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Défis industriels face au développement socioéconomique de la ville de Kananga


par François NGINDU TSHIMANGA
Institut Supérieur d'études Sociales de Kananga  - Licence en Sociologie  2019
  

Disponible en mode multipage

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0. INTRODUCTION GENERALE

Un des défis majeurs du développement, est de consolider la posture du secteur de l'industrie parmi les secteurs porteurs de croissance.

La recherche de la voie qui conduit à l'émergence des industries, est un sujet complexe et régulièrement au centre des débats, des séminaires, des forums et des ateliers. Peut-on encore y apporter une quelconque contribution positive ? Rien de nouveausans doute de ce que le monde connait déjà, si non le désir de renforcer la réflexion sur les stratégies de la promotion industrielle dans la ville de Kananga.

En effet, la République Démocratique du Congo, pays au sein duquel la ville de Kananga a élu domicile, importe de tout : cure-dents, papiers, jus de fruits, ,jouets, vêtements, sacs, sachets, tomates concentrées, etc.

Cette dépendance de l'extérieur estimée à plus de deux milliards de dollars coûte cher à l'Etat qui demeure un simple importateur des produits, alors qu'il dispose des potentialités qui peuvent être transformé rapidement pour mettre en place une véritable industrie, susceptible de créer les emplois et accroitre le trésor public.

C'est pour remédier à cette situation que lors de la table ronde économique, qui a réuni le gouvernement, et les secteurs privés en juin 2011, des recommandations pertinentes ont été formulées dans le but de favoriser l'émergence des entreprises industrielles (Division provinciale de l'industrie, 2013 :16).

L'ambition affichée ici consiste à promouvoir une régulation ordonnée et modulée du contexte de l'industrialisation, fondée sur la valorisation significative des ressources et potentialités locales, en vue d'assurer le développement socio-économique de la ville de Kananga.

Ce qui soulève une étude scientifique centrée sur les « défis industriels faceau développement socio-économique de la ville de Kananga ».

0.1. Choix et intérêt du sujet

Le choix et l'intérêt du sujet consistent à présenter dans un premier temps les atouts qu' a le sujet, et les raisons qui ont poussé le chercheur à opter pour tel sujet qu'il traite, et non pour tel autre (Kabemba Tubelangane, B.A., 2010 : 6).

De ce fait, le choix de ce sujet n'est pas un fruit du hasard, la situation socio-économique déplorable suite à la quasi-inexistence des entreprises industrielles dans la ville de Kananga, pourtant située au coeur du pays et dotée d'innombrables ressources, constituent des motivations de premier plan.

De surcroit, cette étude se veut un relais des investigations sur les idées forces de la vision de la modernité, laquelle vision a pour ambition de placer la République Démocratique du Congo au diapason des pays émergents à l'horizon 2030, et bâtir une puissance industrielle au coeur de l'Afrique dans la perspective temporelle de 2050 (Division provinciale de l'industrie, 2015 : 2).

Ainsi, cette étude revêt un triple intérêt, à savoir :

a) Sur le plan pratique

Nous tenterons de faire l'état de lieu des industries dans la ville de Kananga, afin d'envisager des voies et moyens pouvant permettre de relever les défis inhérents à leur exploitation.

b) Sur le plan scientifique

Le monde scientifique sera intéressépar cette étude, qui s'investit dans le processus d'industrialisation dans le cadre des recherches analogues.

c) Sur le plan social

Les autorités politico-administratives de la ville de Kananga trouverons ici destimuli de prendre conscience pour améliorer le climat des affaires et d'investissements, en vue de promouvoir le secteur de l'industrie d'une part, et de favoriser le bien-être tant social, qu'économique de la population d'autre part.

0.2. Etat de la question

Pour Paulin Ntumba Ngandu (2008 : 38), l'état de la question est un tour d'horizon des connaissances acquises et des recherches, au moment de la rédaction du travail. Elle se fait à la lumière de la recherche documentaire de tout ce qui est déjà écrit dans le domaine de recherche qu'on entreprend.

De son coté, Jérémie Balume Bahati(cité par Frangier, J.P., 1986 : 17), entend par l'état de la question, une démarche à double dimension consistant d'unepart à prendre connaissance des travaux qui ont été réalisés sur le thème spécifique qui fait l'objet de la recherche et d'autre part à se forcer de mettre en exergue leurs forces et leurs faiblesses.

Dans cette logique, nous avons procédé à un inventaire critique de certains produits scientifiques de nos prédécesseurs afin de dégager l'originalité de cette étude. Notamment :

· Babi Mbayi, M., (2011), dans son mémoire sur « l'industrialisation autocentrée et le développement de la RD. Congo », démontre la non évolution de l'économie congolaise, caractérisation par le blocage du processus d'industrialisation.

Cependant, l'étude n'aborde pas les principales causes du blocage du processus d'industrialisation, encore moins la voie de sortie pour le développement socio-économique.

· BakatumanaNkonko (2011), dans son travail de fin de cycle sur : « l'analyse de la productivité d'une entreprise industrielle. Cas de l'UTRAJUT », Traite les contraintes auxquelles les facteurs de production font face dans leur fonctionnement.

Toutefois, l'étude n'aborde pas les perspectives possibles pour contourner les contraintes à la production.

· Ilunga Kalwena (2012), dans son mémoire sur « la politique d'industrialisation comme stratégie de développement économique des pays moins avancés », analyse les mécanismes de la mise en place des entreprises industrielles en vue de contribuer au développement économique.

Quoique positive, l'étude ne révèle pas les faiblesses des politiques industrielles en vigueur, dans la production des industries disponibles.

· KamonjiMalu (2016), dans son mémoire sur l'apport de l'artisanat urbain au développement socio-économique de la ville de Lubumbasho », démontre la contribution de l'artisanat sur le plan social et économique, tout en proposant la politique de sa promotion.

Tout de même, l'étude aborde moins les difficultés de l'artisanat urbain, dans la contribution au développement socio-économique.

· Kasonga Mukoko, F. (2012), dans son mémoire sur « l'analyse critique de la politique industrielle en R.D. Congo », évalue les activités industrielles en rapport avec les mesures et actions politiques prises par le pouvoir public pour orienter le secteur de l'industrie.

Néanmoins, l'étude s'attèle sur les activités industrielles, alors que les entreprises industrielles rencontrent des défis majeurs dans leur production.

· MafoloMbubi (2013), dans son travail de fin de cycle sur « le fonds de promotion de l'industrie et le développement des unités de production de la ville de Kananga », analyse l'impact du concours du FPI sur le développement de la boulangerie KabongoNsenda. L'auteur détaille les conditions à remplir par une unité industrielle, en vue de bénéficier le financement du FPI.

Cependant, les défis d'exploitation qu'à connus la boulangerie KabongoNsenda avant d'accéder au financement du FPI, restent loin d'être relevés par l'étude.

· MuambaKaboya (2018), dans son mémoire sur « l'impact de la fourniture irrégulière du courant électrique sur la production des industries alimentaires de la ville de Kananga. Cas de la Boulangerie Mona Lux », démontre le fonctionnement des industries avec dépendance à la fourniture du courant électrique.

Toutefois, l'étude n'exploite pas d'autres opportunités à développer pour obtenir l'énergie nécessaire à la production des industries.

· NgalulaMasanka (2012), dans son travail de fin de cycle sur la « pro problématique de la planification de la production des boissons à la Brasimba Kananga », passe en revue les différentes étapes de la production industrielle des de soins.

Quoique positive, l'étude n'analyse pas les difficultés de la réalisation des activités à planifier.

· PanumpakoleBulanda (2011), dans son mémoire sur la « technologie agroalimentaire et le développement socio-économique de la ville de Kananga », identifie les contraintes de la technologie agroalimentaire et propose les remèdes possibles pour favoriser le développement socio-économique.

Néanmoins, l'étude ne révèle pas les opportunités à capitaliser pour le développement de l'industrie agroalimentaire.

· Yeta Balutidi, (2008), dans son mémoire sur l'apport des petites et moyennes entreprises au développement économique, démontre le processus de la promotion des PME pour le développement économique.

Cependant, l'étude n'analyse pas les causes principales du frein des PME, dont l'individualisme occupe la place de choix dans le comportement des opérateurs économiques.

Ainsi, notre étude se démarque de nos prédécesseurs dans la mesure où nous faisons un état de lieu des industries de la ville de Kananga, afin d'identifier les différents défis et projeter le développement socio-économique de la ville de Kananga.

0.3. Problématique et hypothèses

0.3.1. Problématique

D'après Théodore MwambaBakatubenga, (2018 : 9), la problématique est un ensemble d'interrogations, des questions et des questionnements, que le chercheur se pose sur son objet d'étude. Elle peut être formulée en une ou plusieurs questions.

Dans le cadre de la politique du gouvernement de la RD. Congo, le Ministère de l'industrie est censé s'investir pleinement dans la mise en oeuvre des politiques publiques pouvant contribuer à l'éclosion d'une industrie diversifiée, productive, compétitive, responsable en matière de l'environnement et de développement durable, pleinement intégrée dans une dynamique d'échange régional et mondial.

Cependant, la ville de Kananga en dépit de ses innombrables potentialités économiques, issues de la diversité des ressources naturelles (géologiques, hydrographiques, énergétiques, halieutiques et forestières...), et une population faisant la force de travail pouvant offrir aux investisseurs des atouts indéniables pour y investir afin d'assurer l'éclosion du développement socio-économique, enregistre des multiples contraintes dans ce domaine.

D'où les questions suivantes valent la peine d'être révélées :

1. Qu'est ce qui handicapel'exploitation des entreprises industrielles dans la ville de Kananga ?

2. Quelles sont les orientations stratégiques à envisager pour relever les défis industriels et favoriser le développement socio-économique de la ville de Kananga ?

0.3.2. Hypothèses

Dans le cadre de nos investigations, nous tenterons de démontrer les assertions susmentionnées, d'autant plus que l'hypothèse de recherche se présentegénéralement comme une proposition à partir de laquelle, le chercheur raisonne pour résoudre un problème, pour démontrer un théorème (Larousse illustré, 2009 : 515).

Tenant compte de notre problématique, nous estimons que :

L'exploitation des entreprises industrielles dans la ville de Kananga connaitrait des défis, dont les plus aigus demeurent : le déficit énergétique et infrastructurel, qui alourdirait les facteurs de production, la multitude de taxes fiscales et parafiscales, qui ouvrirait porte à des tracasseries administratives, etc.

Les orientations stratégiques à envisager seraient : la réalisation d'une étude approfondie sur l'état de lieu des industries, la création du cadre de concertation avec le secteur privé sur l'amélioration du climat des affaires et d'investissements, l'encouragement de l'entreprenariat dans plusieurs domaines (huilerie, biscuiterie, boulangerie, pâtisserie, cordonnerie,...), afin favoriser l'élan industriel.

0.4. Méthodologie

Toute analyse qui se veut scientifique doit nécessairement se servir d'un certain nombre d'outils de travail, permettant de pouvoir aborder avec confiance et certitude ses investigations. C'est ainsi que nous avons fait recourt à une méthode, accompagnée par quelques techniques.

0.4.1. Méthode

Etymologiquement, le concept méthode vient de deux mots grecs, « meta » qui signifie vers ou d'après, et « odos » qui signifie à son tour voie, chemin ou route. Il s'agit d'une voie, d'un chemin, d'une route ou d'une démarche intellectuelle que le chercheur emprunte dans la saisie, l'analyse et l'explication de son objet d'étude. La méthode implique l'ensemble des règles de validité interne et externe qu'il faut observer en vue de résoudre un problème donné (MwambaBakatubenga, T., Op Cit, p8).

Partant de ces considérations, nous entendons par méthode, les points de vue philosophiques définissant la position de l'esprit du chercheur devant son objet d'étude.

Le choix d'une méthode étant fonction de la nature du problème à résoudre, nous avons opté pour cette étude, la méthode dialectique dont l'application aux faits et phénomènes sociaux remonte à Karl Max (1818-1883).

A en croire Théodore MwambaBakatubenga, la méthode dialectique est fondée sur un certain nombre des postulats dont la texture et la combinaison afin de saisir les faits sociaux dans leur globalité, leur interconnexion, leur interdépendance et leurs rapports contradictoires (MwambaBakatubenga, T., Op Cit P 45).

Selon Sylvain Emmanuel Mulowayi Dibaya (2013 :61), le mot dialectique vient du concept grec « dialektikos », qui signifie manipulation de ses lois par rapport à l'objet de recherche.

Au nombre de ces lois, il existe selon Georges Politzer les lois ci-après :

a) La loi du changement ou du mouvement

Qui n'admet rien de définitif, d'absolu ou de sacré. Elle établit la caducité de toute chose, et rien n'existe pour elle que l'exercice ininterrompu du devenir et du transitoire. Aucune chose ne se trouve achevée, elle est toujours la fin d'un processus, toujours entrain de se transformer et de se développer.

b) La loi de l'action réciproque et de la connexion universelle

D'après cette loi, les phénomènes de la nature tout comme ceux de la société agissent les uns sur les autres, s'influencent mutuellement et sont liés les uns aux autres. Aucun processus naturel et/ou social ne peut être étudié isolement, mais comme immergé dans une véritable totalité organique et vivante.

c) La loi de l'unité et de la lutte des contraires (la loi de la contradiction)

Cette loi stipule que dans toute chose, dans tout phénomène naturel ou social, il y a une unité des contraires comprenant des forces qui tendent vers l'affirmation et la négation, il y a contradiction qui provoque le changement. De par ce principe, il convient de considérer toujours non pas un coté de chose, mais leurs deux cotés contradictoires.

d) La loi de la transformation de la quantité en qualité (loi du progrès par bon)

En considérant cette loi, à un certain degré de changement quantitatif, se produit soudainement un changement qualitatif, consistant en une conversion de la nature de chose en une autre (Politzer, G., cité par Mulowayi Dibaya, S.E., op cit. PP62-64).

Entendu que l'industrialisation est un processus social, la méthode dialectique nous a été d'une importance capitale dans la mesure où elle nous a permis de saisir les contradictions des rapports sociaux entre les défis industriels et les enjeux d'industrialisation dans la ville de Kananga, afin d'atteindre la vérité sociale.

En effet, l'Etat qui définit la politique de développement industriel par la mise en place des structures de financement des industries, met également sur pied des conditions élevées, ne pouvant pas permettre les unités industrielles d'y accéder facilement.

0.4.2. Techniques

Selon Bien-Aimé Kabemba Tubelangane (Op. Cit, p108), on désigne par technique tout procédé, tout moyen ou tout instrument que le chercheur utilise pour récolter les informations (quantitatives et/ou qualitatives), sur le terrain, dans une collecte, un musé, une bibliothèque ou un amateur.

Pour mieux mener nos investigations et nous imprégner des informations nécessaires à la rédaction de ce travail, nous avons fait usage de quelques techniques, telle que :

a) L'observation directe

Que Mulumbati Ngashi Adrien (1986 :26), qualifie de l'observation portant directement sur les faits ou phénomènes sociaux que le chercheur étudie, grâce à l'un ou l'autre organe de sens.

Cette technique nous a permis de vivre l'exploitation industrielle (réalité sociale) sur terrain, afin d'en analyser pour comprendre le fait.

b) L'analyse documentaire

Elle consiste à consulter à étudier et à analyser les documents écrits et non écrits, dans le but de tirer des informations concernant l'objet d'étude.

Grace à cette technique, nous avons procédé à la lecture de différents documents se rapportant directement ou indirectement à notre objet d'étude.

c) L'entretien libre

Il consiste pour le chercheur à introduire le sujet et à laisser l'enquêté développer ses points de vue, ses opinions, sans interférence de l'enquêteur (Ibidem., p 26).

Cette technique nous a permis d'échanger avec les exploitants industriels, sur l'objet de nos investigations.

d) Technique de questionnaire

Qui renvoie à l'élaboration d'une liste des questions (questionnaire) concernant l'objet d'étude et remises à plusieurs enquêtés et qui répondent sous une forme écrite et le chercheur vient dépouiller pour catégoriser les résultats (MwambaBakatubenga, T., Cit, 27).

Cette technique nous a permis de laisser un questionnaire aux travailleurs des industries ciblées en vue de nous imprégner de leurs avis et opinions sur notre sujet d'étude.

0.5. Délimitation du sujet

Dans le temps, notre étude s'étale sur une période de cinq ans, allant de l'année 2014 à l'année 2018. La première précède le Forum National du Développement de l'industrie et Redressement productif (FONADIR) intervenu à l`année 2015. Et 2018, marque l'année de la mise en oeuvre du programme d'actions prioritaires du secteur de l'industrie par la division provinciale de l'industrie dans la province du Kasaï Central.

Du point de vue spatial, nous nous sommes limités dans la ville de Kananga, qui est notre champ d'étude.

0.6. Difficultés rencontrées

La vie humaine étant un combat dit-on, l'élaboration de ce travail n'a pas fait l'exception aux difficultés. Entre autres :

° L'état démuni de la bibliothèque de notre établissement, dépourvue d'ouvrages spécialisés à la matière ;

° La méfiance de certains enquêtés ;

° L'accès difficile à certains documents officiels d'importance capitale ;

° La conjoncture économique, et bien d'autres.

Par ailleurs, dans « terre des hommes », Antoine de Saint Exupéry nous enseigne qu'être homme, c'est se mesurer à des obstacles.

C'est ainsi que nous avons :

· Recouru aux bibliothèques des autres institutions et des particuliers, pour nous ressourcer ;

· Fait preuve de certaines qualités recommandées aux chercheurs scientifiques, pour nous imprégner des avis et opinions des enquêtés sur le sujet ;

· Basé nos investigations sur les informations à notre portrait ;

· Agi économiquement avec de moyens disponibles, pour couvrir les dépenses selon leur priorité.

0.7. Division du travail

Outre l'introduction et la conclusion, ce travail s'articule autour de quatre chapitres principaux :

o Le premier chapitre aborde les généralités sur le cadre conceptuel et le milieu d'étude ;

o Le chapitre deuxième traite de la politique industrielle et états généraux des industries dans la ville de Kananga ;

o Le troisièmechapitre aborde les enjeux et perspectives d'industrialisation de la ville de Kananga ;

o Et, le quatrième chapitre analyse ledéveloppement socio-économique de la ville de Kananga, face aux défis industriels.

CHAPITRE I. GENERALITES SUR LE CADRE CONCEPTUEL ET PRESENTATION DU MILIEU D'ETUDE

La complexité des faits et phénomènes sociaux amène les sciences sociales en général et la sociologie en particulier, à utiliser un nombre des concepts que Pierre Rongere définit comme une représentation mentale, générale et abstraite des objets étudiés (Rongere, P., 1983 :21).

De ce fait, ce chapitre se propose de fixer les concepts qui constituent notre sujet d'étude d'une part, et de faire une idée sur le milieu d'investigation.

Section 1. Conceptualisation

1.1.1. Défi industriel

Selon le dictionnaire Larousse illustré (2009 :213), un défi sous-entend un problème, une difficulté ou une contrainte que pose une situation, et que l'on doit surmonter.

Ainsi, un défiindustriel constitue tout problème, toute difficulté ou toute contrainte que pose l'industrialisation, et pour lequel l'on doit lutter en vue de l`émergence des industries.

1.1.2. Industrialisation

Selon MupinganayiKadiakuidi, (1991 :79), l'industrialisation peut être définit comme un processus d'accumulation des richesses dans une communauté.Cette communauté pouvant être locale, régionale, ou nationale, à l'aide de l'industrie.

En conséquence, pour réussir une industrialisation il faut trois facteurs, à savoir :

1. la main d'oeuvre abondante et qualifiée, dans le cas de production en masse ;

2. la force motrice disponible et abondante ;

3. les capitaux importants. Dans les capitaux on retient :

- le capital liquide, c'est-à-dire l'argent pour les financements des études, de la main d'oeuvre et des matières premières ;

- le capital fixe, constitué des machines, et des infrastructures (les infrastructures les plus appropriés sont : les routes, les rails, les ponts, les aéroports, etc.).

- le capital circulant, ce sont les matières premières et les intrants industriels.

En ce qui nous concerne, l'industrialisation est un processus de mettre en place des entreprises industrielles dans un milieu donné.

1.1.3. Industrie

Le concept industrie désigne un secteur économique regroupant les activités de transformation des produits (matières premières ou produits semi-finis).

C'est donc l'ensemble des activités humaines tournées vers la production en série des biens. Elle sous-entend :

· Une certaine division de travail, contrairement à l'artisanat où la même personne assure théoriquement l'ensemble des processus : étude, fabrication, commercialisation et gestion ;

· Une notion d'échelle, on parle de « quantités industrielles » lorsque le nombre des pièces identiques atteint un certain chiffre. (MupinganayiKadiakuidi, op. cit. P.82).

1.1.4. Développement

Le concept développement est très complexe, ne pouvant être défini que dans un contexte global.

D'après Bien-aimé Kabemba Tubelangane, il désigne l'ensembles des processus coordonnés, Cybernétiquement combinés et agencés, de prise de conscience spontanée et/ou suscitée de changement de mentalité, de transformation des institutions et habitudes sociales.

Il implique un ou plusieurs secteurs d'une société, composé des acteurs sociaux interagissant, tout en cherchant et l'homme et le rapport de changement positif avec lui-même et avec l'environnement naturel, social, politique, économique et culturel, lui permettant de se jouir. (Kabemba Tubelangane, cité par TshipambaKabangu, J., 2016 :7).

Le développement apparait ainsi comme une série de passage pour une société, d'une phase moins humaine à celle plus humaine, au rythme de vie des hommes, à travers la couverture des besoins vitaux de la population.

1.1.5. Développement social

Le concept social dérive de l'adjectif latin « socius », qui signifie ce qui est en rapport avec la société et qui concerne les relations entre les individus.

Ainsi, par le biais méthodologique d'une lecture symptômale, le développement social sous-entend une amélioration de la qualité de vie des hommes, à travers la création des emplois pouvant réduire la dépendance sociale.

1.1.6. Développement économique

C'est un processus d'évolution, de changement, de décollage, visant à améliorer les conditions des individus en leurs fournissant des biens et des services dont ilsont besoin (Penouil, M., 1972 :60).

Le taux de la croissance économique est mesuré par le rapport de variation annuelle du produit intérieur brut en volume.

Il se calcule de la manière suivante :

100

- PIB1 : produit intérieur brut de la première année ;

- PIB2 ; produit intérieur brut de la deuxième année

- 100 : le pourcentage (Penouil, M., 1972 :60).

Ainsi, on distingue généralement :

· Le développement économique extensif ; qui vise l'augmentation de quantités des facteurs de production (culture de nouvelles terres, ouvertures des nouvelles industries et création d'emplois).

· Le développement économique intensif qui vise l'augmentation par des gains de productivité de la production à volume de facteurs de production identiques, sans création d'emplois supplémentaires (Penouil, M., Op Cit, p72).

1.1.7. Développement socio-économique

Selon le dictionnaire petit Larousse illustré, le développement socio-économique est celui qui vise l'évolution, le progrès économique et sociale (dictionnaire petit Larousse illustré, 1905 :316).

Donc, il s'agit d'un processus d'augmentation du revenu d'une société donnée, ouvrant porte à l'avancement tant social qu'économique.

1.1.8. Développement industriel

Par développement industriel, il faut entendre le progrès des techniques de transformation des matières premières en produits finis. Il est caractérisé pour les pays du sud par le passage de l'artisanat à la production sur base des machines, susceptibles de produire en quantité et en qualité (Anectol, B. 1896 :53).

Le développement industriel est un produit du progrès technique et des innovations technologiques, basé sur l'augmentation des productions qualitatives dans les entreprises industrielles.

Section II. PRESENTATION DE LA VILLE DE KANANGA

1.2.1. Aperçu historique

Les origines de la ville de Kananga remontent à la découverte par les explorateurs allemands Dr Paul Pogge et le lieutenant Herbant Wissman,  de la rivière Kasaï en octobre 1881. En provenance de Malange en Angola, ils furent accueillis à la résidence du Chef KalambaMukenge, au Village de Kalamba, du peuple Bena Lulua situé à la rive gauche de la même rivière à 3kg de Mikalayi.

Pogge y demeure jusqu'en 1883 parce qu'il était tombé malade, mais Wissmann poursuivra son voyage. La petite maison en pisé que Pogge habitait pendant son séjour transitoire fut dénommée « Pogge station » qui devint le premier port d'attache des allemands au Kasaï.

Revenant le 10 novembre 1883, Wissmann déplace Pogge station sur la rive droite de la rivière Lulua et dénomma son campement « Luluabourg Malandji » ; Malandji est la déformation du nom Malange donné par les transporteurs de Wissmann, d'origine Angolaise qui ontpréféré le nom de leur lieu de départ.

En 1895, les troupes Batetela de Kalamba se révoltèrent suite à l'exécution de leur Chef par l'autorité belge. La mutinerie qui a connu du succès dans ses débuts, a finalement été matée en 1901.

Dans la même période, le gouvernement colonial créa à cet emplacement un poste d'Etat qui prend la dénomination du campement à la rive droite de la Lulua, lequel est devenu un important carrefour depuis l'inauguration du chemin de fer BCK par le roi Albert premier, dont les travaux de construction avaient débuté en 1920 sous la direction de l'ingénieur Jean Jadot.

C'est essentiellement ce mode de transport qui a contribué au développement rapide de la ville au début du 20esiècle, entrainant l'arrivée massive de différentespopulations dont le peuple Luba qui domina très vite économiquement le peuple Lulua.

A la veille de l'indépendance (1950-1960), des violents conflits éclatèrent entre le peuple Lulua et celui de Luba, entrainant l'exode de ce dernier vers ce qui devint Kasaï Oriental (Kapinga Tshibuyi, A., 201 3 :10-12.).

Par ailleurs, cette ville a connu au cours de son histoire, différentes appellations dont :

· De 1958 - 1972 : ville de Luluabourg (ordonnance-loi, n°12/357 du6 novembre 1958) ;

· De 1973-1976 : sous-région de Kananga (ordonnance-loi n°73/015 du 5 février 1973) ;

· De 1977-1982 : sous-région urbaine de Kananga (ordonnance-loi n°77/028 du 19 novembre 1977) ;

· De 1983-1997 : ville de Kananga (ordonnance loi n°82-006 du 25 février 1983) ;

· De 1998 à ce jour : Ville de Kananga décrite (ordonnance loi n°081 du 2 juillet 1998).

Un fait historique non moins important est que, c'est à Luluabourg que la première constitution dont la République Démocratique du Congo s'est dotée le 24 août 1967, a été élaborée et rendue publique. Le premier site de la ville de Kananga est dénommé aujourd'hui « Malandji Makulu », pour ainsi exprimer son ancienneté (Kapinga Tshibuyi, A., Op Cit, 16).

1.2.2. Situation géographique

D'une superficie de 743Km2, soit une densité de 1741.76habitant/Km2, la ville de Kananga est située au coeur du pays et de l'Afrique, à 5°.23 Latitude Sud et 25° longitude Est.

Elle est limitée :

· Au Nord par le territoire de Demba ;

· Au Sud par le territoire de Dibaya ;

· A l'Est par le territoire de Dimbelenge ; 

· Et, à l'ouest par les territoires de Kazumba et de Luiza.

En effet, de par sa position géographique au Centre, la Ville de Kananga est enclavée et située à environ 800Km de Bukavu, Lubumbashi et Kinshasa soit une distance de moins d'une heure par vol (YamuangaMutondo, 2016 :13).

1.2.3. Climat

La ville de Kananga se trouve dans un climat tropical humide, assorti de deux saisons dont la saison sèche qui va généralement du 15 mai au 15 août et celle de pluie qui va du 15 août au 15 mai.

Elle présente une amplitude thermique annuelle de 10.74°c en moyenne. Avec des points des 31.4°c en mai la moyenne pluviométrique et thermique de l'année. (Hôtel de ville de Kananga, 2015 :23).

1.2.4. Relief et hydrographie

Les plateaux découpés par des nombreuses vallées profondes, dominent la ville de Kananga y compris les alluvions issues de la destruction de versants dénudés par l'homme à la recherche du bois de chauffage et de l'espace à cultiver tout comme à habiter.

La ville de Kananga est battue sur un plateau d'environ 657m d'altitude entrecoupée des vallées drainées par différents cours d'eau, dont la plupart se jettent dans la rivière Lulua. Cette dernière coule dans la direction Est et baigne l'ouest de la Ville. Elle a trois (3) grandes affluents, à savoir :

- La Tshibashi qui traverse la limite nord de la ville ;

- La Nganza qui traverse la ville de l'Est à l'Ouest ;

- La Nkombua qui coule au sud de la ville de Kananga.

Il ya aussi la MuanzaNgomaqui baigne l'Est de la ville. Ces rivières offrent de grandes possibilités à développer la pêche et à pallier à la carence en protéinesanimales.

De toutes ces rivières, la Tshibashi parait la plus importante du fait qu'elle baigne et arrose trois communes de la ville de Kananga, (Kananga, Lukonga et Ndesha), c'est sur elle que se trouve installé l'usine de captage d'eau de la Régideso qui dessert la ville en eau potable.

1.2.5. Le Sol

Le soubassement de la ville de Kananga est constitué des granités et des grépolymorphes qui donnent naissance à deux types de sol, à savoir :

§ Le sol sablonneux : on le retrouve sur les versants et les interfluves de la ville, avec une apographe très accidentée couverte par des ravins qui détruisent la ville ;

§ Le sol sablo-argileux : formé des grains de sable et d'une portion d'argile sur tout le territoire de la ville. Les vallées lui procurent l'avantage de développer la culture et la pisciculture

Mais, ce sol est tellement mal exploité avec des méthodes et techniques culturelles archaïques (sans repos), avec des lessivages intenses qu'il se soude par la dégradation des savanes qui s'appauvrissent très rapidement (Hôtel de ville de Kananga, Op Cit, p26).

1.2.6. La Végétation

La ville de Kananga est herbacée sur les plateaux, sur toutes les fougères et les graminées qui dépassent rarement 1.5m de hauteur. Cela démontre la pauvreté du sol sur exploité avec des cultures vivrières. Par ailleurs, à Kananga la forêt s'amenuise au profit de l'agriculture et diverses autres activités de l'homme.

La flore se renferme dans la ceinture verte, couverte par une végétation non encore urbanisée. En effet, chacune des cinq communes a au moins un quartier au-delà de la partie urbaine et l'ensemble de ces quartiers suburbains constitue la ceinture verte de la ville. Elle se répartit de la manière suivante :

Tableau N°1 : Répartition des quartiers suburbains par commune dans la ville de Kananga

COMMUNES

QUARTIERS SUB URBAINS

1

Kananga

Mpemba

2

Katoka

Tukombe

3

Ndesha

Kamupongo

4

Lukonga

Mabondo

5

Nganza

Lubi-à-mpata

Source : Tableau tracé par nous, sur base des données de l'hôtel de ville de Kananga, 2018.

Ce tableau démontre la répartition des quartiers suburbains, constituant la ceinture verte de la ville de Kananga, dans chacune des communes.

Il convient de signaler que la faune est souvent retrouvée au long de rivières et c'est dans les forêts galeries qu'on peut trouver la présence du gibier à poils, la gazelle, la crevette, etc.

Dans la savane, les corbeaux, les garde-boeufs, les rats, les multiformes, etc. (Kapinga Tshibuyi, A., Op Cit, pp 16-17).

1.2.7. Situation démographique

La population de la ville de Kananga connait une forte évolution, suite à la position géographique que Kananga occupe dans le pays.

Ci-dessous, sont démontrées les statistiques par année, expliquant la croissance démographique de la ville de Kananga de 2014 à 2018.

TABLEAU N°2 : PORTANT EVOLUTION DEMOGRAPHIQUE DE LA VILLE DE KANANGA DE 2014-2018

SEXE

ANNEES

Masculin

Féminin

Populaire étrangère

Total

Hommes

Garçons

Femmes

Filles

Hommes

Femmes

01

2014

269111

379451

289113

417411

231

25

1.355.342

02

2015

272119

391809

289412

419617

234

26

1.373.217

03

2016

274121

392912

296756

454769

236

23

1.418.817

04

2017

279378

407695

304313

469851

236

23

1.461.496

05

2018

287798

421195

310744

494110

236

24

1.514.107

Source : Hôtel de ville de Kananga, document des statistiques démographiques, rapports annuels 2014-2018.

Au regard de ce tableau, nous constatons que le nombre de femmes et de filles est supérieur à celui des hommes et des garçons. Et, la population étrangère révèle le nombre élevé des hommes par rapport aux femmes. Ainsi, la population totale de la ville de Kananga continue d'augmenter d'une année à l'autre.

1.2.8. Aspect politico-administratif

La ville de Kananga constitue une entité administrative, ayant une personnalité juridique régie par l'ordonnance-loi n°123/006 du 25 février 1982 portant l'organisation territoriale, politique et administrative du Congo.

Elle est subdivisée en 5 communes à savoir : Kananga, Katoka, Ndesha, Lukonga et Nganza. Avec au total 25 quartiers, 179 localités et 22 groupements incorporés, comme en illustre le tableau suivant :

Tableau N°3. La subdivision administrative de la ville de Kananga

COMMUNES

QUARTIERS

LOCALITES

QUARTIERS

GROUPEMENTS INCORPORES

1

KANANGA

Malandji

Kamayi

Tshinsambi

Plateau

Pemba

8

10

10

17

11

Bakua nkunda

Bakua mboya

Bakua odia

Bakua mbuyi

Bakua tshiala

2

KATOKA

Kapanda

Tatoka II

Kelekele

Mpokolo

Tukombe

5

4

4

5

4

Benamande

Bena meta

Benakabiya

3

NDESHA

Kamilabi

Lulua

Ndesha

Tshibandabanda

Kamupongo

6

4

5

5

4

Benamukangala

Bakua buisha

Bakua lule

4

LUKONGA

Dikongayi

Itabayi

Lumumba

Mabondo

6

6

5

7

Bakua biayi

Bakua mushilu

Benatshibumba

Benamutshipayi

Benamalangu

Benamuanji

5

NGANZA

Nganza-nord

Nganza-sud

Salongo-Muimba

N'sele

Lubi-à-mpata

Sukisa

7

7

10

12

12

5

Bakua meta

Bakua ipa

Bakua tshidimba

Benakalumelueya

Benakasasa

Source : Tableau tracé par nous, suite aux données de l'hôtel de ville de Kananga, 2018.

1.2.9. ORGANIGRAMME DE LA VILLE DE KANANGA

Maire de la ville

Maire de la ville adjoint

Communes

Servies spécialisées

KANANGA

- Kamayi

- Malandji

- Tshinsambi

- Mpemba

- Plateau

KATOKA

- Kapanda

- Katoka II

- Kelekele

- Mpokolo

- Tukombe

NGANZA

- Salongo

- Nganza nord

- Lubi-a-mpata

- N'sele

- Nganza sud

- Sukisa

NDESHA

- Kamupongo

- Kamilabi

- Ndesha

- Lulua

- Tshibandabanda

LUKONGA

- Dikongayi

- Itabayi

- Lumumba

- Mabondo

CHEF DE SERVICE URBAIN

CHEF DE 1er BUREAU

- Secrétariat

- Comptabilité

- Protocole

- Intendance

CHEF DE 2ème BUREAU

- Service administratif

- Affaires politiques

- Démographie

- Etat civil

SERVICES CONNEXES

- Agriculture

- Inspection

- Médical urbain, PME

- Environnement, mines, développement, énergie, travail, culture et art

- L'économie, tourisme, fonction publique active, affaires sociales, presse

Source : Bureau de l'administration de territoire, 2018

Cartographie N°1. Ville de Kananga

1.2.10. Aspect économique

a) Secteur primaire

L'économie étant encore aléatoire, la ville de Kananga fournit les produits de première nécessité pour la survie de la population, tels que les maïs, manioc, arachides, haricots, soja...Et les fruits comme les mangues, ananas, oranges, mandarines, etc.

Quant à l'élevage, il n'est pas beaucoup développé, néanmoins les missionnaires catholiques exploitent quelques fermes comme : camp Kumpala, Malole, ce que font également certaines ONGD de la place avec les caprins, porcs, lapins et volailles dans certaines familles.

a) Secteur secondaire

L'industrialisation se trouve au stade embryonnaire. La ville de Kananga compte une brasserie, une usine de traitement d'eau, une savonnerie, une fabrique des peintures, des minoteries, une biscuiterie, des boulangeries, une fabrique des mousses, une scierie et différents ajusteurs,... lesquels fonctionnent avec beaucoup d'acuités.

b) Secteur tertiaire

Dans ce secteur, le commerce est généralisé, nous avons les grandes maisons telles que Beltexco, Mona-luxe, Quin Med, Congo-futur, jean Assaka, Kankashi...

On trouve aussi les entreprises des services comme SNCC, SCPT, OCC, OVD, et les établissements de communication (Vodacome, airtel et orange), sans oublier les stations de radios et télévisions ainsi que les institutions banquiers.

La ville de Kananga est traversée par un chemin de fer de long 613Km, traversédu nord par le port d'Ilebo et au sud par la ville de Lubumbashi, lesquels lui ravitaillent.

Il existe aussi l'aéroport national de Lungandu, qui relie la ville de Kananga au reste du pays. L'infrastructure routière mesure près de 211,929Km dont 59.072Km, asphaltée en constate dégradation et 152.857Km en terre battue (PanumpakoleBulanda, P., 2011, pp11-12).

1.2.11. Aspect socio-culturel

1.2.11. Situation socio-culturelle

a) sport et loisir

La ville de Kananga compte plusieurs salles de spectacles, productions théâtrales et culturelles. Parmi ces salles, on peut citer : Lulua film, CEIKA, père Cambier, cercle SNCC, et Mona lux, ainsi que la salle culturelle de la mairie qui servent des cadres pour les conférences, réceptions et formations.

On note l'existence de quelques centres sociaux d'encadrement et de métiers, les foyers sociaux et auto-écoles.

Les statistiques des infrastructures sportives et culturelles dans la ville de Kananga se localisent de la manière suivante :

Tableau N°04 : Infrastructures sportives et culturelles

DESIGNATION

COMMUNES

TOTAL

Kananga

Katoka

Ndesha

Lukonga

Nganza

1

Stadium

1

-

-

-

-

1

2

Volley-ball

2

3

1

-

-

6

3

Basket-ball

2

3

-

-

-

5

4

Natation

-

2

-

-

-

2

5

Handball

2

2

-

-

-

4

6

Tennis

1

-

-

-

-

1

7

Gymnastique

1

-

-

-

-

1

8

Musée

1

-

-

-

-

1

9

Football

-

1

-

-

-

1

Source : Division provinciale des sports et loisirs, Rapport annuel, 2018.

b) Enseignement

La ville de Kananga regroupe les institutions d'enseignement primaire, secondaire, professionnel, spécial, supérieur et universitaire.

Au niveau de l'enseignement primaire, secondaire et professionnel ; la ville de Kananga compte deux sous-divisions urbaines, à savoir :

- La sous-division de Kananga I, qui supervise les écoles des communes de Kananga et Nganza ;

- Et, la sous-division de Kananga 2 qui gère les écoles des communes de Katoka, ndesha et lukonga.

La situation des écoles dans la ville de Kananga se présente de la manière ci-après :

Tableau N°05 : Statistiques des écoles

Ecoles Maternelles

Ecoles primaires

Ecoles secondaires, professionnelles

Ecoles spécialisées

Total

86

228

173

31

518

Source : département de statistiques de la division d'EPSP-Kananga, rapport annuel, 2017-2018

Au niveau de l'enseignement supérieur et universitaire, la ville de Kananga compte 11 universités et 15 instituts supérieurs, dont la situation se présente de la manière ci-après :

Tableau N°06 :Universités de la ville de Kananga

Etablissements universitaires

Sigles

Statuts juridiques

1

Université de Kananga

UNIKAN

Publique

2

Université notre dame du Kasayi

UKA

Mixte

3

Université pédagogique de Kananga

UPKAN

Publique

4

Université presbytérienne au Congo

UPRECO

Mixte

5

Université centrale du Kasaï

UNICEK

Privée

6

Université Simon Kimbangu de Kananga

USK

Privée

7

Université du grand Kasaï

UGK

Privée

8

Université de Luluabourg

ULB

Privée

9

Université de développement durable

UDD

Mixte

10

Université saint Laurent

USL

Mixte

11

Université adventiste de Kananga

UDK

Privée

Source : tableau tracé par nous sur base des données de rapporteur annuel de l'hôtel de ville de Kananga, 2018.

Tableau N°07 : Instituts supérieurs de la ville de Kananga

Etablissements supérieurs

Sigles

Statuts juridiques

1

Institut supérieur de développement rural de Tshibashi

ISDR-T

Publique

2

Institut supérieur des techniques médicales de Kananga

ISTM-Kananga

Publique

3

Institut supérieur d'études sociales de Kananga

ISES-Kananga

Publique

4

Institut supérieur de commerce de Kananga

ISC-Kananga

Privée

5

Institut supérieur des techniques médicales de Tshikaji

ISTM-Tshikaji

Privée

6

Institut supérieur des techniques médicales diyidimpe

ISTM DIDI

Privée

7

Institut facultaire de sciences de santé de Kananga

IFASS

Privée

8

Collège universitaire libre du Congo

CULC

Privée

9

Institut supérieur de statistiques de Kananga

ISS

Privée

10

Institut supérieur des arts et métiers Bukasa

ISAM

Privée

11

Institut supérieur des techniques médicales du Kasaï

ISTM-K

Privée

12

Institut supérieur technique de Kananga

IST-Kananga

Privée

13

Institut supérieur de management de Kananga

ISM-K

Privée

14

Académie militaire

ACAMIL

Publique

15

Institut supérieur des sciences religieuses

ISSR

Mixte

Source : Tableau, tracé par nous sur base de données de rapport annuel de l'hôtel de Ville de Kananga, 2018.

a) Ethnies

La ville de Kananga regorge plusieurs tribus et ethnies, notamment : les lulua,kete, kuba, luntu, songe, bindi, salampasu, tshiokwe, baluba, anamongo, pende, lele, tetela et autres expatriés.

b) Langues

Plusieurs langues sont parlées à Kananga, dont le français (langue officielle), Tshiluba, swahili et lingala (langues nationales), Anglais (parlé par la minorité), et autres dialectes.

c) Religions

Les religions les plus pratiquées dans la ville de Kananga sont : catholique, protestante (sous divers formes), Kimbanguiste, orthodoxe, musulmane et autres églises de réveil.

CONCLUSION PARTIELLE

Dans ce chapitre, notre démarche consistait à fixer les concepts de base de notre étude : défi, industrie, développement socio-économique,et autres concepts proche de notre objet d'étude.

Il était également question de brosser une idée sur le cadre d'étude, d'où l'historique, la situation géographique, l'évolution démographique, l'administration, l'économie et l'aspect socio-culturel en ont fait les points.

Chapitre II. LA POLITIQUE INDUSTRIELLE CONGOLAISE ET ETATS GENERAUX DES INDUSTRIES DANS LA VILLE DE KANANGA

Les défis industriels d'un milieu ne peuvent se lire qu'à l'analyse du cadre régulateur de la politique industrielle d'une part, et d'autre part des stratégies de la promotion des activités du secteur de l'industrie.

C'est dans cette perspective que va s'atteler notre réflexion au long de ce chapitre avant d'aborder les problèmes majeurs des unités et entreprises industrielles de la ville de Kananga

Section1. Du cadre régulateur de la politique industrielle

2.1.1. Aperçu historique

L'avènement du ministère de l'industrie autonome en République Démocratique du Congo par l'ordonnance loi n°07/001 du 05 février 2007, remonte à la création de la section industrie au sein du ministère de l'économie industrie et commerce, par l'ordonnance loi n°82-027 du 19 mars 1982.

A l'époque, ce ministère s'appuyait sur un secrétariat général qui comptait cinq directions, notamment : les services généraux, études économiques, économie générale, inspection et industrie.

En 1989, avec la promulgation de l'ordonnance loi n°89-175 du 17 août 1989 qui modifiait et complétait l'ordonnance-loi N°82-027 du 19 mars 1982, la configuration du secrétariat général changea suite à l'éclatement de la section industrie en quatre directions. Ainsi, le nombre des directions passa de cinq pour devenir huit, dont : services généraux, études économiques, approvisionnement, consommation et concurrence, petites et moyennes entreprises ; industrie ; normalisation et métrologie, propriété industrielle ainsi que protection industrielle (Ministère de l'industrie, 200 : p4).

Au fil du temps, la section industrie sera fusionnée tantôt avec les petites et moyennes entreprises, tantôt avec l'économie et artisanat jusqu'au remaniement du 13 mars 1999 qui a regroupé au sein d'un même ministère les trois sections :économie, industrie ainsi que petites, moyennes entreprises et artisanat, dans lequel les deux secrétariats généraux ont coexisté.

Par ailleurs, à cause de la persistance de conflits de compétence entre ces deux secrétariats généraux, ils furent regroupés en un seul comprenant un éventuel de dix directions et parmi lesquelles la section industrie comptait les quatre directions traditionnelles.

Aujourd'hui, le ministère de l'industrie, petites, moyennes entreprises et artisanat est scindé en deux ministères autonomes, à savoir :

o Le ministère de l'industrie ;

o Et, celui de petites, moyennes entreprises et artisanat (Ministère de l'industrie, Op Cit : p 5).

2.1.2. Missions et attributions

Plusieurs attributions sont dévolues au ministère de l'industrie, notamment :

o L'industrialisation du pays et intégration industrielle ;

o Encadrement de l'installation et de l'implantation des établissements industriels ;

o La promotion, l'encadrement technique et la protection de l'industrie nationale ;

o La gestion de la propriété industrielle et la lutte contre la contrefaçon ;

o L'élaboration et la surveillance des normes pour les biens présents ou consommés sur le territoire national ;

o La gestion de la méthodologie légale et de la normalisation ;

o L'inspection technique des établissements industriels ;

o La mise en valeur de l'espace national et promotion de l'environnement favorable aux affaires ;

o La promotion des nouvelles technologies appliquées à l'industrie ;

o La réalisation des études industrielles sectorielles et production des statistiques industrielles ;

o L'élaboration et la mise en oeuvre du schéma directeur d'industrialisation, etc. (ordonnance-loi N°17/025 du juillet 217, p4).

2.1.3. Le schéma directeur d'industrialisation

Matériaux de construction

Bio-énergie

Chimie et pharmacie

Agro-alimentaire

Pièces de recharge

Outillage agricole

Filières industrielles

3

2

4

5

6

1

Source : Ministère de l'industrie, Op Cit, p9.

En République Démocratique du Congo, le schéma directeur d'industrialisation repose sur six filières ci-après :

- L'industrie agro-alimentaire ;

- L'industrie de matériaux de construction ;

- L'industrie de la chimie et de la pharmacie ;

- L'industrie de pièces de recharge ;

- L'industrie de la bioénergie ;

- L'industrie de l'outillage agricole (Ministère de l'industrie, Op. Cit. p 9),

2.1.4. Structures organiques

Le ministre est l'autorité de la politique industrielle, il propose et conduit la politique du pays en matière de l'industrie, avec la collaboration du secrétariat général et des organes sous-tutelle (Ibidem, p14).

Le secrétariat général est l'échelon supérieur de l'administration, qui encadre les six directions (services généraux, études et planification, industrie, propriété légale, inspection, technique industrielle), et les divisions provinciales de l'industrie.

Le secrétariat général joue les rôles de liaison entre le ministre et les services administratifs (directions, divisions et bureaux). Il conçoit l'organisation administrative pour ses échelons inférieurs, transmet les instructions de la hiérarchie et contrôle leur exécution par les échelons subalternes.

Il travaille avec trois services spécialisés, à savoir :

ü La cellule d'études et de planification industrielle (CEPI) ;

ü Le comité national de la normalisation (CNN) ;

ü Et, le fonds de promotion des inventions et découvertes (FPID).

Section 2. Stratégies de la promotion des industries

Au nombre des organes sous-tutelle du ministère de l'industrie, figure le fonds de promotion de l'industrie (FPI), qui oeuvre pour le développement des entreprises et unités industrielles.

2.2.1. Création du fonds de promotion de l'industrie

L'Etat congolais a constaté que le secteur industriel manquait de moyens pour assurer son démarrage effectif, dans la mesure où la capacité d'autofinancement du secteur de l'industrie était insuffisante pour couvrir leurs besoins d'investissements.

Par ailleurs, la seule autre source de financement possible était les institutions bancaires locales, mais celle-ci par leur vocation commerciale s'intéressent peu aux projets industriels risqués et à rentabilité différée, alors que leur priorité concerne des projets peu risqués et à rentabilité immédiate.

L'Etat a donc voulu créer un cadre approprié pour le financement du secteur industriel avec des termes plus longs et à des faibles taux d'intérêt. Il s'en est suivi la création successive du Fonds de Relance économique du fonds des conventions de développement, et sur recommandation de l'ONUDI, du fonds de promotion de l'industrie (FPI, 2009 : 13).

Le fonds de promotion de l'industrie, entreprise publique, a été créé par l'ordonnance loi N°89-171 du 07 août 1989, pareillement pour lui assurer des ressources afin de financer ses activités, a été créée la taxe de promotion de l'industrie par l'ordonnance-loi N°89-031 du 07 août 1989.

Dans le cadre de la réforme des entreprises publiques, le fonds de promotion de l'industrie a été transformé en établissement public à caractère administratif et financier, doté d'une personnalité juridique et placé sous-tutelle du ministère de l'industrie (Décret-loi n°09/64 du 03 décembre 2009 :6).

2.2.2. Missions et objectifs du FPI

Le Fonds de promotion de l'industrie a pour mission principale de promouvoir l'industrie congolaise par :

o Le soutien aux industries existantes ;

o La promotion des industries nouvelles, des petites et moyennes industries ;

o La promotion de l'intégration industrielle en général et en particulier entre petites et grandes unités, et entre le secteur industriel et agricole ;

o La promotion des activités des recherches appliquées permettant le développement et l'amélioration du secteur industriel (FPI, Op Cit : 14).

A cet effet, il vise à :

· Mettre en place un tissu industriel concourant à la valorisation des ressources locales et permettant de satisfaire les besoins locaux ;

· Réduire la dépendance de l'économie vis-à-vis de l'extérieur, par la production des matières premières destinées aux industries locales et les produits finis concurrent aux biens importés ;

· Promouvoir l'exportation des produits industriels, particulièrement des produits manufacturés.

Le fonds de promotion de l'industrie contribue aussi à l'assainissement de l'environnement socio-économique des entreprises par le financement des projets de construction ou de réhabilitation des infrastructures économiques et sociales dans leurs zones d'opération (Ibidem :15).

2.2.3. La taxe de promotion industrielle

La principale source de revenu du FPI est la taxe de promotion industrielle, créée par l'ordonnance-loi n°89-031 du 07 août 1989. Elle est perçue à l'intérieur sur les opérations de vente faites en RD. Congo pour la mise à la consommation, sur les marchandises de toute province assujettie aux conditions du tarif des droits et taxes à l'importation.

Elle comprend deux volets :

o La taxe locale, d'un taux de 2% du prix de revient industriel. Elle est générée par les entreprises de production installées dans le pays ;

o La taxe à l'importation, qui frappe toutes les marchandises importées de toute provenance et assujettie aux conditions du tarif des droits et taxes à l'importation. Son taux est de 2% (MafoloMbubi, F., Op Cit. p 17).

La mobilisation de la TPI locale a démarré timidement en 1990 dans un climat sociopolitique troublé, qui a influé négativement sur l'économie du pays. Celle de la TPI à l'importation n'a débuté qu'en mai 1998 et représente environ 67% des recettes recouvrées au titre de la TPI.

La TPI récoltée jusqu'au 31 décembre 2008 représentait un montant de dollars américains cent quatre-vingt-trois millions, quatre cent trois mille quatre-vingt-deux point quarante-trois ($183403.082.43), comme l'illustre le tableau ci-après :

Tableau N°8 : Evolution de la TPI et du volume de financement des industries de 1989 à 2008

ANNEES

EVOLUTION DE TPI/$

VOLUME DE FINANCEMENT/$

01

1989

2.000.000

518.045

02

1990

6.000.000

800.124

03

1991

5.072.050

1.524.583

04

1992

7.704.192

1.784.825

05

1993

7.900.060

987.823

06

1994

8.112.025

2.548.174

07

1995

8.826.673

1.827.478

08

1996

9.154.194

1.809.018

09

1997

9.346.284

928.633

10

1998

9.894.019

3.483.246

11

1999

9.894.103

2.834.246

12

2000

10.128.430

2.973.948

13

2001

10.561.822

3.190.923

14

2002

1.071.294

3.637.174

15

2003

9.974.729

3.241.109

16

2004

12.924.843

9.723.747

17

2005

19.104.012

11.012.131

18

2006

21.845.503

13.848.171

19

2007

27.624.283

18.174.926

20

2008

50.726.843

30.186.178

Source : FPI, 2009, p16

Graphique 1. Recouvrement TPI et financement des unités industrielles de 1989-1993

Source : Denous-mêmes sur base du tableau n°08

Graphique 2. Recouvrement TPI et financement des unités industrielles de 1994-1998

Source : De nous-même sur base du tableau n°08

Graphique 3. Recouvrement TPI et financement des unités industrielles de 1999-2003

Source : De nous-même sur base du tableau n°08

Graphique 1. Recouvrement TPI et financement des unités industrielles de 2004-2008

Source : De nous-même sur base du tableau n°08

2.2.4. Le financement des industries

a) Les éléments constitutifs du dossier de demande de financement

Outre les renseignements généraux (adresse, statuts sociaux, formation, référence bancaire, et les principaux associés), le dossier de demande de financement doit comporter les éléments tels que :

o La nature du projet et sa localisation ;

o Les sources d'approvisionnement en matières premières et autres ;

o Une justification détaillée du projet (joindre facture proforma, plan, et devis) ;

o Le plan de financement et de payement, en précisant notamment les conditions de financement provenant d'autres bailleurs de fonds éventuels ;

o Les garanties devant couvrir les prêts sollicités ;

o Les données du marché et les prévisions d'exploitation de trésorerie ;

o Les incidences économiques et sociales, notamment le nombre d'emplois à créer, les revenus distribués, la valeur ajoutée locale et autres incidences du projet dans sa zone d'implantation (NgalulaMukengeshayi, S., 2016 : 27).

b) Les conditions d'intervention

Pour bénéficier un financement du FPI, le projet doit être engagé dans la promotion des biens destinés à la consommation locale ou à l'exportation, doté d'une organisation appropriée et d'une structure de gestion saine.

Les petites et moyennes industries n'ayant pas des garanties suffisantes pouvant couvrir 150% du prêt sollicité, peuvent s'afficher auprès des structures qui ont signé un contrat de collaboration avec le FPI. Tout projet à financer doit faire l'objet d'une évaluation technique, économique et financière par les services spécialisés du FPI.

L'accès des petites et moyennes industries est subordonné à la signature d'un contrat d'assistance avec l'office de promotion des petites et moyennes entreprises congolaises. Ce contrat permet à l'OPEC de suivre la réalisation du projet, d'assister le promoteur dans sa gestion, de lui doter des structures et outils de gestion et de l'aider à respecter les engagements pris vis-à-vis du FPI (FPI, 2014 :110).

c) Procédure d'évaluation du projet

L'évaluation du dossier de demande de financement passe par le schéma ci-après :

Tableau N°09 :Schémas d'évaluation du dossier

Secrétariat de direction

Service crédit

Financement du projet

Service technique

Comité de gestion

Source : FPI, Op Cit. p 21.

o Le secrétariat de direction réceptionne le dossier de demande de financement ;

o Le service crédit passe par le criblage et transmet au service technique d'évaluation toute demande éligible en vue de son instruction ;

o La demande jugée acceptable par le service technique d'évaluation est soumise pour son approbation et décision au comité de gestion ;

o La décision d'octroi est notifiée au promoteur par les soins du service crédit. Dès lors, le service juridique établit le contrat de prêt ou de subvention et s'occupe de la constitution des garanties avant que le dossier soit transmis à la direction financière pour déblocage (FPI, Op Cit, : 19).

Section 3. Les types d'industries

On distingue deux types d'industries :

2.3.1. Les industries de base

Appelées aussi industries lourdes ou extractives, qui procèdent à la première transformation des matières premières et livrent leurs produits semi-finis qui serviront à leur tour de matières premières à d'autres industries.

Les principales caractéristiques des industries de base sont :

· Elles ont besoin des quantités énormes de matières pondéreuses (fer, charbon) ;

· Elles nécessitent d'énormes capitaux aussi bien pour leur investissement que pour l'entretien des leurs gigantesques locaux ;

· Elles sont toujours à la recherche des techniques les plus performantes ;

· Elles exploitent des effectifs relativement modestes.

Parmi ces industries, on peut citer : les industries métalliques qui englobent la sidérurgie (traitement du fer) et la métallurgie (traitement d'aluminium, du plomb, du zinc, du cuivre, bref tout métal) ; les industries chimiques qui comprennent la pétrochimie (matières plastiques), le bois, le caoutchouc et les produits pharmaceutiques ; les industries cimenteriques qui extraient et traitent le sable et le calcaire (Staley, E., et Morse, R., 1970 :239-241).

2.3.2. Les industries de transformation

Appelées industries légères, qui transforment les produits semi-finis en produits finis, c'est-à-dire que leurs produits sont directement utilisables et prêts pour la consommation. Leurs principales caractéristiques sont :

§ Elles ont besoins d'une main d'oeuvre abondante ;

§ Elles offrent des meilleurs possibilités de décentralisation du fait de leur souplesse et de leur capacité d'adaptation ;

§ Elles sont diversifiées ;

§ Elles concourent rapidement à l'aménagement du territoire.

Les industries légères se répartissent en deux grandes familles, à savoir :

o Les industries des biens d'équipement, qui produisent des biens destinés aux entreprises. C'est le cas des industries mécaniques (qui fabriquent des machines, outils, véhicules, navettes spatiales, construction navale) ; les industries électroniques et électriques (qui fabriquent les ordinateurs, robots, matériels de communication), et les industries chimiques (qui fabriquent des engrais, fibres synthétiques).

o Les industries de consommation, qui produisent des biens destinés en particulier aux ménages, c'est-à-dire à la consommation directe. Il s'agit des industries électriques (qui fabriquent les appareils électroménagers) ; les industries chimiques (qui fabriquent des produits cosmétiques et d'entretien, et les industries diverses (agroalimentaires, de chaussures, d'ameublement, de papiers,... (Staley, E., allu, Op Cit., : 243).

Section 4. Etats des lieux des industries dans la ville de Kananga

2.4.1. Généralités

La ville de Kananga durant la période coloniale, ses potentialités industrielles ont été mises en valeur par la colonie belge, avec la création des entreprises industrielles telles que : les savonneries (merlico et savinkas), les boulangeries et patisseries (peclaris, wastio), les minoteries (amato-frères, aldjem, minomaf et Siakas).

La transformation de coton par Cotonco, l'exploitation du bois par scierie du Kasaï, la fabrication des boissons (bières, limonades, et eau), par la Brakasai. Ainsi que le traitement et distribution d'eau potable par la Régideso, etc. (Division Provinciale, Industrie, op cit, :21).

A ce jour, plusieurs entreprises et unités industrielles sont en arrêt total, les autres sont encore en activités, mais avec diminution des productions, de la main d'oeuvre et de l'outil de production, comme l'illustre le tableau suivant :

Tableau N°10 :Etat de lieu des industries

IDENTIFICATION

PRODUITS

ETATS DES LIEUX

1

BRASIMBA

Bières

En gestation

2

Régideso

Eau Potable

En activité

3

Boulangerie de Kananga

Pains

En activité

4

Boulangerie papa Tshim

Pains

En gestation

5

Boulangerie Mona lux

Pains

En activité

6

Boulangerie KADIKATE

Pains

En arrêt

7

Biscuiterie BISOKA

Biscuits soja

En arrêt

8

Boucherie du marché central

Viandes

En activité

9

Minoterie SIAKAS

Farine

En arrêt

10

Minoterie UPRAK

Farine

En arrêt

11

Taillerie de diamants

Diamants

En arrêt

12

Limonaderie du Kasaï

Limonades

En gestation

13

Minoterie ALADJEM

Farine

En arrêt

14

MenuiserieTshiela

Meubles en bois

En activité

15

Menuiserie AMEBUKAS

Meubles en bois

En arrêt

16

Menuiserie KAMU

Meubles en bois

En gestation

17

Scierie du Kasaï

Meubles en bois

En arrêt

18

Savonnerie MALAMU

Savons

En gestation

19

Savonnerie ETOILE

Savons

En arrêt

20

Savonnerie MALAWI

Savons

En arrêt

21

Savonnerie CCAJDD

Savons

En gestation

22

Savonnerie sauveur

Savons

En arrêt

23

Savonnerie SAVINKAS

Savons

En arrêt

24

Savonnerie GRADI

Savons

En arrêt

25

Savonnerie AIGLE

Savons

En arrêt

26

Savonnerie MAXI

Savons

En arrêt

27

Savonnerie MASS

Savons

En arrêt

28

Savonnerie Bitulu

Savons

En gestation

29

Savonnerie OK

Savons

En gestation

30

Savonnerie SKN

Savons

En arrêt

31

Savonnerie GRACIA

Savons

En arrêt

32

Savonnerie Tshitshi-Kadi

Savons

En arrêt

33

Savonnerie SKAM

Savons

En arrêt

34

New Kasaï Paint

Peinture

En arrêt

35

SOFAMACO

Matériels de construction

En arrêt

36

Carrière Mukulu Moutard

Graviers

En arrêt

37

MUSKAS

Mousses

En gestation

38

Compagnie bâtisseurs Kananga

Matériels de constructions

En arrêt

39

Etablissement Père Daniel

Matériels de construction

En arrêt

40

Imprimerie de Katoka

Impression

En gestation

41

imprimerie Babakajika

Impression

En gestation

42

Imprimerie Protestante

Impression

En activité

43

SNEL

Electricité

En activité

44

Hydro-électrique du Congo

Electricité

En arrêt

45

Hydro électrique, Tshikaji

Electricité et eau

En activité

46

Hydro électrique Lewis

Electricité

En activité

47

Hydro électrique Panda II

Electricité et eau

En arrêt

48

Hydro électrique Kapuku

Electricité

En arrêt

49

SNCC

Electricité

En arrêt

50

ENERKAC

Electricité

En gestation

Source : DP INDUSTRIE, Op Cit, pp9-16

L'analyse du tableau ci-dessus révèle que sur 50 établissements industriels identifiés dans la ville de Kananga, 29 unités soit 58% sont en arrêt, 12 unités soit 24% sont en gestation et 9 unités seulement soit 18% sont en activités, il s'agit de : la Régideso, Boulangeriede Kananga, Boulangerie Mona Lux, Boucherie du marché central, menuiserie Tshiela, imprimerie protestante, SNEL, hydroélectrique Tshikaji, et hydro électrique Lewis. L'observation atteste que plusieurs défis sont à relever pour la pérennisation des activités industrielles dans la ville de Kananga.

2.4.2. Problèmes majeurs des industries dans la ville de Kananga

Les entreprises et unités industrielles de la ville de Kananga sont fortement entravées dans leur exploitation par les obstacles ou les contraintes des divers ordres. Parmi lesquelles nous pouvons citer les suivants :

a) Contraintes d'ordre administratif

Il faut d'abord relever le fait que les investisseurs des entreprises industrielles sont soumis à des multiples taxes administratives, notamment lors de la constitution des unités, les difficultés pour eux d'accéder aux instances administratives et judiciaires et la lenteur administrative que connaissent les industries.

Il s'en suit que certains agents économiques sont contraints à se réfugier dans la clandestinité à causes précisément de ces tracasseries administratives dont ils sont souvent soumis (Yeta Balutidi, Op Cit, P28).

b) Contraintes d'ordre économique

Les entreprises et unités industrielles font face aux difficultés de gestion, l'absence d'une comptabilité régulière et d'une organisation contrôlée, le manque d'une sous-traitance entre les grandes industries.

c) Contraintes d'ordre fiscal

Au regard de tout, dans ce cadre bien précis, le rôle de l'Etat demeure primordiale dans la mesure où il lui revient de faire régner les conditions économiques minimales propices à l'éclosion des industries (KitopiKipmende, cité par Yeta, Op Cit, p33).

Les industries sont victimes et soumises à des multiples tracasseries des taxes et impôts ainsi que des pénalités qui se répètent à travers les différents services publics.

D'où, quelques problèmes les plus rencontrés par les industries dans la ville de Kananga sont :

o Le déficit énergétique et infrastructurel, qui alourdit les facteurs de production ;

o L'inadaptabilité du cadre juridico-institutionnel ;

o La lourdeur de la procédure actuelle d'homologation ;

o Le manque de culture normative quoique volontaire ;

o L'absence d'une politique de financement des activités normatives ;

o Le manque de mobilisation de fonds publics d'origine nationale pour soutenir l'industrie ;

o La multitude des taxes fiscales, non fiscales et parafiscales, qui occasionne les tracasseries administratives ;

o Le taux excessif (voire confiscatoire) et de l'impôt et/ou la taxe et des pénalités y afférents.

o L'existence pour le même acte générateur soit de deux ou trois impôts ou taxes induits, soit d'une double taxation ;

o Les multiples contrôles aboutissant parfois à des redressements fantaisistes, irréalistes à cause des aviseurs qui les provoquent en raison d'une course effrénée aux pénalités de plus en plus exorbitantes du fait de la prime de contentieux calculée à raison de 20% destinés aux agents ou aviseurs, 20% à la caisse de contentieux de régies financières et les 60% restant dans le compte du trésor public.

o L'inadéquation entre la formation et les métiers de l'industrie ;

o La concurrence déloyale des produits importés et contrefaits ;

o L'individualisme du patronat privé. (FONADIR, 2016, p28).

2.4.3. Analyse des conditions juridiques d'implantation d'une entreprise industrielle

S'il est vrai qu'un cadre protégé et réglementé permet les investisseurs d'atteindre leurs objectifs dans l'implantation des entreprises industrielles, il est aussi vrai de noter que l'exagérance des conditions juridiques étouffe sensiblement la volonté et le goût d'investir dans une région.

A cet effet, notre démarche consiste à passer en revue les principales exigences des différents services de l'Etat face aux investisseurs des projets d'implantation des entreprises et/ou unités industrielles.

a) Division de l'environnement

Les conditions ci-après doivent être réunies par toute nouvelle entreprise industrielle qui veut s'implanter sur le territoire congolais. Notamment :

o Le dépôt de la demande d'implantation, qui ouvre la voie à une enquête « commodo-incommodo ». A travers cette enquête, la division de l'environnement analyse l'usine en circonscrivant les externalités positives et négatives qui vont affecter le milieu d'implantation de l'usine concernée.

o Il s'ensuit une demande de l'avis du public qui doit se prononcer sur l'usine que l'on veut installer, et cela dans les 15 jours ou dans un mois ;

o L'approbation du projet par le public se fait suivre du paiement, par l'entreprise, d'un permis d'implantation. Cette taxe est payable une fois et cela avant le lancement des activités, et fixée en fonction de puissances desmoteurs, des machines à utiliser et de volumes des dépôts utilisés pour stocker les matières premières et les produits finis. (Babi Mbayi, M., Op Cit, p68).

b) Division de l'industrie, PME et Artisanat

Les modalités suivantes sont exigées dans le cadre de ces divisions :

o Faire une annonce à la division de l'industrie et se munir du dossier de demande d'implantation de l'usine ;

o La division vérifie les statuts de l'usine ;

o L'entreprise est tenue d'exhiber le permis d'exploitation délivré par le ministère de l'environnement ;

o Une taxe du dossier public, dénommée « taxe sur la protection de la propriété industrielle sera payée par l'entreprise, après chaque année ;

o L'entreprise devra payée un mont de 200$ pour obtenir le permis d'ouverture d'activités ;

o Après le démarrage des activités, l'entreprise est tenue à faire rapport sur sa production, la nature du produit fabriqué, la quantité produite, la quantité vendue, le prix unitaire, la valeur des ventes en francs congolais (FC) et le taux du jour appliqué à ces ventes qu'elle soumettra à la division à titre d'information sur la valeur de ces ventes en devise.

c) La Division de culture et art

Les taxes payées au sein de cette division sont les suivantes :

- La taxe pour la publicité de l'entreprise, annuelle ;

- La taxe pour les affiches publicitaires de la mission de l'entreprise, annuelle (Babi Mbayi, M., Op Cit, p71).

d) La division de l'économie

Les frais à payer au sein de cette division concernent le numéro d'identification nationale.

e) Les entités administratives décentralisées (EAD)

Etant donné que les entreprises vendront leurs produits sur une entité administrative donnée, un montant d'occupation parcellaire des points de vente sera payé chaque année et à chaque entité, c'est-à-dire si une industrie vend son produit sur l'ensemble d'une ville, elle est obligée de payer le même montant à chaque commune où se trouve ses points de vente (Ibidem, p73).

Ayant passé en revue les diverses exigences des différentes institutions de l'Etat, nous pouvons tracer le tableau synoptique de toutes les taxes telles qu'évoquées ci-haut.

Tableau N°11 : Les taxes à payer aux bureaux de l'Etat (en dollars américains)

INSTANCES

LIBELLES

TAXES PAYEES UNE FOIS

TAXES ANNUELLES

TOTAL

1

DP Environnement

Permis d'implantation

150

-

150

2

Ministère de l'environnement

Permis d'exploitation

450

-

450

3

DP Industrie, PME Artisanat

Taxe sur la protection de la propriété industrielle

-

360

360

Permis d'ouverture d'activités

200

-

200

4

DP Culture et art

Taxe de publicité

-

20

20

Taxe des affiches

-

10

10

5

Fonds de promotion de l'industrie FPI

Taxe de promotion industrielle

-

2% sur la valeur de chaque quantité produite

 

6

DP Economie

Immatriculation

500 (personne morale)

-

500

7

EAD

Occupation parcellaire des points de vente

600 par commune

-

600

Source : Nos enquêtes menées dans ces services publics, 2019.

CONCLUSION PARTIELLE

De ce qui précède, nous avons analysé d'abord le cadre régulateur de la politique industrielle, section à travers laquelle le ministère de l'industrie a retenu notre attention.

Ensuite, nous avons passé en revue les stratégies de la promotion des industries, en analysant la création de la FPI, ses missions et objectifs, la taxe de la promotion, industrielle et le financement des industries.

A la troisième section, notre démarche a relevé les différents types d'industries, leurs caractéristiques, et leurs productions.

Et enfin, nos investigations ont abordé les états des lieux des industries, par analyser les problèmes majeurs en général, et ceux liés aux conditions juridiques d'implantation d'une entreprise et/ou unité industrielle sur le territoire congolais, en particulier.

Chapitre III. DES ENJEUX D'INDUSTRIALISATION AU DEVELOPPEMENT SOCIO-ECONOMIQUE DE LA VILLE DE KANANGA

Déjà au 19e siècle se forgea une classification d'un côté des sociétés industrialisées et de l'autre, des sociétés non industrialisées.La première classe comprend les sociétés à forte industrialisation, caractérisées par l'abondance des emplois et la surproduction. Tandis que la seconde classe regroupe les sociétés moins industrialisées, caractérisées par l'abondance des chômeurs et l'insuffisante production ne pouvant pas couvrir les besoins (Peter Judet, 1912 :33).

Dans ce chapitre, nous allons analyser les possibilités d'industrialisation de la ville de Kananga, afin de déboucher au développement socio-économique.

Section 1. Les voies d'industrialisation dans le monde

3.1.1. La voie socialiste de l'industrialisation

La voie socialiste de l'industrialisation admet l'intervention de l'Etat dans la vie économique du pays, par lui accorder l'initiative de créer les biens et services, en rapport avec les besoins de la population (Brairoch, P., 1968 : 27).

Dans cette perspective, le pouvoir public s'engage à connaitre l'environnement dans les différentes régions et à identifier les besoins prioritaires. Il lutte à octroyer à tout citoyen du travail, conformément à ses capacités et ses préférences.

L'industrie socialiste s'oriente principalement vers l'agro-alimentaire, le textile et l'armement, lesquels constituent des réponses aux besoins fondamentaux de l'ensemble de la population, notamment : l'alimentation, l'habillement ainsi que la sécurité (Brairoch, P., Op Cit, p34).

Dans le système d'industrialisation socialiste, le rôle de l'Etat consiste à établir la planification de développement du secteur industriel, à encourager les activités utiles (l'octroi des crédits, la réduction des taxes et la coopération avec les investisseurs). L'Etat s'engage également à décourager les activités qui freinent l'industrialisation, par imposer les taxes.

3.1.2. La voie capitaliste de l'industrialisation

Dans sa logique, la voie capitaliste de l'industrialisation, contrairement à celle socialiste, prône le libéralisme des activités économiques.

Ce système recherche l'abondance et surtout la surproduction, l'accumulation de richesses, la recherche du profit, l'initiative privée et la créativité, la concurrence industrielle, le calcul de prix et la rentabilité, la monnaie, les crédits et l'épargne, ainsi que les investissements et la libre échange (Ibidem, p 48).

En effet, l'industrie capitaliste mène les études de faisabilité et de rentabilité avant de s'implanter. Elle couvre les besoins des clients ainsi que les marchés de consommation, tout en recherchant le progrès et l'adaptation aux nouveaux environnements.

L'implantation des industries dans le système capitaliste exige quatre conditions, à savoir :

· La disponibilité des matières premières ;

· La présence de la main d'oeuvre honneureuse ;

· La facilité des capitaux (fonds, matériels et équipements) ;

· L'adaptation de l'environnement aux investissements (Soulier, D., 1992 :19).

A cela s'ajoute la force motrice, qui est un élément non négligeable dans le processus d'industrialisation.

Ainsi, le choix d'une voie de l'industrialisation serait alors fonction du milieu, de la période, de la circonstance et du niveau de développement d'une région.

Section 2. Les possibilités d'industrialisation de la ville de Kananga

3.2.1. Les mesures préalables du développement industriel

La constitution et le développement progressif et cohérent d'un secteur industriel dans une société, implique cinq préalables dont la connaissance des facteurs, la définition d'une politique technologique, la constitution d'un environnement à industrialiser et la coopération technique spécifique.

3.2.1.1. La connaissance des facteurs

Les facteurs à connaitre sont d'ordre économique, administratif, financier et socio-culturel, etc. cette connaissance vise à identifier les facteurs tant favorables que défavorables, en fonction de la nature des activités, des espaces géographiques, des formes des propriétés, ... (Amin, S., et Malkin, D., 1980 :26).

Il s'agit en quelque sorte d'une connaissance du « milieu » à industrialiser, de ses modes de fonctionnement et du « gissement », de ses potentialités au sein même du secteur dit informel.

Dans la ville de Kananga, bon nombre d'études mettent en exergue les facteurs favorables au développement industriel, notamment la position géographique de la ville (entant que centre du pays et du continent) et la présence des matières premières dans plusieurs filières, entre autres :

· La filière minière avec le diamant, l'argile, l'or, le chrome, le nickel, le cobalt, la platine, le cuivre, le fer, le Kaolin, l'étain...

· La filière agricole avec le maïs, le manioc, le riz, le café, le coton, la canne à sucre, le soja, le haricot, ainsi qu'une diversité des fruits.

· La filière forestière avec le bois en plusieurs types,

· La filière faune avec la biodiversité animale, comprenant les animaux herbivores, les reptiles et les oiseaux de plusieurs espèces.

A ceci s'ajoute les rivières hébergeant différents types des poissons (DP, Industrie, 2014 :18).

En ce qui concerne la main d'oeuvre, la ville de Kananga est inondée d'habitants, dont beaucoup sont soit sans emplois, soit sous-emplois. Il existe les espaces verts, les consommateurs de tout rang, lesquels peuvent favoriser le développement industriel.

Par conséquent, quelques facteurs défavorables au développement industriel sont d'ordre socio-culturel, notamment le tribalisme, l'égoïsme et les croyances tant religieuses qu'ancestrales, qui interdisent la consommation des certains produits fabriqués avec les espèces végétaux et/ou animaux totémiques.

La population accorde peu de la valeur aux activités d'exploitation de la nature (agriculture, pêche, élevage et mine), pourtant sources des matières premières.

Quant aux facteurs liés à l'administration de la société, on assiste à la mauvaise gestion des espaces vitaux, couplée avec l'exploitation irrationnelle des ressources existantes.

3.2.1.2. La définition de la politique de développement industriel

La politique de développement industriel à définir a l'avantage d'être autocentrée, assortie d'objectifs de production de la zone, en correspondance avec les objectifs assignés aux autres secteurs économiques et en cohérence avec les politiques de développement communautaire et d'aménagement de territoire (Amin, S., et al, Op Cit, p29).

A cet effet, la politique de développement industriel doit mettre en oeuvre le plan d'investissement public (PIP), le plan d'actions prioritaires, suivis des objectifs à court, moyen et long termes, définis dans la stratégie de croissance ainsi que de la réduction de la pauvreté.

Partant de cette approche, la ville de Kananga comme le reste de la République Démocratique du Congo, calque sa stratégie de développement industriel sur le programme d'actions prioritaires du secteur de l'industrie et sur le plan d'industrialisation issu du forum national du développement de l'industrie et rendement productif (FONADIR).

Elle s'inspire également de la politique de cinq chantiers de la République, de la révolution de la modernité ainsi que des objectifs du millénaire pour le développement (OMD), ainsi que des objectifs de développement durable (ODD).

Dans cette perspective, la division provinciale de l'industrie s'était tracé des orientations stratégiques dans le but de mettre en oeuvre les différentes politiques haut évoquées, afin de résoudre les problèmes qui se posent dans le secteur de l'industrie en province, en général, et dans la ville de Kananga en particulier.

Ces stratégies portaient sur :

- La réalisation d'une étude approfondie sur l'état des lieux des industries existantes, pour mieux identifier les besoins de restructuration et de renforcement des capitaux ;

- La création d'une banque des données sur les savoirs traditionnels et les ressources disponibles par les indications géographiques. ;

- La création de cadre de concertation avec les secteurs privés sur l'amélioration du climat des affaires et d'investissement (DP, Industrie, Op Cit. p41).

Pour rendre idéales les orientations stratégiques de développement industriel, la division provinciale de l'industrie a défini les actions préalables, dont illustre le tableau suivant :

Tableau N°12 : Actions préalables de la Division Provinciale de l'Industrie sur les orientations stratégiques

Axes stratégiques

Programmes

Sous-programmes

Projets/actions

Renforcer les capacités des cadres et agents de la vision de l'industrie

Gestion des ressources humaines

Gestion des ressources humaines

Formation professionnelle des agents

Encourager les initiatives privées

Etude sur les ressources disponibles

Sortes des matières premières

Classifier les matières premières

Source : DP, Industrie, programme d'actions prioritaires, 2015.

En ce qui concerne le plan d'industrialisation du forum national du développement de l'industrie, l'accent est mis sur les appareillages pertinents à mettre en oeuvre dans le but de contribuer à l'expansion des filières prioritaires ci-après :

- L'agro-industrie ;

- Les infrastructures et les biens d'équipements ;

- La valorisation minière et métallurgique ;

- Les secteurs d'appui à l'expansion de l'industrie (FONADIR, Op Cit., p 53).

Ce plan accorde beaucoup d'importance à la formation aux métiers de l'industrie. Il aborde la problématique de la fourniture de l'énergie électrique en tant que soutien aux quatre filières industrielles sus-identifiées.

Le forum national du développement de l'industrie et redressement productif (FONADIR) a permis la déclinaison d'une série d'actions concrètes susceptibles d'impulser le processus d'industrialisation et soutenir la résilience de l'économie congolaise en général, et Kanangaise en particulier, avec à terme les transformations suivantes :

· Une économie diversifiée, productive, compétitive, pleinement intégrée dans une dynamique fondée sur la transformation des ressources naturelles comme un gage de développement durable et de réduction de la pauvreté.

· Une économie qui tiendra compte du développement équilibré et devra inciter les opérateurs économiques à investir dans la ville et dans les zones rurales, en prenant en compte la réhabilitation des grandes unités de production en difficultés, par un programme spécifique et la relance des unités industrielles en faillite (FONADIR, Op Cit. p 55).

Partant de la vision du cinq chantiers et de la révolution de la modernité dont s'inspirent les stratégies de développement industriel en République Démocratique du Congo, elle oriente tout investisseur aux ambitions du territoire congolais comme l'illustre l'initiateur de cette vision en ces termes :

«  Je me permets de visualiser ce Congo de demain et demande de partager avec moi ce regard : Je vois un Congo où chaque jour le peuple se remet au travail, renversant les paramètres de la pauvreté en chantiers de prospérité. Il s'agira essentiellement d'engager les travaux de réhabilitation des infrastructures de voies de communication (les routes, les chemins de fer, les voies navigables, les ports et les aéroports), ainsi que les projets agricoles et industriels de grande envergure (...) ». (Kabila, J., cité parKapinga Muamba, S., 2019 :53).

Cette vision forte de la révolution de la modernité constitue un enjeu pouvant amener les industries à disposer d'un contexte qui leur permet d'exploiter à plein leur potentiel de croissance et à mettre en oeuvre des passerelles qui assurent le maillage des unités industrielles sur l'ensemble du pays.

Quant aux objectifs de développement durable (ODD), ils ont pour but d'éliminer l'extrême pauvreté et la faim, d'apporter une éducation de qualité à tous, tout au long de la vie, de protéger la planète et de promouvoir l'existence de sociétés pacifiques et ouvertes. D'où le neuvième de ces dix-sept objectifs vise l'industrie, l'innovation et les infrastructures (ODD, 2015 : 1-3).

De ce fait, toute action de créer ou de développer une entreprise industrielle sur une zone s'inspire des ODD pour favoriser l'équilibre social et économique de la société.

3.2.1.3. La définition d'une politique technologique

La politique technologique à définir a l'avantage d'être ouverte et reposée sur la pluralité des niveaux technologiques souhaitables, en fonction de la nature des activités industrielles à promouvoir, de la taille des unités de production, de leur localisation, du niveau moyen de qualification de la force de travail, ainsi que des moyens matériels et financiers disponibles (Amin, S., et al, Op Cit, p 50).

3.2.1.4. La constitution d'un environnement

L'industrialisation bien réussie est fonction d'un environnement porteur et favorable au développement des entreprises existantes et à l'émergence de nouvelles entreprises. Ceci amène l'élaboration de code des investissements, des programmes de développement de la petite et moyenne industrie (PMI), de crédit commercial, industriel et artisanal, l'accès au marché de l'Etat et garantie de paiement de ce dernier (Ibidem, p51).

Dans cette perspective, deux actions sont visées pour le développement industriel d'un milieu. D'un côté la promotion des entreprises existants, et de l'autre, la création des nouvelles entreprises. Ainsi, la priorité excessive portée sur l'une des actions, constitue un frein au processus d'industrialisation.

3.2.1.5. La politique de coopération technique

Le développement de petites et moyennes industries (PMI) ainsi que de l'artisanat, exige une bonne coopération technique spécifique dans leur gestion, avec des objectifs pédagogiques, l'apprentissage industriel, la maitrise technologique et la diffusion sociale (Ibidem, p53).

L'encadrement des petites et moyennes industries et de l'artisanat influe positivement sur le développement industriel, car les PMI et l'artisanat constitue le point de départ de l'esprit de créativité et d'innovation.

Ainsi, le regroupement des artisans et des gestionnaires despetites et moyennes industries dans les corporations, donnerait la force aux acteurs et inciterait le partenariat vis-à-vis de tout défi pouvant alourdir la production.

3.2.2. Rôle et contribution des petites et moyennes industries (PMI) et de l'artisanat au développement industriel

Quelles que soient les difficultés rencontrées pour promouvoir et développer le secteur de l'industrie orienté en priorité vers le marché intérieur, l'existence des petites et moyennes industries ainsi que de l'artisanat ; est indispensable à la mise en oeuvre d'une politique d'industrialisation moins dépendant des aléas du marchémondial, c'est-à-dire plus autocentrée et autonome.

D'après Ecrèment M., plusieurs raisons justifient l'attention particulière à porter aux Petites et Moyennes Industries et à l'artisanat dans le processus de développement industriel dans le tiers monde.

Les Petites et Moyennes Industries et l'artisanat jouent un rôle essentiel dans le développement économique national, régional et local, que ce soit dans les pays industrialisés, ou qu'il s'agisse de pays en développement, en cours d'industrialisation.

En outre, l'expérience montre que les pays qui mettent en oeuvre une stratégie d'industrialisation reposant sur des unités industrielles créées et contrôlées par l'Etat, et souvent aussi de grande taille, l'insuffisance du développement des Petites et Moyennes Industries dans certaines branches peut bloquer ou freiner la poursuite de cette stratégie (Ecrèment, M., 1985 :42).

Par leur taille, leur organisation, les activités qui leur sont accessibles, les moyens techniques et humains pouvant être mis en oeuvre, leur place dans un système industriel spatialement diffus, et leur fonction sociale ; les PMI et l'artisanat ont un rôle majeur à jouer dans l'apprentissage industriel, l'émergence progressive d'un tissu industriel cohérent.

Ainsi, l'encadrement technologique, le financement, la réduction des taxes et impôts ainsi que la création des sources alternatives d'énergie,... constituent des activités pouvant permettre d'une part le développement des Petites et Moyennes Industries, artisanat, et d'autre part, la relève de l'industrialisation.

3.2.3. L'aménagement de routes à intérêt de développement industriel

Dans le contexte de l'industrialisation d'une société, l'aménagement de certaines routes d'intérêt capital s'avère nécessaire pour l'approvisionnement en matières premières et l'exportation desproduits fabriqués localement (MupinganayiKadiakuidi, Op Cit, : 80).

En ce qui concerne la ville de Kananga, certaines routes valent la peine d'être aménagées pour le développement industriel.

Au nombre de ces routes, nous pouvons citer :

· La route Kananga- Tshikapa ;

· La route Kananga - Luiza ;

· La route Kananga - Ilebo ;

· La route Kananga - Luebo ;

· La route Kananga -Munkamba ;

· La route Kananga - Tshimbulu ;

· La route Kananga - Mbuji-Mayi.

3.2.4. Les industries possibles à créer dans la ville de Kananga

La ville de Kananga dispose d'immenses potentialités naturelles et humaines pouvant permettre à hausser un niveau de développement confortable, compte tenu de sa dispositiongéographique (D.P. Industrie, Op Cit p 72).

Parmi les industries possibles d'exister, nous avons :

· une cimenterie, car les matières premières existent (calcaire et gyps) ;

· une sucrerie, car le sol est favorable à la plantation des cannes à sucre. Et, à côté du sucre proprement dit, nous pouvons avoir d'autres sous-produits (l'alcool, l'alcool co2 qui est nécessaire pour la production de boissons sucrées,...).

· des huileries, avec l'abondance des palmes ;

· des savonneries, avec la présence de l'huile de palme ;

· des limonadèries, avec la présence des ananas ;

· d'une fonderie : c'est une urgence pour la ville de Kananga, qui a besoin d'une fonderie pour la fabrication des pièces de recharges en vue de relancer l'artisanat. Ceci grâce à la ferraille pouvant permettre de produire la fonte et les produits d'acier qui aident les ajusteurs et ferronniens ;

· des conserveries, qui aident à la conservation des viandes et des légumes (MupinganayiKadiakuidi, Op Cit, :81).

Section 3. Apport des industries au développement socio-économique de la ville de Kananga

Les entreprises et unités industrielles ont, partout ailleurs les multiples rôles prépondérants au développement socio-économique d'une société.

Notre démarche dans cette section consiste à relever la contribution des industries et/ou unités industrielle, au développement, tant sur le plan social qu'économique du milieu où elles existent.

3.3.1. Sur le plan économique

L'une des caractéristiques d'une bonne économie d'un pays, c'est d'avoir une bonne production, consommation suffisante et une augmentation des exportations des biens et services sans oublier une bonne répartition du revenu national, ce qui entraine des conséquences positives sur la fiscalité (Yeta Balutidi, Op Cit, p23).

L'économie de la RD. Congo en générale et de la ville de Kananga en particulier, ne correspond plus à ce que nous venons de décrire ci-haut. L'émergence des entreprises industrielles peut donc aider à remédier à la situation dans les domaines de :

· La production, la consommation et l'exportation ;

· La fiscalité ;

· La lutte contre l'inflation.

3.3.1.1. La production, la consommation et l'exportation

Avec plusieurs industries installées dans la ville de Kananga et exploitant dans divers domaines, l'augmentation de la production est possible. Il est évident que l'industrie est une grande unité de production, d'où sa production dépend aussi. Ainsi, la production de chacune des industries dans son domaine respectif, est possible d'amener l'autosuffisance.

Généralement, lorsqu'il y a une bonne production, la consommation suit également. L'autosuffisance étant atteinte, le surplus pourra être exporté et faire entrer des devises au pays en général, et en province en particulier.

3.3.1.2. La fiscalité

Le système d'un pays est étroitement lié à ses structures économiques.Cette dépendance est d'ailleurs le corolaire des objectifs de l'activité financière de l'Etat.En effet, le système fiscal a pour objet premier de prélever sur le revenu de la nation, les dépenses publiques (Ibidem, p31).

Ainsi donc, les industries peuvent rendre plus florissante la fiscalité, dans ce sens qu'une fois que certaines exemptions fiscales temporaires dont elles bénéficient arrivent à terme, elles vont rentrer dans le régime fiscal du droit commun.

3.3.1.3. La lutte contre l'inflation

L'inflation est un déséquilibre économique caractérisé par une hausse généralisée des prix, suite à une augmentation excessive de la masse monétaire en circulation. (Yeta Balutidi, Op Cit. p33).

En mettant sur le marché les biens et services essentiellement tournées au bien être de la population à des prix défiant toute concurrence, les industries aident à lutter contre l'inflation. Ceci se justifie par le fait que leurs capitaux d'investissement jouissent d'un grand monopole.

3.3.2. Sur le plan social

La situation sociale d'un pays ou d'une ville ne peut être que le reflet de son économie. Dans ce cadre, les industries ont un rôle très important à jouer dans le domaine de la création des emplois, de la formation professionnelle et de la distribution des revenus.

3.3.2.1. La Création des emplois

Dans cespays en voie de développement, tout comme dans des pays développés, on constate que la croissance du secteur industriel est capable de résoudre le problème de l'emploi dans le milieu urbain.

A l'origine de cette puissance, il y a évidemment la forte croissance de l'agglomération urbaine due à l'émigration rurale et à un taux de croissance naturellement élevé. (Goy Verhagen, 1983 :18).

3.3.2.2. La formation professionnelle

Les industries ont nécessairement besoin d'une main d'oeuvre qualifiée, compétitive et rentable. Ainsi, pour permettre à son personnel de répondre à ces exigences en vue de s'adapter aux conditions et à l'environnement du travail (composé essentiellement des machines de production), toute industrie s'engagera à la formation continue, au renforcement des capacités et au perfectionnement de son personnel.

3.3.2.3. La distribution des revenus

Les mécanismes qui déterminent actuellement la distribution des revenus dans la majorité des pays en voie de développement, entrainent une forte concentration des revenus entre les mains d'une minorité.

L'épargne des nationaux à revenu élevé se perd très souvent en voyage à l'étranger, en mission d'étude, en achat d'appartement dans des grandes villes et transfert des fonds dans des banques (Yeta Balutidi, Op Cit, P 43).

Ainsi, l'émergence des entreprises industrielles est à l'origine des effets d'entrainement en amont, tout comme en aval. Elle contribue en amont à la valorisation des ressources pour la création d'autres activités de base, telle que le développement de l'agriculture, l'intégration du secteur artisanal pour une entreprise manufacturière.

Et en aval, elle contribue au développement du tertiaire et à l'accroissement du produit interne brut (PIB), ainsi que la lutte contre la pauvreté.

CONCLUSION PARTIELLE

D'après Laurent Fabius (1983 :15), le rôle des industries est essentiel au moins sur quatre points à savoir : la création des emplois, l'aménagement du territoire, l'innovation et l'exportation.

C'est ainsi que ce chapitre s'était proposé d'analyser les voies d'industrialisation dans le monde, les possibilités d'industrialisation de la ville de Kananga et la contribution des industries au développement d'une société tant sur le plan social, qu'économique.

Chapitre IV. DEFIS INDUSTRIELS FACE AU DEVELOPPEMENTSOCIO-ECONOMIQUE DE LA VILLE DE KANANGA

Toute démarche scientifique en général et sociologique en particulier nécessite des investigations appropriées pour atteindre la réalité sociale qu'elle poursuit, démontre et/ou vérifie.

Dans cette perspective, nous nous proposons dans ce chapitre, de ressortir les défis d'exploitation industrielle dans la ville de Kananga d'une part, et de relever les ambitions des industries, favorables au développement socio-économique d'autre part.

Section 1. De l'enquête sociologique

4.1.1. Définition

Par enquête, il faut entendre l'opération par laquelle une personne appelée « enquêteur » interroge un certain nombre de personnes appelées « enquêtées », assujetties au test sur un fait ou un phénomène social assez permanent, en vue d'une extrapolation (NyongaMpoyi, G., 2009 : 16).

Pour Bien-Aimé Kabemba Tubelangane (Op Cit. : 79), une enquête sociologique désigne un ensemble d'opérations de collecte des données à partir des interviews, auprès de la population déterminée.

Lorsque la collecte se fait sur base d'un échantillon représentatif d'une population plus large, correspondant à l'ensemble de tous les individus qui ont les caractéristiques précises en relation avec les objectifs de la recherche, on parle de l'enquête par sondage.

4.1.2. But de l'enquête

L'enquête scientifique permet soit de réaliser un grand nombre d'observations sur les unités étudiées, soit d'obtenir des renseignements abondants auprès du petit nombre d'unités enquêtées sur un sujet, un fait ou un phénomène donné (NyongaMpoyi, G., Op Cit, 19).

Ainsi, l'obtention des renseignements ou informations nécessaires a pour finalité d'aider le chercheur à vérifier ses hypothèses de départ (MwambaBakatubenga, T., Op Cit. : 33).

Dans le cadre de cette étude, il est question d'entrer en contact avec les entreprises et/ou unités industrielles de la ville de Kananga, pour sonder l'opinion des agents sur les défis d'exploitation industrielle, et les ambitions de contribuer au développement socio-économique du milieu.

4.1.3. Préparation de l'enquête

Etant donné que notre champ d'investigation était étendu, il nous a été difficile de rencontrer toutes les unités industrielles de cette entité encore moins tous leurs travailleurs.C'est alors que la science nous oblige de nous intéresser à une partie représentative de notre univers d'enquête, qui prend en compte les classifications, les filières et les branches des industries disponibles.

4.1.4. Administration de l'enquête

Nous nous sommes rendu compte qu'en plus de l'observation, l'administration du questionnaire écrit était d'une importance capitale. Ainsi, nous avions remis aux unités enquêtées un questionnaire (voir l'annexe 1), que nous avons retiré par après, avec leurs opinions.

4.1.5. De l'échantillonnage

Pour sylvain Emmanuel Mulowayi Dibaya, (Op Cit. : 85), l'échantillon désigne un sous-ensemble caractéristique d'une population ou d'un domaine d'activités.

Donc, c'est un sous-ensemble extrait d'un univers plus large, de telle manière que ses caractéristiques correspondent à celles de la population totale. La sélection d'un échantillon vise à obtenir la meilleure représentativité possible, compte tenu des contraintes de temps et de financements imposés par l'enquête.

En principe, l'échantillon est déterminé par la formule ci-dessous.

Légende :

o n : taille désirée de l'échantillon ;

o z : l'écart fixé en général à 1.96 (002), correspondant à un degré de confiance soit 95% qui donne la taille de l'échantillon garantissant une bonne représentativité ;

o p : la proportion de la population cible ayant une caractéristique donnée ou connaissance du sujet étudié, en pourcentage. Nous avons estimé à 97% le problème de l'industrialisation à Kananga ;

o q : la proportion de la population cible qui n'a pas la connaissance du sujet. Elle est estimée à 3% ;

o d : le degré de précision voulue au niveau d'erreur acceptée, qui est en général estimé à 5% (0.5), et parfois 2%. (Ficher, A., cité par Kabemba Tubelangane, B.A., Op Cit, : 84).

De ce fait, la taille de notre échantillon est de :

Soit 50 personnes à enquêter dans les unités de production ciblées.

4.1.6. Présentation des unités de production ciblées

Tableau N°13 :Les dates d'implantation des unités ciblées

RAISONS SOCIALES

DATES D'IMPLANTATION

Jours

Mois

Années

1

Boulangerie Mona Lux `ML'

Jeudi le 05

Mars

2015

2

Boulangerie KabongoNsenda

Lundi 17

Août

2009

3

Boucherie du marché central (BMC)

Vendredi 03

Mai

2002

4

Menuiserie Tshiela

Lundi 24

Septembre

1962

5

La régie de distribution d'eau REGIDESO

Mercredi 30

Décembre

1939

Source: Nos enquêtes, réalisées en 2019.

Dans ce tableau, l'observation révèle que parmi les unités implantées à l'époque coloniale, seule la Régideso fonctionne jusqu'à ce jour. La menuiserieTshiela est de la génération des unités ayant vu jours aux premières années de l'indépendance de la R.D. Congo. Alors que les dix ans suivant l'année 2000 étaient caractérisés par l'implantation de la boucherie du marché central et de la boulangerie KabongoNsenda. La boulangerie Mona Lux est l'unité, dont l'implantation est intervenue après le cinquantenaire de l'indépendance du pays.

Ceci justifie que la pérennisation des activités industriellesdemeure un défi à relever pour le développement socio-économique de la ville de Kananga.

Tableau N°14 :Localisation géographique des unités ciblées

RAISONS SOCIALES

Adresses

N° Parcelle

Avenues

Quartiers

Communes

1

Boulangerie Monalux `ML'

360

Lumumba

Malandji

Kananga

2

Boulangerie KabongoNsenda

07

du collège

Plateau

Kananga

3

Boucherie du marché central (BMC)

223

Lulua

Kelekele

Katoka

4

Menuiserie Tshiela

18

De moulin

Tshinsambi

Kananga

5

La régie de distribution d'eau Régideso

143

Lubaya

Malandji

Kananga

Source : Nos enquêtes, réalisées en 2019.

Ce tableau montre que chacune des avenues loge une seule unité ; le quartier Malandji héberge deux unités alors que les autres quartiers hébergent chacun une unité. En ce qui concerne les communes, celle de Kananga compte 4 unités alors qu'une seule unité est localisée dans la commune de Katoka.

Tableau N°15 : Formes juridiques des unités ciblées

RAISONS SOCIALES

Statuts juridiques

1

Boulangerie Mona Lux `ML'

Privée

2

Boulangerie KabongoNsenda

Privée

3

Boucherie du marché central (BMC)

Publique

4

Menuiserie Tshiela

Privée

5

La régie de distribution d'eau Régideso

Publique

Source : Nos enquêtes, réalisées en 2019

L'analyse de ce tableau démontre que trois unités soit 60% sont d'initiatives des particuliers, tandis que deux unités soit 40% sont étatiques.

Ceci révèle que les privés nourrissent plus d'ambition d'investir dans le secteur de l'industrie.

Tableau N°16 : Portant finalité des unités

RAISONS SOCIALES

Matières premières

Produits finis

1

Boulangerie Mona Lux `ML'

- farine de froment

- sucre

- sel

- levure

- huile végétale

- l'eau

Pains

2

Boulangerie KabongoNsenda

Idem

Pains

3

Boucherie du marché central (BMC)

- animaux

- froid

Viandes

4

Menuiserie Tshiela

Bois

Meubles

5

La régie de distribution d'eau (Régideso)

- eau brute

- chaud hydraté

- potassium d'hydrogène

Eau potable

Source : Nos enquêtes, réalisées en 2019.

Ce tableau montre que deux unités soit 40% sont orientées à la production des pains, alors que les trois autres sont orientées respectivement à la production des viandes soit 20%, à la production des meubles en bois soit 20%, et à la production de l'eau potable soit 20%.

Ceci révèle que la ville de Kananga est dépourvue des autres filières industrielles, indispensables pour son développement socio-économique.

Tableau N°17. Répartition des enquêtés par sexe

Raisons sociales

Agents enquêtés

Hommes

Femmes

Total

1

Boulangerie Mona Lux `ML'

02

03

05

2

Boulangerie KabongoNsenda

04

01

05

3

Boucherie du marché central (BMC)

03

02

05

4

Menuiserie Tshiela

10

05

15

5

La régie de distribution d'eau (Régideso)

16

04

20

Total

35

15

50

Source : Nos enquêtes, réalisées en 2019.

Il sied de noter pour ce tableau que, sur 50 agents enquêtés, 70% sont des hommes soit 35 personnes, et 30% sont des femmes soit 15 personnes.

Tableau N°18 :Répartition des enquêtés par tranches d'âges

Raisons sociales

Tranches d'âges

18-35ans

36 à 55 ans

56 ans et plus

Total

1

Boulangerie Mona Lux `ML'

03

02

00

05

2

Boulangerie KabongoNsenda

01

03

01

05

3

Boucherie du marché central (BMC)

02

01

02

05

4

Menuiserie Tshiela

07

03

05

15

5

La régie de distribution d'eau (Régideso)

03

09

08

20

Total

16

18

16

50

Source : Nos enquêtes, réalisées en 2019.

D'après ce tableau : 36% des enquêtés soit 18 personnes se situent entre 36 à 55ans, 32% soit 16 sujets enquêtés ont moins de 36 ans, et 32% encore soit toujours 16 unités ont plus de 55 ans.

Tableau N°19 : Répartition des enquêtés selon l'ancienneté dans l'entreprise

Raisons sociales

Années d'ancienneté

0 à 5ans

6 à 10ans

11 à 15ans

16 ans et plus

Total

1

Boulangerie Mona Lux `ML'

05

00

00

00

05

2

Boulangerie KabongoNsenda

02

03

00

00

05

3

Boucherie du marché central (BMC)

00

02

02

01

05

4

Menuiserie Tshiela

02

00

06

07

15

5

La régie de distribution d'eau (Régideso)

05

02

01

12

20

Total

14

07

09

20

50

Source : Nos enquêtes, réalisées en 2019.

L'observation de ce tableau révèle que 40% soit 20 sujets ont plus de 15 ans, 28% soit 14 unités ont moins de 6 ans, 18% soit 9 personnes ont l'âge qui varie entre 11 à 15 ans, et 14% soit 7 agents se situent entre 6 à 10 ans d'ancienneté.

Section 2. Dépouillement et interprétation des résultats

A la question de savoir les sources d'énergie utilisées par les industries pour la production, les réponses ci-dessous ont été fournies :

Tableau N°20 :Les sources d'énergie

RAISONS SOCIALES

FREQUENCE

%

1

SNEL

00

00

2

SNCC

00

00

3

ENERKAC

00

00

4

GROUPE ELECTROGENE

50

100

5

PANNEAUX SOLAIRES

00

00

TOTAL

50

100

Source : Nos enquêtes, réalisées en 2019.

L'observation de ce tableau révèle que toutes les unités recourent le plus souvent aux groupes électrogènes pour la production.

Ceci démontre que les entreprises de distribution de courant électrique ne satisfassent pas les industries de la ville de Kananga.

o A la question de savoir les difficultés auxquelles les industries font face avec les sources d'énergie, les réponses suivantes ont été données.

Tableau N°21 : Caprices de source d'énergie

Difficultés

Fréquence

%

1

Consommation

30

60

2

Pièces de recharge

20

40

3

Insuffisance d'énergie

00

00

TOTAL

50

100

Source : Nos enquêtes, réalisées en 2019

Ce tableau montre que 3 unités soit 60% des enquêtés révèlent la consommation élevée de sources d'énergie, tandis que 20 autres soit 40% signalent le besoin répété en pièces de recharge. Alors que chacune des unités utilise une source fournissant de l'énergie nécessaire pour la production.

Ce constat démontre que nombre élevé des industries de la ville de Kananga dépensent plus pour le carburant.

o A la question de savoir les difficultés auxquelles les industries font face dans l'approvisionnement des matières premières, les réponses ci-après ont été avancées :

Tableau N°22 :Difficultés d'approvisionnement en matières premières

Difficultés

Fréquence

%

1

Transport

30

60

2

Flambé

10

20

3

Rareté des matières

10

20

TOTAL

50

100

Source : Nos enquêtes réalisées en 2019

Dans ce tableau, nous constatons que 30 unités soit 60% des enquêtés signalent le transport coûté des matières premières ; tandis que les 20 restants soit 20% par groupe de 10 sujets,signalent certains la flambé de prix et d'autres la rareté des matières premières.

Le constat atteste que beaucoup d'industries dans la ville de Kananga peinent pour s'approvisionner en matières premières.

o A la question de savoir les difficultés auxquelles les industries font face dans la transformation des matières premières en produits finis, les réponses ci-dessous ont été données.

Tableau N°23 : Difficultés de transformation

Difficultés

Fréquence

%

1

Produits ratés

20

40

2

Accidents du travail

20

40

3

Maladies professionnelles

10

20

TOTAL

50

100

Source : nos enquêtes, réalisées en 2019

L'observation de ce tableau révèle que 20 unités soit 40% font face aux produits ratés, 20 autres soit toujours 40% font face aux accidents du travail, alors que 10 sujets soit 20% font face aux maladies professionnelles.

Ces difficultés justifient que les industries de la ville de Kananga produisent avec les équipements qui exposent les travailleurs à des difficultés.

o A la question de savoir les difficultés auxquelles les industries font face dans la distribution des produits fabriqués, les réponses ci-après ont été fournies :

Tableau N°24 :Difficultés de distribution

Difficultés

Fréquence

%

1

Transport

05

10

2

Dettes

20

40

3

Expiration

20

40

4

Concurrence

05

10

TOTAL

50

100

Source : Nos enquêtes réalisées en 2019

Ce tableau laisse voir que 40% des enquêtés soit 20 personnes signalent l'expiration de produits, 40% encore soit toujours 20 sujets révèlent les endettements, 10% soit 5 unités signalent le transport couté, et 10% encore soit toujours 5 personnes enquêtés parlent de la concurrence.

Cet écoulement difficile desproduits atteste le regressement des activités industrielles suite aux conditions du marché.

o A la question de savoir si Les industries ont déjà bénéficié les financements du fonds de promotion de l'industrie, les réponses suivantes ont été donnés

Tableau n°25 : Obtention des financements du fonds de promotion de l'industrie

Réponses

Fréquence

%

1

Oui

05

10

2

Non

45

90

3

Sans avis

00

0

TOTAL

50

100

Source : Nos enquêtes réalisées en 2019

L'observation de ce tableau révèle que 05unités soit 10% ont déjà bénéficié les financements du FPI, alors que 45 unités soit 90% n'en ont jamais reçu.

Ceci démontre que les fonds de promotion de l'industrie ne finance presque pas les unités industrielles de la ville de Kananga.

o A la question de savoir les quantités des produits livrés par les industries à la ville de Kananga de 2014 à 2018, les données ci-après ont été fournies.

Tableau N°26 : Quantités des produits

ENTREPRISES

UNITES

ANNEES

TOTAL

2014

2015

2016

2017

2018

1

Boulangerie Mona Lux `ML'

Effectif

-

9387

11674

15925

18278

55264

2

Boulangerie KabongoNsenda

Effectif

13080

19141

17978

17423

18113

85735

3

Bouchrie du marché central

Kg

32274

36017

37783

29138

31249

166461

4

Menuiserie Tshiela

Effectif

844

1208

987

1152

1612

5803

5

Régideso

m3

1237025

1702625

1942804

1613015

1812174

8307643

Source : Nos enquêtes réalisées en 2019.

Dans ce tableau, nous constatons que :

o La boulangerie Mona Lux a livré à la ville de Kananga 55.264 pains, durant les 5 dernières années ayant précédé l'an 2019. Ainsi, la production a varié de 4% en 2016, 8% en 2017 et 4% en 2018. Etant implantée en 2015, elle n'avait pas produit en 2014.

o Pour la même période, la boulangerie KabongoNsenda a livré 85.735 pains, avec la variation de production de 7% en 2015, -1% en 2016, 0% en 2017 et 1% en 2018.

o La boucherie du marché central àlivré 166.461Kg des viandes ave la variation de production de 2% en 2015, 1% en 2016, -5% en 2017 et 1% en 2018.

o Pour la Menuiserie Tshiela, 5803 meubles ont été livrés, dont la production a varié de 6% en 2015, -4% en 2016, 3% en 2017 et 8% en 2018.

o La Régideso a livré 8.307.643m3 d'eau potable, dont la production a varié de 6% en 2015, 3% en 2016, -4% en 2017 et 2% en 2018.

o A la question de savoir les nombres des nouveaux emplois créés par les industries, les réponses suivantes ont été données

Tableau N°27. Nombres des nouveaux emplois créés

ENTREPRISES

ANNEES

TOTAL

2014

2015

2016

2017

2018

1

Boulangerie Mona Lux `ML'

-

5

3

4

00

12

2

Boulangerie KabongoNsenda

00

2

0

0

0

2

3

Bouchrie du marché central

0

0

0

0

0

0

4

Menuiserie Tshiela

1

0

0

1

0

2

5

Régideso

0

0

1

0

4

5

Total

1

7

4

5

4

21

Source : Nos enquêtes réalisées en 2019.

Ce tableau laisse observer que :

o La boulangerie Mona Lux excepté l'année 2014 où elle n'existait pas, a créé 5 emplois en 2015, 3 en 2016 et 4 en 2017, soit au total 12 postes de travail ;

o La boulangerie KabongoNsenda a créé au total 2 nouveaux emplois en 2015, l'année où elle a obtenu le financement du fonds de promotion de l'industrie ;

o La boucherie du marché central n'a pas recruté ces cinq dernières années.

o La menuiserie Tshiela a créé au total 2 postes soit 1 en 2014, et 1 autre en 2017.

o La Régideso a recruté 5 agents, soit un en 2016 et 4 en 2018.

Cette observation révèle que les industries de la ville de Kananga, ne recrutent presque pas les nouveaux travailleurs suite aux nombreux problèmes d'exploitation dont elles font face.

o A la question de savoir les perspectives d'avenir des industries dans la ville de Kananga, les réponses ci-dessous ont été fournies.

Tableau N°28 :Perspectives d'avenir

ENTREPRISES

Perspectives d'avenir

1

Boulangerie Mona Lux `ML'

- Agrandir la boulangerie

- Recruter plus le personnel

2

Boulangerie KabongoNsenda

- Implanter les points de vente

- Augmenter la production

3

Boucherie du marché central

- Elargir la chambre froide

- S'outiller en matériels

4

Menuiserie Tshiela

- Réhabiliter les locaux

5

Régideso

- Construire le captage sur la rivière Lulua

- Multiplier les bornes fontaines

Source : Nos enquêtes réalisées en 2019

Ce tableau montre que chaque unité envisage s'améliorer pour la bonne production, ce qui laisse espérer le développement socio-économique de la ville de Kananga.

o A la question de savoir ce que les industries de la ville de Kananga sollicitent de l'Etat congolais, les réponses ci-dessous ont été fournies :

Tableau N°29. Attentes des industries

Réponses

Fréquence

%

1

Réduire les taxes

17

34

2

Achever la chute Katende

33

66

3

Sans avis

0

0

TOTAL

50

100

Source : Nos enquêtes réalisées en 2019.

Ce tableau présente les deux attentes les plus espérées par les industries de la ville de Kananga, notamment :

o La réduction des taxes d'exploitation industrielle : 34% soit 17 sujets

o Et, l'achèvement de la chute Katende, 66% soit 33 enquêtés.

Ainsi, la seconde attente dépasse la première par 32% des enquêtées, ce qui justifie sa primauté.

CONCLUSION PARTIELLE

Notre démarche dans ce chapitre, consistait à ressortir les différents défis auxquels les industries de la ville de Kananga font face d'une part, et d'analyser leur contribution au développement socio-économique d'autre part.

De ce fait, à la première section nous avons présenté les entreprises constituant notre base de sondage ainsi que les caractéristiques de l'échantillon, après avoir fait preuve des investigations par l'enquête. Quant à la deuxième section, elle était centrée sur le dépouillement et l'interprétation des résultats. Ici, nous avons démontré et commenté les opinions des agents des industries enquêtées, sur base du questionnaire que nous les avions administré.

CRITIQUES ET SUGGESTIONS

1. Critiques

A l'issue de nos investigations sur les défis industriels face au développement socio-économique de la ville de Kananga, nous déplorons :

a) Au niveau de l'Etat :

- Le non financement des entreprises et/ou unités industrielles de la ville de Kananga.

- Le déficit énergétique et infrastructurel ;

- L'inadaptabilité du cadre juridico-institutionnel ;

- La multitude et répétition des taxes fiscales, non fiscales et parafiscales imposées aux industries ;

- Le taux excessif de l'impôt et/ou la taxe, ainsi que les pénalités y afférents ;

- Les tracasseries administratives ;

- L'absence de la formation industrielle ;

- Le non aménagement des routes d'intérêt capital pour l'exportation des produits fabriqués.

b) Au niveau d'exploitants industriels

- Le non recrutement régulier du personnel qualifié par les industries ;

- L'individualisme qui caractérise l'économie de la ville de Kananga ;

- L'inexistence des corporations de défense de droits et intérêts des industries, etc.

2. Suggestions

A cet effet, nous recommandons :

a) A l'Etat

o Le financement des projets industriels rentables ;

o L'achèvement des travaux de la chute Katende ;

o L'adaptation du cadre juridico-institutionnel ;

o La suppression des certaines taxes imposées aux industries ;

o La réduction du taux de l'impôt et de la taxe ainsi que des pénalités y afférents ;

o L'aménagement des routes liant la ville de Kananga et les territoires de la province ;

o L'intégration des options d'apprentissage du métier de l'industrie dans les écoles et universités de la ville de Kananga ;

b) Aux exploitants industriels

o Le recrutement régulier du personnel qualifié dans les industries ;

o L'esprit d'association dans l'entreprenariat industriel ;

o La constitution de la corporation de défense des intérêts des industries...

CONCLUSION GENERALE

Au terme de nos investigations sur la thématique : « Défis industriels face au développement socio-économique de la ville de Kananga », notre objet de recherche consistait à identifier les difficultés auxquelles lesindustries font face pour mesurer le développement socio-économique de la ville de Kananga.

Ainsi, le chemin pour nous d'y parvenir, était d'aller sur terrain, nous imprégner à l'évidence des informations collectées grâce à l'observation directe, l'analyse documentaire, l'entretien libre et le questionnaire d'enquête, lesquelles données ont été traitées par la méthode dialectique afin de faciliter la rédaction de ce travail.

Ces investigations nous ont conduits aux résultats ci-après :

o Toutes les entreprises enquêtées, recourent aux groupes électrogènes pour produire. Ceci malgré leur abonnement à la SNEL ;

o Partant des caprices de sources d'énergie, 60% des unités déplorent la consommation élevée de carburant, tandis que 40% signalent le besoin répété en pièces de rechange ;

o En ce qui concerne les défis d'approvisionnementenmatières premières, 60% des enquêtés font face au transport coûté ; 20% signalent la flambé de prix, et 20% encore souffrent de la rareté des matières premières ;

o Dans la transformation desmatières premières en produits finis, 40% des enquêtés connaissent desproduits ratés, 40%connaissent les accidents du travail et 20% font face à des maladies professionnelles.

o Pour ce qui est de la distribution, 10% des unités font face à la concurrence avec d'autres producteurs, 10% peinent du transport couté, 40% se plaignent de la dotation de produits en dettes, et autres 40% signalent l'expiration desproduits fabriqués.

o Quant à l'obtention des financements du fonds de promotion de l'industrie, seulement 10% des enquêtés ont déjà bénéficié, alors que 90% n'ont jamais eu ;

o Concernant la quantité des produits livrés de 2014 à 2018, la boulangerie Mona Lux compte 55.264 pains, la Boulangerie KabongoNsenda signale 85.735 pains, la boucherie du marché central comptabilise 166.461Kg des viandes, la menuiserie Tshiela dénombre 5.803 meubles, et la Régideso compte 8.307.643m3 d'eau potable.

o Dans la création des nouveaux emplois, la boulangerie Mona Lux compte 12 postes, la boulangerie KabongoNsenda signale 2 postes, la menuiserie Tshiela compte 2 postes et la Régideso dénombre 5 postes soit au total 21 nouveaux postes de travail.

o Parmi les attentes des industries de la ville de Kananga 66% sollicitent l'achèvement de la chute Katende, et 34% souhaitent la réduction des taxes et impôts.

A la lumière de ces résultats, nous avons débouché aux conclusions suivantes qui confirment nos hypothèses de départ :

L'exploitation des entreprises industrielles dans la ville de Kananga est freinée par les déficits énergétique et infrastructurel, la multitude des taxes, l'individualisme des opérateurs économiques.

Parmi les orientations stratégiques à entreprendre, il y a : l'encouragement de l'entreprenariat industriel, l'état de lieu des industries existantes, la concertation avec le secteur privé.

Par ailleurs, nos propositions et suggestions constituent des tentatives de redressement de la situation, en vue d'un développement socio-économique de la ville de Kananga.

Du reste, nous osons dire comme Cicéron que ce travail fruit de notre sueur est un monument plus durable que le bronze, une pyramide plus haute que l'abandon royal que ni la pluie torrentielle, ni le vent violent, ni la succession innombrable des années ne sauraient détruire.

C'est ainsi que cette étude, tant modique soit-elle, apporte une contribution à l'édifice scientifique en matière l'industrialisation. Toutefois, rester ouvert aux remarques et suggestions est pour nous un plaisir, afin de perfectionner cette étude portant sur les « défis industriels face au développement socio-économique de la ville de Kananga ».

BIBLIOGRAPHIE

I. OUVRAGES

1. BABI MBAYI, M., Industrialisation autocentrée, et développement en RD. Congo, Kinshasa, édition, Saint-Paul, 1991.

2. BRAIROCH, P., Révolution industrielle et sous-développement, Paris, édition, Moutons, 1968.

3. ECREMENT, M., Industrialisation et développement autocentré, PUF, Paris, 1985.

4. EKWA, M., Economie du développement et financement des PME et des micro-entreprises en R.D. Congo, Kinshasa, édition, Cadisec, 2005.

5. FERREOL, G., et Allii, Dictionnaire de sociologie, 3e édition, Paris, Armand Colin, 2004

6. FREY, T., La ville industrielle et ses urbanités, Bruxelles, Ed. Galeries, 1986.

7. GRAWITZ Madeleine, Lexique des sciences sociales, 8e édition, Paris, Dalloz, 2004.

8. HARRYE, B., Révolution industrielle, Paris, Editions, Nouveaux Horizons, 1964.

9. KABEMBA TUBELANGANE Bien Aimé, Méthodes et nouveau code de recherche scientifique, 2e édition, Kananga-Kinshasa, BEDH, Juin, 2014.

10. KALUNGA MAWAZO Bienvenu et KAZADI KIMBU Timothée, les méthodes de recherche et d'analyse en sciences sociales et humaines, Lubumbashi, EDUPC, 2013.

11. KAPINGA TSHIBUYI Antoinette, Etre femme et maire d'une ville, le défi de la gouvernance locale à Kananga (RD. Congo), Canada, Ed. Gloho, 2013.

12. Larousse illustré, dictionnaire français, paris, édition Larousse, 2010.

13. MULOWAYI Dibaya, S.E., Manuel et Lexique de sociologie générale, Kananga, PUKAN, 2013.

14. MULUMBATI Ngasha, A., Manuel de sociologie générale, Lubumbashi, édition Africa, 2001.

15. NTUMBA NGANDU, P., Guide de rédaction d'un travail de recherche scientifique, Kananga, édition, ISP/Kananga, 2008.

16. POLITZER Georges, Principes élémentaires de philosophie, Paris, Editions sociales, 1975.

17. RONGERE PIERRE, Méthodes des sciences sociales, Paris, Edition, Masso, 1983.

18. SOULIER Daniel, Analyse économique et stratégies d'entreprises, Paris, Edition, Supelf, 1992.

19. TOURAINE Alain, La société poste-industrielle, édition Denoël, Paris, 1969.

20. WENNINK Bertin, La filière coton, Amster dam, édition, Kit, 2013.

II. THESES, ARTICLES, MEMOIRES ET TRAVAUX DE FIN DE CYCLE

1. MWAMBA BAKATUBENGA, T., Elites et développement du Kasaï Occidental, analyse critique des actions des élites en rapport avec la pratique locale du développement, thèse, UNILU, Lubumbashi, 2014.

2. MUPINGANAYI KADIAKUIDI, « Possibilités d'industrialisation du Kasaï Occidental », in CODESCO, Kananga, 1991.

3. ILUNGA KALWENA, B., Politique d'industrialisation comme stratégie de développement économique des pays moins avancés, mémoire, ISC-Gombe, Kinshasa, 2012.

4. KAMONJI MALU, A., Apport de l'artisanat urbain au développement socio-économique, mémoire, ISES-Lubumbashi, 2015.

5. KASONGA MUKOKO, F., Analyse critique de la politique industrielle en R.D. Congo, mémoire, ISC-Gombe, Kinshasa, 2015.

6. MUAMBA KABOYA, S., Impact de la fourniture irrégulière du courant électrique sur la production des industries alimentaires de la ville de Kananga, mémoire, ISDR-T, Kananga, 2018.

7. PANUPAKOLE BULANDA, G., Technologie agro-alimentaire et développement socio-économique de la ville de Kananga, mémoire, ISDR-T, Kananga, 2011.

8. YETA BALUTIDI, B., Apport des PME au développement économique de laville de Kinshasa, mémoire, UNIKIN, Kinshasa, 2008.

9. BAKATUMANA NKONKO, A., Analyse de la productivité d'une entreprise industrielle. Cas de l'UTRAJUT., TFC, ISDR-T, Kananga, 2011.

10. MAFOLO MBUBI, F., Le fonds de promotion de l'industrie et le développement des unités de la ville de Kananga, TFC, ISDR-T, Kananga, 2013.

11. NGALULA MASANKA, D., Problématique de la planification de la production des boissons à la Brasimba, TFC, ISDR-T, Kananga, 2012.

12. NGINDU TSHIMANGA, F., Impact d'application des mesures d'hygiène et sécurité du travail sur la santé des travailleurs à la Régideso, TFC, ISES-Kananga, 2017.

III. NOTES DES COURS

1. BAKOLE MWANZA, M., Méthodes de recherche en sciences sociales, G2 S.I., ISES-Kananga, 2016

2. ISHANGA BUSHABU, H., Séminaire de sociologie industrielle, L1 S.I., ISES-Kananga, 2018.

3. KAPINGA MUAMBA, S., Méthodes de résolution des conflits, L2 S.I. ISES-Kananga, 2019.

4. MALU MAMPUYA, J.C., Statistiques industrielles, G2 S.I. ISES-Kananga, 2016.

5. MWAMBA BAKATUBENGA, T., Méthodes de recherche scientifique, L1 SCAD, ISP-Kananga, 2018.

6. -----------------------------------------, Epistémologie sociologique, L2 S.I., ISES, Kananga, 2019.

7. NYONGA MPOYI, G., Méthodes de recherche en sciences sociales, G3 O.S., ISDR-T, Kananga, 2013.

IV. TEXTES JURIDIQUES

1. Arrêté interministériel N°013/09CAB/MIND/2015 et n°CAB/MIN/FINANCES/20158/0287 du 23 septembre 2015, portant fixation des taux des droits, taxes et redevances à percevoir à l'initiative du ministère de l'industrie.

2. Ordonnance-loi n°123/006 du février 1982, portant organisation territoriale, politique et administrative de la R.D.Congo.

3. Ordonnance-loi n°89-031 du 07 août 1989, portant création de la taxe de promotion industrielle (TPI).

4. Ordonnance-loi n°89-031 du 07 août 1989, portant création du fonds de promotion de l'industrie (FPI).

5. Ordonnance-loi n°07/001 du 05 février 2007, portant création du ministère de l'industrie autonome en R.D. Congo.

V. REVUES, PERIODIQUES ET RAPPORTS

1. Division provincialede l'industrie, revue de la mise en oeuvre du programme d'actions prioritaires du secteur de l'industrie, Kananga, 2011.

2. FPI, Bilan de 20 ans d'activités du fonds de promotion de l'industrie, Kinshasa, 2009.

3. Ministère de l'industrie, rapport du Forum National du développement de l'industrie et redressement productif (FONADUR), Kinshasa, 2015.

4. Service national de vulgarisation, guide du vulgarisateur, N°6. Conservation et transformation des produits de récolte, septembre 1994.

ANNEXES

ANNEXE 1

QUESTIONNAIRE D'ENQUETE

Dans le cadre de rédaction d'un mémoire de fin de cycle en sociologie industrielle, portant sur les « défis industriels face au développement socio-économique de la ville de Kananga », nous avons ciblé quelques entreprises à caractère industriel exploitant sur notre champ d'étude, en vue d'obtenir les renseignements nécessaires pouvant conduire à la vérification de nos hypothèses de départ.

Pour ce, tout en vous rassurant que vos informations feront l'objet de notre confidentialité élevée, nous vous prions de bien vouloir nous fournir les réponses à ce questionnaire.

I. Identification de l'entreprise

a) Raison social..................................................................

b) Date d'implantation : le ....../....../........

c) Statut juridique :

1. Publique

2. Privée

3. Mixte

d) Localisation géographique : n°.........Avenue...........................

Quartier..............................commune................................

e) Taille du personnel :

1. Hommes :............

2. Femmes :.............

3. Total :.................

f) Matières premières : ...........................................................

g) Produit(s) fini(s) :...............................................................

II. QUESTIONS PROPREMENT DITES

1. A quelle source d'énergie recourez-vous pour la production

· Société nationale d'électivité (SNEL) ;

· Société national de chemin de fer au Congo (SNCC) ;

· Energie du Kasaï central (ENERKAC) ;

· Hydro électrique LEWIS ;

· Hydroélectrique Tshikaji ;

· Groupe électrogène propre.

2. Quelles difficultés rencontrez-vous avec votre source d'énergie ?

§ Consommation élevée de carburant

§ Besoin répété en pièces de rechange

§ Insuffisance de l'énergie fournie

3. Quelles difficultés rencontrez-vous dans l'approvisionnement des matières premières ?

§ Transport couté

§ Flambé de prix des matières 

§ Rareté des matières

4. Quelles difficultés rencontrez-vous dans la transformation des matières première en produit (s) fini(s).

§ Raté des produits

§ Accidents du travail des travailleurs

§ Maladies professionnelles des travailleurs

5. Quelles difficultés rencontrez-vous dans la distribution des produits ?

§ Transport couté

§ Dettes prolongées

§ Expiration des produits

§ Concurrence avec autres unités

6. Avez-vous déjà bénéficié les financements du fonds de promotion de l'industrie ?

§ Oui, en quelle(s) année(s)..........................................

§ Non, pourquoi ?....................................................................

7. Quelle quantité de produits avez-vous livré à la ville de Kananga pour l'année ?

§ 2014 :.................................................

§ 2015 :.................................................

§ 2016 :.................................................

§ 2017 :.................................................

§ 2018 :.................................................

8. Combien de nouveaux emplois avez-vous créé en l'année ?

· 2014 :.................................................

· 2015 :.................................................

· 2016 :.................................................

· 2017 :.................................................

· 2018 :.................................................

9. Que peut faire l'Etat congolais pour favoriser le développement de votre entreprise ?

§ Réduire les taxes et impôts

§ Achever les travaux de chute Katende

§ Aménager les routes

§ Sans avis

10. Quelles perspectives d'avenir envisagez-vous pour la ville de Kananga ?

Réponse :........................................................................

Merci !

Fait à Kananga, le 13/02/2019

Enquêtée Enquêteur

(Nom et signature) François NGINDU TSHIMANGA

0827 077156 et  0993569384

ANNEXE 2

OPPORTUNITES D'INVESTISSEMENT ET PROJETS INDUSTRIELS A DEVELOPPER EN REPUBLIQUE DEMOCRATIQUE DU CONGO

Filières industrielles

Projets industriels identifiés

Localisation matières premières

Coûts d'investissement

Objectifs poursuivis

Résultats

AGRO-ALIMENTAIRE (TYPE I)

Création d'unités pilotes de traitement des fruits et légumes

- Kinshasa

- Bas-Congo

- Nord-Kivu

- Katanga

- Maniema

- Kasaï central

- Bandundu

3 millions de dollars

-valorisation industrielle des fruits et légumes

Fabrication de jus, et de conserve de confiture, tomate

Création d'unités pilotes de préparation de la chikwangue

- Kinshasa

- Bas-Congo

- Bandundu

- Equateur

- Kasaï central

63.000 dollars

-Modernisation de la production de la Chikwangue

-Accroissement de la production

-Production de 1 tonne/jour et par unité

-Autosuffisance alimentaire et création d'emplois

Création d'unités industrielles de préparation de la farine de manioc

· Kinshasa

· Bas-Congo

· Nord-Kivu

· Katanga

· Maniema

· Kasaï oriental

· Kasaï central

· Bandundu

287000 dollars

-Modernisation de la production de farine

-Accroissement de la production

-Production de 10 tonnes/ans

-Autosuffisance alimentaire et création d'emplois

Création d'une amidonnerie industrielle

- Boma

- Kimpese

- Kikwit

- Kindu

- Kenge

1 millions de dollars

-Production à grande échelle de l'amidon

-Disponibiliser la matière première pour la production de l'alcool (biocarburant et de la celle

-Production de 1000 tonnes/an

-Création d'emplois

Création d'unités de fabrication de mayonnaise et autres sauces condimentaires

Kinshasa

1.045.000 dollars

-Diminuer les importations

-Créer des emplois

-Production 2000 tonnes /an

-Création d'emplois

AGRO-ALIMENTAIRE (TYPE II)

Création d'unités pilotes de transformation du poisson

- Equateur

- Province oriental

- Tanganika

- Luapula

- Bas-Congo

- Bandundu

- Sankuru

3.050.000 dollars

-Diminuer les importations estimées à 120.000 tonnes/an

-Combler un déficit entre offre et demande de près de 700.000/an

Se rapprocher des normes de consommation de poisson décidées par l'OUA et ainsi fournir à la populationcongolaise des produits utiles à sa santé

-conservation et transformation des poissons locaux par fumage, filetage et congélation

-autosuffisance alimentaire et création d'emplois

 

Plantation ou replantation de 10.000 hectares de palmiers à huile et installation d'huileries de palme

- Equateur

- Kasaï central

- Maniema

- Bandundu

- Province oriental

95 millions de dollars

-production d'huile et graisses végétales et animale

-réduction des importations

-production de 55.000tonnes/an

Disponibilité de matières premières pour autres industries

Laiterie/fromagerie

- Katanga

- Sud Kivu

- Nord Kivu

- Bandundu

- Bas Congo

- Kasaï central

- Kasaï oriental

50.000 à 100.000 dollars

-valoriser l'élevage

-réduire les importations en lai et fromage

-réduction du chômage

-production du lait et fromage

Promotion des PME de décorticage du paddy (riz)

- Lodja

- Bandundu

- Maniema

- Equateur

- Kasaï oriental

- Kinshasa

50.000 à 100.0000 dollars

-réduire les importations

Valoriser la culture du riz

-Production à grande échelle du riz

-Réduction du chômage

-Augmentation des revenus

AGRO-ALIMENTAIRE (TYPE III)

 

Promotion et développement de l'industrie sucrière

-Création de nouvelles sucrières

-Réhabilitation

- Mushi (BDD)

- Luiza (K.C.)

- Lubumbashi

- Lotokila (PO)

- Kiliba (Sud-Kivu

40 à 10 millions de dollars

-Combler de déficit de l'ordre de 135.000 tonnes par an

-production du sucre

-mushi :50.400 tonnes par an

-luiza ; 20.000tonnes/an

-Lubumbashi 50.000tonnes/an

Lotokila 15.000T/an soit une production totale de 135.400T/an

Production de café torréfié et de café moulu

-Kinshasa

Goma

4 millions dollars

Transformation locale de grain du café

-Production de 80.000T/an

-Création d'emplois

-Réduction des importations

Fabrication d'aliments pour bétail et volaille

- Katanga

- Maniema

- Nord-Kivu

- Bandundu

- Kasaï central

20 millions de dollars

-valorisation des sous-produits des industries agro-alimentaires

Répondre à la demande locale de l'élevage

Production locale d'aliments pour bétail et volaille

Installation des centrales à béton

- Kinshasa

- Lubumbashi

- Grandes villes du pays

2800.000 dollars

-valorisation industrielle du ciment

Production 60m3/heure

Fabrication industrielle de blocs en ciment

- Kinshasa

- Lubumbashi

- Grandes villes du pays

1.200.000 dollars

-disponibiliser les blocs de qualité aux consommateurs

-valorisation du ciment

-Production de 3000blocs/jour

-Présence des bâtiments résistants

Modernisation et réhabilitation de l'usine de ciment chaux et calcaire (ccc)

Kakontwe (Likasi)

Environs 4.000.000 de dollars

-Amélioration de la qualité des produits

-Valorisation de nos ressources

Augmentation de la production

AGRO-ALIMENTAIRE (TYPE III)

 

Implantation d'une nouvelle cimenterie

Lubilanji (K. Oriental)

60.000.000 dollars

- Desservir l'Est du pays en ciment

-Production de 150.000T/an

-Réduction du chômage

-Diminution des importations

Construction du nouveau four à clinker à CILU

Lukala (Bas-Congo

100.000.0000 de dollars

-satisfaire la demande la partie ouest du pays

-alimenter les marchés voisins

-production de 1.500.000tonnes/an

Réhabilitation de l'outil de production de la CINAT

Kimpese (Bas-Congo)

25.000.000 de dollars

Atteindre la capacité de production

Production de 300.000 tonnes par an de ciment

Fabrication des briques creuses à partir de l'argile cuite

Grandes villes du pays

5 à 10 millions de dollars

Diversifier les matériaux de construction

Production de briques cuites en argile

Création d'une unité de production de carreaux céramiques

Grandes villes

A déterminer après étude de faisabilité

Répondre à la demande locale et réduire les importations

Production des carreaux

Valorisation minière et métallurgique

Relance de la SOCIDER

Maluku (Kinshasa)

25 30 millions de dollars

Production progressive de produits en acier de très bonne qualité

Production à court terme de 30.000 tonnes/an

Production d'éponges de fer par réduction directe de minerai

Katanga

A déterminer après études de faisabilité

-valoriser le minerai de fer

-fournir localement matière première pour les fonderies de mitrailles ferreuses

-Production d'éponges de fer

Réduction des importations

Production de bioxyde de manganèse

Kisenge (Katanga)

55.000.000 dollars

Ravitailler localement les fonderies en ferromanganèse

Production de 10.000T/an de ferromanganèse

Valorisation minière et métallurgique

Production de charbon

Luena (Katanga)

A déterminer après études de faisabilité

Disponibiliser l'énergie pour la métallurgie et la cimenterie

Production de 130.000 tonnes/an

 

Production de cuivre et cobalt à partir de concentrés sulfurés

Katanga

A déterminer après études de faisabilité

Valoriser nos minerais

Production de 100.000Tonnes/an

Traitement des alliages blancs

- Kolwezi

- Likasi

- Katanga

4.500.000 dollars

Valoriser nos minerais

Production de :

-Kolwezi 140.000T/an 25 à 45% CO

-Likasi : 45000T/an de 25 à 47% CO

-Lubumbashi 178.000T/an

Raffinage du cuivre et production de fil machine de cuivre

Katanga

5.700.000 dollars

Valoriser nos minerais

Production de 5000 tonnes/an

Production de fil et câble de cuivre (réhabilitation de Latreca/Gécamines

Katanga

2600.000 dollars

Valoriser nos minerais

Réduire les importations

Production de 2000T/an

Réhabilitation de l'atelier central de panda (ACP) de Gécamines

Katanga

A déterminer après étude de faisabilité

Répondre aux besoins du secteur minier et de chemin de fer

Production des pièces de recharge

Création de petites fonderies des mitrailles de fonte

Grandes villes du pays

A déterminer après études de faisabilité

Fabriquer des machines pour traitement des produits agricoles

Présence des machines de première nécessité

Valorisation minière et métallurgique

e Tsumbi

A déterminer après études de faisabilité

Disponibiliser la matière première (alumine) pour l'usine de production d'aluminium qui sera implantée dans le Bas-Congo par BHP Billiton

Production d'alumine

 
 

Création de petites fonderies d'aluminium

- Kinshasa

- Katanga

600.000 dollars

-Recycler les déchets en aluminium

Offrir les matières bon marché à des artisans locaux

Production de 1000T/an

Implantation d'une usine d'exploitation de fer de Banalia

Province orientale

2.000.000 dollars

-valoriser le minerai de fer

-disponibiliser la matière première pour la sidérurgie

Production de 2.000.000 de tonnes d'acier par an

Traitement des anciens rejets

Likasi

A déterminer après études de faisabilité

Valorisation des rejets

Production de cuivre et de cobalt

Production de colombo tantalite

Luena (Nord Katanga)

650.000 dollars

Valorisation des minerais

Production d'environ 30 à 50T/an de Colombo-tantalite

Exploitation du gisement primaire stannifère de Manono

Manono (Katanga)

65.000.000 dollars

Valorisation des minerais

Production de 2800T/an de cassitérite

Implantation d'une unité de production d'acide sulfurique à partir de la pyrite

Baba Kilenda

Kussu (Bas-Congo)

60.000.000 dollars

Doter la Gécamines d'acide sulfurique intervenant dans la production du cuivre

Production d'acide sulfurique

EMBALLAGE

Fabrication d'emballages en bois déroulé

- Kinshasa

- Bas-Congo

- Bandundu

- Unité de production des côtes et des fonds : 1.050.0000 dollars

- Pour chaque unité d'emballage des caissettes 50.000$

Faciliter la collecte et le transport des fruits et légumes

-Fabrication des caisses et caissettes

-Moins de fruits endommagés

Source : Ministère de l'industrie, FONADIR, 2015

ANNEXE 3

Produits transformables rencontrés dans la ville de Kananga

CATEGORIES

PRODUITS

1

Les Tubercules

- Maniocs

- Ignames

- Patates douces

- Pommes de terre

2

Les céréales

- Maiis

- Millets

- Sorgos

- Riz,...

3

Légumineuses

- Arachides

- Niébés

- Poids carrés

- Sojas

4

Les plantes oléagineuses

- Courages

- Noix de palmes

- Noix de coco

- Noix de palmistes,...

5

Les cultures maraichères

- Ailis

- Amarantes

- Epinard

- Oigons

- Oseilles de guinée

- Gombos

- Tomates,...

6

Les cultures fruitières

- Ananas

- Bananes

- Bananes plantains

- Goyaves

- Mangues

- Oranges

- Citrons

- Papayes,...

Ces produits sont cultivés dans la ville de Kananga et peuvent être transformés sans beaucoup de peine.

Source : Tableau tracé par nous-même, sur base des données du service national de vulgarisation (guide du vulgarisateur N°6, conservation et transformation des produits de récolte, septembre, 1994, p3).

ANNEXE 4

QUELQUES TECHNIQUES ARTISANALES A INDUSTRIALISER DANS LA VILLE DE KANANGA

PRODUIT A LIVRER

MATIERES ET OUTILS A UTILISER

PHASE DE PRODCTION

1

Tomate séchée

- Tomates mûres

- Eau

- Seuls

- Braises

- Marmite

- Braseros

- Tamis

- Sachets

- Prendre les tomates fraiches et bien mûres ;

- Laver, enlever les pédoncules et les bouts des fruits ;

- Couper les fruits en tranches

- Les blanchir pendant 6 min, dans l'eau bouillante avec 100g de sels par litre d'eau

- Les faires égouttés (faire tomber l'eau de fruits) ;

- Les sécher et faire le triage

- Les écraser et tamiser la poudre

- Mettre dans un emballage (sachet)

02

La tomate concentrée

- Tomates mûres et bien saines

- Sels ;

- Marmite en fonte ou en argile ;

- Brasero ;

- Bocaux en verre

- Sac malekani ou americani

- Bouteilles.

- Laver soigneusement les fruits des tomates ;

- Enlever les pédoncules ;

- Les plonger dans l'eau bouillante pendant 5 min, afin d'enlever plus facilement la peau et les graines ;

- Mettre la chaire de la tomate dans le sac americani ou malekani ;

- Rattacher le sac en suspendant les tomates pendant 1heure, afin de diminuer de moitié le poids ;

- Les bouillir pendant 15 à 20 min ;

- Mettre dans un emballage (bouteilles), pour conserver la tomate concentrée

03

La purée de tomate (confiture)

- - les tomates mûres et saines (0.5kg)) ;

- L'eau (1 litre) ;

- Sucre (0.5kg) ;

- Sels (50grammes) ;

- Jus de citron (2 cuillères) ;

- Casserole (en matière inoxydable) ;

- Couteau ;

- Mortier ;

- Pilon ;

- Bouteilles ;

- Brasero

- Prendre un demi-verre du sels, le mettre dans 1 litre d'eau et mélanger ;

- Verser le mélange obtenu dans un bassin en plastique ;

- Laver les fruits dans le mélange se trouvant dans le bassin ;

- Trier et éplucher les fruits ; couper les fruits en petits morceaux et les piler dans un mortier ;

- La pâte obtenue est mise dans une casserole, ajouter 500 grammes de sucre et mélanger très bien ;

- Chauffer la casserole sur le feu, en tournant continuellement le mélange pour qu'il ne brule pas ;

- Dès que le mélange commence à devenir lourd, mettre le jus de citron et continuer à tourner puis faire descendre la casserole du feu ;

- Directement mettre le mélange dans les bouteilles stérilisées d'avance et qui sont encore chaudes ;

- Renverser les bouteilles fermées 2 à 3 min pour chasser la vapeur, puis les mettre dans la position normale ;

- Ajouter l'impérial pour améliorer le goût ;

- Pasteuriser la confiture

4

La confiture de la patate douce

- Patates douces (1kg) ;

- Sucre (1kg) ;

- L'eau (1/2 litre) ;

- Jus de citron ;

- Marmite en fonte ;

- Brasero, couton ;

- Bocaux.

- Eplucher les patates douces ;

- Lescoupers en petits mirceaux et les laver proprement ;

- Préparer un sirop de sucre avec une moitier du litre d'eau ;

- Bouillir ce sirop en y ajoutant le jus de citron ;

- Ajouter les tranches de patates douces, laisser cuire et continuer de remuer jusqu'à obtenir une pâte ;

- Mettre la pâte (confiture) dans les bouteilles) et les refroidir rapidement

5

Farine d'arachide

- Arachides

- Casserole en fronte ou en argile

- Mortier

- Trier les arachides et les griller sans les calciner :

- Les refroidir et bien les sécher au soleil ;

- Enlever les pellicules des graines, les piler dans un mortier et les tamiser ;

- Mettre la farine dans les emballages

6

Jus d'ananas

- Ananas mûrs et sains

- Sucre

- L'eau

- Sac

- Bouteilles

- Casserole

- Eplucher les fruits murs et sains ;

- Les couper en petits morceaux en enlevant la partie dure du centre ;

- Piler tous les morceaux pour extraire le jus ;

- Chauffer le jus jusqu'à son ébullition, et ajouter le sucre ;

- Mettre le jus dans des bouteilles et fermer ;

- Stériliser pendant 10 min (non pas en chauffant au charbon, pour qu'il mange le goût) mais en passant au bain-marie. Donc, une eau bouillante dans laquelle on plonge le récipient envelopper dans le sac.

7

Confiture d'ananas

- Ananas mûrs et sains

- Sucre

- Jus de citron ou acide citrique ;

- Bocaux ou pots de confiture industrielle ou mayonnaise avec les couvercles

- Casserole

- Mortier

- Pilon

- Bien laver les ananas, couper en petits morceaux et les broyer pour obtenir la purée d'ananas ;

- Mélanger la pâte avec du sucre et remuer sur un feu doux ;

- Faire descendre la casserole après 30 min en y versant immédiatement le jus de citron ou de l'acide citrique et remuer ;

- Après 15 minutes remplir les bocaux avec les couvercles et stériliser

8

Le jus de citron

- 2 litres de jus de citrons

- 2 kg de sucre

- 8 litres d'eau

- Un linge ou tamis ;

- Une casserole ;

- Une cuillère ;

- Bouteilles ;

- Brasero

- Filtrer le jus de citrons avec un linge propre ou un tamis et le garder dans un récipient ;

- Extraire également des ananas bien mûrs du jus nécessaire pour remplir une bouteille ;

- Prendre 2kg de sucre et les mettre dans une casserole ;

- Mettre la casserole sur le feu et remuer jusqu'au moment où le sucre devient brun ou rougeâtre ;

- Verser d'abord le jus de citrons dans l'eau, remuer avec une cuillère de cuisine et ajouter le jus d'ananas à ce mélange puis remuer très bien ;

- Faire bouillir ce mélange dans une casserole bien fermée pendant 20min ;

- Après ébullition ajouter les 2kg de sucre déjà bruni ou rougi au feu ;

- Remuer tout le mélange obtenu jusqu'à ce que le sucre soit complètement dissout ;

- Laisser refroidir le mélange et obtenir ainsi un bon jus.

9

Le jus d'orange

- Oranges mûres et saines

- Sucre

- Linge ou tamis

- Bouteilles

- Brasero

- Casserole

- Nettoyer 2 fois et peler les oranges mûres ;

- Les couper en morceaux et les presser pour extraire du jus,

- Filtrer et chauffer à feu le jus jusqu'à son ébullition ;

- Ajouter du sucre et faire le mélange ;

- Le refroidir et mettre dans les bouteilles fermées.

10

Le lait du soja

- Graines de soja (1vere)

- L'eau (1.5litre) ;

- Sucre

- Sel

- Brasero

- Casserole

- Linge ou tamis

- Trier et bien laver les graines de soja ;

- Les tremper dans l'eau pendant 24heures ;

- Les nettoyer très bien, pour enlever les pellicules ;

- Les piller dans un mortier propre ;

- Faire bouillir ce mélange pendant 20 min, une mousse apparait ;

- faire passer la mousse dans une passoire ;

- mettre du sucre et un peu du sel ;

- après filtration, on a du lait.

Source : Nos enquêtes sur terrain, 2018-2019.

ANNEXES 5

PROJET D'IMPLANTATION D'UNE FABRIQUE DES TOMATES CONCENTREES DANS LA VILLE DE KANANGA

I. FICHE DU PROJET

1. Titre du projet

Implantation d'une fabrique des tomates concentrées

2. Domaine d'intervention

Socio-économique

3. Localisation

Rdc. Province du Kasaï Central dans la ville de Kananga

4. Bénéficiaires

La population de la ville de Kananga en particulier et du Kasaï Central en général

5. Organisation requérante

Unité de fabrication des tomates (UFT)

6. Répondant juridique

François Ngindu Tshimanga

Fonction : Directeur General

e-mail : francoisngindu11@gmail.com

tel (+243)827077156/993569384

7. Durée de projet

36 mois

8. Partenaires

Structures des producteurs vendeurs et consommateurs des tomates

9. Bailleur de fonds

Fonds de promotion de l'industrie (FPI) 

10. Contribution locale

57100.4$

11. Aide sollicitée

513903.6$

12. Coût total

571004$

Nous disons dollars américains cinq cent septante un mille quatre.

Fait à Kananga, le 15/07/2019

François NGINDU TSHIMANGA

Directeur General

II. PROJET PROPREMENT DIT

2.1. Contexte et justification du projet

La ville de Kananga Chef-lieu de la province du Kasaï Central, est une grande agglomération urbaine située au coeur de la RD. Congo.Le niveau de vie de la population est généralement faible, suite à la quasi-inexistence des entreprises industrielles susceptibles de créer les emplois et d'offrir l'accroissance économique.

Selon nos investigations, le constat révèle que sur 50 entreprises et/ou unités à caractère industriel disponibles dans la ville de Kananga, 29 unités soit 58% sont en arrêt, 12 unités soit 24% sont en gestation, et 9 unités soit 18% sont en activités, dont 5 seulement procèdent à la transformation régulière des matières premières en produits finis.

Cette situation a accru le taux des chômeurs, favorisé la rareté des produits de première nécessité et augmenté le degré de la pauvreté en milieu urbain.Au stade actuel, le petit commerce demeure la principale activité pouvant occuper un nombre élevé de la population, dans la mesure où il procure un revenu et des plus-values substantielles.

Ainsi, l'exploitation d'une unité de traitement des tomates dans la ville de Kananga constitue une opportunité pour valoriser la culture des tomates et faire face au caractère périssable que comprennent ces matières premières, abondamment produites à l'hinterland de la ville de Kananga.

D'où l'ambition de créer une unité de traitement des tomates en vue de répondre à cette nécessité, réduire le chômage, soulager la population des importations des tomates concentrées, et d'accroitre le trésor public par le payement des taxes et impôts liés à l'exploitation.

1.2. Descriptiondu projet

Le projet consiste à produire d'une façon industrielle, les concentrées des tomates qui seront écroulées sur le marché. L'étude minutieuse du comportement du marché laisse lire le désire par la population, de consommer des aliments avec sauces des tomates.

Ainsi, pour la permanence des matières premières, nous mettrons en place nos propres champs des tomates en vue de faciliter le coût d'approvisionnement en fruits des tomates mûres et saines.

L'unité de production oeuvra dans un premier temps, avec trois services, supervisés par la direction générale. La répartition des tâches se définit de la manière suivante :

· La direction générale

Engage et représente l'unité auprès des officielles. Elle définit la politique générale de `entreprise et assure l'application des stratégies arrêtées pour évaluer les activités de production.

Les départements de la direction générale sont :

· Le secrétariat qui gère les correspondances avec l'unité ;

· Le contrôle qui inspecté et audite règlement les activités de l'entreprise ;

· L'informatique qui s'occupe de l'informatisation des activités de l'entreprise ;

· Section juridique qui gère les contentieux de l'entreprise.

o Service administratif et financier

Qui comprend deux sections, l'une de gestion des ressources humaines, et l'autre de comptabilité.

La première s'occupe de l'administration du personnel, la paie et affaires sociales de l'entreprise. Elle met à jour les effectifs du personnel, portant sur les mouvements des travailleurs par catégories socioprofessionnelles.

La seconde s'occupe de traitement comptable des informations. Elle centralise les données et groupe les opérations par nature, en vue de l'enregistrement.

o Le service d'exploitation

Qui constitue le poumon de l'entreprise, dont les activités consisteront à approvisionner l'entreprise en tomates (en matières premières), et à produire les concentrées des tomates (produits finis). Sa structuration comprend un département d'approvisionnement, un autre de production et maintien de l'usine et un autre de logistique.

o Le service commercial

Qui aura pour activités : la vente des concentrées des tomates, la promotion et marketing du produit et recouvrement des recettes au compte de l'entreprise.

Outre ces services, l'entreprise disposera d'un service de gardiennage et sollicitera le concourt de la main d'oeuvre temporaire, en cas de nécessité. Toutefois, l'organisation sera dynamique suivant l'évolution de la taille d'activités. Ainsi, la dépendance hiérarchique des services se présente de la manière ci-après.

Direction générale

Contrôle

Secrétariat

Section juridique

Informatique

Service administratif et financier

Service commercial

Service d'exploitation

Section ressources humaines

Section distribution

Section approvisionnement

Section comptable

Section stock

Section production

Section logistique

Source : nos recherches, 2019

Organigramme de l'entreprise

Après le démarrage des activités, l'entreprise fera rapport sur la production, la nature de produit fabriqué, la quantité produite, la quantité vendue le prix unitaire, la valeur des ventes en franc congolais et le taux du jour appliqué à ces ventes, qu'elle soumettra à la division de l'industrie à titre d'information sur la valeur des ventes en devise.

2.2. Bénéficiaires du projet

a) Bénéficiaire direct

La population de la ville de Kananga achètera à bas prix les tomates concentrées qui seront fabriquées localement, et connaitra une réduction du chômage.

b) Bénéficiaires indirect

La population du Kasaï Central bénéficiaire les fruits de cette unité, tant sur le plan économique que social.

2.3. Objectifs du projet

a) Objectif général

Le projet vise à contribuer au développement socio-économique de la ville de Kananga, par la création des emplois et le payement des taxes et impôts.

b) Objectifs spécifiques

- Produire les tomates

- Fabriquer les concentrées des tomates ;

- Valoriser les potentialités agricoles locales ;

- Combattre la pourriture des tomates ;

- Réduire l'importation des tomates ;

- Réduire le chômage ;

- Accroitre le trésor public.

2.4. Résultats attendus

o Existence d'une unité de traitement des tomates dans la ville de Kananga ;

o Présence de la main d'oeuvre qualitative et quantitative ;

o La vente régulière des concentrées des tomates ;

o La production régulière et abondante des tomates ;

o Le taux du chômage réduit dans la ville de Kananga ;

o Le taux d'importation des tomates réduit dans la ville de Kananga ;

o La culture abondante et régulière des tomates.

2.5. Activités à réaliser

§ Prospection et étude de faisabilité ;

§ Achat de terrains et d'équipements ;

§ Installation des matériels ;

§ Construction des locaux ;

§ Recrutement du personnel ;

§ Formation du personnel ;

§ Production des concentrées des tomates ;

§ Vente des concentrées des tomates.

2.6. Ressources à mettre en oeuvre

a) Ressources humaines

§ Cadres de direction : 1. Directeur, 3 chefs de services ;

§ Agents de maitrise : 7 chefs des sections, 8 chefs des départements ;

§ Agents d'exécution : 6 agents.

b) Ressources matériels

o Equipement de l'usine

o Matériels roulants ;

o Equipements des ateliers ;

o Equipements de laboratoire ;

o Matériels des bureaux.

2.7. Chronogramme d'activités

ACTIVITES

ANNEE 1

ANNEE2

ANNEE 3

OBS

T1

T2

T3

T4

T1

T2

T3

T4

T1

T2

T3

T4

1

Prospection

 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 

2

Achat de terrain

 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 

3

Construction des locaux

 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 

4

Acquisition des matériels

 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 

5

Recrutement du personnel

 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 

6

Formation du personnel

 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 

7

Marketing

 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 

8

Suivi

 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 

9

Evaluation

 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 

10

Rapport final

 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 

2.8. Budgétisation du projet

DESIGNATION

QUANTITE

PU/$

PT/$

I. Terrains et immeubles à construire

1

Terrain (80m2)

2

25.000

50.0000

2

Atelier de production (30 m2)

1

60.000

60.000

3

Atelier technique (10 m2)

1

20.000

20.000

4

Atelier générateur et compresseur

1

18.000

18.000

5

Laboratoire

1

25.000

25.000

6

Magasin

2

15.000

30.000

7

Bureau

7

5000

35000

SOUS/TOTAL

238.000$

II. Equipements de production

1

Laveur, élévateur continu A106

1

7000

7000

2

Convoyeur inspection 6m

1

3000

3000

3

Thermo beaux CC03 cuiseur

1

10.000

10.000

4

Pulper 602

2

2.000

4000

5

Réservoir de réception + pompe

2

5000

10000

6

Réservoir de stockage

1

2000

2000

7

Pompe de transport

2

3000

6000

8

Evaporateur

1

1000

1000

9

Machine automatique de remplissage et fermeture

1

15000

15000

10

Pasteuriser et moteur

1

5000

5000

11

Jeu de pions de marquage et datation

1

8000

8000

12

Réservoir d'accumulation mélangeur

1

3000

3000

SOUS/TOTAL

74.000$

III. MATERIELS ROULANTS

1

Camion Mercedes (15 tonnes)

1

150.000

150.000

2

Land cruiser

2

50.000

100.000

3

Moto

3

1200

3600

4

Vélo

10

75

750

5

Brouettes

6

15

90

SOUS/TOTAL

254.440$

IV. MATERIELS DES BUREAUX

1

Ordinateur

6

600

3600

2

Imprimante

10

50

500

3

Calculatrice

6

4

24

4

Agrafeuse

6

5

30

5

Perforateur

6

5

30

6

Boite de stylos

5

4

20

7

Registres

10

4

40

8

Classeurs

15

15

225

9

Boite d'attaches

15

3

45

10

Boite correcteur

10

5

50

SOUS/TOTAL

4564$

TOTAL GENERAL

571.004$

Nous disons cinq cent septante un mille et quatre dollars américains.

Fait à Kananga, le 15/07/2019

François NGINDU TSHIMANGA

Directeur Général

TABLE DES MATIERES

EPIGRAPHE..............................................................................................I

DEDICACE................................................................................................II

REMERCIEMENTS.....................................................................................III

SIGLES ET ABREVIATIONS..........................................................................V

0. INTRODUCTION GENERALE Erreur ! Signet non défini.

0.1. Choix et intérêt du sujet 2

0.2. Etat de la question 3

0.3. Probatique et hypothèses 6

0.3.1. Problématique 6

0.3.2. Hypothèses 6

0.4. Méthodologie 7

0.4.1. Méthode 7

0.4.2. Techniques 9

0.5. Délimitation du sujet 10

0.6. Difficultés rencontrées 10

0.7. Division du travail 11

CHAPITRE I. GENERALITES SUR LE CADRE CONCEPTUEL ET PRESENTATION DU MILIEU D'ETUDE 11

Section 1. Conceptualisation 11

1.1.1. Défi industriel 11

1.1.2. Industrialisation 12

1.1.3. Industrie 12

1.1.4. Les types d'industries 13

1.1.5. Développement 14

1.1.6. Développement social 15

1.1.7. Développement économique 15

1.1.8. Développement socio-économique 16

1.1.9. Ville 16

Section II. PRESENTATION DE LA VILLE DE KANANGA 17

1.2.1. Aperçu historique 17

1.2.2. Situation géographique 19

1.2.3. Climat 19

1.2.4. Relief et hydrographie 19

1.2.5. Le Sol 20

1.2.6. La Végétation 20

1.2.7. Situation démographique 21

1.2.8. Aspect politico-administratif 23

1.2.9. ORGANIGRAMME DE LA VILLE DE KANANGA 24

1.2.10. Aspect économique 25

1.2.11. Aspect socio-culturel 26

CONCLUSION PARTIELLE 30

Chapitre II. LA POLITIQUE INDUSTRIELLE CONGOLAISE ET ETATS GENERAUX DES INDUSTRIES DANS LA VILLE DE KANANGA 31

Section1. Du cadre régulateur de la politique industrielle 31

2.1.1. Aperçu historique 31

2.1.2. Missions et attributions 32

2.1.3. Le schéma directeur d'industrialisation 33

2.1.4. Structures organiques 34

Section 2. Stratégies de la promotion des industries 34

2.2.1. Création du fonds de promotion de l'industrie 34

2.2.2. Missions et objectifs du FPI 35

2.2.3. La taxe de promotion industrielle 36

2.2.4. Le financement des industries 40

Section 3. Etats des lieux des industries dans la ville de Kananga 42

2.3.1. Généralités 42

2.3.2. Problèmes majeurs des industries dans la ville de Kananga 44

2.3.3. Analyse des conditions juridiques d'implantation d'une entreprise industrielle 46

Conclusion Partielle 50

Chapitre III. DES ENJEUX D'INDUSTRIALISATION AU DEVELOPPEMENT SOCIO-ECONOMIQUE DE LA VILLE DE KANANGA 51

Section 1. Les voies d'industrialisation dans le monde 51

3.1.1. La voie socialiste de l'industrialisation 51

3.1.2. La voie capitaliste de l'industrialisation 52

Section 2. Les possibilités d'industrialisation de la ville de Kananga 52

3.2.1. Les mesures préalables du développement industriel 52

3.2.1.1. La connaissance des facteurs 53

3.2.1.2. La définition de la politique de développement industriel 54

3.2.1.3. La définition d'une politique technologique 58

3.2.1.4. La constitution d'un environnement 58

3.2.1.5. La politique de coopération technique 58

3.2.2. Rôle et contribution des petites et moyennes industries (PMI) et de l'artisanat au développement industriel 59

3.2.3. L'aménagement de routes à intérêt de développement industriel 60

3.2.4. Les industries possibles à créer dans la ville de Kananga 60

Section III. Apport des industries au développement socio-économique de la ville de Kananga 61

3.3.1. Sur le plan économique 61

3.3.1.1. La production, la consommation et l'exportation 62

3.3.1.2. La fiscalité 62

3.3.1.3. La lutte contre l'inflation 63

3.3.2. Sur le plan social 63

3.3.2.1. La Création des emplois 63

3.3.2.2. La formation professionnelle 63

3.3.2.3. La distribution des revenus 64

CONCLUSION PARTIELLE 64

Chapitre IV. DEFIS INDUSTRIELS FACE AU DEVELOPPEMENT SOCIO-ECONOMIQUE DE LA VILLE DE KANANGA 65

Section 1. De l'enquête sociologique 65

4.1.1. Définition 65

4.1.2. But de l'enquête 65

4.1.3. Préparation de l'enquête 66

4.1.4. Administration de l'enquête 66

4.1.5. De l'échantillonnage 66

Section 2. Dépouillement et interprétation des résultats 72

Conclusion partielle 80

CRITIQUES ET SUGGESTIONS 81

CONCLUSION GENERALE 82

BIBLIOGRAPHIE 84

ANNEXES 88

QUESTIONNAIRE D'ENQUETE 89

TABLE DES MATIERES 113






La Quadrature du Net

Ligue des droits de l'homme