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Développement du tourisme durable et croissance économique locale: cas de la RBP

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par Ismael Moussa Djiré /Mme Rola Ayoub Fawae
Centre d'Etudes Touristiques (Cotonou) - Licence professionnelle 2010
  

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Paragraphe 3 : Cadre d'étude : La Réserve de Biosphère de la Pendjari

Au Bénin comme dans la majeure partie des pays de l'Afrique Centrale et Occidentale, les aires protégées représentent les principaux réservoirs de la biodiversité dont la conservation demeure leur mission principale. La Réserve de Biosphère de la Pendjari (RBP), relativement bien arrosée avec des précipitations annuelles moyennes de 1000 à 1100 mm, comparables à celle du Sud du Bénin, présente une faune qui représente la plupart des espèces de grands mammifères typiques pour cette région de l'Afrique de l'Ouest. Avec des zones cynégétiques internationalement reconnues dans le monde de la chasse, le nombre de touristes de vision de la RBP a régulièrement augmenté au cours des dernières années, créant ainsi des retombées économiques positives pour les populations riveraines par le biais de créations d'emplois.

Située dans le domaine soudanien à l'extrême nord-ouest du Bénin dans une aire écologique partagée entre le Bénin, le Burkina Faso et le Niger comme l'illustre la carte du complexe WAP (W, Arly, Pendjari) ci-après, la RBP est l'espace vital tant pour les populations locales que pour la faune et la flore régionale particulière.

Complexe d'aires protégées de savanes le mieux préservé de l'Afrique de l'Ouest, la RBP constitue un pôle d'attraction à la fois économique, culturelle et écologique (Christine Von Harrach). Elle couvre au Bénin une superficie d'environ 4800 km2 et a été classée depuis 1954 sous différents statuts de protection pour devenir Réserve de Biosphère par l'UNESCO en 1986. Avec sa variété de biotopes offrant des habitats à de nombreuses espèces animales, la RBP a pu conserver une nature de savane particulièrement diverse et riche.

Source : Programme régional « W »

Figure N°2 : Carte de la Réserve de Biosphère de la Pendjari dans le complexe « W », Arli, Pendjari

Dans le domaine de l'écotourisme, la région dispose donc des avantages comparatifs certains. Le potentiel par rapport au tourisme local est fortement présent non pas seulement à cause de la réserve en tant qu'attraction touristique de portée internationale, mais aussi et surtout à cause des facilités touristiques développées et d'une multitude d'acteurs disponibles pour servir les touristes ainsi que la disponibilité de matériaux locaux artisanaux pour la transformation.

La signification du tourisme durable et les stratégies pour son développement étant déterminées, il est impératif de s'interroger sur ses avantages au niveau des localités d'accueil.

AVANTAGES

TOURISTIQUE

CHAPITRE II :

DU DEVELOPPEMENT

DURABLE LOCAL

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Parler de la participation du tourisme durable au développement et à la croissance des localités d'accueil revient à présenter sa contribution à la conservation de la nature et au développement économique et socioculturel des dites localités. Ainsi, ce chapitre exposera dans sa première section la contribution du tourisme durable à la conservation des ressources naturelles, et présentera dans sa deuxième section ses avantages économiques et socioculturels.

Section 1 : Contribution du tourisme durable à la conservation des ressources naturelles

Découvrir ce qu'on appelle en gros la nature" est une des principales motivations de voyage pour de nombreux touristes (UNESCO, 2006). Au cours des dernières décennies, on assiste à la plus forte progression de tourisme orienté vers la nature. La mobilisation de la nature en tant que ressource touristique doit donc être assortie d'un luxe de précautions pour créer les conditions d'un développement durable et respectueux de l'environnement.

Paragraphe 1 : Préservation des processus écologiques et sauvegarde des ressources naturelles et la biodiversité

Le tourisme est un secteur en plein essor, mais aussi une source croissante de pressions sur l'environnement et les ressources naturelles. Les nuisances provenant essentiellement des transports, de l'occupation des sols, de la consommation d'eau, des demandes en énergie, de la production de déchets et des impacts sur la biodiversité contribuent à la perte de cette dernière à moins que des dispositions rationnelles soient prises. Le respect et l'intégration de la diversité de la nature est donc une condition préalable au développement durable. L'exigence de la sauvegarde de l'environnement pour assurer la viabilité des exploitations touristiques est un puissant facteur de promotion de pratiques cohérentes avec l'objectif de durabilité.

Face aux enjeux environnementaux le tourisme est à la fois victime et responsable. La «Déclaration du Millénaire» des Nations Unies (2000) a ainsi lancé un appel en faveur du respect de la nature, considérée comme l'une des valeurs fondamentales de l'humanité. Cette Déclaration souligne : « Il convient de faire preuve de prudence dans la gestion de toutes les espèces vivantes et de toutes les ressources naturelles, conformément aux préceptes du développement durable&» (UNESCO 2003). Ainsi, l'écotourisme à travers l'aménagement écotouristique du territoire devient donc un levier important dans le processus de développement durable des communautés locales notamment celles des pays du Sud, surtout du fait de l'une de ses caractéristiques distinctes : la contribution

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active directe ou indirecte à la conservation de la biodiversité (Julianna Priskin, 2009).

Au Bénin, pour la préservation de la diversité biologique, la Convention de Rio sur la diversité biologie(1992) réglemente l'accès aux ressources génétiques et aux technologies revêtant de l'importance pour la conservation de la biodiversité (Annexe 1). Cette convention a pour objectif :

Þ la préservation de la diversité biologique ;

Þ l'utilisation rationnelle de ses composantes ;

Þ et le partage juste et équitable des bénéfices réalisés à partir de l'utilisation des ressources.

Chaque jour, le front de déforestation progresse un peu plus vers le Sud du fait à la fois de l'expansion des superficies cultivées et des prélèvements de bois énergie pour les consommateurs urbains et ruraux. Les derniers lambeaux d'écosystèmes naturels humides et boisés sont eux aussi menacés et avec eux, les espèces animales qui y résident ou y transitent temporairement. Les efforts réalisés dans le cadre de la lutte contre la déforestation et la conservation des ressources génétiques forestières avec la participation des populations locales sont remarquables. Ainsi, les actions menées portent sur :

- la mise en Suvre de projets de lutte contre la déforestation (reboisement, interdiction des pratiques destructrices de l'environnement...) ;

- la sensibilisation des populations sur les problèmes environnementaux pour une meilleure adhésion à la préservation des ressources naturelles.

Les menaces de notre développement sur la biodiversité, et par ricochet sur notre propre bien-être, a suscité une nouvelle question : «Comment concilier le développement agricole, industriel, urbain et touristique avec une gestion durable de la qualité environnementale et de la biodiversité? » (Baptiste REGNERY, 2010). Face à ces menaces, le Centre Béninois pour l'Environnement et le Développement Economique et Social (CEBEDES) intervient sur deux fronts en promouvant l'agriculture permanente et durable d'une part par la jachère plantée, la diversification des cultures et la valorisation des matières organiques, et d'autre part par son implication dans la sécurisation foncière en incitant à la protection des espaces naturels par la promotion d'activités génératrices de revenus préservant les ressources naturelles, telles que l'écotourisme, et par le renforcement des institutions de gestion collective de ces ressources( www.cebedes.org).

Cette question susmentionnée a suscité la création de l'ingénierie écologique issue de l'écologie scientifique qui vise à proposer des solutions écologiques aux problèmes techniques liés aux activités humaines. Cette main tendue vers l'écodéveloppement des écosystèmes et la réconciliation avec la nature, représente des efforts remarquables réalisés dans le cadre de la lutte contre

la déforestation et la conservation des ressources génétiques forestières avec la participation des populations locales. Ces efforts se traduisent à la RBP par des actions menées portant sur :

- la réhabilitation d'écosystèmes dégradés : protection de certaines espèces : guépard, crocodiles, insectes,& ;

- la mise au point d'outils biologiques : gestion des aires protégées (surveillance des oiseaux et autres,..) ;

- la création de nouveaux écosystèmes durables: création de nouvelles techniques agricoles réduisant la pression anthropique sur les ressources naturelles ;

A cela s'ajoute la problématique de la gestion des déchets et de l'élimination de substances nuisibles liées à ces activités génératrices de revenu pour préserver les ressources naturelles.

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"Ceux qui rêvent de jour ont conscience de bien des choses qui échappent à ceux qui rêvent de nuit"   Edgar Allan Poe