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Etat de lieu de la gestion des ordures ménagères dans la ville de Kayes, Mali


par Diarra ABDOUL KADER
2IE - Master II en Management des Entreprises des Organisations MEO 2023
  

Disponible en mode multipage

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REPUBLIQUE DU MALI

UN PEUPLE-UN BUT-UNE FOI

MASTER EN MANAGEMENT DES ENTREPRISES ET DES ORGANISATIONS (MEO)

Spécialité : INNOVATION ET DEVELOPPEMENT DES SOCIETES (IDS)

Etat de lieu de la gestion des ordures ménagères dans la ville de Kayes, Mali

Présenté et soutenu publiquement par :

Abdoul Kader DIARRA, Etudiant

Travaux dirigés par :

Abdramane BAH

Docteur en science de l'environnement

Jury :

Président : Dr Ousmane Roland YONABA

Membres :

1. M. Seraphin KOUTABA

2. M. Lassina TOGOLA

Année académique : 2022-2023

Cohorte : Septembre 2021

Dédicace

On aime quelqu'un lorsqu'on ne sait réellement pas, la vraie raison de cet amour.

Un homme sans ami est comme un arbre sans feuilles, non c'est plutôt à l'instar d'un oiseau sans plumes : comment volera-t-il ?

Un frère, hmmmm plutôt un frère-ami, non un confident, c'est plutôt une partie de moi......,

Il s'agit de Lui, au teint à serviabilité inégalée. Il est sans façon, unique dans son genre. Alassane KONE, tout court. Son nom suffit à mon épanouissement.

Reçois de moi, cette dédicace.

Tu comprendras le reste. Les mots me manquent pour renchérir ce que j'ai dit.

Cher lecteur, si tu n'as pas un ami comme lui, cherche-le. La puissance de l'amitié ne réside pas dans ce qu'il t'apporte comme soutien moral, matériel ou physique mais plutôt et surtout, dans le fait que `'Tu peux constamment compter sur Lui''.

La vraie richesse, c'est lorsqu'on est entouré d'amis sur lesquels, on peut compter. Celui qui n'en a pas beaucoup, peut au moins chercher un qui équivaut à Alassane, il lui suffira.

Remerciement

Mes remerciements sont, tout d'abord adressés au Tout Miséricordieux, le Très Clément, par les bienfaits de qui les bonnes choses ne cessent de se réaliser.

Mes sincères remerciements vont également à l'endroit de ceux qui, de près ou de loin, n'ont ménagé aucun effort pour la réussite de cet humble travail. Ils sont si nombreux que les citer nommément est un projet illusoire.

A mon directeur de mémoire, le directeur de la Direction Régionale de l'Assainissement et du Contrôle des Pollutions et Nuisances de Kayes (DRACPN), sans qui, ce projet de fin d'étude resterait une chimère. Que cette page te soit une gloire !

A tout le personnel de la DRACPN, les mots me manquent pour vous gratifier à la hauteur de vos mérites et de vos grades, acceptez de votre stagiaire ce mot de `'grand-merci''.

Mes remerciements vont également à l'endroit de M. le président du jury, Dr Ousmane Roland YONABA, pour avoir accepté la présidence de ce jury malgré ses occupations. Recevez ici notre profonde gratitude.

Nous ne saurons taire, les efforts abattus in absentia des autres membres du jury, les correcteurs vigilants de ce mémoire, M. Séraphin KOUTABA et M. Lassina TOGOLA. Vous avez contribué avec franchise pour la réussite de ce travail. Veuillez accepter mes sincères remerciements.

A tout le personnel administratif et enseignant de l'Institut international d'Ingénierie de l'Eau et de l'Environnement du Burkina-Faso pour les enseignements de qualité dispensés, les encouragements formulés et leur franche collaboration.

Je particularise dans le continuum de mes remerciements, Mme Sylvie OUEDRAGO/KIENOU, la coordinatrice de la formation, pour son exemplarité et son courage dans l'encadrement et la coordination. Vous avez été présent lorsqu'on avait besoin de vous. Merci pour tout et soyez-en fière.

A ma très chère épouse, un sincère remerciement pour tous les verbes d'encouragement inlassables. Trouve ici ma profonde gratitude

A mon émule, un jeune homme avec un avenir probant, il s'agit du nommé Harouna TRAORE. Je ne saurai taire tes mots d'encouragements sans faille, l'amour que tu ne cesses d'afficher à mon égard. Merci et merci. Tu comprendras le reste. Tes mots `'AKD, tu peux'' constituent pour moi une ritournelle.

A mes deux coachs de Grin, mes deux complices : M. Sinaly YOROTE et M. Sagui Karim TRAORE. J'ai beaucoup profité de votre apparition dans ma vie et je continue à en savourer. Vous savez coacher.

A mon très cher ami de Kayes, Souleymane Hondo DIARRA. Je ne te dirai que `'merci pour l'amitié''. Grace à toi, cher ami, je vie à Kayes comme chez moi, à Kati.

Recevez chacun, l'expression des battements du fin fond de mon coeur vous disant `'Allah ne fait pas perdre un bienfait''. Il est le Seul à pouvoir vous en récompenser sans injustices au centuple près.

Table des matières

DÉDICACE I

REMERCIEMENT II

LISTE DES FIGURES VI

LISTE DES IMAGES : VI

LISTE DES ANNEXES VI

LISTE DES ACRONYMES VII

AVANT-PROPOS VIII

JUSTIFICATION ET MOTIVATION DU SUJET : VIII

DÉFINITION OPÉRATIONNELLE DES TERMES ET TERMINOLOGIES : XI

INTRODUCTION : - 1 -

I. REVUE DE LA LITTÉRATURE : - 2 -

II. PROBLÉMATIQUE DE LA GESTION DES DÉCHETS : - 7 -

III. QUESTIONS DE RECHERCHES : - 15 -

IV. OBJECTIFS ET HYPOTHÈSES - 15 -

CHAPITRE I : CADRE DE L'ÉTUDE : - 17 -

I. ORGANIGRAMME DE LA STRUCTURE D'ACCUEIL - 17 -

II. PRÉSENTATION DU MILIEU D'ÉTUDE - 18 -

CHAPITRE III : CONSIDÉRATIONS MÉTHODOLOGIQUES - 20 -

CHAPITRE IV : RÉSULTATS ET DISCUSSIONS - 22 -

I. PRÉSENTATION DES RÉSULTATS DES QUESTIONNAIRES : - 22 -

II. PRÉSENTATION DES DONNÉES DE L'ENTRETIEN : - 32 -

III. DISCUSSION DES RÉSULTATS : - 36 -

CHAPITRE III : PROPOSITION DE LA CONDUITE À TENIR POUR LA GESTION DES ORDURES MÉNAGÈRES À KAYES - 40 -

ESSENTIEL DE LA STRATÉGIE : - 40 -

CONCLUSION : - 45 -

RECOMMANDATIONS : - 47 -

BIBLIOGRAPHIE - 48 -

ANNEXES - 49 -

ANNEXE 1: QUESTIONNAIRE ADRESSÉE À LA POPULATION - 50 -

ANNEXE 2: QUESTIONNAIRE ADRESSÉE AUX RAMASSEURS - 52 -

ANNEXE 3 : GRILLE D'ENTRETIEN DESTINÉS AUX LEADERS DE LA GESTION DES ORDURES MÉNAGÈRES DANS LA VILLE DE KAYES - 54 -

RESUME : I

Liste des tableaux

Tableau I : Répartition des répondants en fonction du sexe et de la fonction - 22 -

Tableau II: Définition des déchets - 22 -

Tableau III: implication dans la production des déchets - 23 -

Tableau IV: Conséquences des déchets - 23 -

Tableau V: déchets croisement ''Poubelle et tri'' - 24 -

Tableau VI : Croisement `'Coût aux GIE'' et `'Jugement du prix'' - 26 -

Tableau VII : Croisement Dépotoir des déchets et méthode d'élimination des déchets - 27 -

Tableau VIII : Possibilité de résolution des problèmes - 28 -

Tableau IX: Durée des ramasseurs dans l'activité - 29 -

Tableau X: Formation reçue par les ramasseurs - 29 -

Tableau XI : Tableau croisé `'Moyen de transport et Site de Transit'' - 31 -

Tableau XII : Dépotoir final - 31 -

Tableau XIII: Les transporteurs particuliers et les GIE - 31 -

Liste des figures

Figure 1: Schéma de contamination de l'homme par la source d'eau - 5 -

Figure 2: Connaissance de l'impact des ordures - 23 -

Figure 3: problèmes des déchets - 24 -

Figure 4 : Fréquence d'enlèvement des ordures - 25 -

Figure 5 : Le chargé de la pré-collecte - 26 -

Figure 6 : Prix proposé pour la pré-collecte - 27 -

Figure 7 : Difficulté rencontrée - 28 -

Figure 8 : tri à la source - 30 -

Figure 9 : Port des EPI - 30 -

Liste des images :

Image 1: les immondices éparses - 7 -

Image 2: Un caisson de la mairie de Kayes - 8 -

Image 3: décharge publique de Khasso - 8 -

Image 4: Décharge de Bencounda près des Rails - 9 -

Image 5: décharge de Khasso Extension - 10 -

Image 6: Décharge publique de Paparah - 11 -

Image 7: dépotoir sauvage en face de l'hopital - 11 -

Image 8: Image de remblayage de Lafiabougou - 12 -

Image 9: berges du fleuve Sénégal à Khasso - 12 -

Image 10: berges du fleuve Sénégal à Khasso - 12 -

Liste des annexes

Annexe 1: Questionnaire adressée à la population - 50 -

Annexe 2: Questionnaire adressée aux ramasseurs - 52 -

Annexe 3 : Grille d'entretien destinés aux leaders de la gestion des ordures ménagères dans la ville de Kayes - 54 -

LISTE DES ACRONYMES

CO : Cobalt

CO2 : Dioxyde de Carbone

CSCom : Centre de Santé Communautaire

CSRef : Centre de Santé de Référence

DRACPN : Direction Régionale de l'Assainissement et du Contrôle des Pollutions et Nuisances de Kayes

DSM : Déchets Solides Ménagers

EPS : Ecoles Privées de Santé

GIE : Groupement d'Intérêt Economique

GDSM : Gestion des Déchets Solides Ménagers

IFM : Institut de Formation des Maitres

INFSS : Institut National de Formation en Sciences de la Santé

IOTA : Institut Ophtalmologique Tropicale d'Afrique

PIB : Produit Intérieur Brut

2IE : Institut International d'Ingénierie de l'Eau et de l'Environnement

Avant-Propos

La formation en ligne à l'Institut International d'Ingénierie de l'Eau et de l'Environnement (2IE) s'achève pour les classes de Bachelor et de Master II par un projet de stage. Ainsi, chaque apprenant inscrit en Bachelor ou en master M II doit réaliser un projet ou un stage de fin d'étude. Ce projet de fin d'étude consiste en une étude ayant pour objet la résolution d'une problématique réelle de la structure d'accueil ou à la rédaction d'un projet en relation avec son domaine de formation. L'objectif de cette mission étant de permettre à l'apprenant d'appliquer l'ensemble des savoirs théoriques acquis.

Le présent projet de recherche se justifie non seulement par les motivations d'ordre personnel mais aussi par l'intérêt d'ordre social et scientifique dont il est porteur.

Justification et motivation du sujet :

Motivations personnelles :

Technicien supérieur en santé et environnement de base, nous évoluons en étroite collaboration avec les professionnels du domaine et les agents de l'assainissement. C'est ainsi que nous accordons un intérêt particulier au sujet d'assainissement et d'environnement.

Après la responsabilité de gestion des déchets biomédicaux à l'Institut Ophtalmologique Tropicale d'Afrique (IOTA) pendant trois années révolues, et à la suite des conceptions et gestions des projets d'assainissements de quartier, nous sommes mieux outillés pour murir les réflexions sur la question d'ordures ménagères.

Pendant nos cours magistraux dans les écoles privées de santé (EPS) et à l'Institut National de Formation en Sciences de la Santé (INFSS), et même pendant nos causeries avec les collègues et les amis, nous ne cessons de mobiliser et de stimuler la jeunesse à s'intéresser à la question.

Arrivé à Kayes, nous avons indubitablement observé la pertinence d'une innovation dans le domaine de la salubrité. Une conférence organisée par `'DONIBLOG'' le 25/06/2022 à l'Institut de Formation des Maitres (IFM) sur le thème `'ne tuons pas nos fleuves'' nous a servi d'occasion opportune d'échanger avec certains jeunes leaders de la ville. Nous en avons profité pour attirer l'attention des participants de l'opportunité que leur offrait le problème de déchets de la ville. Cela est valable aussi pour chaque entrepreneur de la place pour en faire un business car comme le dit-on `'problème égale opportunité de business''.

En outre, notre formation en Master en Innovation et développement des sociétés a réorienté notre compréhension sur la notion `'de développement de société''. Elle nous a permis de connaitre le rôle indispensable de l'assainissement et de l'environnement dans le développement des sociétés. On sait donc dit `'il est encore possible de faire quelque chose''. Oui, il l'est encore car `'à coeur vaillant, rien n'est impossible'' dit-on.

C'est pourquoi, nous espérons manifestement que les fruits de la présente recherche serviront un heureux dénouement pour l'ouverture d'un projet d'envergure dans la région de Kayes sur la gestion des déchets solides.

Pertinence scientifique :

Certains auteurs et chercheurs dans la sous-région en général et au Mali en particulier évoluent dans le domaine de la gestion des déchets `'solides ou liquides'' mais la rareté de la documentation se corse davantage dans la singularisation de la zone d'intervention. Au Mali et surtout à Kayes, il y a une nécessité croissante de la présence des écrits sur l'assainissement pour l'enrichissement et la quantification des données existantes.

Nous avons parcouru certains supports relatifs à la gestion des ordures ménagères et à l'assainissement, il ressort de nos lectures et analyses que le sujet de la problématique de gestion des déchets est un sujet légèrement abordé dans le sens, la vision et la portée de notre sujet, d'où l'immédiateté d'une contribution scientifique par la production de données actualisées.

Le sujet a été abordé dans la présente recherche sous l'angle de la problématique polémique (existence d'une rupture des données avec le champ de recherche de notre sujet de recherche) et d'affinement (en apportant des éléments supplémentaires aux données existantes).

Cela nous donne la conviction que ce document pourra faire sans équivoque des apports importants sur le plan scientifique au sein des données antérieures :

ü le thème est d'actualité dans la mesure où il s'inscrit dans un contexte concret et non négligeable de la surproduction des déchets dans la ville de Kayes sans consommation conséquente;

ü le thème a bel et bien fait l'objet d'études dans d'autres contrées du pays et sous d'autres points de vue (dans la majorité des cas), mais les études antérieures détaillent insuffisamment la portée du thème dans sa zone d'intervention. D'où l'importance en termes de données scientifiques que cette étude de terrain pourra apporter. Ces genres d'études se font rares chez les auteurs maliens.

Pertinence sociale :

Cette étude menée sur un problème réel et actuel se fait à point nommé dans une zone où l'absence d'écrits scientifiques constitue un problème récurrent et reconnu. Elle servira à une source de ravitaillement en information détaillée pour les décideurs politiques. Mais elle peut surtout servir de jalons d'investissement pour les investisseurs, les entrepreneurs et les jeunes innovateurs.

Les données de cette recherche peuvent permettre une réorientation du programme ou du plan d'action des municipalités de la région. Elles seront capables de susciter une nouvelle relance pour une gestion durable des ordures ménagères et urbaines dans le pays et voire, dans la sous-région.

En outre, la proposition établie à la suite de notre analyse des données de ce travail pourra susciter, réveillé et guidé les jeunes de la commune de revoir les problèmes liés au DSM.

Définition opérationnelle des termes et terminologies :

Nous fournissons ici quelques définitions des concepts dont la compréhension est dispensable dans l'appropriation du présent travail.

Déchets : D'une manière générale, le terme déchet vient du verbe « Déchoir » qui traduit la diminution de la valeur d'un bien, d'une matière ou d'un objet jusqu'au point où il devient inutilisable. (Archange, 2015).

Ainsi dans le cadre de ce travail, le déchet se définit comme tout objet mis hors usage.

Les déchets ménagers et assimilés : tout déchet provenant des activités économiques, commerciales ou artisanales et qui par leur nature, leur composition et leurs caractéristiques, sont similaires aux déchets ménagers.

Déchets dangereux : toutes formes de déchets qui, par leur nature dangereuse, toxique, réactive, explosive, inflammable, biologique ou bactérienne, constituent un danger pour l'équilibre écologique tel que fixé par les normes internationales dans ce domaine ou contenu dans des annexes complémentaires.

Décharge : la décharge est considérée dans ce travail comme un lieu où s'effectue le déversement anarchique des déchets solides.

Dépôt transitoire : décharge temporaire et limitée

Décharge publique : lieu publique destiné à recevoir les déchets assimilés pour une longue durée.

Décharge contrôlée : emplacement aménagé, choisi pour ses caractéristiques géologiques et géographiques et qui respecte une réglementation destinée à éviter les nuisances où s'effectue le déversement des déchets solides. (Décret n°01 -394/p-rm du 06 sept. 2001 fixant les modalités de gestion des déchets solides au Mali).

La revalorisation : la revalorisation des ordures ménagères épouse "le réemploi, le recyclage ou toute autre action visant à obtenir, à partir des déchets, des matériaux réutilisables ou de l'énergie " (loi française du 13 juillet 1992).

Incinération : Selon le dictionnaire `'environnement'' c'est une méthode de traitement thermique des déchets qui consiste en une combustion (technologie et température variant selon la nature du déchet) et un traitement des fumées.

De cette technique résultent trois catégories de résidus : mâchefers, cendres et résidus d'épuration des fumées. La chaleur générée par l'incinération fait l'objet de valorisation énergétique (production d'électricité et de chaleur) dans la plupart des unités. L'incinération consiste en une décomposition de la matière : oxydation, avec cinq types d'émissions : Eau, Gaz (CO, CO2, ...), Poussière minérale (cendres), Métaux lourds (plomb, cuivre, mercure, cadmium, nickel, arsenic), Molécules organiques (carbone, composés organiques chlorés comme dioxines et furannes, ...).

INTRODUCTION :

L'existence des humains en communion en milieu urbain et rural conditionne subséquemment la production des ordures. Cette production inévitable des ordures ménagères nécessite la mise en place d'un système de gestion efficace, gage de la protection de la vie humaine, végétale et animale voire de l'environnement tout entier de leurs effets néfastes. Cette nocivité issue de la production des ordures ménagères affecte tous les aspects environnementaux de la planète et ce, à divers degrés comme le disait Bouffard (1994). Il en va de soi que la société ne soit pas organisée de manière à la protéger, mais juste pour en tirer parti. La surexploitation de la société au plan des ressources entraînera incontestablement une dégradation irréparable de la biosphère qui, après coup, sera très néfaste pour la santé des écosystèmes et des collectivités.

C'est ainsi que des intervenants divers comme les organisations humanitaires, les organisations gouvernementales et non gouvernementales dans différents pays se sont toujours préoccupées des conditions de vie dans la société.

Il ressort des données historiques selon Buffard (1994) que c'est au début de l'ère industrielle qu'apparut la principale source de polluants. Depuis les années XVIIIe et XIXe siècle, avec la naissance de l'industrie à haut rendement, que la contamination de l'eau, de l'air et des sols commença à se manifester. Selon lui, rien cependant n'est plus destructeur que la deuxième moitié du XXe siècle en matière de pollution.

Si depuis le XXè siècle la destruction a atteint son paroxysme, qu'en est-il pour les pays en développement ? Dans ces pays, la situation est plus que préoccupante dans la mesure où en dépit des investissements des gouvernants, de leurs partenaires mais aussi des populations, il y a encore un grand manque à combler. Dans le rapport mondial sur le développement humain (PNUD, 2006), l'Afrique subsaharienne perd environ 5% de son PIB, soit quelques 28,4 milliards de dollar chaque année, un chiffre qui dépasse le montant total de l'aide et de l'allègement de la dette allouée à la région chaque année. Selon l'Organisation mondiale de la santé (OMS), l'insalubrité environnementale provoque plus de 12,6 millions de décès par an, un chiffre qui devrait exploser dans les années à venir à cause du boom démographique que subit l'Afrique.

Particulièrement au Mali, les premières décisions en faveur de l'assainissement formulées dans la Constitution au préambule en 1992 stipule que « le Peuple souverain du Mali s'engage à assurer l'amélioration de la qualité de vie, la protection de l'environnement ». Dans le même document en son article 15, il est ajouté : « Toute personne a droit à un environnement sain. La protection, la défense de l'environnement et la promotion de la qualité de vie sont un devoir pour tous et pour l'Etat ». C'est ainsi qu'au fil des années, au niveau international la République du Mali s'est engagée politiquement en faveur de l'assainissement.

Les désagréments liés aux ordures ménagères résident toujours dans le pays à cause de plusieurs facteurs dont :

ü le facteur démographique : plus la population s'agrandie, plus la production est concentrée ;

ü le facteur d'urbanisation : la tendance élevée de la convergence des habitants des milieux ruraux vers les grandes villes ajoute de la production à l'existant.

Il faut sans doute ajouter l'insuffisance de la mise en oeuvre des différents textes sur la problématique d'où la nécessité d'une solution innovante, objet de la présente étude.

La gestion efficace des déchets solides devrait être à la première ligne budgétaire au même titre que la ligne sécuritaire, sanitaire et d'éducation. Mais malheureusement, dans les pays en développement, au lieu de transformer le problème de déchets en une vraie aubaine par le truchement de sa valorisation, la question reste secondaire sur la table de décision. Ainsi les conséquences, tant sur le plan sanitaire qu'environnemental se corsent démesurément.

i. Revue de la littérature :

1) Etat des lieux de la gestion des déchets à Kayes et au Mali en général

La gestion actuelle des déchets au niveau de la ville de Kayes, nonobstant les efforts de quelques intervenants, est loin de répondre aux normes en vigueur. A Kayes comme dans toutes les régions du Mali, les institutions en charge de l'assainissement sont assez outillées pour atteindre leur objectif. Le Programme National d'Assainissement (PSA), la Stratégie de Gestion des Déchets de Kayes sont entre autres des outils permettant de mettre en application les lois et conventions adoptées. A l'instar des insuffisances citées par Siham (2012) au sujet d'Agadir, la gestion des DSM de Kayes fait face à des insuffisances comme :

- Une mauvaise collecte qui pose des problèmes de salubrité publique et entraîne des risques sanitaires importants ;

- Une collecte sans tri à l'amont ni valorisation des déchets collectés ;

- La présence de dépotoirs au sein des zones urbanisées et périurbaines qui entravent le développement des activités économiques et touristiques et dégradent la qualité de vie des populations ;

- Des décharges sauvages qui polluent les nappes des eaux souterraines et génèrent des impacts négatifs directs sur la santé publique et l'environnement ;

-L'absence ou la faiblesse de formation et de sensibilisation orientées pour augmenter la conscience environnementale chez les citoyens ;

- Sur le plan technique, la situation des déchets se caractérise par des taux de collectes non satisfaisantes et une élimination qui ne répond pas toujours aux besoins des populations ;

- Des moyens humains et matériels insuffisants et limités ;

- L'absence de collaboration entre les intervenants dans le secteur (les départements de l'environnement des établissements publics, les départements de constructions, les sociétés privées, l'université...)

2) Connaissances des déchets ménagers et leurs productions

Sciemment ou inconsciemment, chacun produit une quantité minime qu'elle soit de déchet de façon journalière. Comme figure dans les écrits, plusieurs chercheurs ont même essayé de quantifier la production individuelle de déchets par jour à l'instar de Buffard (1994) qui affirme que chacun d'entre nous produit plus de 450 kilos (environ 1/2 tonne) de déchets par année.1(*) À chaque année, les Québécois se défont de 200 millions de contenants de verre et de trois fois plus de conserves.2(*) Selon les donnes de l'enquête biennale sur la gestion des déchets au canada, en 2020, près de 10 millions de tonnes de matières ont été réacheminées hors des sites d'enfouissement par les entreprises et les ménages canadiens, en hausse de 4 % (352 000 tonnes) par rapport à 2018. Les deux provinces les plus peuplées, à savoir l'Ontario (3,5 millions de tonnes) et le Québec (2,6 millions de tonnes), ont réacheminé le plus de déchets en 2020, tandis que Terre-Neuve-et-Labrador (+13 %) et la Colombie-Britannique (+6 %) ont enregistré les plus fortes augmentations au chapitre du réacheminement des déchets en tout genre depuis 2018. À Terre-Neuve-et-Labrador, cela s'est traduit par environ 5 500 tonnes de plus. En Colombie-Britannique, c'est 103 000 tonnes supplémentaires de marchandises qui n'ont pas été incinérées ou enfouies.

Par contre, au Maroc, la production des déchets solides ménagers s'élève actuellement à près de 18 000 tonnes/jour. En chiffres ronds, on peut considérer une production annuelle d'environ 6 à 7 millions de tonnes soit en moyenne 0,75 kg/hab/jour comme le disait Kagombé en citant Joseph WETHE (2006).

Des variations notables se font constater d'une région à l'autre, d'une ville à l'autre et d'un quartier à l'autre en fonction du niveau socio-économique, de la saison et du taux de collecte. Globalement, on enregistre un ratio moyen de 0.3 kg/hab/jour en milieu rural et de 0,75 à 1 kg/hab/Jour en milieu urbain et périurbain. Enfin, pour les environnementalistes, un déchet est un objet susceptible d'avoir des impacts négatifs sur l'environnement.

A Kayes, les déchets domestiques et assimilés représentent les 99% de la totalité des déchets produits selon les données de Istam (2018). Les déchets d'activité de soins à risque infectieux, ceux générés par les micro- entreprises ne sont ni homogènes, ni gérés de façon adéquate.

3) Connaissances documentaires des effets des déchets sur l'écosystème

On classe généralement les déchets en fonction de leur nature physique (solides, les déchets liquides et les déchets gazeux...), de la nature du danger (déchets spéciaux, ménagers et assimilés, inertes) ; selon l'origine de production (urbains, hospitaliers, agricoles, industriels...) et la position du déchet dans le traitement (primaires, secondaires et ultimes). (Archange, 2015). Ces différents classements sont sans doute révélateurs de la reconnaissance de la dangerosité connus des déchets. Il est connu de tous que les déchets ont des effets néfastes mais l'acception des-uns et des-autres sur ces effets diffèrent considérablement d'où la négligence de ces déchets.

Quant est-il alors de leurs effets sur l'écosystème ?

Buffard (1994) disait que la surexploitation au plan des ressources entraînera incontestablement une dégradation irréparable de la biosphère qui, après coup, sera très néfaste pour la santé des écosystèmes et des collectivités. Oui, du point de vue de Buffard, la nocivité découle de la surexploitation, mais d'après les recherches menées par Kangombé (2010), c'est plutôt lié à l'absence de résultats probants dans la gestion des déchets. A défaut de pouvoir organiser efficacement la collecte, le transport, la valorisation et le traitement de ce gigantesque rebut ; comme le disait-il, la plupart des opérations de nettoyage massif initiées par la municipalité n'ont jamais donné aucun résultat probant.

Il découle d'une gestion déficiente des déchets, des risques sanitaires dont les maladies endémiques comme le paludisme, la diarrhée, la fièvre typhoïde, les infections respiratoires aigües et la prolifération de certains vecteurs, insectes et animaux ; hôtes intermédiaires pour certains microorganismes. (Kangombe, 2010)

4) Processus d'impact des déchets sur l'écosystème

Le développement socio-économique et l'accroissement démographique que connaît la ville se font subséquemment accompagner par l'augmentation de la quantité des déchets solides produits. Les dépôts des déchets influencent considérablement le sol comme l'affirme Siham (2012) : contamination par les lixiviats due à l'élimination sans précautions hygiéniques, de matières fécales humaines et des ordures ménagères, multiplication de certains vecteurs de maladies (insectes et rongeurs), pollution chimique due aux éléments chimiques rejetés, des érosions multiples causant la pauvreté du sol. Buffard (1994) pense qu'en somme, la tendance du mode actuel de gestion des déchets exercera des répercussions très négatives sur les écosystèmes comme par exemple, les eaux de lixiviation qui percolent dans le sol se retrouvent dans la nappe phréatique et par la suite, contaminent généreusement l'eau potable qui est la base même de la vie. C'est comme le disait DIARRA (2020), l'eau est la source de vie mais elle est aussi, la source de maladie. Le véhicule des maladies liées à l'eau le plus nuisible est l'eau de boisson puisqu'elle peut directement apporter dans le corps les microbes ou les parasites qu'elle contient. Cette pollution, continue-t-il, peut-être à échelle domestique (balayures, débris alimentaires), industrielle (déchets usines, eau de lavage), agricole (engrais, désinfectant), diffuse ou collective (détergents, hydrocarbures).

Figure 0: Schéma de contamination de l'homme par la source d'eau

En analysant les nombreux problèmes auxquels la collectivité se doit de faire face, on s'aperçoit inévitablement que la consommation de chaque citoyen est à l'origine du problème global. Le point culminant de l'histoire de la gestion des déchets est probablement atteint, comme le disait Buffard (1994), puisque chaque individu produit en moyenne près d'un kilo de déchets par jour, ce qui inévitablement implique des répercussions sur l'environnement.

5) Processus de gestion des déchets

Chacun convient qu'enfouir les déchets n'est pas une solution viable. De plus, ce procédé est des plus coûteux. Dans la mesure où la gestion est un processus qui regorge la planification, l'organisation, la conduite et le contrôle, il est donc possible de dire qu'il n'y a pas de gestion en tant que telle, car les municipalités préfèrent pour la plupart, expédier les déchets hors de la vue comme solution temporaire au problème. Mais voilà que cette solution est devenue, par la force des choses, quasi permanente au problème global de gestion des déchets. Par contre, tous les environnementalistes s'entendent sur le fait que le compostage est une solution viable parmi tant d'autres. (Buffard, 1994). Trois volets de solution ont été jugés indispensables par Kangombé (2010), dans la stratégie d'amélioration de la gestion des déchets au Marché de Matete en RDC : « Jeter moins - Trier plus - Traiter mieux ». Archange (2015) affirme qu'au Cameroun une loi datant d'Aout 1996 portant sur la gestion de l'environnement, définissait déjà la gestion des déchets comme `'toute action visant la collecte, le transport, le recyclage et l'élimination des déchets, y compris la surveillance des sites d'élimination''.

Quelle serait donc la capacité des collectivités et de l'état à gérer ces déchets ?

Au Maroc, le taux moyen de la collecte des DSM est estimé à environ 70% en milieu urbain. La collecte en milieu rural est peu, voire non organisée. D'après Siham (2012), la quasi-totalité des déchets du Maroc est acheminée vers les décharges sauvages sans aucun traitement au préalable et sans aménagement des sites réceptacles. En effet, on compte plus de 300 décharges sauvages contre quelques décharges contrôlées.

6) Difficultés dans la gestion

A Kayes, trois parties prenantes indispensables interviennent dans la gestion des déchets comme le dit, monsieur Sissoko (2023), un promoteur de GIE. Il s'agit des GIE, la gouvernance et la population. Il suffit qu'il ait une défaillance au côté de l'une des parties prenantes pour que la gestion des déchets connaisse des goulets d'étranglements.

Du côté de la population, la difficulté réside dans le taux d'adhésion d'une part et dans l'acquittement de la cotisation allouée à la collecte et au transport des déchets. Les lacunes de la gouvernance urbaine (notamment l'absence de liens étroits et de confiance entre les gouvernants et les gouvernés et entre les municipalités et ses partenaires au développement) nuisent à la capacité de l'administration urbaine de mobiliser les ressources financières, humaines et matérielles nécessaires pour assurer une bonne administration. (Kangombé, 2010).

La gouvernance décentralisée ne s'assume pas au sujet des DSM, continue M Sissoko. Tant que cet obstacle subsiste, le laxisme prendra le dessus. Et ce laisser aller entrave la continuité, ou du moins, la bonne continuité des activités de gestion des DSM. Aussi, aucune taxe n'est fixée par les municipalités pour la salubrité comme le dit Kangombé (2010) sur la RDC. Sauf dans les marchés où cette taxe est exigée et l'un des problèmes les plus répandus est celui de son affectation aux fins pour lesquelles elle est instituée.

Quant aux GIE, c'est le manque de matériels et surtout, le manque de moyens financiers qui leur pèsent lourd. Car cela engendre l'instabilité de la plupart de leurs employés, la perte de certains clients. Les bailleurs se font rares d'où la lenteur de la couverture de gestion.

7) Proposition face aux difficultés :

Établir un modèle de gestion des déchets n'est pas chose facile puisqu'un grand nombre de contraintes et d'intervenants s'inscrivent dans le processus. D'après Siham (2012), la protection de l'environnement, c'est d'abord une conscience sociale, suivie d'une volonté politique et enfin une mobilisation de tous les moyens socio-économiques tant au niveau national qu'international. Ce processus complexe dépend fondamentalement d'un levier commun : le civisme, la sensibilisation, la connaissance et l'information.

De par ce fait, les collectivités se doivent d'agir le plus rapidement possible pour contrer les aspects néfastes engendrés par une telle situation de déclin environnemental entraînant de lourdes conséquences à court et à long terme. C'est pourquoi toutes les collectivités doivent se mobiliser pour tendre vers un idéal à atteindre et espérer donner une meilleure qualité de vie aux générations futures laisse entendre Buffard (1994). Les différents pays à travers le globe, continue-t-il, devront élaborer des politiques qui feront place à la réduction, à la réutilisation et au recyclage des déchets.

Toutefois, comme en RDC, si on initiait une taxe incorporée dans la facture de l'eau, de l'électricité ou du téléphone, elle devrait servir de base financière au ramassage municipal et aidé à une couverture équitable du ramassage des ordures dans les villes congolaises. (Kangombé, 2010). Une proposition dessillante qui pourrait servir à plus d'un dans la mesure où l'incorporation de la taxe aux autres factures est une forme obligative pour la municipalité de faire contribuer l'auguste population à la gestion des DSM. Tout producteur et tout distributeur qui commercialise ou utilise dans ses activités professionnelles des matières plastiques ou autres emballages non biodégradables et toute personne responsable de leur première mise sur le marché, au cas où le producteur et le distributeur sont connus, est tenu de procéder à la reprise de ses matières plastiques et emballages utilisés en vue de les recycler. Toutefois, la réutilisation, le recyclage ou la valorisation des déchets plastiques peuvent être effectuées par le producteur ou toute entreprise publique ou privée agréée par l'administration compétente. Les coûts qui y relèvent sont à la charge du producteur ou du détenteur. (Loi N°01-394/P-RM du 06 Septembre 2001 de la république du Mali).

La gestion des déchets ne peut atteindre son paroxysme qu'avec le civisme de la population et l'obligation `'de réparation'' de fautes et erreurs. C'est ce que Buffard (1994) détaillait quand il disait que le meilleur moyen d'inverser les tendances actuelles serait que la gestion des déchets ait un caractère préventif et soit axée sur les changements à apporter aux modes de vie et aux modes de production et de consommation.

ii. Problématique de la gestion des déchets :

1) Aperçu sur la gestion des déchets à Kayes :

La décentralisation a conféré à chaque localité, une responsabilité suffisante pour se particulariser dans la gestion des déchets. A Kayes, cette gestion est repartie entre la mairie et ses annexes dans les quartiers d'une part et les GIE, les entrepreneurs, les ONG et les particuliers d'autre part. Chacun de son côté s'évertue pour l'atteinte des objectifs qu'il s'est assignés.

Image 0: les immondices éparses

Il faut noter que d'après nos observations, la gestion des déchets fait l'objet de plus de préoccupation dans les administrations, services et entreprises qu'au sein de la population surtout les quartiers périphériques. Un peu partout dans la ville, des tas d'immondices sont épars, les déchets sont déposés dans des sites illégaux. Ils sont souvent déversés dans les caniveaux, au bord du fleuve ou juste derrière les habitations. Que le quartier soit à la périphérie ou au coeur de la ville, cette habitude de la facilité qui consiste à `'occuper les espaces vides par les ordures ménagères'' n'est pas rare. On rencontre des cas d'enfouissements dans les quartiers périphériques.

L'image ci-contre provient d'un carrefour de Lafiabougou-Sud. C'est une pratique connue de la ville et elle est très fréquente. Nonobstant les investigations, elle perdure quand-même. La mairie dispose de trois camions pour la pré-collecte des déchets et leur acheminement à la décharge publique. Avec les particuliers, ce sont plutôt les charrettes à traction asine qui transbahutent les ordures vers le site

Image 0: Un caisson de la mairie de Kayes

de Khasso. Quatre caissons, considérés comme site de transit sont repartis dans la ville. On en trouve au bord des rails à Liberté en allant au gouvernorat puis à Lafiabougou vers le Lycée Dougoukolo et enfin à Lafiabougou-Sud près du marché à volaille. Le quatrième caisson est ambulant.

C'est l'image de l'un des quatre caissons que dispose la mairie de Kayes. Le rôle du caisson mobile est de substituer au caisson qui doit-être remplacé. Ils sont enlevés généralement chaque deux jours. Et leurs contenus sont acheminés vers les décharges de transit. Il n'existe quasiment pas un site de dépotoir final à Kayes. Ces sites qui devront normalement permettre aux entrepreneurs et aux organismes de procédés à la revalorisation des déchets.

Image 0: décharge publique de Khasso

La plus grande décharge se trouve à Khasso, au bord du goudron qui passe à l'Est de l'Hôpital Al Housseyni Dao de Kayes et qui se trouve non loin du fleuve Sénégal, soit environ 500m. Ce dépotoir est très volumineux et ne bénéficie jusqu'alors d'aucune activité de revalorisation.

Ces dépôts se trouvent sur les parcelles de terrain avec titre foncier de certains propriétaires. Puisque le site est très proche du siège de la BCEAO à Kayes, ces déchets poseront problèmes dès que le siège de la BCEAO devient opérationnel, auquel cas, les propriétaires terriens opteront à la récupération de leur propriété.

Dès qu'ils seront en possession de leurs parcelles, ils ne tarderont pas à ériger des immeubles à usage d'habitation pour les personnels de la BCEAO. Lors de nos visites répétées sur le site de Khasso, nous avons trouvé à chaque fois, des vieilles personnes, des femmes mariées et des enfants à la fouille des ordures.

Ils consacrent ainsi une bonne partie de leur temps pour la sélection des déchets recyclables comme les sachets, les chaussures, les objets jetés par inadvertance, les ustensiles en plastique, les fers, les bols etc. Nous avons reçu la question d'une vieille pendant que nous étions en train de sillonner le site `'Mes enfants, avez-vous l'intention de clôturer ce site ?''. Une façon de nous exprimer son appréhension pour cet acte.

Nous avons compris pendant la conversation avec la vieille qu'elle n'aimerait pas que ce site de décharge publique soit clôturé leur interdisant ainsi tout accès à leur source génératrice de revenus.

A noter prestement que ce site utilisé comme transit par les GIE de la place et les particuliers est très mal loti dans la mesure où il est très nuisible à l'hôpital. Aussi proche du plus grand centre de santé régional de la région, les déchets solides ménagers (DSM) de ce site de transit occasionnent des nuisances olfactives et nauséabondes à l'hôpital, contribuant ainsi à la production des vecteurs de maladies et détruisant surtout, toute beauté esthétique de l'environnement. A Bencounda, non loin des rails, un volume de déchets légèrement inférieur à celui de Khasso se trouve entassé. Des particuliers en ont profité afin de tamiser les ordures et les revendre comme fumier.

Image 0: Décharge de Bencounda près des Rails

Cette décharge semble servir à plus d'un car on y retrouve au moins deux installations pour vendeur de fumier.

Une multitude de GIE exercent dans la ville de Kayes sur les DSM. Parmi eux, cinq ont une relation étroite avec la mairie mais leur collaboration pâtit du manque de communication. Cette dernière se fait notamment via les rapports mensuels qui tardent à être réguliers. Excepté un GIE, les rapports se font assez rare pour être dans les locaux de la mairie centrale de Kayes.

Ces GIE sont engagés chacun dans un quartier qui lui est attribué par la municipalité. Selon leurs rapports mensuels, ces GIE souffrent de la régulation des paiements. Malgré cette irrégularité, d'autres gagnent le terrain et augmentent leur clientèle au jour le jour.

Image1

L'insouciance et l'incivisme caractérisent souvent certains comportements de la société. Dans le quartier de Liberté comme à Lafiabougou-Sud, on trouve plusieurs rues obstruées par les ordures ménagées et d'eaux-vannes. Ces deux quartiers ne sont pas les seuls qu'on peut citer nommément, mais la remarque concerne plutôt la plupart des quartiers de la ville de Kayes. C'est un réel problème qui sévie au sein d'une communauté protagoniste de la situation. Si bien que seulement de passage devant ces saletés, un passager se dirait `'quel est le rôle de la jeunesse dans ce quartier''. Un vieux d'un des quartiers m'a confié `'Mon fils, lorsque j'ai déménagé ici, j'ai d'abord taché à me conformer à la bonne gestion des ordures et des eaux usées et j'ai veillé à ce qu'elles ne constituent en aucun cas, un problème de santé. Puis j'ai élargi cette attitude vers les autres en les exhortant en groupe et en solo sans succès.

Le changement de comportement étant toujours une utopie dans les quartiers pauvres sans l'intervention d'une force, j'ai dû faire des menaces à l'encontre des récidivistes. Etant un ancien, je pouvais tordre la main des récalcitrants afin de les inciter au changement voulu, mais hélas... Mon téléphone ne cessait de rougir par les plaidoyers, parfois même, des autorités administratives me demandant chacun de renoncer à mon projet. Mon fils, finalement j'ai cédé.'' Un exemple extrapolable pour des quartiers similaires à celui du vieil homme.

Comme l'a dit Kangombé (2010), certains facteurs tels que le déboisement, la pluviométrie, la détérioration du système d'égouttage ou encore l'urbanisation anarchique, aggravent la crise de l'environnement face à laquelle les pouvoirs publics, affaiblis et dépourvus de moyens, se montrent impuissants.

Faut-il dire que certaines associations contribuent beaucoup à la gestion des déchets en sensibilisant la population et en initiant des journées de salubrité ? Bien que tenté par un nombre limité d'association dans le temps, on peut constater amèrement l'absence des initiatives de revalorisation des ordures ménagères dans la ville au moment de notre collecte. 

Image 0: décharge de Khasso Extension

La mairie a néanmoins eu une belle idée : se servir des déchets pour remblayer certains ravinements qui se trouvent tout autour des habitations de certains quartiers périphériques. A Khasso extension, vers la sortie qui mène à Paparah, non très loin des habitations de Berdem, on trouve une initiative d'un particulier très décrié par les voisins et les fidèles de la mosquée qui se trouvent sur le site, un dépôt pour remblaiement de ravins. Au fait son objectif est plutôt de remplir une partie afin de s'en servir plus tard pour construction. Les désagréments olfactifs issus de ces déchets sont démesurés et s'aggravent lorsqu'il y a de nouveaux arrivages.

Le feu qui est allumé aux dépotoirs de remblaiement des ravins peut durer jusqu'à 6mois ou jusqu'à l'arrivée de l'hivernage car à chaque fois qu'on y ajoute de nouvelles ordures, le feu est ainsi réalimenté et il produit ainsi plus de fumée.

Il y a environ quatre sites de décharges publiques autorisées actuellement par la mairie de Kayes et qui serviront de destinations pour les transporteurs y compris ceux des particuliers.

Image 0: Décharge publique de Paparah

A Paparah, ou juste avant d'arriver sur le pont de Paparah, un site officiel se trouve à gauche et qui n'est pratiquement pas exploité. Ce site de dépotoir qui se trouve à une position très stratégique et qui ne causerait pas assez de dérangements olfactifs pour les habitants proches de la zone est très moins fréquenté.

S'agirait-il de son emplacement éloigné par rapport aux autres ? Car l'accès est parfaitement pratique, une route bitumée et non loin de la ville, juste à la sortie de la ville de Kayes en empruntant la route nationale n°22 (RN22). Tant bien que mal, les dés étant jetés, il faut s'y atteler. Une sensibilisation est très nécessaire pour l'adhésion des promoteurs de GIE et des particuliers afin de réduire considérablement l'utilisation sauvage et anarchique des lieux non exploités comme décharge.

Image 0: dépotoir sauvage en face de l'hopital

En face de la direction régionale de la santé, ou tout simplement en face de l'hôpital car ces deux services sont dans la même cour, nous trouvons un dépotoir hors commun. Il est au plein coeur des habitations. Ce site m'a été indiqué par le chef de service de la voirie, M. Dembélé qui disait d'ailleurs avoir recueilli les mots des habitants des alentours de ce dépotoir sur les nuisances qu'il engendre.

Il relate : `'ce dépotoir illégal cause assez de torts aux habitants de la zone, surtout à chaque nouveau dépôt et lorsqu'on procède à son incinération''. Il est vraiment agaçant que ce site existe (voire image7).

Ces ordures sont méconnues, à environ à 200m du goudron. Comme l'a affirmé mon cher collègue Dembélé, il est assez écoeurant de voir cette situation perdurée. Que faut-il faire face à une telle situation ? Chaque habituant victime des nuisances provenant des actions rédhibitoires à une sérénité paisible.

Parmi les sites officiels de décharges publiques et qui servent à aplanir les ravins, il y a celui de Lafiabougou-sud. Oui, à Lafiabougou un grand effort y est déjà abattu. Une surface déjà considérable y est aplanie grâce à la collaboration de la mairie, des GIE et de la population. C'est une décharge très fréquentée par la population. Et le paquet y est assez mis afin que le ravin remblayé puisse servir à d'autres fins comme zone d'habitation ou espace public. Le

Image 0: Image de remblayage de Lafiabougou

site est tout près des habitations à l'instar de celle de Khasso face à l'hôpital. La mairie, tout de même, ne cesse d'encourager une telle initiative, sans pour autant négliger tout le désagrément qui en découlait avant d'être à son état actuel.

Mais la résilience et l'objectivité de la population ont rendu possible ce qui est projeté dans l'image ci-contre. N'eussent été les avertis, il serait assez délicat de reconnaitre la terre remblayée et jonchée par le tertre. Il est impératif d'après toujours le même représentant de la mairie, de consulter les experts en la matière avant de faire toute élévation sur ces surfaces hors de l'ordinaire. Nonobstant ses particularités, cette surface jonchée rend quand-même à l'environnement tout son esthétique comparativement au ravin.

Image 0: berges du fleuve Sénégal à Khasso

A Khasso, au bord du fleuve, un spectacle abracadabrant fait l'actualité. Il s'agit d'un dépotoir sauvage à même dans le fleuve. Le président du GIE `'SANYA'' en l'occurrence M. Sissoko qui intervient exclusivement à Khasso, s'est vraiment évertué pour bannir une telle pratique en pleine ville comme le témoigne lors de nos entretiens, un autre promoteur de GIE. Ce dernier est juste un habitant du quartier et son GIE intervient hormis Khasso mais il a témoigné en faveur de M. Sissoko du GIE SANYA.

Image 0: berges du fleuve Sénégal à Khasso

Il nous a donc confié ce témoignage : `'Nous sommes témoins de son investissement au bord du fleuve lorsque qu'il a ramassé et regroupé les ordures tout au long du fleuve et qu'il a posé des panneaux d'interdiction formelle de déposer les ordures sur les berges du fleuve Sénégal.'' Hélas, le changement de comportement est un processus dans lequel il y a l'adhésion du répondant à changer de comportement et son choix de comportement aspiré. L'incivisme est à la base de la majorité des problèmes liés à la gestion des ordures ménagères.

Image 10 : Berge du Fleuve Sénégal à Kayes N'Di

A Kayes N'Di, un quartier assez peuplé, on assiste à un scenario similaire. Des ordures, avec des odeurs nauséabondes, abondent les berges de ce fleuve, qui devrait être tant chéri et préservé.

Que se passe-t-il donc ? Çà et là, même pratique, même forme, description identique, on avance ou on recule ?

Un monsieur sur le site nous affirma : `'cette pratique date de longtemps. Je me suis battu avec les autres ouvriers ici présents sans succès. C'est surtout la nuit que les gens viennent y déverser des ordures sans outre-mesure. C'est vraiment fatiguant. Je me suis donné pour longtemps, à regrouper les ordures et à les incinérer de temps à autre, mais hélas, le lendemain, on retrouve pire que le jour précédant. Finalement, j'ai abandonné la lutte sans issue. Il nous arrive même parfois de ne pas pouvoir travailler ici à cause des odeurs répugnantes et concentrées.

Le répondant se dit in petto `'je compte quitter sans délai cet atelier pour un autre dont le cadre de travail est plus agréable''. Comme on l'avait dit plus haut, l'incinération de ces DSM pollue l'air ambiant accessible dans les habitations environnantes.

Image 11 : Décharge publique de Kayes N'Di

Le plus grand site de dépôt de Kayes N'Di fait partie intégrante des sites officialisés par la mairie centrale de Kayes. Mutatis mutandis, chaque dépotoir se présente comme les autres avec quelques particularités près. Chaque décharge est proche des habitations et de surcroit, elles sont permanemment fréquentées par les indigents de la population, les démunis qui cherchent de quoi exploiter dans les ordures ainsi que les `'almodo'', les adeptes des gourous, des maitres coraniques de la zone. Ces enfants qui viennent à l'exploration des ordures entassées, surtout les nouveaux arrivages, sont le plus souvent, sans aucune protection physique : ni chaussure, ni bottes, ni bavettes et encore moins, des gants. C'est assez touchant que ces enfants soient membres d'une communauté qui les ignore totalement. N'est-il pas jour de remettre le problème de déchets à table afin d'en trouver un dénouement heureux ?

Des efforts sont consentis de part et d'autre, mais la situation mérite encore un grand clin d'oeil.

Outre ces constats, Kayes est défavorisé par sa géographie. Les terres sont le plus souvent hydromorphes. Ce qui fait que dans les quartiers, pendant l'hivernage, les ruelles et les rues sont totalement impraticables. Même pendant l'été, il est quasi-difficile de circuler librement dans les rues Kaysiennes.

2) Formulation du problème :

A Kayes, dans la cité des rails, des études ont été menées sur la gestion des déchets comme celle de l'Institut Supérieur Technique des Arts et Métiers (ISTAM) de février 2018 qui a porté sur l'Etat des ordures ménagères dans la ville de Kayes. L'état, de par la loi de décentralisation, a transféré aux communes de larges prérogatives en matière d'hygiène et d'assainissement (PSA, 2006). La décentralisation administrative accorde aux collectivités locales, l'autonomie dans la gestion et dans les initiatives pour la protection de l'environnement. Aussi, la mairie centrale de Kayes et ses représentations secondaires s'évertuent en partenariat avec les GIE et d'autres partenaires pour une gestion efficace des déchets liquides et solides.

Avec une politique nationale d'assainissement bien ficelée, un plan stratégique d'assainissement dument élaboré et des conventions de collaborations avec les GIE, la gestion des déchets solides de la ville de Kayes est confrontée à plusieurs écueils qui minent le processus. Parmi les embuches qui minent l'atteinte des objectifs figurent :

· L'absence de site de revalorisation des ordures ménagères dans la région.

· L'utilisation du bord du fleuve comme dépotoir final ;

· L'insuffisance des caissons de transit pour la mairie ;

· La non adhésion de la majorité de la population aux GIE

· L'irrégularité des clients dans le paiement des cotisations mensuels envers les GIE,

· L'insuffisance de communication à travers les rapports mensuels d'activités entre les GIE et la mairie

· La non-implication de la DRACPN, tant sur le plan suivi, contrôle qu'orientation dans les activités de gestion des déchets de la mairie ;

· L'insuffisance des initiatives de revalorisation des déchets dans la ville.

Le souci primordial serait donc de détecter les causes des problèmes et d'en trouver des solutions innovantes de sortie de crise. Nous nous sommes proposés à nous intéresser à ce problème crucial et à apporter des solutions innovantes possibles qui permettront de transcender les goulets d'étranglements qui sévissent dans le processus de gestion des ordures ménagères en ces termes :

`'Quelles solutions innovantes pour une gestion efficace des ordures ménagères dans la ville de Kayes ? `'.

iii. Questions de recherches :

Question principale :

Quelle innovation faut-il adopter afin de pallier ou d'atténuer au maximum les insuffisances du système de gestion des déchets dans la ville de Kayes ?

Questions opérationnelles :

1. Quelles sont les difficultés que rencontrent chaque acteur clef de la gestion des déchets dans la ville de Kayes ?

2. Comment se caractérise le système de gestion des déchets dans la ville de Kayes ?

3. Que proposent les parties prenantes de la gestion des déchets dans la ville de Kayes facent aux difficultés qui entravent leurs gestions efficaces ?

4. Quelle conduite à tenir faut-il adopter face aux difficultés qui minent le processus de gestion des déchets dans la ville de Kayes ?

iv. Objectifs et hypothèses

1- Objectifs de la recherche

1-1 : Objectif général

L'objectif général de cette recherche est de contribuer à l'amélioration de la gestion des ordures ménagères dans la ville de Kayes (au Mali) par l'exposition des difficultés qui entravent le processus de gestion des ordures et de la conduite à tenir à y faire face.

1-2 : Objectifs spécifiques

L'atteinte de l'objectif général de la recherche requière la réalisation des objectifs spécifiques suivants :

· Recenser par acteur d'intervention, les difficultés entravant la bonne gestion des déchets solides dans la ville de Kayes ;

· Caractériser le système de gestion des déchets solides en vigueur dans la ville de Kayes

· Recueillir les différentes perceptions sur les solutions innovantes aux dysfonctionnements du système de gestion des ordures ménagères.

· Proposer la conduite à tenir à l'issu de la recherche afin de transcender les dysfonctionnements liés au système en place

2 : Hypothèses de la recherche :

2-1 Hypothèse générale :

· La gestion des déchets solides dans la ville de Kayes manque d'innovation pour sa bonne marche.

2-2 Hypothèses opérationnelles :

· Les difficultés rencontrées par les différents acteurs de la gestion des déchets dans la ville de Kayes piétinent son bon fonctionnement.

· Le système de gestion des déchets solides de la ville de Kayes caractérise sa qualité

· Une proposition innovante de conduite à tenir issue des propositions des différents acteurs de la gestion des déchets solides dans la ville de Kati permet de juguler les insuffisances rédhibitoires.

 

Chapitre I : Cadre de l'étude :

I. Organigramme de la structure d'accueil

Le stage de fin de cycle devant se termine par la production d'un mémoire sur un sujet en lien avec le profil est une exigence de l'Institut International de l'Ingénierie de l'Eau et de l'Environnement pour ses étudiants de fin de cycle. Ainsi, nous avons effectué un stage de six mois, de Novembre 2022 à Avril 2023, à la DRACPN de la région de Kayes au Mali.

La DRACPN de Kayes a été créée par le décret N°09-213/P-RM du 08 Mai 2009 du président de la république. Il a permis de mettre en place dans chaque région du Mali une DRACPN. Ces dernières ont pour mission de traduire sous forme de programmes et projets les grandes orientations en matière de politique d'assainissement et du contrôle des pollutions et des nuisances et d'en assurer la coordination et le contrôle de la mise en oeuvre. Ainsi, les missions de la direction régionale de l'assainissement et du contrôle des pollutions et des nuisances de la région de Kayes font d'elle une structure chargée de :

· Promouvoir la création d'ouvrages d'assainissement collectifs et individuels et fournir un appui aux collectivités territoriales en matière de gestion des déchets ;

· Identifier les facteurs de pollutions et de nuisances et prescrire toutes mesures propres à les prévenir, à les réduire ou à les éliminer ;

· Diffuser et veiller à l'application et au respect des textes législatifs, règlementaires et normatifs relatifs à l'assainissement et au contrôle des nuisances au niveau régional ;

· Elaborer et mettre en oeuvre, en rapport avec les collectivités territoriales et les organisations territoriales et les organisations communautaires de base, des programmes de sensibilisations et des formations des citoyens sur les dangers liés à l'insalubrité, aux pollutions et aux nuisances et assurer leurs suivis et évaluations ;

· Analyser les rapports d'études d'impacts environnemental et social (EIES) et suivre la mise en oeuvre du Plan de gestion Environnemental et social (PGES) ;

· Suivre l'audit des programmes et projets de développement ;

· Appuyer les collectivités territoriales dans l'élaboration des Plans stratégiques d'Assainissement (PSA) et suivre leur mise en oeuvre ;

· Elaborer et mettre en place les stratégies et programmes régionaux de vulgarisation, de communication et d'appui conseil en matière d'assainissement et de contrôle des pollutions et des nuisances ;

· Mettre en oeuvre les programmes nationaux en matière de communication ;

· Organiser des intermédiations sociales entre les différents acteurs de l'assainissement ;

· Assurer le suivi et la supervision des activités des services subrégionaux.

Ces différentes missions confiées à la DRACPN de la région de Kayes sont les mêmes dans toutes les régions du Mali. Chaque DRACPN est dirigée par un directeur nommé par un arrêté du ministre chargé de l'assainissement. Elle est composée d'une direction (directeur et secrétariat), d'une division assainissement, d'une division contrôle, suivi évaluation et d'un bureau communication. Chacune de ces divisions constitue un service avec sa composition et ses missions.

II. Présentation du milieu d'étude

· Les sols :

De façon générale, les sols à Kayes sont composés d'argile, de sable et de granite en profondeur. Les bas-fonds qui s'étendent le long du fleuve et des rivières dans les quartiers Khasso, Plateau, Lafiabougou, Liberté et Légal Ségou rive gauche et Kayes N'di rive droite sont composés d'argile, de sable et de limon. (Diarra, 2021)

· Le relief :

Le relief de la commune de Kayes est constitué d'une plaine argilo sableuse dans sa partie élevée et argilo limono sableux dans sa partie base (les baffons). (Diarra, 2021)

· Situation climatique

Située entièrement dans la zone sahélienne de part et d'autre du fleuve Sénégal, la commune Urbaine de Kayes connaît essentiellement deux grandes saisons :

- La saison sèche de Novembre à juin

- La saison pluvieuse de juillet à Octobre

En plus de ces deux grandes saisons, Kayes enregistre deux sous saisons variables qui sont :

- La saison froide de Novembre à Février

- La saison chaude de Mars à Octobre

La pluviométrie se repartie très inégalement sur quatre (4) mois et varie en moyenne de 600 à 700 mm d'eau par an.

· Situation démographique

Divisée en deux par le fleuve Sénégal et ceinturée par des rivières, la Commune Urbaine de Kayes a une forme presque circulaire. Selon les dernières données officielles du recensement général de la population et de l'habitat (RGPH), celles de 2009, la Commune Urbaine de Kayes compte une population de 127 368 habitants, pour une superficie de 20 km² soit une densité de 6 368,4 habitants au km². Cette population repartie entre six (06) quartiers (Kayes N'di, Khasso, Lafiabougou, Liberté, Plateau et Légal -Ségou), et trente-cinq secteurs. Cette superficie est trop réduite suite aux erreurs du découpage de la décentralisation et par le fait qu'elle est enfermée par des communes rurales. On retrouve dans la commune urbaine une population mixte composée essentiellement de Khassonkés, Sarakolés, Bambaras, Ouolofs, Maures, Peulhs, Bozo et des Somono. (Diarra, 2021)

· Situation économique :

Située en zone Sahélienne, la Commune Urbaine de Kayes a subi les effets néfastes d'une sécheresse encore persistante. Ville cosmopolite où fraternisent plusieurs ethnies, elle présente une économie agropastorale dominée par un commerce de nos jours assez prospère. L'économie est essentiellement basée sur l'agriculture, l'élevage qui constitue la préoccupation d'une grande majorité, la pêche, pratiquée de façon artisanale sur le fleuve Sénégal avec des filets et des hameçons, le commerce. Cité de commerce et de négoce par tradition, l'essentiel de l'activité commerciale repose sur l'importation. (Diarra, 2021)

Chapitre III : Considérations méthodologiques

1. Site de l'enquête :

Cette présente recherche s'est effectuée à Kayes, la première région administrative du Mali et plus précisément dans la commune urbaine du cercle de Kayes.

2. Population d'enquête

L'enquête a concerné les chargés techniques de l'assainissement de la voirie, de la DRACPN, de la mairie et de la direction régionale de la santé (DRS). En plus, les responsables des GIE et leurs agents de collecte ont été approchés aussi bien que les particuliers qui interviennent dans le domaine. La plupart de la population d'enquête a concerné les premiers acteurs des déchets, les producteurs ou la population. Enfin, des représentants des ONG et des associations jeunes de quartiers faisaient partie de l'étude.

Critère d'inclusion :

L'étude concerne les principaux acteurs intervenant dans la gestion des déchets solides dans la ville de Kayes.

Critère d'exclusion :

Sont exclus de l'étude les acteurs n'intervenant pas directement dans la gestion des déchets solides dans la ville de Kayes.

3. Echantillon d'enquête :

La taille de l'échantillon d'étude qui nous a permis d'avoir les informations escomptées est composée de quatre-vingt-cinq personnes :

o Soixante personnes choisies dans la population dans différents quartiers de la ville de Kayes

o Quatre responsables techniques des services administratifs : Mairie (1) ; DRACPN (1) ; Voirie (1), Centre de Santé de Référence (CSRéf) (1)

o Six responsables GIE

o Dix manoeuvres GIE dont cinq particuliers

o Trois représentants des associations jeunes du quartier

o Deux représentants d'ONG intervenant dans la gestion des déchets dans la ville de Kayes

Cet échantillon représente l'ensemble des cibles et des personnes incluses dans cette recherche.

4. Méthode d'échantillonnage :

L'échantillonnage par choix raisonné (ou intentionnel) a été utilisé pour repérer les sujets qui répondront au guide d'entretien. Le guide d'entretien était destiné à tous nos répondants hormis les soixante choisis dans la population. Ces derniers ont répondu au questionnaire. On a d'abord prévu dix familles pour chacun des six grands quartiers de la Ville de Kayes. Une fois dans les différents quartiers, la méthode probabiliste nous a permis de sélectionner les dix familles dont les représentants devraient remplir in situ le questionnaire.

5. Techniques de collectes de données

Les trois techniques suivantes ont été combinées pour cette fin :

Ø Enquête

Ø Entretien ;

Ø Analyse documentaire ;

Ø Et l'observation

6. Outils de collectes de données

Pour le recueil des données nous avons utilisé les outils et techniques suivants :

- Le questionnaire ;

- Le guide d'entretien ;

- La prise de note ;

- Les enregistrements audios ;

- La grille d'observation.

Le guide d'entretien et l'enregistrement sont destinés aux répondants ; la grille d'observation pour la visite des sites de transit et de dépotoir ainsi que la prise de note à partir des différents rapports.

7. Méthodes d'analyse des données

Nous avons fait l'analyse de contenu pour les données qualitatives et les données quantitatives ont été saisies sur Word puis traitées sur Excel et le logiciel SPSS. Les données sont représentées dans le document sous forme de tableaux, graphiques ou représentées en pourcentage.

8. Méthodes de recherche

Nous avons utilisé la méthode mixte qualitative et quantitative.

9. Conditions sociales de l'étude

Nous avons demandé l'accord de chaque répondant avant le début de l'enquête dans chaque entretien. L'accord préalable de chaque enquêté a été une condition sine qua non à l'exécution de l'enquête. L'anonymat et la confidentialité des données tant au niveau de l'analyse qu'au niveau de la publication leur ont été garantis.

10. Résultats attendus

A l'issue de cette étude, les résultats suivants étaient attendus :

· 85 acteurs de la gestion des déchets solides de la ville de Kayes ont participé à l'entretien

· Une liste des écueils qui minent le bon fonctionnement du système de GDS dans la ville de Kayes est établie ;

· Des propositions concrètes, innovantes et exploitables pour une amélioration significative du système de gestion des DSM dans la ville de Kayes sont faites

Chapitre IV : Résultats et discussions

I. Présentation des résultats des questionnaires :

La collecte a été menée comme prévu et les données recherchées ont été tant bien que difficilement, recueillies dans les conditions prévues pour la cause. Les données sont présentées ci-dessous sous formes de tableaux, d'histogrammes et de figures.

1) Les données relatives à la population :

Présentation des enquêtés :

Tableau I : Répartition des répondants en fonction du sexe et de la fonction

Effectif

Profession du répondant

Total

Ménagère

Commerçant/commerçante

Salarié

Travailleur indépendant

Genre du répondant

Homme

0

3

8

6

17

Femme

35

5

2

1

43

Total

35

8

10

7

60

Sur les 60 enquêtées de la population 71% sont des femmes. Et parmi ces femmes qui ont répondu à nos questions, 81% sont des ménagères. C'est dire autrement que nos répondants dans l'échantillon conviennent bien pour fournir des réponses idoines sur la gestion des ordures ménagères. Les hommes, bien que minoritaires dans notre échantillon font partie de nos répondants.

Connaissances des déchets par la population :

Tableau II: Définition des déchets

 

Effectifs

Pourcentage

Pourcentage valide

Pourcentage cumulé

Valide

Balayures

39

65,0

65,0

65,0

Saleté

8

13,3

13,3

78,3

Objet inutile et sans valeur

9

15,0

15,0

93,3

Objet jetable

4

6,7

6,7

100,0

Total

60

100,0

100,0

 

Toute la population rencontrée a une notion sur le terme `'déchet''. Ce qui est d'ailleurs concevable est l'appréciation des 65% de la population qui prônent que toute balayure est ordure. Au même moment, 15% pensent qu'il s'agit de tout objet inutile et sans valeur. Ce qui peut constituer une erreur dans la mesure où les déchets ne sont pas forcément sans valeur. L'ordure, c'est la saleté ou c'est tout ce qui est jetable sont entre autres, des réponses retrouvées chez certains répondants.

Tableau III: implication dans la production des déchets

 

Effectifs

Pourcentage

Pourcentage valide

Pourcentage cumulé

Valide

Oui

51

85,0

85,0

85,0

Non

9

15,0

15,0

100,0

Total

60

100,0

100,0

 

La quasi-totalité de la population sont d'avis qu'ils figurent bel et bien parmi les producteurs de déchets. Ils arguent qu'ils mangent et qu'ils utilisent des déchets et que ces détriments constituent les déchets. Une minorité réticente affirment que ce sont les autres qui produisent les déchets.

Connaissance de l'impact des ordures

Figure 1: Connaissance de l'impact des ordures

La quasi-totalité des enquêtés soit 95% affirme que les déchets présentent un grand danger. Le quart de l'échantillon pense qu'un profit peut être soutiré des déchets. Une petite minorité s'est réservée de se prononcer.

Ceux qui pensent que les déchets ne produisent que des effets négatifs ont leur part de raison dans la mesure où les initiatives de récupération et de revalorisation des déchets sont rares dans la société Kaysienne. Ils vont ainsi se contenter de souligner, ce qu'ils en subissent comme conséquence.

Tableau IV: Conséquences des déchets

 

Effectifs

Pourcentage

Pourcentage valide

Pourcentage cumulé

Valide

Faune

13

21,7

21,7

21,7

Flore

4

6,7

6,7

28,3

Esthétique

9

15,0

15,0

43,3

Sol

34

56,7

56,7

100,0

Total

60

100,0

100,0

 

Les conséquences des déchets portent sur le sol avec 56,7% des répondants. En tout, ils sont conscients qu'en plus d'être polluants pour le sol, les ordures peuvent affecter la faune, la flore et ternir l'esthétique de l'environnement. Quel que soit le répondant, chacun est d'accord avec le fait qu'une mauvaise gestion des DSM produit sur la faune, la flore, le sol des conséquences nocives et destructives.

Problème des déchets

Figure 2: problèmes des déchets

Des problèmes dramatiques sur la santé peuvent en découler comme le prouvent 41% des répondants. Ces maladies peuvent être directement liées aux DSM ou indirectement. 20% pensent que les déchets ne peuvent atteindre la santé que par le biais de la pollution du sol. Une partie pense que les déchets engendrent des problèmes sans pour autant être capables de se prononcer sur le mécanisme.

Connaissance du processus de gestion

Tableau V: déchets croisement ''Poubelle et tri''

 

Le tri à la source

Total

Oui

Non

Déchets mis dans poubelle

Oui

4

36

40

Non

2

18

20

Total

6

54

60

Exceptés les 10%, l'ensemble des 90% des répondants pensent que le tri à la source n'est pas respecté et parmi eux, 66% pensent qu'ils ne prennent pas toujours le soin de mettre les DSM dans les poubelles. Ce qui sous-tend qu'un nombre important de la population ne font pas transporter leur DSM.

Fréquence d'enlèvement des ordures :

Figure 3 : Fréquence d'enlèvement des ordures

Plus du tiers de la population n'adhère pas au système de paiement pour l'enlèvement des DSM, ils s'en chargent personnellement. Ils se contentent de les déposer dans la rue. Heureusement qu'ils ne constituent qu'une petite minorité. Les autres optent pour les GIE et les particuliers. Cette attitude est vraiment prometteuse.

Le chargé de la pré-collecte :

Figure 4 : Le chargé de la pré-collecte 

Les 60% dont les déchets sont transportés sont reparties entre les GIE (41%), la mairie (5%) et la plupart accordé aux particuliers qui sont les charretiers du quartier. Ces derniers se classent à la première place en termes de nombre d'abonnés avec la majorité écrasante de 54% face à la coalition des clients de la mairie et des GIE.

Cela montre à quel point la population adhère à l'informel au grand dam de ce qui est structuré.

La cherté du cout de la pré-collecte

Tableau VI : Croisement `'Coût aux GIE'' et `'Jugement du prix''

 

Jugement du prix

Total

Très cher

Abordable

Pas cher

Cout aux GIE

Inf 1000F

1

3

0

4

Entre 1000F et 1500F

8

11

3

22

Sup 1500

8

2

1

11

Total

17

16

4

37

Environ 60% des familles qui adhèrent au système de pré-collecte payent une cotisation mensuelle comprise entre 1000F et 1500F et parmi elles, la moitié pense que ce prix est vraiment abordable.

Le tiers de la population verse aux GIE une somme supérieure à 1500F par mensualité pour l'enlèvement de leur DSM et la quasi-totalité d'entre-elles (73%), qu'elles soient nanties ou non, affirment sans ambages que ce prix est assez exorbitant. Tant bien que mal, sur la population totale, plus de la moitié ne se plaint point de ce qu'elle défraie pour la gestion des DSM.

NB : ce croisement ne concerne que 37/60 familles qui adhèrent

La fine minorité qui pense que le prix est très cher est repartie entre ceux qui payent au maxi 1000F/mois, ceux qui déboursent entre 1000F et 1500F et même ceux qui payent plus. C'est de déduire alors que l'appréciation du cout alloué à la pré-collecte est aléatoire.

Figure 5 : Prix proposé pour la pré-collecte

Les 68% des familles qui prônent que le prix n'est pas du tout abordable rechignent en réalité, tout défraiement pour la pré-collecte et optent pour sa gratuité. Quasiment difficile que la pré-collecte soit gratuite et que le service rendu soit satisfaisant sauf avec l'implication d'un bailleur qui se chargerait de la couverture financière de l'activité.

Tableau VII : Croisement Dépotoir des déchets et méthode d'élimination des déchets

 

Méthode d'élimination des déchets

Total

Compostage

Incinération

Humus au champ

Ne sait pas

Dépotoir des déchets

Caisson

0

1

0

1

2

Décharge publique

1

6

1

0

8

Rue

4

14

1

1

20

Caniveaux

1

1

0

0

2

Fleuve

0

0

1

0

1

Bord de la route

0

1

0

0

1

Ne sait pas

0

0

0

26

26

Total

6

23

3

28

60

Environ la moitié de la population d'enquête ne sait pas le lieu où l'on dépose leur DSM et encore moins, ce qu'on en fait. Cela démontre à quel point, la population ne maitrise pas le sujet de déchets, sa gestion et son élimination.

Plus du tiers de l'échantillon affirment que les déchets qu'ils produisent sont sans doute destinés à l'incinération. Plus de 58% de ceux qui connaissent la destination de leurs ordures disent qu'ils se contentent de les déverser tout bonnement dans la rue.

Difficultés rencontrées dans la gestion des DSM

Figure 6 : Difficulté rencontrée

La non-implication de la mairie serait la difficulté majeure que nos enquêtés rencontrent dans la gestion des ordures ménagères. Il s'agit de ces hommes et femmes figurant dans les 28% des enquêtés. Les 13% pensent que les GIE ne se faufilent pas dans leur quartier. Un nombre égal pensent plutôt que c'est la négligence généralisée des DSM qui leur fatigue dans leur bonne foi de s'impliquer dans la gestion efficace des DSM dans la ville.

Tableau VIII : Possibilité de résolution des problèmes

 

Méthode de résolution des problèmes

Compostage

Incinération

Éloigner la décharge

Fertilisation des sols

Autres

Effectif

Effectif

Effectif

Effectif

Effectif

Résolution possible ?

Oui

8

28

8

14

0

Non

0

0

0

0

0

A la question, selon vous, est-il possible de pallier aux nuisances liées aux déchets ménagers ou de les atténuer ? Tous les enquêtés, sans exception aucune ont affirmé `'oui, bien sûr'' mais en quoi faisant ? Les avis ont légèrement divergé. Un peu moins de la moitié pense que l'incinération est la méthode idoine d'élimination des DSM. Plus de 13% pensent qu'il faut procéder au compostage et un nombre égal adhèrent à la même idée mais en amenant directement les déchets au champ. C'est dire autrement que ces 28% sont d'avis que les DSM peuvent être utiles au champ.

2) Les données relatives aux ramasseurs des DSM :

Tableau IX: Durée des ramasseurs dans l'activité

 

Effectifs

Pourcentage

Pourcentage valide

Pourcentage cumulé

Valide

Moins d'un an

9

90,0

90,0

90,0

Entre 1an et 5ans

1

10,0

10,0

100,0

Total

10

100,0

100,0

 

Pratiquement tous les ramasseurs rencontrés ont moins d'un an dans l'activité car ils sont en majorité ceux qui viennent exercer pendant la saison sèche en ville et ils retournent pendant l'hivernage en famille.

Tableau X: Formation reçue par les ramasseurs

 

Formation reçue par le répondant

Total

Oui

Non

Employeur du répondant

Moi-même

0

5

5

GIE

4

1

5

Total

4

6

10

Tous les ramasseurs qui ont reçu une formation, ne serait-ce qu'une seule fois, travaillent au compte d'un GIE, c'est-à-dire que les ramasseurs qui évoluent pour eux-mêmes n'ont jamais reçu un coaching en matière de pré-collecte des DSM. Les ramasseurs particuliers, comme on l'a signalé plus haut, sont ceux-là qui viennent pour juste un bout de temps et rebroussent chemin pendant la période hivernale afin d'être plus utile ailleurs.

Figure 7 : tri à la source

Tandis que la moitié des ebouers trouvent les déchets dans les poubelles, seulement 30% affirment qu'elles trouvent les DSM bien conditionnés. Les ramasseurs ou du moins, 33% d'entre eux conservent les tris faits à la source. C'est-à-dire qu'une fois que ceux-ci trouvent les déchets tranchants et coupants separés des autres, ils ne les melangent plus dans le meme recipient.

Il ne suffit pas que les virreries (et les autres déchets tranchants et coupants) et les balayures ne soient pas melangés à la source mais qu'ils restent separés jusqu'à l'elimination finale.

Car l'un des objectifs recherchés est l'adaptation du mode de traitement final au type de déchets. C'est ce que les ramasseurs n'ont toujours pas cerné.

Port des EPI

Designation

Oui

Non

Port_Gants

40%

60%

Port_Cache-Nez

70%

30%

Port_Tenue de travail

50%

50%

Port_Lunettes

10%

90%

Port_Bottes

10%

90%

Port_Aucun

30%

70%

Figure 8 : Port des EPI

Les 70% sont conscients des dangers et des risques dans la manipulation des déchets et tachent à porter les cache-nez lors de la pre-collecte. Cependant les pieds et les yeux ne font pas partie de leur protection individuelle.

Puisque les ramasseurs privés n'ont jamais reçu d'accompagnement, il va de soi que la plupart ne soit pas conscient du grand risque lié aux DSM.

Tableau XI : Tableau croisé `'Moyen de transport et Site de Transit''

 

Site de Transit

Caisson

Moyen de transport

Charette

1

0

Chariot

4

0

Benne

5

0

Total

10

0

Tous les transporteurs de déchets (10/10) se dirigent d'une façon ou d'une autre vers un site de transit officiel ou sauvage. En effet, dans plus d'un quartier, on retrouve des dépotoirs sauvages, au plein coeur de la ville et qui sont très sollicités par les particuliers.

Seules les familles qui transportent eux-mêmes leurs DSM utilisent les caissons, les bords de fleuve, les rues etc. comme dépotoir car elles ne veulent pas défrayer pour la cause.

 

Décharge de transit

Elimination

Finale des

DSM

Remblayage des ravins

6

Incinération

4

Compostage

0

Autre

0

Tableau XII : Dépotoir final

Comme dépotoir final ou de transit, 60% des transporteurs préfèrent le remblayage des ravins dans les quartiers périphériques comme Bencounda, Khasso et Lafiabougou.

Les déchets acheminés dans les caissons et celles déposés directement à la décharge publique sont tous destinés à l'incinération, la revalorisation n'ayant pas de poids dans la gestion quotidienne des DSM.

Les caniveaux, le fleuve, les abords des routes ou même le dépotoir sauvage ne sont pas usités, le plus souvent par les GIE et les transporteurs particuliers.

Tableau XIII: Les transporteurs particuliers et les GIE

 
 

Transporteurs particuliers

Transporteurs GIE

Existence de difficultés liés à la population

Oui

3/5

5/5

Non

2/5

0/5

Existence de difficultés liés aux GIE

Oui

2/5

5/5

Non

3/5

0/5

Existence de difficultés liés à la mairie

Oui

2/5

4/5

Non

3/5

1/5

Au sujet des difficultés liées à la population, 100% des ramasseurs des GIE se plaignent de leur collaboration avec la population alors qu'au même moment 60% des ramasseurs particuliers n'ont rien à redire sur la collaboration. Un constat similaire est observable pour les difficultés liées à la collaboration des deux types de transporteurs avec les responsables de GIE et la mairie. Ce sont les transporteurs de GIE qui se plaignent le plus. Ils se plaignent de la négligence et de l'incivisme de la population, de l'étranglement que leur font subir leurs chefs dans les GIE (la charge du travail dépassant la rémunération) et l'absence totale et pure de la mairie dans sa qualité de gouvernance, de gestion et de coordination des chevauchements entre les GIE et surtout, de la gestion des ramasseurs particuliers.

II. Présentation des données de l'entretien :

Avec les GIE :

Les entretiens ont eu lieu et le guide d'entretien préétabli a servi de support. Après les prises de contact, les autorisations d'enregistrement ont toujours été demandées et la confidentialité des données était garantie. L'ampleur et la portée de certaines informations se font valoir par la connaissance de leur auteur.

Tous les directeurs et promoteurs de GIE sans exception aucune sont d'avis que leur rôle principal dans la gestion des DSM est la pré-collecte. On entend par pré-collecte le ramassage des ordures depuis les ménages et leur acheminement à un dépôt de transit. Ils mènent, outre la pré-collecte, des recherches de nouveaux adhérents.

A la question de savoir les difficultés ou les plus grandes difficultés qu'ils rencontrent dans la gestion des ordures ménagères, ils n'ont point rechigné de citer et de compter de doigt les problèmes suivants dont certains constituent des écueils et d'autres des challenges :

· Insuffisance de séances de sensibilisation et de mobilisation de la population ;

· La non adhésion de la plupart des cibles ;

· Le chevauchement des GIE dans les mêmes zones d'interventions ;

· La présence massive et incontrôlée des transporteurs particuliers à chariot ou à charrette ;

· La lenteur dans l'application des textes ;

· Le problème de décharge publique adéquate ;

· La cherté des couts liés à la pré-collecte.

Entre autres, les GIE affirment souffrir de ces quelques difficultés sans pour autant se laisser succomber sous le coup. Tant bien que mal, les GIE veulent l'interdiction formelle d'exercice des charretiers et sans délais, surtout les GIE membres de la Coordination des organisations travaillant à Kayes (COTAK).

Normalement à la mairie centrale, à chaque GIE est attribuée une zone d'exercice. Mais au pis, on se retrouve souvent avec la présence d'au moins deux GIE dans la même localité d'intervention d'où le chevauchement des GIE qui découle de la non application des textes.

Parmi les textes dont on fait allusion, il y a le contrat synallagmatique qui relie chaque GIE avec la mairie. Ce document assez explicite semble pouvoir corriger plusieurs anomalies qui sévissent dans la gestion des ordures ménagères dans la ville de Kati. Le statut et règlement intérieur de la COTAK semble être marginalisé sans aucune autre forme de procès.

Le laxisme de l'autorité compétente ainsi que la non implication des populations productrices des ordures sont à la base de la mauvaise gestion des ordures selon les 30% des GIE. Des groupements qui ne font pas partie du COTAK pensent que c'est le COTAK même le problème dans la mesure où les membres sont les premiers à faire fi à leur texte. Ils font ainsi allusion au fait que ces derniers sont les acteurs des dépotoirs anarchiques, du chevauchement et la nonchalance de la promotion des GIE sur le plan local et national.

Sans exclusive, tous ceux qui ont participé à l'entretien assertent que les ordures sont vraiment mal gérées à Kayes et que les conséquences néfastes de cette pratique affectent l'écosystème, le sol, la faune, la flore et même, l'eau du fleuve. Ils n'ont pas hésité de prodiguer de conseils, lesquels, selon eux, permettront de dompter la situation et faciliteront une résolution innovante des problèmes liés à la gestion des déchets solides ménagers (GDSM). Il y a entre autres :

· La solidarité autour de toute action d'assainissement

· L'adhésion de la population à la gestion des ordures par la sensibilisation et le changement de comportement

· Le respect du tri à la source tant au niveau de la production qu'au niveau du transport

· Le respect strict des sites de transit

· L'application minutieuse des contrats synallagmatiques entre les GIE et la mairie d'une part, et entre les GIE membres de la COTAK d'autre part.

· La revalorisation, la transformation et le recyclage des déchets

· La recherche active des partenaires dans la gestion des ordures

· L'accentuation des séances de sensibilisation et de promotion des GIE pour d'une adhésion massive.

· L'interdiction de toute activité informelle dans la gestion des ordures

Les présidents de GIE rencontrés sont vraiment d'avis pour ces mesures surtout l'interdiction du secteur informel dans la GDSM et le suivi de l'application des textes reliant la mairie aux GIE notamment le respect des affectations de secteur. Les charretiers ou les ramasseurs particuliers représentent un danger ou une épine dans les pieds des promoteurs de GIE car, leur prix de pré-collecte étant plus accessible, bons nombres des familles préfèrent adhérer à leur réseautage. De surcroit, sans grande procédure, leur adhésion semble facile et ils sont les plus nombreux sur le terrain. Il suffit, le plus souvent, de leur donner une somme de 100 ou 150Francs CFA par service `environ deux fois par semaine' que plutôt de défrayer une somme de 2000Fcfa à la fin du mois.

Avec les leaders techniques et administratifs :

Il était question de rencontrer les responsables impliqués d'une manière ou autre dans la gestion des ordures ménagères dans la ville. Comme expliqué dans la partie méthodologie, l'activité consistait à s'entretenir avec la mairie, la DRACPN, le CSRéf, certaines ONG et associations jeunes du quartier.

A la DRACPN, le lieu du présent stage, le répondant nous a dit que leur rôle dans la GDSM est surtout l'appui conseil auprès des collectivités. Dans cette activité, ils sont butés à des difficultés de communication, via les rapports ou les lettres de correspondance, avec la mairie et les GIE. Comme tous les autres, ils ont touché le problème de décharge publique et de site de revalorisation même si à l'horizon, un site de 20 ha dans les alentours de la ville est prévu pour la cause.

Au CSRéf, ce sont plutôt à travers les GIE que leurs déchets assimilés sont acheminés au site de transit. Ils coordonnent aussi la polarisation vers des déchets assimilés aux ordures ménagères de certains centres de santé privés comme les cabinets, les cliniques ... Le CSRéf assure aussi de façon semestrielle la supervision intégrée pendant laquelle, ils font le suivi et contrôle de la GDSM des CSCom de la ville. Pour l'occasion, ils prodiguent des conseils à leur endroit. Ils organisent aussi de temps à autres, des ateliers de formation et de renforcement de capacité des responsables de GDSM dans les centres de santé publics et privés. Ces ateliers se font avec l'appui des partenaires financiers.

Notre répondant du CSRéf a dit qu'il est très gênant qu'aujourd'hui encore, à cause de la mauvaise gestion des ordures assimilées des centres de santé, surtout la non mise en application des mesures de tri à la source, on se retrouve avec des déchets biomédicaux (DBM) dans les dépôts de transit. Ces dépôts qui sont tant sollicités par les démunis et les pauvres gens de la société.

Selon lui, c'est le fait que moins de 20% des centres de santé adhèrent à la polarisation des DBM vers le CSRéf ou les CSCom ayant un incinérateur qui est réellement à la base de ce fléau.

Il pense qu'on ne peut pallier ce problème qu'en renforçant les séances de sensibilisation et de formation des personnels de santé des structures privées et aussi, de procéder au suivi et contrôle ainsi qu'à la sanction.

Il continue pour dire que l'office malienne pour la valorisation du fleuve Sénégal (OMVS) avait initié la dotation des berges du fleuve en poubelles. Jugeant ce geste nécessaire, il pense que cela ne doit pas rester enfermé dans le registre de l'histoire et de l'oubliette et que la revivification de ce projet et sa pérennisation sont indispensables à la sauvegarde de nos ressources premières : le fleuve, le sol, la faune, la flore.... des méfaits des ordures ménagères.

A la mairie, c'est le directeur technique qui a fourni les éléments de réponse.

Avant de clore notre entretien, les derniers mots du répondant consistaient à insister sur la nécessité de l'implication des leaders de la localité, en faisant allusion aux responsables administratifs et juridiques, et surtout, de l'application des sanctions contre les auteurs des actes ignobles et inhumains dans la gestion des ordures.

Nous avons aussi eu à nous entretenir avec un représentant de la mairie, le responsable des services techniques municipaux. Pour dire d'une autre manière que celui qui est sensé connaitre le mieux a enfin parlé.

En quoi la mairie est-elle impliquée dans la GDSM ? Il se mit alors à énumérer les lois saillantes relatives aux injonctions de l'état dans l'implication de la mairie à la GDSM. Il nous affirma que la mairie est le fer de lance dans la GDSM dans sa collectivité. Ils sont impliqués dans le processus sans retenue même s'ils sont butés à des difficultés multiples, ils s'y impliquent à fond quand-même. Ils font face à une insuffisance notoire de matériels de transport des déchets et financière, cette dernière étant le nerf de la guerre. L'incivisme de la population, faisant allusion à leur réticence aux changements de comportements face à la GDSM. A se fier à ses mots, il y a une absence d'aire de transit de pré-collecte. Le site de la décharge n'est pas aménagé.

Il souligne en outre, comme l'ont fait les responsables des GIE, que la concurrence déloyale (du secteur formel et informel) est une difficulté non négligeable qui se corse du jour au lendemain.

Notre interlocuteur, bien que désireux à transcender cette situation, pense que les conséquences drastiques n'épargnent guère l'écosystème, le sol, la faune et la flore. Il a dit que la situation engendre la pollution de l'air et du sol, crée des nuisances, contribue à l'ensablement des cours d'eau, à l'extinction des espèces faunistiques, aquatiques et végétales. Il se dit alors que les solutions ci-dessous citées sont indispensables à la bonne gestion des ordures ménagères :

ÿ L'aménagement de la décharge publique

ÿ La création et aménagement des dépôts de transit

ÿ La restructuration des acteurs intervenants dans la filière déchets

ÿ L'éducation et la sensibilisation de la population en faveur du tri à la source

ÿ La valorisation de la filière déchets.

ÿ La formalisation du cadre de partenariat entre la mairie et ses partenaires techniques et financiers.

Il renchérit ses propos en trouvant que la revalorisation des déchets nécessite :

Ë la formation des acteurs et des appuis financiers

Ë la réorganisation des circuits de collecte et de pré-collecte

Ë la sensibilisation de la population au tri à la source

Les éléments de réponses obtenus lors de nos différents entretiens se déclinent comme présentés ci-dessus. Ils étaient disposés pour les entretiens et n'ont ménagé aucun effort pour que les informations complémentaires non prévues dans le guide soient fournies dans la mesure du possible.

III. Discussion des résultats :

Les résultats ont montré qu'environ 78% des enquêtés pensent que les balayures et toutes sortes de saleté doivent être gérées comme DSM. Sauf qu'un quart de la population affirme que les déchets sont des choses inutiles et sans valeur alors que de nos jours, les déchets ne sont plus sans valeur. Ils constituent plutôt une fortune inestimable à explorer. Toute notre population d'enquête reconnait chacune son implication dans la production des déchets exception faite à une minorité qui n'a vraiment pas saisi le sens de la question. Ce qui est corroboré par les données de Buffard en 1994, chacun d'entre nous produit plus de 450 kilos (environ 1/2 tonne) de déchets par année. Ce qui implique que ces déchets doivent être fabriqués à partir de matières les rendant aptes au recyclage, à la transformation compatible avec les exigences de la production de la santé publique et de l'environnement.

En plus d'être impliqué dans la production des déchets, lors de nos entretiens, tous les répondants étaient unanimes sur la nocivité de ces DSM sur notre environnement, la faune, la santé et la flore d'où la confirmation des propos de Kangombé (2020) quand il dit `'pour les environnementalistes, un déchet est un objet susceptible d'avoir des impacts négatifs sur l'environnement''. Au même moment, la quasi-totalité des enquêtés (95%), ramasseurs comme citoyen lambda, affirme que les déchets présentent un grand danger sur l'écosystème.

Pour preuve, Dembélé (2023), lors de nos échanges n'a cessé de nous relater que les habitants proches des dépotoirs sauvages ne cessent de souffrir de leur nocivité tant sur le plan olfactif que sur le plan esthétique et surtout, lorsque des individus anonymes procèdent au brulage en plein air des ordures, de nuit comme de jour. Bien que la population ainsi que les manoeuvres de la pré-collecte soient conscients des conséquences des DSM sur l'écosystème, les mesures protectrices ne sont pas respectées. Les ramasseurs des GIE possèdent des EPI mêmes s'ils ne les utilisent pas constamment mais les ramasseurs particuliers n'en ont même pas. Les pauvres gens de la population, les enfants vulnérables ainsi que les adeptes coraniques ne cessent d'en être exposés. Et aucune rigueur ou autorité ne s'interpose contre ce méfait.

Concernant la gestion des déchets, nos résultats ont montré qu'il n'est pas de l'habitude de la plupart de la population de mettre les déchets dans les poubelles et de surcroit, ils ignorent le tri à la source. Et même si, on tente le tri, cela ne produit pas un grand effet dans la mesure où la recherche a montré qu'à la pré-collecte, les ramasseurs se permettent de mélanger tous les déchets présents dans la poubelle et à ses alentours dans leur charrette afin de les acheminer aux dépotoirs sauvages. Lors de la recherche de Siham (2012) dans la Commune Urbaine d'Agadir, il a dit qu'on peut compter plus de 300 décharges sauvages contre quelques décharges contrôlées. A Kayes, les statistiques, en proportion, ne sont pas loin des dires de Siham (2012).

Ces décharges sauvages sont beaucoup plus sollicitées par la population même ainsi que les particuliers. Cependant, des efforts restent encore à fournir. En effet, jusqu'à ce jour les éboueurs vont déverser les DSM collectés ailleurs dans certains quartiers sur la demande de leurs propres habitants, de sorte qu'ils constituent le réceptacle de toutes sortes de déchets comme le disait Romane et al. (2009). C'est pourquoi plus des deux tiers de la population n'adhèrent pas au système de pré-collecte dirigé par les GIE, ils préfèrent l'acheminement à même le sol dans les rues. Ainsi, les promoteurs de GIE, bien qu'ils ne couvrent pas tous les quartiers de la ville, se plaignent de la non-adhésion de la population à leur système de collecte et de transport des DSM. Le nombre d'abonnés ne s'augmente pas à exponentiel comme ils le souhaitent mais reste plutôt, stagnante. Ar contre, les ramasseurs particuliers ont plus d'abonnés que les GIE pour raison d'accessibilité géographique et financière. Cette minorité de la population qui verse pour la pré-collecte pense aussi que le cout de transport (bien que compris entre 1000F et 1500Fcfa) est cher et propose, à défaut de la gratuité, une bagatelle ne dépassant pas les 1000Fcfa par mensualité. Outre ces abonnés non satisfaits du prix, les non abonnés aussi souhaité un abonnement gratuit.

Environ la moitié de la population d'enquête ne se préoccupe point du lieu où l'on dépose leur DSM et encore moins, ce qu'on en fait. Plus de 58% de ceux qui connaissent la destination de leur ordure disent qu'ils les déversent tout bonnement dans la rue au vu et au su de tous. Cette réalité semble s'étendre dans d'autres contrés en se référant à Siham (2012), dans la Commune Urbaine d'Agadir, la quasi-totalité des déchets est acheminée vers les décharges sauvages sans aucun traitement au préalable et sans aménagement des sites réceptacles.

Pour les transporteurs particuliers et les GIE, les grandes difficultés résident dans la concurrence entre eux. Les GIE pensent que les charretiers travaillent dans l'illégalité totale et qu'ils doivent en être empêchés. La population se sent à l'aise, comme le prouvent nos données, avec les charretiers qu'avec les GIE et la mairie. Toujours avec les GIE, l'augmentation du nombre d'abonnés dans l'espace et dans le temps pose d'énormes problèmes pour la raison qu'ils pensent que ce sont les charretiers qui bouleversent tout ce qu'ils mettent en place comme bonne technique de gestion des DSM. Entre GIE, il y a aussi le problème de chevauchement : dans le secteur alloué par GIE, on peut retrouver un autre qui y intervienne. Mais pourquoi ? D'aucuns disent que c'est à cause du manque de gouvernance de la mairie et d'autres pensent que ce dysfonctionnement est lié à la COTAK. Selon nos données, cette coordination des GIE peut dompter la situation. La gouvernance décentralisée ne s'assume pas au sujet des DSM, d'après M. Sissoko. Tant que cet obstacle subsiste, le laxisme prendra le dessus.

En tout cas, la mairie souffre de la coordination des activités de ces deux secteurs dans la GDS dans la ville de Kayes : le formel et l'informel. Cependant, les GIE souffrent plus du problème de site de transit à l'exception des charretiers qui pensent que `'tout dépotoir en est un''.

D'autres acteurs à l'instar du le CSRéf sont aussi butés à des difficultés. Ce dernier de son côté pense que les centre de santé privés ne suivent pas les normes de la gestion des déchets assimilés aux ordures ménagères : ils ne font pas le tri. C'est pourquoi on retrouve souvent déchets médicaux issus des soins dans les sites de transit ou de décharge publique. La DRCAPN, n'étant pas assez impliqué dans les GDSM dans la ville de Kayes, se plaint du manque de communication et d'information. Alors qu'ils pensent que leur rôle principal est l'appui conseil mais s'ils ne sont au courant de rien.

Aussi bien que la mairie, les GIE font face à un sérieux manque de moyens financiers et matériels pour mener à bien leur mission. Cela est confirmé par Kangombé (2010), les GIE souffrent du manque de matériels et surtout, le manque de moyen financier qui leur pèse lourd. Car cela engendre l'instabilité de la plupart de leurs employés, la perte de certains clients. Les bailleurs se font rare d'où la lenteur de la couverture de gestion.

Une autre difficulté liée aux abonnés, au cas par cas, est l'irrégularité dans le paiement de la mensualité. Par contre, une portion considérable d'entre les abonnés et l'ensemble des non-abonnés crie défaite sous le poids de la pauvreté et de leur dénuement financier. On peut plutôt penser à une forme de l'incivisme ou de l'ignorance en fiant aux propos des charretiers sur le sujet plutôt que du manque de moyen financier. Ces données sur terrain confirment notre première hypothèse qui stipule que les difficultés rencontrées par les différents acteurs de la gestion des déchets dans la ville de Kayes piétinent son bon fonctionnement.

Il est alors judicieux que les acteurs de la gestion des DSM aient des élucubrations ou des élucidations sur des solutions efficaces pour la bonne gestion des DSM. Sissoko (2023) et Kangombé (2010) sont d'avis qu'une solution ne peut démontrer son efficacité que lorsqu'elle met fin à la mauvaise gouvernance des autorités de la collectivité. Tant que la mairie ne s'assume pas, on n'ira nulle part. Aucune évolution significative ne sera possible. Aussi, aucune taxe n'est fixée par les municipalités pour la salubrité comme étaye Kangombé (2010) sur la RDC. Les taxes pour GDSM faciliteront la résolution du manque de moyen tant financier que matériel. Ces taxes peuvent être ajoutées, comme l'a dit certains directeurs de GIE, aux factures d'eau et électricité. Pourquoi ne pas imposer des taxes ? se demandait Sissoko (2023) 

Selon le répondant de la DRACP et d'autres leaders, les séances de communication pour le changement de comportement doivent être renforcées et/ou initiées pour contrecarrer l'incivisme de la population face aux déchets et le retard dans le paiement mensuel des redevances. Trois volets de solution sont jugés indispensables selon Kangombé (2010), dans la stratégie d'amélioration de la gestion des déchets au Marché de Matete en RDC : « Jeter moins - Trier plus - Traiter mieux ». Si effectivement ces volets sont mis en oeuvre dans le processus, les objectifs escomptés dans la gestion des déchets se verront atteints.

Le plus grand obstacle dans la GDSM à Kayes constitue comme le dit notre référent à la mairie et les directeurs des GIE, le problème de décharge publique contrôlée. Des sites de transits illégaux sont tellement nombreux à Kayes que les charretiers et les populations non abonnés ne tardent à les fréquenter sans hésitation aucune. Il est possible de dire qu'aucune décharge contrôlée n'existe dans la ville de Kayes en se fiant à la loi N°01-394/P-RM du 06 Septembre 2001 qui dit explicitement en son article 23 : `'la décharge doit être entourée d'une clôture permettant d'en interdire l'accès et doit être identifiée comme tel à l'entrée au moyen d'une affiche indiquant qu'il s'agit d'une décharge.''

Cette décharge contrôlée est absente dans la ville de Kayes. La non implication de la DRACPN et le manque de rigueur de la mairie donnent l'opportunité aux GIE et aux ramasseurs particuliers de se contenter des décharges sauvages pour l'acheminement des déchets. L'implication de la mairie selon notre répondant de la mairie doit être revue, révisée et redynamisée. Ces données issues de nos recherches caractérisent le système de gestion des déchets solides ménagers dans la ville de Kayes et elles confirment deuxième hypothèse de recherche.

Aussi, il est judicieux d'affronter cet écueil selon nos sources concordantes, afin qu'une réflexion sur la revalorisation puisse faire partie de l'ordre du jour. Dans ce sens, le représentant de la DRACPN ainsi que le président de la COTAK ont insisté sur la nécessité de la réorganisation de la filière de GDSM. Selon eux, c'est une condition sine qua non pour espérer un avenir probant dans le domaine. La COTAK aussi doit-être réorganisée et redynamisée.

Chapitre III : Proposition de la conduite à tenir pour la gestion des ordures ménagères à Kayes

Au sortir de cette enquête qui a porté sur la gestion des déchets solides ménagers dans la ville, nous avons été témoin de beaucoup d'insuffisances qui sévissent dans la filière. Ces difficultés constatées et observées ont tendance à entraver l'atteinte des objectifs escomptés pour la cause.

Il va de soi, qu'à partir de cette recherche qui nous a permis de faire des entretiens avec des responsabilités de la filière, d'écouter les acteurs de la production des déchets, d'observer les dépôts sauvages des ordures, de produire une stratégie qui pourra servir de fil conducteur pour la mairie, les autorités décentralisées et déconcentrées, leurs partenaires techniques et financiers, la population, la jeunesse de Kayes, pour apporter une amélioration significative dans la gestion des déchets dans la ville de Kayes.

Ainsi, ces propositions qui suivent, découlent des dires disparates de nos différents correspondants sur le terrain, de nos lectures et observations ainsi que nos explorations. Elles ne consistent donc pas à concocter des élucubrations, mais plutôt un agencement élucidé des données empiriques obtenues pendant la recherche.

Essentiel de la stratégie :

La gestion des ordures ménagères souffre actuellement de trois difficultés majeures à Kayes :

Ø Le manque de financement des collectivités de la ville de Kayes au sujet de la filière de gestion des DSM ainsi que l'absence d'ONG partenaires ;

Ø La défaillance dans l'exécution des tâches et responsabilités de la mairie notamment : la gestion et le suivi des GIE, la mise en place des décharges contrôlées, la gestion des décharges sauvages, la recherche de partenaire en dehors des GIE et leurs clientientèle.

Ø La non implication de la DRACPN et des structures déconcentrées dans la GDSM.

Ainsi, il est indispensable que le système soit revu en fonction de ces anomalies susmentionnées. Puisque la règlementation en vigueur prend en compte et en détail tout ce qui concerne la bonne gestion des DSM à l'instar des conclusions de l'étude menée par l'Istam (2018) qui stipule que : les institutions nationales et leurs démembrements régionaux et subrégionaux en charge de l'assainissement sont bien outillés pour réussir leur objectif. A Kayes, le Programme National d'Assainissement, la Stratégie de Gestion des Déchets de Kayes ainsi que les lois et conventions adoptées sont entre autres, certains outils à la disposition de la DRACPN. Notre proposition de conduite à tenir aidera donc à transcender ou à dompter les insuffisances qui entravent la bonne gestion des DSM à Kayes.

A l'endroit de la DRACPN

Pour l'atteinte des objectifs escomptés dans la gestion des déchets solides à Kayes, la DRACPN doit collaborer étroitement avec la mairie de Kayes. Elle doit recevoir le rapport mensuel de la mairie sur la GDSM ainsi que ceux des GIE partenaires de la mairie sur la GDSM.

Outre l'obtention de ces rapports mensuels, la DRACPN doit initier la rencontre bimensuelle ordinaire avec la mairie et les GIE pour les réorientations nécessaires et la résolution de certaines difficultés auxquelles sont butés ces acteurs de GDSM à Kayes. A l'issu de ces rencontres, la DRACPN pourra organiser des séances de formation sur la GDSM.

Nous sommes convaincus que tant que la DRACPN reste en marge de la GDSM à Kayes, ses missions ne pourront nullement être accomplies.

A l'endroit de la mairie dans la GDSM :

La mairie joue le rôle principal de la GDSM dans la ville de Kayes. De ce fait, elle supporte la plus grande responsabilité et la plus lourde charge comme elles lui ont été conférées par la politique de décentralisation.

Recherche du site de valorisation

Il est indubitable que la mairie aménage son site de 20hectares dans la commune rurale de Kouloum pour la récupération et la valorisation des déchets. Cette valorisation qui consiste à la production de l'électricité, des gaz et de l'engrais. Pour atteindre cet objectif, on procèdera à l'utilisation des calories contenues dans les déchets. On peut produire ces calories en brulant les déchets et en récupérant l'énergie ainsi produite.

Pour l'exploitation de ce site, la mairie pourra faire appel aux compétences extérieures, celles des entrepreneurs et des organisations intervenant dans le domaine. D'une valeur estimée à 52miliards, la mairie doit activement chercher un bailleur pour le financement du site de 20ha prévu pour la cause.

La gestion des GIE

La mairie doit sans tarder exiger à tous les GIE le suivi du contrat synallagmatique qui les lie. Et ce contrat doit être exigé à tous ceux qui évoluent dans la filière de gestion des déchets dans la ville de Kayes. Si la coordination des GIE de Kayes ne fonctionne plus, elle reste quand même indispensable. C'est pourquoi la mairie ne manque pas d'intérêts à cadrer le fonctionnement de ces GIE.

Chaque GIE doit fournir à la mairie et à la DRACPN le rapport mensuel des activités de gestion des déchets solides ménagers exercées dans la ville de Kayes. Il ne suffit pas de collaborer avec les GIE mais il faut récompenser les bonnes actions et les bonnes initiatives et sanctionner les défaillances. S'il n'y a ni rigueur ni de sanction, cette activité des GIE ne fera jamais un succès.

Il est indispensable aussi que chaque GIE soit exclusivement confiée à un représentant de la mairie pour son suivi et son coaching.

La gestion des ramasseurs particuliers

Les ramasseurs particuliers ne respectent aucune norme de la GDSM mais ils sont indispensables dans la réussite de la mission de la GDSM. Ils doivent être formés et suivis. Au lieu de les délaisser à leur sort, dans l'anarchie et le laisser-aller, ces ramasseurs doivent intégrer le système de gestion de la mairie.

Le plus grand avantage et de profit que la mairie pourrait bénéficier de cette collaboration est que ces derniers ont une multitude de clientèle. Ils pourront ainsi assainir la ville et en profiter pour remblayer les ravins qui entourent la ville.

Par la même occasion, la mairie doit appuyer les associations jeunes dans les quartiers pour la collecte et le transport des DSM en leur fournissant les textes, les conseils et les matériels de collectes. Le plus important est surtout leur reconnaissance par les autorités en charge des DSM et leur valorisation aux yeux de la population.

La gestion des décharges

Les décharges reconnues par la mairie doivent indubitablement être utilisées par les GIE, les ramasseurs particuliers et les transporteurs de la voirie. L'initiative de remblayage des ravins doit être appuyée par la mairie.

Tout manquement aux mesures de transport et de collecte des DSM dans la ville de Kayes doit être sanctionné par la mairie. Il est indispensable de déléguer un personnel de la mairie pour la répression des mauvaises pratiques de dépôts d'ordures. La mairie peut également faire appel à l'expertise d'un contrôleur externe.

Une interdiction formelle de la fouille des décharges doit être affichée au niveau de chaque dépotoir. Des placards interdisant les décharges sauvages (exceptées le remblayage de ravinements autorisées par la mairie) doivent abondées la ville. Le charger de répression doit être accessible à un numéro qui figure sur les placards.

Le financement des activités de la gestion des déchets solides ménagers dans la ville de Kayes :

La première vient des lignes budgétaires de la mairie. Si l'Etat subventionne la mairie pour l'assainissement, le premier investissement de la mairie doit être l'obtention des moyens de pré-collecte, de collecte et de transport des DSM.

Toute la population doit contribuer pour la collecte à travers les taxes pour la GDSM. Ces taxes doivent varier de 1000F à 3000F par mois selon la densité des déchets produits par famille et par mois.

Faire des appels d'offres et de concurrence entre les entrepreneurs et les ONG qui évoluent ou qui comptent évoluer dans le domaine de gestion des ordures ménagères dans la ville de Kati.

Faire multiplier les acteurs de collectes et de transports des déchets de sorte que toute la population Kaysienne adhère à un GIE ou à la collecte de la voirie.

Rôle de la jeunesse Kaysienne dans la GDSM :

La jeunesse est quasiment absente dans le circuit de la GDSM dans la ville de Kayes. Elle ne doit en aucun cas rester en marge d'un problème aussi crucial dans la ville. La jeunesse doit se réunir par quartier en association ou regroupement pour assainir leur quartier et lutter contre l'insalubrité.

De la même occasion, ces associations de quartiers doivent initier des cotisions volontaires ou règlementaires pour la GDSM et organiser aussi, des actions publiques de salubrité et d'assainissements mensuels. Chaque association doit être en contact étroit avec la mairie.

Il serait encore plus salutaire qu'il ait une coordination des associations de quartier pour GDSM dans la ville de Kayes. Il est plus facile d'avoir des soutiens unis que séparés. A partir de la coordination des associations, on peut prétendre à la recherche de bailleurs et des gens de bonnes volontés.

Budgétisation de la proposition :

Pour la DRACPN :

Les rencontres mensuelles ne nécessitent pas un cout élevé à l'instar des réunions de service, justes quelques d'eau car ce sont normalement des rencontres qui ne durent pas. Les formations découlant des besoins ressentis, exprimés ou normatifs recessés lors de ces rencontres peuvent être effectuées raisonnablement par la mairie. Chaque structure pourra prendre en charge ses agents. Et cette formation doit concerner, les responsables GIE, les ramasseurs, les superviseurs de la mairie et d'autres intervenants dans la filière. Une séance par mois et 10 participants par séance avec deux formateurs.

Budget d'une séance :

Participants

Nombre

Perdiem/jour

Restauration forfait

Nombre de jour

Prix total

Facilitateur

2

7 500

4 000

2

46 000

Participants

10

5 000

4 000

2

180 000

 
 
 
 
 

226 000

Arrêté le montant d'une formation à 226 000Fcfa sans les frais des outils pédagogiques et des attestations de participation. Si dans chaque l'année, la formation doit se tenir 4 fois, la somme annuelle totale s'élève à 904 000Fcfa.

Pour la mairie :

La proposition de la valorisation du site de 20hectares de Kouloum est estimée à 52miliards dans le plan stratégique d'assainissement à Kayes.

Pour la gestion des GIE et des ramasseurs particuliers, il suffit de confier cette tache à des agents qui sont déjà au compte de la mairie pour un début afin d'esquiver les dépenses que leur suivi peut engendrer. Il ne restera plus que la prise en charge du placement du chargé de suivi, de contrôle et de coaching.

Conclusion :

Cette recherche explorative a porté objectivement sur la gestion des déchets solides ménagers dans la ville de Kayes. Il était question de revisiter le système de gestion des ordures ménagères de la ville de Kayes, de rencontrer les acteurs impliqués dans la chaine de gestion des DSM, de la production à l'élimination finale. Les résultats de notre enquête nous ont confirmé les hypothèses de l'étude préalablement établies. Nous avons rencontré les personnes prévues pour l'obtention des données à savoir la population, les promoteurs de GIE, les ramasseurs des GIE et particuliers, les chargés techniques de l'assainissement...

A l'issu de nos entretiens, il ressort que plusieurs difficultés entravent la bonne gestion des déchets solides ménagers. Au sujet de la population, les déchets et leurs conséquences sur l'écosystème sont connus de tous mais le manque de civisme, de formation et de conscience dirige l'attitude de la plupart. Certains adhèrent aux GIE mais la plupart se contente d'un déversement des ordures dans les rues et dans les dépotoirs sauvages. Les ramasseurs particuliers souffrent de leur méconnaissance des risques liés au DSM car ils ne protègent pas du tout. Les résultats ont montré que la bonne marche des activités des GIE est minée par une multiple d'embuches parmi lesquelles : leur chevauchement, la non-fréquentation des sites de transit officiels, la non adhésion de la plupart des populations, l'existence et l'avancée du secteur informel de ramassage des ordures, l'irrégularité de paiement des abonnés...

La mairie ainsi que les GIE décrient le manque de moyens financiers et matériels ainsi que le manque de décharge contrôlée. La mairie ne communique plus étroitement avec les GIE et le manque de partenaires financiers freine l'atteinte des objectifs de la mairie. Les chargés techniques de l'assainissement en l'occurrence ceux de la mairie, de la DRACPN, du CSRéf... nous ont fait part de leurs difficultés et surtout, de leur proposition de solution. Nos observations des sites de transit et des décharges sauvages nous ont permis de comprendre davantage le système de gestion en vigueur dans la ville de Kayes. Nos revues documentaires, nos observations et les données obtenues lors des entretiens et enquêtes nous ont permis de formuler une ligne de conduite à tenir pour une gestion efficace des ordures dans la ville de Kayes.

Le manque d'initiative de revalorisation et de récupération des ordures constitue un problème majeur dans la gestion efficace des ordures et peut en même temps, constituer une aubaine pour les entrepreneurs et les innovateurs. La jeunesse de Kayes ainsi que les jeunes entrepreneurs peuvent sans hésiter, s'approprier des fruits de cette recherche.

Les résultats obtenus ont permis de confirmer nos hypothèses de recherche et les objectifs de l'étude ont été atteint. Bien qu'elle présente des limites, cette recherche a fait d'énormes apports tant sur le plan personnel que sur le plan scientifique. En effet, cette étude bien que menée dans des conditions difficiles a permis de renforcer considérablement nos compétences en termes de recherche scientifique. Elle nous a permis de faire des rencontres professionnelles intéressantes. Enfin, toujours sur le plan personnel, c'est une ouverture pour nous de tendre vers les écrits scientifiques et de continuer ainsi jusqu'à la transformation de ce modeste travail en un article scientifique. Sur le plan scientifique, ce travail pourra servir de jalons pour une jeunesse dégrisée, pour un assaut vers le succès et le développement de la ville de Kayes. Ce document sera ajouté à ceux déjà disponibles pour les chercheurs sur la toile scientifique.

A l'issu de cette recherche, nous avons dressé la conduite à tenir pour chaque acteur intervenant dans la gestion des DSM en vue de contribuer à la problématique de gestion des ordures ménagères dans la ville de Kayes. Ce problème qui doit figurer sur le point de mire de toute collectivité avisée.

Dans nos échanges avec les promoteurs de GIE et les chargés techniques de l'assainissement dans la ville de Kayes, nous avons su leur volonté ardent de progresser et de donner le meilleur d'eux-mêmes afin de transcender ce fléau social. Que faut-il faire pour coordonner la mise en application des propositions formulées ?

Recommandations :

· Nous recommandons à la mairie de Kayes de s'assumer et de mettre en exécution les textes législatifs et règlementaires ainsi que les lois ratifiées sur la gestion des ordures ménagères. Elle doit par la même occasion mettre en place au moins une décharge contrôlée, interdire les décharges sauvages et renforcer les activités de gestion, de suivi et de contrôle des GIE ;

· La DRACPN doit se réimpliquer dans la filière de GDSM conformément aux missions assignées.

· Les GIE doivent suivre minutieusement les contrats qui les relient à la mairie et les textes de la COTAK.

· La jeunesse doit se mêler à la GDSM dans la ville de Kayes.

Bibliographie

· Archange, M.B.G, 014-2015. Rapport de stage, gestion des déchets ménagers solides dans la ville de Monatele, rédigé en vue de l'obtention du diplôme d'ingénieur des travaux en sciences environnementales, institut supérieur du sahel, Cameroun

· Bouffard g, 1994. Vers un modèle de gestion des déchets solides pour les municipalités et les MRC. Mémoire : l'université du Québec à Chicoutimi.

· Diarra, A.K. 2020. Approvisionnement en eau potable, [cours magistral], INFSS

· Diarra, N. 2021. Monographie de la commune urbaine de Kayes.

· Guide sur la gestion des déchets solides

· Institut Supérieur Technique des Arts et Métiers (ISTAM) : Gestion des ordures ménagères dans la ville de Kayes, Février 2018

· Kangombé, T, K. 2010. La gestion des déchets solides des marches urbains, cas du marché de Matete, en pleine réhabilitation sur financement IDA à Kinshasha/RDC, institut international d'ingénierie de l'eau et de l'environnement.

· Plan stratégique d'assainissement de Kayes, 2006.

· Politique nationale d'assainissement (PNA), Janvier 2009

· Romance, H. et Marie Caroline. K. 2009. Planification et Aménagement du Territoire en Cotonou.

· SIHAME, 2012. Gestion des déchets solides au niveau de la Commune Urbaine d'Agadir et leur impact sur le milieu naturel. Mémoire : Faculté des sciences et techniques Marakech, Maroc

· Statistique Canada, 2020, Enquête biennale sur la gestion des déchets, 2020, publié le 2022-11-15 sur Le Quotidien -- Enquête biennale sur la gestion des déchets, 2020 (statcan.gc.ca) consulté le 02/09/2023 à 22h00.

ANNEXES

Annexe 1: Questionnaire adressée à la population

Présentation enquêteur :

Code Evaluateur : ............... Date de l'enquête : ............................

N° du questionnaire : ............... Quartier de l'enquête : .........................

Présentation enquêtée :

Sexe : M ? F ? Age : ............ Profession : .........................

1. Connaissance des déchets

a) Selon vous qu'est-ce qu'un déchet ?

Balayures ? saleté ? objet inutile et sans valeur ? objet jetable ?

objet hors usage ? autres à préciser ...............................................

b) Quels sont les types de déchets produits dans les ménages urbains de Kayes ?

Sachets plastiques ? cartons et papiers ? verre ? balayures ? autres ?

c) Etes-vous impliqués dans la production des déchets ? Oui ? non ?

Justifier : ....................................................................................

................................................................................................

2. Connaissance de l'impact des déchets

a) Quels sont les impacts des déchets ?

Positifs ? négatifs ? négatifs et positifs ? aucune réponse ?

b) Les conséquences des déchets pèsent sur :

La faune ? la flore ? l'esthétique ? le sol ? aucun ?

c) Les principaux problèmes posés par les déchets sont :

Pollution du sol ? pollution de l'eau ? pollution de l'air ? maladies ? obstruction des canalisations ? inondations ? pullulement des vecteurs de maladies ? Autres à préciser............................................................

.................................................................................................

3. Connaissance du processus de gestion

a) Mettez-vous vos déchets dans les poubelles ? Oui ? non ?

b) Faites-vous le tri à la source des déchets ? Oui ? non ?

c) Quelle est la fréquence d'enlèvement de vos ordures ?

Tous les jours ? Périodique ? Jamais ? Ne sais pas ?

d) Qui assure le transport de vos déchets

La famille même ? GIE ? Charrette d'un particulier ? la Mairie ? Autres..........................................................................

e) Si service de ramassage :

e-1. Quel est le coût de ramassage ?____________________

e-2. Comment trouvez-vous ce prix ?

Très chers ? abordable ? Pas chers ? insignifiant ?

e-3. Si très cher quel prix préconisez-vous ?_____________

f) Où est ce que vos déchets sont acheminés ?

Caissons ? décharge publique ? dans la rue ? dans les caniveaux ? dans le fleuve ?

au bord de la route ? au carrefour ? ne sait pas ?

autres ...........................................................................

g) Quelle méthode d'élimination des déchets est en vigueur chez vous ?

Enfouissement simple ? compostage ? incinération ? humus au champ ? autre ?

4. Enumération des difficultés dans la gestion des ordures

a) Quelles sont les difficultés que vous rencontrez au sujet des déchets ?

La cherté de la cotisation ? Absence de poubelle ? éloignement de la décharge ? manque d'argent ? Inexistence de GIE ? la non implication de la mairie ? absence de dépôt final ? négligence du problème ? méconnaissance du problème ? Autres à préciser....................................

5. Proposition de solutions

a) Selon vous, est-il possible de pallier aux nuisances liées au déchets ménagers ou de les atténuer ? Oui ? non ?

b) Si oui, par quelles méthodes ?

Compostage ? incinération ? éloignement de la décharge publique ? fertilisation des sols ? autres méthodes à préciser ? ............................... .................................................................................................

Merci de votre participation

Annexe 2: Questionnaire adressée aux ramasseurs

Code Evaluateur : ............... Date de l'enquête :............................

N° du questionnaire :............... Quartier de l'enquête :.........................

À LIRE AVANT DE REMPLIR LE QUESTIONNAIRE

Bonjour ! je suis Abdoul Kader DIARRA, étudiant en Master II à 2IE de Ouaga. Spécialité : Innovation et développement des sociétés.

Je mène une recherche sur la problématique de la gestion des ordures ménagères dans la ville de Kayes. Ainsi, je vous sollicite pour me fournir les informations demandées dans le questionnaire. Les infos que vous allez me fournir me permettront de contribuer à la bonne gestion des ordures ménagères à Kayes d'où la grande nécessité de votre collaboration. Sachez que la confidentialité et l'anonymat seront garantis. Merci d'avance pour votre collaboration.

1. Depuis combien de temps, faites-vous le ramassage des ordures ?

Moins d'un an ? entre 1 à 5 ans ? plus de 5ans ?

2. Evoluez-vous au compte de qui ?

Moi-même ? un GIE ? la mairie ? l'Etat ? autre

3. Avez-vous reçu une formation sur la gestion des DMS ? Oui ? non ?

4. Si oui, combien de fois ? 1fois ? 2fois ? plus de deux fois ?

5. Depuis quand date votre dernière formation ?

Moins d'1 an ? entre 1 et 3ans ? plus de 3 ans ?

6. Selon-vous, les déchets constituent-ils :

Un problème ? une opportunité ?

7. Les conséquences des déchets portent sur :

Environnementales ? esthétiques ? sanitaires ? olfactives ?

Autres à préciser....................................................................

8. Trouvez-vous les ordures dans les poubelles ?

Oui ? non ?

9. Trouvez-vous les ordures triées à la source ?

Oui ? non ?

10. Si oui, que faites-vous de ces tris ?

Je les mélange ? Je les conserve trier jusqu'au dépotoir public ?

J'enfouie les verreries ? Je ne touche qu'aux ordures ménagères ? autres ?

11. Quel EPI portez-vous pendant le processus d'acheminement des déchets ?

Gants ? Cache-nez ? Tenue de travail ? Lunette ? Bottes ?

12. Quelle est la fréquence d'enlèvement des déchets ?

Chaque jour ? 1fois/semaine ? 2fois/semaine ? sans fréquence ? autre ?

13. Quels moyens utilisez-vous pour le transport des déchets ?

Charrette ? chariot ? panier ? benne ? camion ?

Autres à préciser............................................................

14. Où acheminez-vous vos ordures ?

Caissons ? décharge publique ? dans la rue ? dans les caniveaux ?

dans le fleuve ? en brousse ? au bord de la route ? autres ?

15. Comment vos déchets transportés sont-ils éliminés ?

Remblayage des ravins ? compostage ? incinération ? autre ?

16. Avez-vous des difficultés avec les bénéficiaires ?

Oui ? non ?

Si oui, lesquelles ?

Incivisme ? manque de moyens ? irrégularité dans le paiement ? négligence ? Autres ? ......................................................

17. Avez-vous des difficultés avec les GIE ?

Oui ? non ?

Si oui, lesquelles ?

Concurrence ? Egoïsme ? manque de sérieux ? autre ?

18. Avez-vous des difficultés avec la mairie ?

Oui ? non ?

Si oui, lesquelles ?

Concurrence ? Manque de rigueur ? manque de site de décharge ? la non-implication ? la négligence ? autres ?

Merci de votre participation

Annexe 3 : Grille d'entretien destinés aux leaders de la gestion des ordures ménagères dans la ville de Kayes

Bonjour ! je suis Abdoul Kader DIARRA, étudiant en Master II à 2IE de Ouaga. Spécialité : Innovation et développement des sociétés.

Je mène une recherche sur la problématique de la gestion des ordures ménagères dans la ville de Kayes. Ainsi, je vous sollicite pour me fournir les informations demandées dans le questionnaire. Les infos que vous allez me fournir me permettront de contribuer à la bonne gestion des ordures ménagères à Kayes d'où la grande nécessité de votre collaboration. Sachez que la confidentialité et l'anonymat seront garantis. Merci d'avance pour votre collaboration.

Nom du service : .....................................................................

Poste occupé par le répondant ......................................................

Ancienneté du répondant dans le service : ........................................

1) En quoi votre service est-il impliqué dans la gestion des ordures à Kayes-villes ?

.................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................

2) Quelles sont les difficultés liées à la gestion des ordures ménagères dans la ville de Kayes auxquelles vous êtes confrontés ?

................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................

3) Selon-vous, quelles sont les causes susceptibles de la mauvaise gestion des déchets

................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................

4) Enumérez les conséquences de ces déchets sur l'écosystème, l'environnement, la faune, le flore et le sol

................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................

5) Quelles solutions recommanderez-vous pour pallier ou atténuer le problème ?

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6) Que proposez-vous pour la revalorisation des déchets ?

................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................

7) Auriez-vous autres choses en sus des données précédentes ?

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Je vous remercie fortement

RESUME :

Cette recherche a consisté à explorer la filière de gestion des déchets solides ménagers dans la ville de Kayes. Elle visait de recenser les difficultés qui existent dans la gestion des déchets, leurs causes et leurs conséquences et d'écouter les acteurs de la gestion sur leur proposition de solution.

Il fallait ensuite explorer le système de gestion en vigueur à Kayes, analyser les données recueillies dans le but de proposer une stratégie de gestion efficace adaptée à la ville de Kayes. La méthodologie adoptée consistait à adresser un questionnaire dument élaboré à environs soixante familles et aux ramasseurs et de faire des entretiens avec les acteurs techniques de l'assainissement comme la mairie, la voirie, le responsable d'assainissement du CSRéf, de la DRACPN, les promoteurs des GIE et les ramasseurs d'ordures dans le secteur formel et informel.

Des études ont été menées sur le sujet dans la sous-région en générale et au Mali en particulier mais la portée que nous avons donné par cette étude dans la ville de Kayes est moins explicitée dans les écrits. Le présent sujet a été traité sous l'angle de la problématique polémique (existence d'une rupture des données avec le champ de recherche de notre sujet de recherche) et d'affinement (en apportant des éléments supplémentaires aux données existantes).

Lees résultats ont montré l'existence d'une multitude de problèmes à tous les niveaux de la filière de gestion des déchets dans la ville de Kayes. La mairie ne s'assume plus, la direction régionale de l'assainissement et du contrôle des pollutions et nuisances (DRACPN) de Kayes qui devrait normalement suivre la mise en exécution des textes règlementaires de la gestion des déchets n'y intervient pratiquement plus. Le problème de financement et de bailleurs ralentie la bonne marche du système et la mise en application des textes réglementaires. Heureusement, les acteurs de la gestion n'ont point rechiné de nous faire des propositions puisées de leur expérience pour une résolution signifiante de la situation. Il a donc été mis en place une stratégie adapté pour la gestion des ordures dans la ville de Kayes.

Mots clés : déchets, gestion, difficultés, solution, stratégie.

Abstract:

This research consisted of exploring the household solid waste management sector in the city of Kayes. It aimed to identify the difficulties that exist in waste management, their causes and their consequences and to listen to management stakeholders on their proposed solution. It was then necessary to explore the management system in force in Kayes, analyze the data collected in order to propose an effective management strategy adapted to the city of Kayes. The methodology adopted consisted of sending a duly drawn up questionnaire to around sixty families and collectors and conducting interviews with the technical players in sanitation such as the town hall, the roads, the sanitation manager of the CSRéf, the DRACPN, the GIE promoters and waste pickers in the formal and informal sector.

Studies have been conducted on the subject in the sub-region in general and in Mali in particular, but the scope that we have given by this study in the city of Kayes is less explicit in the writings. This subject has been treated from the angle of the polemical problem (existence of a break in the data with the field of research of our research subject) and of refinement (by providing additional elements to the existing data).

The results showed the existence of a multitude of problems at all levels of the waste management sector in the city of Kayes. The town hall no longer assumes responsibility, the regional directorate for sanitation and pollution and nuisance control (DRACPN) of Kayes, which should normally monitor the implementation of the regulatory texts on waste management, practically no longer intervenes there. The problem of funding and donors slows down the smooth running of the system and the application of regulatory texts. Fortunately, the management players did not hesitate to make proposals based on their experience for a meaningful resolution of the situation. A suitable strategy has therefore been put in place for waste management in the city of Kayes.

Keywords: waste, management, difficulties, solution, strategy.

* 1 AUDET, 1984, page 4.

* 2 Recyclage-Québec, 1982, page 22.






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