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Presse congolaise et son financement

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par PASSI BIBENE
Senghor dà¢â‚¬â„¢Alexandrie - Master 2013
  

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Financement de la presse écrite congolaise

L'apport du financement classique demeure mitigé dans l'activité éditoriale au Congo. Dans l'ensemble, la masse salariale, l'impression et l'achat des intrants constituent des charges, pourtant fixes, mais les plus lourdes.

La plupart des organes de presse reconnaissent être en proie aux difficultés liées aux finances ou à la disponibilité de certains éléments nécessaires à la production matérielle d'un imprimé et évoquent l'intérêt de l'aide publique à la presse mais, n'indique pas clairement les stratégies mises en place pour surmonter ces difficultés. Cet état de choses nous conduit à revisiter les sources de financement classique de la presse (congolaise) en s'appuyant sur le cas de Talassa.

Le financement direct

Les recettes de vente au numéro, par rapport aux coûts de fabrication d'un journal, à la cherté des intrants et au prix de vente pratiquée par des journaux tels que les Dépêches de Brazzaville ou le Patriote, ne peuvent permettre un retour sur investissement ou, comme le préconisait Émile de Girardin, de « payer l'impression et la distribution46(*)». Car, dans la plupart du temps les recettes de vente ne sont bonnes que parce que des journaux sont vendus à prix dérisoire : c'est le cas des Dépêches de Brazzaville qui coûtait 100 francs CFA (0,16 €) avant 2013, du patriote vendu à 200 F CFA ou la Semaine africaine qui vend un exemplaire à 350 F CFA. Or, pour tous ces organes qui indiquent des recettes de vente « bonnes ou encourageantes », il convient de signaler que deux types de tarification sont pratiqués : le prix de gros ; pour les vendeurs à la criée qui achètent l'exemplaire à 60 F CFA pour les Dépêches de Brazzaville, 200 F CFA pour La semaine africaine ou 300 F CFA pour Talassa en vue de les revendre au prix indiqué dans le bandeau de chaque journal. En clair, tout se passe comme si environ 40 % des recettes de vente étaient investies dans la distribution des journaux déjà vendus en deçà de leur prix de revient. Dans ces conditions, plus d'un organe de presse écrite congolais est voué à l'échec car, éditer un hebdomadaire qui tire à 1000 exemplaires est un suicide économique du fait que le seuil de rentabilité se situe autour de 1500 exemplaires. Ce suicide économique est évident du moins pour les organes tels que Boponami, Maintenant ou Nouvelle vision dont le tirage ne dépasse pas 1500 exemplaires. Cependant, le simple fait pour Talassa par exemple d'atteindre, à certaines parutions, des recettes de vente au numéro de 500 à 600.000 F CFA augure sans doute des possibilités d'affaires. Le tableau ci-dessous donne plus de détails sur les recettes de vente du bihebdomadaire Talassa pour une période de plus douze (12) semaines.

Recettes de vente au numéro chez Talassa

Si l'exemple rapporté ne couvre pas une période de longue durée (12 mois par exemple) pour permettre de tirer des conclusions définitives, il a au moins le mérite de donner une vue panoramique des ventes dans un périodique tout en gardant à l'esprit qu'il y a des temps de récession et que, selon les événements dans le pays et les sujets traités dans l'actualité, les ventes peuvent être encourageantes ou non.Il sied de noter que les disparités sur le volume de tirage d'une édition à l'autre s'expliquent soit par le nombre de rames de papier utilisées pour l'impression, soit par les pertes de papier occasionnées par des machines encore très mécaniques. Ainsi, à cause de la pénurie ou de la mauvaise qualité du papier, le nombre d'exemplaires escomptés est souvent revu à la baisse.

Pour ce qui concerne la périodicité qui n'est pas fixe, l'obtention d'un encart publicitaire ou d'une annonce conduit souvent les dirigeants à anticiper ou retarder la parution d'une nouvelle édition de deux à trois jours ; cela au détriment du besoin de fidélisation et de respect des lecteurs. Pour avoir assuré la vente, la distribution et supervision de la production d'un journal, nous pouvons considérer au regard des recettes de vente au numéro, qu'il existe des possibilités d'affaires susceptibles de contribuer à la viabilité ou la viabilisation des entreprises de presse au Congo.

Comme cela peut transparaître, il est ici question essentiellement de la vente des imprimés et non de l'espace publicitaire. Les contrats ou le paiement des encarts publicitaires étant souvent du ressort des patrons de presse. Donc, ni les recettes publicitaires ni les recettes des abonnements et moins encore les recettes découlant des recouvrements de journaux déposés dans les librairies ou kiosques à journaux qu'elles soient importantes ou insignifiantes, ne sont pris en compte ici. Sur la base des données, bien qu'incomplètes, auxquelles nous avons pu accéder, Talassa a réalisé, en trois mois, une vente globale de 6.506.300 F CFA (9 919 €) contre une somme de 4.392.000 de F CFA (6 695 €) à titre de dépenses minimales représentées dans le tableau suivant.

Type de dépenses mensuelles d'un bihebdomadaire à Brazzaville (Talassa en 2012)

 
 

Très souvent, à cause de la pénurie, le prix de la rame de papier dépasse la somme de 20.000 F CFA. Ce qui peut considérablement affecter tant le tirage que la trésorerie des médias obligés de faire face à l'instabilité de ces coûts (qui seraient normalement fixes au même titre que les salaires).

Malgré l'avantage d'avance de trésorerie qu'offre l'abonnement, très peu d'organes de presse écrite congolais disposent d'un large éventail d'abonnés. Talassa par exemple compte moins de 30 abonnés, tandis que Le Patriote indique en avoir 200. Mais dans tous les cas, la vente par abonnement semble être négligée par les organes de la presse écrite qui ne procèdent pas aux campagnes d'abonnement.

* 46 Jean Gabszewicz & Nathalie Sonnac, L'industrie des média ; Paris, La découverte, 2010, P.26

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"Là où il n'y a pas d'espoir, nous devons l'inventer"   Albert Camus