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REPUBLIQUE DU MALI
UN PEUPLE-UN BUT-UNE FOI

MASTER EN MANAGEMENT DES ENTREPRISES ET DES
ORGANISATIONS (MEO)
Spécialité : INNOVATION ET
DEVELOPPEMENT DES SOCIETES (IDS)
Etat de lieu de la gestion des ordures ménagères
dans la ville de Kayes, Mali
Présenté et soutenu publiquement
par :
Abdoul Kader DIARRA, Etudiant
Travaux dirigés par :
Abdramane BAH
Docteur en science de l'environnement
Jury :
Président : Dr Ousmane Roland YONABA
Membres :
1. M. Seraphin KOUTABA
2. M. Lassina TOGOLA
Année académique :
2022-2023
Cohorte : Septembre 2021
Dédicace
On aime quelqu'un lorsqu'on ne sait réellement pas, la
vraie raison de cet amour.
Un homme sans ami est comme un arbre sans
feuilles, non c'est plutôt à l'instar d'un oiseau sans
plumes : comment volera-t-il ?
Un frère, hmmmm plutôt un frère-ami, non
un confident, c'est plutôt une partie de moi......,
Il s'agit de Lui, au teint à serviabilité
inégalée. Il est sans façon, unique dans son genre.
Alassane KONE, tout court. Son nom suffit à mon épanouissement.
Reçois de moi, cette dédicace.
Tu comprendras le reste. Les mots me manquent pour
renchérir ce que j'ai dit.
Cher lecteur, si tu n'as pas un ami comme lui, cherche-le. La
puissance de l'amitié ne réside pas dans ce qu'il t'apporte comme
soutien moral, matériel ou physique mais plutôt et surtout, dans
le fait que `'Tu peux constamment compter sur Lui''.
La vraie richesse, c'est lorsqu'on est entouré d'amis
sur lesquels, on peut compter. Celui qui n'en a pas beaucoup,
peut au moins chercher un qui équivaut à Alassane, il lui
suffira.
Remerciement
Mes remerciements sont, tout d'abord adressés au Tout
Miséricordieux, le Très Clément, par les bienfaits de qui
les bonnes choses ne cessent de se réaliser.
Mes sincères remerciements vont également
à l'endroit de ceux qui, de près ou de loin, n'ont
ménagé aucun effort pour la réussite de cet humble
travail. Ils sont si nombreux que les citer nommément est un projet
illusoire.
A mon directeur de mémoire, le directeur de la
Direction Régionale de l'Assainissement et du Contrôle des
Pollutions et Nuisances de Kayes (DRACPN), sans qui, ce projet de fin
d'étude resterait une chimère. Que cette page te soit une
gloire !
A tout le personnel de la DRACPN, les mots me manquent pour
vous gratifier à la hauteur de vos mérites et de vos grades,
acceptez de votre stagiaire ce mot de `'grand-merci''.
Mes remerciements vont également à l'endroit de
M. le président du jury, Dr Ousmane Roland YONABA, pour avoir
accepté la présidence de ce jury malgré ses occupations.
Recevez ici notre profonde gratitude.
Nous ne saurons taire, les efforts abattus in absentia des
autres membres du jury, les correcteurs vigilants de ce mémoire, M.
Séraphin KOUTABA et M. Lassina TOGOLA. Vous avez contribué avec
franchise pour la réussite de ce travail. Veuillez accepter mes
sincères remerciements.
A tout le personnel administratif et enseignant de l'Institut
international d'Ingénierie de l'Eau et de l'Environnement du
Burkina-Faso pour les enseignements de qualité dispensés, les
encouragements formulés et leur franche collaboration.
Je particularise dans le continuum de mes remerciements, Mme
Sylvie OUEDRAGO/KIENOU, la coordinatrice de la formation, pour son
exemplarité et son courage dans l'encadrement et la coordination. Vous
avez été présent lorsqu'on avait besoin de vous. Merci
pour tout et soyez-en fière.
A ma très chère épouse, un sincère
remerciement pour tous les verbes d'encouragement inlassables. Trouve ici ma
profonde gratitude
A mon émule, un jeune homme avec un avenir probant, il
s'agit du nommé Harouna TRAORE. Je ne saurai taire tes mots
d'encouragements sans faille, l'amour que tu ne cesses d'afficher à mon
égard. Merci et merci. Tu comprendras le reste. Tes mots `'AKD, tu
peux'' constituent pour moi une ritournelle.
A mes deux coachs de Grin, mes deux complices : M. Sinaly
YOROTE et M. Sagui Karim TRAORE. J'ai beaucoup profité de votre
apparition dans ma vie et je continue à en savourer. Vous savez
coacher.
A mon très cher ami de Kayes, Souleymane Hondo DIARRA.
Je ne te dirai que `'merci pour l'amitié''. Grace à toi, cher
ami, je vie à Kayes comme chez moi, à Kati.
Recevez chacun, l'expression des battements du fin fond de mon
coeur vous disant `'Allah ne fait pas perdre un
bienfait''. Il est le Seul à pouvoir vous en
récompenser sans injustices au centuple près.
Table des matières
DÉDICACE
I
REMERCIEMENT
II
LISTE DES FIGURES
VI
LISTE DES IMAGES :
VI
LISTE DES ANNEXES
VI
LISTE DES ACRONYMES
VII
AVANT-PROPOS
VIII
JUSTIFICATION ET MOTIVATION DU
SUJET :
VIII
DÉFINITION OPÉRATIONNELLE DES
TERMES ET TERMINOLOGIES :
XI
INTRODUCTION :
- 1 -
I. REVUE DE LA
LITTÉRATURE :
- 2 -
II.
PROBLÉMATIQUE DE LA GESTION DES
DÉCHETS :
- 7 -
III. QUESTIONS DE
RECHERCHES :
- 15 -
IV. OBJECTIFS ET
HYPOTHÈSES
- 15 -
CHAPITRE I : CADRE DE
L'ÉTUDE :
- 17 -
I. ORGANIGRAMME DE
LA STRUCTURE D'ACCUEIL
- 17 -
II.
PRÉSENTATION DU MILIEU D'ÉTUDE
- 18 -
CHAPITRE III : CONSIDÉRATIONS
MÉTHODOLOGIQUES
- 20 -
CHAPITRE IV : RÉSULTATS ET
DISCUSSIONS
- 22 -
I.
PRÉSENTATION DES RÉSULTATS DES QUESTIONNAIRES
:
- 22 -
II.
PRÉSENTATION DES DONNÉES DE
L'ENTRETIEN :
- 32 -
III. DISCUSSION DES
RÉSULTATS :
- 36 -
CHAPITRE III : PROPOSITION DE LA
CONDUITE À TENIR POUR LA GESTION DES ORDURES MÉNAGÈRES
À KAYES
- 40 -
ESSENTIEL DE LA
STRATÉGIE :
- 40 -
CONCLUSION :
- 45 -
RECOMMANDATIONS :
- 47 -
BIBLIOGRAPHIE
- 48 -
ANNEXES
- 49 -
ANNEXE 1: QUESTIONNAIRE ADRESSÉE À LA
POPULATION
- 50 -
ANNEXE 2: QUESTIONNAIRE ADRESSÉE AUX
RAMASSEURS
- 52 -
ANNEXE 3 : GRILLE
D'ENTRETIEN DESTINÉS AUX LEADERS DE LA GESTION DES ORDURES
MÉNAGÈRES DANS LA VILLE DE KAYES
- 54 -
RESUME :
I
Liste des tableaux
Tableau I : Répartition des
répondants en fonction du sexe et de la fonction
- 22 -
Tableau II: Définition des
déchets
- 22 -
Tableau III: implication dans la production des
déchets
- 23 -
Tableau IV: Conséquences des
déchets
- 23 -
Tableau V: déchets croisement ''Poubelle et
tri''
- 24 -
Tableau VI : Croisement `'Coût aux GIE''
et `'Jugement du prix''
- 26 -
Tableau VII : Croisement Dépotoir des
déchets et méthode d'élimination des déchets
- 27 -
Tableau VIII : Possibilité de
résolution des problèmes
- 28 -
Tableau IX: Durée des ramasseurs dans
l'activité
- 29 -
Tableau X: Formation reçue par les
ramasseurs
- 29 -
Tableau XI : Tableau croisé `'Moyen de
transport et Site de Transit''
- 31 -
Tableau XII : Dépotoir final
- 31 -
Tableau XIII: Les transporteurs particuliers et les
GIE
- 31 -
Liste
des figures
Figure 1: Schéma de
contamination de l'homme par la source d'eau
- 5 -
Figure 2: Connaissance de l'impact des ordures
- 23 -
Figure 3: problèmes des déchets
- 24 -
Figure 4 : Fréquence
d'enlèvement des ordures
- 25 -
Figure 5 : Le chargé de la
pré-collecte
- 26 -
Figure 6 : Prix proposé pour la
pré-collecte
- 27 -
Figure 7 : Difficulté
rencontrée
- 28 -
Figure 8 : tri à la source
- 30 -
Figure 9 : Port des EPI
- 30 -
Liste des images :
Image 1: les immondices
éparses
- 7 -
Image 2: Un caisson de la
mairie de Kayes
- 8 -
Image 3: décharge
publique de Khasso
- 8 -
Image 4: Décharge de
Bencounda près des Rails
- 9 -
Image 5: décharge de
Khasso Extension
- 10 -
Image 6: Décharge
publique de Paparah
- 11 -
Image 7: dépotoir
sauvage en face de l'hopital
- 11 -
Image 8: Image de remblayage de
Lafiabougou
- 12 -
Image 9: berges du fleuve
Sénégal à Khasso
- 12 -
Image 10: berges du fleuve
Sénégal à Khasso
- 12 -
Liste
des annexes
Annexe 1: Questionnaire adressée à la
population
- 50 -
Annexe 2: Questionnaire adressée aux
ramasseurs
- 52 -
Annexe 3 : Grille
d'entretien destinés aux leaders de la gestion des ordures
ménagères dans la ville de Kayes
- 54 -
LISTE DES ACRONYMES
CO : Cobalt
CO2 : Dioxyde de Carbone
CSCom : Centre de Santé Communautaire
CSRef : Centre de Santé de
Référence
DRACPN : Direction Régionale de l'Assainissement
et du Contrôle des Pollutions et Nuisances de Kayes
DSM : Déchets Solides Ménagers
EPS : Ecoles Privées de Santé
GIE : Groupement d'Intérêt Economique
GDSM : Gestion des Déchets Solides
Ménagers
IFM : Institut de Formation des Maitres
INFSS : Institut National de Formation en Sciences de la
Santé
IOTA : Institut Ophtalmologique Tropicale d'Afrique
PIB : Produit Intérieur Brut
2IE : Institut International d'Ingénierie de l'Eau
et de l'Environnement
Avant-Propos
La formation en ligne à l'Institut International
d'Ingénierie de l'Eau et de l'Environnement (2IE) s'achève pour
les classes de Bachelor et de Master II par un projet de stage. Ainsi, chaque
apprenant inscrit en Bachelor ou en master M II doit réaliser un projet
ou un stage de fin d'étude. Ce projet de fin d'étude consiste en
une étude ayant pour objet la résolution d'une
problématique réelle de la structure d'accueil ou à la
rédaction d'un projet en relation avec son domaine de formation.
L'objectif de cette mission étant de permettre à l'apprenant
d'appliquer l'ensemble des savoirs théoriques acquis.
Le présent projet de recherche se justifie non
seulement par les motivations d'ordre personnel mais aussi par
l'intérêt d'ordre social et scientifique dont il est porteur.
Justification et motivation
du sujet :
Motivations personnelles :
Technicien supérieur en santé et environnement
de base, nous évoluons en étroite collaboration avec les
professionnels du domaine et les agents de l'assainissement. C'est ainsi que
nous accordons un intérêt particulier au sujet d'assainissement et
d'environnement.
Après la responsabilité de gestion des
déchets biomédicaux à l'Institut Ophtalmologique Tropicale
d'Afrique (IOTA) pendant trois années révolues, et à la
suite des conceptions et gestions des projets d'assainissements de quartier,
nous sommes mieux outillés pour murir les réflexions sur la
question d'ordures ménagères.
Pendant nos cours magistraux dans les écoles
privées de santé (EPS) et à l'Institut National de
Formation en Sciences de la Santé (INFSS), et même pendant nos
causeries avec les collègues et les amis, nous ne cessons de mobiliser
et de stimuler la jeunesse à s'intéresser à la
question.
Arrivé à Kayes, nous avons indubitablement
observé la pertinence d'une innovation dans le domaine de la
salubrité. Une conférence organisée par
`'DONIBLOG'' le 25/06/2022 à l'Institut de Formation
des Maitres (IFM) sur le thème `'ne tuons pas nos
fleuves'' nous a servi d'occasion opportune d'échanger avec
certains jeunes leaders de la ville. Nous en avons profité pour attirer
l'attention des participants de l'opportunité que leur offrait le
problème de déchets de la ville. Cela est valable aussi pour
chaque entrepreneur de la place pour en faire un business car comme le dit-on
`'problème égale opportunité de business''.
En outre, notre formation en Master en Innovation et
développement des sociétés a réorienté notre
compréhension sur la notion `'de développement de
société''. Elle nous a permis de connaitre le rôle
indispensable de l'assainissement et de l'environnement dans le
développement des sociétés. On sait donc dit `'il est
encore possible de faire quelque chose''. Oui, il l'est encore car `'à
coeur vaillant, rien n'est impossible'' dit-on.
C'est pourquoi, nous espérons manifestement que les
fruits de la présente recherche serviront un heureux dénouement
pour l'ouverture d'un projet d'envergure dans la région de Kayes sur la
gestion des déchets solides.
Pertinence scientifique :
Certains auteurs et chercheurs dans la sous-région en
général et au Mali en particulier évoluent dans le domaine
de la gestion des déchets `'solides ou liquides'' mais la rareté
de la documentation se corse davantage dans la singularisation de la zone
d'intervention. Au Mali et surtout à Kayes, il y a une
nécessité croissante de la présence des écrits sur
l'assainissement pour l'enrichissement et la quantification des données
existantes.
Nous avons parcouru certains supports relatifs à la
gestion des ordures ménagères et à l'assainissement, il
ressort de nos lectures et analyses que le sujet de la problématique de
gestion des déchets est un sujet légèrement abordé
dans le sens, la vision et la portée de notre sujet, d'où
l'immédiateté d'une contribution scientifique par la production
de données actualisées.
Le sujet a été abordé dans la
présente recherche sous l'angle de la problématique
polémique (existence d'une rupture des données avec le champ de
recherche de notre sujet de recherche) et d'affinement (en apportant des
éléments supplémentaires aux données existantes).
Cela nous donne la conviction que ce document pourra faire
sans équivoque des apports importants sur le plan scientifique au sein
des données antérieures :
ü le thème est d'actualité dans la mesure
où il s'inscrit dans un contexte concret et non négligeable de la
surproduction des déchets dans la ville de Kayes sans consommation
conséquente;
ü le thème a bel et bien fait l'objet
d'études dans d'autres contrées du pays et sous d'autres points
de vue (dans la majorité des cas), mais les études
antérieures détaillent insuffisamment la portée du
thème dans sa zone d'intervention. D'où l'importance en termes de
données scientifiques que cette étude de terrain pourra apporter.
Ces genres d'études se font rares chez les auteurs maliens.
Pertinence sociale :
Cette étude menée sur un problème
réel et actuel se fait à point nommé dans une zone
où l'absence d'écrits scientifiques constitue un problème
récurrent et reconnu. Elle servira à une source de ravitaillement
en information détaillée pour les décideurs politiques.
Mais elle peut surtout servir de jalons d'investissement pour les
investisseurs, les entrepreneurs et les jeunes innovateurs.
Les données de cette recherche peuvent permettre une
réorientation du programme ou du plan d'action des municipalités
de la région. Elles seront capables de susciter une nouvelle relance
pour une gestion durable des ordures ménagères et urbaines dans
le pays et voire, dans la sous-région.
En outre, la proposition établie à la suite de
notre analyse des données de ce travail pourra susciter,
réveillé et guidé les jeunes de la commune de revoir les
problèmes liés au DSM.
Définition
opérationnelle des termes et terminologies :
Nous fournissons ici quelques définitions des concepts
dont la compréhension est dispensable dans l'appropriation du
présent travail.
Déchets : D'une manière
générale, le terme déchet vient du verbe «
Déchoir » qui traduit la diminution de la valeur d'un bien, d'une
matière ou d'un objet jusqu'au point où il devient inutilisable.
(Archange, 2015).
Ainsi dans le cadre de ce travail, le déchet se
définit comme tout objet mis hors usage.
Les déchets
ménagers et assimilés : tout déchet provenant des
activités économiques, commerciales ou artisanales et qui par
leur nature, leur composition et leurs caractéristiques, sont similaires
aux déchets ménagers.
Déchets dangereux : toutes formes de
déchets qui, par leur nature dangereuse, toxique, réactive,
explosive, inflammable, biologique ou bactérienne, constituent un danger
pour l'équilibre écologique tel que fixé par les normes
internationales dans ce domaine ou contenu dans des annexes
complémentaires.
Décharge : la décharge est
considérée dans ce travail comme un lieu où s'effectue le
déversement anarchique des déchets solides.
Dépôt transitoire :
décharge temporaire et limitée
Décharge publique : lieu publique
destiné à recevoir les déchets assimilés pour une
longue durée.
Décharge contrôlée :
emplacement aménagé, choisi pour ses caractéristiques
géologiques et géographiques et qui respecte une
réglementation destinée à éviter les nuisances
où s'effectue le déversement des déchets solides.
(Décret n°01 -394/p-rm du 06 sept. 2001 fixant les modalités
de gestion des déchets solides au Mali).
La revalorisation : la revalorisation
des ordures ménagères épouse "le réemploi, le
recyclage ou toute autre action visant à obtenir, à partir des
déchets, des matériaux réutilisables ou de
l'énergie " (loi française du 13 juillet 1992).
Incinération : Selon le
dictionnaire `'environnement'' c'est une méthode de traitement thermique
des déchets qui consiste en une combustion (technologie et
température variant selon la nature du déchet) et un traitement
des fumées.
De cette technique résultent trois catégories de
résidus : mâchefers, cendres et résidus d'épuration
des fumées. La chaleur générée par
l'incinération fait l'objet de valorisation énergétique
(production d'électricité et de chaleur) dans la plupart des
unités. L'incinération consiste en une décomposition de la
matière : oxydation, avec cinq types d'émissions : Eau, Gaz (CO,
CO2, ...), Poussière minérale (cendres), Métaux lourds
(plomb, cuivre, mercure, cadmium, nickel, arsenic), Molécules organiques
(carbone, composés organiques chlorés comme dioxines et furannes,
...).
INTRODUCTION :
L'existence des humains en communion en milieu urbain et rural
conditionne subséquemment la production des ordures. Cette production
inévitable des ordures ménagères nécessite la mise
en place d'un système de gestion efficace, gage de la protection de la
vie humaine, végétale et animale voire de l'environnement tout
entier de leurs effets néfastes. Cette nocivité issue de la
production des ordures ménagères affecte tous les aspects
environnementaux de la planète et ce, à divers degrés
comme le disait Bouffard (1994). Il en va de soi que la société
ne soit pas organisée de manière à la protéger,
mais juste pour en tirer parti. La surexploitation de la société
au plan des ressources entraînera incontestablement une
dégradation irréparable de la biosphère qui, après
coup, sera très néfaste pour la santé des
écosystèmes et des collectivités.
C'est ainsi que des intervenants divers comme les
organisations humanitaires, les organisations gouvernementales et non
gouvernementales dans différents pays se sont toujours
préoccupées des conditions de vie dans la société.
Il ressort des données historiques selon Buffard (1994)
que c'est au début de l'ère industrielle qu'apparut la principale
source de polluants. Depuis les années XVIIIe et XIXe siècle,
avec la naissance de l'industrie à haut rendement, que la contamination
de l'eau, de l'air et des sols commença à se manifester. Selon
lui, rien cependant n'est plus destructeur que la deuxième moitié
du XXe siècle en matière de pollution.
Si depuis le XXè siècle la destruction a atteint
son paroxysme, qu'en est-il pour les pays en développement ? Dans
ces pays, la situation est plus que préoccupante dans la mesure
où en dépit des investissements des gouvernants, de leurs
partenaires mais aussi des populations, il y a encore un grand manque à
combler. Dans le rapport mondial sur le développement humain (PNUD,
2006), l'Afrique subsaharienne perd environ 5% de son PIB, soit quelques 28,4
milliards de dollar chaque année, un chiffre qui dépasse le
montant total de l'aide et de l'allègement de la dette allouée
à la région chaque année. Selon l'Organisation mondiale de
la santé (OMS), l'insalubrité environnementale provoque plus de
12,6 millions de décès par an, un chiffre qui devrait exploser
dans les années à venir à cause du boom
démographique que subit l'Afrique.
Particulièrement au Mali, les premières
décisions en faveur de l'assainissement formulées dans la
Constitution au préambule en 1992 stipule que « le Peuple souverain
du Mali s'engage à assurer l'amélioration de la qualité de
vie, la protection de l'environnement ». Dans le même document en
son article 15, il est ajouté : « Toute personne a droit à
un environnement sain. La protection, la défense de l'environnement et
la promotion de la qualité de vie sont un devoir pour tous et pour
l'Etat ». C'est ainsi qu'au fil des années, au niveau international
la République du Mali s'est engagée politiquement en faveur de
l'assainissement.
Les désagréments liés aux ordures
ménagères résident toujours dans le pays à cause de
plusieurs facteurs dont :
ü le facteur démographique : plus la
population s'agrandie, plus la production est concentrée ;
ü le facteur d'urbanisation : la tendance
élevée de la convergence des habitants des milieux ruraux vers
les grandes villes ajoute de la production à l'existant.
Il faut sans doute ajouter l'insuffisance de la mise en oeuvre
des différents textes sur la problématique d'où la
nécessité d'une solution innovante, objet de la présente
étude.
La gestion efficace des déchets solides devrait
être à la première ligne budgétaire au même
titre que la ligne sécuritaire, sanitaire et d'éducation. Mais
malheureusement, dans les pays en développement, au lieu de transformer
le problème de déchets en une vraie aubaine par le truchement de
sa valorisation, la question reste secondaire sur la table de décision.
Ainsi les conséquences, tant sur le plan sanitaire qu'environnemental se
corsent démesurément.
i. Revue de la
littérature :
1) Etat des lieux de la gestion des déchets
à Kayes et au Mali en général
La gestion actuelle des déchets au niveau de la ville
de Kayes, nonobstant les efforts de quelques intervenants, est loin de
répondre aux normes en vigueur. A Kayes comme dans toutes les
régions du Mali, les institutions en charge de l'assainissement sont
assez outillées pour atteindre leur objectif. Le Programme National
d'Assainissement (PSA), la Stratégie de Gestion des Déchets de
Kayes sont entre autres des outils permettant de mettre en application les lois
et conventions adoptées. A l'instar des insuffisances citées par
Siham (2012) au sujet d'Agadir, la gestion des DSM de Kayes fait face à
des insuffisances comme :
- Une mauvaise collecte qui pose des problèmes de
salubrité publique et entraîne des risques sanitaires importants
;
- Une collecte sans tri à l'amont ni valorisation des
déchets collectés ;
- La présence de dépotoirs au sein des zones
urbanisées et périurbaines qui entravent le développement
des activités économiques et touristiques et dégradent la
qualité de vie des populations ;
- Des décharges sauvages qui polluent les nappes des
eaux souterraines et génèrent des impacts négatifs directs
sur la santé publique et l'environnement ;
-L'absence ou la faiblesse de formation et de sensibilisation
orientées pour augmenter la conscience environnementale chez les
citoyens ;
- Sur le plan technique, la situation des déchets se
caractérise par des taux de collectes non satisfaisantes et une
élimination qui ne répond pas toujours aux besoins des
populations ;
- Des moyens humains et matériels insuffisants et
limités ;
- L'absence de collaboration entre les intervenants dans le
secteur (les départements de l'environnement des établissements
publics, les départements de constructions, les sociétés
privées, l'université...)
2) Connaissances des déchets ménagers et
leurs productions
Sciemment ou inconsciemment, chacun produit une
quantité minime qu'elle soit de déchet de façon
journalière. Comme figure dans les écrits, plusieurs chercheurs
ont même essayé de quantifier la production individuelle de
déchets par jour à l'instar de Buffard (1994) qui affirme que
chacun d'entre nous produit plus de 450 kilos (environ 1/2 tonne) de
déchets par année.1(*) À chaque année, les
Québécois se défont de 200 millions de contenants de verre
et de trois fois plus de conserves.2(*) Selon les donnes de l'enquête biennale sur la
gestion des déchets au canada, en 2020, près de 10 millions de
tonnes de matières ont été réacheminées hors
des sites d'enfouissement par les entreprises et les ménages canadiens,
en hausse de 4 % (352 000 tonnes) par rapport à 2018. Les deux provinces
les plus peuplées, à savoir l'Ontario (3,5 millions de tonnes) et
le Québec (2,6 millions de tonnes), ont réacheminé le plus
de déchets en 2020, tandis que Terre-Neuve-et-Labrador (+13 %) et la
Colombie-Britannique (+6 %) ont enregistré les plus fortes augmentations
au chapitre du réacheminement des déchets en tout genre depuis
2018. À Terre-Neuve-et-Labrador, cela s'est traduit par environ 5 500
tonnes de plus. En Colombie-Britannique, c'est 103 000 tonnes
supplémentaires de marchandises qui n'ont pas été
incinérées ou enfouies.
Par contre, au Maroc, la production des déchets solides
ménagers s'élève actuellement à près de 18
000 tonnes/jour. En chiffres ronds, on peut considérer une production
annuelle d'environ 6 à 7 millions de tonnes soit en moyenne 0,75
kg/hab/jour comme le disait Kagombé en citant Joseph WETHE (2006).
Des variations notables se font constater d'une région
à l'autre, d'une ville à l'autre et d'un quartier à
l'autre en fonction du niveau socio-économique, de la saison et du taux
de collecte. Globalement, on enregistre un ratio moyen de 0.3 kg/hab/jour en
milieu rural et de 0,75 à 1 kg/hab/Jour en milieu urbain et
périurbain. Enfin, pour les environnementalistes, un déchet est
un objet susceptible d'avoir des impacts négatifs sur
l'environnement.
A Kayes, les déchets domestiques et assimilés
représentent les 99% de la totalité des déchets produits
selon les données de Istam (2018). Les déchets d'activité
de soins à risque infectieux, ceux générés par les
micro- entreprises ne sont ni homogènes, ni gérés de
façon adéquate.
3) Connaissances documentaires des effets des
déchets sur l'écosystème
On classe généralement les déchets en
fonction de leur nature physique (solides, les déchets liquides et les
déchets gazeux...), de la nature du danger (déchets
spéciaux, ménagers et assimilés, inertes) ; selon
l'origine de production (urbains, hospitaliers, agricoles, industriels...) et
la position du déchet dans le traitement (primaires, secondaires et
ultimes). (Archange, 2015). Ces différents classements sont sans doute
révélateurs de la reconnaissance de la dangerosité connus
des déchets. Il est connu de tous que les déchets ont des effets
néfastes mais l'acception des-uns et des-autres sur ces effets
diffèrent considérablement d'où la négligence de
ces déchets.
Quant est-il alors de leurs effets sur
l'écosystème ?
Buffard (1994) disait que la surexploitation au plan des
ressources entraînera incontestablement une dégradation
irréparable de la biosphère qui, après coup, sera
très néfaste pour la santé des écosystèmes
et des collectivités. Oui, du point de vue de Buffard, la
nocivité découle de la surexploitation, mais d'après les
recherches menées par Kangombé (2010), c'est plutôt
lié à l'absence de résultats probants dans la gestion des
déchets. A défaut de pouvoir organiser efficacement la collecte,
le transport, la valorisation et le traitement de ce gigantesque rebut ; comme
le disait-il, la plupart des opérations de nettoyage massif
initiées par la municipalité n'ont jamais donné aucun
résultat probant.
Il découle d'une gestion déficiente des
déchets, des risques sanitaires dont les maladies endémiques
comme le paludisme, la diarrhée, la fièvre typhoïde, les
infections respiratoires aigües et la prolifération de certains
vecteurs, insectes et animaux ; hôtes intermédiaires pour certains
microorganismes. (Kangombe, 2010)
4) Processus d'impact des déchets sur
l'écosystème
Le développement socio-économique et
l'accroissement démographique que connaît la ville se font
subséquemment accompagner par l'augmentation de la quantité des
déchets solides produits. Les dépôts des déchets
influencent considérablement le sol comme l'affirme Siham (2012) :
contamination par les lixiviats due à l'élimination sans
précautions hygiéniques, de matières fécales
humaines et des ordures ménagères, multiplication de certains
vecteurs de maladies (insectes et rongeurs), pollution chimique due aux
éléments chimiques rejetés, des érosions multiples
causant la pauvreté du sol. Buffard (1994) pense qu'en somme, la
tendance du mode actuel de gestion des déchets exercera des
répercussions très négatives sur les
écosystèmes comme par exemple, les eaux de lixiviation qui
percolent dans le sol se retrouvent dans la nappe phréatique et par la
suite, contaminent généreusement l'eau potable qui est la base
même de la vie. C'est comme le disait DIARRA (2020), l'eau est la source
de vie mais elle est aussi, la source de maladie. Le véhicule des
maladies liées à l'eau le plus nuisible est l'eau de boisson
puisqu'elle peut directement apporter dans le corps les microbes ou les
parasites qu'elle contient. Cette pollution, continue-t-il, peut-être
à échelle domestique (balayures, débris alimentaires),
industrielle (déchets usines, eau de lavage), agricole (engrais,
désinfectant), diffuse ou collective (détergents,
hydrocarbures).
Figure 0: Schéma de
contamination de l'homme par la source d'eau

En analysant les nombreux problèmes auxquels la
collectivité se doit de faire face, on s'aperçoit
inévitablement que la consommation de chaque citoyen est à
l'origine du problème global. Le point culminant de l'histoire de la
gestion des déchets est probablement atteint, comme le disait Buffard
(1994), puisque chaque individu produit en moyenne près d'un kilo de
déchets par jour, ce qui inévitablement implique des
répercussions sur l'environnement.
5) Processus de gestion des déchets
Chacun convient qu'enfouir les déchets n'est pas une
solution viable. De plus, ce procédé est des plus coûteux.
Dans la mesure où la gestion est un processus qui regorge la
planification, l'organisation, la conduite et le contrôle, il est donc
possible de dire qu'il n'y a pas de gestion en tant que telle, car les
municipalités préfèrent pour la plupart, expédier
les déchets hors de la vue comme solution temporaire au problème.
Mais voilà que cette solution est devenue, par la force des choses,
quasi permanente au problème global de gestion des déchets. Par
contre, tous les environnementalistes s'entendent sur le fait que le compostage
est une solution viable parmi tant d'autres. (Buffard, 1994). Trois volets de
solution ont été jugés indispensables par Kangombé
(2010), dans la stratégie d'amélioration de la gestion des
déchets au Marché de Matete en RDC : « Jeter moins - Trier
plus - Traiter mieux ». Archange (2015) affirme qu'au Cameroun une loi
datant d'Aout 1996 portant sur la gestion de l'environnement,
définissait déjà la gestion des déchets comme
`'toute action visant la collecte, le transport, le recyclage et
l'élimination des déchets, y compris la surveillance des sites
d'élimination''.
Quelle serait donc la capacité des
collectivités et de l'état à gérer ces
déchets ?
Au Maroc, le taux moyen de la collecte des DSM est
estimé à environ 70% en milieu urbain. La collecte en milieu
rural est peu, voire non organisée. D'après Siham (2012), la
quasi-totalité des déchets du Maroc est acheminée vers les
décharges sauvages sans aucun traitement au préalable et sans
aménagement des sites réceptacles. En effet, on compte plus de
300 décharges sauvages contre quelques décharges
contrôlées.
6) Difficultés dans la gestion
A Kayes, trois parties prenantes indispensables interviennent
dans la gestion des déchets comme le dit, monsieur Sissoko (2023), un
promoteur de GIE. Il s'agit des GIE, la gouvernance et la population. Il suffit
qu'il ait une défaillance au côté de l'une des parties
prenantes pour que la gestion des déchets connaisse des goulets
d'étranglements.
Du côté de la population, la difficulté
réside dans le taux d'adhésion d'une part et dans l'acquittement
de la cotisation allouée à la collecte et au transport des
déchets. Les lacunes de la gouvernance urbaine (notamment l'absence de
liens étroits et de confiance entre les gouvernants et les
gouvernés et entre les municipalités et ses partenaires au
développement) nuisent à la capacité de l'administration
urbaine de mobiliser les ressources financières, humaines et
matérielles nécessaires pour assurer une bonne administration.
(Kangombé, 2010).
La gouvernance décentralisée ne s'assume pas au
sujet des DSM, continue M Sissoko. Tant que cet obstacle subsiste, le laxisme
prendra le dessus. Et ce laisser aller entrave la continuité, ou du
moins, la bonne continuité des activités de gestion des DSM.
Aussi, aucune taxe n'est fixée par les municipalités pour la
salubrité comme le dit Kangombé (2010) sur la RDC. Sauf dans les
marchés où cette taxe est exigée et l'un des
problèmes les plus répandus est celui de son affectation aux fins
pour lesquelles elle est instituée.
Quant aux GIE, c'est le manque de matériels et surtout,
le manque de moyens financiers qui leur pèsent lourd. Car cela engendre
l'instabilité de la plupart de leurs employés, la perte de
certains clients. Les bailleurs se font rares d'où la lenteur de la
couverture de gestion.
7) Proposition face aux
difficultés :
Établir un modèle de gestion des déchets
n'est pas chose facile puisqu'un grand nombre de contraintes et d'intervenants
s'inscrivent dans le processus. D'après Siham (2012), la protection de
l'environnement, c'est d'abord une conscience sociale, suivie d'une
volonté politique et enfin une mobilisation de tous les moyens
socio-économiques tant au niveau national qu'international. Ce processus
complexe dépend fondamentalement d'un levier commun : le civisme, la
sensibilisation, la connaissance et l'information.
De par ce fait, les collectivités se doivent d'agir le
plus rapidement possible pour contrer les aspects néfastes
engendrés par une telle situation de déclin environnemental
entraînant de lourdes conséquences à court et à long
terme. C'est pourquoi toutes les collectivités doivent se mobiliser pour
tendre vers un idéal à atteindre et espérer donner une
meilleure qualité de vie aux générations futures laisse
entendre Buffard (1994). Les différents pays à travers le globe,
continue-t-il, devront élaborer des politiques qui feront place à
la réduction, à la réutilisation et au recyclage des
déchets.
Toutefois, comme en RDC, si on initiait une taxe
incorporée dans la facture de l'eau, de l'électricité ou
du téléphone, elle devrait servir de base financière au
ramassage municipal et aidé à une couverture équitable du
ramassage des ordures dans les villes congolaises. (Kangombé, 2010). Une
proposition dessillante qui pourrait servir à plus d'un dans la mesure
où l'incorporation de la taxe aux autres factures est une forme
obligative pour la municipalité de faire contribuer l'auguste population
à la gestion des DSM. Tout producteur et tout distributeur qui
commercialise ou utilise dans ses activités professionnelles des
matières plastiques ou autres emballages non biodégradables et
toute personne responsable de leur première mise sur le marché,
au cas où le producteur et le distributeur sont connus, est tenu de
procéder à la reprise de ses matières plastiques et
emballages utilisés en vue de les recycler. Toutefois, la
réutilisation, le recyclage ou la valorisation des déchets
plastiques peuvent être effectuées par le producteur ou toute
entreprise publique ou privée agréée par l'administration
compétente. Les coûts qui y relèvent sont à la
charge du producteur ou du détenteur. (Loi N°01-394/P-RM du 06
Septembre 2001 de la république du Mali).
La gestion des déchets ne peut atteindre son paroxysme
qu'avec le civisme de la population et l'obligation `'de réparation'' de
fautes et erreurs. C'est ce que Buffard (1994) détaillait quand il
disait que le meilleur moyen d'inverser les tendances actuelles serait que la
gestion des déchets ait un caractère préventif et soit
axée sur les changements à apporter aux modes de vie et aux modes
de production et de consommation.
ii. Problématique de la gestion des
déchets :
1) Aperçu sur la gestion des déchets
à Kayes :
La décentralisation a conféré à
chaque localité, une responsabilité suffisante pour se
particulariser dans la gestion des déchets. A Kayes, cette gestion est
repartie entre la mairie et ses annexes dans les quartiers d'une part et les
GIE, les entrepreneurs, les ONG et les particuliers d'autre part. Chacun de son
côté s'évertue pour l'atteinte des objectifs qu'il s'est
assignés.
Image 0: les immondices
éparses

Il faut noter que d'après nos observations, la gestion
des déchets fait l'objet de plus de préoccupation dans les
administrations, services et entreprises qu'au sein de la population surtout
les quartiers périphériques. Un peu partout dans la ville, des
tas d'immondices sont épars, les déchets sont
déposés dans des sites illégaux. Ils sont souvent
déversés dans les caniveaux, au bord du fleuve ou juste
derrière les habitations. Que le quartier soit à la
périphérie ou au coeur de la ville, cette habitude de la
facilité qui consiste à `'occuper les espaces vides par les
ordures ménagères'' n'est pas rare. On rencontre des cas
d'enfouissements dans les quartiers périphériques.
L'image ci-contre provient d'un carrefour de Lafiabougou-Sud.
C'est une pratique connue de la ville et elle est très fréquente.
Nonobstant les investigations, elle perdure quand-même. La mairie dispose
de trois camions pour la pré-collecte des déchets et leur
acheminement à la décharge publique. Avec les particuliers, ce
sont plutôt les charrettes à traction asine qui transbahutent les
ordures vers le site
Image 0: Un caisson de la
mairie de Kayes

de Khasso. Quatre caissons, considérés comme
site de transit sont repartis dans la ville. On en trouve au bord des rails
à Liberté en allant au gouvernorat puis à Lafiabougou vers
le Lycée Dougoukolo et enfin à Lafiabougou-Sud près du
marché à volaille. Le quatrième caisson est ambulant.
C'est l'image de l'un des quatre caissons que dispose la
mairie de Kayes. Le rôle du caisson mobile est de substituer au caisson
qui doit-être remplacé. Ils sont enlevés
généralement chaque deux jours. Et leurs contenus sont
acheminés vers les décharges de transit. Il n'existe quasiment
pas un site de dépotoir final à Kayes. Ces sites qui devront
normalement permettre aux entrepreneurs et aux organismes de
procédés à la revalorisation des déchets.
Image 0: décharge
publique de Khasso

La plus grande décharge se trouve à Khasso, au
bord du goudron qui passe à l'Est de l'Hôpital Al Housseyni Dao de
Kayes et qui se trouve non loin du fleuve Sénégal, soit environ
500m. Ce dépotoir est très volumineux et ne
bénéficie jusqu'alors d'aucune activité de revalorisation.
Ces dépôts se trouvent sur les parcelles de
terrain avec titre foncier de certains propriétaires. Puisque le site
est très proche du siège de la BCEAO à Kayes, ces
déchets poseront problèmes dès que le siège de la
BCEAO devient opérationnel, auquel cas, les propriétaires
terriens opteront à la récupération de leur
propriété.
Dès qu'ils seront en possession de leurs parcelles, ils
ne tarderont pas à ériger des immeubles à usage
d'habitation pour les personnels de la BCEAO. Lors de nos visites
répétées sur le site de Khasso, nous avons trouvé
à chaque fois, des vieilles personnes, des femmes mariées et des
enfants à la fouille des ordures.
Ils consacrent ainsi une bonne partie de leur temps pour la
sélection des déchets recyclables comme les sachets, les
chaussures, les objets jetés par inadvertance, les ustensiles en
plastique, les fers, les bols etc. Nous avons reçu la question d'une
vieille pendant que nous étions en train de sillonner le site `'Mes
enfants, avez-vous l'intention de clôturer ce site ?''. Une
façon de nous exprimer son appréhension pour cet acte.
Nous avons compris pendant la conversation avec la vieille
qu'elle n'aimerait pas que ce site de décharge publique soit
clôturé leur interdisant ainsi tout accès à leur
source génératrice de revenus.
A noter prestement que ce site utilisé comme transit
par les GIE de la place et les particuliers est très mal loti dans la
mesure où il est très nuisible à l'hôpital. Aussi
proche du plus grand centre de santé régional de la
région, les déchets solides ménagers (DSM) de ce site de
transit occasionnent des nuisances olfactives et nauséabondes à
l'hôpital, contribuant ainsi à la production des vecteurs de
maladies et détruisant surtout, toute beauté esthétique de
l'environnement. A Bencounda, non loin des rails, un volume de déchets
légèrement inférieur à celui de Khasso se trouve
entassé. Des particuliers en ont profité afin de tamiser les
ordures et les revendre comme fumier.
Image 0: Décharge de
Bencounda près des Rails

Cette décharge semble servir à plus d'un car on
y retrouve au moins deux installations pour vendeur de fumier.
Une multitude de GIE exercent dans la ville de Kayes sur les
DSM. Parmi eux, cinq ont une relation étroite avec la mairie mais leur
collaboration pâtit du manque de communication. Cette dernière se
fait notamment via les rapports mensuels qui tardent à être
réguliers. Excepté un GIE, les rapports se font assez rare pour
être dans les locaux de la mairie centrale de Kayes.
Ces GIE sont engagés chacun dans un quartier qui lui
est attribué par la municipalité. Selon leurs rapports mensuels,
ces GIE souffrent de la régulation des paiements. Malgré cette
irrégularité, d'autres gagnent le terrain et augmentent leur
clientèle au jour le jour.
Image1

L'insouciance et l'incivisme caractérisent souvent
certains comportements de la société. Dans le quartier de
Liberté comme à Lafiabougou-Sud, on trouve plusieurs rues
obstruées par les ordures ménagées et d'eaux-vannes. Ces
deux quartiers ne sont pas les seuls qu'on peut citer nommément, mais la
remarque concerne plutôt la plupart des quartiers de la ville de Kayes.
C'est un réel problème qui sévie au sein d'une
communauté protagoniste de la situation. Si bien que seulement de
passage devant ces saletés, un passager se dirait `'quel est le
rôle de la jeunesse dans ce quartier''. Un vieux d'un des quartiers
m'a confié `'Mon fils, lorsque j'ai déménagé ici,
j'ai d'abord taché à me conformer à la bonne gestion des
ordures et des eaux usées et j'ai veillé à ce qu'elles ne
constituent en aucun cas, un problème de santé. Puis j'ai
élargi cette attitude vers les autres en les exhortant en groupe et en
solo sans succès.
Le changement de comportement étant toujours une utopie
dans les quartiers pauvres sans l'intervention d'une force, j'ai dû faire
des menaces à l'encontre des récidivistes. Etant un ancien, je
pouvais tordre la main des récalcitrants afin de les inciter au
changement voulu, mais hélas... Mon téléphone ne cessait
de rougir par les plaidoyers, parfois même, des autorités
administratives me demandant chacun de renoncer à mon projet. Mon fils,
finalement j'ai cédé.'' Un exemple extrapolable pour des
quartiers similaires à celui du vieil homme.
Comme l'a dit Kangombé (2010), certains facteurs tels
que le déboisement, la pluviométrie, la
détérioration du système d'égouttage ou encore
l'urbanisation anarchique, aggravent la crise de l'environnement face à
laquelle les pouvoirs publics, affaiblis et dépourvus de moyens, se
montrent impuissants.
Faut-il dire que certaines associations contribuent beaucoup
à la gestion des déchets en sensibilisant la population et en
initiant des journées de salubrité ? Bien que tenté
par un nombre limité d'association dans le temps, on peut constater
amèrement l'absence des initiatives de revalorisation des ordures
ménagères dans la ville au moment de notre collecte.
Image 0: décharge
de Khasso Extension

La mairie a néanmoins eu une belle idée :
se servir des déchets pour remblayer certains ravinements qui se
trouvent tout autour des habitations de certains quartiers
périphériques. A Khasso extension, vers la sortie qui mène
à Paparah, non très loin des habitations de Berdem, on trouve une
initiative d'un particulier très décrié par les voisins et
les fidèles de la mosquée qui se trouvent sur le site, un
dépôt pour remblaiement de ravins. Au fait son objectif est
plutôt de remplir une partie afin de s'en servir plus tard pour
construction. Les désagréments olfactifs issus de ces
déchets sont démesurés et s'aggravent lorsqu'il y a de
nouveaux arrivages.
Le feu qui est allumé aux dépotoirs de
remblaiement des ravins peut durer jusqu'à 6mois ou jusqu'à
l'arrivée de l'hivernage car à chaque fois qu'on y ajoute de
nouvelles ordures, le feu est ainsi réalimenté et il produit
ainsi plus de fumée.

Il y a environ quatre sites de décharges publiques
autorisées actuellement par la mairie de Kayes et qui serviront de
destinations pour les transporteurs y compris ceux des particuliers.
Image 0: Décharge
publique de Paparah

A Paparah, ou juste avant d'arriver sur le pont de Paparah, un
site officiel se trouve à gauche et qui n'est pratiquement pas
exploité. Ce site de dépotoir qui se trouve à une position
très stratégique et qui ne causerait pas assez de
dérangements olfactifs pour les habitants proches de la zone est
très moins fréquenté.
S'agirait-il de son emplacement éloigné par
rapport aux autres ? Car l'accès est parfaitement pratique, une
route bitumée et non loin de la ville, juste à la sortie de la
ville de Kayes en empruntant la route nationale n°22 (RN22). Tant bien que
mal, les dés étant jetés, il faut s'y atteler. Une
sensibilisation est très nécessaire pour l'adhésion des
promoteurs de GIE et des particuliers afin de réduire
considérablement l'utilisation sauvage et anarchique des lieux non
exploités comme décharge.
Image 0: dépotoir
sauvage en face de l'hopital

En face de la direction régionale de la santé,
ou tout simplement en face de l'hôpital car ces deux services sont dans
la même cour, nous trouvons un dépotoir hors commun. Il est au
plein coeur des habitations. Ce site m'a été indiqué par
le chef de service de la voirie, M. Dembélé qui disait d'ailleurs
avoir recueilli les mots des habitants des alentours de ce dépotoir sur
les nuisances qu'il engendre.
Il relate : `'ce dépotoir illégal cause
assez de torts aux habitants de la zone, surtout à chaque nouveau
dépôt et lorsqu'on procède à son
incinération''. Il est vraiment agaçant que ce site existe (voire
image7).
Ces ordures sont méconnues, à environ à
200m du goudron. Comme l'a affirmé mon cher collègue
Dembélé, il est assez écoeurant de voir cette situation
perdurée. Que faut-il faire face à une telle situation ?
Chaque habituant victime des nuisances provenant des actions
rédhibitoires à une sérénité paisible.
Parmi les sites officiels de décharges publiques et qui
servent à aplanir les ravins, il y a celui de Lafiabougou-sud. Oui,
à Lafiabougou un grand effort y est déjà abattu. Une
surface déjà considérable y est aplanie grâce
à la collaboration de la mairie, des GIE et de la population. C'est une
décharge très fréquentée par la population. Et le
paquet y est assez mis afin que le ravin remblayé puisse servir à
d'autres fins comme zone d'habitation ou espace public. Le
Image 0: Image de remblayage
de Lafiabougou

site est tout près des habitations à l'instar de
celle de Khasso face à l'hôpital. La mairie, tout de même,
ne cesse d'encourager une telle initiative, sans pour autant négliger
tout le désagrément qui en découlait avant d'être
à son état actuel.
Mais la résilience et l'objectivité de la
population ont rendu possible ce qui est projeté dans l'image ci-contre.
N'eussent été les avertis, il serait assez délicat de
reconnaitre la terre remblayée et jonchée par le tertre. Il est
impératif d'après toujours le même représentant de
la mairie, de consulter les experts en la matière avant de faire toute
élévation sur ces surfaces hors de l'ordinaire. Nonobstant ses
particularités, cette surface jonchée rend quand-même
à l'environnement tout son esthétique comparativement au ravin.
Image 0: berges du fleuve
Sénégal à Khasso

A Khasso, au bord du fleuve, un spectacle abracadabrant fait
l'actualité. Il s'agit d'un dépotoir sauvage à même
dans le fleuve. Le président du GIE `'SANYA'' en l'occurrence M. Sissoko
qui intervient exclusivement à Khasso, s'est vraiment
évertué pour bannir une telle pratique en pleine ville comme le
témoigne lors de nos entretiens, un autre promoteur de GIE. Ce dernier
est juste un habitant du quartier et son GIE intervient hormis Khasso mais il a
témoigné en faveur de M. Sissoko du GIE SANYA.
Image 0: berges du fleuve
Sénégal à Khasso

Il nous a donc confié ce témoignage :
`'Nous sommes témoins de son investissement au bord du fleuve lorsque
qu'il a ramassé et regroupé les ordures tout au long du fleuve et
qu'il a posé des panneaux d'interdiction formelle de déposer les
ordures sur les berges du fleuve Sénégal.'' Hélas, le
changement de comportement est un processus dans lequel il y a
l'adhésion du répondant à changer de comportement et son
choix de comportement aspiré. L'incivisme est à la base de la
majorité des problèmes liés à la gestion des
ordures ménagères.
Image 10 : Berge du Fleuve Sénégal à
Kayes N'Di

A Kayes N'Di, un quartier assez peuplé, on assiste
à un scenario similaire. Des ordures, avec des odeurs
nauséabondes, abondent les berges de ce fleuve, qui devrait être
tant chéri et préservé.
Que se passe-t-il donc ? Çà et là,
même pratique, même forme, description identique, on avance ou on
recule ?
Un monsieur sur le site nous affirma : `'cette pratique
date de longtemps. Je me suis battu avec les autres ouvriers ici
présents sans succès. C'est surtout la nuit que les gens viennent
y déverser des ordures sans outre-mesure. C'est vraiment fatiguant. Je
me suis donné pour longtemps, à regrouper les ordures et à
les incinérer de temps à autre, mais hélas, le lendemain,
on retrouve pire que le jour précédant. Finalement, j'ai
abandonné la lutte sans issue. Il nous arrive même parfois de ne
pas pouvoir travailler ici à cause des odeurs répugnantes et
concentrées.
Le répondant se dit in petto `'je compte quitter sans
délai cet atelier pour un autre dont le cadre de travail est plus
agréable''. Comme on l'avait dit plus haut, l'incinération de ces
DSM pollue l'air ambiant accessible dans les habitations environnantes.
Image 11 : Décharge publique de Kayes
N'Di

Le plus grand site de dépôt de Kayes N'Di fait
partie intégrante des sites officialisés par la mairie centrale
de Kayes. Mutatis mutandis, chaque dépotoir se présente comme les
autres avec quelques particularités près. Chaque décharge
est proche des habitations et de surcroit, elles sont permanemment
fréquentées par les indigents de la population, les
démunis qui cherchent de quoi exploiter dans les ordures ainsi que les
`'almodo'', les adeptes des gourous, des maitres coraniques de la zone. Ces
enfants qui viennent à l'exploration des ordures entassées,
surtout les nouveaux arrivages, sont le plus souvent, sans aucune protection
physique : ni chaussure, ni bottes, ni bavettes et encore moins, des
gants. C'est assez touchant que ces enfants soient membres d'une
communauté qui les ignore totalement. N'est-il pas jour de remettre le
problème de déchets à table afin d'en trouver un
dénouement heureux ?
Des efforts sont consentis de part et d'autre, mais la
situation mérite encore un grand clin d'oeil.
Outre ces constats, Kayes est défavorisé par sa
géographie. Les terres sont le plus souvent hydromorphes. Ce qui fait
que dans les quartiers, pendant l'hivernage, les ruelles et les rues sont
totalement impraticables. Même pendant l'été, il est
quasi-difficile de circuler librement dans les rues Kaysiennes.
2) Formulation du problème :
A Kayes, dans la cité des rails, des études ont
été menées sur la gestion des déchets comme celle
de l'Institut Supérieur Technique des Arts et Métiers (ISTAM) de
février 2018 qui a porté sur l'Etat des ordures
ménagères dans la ville de Kayes. L'état, de par la loi de
décentralisation, a transféré aux communes de larges
prérogatives en matière d'hygiène et d'assainissement
(PSA, 2006). La décentralisation administrative accorde aux
collectivités locales, l'autonomie dans la gestion et dans les
initiatives pour la protection de l'environnement. Aussi, la mairie centrale de
Kayes et ses représentations secondaires s'évertuent en
partenariat avec les GIE et d'autres partenaires pour une gestion efficace des
déchets liquides et solides.
Avec une politique nationale d'assainissement bien
ficelée, un plan stratégique d'assainissement dument
élaboré et des conventions de collaborations avec les GIE, la
gestion des déchets solides de la ville de Kayes est confrontée
à plusieurs écueils qui minent le processus. Parmi les embuches
qui minent l'atteinte des objectifs figurent :
· L'absence de site de revalorisation des ordures
ménagères dans la région.
· L'utilisation du bord du fleuve comme dépotoir
final ;
· L'insuffisance des caissons de transit pour la
mairie ;
· La non adhésion de la majorité de la
population aux GIE
· L'irrégularité des clients dans le
paiement des cotisations mensuels envers les GIE,
· L'insuffisance de communication à travers les
rapports mensuels d'activités entre les GIE et la mairie
· La non-implication de la DRACPN, tant sur le plan
suivi, contrôle qu'orientation dans les activités de gestion des
déchets de la mairie ;
· L'insuffisance des initiatives de revalorisation des
déchets dans la ville.
Le souci primordial serait donc de détecter les causes
des problèmes et d'en trouver des solutions innovantes de sortie de
crise. Nous nous sommes proposés à nous intéresser
à ce problème crucial et à apporter des solutions
innovantes possibles qui permettront de transcender les goulets
d'étranglements qui sévissent dans le processus de gestion des
ordures ménagères en ces termes :
`'Quelles solutions innovantes pour une gestion
efficace des ordures ménagères dans la ville de
Kayes ? `'.
iii. Questions de recherches :
Question principale :
Quelle innovation faut-il adopter afin de pallier ou
d'atténuer au maximum les insuffisances du système de gestion des
déchets dans la ville de Kayes ?
Questions opérationnelles :
1. Quelles sont les difficultés que rencontrent chaque
acteur clef de la gestion des déchets dans la ville de
Kayes ?
2. Comment se caractérise le système de gestion
des déchets dans la ville de Kayes ?
3. Que proposent les parties prenantes de la gestion des
déchets dans la ville de Kayes facent aux difficultés qui
entravent leurs gestions efficaces ?
4. Quelle conduite à tenir faut-il adopter face aux
difficultés qui minent le processus de gestion des déchets dans
la ville de Kayes ?
iv. Objectifs et hypothèses
1- Objectifs de la recherche
1-1 : Objectif général
L'objectif général de cette recherche est de
contribuer à l'amélioration de la gestion des ordures
ménagères dans la ville de Kayes (au Mali) par l'exposition des
difficultés qui entravent le processus de gestion des ordures et de la
conduite à tenir à y faire face.
1-2 : Objectifs spécifiques
L'atteinte de l'objectif général de la recherche
requière la réalisation des objectifs spécifiques
suivants :
· Recenser par acteur d'intervention, les
difficultés entravant la bonne gestion des déchets solides dans
la ville de Kayes ;
· Caractériser le système de gestion des
déchets solides en vigueur dans la ville de Kayes
· Recueillir les différentes perceptions sur les
solutions innovantes aux dysfonctionnements du système de gestion des
ordures ménagères.
· Proposer la conduite à tenir à l'issu de
la recherche afin de transcender les dysfonctionnements liés au
système en place
2 : Hypothèses de la
recherche :
2-1 Hypothèse générale :
· La gestion des déchets solides dans la ville de
Kayes manque d'innovation pour sa bonne marche.
2-2 Hypothèses opérationnelles :
· Les difficultés rencontrées par les
différents acteurs de la gestion des déchets dans la ville de
Kayes piétinent son bon fonctionnement.
· Le système de gestion des déchets solides
de la ville de Kayes caractérise sa qualité
· Une proposition innovante de conduite à tenir
issue des propositions des différents acteurs de la gestion des
déchets solides dans la ville de Kati permet de juguler les
insuffisances rédhibitoires.
Chapitre I : Cadre de l'étude :
I. Organigramme de la
structure d'accueil
Le stage de fin de cycle devant se termine par la production
d'un mémoire sur un sujet en lien avec le profil est une exigence de
l'Institut International de l'Ingénierie de l'Eau et de l'Environnement
pour ses étudiants de fin de cycle. Ainsi, nous avons effectué un
stage de six mois, de Novembre 2022 à Avril 2023, à la DRACPN de
la région de Kayes au Mali.
La DRACPN de Kayes a été créée par
le décret N°09-213/P-RM du 08 Mai 2009 du président de la
république. Il a permis de mettre en place dans chaque région du
Mali une DRACPN. Ces dernières ont pour mission de traduire sous forme
de programmes et projets les grandes orientations en matière de
politique d'assainissement et du contrôle des pollutions et des nuisances
et d'en assurer la coordination et le contrôle de la mise en oeuvre.
Ainsi, les missions de la direction régionale de l'assainissement et du
contrôle des pollutions et des nuisances de la région de Kayes
font d'elle une structure chargée de :
· Promouvoir la création d'ouvrages
d'assainissement collectifs et individuels et fournir un appui aux
collectivités territoriales en matière de gestion des
déchets ;
· Identifier les facteurs de pollutions et de nuisances
et prescrire toutes mesures propres à les prévenir, à les
réduire ou à les éliminer ;
· Diffuser et veiller à l'application et au
respect des textes législatifs, règlementaires et normatifs
relatifs à l'assainissement et au contrôle des nuisances au niveau
régional ;
· Elaborer et mettre en oeuvre, en rapport avec les
collectivités territoriales et les organisations territoriales et les
organisations communautaires de base, des programmes de sensibilisations et des
formations des citoyens sur les dangers liés à
l'insalubrité, aux pollutions et aux nuisances et assurer leurs suivis
et évaluations ;
· Analyser les rapports d'études d'impacts
environnemental et social (EIES) et suivre la mise en oeuvre du Plan de gestion
Environnemental et social (PGES) ;
· Suivre l'audit des programmes et projets de
développement ;
· Appuyer les collectivités territoriales dans
l'élaboration des Plans stratégiques d'Assainissement (PSA) et
suivre leur mise en oeuvre ;
· Elaborer et mettre en place les stratégies et
programmes régionaux de vulgarisation, de communication et d'appui
conseil en matière d'assainissement et de contrôle des pollutions
et des nuisances ;
· Mettre en oeuvre les programmes nationaux en
matière de communication ;
· Organiser des intermédiations sociales entre les
différents acteurs de l'assainissement ;
· Assurer le suivi et la supervision des activités
des services subrégionaux.
Ces différentes missions confiées à la
DRACPN de la région de Kayes sont les mêmes dans toutes les
régions du Mali. Chaque DRACPN est dirigée par un directeur
nommé par un arrêté du ministre chargé de
l'assainissement. Elle est composée d'une direction (directeur et
secrétariat), d'une division assainissement, d'une division
contrôle, suivi évaluation et d'un bureau communication.
Chacune de ces divisions constitue un service avec sa composition et ses
missions.
II. Présentation du milieu d'étude
· Les sols :
De façon générale, les sols à
Kayes sont composés d'argile, de sable et de granite en profondeur. Les
bas-fonds qui s'étendent le long du fleuve et des rivières dans
les quartiers Khasso, Plateau, Lafiabougou, Liberté et Légal
Ségou rive gauche et Kayes N'di rive droite sont composés
d'argile, de sable et de limon. (Diarra, 2021)
· Le relief :
Le relief de la commune de Kayes est constitué d'une
plaine argilo sableuse dans sa partie élevée et argilo limono
sableux dans sa partie base (les baffons). (Diarra, 2021)
· Situation climatique
Située entièrement dans la zone
sahélienne de part et d'autre du fleuve Sénégal, la
commune Urbaine de Kayes connaît essentiellement deux grandes saisons :
- La saison sèche de Novembre à juin
- La saison pluvieuse de juillet à Octobre
En plus de ces deux grandes saisons, Kayes enregistre deux
sous saisons variables qui sont :
- La saison froide de Novembre à Février
- La saison chaude de Mars à Octobre
La pluviométrie se repartie très
inégalement sur quatre (4) mois et varie en moyenne de 600 à 700
mm d'eau par an.
· Situation démographique
Divisée en deux par le fleuve Sénégal et
ceinturée par des rivières, la Commune Urbaine de Kayes a une
forme presque circulaire. Selon les dernières données officielles
du recensement général de la population et de l'habitat (RGPH),
celles de 2009, la Commune Urbaine de Kayes compte une population de 127 368
habitants, pour une superficie de 20 km² soit une densité de
6 368,4 habitants au km². Cette population repartie entre six (06)
quartiers (Kayes N'di, Khasso, Lafiabougou, Liberté, Plateau et
Légal -Ségou), et trente-cinq secteurs. Cette superficie est trop
réduite suite aux erreurs du découpage de la
décentralisation et par le fait qu'elle est enfermée par des
communes rurales. On retrouve dans la commune urbaine une population mixte
composée essentiellement de Khassonkés, Sarakolés,
Bambaras, Ouolofs, Maures, Peulhs, Bozo et des Somono. (Diarra, 2021)
· Situation économique :
Située en zone Sahélienne, la Commune Urbaine de
Kayes a subi les effets néfastes d'une sécheresse encore
persistante. Ville cosmopolite où fraternisent plusieurs ethnies, elle
présente une économie agropastorale dominée par un
commerce de nos jours assez prospère. L'économie est
essentiellement basée sur l'agriculture, l'élevage qui constitue
la préoccupation d'une grande majorité, la pêche,
pratiquée de façon artisanale sur le fleuve Sénégal
avec des filets et des hameçons, le commerce. Cité de commerce et
de négoce par tradition, l'essentiel de l'activité commerciale
repose sur l'importation. (Diarra, 2021)
Chapitre III : Considérations
méthodologiques
1. Site de
l'enquête :
Cette présente recherche s'est effectuée
à Kayes, la première région administrative du Mali et plus
précisément dans la commune urbaine du cercle de Kayes.
2. Population
d'enquête
L'enquête a concerné les chargés
techniques de l'assainissement de la voirie, de la DRACPN, de la mairie et de
la direction régionale de la santé (DRS). En plus, les
responsables des GIE et leurs agents de collecte ont été
approchés aussi bien que les particuliers qui interviennent dans le
domaine. La plupart de la population d'enquête a concerné les
premiers acteurs des déchets, les producteurs ou la population. Enfin,
des représentants des ONG et des associations jeunes de quartiers
faisaient partie de l'étude.
Critère d'inclusion :
L'étude concerne les principaux acteurs intervenant
dans la gestion des déchets solides dans la ville de Kayes.
Critère d'exclusion :
Sont exclus de l'étude les acteurs n'intervenant pas
directement dans la gestion des déchets solides dans la ville de Kayes.
3. Echantillon
d'enquête :
La taille de l'échantillon
d'étude qui nous a permis d'avoir les informations escomptées est
composée de quatre-vingt-cinq personnes :
o Soixante
personnes choisies dans la population dans différents quartiers de la
ville de Kayes
o Quatre
responsables techniques des services administratifs : Mairie (1) ;
DRACPN (1) ; Voirie (1), Centre de Santé de Référence
(CSRéf) (1)
o Six
responsables GIE
o Dix
manoeuvres GIE dont cinq particuliers
o Trois
représentants des associations jeunes du quartier
o Deux représentants d'ONG intervenant dans la gestion
des déchets dans la ville de Kayes
Cet échantillon représente l'ensemble des cibles
et des personnes incluses dans cette recherche.
4. Méthode
d'échantillonnage :
L'échantillonnage par choix
raisonné (ou intentionnel) a été utilisé pour
repérer les sujets qui répondront au guide d'entretien. Le guide d'entretien était destiné
à tous nos répondants hormis les soixante choisis dans la
population. Ces derniers ont répondu au questionnaire. On a d'abord
prévu dix familles pour chacun des six grands quartiers de la Ville de
Kayes. Une fois dans les différents quartiers, la méthode
probabiliste nous a permis de sélectionner les dix familles dont les
représentants devraient remplir in situ le questionnaire.
5. Techniques de
collectes de données
Les trois techniques suivantes ont été
combinées pour cette fin :
Ø Enquête
Ø Entretien ;
Ø Analyse documentaire ;
Ø Et l'observation
6. Outils de collectes
de données
Pour le recueil des données nous avons utilisé
les outils et techniques suivants :
- Le questionnaire ;
- Le guide d'entretien ;
- La prise de note ;
- Les enregistrements audios ;
- La grille d'observation.
Le guide d'entretien et l'enregistrement sont destinés
aux répondants ; la grille d'observation pour la visite des sites
de transit et de dépotoir ainsi que la prise de note à partir des
différents rapports.
7. Méthodes
d'analyse des données
Nous avons fait l'analyse de
contenu pour les données qualitatives et les données
quantitatives ont été saisies sur Word puis traitées sur
Excel et le logiciel SPSS. Les données sont représentées
dans le document sous forme de tableaux, graphiques ou
représentées en pourcentage.
8. Méthodes de
recherche
Nous avons utilisé la méthode mixte qualitative
et quantitative.
9. Conditions sociales de
l'étude
Nous avons demandé l'accord de chaque répondant
avant le début de l'enquête dans chaque entretien. L'accord
préalable de chaque enquêté a été une
condition sine qua non à l'exécution de l'enquête.
L'anonymat et la confidentialité des données tant au niveau de
l'analyse qu'au niveau de la publication leur ont été
garantis.
10. Résultats attendus
A l'issue de cette étude, les résultats suivants
étaient attendus :
· 85 acteurs de la gestion des déchets solides de
la ville de Kayes ont participé à l'entretien
· Une liste des écueils qui minent le bon
fonctionnement du système de GDS dans la ville de Kayes est
établie ;
· Des propositions concrètes, innovantes et
exploitables pour une amélioration significative du système de
gestion des DSM dans la ville de Kayes sont faites
Chapitre IV : Résultats et discussions
I. Présentation
des résultats des questionnaires :
La collecte a été menée comme
prévu et les données recherchées ont été
tant bien que difficilement, recueillies dans les conditions prévues
pour la cause. Les données sont présentées ci-dessous sous
formes de tableaux, d'histogrammes et de figures.
1) Les données relatives à la
population :
Présentation des
enquêtés :
Tableau I :
Répartition des répondants en fonction du sexe et de la
fonction
|
Effectif
|
Profession du répondant
|
Total
|
|
Ménagère
|
Commerçant/commerçante
|
Salarié
|
Travailleur indépendant
|
|
Genre du répondant
|
Homme
|
0
|
3
|
8
|
6
|
17
|
|
Femme
|
35
|
5
|
2
|
1
|
43
|
|
Total
|
35
|
8
|
10
|
7
|
60
|
Sur les 60 enquêtées de la population 71% sont
des femmes. Et parmi ces femmes qui ont répondu à nos questions,
81% sont des ménagères. C'est dire autrement que nos
répondants dans l'échantillon conviennent bien pour fournir des
réponses idoines sur la gestion des ordures ménagères. Les
hommes, bien que minoritaires dans notre échantillon font partie de nos
répondants.
Connaissances des déchets par la
population :
Tableau II:
Définition des déchets
|
Effectifs
|
Pourcentage
|
Pourcentage valide
|
Pourcentage cumulé
|
|
Valide
|
Balayures
|
39
|
65,0
|
65,0
|
65,0
|
|
Saleté
|
8
|
13,3
|
13,3
|
78,3
|
|
Objet inutile et sans valeur
|
9
|
15,0
|
15,0
|
93,3
|
|
Objet jetable
|
4
|
6,7
|
6,7
|
100,0
|
|
Total
|
60
|
100,0
|
100,0
|
|
Toute la population rencontrée a une notion sur le
terme `'déchet''. Ce qui est d'ailleurs concevable est
l'appréciation des 65% de la population qui prônent que toute
balayure est ordure. Au même moment, 15% pensent qu'il s'agit de tout
objet inutile et sans valeur. Ce qui peut constituer une erreur dans la mesure
où les déchets ne sont pas forcément sans valeur.
L'ordure, c'est la saleté ou c'est tout ce qui est jetable sont entre
autres, des réponses retrouvées chez certains
répondants.
Tableau III: implication
dans la production des déchets
|
Effectifs
|
Pourcentage
|
Pourcentage valide
|
Pourcentage cumulé
|
|
Valide
|
Oui
|
51
|
85,0
|
85,0
|
85,0
|
|
Non
|
9
|
15,0
|
15,0
|
100,0
|
|
Total
|
60
|
100,0
|
100,0
|
|
La quasi-totalité de la population sont d'avis qu'ils
figurent bel et bien parmi les producteurs de déchets. Ils arguent
qu'ils mangent et qu'ils utilisent des déchets et que ces
détriments constituent les déchets. Une minorité
réticente affirment que ce sont les autres qui produisent les
déchets.
Connaissance de l'impact des ordures

Figure 1: Connaissance de
l'impact des ordures
La quasi-totalité des enquêtés soit 95%
affirme que les déchets présentent un grand danger. Le quart de
l'échantillon pense qu'un profit peut être soutiré des
déchets. Une petite minorité s'est réservée de se
prononcer.
Ceux qui pensent que les déchets ne produisent que des
effets négatifs ont leur part de raison dans la mesure où les
initiatives de récupération et de revalorisation des
déchets sont rares dans la société Kaysienne. Ils vont
ainsi se contenter de souligner, ce qu'ils en subissent comme
conséquence.
Tableau IV:
Conséquences des déchets
|
Effectifs
|
Pourcentage
|
Pourcentage valide
|
Pourcentage cumulé
|
|
Valide
|
Faune
|
13
|
21,7
|
21,7
|
21,7
|
|
Flore
|
4
|
6,7
|
6,7
|
28,3
|
|
Esthétique
|
9
|
15,0
|
15,0
|
43,3
|
|
Sol
|
34
|
56,7
|
56,7
|
100,0
|
|
Total
|
60
|
100,0
|
100,0
|
|
Les conséquences des déchets portent sur le sol
avec 56,7% des répondants. En tout, ils sont conscients qu'en plus
d'être polluants pour le sol, les ordures peuvent affecter la faune, la
flore et ternir l'esthétique de l'environnement. Quel que soit le
répondant, chacun est d'accord avec le fait qu'une mauvaise gestion des
DSM produit sur la faune, la flore, le sol des conséquences nocives et
destructives.
Problème des déchets

Figure 2: problèmes
des déchets
Des problèmes dramatiques sur la santé peuvent
en découler comme le prouvent 41% des répondants. Ces maladies
peuvent être directement liées aux DSM ou indirectement. 20%
pensent que les déchets ne peuvent atteindre la santé que par le
biais de la pollution du sol. Une partie pense que les déchets
engendrent des problèmes sans pour autant être capables de se
prononcer sur le mécanisme.
Connaissance du processus de gestion
Tableau V: déchets
croisement ''Poubelle et tri''
|
Le tri à la source
|
Total
|
|
Oui
|
Non
|
|
Déchets mis dans poubelle
|
Oui
|
4
|
36
|
40
|
|
Non
|
2
|
18
|
20
|
|
Total
|
6
|
54
|
60
|
Exceptés les 10%, l'ensemble des 90% des
répondants pensent que le tri à la source n'est pas
respecté et parmi eux, 66% pensent qu'ils ne prennent pas toujours le
soin de mettre les DSM dans les poubelles. Ce qui sous-tend qu'un nombre
important de la population ne font pas transporter leur DSM.
Fréquence d'enlèvement des
ordures :


Figure 3 :
Fréquence d'enlèvement des ordures
Plus du tiers de la population n'adhère pas au
système de paiement pour l'enlèvement des DSM, ils s'en chargent
personnellement. Ils se contentent de les déposer dans la rue.
Heureusement qu'ils ne constituent qu'une petite minorité. Les autres
optent pour les GIE et les particuliers. Cette attitude est vraiment
prometteuse.
Le chargé de la
pré-collecte :

Figure 4 : Le
chargé de la pré-collecte
Les 60% dont les déchets sont transportés sont
reparties entre les GIE (41%), la mairie (5%) et la plupart accordé aux
particuliers qui sont les charretiers du quartier. Ces derniers se classent
à la première place en termes de nombre d'abonnés avec la
majorité écrasante de 54% face à la coalition des clients
de la mairie et des GIE.
Cela montre à quel point la population adhère
à l'informel au grand dam de ce qui est structuré.
La cherté du cout de la
pré-collecte
Tableau VI :
Croisement `'Coût aux GIE'' et `'Jugement du prix''
|
Jugement du prix
|
Total
|
|
Très cher
|
Abordable
|
Pas cher
|
|
Cout aux GIE
|
Inf 1000F
|
1
|
3
|
0
|
4
|
|
Entre 1000F et 1500F
|
8
|
11
|
3
|
22
|
|
Sup 1500
|
8
|
2
|
1
|
11
|
|
Total
|
17
|
16
|
4
|
37
|
Environ 60% des familles qui adhèrent au système
de pré-collecte payent une cotisation mensuelle comprise entre 1000F et
1500F et parmi elles, la moitié pense que ce prix est vraiment
abordable.
Le tiers de la population verse aux GIE une somme
supérieure à 1500F par mensualité pour l'enlèvement
de leur DSM et la quasi-totalité d'entre-elles (73%), qu'elles soient
nanties ou non, affirment sans ambages que ce prix est assez exorbitant. Tant
bien que mal, sur la population totale, plus de la moitié ne se plaint
point de ce qu'elle défraie pour la gestion des DSM.
NB : ce croisement ne concerne que 37/60 familles qui
adhèrent
La fine minorité qui pense que le prix est très
cher est repartie entre ceux qui payent au maxi 1000F/mois, ceux qui
déboursent entre 1000F et 1500F et même ceux qui payent plus.
C'est de déduire alors que l'appréciation du cout alloué
à la pré-collecte est aléatoire.

Figure 5 : Prix
proposé pour la pré-collecte
Les 68% des familles qui prônent que le prix n'est pas
du tout abordable rechignent en réalité, tout défraiement
pour la pré-collecte et optent pour sa gratuité. Quasiment
difficile que la pré-collecte soit gratuite et que le service rendu soit
satisfaisant sauf avec l'implication d'un bailleur qui se chargerait de la
couverture financière de l'activité.
Tableau VII : Croisement
Dépotoir des déchets et méthode d'élimination des
déchets
|
Méthode d'élimination des déchets
|
Total
|
|
Compostage
|
Incinération
|
Humus au champ
|
Ne sait pas
|
|
Dépotoir des déchets
|
Caisson
|
0
|
1
|
0
|
1
|
2
|
|
Décharge publique
|
1
|
6
|
1
|
0
|
8
|
|
Rue
|
4
|
14
|
1
|
1
|
20
|
|
Caniveaux
|
1
|
1
|
0
|
0
|
2
|
|
Fleuve
|
0
|
0
|
1
|
0
|
1
|
|
Bord de la route
|
0
|
1
|
0
|
0
|
1
|
|
Ne sait pas
|
0
|
0
|
0
|
26
|
26
|
|
Total
|
6
|
23
|
3
|
28
|
60
|
Environ la moitié de la population d'enquête ne
sait pas le lieu où l'on dépose leur DSM et encore moins, ce
qu'on en fait. Cela démontre à quel point, la population ne
maitrise pas le sujet de déchets, sa gestion et son élimination.
Plus du tiers de l'échantillon affirment que les
déchets qu'ils produisent sont sans doute destinés à
l'incinération. Plus de 58% de ceux qui connaissent la destination de
leurs ordures disent qu'ils se contentent de les déverser tout bonnement
dans la rue.
Difficultés rencontrées dans la gestion
des DSM

Figure 6 :
Difficulté rencontrée
La non-implication de la mairie serait la difficulté
majeure que nos enquêtés rencontrent dans la gestion des ordures
ménagères. Il s'agit de ces hommes et femmes
figurant dans les 28% des enquêtés. Les 13% pensent que les GIE ne
se faufilent pas dans leur quartier. Un nombre égal pensent plutôt
que c'est la négligence généralisée des DSM qui
leur fatigue dans leur bonne foi de s'impliquer dans la gestion efficace des
DSM dans la ville.
Tableau VIII :
Possibilité de résolution des problèmes
|
Méthode de résolution des problèmes
|
|
Compostage
|
Incinération
|
Éloigner la décharge
|
Fertilisation des sols
|
Autres
|
|
Effectif
|
Effectif
|
Effectif
|
Effectif
|
Effectif
|
|
Résolution possible ?
|
Oui
|
8
|
28
|
8
|
14
|
0
|
|
Non
|
0
|
0
|
0
|
0
|
0
|
A la question, selon vous, est-il possible de pallier aux
nuisances liées aux déchets ménagers ou de les
atténuer ? Tous les enquêtés, sans exception aucune
ont affirmé `'oui, bien sûr'' mais en quoi
faisant ? Les avis ont légèrement divergé. Un peu
moins de la moitié pense que l'incinération est la méthode
idoine d'élimination des DSM. Plus de 13% pensent qu'il faut
procéder au compostage et un nombre égal adhèrent à
la même idée mais en amenant directement les déchets au
champ. C'est dire autrement que ces 28% sont d'avis que les DSM peuvent
être utiles au champ.
2) Les données relatives aux ramasseurs des
DSM :
Tableau IX: Durée
des ramasseurs dans l'activité
|
Effectifs
|
Pourcentage
|
Pourcentage valide
|
Pourcentage cumulé
|
|
Valide
|
Moins d'un an
|
9
|
90,0
|
90,0
|
90,0
|
|
Entre 1an et 5ans
|
1
|
10,0
|
10,0
|
100,0
|
|
Total
|
10
|
100,0
|
100,0
|
|
Pratiquement tous les ramasseurs rencontrés ont moins
d'un an dans l'activité car ils sont en majorité ceux qui
viennent exercer pendant la saison sèche en ville et ils retournent
pendant l'hivernage en famille.
Tableau X: Formation
reçue par les ramasseurs
|
Formation reçue par le répondant
|
Total
|
|
Oui
|
Non
|
|
Employeur du répondant
|
Moi-même
|
0
|
5
|
5
|
|
GIE
|
4
|
1
|
5
|
|
Total
|
4
|
6
|
10
|
Tous les ramasseurs qui ont reçu une formation, ne
serait-ce qu'une seule fois, travaillent au compte d'un GIE,
c'est-à-dire que les ramasseurs qui évoluent pour eux-mêmes
n'ont jamais reçu un coaching en matière de pré-collecte
des DSM. Les ramasseurs particuliers, comme on l'a signalé plus haut,
sont ceux-là qui viennent pour juste un bout de temps et rebroussent
chemin pendant la période hivernale afin d'être plus utile
ailleurs.

Figure 7 : tri
à la source
Tandis que la moitié des ebouers trouvent les
déchets dans les poubelles, seulement 30% affirment qu'elles trouvent
les DSM bien conditionnés. Les ramasseurs ou du moins, 33% d'entre eux
conservent les tris faits à la source. C'est-à-dire qu'une fois
que ceux-ci trouvent les déchets tranchants et coupants separés
des autres, ils ne les melangent plus dans le meme recipient.
Il ne suffit pas que les virreries (et les autres
déchets tranchants et coupants) et les balayures ne soient pas
melangés à la source mais qu'ils restent separés
jusqu'à l'elimination finale.
Car l'un des objectifs recherchés est l'adaptation du
mode de traitement final au type de déchets. C'est ce que les ramasseurs
n'ont toujours pas cerné.
Port des EPI
|
Designation
|
Oui
|
Non
|
|
Port_Gants
|
40%
|
60%
|
|
Port_Cache-Nez
|
70%
|
30%
|
|
Port_Tenue de travail
|
50%
|
50%
|
|
Port_Lunettes
|
10%
|
90%
|
|
Port_Bottes
|
10%
|
90%
|
|
Port_Aucun
|
30%
|
70%
|
Figure 8 : Port des
EPI
Les 70% sont conscients des dangers et des risques dans la
manipulation des déchets et tachent à porter les cache-nez lors
de la pre-collecte. Cependant les pieds et les yeux ne font pas partie de leur
protection individuelle.
Puisque les ramasseurs privés n'ont jamais reçu
d'accompagnement, il va de soi que la plupart ne soit pas conscient du grand
risque lié aux DSM.
Tableau XI :
Tableau croisé `'Moyen de transport et Site de Transit''
|
Site de Transit
|
Caisson
|
|
Moyen de transport
|
Charette
|
1
|
0
|
|
Chariot
|
4
|
0
|
|
Benne
|
5
|
0
|
|
Total
|
10
|
0
|
Tous les transporteurs de déchets (10/10) se dirigent
d'une façon ou d'une autre vers un site de transit officiel ou sauvage.
En effet, dans plus d'un quartier, on retrouve des dépotoirs sauvages,
au plein coeur de la ville et qui sont très sollicités par les
particuliers.
Seules les familles qui transportent eux-mêmes leurs DSM
utilisent les caissons, les bords de fleuve, les rues etc. comme
dépotoir car elles ne veulent pas défrayer pour la cause.
|
Décharge de transit
|
|
Elimination
Finale des
DSM
|
Remblayage des ravins
|
6
|
|
Incinération
|
4
|
|
Compostage
|
0
|
|
Autre
|
0
|
Tableau XII :
Dépotoir final
Comme dépotoir final ou de transit, 60% des
transporteurs préfèrent le remblayage des ravins dans les
quartiers périphériques comme Bencounda, Khasso et Lafiabougou.
Les déchets acheminés dans les caissons et
celles déposés directement à la décharge publique
sont tous destinés à l'incinération, la revalorisation
n'ayant pas de poids dans la gestion quotidienne des DSM.
Les caniveaux, le fleuve, les abords des routes ou même
le dépotoir sauvage ne sont pas usités, le plus souvent par les
GIE et les transporteurs particuliers.
Tableau XIII: Les
transporteurs particuliers et les GIE
|
|
Transporteurs particuliers
|
Transporteurs GIE
|
|
Existence de difficultés liés à la
population
|
Oui
|
3/5
|
5/5
|
|
Non
|
2/5
|
0/5
|
|
Existence de difficultés liés aux GIE
|
Oui
|
2/5
|
5/5
|
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Non
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Existence de difficultés liés à la
mairie
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Oui
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Non
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3/5
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Au sujet des difficultés liées à la
population, 100% des ramasseurs des GIE se plaignent de leur collaboration avec
la population alors qu'au même moment 60% des ramasseurs particuliers
n'ont rien à redire sur la collaboration. Un constat similaire est
observable pour les difficultés liées à la collaboration
des deux types de transporteurs avec les responsables de GIE et la mairie. Ce
sont les transporteurs de GIE qui se plaignent le plus. Ils se plaignent de
la négligence et de l'incivisme de la population, de
l'étranglement que leur font subir leurs chefs dans les GIE (la charge
du travail dépassant la rémunération) et l'absence totale
et pure de la mairie dans sa qualité de gouvernance, de gestion et de
coordination des chevauchements entre les GIE et surtout, de la gestion des
ramasseurs particuliers.
II. Présentation des données de
l'entretien :
Avec les GIE :
Les entretiens ont eu lieu et le guide d'entretien
préétabli a servi de support. Après les prises de contact,
les autorisations d'enregistrement ont toujours été
demandées et la confidentialité des données était
garantie. L'ampleur et la portée de certaines informations se font
valoir par la connaissance de leur auteur.
Tous les directeurs et promoteurs de GIE sans exception aucune
sont d'avis que leur rôle principal dans la gestion des DSM est la
pré-collecte. On entend par pré-collecte le ramassage des ordures
depuis les ménages et leur acheminement à un dépôt
de transit. Ils mènent, outre la pré-collecte, des recherches de
nouveaux adhérents.
A la question de savoir les difficultés ou les plus
grandes difficultés qu'ils rencontrent dans la gestion des ordures
ménagères, ils n'ont point rechigné de citer et de compter
de doigt les problèmes suivants dont certains constituent des
écueils et d'autres des challenges :
· Insuffisance de séances de sensibilisation et de
mobilisation de la population ;
· La non adhésion de la plupart des
cibles ;
· Le chevauchement des GIE dans les mêmes zones
d'interventions ;
· La présence massive et incontrôlée
des transporteurs particuliers à chariot ou à charrette ;
· La lenteur dans l'application des textes ;
· Le problème de décharge publique
adéquate ;
· La cherté des couts liés à la
pré-collecte.
Entre autres, les GIE affirment souffrir de ces quelques
difficultés sans pour autant se laisser succomber sous le coup. Tant
bien que mal, les GIE veulent l'interdiction formelle d'exercice des
charretiers et sans délais, surtout les GIE membres de la Coordination
des organisations travaillant à Kayes (COTAK).
Normalement à la mairie centrale, à chaque GIE
est attribuée une zone d'exercice. Mais au pis, on se retrouve souvent
avec la présence d'au moins deux GIE dans la même localité
d'intervention d'où le chevauchement des GIE qui découle de la
non application des textes.
Parmi les textes dont on fait allusion, il y a le contrat
synallagmatique qui relie chaque GIE avec la mairie. Ce document assez
explicite semble pouvoir corriger plusieurs anomalies qui sévissent dans
la gestion des ordures ménagères dans la ville de Kati. Le statut
et règlement intérieur de la COTAK semble être
marginalisé sans aucune autre forme de procès.
Le laxisme de l'autorité compétente ainsi que la
non implication des populations productrices des ordures sont à la base
de la mauvaise gestion des ordures selon les 30% des GIE. Des groupements qui
ne font pas partie du COTAK pensent que c'est le COTAK même le
problème dans la mesure où les membres sont les premiers à
faire fi à leur texte. Ils font ainsi allusion au fait que ces derniers
sont les acteurs des dépotoirs anarchiques, du chevauchement et la
nonchalance de la promotion des GIE sur le plan local et national.
Sans exclusive, tous ceux qui ont participé à
l'entretien assertent que les ordures sont vraiment mal gérées
à Kayes et que les conséquences néfastes de cette pratique
affectent l'écosystème, le sol, la faune, la flore et même,
l'eau du fleuve. Ils n'ont pas hésité de prodiguer de conseils,
lesquels, selon eux, permettront de dompter la situation et faciliteront une
résolution innovante des problèmes liés à la
gestion des déchets solides ménagers (GDSM). Il y a entre
autres :
· La solidarité autour de toute action
d'assainissement
· L'adhésion de la population à la gestion
des ordures par la sensibilisation et le changement de comportement
· Le respect du tri à la source tant au niveau de
la production qu'au niveau du transport
· Le respect strict des sites de transit
· L'application minutieuse des contrats synallagmatiques
entre les GIE et la mairie d'une part, et entre les GIE membres de la
COTAK d'autre part.
· La revalorisation, la transformation et le recyclage
des déchets
· La recherche active des partenaires dans la gestion des
ordures
· L'accentuation des séances de sensibilisation et
de promotion des GIE pour d'une adhésion massive.
· L'interdiction de toute activité informelle dans
la gestion des ordures
Les présidents de GIE rencontrés sont vraiment
d'avis pour ces mesures surtout l'interdiction du secteur informel dans la GDSM
et le suivi de l'application des textes reliant la mairie aux GIE notamment le
respect des affectations de secteur. Les charretiers ou les ramasseurs
particuliers représentent un danger ou une épine dans les pieds
des promoteurs de GIE car, leur prix de pré-collecte étant plus
accessible, bons nombres des familles préfèrent adhérer
à leur réseautage. De surcroit, sans grande procédure,
leur adhésion semble facile et ils sont les plus nombreux sur le
terrain. Il suffit, le plus souvent, de leur donner une somme de 100 ou
150Francs CFA par service `environ deux fois par semaine' que plutôt de
défrayer une somme de 2000Fcfa à la fin du mois.
Avec les leaders techniques et
administratifs :
Il était question de rencontrer les responsables
impliqués d'une manière ou autre dans la gestion des ordures
ménagères dans la ville. Comme expliqué dans la partie
méthodologie, l'activité consistait à s'entretenir avec la
mairie, la DRACPN, le CSRéf, certaines ONG et associations jeunes du
quartier.
A la DRACPN, le lieu du présent stage, le
répondant nous a dit que leur rôle dans la GDSM est surtout
l'appui conseil auprès des collectivités. Dans cette
activité, ils sont butés à des difficultés de
communication, via les rapports ou les lettres de correspondance, avec la
mairie et les GIE. Comme tous les autres, ils ont touché le
problème de décharge publique et de site de revalorisation
même si à l'horizon, un site de 20 ha dans les alentours de la
ville est prévu pour la cause.
Au CSRéf, ce sont plutôt à travers les GIE
que leurs déchets assimilés sont acheminés au site de
transit. Ils coordonnent aussi la polarisation vers des déchets
assimilés aux ordures ménagères de certains centres de
santé privés comme les cabinets, les cliniques ... Le
CSRéf assure aussi de façon semestrielle la supervision
intégrée pendant laquelle, ils font le suivi et contrôle de
la GDSM des CSCom de la ville. Pour l'occasion, ils prodiguent des conseils
à leur endroit. Ils organisent aussi de temps à autres, des
ateliers de formation et de renforcement de capacité des responsables de
GDSM dans les centres de santé publics et privés. Ces ateliers se
font avec l'appui des partenaires financiers.
Notre répondant du CSRéf a dit qu'il est
très gênant qu'aujourd'hui encore, à cause de la mauvaise
gestion des ordures assimilées des centres de santé, surtout la
non mise en application des mesures de tri à la source, on se retrouve
avec des déchets biomédicaux (DBM) dans les dépôts
de transit. Ces dépôts qui sont tant sollicités par les
démunis et les pauvres gens de la société.
Selon lui, c'est le fait que moins de 20% des centres de
santé adhèrent à la polarisation des DBM vers le
CSRéf ou les CSCom ayant un incinérateur qui est
réellement à la base de ce fléau.
Il pense qu'on ne peut pallier ce problème qu'en
renforçant les séances de sensibilisation et de formation des
personnels de santé des structures privées et aussi, de
procéder au suivi et contrôle ainsi qu'à la sanction.
Il continue pour dire que l'office malienne pour la
valorisation du fleuve Sénégal (OMVS) avait initié la
dotation des berges du fleuve en poubelles. Jugeant ce geste nécessaire,
il pense que cela ne doit pas rester enfermé dans le registre de
l'histoire et de l'oubliette et que la revivification de ce projet et sa
pérennisation sont indispensables à la sauvegarde de nos
ressources premières : le fleuve, le sol, la faune, la flore....
des méfaits des ordures ménagères.
A la mairie, c'est le directeur technique qui a fourni les
éléments de réponse.
Avant de clore notre entretien, les derniers mots du
répondant consistaient à insister sur la nécessité
de l'implication des leaders de la localité, en faisant allusion aux
responsables administratifs et juridiques, et surtout, de l'application des
sanctions contre les auteurs des actes ignobles et inhumains dans la gestion
des ordures.
Nous avons aussi eu à nous entretenir avec un
représentant de la mairie, le responsable des services techniques
municipaux. Pour dire d'une autre manière que celui qui est sensé
connaitre le mieux a enfin parlé.
En quoi la mairie est-elle impliquée dans la
GDSM ? Il se mit alors à énumérer les lois saillantes
relatives aux injonctions de l'état dans l'implication de la mairie
à la GDSM. Il nous affirma que la mairie est le fer de lance dans la
GDSM dans sa collectivité. Ils sont impliqués dans le processus
sans retenue même s'ils sont butés à des difficultés
multiples, ils s'y impliquent à fond quand-même. Ils font face
à une insuffisance notoire de matériels de transport des
déchets et financière, cette dernière étant le nerf
de la guerre. L'incivisme de la population, faisant allusion à leur
réticence aux changements de comportements face à la GDSM. A se
fier à ses mots, il y a une absence d'aire de transit de
pré-collecte. Le site de la décharge n'est pas
aménagé.
Il souligne en outre, comme l'ont fait les responsables des
GIE, que la concurrence déloyale (du secteur formel et informel) est une
difficulté non négligeable qui se corse du jour au lendemain.
Notre interlocuteur, bien que désireux à
transcender cette situation, pense que les conséquences drastiques
n'épargnent guère l'écosystème, le sol, la faune et
la flore. Il a dit que la situation engendre la pollution de l'air et du sol,
crée des nuisances, contribue à l'ensablement des cours d'eau,
à l'extinction des espèces faunistiques, aquatiques et
végétales. Il se dit alors que les solutions ci-dessous
citées sont indispensables à la bonne gestion des ordures
ménagères :
ÿ L'aménagement de la décharge publique
ÿ La création et aménagement des
dépôts de transit
ÿ La restructuration des acteurs intervenants dans la
filière déchets
ÿ L'éducation et la sensibilisation de la
population en faveur du tri à la source
ÿ La valorisation de la filière déchets.
ÿ La formalisation du cadre de partenariat entre la
mairie et ses partenaires techniques et financiers.
Il renchérit ses propos en trouvant que la
revalorisation des déchets nécessite :
Ë la formation des acteurs et des appuis financiers
Ë la réorganisation des circuits de collecte et de
pré-collecte
Ë la sensibilisation de la population au tri à la
source
Les éléments de réponses obtenus lors de
nos différents entretiens se déclinent comme
présentés ci-dessus. Ils étaient disposés pour les
entretiens et n'ont ménagé aucun effort pour que les informations
complémentaires non prévues dans le guide soient fournies dans la
mesure du possible.
III. Discussion des résultats :
Les résultats ont montré qu'environ 78% des
enquêtés pensent que les balayures et toutes sortes de
saleté doivent être gérées comme DSM. Sauf qu'un
quart de la population affirme que les déchets sont des choses inutiles
et sans valeur alors que de nos jours, les déchets ne sont plus sans
valeur. Ils constituent plutôt une fortune inestimable à
explorer. Toute notre population d'enquête reconnait chacune son
implication dans la production des déchets exception faite à une
minorité qui n'a vraiment pas saisi le sens de la question. Ce qui est
corroboré par les données de Buffard en 1994, chacun d'entre nous
produit plus de 450 kilos (environ 1/2 tonne) de déchets par
année. Ce qui implique que ces déchets doivent être
fabriqués à partir de matières les rendant aptes au
recyclage, à la transformation compatible avec les exigences de la
production de la santé publique et de l'environnement.
En plus d'être
impliqué dans la production des déchets, lors de nos entretiens,
tous les répondants étaient unanimes sur la nocivité de
ces DSM sur notre environnement, la faune, la santé et la flore
d'où la confirmation des propos de Kangombé (2020) quand il dit
`'pour les environnementalistes, un déchet est un objet susceptible
d'avoir des impacts négatifs sur l'environnement''. Au même
moment, la quasi-totalité des enquêtés (95%), ramasseurs
comme citoyen lambda, affirme que les déchets présentent un grand
danger sur l'écosystème.
Pour preuve, Dembélé (2023), lors de nos
échanges n'a cessé de nous relater que les habitants proches des
dépotoirs sauvages ne cessent de souffrir de leur nocivité tant
sur le plan olfactif que sur le plan esthétique et surtout, lorsque des
individus anonymes procèdent au brulage en plein air des ordures, de
nuit comme de jour. Bien que la population ainsi que les manoeuvres de la
pré-collecte soient conscients des conséquences des DSM sur
l'écosystème, les mesures protectrices ne sont pas
respectées. Les ramasseurs des GIE possèdent des EPI mêmes
s'ils ne les utilisent pas constamment mais les ramasseurs particuliers n'en
ont même pas. Les pauvres gens de la population, les enfants
vulnérables ainsi que les adeptes coraniques ne cessent d'en être
exposés. Et aucune rigueur ou autorité ne s'interpose contre ce
méfait.
Concernant la gestion des déchets, nos
résultats ont montré qu'il n'est pas de l'habitude de la plupart
de la population de mettre les déchets dans les poubelles et de
surcroit, ils ignorent le tri à la source. Et même si, on tente le
tri, cela ne produit pas un grand effet dans la mesure où la recherche a
montré qu'à la pré-collecte, les ramasseurs se permettent
de mélanger tous les déchets présents dans la poubelle et
à ses alentours dans leur charrette afin de les acheminer aux
dépotoirs sauvages. Lors de la recherche de Siham (2012) dans la Commune
Urbaine d'Agadir, il a dit qu'on peut compter plus de 300 décharges
sauvages contre quelques décharges contrôlées. A Kayes, les
statistiques, en proportion, ne sont pas loin des dires de Siham (2012).
Ces décharges sauvages sont beaucoup plus
sollicitées par la population même ainsi que les particuliers.
Cependant, des efforts restent encore à fournir. En effet,
jusqu'à ce jour les éboueurs vont déverser les DSM
collectés ailleurs dans certains quartiers sur la demande de leurs
propres habitants, de sorte qu'ils constituent le réceptacle de toutes
sortes de déchets comme le disait Romane et al. (2009). C'est pourquoi
plus des deux tiers de la population n'adhèrent pas au système de
pré-collecte dirigé par les GIE, ils préfèrent
l'acheminement à même le sol dans les rues. Ainsi, les promoteurs
de GIE, bien qu'ils ne couvrent pas tous les quartiers de la ville, se
plaignent de la non-adhésion de la population à leur
système de collecte et de transport des DSM. Le nombre d'abonnés
ne s'augmente pas à exponentiel comme ils le souhaitent mais reste
plutôt, stagnante. Ar contre, les ramasseurs particuliers ont plus
d'abonnés que les GIE pour raison d'accessibilité
géographique et financière. Cette minorité de la
population qui verse pour la pré-collecte pense aussi que le cout de
transport (bien que compris entre 1000F et 1500Fcfa) est cher et propose,
à défaut de la gratuité, une bagatelle ne dépassant
pas les 1000Fcfa par mensualité. Outre ces abonnés non satisfaits
du prix, les non abonnés aussi souhaité un abonnement gratuit.
Environ la moitié de la population d'enquête ne
se préoccupe point du lieu où l'on dépose leur DSM et
encore moins, ce qu'on en fait. Plus de 58% de ceux qui connaissent la
destination de leur ordure disent qu'ils les déversent tout bonnement
dans la rue au vu et au su de tous. Cette réalité semble
s'étendre dans d'autres contrés en se référant
à Siham (2012), dans la Commune Urbaine d'Agadir, la
quasi-totalité des déchets est acheminée vers les
décharges sauvages sans aucun traitement au préalable et sans
aménagement des sites réceptacles.
Pour les transporteurs particuliers et les GIE,
les grandes difficultés résident dans la concurrence entre eux.
Les GIE pensent que les charretiers travaillent dans l'illégalité
totale et qu'ils doivent en être empêchés. La population se
sent à l'aise, comme le prouvent nos données, avec les
charretiers qu'avec les GIE et la mairie. Toujours avec les GIE, l'augmentation
du nombre d'abonnés dans l'espace et dans le temps pose d'énormes
problèmes pour la raison qu'ils pensent que ce sont les charretiers qui
bouleversent tout ce qu'ils mettent en place comme bonne technique de gestion
des DSM. Entre GIE, il y a aussi le problème de chevauchement :
dans le secteur alloué par GIE, on peut retrouver un autre qui y
intervienne. Mais pourquoi ? D'aucuns disent que c'est à cause du
manque de gouvernance de la mairie et d'autres pensent que ce dysfonctionnement
est lié à la COTAK. Selon nos données, cette coordination
des GIE peut dompter la situation. La gouvernance décentralisée
ne s'assume pas au sujet des DSM, d'après M. Sissoko. Tant que cet
obstacle subsiste, le laxisme prendra le dessus.
En tout cas, la mairie souffre de la coordination des
activités de ces deux secteurs dans la GDS dans la ville de Kayes :
le formel et l'informel. Cependant, les GIE souffrent plus du problème
de site de transit à l'exception des charretiers qui pensent que
`'tout dépotoir en est un''.
D'autres acteurs à l'instar du le CSRéf sont
aussi butés à des difficultés. Ce dernier de son
côté pense que les centre de santé privés ne suivent
pas les normes de la gestion des déchets assimilés aux ordures
ménagères : ils ne font pas le tri. C'est pourquoi on
retrouve souvent déchets médicaux issus des soins dans les sites
de transit ou de décharge publique. La DRCAPN, n'étant pas assez
impliqué dans les GDSM dans la ville de Kayes, se plaint du manque de
communication et d'information. Alors qu'ils pensent que leur rôle
principal est l'appui conseil mais s'ils ne sont au courant de rien.
Aussi bien que la mairie, les GIE font face à un
sérieux manque de moyens financiers et matériels pour mener
à bien leur mission. Cela est confirmé par Kangombé
(2010), les GIE souffrent du manque de matériels et surtout, le manque
de moyen financier qui leur pèse lourd. Car cela engendre
l'instabilité de la plupart de leurs employés, la perte de
certains clients. Les bailleurs se font rare d'où la lenteur de la
couverture de gestion.
Une autre difficulté liée aux abonnés, au
cas par cas, est l'irrégularité dans le paiement de la
mensualité. Par contre, une portion considérable d'entre les
abonnés et l'ensemble des non-abonnés crie défaite sous le
poids de la pauvreté et de leur dénuement financier. On peut
plutôt penser à une forme de l'incivisme ou de l'ignorance en
fiant aux propos des charretiers sur le sujet plutôt que du manque
de moyen financier. Ces données sur terrain confirment notre
première hypothèse qui stipule que les difficultés
rencontrées par les différents acteurs de la gestion des
déchets dans la ville de Kayes piétinent son bon
fonctionnement.
Il est alors judicieux que les acteurs de la
gestion des DSM aient des élucubrations ou des élucidations sur
des solutions efficaces pour la bonne gestion des DSM. Sissoko (2023) et
Kangombé (2010) sont d'avis qu'une solution ne peut démontrer son
efficacité que lorsqu'elle met fin à la mauvaise gouvernance des
autorités de la collectivité. Tant que la mairie ne s'assume pas,
on n'ira nulle part. Aucune évolution significative ne sera possible.
Aussi, aucune taxe n'est fixée par les municipalités pour la
salubrité comme étaye Kangombé (2010) sur la RDC. Les
taxes pour GDSM faciliteront la résolution du manque de moyen tant
financier que matériel. Ces taxes peuvent être ajoutées,
comme l'a dit certains directeurs de GIE, aux factures d'eau et
électricité. Pourquoi ne pas imposer des taxes ? se
demandait Sissoko (2023)
Selon le répondant de la DRACP et d'autres leaders, les
séances de communication pour le changement de comportement doivent
être renforcées et/ou initiées pour contrecarrer
l'incivisme de la population face aux déchets et le retard dans le
paiement mensuel des redevances. Trois volets de solution sont jugés
indispensables selon Kangombé (2010), dans la stratégie
d'amélioration de la gestion des déchets au Marché de
Matete en RDC : « Jeter moins - Trier plus - Traiter mieux ». Si
effectivement ces volets sont mis en oeuvre dans le processus, les objectifs
escomptés dans la gestion des déchets se verront atteints.
Le plus grand obstacle dans la GDSM à Kayes constitue
comme le dit notre référent à la mairie et les directeurs
des GIE, le problème de décharge publique contrôlée.
Des sites de transits illégaux sont tellement nombreux à Kayes
que les charretiers et les populations non abonnés ne tardent à
les fréquenter sans hésitation aucune. Il est possible de dire
qu'aucune décharge contrôlée n'existe dans la ville de
Kayes en se fiant à la loi N°01-394/P-RM du 06 Septembre 2001 qui
dit explicitement en son article 23 : `'la décharge doit être
entourée d'une clôture permettant d'en interdire l'accès et
doit être identifiée comme tel à l'entrée au moyen
d'une affiche indiquant qu'il s'agit d'une décharge.''
Cette décharge contrôlée est absente dans
la ville de Kayes. La non implication de la DRACPN et le manque de rigueur de
la mairie donnent l'opportunité aux GIE et aux ramasseurs particuliers
de se contenter des décharges sauvages pour l'acheminement des
déchets. L'implication de la mairie selon notre répondant de la
mairie doit être revue, révisée et redynamisée. Ces
données issues de nos recherches caractérisent le système
de gestion des déchets solides ménagers dans la ville de Kayes et
elles confirment deuxième hypothèse de recherche.
Aussi, il est judicieux d'affronter cet écueil selon
nos sources concordantes, afin qu'une réflexion sur la revalorisation
puisse faire partie de l'ordre du jour. Dans ce sens, le représentant de
la DRACPN ainsi que le président de la COTAK ont insisté sur la
nécessité de la réorganisation de la filière de
GDSM. Selon eux, c'est une condition sine qua non pour espérer un avenir
probant dans le domaine. La COTAK aussi doit-être
réorganisée et redynamisée.
Chapitre III : Proposition de la conduite à tenir
pour la gestion des ordures ménagères à Kayes
Au sortir de cette enquête qui a porté sur la
gestion des déchets solides ménagers dans la ville, nous avons
été témoin de beaucoup d'insuffisances qui
sévissent dans la filière. Ces difficultés
constatées et observées ont tendance à entraver l'atteinte
des objectifs escomptés pour la cause.
Il va de soi, qu'à partir de cette recherche qui nous a
permis de faire des entretiens avec des responsabilités de la
filière, d'écouter les acteurs de la production des
déchets, d'observer les dépôts sauvages des ordures, de
produire une stratégie qui pourra servir de fil conducteur pour la
mairie, les autorités décentralisées et
déconcentrées, leurs partenaires techniques et financiers, la
population, la jeunesse de Kayes, pour apporter une amélioration
significative dans la gestion des déchets dans la ville de Kayes.
Ainsi, ces propositions qui suivent, découlent des
dires disparates de nos différents correspondants sur le terrain, de nos
lectures et observations ainsi que nos explorations. Elles ne consistent donc
pas à concocter des élucubrations, mais plutôt un
agencement élucidé des données empiriques obtenues pendant
la recherche.
Essentiel de la
stratégie :
La gestion des ordures ménagères souffre
actuellement de trois difficultés majeures à Kayes :
Ø Le manque de financement des collectivités de
la ville de Kayes au sujet de la filière de gestion des DSM ainsi
que l'absence d'ONG partenaires ;
Ø La défaillance dans l'exécution des
tâches et responsabilités de la mairie notamment : la gestion
et le suivi des GIE, la mise en place des décharges
contrôlées, la gestion des décharges sauvages, la recherche
de partenaire en dehors des GIE et leurs clientientèle.
Ø La non implication de la DRACPN et des structures
déconcentrées dans la GDSM.
Ainsi, il est indispensable que le système soit revu en
fonction de ces anomalies susmentionnées. Puisque la
règlementation en vigueur prend en compte et en détail tout ce
qui concerne la bonne gestion des DSM à l'instar des conclusions de
l'étude menée par l'Istam (2018) qui stipule que : les
institutions nationales et leurs démembrements régionaux et
subrégionaux en charge de l'assainissement sont bien outillés
pour réussir leur objectif. A Kayes, le Programme National
d'Assainissement, la Stratégie de Gestion des Déchets de Kayes
ainsi que les lois et conventions adoptées sont entre autres, certains
outils à la disposition de la DRACPN. Notre proposition de conduite
à tenir aidera donc à transcender ou à dompter les
insuffisances qui entravent la bonne gestion des DSM à Kayes.
A l'endroit de la DRACPN
Pour l'atteinte des objectifs escomptés dans la gestion
des déchets solides à Kayes, la DRACPN doit collaborer
étroitement avec la mairie de Kayes. Elle doit recevoir le rapport
mensuel de la mairie sur la GDSM ainsi que ceux des GIE partenaires de la
mairie sur la GDSM.
Outre l'obtention de ces rapports mensuels, la DRACPN doit
initier la rencontre bimensuelle ordinaire avec la mairie et les GIE pour les
réorientations nécessaires et la résolution de certaines
difficultés auxquelles sont butés ces acteurs de GDSM à
Kayes. A l'issu de ces rencontres, la DRACPN pourra organiser des
séances de formation sur la GDSM.
Nous sommes convaincus que tant que la DRACPN reste en marge de
la GDSM à Kayes, ses missions ne pourront nullement être
accomplies.
A l'endroit de la mairie dans la GDSM :
La mairie joue le rôle principal de la GDSM dans la ville
de Kayes. De ce fait, elle supporte la plus grande responsabilité et la
plus lourde charge comme elles lui ont été
conférées par la politique de décentralisation.
Recherche du site de valorisation
Il est indubitable que la mairie aménage son site de
20hectares dans la commune rurale de Kouloum pour la récupération
et la valorisation des déchets. Cette valorisation qui consiste à
la production de l'électricité, des gaz et de l'engrais. Pour
atteindre cet objectif, on procèdera à l'utilisation des calories
contenues dans les déchets. On peut produire ces calories en brulant les
déchets et en récupérant l'énergie ainsi produite.
Pour l'exploitation de ce site, la mairie pourra faire appel aux
compétences extérieures, celles des entrepreneurs et des
organisations intervenant dans le domaine. D'une valeur estimée à
52miliards, la mairie doit activement chercher un bailleur pour le financement
du site de 20ha prévu pour la cause.
La gestion des GIE
La mairie doit sans tarder exiger à tous les GIE le suivi
du contrat synallagmatique qui les lie. Et ce contrat doit être
exigé à tous ceux qui évoluent dans la filière de
gestion des déchets dans la ville de Kayes. Si la coordination des GIE
de Kayes ne fonctionne plus, elle reste quand même indispensable. C'est
pourquoi la mairie ne manque pas d'intérêts à cadrer le
fonctionnement de ces GIE.
Chaque GIE doit fournir à la mairie et à la DRACPN
le rapport mensuel des activités de gestion des déchets solides
ménagers exercées dans la ville de Kayes. Il ne suffit pas de
collaborer avec les GIE mais il faut récompenser les bonnes actions et
les bonnes initiatives et sanctionner les défaillances. S'il n'y a ni
rigueur ni de sanction, cette activité des GIE ne fera jamais un
succès.
Il est indispensable aussi que chaque GIE soit exclusivement
confiée à un représentant de la mairie pour son suivi et
son coaching.
La gestion des ramasseurs particuliers
Les ramasseurs particuliers ne respectent aucune norme de la GDSM
mais ils sont indispensables dans la réussite de la
mission de la GDSM. Ils doivent être formés et suivis. Au lieu de
les délaisser à leur sort, dans l'anarchie et le laisser-aller,
ces ramasseurs doivent intégrer le système de gestion de la
mairie.
Le plus grand avantage et de profit que la mairie pourrait
bénéficier de cette collaboration est que ces derniers ont une
multitude de clientèle. Ils pourront ainsi assainir la ville et en
profiter pour remblayer les ravins qui entourent la ville.
Par la même occasion, la mairie doit appuyer les
associations jeunes dans les quartiers pour la collecte et le transport des DSM
en leur fournissant les textes, les conseils et les matériels de
collectes. Le plus important est surtout leur reconnaissance par les
autorités en charge des DSM et leur valorisation aux yeux de la
population.
La gestion des décharges
Les décharges reconnues par la mairie doivent
indubitablement être utilisées par les GIE, les ramasseurs
particuliers et les transporteurs de la voirie. L'initiative de remblayage des
ravins doit être appuyée par la mairie.
Tout manquement aux mesures de transport et de collecte des DSM
dans la ville de Kayes doit être sanctionné par la mairie. Il est
indispensable de déléguer un personnel de la mairie pour la
répression des mauvaises pratiques de dépôts d'ordures. La
mairie peut également faire appel à l'expertise d'un
contrôleur externe.
Une interdiction formelle de la fouille des décharges doit
être affichée au niveau de chaque dépotoir. Des placards
interdisant les décharges sauvages (exceptées le remblayage de
ravinements autorisées par la mairie) doivent abondées la ville.
Le charger de répression doit être accessible à un
numéro qui figure sur les placards.
Le financement des activités de la gestion des
déchets solides ménagers dans la ville de
Kayes :
La première vient des lignes budgétaires de la
mairie. Si l'Etat subventionne la mairie pour l'assainissement, le premier
investissement de la mairie doit être l'obtention des moyens de
pré-collecte, de collecte et de transport des DSM.
Toute la population doit contribuer pour la collecte à
travers les taxes pour la GDSM. Ces taxes doivent varier de 1000F à
3000F par mois selon la densité des déchets produits par famille
et par mois.
Faire des appels d'offres et de concurrence entre les
entrepreneurs et les ONG qui évoluent ou qui comptent évoluer
dans le domaine de gestion des ordures ménagères dans la ville de
Kati.
Faire multiplier les acteurs de collectes et de transports des
déchets de sorte que toute la population Kaysienne adhère
à un GIE ou à la collecte de la voirie.
Rôle de la jeunesse Kaysienne dans la
GDSM :
La jeunesse est quasiment absente dans le circuit de la GDSM dans
la ville de Kayes. Elle ne doit en aucun cas rester en marge d'un
problème aussi crucial dans la ville. La jeunesse doit se réunir
par quartier en association ou regroupement pour assainir leur quartier et
lutter contre l'insalubrité.
De la même occasion, ces associations de quartiers doivent
initier des cotisions volontaires ou règlementaires pour la GDSM et
organiser aussi, des actions publiques de salubrité et d'assainissements
mensuels. Chaque association doit être en contact étroit avec la
mairie.
Il serait encore plus salutaire qu'il ait une coordination des
associations de quartier pour GDSM dans la ville de Kayes. Il est plus facile
d'avoir des soutiens unis que séparés. A partir de la
coordination des associations, on peut prétendre à la recherche
de bailleurs et des gens de bonnes volontés.
Budgétisation de la
proposition :
Pour la DRACPN :
Les rencontres mensuelles ne nécessitent pas un cout
élevé à l'instar des réunions de service, justes
quelques d'eau car ce sont normalement des rencontres qui ne durent pas. Les
formations découlant des besoins ressentis, exprimés ou normatifs
recessés lors de ces rencontres peuvent être effectuées
raisonnablement par la mairie. Chaque structure pourra prendre en charge ses
agents. Et cette formation doit concerner, les responsables GIE, les
ramasseurs, les superviseurs de la mairie et d'autres intervenants dans la
filière. Une séance par mois et 10 participants par séance
avec deux formateurs.
Budget d'une séance :
|
Participants
|
Nombre
|
Perdiem/jour
|
Restauration forfait
|
Nombre de jour
|
Prix total
|
|
Facilitateur
|
2
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7 500
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4 000
|
2
|
46 000
|
|
Participants
|
10
|
5 000
|
4 000
|
2
|
180 000
|
|
|
|
|
|
226 000
|
Arrêté le montant d'une formation à
226 000Fcfa sans les frais des outils pédagogiques et des
attestations de participation. Si dans chaque l'année, la formation doit
se tenir 4 fois, la somme annuelle totale s'élève à
904 000Fcfa.
Pour la mairie :
La proposition de la valorisation du site de 20hectares de
Kouloum est estimée à 52miliards dans le plan stratégique
d'assainissement à Kayes.
Pour la gestion des GIE et des ramasseurs particuliers, il
suffit de confier cette tache à des agents qui sont déjà
au compte de la mairie pour un début afin d'esquiver les dépenses
que leur suivi peut engendrer. Il ne restera plus que la prise en charge du
placement du chargé de suivi, de contrôle et de coaching.
Conclusion :
Cette recherche explorative a porté objectivement sur
la gestion des déchets solides ménagers dans la ville de Kayes.
Il était question de revisiter le système de gestion des ordures
ménagères de la ville de Kayes, de rencontrer les acteurs
impliqués dans la chaine de gestion des DSM, de la production à
l'élimination finale. Les résultats de notre enquête nous
ont confirmé les hypothèses de l'étude
préalablement établies. Nous avons rencontré les personnes
prévues pour l'obtention des données à savoir la
population, les promoteurs de GIE, les ramasseurs des GIE et particuliers, les
chargés techniques de l'assainissement...
A l'issu de nos entretiens, il ressort que plusieurs
difficultés entravent la bonne gestion des déchets solides
ménagers. Au sujet de la population, les déchets et leurs
conséquences sur l'écosystème sont connus de tous mais le
manque de civisme, de formation et de conscience dirige l'attitude de la
plupart. Certains adhèrent aux GIE mais la plupart se contente d'un
déversement des ordures dans les rues et dans les dépotoirs
sauvages. Les ramasseurs particuliers souffrent de leur méconnaissance
des risques liés au DSM car ils ne protègent pas du tout. Les
résultats ont montré que la bonne marche des activités des
GIE est minée par une multiple d'embuches parmi lesquelles : leur
chevauchement, la non-fréquentation des sites de transit officiels, la
non adhésion de la plupart des populations, l'existence et
l'avancée du secteur informel de ramassage des ordures,
l'irrégularité de paiement des abonnés...
La mairie ainsi que les GIE décrient le manque de
moyens financiers et matériels ainsi que le manque de décharge
contrôlée. La mairie ne communique plus étroitement avec
les GIE et le manque de partenaires financiers freine l'atteinte des objectifs
de la mairie. Les chargés techniques de l'assainissement en l'occurrence
ceux de la mairie, de la DRACPN, du CSRéf... nous ont fait part de leurs
difficultés et surtout, de leur proposition de solution. Nos
observations des sites de transit et des décharges sauvages nous ont
permis de comprendre davantage le système de gestion en vigueur dans la
ville de Kayes. Nos revues documentaires, nos observations et les
données obtenues lors des entretiens et enquêtes nous ont permis
de formuler une ligne de conduite à tenir pour une gestion efficace des
ordures dans la ville de Kayes.
Le manque d'initiative de revalorisation et de
récupération des ordures constitue un problème majeur dans
la gestion efficace des ordures et peut en même temps, constituer une
aubaine pour les entrepreneurs et les innovateurs. La jeunesse de Kayes ainsi
que les jeunes entrepreneurs peuvent sans hésiter, s'approprier des
fruits de cette recherche.
Les résultats obtenus ont permis de confirmer nos
hypothèses de recherche et les objectifs de l'étude ont
été atteint. Bien qu'elle présente des limites, cette
recherche a fait d'énormes apports tant sur le plan personnel que sur le
plan scientifique. En effet, cette étude bien que menée dans des
conditions difficiles a permis de renforcer considérablement nos
compétences en termes de recherche scientifique. Elle nous a permis de
faire des rencontres professionnelles intéressantes. Enfin, toujours sur
le plan personnel, c'est une ouverture pour nous de tendre vers les
écrits scientifiques et de continuer ainsi jusqu'à la
transformation de ce modeste travail en un article scientifique. Sur le plan
scientifique, ce travail pourra servir de jalons pour une jeunesse
dégrisée, pour un assaut vers le succès et le
développement de la ville de Kayes. Ce document sera ajouté
à ceux déjà disponibles pour les chercheurs sur la toile
scientifique.
A l'issu de cette recherche, nous avons dressé la
conduite à tenir pour chaque acteur intervenant dans la gestion des DSM
en vue de contribuer à la problématique de gestion des ordures
ménagères dans la ville de Kayes. Ce problème qui doit
figurer sur le point de mire de toute collectivité avisée.
Dans nos échanges avec les promoteurs de GIE et les
chargés techniques de l'assainissement dans la ville de Kayes, nous
avons su leur volonté ardent de progresser et de donner le meilleur
d'eux-mêmes afin de transcender ce fléau social. Que faut-il faire
pour coordonner la mise en application des propositions formulées ?
Recommandations :
· Nous recommandons à la mairie de Kayes de
s'assumer et de mettre en exécution les textes législatifs et
règlementaires ainsi que les lois ratifiées sur la gestion des
ordures ménagères. Elle doit par la même occasion mettre en
place au moins une décharge contrôlée, interdire les
décharges sauvages et renforcer les activités de gestion, de
suivi et de contrôle des GIE ;
· La DRACPN doit se réimpliquer dans la
filière de GDSM conformément aux missions assignées.
· Les GIE doivent suivre minutieusement les contrats qui
les relient à la mairie et les textes de la COTAK.
· La jeunesse doit se mêler à la GDSM dans
la ville de Kayes.
Bibliographie
· Archange, M.B.G, 014-2015. Rapport de stage, gestion
des déchets ménagers solides dans la ville de Monatele,
rédigé en vue de l'obtention du diplôme d'ingénieur
des travaux en sciences environnementales, institut supérieur du sahel,
Cameroun
· Bouffard g, 1994. Vers un modèle de gestion des
déchets solides pour les municipalités et les MRC.
Mémoire : l'université du Québec à
Chicoutimi.
· Diarra, A.K. 2020. Approvisionnement en eau potable,
[cours magistral], INFSS
· Diarra, N. 2021. Monographie de la commune urbaine de
Kayes.
· Guide sur la gestion des déchets solides
· Institut Supérieur Technique des Arts et
Métiers (ISTAM) : Gestion des ordures ménagères dans
la ville de Kayes, Février 2018
· Kangombé, T, K. 2010. La gestion des
déchets solides des marches urbains, cas du marché de Matete, en
pleine réhabilitation sur financement IDA à Kinshasha/RDC,
institut international d'ingénierie de l'eau et de l'environnement.
· Plan stratégique d'assainissement de Kayes,
2006.
· Politique nationale d'assainissement (PNA), Janvier
2009
· Romance, H. et Marie Caroline. K. 2009. Planification
et Aménagement du Territoire en Cotonou.
· SIHAME, 2012. Gestion des déchets solides au
niveau de la Commune Urbaine d'Agadir et leur impact sur le milieu naturel.
Mémoire : Faculté des sciences et techniques Marakech,
Maroc
· Statistique Canada, 2020, Enquête biennale sur la
gestion des déchets, 2020, publié le 2022-11-15 sur
Le
Quotidien -- Enquête biennale sur la gestion des
déchets, 2020 (statcan.gc.ca) consulté le 02/09/2023
à 22h00.
ANNEXES
Annexe 1: Questionnaire adressée à la
population
Présentation enquêteur :
Code Evaluateur : ............... Date de
l'enquête : ............................
N° du questionnaire : ............... Quartier de
l'enquête : .........................
Présentation
enquêtée :
Sexe : M ? F ?
Age : ............ Profession : .........................
1. Connaissance des déchets
a) Selon vous qu'est-ce qu'un déchet ?
Balayures ? saleté ?
objet inutile et sans valeur ? objet jetable ?
objet hors usage ? autres à
préciser ...............................................
b) Quels sont les types de déchets produits dans les
ménages urbains de Kayes ?
Sachets plastiques ? cartons et papiers
? verre ? balayures ?
autres ?
c) Etes-vous impliqués dans la production des
déchets ? Oui ? non ?
Justifier :
....................................................................................
................................................................................................
2. Connaissance de l'impact des
déchets
a) Quels sont les impacts des déchets ?
Positifs ? négatifs ?
négatifs et positifs ? aucune
réponse ?
b) Les conséquences des déchets pèsent
sur :
La faune ? la flore ?
l'esthétique ? le sol ?
aucun ?
c) Les principaux problèmes posés par les
déchets sont :
Pollution du sol ? pollution de l'eau
? pollution de l'air ? maladies
? obstruction des canalisations ?
inondations ? pullulement des vecteurs de maladies
? Autres à
préciser............................................................
.................................................................................................
3. Connaissance du processus de gestion
a) Mettez-vous vos déchets dans les poubelles ?
Oui ? non ?
b) Faites-vous le tri à la source des
déchets ? Oui ? non
?
c) Quelle est la fréquence d'enlèvement de vos
ordures ?
Tous les jours ? Périodique ?
Jamais ? Ne sais pas ?
d) Qui assure le transport de vos déchets
La famille même ? GIE ?
Charrette d'un particulier ? la Mairie
?
Autres..........................................................................
e) Si service de ramassage :
e-1. Quel est le coût de ramassage ?____________________
e-2. Comment trouvez-vous ce prix ?
Très chers ? abordable ?
Pas chers ? insignifiant ?
e-3. Si très cher quel prix préconisez-vous
?_____________
f) Où est ce que vos déchets sont
acheminés ?
Caissons ? décharge publique ?
dans la rue ? dans les caniveaux ?
dans le fleuve ?
au bord de la route ? au carrefour ?
ne sait pas ?
autres
...........................................................................
g) Quelle méthode d'élimination des déchets
est en vigueur chez vous ?
Enfouissement simple ? compostage ?
incinération ? humus au champ ?
autre ?
4. Enumération des difficultés dans la
gestion des ordures
a) Quelles sont les difficultés que vous rencontrez au
sujet des déchets ?
La cherté de la cotisation ? Absence
de poubelle ? éloignement de la décharge
? manque d'argent ? Inexistence de GIE
? la non implication de la mairie ?
absence de dépôt final ? négligence du
problème ? méconnaissance du
problème ? Autres à
préciser....................................
5. Proposition de solutions
a) Selon vous, est-il possible de pallier aux nuisances
liées au déchets ménagers ou de les atténuer ?
Oui ? non ?
b) Si oui, par quelles méthodes ?
Compostage ? incinération ?
éloignement de la décharge publique ?
fertilisation des sols ? autres
méthodes à préciser ? ...............................
.................................................................................................
Merci de votre participation
Annexe 2: Questionnaire adressée aux ramasseurs
Code Evaluateur : ............... Date de
l'enquête :............................
N° du questionnaire :............... Quartier de
l'enquête :.........................
À LIRE AVANT DE REMPLIR LE QUESTIONNAIRE
Bonjour ! je suis Abdoul Kader DIARRA, étudiant en
Master II à 2IE de Ouaga. Spécialité : Innovation et
développement des sociétés.
Je mène une recherche sur la problématique de la
gestion des ordures ménagères dans la ville de Kayes. Ainsi, je
vous sollicite pour me fournir les informations demandées dans le
questionnaire. Les infos que vous allez me fournir me permettront de contribuer
à la bonne gestion des ordures ménagères à Kayes
d'où la grande nécessité de votre collaboration. Sachez
que la confidentialité et l'anonymat seront garantis. Merci d'avance
pour votre collaboration.
1. Depuis combien de temps, faites-vous le ramassage des
ordures ?
Moins d'un an ? entre 1
à 5 ans ? plus de 5ans ?
2. Evoluez-vous au compte de qui ?
Moi-même ?
un GIE ? la mairie ?
l'Etat ? autre
3. Avez-vous reçu une formation sur la gestion des
DMS ? Oui ?
non ?
4. Si oui, combien de fois ? 1fois
? 2fois ? plus de deux fois
?
5. Depuis quand date votre dernière
formation ?
Moins d'1 an ? entre 1 et 3ans
? plus de 3 ans ?
6. Selon-vous, les déchets
constituent-ils :
Un problème ? une
opportunité ?
7. Les conséquences des déchets portent
sur :
Environnementales ?
esthétiques ? sanitaires ?
olfactives ?
Autres à
préciser....................................................................
8. Trouvez-vous les ordures dans les poubelles ?
Oui ? non ?
9. Trouvez-vous les ordures triées à
la source ?
Oui ? non ?
10. Si oui, que faites-vous de ces tris ?
Je les mélange ? Je les conserve
trier jusqu'au dépotoir public ?
J'enfouie les verreries ? Je ne touche qu'aux
ordures ménagères ? autres
?
11. Quel EPI portez-vous pendant le processus
d'acheminement des déchets ?
Gants ? Cache-nez ?
Tenue de travail ? Lunette ? Bottes
?
12. Quelle est la fréquence d'enlèvement
des déchets ?
Chaque jour ? 1fois/semaine ?
2fois/semaine ? sans fréquence
? autre ?
13. Quels moyens utilisez-vous pour le transport des
déchets ?
Charrette ? chariot ?
panier ? benne ? camion ?
Autres à
préciser............................................................
14. Où acheminez-vous vos ordures ?
Caissons ? décharge publique ?
dans la rue ? dans les caniveaux
?
dans le fleuve ? en brousse ?
au bord de la route ? autres ?
15. Comment vos déchets transportés
sont-ils éliminés ?
Remblayage des ravins ? compostage ?
incinération ? autre ?
16. Avez-vous des difficultés avec les
bénéficiaires ?
Oui ? non ?
Si oui, lesquelles ?
Incivisme ? manque de
moyens ? irrégularité dans le paiement
? négligence ? Autres ?
......................................................
17. Avez-vous des difficultés avec les
GIE ?
Oui ? non ?
Si oui, lesquelles ?
Concurrence ? Egoïsme ?
manque de sérieux ? autre ?
18. Avez-vous des difficultés avec la
mairie ?
Oui ? non ?
Si oui, lesquelles ?
Concurrence ? Manque de
rigueur ? manque de site de décharge
? la non-implication ? la
négligence ? autres ?
Merci de votre participation
Annexe 3 : Grille d'entretien destinés aux
leaders de la gestion des ordures ménagères dans la ville de
Kayes
Bonjour ! je suis Abdoul Kader DIARRA, étudiant en
Master II à 2IE de Ouaga. Spécialité : Innovation et
développement des sociétés.
Je mène une recherche sur la problématique de la
gestion des ordures ménagères dans la ville de Kayes. Ainsi, je
vous sollicite pour me fournir les informations demandées dans le
questionnaire. Les infos que vous allez me fournir me permettront de contribuer
à la bonne gestion des ordures ménagères à Kayes
d'où la grande nécessité de votre collaboration. Sachez
que la confidentialité et l'anonymat seront garantis. Merci d'avance
pour votre collaboration.
Nom du service :
.....................................................................
Poste occupé par le répondant
......................................................
Ancienneté du répondant dans le service :
........................................
1) En quoi votre service est-il impliqué dans la gestion
des ordures à Kayes-villes ?
.................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................
2) Quelles sont les difficultés liées à la
gestion des ordures ménagères dans la ville de
Kayes auxquelles vous êtes confrontés ?
................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................
3) Selon-vous, quelles sont les causes susceptibles de la
mauvaise gestion des déchets
................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................
4) Enumérez les conséquences de ces déchets
sur l'écosystème, l'environnement, la faune, le flore et le
sol
................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................
5) Quelles solutions recommanderez-vous pour pallier ou
atténuer le problème ?
...............................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................
6) Que proposez-vous pour la revalorisation des
déchets ?
................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................
7) Auriez-vous autres choses en sus des données
précédentes ?
...............................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................
Je vous remercie fortement
RESUME :

Cette recherche a consisté à explorer la
filière de gestion des déchets solides ménagers dans la
ville de Kayes. Elle visait de recenser les difficultés qui existent
dans la gestion des déchets, leurs causes et leurs conséquences
et d'écouter les acteurs de la gestion sur leur proposition de solution.
Il fallait ensuite explorer le système de gestion en
vigueur à Kayes, analyser les données recueillies dans le but de
proposer une stratégie de gestion efficace adaptée à la
ville de Kayes. La méthodologie adoptée consistait à
adresser un questionnaire dument élaboré à environs
soixante familles et aux ramasseurs et de faire des entretiens avec les acteurs
techniques de l'assainissement comme la mairie, la voirie, le responsable
d'assainissement du CSRéf, de la DRACPN, les promoteurs des GIE et les
ramasseurs d'ordures dans le secteur formel et informel.
Des études ont été menées sur le
sujet dans la sous-région en générale et au Mali en
particulier mais la portée que nous avons donné par cette
étude dans la ville de Kayes est moins explicitée dans les
écrits. Le présent sujet a été traité sous
l'angle de la problématique polémique (existence d'une rupture
des données avec le champ de recherche de notre sujet de recherche) et
d'affinement (en apportant des éléments supplémentaires
aux données existantes).
Lees résultats ont montré l'existence d'une
multitude de problèmes à tous les niveaux de la filière de
gestion des déchets dans la ville de Kayes. La mairie ne s'assume plus,
la direction régionale de l'assainissement et du contrôle des
pollutions et nuisances (DRACPN) de Kayes qui devrait normalement suivre la
mise en exécution des textes règlementaires de la gestion des
déchets n'y intervient pratiquement plus. Le problème de
financement et de bailleurs ralentie la bonne marche du système et la
mise en application des textes réglementaires. Heureusement, les acteurs
de la gestion n'ont point rechiné de nous faire des propositions
puisées de leur expérience pour une résolution signifiante
de la situation. Il a donc été mis en place une stratégie
adapté pour la gestion des ordures dans la ville de Kayes.
Mots clés : déchets,
gestion, difficultés, solution, stratégie.
Abstract:
This research consisted of exploring the household solid waste
management sector in the city of Kayes. It aimed to identify the difficulties
that exist in waste management, their causes and their consequences and to
listen to management stakeholders on their proposed solution. It was then
necessary to explore the management system in force in Kayes, analyze the data
collected in order to propose an effective management strategy adapted to the
city of Kayes. The methodology adopted consisted of sending a duly drawn up
questionnaire to around sixty families and collectors and conducting interviews
with the technical players in sanitation such as the town hall, the roads, the
sanitation manager of the CSRéf, the DRACPN, the GIE promoters and waste
pickers in the formal and informal sector.
Studies have been conducted on the subject in the sub-region in
general and in Mali in particular, but the scope that we have given by this
study in the city of Kayes is less explicit in the writings. This subject has
been treated from the angle of the polemical problem (existence of a break in
the data with the field of research of our research subject) and of refinement
(by providing additional elements to the existing data).
The results showed the existence of a multitude of problems at
all levels of the waste management sector in the city of Kayes. The town hall
no longer assumes responsibility, the regional directorate for sanitation and
pollution and nuisance control (DRACPN) of Kayes, which should normally monitor
the implementation of the regulatory texts on waste management, practically no
longer intervenes there. The problem of funding and donors slows down the
smooth running of the system and the application of regulatory texts.
Fortunately, the management players did not hesitate to make proposals based on
their experience for a meaningful resolution of the situation. A suitable
strategy has therefore been put in place for waste management in the city of
Kayes.
Keywords: waste, management, difficulties, solution,
strategy.

* 1 AUDET, 1984, page 4.
* 2 Recyclage-Québec,
1982, page 22.
|