transferts sociaux (retraites agricoles ou non) perçus par la population agricole. (Arnaud Diemer).

L'indicateur de profit qui s'approcherait de la définition recherché est le Résultat Courant Avant Impôts, défalqué des cotisations sociales de l'exploitant. Le RCAI correspond au solde entre le produit total (produit brut agricole, produits divers dont les subventions) et les charges totales (y compris les amortissements). Ce revenu mixte mesure la somme dont dispose le chef d'exploitation pour rémunérer les capitaux propres, la terre et la main d'oeuvre familiale. Ainsi on peut retenir par rapport à ce qui vient de précéder les définitions suivantes :

> le revenu net agricole : est égal au résultat courant avant impôts-les cotisations sociales. > Le revenu brut agricole : correspond au revenu net agricole+les amortissements.

> Les bénéfices non agricoles : bénéfice industriels et commerciaux (BIC) et bénéfices

non commerciaux (BNC).

> Le revenu d'activité extérieure : salaire+bénéfice non agricoles.

> Autres revenus extérieurs : revenus de la propriété et retraites.

> Totales des revenus extérieurs : revenu d'activité extérieure+autres revenus extérieure. > Le revenu brut global : revenu net global + total des revenus extérieurs.

> Les prélèvements privés : somme versées par l'exploitation à la famille (Arnaud Diemer).

1.2. CADRE MÉTHODOLOGIQUE

1.2.1. Phase de collecte des données


· Phase documentaire

La phase documentaire constitue la base de la recherche. Elle débute depuis la phase d'élaboration de la proposition de recherche jusqu'à la rédaction complète de la thèse.

Cette étape est consacrée à la collecte, à l'exploitation, à l'analyse et à la synthèse de la documentation disponible sur la céréaliculture en Algérie et au niveau de la wilaya de khenchela (la zone sud), sur la production des céréales en irrigué.

Elle a permis de faire le point sur un ensemble d'écrits sur la céréaliculture en général et au niveau national ainsi que dans la zone sud de la wilaya khenchela en particulier. La phase documentaire a également été utile dans l'analyse et l'interprétation des résultats de l'enquête sur terrain. Et pour répondre à la question et aux hypothèses de recherche retenues dans ce travail, cette recherche bibliographique nous a permis d'avoir :

- Un aperçu sur les politique de l'Etat en matière de sécurité alimentaire mais surtout de régulation de la filière céréaliculture notamment au stade de la production agricole tant au niveau national que régional, cas de la wilaya de khenchela (zone d'étude).

Plusieurs bibliothèques et centres de documentation ont été mis à contribution pour la collecte de l'information. Il s'agit entre autres du l'institut technique des grandes cultures (ITGC), la CCLS de la wilaya et les bibliothèques du Ministère de l'Agriculture et de développement rural (MADR), de l'Institut National pour la Recherche Agricole (INRAA), des centres de recherche agricoles et universitaires, des services agricoles au niveau de la wilaya et de personnes ressources.

L'internet a été une source d'informations très importante tout au long de cette étude.

1.2.2. Phase exploratoire

Elle a permis de faire l'état des lieux de la zone de la production de la céréaliculture, et d'améliorer le questionnaire structuré. Elle a duré environ deux semaines. Des entretiens de groupes ont organisé avec différents producteurs des céréales et du périmètre visité, afin de recueillir des informations précieuses sur les systèmes et la zone de production (superficie totale, nombre d'exploitants, principales spéculations, les contraintes, les différents modes d'irrigation etc.).

Quelques entretiens individuels avec les producteurs ont permis de tester le questionnaire afin de mieux l'affiner pour la phase d'enquête. Ces entretiens ont également permis d'identifier les producteurs qui ont bénéficié des subventions des intrants et les producteurs qui ont acheté ces intrants sans subventions.

1.2.2.1. L'enquête

L'analyse de terrain se fera auprès d'un échantillon de céréaliculteurs (dits assez représentatifs) à partir d'une enquête sur la base d'un questionnaire (Cf. Annexe1) qui nous a permis d'identifier les exploitants, les structures des exploitations, les actions subventionnées par l'Etat, ainsi que l'ensemble des informations utiles pour analyser les résultats obtenus par les exploitations et les conditions de formation des revenus .

L'enquête sur terrain s'est déroulée sur toute la période allant du 25 Mars au 10 Avril 2011. L'objectif est de collecter le maximum de données au niveau des exploitations enquêtées. Il s'agit ici d'informations qualitatives et quantitatives.

Les méthodes utilisées reposent à la fois sur des entretiens structurés avec comme outil principal, le questionnaire, des entretiens semi-structurés et enfin sur des observations sur terrain lors par exemple de la mesure des superficies.

1.2.2.2. La zone d'étude

Selon la direction des services agricoles, La wilaya de khenchela s'étend sur une superficie totale de 971 516 ha avec une SAT de 963 961 ha une SAU de 232.395 ha dont 17% en irrigué. D'autre part sa position géographique et ses caractéristiques bioclimatiques, le définissent comme une wilaya à vocation agro-sylvo-pastorale et de type semi saharienne pour la zone sud.

Notre zone d'étude est située dans la partie sud de la wilaya, elle est caractérisée par un climat hyperaride où les précipitations restent inférieures à 100 mm, constitué par une partie du plateau saharien qui représente le support de la mise en valeur des terres par l'APFA1, la concession et la grande mise en valeur.

Selon la DSA de la wilaya, notre région d'étude comprend 15 périmètres irrigués (Cf. Annexe 2), totalise une SAU de 70 500 ha et où la céréaliculture occupe en moyenne une superficie de 16 000 ha soit environ 23 % de la SAU.

1 Accès à la propriété foncière par la mise en valeur.

1.2.2.3. Le choix du périmètre

Notre base de choix se traduit comme suit :

? La zone de production : ce critère répond à la nécessité de représentation des catégories retenues à l'issue du découpage. Il offre une garantie suffisante en matière de fiabilité de fiabilité et de validité des résultats.

? L'importance relative des céréales au niveau du périmètre : cette importance est appréciée à partir de la combinaison de deux paramètres à savoir les superficies exploitées, et le nombre d'exploitations céréalières.

? L'accessibilité du périmètre pendant la période d'enquête : ce critère permet d'éviter les pertes de temps, de ressources et les risques inutiles.

? Les différentes catégories de producteurs des céréales (les utilisateurs des intrants tels que les engrais, pesticides et herbicides chimiques subventionnés et utilisateurs d'intrants non subventionnés ont permis de comparer le revenu et sa distribution entre ces différentes catégories de producteurs.

1.2.3. L'échantillonnage

Nous avons procédé à un échantillonnage raisonné d'une trentaine d'exploitants. Le choix des exploitations a été également raisonné, Les exploitations sont classées sur la base de la taille totale et la taille des parcelles spécifiques au système de culture céréalier. L'échantillonnage a porté sur le choix et le dimensionnement des spéculations céréalières d'une part, et sur du niveau d'adoption des intrants par les producteurs. Parmi les 30 producteurs nous avons 10 multiplicateurs (utilisent des semences certifiées), 10 ordinaires (utilisent des semences ordinaires) et 10 semi-ordinaires (utilisent des semences certifiées et ordinaires).


· Les principales informations recueillies sont relatives

> Aux caractéristiques socioéconomiques et culturelles des producteurs (âge, nombre de personnes par ménage, nombre d'actifs agricoles, niveau d'instruction, l'année d'installation de l'exploitation, travail hors exploitation...).

> Aux caractéristiques des différentes exploitations (techniques et culturales) ;

> À l'estimation des coûts des intrants agricoles (semences ; engrais minéraux: urée, NPK ;

engrais organiques : bouse de vache ou de mouton, fientes de volaille; pesticides). La

quantité de chaque intrant est spécifiée par système de culture et par unité de surface, les

prix relatifs aux intrants sont également collectés ;

> À l'estimation de la quantité et du type de main d'oeuvre utilisée dans le champ par activité (défrichement, semis, sarclage/binage, traitement phytosanitaire, fertilisation, irrigation, récolte et vente) La quantité de travail effectuée est évaluée en nombre d'heures utilisées pour l'ensemble des activités considérées puis converties en jours de travail.

> À l'estimation du capital (coût et mode d'acquisition de la terre, coût d'achat de tout le matériel utilisé au champ);

> À l'estimation des recettes brutes issues de la vente des céréaliers ;

> Aux contraintes liées à la production des céréales.

Pour déterminer les revenus et les coûts de production des différents systèmes de culture et plus particulièrement du système céréalier un travail de terrain devrait permettre de caractériser le fonctionnement des unités de production enquêtées.

1.2.4. Nature des données

Elles concernent les quantités et les prix des intrants (inputs) et produits céréaliers (outputs) relevant de la campagne 2010-2011. (Septembre à Mai). Les données comme l'âge, l'expérience, et le statut social des céréaliculteurs, les modes de faire-valoir sont collectées par producteur et par exploitations en vue de faciliter leur analyse. Quelques données fondamentales telles que les renseignements sur l'exploitant, le système d'irrigation de la zone d'étude, les prix et les coûts de transport des inputs et outputs et les subventions étatiques seront également collectées.

1.2.5. Estimation des quantités physiques et prix des intrants

Les coûts de production sont obtenus à partir des quantités physiques des différents inputs et de leurs prix. Les différents éléments entrant en ligne de compte pour l'estimation du coût de production sont : la main d'oeuvre, la terre, les semences, les engrais minéraux et organiques, les produits phytosanitaires, le carburant, les équipements et petits matériels, le capital financier.

> Les quantités physiques

L'attention est portée à ce niveau sur l'évaluation de la quantité de main d'oeuvre, et de la superficie emblavée. Les quantités physiques des autres intrants considérés pour les calculs sont celles directement obtenues auprès des producteurs suivant l'itinéraire technique, extrapolées à l'hectare.

> Les prix des intrants

Le prix des intrants utilisés dans la production céréalière est le prix courant, c'est-à-dire le prix sur le marché. Il est directement considéré pour l'évaluation du budget financier.

1.2.5.1. Estimation des superficies emblavées

La production céréalière se réalise sur des parcelles. Pour connaître la superficie emblavée par spéculation et par an, il est fondamental de collecter auprès de chaque producteur, le nombre des parcelles par culture effectuées au cours de la campagne et la dimension de ces parcelles. Tout cela en unité internationale (ha).

1.2.5.2. Estimation de la quantité de main d'oeuvre et son coût

Trois types de main d'oeuvre sont utilisés: la main d'oeuvre familiale, la main d'oeuvre salariée temporaire, la main d'oeuvre salariée permanente. D'une façon générale, le travail est quantifié en heures puis converti en jour de travail.

En ce qui concerne l'estimation du coût de la main d'oeuvre, les donnés sont collectées sur la base de la rémunération de la main d'oeuvre salariée utilisée par opération dans chaque cycle de production et/ou sur la rémunération de la main d'oeuvre salariée permanente. Il est estimé à partir du temps mis pour effectuer une opération et du coût d'opportunité de la main d'oeuvre familiale. Le coût d'opportunité de la main d'oeuvre familiale est égal à son prix de marché. Cette question donne lieu à de nombreuses discussions entre économistes. Selon Fabre (1994), le choix du prix de marché a pour avantages : la clarté, la faisabilité surtout en l'absence de solutions pratiques universellement admises.

1.2.5.3. Matériels et équipements agricoles

Les matériels et équipements utilisés pour les activités agricoles sont identifiés. Il est estimé pour chaque équipement, le nombre d'heures et le prix unitaire.

1.2.5.4. La terre

Le prix de la terre introduit dans le budget financier est le coût annuel de location, ou la rente foncière que le producteur cède au propriétaire. Le prix économique de la terre est le coût d'opportunité de la terre.

D'après Vercueil et al. Cités par Diarra (2003), « en pratique, on sait fort mal évaluer la pro-
ductivité marginale des facteurs de production, faute de savoir à quoi ils seraient employés
alternativement, faute de savoir estimer leur contribution marginale à la production, etc., sans

recourir à des modèles détaillés (les modèles grossiers se sont avérés inutiles dans ce domaine). On accepte donc, faute de mieux, de considérer que la productivité marginale des facteurs est égale à leur prix de marché ».

1.2.6. Calculs économiques

Pour chaque sous-système de production d'une exploitation, on définit les indicateurs suivants :

PRODUIT BRUT = Valeur totale de la production = [Volume de production vendue x prix unitaire au moment de la vente] + [Volume de production autoconsommé x prix moyen pendant la période d'autoconsommation] + [Volume de production donné x prix moyen pendant la période de don] + [Volume destiné au salaire x prix moyen pendant la période du travail].

VALEUR AJOUTEE BRUTE (VAB) = PRODUIT BRUT - Consommations Intermédiaires (semences, engrais minéraux et organiques, électricité ...).

MARGE NETTE = VALEUR AJOUTEE BRUTE - Salaires.

Sont pris en considération dans les salaires l'ensemble des dépenses de main-d'oeuvre versées à des personnes extérieures à l'unité de production. Ils incluent la rémunération de la maind'oeuvre salariée ainsi que le coût de L'entraide lorsqu'elle occasionne des dépenses et qu'elle peut alors être considérée comme étant rémunérée.

VALEUR AJOUTEE NETTE (VAN) = VALEUR AJOUTEE BRUTE-Amortissements.

L'amortissement représente la dépréciation annuelle pour cause d'usure ou d'obsolescence de l'ensemble du matériel et de l'équipement tel que le tracteur, les charrues, motopompe et moissonneuses. Il constitue le coût lié au renouvellement du capital productif. « Il sera calculé en divisant le prix actuel d'achat de chaque matériel ou de l'équipement par sa durée vie ».

REVENU AGRICOLE = VALEUR AJOUTEE NETTE - Affectations.

Les affectations représentent les redistributions aux différents acteurs parties prenantes de la production.

Pour cette étude, ces redistributions sont composées principalement des salaires de la maind'oeuvre extérieure, d'épargnes, du coût de rééquipement de l'exploitation...etc.

1.2.7. Analyse des données

Les données collectées sont qualitatives et quantitatives, pour les données quantitatives, le
traitement des données récoltées seront informatisées. Les données du dépouillement et leur

analyse sera faite à l'aide des outils statistiques descriptifs. Le logiciel Excel nous a permis de faire toutes les manipulations possibles des données.

Chapitre 1.

Conclusion

Dans ce chapitre nous avons cherché à préciser le cadre conceptuel relevant de la définition des concepts de base investis au cours de notre recherche. Parallèlement il a été question de la justification de la méthode de la recherche. Dans le chapitre suivant, nous allons procéder à l'identification et à la caractérisation des politiques faire l'identification des politiques agricoles nationales menées par l'Etat à partir des années 2000 en matière de développement agricole et surtout céréalier, pour essayer également de quantifier les effets de ces même politiques sur le développement économique, agricole, sociale et durable au niveau régional tel le cas de la zone sud de la wilaya de Khenchela qui fait l'objet de notre étude au niveau du terrain.

Chapitre 2.

Introduction

Le secteur de céréales se situe au premier ordre des priorités économique et sociales du pays. Il a occupé une place privilégiée dans les différents plans de développement socio-économique que l'Algérie a élaborés depuis son accès à l'indépendance. A ce propos, le présent chapitre vise à procéder à l'analyse de la période allant de 2000 à 2009 et à présenter les caractéristiques de l'évolution de la culture céréalière par l'évolution de la superficie emblavée, la production, des rendements et du taux d'autosuffisance à la lumière des efforts engagés en matière des politiques de développement de ce secteur stratégique depuis l'année 2000.

2.1. ANALYSE DE LA PÉRIODE 2000-2009

2.1.1. Le Plan National De Développement Agricole (PNDA)

Mis en oeuvre depuis septembre 2000, le PNDA peut être considéré comme une manifestation forte de la volonté politique d'apporter des solutions aux problèmes ayant freiné le développement d'un secteur aussi vital que celui de l'agriculture durant la phase de gestion libérale. Dans l'espoir d'aboutir à un développement durable, les objectifs du PNDA convergent principalement vers la restructuration du territoire agricole et le développement qualitatif et quantitatif de la production.

La nouvelle stratégie du secteur repose sur le principe central suivant : « Tout acte agricole inscrit et devant être exécuté dans le cadre du PNDA doit être économiquement viable, écologiquement durable et socialement acceptable ».

Le PNDA vise en priorité :

? L'amélioration du niveau de sécurité alimentaire en visant l'accès des populations aux produits alimentaires nationaux, en qualités satisfaisantes (selon les normes requises). D'où une meilleure couverture des besoins de consommation par la production locale.

? L'amélioration de la production agricole, en développant les capacités de production et de multiplication des intrants agricoles et du matériel de reproduction, ainsi qu'en valorisant les potentialités du pays (l'utilisation rationnelle et optimale des ressources naturelles et humaines) et en maîtrisant davantage les contraintes naturelles (sol, eaux et climat).

? La préservation voire la protection de l'environnement, et valorisation des montagnes par des reboisements économiques et utiles. Des reboisements qui peuvent servir également à lutter contre la désertification.

? La création d'emplois et l'amélioration du bien être de l'agriculteur.

? L'adaptation des systèmes d'exploitation des sols, dans les régions arides et semiarides ou soumises à l'aridité (celles autrefois réservées aux céréales malgré son inadaptation ou laissées en jachère, et qui constituent une véritable menace de dégradation) au profit des activités adaptées (telles l'arboriculture, l'élevage, etc.)

Outre les actions ci-dessus qui s'appliquent sur la surface agricole utile, le PNDA vise
l'extension de celle-ci à travers la mise en valeur des terres par la concession. Dans ce sens, le
PNDA s'articule autour de l'incitation et du soutien aux exploitations agricoles, par une adhé-

sion volontaire des agriculteurs pour le développement des productions adaptées aux caractéristiques et spécificités des zones agro-écologiques, dans un but d'intensification optimale des cultures et d'intégration agro-industrielle par filière d'activité (céréales, lait, viandes rouges et blanches, arboriculture, etc.)

? La relance de l'investissement agricole.

Les programmes prioritaires du PNDA sont :

> Le Programme de développement et de préservation des filières agricoles. > Le Programme d'adaptation des systèmes de production (reconversion)

> Le Programme national de reboisement

> Le Programme de mise en valeur par les concessions

> Le Programme de mise en valeur dans le grand sud

Le plan national de développement agricole est censé stimuler un développement durable et conséquent du secteur primaire. En revanche, le lancement de ces programmes n'est pas une fin en soi, car ce n'est que le bon déroulement et le bon aboutissement de ces programmes, qui reflétera la réussite de ce plan. Le passage du développement agricole au développement rural a été jugé nécessaire.

2.1.2. La nouvelle politique de développement rural en Algérie

Adoptée en juillet 2002, elle relève la nécessité de consolider et de renforcer le Plan National de développement agricole (PNDA) par une dimension rurale nommée actuellement : Plan National de Développement Agricole et Rural (PNDAR). Ce plan s'articule autour de deux composantes :

? La mise à niveau des exploitations agricoles et des filières de production par le biais de plans de développement d'exploitations agricoles, soutenus par le Fonds National de Reconversion et de Développement Agricole (FNRDA) ;

? La revitalisation des espaces ruraux, l'amélioration des conditions de vie des populations rurales et la promotion de l'artisanat et des métiers ruraux par la mise en oeuvre de Pro-jets de mise en valeurs des terres par la concession objet d'un dispositif spécifique et des Projets de Proximité de Développement Rural (PPDR).

Le Projet de Proximité de Développement Rural (PPDR) s'entend de tout projet comportant des actions d'accompagnement des communautés rurales agissant aux fins de :

> L'exploitation rationnelle est la meilleure valorisation des ressources naturelles ;

> La préservation et la valorisation des différents patrimoines ;

> La promotion des petites et moyennes entreprises de production de biens et services ainsi que la pluriactivité ;

> La promotion d'infrastructures et équipements socio-économiques et culturels à usage collectif.

Le projet de proximité de développement rural (PPDR) a pour finalité, à travers la promotion d'activités économiques durables, l'amélioration des niveaux et conditions de vie des communautés rurales dans le cadre du développement humain ainsi que leur stabilisation.il concerne en priorité, les communautés rurales vivant éparpillées dans des zones isolées et dans les communes classées à promouvoir. Il consiste en une démarche spécifique « d'accompagnement » des populations rurales, notamment aux plans techniques, organisationnels et financiers, dans leurs efforts visant à rendre leurs activités économiques durables, génératrices de revenus, pérennes et en mesure de leur assurer une meilleure sécurité alimentaire ainsi que des conditions de vie plus favorables ( MADR, 2003).

D'après les derniers chiffres publiés par L'Office National des Statistiques une partie encore très importante de la population occupée en 2003 se situe dans le milieu rural (41,7%). Cela indique toute l'importance des politiques actives à mener dans ce milieu si on veut atténuer l'exode rural pour le faire revenir à un niveau supportable pour le milieu urbain. En matière d'habitat rural, la politique définie par l'instruction interministérielle du 3/7/2002 est maintenue en 2003. Elle consiste en une aide de 250 000 Da (environ 2 500 euros) pour une extension ou l'aménagement d'un logement existant et 400 à 500 000 Da (environ 4000 à 5000 euros) pour la construction d'un logement neuf à condition, dans les deux cas, que le logement se situe effectivement en milieu rural.

2.1.3. Politique du Renouveau Agricole et contrats de performance

Mise en place à partir de 2009, cette politique est dans le même sillage de la politique agricole des années 2000 (PNDA, PNDAR), l'un des principaux objectifs de la politique de renouveau agricole et rural est de réduire la facture alimentaire et de faire en sorte que les différents acteurs s'orientent vers la production locale en se basant sur l'approche participative et la modernisation de l'appareil productif.

Le ministère de l'agriculture ambitionnait de mener à bien cette nouvelle politique agricole à travers les principales mesures suivantes :

2.1.3.1. Les contrats de performances pour les Wilayas (département)

Le contrat de performance se scinde en deux parties, l'une se consacre à la productivité de chaque région du territoire national et l'autre portera sur le renouveau rural qui s'articulera sur 4 axes essentiels, à savoir la modernisation des villages, la protection des ressources naturelles, la diversité des activités commerciales et la valorisation du patrimoine rural.

C'est un contrat passé entre le ministère de l'agriculture et les directions des services agricoles (DSA) des Wilayas sur le programme 2009-2013. Ces derniers s'engagent en vertu de ces contrats à développer leurs productions agricoles proportionnellement aux moyens mis à leur disposition à travers un soutien à la fois technique et économique. Cette démarche, qui vise une intensification des productions (céréalière, maraîchère, laitière, des viandes et des huiles), encourage aussi l'utilisation des méthodes d'irrigation modernes reposant sur l'économie de l'eau. Elle prévoit deux contrats de performances par Wilaya :

? L'un portant sur le renouveau agricole et ayant comme critère l'évolution du taux de croissance de la Wilaya en matière de production agricole ainsi qu'un accroissement de la productivité,

? L'autre portant sur le revenu rural en prenant en compte le nombre de projets de proximité de développement rural intégré (PPDRI), initiés et réalisés, le nombre d'emploi créés et la protection des ressources naturelles.

Ces contrats renouvelables chaque année prennent en compte les spécificités des Wilayas dont les conditions climatiques et le type de culture approprié.

2.1.3.2. La création d'un organe de régulation du marché

C'est un système de régulation des produits agricoles de large consommation (SYRPALAC) ayant pour objectif de protéger les revenus des agriculteurs, de professionnaliser leur démarche et de stabiliser le marché tout en préservant le pouvoir d'achat des consommateurs. Le SYRPALAC prévoit la constitution de stocks d'intervention à partir de la production nationale en épongeant le surplus de production appelé à être mis sur le marché au moment approprié afin de protéger les revenus des agriculteurs. Cela suppose un suivi quotidien des données du marché pour la stabilisation des prix des produits de large consommation tels que les céréales, les pommes de terre, la tomate, les viandes, les huiles et autres. A cet effet, une cellule d'observation et de suivi des opérations de régulation suit de prés l'évolution des prix pour proposer aux Walis (préfet) les quantités des produits à stocker.

2.1.3.3. Un système de crédit sans intérêt (RFIG)

Cette mesure liée au système de financement de l'activité agricole a pour but d'améliorer le pilotage financier et faciliter l'octroi, par les pouvoirs publics, des soutiens aux agriculteurs avec séparation de la partie subvention de la partie crédit.

Face aux difficultés d'accès au crédit bancaire liées à la spécificité des activités agricoles et au statut juridique des terres, cette nouvelle politique agricole a institué un nouveau produit bancaire appelé (RFIG) destiné aux agriculteurs et éleveurs. Un crédit accompagnateur sans intérêt qui est totalement pris en charge par les établissements financiers conventionnés avec le ministère de l'agriculture et cela à travers le fond de régulation de la production agricole.

2.2. ÉVOLUTION DE LA CULTURE CÉRÉALIÈRE AU NIVEAU NATIONAL

2.2.1. La superficie

La céréaliculture, d'une manière générale, est pratiquée dans la moitié des exploitations agricoles, qui sont au nombre de 588 621 en 20012. Il est aussi possible de préciser les limites des zones géographiques où la céréaliculture domine. A cet effet, on distingue trois zones céréalières en fonction des qualités de pluie reçues au cours de l'année et des quantités de céréales produites (Chehat, 2005) :

? Une zone à hautes potentialités (Z1) : on y trouve une pluviométrie moyenne supérieure à 500 mm/an, avec des rendements moyens de 20qx/ha (plaines de l'Algérois et Mitidja, bassin des Issers, vallées de la Soummam et de L'Oued El Kébir, vallée de la Seybouse...). Cette zone couvre une SAU de 400 000 ha dont moins de 20% sont consacrés aux céréales.

? Une zone à moyennes potentialités (Z2) : caractérisée par une pluviométrie comprise entre 400 et 500 mm/an, mais sujette à des crises climatiques élevées, les rendements peuvent varier de 5 à 15qx/ha (coteaux de Tlemcen, vallées du Chélif, massif de Médéa...). La zone englobe une SAU de 1 600 000 ha dont moins de la moitié est réservée aux céréales.

? Une zone à basses potentialités (Z3) : caractérisée par un climat semi-aride et située dans les hauts plateaux de l'Est et de l'Ouest et dans le Sud du Massif des Aurès. La

2 Recensement générale agricole 2001

moyenne des précipitations est inférieure à 350 mm par an. Ici, les rendements en grains sont le plus souvent inférieurs à 8qx/ha. La SAU de la zone atteint 4,5 millions d'ha dont prés de la moitié est emblavée chaque année en céréales.

Ces espaces cultivés sont marqués par une forte diversification agro-pédo-climatique, car les variations de la pluviométrie contribuent jusqu'à 50% à la différence des rendements d'une année à l'autre, et où la céréaliculture est difficilement substituable. On remarque que pour certaines années les superficies récoltées ne représentent que le 1/3 des superficies emblavées. On peut expliquer cette situation pat les années de sécheresse qui touchent le pays. (Chehat, 2005).

La pratique de la céréaliculture « intensive » se limite à la portion congrue des zones à vocation céréalière effective qui ne représentent que 14 % des superficies céréalières globales (Cf. Tableau 1 ci-dessous).

Tableau 1. Les principales zones de production céréalière en Algérie (2000/2001).

Zones

Superficies céréalières

Production en céréales

Hectares

%

Tonnage

%

Intensives

454 800

14

688 400

26

Intermédiaires

2 292 000

72

1 852 400

70

Steppe

427 000

13

49 500

2

Sud

24 000

1

47 700

2

Total

3 197 800

100

2 638 000

100

Source : Ministère de l'agriculture, DRDPA, 2002.

D'après le tableau 2 et le graphe 1, les superficies emblavées consacrées aux blés ont connu une légère diminution de (-1.59) % entre 2008 et 2009. Une diminution de (-20.6 %) par rapport à la moyenne 2000-2009, passant ainsi de 2 253 800 ha en 2000 à 1 889 156 ha en 2009. Cette diminution par rapport à 2000 a touché le blé tendre avec une moyenne de (-18 %) et pour le blé dur avec (-2.6 %). De leur côté par contre les superficies récoltées ont augmenté de façon assez significative soit de prés 83 % entre 2008 et 2009, passant ainsi de 1 006 571 ha à 1 848 575 ha. Le blé tendre avec 108,8 % et le blé dur avec 74 %.Comparées à la moyenne 2000-2009, les superficies récoltées ont significativement augmentées presque de 11 %.

Tableau 2 : Répartition des superficies emblavées et récoltées pour les blés entre 2000 et 2009.

Unité : Ha

Période

Blé dur

Blé tendre

Super.Embl(1)

Super.Recol(2)

(2)/(1) %3

Super.Embl(1)

Super.Recol(2)

(2)/(1) %

2000-2001

1419040

1112180

78,4

834760

724230

86,8

2001-2002

1350740

813890

60,3

813770

584570

71,8

2002-2003

1321580

1265370

95,7

812510

782200

96,3

2003-2004

1372495

1307590

95,3

808750

703010

86,9

2004-2005

1314949

1042894

79,3

721248

560850

77,8

2005-2006

1357987

1162880

85,6

700066

620945

88,7

2006-2007

1250617

1187620

95

661094

632257

95,6

2007-2008

1230314

726105

59

641545

280466

43,7

2008-2009

1288264

1262842

98

600892

585733

97,5

Total

11905986

9881371

-

6594635

5474261

-

Moyenne
00-09

1322887,3

1097930,1

83

732737,2

608251

82,8

Évolution
2008/2009
(%)

4,71

74

66,1

-6,3

108,8

123

Évolution
09/Moye
00-09(%)

-2,6

15,02

18,2

-18

-3,7

17,7

Source : fait par nous à partir des données de la DSASI/ MADR.

3 (2)/(1)% : proportions des superficies récoltées par rapport aux celles emblavées (Taux de récolte)

Graphe 1 : Évolution des superficies emblavées et récoltées pour les blés entre 2000 et 2009.

Source : à partir du tableau 2.

Tableau 3 : Répartition des superficies emblavées et récoltées pour les céréales secondaires entre 2000 et 2009.

Unité : Ha

Période

Orge

Avoine

Super.Embl(1)

Super.Recol(2)

(2)/(1) %

Super.Embl(1)

Super.Recol(2)

(2)/(1) %

2000-2001

872080

515690

59,1

58 910

49700

84,4

2001-2002

894900

401400

44,9

71 400

44600

62,5

2002-2003

833510

782380

93,9

77 500

70870

91,4

2003-2004

1029000

915440

89,0

80 547

73960

91,8

2004-2005

1023414

684648

66,9

91 696

61227

66,8

2005-2006

1117715

812280

72,7

90 922

75035

82,5

2006-2007

1057700

971246

91,8

87109

82096

94,2

2007-2008

1195269

435963

36,5

89328

42309

47,4

2008-2009

1275616

1250762

98,1

78372

76582

97,7

Total

9299204

6769809

-

725784

576379

-

Moyenne
00-09

1033245

752201

72,5

80642,7

64042,1

80

Évolution
2008/2009
(%)

6,72

187

168,8

-12,3

81,01

106,3

Évolution
09/Moye
00-09(%)

23,5

66,3

35,2

-2,8

19,6

22,4

Source : fait par nous à partir des données de la DSASI/MADR.

En ce qui concerne les céréales secondaires, le tableau 3 et le graphe 2 montrent que les superficies emblavées réservées aux deux principales espèces (orge et avoine), ont connu une évolution remarquable en 2009 par rapport à l'an 2000, en passant de 930 990 ha à 1353 988 ha, soit l'équivalent d'une augmentation de 20.6% par rapport à la moyenne .2000-2009.

Il en est de même pour les superficies récoltées qui ont augmenté de manière assez significative, car elles enregistrent une différence de 87,7% entre 2009 et 2008, soit l'équivalent de plus de 1097287 ha et par rapport à la moyenne 2000-2009, cette augmentation a touché l'orge en premier lieu avec 66,3% ensuite l'avoine avec 19,6%.

Graphe 2 : Évolution des superficies emblavées et récoltées pour les céréales secondaires
entre 2000 et 2009.

Par rapport à la moyenne 2000-2009, Les données montrent que prés de 80 % des superficies emblavées ont été récoltés pour les quatre espèces ce qui indique qu'il s'agit effectivement d'une certaine volonté des agriculteurs à essayer de relever le défi de produire plus, mais là aussi il faut préciser que dans de nombreux cas l'augmentation de la production et des rendements a été dû à la clémence de la nature qu'au travail des hommes.

2.2.2. La production et le rendement

Dans l'ensemble, les productions céréalières sont passées de 26 575 280 qx en 2001 à 52 521 870 qx en 2009 (Cf. Tableau 4 ci-dessous). Cet accroissement relativement identique pour l'ensemble des espèces a cependant été légèrement meilleur pour le blé dur (40.96 %) et l'orge (35.1%). (Cf. Figure 1).

Tableau 4: La production céréalière selon les espèces entre 2000 et 2009.

Unité : 1000 T

Compagne/Spéculation

Blé dur

Blé tendre

Orge

Avoine

Total

2000-2001

1239

800,3

574,7

43,7

2657,5

2001-2002

951

550,8

416,1

33,5

1951,4

2002-2003

1802,3

1162,6

1222

77,5

4264,4

2003-2004

2001,7

729

1211,6

89

4031,3

2004-2005

1568,7

846

1032,8

77,5

3525

2005-2006

1772,8

915,1

1236

89

4012,8

2006-2007

1529

790

1186,7

92,2

3598

2007-2008

813,8

297,2

396

26,7

1533,6

2008-2009

2001

952,1

2203,4

95,7

5252,2

Moyenne 00-09

1620

876,2

1389

69,7

3425,13

Part (%)

40,96

22,2

35,1

2

100

Source : fait par nous à partir des données de la DSASI/ MADR.

Graphe 3 : Évolution de la production céréalière entre 2000 et 2009.

? Pour ce qui est des rendements

Tableau 5 : Les rendements céréaliers par rapport aux surfaces récoltées entre 2000 et 2009.

Unité : Qx/Ha.

Compagnes

Superficies récoltées (Ha)

Production (Qx)

Rendements (Qx/Ha)

2000-2001

1836410

26575280

14,5

2001-2002

1398460

19514100

14

2002-2003

2047570

42643740

20,8

2003-2004

2010600

40313000

20,1

2004-2005

1603744

35250465

22

2005-2006

1783825

40128100

22,5

2006-2007

1819877

35978580

19,8

2007-2008

1006571

15336140

15,2

2008-2009

1848575

52521870

28,4

Moyenne
(2000-2009)

1842493

39548575

21,4

Source : fait par nous à partir des données de la DSASI/MADR.

D'après le tableau ci-dessus et par rapport à la superficie récoltée (toutes céréales confondues), le rendement moyen est de 21,4 qx sur une sole céréalière récoltée moyenne de 1 848 493 ha, durant la période 2000-2009. Les variations interannuelles sont dues principalement aux conditions climatiques qui restent assez variables d'une année à l'autre et conditionnent fortement les niveaux des rendements et de la production céréalière en Algérie.

2.2.3. Les importations

Les importations jouent un rôle clé dans l'approvisionnement du marché national des céréales. Les très faibles progrès enregistrés par la production domestique de grains condamneront l'Etat à rechercher les moyens d'une gestion rationnelle des approvisionnements à l'extérieur, adaptés aux ressources budgétaires du moment, mais offrant une garantie contre les risques de pénurie et de tensions sociales vis-à-vis aux produits de large consommation telles les céréales et dérivées.

Tableau 6 : Évolution des importations de blés entre 1997/2008.

Unité : 1000T

 

1997/2003

2004

2005

2006

2007

2008

Blés locales

1635

2731

2415

2688

2319

1111

Blés importés

4733

5034

5683

4824

4632

5097

Total disponibles

6368

7765

8098

7512

6951

6208

La part des importations (%)

74,3

64,8

70,2

64,2

66,6

82,1

Source : à partir de différentes collections statistiques officielles (in KELLOU R, thèse master of

science, 2008).

À la lecture du tableau ci-dessus, nous pouvons dire que le déficit constaté est comblé systématiquement par les importations de plus en plus massives et de plus en plus coûteuses, car durant la période (1997-2008), la production locale ne représentait en moyenne que 30 % du total disponible. La quantité importée dépasse en moyenne 4 millions de tonnes par an pour une facture moyenne de 730 millions de $ US (Cf. Graphe 5 ci-dessous).

Graphe 5 : Évolution des quantités importées des blés (tendre et dur) entre 1997/2006.
(En Millions de $ US)

Source : OAIC et Douanes Algériennes, janvier 2007 (in KELLOU R, thèse master of

science, 2008).

2.3. QUESTIONS D'ACTUALITÉ QUANT À LA POLITIQUE AGRICOLE EN MATIÈRE DE RÉGULATION DE LA FILIÈRE CÉRÉALIÈRE EN ALGÉRIE

Il ressort de ce qui précède que des questions importantes se posent de façon récurrente pour le développement de la filière des céréales depuis près de quarante ans car les politiques menées jusqu'ici n'ont pas apporté de réponses satisfaisantes. Ces questions portent sur l'intensification céréalière, la protection de la céréaliculture et le mode de régulation de la filière des céréales.

En effet, la période d'avant 20004 a été marquée par le recentrage du soutien de l'Etat sur la sphère de la production où la politique des prix à la production se limite, désormais, au soutien des seuls blés ainsi que du système de protection tarifaire par l'introduction de la valeur administrée au niveau de la douane en guise de protection de la production locale des farines et de la semoule.

Il faudra attendre toutefois la promulgation du FNDA car cette fois-ci c'est la production proprement dite des céréales qui fera l'objet d'incitations publiques importantes, financées par le FNDA, à travers la mise en oeuvre du programme d'intensification des céréales (PIC) dans les zones potentielles qui s'étendent sur une superficie de 1.2 millions d'hectares. Ce programme, enclenché en 1998, se traduira par l'instauration d'une prime de rendement, la stabilisation des prix garantis aux producteurs, la réduction des taux de crédit pour la mécanisation des labours et la systématisation des préfinancements entre agriculteurs et les CCLS pour l'achat des intrants industriels.

2.3.1. La nouvelle politique d'incitation à la production du PNDA

L'année 2000 a été marquée par la mise en oeuvre du PNDA avec la mise en place d'un dispositif de soutien des cultures de blés (Cf. Tableau 7). Ce dispositif prévoyait :

? le soutien à l'application des itinéraires techniques pour l'intensification de la production céréalière selon les potentialités agronomiques des régions.

? la protection des revenus des agriculteurs à travers des primes à la collecte des blés.

? le soutien aux investissements dans la perspective de la modernisation des exploitations.

4 (1996-2000) orientation des politiques céréalières sur la sphère production.

Tableau 7 : Dispositif de soutien à la production des blés par le FNRDA.

Types d'actions

Développement de la production et de la productivité

Zone intensive

Zone intermédiaires

Travaux du sol (Labours
profonds, croisage)

Montant
plafonné des
soutiens

3000 DA /Ha

-

7500 DA/Ha

5500 Da/Ha

 

Protection des revenus des agriculteurs

Prime à la collecte du blé

Montant
plafonné des
soutiens

Année 2001/2002 : soutien plafonné à : - 570 DA/ Quintal pour blé dur

- 770 DA/Quintal pour blé tendre

Mécanisme

- Prime annuelle fixée en fonctions des différentiels déterminés entre les prix de référence et les prix de revient à l'importation.

- Prime accordée aux exploitants livrant la production aux organismes stockeurs (CCLS, OAIC) et payée par la CNMA

Protection et développement
du patrimoine génétique

Montant
plafonné des
soutiens

% défini par rapport au prix de référence : G1- G4 : 20 %

R1 : 15 %

R2-R3 : 10 %

 
 

Soutien aux produits énergétiques utilisés par les céréaliculteurs

Électricité et carburant

Montant
plafonné des
soutiens

Littoral l- sublittoral : 310 DA/Hectare Hauts plateaux : 520 DA/Hectare

Sud : 610 DA/ Hectare

Source : Ministère de l'agriculture, DRDPA, 2001

Globalement, on remarque que les orientations essentielles du schéma directeur de développement agricole et l'intensification des céréales impliquent, que ce soit en zones favorables ou marginales, que la céréaliculture pluviale sera limitée au niveau des zones les plus appropriées, avec un regain d'intérêt pour l'irrigation d'appoint et totale, facteur essentiel permettant à la fois d'augmenter la production céréalière et la sécurité alimentaire.

Tableau 8 : Évolution des rendements entre 1996/2005. (U= Qx/ha).

 

1996-00

2001-05

Blés

10,3

13,1

Orge

10,6

13,5

Taux de croissance en %

9,57

27,18

Taux de croissance en %

17,78

27,36

Source : à partir des données de l'Observatoire méditerranéen (In DJERMOUNA 2009).

2.3.2. Les principales politiques de régulation

2.3.2.1. Le prix à la production

Le soutien des prix à la production est entamé en 1988 corrélativement à la promulgation du décret N° 88-1535. D'une façon générale, le schéma de fonctionnement du secteur céréalier repose, depuis 2000, sur la politique des prix administrés mis en oeuvre par les pouvoirs publics. Cette politique s'inscrivait dans le contexte plus global des politiques alimentaires qui se donnaient pour objectif fondamental la maîtrise et la stabilisation des prix des produits céréaliers à la consommation sur l'ensemble du territoire. L'évolution de ces politiques de prix connaîtra plusieurs phases indicatrices de la lenteur dans la prise de conscience du caractère structurel du déficit céréalier.

À la lecture du tableau 9, relatif à la période 2000 à 2005, les prix garantis resteront stables pour les blés. Cette stabilité des prix à la production sur le marché intérieur a été dictée par la tendance à la baisse des prix sur les marchés mondiaux, contrairement à ceux de l'orge et de l'avoine qui ont connu une légère augmentation à partir de 2003. Pour la période 2006/2008, on remarque une augmentation de prés de 50% pour le prix des blés au niveau intérieur (Cf. Graphe 6 ci-après). Ceci est expliqué par Le renchérissement des prix à l'importation et l'essor des volumes importés conduiront l'Etat à recourir de plus en plus aux prix comme moyen exclusif d'incitation à l'accroissement de la production locale.

Tableau 9 : Évolution des prix des céréales : prix à la production (y compris prime de la collecte) pour la période 1995/2008.

Unité : DA/Ql.

Espèce

Blé dur

Blé tendre

Orge

Avoine

1995 à 2002

1.900

1.700

1.000

1.100

2003/2005

1.900

1.700

1.400

1.500

2005/2006

2.000

1.800

1.500

1.600

2006/2007

2.100

1.950

1.500

1600

2007/2008

4.500

3.500

2.500

1.600

Source : à partir des données de L'ITGC, 2009.

5 Cf. Décret N° 88-153 du 26 juillet fixant les prix et les modalités de paiement e t les conditions de stimulation de la production des céréales et des légumes secs et réglementant les relations entre les différents opérateurs pour la période allant du 01/08/1988 au 31/09/1990.

Graphe 6 : Algérie, filière blé, évolution des prix nationaux et internationaux entre 1990/2008
. (En dinars courant)

Source : Élaboré par le CIHEAM-IAMM à partir des différentes bases de données : prix importation (COMTRADE, 2008) prix nationaux (JO RADP, Experts), taux de change (Banque Mondiale) 2.3.2.2. L'intégration des céréaliculteurs au marché

Il est évident que l'intégration au marché est devenue de plus en plus forte pour l'ensemble des céréaliculteurs, leurs comportements étant dictés par les signaux provenant du marché cela a eu des effets directs quant à la répartition des cultures céréalières dans l'espace ainsi que sur les systèmes de production et les stratégies des agriculteurs. Il est vrai qu'un examen de l'évolution des quantités collectées par les CCLS montre qu'elles restent relativement modestes par rapport à la production céréalière domestique, soit, en moyenne, 47% pour les blés et prés de 12,5% pour l'orge et l'avoine. Le niveau maximum a été réalisé au cours de l'année 2000, la collecte ayant atteint 52% et 62% de la production moyenne pour les blés dur et tendre (Cf. Tableau 10). Le niveau de collecte pour les céréales secondaire a atteint au cours de l'année 2004, mieux de 16% et 10.5% de la production moyenne pour l'orge et l'avoine (Cf. Tableau 11). Toutefois, l'objectif affiché par les CCLS de collecter toute la production n'a jamais été sérieusement approché (Chehat.2006).

Tableau 10 : Évolution de la production et de la collecte de blés entre 2000/2008.

Unité : 1000T

Période

Blé dur

Blé tendre

Production(1)

Collecte(2)

(2)/(1)%

Production(1)

Collecte(2)

(2)/(1)%

2000

486,3

252,9

52

274

172,2

62,84

2001

1238,9

497,5

40,16

800,3

377,8

47,2

2002

951

225,9

23,76

550,8

178,6

32,43

2003

1802,3

671,9

37,28

1162,6

508,6

43,75

2004

2001,7

685,2

34,23

729

302,8

41,53

2005

1568,7

320,1

20,4

846

121,9

14,4

2006

1772,8

401,1

22,63

915,1

151,7

16,58

2007

1806

350,6

19,42

946

173,9

18,38

2008

935

365,9

39,14

343,7

116,8

33,97

Moyenne

710,7

309,4

45,57

308,9

144,5

48,41

Source : à partir des données de L'ITGC, 2009.

Pour les seuls blés (dur et tendre), la collecte porte en moyenne sur presque la moitié de la production (47%). La part de la production domestique échappant à la collecte par les CCLS est plus grande s'agissant des céréales secondaires destinées à l'alimentation du cheptel (orge et avoine) et dépassent souvent les deux tiers de la récolte. (Chehat.2006).

Tableau 11 : Évolution de la production et de la collecte des céréales secondaires entre 2000/2008.

Unité : 1000T

Période

Orge

Avoine

Production(1)

Collecte(2)

(2)/(1)%

Production(1)

Collecte(2)

(2)/(1)%

2000

163,3

3,18

1,95

8,2

0,20

2,42

2001

574,7

9,74

1,69

43,7

0,68

1,55

2002

416,1

3,67

0,88

33,5

0,18

0,54

2003

1222,0

192,38

15,74

77,5

5,85

7,55

2004

1211,6

197,11

16,27

89,0

9,36

10,52

2005

1032,8

17,17

1,66

77,5

0,99

1,28

2006

1235,9

34,88

2,82

59,0

0,90

1,52

2007

1419,0

49,75

3,51

129,0

2,58

2,00

2008

387,3

22,54

5,82

34,0

1,28

3,76

Moyenne

275,3

12,86

3,88

21,1

0,74

3,09

Source : à partir des données de L'ITGC, 2009.

En définitive, les quantités de céréales non commercialisées et destinées à la consommation
humaine sont relativement marginales puisque les exploitants ont plutôt intérêt à vendre leur
production et acquérir semoule et farine sur le marché, vu le différentiel de prix. Les prix à la

production proposés aux céréaliculteurs par les CCLS étant des prix fixés par décret et qui n'encouragent guère le stockage à la ferme par un système de primes adéquat comme cela se pratique dans de nombreux pays à production abondante, les agriculteurs ont plutôt intérêt à livrer immédiatement après la récolte les quantités de céréales qu'ils considèrent comme excédant leurs besoins. Très vite, l'essentiel de la collecte de la production domestique se concentrera entre le 1er juin et le 31 août de chaque année. Cela aura pour conséquence positive de permettre aux CCLS de faire plus aisément un stockage des importations. (Chehat.2006).

2.3.2.3. Soutien aux intrants céréaliers

2.3.2.3.1. Soutien des prix des produits énergétiques utilisés en céréaliculture

L'importance des charges générées par la consommation du gas-oil et de l'électricité dans la conduite des cultures a amené les pouvoirs publics à consentir un allégement au profit des agriculteurs.

C'est ainsi que le décret n° 97-482 du 15.12.1997 a consacré la décision du Conseil du Gouvernement du 19 Novembre 1997 quant à la mise en place d'une mesure à travers le FNDA pour une enveloppe de un (01) milliard de DA dont :

> 210 millions de DA pour le soutien au prix de l'énergie électrique > 790 millions de DA pour le soutien au gas-oil

Une instruction ministérielle sous le n° 058 SPM du 02.02.1998 relative à la mise en oeuvre de cette mesure est venue compléter le dispositif en vue de son application sur le terrain et une convention MAP/BADR a été signée pour désigner cette dernière comme l'institution financière spécialisée chargée de la mise en oeuvre des actions de soutien.

Pour la simplification des procédures, des amendements complémentaires ont été apportés à l'instruction sus citée en date du 04 mai 1998 sous le n° 187/SPM à savoir :

? le règlement du soutien en une seule tranche;

? l'assimilation des exploitations inférieures à un (01) hectare à celles ayant une superficie de un (01) hectare;

? le remplacement de l'abonnement Sonelgaz par une quittance pour les forages individuels et une déclaration par le bénéficiaire utilisant un forage collectif avec cons-

tat des services de l'agriculture.

Tableau 12 : Superficies soutenues et montants du soutien des prix des produits énergétiques par culture pour l'année 2003.

Spéculation

Superficie soutenue (ha)

Montants (DA)

Total

Électricité

Gas-oil

Total

Électricité

Gas-oil

Céréales

25 470

572 064

597 534

50 172 068

92 374 408

142 546 476

Palmiers

42 760

866

43 626

140 459 052

222 755

140 681 807

P.de terre

3 986

5 586

9 572

5 644 754

729 067

6 373 821

Fourrage

4 441

81 619

86 060

10 002 870

15 050 375

25 053 245

Total général

76 657

660 135

736 792

206 278 744

108 376 605

314 655 349

Source : MADR.2003.

> Au niveau des superficies soutenues

Concernant le soutien de l'énergie électrique, la culture céréalière occupe le deuxième rang après la culture de palmier avec une superficie soutenue de 25.470 ha soit 33.23 % de la superficie totale soutenue.

Quant au soutien du Gas-oil, il est remarqué que la culture des céréales occupe également le premier rang avec une superficie soutenue de 572.064 ha soit 87 % de la superficie totale soutenue.

> Au niveau des montants du soutien des prix des produits énergétiques

Concernant le soutien des prix de l'énergie électrique, la culture des céréales occupe la deuxième place avec un montant de 50.172.068 DA soit 24.3 % du montant total soutenu.

Quant au soutien du Gas-oil, il est remarqué que la culture des céréales occupe également le premier rang avec un montant de 92.374.408 DA soit 85 % du montant total soutenu.

Tableau 13 : Montants du soutien des prix des produits énergétiques par zone pour l'année 2003.

Zone

Montant du soutien
(DA/ha/an)

Électricité

Gas - oil

Sud

3500

128

Hauts plateaux

320

180

Littoral et sublittoral

170

245

Source : MADR.2003. À titre indicatif, il a été procédé à la publication du décret exécutif n° 01-233 du 09 août 2001 modifiant et complétant le décret exécutif n° 97- 482 du 15 décembre 1997 relatif au soutien des produits énergétiques utilisés en agriculture.

Le soutien annuel aux prix de l'électricité et du gas-oil est arrêté à l'hectare, par culture et par zone, comme suit :

? Élargissement du tarif applicable à la tranche sociale de 500 à 1500 kwh ; ? Réduction de 10% du tarif applicable aux activités économiques ;

? Relèvement du niveau de soutien à l'énergie électrique accordé aux agriculteurs de 2500 DA à 3500 DA par hectare.

2.3.2.3.2. Soutiens aux multiplicateurs et producteurs des semences et plants

Vu la loi n° 05-03 du 27 Dhou El Hihja 1425 correspond au 3 février 2005 relative aux semences et plants et à la protection des productions végétales ; l'Etat a mis a la disposition des agriculteurs qui rentraient dans le programme de l'intensification des productions de céréales dont le but est :

? L'amélioration de la production ;

? L'amélioration du rendement (40 Qx /ha en moyenne sous irrigation) ; ? L'irrigation d'appoint sur une grande surface ;

? L'intégration de la filière ;

Ce programme a mis a la disposition des agriculteurs les moyens d'accompagnement d'intérêt économique par :

> La prime accordée aux multiplicateurs de semences et qui est fixée par catégories comme suit :

? G1-G4 : 25% du prix de vente de la semence ;

? R1 : 20% ;

? R1-R3 : 15% ;

> Des prix rémunérateurs, incitatifs pour encourager la production céréalière nationale à raison :

? 4.500 DA/q, pour le blé dur ;

? 3.500DA/q, pour le blé tendre ;

? 2.500DA/q, pour l'orge et 1.600 DA/q pour l'avoine ;

> Le crédit sans intérêt pour l'acquisition des intrants (RFIG) ;

> Le service du guichet unique pour l'acquisition des intrants aux CCLS ;

> Un soutien de 20% du prix de vente des engrais ;

> Un soutien de 25 à 40% pour l'acquisition du matériel agricole (leasing) ; > Un soutien de 60% pour la rénovation des moissonneuses-batteuses ;

> Un soutien de 30% pour la mobilisation de l'eau d'irrigation d'appoint. (Cf. Annexe 3).

Chapitre 2.

Conclusion

L'analyse à laquelle nous venons de procéder à travers ce chapitre fait ressortir au moins deux points essentiels à savoir :

D'une part, l'état dégradé dans lequel se trouve la céréaliculture en Algérie et par la même l'autosuffisance alimentaire et en particulier céréalière reste loin de faire face à une consommation de plus en plus croissante. Le déficit constaté sera comblé systématiquement par des importations de plus en plus massives mais aussi de plus en plus coûteuses.

D'autre part, l'histoire du développement agricole et agroalimentaire en Algérie et ce, depuis l'indépendance, a été marqué par l'instabilité. En effet, il ne se passe pas une décennie sans que soit annoncée une nouvelle réforme mais dont les bilans dressés restent, du moins très mitigés. Cependant, les nouvelles politiques agricoles, se caractérisent en matière de développement du secteur par le recentrage sur la filière agricole et son importance, et c'est entre autres notamment celle de céréales. L'intervention dans le segment de la production est caractérisée par certaine volonté le soutien dés le semis jusqu'à la récolte. Mais, qu'en est-il concrètement sur le terrain ?

Chapitre 3.

Introduction

Le chapitre précédent, qui avait pour objet de donner un aperçu sur l'évolution de la culture des céréales et les modalités de régulation de cette dernière à travers les différents plans de développement agricoles qui se sont succédés au niveau national. Néanmoins, cette tentative à elle seule ne suffit pas à expliquer au niveau du terrain les conditions réelles de formation de l'offre et des revenus des céréaliculteurs. Pour cela un travail de terrain s'impose auprès d'un échantillon ?représentatif? des céréaliculteurs de la région d'étude. Celle-ci doit traiter d'une part l'identification au niveau régional des différentes potentialités agricoles, et d'autre part l'analyse des logiques de fonctionnement socio-économiques qui animent les exploitations agricoles à travers les procès de production et de commercialisation des céréales au niveau zonal.

3.1. PRÉSENTATION DE LA WILAYA

3.1.1. Présentation du milieu physique

La Wilaya de Khenchela se situe à 500 Km au Sud-est de la capitale Alger. Elle appartient à la zone naturelle des hauts plateaux Est, et se localise dans l'extrême sud de celle-ci. La Wilaya de Khenchela s'étend sur une superficie de 9 811 km2, dont une importante partie est utilisée par l'agriculture.

3.1.2. Organisation administrative

La wilaya de Khenchela est composée de 21 communes réparties entre 8 Daïras comme cidessous :

· Daïra d'Ain Touila.

· Daïra d'El Mahmel (Tazougart).

· Daïra de Babar.

· Daïra de Bouhmama qui comprend les communes de :

I Chelia I Yabous

· Daïra de Chechar qui comprend les communes de :

1' Khirene

v' El Oueldja v' Djellal

v' Msara

v' Seïar

v' El Hamma

1' Ensigha (Tamayourt)

v' Tamza

· Daïra de Kais qui comprend les communes de :

1' Baghaï

v' Fais (Tawazyanet)

v' Remila 1' Mtoussa

· Daïra d'Ouled Rechach (Zoui).

· Daïra d'El Mahmel (Tazougart).

3.1.3. Limites géographiques

La Wilaya de Khenchela (Cf. Annexe 4) est limitée par

1' la Wilaya D'Oum El Bouaghi au Nord ;

v' les Wilayas de Batna et Biskra au Sud Ouest ;

1' la Wilaya d'El Oued au sud ;
v' la Wilaya de Tébessa à l'Est;

3.1.4. Population et ressources humaines

La wilaya compte une population de 467 954 habitants. (Estimation 2010). La population active est évaluée à 40 % de la population totale et est à la recherche d'une valorisation. La répartition de la population active est comme suit : 41 % dans l'agriculture, 10 % dans l'industrie, 11 % dans les travaux de bâtiment, 38 % dans les services.

3.1.5. Tourisme et artisanat

Pour les atouts touristiques de la wilaya on peut citer :

v des sites naturels (forêts, oasis, gorges, cantors, voies panoramiques, ...),

v' des ruines romaines et historiques (175 sites répandus à travers les communes de M'sara - Kheirane - Mahmel - Chechar- R'mila- Yabous),

v' des sources thermales (Hammame Salhine, Hammame K'nif),

v' Quatre autres sources thermales ne sont pas exploitées.

3.1.6. Le relief

De part sa position géographique et ses caractéristiques bioclimatiques, la wilaya a une vocation agro-sylvo-pastorale et saharienne. Elle recèle des potentialités non négligeables mais sous exploitées. Elle comprend quatre grandes unités naturelles caractérisées comme suit :

3.1.6.1. Une zone de plaines

Celle-ci couvre 145.000 ha (soit 15 % du territoire) et composée principalement du bassin du taref, qui regroupe 24 % de l'effectif ovin et 52 % de l'effectif vaches laitières dont 71 % relèvent de la race dite moderne et améliorée.

3.1.6.2. Une zone de montagnes

Elle s'étend sur une superficie de 169.653 ha (soit 36 % du territoire), dont 145.611 ha de terres forestières. Elle abrite 35 % de l'effectif caprins et 25 % de l'effectif vaches laitière dont 82 % relèvent de la race locale.

3.1.6.3. Une zone steppique

C'est une zone de parcours, s'étendant sur 539.803 ha, qui constitue une ressource importante pour l'alimentation du cheptel et continue de supporter plus de 65 % du cheptel ovin et 53 % de l'effectif caprin en raison de la présence d'un relief montagneux assez important.

3.1.6.4. La zone saharienne

S'étendant sur 110.000 ha, elle reste favorable à la mise en valeur, moyennant une exploitation rationnelle des ressources naturelles, notamment à travers la céréaliculture en irrigué comme on le verra plus loin. Cependant elle reste l'espace naturel accueillant le cheptel transhumant pendant l'hiver (azaba).

3.1.7. Le climat

La Wilaya par sa morphologie et sa localisation dans le grand domaine aride, se caractérise par cinq (05) sous étages bioclimatiques dits :

? Semi Aride Inférieur : de 350 à 450 mm constitué par la zone montagneuse du NordOuest à vocation forestière.

? Aride supérieur : de 250 à 350 mm représenté par les hautes plaines du Nord, habituellement occupées par une céréaliculture aléatoire à tendance pastorale en raison de l'évolution négative du climat .

? Aride moyen: de 200 à 300 mm, représenté par la zone montagneuse centrale (Monts des Nemamcha), à vocation steppique.

? Aride inférieur: de 100 à 200 mm constitué par la zone présaharienne où dominent les parcours présahariens.

? Hyper - aride : Inférieur à 100 mm constitué par une partie du plateau saharien qui représente le support de la mise en valeur des terres par l'APFAMV, la concession et la grande mise en valeur.

Tableau 14 : Principaux données climatiques.

 

Zone de mon-
tagnes

Zone de
plaines

Zone steppique

Zone saha-
rienne

Étage bio-
climatique

Semi aride infé-
rieur (350-450
mm). Influence
saharienne su ver-
sants Sud.

Aride supérieur
(250-350
mm).Gelée tar-
dive et sirocco
précoce.

Aride inférieur à moyen (100- 300 mm). In- fluence saha- rienne marquée.

Hyperaride
<100mm. Am-
plitudes ther-
miques accen-
tuée.

Température

Variant de -5°C à
40°C.

Variant de -2°C
à +45°C.

Variant de 1°C
à 48°C.

Variant de 3°C
à 50° C.

 

Source : DSA Khenchela (In SRAT 2008).

3.1.8. Sols et eau

Tableau 15 : Répartition du sol et eau selon les zones.

 

Zone de mon-
tagnes

Zone de plaines

Zone steppique

Zone saharienne

Type de
sols

Bruns calcaires.
Calcimagnesiques.

Peu évolué.
Calcimagne-
siques.
Halomorphes.

Calcimagne-
siques.
Minéraux bruts.

Peu évolués.
Halomorphes.

Ressources
en eau

Potentialités hy-
driques moyennes à
faibles.

Faibles et diffi-
cilement renou-
velables.

Superficielles
faibles et souter-
raines très
faibles et non
renouvelables.

Souterraines im-
portantes mais
non renouve-
lables.

 

Source : DSA Khenchela (In SRAT 2008).

Selon les zones naturelles de la wilaya de Khenchela et à partir le tableau 2, on peut constater que :

? Pour la zone de plaines, trois classes de sols sont présentées :

- Peu évolués d'apport alluvial à caractères d'holomorphie secondaires. - Calcimagnesiques à caractères d'holomorphie secondaire.

- Halomorphes.

Cette zone possède des potentialités hydriques moyennes à faibles.

? Pour la zone de montagnes, le sol est classé en deux catégories, l'un est un sol brun calcaire avec litière pauvre et l'autre est un sol calcimagnesique. Cette zone représente aussi des potentialités hydriques moyennes à faibles.

? Les sols de la zone steppique relèvent de deux catégories, l'un est de type calcimagnésique à aspect squelettique, caillouteux et à structure peu stable et l'autre est de type minéraux bruts.

? La zone saharienne (notre zone d'étude) est caractérisée par deux types de sols, un sol peu évolué à caractère halomorphe, non structuré, l'autre est un sol halomorphe. Les ressources en eaux dans cette zone sont d'origine souterraine fortement disponible mais généralement non renouvelable.

3.2. DIAGNOSTIC DU SECTEUR AGRICOLE

3.2.1. La SAT et la SAU

La superficie agricole totale de la wilaya s'élève à près de 963 961 ha. La superficie agricole utile (SAU) représente 232 534 ha soit 24% de la SAT, ce rapport au niveau national est de : (20%). Rapportée à la population, la SAU par habitant est de 0,58 ha/habitant, ce qui est un bon rapport comparativement au niveau national (0,20 ha/habitant).

Tableau 16 : Répartition de La Superficie Agricole Totales (SAT).

 

SAU

Pacages et parcours

Forets

Alfa

Autres

Total

Superficie (ha)

232534

466804

145611

42000

77012

963 961

%

24,12

48,42

15,1

4,35

8

100

 

Source : DSA de Khenchela, 2010.

Fig.4 : Répartition de la superficie agricole totale (SAT).

Source : à partir du tableau 16.

Tableau 17 : Répartition de la Superficie Agricole Utile (SAU).

Spéculation

Superficie (ha)

%

CÉRÉALES D'HIVER

101 602

43,7

FOURRAGES

13557

5,8

ARBORICULTURE RUSTIQUE

17148

7,4

MARAICHAGE

2340

1,01

JACHÈRE

97165

41,8

PHOENICICULTURE

719

0,31

PLASTICULTURE

3

0,001

Total

232 534

100

 

Source : DSA Khenchela, 2010.

On remarque que les céréales dominent le système de production de la wilaya. Elles occupent en effet prés de 45% de la SAU et 42% si on compte la jachère qui leur est associée.

Fig.5 : Répartition de la SAU.

Source : à partir du tableau 17.

3.2.2. Les exploitations agricoles

Tableau 18 : Répartition des exploitations par nature juridique.

TYPE D'EXPLOITATION

NOMBRE

SAU (ha)

%

EAC

406

22271

9,58

EAI

3674

30994

13,33

PRIVE

30480

101534

43,66

APFA

893

71115

30,58

CONCESSION

92

510

0,22

INSTITUTS, ÉCOLES

45

6110

2,63

Total

35 545

232 534

100

 

Source : DSA de Khenchela, 2010.

La wilaya de Khenchela compte 35 545 exploitations agricoles dont plus de 80% sont de nature juridique privée. Elles occupent en effet plus de 40% de la SAU. En deuxième position viennent les terres par la mise en valeur (APFA) qui représentent 30% de la SAU. Les terres du domaine privé de l'Etat (EAC+EAI) ne représentent que 23% de la SAU.

Fig. 6 : Répartition de la SAU par nature juridique.

Source : à partir du tableau 18.

3.2.3. Les ressources hydriques destinées à l'irrigation

Tableau 19 : Les ressources en eau destinées à l'irrigation.

Ressources

Nombre

Volume/Débit

Barrages

2

43,5 hm3 dont 01 envasé à 100%

Puits

4441

3.109 l/s

Forages

2616

18.312 l/s

Sources

212

424 l/s

 

Source : DSA de Khenchela, 2010.

Cependant, la SAU irriguée ne représente que 38 035 ha soit seulement 17% de la SAU totale. La répartition de la SAU irriguée est comme suit :

Tableau 20 : SAU irriguée par spéculation.

SPÉCULATION

SUPERFICIE (ha)

%

CÉRÉALES D'HIVER

16792

44,1

FOURRAGES

1000

2,6

ARBORICULTURE

17184

45,2

MARAICHAGE

2340

6,2

PHOENICICULTURE

719

1,9

Total

38 035

100

 

Source : DSA de Khenchela.2010. Fig.7 : SAU irriguée par spéculation.

Source : à partir du tableau 20.

Nous remarquons que la céréaliculture représente prés de 44,1% de la SAU irriguée, car elle a toujours représenté une spéculation dominante dans la wilaya de Khenchela et par rapport aux autres spéculations : l'arboriculture rustique (45,2%), les cultures maraîchères (6,2%), les fourrages (2,6%) et la phoeniciculture (1,9%).

Dans les faits les différents modes d'irrigation se présentent comme suit : Tableau 21 : Répartition de la SAU irriguée par mode d'irrigation.

MODES D'IRRIGATION

SAU (ha)

%

GRAVITAIRE

22 205

58,4

ASPERSION

15 722

41,3

LOCALISÉE

108

0,3

Total

38 035

100

 

Source : DSA de Khenchela.2010.

On constate que le mode d'irrigation gravitaire, qui est source de gaspillage, reste dominant

dans la wilaya avec plus de 58% de la SAU irriguée. De son coté l'irrigation localisée reste encore très marginale.

Fig.8 : SAU irriguée par mode d'irrigation.

Source : à partir du tableau 21.

3.2.4. L'élevage

Tableau 22 : Effectifs de l'élevage (Moyenne quinquennale 2004-2009).

CATÉGORIE

EFFECTIF MOYEN

BOVINS

16.215 dont 10.816 Vaches laitières

OVINS

299.607 dont 203.732 Brebis

CAPRINS

55.537

ÉQUINS

484

AVICULTURE CHAIR

656.642

AVICULTURE PONTE

92.100

APICULTURE (RUCHES)

21.749

 

Source : DSA de Khenchela, 2010.

3.2.5. Les céréales dans la wilaya de Khenchela

Le tableau 23 retrace l'évolution de la production céréalière dans la wilaya de khenchela et ce, en fonction de l'évolution des superficies ensemencées, récoltées et de la pluviométrie.

Tableau 23 : Évolution de la superficie, productions et rendements céréaliers entre 2001/2009.

Camp

Su-
per.Embl
(Ha)

per.Recol
(Ha)

Su-Production

(Qx)

Rendement (1)
(Qx/ha)

Collecte
(Qx)

%

Pluv
(Mm)

2001/2002

107 544

22 579

690 080

30,6

251 412

36,4

368

2002/2003

84 601

79 656

1 799 360

22,6

791 715

44

540,1

2003/2004

98 000

97 400

1 235 500

12,7

632 888

51,2

525,6

2004/2005

83 130

63 765

984 000

15,4

452 653

46

412,3

2005/2006

100 434

60100

1 080 000

18,0

518 421

48

537,7

2006/2007

99 500

87 855

798 150

9,1

464 880

58,2

484

2007/2008

95 040

12 860

194 000

15,1

113 905

58,7

320

2008/2009

99 810

95 694

1 504 000

15,7

1007 673

67

682

Moye

96 007

64 989

1 035 636

17

529 193

51

484

 

Rendement (1) : rendement par rapport aux superficies récoltées.

Source : DSA Khenchela.2009.

Les superficies emblavées annuellement tournent autour d'une moyenne de 96 000 ha soit 33% de la SAU, les rendements sont faibles (une moyenne de 17 Qx/ha sur8 ans) et nous remarquons que la production est irrégulière et évolue en corrélation de la pluviométrie autour d'une moyenne 1 035 636 Qx, le niveau moyen de collecte (La CCLS est l'organisme collecteur) demeure moyen et se situe à 51% de la production réalisée. Cependant, il y'a lieu de préciser que les compagnes 2002/2003, 2003/2004, 2005/2006 et 2008/2009 peuvent être qualifiées d'assez bonnes comme confirmé par les services de la DSA. D'une part les superficies ensemencées étaient importantes et les précipitations relativement bien réparties dans le temps et l'espace. Cependant l'écart existant entre les compagnes en termes de rendement a un effet sur les agriculteurs locaux, ce qui décourage ces derniers à accroitre les superficies emblavées surtout lorsque la pluviométrie reste faible; cela a un coût et le risque est grand surtout dans le cas d'une céréaliculture pluviale ; aussi l'irrigation d'appoint serait la bien venue pour permettre une extension des superficies voire de meilleurs rendements et une confiance plus grande dans la pratique de la céréaliculture dans cette région.

Graphe. 7 : Évolution du rendement céréalier en fonction de la pluviométrie entre 2000/2010

Source : à partir du tableau 23.

Chapitre 3.

Conclusion

A travers la monographie de la wilaya de Khenchela, il apparait que cette région, quifait partie de la steppe Est, est caractérisée par son climat semi-aride. Avec une do-

minance de l'agriculture et l'élevage, il n'y a pas beaucoup d'activités économiques. La wilaya s'étend sur une superficie de 9 811 km2. La superficie agricole totale (SAT) est de l'ordre de 963 961 ha, dont 101 602 ha consacrés à la céréaliculture, soit plus de 10%. La production agricole végétale de la wilaya se résume principalement en la culture des céréales. La culture des céréales au niveau de la zone d'étude est menée en irriguée, sur une superficie de 16 000 ha. Nous allons tenter d'approfondir la caractérisation des systèmes de production dans le chapitre suivant à travers des données recueillies auprès des agriculteurs enquêtés.

Chapitre 4.

Introduction

Partant des données recueillies au niveau du terrain, dans ce chapitre nous allons essayer de présenter les principales caractéristiques des exploitations enquêtées et de leurs systèmes de production. Cette présentation constitue un préalable au calcul du revenu des céréaliculteurs locaux. Nous analyserons les données concernant : l'exploitant et l'exploitation, la structure foncière et l'utilisation des terres, la force de travail au sein de l'exploitation, les caractéristiques des terrains possédés et des systèmes de culture céréaliers, enfin les coûts de production et la rentabilité du système de culture céréalier.

4.1. PRÉSENTATION DE LA RÉGION D'ÉTUDE (FIGURE 1)

L'enquête a été menée dans la région sud de Khenchela, plus précisément sur le périmètre irrigué `Goujil'. Cette région appartient administrativement à la commune de Babar, et occupe environ 70500 ha l'équivalent de 717 km2 (soit 7% de la superficie totale de la wilaya). La céréaliculture occupe à elle seule 16 000 ha. La zone caractérisée par un climat hyperaride où les précipitations sont inférieures à 100 mm, est constituée par une partie du plateau saharien qui représente le support de la mise en valeur des terres par l'APFA, la concession et la grande mise en valeur. La zone demeure toutefois relativement bien arrosée et dispose d'un potentiel d'irrigation répartie en 15 périmètres. Notre périmètre d'étude occupe une superficie de 7000 ha soit 10% de la superficie de la zone.

Batna

Tebessa

Biskra

Oum El Bouaghi

El Oued

Schéma cartographique
de la zone d'étude

57

Figure 1 : Localisation de la zone d'enquête.

4.2. IDENTIFICATION DES EXPLOITATIONS ET DES ACTIVITÉ

4.2.1. L'échantillon

Tableau 24 : Répartition de l'échantillon par nature juridique.

Statut juridique

Nombre d'exploitations

Fréquence %

APFA

18

60

PRIVE

12

40

Total

30

100

 

Source : à partir des données de l'enquête, 2010/2011.

Pour rester le plus possible représentatif du terrain, notre échantillon est constitué de 60% d'exploitations appartenant au domaine de l'APFA6 (soit 18 exploitations) et de 40% d'exploitations relevant du secteur privées (soit 12 exploitations).

Fig.9: Nature juridique de l'échantillon.

Source : à partir du tableau 24. Tableau 25 : Répartition de l'échantillon selon l'ancienneté des exploitations.

Ancienneté de l'exploitation (an)

Nombre

Fréquence %

0 à 10

7

23,33

11 à 15

12

40

16 à 30

11

36,66

Total

30

100

 

Source : à partir des données de l'enquête, 2010/2011.

L'ancienneté des exploitations est un critère important non seulement pour la bonne gestion,
mais aussi pour le choix de la nature et la qualité des intrants agricoles. Au niveau de notre
échantillon, la majorité des exploitations enquêtées ont une ancienneté supérieure à 10 ans

6Cf. loi n° 83-18 du 13 août 1983, relative à l'accession à la propriété foncière agricole (APFA).

soit environ 77 %, fait que les agriculteurs possèdent une expérience c'est à dire un certain savoir-faire dans l'installation et la conduite des cultures. Les moins de 10 ans d'ancienneté ne représentent que 23 % des exploitations enquêtées (soit 7 sur 30).

N.B. : le classement de notre échantillon selon l'ancienneté est basé sur la date de l'installation des exploitations jusqu'à la compagne 2010/2011.

Fig.10: L'ancienneté des exploitations enquêtées.

Source : à partir du tableau 25.

4.2.2. L'âge des agriculteurs

Tableau 26 : Répartition de l'échantillon selon l'âge des exploitants.

Age (ans)

Nombre d'exploitants

Fréquence %

25-40

10

33,33

41-60

18

60

Plus de 60

2

6,66

Total

30

100

 

Source : à partir des données de l'enquête, 2010/2011.

La majorité des sujets enquêtés sont des agriculteurs « de père en fils » et 18 sur 30 d'entre eux se situent dans la tranche d'âge (41-60 ans). Le fait remarquable est que ces agriculteurs continuent à travailler leurs terres jusqu'à un âge avancé voire très avancé. D'ailleurs, 2 des 30 agriculteurs enquêtés se situent dans la tranche (plus de 60ans). Les moins de 40 ans, plus précisément, ceux qui se situent dans la tranche d'âge (25-40 ans) ne représentent que 10 agriculteurs sur 30 soit 33% par rapport au total. Il y'a là en effet une cause, c'est que parmi ces derniers beaucoup veulent changer de métier. C'est le cas généralement de la plupart des

jeunes agriculteurs qui pensent que d'autres secteurs (comme par exemple le commerce informel) sont beaucoup plus attrayant et rémunérateurs.

Fig.11 : L'âge des agriculteurs enquêtés.

Source : à partir du tableau 26.

4.2.3. Le chef d'exploitation


· Êtes-vous le chef d'exploitation ?

Tableau 27 : Répartition de l'échantillon selon le chef d'exploitation.

Réponse

Nombre

Fréquence %

Oui

16

53,33

Non

14

46,67

Total

30

100

 

Source : à partir des données de l'enquête, 2010/2011.

On sait que l'exploitation agricole est considérée comme un centre de décision, la nature du système de production dépend de l'importance de la superficie, du travail et du capital. Pour une meilleure gestion de ces éléments, la décision doit être prise par le chef d'exploitation. Dans notre cas, la majorité des agriculteurs sont chef d'exploitation. D'ailleurs, 16 sur 30 agriculteurs sont chef d'exploitation (soit 53%)

Fig.12 : Réponse des agriculteurs.

Source : à partir des données du tableau 27.

4.2.4. Niveau d'instruction

Tableau 28 : Répartition de l'échantillon selon le niveau d'instruction.

Niveau d'instruction

Nombre

Fréquence %

Primaire

18

60

Collégial

6

20

Secondaire

6

20

Total

30

100

 

Source : à partir des données de l'enquête.2010/2011.

Même si les agriculteurs sont dotés d'une grande expérience, il n'en demeure pas moins que 18 (soit 60%) de l'effectif enquêté n'ont qu'un niveau primaire - souvent ne dépassant pas les niveaux de 2 à 3 ans de scolarisation-voire carrément sans instruction. À l'opposé seuls 20 % d'entre eux ont un niveau du secondaire.

Cet état de fait pose un problème de fond pour une agriculture sensée être développée et modernisée à l'avenir. Que ce soit au niveau de la vulgarisation agricole, la mise en oeuvre des politiques et des stratégies ou encore au niveau du suivi des itinéraires techniques, le faible niveau d'instruction des agriculteurs constituerait toujours une contrainte de taille en matière de maitrise des itinéraires techniques et donc des niveaux d'intensification de la production agricole voire ici céréalière menée de manière plus moderne (irrigation par pivot. etc....).

Fig.13 : Niveau d'instruction des agriculteurs enquêtés.

Source : à partir des données du tableau 28.

4.2.5. Activités hors exploitations


· Avez-vous une autre activité hors exploitation ?

Tableau 29 : Répartition de l'échantillon selon l'activité exercée.

Type d'activité

Nombre

Fréquence %

Autre que l'agriculture

11

36,66

Agricole

19

63,34

Total

30

100

 

Source : à partir des données de l'enquête.

Ces données nous confirment que l'agriculture n'est pas l'unique source de revenu, car plus de 36% des enquêtés ont une autre activité, souvent dans le commerce ou dans la fonction publique.

Fig.14: Activités hors exploitation.

Source : à partir des données du tableau 29.

4.2.6. La force de travail

Tableau 30 : La nature de la main d'oeuvre dans les exploitations enquêtées pour la campagne 2010/2011.

Type de main d'oeuvre

Nombre

Fréquence %

Permanente

23

31,50

Saisonnière

11

15,06

Familiale

39

53,44

Total

73

100

 

Source : à partir des données de l'enquête.

La force de travail au sein des exploitations enquêtées varie naturellement en fonction des superficies. L'effectif permanent au sein des exploitations est constitué de 23 permanents (occupant des parcelles ou la totalité de l'exploitation pendant toute la compagne agricole), ils représentent plus de 30%, 11 saisonniers (ceux qui travaillent à la plantation, l'irrigation et la

récolte), soit 15 % de l'effectif global. Par sa part la main d'oeuvre familiale représente plus de la moitié de l'effectif (soit 53%), les exploitations qui font le plus appel à cette catégorie de main d'oeuvre ont généralement des superficies inférieures à 20 ha.

N.B. : pour la main d'oeuvre permanente où le travail pendant la compagne se réalise par des travailleurs sous le nom (fellahs), leur rémunération prend sa part dans les bénéfices dégagés après la vente de la production. Dans notre cas d'étude la part était fixée de 1/3 des bénéfices. Le recours à ce genre de rémunération est marqué beaucoup plus par les moyennes exploitations.

Fig.15 : Nature de main d'oeuvre au sein des exploitations enquêtées.

Source : à partir des données du tableau 30.

4.3. STRUCTURE FONCIÈRES ET UTILISATION DES TERRES

4.3.1. Le foncier

La propriété foncière agricole dans le périmètre d'étude varie de 20 à plus de 100 ha. Son origine est souvent liée à l'héritage avec parfois un recours à l'achat pour l'extension. Les revenus des précédentes campagnes constituent la principale source de financement de ces extensions foncières. La mise en culture de ces anciennes terres nécessite généralement des travaux d'aménagement (défoncement, nivellement, protection...). L'utilisation actuelle de ces terres concerne le secteur irrigué, avec des superficies comprises entre 15 et 50 ha.

Tableau 31 : Répartition des exploitations enquêtées selon la SAT.

Catégorie

Superficie en ha

Nombre

Fréquence %

Moyennes

20-50

12

40

Grandes

51-100

10

33,33

Très grandes

= 100

8

26,67

 

Total

30

100

 

Source : à partir des données de l'enquête.2010/2011.

Le tableau montre que la classe des superficies comprises entre 20 à 50 ha regroupe12 exploitations (soit 40%), suivie de la classe entre 51 à 100 ha (33% de l'effectif total). Les superficies supérieures à 100 ha représentent 8 exploitations (soit 27%), c'est-à-dire prés du tiers des exploitations enquêtées possèdent des superficies dites relativement importantes.

Fig.16: La SAT des exploitations enquêtées.

Source : à partir des données du tableau 31. Tableau 32 : Répartition des exploitations enquêtées selon la SAU.

Type d'exploitation

Superficie en ha

Nombre

Fréquence %

Petites

0 à 19

5

16,67

Moyennes

20 à 50

14

46,67

Grandes

50 et +

11

36,66

 

Total

30

100

 

Source : à partir des données de l'enquête.

Le classement de notre échantillon selon la SAU, nous a permis de faire ressortir 3 types d'exploitations. Pour la classe allant de 0 à 19 ha les exploitations sont au nombre de 5 soit plus de 16 % de l'effectif global ; La classe 20 à 50 ha, soit 14 exploitations, représente 50% de l'effectif. La classe 50 ha et plus est représentée par 36,66 %.

N.B. : Pour la superficie comprise entre 50 ha et plus, ce sont des exploitations dont les propriétaires sont des multiplicateurs disposant de contrats de performances avec les organismes collecteurs notamment la CCLS.

Fig. 17 : La SAU des exploitations enquêtées.

Source : à partir des données du tableau 32.

Tableau 33 : Répartition des exploitations enquêtées selon le nombre des parcelles.

Nombre des parcelles

Nombre des exploitations

Fréquence %

2 à 4

17

56,66

5 à 7

13

43,33

Total

30

100

 

Source : à partir des données de l'enquête.2010/2011.

Le tableau ci dessus montre que la majorité des exploitations pratiquent le système d'assolement d'où que 17 sur 30 exploitations possèdent en moyenne 2 à 4 parcelles (soit 57% de l'effectif global), et que les 13 autres exploitations possèdent en moyenne 5 à 7 parcelles, ce qui montre que la diversification des systèmes de culture augmente généralement avec la taille des exploitations.

Fig.18: Nombre moyen de parcelles possédé par les exploitations enquêtées.

Source : à partir des données du tableau 33.

4.3.2. L'irrigation

Les exploitations enquêtées disposent de forages pour l'irrigation à partir des nappes phréatiques dont la profondeur varie de 60 à 100 m. De création entre (1982-2007), ces forages sont équipés par un système de pompage et de stockage de l'eau (pompe immergée et bassin d'accumulation) et par un réseau d'irrigation comportant parfois différents types de conduites : seguia en terre, enrouleurs, installation «goutte à goutte». Bien que l'eau utilisée pour l'irrigation soit relativement chargée, aucune exploitation ne dispose d'un réseau de drainage.

Tableau 34 : Répartition des exploitations enquêtées selon la SAU irriguée.

Superficie irriguée en ha

Nombre d'exploitations

Fréquence %

0 à 19

5

16,67

20 à 40

18

60

40 et +

7

23,33

Total

30

100

 

Source : à partir des données de l'enquête, 2010/2011.

Ce tableau est réalisé sur la base de critère suivant : un forage irrigue en moyenne 30 ha (non à la fois) en plantation mais selon la saison et la nature du système de culture pratiqué. Donc à partir de ce tableau, on peut constater que la classe 0 à 20 ha en irrigué regroupe 8 exploitations sur 30 soit plus de 26 % de l'effectif global ; la classe de 20 à 40 ha regroupe 18 exploitations (60 % par rapport au total) ; la classe 40 et plus regroupe 4 exploitations soit plus de 13 : ce sont généralement des exploitations qui possèdent deux forages au minimum.

Fig.19 : La SAU irriguée des exploitations enquêtées.

Source : à partir des données du tableau 34.

· Utilisez-vous les équipements/ouvrages hydrauliques suivants ?

Tableau 35 : Équipements et ouvrages hydrauliques utilisés par les exploitations pour la campagne 2010/2011.

Équipements/ouvrages hydrauliques

En individuel

En collectif

Puits

-

-

Forage(s)

~

-

Motopompe(s)

-

-

Bassin(s) d'accumulation

-

-

Autres

-

-

 

Source : à partir des données de l'enquête.2010/2011.

La seule source d'irrigation pour les exploitations enquêtées est le forage individuel.

· Quel type d'énergie utilisez-vous pour ces équipements ?

Tableau 36 : Type d'énergie utilisée pour l'irrigation par les exploitations pour la campagne 2010/2011.

Type d'énergie

Réponse

Le gasoil/Diesel/Essence Électricité

Autres

~

 

Source : à partir des données de l'enquête, 2010/2011.

La mobilisation de l'eau d'irrigation dans les exploitations enquêtées nécessite l'énergie électrique.

· Quel(s) type(s) du système d'irrigation utilisez-vous ? Tableau 37 : Répartition des exploitations enquêtées selon le système d'irrigation.

Type d'irrigation

Nombre d'exploitation

Fréquence %

Gravitaire (100%)

17

56,66

Gravitaire+Goutte à goutte

3

10

Gravitaire+Appoint

7

23,33

Gravitaire+Goutte à goutte+Appoint

3

10

Total

30

100

Source : à partir des données de l'enquête.2010/2011

Les données du tableau montrent la généralisation de l'irrigation gravitaire à l'ensemble des exploitations enquêtées, et parmi lesquelles 17 exploitations soit 57% de l'effectif utilisent le système gravitaire à 100%. Le goutte à goutte se trouve chez 6 exploitations (soit 20%) alors que l'irrigation d'appoint est pratiquée par prés de 10 exploitations (soit 33 % de l'effectif global). Cette diversité des systèmes d'irrigation est expliquée par la diversité des systèmes

de cultures au sein des exploitations enquêtées et la nature de la production dominante dans la région reste la céréaliculture.

N.B. : le sol dans la zone d'enquête est caractérisé par sa grande porosité et donc un assèchement rapide ce qui explique la dominance du système gravitaire.

Fig.20: Les systèmes d'irrigation utilisés par les exploitations enquêtées.

Source : à partir des données du tableau 37.

4.3.3. Subventions et soutiens aux agriculteurs


· Avez-vous reçu des subventions ou des aides spécifiques depuis l'année 2000 ?

Tableau 38 : Nature des subventions aux agriculteurs enquêtés depuis 2000.

Nature des subventions

Nombre des
agriculteurs

Fréquence
%

(Goutte à goutte+bassins d'accumulation + plants d'arbres
fruitiers dont (palmier dattier et olivier)

6

46,15

Engrais, Énergie et Travail du sol

7

53,85

Total

13

100

Source : à partir des données de l'enquête, 2010/2011.

En ce qui concerne les subventions, seuls 13 sur les 30 agriculteurs enquêtés en ont bénéficies. Dans le même sens, 7 sur 13 agriculteurs (plus de 50 % des bénéficiaires) ont bénéficié de la subvention des engrais et du travail du sol, notamment pour la culture des céréales. De leur coté, les 6 autres ont bénéficié dans le cadre du PNDA de la subvention de plantations et d'équipements d'irrigations comme par exemple pour le palmier et l'olivier.

N.B. : En ce qui concerne la subvention de la céréaliculture. Le programme d'intensification céréalière (PIC) avait prévu que pour chaque opération réalisée, aussi bien à l'amont qu'à l'aval l'agriculteur acquiert une subvention, alors qu'actuellement la subvention est fixée uniquement en aval après la récolte et le dépôt chez la CCLS.

Fig.21 : Nature des actions subventionnées.

Source : à partir des données du tableau 38.

4.4. LE FONCTIONNEMENT DES EXPLOITATIONS

Pour appréhender les caractéristiques, les modalités et la logique de fonctionnement des exploitations étudiées, nous avons identifié trois composantes principales du système de production : le système de culture, la production agricole et le revenu agricole. Ces éléments nous permettent d'identifier les différentes logiques de fonctionnement et de reproduction.

4.4.1. L'occupation du sol

Tableau 39 : Occupation du sol pour la campagne (2010-2011) chez les différentes catégories d'exploitations.

Type d'exploitation

SAU
(ha)

Céréales
(ha)

Maraichage
(ha)

Jachère
(ha)

Autres
(ha)

Petites

80

60

13

7

-

Moyennes

493

385

30

62

16

Grandes

918

701

69

125

23

Ensemble

1491

1146

112

194

39

%

100

76,86

9,77

13,01

2,62

Source : à partir des données de l'enquête.2010/2011.

On remarque d'après le tableau que l'ensemble des exploitations enquêtées pratiquent des systèmes de production diversifiés. Les céréales demeurent la spéculation dominante elles occupent en 2010-2011, pour l'échantillon des exploitations étudiées, 76.86 % de la SAU. La jachère s'étend sur 13 % de la SAU et la superficie réservée aux cultures maraichères est de 9,77 %.

Par groupe d'exploitations, les céréales sont également la culture dominante puisqu'elles représentent, quel que soit le groupe considéré, plus de 76 % de la SAU du groupe. Mais quelques nuances sont à souligner en matière de culture de maraîchage qui occupe environ de 16 % de la SAU des petites exploitations, 6 % des exploitations moyennes et 7,5 % des grandes exploitations et par laquelle l'irrigation est un élément important.

Fig.22 : Occupation moyenne du sol pour l'échantillon enquêté (2010/2011).

Source : à partir des données du tableau 39.

4.4.2. Système de culture et coûts de production

L`ensemble des exploitations pratiquent un système de polyculture, parfois associé à un élevage familial. Cette polyculture concerne l'arboriculture, la céréaliculture et les cultures maraîchères. La présence de toutes ces spéculations est justifiée par un souci de complémentarité entre les productions agricoles, aussi bien pour les besoins de l'autoconsommation que pour ceux de la commercialisation.

4.4.2.1. Le système de culture céréalier

Le système de culture céréalier pratiqué par les exploitations de la zone d'étude est du type semi-intensif. L`orge et le blé dur sont les deux principales céréales cultivées par les agriculteurs et le blé tendre est également à destination `frique `. Les semences utilisées ont deux origines différentes, locale (`Tichedrett` pour l'orge, `Hedba' pour le blé dur et `HD1220 (rouge)' pour le blé tendre) et étrangère par approvisionnement auprès de la CCLS. Elles sont soit autoproduites soit achetées sur le marché. Les techniques culturales sont simplifiées et elles se limitent aux semailles, au labour à la fertilisation et à la récolte. Toutes les opérations sont aujourd'hui mécanisées. Le recours à la location du tracteur est régulier (à raison de 700 Da/heure de labour).

Malgré l'irrigation, Les productions et les rendements connaissent une irrégularité interannuelle très remarquable. Les rendements enregistrent des niveaux de 10 à 35 qx/ha pour l'orge et 12 à 26 qx/ha pour les blés.

Tableau 40 : Répartition des parcelles réservées aux céréales pour la campagne (2010-2011) selon le type d'exploitation.

Type d'exploitation

Nombre des parcelles

Parcelles réservées aux céréales

Petites

15

8

Moyennes

58

29

Grandes

61

28

Ensemble

134

65

%

100

48,51

Source : à partir des données de l`enquête.2010/2011.

La lecture de tableau nous permet de constater que les parcelles réservées aux céréales pour les trois catégories des exploitations enquêtées ont une relation avec leur taille. Cependant, la culture des céréales occupe dans l'ensemble 65 parcelles soit plus de 48 % du total. Par groupe d'exploitation, il apparait qu'il y a une certaine tendance à dire que plus la taille des exploitations augmente plus le rapport : (parcelles réservées aux céréales/nombres des parcelles totales) tend à baisser, car pour les petites exploitations ce rapport représente 53.33% suivi des moyennes exploitations avec 50% et enfin pour les grandes exploitations le rapport est de 45.9%. Par conséquent, le système de culture céréalier présent en grande partie dans les petites et les moyennes exploitations.

La question pertinente qui semble se poser à ce niveau est celle de savoir quelle est la ten-dance qui domine au sein du système céréalier lui-même ?

Tableau 41 : Type d'exploitations enquêtées et structure du système céréalier pour la campagne 2010/2011.

Type d'exploitation

Céréales (ha)

Blé dur (ha)

Blé tendre (ha)

Orge (ha)

Petites

60

39

6

15

Moyennes

385

258

62

65

Grandes

701

325

132

244

Ensemble

1146

622

200

324

%

100

54,28

17,45

28,27

Source : à partir des données de l`enquête.2010/2011.

Le tableau montre que la part relative des superficies des trois types de céréales dans les su-
perficies totales cultivées est totalement différente pour l'ensemble des exploitations enquê-
tées. Au sein du système céréalier lui- même, le blé dur représente la grande part avec plus de

54 % (622 ha) suivi par l'orge avec 28,27 % (324 ha) et le blé tendre avec plus de 17 % (200 ha).

Par groupe d'exploitation, la tendance est inégale et reste caractérisée par la dominance des superficies réservées au blé dur 65 et 67 % respectivement dans les petites et les moyennes exploitations contre 47 % pour les grandes exploitations.

Fig.23 : Structure moyenne du système céréalier dans les exploitations enquêtées.

Source : à partir des données du tableau 41.

Tableau 42 : Rendements moyen par espèce et par type d'exploitations pour la campagne 2010/2011.

Cultures

Indicateurs

Type d'exploitations

Moyenne

Petite Moyenne Grande

 

Effectif d'exploitations

1

1

1

-

Blé dur

Superficie (ha)

19

22

50

-

Production(Qx)

385

484

1447,5

772,16

 

Rendement moyen (Q/ha)

20,26

22

28,95

23 ,73

 
 

Effectif d'exploitations

1

1

-

-

Blé tendre

Superficie (ha)

6

20

-

-

Production(Qx)

84

332

-

208

 

Rendement moyen (Q/ha)

14

16,6

-

15,33

 

Effectif d'exploitations

1

-

1

-

Orge

Superficie (ha)

5

-

51

-

Production(Qx)

140

-

1617

878,5

 

Rendement moyen (Q/ha)

28

-

31,7

29,85

 
 

Totales des
céréales

Superficie (ha)

30

42

101

-

Production(Qx)

609

816

3064,5

1496,5

 

Rendement moyen (Q/ha)

20,3

19,42

30,34

23,35

Source : à partir des données de l'enquête, 2010/2011.

Le but recherché par la présentation de cette distribution consiste tout d'abord à cerner les limites de signification des rendements en termes de moyennes et d'examiner les différenciations susceptibles d'exister selon les cultures.

Le tableau permet de dégager les résultats suivants :

Pour le blé dur, nous relevons que pratiquement le niveau de rendement sur les trois catégories d'exploitations tourne autours de 23 quintaux par ha. Pour le blé tendre, on remarque que la catégorie des moyennes exploitations reste légèrement plus productive avec un rendement moyen de 16,6 qx/ha. Pour l'orge, il est remarquable de constater que les rendements par type d'exploitations même s'ils restent peu différenciés puisqu'ils varient entre 28 et 31qx/ha au minimum, ils restent toutefois beaucoup plus élevés que ceux obtenus dans les cas du blé dur et surtout du blé tendre ,ce qui illustre parfaitement un pouvoir plus élevé d'adaptation de cette culture à des situations pédoclimatiques variées. En ce qui concerne les trois céréales, ces résultats font apparaître la convergence sur les trois types d'exploitations en termes de

rendement quelle que soit la taille des exploitations. Nous pouvons donc conclure que les résultats globaux obtenus, confirment l'intérêt des chefs d'exploitations enquêtés quant au choix de la variété encore plus importante.

4.4.2.2. Les coûts de production

Pour calculer les coûts de production, il est nécessaire que tous les paramètres puissent être exprimés en valeur. Or, un certain nombre d'intrants proviennent de l'exploitation (semences, travail familial...). Ne transitant pas par le marché, ils ne sont donc pas sanctionnés par un prix. D'autre part, dans notre cas, une partie de la production de grains (et de paille parfois) est prélevée par l'agriculteur au titre de l'autoconsommation ou de dons en nature. Dans notre cas, nous avons choisi d'opter pour la culture de blé dur car elle est la plus représentative chez les agriculteurs de la zone. Dans notre cas, nous avons basé sur une fiche technique élaborée par l'ITGC (Cf. Annexe 1). On peut donc regrouper les composantes du coût selon qu'elles ont exprimées réellement en termes monétaires ou non. Ainsi, les charges monétaires principales comprennent :

? Les engrais,

? Les semences achetées,

? Les produits phytosanitaires,

? La main-d'oeuvre salariée,

? Les travaux à façon exécutés par des tiers, ? La charge locative ou la valeur locative. ? La récolte et le transport.

Exception faite à la valeur de la terre, car cette charge pose peu de problèmes puisqu'elle n'a pas un coût réellement connu. La solution courante est de prendre en considération la valeur locative de la terre par campagne et selon les zones (données agro-pédologique et surtout possibilité ou non d'irrigation).

4.4.2.2.1. La terre

Pour l'ensemble des exploitations enquêtées, il est difficile d'estimer le coût de la terre. Pour la majorité des exploitations, le prix moyen de location d'une parcelle de 30 ha en bon état avec son forage pour une campagne est d'environ de 450 000 DA, soit un coût de 15 000 DA/ha et à peu prés l'équivalent en nature de 3,5 quintaux de blé dur.

4.4.2.2.2. Le travail du sol

D'après les résultats de l'enquête, le travail du sol chez l'ensemble des exploitations repose sur les opérations suivantes :

4.4.2.2.2.1. Labour profond

Le tableau 43 (ci-après), montre que pour l'ensemble des exploitations, le seul matériel utilisé pour cette opération est la charrue à 3 disques moyennant un prix unitaire de 700 DA/heure, généralement la date de cette opération se situe entre Août et Septembre.

Tableau 43 : Date et coût du labour concernant l'échantillon enquêté pour la campagne 2010/2011.

Date

Type de matériel

Dose

Prix unitaire

Août-Septembre

Charrue à 3 disques

1 fois

700 DA/heure

Source : à partir des données de l'enquête.2010/2011.

Généralement un hectare exige 2 heures de labour, soit un coût de 1 400 DA/ha.

4.4.2.2.2.2. Reprise de labour

D'après les données de l'enquête, la reprise de labour est réalisée entre les mois de Septembre - Octobre, cette fois-ci le matériel utilisé est le cover-crop à raison d'un prix unitaire de 600 DA/heure. (Tableau 44, ci-après).

Tableau 44 : Date et coût de reprise du labour.

Date

Type De Matériel

Dose

Prix Unitaire

Septembre-Octobre

Cover-crop

1 fois

600 DA/heure

Source : à partir des données de l'enquête.2010/2011. En ce qui concerne notre échantillon, une heure de cover-crop semble être suffisante pour un hectare de terre. Soit un coût de 600 DA/ha.

4.4.2.2.3. La fertilisation

D'après les résultats de l'enquête, on a relevé que pour l'ensemble des exploitations le coût en fertilisation variait selon le mode d'utilisation. Deux types de fertilisations sont réalisés à savoir de fonds et foliaires (Cf. Tableau ci-après).

Tableau 45 : Date et coût de fertilisation.

Type d'engrais

Date

Nature

Dose par ha

Prix unitaire

Mode d'utili- sation

Prix unitaire

Engrais phos- phatés

Après la- bour

TSP 46%

50 kg/ha

5800 DA/Ql

Épandeur

400 DA/heure.

Engrais azotés

Après se- mis

Urée 46%

50 kg/ha

5800 DA/Ql

Épandeur

400 DA/heure.

*Le coût de fertilisation pour un hectare

=

*Un hectare exige une demi-heure d'épandeur. Source : à partir des données de l'enquête, 2010/2011.

Soit un coût de fertilisation de 6 200 DA/ha.

4.4.2.2.4. Le semis

D'après les résultats de l'enquête, on a trouvé que la majorité des exploitations enquêtés qui sont au nombre de 20, ont utilisé pour le semis des variétés locales (Cf. Figure 16) dont le prix unitaire moyen est fixé selon le prix de marché. A cet effet, le tableau 46 montre la différence entre les prix unitaire selon les catégories de semences et le lieu d'achat.

Tableau 46 : Coût et origine des semences pour l'échantillon enquêté pour la campagne 2010/2011.

Nbre d'exploitations

Lieu d'achat

Prix unitaire selon l'espèce (Da/Ql)

Blé dur

Blé tendre

Orge

20

Marché

4100

3400

2200

10

CCLS

5400

4250

3100

Source : à partir des données de l'enquête.2010/2011. Fig.24 : Origines des semences utilisées.

Source : à partir des données du tableau 46.

Nous constatons que 67% des variétés de semences utilisées par les agriculteurs sont produites localement ; il faut savoir tout d'abord que celles-ci coûtent moins cher que les variétés étrangères. Ensuite, le fait de s'approvisionner auprès de la CCLS locale leur revient beau-coup plus cher en termes de coûts de transport par exemple. Enfin, d'après certains agriculteurs enquêtés, les variétés locales sont mieux adaptées au climat de la zone et sont plus résistantes aux maladies. Pour d'autres, c'est juste parce qu'ils n'ont pas le choix, les variétés étrangères sont plus rares sur le marché local.

4.4.2.2.5. Les traitements phytosanitaires

Nous avons remarqué lors de l'enquête, que les agriculteurs utilisent des produits phytosani-
taires pour lutter contre les maladies, les parasites et pour que leur production soit accepté par
la CCLS. La quantité, le coût unitaire et la nature du matériel utilisée sont presque les mêmes.

Pour qui concerne le coût unitaire moyen par hectare, il se calcule comme dans le tableau ci- après : (Tableau 47, ci-après).

Tableau 47 : les coûts des principaux produits phytosanitaires utilisés pour l'échantillon enquêté pendant la campagne 2010/2011.

Type de PPS

Nature

Dose (l/ha)

Prix
unitaire

Matériel
utilisé

Prix
unitaire

Herbicide

Anti-dicotylédones Damine 40

0,5

900

Pulvérisateur

400

Source : à partir des données de l'enquête.2010/2011. Pour notre échantillon, le traitement d'un hectare consomme une demi-heure de pulvérisateur Donc le coût du traitement phytosanitaires plus la location du matériel spécialisé est de :

(900/2) + (400/2) = 650 DA/ha. 4.4.2.2.6. L'irrigation

Dans la majorité des exploitations enquêtées, un hectare de céréales nécessite au minimum 5 irrigations, la différence se réside dans la quantité d'eau d'irrigation par parcelle. Comme l'eau dans les exploitations enquêtées est d'origine des forages individuel et sans coût (gratuit). Pour avoir de l'eau au niveau des parcelles, le pompage se fait à l'aide des pompes immergées à l'intérieur des forages, ces dernières consomment de l'énergie électrique, dans ce cas l'agriculteur doit payer la consommation d'électricité au niveau de l'unité SONELGAZ régionale (Cf. Image ci-dessous).

Pour calculer le coût d'électricité nécessaire pour irriguer un hectare de céréales, on s'est basé sur les informations suivantes :

? En prenant en considération les charges de deux trimestres où l'irrigation se réside dans ces derniers.

? Pour notre échantillon, les céréales prennent les 2/3 d'irrigation pendant la compagne, ce qui a touché les 2/3 des charges d'électricité.

? À fin d'estimer les charges destiné aux céréales, on les a converties pour un hectare et on a trouvé :

Pour les céréales le coût (x) est calculé selon la formule suivante :

Par application, on trouvé :

Et comme l'exploitation dispose de 19 ha des céréales, le coût moyen par hectare est de :

3089,53 DA/ha.
Image : Les deux factures d'électricité de l'exploitation. Payées, le 21 Janvier 2011 et le 04 Mai 2011.

4.4.2.2.7. La récolte

Dans la majorité des exploitations enquêtées, la récolte nécessite le recours à la location de moissonneuses batteuses, où les charges de récolte ont une relation avec la superficie emblavée, avec un coût de 2800 Da/ha, le nombre d'heures nécessaire varie selon l'état de la terre, (pente, oueds...etc.). En moyenne un hectare consomme une heure et demie. Le matériel utilisé le plus souvent la moissonneuse de type `CLAAS'. La difficulté qui se pose à ce niveau relève les charges de la main d'oeuvre pour la récolte. Elles sont évaluées auprès des agriculteurs enquêtés, là un coût estimé à 300 Da /ha. Soit au total des charges de récolte estimées à

4500 DA/ha.

Tableau 48 : Estimation du coût de production d'un hectare de blé dur pour la campagne 2010/2011.

33425

Charges d'exploitation

 

Approvisionnement en intrants et autres

Matériel et main-d'oeuvre

Nature

Quantité/ha

Coût en DA

Matériel

Nbre
d'heure
/ha

Prix uni- taire( DA)

Mon-
tant
total

en DA

Coût/unité

Coût/
ha

Labour

 
 
 
 

Charrue

2

700

1400

Engrais phosphatés

TSP 46%

50 kg

5800 da/ql

2900

Épandeur

30
minutes

400

3100

Reprise

 
 
 
 

Cover-
crop

1

600

600

semis

 

75 kg

4100 da/ql

3075

 
 
 

3075

Herbicide-anti dicotylé-
dones

Damine 40

0.5L/ha

900 da/l

450

Pulvéri-
sateur

30
minutes

400

650

Engrais azoté

Urée 46%

50 kg

5800 da/ql

2900

Épandeur

30
minutes

400

3100

Irrigation+électricité

 
 
 

3089,5
3

 
 
 

3089,
53

1er

 
 
 
 
 
 
 

2 e

 
 
 
 
 
 
 

3 e

 
 
 
 
 

4 e

 
 
 
 
 
 
 
 

5 e

 
 
 
 
 
 
 
 

Récolte+main d'oeuvre

 
 
 
 

Mois-
sonneuse
batteuse

1,5

2800
+300

4500

Transport+main d'oeuvre

 
 
 
 
 
 
 

700

Bottelage

 

26 bottes

 
 

Botte-
leuse

 

50
da/
botte

1300

la terre

 
 
 
 
 
 
 

15000

Total coût avec irrigation

 
 
 
 
 
 
 

36514
,53

Totale cout sans irriga-
tion

 
 
 
 
 
 
 
 

Source : à partir des données de l'enquête .2010/2011.

Rentabilité de la culture :

En irrigué :

Rendement en grain : 20-30 Qx/ha

Rendement en paille : 26-55 bottes/ha

Prix d'un quintal en grain : 4500 DA

Prix moyen d'une botte de paille : 100-160 DA. En conditions pluviales (sans irrigation) : Rendement en grain : 14 Qx/ha

Rendement en paille : 13-20 bottes/ha Prix d'un quintal en grain : 4500 DA

Prix moyen d'une botte de paille : 100-150 DA.

4.5. LE REVENU DANS LES EXPLOITATIONS

4.5.1. La structure du revenu

4.5.1.1. Les charges variables

En ce qui concerne les charges variables, la différence enregistrée au niveau de leur calcul pour ce qui est des différent types d'exploitations céréalières réside dans le fait que les petites et les moyennes en matière d'achat des semences font recours au marché où les prix d'achat sont souvent assez variables.une autre différence réside dans les charges de mains d'oeuvre temporaire recrutée à ce type de mains d'oeuvre pour des opérations ponctuelles (récolte, chargement et transport) tandis que pour les exploitations de plus grande taille les travaux sont généralement assurés par une mains d'oeuvre permanente.

Tableau 49 : Estimation des charges variables par hectare de blé dur.

Nature des charges

Quantité

Montant en DA

%

Location de matériel

6 heures+1e botteleuse+1camion*

85001

39,14%

Semences

75 kg

3075

14,36%

Fertilisation

 

5800

26,71%

Protection phytosanitaire

 

650

3%

Électricité

 

3089,53

14,22%

Main d'oeuvre

1

300

1,38%

Total

 

21414,53

100

1/Le montant en DA de la location du matériel

*Le coût de transport est calculé comme suit : (100 DA/Ql d'où un camion peut transporter en moyenne 40 quintaux)

Source : à partir du tableau 26.

Les charges variables sont constituées essentiellement par les charges de location du matériel et les charges de la fertilisation, qui représentent en moyenne plus de 39% et 26 %.

Fig.25 : Les composantes des charges variables.

Source : à partir des données du tableau 49.

4.5.1.2. Les charges fixes

Les charges fixes sont essentiellement constituées par les amortissements. Pour l'exploitant il s'agit d'amortissement des charges de réalisation du forage pour bénéficier de l'eau au niveau des parcelles. (Forage, pompe immergée et équipements, enrouleur en plastique...). Le calcul de l'amortissement du forage et ses équipements s'est fait par rapport aux prix pratiqués à la date de réalisation du forage. Dans notre cas, le forage a été réalisé en 2005.

Tableau 50 : Estimation des charges fixes par hectare de blé dur.

Nature d'amortis-
sement

Quan-
tité

Montant
en DA

Annuité
d'amortisse-
ment
2 en DA

Part des céréales

3En Da

4En Da/ ha

Forage

1

800000

133333,33

88888,89

4678,36

Pompe immergée

1

120000

20000

13333,33

701,75

Câble d'électricité

120 m

25000

4166,67

2777,78

146,2

Enrouleur

80 m

1300

216,67

144,44

7,6

Compteur

1

7500

1250

833,33

43,86

Digencteur

1

1500

250

166,67

8,77

Terre

1 ha

15000

-

-

15000

Total

 

970300

159216,7

106144,4

20586,5

2/Annuité d'amortissement en DA = Montant d'acquisition ou de réalisation en DA/6 ans+coût de la terre.

3/Part des céréales dans l'amortissement en DA= (Annuité d'amortissement en DA ×(2/3)).

4/Part des céréales dans l'amortissement en DA/ha= Part des céréales dans l'amortissement en DA/ 19 ha+ coût de

la terre.

Source : à partir des données de l'enquête.2010/2011.

4.5.2. Calcul du revenu

Le revenu est calculé à partir des données collectées auprès du propriétaire de l'exploitation et à partir des factures tels que le bon d'entrée chez la CCLS de la wilaya et le décompte définitif livré par la CCLS au concerné et contenant le montant en DA (Cf. Annexe 5 et 6 respectivement).

Globalement le revenu moyen réalisé annuellement par l'exploitation et par un hectare est de l'ordre de 30000 Da. La production vendue auprès de la CCLS contribue à elle seule à 84% à la formation de ce revenu moyen. La Structure des revenus est marquée par des différences notables entre les exploitations. Ces différences concernent aussi bien la structure globale du revenu que les contributions respectives de chacune de ses composantes.

La structure des systèmes de production influe de manière importante sur le niveau du revenu
selon par exemple que l'on fasse plus de blé dur que le blé tendre et l'orge ou inversement. En
ce qui concerne le revenu moyen par ha nous constatons qu'une forte majorité d'exploitations

(vingt) ne dispose que d'un revenu de 2 à 50000 Da/ha (Cf. Tableau 51). Le reste des exploitations (dix) dont la profession est la multiplication et la production des semences, où l'achat et l'écoulement de la production sont assurés par La CCLS à un prix plus valorisant (5100 Da /ql) et si on suppose que le rendement étant le même, le revenu réalisé dans ce cas est beau-coup plus important (5 à 80000 da/ha). Par ailleurs l'analyse comparative du revenu agricole des exploitations, ne peut se faire que sans examiner l'efficacité financière de la maind'oeuvre familiale sur l'exploitation. Cet examen nous permet de faire les commentaires suivants :

- Le revenu agricole dans vingt exploitations dites de type familial de notre échantillon reste presque du même niveau. La main-d'oeuvre familiale mobilisée sur l'exploitation se traduit par un travail agricole non rémunéré et qui n'est compensé que partiellement par l'autoconsommation à raison d'une moyenne de 75% de la valeur ajoutée nette crée par ce type de travail. Par contre chez les 10 autres exploitations qui sont producteurs des céréales de multiplication, le fait de signer le contrat de multiplication avec la CCLS (Cf. Annexe 7), et aux propriétaires de bénéficier du soutien selon l'opération tout le long de la campagne, ce qui la réduire les charges engagées et facilite la formation d'un important revenu. En ce qui concerne la main d'oeuvre employée sur ces exploitations, leur rémunération est liée au revenu réalisé car le travail réalisé est conditionnée par un engagement dans les charges dés le début de la campagne (estimé à 1/3 des charges), et qui n'est compensée que par le 1/3 de la valeur ajoutée nette.

- Pour les autres spéculations tel le blé tendre, malgré les faibles rendements, il reste intéressant pour les producteurs locaux de continuer à le produire, car dans la pratique il est valorisé aussi à travers la production du `frique' (qui se vend en moyenne 180 Da/kg, soit 18000 Da/ql). Soit plus de 4 fois son prix moyen sur le marché.

Tableau 51 : Estimation du prix de revient d'un hectare de blé dur pour la campagne 2010/2011.

Nature

Quantité

Prix unitaire en Da

Montant en Da/ha

Location de matériel

6 heures+1e botteleuse+1camion

 

8500

Semences

75 kg

4100

3375

Fertilisation

 
 

5800

Protection phytosanitaire

 
 

650

Électricité

 
 

3098,53

Main d'oeuvre

1

 

300

Total des charges variables

21414,53

Forage

1

 

4678,36

Pompe immergée

1e

 

701,75

Câble d'électricité

120 m

 

146,2

Enrouleur

80 m

 

7,6

Compteur

1

 

43,86

Digencteur

1

 

8,77

Terre

1 ha

 

15000

Total charges fixes

20586,5

Total des charges

42001,03

Produit en grains pour 19 ha

385 qx

 
 

Produit en pailles pour 19 ha

494

 
 

Production en grains vendue

336,6 qx

4500

79186,255

Production en pailles vendue

494

160

4160

Production autoconsommé

38 qx

4100

8200

Production donné

10 qx

 

2158

Volume destiné au salaire

0

 

0

Produit brut

 
 

93704,256

Valeur ajoutée brute

 
 

72289,727

Marge nette

 
 

71089,728

Valeur ajoutée nette

 
 

51703,229

Revenu agricole

 
 

38777,4110

Source : à partir des données de l'enquête 2010/2011.

Note :

5/Montant calculé sur la base suivante : [(4500 da ×336,6 qx) -taxes-refacturation-frais de services + transport]/19ha.

6/PRODUIT BRUT = Valeur totale de la production = [Volume de production vendue x prix unitaire au moment de la vente] + [Volume de production autocon-

sommé x prix moyen pendant la période d'autoconsommation] + [Volume de production donné x prix moyen pendant la période de don] + [Volume destiné au

salaire x prix moyen pendant la période du travail]/19 ha.

7/VALEUR AJOUTEE BRUTE (VAB) = [produit brut - Consommations Intermédiaires (semences, engrais minéraux et organiques, électricité ...)].

8/MARGE NETTE = VALEUR AJOUTEE BRUTE - Salaires.

9/VALEUR AJOUTEE NETTE (VAN) = valeur ajoutée brute-Amortissements.

10/REVENU AGRICOLE = VALEUR AJOUTEE NETTE - Affectations. Dans notre cas les affectations représentent 25% de la valeur ajoutée nette (rééquipement

de l'exploitation, achat des engrais,...)

Chapitre 4.

Conclusion

A travers ce chapitre, nous avons présenté les caractéristiques générales des exploitations enquêtées. La majorité des sujets enquêtés ont une seule source de revenu qui est l'agriculture avec une forte présence de la tranche d'âge qui varie entre 40 - 60 ans. La plupart des exploitants ont un faible niveau de scolarisation, voire ici sans scolarisation. Le morcellement des terres reste assez marqué et varie entre 2 - 7 parcelles par exploitations de plus environ 46 % d'entre elles possèdent moins de 50 ha. Les parcelles du labour constituent généralement plus de la moitié de superficie. Ces terres proviennent généralement de l'héritage. Le faible niveau de performance des moyens de production obtenus a poussé les agriculteurs à diversifier leurs systèmes de productions. Par ailleurs, il semble que l'expérience que possèdent les agriculteurs et que les mauvaises conditions pédoclimatiques locaux ont également poussé les agriculteurs à pratiquer le système d'irrigation gravitaire. C'est le cas pour plus de 56% des exploitations enquêtées. Cette situation a eu comme conséquence l'augmentation de la taille des parcelles réservées aux céréales et a encourager les agriculteurs à se lancer dans un processus d'intensification de la céréaliculture. Les cultures les plus dominantes sont le blé dur et l'orge, ces cultures sont menées de plus en plus en irrigué.

Cependant les niveaux des rendements et des productions réalisés sont restés à un niveau relativement faible malgré l'irrigation car par comparaison entre rendement moyen de 14 qx/ha (obtenu en céréaliculture pluviale au niveau régional) et un rendement moyen de 23 qx/ha (obtenu au niveau zonal et en irrigué). Il y'a là l'existence d'un problème technique de maitrise de la production céréalière qu'il faut tenter de dépasser. Pour notre part, nous considérons que ceci s'explique en partie par les pratiques culturales des agriculteurs. En effet, nous pensons que la pratique de la céréaliculture reste marquée par :

- Un faible niveau de mécanisation (utilisation quasi-exclusive du semoir) ; - Un désherbage presque inexistant ;

- Une fertilisation très insuffisante et approximative.

Par ailleurs il a été démontré à travers le monde que ce sont des actions bien menées autour de ces opérations qui ont permis d'augmenter la production. Bien entendu, il ne s'agit nullement de transférer des technologies basées sur d'importants investissements et une utilisation accrue des inputs d'origine industrielles mais d'appliquer

des itinéraires techniques approuvés par les institutions techniques (ITGC) et qui ont démontré une marge de progrès considérable d'une part et pour pouvoir bénéficier de certaines mesures de soutiens et de changements d'autre part.

Toutefois l'introduction de l'irrigation par forage a permis de mettre en valeur des terres qui là auraient été vouées à plus de désertification, d'apport de l'eau d'irrigation est devenu l'élément moteur du développement agricole et agroalimentaire et de stabilisation du monde rural dans ces zones mêmes si les niveaux des rendements et des revenus réalisés à l'hectare ne sont pas des plus performants. Une telle expérience a le mérite d'avoir été lancée.

CONCLUSION GÉNÉRALE

L'objet de notre travail a été d'essayer de comprendre et d'analyser le comportement des agriculteurs face aux politiques agricoles menées depuis 2000 à travers une étude de cas dans la zone sud de la wilaya de Khenchela. Il s'agit d'étudier les effets de ces politiques sur l'évolution de production céréalière et la formation des revenus des agriculteurs. Nous considérons que ce type d'analyses et d'informations pourrait être utile pour les décideurs politiques et les gestionnaires des espaces agricoles et de l'eau.

L'analyse des résultats de notre enquête nous permet de distinguer au moins deux groupes de conclusions, l'une portant sur l'impact des mesures prévues par les pouvoirs publics sur l'évolution des différentes exploitations et leur production dans la zone d'étude. L'autre portant sur les stratégies développées par les producteurs locaux et les résultats obtenus dans le cadre de la mise en valeur des terres semi-arides à l'irrigué :

En ce qui concerne l'impact sur l'évolution des exploitations, nous trouvons que le rôle du travail et du revenu céréalier réalisés par l'écoulement de la production ont constitué des éléments privilégiés quant à l'analyse de l'évolution de la filière céréale et des exploitations, car le travail, la mobilisation et l'affectation du revenu mettent en jeu l'ensemble des éléments de l'exploitation qu'ils soient directement et indirectement impliqués dans le processus de régulation de la production agricole. C'est à ce niveau que sont le mieux saisis les éléments qui entrent en jeu dans la dynamique d'évolution de l'exploitation.

> Les exploitations à logique de subsistance : nous avons regroupé les exploitations dont la production céréalière est faiblement consacrée à la CCLS. Ceci n'implique pas pour autant une autarcie. Le recours au marché a lieu d'une part pour la commercialisation des excédants agricoles (permettant l'achat d'intrants nécessaires intrant a la production et des compléments alimentaires non produits à la ferme)et, d'autre part, en raison de la faiblesses des revenues monétaires tirés de l'exploitation, par le recours obligatoires aux autres revenus, soit de type agricole par le travail chez d'autre agriculteurs comme main d'oeuvre temporaire. Les exploitations qui obéissent à une logique de subsistance sont généralement des petites exploitations, qui ont connu peu de transformation par rapport au système de production traditionnel (association céréaleélevage) et qui commence à intégrer de plus en plus les marchés des produits agricoles par des accroissements tentatives des capacités productives en réduisant la jachère et une plus grande diversification des productions, c'est par exemple l'introduction de la culture des légumes secs à côté de la culture des céréales.

> Les exploitations à logique paysanne : ce type d'exploitations a les mêmes caractéristiques que les exploitations de subsistance, mais l'exploitation joue ici un double rôle (produire pour l'autoconsommation et pour le marché afin d'obtenir un revenu monétaire). Plus intégrées, en raison de la commercialisation systémique, d'une partie des produits agricoles, leur système de production reste toutefois centré sur des produits dont la destination principale est la satisfaction des besoins alimentaires de la famille. Ce sont généralement des moyennes exploitations.

> Les exploitations à logique commercial : nous avons regroupé ici des exploitations dont la production céréalière est essentiellement, voire exclusivement, destinée à la vente. Il ne s'agit pas seulement d'un accroissement des volumes produits mais bien d'un choix de production diffèrent qui révèle d'autres relations avec l'exploitation. Ce sont généralement de grosses exploitations dont les capacités de production sont plus élevées par suite à une plus grande volonté d'intensification des productions voire ici la multiplication et la production des semences.

En ce qui concerne l'impact sur les stratégies des agriculteurs de la zone d'étude, l'analyse des caractéristique des systèmes de production qui caractérisent les exploitations agricoles nous a permis de constater l'existence de tendances.

-Au changement des systèmes de production et de culture. Au niveau des petites exploitations, le changement consiste plus particulièrement en intégration des cultures maraichères ainsi que l'adoption d'un système céréalier qui semble être tourné de plus en plus vers la commercialisation.

-Au changement dans les formes de solidarité familiales se caractérisant notamment par la substitution dans les grandes exploitations du travail familial non rémunéré au travail salarié.

-A l'adoption de nouvelles cultures et techniques culturales par les grandes exploitations agricoles. Ces exploitations agricoles, quelque soit leur statut juridique, deviennent de plus en plus attentives à la logique et aux incitations du marché.

Par ailleurs il a été démontré à travers ce travail que les actions menées par les pouvoirs publics au travers de différents plans de développement agricole auront comme objectifs l'augmentation de la production et de la productivité des céréales en même temps que la stabilisation des populations rurales et la préservation des terres par la mise en valeur en facilitant l'exploitation des ressources naturelles et plus particulièrement l'eau.

Comprendre les modalités d'adaptation des dispositifs de politiques agricoles à la diversité des espaces productifs passe nécessairement par une analyse économique renouvelée, intégrant des éléments relatifs au contexte agro-économique, socioculturelles et politiques des régions agro-écologiques nous constatons des formes différenciées de la production agricole tant au niveau zonal qu'au niveau national, qui en terme de diversification des cultures, doivent être soutenues par l'administration centrale.

Notre travail de recherche essaie de croiser des approches à la fois de nature statistique et microéconomique pour tenter de fournir de nouveaux éléments quant à l'analyse et la compréhension des principaux déterminants de l'évolution de la production agricole et agroalimentaire dans notre pays.

THÈSES ET MÉMOIRES

BOUAMMAR B. (2000). « Les changements dans l'environnement économique depuis 1994 et leurs effets sur la rentabilité économique et financière des néo-exploitations agricoles oasiennes et sur leur devenir : cas des exploitations céréalières et phoenicicoles de la région de Ouargla ». Thèse de magister, INA, Alger.

FEROUKHI S.A. (1993). « Étude de la politique d'incitation a l'intensification de la production des blés en Algérie. Eude de cas de la région de Sidi- Bel-Abbes ». Thèse de magister, INA, Alger.

HAMMADI K. (2010). « La politique de subvention de blé en Algérie : l'intervention de l'OAIC ».Mémoire d'ingénieur, ENSA. Alger.

MERDOUD S. (2009). « Essai d'évaluation d'une politique de régulation de marché des produits agricoles en Algérie. Cas de la pomme de terre dans la wilaya de Bouira ». Mémoire d'ingénieur, INA, Alger.

MOUSSOUNI A, MLIANI O.M. (1999) « Contribution à l'évaluation du degré d'application de l'itinéraire technique en matière d'intensification céréalière en Algérie. Cas de : El Khroub (wilaya de Constantine). Djendel (wilaya de Ain Defla) ». Mémoire d'ingénieur, INA, Alger.

SAIDOUN R. (2005). « Subvention de l'Etat pour le secteur agricole cas du Fonds National de Régulation Développement Agricole-FNRDA-2000-2004 ».Mémoire d'ingénieur, INA, Alger.

RAPPORTS ET BROCHURES

ITGC : ?La céréaliculture? revue technique et scientifique n° 54, El Harrach, 2010.

ITGC : « Programme d'intensification céréalière compagne 2002/2003 et 2003/2004 » revue technique et scientifique n° 46, El Harrach, 2006.

ITGC : « La Politique du Renouveau de l'Économie Agricole et Rurale du Ministère de l'Agriculture et du Développement Rural » ?la céréaliculture? revue technique et scientifique n° 52 - Volume 1, 2009.

MADR, 2001. Rapport général des résultats définitifs. « Recensement général de l'agriculture ».

MADR/ DSASI, 2006. « Rapport sur la situation du secteur agricole ».

DSA de Khenchela. « Contribution du Secteur pour la participation de la Wilaya à la réunion de concertation relative au Schéma Régional d'Aménagement du Territoire (S.R.A.T) de la Région Hauts Plateau Est 2025 », Avril 2008.

DSA de Khenchela. « Évaluation de PNDAR », Décembre 2009. SOURCES STATISTIQUES

Série B - DSASI/MADR. 2000 à 2009.

(ARTICLES) IN

CHEHAT F, 2006. « Les politiques céréalières en Algérie », pp. 89-101. Adresse URL : www.iamm.fr/ress doc/opac css/index.php?lvl...id...

DJOUTI M. « Renforcement des capacités des acteurs de la filière céréales en Algérie dans le cadre d'un partenariat Nord-Sud. Cas de la wilaya de Sétif. Cahiers options méditerranéennes », n° 106, 2010, pp. 65-70.

Adresse URL : www.iamm.fr/ress doc/opac css/doc num.php?explnum id=3487.

HAMADACHE H. « Rente pétrolière et évolution du secteur agricole en Algérie. « Syndrome hollandais et échangeabilité ». Cahiers options méditerranéennes, n° 103, 2010, pp. 90-92. Adresse URL : www.iamm.fr/ress doc/opac css/doc num.php?explnum id=3488.

NEDJAI R, HEMISSI S, 2008. « Rapports sur la wilaya de khenchela », pp.1-3. Adresse URL : www.anvredet.org.dz/Khenchela.pdf.

KELLOU R. « Analyse du marché algérien du blé dur et les opportunités d'exportation pour les céréaliers français dans le cadre du pôle de compétitivité Quali-Méditerranée. Le cas des coopératives Sud céréales, Groupe coopératif Occitan et Audecoop ». Cahiers options méditerranéennes, n° 93, 2008, pp. 36-44.

Adresse URL : ressources.iamm.fr/thèses/93.pdf.

TAHANI A. « Perspectives des politiques agricoles en Afrique du Nord. Regard sur des expériences en Algérie et en Égypte ». Cahiers options méditerranéennes, n° 64, 2009, pp. 151- 161.

Adresse URL : www.iamm.fr/ress doc/opac css/index.php?lvl...id.

TOUNSI M, 2009. « L'entreprise de transformation des blés et le fonctionnement de la filière "blés" en Algérie », troisième partie, pp. 165-184.

Adresse URL : ressources.ciheam.org/om/pdf/s11/CI920094.pdf.

QUESTIONNAIRE N° : LIEU :

I. RENSEIGNEMENTS SUR L'EXPLOITANT ET SA FAMILLE

Nom : prénom :

Q1. Quel est votre âge ?

Q2. Êtes-vous le (la) chef d'exploitation ? Oui Non
Si oui. Date de l'installation de cette ferme :

Q3. Quel est votre niveau d'instruction ?

1. Analphabète

2. École coranique/niveau primaire

3. Niveau collège

4. Niveau bac / secondaire

5. Niveau supérieur

Q4. Quelle est votre formation agricole ?

1.

Sans formation

2. Niveau technicien

3. Niveau ingénieur

4. Autres, précisé :

Q5. Exercez vous une autre activité professionnelle en dehors de l'exploitation ?

Oui Non

Si oui, laquelle ?

1. Artisans, commerçants, chefs d'entreprise

2. Cadres et professions intellectuelles supérieures

3. Professions intermédiaires

4. Employés

5. Ouvriers

6. Journalier

7. Autres, précisé :

Q6. Quel est le statut de votre de l'exploitation ?

1.

Individuelle

2. Associative avec familiaux (parents, frères et/ou soeurs)

3. Associative avec non familiaux (au moins un non familial)

4. EAC partagée

5. EAC non partagée

6. EAI

7. Autres, précisé :

Q7. Combien de personnes du ménage vivent dans l'exploitation ?

Q8. Combien de personnes travaillent dans l'exploitation ?

Q9. Combien de personnes membres du ménage ont une activité professionnelle hors l'exploitation ?

II. CARACTÉRISTIQUES DE L'EXPLOITATION

A. Le foncier

Q10. Quelle est la superficie utile totale de l'exploitation ?

hectare (s).

1.

Superficie en propriété personnelle :

ha

2.

Superficie indivisée :

ha

3.

Superficie en fermage (location/métayage) :...............

ha

4.

Superficie en autres statut :........................ ..............................

ha

 

Q11. Quelle est la superficie totale des terres irrigables ?...........................................ha

Q12. Combien de parcelles y a-t-il dans votre exploitation ?

Q13.

Système d'irrigation

Utilisez-vous les équipements/ouvrages hydrauliques suivants

1.

Puits en individuel n collectif

2. Forages en individuel n collectif

3. Motopompe en individuel n collectif

4. Périmètre irrigué en individuel en collectif

5. Bassin d'accumulation en individuel en collectif

6. Autres, précisé :

Q14. Utilisez-vous pour ces équipements ?

1. Le gasoil/diesel

2. L'énergie électrique

3. Système automatisé

4. Autres, précisé :

Q15. Quel est l'origine de l'eau que vous utilisez pour l'irrigation ?

1. Nappe phréatique

2. Nappe profonde

3. Rivière/oued

4. Barrage

5. Autres, précisé :

Q16. Quel(s) type(s) d'irrigation utilisez-vous ?

1. Gravitaire ou de surface (à la raie, gaines,....)

2. Aspersion

3. Pivot

4. Micro-irrigation (goutte à goutte, diffuseurs, ...)

Q17. Quels autres usages avez-vous de l'eau d'irrigation ?

1.

La consommation humaine

2. La consommation animale

3. Arroser votre jardin potager

4. Des usages de loisirs domestiques

5. Autres. Préciser :

Q18. Avez-vous reçu des subventions ou des aides spécifiques depuis l'an 2000 ?

1.

Pour les bâtiments

2. Pour les équipements agricoles

3. Pour les ouvrages hydrauliques (puits, forages, bassins, ...)

4. Pour les équipements d'irrigation (goutte à goutte, aspersion)

5.

Pour le cheptel vif (vaches, brebis, volailles, ...)

6. Pour le travail du sol

7. Engrais

8. Autres, précisé :

Q19. Ces cinq dernières années, avez-vous augmenté les quantités d'engrais utilisées ?

Oui Non

Si oui, pourquoi ?

Q20. Sur quelle parcelle, et pour quel type de culture ?

 

Type de
culture

Quantité d'engrais
actuelle

Quantité d'avant

Type de
système
d'irrigation

 

Rd

Q

Rd

 
 
 
 
 
 
 

Parcelle 2

 
 
 
 
 
 

Parcelle 3

 
 
 
 
 
 

-

 
 
 
 
 
 

-

 
 
 
 
 
 
 

Q21. Avez-vous des problèmes d'approvisionnement en engrais et PPS ?

-
-
-

Qualité

uls

u

Asez

Ts importants

Quantité

uls

u

Asez

Ts importants

Prix

uls

u

Asez

Ts importants

Système de culture

Q22. Pratiquez-vous de la rotation dans vos systèmes de culture ?

Oui Non

(Par parcelle) :

1. Parcelle 1 :

2. Parcelle 2 :

3. Parcelle 3 :

4. Parcelle 4 :

5.

Q23. Pratiquez-vous des mises en jachères ? Oui Non

Parcelle/ culture

Saison

durée

Q24. Appliquez-vous des quantités d'engrais en fonction des besoins des différentes cultures ?

Oui on

Q25. Calendrier d'utilisation des engrais :

 

Type
d'engrais

Date
d'utilisation
des engrais

Quantité
utilisée

Doses à
l'ha

Mode
d'utilisation

Prix des
engrais

Céréales

 
 
 
 
 
 

Maraichage

 
 
 
 
 
 

Arboriculture

 
 
 
 
 
 

Fourrage

 
 
 
 
 
 

Viticulture

 
 
 
 
 
 

Autre

 
 
 
 
 
 

Q26. Type de produits phytosanitaires, quantités utilisées, mode d'utilisation et prix unitaire :

 

Date
d'utilisation

Type PPS et type de
désherbant

Quantité ou
dose

Prix
/ql/litre

Mode
d'utilisation

PPS

-
-

-
-

-
-

-
-

-
-

Désherbant

-
-

-
-

-
-

-
-

-
-

Autres

-
-

-
-

-
-

-
-

-
-

Système de culture céréalier

Q27. Quelle est la provenance de la main d'oeuvre pour les céréales ?

Nombre

Qualification

Jours de travail

Coût / Jour

M.O. Familiale M.O. Recruté Les deux

 
 
 

Q28. Les produits sont-ils chères ?

Intrants

Origine

Prix unitaire

Proportion
d'achat

CCLS

Marché

Autres

Semences

 
 
 
 
 

Engrais

 
 
 
 
 

PPS

 
 
 
 
 

Q29. Quel est la destination de la production pour les céréales ?

Code

Destination

Production

 
 

Blé dur

Blé tendre

Orge

Avoine

1

Livrée à la CCLS

 
 
 
 

2

Vendue au marché local

 
 
 
 

3

Stockée pour semences

 
 
 
 

4

Alimentation d'animaux

 
 
 
 

Q30. Quelle est la destination du produit de vente des céréales ?

Destination

Proportion (%)

Dépenses de ménages

Frais de main d'oeuvres

Achat de facteurs de production Épargne

Entretien de l'exploitation

Autres

 

Q31. Comment financez-vous vos céréales ?

1. Crédits de compagne

2. Crédits de compagne par CCLS

3. Autofinancement

4. Autres, précisé :

Q32. Quelles sont les contraintes que vous rencontrez dans la pratique des céréales ?

Facteurs limitant

Classement hiérarchique

 

Blé dur

Blé tendre

Orge

Avoine

Disponibilité des semences

 
 
 
 

Semences non disponibles

 
 
 
 

Coût de la semence élevé

 
 
 
 

Rendements en grains faible

 
 
 
 

Prix de production non attractif

 
 
 
 

Variétés non adapté

 
 
 
 

Main d'oeuvre chère

 
 
 
 

Disponibilité du matériel

 
 
 
 

Location de matériel

 
 
 
 

Autres

 
 
 
 

Q33. Comptez-vous accroitre les superficies en céréales ?

Oui Non

Si la réponse est oui, pourquoi ? Et quel est le classement par ordre d'importance ?

1. Blé dur

2. Blé tendre

3. Orge

4. Avoine

Q35. Comment se passe la livraison de votre récolte ?

1. Moyens de transport appropriés

2. Conditions de transport d'accueil auprès de la CCLS

3. Paiement (rigidité de financement)

4. Autres, précisé :

Q36. Comment voyez-vous l'aide de l'Etat ?

1. Finance

2. Moyens

3. Vulgarisation

4. Autres, précisé :

III. CALCULE DES CHARGES DE L'EXPLOITATION

1. La Terre

Parcelle

Année d'achat

Valeur d'achat

1

 
 

2

 
 

3

 
 

4

 
 

2. L'investissement

2.1. Investissement en irrigation

 

Date d'achat

Source de financement

Coût de
l'investissement

Goutte à goutte

 
 
 

Aspersion

 
 
 

Fonçage puits, forage

 
 
 

Motopompe, émergée...

 
 
 

Autres

 
 
 

2.2. Les équipements de l'exploitation

 

Nombre

1. Propriété, 2.location, 3.individuel, 4.collectif

-Date

d'achat

-Date de construction

Coût d'achat

Tracteur et équipement

 
 
 
 

Gros matériels (moissonneuse...

 
 
 
 

Camion

 
 
 
 

Camionnette

 
 
 
 

Bâtiments d'élevage

 
 
 
 

Bergerie

 
 
 
 

Étable

 
 
 
 

Poulaille

 
 
 
 

Bâtiment de stockage

 
 
 
 

Chambre froide

 
 
 
 

Bâtiment de transformation

 
 
 
 

Autres

 
 
 
 

Coûts de production des céréales

7Tableau : coût de production d'un hectare de blé dur

Charges
d'exploitation

Approvisionnement en intrants et autres

Matériel et main-d'oeuvre

Charges totales(DA)

Nature

Quantité/ha

Coût en DA

Matériel

Nbre
d'heure/ha

Montant(DA)

Coût/
unité

Cout/
ha

Déchaumage

 
 
 
 

Déchaumeuse
/Cover- crop

 
 
 

Labour

 
 
 
 

Charrue

 
 
 

Engrais phosphatés

TSP 46%

 
 
 

Épandeur

 
 
 

Engrais potassique

Sulfate de
potassium 50%

 
 
 

Épandeur

 
 
 

Reprise

 
 
 
 

Cover-crop ou cultivateur

 
 
 

Hersage

 
 
 
 

Herse

 
 
 

Semences

Semences certifiée R1

 
 
 

Semoir

 
 
 

Roulage

 
 
 
 

rouleau

 
 
 

Herbicide-anti
dicotylédones .1

Tribénuron-
méthyle

 
 
 

Pulvérisateur

 
 
 

Ou 2

Triasulfuron+di
camba

 
 
 

Pulvérisateur

 
 
 

Herbicide anti
monocotylédones

Clodinafop -
propargyl

 
 
 

Pulvérisateur

 
 
 

Engrais azoté

Urée 46%

 
 
 

Épandeur

 
 
 

Fongicide

Cyproconazole+
propiconazole

 
 
 

Atomiseur

 
 
 

Insecticide

Lambda-
cyhalothrine

 
 
 

Atomiseur

 
 
 

Irrigation

 
 
 
 

Équipe-
ment+ouvriers

 
 
 

1er

 
 
 
 
 

7 Fiche technique de : la culture de blé dur .ITGC ; AMRANI M, 2006

2e

 
 
 
 
 
 
 
 

3e

 
 
 
 
 

Récolte

 
 
 
 

Moissonneuse
batteuse

 
 
 

Bottelage

 
 
 
 

Botteleuse

 
 
 

Transport

 
 
 
 

Remorque

 
 
 

Carburants et lubri-
fiants

 
 
 
 
 
 
 
 

Assurance

 
 
 
 
 
 
 
 

Totales des charges sans irrigation

 

Totales des charges avec irrigation

 

Rentabilité de la culture :

- Rendement en grain : quintaux/hectare

- Rendement en paille : bottes/hectare

- Prix d'un quintal de grain : DA

- Prix moyen d'une botte de paille : DA

Les périmètres irrigués de la zone d'étude (situation APFA).

Périmètres

N° Acte de
création

Super-
ficie

Nbre bé-
néficiées

Bénéficières
installés

Sup ins-
tallés

Arrêtés
établis

Arrêtés
remis

Arrêtés éta-
blis non remis

Acte adminis-
tratif établis

Cas de
litige

Touam

222

5500

242

64

1459

64

36

28

18

10

Tagrert

230

5000

72

70

1750

70

70

/

63

 

Belgerdan

229

2000

31

31

681

31

20

11

/

 

Oglet baara

227

4000

127

50

928

50

50

/

22

 

Goujil

225

7000

151

95

3865

95

81

14

59

 

Bounagar

224

5000

01

01

1000

01

01

/

/

 

Labreg

235

5000

79

78

1938

78

78

/

36

 

G'sir trab

236

5000

84

78

2820

78

64

14

50

10

Raou

226

2000

24

24

857

24

07

17

03

06

Sidi nadji

232

2000

136

41

1099

41

36

05

21

27

Rouijel

231

6000

88

59

1858

59

38

21

32

34

Chaabet yaala

228

5000

257

41

1313

41

/

41

03

10

H'lifaya

233

5000

132

132

4050

132

132

/

76

 

El Meita

223

7000

78

74

955

74

74

/

53

 

El Gouar

234

5000

/

/

/

/

/

/

/

 

Total

/

70500

1502

838

24573

838

687

151

436

97

Source : DSA de Khenchela, 2011.

Nomenclature des action soutenus par le FNDIA (2006)

Carte De La Wilaya De Khenchela

REPUBLIQUE ALGERIENNE DEMOCRATIQUE ET POPULAIRE
OFFICE ALGERIEN INTERPROFESSIONNEL DES CEREALES
COOPERATIVE DES CEREALES ET DES LEGUMES SECS
DE KHENCHELA

SISE LE TEL 032/32/10/33

FAX 032/32/17/83

N° :01 CODE :

CAMPAGNE AGRICOLE : 2010/2011

Après avoir pris connaissance du règlement technique spécifique relatif a la production des semences certifiées de céréales autogames, défini par l'arrêté ministériel N° 249 DU 03 octobre 1995. Considérant que l'exploitation agricole réunit les conditions requises pour la multiplication de semences (moyens matériels et humains)

IL a été convenu l'établissement d'un contrat de production de semences

ENTRE

LA COOPERTIVE DES CEREALES ET LEGUMES SEC DE KHENCHELA

Portant le numéro d'agrément..., sous la tutelle de l'OFFICE ALGERIEN INTERPROFESSIONEL DES CEREALES désignée ci après CCLS et représentée par son directeur

Monsieur : D'une Part Et du multiplicateur (Exploitation Agricole)

Sise LE Douar .

Commune . Daïra

Wilaya KHENCHELA représenté par Monsieur

FONCTION : FELLAH ; pc ou carte professionnelle (exploitant agricole)

N° délivrée par LA DAIRA DE.....

Le présent contrat est établi pour la production de semences certifiées et conforme aux déclarations d'emblavures et de demande de contrôle de semences des grandes cultures du CNCC précisées ci après.

Espèce

Variété

catégorie

Superficies
(HAS)

Localisation
(Nom et/ou N°)

 
 
 
 
 

Les semences livrées par la CCLS au multiplicateur sont spécifiés comme suit :

Espèce

Variété

catégorie

Quantité
(QL)

N° CAP

N° CAD

 
 
 
 
 
 

OBLIGATIONS DES CONTRACTANTS :

LE MULTIPLICATEUR DOIT :

Article1- Réserver à la multiplication les parcelles possédant les meilleures potentialités ayant fait l'objet d'une réservation par le technicien de La CCLS.

Article2- Les travaux du sol des parcelles destinées à la multiplication doivent répondre à l'itinéraire technique préconisé pour la mise en place d'une céréale selon un calendrier préétabli (labours, travaux superficiels, fertilisation, préparation du lit de semence, semis mécanisé en ligne, désherbage, engraissement, épuration etc....) observer l'isolement conformément à la réglementation technique en vigueur et en veillant particulièrement au nettoyage minutieux du semoir avant d'entamer le semis d'un lot de semence à multiplier.

Article3- Conserver un échantillon témoin prélevé à la livraison par la CCLS, ainsi que les étiquettes d'identification du lot de semence à multiplier.

Articele4- Établir et adresser la déclaration d'emblavure et de contrôle aux destinataires concernés CCLS, CNCC selon les modèles établis par la CCLS.

Cette déclaration sera transmise aussitôt après le semis et avant le 31 janvier.

Article5-Permettre et faciliter les visites de contrôle des parcelles de multiplication par les techniciens de semence de la CCLS et par les agents contrôleurs désigné par le CNCC et appliquer les recommandations techniques qui lui sont notifiées en matière de conduite et de préservation de la culture.

Article6- Récolter les parcelles de multiplication ayant fait objet d'un certificat d'agréage provisoire (CAP) en respectant rigoureusement les conditions techniques permettant d'éviter au maximum les risques de mélange, détourage des parcelles, nettoyage complet et réglage des moissonneusesbatteuses.

Article 7- Livrer l'intégralité des semences produites en conformité avec le certificat d'agréage provisoire établi lors du contrôle en végétation par les contrôleurs désigné par le CNCC, en respectant l'identification de chaque lot (parcelle), toute déviation de la semence produite est rigoureusement proscrite.

Article8- Le multiplicateur doit conserver un échantillon témoin scellé représentatif du lot de semences livré qui servira de référence pour tout cas de litige éventuel.

Article 9-En cas d'accident climatique, physiologique ou autres dépréciant la production ou la qualité de la semence de multiplication, le déclassement de celle-ci ne pourra se faire que si la semence ne répond pas aux normes requises.

OBLIGATION DE LA CCLS

Article 10- Assurer dans le délai la livraison des semences au multiplicateurs selon le programme conjointement arrêté et approuvé par les contractants.

Article 11- Assurer la disponibilité en intrants ( engrais et désherbants, sacherie et tout autre produit) dans un délai de vingt (20)jours dés la notification de la commande auprès des services concernés de la CCLS.

Article 12- La mise à la disposition des multiplicateurs de techniciens qualifiés pour tout conseil ou orientation technique afin d'assurer un suivi régulier des parcelles de multiplication.

Article 13- Assurer la disponibilité en moyens logistique pour l'opération de récolte (M. Batteuse) si le multiplicateur en est dépourvu suite à sa demande avant le démarrage des travaux de moissonbattage.

Article 14- Assurer le transport des quantités récoltées ayant bénéficiées d'un certificat d'agréage provisoire conformément aux règles régissant la production de semences certifiées de l'exploitation aux magasins de la CCLS.

Article 15- Procéder au payement de la production brute et des primes de multiplication selon les dispositions prévus dans le cadre du programme national du développement agricole.

REGLEMENT DES LITIGES

Article 16- les deux parties s'engagent à réunir les conditions requises pour la réalisation du programme objet du présent contrat et à respecter les clauses qui y sont précisées.

Article17- Tout cas litigieux devra autant que possible être réglé à l'amiable entre les deux parties sans pour autant que cela se fasse au détriment de la qualité de la semence.

Article 18- Dans le cas où les deux parties n'arrivent pas à un accord, le cas litigieux sera soumis à une commission technique qui sera désignée par le CNCC.

Article 19- Dans le cas où la commission désignée par le CNCC se déclare incompétente, le litige sera soumis à la juridiction compétente de la circonscription.

Article 20- Le présent contrat prend effet à partir de sa date de signature par les deux parties. Le présent contrat est établi en trois (03) exemplaires destinés aux parties concernées à savoir CCLS, CNCC et le MULTIPLICATEUR CONTRACTANT.

FAIT A KHENCHELA LE

Annexe 8

Paiement du différentiel sur ventes des semences de céréales (2009/2010).

Résumé :

L'objectif de cette étude tend à évaluer les effets de la politique agricole algérienne, à partir de l'année 2000 sur l'offre et le revenu des céréaliculteurs à travers une étude de cas d'un échantillon d'exploitations agricoles dans la zone sud de la wilaya de Khenchela, plus précisément, le périmètre irrigué de `Goujil' et ce, afin de mieux comprendre le fonctionnements de ces exploitations et les stratégies des céréaliculteurs face à ces politiques : de vendre leur production au niveau de la CCLS à un prix réglementé (PMG) ou au niveau du marché d'une part ; d'accroitre la production de la céréaliculture par rapport aux autres culture et ce, par ordre d'importance (blé dur, orge, blé tendre) d'autre part . L'étude des politiques agricoles constitue la première partie de cette étude, l'analyse des conséquences introduite par ces politiques fait l'objet de la seconde partie.

Mots clés. Politique Agricole - revenu - CCLS - PMG - Khenchela - Zone sud - Goujil.

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Summary:

 
 
 
 

The objective of this study tends to evaluate the effects of agricultural policy in Algeria, from 2000, on supply and income of grain through a case study of a sample of farms in the area south of the province of Khenchela, specifically, the irrigated area of 'Goujil' and, in order to better understand the workings of these operations and strategies of the grain against these policies to sell their produce at the CCLS at a regulated price (PMG) or at the market on the one hand, to increase the production of cereals relative to other culture and this, in order of importance (durum wheat, barley, wheat) on the other. The study of agricultural policies is the first part; the analysis of the consequences brought by these policies is the subject of the second part.

Keywords. Agricultural policy - income - CCLS - PMG - Khenchela - South Area -«Goujil».